Chapitre 11 : Les marches de l'escalier

Wolfgang regarda à travers la porte ouverte de son bureau. En face, la porte du cabinet d'Antonio était close. L'autrichien fronça les sourcils, il était arrivé tôt ce matin, espérant converser avec son aîné qui se levait toujours aux aurores, mais ce dernier n'était pas venu, il était pourtant toujours ponctuel. Le blond se souvint alors de la soirée de la veille, après qu'ils eurent joué leur partition en l'honneur d'Archibald, que Mozart avait trouvé très désagréable et médisant, il avait vu l'italien enchaîner discrètement les verres. Soucieux de son image, Salieri avait su se maîtriser, et personne n'aurait pu penser qu'il avait bu plus que de raison, pourtant, attentif, son cadet avait compté le nombre de verres, et il l'avait vu trébucher plusieurs fois en partant dans la nuit. Il avait voulu le suivre pour le raccompagner, mais des nobles étaient venus le solliciter, et quand il avait pu sortir, il n'avait pas retrouvé son maestro. Il commença à s'inquiéter, et si Antonio n'était pas rentré ? Et s'il lui était arrivé quelque chose sur la route ? S'il n'allait pas bien ? Il se leva soudainement, décidé à aller chez son aîné pour s'assurer de la situation. Il courut dans les rues, de plus en plus inquiet au fil que les minutes passaient. Il arriva finalement sur le perron de la porte, essoufflé, et prit quelques secondes pour se reprendre, puis il se mit à tambouriner sur la porte de façon quelque peu excessive. Il le fit pendant un long moment, frappant de plus en plus fort en constatant que personne ne venait lui ouvrir. Les domestiques n'étaient apparemment pas là, et après de longues minutes, la porte s'ouvrit enfin, et Mozart ouvrit la bouche, stupéfait. C'était Salieri qui venait de lui ouvrir, mais il était bien loin de son attitude habituelle. Les cheveux longs détachés, emmêlés, glissant sur ses épaules, alors qu'il étaient habituellement noués avec rigueur sur sa nuque. Il ne semblait vêtu que d'une robe de chambre ample, maintenue sur sa taille que grâce à la présence d'une ceinture. Le vêtement glissait de son épaule, la dévoilant, nue et pâle, avec négligence. Il semblait encore endormi, pour ne pas dire complètement ailleurs, les yeux sombres fatigués, et le regard perdu. Le visage typique de quelqu'un en train de lutter contre une forte gueule de bois, et qui sortait tout juste de son lit. Mais Wolfgang trouvait ce côté négligé aussi sexy qu'il n'était surprenant venant d'un homme aussi soigné et maîtrisé que son maestro.
- Mozart ? demanda alors Antonio d'une voix rauque encore ensommeillée qui fit un grand effet sur son cadet. Qu'est ce que vous faîtes ici ?
Il grimaçait, il semblait trouver difficile cette interaction sociale alors que son corps essayait encore de gérer l'alcoolémie de la veille. L'autrichien bouillonnait, une pulsion en lui voulait pousser le compositeur officiel à l'intérieur et le plaquer contre un mur pour le faire sien. Il était bien trop sexy à cet instant. Il cligna des yeux pour se reprendre.
- Excusez ma venue inopinée, maestro. D'habitude, vous êtes toujours au palais aux aurores, en ne vous voyant pas aujourd'hui, je me suis inquiété. Hier, quand vous êtes rentré, vous n'étiez plus dans votre état normal, je craignais qu'il ne vous soit arrivé quelque chose.
Salieri laissa sa tête retomber contre le bord de la porte, grognant de façon presque inaudible.
- Non… Je suis juste pas venu, je ne me suis pas réveillé ce matin…
Mozart le regardait avec de grands yeux, ce qu'il voyait là était si surprenant de la part de son maestro, mais loin d'être décevant. Il aimait ce côté naturel, négligé, accessible. Il avait terriblement envie de lui, cette nouvelle facette l'excitait beaucoup.
- Je suis vraiment désolé de vous avoir réveillé, vous n'avez pas de domestiques qui travaillent chez vous ? Pourquoi est ce vous qui m'avez ouvert ?
Antonio grogna encore doucement, Mozart aurait même cru qu'il ronronnait tant le son était léger.
- Je leur ai donné congé, je voulais du silence…
Il y eut un bref silence, et Salieri grimaça de nouveau, rester concentré était une tâche ardue.
- Est ce… vous voulez entrer ?
- Je ne veux pas déranger, maestro.
- Vous ne me dérangez pas… Je suis réveillé maintenant…
- Alors avec plaisir.
Salieri recula pour le laisser entrer, et il se retourna pour avancer vers le salon, suivi de son invité qui prit soin de refermer la porte derrière lui. Mozart suivit son hôte, et ce dernier sembla alors perdre son équilibre alors qu'il se frottait les yeux, il bascula en arrière se heurtant au torse de l'autrichien. Wolfgang, par réflexe, passa ses bras autour de la taille de son aîné pour l'empêcher de tomber, et il serra ce dernier contre lui. Son visage fut si près du cou de l'italien qu'il put sentir son parfum, et cela le rendit ivre de désir.
- Aaah…. souffla-t-il doucement. Maestro…
Il tourna les yeux, et vit que, collé contre son torse, Salieri n'avait pas esquissé le moindre geste pour s'éloigner, lui aussi le fixait, les yeux brillants, les pupilles dilatées sous l'excitation, et le haut du visage rouge. Wolfgang ne put se maîtriser davantage face à un tel regard, il embrassa le cou de son maestro, délicatement, avant d'embrasser son épaule toujours dénudée. Le maître de la chapelle gémit, tournant la tête pour offrir à l'autrichien un plus grand accès. Mozart en profita, et il commença à dévorer son cou et son épaule de ses baisers ardents, ses pulsions ressortant soudainement. Antonio ne pensait plus à sa migraine, elle n'était plus assez présente comparée aux sensations grisantes qui électrisaient son corps, il sentit ses jambes le lâcher, mais heureusement, Wolfgang le maintenait toujours contre lui. Lentement, l'autrichien regarda autour de lui, ils n'avaient pas pu atteindre le salon, et étaient encore dans le hall, près de l'escalier, il aida son aîné à s'assoir sur les marches, voyant bien qu'il n'arrivait plus à tenir debout, et le regarda. Salieri le fixait toujours, son souffle s'était accéléré, et il semblait ne plus rien maîtriser. Sa robe de chambre était quasiment ouverte, laissant entrevoir son torse, et révélant au niveau de son entrejambes une forme dressée, qui témoignait de son état. L'autrichien s'accroupit entre les jambes de son aîné, et il posa sa main sur sa joue, le regardant droit dans les yeux, puis il avança sa tête pour s'emparer de ses lèvres, suffisamment lentement pour que le musicien de l'empereur puisse reculer s'il le désirait. mais Salieri ne voulait qu'une chose, privé de sa lucidité, c'était Mozart. Il ne recula pas, et pour la seconde fois, les deux hommes échangèrent un baiser passionné. Wolfgang n'avait pas pu oublier le goût sucré et délicieux des lèvres de son maestro, et il les savoura avec délice. Sa main vint habilement dénouer la ceinture qui maintenait les pans de la robe de chambre, et il les écarta pour dévoiler le corps de son maestro. Reculant la tête pour l'admirer, il sourit pendant qu'Antonio détournait les yeux, gêné d'être vu ainsi, surtout avec son corps excité et son sexe tendu.
- Je crois comprendre que vous dormez complètement nu maestro ? susurra Mozart, taquin. Me voilà jaloux de vos draps…
Salieri rougit davantage, et l'autrichien lui saisit le menton pour le forcer à le regarder.
- Je vous en prie, ne soyez pas gêné d'être dans cet état, ce n'est pas une honte. Laissez moi régler ce problème, s'il vous plaît ? Je vous désire tellement…
Salieri ne put rien répondre, mais le visage complètement enflammé, il hocha la tête, fébrile. Il voulait juste faire taire le feu en lui. Mozart contint sa joie, il sourit, et il embrassa le cou de son aîné, avant de descendre ses lèvres le long de son torse, de ses abdominaux, de l'aine, jusqu'à finalement se poser sur son membre. Il laissa sa langue sortir et retracer la longueur du pénis, faisant gémir son propriétaire, avant de l'avaler jusqu'au fond de sa gorge. Salieri rejeta brusquement sa tête en arrière, gémissant bruyamment. Toutes ses pulsions refoulées, tous ses désirs réprimés, il sentait tout cela imploser en lui, il voulait que son cadet continue, qu'il fasse plus, il ne savait plus, il perdait toute sa lucidité, le blond aurait pu lui faire faire n'importe quoi à cet instant. Mais Mozart ne souhaitait qu'une seule chose, procurer à son amant le plaisir le plus intense, il maintenait un rythme effréné, laissait sa langue jouer avec l'intrus qui coulissait entre ses lèvres, ses mains maintenant les hanches de son maestro qui ne pouvait rien faire d'autre que gémir. Après des longues minutes à entendre ce son indécent mais excitant, Salieri fut pris d'un violent soubresaut, et il jouit, sans pouvoir dire quoi que ce soit, incapable d'articuler, ou même de se concentrer sur ses pensées qui n'étaient consacrées qu'à son plaisir actuel. Wolfgang avala avec beaucoup de plaisir, aimant goûter la saveur de son aîné. Il redressa la tête, observant Salieri reprendre son souffle, toujours haletant et le visage rougi, qui luttait pour reprendre ses esprit. Il voulait plus, il voulait le faire sien, il voulait voir ce visage ivre d'envie pendant qu'il se plaçait entre ses cuisses pour le prendre. Mais il ne voulait pas aller trop vite, et il se doutait que le brun pouvait être effrayé parce qu'il venait de se passer.
- Maestro ? Vous allez mieux ?
Salieri retrouvait peu à peu sa lucidité, il posa son regard sur Wolfgang, toujours si près de lui, entre ses jambes, et il baissa le regard, embarrassé. Il aurait voulu fuir, mais dans cette posture, le corps coincé entre son cadet et les marches de l'escalier, il lui était impossible de partir. Il finit par murmurer.
- Pourquoi ?
Mozart sembla pris au dépourvu. Il recula un peu pour laisser un peu d'espace à son aîné.
- Parce que vous sembliez en avoir besoin, et que j'en ai très envie depuis longtemps… Comme le soir où nous nous sommes embrassés… Mais… est ce vous regrettez d'avoir accepté ?
- Non… souffla aussitôt Antonio avant de détourner davantage les yeux, gêné. Je…
Il se redressa alors, profitant que Wolfgang s'était décalé. Une fois debout, il referma sa robe de chambre pour cacher son corps.
- Je suis désolé de vous demander cela alors que je vous ai proposé d'entrer, mais… J'aurais besoin de rester seul…
Wolfgang sourit, se mettant debout à son tour.
- Vous avez besoin de temps, je comprends, ne soyez pas désolé. A bientôt, maestro.
Il tourna les talons pour sortir.