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Univers original, personnages de Mozart L'Opéra Rock, ship Salieri/Mozart


Chapitre 1 : Proches

Salieri marchait d'un pas rapide dans les couloirs du palais. Sa majesté Joseph II l'avait fait demandé. Il entra dans la salle et s'inclina respectueusement. L'empereur sourit en le voyant, et il prit la parole.
- Rosenberg, laissez nous.
L'intendant se tourna vers lui, surpris, et il ouvrit la bouche pour protester mais son altesse le devança.
- Je n'ai pas besoin de vous pour parler au maître de la chapelle, je ne serai pas démuni en votre absence, alors disparaissez. Vous avez du travail à faire il me semble.
Vexé, l'homme obtempéra et referma les portes de la salle derrière lui, laissant le musicien seul avec l'empereur d'Autriche. Le brun se redressa lentement pour fixer son interlocuteur.
- Vous m'avez fait demandé. Pour quelle raison ?
Joseph II sourit doucement avant de s'approcher de l'italien, qui resta immobile. Il le contourna, passa dans son dos avant de subitement combler le vide entre eux pour se coller contre lui, laissant ses mains caresser ses bras, puis son torse, avec des gestes lents et indolents. Salieri ferma les yeux, immobile. Ce n'était pas la première fois, loin de là. Il n'avait jamais été attiré par l'empereur, pourtant, il ne bronchait pas. Que pouvait-il dire ? L'homme était la puissance même du pays. S'il le souhaitait, si Antonio le contrariait, il pouvait bien l'envoyer aux travaux forcés pour le simple fait que les hommes l'attirent, et non les femmes. Il frissonna en sentant les lèvres impériales sur son cou. Malgré tout, l'empereur était attentif, à ses sensations, à ses désirs, et son plaisir. Il ne se servait pas de lui juste pour sa propre satisfaction. Il n'avait jamais demandé l'accord, et Antonio n'avait jamais dit non plus qu'il ne voulait pas, ayant trop peur de sa réaction pour tenter. Le monarque avait appris à connaître ce que son jeune amant aimait, et il prenait soin de lui faire du bien. Attentionné, il était doux et empli de précautions à son égard, sauf parfois, parce que l'italien n'aimait pas vraiment la douceur, et il le savait. Ce dernier se laissait donc aller à ses envies, il perdait sa raison face aux sensations. Joseph II frotta son bassin contre les fesses du maître de la chapelle, et celui ci gémit, les joues légèrement rougies par la chaleur qui s'emparait de son corps sans qu'il ne la contrôle. Il lui était impossible de contenir ses pulsions, si violentes en lui, quand il était ainsi stimulé. Le musicien se demanda comment ils avaient pu en arriver là. Les souvenirs de cette matinée là, quelques années auparavant, revinrent lentement à son esprit.


Salieri toqua à la porte du salon de l'empereur où il était visiblement attendu. On lui autorisa l'entrée, et l'empereur l'invita à s'assoir dans le canapé près de lui. Le brun jeta un coup d'oeil autour de lui. Il était rare de voir son altesse seule. Habituellement, il y avait des domestiques, ou bien des gardes dans son sillage. Il s'inclina avec respect et vint ensuite se poser sur le divan, comme le monarque le souhaitait.
- Que puis je faire pour vous ? demanda le musicien en posant son regard sombre sur son interlocuteur.
- Je me posais certaines questions à votre sujet, mon cher Salieri. Cela fait maintenant quelques années que vous travaillez pour moi, et de façon remarquable je dois dire, mais je ne sais pas grand chose de votre vie et de vous, cela me fascine.
- Merci pour le compliment, votre Majesté. Que voulez vous savoir ?
L'empereur sourit avant de reprendre.
- Vous êtes plaisant, toute la cour s'accorde à dire que vous êtes l'un des plus beaux hommes de ce monde. Pourquoi n'êtes vous pas marié ?
L'italien, qui contrôlait si bien ses expressions habituellement, afficha alors un air surpris.
- J'ai toujours fait passé ma carrière et mon travail avant tout votre Altesse. Rien de plus.
- Les femmes ne vous attirent donc pas ?
- Euh... Pas vraiment.
Se rendant compte de ses propos, il se reprit vite.
- Disons qu'elles ne me distraient pas de mes obligations. Ma priorité, c'est la musique.
Joseph II sembla intéressé.
- Quand elles vous approchent, et ne niez pas, je sais quels bruits courent parmi les courtisanes, vous ne réagissez pas. Elles ne vous font donc pas d'effet ?
- Non, monsieur, avoua Salieri, qui commençait à se sentir mal à l'aise.
- Et les hommes ?
Le brun lui jeta un regard perplexe.
- Votre Altesse ?
Le monarque se rapprocha alors de son interlocuteur, et il posa sa main sur sa cuisse, la caressant lentement. Antonio fut parcourut d'un long frisson, il leva un regard atrocement embarrassé vers le visage de sa Majesté, et il croisa ses yeux ardents qui le fixaient.
- Salieri, ne soyez pas timide, voyons. Là, je vois bien que vous réagissez... Saviez vous que vous préfériez les hommes ?
- Je...
Il baissa la tête, se mordant la lèvre inférieure de honte.
- N'ayez aucune crainte, mon ami, susurra Joseph en poursuivant ses caresses. Je ne cherche pas à vous calomnier et n'ai pas l'intention de renvoyer un homme aussi talentueux que vous, je suis juste curieux d'en apprendre plus sur vous... Le saviez vous ?
- Je m'en doutais un peu, souffla le musicien après un instant.
L'autre sourit, satisfait.
- Je fais volontiers partie de ces gens qui vous trouvent très attirant, mon cher ami. Et je commence à me lasser de toutes ces dames qui partagent mon lit chaque nuit. J'aimerais beaucoup essayer autre chose. Rassurez vous, votre secret sera bien gardé. Un peu d'exotisme n'a jamais fait de mal à personne. Nous pourrons en apprendre beaucoup l'un et l'autre...
Laissant ses doigts onduler le long de sa jambe et remonter vers son entrejambes, il vint poser ses lèvres dans le cou de son compositeur, le faisant doucement gémir et rougir. Antonio Salieri était bien trop séduisant sans même le vouloir, et cela venait de lui porter préjudice pour la première fois, mais pas la dernière.