Chapitre 14 : Comme l'oiseau bleu survolant la Terre
Elda lâcha la louche qu'elle tenait, la laissant retomber dans la marmite dégageant un délicieux fumet de soupe aux champignons. Elle se retourna vers Rogue, les yeux soudainement brillants.
_ Vous êtes sérieux ? Vraiment ?
_ Il faut bien acheter tes affaires scolaires. Dumbledore m'a fait parvenir la liste de fournitures et ta bourse d'étude. Il doit préférer que je t'y emmène avant les autres.
_ C'est plus sage… Si on nous voyait faire des courses ensemble, les imaginations s'embraseraient et les rumeurs les plus tordues se mettraient à courir. Ce n'est pas tant ma réputation déjà bancale qui me gêne, mais si Voldemort venait à en prendre connaissance, et à savoir que vous hébergez une Sang-de-Bourbe placée sous la protection de Dumbledore parce qu'elle sait un peu trop de choses sur l'avenir… ça, ce serait vraiment mauvais.
Rogue inclina la tête, une fois de plus étonné par la perspicacité de son élève. Il devrait y être habitué, pourtant.
Cela faisait plusieurs semaines qu'Elda avait emménagé dans cette maison pour l'été, et les effets de sa présence étaient visibles dans les moindres recoins. Jamais l'endroit n'avait été aussi propre et rangé, et jamais odeur de cuisine aussi délicieuse n'avait envahi les lieux aux heures des repas. Sur ce point aussi, la jeune fille avait été intransigeante, arguant qu'il n'allait pas la nourrir de pâtes trop cuite, ou pas assez, pendant deux mois. Il ne s'en plaignait pas, il n'avait jamais aussi bien mangé de sa vie.
_ Donc, pour en revenir à nos moutons… On va vraiment aller sur le Chemin de Traverse ?
_ Où donc voudrais-tu acheter tes fournitures, sinon ?
Elda laissa éclater sa joie, ravie d'aller visiter ce lieu si emblématique de la saga pour la première fois. Cette joie toute simple rappela à son professeur qu'elle n'était qu'une jeune fille de son âge, bien qu'elle lui donne la plupart du temps l'impression d'être une adulte en pleine force de l'âge. Il ne voulait en aucun cas connaitre le monde qui l'avait rendue aussi froidement mûre, qui avait brisé ses rêves et ses illusions d'enfant bien avant l'heure.
Au moins parvenait-elle encore à agir comme une adolescente normale, de temps à autres.
_ Nous irons demain.
_ Je suis pressée ! Oh ! Severus, vous accepteriez de m'emmener dans l'Allée des Embrumes ? J'aimerais bien jeter un œil…
_ Ce n'est pas un lieu de promenade pour une jeune fille bien sous tout rapport.
_ Parfait ! Je ne suis pas une jeune fille bien sous tout rapport.
Il leva les yeux au ciel avant de retourner s'asseoir sur une chaise de cuisine et d'éplucher La Gazette du Sorcier qu'il avait abandonnée un peu plus tôt. Bien sûr, rien au sujet de Voldemort et de son retour ne figurait dans les articles.
_ Ils sont à la botte du Ministère de la Magie.
_ C'est pareil dans mon monde. Mais si on a le malheur de nous dire que les politiques contrôlent les journalistes pour les empêcher de révéler leurs magouilles, on nous traite de complotiste. Il a bon dos, ce mot, on lui a fait perdre son sens premier. Maintenant, il suffit de penser différemment pour être considéré comme tel. Ce que les autres semblent oublier, c'est qu'à l'époque où on croyait que la terre était plate et était le centre de l'univers, c'était ceux qui parlait d'héliocentrisme et de terre ronde qui étaient les complotistes. Ironie quand tu nous tiens…
Elda remit le couvercle sur sa marmite pour laisser la soupe doucement mijoter. Elle s'installa sur la chaise en face de Rogue et se plongea dans ses devoirs de vacances, qui consistaient ce jour-là à retenir les effets d'une myriade d'ingrédients pour potion.
_ Severus, c'est facile à trouver, une phalange de gobelin ?
L'interpelé releva ses yeux d'obsidienne de son journal. Par moment, il se demandait quand la jeune fille avait commencé à l'appeler par son prénom. Sans doute quand lui-même avait commencé à la tutoyer.
_ De façon illégale, oui. Si tu y mets le prix. Légalement ? Impossible.
_ Je m'en doutais… Mais on ne sait jamais, je vais retenir leurs effets aussi…
Elle laissa courir sa plume sur le carnet ouvert devant elle dans lequel elle prenait des dizaines de notes.
_oOo_
Le lendemain, Elda mettait les pieds pour la première fois sur le Chemin de Traverse. Cette rue entièrement magique l'émerveilla comme une enfant au matin de Noël. Visiter chacune des boutiques lui prenait un temps fou. Elle voulait tout voir, tout toucher, tout acheter. Sans parler des magasins vendant de la nourriture. Le glacier captiva son attention autant que son estomac. La jeune fille s'installa à l'une des tables et, dévorant avec appétit sa glace cannelle-chocolat absolument divine, vérifia sa liste de fournitures, s'assurant de n'avoir rien oublié.
_ Les livres, c'est fait… De nouvelles robes, aussi. Mine de rien, j'ai bien grandit depuis l'année dernière ! Les autres étaient trop petites… Ensuite, de plumes et de l'encre, j'ai. Un nouveau chaudron et des ingrédients, je devrais avoir de quoi tenir le premier trimestre.
_ Tu es au courant que la quantité que tu as achetée permettrait à un élève normal de tenir toute l'année ses cours de potions ?
_ Estimez-vous heureux qu'une élève soit pour une fois passionnée par votre matière.
Un point pour elle, Rogue le savait. Il était impossible de gagner une joute verbale contre Elda, et ce n'était pas l'été bien entamé qui allait le détromper. C'était sans doute pour ça qu'il appréciait tant de parler avec elle. Qu'importe le sujet, elle avait ses opinions et la force de les défendre, avec des arguments bien souvent implacables contre lesquels il ne trouvait rien à redire.
_ Animal, on oublie, ma bourse est presque vide… C'est bon ! Je crois que j'ai tout ! Il n'y a plus qu'à aller faire un tour dans l'Allée des Embrumes.
Elle s'empressa de finir sa glace avant de se lever. Rogue agita sa baguette pour que les achats de la jeune fille les suivent en lévitant à environ un mètre du sol.
L'Allée des Embrumes était déserte à cette heure de la journée. Elda s'émerveilla devant les vitrines contenant des artefacts de magie noire hors de prix. La boutique Barjow et Beurk retint son attention un bon moment, notamment une armoire qu'elle observa avec attention avant de tapoter la porte avec son sourire si habituel indiquant qu'elle savait des choses qu'elle ne dirait pas. Elle jeta un coup d'œil à un collier d'opale et ne put s'empêcher de rire en s'en éloignant prudemment.
_ Ce collier réapparaitra, Severus. Mais ne vous faites pas de souci, ce sera un échec.
_ Si tu le dis.
Ils retrouvèrent quelques minutes plus tard la lumière du soleil baignant le Chemin de Traverse. Rogue observa la jeune fille et prit son bras pour la guider vers une dernière boutique.
Elda regarda avec incompréhension les hiboux, chats, rats et autres animaux fantastiques dans la boutique.
_ Je…
_ Nous sommes bien le 31 juillet, non ? C'est bien ton anniversaire ?
_ Oui, mais…
_ Il te faut un moyen de communication sûr, tu ne peux pas compter éternellement sur les hiboux de l'école, la plupart sont vieux et fatigués. Et cet été, tu n'as pas put écrire à tes amis alors que tu en avais envie… Cela dit, si c'est un autre animal qui te fait plaisir…
Les yeux clairs de la jeune fille brillèrent de joie. Décidément, plus le temps passait, plus elle découvrait des facettes du professeur Rogue que personne n'aurait soupçonnées. Du moins avec elle.
Elda explora avec attention la boutique et les animaux incroyables qu'elle contenait.
_ Il y a même un Botruc ! Oh…
La jeune fille resta silencieuse en arrivant devant un perchoir où se tenait fièrement une superbe effraie des clochers. Son masque facial en forme de cœur était d'un blanc absolu, tranchant avec ses deux yeux ronds et noirs. Son poitrail était du même blanc pur, tout comme le duvet recouvrant ses longues pattes aux serres impressionnantes.
L'animal observa Elda en inclinant la tête et ouvrit ses longues ailes étroites d'une envergure de presque un mètre dix d'un brun chaud moucheté de gris perle et de minuscules pointillés blanc ourlés de noir.
_ Une dame blanche pour une fille en noir… c'est assez ironique.
Elda leva les yeux vers Rogue et sourit.
_ J'aime les ironies.
Le professeur se contenta d'incliner légèrement la tête.
Ils quittèrent la boutique quelques instants plus tard, la chouette enfermée dans une cage pour faciliter le transport.
_oOo_
Deux jours plus tard, le 2 aout 1995, était l'un des jours les plus chaud de l'été. Cela n'empêcha pas Elda de sortir dans le jardin, vêtue d'une simple robe noire à bretelle et ayant attaché ses cheveux châtains à l'aide de sa baguette piquée dans son chignon.
_ Owl !
Sa chouette revenait justement et se percha sur son bras sans blesser sa peau.
Rogue l'observait depuis l'ombre fraiche de sa maison, fasciné par la facilité avec laquelle la jeune fille s'était attiré l'affection de sa nouvelle chouette. Il trouvait le nom qu'elle lui avait donné particulièrement impersonnel mais elle lui avait sourit avec malice, parlant d'ailes noires que sa chouette n'avait pas, et de créatures bizarres avec qui conclure un pacte de sang.
_ Tu as bien travaillé ma belle ! Et tu me rapportes la réponse de Harry ! Il était content que je lui envoi une lettre pour son anniversaire ?
Elda parcourut du regard la réponse de son ami et sourit avant de la faire disparaitre dans la poche de sa robe et d'entreprendre de lisser le plume d'Owl. Sa voix toujours aussi fausse s'éleva dans l'air sec, et Rogue se retrouva contrait d'admettre qu'il avait prit goût à l'écouter chanter ainsi, à la moindre occasion, sans se soucier de la justesse le moins du monde. En venant vivre avec lui, Elda avait apporté sa joie de vivre et sa lumière, en imprégnant sa maison, et il savait que cela lui manquerait.
_ Les oiseaux qu'on met en cage
Peuvent-ils encore voler ?
Les enfants que l'on outrage
Peuvent-ils encore aimer ?
Le professeur ne savait pas depuis combien de temps il était là, à l'observer s'occuper de sa chouette. Aussi sursauta-t-il lorsqu'elle se retourna vers lui, cessant brusquement de chanter.
_ Il va être temps d'y aller, Severus.
_ Tu es sûre que c'est aujourd'hui ?
_ Pas à cent pourcent, je ne crois pas me souvenir que la date était indiquée… Mais d'après mes calculs, c'est aujourd'hui. Dans le pire des cas, on ne fera qu'un aller-retour express.
Elle laissa Owl reprendre son envol et se dirigea vers Rogue en lissant sa robe noire du dos de la main.
_ C'est suicidaire ce que tu veux faire, Elda.
_ Pas suicidaire. Complètement fou, à la rigueur, mais c'est tout. Ce serait suicidaire si j'y allais sans vous.
_oOo_
Harry fulminait, sa baguette brandit en direction de Dudley Dursley, son énorme cousin. Les deux garçons se trouvaient dans Magnolia Road, non loin de chez eux, et Dudley était accompagné de sa bande de copains hilares. Aucun d'eux ne savait quels dangers pouvaient représenter le morceau de bois menaçant celui qu'ils surnommaient Big D.
_ Ne parle plus jamais de ça. Tu as compris ?
Dudley avait fait preuve d'une étonnante clairvoyance en taclant Harry sur ses cauchemars se focalisant sur la mort de Cedric et le retour de Voldemort. Bien qu'il n'ait aucune idée de quoi il en retournait, le solide cousin de Harry l'avait parfaitement entendu parler et supplier dans son sommeil, appelant son père et sa mère à l'aide. L'entendre se moquer ainsi avait plongé le jeune homme brun dans une fureur noir, le poussant à sortir sa baguette alors qu'il n'avait pas le droit de faire de magie en dehors de l'école, et ça les Dursley le savaient depuis la seconde année où Dobby l'elfe de maison avait attiré sur lui l'attention du Ministère de la Magie à ce sujet. Ça n'empêchait pas Dudley d'avoir peur.
_ POINTE CE TRUC-LA AILLEURS QUE SUR…
L'air devint soudainement glacial, alors que la chaleur était jusque là étouffante, comme si l'hiver avait prit ses quartier en plein été.
Terrifié par le phénomène tout sauf naturel, Dudley s'enfuit à toutes jambes après avoir décoché un coup de poing vigoureux à Harry qui lui fit lâcher sa baguette.
_ Dudley ! Attend !
Harry savait ce qui avait causé cette brusque baisse de la température. Des Détraqueurs. Il n'avait pas le temps de s'interroger sur la présence de ces créatures en pleine banlieue Moldue.
Le jeune homme entendit le hurlement de Dudley et comprit qu'un Détraqueur l'avait attrapé, bien que son cousin ne puisse le voir. Harry senti au même instant un souffle glacé dans son dos et sa conscience commença à s'estomper. Il devait retrouver sa baguette, mais l'obscurité s'approfondissait autour de lui, l'empêchant de la retrouver.
Dans le brouillard recouvrant son esprit, il cru entendre un craquement sec, comme il en a avait entendu un plus tôt dans la journée, puis une voix suave laisser échapper une légère exclamation.
_ Tu avais raison…
_ Vous vous en étonnez encore ? Mes dieux qu'il fait froid… Tiens bon Harry ! Spero Patronum !
Une lumière argentée chassa brusquement les ténèbres et Harry put discerner deux silhouettes se tenant debout de l'autre côté de Magnolia Road. Une magnifique chouette effraie au plumage d'un argent bleuté traversait l'allée, repoussant les Détraqueurs de son vol silencieux.
_ J'ai réussi ! Comme quoi, j'arrive à produire des sortilèges de temps en temps ! Vous avez vu ?
_ Encore heureux, tu as passé tout le mois de juillet à t'entrainer dessus. C'était en prévision d'aujourd'hui que tu m'as fait cette requête ?
_ Pour quelle autre raison ? Si ça n'avait pas été le cas, j'aurais attendue Noël prochain pour commencer à l'apprendre avec les autres.
_ Si tu le dis.
Harry parvint enfin à reconnaitre les deux personnes qui les avaient sauvés lui et son cousin. Il reconnu d'abord l'inquiétante silhouette noire de Rogue, puis Elda à ses côtés, brandissant toujours sa baguette d'ébène dont avait jailli sa chouette effraie argentée. C'était une forme inhabituelle pour un Patronus, mais Elda était quelqu'un d'inhabituel, c'était donc parfaitement logique. La jeune fille se dirigeait d'ailleurs vers lui et l'aida à se remettre sur ses pieds.
_ Harry, Mrs Figg va bientôt arriver, ne t'inquiètes pas. Oh, et Dudley va s'en remettre.
_ Tu… Tu as utilisé la magie… un Patronus…
_ Le Ministère ne pourra pas me retrouver, je n'ai aucune existence légale en ce monde. Je crains que ça ne te retombe dessus mais je n'en mettrais pas ma main à couper. Excuse-moi, nous devons y aller, j'ai des choses à vérifier.
Elle retourna à côté de Rogue et s'éloigna rapidement avec lui dans la direction prise par les Détraqueurs dans leur fuite.
Harry resta désorienté quelques instants avant d'entendre des pas précipité. Il se rappela de ce que venait de lui dire Elda et commença à ranger sa baguette enfin retrouvée alors que Mrs Figg arrivait au bout de l'allée. La vieille femme était considérée comme la folle du quartier, elle adorait les chats et Harry avait parfois été gardé par elle. Elle paraissait furieuse, ses cheveux gris s'échappaient du filet sur sa tête et son filet, à provision cette fois, pendue à son poignet laissait échapper un son de ferraille.
_ Ne la range surtout pas, espèce idiot ! S'il y en a ait d'autres ? Oh, ce Mondingus Fletcher, je vais le tuer !
_oOo_
Trois jours plus tard, Elda se réveilla dans sa chambre chez Rogue, une petite pièce qu'il avait aménagée pour elle. Il en avait profité pour tenter de lui apprendre des sortilèges basiques que la plupart des sorciers utilisaient pour entretenir une maison mais ça n'avait pas donné grand-chose.
La jeune fille se mit à pouffer en se rappelant la tempête de poussière qu'elle avait provoquée en tentant simplement de la chasser pour la fenêtre.
_ C'est ce soir que Harry va être amené au Square Grimmaurd…
Sans attendre plus longtemps, la jeune fille descendit à la cuisine et commença immédiatement à s'activer pour préparer le petit déjeuner, mettant de l'eau à chauffer et cassant des œufs dans une poêle.
La porte d'entrée s'ouvrit sans déclencher d'alarme, signe que le maitre des lieux venait de rentrer.
Elda le regarda retirer la lourde cape noire et la suspendre à une paterne avant de se laisser tomber sur une chaise.
_ Bonjour Severus… Nuit difficile ?
_ Rien n'est jamais facile, avec les Mangemorts.
_ Surtout dans votre cas… En tout cas aucune rumeur d'un éventuel retour de Voldemort n'a encore fuité, ça devra attendre juillet prochain.
_ Le Ministère de la Magie est stupide de ne pas croire Dumbledore. Ils perdent un temps précieux. Simplement parce que ce crétin de Fudge a peur que Dumbledore veuille prendre sa place.
_ Oui, mais la politique reste la politique. C'est pareil partout, la seule chose qui compte c'est de sauver la face et de dire que tout va bien pour éviter une émeute. Regardez Tchernobyl ! Un bon exemple. Cela dit, maintenir un état de panique permanant, ça marche aussi. Ce que l'être humain est influençable…
Rogue regarda la jeune fille et acquiesça. Il pouvait voir dans ses yeux clairs et dans sa voix froide qu'elle pensait sincèrement ce qu'elle disait. Tant de réalisme à à peine quinze ans… C'était triste, d'une certaine façon.
_ Nous retournons à Square Grimmaurd après avoir mangé.
_ Je m'en doutais. D'abord vous avez de nouvelles informations à transmettre, mais Harry va également y être amené ce soir.
_ Tu sais vraiment tout avant tout le monde, c'est presque effrayant.
_ Non, c'est très logique.
_ C'est vrai que tu retiens très vite tout ce que tu lis.
Elda perdit son sourire pour observer son professeur. Il se contenta de hausser les épaules et de déplier le journal du jour. Elle leva les yeux au ciel et termina de cuisiner, retrouvant son sourire enjoué.
_ C'est la fête, c'est la fête
Service garanti impec'
Mettez votre petite bavette chérie, et nous
On veille au reste…
