Chapitre 41 : Et nos pas sur le même chemin

Elda cligna des yeux avant de les lever au ciel en soupirant. Elle se trouvait dans l'infirmerie avec Malefoy, où Rogue et elle l'avaient amené. Le professeur était reparti après que Madame Pomfresh les eux rassuré sur l'état de Malefoy. Elda lui avait demandé de ne pas s'en prendre à Harry, ni de lui donner d'heures de retenue. Elle savait son ami déjà bien assez puni d'avoir blessé celui qu'il aimait toujours.

Malefoy grignotait sans faim quelques morceaux de chocolat.

_ Cette fois, c'est vraiment fini… Elda… ça fait mal…

_ Je sais. Tu sais, j'avais espéré que les évènements de ce soir vous réconcilieraient, Harry et toi. Mais c'est votre décision, pas la mienne.

Malefoy esquissa un sourire triste et se laissa retomber sur son oreiller. Il leva le bras et regarda la Marque des Ténèbres le défigurant.

_ Non, on ne se réconciliera pas. Je… ne suis pas digne de lui.

_ Et c'est reparti… Pourquoi ne serais-tu pas digne de Harry ?

_ Je suis un Mangemort, je vais tuer Dumbledore… Je ne suis pas quelqu'un de bien, Elda. Je suis un lâche, un assassin en devenir, un menteur, un manipulateur. Je le sais depuis le début. Au fond, devenir un Mangemort ne me sert que d'excuse pour rompre. Parce que j'aurais été incapable de me regarder en face si j'étais resté avec lui. Et plus encore de le regarder lui, en face. Ce soir, j'ai voulut le lui faire comprendre pour de bon. J'ai faillit lui jeter le sortilège Doloris… Je ne suis qu'un imbécile. Qu'est-ce qui m'a prit, l'année dernière, à sortir avec lui ! Je savais que ça ne m'attirerais rien de bon, que… je ne le méritais pas… Je le mérite encore moins aujourd'hui. Je ne suis qu'un minable petit avorton qui n'a jamais rien fait de bien.

_ Eh bien, si on m'avait dis que Drago Malefoy était capable de faire preuve de clairvoyance…

_ Je déteste ton honnêteté, par moment. Apprend à mentir, de temps en temps !

Elda sourit et passa son bras autour des épaules de son meilleur ami.

_ Tu sais Drago, j'ai le mensonge en horreur, oui, mais ça ne veut pas dire que je ne sache pas mentir. Je suis même une excellente menteuse, lorsque la situation l'exige.

Il la regarda avant de hausser les épaules et de piocher un nouveau morceau de chocolat. Il le laissera retomber sans y gouter. Il avait un gout immonde sur la langue. Sa dispute avec Harry l'avait bouleversé. Le maintenir loin de lui était sa seule solution pour ne prendre aucun risque et le protéger de lui-même. Il aurait pourtant voulut tout le contraire, courir vers lui, le prendre dans ses bras, l'embrasser…

Mais il ne le pouvait pas. La seule chose qu'il puisse faire, désormais, c'était de le protéger de loin, autant de lui que de Voldemort, tout en se dégoutant chaque jour d'avantage à la vue de cette marque maudite qu'il s'était laisser tatouer sur le bras.

_ Je te laisserais tranquille pour le moment, Drago, mais quand Voldemort sera vaincu, je ne resterais pas les bras croisés. Tu aimes Harry, et Harry t'aime, et crois-moi, je ne laisserais pas l'histoire vous séparer en reprenant son cours originel. Vous avez juste un souci de communication en ce moment, ça arrive même aux meilleurs !

Malefoy espéra sans vraiment y croire qu'elle avait raison, et qu'un jour tout rentrerait dans l'ordre. Elda le devina puisqu'elle lui sourit et resserra son bras autour de lui.

_ Et tu te trompes sur un point, Drago… Tu es quelqu'un de bien, même si pour l'instant tu ne vois pas en quoi… Tu n'es pas un minable, loin de là. Si tu l'étais, tu aurais privilégié ton petit confort et serait encore dans les bras de Harry. Tu préfères le protéger de ton mieux en le rejetant, même si ça te brise le cœur… Tu es digne de Harry, Drago.

Le jeune homme blond réalisa que les larmes dégoulinaient sur ses joues, et ne fit rien pour les retenir. Il enfouit son visage contre l'épaule d'Elda.

_oOo_

Malefoy se remit rapidement de ses blessures. Dès le lendemain, il était remonté sur son balai pour les entrainements de Quidditch pour le match qui aurait lieu le samedi suivant. Contrairement à l'histoire qu'Elda connaissait, Harry ne fut pas punit pour le maléfice jeté à Malefoy, et son meilleur ami se garda bien de raconter cette attaque à quiconque. Ils enfouirent simplement cet évènement au fond de leurs mémoires, comme si rien ne s'était passé. Mais il suffisait à Malefoy de se déshabiller pour savoir que si, il s'était bien passé quelque chose. Les longues cicatrices blanches marquant sa peau pourtant déjà très pâle ne lui permettrait jamais d'oublier qu'il avait tenté de faire souffrir celui qu'il aimait avec le sortilège de torture le plus ignoble qui soit.

Une chose de plus chez lui qui lui faisait horreur… il n'était plus à ça près.

Le samedi du dernier match de Quidditch de la saison arriva sans crier gare.

Dans les vestiaires des Serpentard, Montague donnait les dernières instructions à son équipe, visiblement nerveux.

_ Je compte sur vous pour écraser nos adversaires et gagner le match !

_ Ne sois pas si nerveux, capitaine, tout ira bien. Ma batte n'a jamais été aussi efficace !

Montague regarda Elda et sourit en hochant la tête. Il regarda le reste de son équipe et brandit son poing en l'air.

_ Aller, la victoire ne peut pas nous échapper !

Avec enthousiaste, les Serpentard lui répondirent avant de quitter leur vestiaire pour entrer sur le terrain.

_oOo_

De mémoire de professeur et, plus ancienne, d'élève de Poudlard, Rogue ne se rappelait pas avoir déjà vu un match comme celui de cette finale se déroulant sous ses yeux. L'équipe de sa Maison ne laissait pas la moindre chance à celle de Serdaigle. Plus de la moitié des joueurs étaient d'ores et déjà hors d'état de jouer, envoyé méticuleusement au tapis par les impitoyables Cognards d'Elda. Elle semblait les attirer comme un aimant pour mieux les renvoyer, les monopolisant totalement avec une nonchalance effrayante. Elle était bien loin, la maladroite jeune fille incapable de contrôler son balai. Désormais, le terrain semblait lui appartenir. Elle volait d'un bout à l'autre du stade avec aisance, couvrant les arrières de ses coéquipiers avec efficacité. Grâce à elle, ils pouvaient inscrire points sur points, et Malefoy chercher le Vif d'Or en toute tranquillité.

Il le trouva au bout d'à peine un quart d'heure de match. Ses doigts se refermèrent sur la petite sphère dorée et le jeune homme le brandit au-dessus de sa tête avec un sourire rayonnant, s'élevant comme une flèche vers le ciel.

N'ayant concédé aucun point aux Serdaigle, les Serpentard remportaient le match avec 260 points.

_oOo_

Les Serpentard fêtèrent leur victoire durant une bonne partie de la nuit, et même l'apparition de Rogue dans la Salle Commune ne suffit pas à ramener le calme. Elda lui remit elle-même la coupe avec un sourire éblouissant qui lui valurent quelques sifflets. Elle y répondit par un majeur fièrement levé et les rires fusèrent à travers toute la salle.

Oui, les Serpentard étaient bien différents de ce qu'elle avait pensé en lisant les livres. Au fond, ils étaient exactement comme tous les jeunes de leurs âges, capable de se lier d'amitié, de rire, d'être heureux… Certes, ils étaient aussi vaniteux, fiers, trouillards, lâches, mais n'était-ce pas ainsi qu'étaient tous les humains ? Dans son monde d'origine, Elda avait vu bien plus souvent la couardise et la politique de l'autruche plutôt que le courage et l'abnégation.

Nous sommes tous bien plus Serpentard que Gryffondor, n'en déplaise à notre égo.

Elle haussa les épaules et leva sa coupe de jus de pomme pétillant alors que Montague hurlait un nouveau toast à leur Princesse au Sang-de-Bourbe.

_oOo_

Le mois de juin débuta sous un soleil radieux. Elda aidait Ginny et Luna à réviser leurs BUSE avec l'aide d'Hermione. Si elle ne pouvait pas les aider en sortilège, elle leur expliquait tout ce qu'elle savait sur l'art des potions.

Ginny était aussi radieuse qu'elle l'était dans le livre, à ceci prêt que c'était sa relation avec Viktor Krum qui la faisait flotter sur son nuage. Leur correspondance par hiboux interposés avait reprit de plus belle et il tardait à la jeune fille rousse d'être en vacances d'été. Krum lui avait promit de venir la voir.

_ Au fait Elda, tu as toujours le livre de potions de Harry ?

_ Toujours, et je compte bien le garder, c'est collector un goodies pareil !

Ses trois amies se mirent à rire. C'était Ginny qui avait contraint Harry à se séparer de son cher livre, après l'incident dans les toilettes. Il n'avait opposé aucune résistance. La jeune fille rousse n'avait eut qu'un regard à jeter aux écritures en pattes de mouches avant de décréter Harry stupide et aveugle et de filer confier le manuel à Elda. Après tout, un livre annoté par Severus Rogue ne pouvait que lui revenir à elle ! Avec un clin d'œil, elle avait certifié son amie qu'elle ne révèlerait à personne ce qu'elle avait comprit. Elle lui devait bien ça !

_oOo_

_ J'ai réussi…

Elda regarda Malefoy et lui ouvrit ses bras. Il s'y laissa tomber, enfouissant son visage contre son épaule. Les deux amis se trouvaient dans la Salle sur Demande depuis le début de la journée, devant une vieille armoire.

_ Tu devrais être fou de joie, Drago. Tu as finalement réussi à réparer l'armoire à disparaitre ce n'est pas rien !

_ Et je viens de signer l'arrêt de mort de Dumbledore…

_ Ne t'occupe pas de ça, il la signé tout seul cet été, malgré ma mise en garde. C'était pour le mieux… Fais-moi confiance et réjouis-toi !

_ Youpi…

_ Quel enthousiasme ! Aller viens, sourit un peu. Je sais, pour fêter ça, orgie de sucre ! Le temps d'une petite descente aux cuisines pour saluer Dobby, tu te souviens de ton ancien esclave ? Bref, aux cuisines je préparerais le meilleur gâteau qui soit et on ira le manger avec Severus.

_ Génial, trois conspirateurs célébrant la mort imminente du meilleur sorcier de tout les temps.

_ Meilleur dans le sens ''fort'' ? Sans doute. Dans le sens ''gentil'' ? J'en doute, ce n'est qu'un être humain. Mais laissons donc tes sombres pensées dans cette salle et allons-y !

Malefoy se laissa entrainer par sa meilleure amie et se demandant comment elle pouvait être aussi enthousiaste. Ils croisèrent le professeur Trelawney dans le couloir, cachant maladroitement des bouteilles de xérès dans ses châles.

Même les sorciers peuvent être alcooliques, comme quoi, ils ne sont pas mieux que les Moldus, ne leur en déplaise !

Elda fit quelques pas avant de se figer, se rappelant visiblement de quelque chose.

_oOo_

Son étrange célébration terminée, Elda congédia sans ménagement Malefoy avant de se tourner vers le professeur Rogue.

_ C'est ce soir. Allons voir Dumbledore. J'ai envie de lui offrir un cadeau.

Le sombre professeur inclina la tête et suivit la jeune fille jusqu'au bureau du directeur de Poudlard, où ils trouvèrent le vieil homme en grande conversation avec un Harry passablement énervé.

Il a donc croisé Trelawney quand même, j'ai pourtant essayé de l'éloigner… et il vient d'apprendre que Severus a vendu ses parents à Voldemort, plus ou moins.

_ Surveille ton regard, Harry, il ne me plait pas.

_ Elda… As-tu la moindre idée de ce que…

_ Oui. Pour la énième fois, je sais tout. Maintenant va voir ailleurs si nous y sommes, j'ai des choses à faire.

_ Parfois je me demande vraiment si tu es mon amie.

_ Si je n'étais pas ton amie, tu serais déjà mort depuis longtemps et Voldemort régnerait en maitre incontesté du monde.

Harry encaissa le coup sans broncher et quitta le bureau. Elda se tourna alors vers Dumbledore, dont les yeux bleus pétillaient d'un certain amusement.

_ Quelle drôle de fille tu es, Elda Princesse… Puis-je savoir ce qui vous amène, Severus et toi ?

_ Une envie de promenade au clair de lune avec vous, professeur Dumbledore. Quant à Severus… disons que je voulais faire quelques pas en sa compagnie.

Elda sourit d'un air attristé devant les regards interrogateurs des deux hommes. Elle s'approcha de Dumbledore et lui présenta son bras.

_ Je voudrais vous emmener quelque part. Je me suis entrainée au transplaner toute l'année, et je suis plus douée que j'ai bien voulut le montrer. Je me passerais de permit pour vous emmener, je n'existe pas en ce monde après tout, le Ministère ne me remarquera pas ; pas plus que lorsque je fais de la magie hors de l'école.

_ Et puis-je savoir où tu voudrais m'emmener ?

_ La surprise serait gâchée. Disons que j'ai le sentiment qu'une dernière discussion s'impose. Voyez ça comme le caprice d'une fan frustrée.

Dumbledore inclina la tête et posa sa main saine sur le bras de la jeune fille. Elda se tourna vers Rogue et lui adressa un sourire éblouissant.

_ Severus, je te confie Drago cette nuit, ne le lâche pas d'une semelle, d'accord ? Et aussi… n'oublie pas que je t'aime, quoi qu'il arrive. Il le faut, c'est dans l'ordre des choses. Je sais la vérité, garde ça en tête. Quoi que je dise, quoi que je fasse, tu ne pourras croire qu'en une chose cette nuit : c'est que je t'aime.

Il ouvrit la bouche pour répondre mais Elda avait déjà transplané en emmenant avec elle Dumbledore. Il ne comprenait pas exactement ce qu'elle avait voulut dire, mais avait l'intuition qu'il devait garder cela en tête et que tout s'éclairerait le moment voulu.

Dumbledore avait raison, Elda était vraiment une drôle de fille, mais c'était bien pour ça qu'il l'aimait autant.

_oOo_

Dumbledore regarda autour de lui en touchant terre. Il eut l'impression de sentir une pierre tomber dans son estomac. Il connaissait cet endroit, alors même qu'il n'y avait plus mit les pieds depuis terriblement longtemps. Ce château, il le voyait bien souvent en rêve, et n'avait pas besoin de s'approcher de l'entrée pour savoir ce qui été gravé dans la pierre juste au-dessus.

_ ''Pour le plus grand bien…''

_ Il parait que ça a été inspiré d'Auswitch. Mais techniquement, c'est impossible puisque ce château a été construit avant le Troisième Reich. Paradoxe temporel quand tu nous tiens…

_ Pourquoi m'avoir amené à Nurmengard ?

Dumbledore réalisa que sa voix tremblait et il tenta d'en reprendre le contrôle. Elda se contentait de l'observer avec un sourire serein.

_ Pour Grindelwald, quelle question ! Il est enfermé dans sa propre prison, je trouve ça tragiquement ironique. C'est comme si vous-même étiez séquestré dans les cachots de Poudlard. Vous savez, je suis morte avant de voir le troisième film, alors je ne sais pas vraiment ce qu'il s'est passé, mais j'en sais suffisamment pour avoir comprit que Grindelwald et vous avez été amants. Et de ce que j'ai lu, ça s'est mal fini, et vous n'avez jamais revu Grindelwald. Vous ne savez donc pas s'il a eut des remords pour ses crimes ou non. J'ai eut envie de vous donner l'opportunité de savoir. Pas vous ?

Elda fit quelques pas sur le chemin menant au château et se retourna avec un sourire tranquille, attendant que Dumbledore se décide.

Il n'avait jamais eut l'impression d'être aussi vieux qu'en faisant ce premier pas en avant.

_oOo_

Elda attendit longuement, très longuement, à la sorti de la prison. Tellement qu'elle se demanda si Dumbledore n'était pas mort en route, terrifié par la perspective de se retrouver face à Grindelwald après autant d'années.

Ça n'arrangerait pas mes affaires, tiens…

Mais Dumbledore n'était pas mort, et lorsqu'il revint, il paraissait avoir vieilli de 15 ans.

_ Eh bien, c'était si difficile que ça ?

Il la regarda et secoua doucement la tête avant d'esquisser un léger sourire presque fragile.

_ Je n'ai jamais eut le courage de venir jusqu'ici chercher des réponses… pourquoi a-t-il fallut que tu me force à remuer tout ça… et pourquoi ai-je à ce point envie de te remercier ?

La jeune fille lui sourit et l'entraina pour faire quelques pas au grand air.

_ Je suis curieuse… a-t-il eut des remords ?

_ Oui et non. Gellert Grindelwald reste un mage noir, et il ne regrette pas d'avoir fait tout son possible pour atteindre ses objectifs… mais je pense qu'il regrette ce qu'il a perdu en route.

_ Vous ?

Dumbledore se contenta d'un hochement de tête.

_ Je me dis que j'aurais dû essayer de le changer, à l'époque. Essayer vraiment, le remettre sur le droit chemin au lieu de le laisser partir de son côté…

_ Vous croyez ? Mais sans sa part d'ombre, Grindelwald n'aurait plus été Grindelwald, et vous ne seriez pas tombé amoureux de lui. Vous savez, moi j'aime Severus parce qu'il n'est pas pétrit de bonnes intentions. Il est comme il est, et c'est lui tout entier que j'aime. Chercher à changer quelque chose chez lui signifierait que je ne l'aime pas exactement comme il est mais plutôt l'idéal que je voudrais lui faire atteindre. Je trouve ça mesquin. Quand on aime quelqu'un, on le prend tout entier, avec ce qu'il y a de bon et de mauvais en lui. Non ?

_ Sans doute… Tu as sans doute raison… S'il n'y avait pas eut cette ombre en Gellert aurais-je été attiré par lui ? En toute honnêteté, je pense que non.

_ Vous êtes humain, c'est normal. Personne n'est tout blanc ou tout noir. L'important c'est de savoir qui l'on est et de l'accepter. Et plus encore, d'accepter les autres pour ce qu'ils sont, de les comprendre. Et seulement à ce moment là, on peut se permettre de juger leurs actes, de les cautionner ou de les condamner.

Dumbledore observa Elda avec un léger sourire et se retourna une dernière fois vers le château. Il était presque certain que Grindelwald l'observait aussi, depuis la minuscule fenêtre de sa cellule. Il était devenu aussi vieux que lui, mais il l'avait reconnu sans la moindre hésitation. Ils avaient longuement parlés, et il se demandait pourquoi ils ne l'avaient pas fait avant.

_ Les choses auraient été tellement différentes, si tu avais été là, Elda Princesse…

_ Sans doute, mais je n'aurais pas rencontré Severus. Et même si je sais que je ne serais jamais à la hauteur de Lily, je veux être avec lui. Et puis, si j'avais été là, j'aurais été me cacher dans un coin bien tranquille, les évènements du passé me sont encore inconnu. Je vous l'ai dit, je suis morte avant la sortie du troisième film !

Dumbledore l'observa et finit par sourire.

_ Je vais mourir cette nuit, n'est-ce pas ? C'est pour ça que tu as choisi ce soir pour m'emmener voir Gellert.

_ Oui.

_ Est-ce… Drago ?

_ Non. Severus.

_ Je comprends mieux ce que tu lui as dit avant de partir… Il y a une dernière chose que je voudrais savoir… Toi qui sais comment s'achèvera la lutte contre Voldemort… Harry va-t-il…

_ Mourir ? Non. On ne tue pas le héros d'un livre aussi iconique, sauf si on veut foutre en l'air sa carrière. Dans une aussi grande série, l'histoire doit forcément bien finir !

_ Un livre… nous ne sommes que les personnages d'un livre…

_ Peut-être l'étais-je moi-même dans mon propre monde, qui sait ! Peut-être le sommes nous tous encore à cet instant précis !

Elle lui sourit joyeusement e lui présenta sa main.

_ Etes-vous prêt à rentrer, professeur Dumbledore ?

_ Oui.

Avec résolution, il prit la main de la jeune fille et transplana avec elle, la laissant le guider. Il emporta comme dernière vision le château de Nurmengard et son prisonnier.

Etrangement, il se sentait plus serein que jamais. Il allait droit vers sa mort et pourtant il n'en ressentait aucune peur, ni aucun regret.