Chapitre 21 : gérer la frustration
Les musiciens étaient dans le salon du manoir de Salieri. Assis l'un à côté de l'autre, ils discutaient de ce qui s'était passé maintenant que Salieri avait pu se reposer.
- Nous devons trouver le responsable avant qu'il ne retente de s'en prendre à vous. Vous ne savez pas par où on pourrait commencer ? Vous vous êtes disputé avec des gens en particulier ?
- Non, répondit tranquillement Antonio. J'évite tous conflits en général, je ne me mêle pas aux rumeurs, je ne participe pas aux conversations de la cour, je me contente de faire mon travail.
Le blond fronça les sourcils, réfléchissant.
- Ce qui n'empêche pas des probables personnes de ne pas vous apprécier, même si je ne pourrais jamais les comprendre.
Salieri sourit doucement, touché par son compliment sous entendu.
- Beaucoup de courtisans me détestent, mais disons que je ne saurais qui soupçonner. Après tout, ce n'est pas parce qu'ils me détestent qu'ils vont essayer de me nuire.
- Oui, mais l'un d'eux doit sûrement le vouloir.
- Est ce que nous sommes sûrs que c'est moi qui étais visé ? Que ce n'est pas une erreur, que j'ai pris le verre d'un autre ? Ce pourrait être destiné à l'empereur, ou une autre personne importante ?
- Dommage que ce ne soit pas tombé sur Rosenberg.
- Voyons, Wolfgang.
Son intonation était ponctuée de désapprobation, mais aussi d'amusement.
- C'est pas moi qui ai commencé, répliqua le génie en gonflant les joues de façon enfantine.
L'italien sourit de nouveau. Mozart reprit sa réflexion.
- Je pense vraiment que c'était vous qui étiez visé. Les verres ont été donnés au hasard, mais vous, vous avez posé le votre avant de boire. Quelqu'un a pu y mettre quelque chose, et comme vous étiez isolé, impossible qu'il ait été confondu avec un autre.
- Et qu'est ce qu'on peut faire pour trouver qui veut me tuer ?
- Je vais y réfléchir, je trouverai bien une idée. Pour l'instant, il y a autre chose que j'ai envie de faire.
- Ah ?
Mozart se redressa pour s'installer à cheval sur le compositeur impérial. Il l'embrassa alors passionnément, le brun y répondit avec entrain. Le blond glissa ses mains entre leurs torses pour dévêtir son partenaire pendant qu'il dévorait ses lèvres avec plaisir. Il recula ensuite sa tête pour le regarder, pendant que ses mains s'engouffraient dans le pantalon de l'autre pour le caresser.
- Me pardonnerez vous ce que je m'apprête à faire ?
Gémissant sous les sensations, Salieri lui jeta un regard surpris.
- Ce n'est pas la première fois que nous faisons cela, que pourrais-je avoir à pardonner ?
Wolfgang sourit.
- J'ai très envie de vous faire languir, et de prendre mon temps pour m'amuser.
Il poursuivit ses gestes, et si l'italien eut d'abord du mal à saisir le problème, il se rendit compte au fil des minutes de la difficulté imposée par le jeu de son cadet. L'envie montante qui ne trouvait pas satisfaction à cause de la lenteur était éreintante. Salieri finit allongé sur le dos sur le canapé, à ne pouvoir rien faire d'autre que gémir et frissonner pendant que son cadet le caressait, l'embrassait et titillait ses sens sur l'intégralité du corps avec ses mains, ses lèvres et sa langue.
- Je… Je vous en prie… supplia-t-il, sentant sa patience atteindre sa limite.
- Ne soyez pas si pressé, Antonio, rigola doucement l'autre en agitant les doigts qu'il avait inséré en lui.
Salieri se cambra brusquement, haletant. Les minutes semblaient être des heures, et ce traitement ressemblait à de la torture, mais il adorait cela, il adorait que l'autre contrôle ainsi sa frustration, il adorait aussi le regard lubrique et excité qu'il posait sur lui tandis qu'il se comportait avec une telle débauche.
- Pitié ! implora Salieri.
Mozart ne put résister davantage, il se plaça entre ses jambes et lui accorda ce qu'il désirait, récompensant son partenaire d'avoir si bien tenu ce petit jeu taquin.
Salieri sortit de son bureau, il avait un peu d'avance pour son rendez vous avec l'empereur, mais il avait pu terminer son travail plus tôt. Il aperçut Mozart au détour d'un couloir, qui fouillait dans un placard pour trouver il ne savait quoi. Ne lui ayant pas pardonner ses vices de la veille, où l'autrichien s'était bien joué de lui en le faisant languir, et considérant qu'il avait de l'avance, le compositeur impérial eut un étrange sourire sur les lèvres et il avança sans faire de bruit. Arrivé derrière l'impertinent, il le poussa dans le placard, s'avança aussi tout en fermant la porte.
- Qu'est ce qu….
Mozart ne put terminer de poser sa question car le brun avait posé sa main sur sa bouche. Le regard du blond s'illumina en le voyant, et Salieri dégrafa de son autre main la boucle de la ceinture de son incorrigible amant pour venir glisser ses doigts sous le vêtement, s'emparant de son sexe pour le masturber. Il retira son autre main, et le blond gémit doucement, appréciant l'initiative.
- Vous n'arrivez plus à contenir votre envie maestro ? Même me voir au palais vous fait perdre tout sang froid maintenant ?
Son ton était assez moqueur, tout comme l'éclat sans ses iris. Salieri sourit.
- Et attendez de voir la suite.
Après quelques instants à faire monter l'excitation du plus jeune dans ce placard sombre, le brun se mit à genoux, et il remplaça sa main par sa langue, puis entièrement sa bouche. Il se concentra sur les gémissements de son amant, et quand ce dernier approcha de l'extase, il recula. Fébrile, Wolfgang crut qu'il allait se déshabiller et faire encore drastiquement monter la chaleur dans ce petit espace sombre, mais Salieri lui fit un clin d'œil avant d'ouvrir la porte pour sortir.
- J'ai un rendez-vous important avec l'empereur, je dois m'absenter de peur d'être en retard. Je vous souhaite un bon après midi, Mozart.
Et avant que l'autre n'ait pu saisir le sens de ses paroles, l'italien s'était déjà éclipsé. Mozart, les jambes tremblantes et le corps bouillant d'excitation, avec une libido élevée à son paroxysme, jura de tout le vocabulaire fleuri qu'il avait dans sa mémoire. Cette vengeance était aussi terrible qu'inattendue. Il avait grandement sous estimé son amant.
