Bonjour!
Voici la suite des aventures de Hermione dans le manoir de Lord Prince.
Merci à tous ceux qui ont commencé la lecture de cette histoire et merci pour vos encouragements.
Bonne lecture!
Chapitre 2
« Hermione ! appela Lady Prince en rentrant du village, quelques heures plus tard. Hermione ! répéta-t-elle en ôtant ses gants blancs et en s'arrêtant dans le hall. Où est donc encore passée cette petite gourde… se demanda-t-elle à voix basse, agacée.
- Oui, Madame ! Je suis là ! affirma la jeune fille en se précipitant vers elle.
- Ah, ce n'est pas trop tôt ! rétorqua la femme, dédaigneuse. Veuillez aller chercher mes paquets dans la voiture et montez-les dans ma chambre, ordonna-t-elle ensuite.
- Bien, Madame, acquiesça-t-elle en se dirigeant vers la sortie tandis que Lady Prince se dirigeait vers le salon.
- Non, stop ! exigea soudainement une voix masculine qui fit s'arrêter dans leur course les deux femmes. Vos paquets sont très certainement trop lourds pour elle, ma chère. C'est le travail d'un laquais, pas d'une servante.
- Oh… Vous êtes de retour… se contenta de répondre Lady Prince en observant son mari des pieds à la tête et en retenant péniblement une moue de mépris.
- Et oui, Narcissa, malheureusement… » approuva Severus qui était au moins aussi ravi qu'elle.
Hésitante, Hermione les observa s'échanger ces quelques mots dénués de la moindre chaleur avant de s'avancer un peu vers eux et de déclarer timidement :
« Je suis certaine que je peux le faire, Monsieur. Au pire, je ferai plusieurs allées et venues.
- Non, refusa-t-il, catégorique, en l'observant de ses yeux noirs. Connaissant mon épouse et vu votre gabarit, vous n'êtes certainement pas suffisamment forte pour porter tous ses paquets. Allez plutôt dans la cuisine pour préparer du thé et apportez-le-nous dans le petit salon, ordonna-t-il à la place.
- Bien, Monsieur », acquiesça-t-elle en faisant une petite révérence avant de partir vers la cuisine.
Après avoir regardé la jeune servante s'éloigner rapidement dans le couloir, Severus reporta son attention sur son épouse qui déclara, dédaigneuse :
« Toujours là pour me contredire…
- Toujours là pour exiger de ces pauvres jeunes filles des tâches bien trop lourdes pour elles, rétorqua-t-il aussitôt.
- Hum ! renifla-t-elle en haussant une épaule et en relevant le menton. Vous vous faites le défenseur de la veuve et de l'orphelin, maintenant ?
- Certainement pas, mais je ne vois pas du tout l'intérêt d'épuiser ou de blesser votre nouvelle servante. Ce n'est pas étonnant que la précédente soit déjà partie, répliqua-t-il, fataliste.
- Qu'est-ce que cela peut bien vous faire, le temps que ces servantes restent ? interrogea Narcissa en haussant un sourcil blond.
- Cela m'ennuie beaucoup de devoir retenir leurs prénoms et de voir de nouvelles têtes tous les six mois. Je souhaiterais avoir un peu de constance et de stabilité pour notre personnel de maison. Ils sont en contact avec nos biens et avec nous et je veux pouvoir leur faire confiance, expliqua-t-il, à bout de nerf.
- Si vous arrêtiez de mettre nos servantes dans votre lit, je pourrais peut-être accepter de les garder, lui reprocha-t-elle, fielleuse.
- Je n'ai jamais mis aucune de nos servantes dans mon lit et vous le savez pertinemment, espèce de mégère, grinça-t-il entre ses dents serrées, contenant sa colère du mieux qu'il le pouvait. Je vous ai toujours été fidèle et j'ai du respect pour vous, bien que vous n'en ayez aucun pour moi.
- Hum… C'est cela, oui… renifla-t-elle en détournant son regard de lui et en croisant les bras sur sa poitrine.
- Bon, arrêtons là, je vous prie, proposa-t-il en se massant les tempes d'une main. Je vais dire à Thomas de porter vos paquets à l'étage puis je vous rejoindrai au petit salon pour boire le thé, décréta-t-il.
- Faites ce que vous voulez. Moi, je vais m'étendre sur mon lit. Je suis lasse de cette journée », décréta-t-elle en lui tournant le dos avant de gravir les escaliers.
Severus secoua la tête de dépit, en soupirant légèrement, puis il partit donner ses ordres au laquais avant de rejoindre son salon, seul.
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Le maître des lieux, qui s'était installé dans son petit fauteuil face à la cheminée en attendant son thé et qui avait fermé les paupières quelques instants, rouvrit subitement ses yeux noirs en entendant le très léger tintement que le plateau avait produit en se posant sur le guéridon situé juste à côté de lui.
« Pardonnez-moi, Monsieur, s'excusa aussitôt Hermione en croisant son regard sombre et en se redressant doucement.
- Pourquoi ne vous êtes-vous pas manifestée, au lieu de vous faufiler sans un bruit dans la pièce ? demanda Rogue en haussant un sourcil, perplexe.
- Parce que je ne voulais pas vous déranger, répondit-elle simplement avant de se pencher pour verser le thé dans l'une des deux tasses en porcelaine qu'elle avait apportées. Je me suis dit que vous aviez peut-être besoin d'un peu de repos et de tranquillité », se justifia-t-elle encore.
Lord Prince se contenta d'observer sans rien dire la jeune fille qui resta sagement plantée devant lui après lui avoir servi sa tasse de thé et il l'écouta demander gentiment :
« Lady Prince ne vous rejoint pas pour le thé ?
- Non, elle s'est retirée dans sa chambre. Elle était lasse, répondit-il simplement.
- Voudriez-vous que je lui porte une tasse de thé dans sa chambre ? proposa-t-elle aimablement.
- Non, refusa-t-il sans la moindre hésitation. Si elle désirait du thé, elle n'avait qu'à venir ici pour le déguster en ma compagnie.
- Très bien, Monsieur », acquiesça la jeune servante sans discuter.
Le calme se fit dans la pièce, Severus laissant vagabonder ses yeux noirs sur les flammes qui crépitaient dans la cheminée.
« Lord Prince ? demanda-t-elle ensuite pour capter son attention après un bref moment de silence.
- Oui ? répondit-il en reposant son regard sur elle, surpris qu'elle soit encore là.
- Permettez-moi de m'excuser pour mon comportement et mes paroles de tout à l'heure. Je n'étais pas à ma place. J'en suis profondément désolée, Monsieur, s'excusa-t-elle alors, contrite.
- Ce n'est rien. Ne vous tourmentez pas pour cela, déclara-t-il en balayant ses dires d'un geste de la main. Je reconnais que j'ai peut-être poussé la blague un peu trop loin. Je comprends parfaitement que vous vous soyez mise en colère.
- Probablement, mais je n'avais pas à vous parler comme cela ni à m'énerver.
- Disons que nous sommes quittes, dans ce cas, proposa-t-il en plongeant ses yeux noirs dans les siens pour couper court à ses excuses.
- D'accord, approuva-t-elle, soulagée. Merci, Monsieur. »
Rogue ne répondit pas, se contentant d'incliner légèrement la tête, puis il reporta son attention sur la tasse de thé qu'elle venait de lui servir.
« Désirez-vous autre chose, Monsieur ? s'assura-t-elle encore avant de quitter la pièce.
- Non, je vous remercie. Vous pouvez disposer, Hermione », la congédia-t-il en hochant légèrement la tête dans sa direction avant de la regarder partir et refermer délicatement la porte.
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Cela faisait plusieurs semaines que Lord Prince était de retour dans sa demeure et qu'il s'appliquait à passer ses journées dans son bureau pour travailler sur ses rapports et veiller à la gestion de son domaine ou dans la bibliothèque afin de se détendre un peu grâce à un bon livre. Comme à son habitude, il passait le moins de temps possible en compagnie de son épouse, qui ne l'aimait pas et qui n'en avait strictement rien à faire de lui, se contentant de prendre ses repas avec elle et d'apparaître à ses côtés lors de soirées ou d'événements mondains, uniquement pour faire bonne figure et donner l'illusion d'un mariage sans nuage, feignant la complicité maritale et l'amusement comme seuls les aristocrates savaient si bien le faire.
L'homme avait été étonné de constater que la jeune servante que son épouse avait engagée accomplissait sans broncher toutes les tâches que sa femme lui assignait, sans jamais se plaindre ni montrer son agacement malgré la stupidité ou l'inutilité de certaines d'entre elles. Elle mettait toujours tout son cœur à l'ouvrage et mettait un point d'honneur à tout faire absolument parfaitement, semblant tirer une grande satisfaction du travail bien fait.
Ce faisant, il ne l'avait pas encore tellement embêtée, par rapport à ses autres domestiques, et il décida de se rattraper, jugeant qu'il l'avait laissée tranquille un peu trop longtemps et qu'une petite distraction innocente comme celle-là ne lui ferait sans doute pas de mal et le dériderait un peu.
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Hermione était en train de faire le ménage dans la salle à manger. Elle astiquait un grand buffet en bois sombre verni à l'aide d'un chiffon sec, quelques mèches de ses cheveux rebelles s'étant échappées de son chignon pour venir lui chatouiller la nuque et encombrer légèrement sa vision, du rouge colorant ses joues suite à l'effort qu'elle faisait afin de faire briller meubles et bibelots.
Severus avait pénétré subrepticement dans la pièce, après l'avoir cherchée quelques instants, et il s'était d'abord arrêté pour la contempler durant plusieurs minutes, elle qui était tellement focalisée sur l'accomplissement de ses tâches domestiques qu'elle ne l'avait même pas entendu arriver.
Il avait fugacement songé que la roseur de ses pommettes allait bien avec son teint et lui donnait bonne mine puis il s'était également demandé à quoi elle pouvait ressembler avec ses cheveux détachés qui reposeraient négligemment sur ses frêles épaules. Il secoua légèrement la tête afin de chasser ces pensées somme toute incongrues et il approcha d'elle, à pas feutrés, alors qu'elle venait de prendre en main un vase en cristal pour le nettoyer.
« N'avez-vous pas encore terminé avec le ménage de cette pièce, Miss Granger ? » interrogea-t-il subitement de sa voix basse et grave, après s'être arrêté juste derrière elle.
Surprise d'entendre cette voix alors qu'elle se croyait seule, Hermione ne put s'empêcher de sursauter vivement à ses paroles en faisant soudainement un bond en arrière. Elle se cogna alors au torse de son maître et lui marcha sur un pied tandis qu'elle laissait le vase lui échapper des mains pour venir se briser en mille morceaux sur le sol de marbre.
Étonné par sa brusque réaction, Rogue l'avait retenue par les bras pour ne pas qu'elle les fasse tomber tous les deux, il l'avait attirée contre lui et il l'avait légèrement tirée en arrière quand le vase s'était rompu à leurs pieds pour éviter les éclats de cristal et d'éventuelles blessures.
« Pardonnez-moi, Lord Prince, je… » tenta-t-elle maladroitement de s'excuser en tournant vivement son visage vers le sien tandis qu'il la tenait toujours contre lui.
Remarquant qu'ils étaient vraiment fort proches tous les deux et qu'elle pouvait sentir son souffle chaud sur sa joue, elle s'interrompit aussitôt, elle rougit violemment à cause de leur proximité et de leur position et elle détourna rapidement son regard noisette de ses yeux noirs, embarrassée.
Percevant bien son trouble et concevant lui aussi parfaitement que leur position n'était pas convenable, il l'éloigna doucement de lui et fit un pas sur le côté pour s'écarter d'elle et ainsi rétablir des distances respectables entre eux.
« Pardonnez-moi, Monsieur, recommença-t-elle plus calmement. Je ne vous avais pas entendu et… vous m'avez fait peur, lui avoua-t-elle ensuite en relevant son regard vers lui.
- Vous n'avez donc pas la conscience tranquille, Hermione ? interrogea-t-il en esquissant un sourire en coin, moqueur.
- Ce n'est pas ça, nia-t-elle en secouant sa tête de gauche à droite. Je songeais simplement à autre chose. J'étais perdue dans mes pensées, expliqua-t-elle brièvement. Je suis vraiment désolée pour votre vase, Lord Prince, ajouta-t-elle en observant l'objet brisé à ses pieds, consternée.
- Ce n'est rien. Je déduirai son prix de vos gages », répondit-il immédiatement en haussant les épaules, impassible.
Hermione reposa son regard sur lui, bouche bée, en blêmissant soudainement, en déglutissant difficilement et en essayant d'imaginer combien pouvait bien coûter un objet aussi précieux que celui-là, l'angoisse lui tordant les entrailles, et, avant qu'elle ait pu faire quoi que ce soit, elle ne put empêcher ses larmes de lui monter aux yeux et elle éclata en de gros sanglots en cachant son visage entre ses mains.
Jamais elle ne pourrait rembourser un vase en cristal pareil ! Il lui faudrait des années pour parvenir à effacer sa dette ! Elle allait devoir travailler jours et nuits pour réparer son erreur et elle ne pourrait plus aider son père en lui donnant son salaire pour payer son traitement médical. Son pauvre père qui était âgé et malade allait mourir par sa faute ! Tout ça parce qu'elle s'était montrée peu soigneuse et vraiment maladroite.
Décontenancé par la véhémente réaction de la jeune femme et ne s'attendant pas le moins du monde à ce qu'elle éclate en pleurs comme cela, Lord Prince, qui voulait seulement lui faire une blague en disant cela, fronça ses épais sourcils noirs et la détrompa directement :
« Hermione, je disais cela pour plaisanter. Ce n'était qu'une simple farce, voyons. Je ne vais certainement pas vous faire payer ce vase alors que c'est moi qui vous ai surprise et qui vous l'ai fait briser. »
La jeune fille, bien qu'elle entende les paroles rassurantes de son maître, pleurait toujours toutes les larmes de son corps, incapable de se calmer et de faire cesser ses sanglots, refusant de le regarder dans les yeux alors qu'elle se comportait comme une enfant prise en faute.
« Hermione, ce n'était qu'une blague. Rassurez-vous, répéta-t-il encore en faisant un pas vers elle et en se penchant légèrement pour tenter de capter son regard, inquiet. Hermione, regardez-moi, s'il vous plaît », demanda-t-il encore en posant doucement une main sur son épaule.
Finalement, la jeune servante parvint à s'apaiser quelque peu, elle souffla légèrement en fermant ses paupières puis elle les rouvrit pour plonger ses yeux pleins de larmes dans ceux de l'homme.
« Voilà. Calmez-vous. Respirez lentement, conseilla-t-il encore, soulagé de voir ses larmes se tarir et sa respiration redevenir plus calme et moins saccadée. Je suis vraiment navré de vous avoir mise dans un tel état.
- Non… Ce n'est rien… C'est moi qui… voulut-elle le détromper d'une voix aigüe en inspirant entre chaque phrase.
- Ce n'était qu'une simple plaisanterie. Je ne vous ferai pas payer ce vase. Et je vous demande de bien vouloir m'excuser, Miss Granger, de vous avoir fait si peur. J'en suis profondément désolé, s'excusa-t-il encore en sortant un grand mouchoir en tissu blanc brodé de ses initiales d'une poche de sa redingote noire. Tenez. Séchez vos larmes, conseilla-t-il gentiment en lui donnant son mouchoir.
- Merci… répondit-elle d'une petite voix en prenant le morceau de tissu qu'il lui tendait aimablement et en baissant le regard, honteuse de s'être laissée aller comme cela devant lui. Veuillez me pardonner, Lord Prince. Je suis désolée d'avoir réagi de la sorte… ajouta-t-elle après s'être essuyée les yeux et le nez en voulant lui rendre son mouchoir.
- Ce n'est rien. Et vous pouvez le garder, décréta-t-il en mettant ses mains dans son dos et en hochant la tête.
- Merci, Monsieur », répliqua-t-elle en pliant soigneusement le morceau de tissu avant de le mettre dans une poche de sa robe.
Un grand silence s'installa alors entre eux deux puis Hermione, qui avait repris ses esprits, attrapa une petite ramassette et un balai, elle s'agenouilla au sol et rompit ce silence en déclarant, résolue :
« Je vais ramasser les débris.
- Faites attention à ne pas vous blesser et veuillez encore me pardonner pour le travail supplémentaire que je vous ai imposé, Miss Granger, déclara Rogue en observant la jeune femme agenouillée par terre en grimaçant légèrement, confus de lui avoir ajouté de l'ouvrage.
- Ce n'est pas grave, Lord Prince. Ce sont des choses qui arrivent constamment », rétorqua-t-elle simplement, sans la moindre once rancune dans sa voix douce, avant de relever son visage vers le haut pour lui offrir un chaleureux sourire.
Severus inclina la tête dans sa direction et sortit de la salle à manger, la laissant terminer paisiblement son travail et se remettre de ses émotions qu'il avait fait naître bien involontairement dans son si bon cœur.
Il s'accusa directement auprès de son épouse d'avoir cassé ce vase en cristal afin que cette mégère ne puisse pas s'en prendre à la pauvre jeune fille qu'il avait déjà suffisamment tourmentée comme cela et, après qu'elle l'eut qualifié de grand imbécile et d'empoté sous son regard impassible, il lui promit qu'il lui en ferait livrer un autre de Saint-Louis pour le remplacer dans les plus brefs délais. Narcissa avait semblé satisfaite, elle n'en avait plus reparlé par la suite et tout était rentré dans l'ordre.
Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)
A la prochaine!
Bisous
