Bonjour!

Merci à drou pour son commentaire! Oui, ça peut durer longtemps mais rassure-toi... ;-)

Merci à tous ceux qui lisent et me laissent leur avis, ça me fait très plaisir.

Voici la suite!

Bonne lecture...


Chapitre 5

Severus n'était pas parvenu à décolérer contre sa mégère de femme de toute la journée et il avait éprouvé beaucoup de difficultés pour se reconcentrer et terminer les tâches qu'il souhaitait finir impérativement aujourd'hui. Il s'était enfermé dans son bureau jusqu'à la tombée de la nuit, sautant le repas du soir au passage, mais des réflexions intimes et personnelles étaient venues parasiter son travail et ses pensées purement professionnelles.

Il n'avait pas pu s'empêcher de repenser aux paroles fielleuses de son épouse, qui ne s'était pas privée de le calomnier et d'insulter gravement leur jeune servante, mais, bien que la plupart des choses qu'elle ait dites étaient totalement fausses et résultaient de son esprit mesquin et dérangé, la plus importante était vraie : il était bel et bien tombé sous le charme de Hermione Granger…

Comment aurait-il pu faire autrement après tout ? La jeune fille était la douceur, la bonté et l'innocence personnifiée tandis que sa femme n'était qu'une infâme garce acariâtre, mauvaise et froide. Hermione avait un si grand cœur, elle était tellement gentille avec tout le monde et elle était si jolie… Severus trouvait qu'elle était encore plus belle car la jeune fille n'avait pas conscience de sa beauté et de ses atouts…

Il aimait la façon dont certaines mèches rebelles de ses cheveux bruns et légèrement ébouriffés ressortaient constamment de son chignon pour venir chatouiller sa nuque gracile ou passer négligemment sur son front. Il aimait la couleur noisette et l'éclat de ses grands yeux de biche parés d'une épaisse frange de cils noirs. Il aimait la façon dont ses pommettes s'échauffaient et prenaient une belle teinte rouge à cause de son trouble ou d'un effort physique important. Il aimait la forme de ses lèvres roses et charnues qu'un tendre sourire venait bien souvent embellir encore un peu plus. Il aimait son petit nez légèrement retroussé qui lui donnait par moment un air mutin. Il aimait le galbe de sa poitrine. Il aimait l'arrondi de ses hanches. Il aimait la blancheur de sa peau. Il aimait la douceur de ses fines mains. Il aimait le parfum qu'elle exhalait. Il aimait sa voix. Il aimait son rire. Il aimait son esprit. Il aimait sa douceur… Oui, Rogue aimait absolument tout d'elle. Il l'aimait toute entière.

Bien entendu, il savait pertinemment qu'il ne pourrait jamais rien y avoir entre eux, même si ses sentiments se retrouvaient également partagés par le plus grand des hasards. Il était un homme marié mais surtout un homme de principes et respectueux de la réputation de chacun. Jamais il ne consentirait à mettre cette douce et innocente jeune fille dans une position délicate où elle serait la cible d'insultes, de quolibets et de l'opprobre publique. Pas plus qu'il ne consentirait à trahir les vœux de fidélité qu'il avait prononcés envers son épouse et qui le liaient à elle jusqu'à la fin de leurs jours… Non, Severus était un homme honnête et droit mais, malgré tous ses beaux principes, sa détermination et sa force de caractère, il était malheureusement bien incapable d'empêcher son cœur d'aimer…

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Il était passé minuit lorsque Rogue décida d'aller se coucher. Il rangea grossièrement ses papiers, s'empara du bougeoir qui l'éclairait faiblement et sortit de son bureau en refermant doucement la porte pour éviter de faire trop de bruit. Il parcourut les couloirs sombres éclairés seulement par la lueur de la lune ainsi que par la flamme vacillante de sa bougie pour rejoindre sa chambre mais, arrivé sur le palier, il entendit un peu de bruit qui provenait d'en bas et décida d'aller voir ce qui le provoquait.

Une fois au-dessus des escaliers, il la vit agenouillée sur le sol en train de frotter les dalles de marbre blanches et noires de l'entrée, un seau d'eau savonneuse posé à côté d'elle et une loque humide en mains.

Malgré l'obscurité de la nuit, il remarqua qu'elle avait retroussé les manches de sa robe pour ne pas les mouiller, qu'elle avait noué un foulard autour de sa tête pour éviter que ses mèches de cheveux ne lui tombent devant le visage et qu'elle avait fait un nœud dans sa jupe pour la raccourcir un peu et ainsi faciliter ses mouvements. Elle avait sans aucun doute les joues roses et la sueur devait perler sur sa peau blanche au vu de l'effort qu'elle fournissait.

Il descendit les quelques marches pour parvenir dans le hall d'entrée, posa son bougeoir sur la rampe d'escalier et s'avança vers elle tandis qu'elle venait de le remarquer et tournait son visage dans sa direction.

« Hermione, que faites-vous encore debout à travailler comme cela ? demanda-t-il à voix basse, intrigué par son nettoyage nocturne.

- J'essaie de terminer toutes mes tâches quotidiennes comme je vous l'ai promis, à Lady Prince et à vous, Lord Prince, répondit-elle simplement en s'interrompant quelques instants dans son ouvrage et en essuyant son front à l'aide de son bras.

- Il est passé minuit, vous devriez plutôt être au lit, lui reprocha-t-il en fronçant ses sourcils noirs.

- Mais je n'ai pas fini, Monsieur, protesta-t-elle. Lorsque je suis rentrée au manoir, Lady Prince m'avait ajouté plusieurs tâches et elle m'a demandé de tout faire aujourd'hui, expliqua-t-elle brièvement.

- Vous m'en direz tant… soupira-t-il en se massant les tempes d'une main. Allons, reposez cette serpillère et relevez-vous, exigea-t-il ensuite. De toute façon, nous ne sommes plus vendredi, nous sommes samedi à présent.

- Mais je… hésita-t-elle en regardant le hall qu'elle n'avait pas terminé de nettoyer.

- Hermione, je vous en prie, faites ce que je vous dis. Pourquoi m'obligez-vous toujours à vous donner des ordres ? » insista-t-il, un peu agacé, en la fixant de son regard noir.

La jeune servante rougit à sa remarque et elle se mordit la lèvre inférieure, confuse de l'avoir importuné. Elle déposa la serpillère dans le seau d'eau et se remit sur ses deux pieds tout en essuyant ses mains humides sur son tablier.

« Pardonnez-moi, Monsieur. Je ne voulais pas vous contrarier, s'excusa-t-elle alors en plongeant ses yeux noisette dans son regard sombre, contrite.

- Ce n'est rien… Ce n'est pas vous qui me contrariez… » murmura-t-il en soupirant légèrement.

Le silence se fit entre eux et perdura plusieurs minutes jusqu'à ce que Hermione le rompe en déclarant doucement :

« Je suis désolée de vous avoir en quelque sorte obligé à me laisser m'absenter aujourd'hui, Lord Prince, mais je ne pouvais vraiment pas faire autrement…

- Ne soyez pas désolée, je comprends parfaitement ce que vous avez dû ressentir en sachant votre père tout seul et malade. D'ailleurs, comment se porte-t-il ? s'enquit-il après l'avoir rassurée en fixant attentivement son regard noisette.

- Il… Il ne va pas très bien, Monsieur… » répondit-elle, le souffle soudain devenu trop court, de sa voix brisée, avant de laisser ses larmes inonder ses beaux yeux et s'échapper de ses paupières.

Décontenancé, Rogue observa en grimaçant légèrement la jeune femme qui venait littéralement de fondre en larmes devant lui et qui cachait son visage entre ses mains, sanglotant et respirant avec difficulté à cause de son chagrin. Compatissant à sa douleur et ne supportant pas de la voir dans un tel état, il approcha d'elle, entoura ses épaules secouées de soubresauts de ses grands bras puissants et la serra doucement contre lui en fermant également ses paupières.

« Chut… Chut… Je suis navré, Hermione… murmura-t-il contre son oreille en tentant de l'apaiser par ses gestes et par ses paroles, son nez enfoui dans ses cheveux bruns. Mais peut-être n'est-ce que passager, tenta-t-il de la rassurer encore.

- Je suis… désolée, Monsieur… Je… hoqueta-t-elle en relevant soudain son visage vers lui.

- Ce n'est rien. C'est votre père et vous l'aimez. Je comprends parfaitement votre détresse », lui assura-t-il en secouant légèrement la tête avant de caresser tendrement son visage d'une main et de la laisser revenir se blottir contre son torse.

Il la garda contre lui durant plusieurs minutes, en caressant doucement ses cheveux bruns et en la berçant légèrement de gauche à droite, sa joue reposant contre sa tête, puis, lorsqu'elle fut parvenue à se calmer et qu'il sentit que sa respiration était presque revenue à la normale, il l'écarta lentement de lui, effleura sa joue du revers de sa main en esquissant un petit sourire triste et il décréta sagement :

« Allez vous coucher, Hermione. Vous avez besoin de repos.

- Je vais d'abord ranger… voulut-elle dire en essuyant ses grands yeux de ses mains.

- Non, Hermione, la coupa-t-il aussitôt. Montez, ordonna-t-il en désignant les escaliers d'un geste de la tête.

- D'accord, Monsieur, approuva-t-elle après avoir ri légèrement. Bonne nuit, ajouta-t-elle avant de partir vers les escaliers.

- Bonne nuit… » lui répondit-il en l'observant gravir les marches puis disparaître peu à peu dans la pénombre.

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Lorsque Hermione était rentrée de sa visite à son père le dimanche après-midi, Severus ne l'avait jamais vue aussi gaie et rayonnante de toute sa vie. Elle respirait littéralement la joie de vivre. Apparemment, l'état du vieil homme s'était considérablement amélioré et sa fille unique n'avait pu que s'en réjouir pleinement.

Depuis un an qu'elle travaillait pour lui comme servante, Rogue n'avait jamais pu voir de si beaux sourires illuminer les traits de son doux visage et il en était très heureux pour elle. Dans le courant de la semaine qui avait suivi, elle était venue le trouver, pleine d'entrain, pour lui demander la permission d'emporter l'un des livres de sa bibliothèque afin d'en faire la lecture à son père le dimanche suivant et il lui avait bien entendu donné l'autorisation.

Évidemment, Narcissa n'avait pas manqué l'occasion de dire que la jeune fille leur avait menti pour pouvoir échapper à ses corvées et qu'il n'était qu'un sot de persister à croire en sa bonne foi mais cela faisait bien longtemps qu'il se moquait de ce que son épouse pouvait bien penser de lui et il lui avait intimé fermement de laisser leur servante tranquille et d'arrêter de la surcharger de travail comme elle le faisait constamment, si elle ne voulait pas de problèmes avec lui. Lady Prince avait grimacé en montrant ouvertement son mépris mais elle avait néanmoins accepté de suivre son conseil, ne souhaitant pas déchaîner la colère qu'elle voyait prête à exploser dans le regard sombre et ombrageux de son mari.

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Tapi dans l'ombre et caché parmi les ténèbres de la nuit, Lord Prince dégustait tranquillement un verre de son meilleur whisky, confortablement installé dans l'un des fauteuils moelleux de sa vaste bibliothèque personnelle. Il devait être près de deux heures du matin mais il ne parvenait pas à dormir. Le sommeil le fuyait depuis de nombreux jours…

Il faisait tournoyer le liquide ambré dans son verre, étudiant la façon dont l'alcool scintillait sous les froids rayons de la Lune, s'accrochant légèrement à la paroi de cristal avant de retomber dans le fond du verre, puis fermant ses paupières pour humer le parfum riche et boisé et sentir pleinement la douce odeur que dégageait cette précieuse boisson, tout en réfléchissant à une multitude de sujets…

Il songeait à ses affaires qui fleurissaient sans lui à Londres, à la gestion quotidienne de son domaine et de son manoir, à la façon dont il pourrait embellir ses jardins ou rénover l'une des fontaines de son parc, aux conditions de travail de ses domestiques, à la façon dont ses rapports maritaux s'étaient encore considérablement dégradés, à la vie qu'il aurait pu avoir en d'autres circonstances, en d'autres lieux ou en d'autres temps, mais aussi et surtout à sa jeune servante Hermione…

À vrai dire, la douce Hermione, son cœur généreux et son visage d'ange occupaient le centre des pensées de l'homme. C'était en grande partie à cause d'elle qu'il ne parvenait pas à dormir correctement et qu'il ne parviendrait sans doute plus jamais à dormir sereinement pour le reste de ses jours… Elle lui avait bien malgré elle ravi son cœur de telle sorte que plus rien ne pourrait jamais être comme avant désormais…

Tout à coup, Rogue revint les pieds sur Terre en entendant un léger cliquetis venir troubler le profond silence de la nuit. Il braqua son regard sombre sur la porte en chêne, intrigué, et vit bientôt la clenche s'abaisser doucement puis le panneau de bois pivoter sur ses gonds pour lui révéler l'objet de ses pensées.

Hermione pénétra discrètement à l'intérieur de la pièce, sur la pointe de ses petits pieds qu'elle avait laissé nus, son doux visage éclairé seulement par la faible lueur d'une bougie, avant de refermer la porte avec précaution pour éviter d'alerter quiconque de sa présence dans la bibliothèque à cette heure incongrue de la nuit. La porte une fois close, elle se dirigea vers une table de travail pour y déposer son bougeoir puis se tourna vers les étagères à la recherche d'un ouvrage.

Constatant qu'elle ne l'avait pas remarqué, dissimulé dans un recoin obscur, Severus décida, dans un premier temps, de ne pas faire le moindre bruit pour éviter de dévoiler sa présence et il détailla attentivement sa jeune servante mise en lumière par les rayons de la Lune qui filtraient à travers la grande fenêtre de la pièce.

Elle était vêtue d'une simple et fine chemise de nuit en coton blanche à travers laquelle il pouvait entrapercevoir par transparence les délicieuses courbes de son corps. Ses longs cheveux bruns ondoyaient librement sur ses frêles épaules et recouvraient son dos jusqu'aux creux de ses reins. Le bas de sa robe s'arrêtait au milieu de ses mollets, lui révélant ainsi ses fines chevilles et ses petits pieds nus. Son col légèrement ouvert dévoilait sa gorge diaphane ainsi que la naissance de sa poitrine à la fois menue et ferme.

Elle semblait chercher un ouvrage précis parmi tous ses livres car, juchée sur la pointe de ses pieds, elle plissait légèrement ses grands yeux aux longs cils de biche, fronçait ses sourcils bruns et mordillait un peu ses lèvres roses et rebondies, une main posée sur la bibliothèque pour se stabiliser et un bras tendu vers l'une des étagères du haut, ses doigts fins survolant les bouquins aux couvertures de cuir, une intense concentration se lisant sur les traits délicats de son visage.

Estimant qu'il avait suffisamment profité de la vue qu'elle lui offrait, Rogue se résolut finalement à se manifester et à briser le silence qui régnait en demandant de sa voix profonde :

« Quel titre cherchez-vous, Hermione ? »

La jeune femme sursauta au son de sa voix, elle retira son bras et se tourna vivement dans sa direction, une main posée sur son cœur.

« Lord Prince ? chuchota-t-elle, incertaine, en plissant les yeux afin de mieux voir et en faisant un pas vers la source du bruit.

- Ne dormez-vous point, Hermione ? l'interrogea-t-il encore en posant son verre de cristal sur le guéridon, en se levant de son siège et en sortant de l'ombre pour approcher d'elle.

- Ne dormez-vous point non plus, Monsieur ? lui renvoya-t-elle avant d'esquisser un sourire lorsqu'elle put enfin voir son maître surgir de l'obscurité.

- Je souffre d'insomnies… répliqua-t-il simplement après avoir souri lui aussi et en avançant encore vers elle, les mains dans le dos.

- Quant à moi, je me réjouis d'aller rendre visite à mon père demain et je voulais choisir un autre livre que celui pour lequel j'avais initialement opté », expliqua-t-elle alors.

Severus l'observa avec tendresse, se trouvant désormais à peine à quelques centimètres d'elle, et il lui demanda en se penchant légèrement vers elle :

« Quel livre cherchez-vous ?

- J'aurais aimé lui lire Tristan et Iseult de Thomas d'Angleterre, lui apprit-elle en le fixant de ses yeux noisette. Je sais qu'il est par-là mais je ne retombe pas dessus, ajouta-t-elle en désignant les étagères d'un geste du bras.

- Tristan et Iseult… répéta-t-il en tendant son bras vers sa bibliothèque pour se saisir de son exemplaire. Une bien triste histoire d'amour… commenta-t-il en lui remettant le livre et en baissant son regard onyx vers elle.

- Les grandes et belles histoires d'amour sont toujours les plus douloureuses », répliqua-t-elle spontanément avant de se rendre compte de ce qu'elle avait dit.

Elle rougit alors, détourna son regard de lui et serra le bouquin contre sa poitrine, confuse.

« J'ai bien peur que vous n'ayez raison, ma chère Hermione », acquiesça-t-il dans un murmure.

Troublée qu'il ait ajouté ce qualificatif à son prénom, la jeune servante releva doucement ses yeux noisette vers le haut pour découvrir qu'il l'observait avec un mélange de bienveillance, de tendresse et de tristesse dans ses beaux yeux noirs. La rougeur de ses pommettes s'accentua alors pour s'étendre à son décolleté, son cœur se mit à cogner furieusement contre sa poitrine et une intense chaleur s'empara de tous ses membres face à son regard de braise et à la proximité de son visage, leurs deux corps s'étant fortement rapprochés malgré eux.

Percevant son émoi et la sentant prête à s'abandonner entre ses bras au moindre signe de sa part, il se força à détourner son attention de ses lèvres roses et luisantes ainsi que de ses yeux étincelant de mille feux, il ignora son cœur qui tirait dans sa cage thoracique au point d'en devenir douloureux et il déposa seulement ses fines lèvres sur son front en fermant un instant les paupières avant de les rouvrir, de caresser tendrement sa joue de son pouce et de conseiller sagement de sa voix profonde :

« Vous feriez mieux de retourner dans votre chambre, à présent, Hermione… Il est tard…

- Oui, Monsieur. Vous avez raison, approuva-t-elle doucement sans protester. Mais, vous aussi, vous devriez aller dormir…

- Je vous promets d'essayer… »

La jeune fille lui offrit un tendre sourire et s'éclipsa sur la pointe des pieds, le laissant seul avec ses pensées…


Merci d'avoir lu! J'espère que ça vous a plu ;-)

A la prochaine!

Bisous ;-)