Chapitre 14 : Sur les conseils de l'empereur

Mozart fut le premier des deux à ouvrir les yeux, et dès qu'il vit son aîné blotti contre lui, il eut un grand sourire. Quel réveil agréable. Dans son sommeil, le brun gémit doucement, frottant doucement sa tête contre le torse de son cadet, qui sentit son coeur accélérer. C'était si adorable. Lentement, il commença à lui caresser les cheveux. Longs, démêlés, roulant sur ses épaules, le compositeur impérial avait un côté négligé très sexy pour son admirateur. Il fronça les sourcils, s'éveillant lentement, et leva la tête avant de rougir violemment en reconnaissant Wolfgang. Il se souvenait de la nuit, de sa demande, et il s'en trouvait embarrassé. Son expression gênée amusa l'autrichien qui rigola doucement, avant de caresser la joue de son maestro.
- Ne soyez pas si gêné voyons, ça me donne envie de vous dévorer…
Les joues du maître de la chapelle s'empourprèrent davantage.
- Vous êtes à croquer, maestro. Mais n'ayez pas de honte quant à ce qu'il s'est passé cette nuit, il est légitime pour chaque être humain d'avoir des peurs, et j'ai rêvé tant de fois d'être dans votre lit que la réalisation concrète de cette idylle m'a comblé de joie.
Salieri baissa la tête pour fixer les draps et fuir le regard du blond impertinent qui se riait de lui, mais celui ci lui attrapa la mâchoire pour lui relever la tête et le forcer à le regarder, avant de venir s'emparer de ses lèvres avec une infinie douceur. Antonio répondit aussitôt au baiser, ses mains venant s'agripper à la chemise de son cadet, les yeux clos, et le corps si détendu contre celui du blond, comme si toute sa vie n'avait été qu'une attente de ce moment précis. Mozart n'en revenait pas de le voir si réceptif, il n'en revenait pas d'aimer autant ses lèvres, son odeur, la sensation de son corps, lui qui avait pourtant connu tant de relations, jamais il n'avait autant été attiré par quelqu'un. Ils se séparèrent après quelques minutes et Salieri ouvrit les yeux pour se noyer dans ceux de l'autrichien.
- Vous avez le droit d'être aimé et cajolé, maestro, laissez moi le faire pour vous…
Après un instant d'hésitation, Antonio finit par acquiescer. Mozart se rallongea sur le dos pour être plus à l'aise, et il tint Salieri pour que celui ci reste contre lui, la tête posée sur son torse, et le visage toujours enflammé. Il recommença lentement à lui caresser les cheveux, et il sourit en sentant le brun se détendre et se laisser aller aux douces sensations. Ils restèrent ainsi un long moment, en silence, et Antonio se sentait si bien qu'il avait refermé les yeux, son bras enroulé autour du corps de Wolfgang qui lui servait d'oreiller avec grand plaisir. Une longue demi heure plus tard, Mozart n'arriva plus à contenir sa curiosité au sujet de ce que l'empereur lui avait révélé de nombreux mois plus tôt.
- C'est comment de coucher avec l'empereur ? Être le fantasme de sa majesté, ça doit être quelque chose, ça flatte l'ego j'imagine ?
Salieri manqua de s'étouffer et il se redressa brusquement, s'asseyant, pour fixer son cadet avec effarement.
- Pardon ?
Wolfgang ne put s'empêcher de rire devant l'expression surprise et paniquée non contrôlée de son hôte. Il avait l'habitude de maîtriser tout ce qu'il montrait, de ne pas laisser ses émotions le submerger, mais dans cette situation, il n'avait rien pu contenir. Le rire de son cadet, enfantin, léger, frais, lui permit cependant de ne pas fuir aussitôt, le son était trop plaisant pour cela.
- Je vous ai demandé ce que ça faisait d'être le fantasme de l'empereur ?
Salieri ouvrit la bouche, la referma, il semblait chercher ses mots, et était complètement déstabilisé.
- Mais… je… Enfin.. vous… Comment le savez vous ?
Mozart sourit.
- Il me l'a dit lui même.
- Quoi ?!
Plus la conversation avançait, plus il semblait ébahi par les informations. Mozart comprit qu'il fallait éclaircir la situation.
- L'empereur a compris depuis longtemps le désir que j'ai pour vous, maestro. Il m'a dit que je devais y aller, vous séduire, jusqu'à vous faire céder à vos envies car vous ne n'auriez jamais fait le premier pas. Sachez d'ailleurs qu'il vous encourage à succomber à mon charme, alors si c'est par conscience professionnelle que vous me fuyez, vous serez ravi d'apprendre qu'il n'attend que cela… Et moi aussi…
Son sourire s'élargit, taquin.
- Vous êtes quelqu'un qui respectez l'autorité impériale, Antonio Salieri… Vous devriez écouter sa majesté….
Il avait roucoulé la prononciation de son nom, savourant l'embarras qui naissait au fur et à mesure sur le visage de l'italien qui avait détourné les yeux.
- Je ne vous crois pas, Mozart…
- Ah oui ? Pourquoi ?
Salieri pinça ses lèvres l'une contre l'autre.
- Il a autre chose à faire que de s'occuper de… de…
- De l'état et du bien être de son compositeur favori ? compléta le blond, amusé. Allons, maestro, un peu de sérieux, à qui voulez vous faire croire ça ? Il tient à vous.
Salieri resta silencieux, sans savoir quoi répondre. Le visage rouge sous la gêne, il finit par murmurer à voix basse, les yeux toujours dérivés ailleurs.
- C'est d'accord…
Mozart le regarda, lui était toujours allongé confortablement, et il souriait en l'observant.
- De ?
Salieri souffla, il était particulièrement difficile pour lui de s'exprimer sur ce sujet là, et son cadet ne l'aidait pas du tout. Il prit une longue inspiration.
- Pour ce que vous attendez… Je… Je veux bien… que vous… me fassiez… tout ce que vous voulez…
Mozart se redressa aussitôt pour que son visage soit au niveau de celui de son aîné. Il lui saisit la mâchoire pour le forcer à le regarder, et il vit les yeux bruns brillants de l'italien qui semblait si fébrile.
- J'en ai rêvé tellement longtemps… Vous êtes sûr ?
Antonio hocha la tête doucement.
- Je ressens une telle violence… tout le temps… Elle me brûle… Je vous en prie… Aidez moi… Wolfgang…
Sa voix n'avait été qu'un souffle non assumé, mais le coeur de l'autrichien explosa. C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom. Il lui sourit.
- Vos désirs sont des ordres…
Il vint s'emparer de ses lèvres avec une douceur immense. Antonio s'abandonna aux sensations, le seul contact des lèvres de Mozart avaient fait se détendre son corps entier, il ferma les yeux, y répondant doucement. Mozart écarta doucement le col de sa chemise, et il rompit le baiser pour aller embrasser son cou et son épaule dénudée, avec ardeur, avec douceur, le faisant gémir. Il sourit contre sa peau. même dans ses rêves les plus détaillées, ce n'était pas aussi bien. Le maître de la chapelle était encore plus réceptif qu'il ne l'avait cru. Chaque contact semblait décuplé chez lui. Il éloigna sa tête le temps de faire passer la chemise de son aîné par dessus sa tête pour la lui retirer, et il retourna embrasser son épaule, le saisissant par les épaules pour le faire s'allonger sur le matelas, chevauchant son corps avec fougue. Lentement, il glissa ses lèvres en direction de son torse, déposant de multiples baisers, parcourant son corps vers le bas. Il s'arrêta au niveau de ses tétons, caressant et pinçant du bout des doigts celui qui était loin de sa bouche, et mordillant et suçant celui soumis à la pression de ses lèvres brûlantes. Salieri gémissait violemment, et son corps voulait se cambrer mais il était retenu par le blond sur lui. L'autrichien continua sa route le long de ses abdos, laissa sa langue venir titiller le nombril de Salieri, tandis que ses mains s'affairaient à lui retirer le caleçon qu'il portait, dernier vêtement qui le coupait de ce qu'il désirait. Une fois complètement nu, allongé, haletant, quémandant par sa respiration rapide et les légères ondulations de son bassin, Mozart prit quelques secondes pour l'admirer. Sans même le vouloir, Salieri était en train de l'allumer, par son attitude incontrôlée mais terriblement excitante. Il approcha son visage du sexe durci du maître de la chapelle, et il le lécha doucement, provocateur, faisant glapir son propriétaire, avant de l'avaler avec énergie. Il fit quelques va et vient avant de reculer, lui écartant les cuisses fermement. Antonio arrêta de respirer, et Mozart rapprocha de nouveau son visage pour laisser sa langue s'introduire en lui. Il lécha pendant quelques instants, humidifiant l'endroit, profitant des gémissements de son aîné qui ne l'excitaient que davantage. Mozart n'en revenait pas, il allait faire sien la personne qu'il avait le plus désirée, et attendue, de toute sa vie, il était fébrile. Il retourna au niveau du sexe de Salieri et le fit glisser jusqu'au fond de sa gorge pour reprendre ses mouvements de va et vient pendant que son index se glissait en lui, le faisant se cambrer en un glapissement étouffé. Il agita son doigt, le laissant dilater l'espace, avant d'en ajouter un autre. Salieri finit par balbutier, à bout, et en sueur.
- Pi… Pitié…
Sa voix n'avait été qu'un souffle. Mozart se redressa aussitôt et il abaissa son pantalon, dévoilant son membre, tendu à craquer à force d'écouter le compositeur impérial. Il sourit en le regardant, et s'allongea contre lui pour frotter son pénis au sien, le faisant gémir. Ses mains écartèrent encore un peu plus les cuisses de son aîné, et il le pénétra lentement, lui laissant le temps de s'habituer à sa présence, donnant de léger coups de reins pour entrer en lui progressivement, un peu plus à chaque avancée. Salieri avait rejeté la tête en arrière pour crier, et Mozart l'admirait, lui et ses expressions qu'il ne pouvait plus contenir dans cette situation. Il accéléra au fur et à mesure, le faisant crier toujours plus fort, et il adora tant le plaisir qu'il ressentait que celui qu'il donnait à son amant. Après de longues minutes de débat acharné, Salieri atteignit l'orgasme, et son corps se resserra subitement, faisant gémir l'autrichien qui se libéra à son tour en lui. Il se retira et s'allongea contre son aîné, souriant avec bonheur.