Pairing : DMHP et d'autres couples

Tome : C'est après la mort de Sirius et ils sont tous en 7e année donc en 1997.

Disclamer : certains personnages appartiennent à J.K. Rowling mais d'autres personnages sont simplement originaires de mon imagination.

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Trop à mon goût

Chapitre 9 :

(2017 : Monde du futur)

Ils avaient toujours voulu habiter dans un manoir. Pas vraiment pour le côté « Manoir », mais plus pour le côté « isolé ». Et les seuls maisons sorcières pouvant leur donner cela, c'était bien les manoirs. La taille du manoir s'était juste rendue utile au fur et à mesure que leur famille s'était agrandie.

C'était une belle nuit. Depuis deux jours Harry aurait dû se sentir détendu. Mais c'était impossible. L'homme avait vécu des choses en 37ans. À un an, il tuait un mage noir. Pendant son enfance il avait vécu sous des escaliers, puis il découvrait qu'il était un sorcier, il bataillait chaque année scolaire pour survivre contre une menace, il se liait à un Veela, il bataillait pour les créatures magiques, il sauvait ses enfants et neveux à chaque fois que des psychopathes étaient attirés par eux et à présent il devait gérer des souvenirs de ses années à Poudlard qui lui revenaient et la disparition de 7 de ses enfants.

Harry se demanda rapidement comment il faisait pour ne pas avoir autant de ride qu'un grand-père avec tous ces problèmes. Sûrement la magie, pensa-t-il. Vingt ans s'étaient écoulés depuis leur dernière année à Poudlard et dix-huit ans depuis la fin de la guerre.

Harry Potter-Malfoy n'était plus le jeune intrépide d'avant, même si Draco continuait à lui sous-entendre. Harry avait grandi, mais restait toujours plus petit que Draco. Son visage était beaucoup plus mature, les traits un peu plus tirés, montrant bien les années d'expériences que la vie avait pu lui apporter. Il ne portait plus ses anciennes lunettes mais d'autres un peu moins rondes, moins ressemblantes à celles de son père. Hermione avait bien tenté de le mettre aux lentilles mais Harry aimait garder ses vieilles habitudes. Et une habitude qui n'avait pas changé c'était bien ses cheveux. Ils étaient toujours autant en bataille mais plus courts et un peu plus disciplinés.

Harry soupira alors qu'il recevait encore un flash de leur dernière année de Poudlard. Tous avaient commencé à se rappeler cette époque, mais pas à la même vitesse. Harry était celui avec le plus de souvenirs.

Il se rappelait avoir reçu les souvenirs du coma de Draco une semaine avant ce dernier. Il s'était déconnecté des recherches pour rester avec le blond, savoir où il allait de peur de le voir partir, lui demandant de lui faire l'amour à chaque instant pour raffermir leur lien qui était déjà bien fort selon Draco. Le blond avait fini par lui demander ce qu'il se passait mais Harry avait refusé de voir ses yeux gris préférés s'assombrir de craintes ou de résignation et s'était tût.

Puis un jour, Draco avait compris et était venu le prendre dans ses bras. « Je t'aime », était la seule chose que lui avait sorti le blond et Harry avait compris : il savait. Le brun s'était excusé un nombre incalculable de fois et le blond s'était juste contenté de le garder dans ses bras. Ils n'en avaient pas parlé depuis.

Ils avaient repris les recherches pour ramener les enfants mais l'ambiance dans le manoir était devenue plus tendue. Draco évitait Harry quand il le pouvait, restant avec Adam pour jouer ou sortant avec Sean pour faire des recherches sur d'autres méthodes magiques pour ramener les enfants.

Ah oui, ses enfants. Les poings de Harry se serrèrent alors qu'il analysait chacun de ses parchemins pouvant comporter une moindre idée pour ramener les enfants. Il voulait revoir ses bébés. Il soupira fébrilement alors qu'il prenait un autre parchemin. Dracus et Narcissa étaient loin de leurs compagnons, Dracus étant le plus touché car il était lié à Sean. Gabriel était avec Mathis mais il arrivait à sa date prévue pour l'accouchement. Les bébés ne pouvaient pas naître en 1997, sinon ils ne pourraient pas venir en 2017. Sébastien était avec Benny et Matthew avec Léo. En ce qui concernait Johan ? Il n'était pas encore temps de s'occuper ça.

- Harry ?

L'homme se détourna de ses recherches et regarda son époux qui venait d'entrer dans son bureau. Le blond avait beaucoup changé depuis Poudlard. Ses cheveux n'étaient plus fixés par du gel et il portait une coupe « hérisson », comme aimaient le dire les jumelles. Ses yeux étaient toujours aussi gris, son nez toujours aussi fin. La seule chose qu'il avait de vraiment différent avec son passé c'était la cicatrice qui traversait le côté gauche de son visage, partant de sa paupière pour arriver jusqu'au milieu de sa joue. Ils avaient eu une grande chance que le blond n'ait pas perdu la vue avec cette blessure de guerre.

- Fenrir est ici.

- Quoi ?, s'étonna Harry.

- Et les autres aussi.

Le brun se leva prestement de son bureau et descendit les escaliers en direction du salon, rapidement suivi de Draco. Quand il arriva dans le salon, il les vit l'attendre près des canapés. Sean, le compagnon de Dracus, regardaient les invités avec étonnement et Harry pouvait le comprendre. Son salon se retrouvait rempli de loup-garous.

Fenrir était présent, en compagnie de sa compagne, Sarah, et de son Bêta, Gââl. Stephen, jeune homme aussi grand que Blaise, le teint mat et les cheveux aussi crépus que Dean, les yeux aussi clairs que ceux de Seamus, était aussi présent, accompagné de ses parents, Dean et Seamus, et son meilleur ami, aussi loup-garou. Harry ne se rappelait pas de son prénom mais il savait que le jeune homme avait un compagnon aussi à Poudlard.

Blaise, Ron et Severus étaient aussi présents et cela étonna Harry. Ron était enceint de 5 mois et devait se reposer dû à une grossesse très compliquée.

- Oncle Harry !, s'exclama Stephen paniqué, C'est faux n'est-ce pas ?

- Stephen …

- J'ai promis de le protéger ! Et là, mes parents me disent qu'ils ont des flashs où ils voient Basil et les autres à votre époque !

Harry eut le cœur serré en voyant l'état de son neveu. Stephen, était vraiment très protecteur envers Basil. Il pouvait très bien comprendre la panique du jeune homme en ne sentant plus son lien avec Basil. Ça leur était bien arrivé avec Sean quand ce dernier avait senti que Dracus était très loin, voire plus du tout là. Le blond était entré dans une telle panique que Draco avait dû l'assommer et Harry savait à quel point Draco appréciait son gendre.

- Pendant la pleine lune, on est allé à Poudlard, commença Fenrir, Et il n'y avait aucun élève. Aucun. Pas un seul louveteau en vu.

- McGonagall n'a pas voulu nous en dire plus, ajouta sa compagne, Elle nous a dit que tu seras plus apte à nous expliquer. Où est Khâl, Harry ?

- Harry, dit subitement Ron, Je pense que tu devrais leur expliquer.

Harry acquiesça et s'apprêtait à expliquer quand le feu de la cheminée s'alluma. Quelques secondes plus tard Remus et Lucius émergèrent de la cheminée. Les deux hommes avaient pris de l'âge mais Lucius avait gardé sa prestance et semblait toujours avoir la quarantaine. Remus dirigea Lucius immédiatement vers l'un des canapés. Le blond était à 8 mois de grossesse et cela inquiéta Harry. Lucius n'avait pas besoin de plus de stress que ça.

- Remus ? Père ?, s'étonna Draco.

- Nos souvenirs sont revenus, expliqua Remus, C'est vrai ? Les enfants sont vraiment en 1997 ?

- C'est quoi cette histoire ?, siffla Lucius.

Remus lui intima de se calmer, ce que le blond fit avec difficulté. Le blond caressa son ventre, une habitude qu'il avait prise pour se calmer lors de ses grossesses, alors que tout le monde essayait de garder son calme. Le blond les regarda, attendant une explication. Tout le monde se retourna alors vers Harry, le seul à pouvoir expliquer cette histoire.

- Les enfants sont à Poudlard en 1997.

La compagne de Fenrir se mit tout à coup à pleurer dans les bras de Fenrir, qui contracta sa mâchoire. Gââl serra des poings en pensant à sa fille. Stephen frappa l'un des murs de ses poings, sous le regard inquiet de ses parents alors que son meilleur ami tentait de garder son sang-froid. Lucius souffla une litanie de « ce n'est pas possible », le visage caché d'une main, alors que Remus le consolait.

Ron était déjà au courant mais savoir tous ses bébés en 1997 lui fit peur. Leurs souvenirs n'étaient pas complètement revenus. Comment savoir si Voldemort ne les avait pas attrapés ? Blaise le prit dans ses bras, l'embrassant sur le front alors qu'il lui caressait le dos. Il se rappelait du jour où il avait appris la nouvelle. Blaise, Harry et Draco étaient venu à l'hôpital où Seamus et lui travaillaient. Blaise l'avait obligé à prendre une potion calmante alors qu'ils leur annonçaient, à Seamus et lui, que les enfants avaient disparus. Ils n'avaient rien voulu croire jusqu'à ce les premiers souvenirs leur reviennent.

- Comment ?, demanda le meilleur ami de Stephen.

- Avec Draco et Dean, nous avons trouvé une boule dans la chambre de Léo. C'était un artefact temporel baigné de magie noire.

Harry fit un signe dans le vide et ils purent tous voir l'image brumeuse d'une boule bleu marine, brisée en quelques morceaux.

- Léo les a envoyés là-bas ? Impossible, souffla Remus, Léo ne prendrait pas autant de risques.

- Je ne peux pas croire que Léo ait pu demander à être en 1997, déclara Fenrir, Les Grands Elfes savent mieux que quiconque qu'il ne faut pas jouer avec le temps.

- On pense qu'il ne l'a pas fait exprès et que quelqu'un a voulu le piéger, dit Draco, Il y avait un mot dans une boîte, expliquant de cette boule lui permettrait de réaliser son souhait le plus cher et qu'il devait ensuite briser la boule pour que ça se réalise.

- Le problème c'est que la boule ne devait en aucun cas être cassée. Quel que soit le souhait, il aurait pu y avoir n'importe quelle conséquence temporelle, déclara Harry, Ils auraient pu aller plus loin dans le passé.

- Mais quel souhait a pu faire Léo pour qu'ils soient en 1997 ?, demanda Seamus.

- Ses parents, souffla Harry, Pas forcément de les voir en 1997 mais ça doit sûrement avoir un rapport avec ses parents.

Les regards s'écarquillèrent à la mention des parents de Léo. Harry vit le regard de Draco s'assombrir mais il ne dit rien. Draco, Blaise et Pansy n'avaient pas encore cicatrisés la perte de leurs amis, même si cela faisait déjà 13 ans. Les trois Serpentards ne cessaient de se ressasser ce jour où ils avaient vu le salon des Nott baigné de mares de sang. Draco avait bien espéré les savoir vivants, mais la tapisserie des Nott avait marqué une croix à côté de chaque nom. Il avait été inconsolable.

- Comment comptez-vous les ramener ?

Harry sortit de ses pensées à la question de Lucius. Il jeta un regard à Draco qui se contenta de hausser les épaules. Harry plissa des yeux à son encontre avant de soupirer et de répondre Lucius.

- Nous n'avons pas encore d'idées concrètes.

- Comment ça ?, s'emporta Lucius, Vous ne comptez tout de même pas les laisser là-bas ? !

- Et si vous me laissiez terminer Lucius !, riposta Harry.

Le silence retomba dans le salon, personne n'osant bouger face à l'éclat du brun.

- Mes recherches m'amènent à pleins de solutions et la seule qui me semble la plus sûre reste un rituel.

- Potter, j'espère que vous vous rendez compte des risques d'un rituel ?

Malgré son calme, l'inquiétude se sentait dans la voix de Severus.

- Hermione et moi pourrions aider, s'immisça Remus, Notre centre a trouvé pas mal d'informations sur les rituels l'année dernière.

- Mais aucun rituel temporel n'existe, persista Severus.

- On sait tous ça Severus, claqua Harry, Mais c'est notre seul moyen de revoir les enfants. S'il n'en existe aucun, on en créera un.

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(1997 : Poudlard)

- Je savais que ce fichu programme de cohabitation entre maison apporterait des problèmes, claqua Severus.

Remus soupira alors que Severus continuait de se plaindre tout en commençant à préparer son antidote. Hermione et Emy étaient rapidement venues les rejoindre à l'infirmerie, l'une énervée et l'autre apeurée. Hermione, après une remarque acerbe de la part de Severus, leur avait relaté tout ce que Emy lui avait déclarée tout en parlant de ses suspicions.

Minerva et Pomfresh étaient choquées de l'attitude d'Emy. L'action d'Emy était très grave et cela avait apporté un problème en plus à l'école. Ce qui lui arriverait dépendait entièrement de Dumbledore. Dans une procédure normale, Dumbledore se voyait dans l'obligation de prévenir le ministère pour que des aurors viennent interroger le suspect et l'enfermer. Mais là où ça posait problème, c'était que rien de ce qu'il se passait en ce moment n'était normal. Tout cela reviendrait à déclarer la venue des enfants du futur au ministère. Heureusement, Lucius avait décidé de ne pas porter cette affaire contre eux, préférant d'abord s'occuper de l'état de son fils. Cependant, plus aucun enfant du futur n'avait le droit d'approcher Draco, à part Sébastien.

Remus leva son regard en direction de Lucius qui ne cessait de gêner Severus dans ses préparations. L'irritation était bien visible sur le visage du potionniste. Emy leur avait donné le nom de la potion mais Severus leur avait affirmé qu'aucun antidote n'avait été confectionné pour cette potion. Il devait la créer et Lucius voulait absolument voir la confection de l'antidote qui s'avérait déjà très compliqué sans quelqu'un derrière son dos.

- Arrête de bouger, soupira Remus, Severus trouvera l'antidote.

Lucius le regarda anxieusement. Remus savait que Lucius avait commencé à arrêter la potion inhibitrice. Il ignorait pourquoi mais ça avait commencé avec l'arrivée des enfants. Remus n'aimait pas ça du tout. Lucius était marié à Narcissa, il ne pouvait pas se permettre de revenir vers son partenaire sous le prétexte qu'ils étaient mariés dans le futur. Mais l'avantage de tout ça, c'était qu'il avait plus de contrôle sur Lucius et quand Remus vit le blond venir s'asseoir à ses côtés il ne put que remercier Merlin. Cependant ce fut que de courte durée.

- Potter a de la chance d'être le compagnon de Draco. Si jamais …

- Tu ne feras rien du tout, dit Remus avec irritation, Harry m'est très cher.

Remus fit bien attention d'appuyer sur ces termes. Lucius ne ferait pas de mal à quelqu'un qui lui était important. Le blond grimaça discrètement aux paroles de Remus, ce loup était un fourbe.

- Quand Draco sera guéris je l'emmènerai au manoir, siffla Lucius, Potter est un danger pour Draco.

- Tu ne peux pas les empêcher de faire leur vie ensemble !

- Oh ne t'inquiètes pas, j'ai très bien pu réussir à vivre sans toi pendant 20 ans, Draco pourra faire encore plus, sourit sarcastiquement Lucius, Et moi vivant, Potter n'approchera plus mon fils. D'ailleurs je vais de ce pas aller rejoindre ma femme.

Lucius se leva et prit la direction de la porte lorsqu'il se retrouva plaqué contre le mur. Le regard doré effraya un court instant le blond. Ça l'effrayait mais une chaleur commençait à monter en lui. Depuis combien de temps n'avait-il pas vu ce regard aussi intense ? Lucius regretta tout à coup d'avoir arrêter la potion inhibitrice. Pourquoi avait-il écouté Narcissa ? Ah oui, parce qu'elle voulait qu'il soit heureux.

Remus et Lucius restèrent quelques secondes à se regarder. Les deux hommes semblèrent se déconnecter de la réalité, un regard plongé l'un dans l'autre. Leurs visages se rapprochèrent et leurs lèvres se lièrent. Lucius passa ses bras autour du cou de Remus, le collant au torse du professeur. Le loup-garou posa ses mains sur les hanches du blond et les fit glisser vers ses cuisses avant de le soulever. Lucius entoura la taille de Remus avec ses jambes, le collant encore plus à lui. Le baiser se fit plus intense, ce qui fit gémir Lucius. Remus ne put s'empêcher de grogner à l'attention du blond qui comprit le message. Lucius dévoila son cou à Remus. Ce dernier ne se priva pas et mordit violemment le blond qui poussa un cri mélangé de souffrance et de plaisir.

Remus reprit conscience à la réalité et s'écarta du blond, interrompant le baiser. La morsure était un marquage propre entre le loup-garou et son compagnon. Il n'avait pas fait cela depuis sa dernière année à Poudlard en tant qu'élève, quand il était avec Lucius. Remus écarquilla des yeux quand il comprit ce qu'il venait de se passer. La morsure renforçait le couple : le lien les poussait l'un vers l'autre.

Le blond prit un temps avant de reprendre ses esprits. Quand il tomba dans le regard de Remus, il vit une frayeur et une colère infime briller dans les yeux du loup-garou. Remus ne voulait plus rien avoir avec lui et cela fit mal à sa partie Veela. Lucius eut un rire jaune alors qu'il se passait la main sur le visage, exaspéré.

- Comment on a pu revenir ensemble ?, souffla Lucius, Tu ne cesses de dire que tu ne m'aimes plus et je me drogue à la potion inhibitrice pour me maintenir en vie, alors … pourquoi un enfant du futur viendrait clamer être le nôtre ?

Remus resta silencieux, ne sachant pas quoi lui répondre. Un toussotement les sortit de leur contemplation. Ils se tournèrent vers un Severus qui avait assisté à toute la scène, ne pouvant pas se concentrer sur l'antidote de son filleul.

- Dehors.

- Quoi ?

- Vous dégagez de mon labo, siffla le potionniste, Vous êtes insupportables : Lucius ne cesse de couiner à cause de son inquiétude et de toi et toi, tu gémis à cause de ça et de ta fichu frustration. Sortez d'ici. Allez dans les bains et baisez une bonne fois pour toute.

Les deux créatures rougirent, n'osant pas regarder l'autre. Severus soupira et commença à leur lancer des sorts qui, inoffensifs certes, fonctionnèrent impeccablement.

Les deux hommes partis, Severus se concentra sur sa potion et fit tout son possible pour oublier la frustration que ces deux là venaient de lui apporter. Mais la tête d'un petit Gryffondor trottait dans sa tête, ce qui ne l'aidait pas non plus. Severus soupira un bon coup et se remit au travail. Il fallait vraiment que tout redevienne normalement. Les enfants du futur commençaient à faire n'importe quoi. Rien que l'état de Draco le lui prouvait.

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Quand Matthew entra dans ses appartements il fut étonné de n'entendre aucun bruit. Gabriel trouvait toujours le moyen de passer son temps avec Léo, ce qui rendait l'endroit un peu plus sonore. Matthew entra dans sa chambre et il vit Léo s'habiller chaudement et mettre quelques fioles dans son sac. Le jeune elfe ne lui accorda aucune attention, trop concentré dans ses rangements.

- Où comptes-tu aller ?, demanda t-il calmement.

- Dans la forêt, souffla Léo qui ferma son sac.

- Et tu peux m'expliquer pourquoi ? Dois-je te rappeler que tu n'es pas en état ?

- Je dois sauver oncle Draco.

Matthew soupira à la phrase que venait de lui sortir son compagnon. Pourquoi Léo voulait toujours faire l'impossible ? Matthew s'assit sur leur lit et observa son compagnon. Léo osa enfin lui jeter un regard.

- Explique-toi.

- Une larme de Naïade.

- Quoi ?

Le regard de l'infirmier s'élargit face à cette idée. Les Naïades ? Ces créatures magiques mythologiques ? Ces nymphes des eaux qui s'amusaient à noyer les personnes qu'elles n'aimaient pas ? Oh non, il ne laisserait sûrement pas son compagnon y aller. De plus, Matthew doutait fortement qu'il y ait des Naïades par ici.

- Léo, tu sais que les Naïades se cachent des humains comme des sorciers. Et puis, je doute qu'il y en ait dans la forêt interdite.

- Je ne suis pas un simple sorcier Matt, je suis une créature magique. Je me rappelle être tombé sur une cascade dans la forêt dans notre temps. Elle était bien protégée et les Naïades y logeaient depuis un bon moment. Si je les trouve, une simple larme pourrait contribuer à guérir ton père. J'ai demandé à Oncle Neville s'il avait des feuilles d'Aneth pour contrer la potion et des bourgeons de Lilas pour purifier son sang de toute impureté résiduelle, comme la mauvaise construction du lien. Tout cela pourra permettre de réaliser une potion qui le guérira et calmera le Veela jusqu'à une vraie union.

- Et si tu ne les trouves pas, les Naïades ?

- Je les trouverais. Là où il y a de l'eau, il y a forcément une Naïade.

- Je viens avec toi …

- Non. Il faut que j'y aille seule, souffla Léo, Je dois réparer ce que j'ai causé.

Le regard de Matthew s'assombrit aux paroles de Léo et se leva pour l'enlacer. Personne ne savait comment ils étaient arrivés ici, à l'époque de leurs parents. Personne à part Mathis et lui. Ils avaient décidé de ne pas prévenir Gabriel qui avait déjà fait une crise à la pensée qu'un élève du futur ait pu avoir l'idée de les faire venir ici. Qui sait ce que feraient les autres s'ils savaient que Léo les avait envoyés ici ? Bien sûr, ce n'était pas lui qui avait posé le sort sur la pierre mais qui aurait cru que cette pierre aurait mené à une telle situation ? Personne, pas même Matthew.

- Ce n'est pas de ta faute.

- Si je n'avais pas cassé le cristal, nous serions encore là-bas.

- Tu as demandé à revoir un souvenir de tes parents, et il fallait que tu casses cette pierre pour que ça se réalise. Tu ignorais qu'il y avait un problème.

- Je sais, mais un prince doit savoir prendre ses responsabilités, sourit Léo.

Matthew sourit à son amant avant de s'éloigner un peu. Léo vérifia qu'il avait tout dans son sac et sortit des appartements en compagnie du Veela. Le chemin se fit silencieux, chacun profitant de cet instant de calme qu'ils avaient tous les deux.

La frontière de la Forêt Interdite arriva trop rapidement pour Matthew. Il hésita un instant à le laisser partir dans cette forêt, complètement différente de celle de leur époque. Il tenta une fois de plus de convaincre le plus jeune qu'il pourrait l'accompagner, mais Léo resta sur ses positions, affirmant qu'un Veela tel que Matthew ne ferait qu'effrayer ou irriter les Naïades, et il dût accepter cette défaite.

- Fais attention à toi, souffla Matthew, évite de te faire remarquer ou attraper.

- N'oublie pas que tu parles à un elfe. La discrétion ça me connait.

Léo l'embrassa une dernière fois et s'éloigna un peu plus vers la forêt. Léo s'arrêta quelques mètres plus loin et siffla en direction de la forêt. Quelques secondes plus tard, des petites boules de lumières s'approchèrent de Léo. Matthew sourit, soulagé. Léo ne serait pas si seul en fin de compte. Les fées pouvaient parfois être de meilleure compagnie quand on allait rencontrer des Nymphes. Matthew attendit de ne plus voir Léo et retourna en direction de l'infirmerie pour veiller sur son père tout en espérant que Léo revienne vite et sauf.

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Harry ne savait plus où donner de la tête. À cause de lui, Malfoy se retrouvait dans un lit de l'infirmerie. Si seulement il n'avait pas succombé à son charme !

- Harry ?

Le brun se retourna, s'attendant à voir encore un des futurs, et fut soulagé de tomber sur le regard pétillant de Luna. Le jeune homme lui sourit discrètement alors que la jeune femme s'asseyait à ses côtés.

Il n'avait pas vu Luna depuis l'arrivée des enfants et le brun se sentit honteux. Il était tellement pris dans les histoires des enfants du futur et des Serpentard qu'il avait oublié son amie.

- Tu es entouré de nargols, dit-elle affectueusement.

Harry ne put s'empêcher de sourire à sa remarque. Depuis le temps qu'il la connaissait, la jeune femme avait toujours pris pour habitude de parler bizarrement. Le brun avait mis du temps avant de finalement comprendre une partie des phrases.

- On dirait bien, répondit-il d'un air mélancolique.

- On parle beaucoup de vous dans les couloirs.

- Ça ne m'étonne pas. Depuis le début du mois nous sommes entourés d'enfants du futur et il n'y a que des problèmes.

- Tu sembles en colère.

Harry hésita à lui raconter. Il ne voulait pas entendre de reproches, de même que la propagation de cette histoire. Mais il connaissait Luna et il était sûr qu'elle ne ferait aucune de ces choses.

- Tu es au courant ? Que Dra-Malfoy se trouve à l'hôpital, la jeune femme hocha de la tête, Nos enfants nous auraient tendu un piège pour que lui et moi nous nous lions. Le problème, selon Sébastien, c'est que Draco est devenu fou parce que je n'aime pas Draco.

Luna fronça un peu des sourcils avant de lui faire un sourire réconfortant.

- Je peux comprendre ta colère. Les liens de Veela ne sont pas un jeu.

- Je ne comprends même pas pourquoi ils ont fait ça !, s'exclama Harry, Ils n'avaient pas à se mêler de ça. Ça ne concernait que Malfoy et moi !

- Calme-toi Harry, tu vas leur apporter des Squirks.

Harry ne compris pas trop la fin de sa phrase mais essaya tout de même de se calmer. Luna fût patiente et attendit qu'il se calme.

- Malfoy va s'en sortir, déclara Luna, Sa ligne n'est pas brisée.

Harry fronça des sourcils, ne comprenant pas ce qu'elle voulait dire par la « ligne » de Malfoy. Il voulût lui demander plus d'explications, mais il connaissait Luna. Elle utiliserait encore plus de métaphores que la phrase précédente et avec les maux de crâne qui revenaient, Harry n'avait vraiment pas envie de réfléchir.

Ils restèrent un moment assis là, sans personne pour les déranger. Harry ne savait pas depuis combien de temps il n'avait pas eu de moment de tranquillité, mais cela lui fit beaucoup de bien. Le brun leva ses yeux en direction de son amie qui gardait ses yeux fixés sur le lac. La blonde semblait toujours sereine, ce que lui enviait Harry. Était-elle toujours comme ça dans le futur ?

- Tu as rencontré tes enfants ?, demanda Harry.

- Non, sourit-elle, Un jeune Poufsouffle m'a dit que j'étais morte en sauvant sa mère.

Harry regarda son amie avec étonnement avant qu'une grande tristesse ne l'envahisse.

- Luna …

- Tu sais Harry, le coupa-t-elle, Je trouve que tu as une très belle famille. Et même si tes enfants ont fait des erreurs, c'est le devoir des parents de leur montrer leurs erreurs et de les pardonner.

Le brun eût la gorge serrée. Comment pouvait-elle parler de sa famille alors qu'elle venait de lui dire qu'elle ne survivrait pas à la guerre ?

- Je ne sais pas si je te le dirai Harry mais je te le dis maintenant : Sois heureux.

Luna retourna vers le château et laissa Harry. Quand il fût seul, Harry fit tomber toutes ses barrières. Pas un cri, pas un geste. Il se contenta de laisser couler ses larmes, relâchant la pression qu'il accumulait depuis toute cette histoire.

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Il ignorait ce qu'il faisait là. Léo lui avait demandé ces feuilles et ces bourgeons pour les donner à Snape. Mais quelque chose tracassait Neville. Depuis leur dernière altercation, Neville avait bien fait attention à ne plus se retrouver seul avec le maître de potion. Il avait même demandé de l'aide en potion à Hermione pour qu'il n'ait plus à avoir Snape derrière son dos.

Il avait plutôt bien réussi, jusqu'à ce que l'état de Malfoy n'affole tout le monde et que Léo lui demande son aide. À présent, il devait donner ces ingrédients mais la peur le tenaillait trop et il hésita longtemps avant toquer à la porte.

Il resta sans réponse et cela l'inquiéta. Peut-être qu'il savait que c'était lui et qu'il ne voulait pas lui répondre. Le brun regarda si le couloir était vide et entra dans la salle de potion.

Cette dernière était vide. À sa grande déception, le professeur n'était pas là. Plusieurs étagères attirèrent son attention et il fût étonné de voir que toutes ces potions avaient été créées par le maître de potion. L'homme aimait vraiment son travail et cela fit sourire le jeune homme. Ils étaient pareils mais dans des catégories différentes. Neville observa les étagères de potions et analysa chaque fiole avant qu'une voix ne l'interrompe.

- Que faites-vous ici Londubat ?

Neville sursauta et se retourna en direction de Severus qui venait de sortir de ses appartements. Le maître de Potion ne s'était pas attendu à voir son cancre d'élève se balader dans son bureau à observer toutes ses potions.

- Je …

Le regard de Neville se voila de tristesse à la vue de l'homme avant de finalement lui montrer des feuilles et des bourgeons.

- Léo Nott m'a demandé de vous donner ces pousses. Il m'a dit qu'il allait à la recherche d'un ingrédient pour guérir Malfoy et que pendant ce temps il vous conseillait d'ajouter cela dans une potion de régurgite.

Severus s'étonna tout de même. La potion de Régurgite n'était dans aucun programme à Poudlard. Comment le jeune Nott pouvait être au courant de cette potion ? Severus soupira intérieurement, ne sachant pas quoi faire. Le jeune homme était doué mais il faisait tout de même partie des jeunes du futur, ceux qui avaient provoqué l'état de son filleul.

- S'il n'était pas un elfe, je n'aurais pas écouté, déclara Severus en prenant les pousses d'Aneth et les bourgeons de Lilas, Mais c'est un jeune homme doué, donc je ferai ce qu'il demande.

Le maître de potion se retourna vers un de ses chaudrons vides et le rempli d'eau. Il commença la potion, oubliant totalement Neville qui resta à l'observer dans un coin de la salle.

Malgré ses efforts à rester discret, Severus sentit très bien son regard et se rappela vite de sa présence. Mais il ne chassa pas le jeune homme. Depuis leur querelle, Neville avait commencé à l'éviter et Severus s'était retrouver avec un gros manque. Les lèvres et le corps du jeune homme contre lui l'avaient mis dans un tel état qu'il s'était remis aux travaux manuels et aux douches froides.

- Monsieur Londubat, savez-vous ce que monsieur Nott est allé chercher ?

- N-non.

Severus fronça des sourcils. C'était bizarre. La potion lui rappelait vaguement quelque chose. Il s'apprêta à couper les pousses d'Aneth quand Londubat l'interpella.

- M-monsieur ?

- Quoi ?, claqua-t-il.

Le jeune homme se ratatina au ton acerbe du professeur. Severus s'en rendit compte et prit beaucoup sur lui pour ne pas s'énerver plus. Londubat était mignon mais si c'était pour lui faire perdre son temps dans la préparation de l'antidote, il pouvait partir. Severus lui fit un hochement de tête, lui indiquant qu'il attendait toujours.

- C'est conseillé de piler l'Aneth pour la rendre plus efficace.

Severus tourna son regard vers les pousses et le couteau qu'il avait en main et lança un regard septique au Gryffondor.

- Vous savez que c'est pour une potion, Monsieur Londubat ? Destinée à un élève dans un état grave ?

- Je le sais, affirma Neville, Vous connaissez bien les potions mais moi je connais bien les plantes. Je peux vous assurer que faire ce que je vous ai dit ne fera que vous aider.

Le regard de Neville étonna Severus. Jamais le Gryffondor n'avait osé le contrer comme cela en Potion. Mais comme le jeune homme venait de le dire : il s'agissait de plantes et non de potions.

Severus déposa le couteau et alla prendre ses accessoires pour piler les pousses. Il vit très bien le sourire du jeune homme et cela accentua sa frustration. Il n'allait pas rester là à faire la potion pendant que le Gryffondor le regarderait.

- Rendez-vous utile et ajouter 2 écailles de sirènes à la potion puis tournez 6 fois dans le sens inverse d'une horloge.

Londubat lui sourit encore plus et se mit au travail. Severus ne sut même pas pourquoi il laissait ce garçon toucher une potion aussi précieuse. Il voulait juste que Londubat cesse de le regarder.

Il donna quelques directives à Neville alors qu'il préparait le reste des ingrédients. Il commença à s'occuper des bourgeons de Lilas qu'il sentit le regard de Neville sur lui.

- Oui Londubat ?, soupira t-il.

- Les bourgeons de Lilas doivent leurs caractéristiques à leur nectar.

- Et ça va nous apporter quoi de savoir ça ?

- Elle sera plus stable et efficace.

- Et vous voulez que je l'extraie comment le nectar ?

- Je connais un sort qui peut l'extraire, sourit le jeune homme, Je peux le faire si vous voulez.

Severus hocha de la tête et Neville l'en remercia d'un sourire. Merlin, ce garçon lui faisait perdre la tête. Ses mains se crispèrent sous l'envie de malaxer ce petit postérieur bien remonté. L'homme secoua sa tête et se concentra sur la potion. Il tourna son regard vers le chaudron et fronça des sourcils. Ce n'était pas la couleur d'une potion de régurgite. Severus savait que ce qui avait changé ça c'était l'Aneth.

Il n'aurait su dire quelle potion ça lui rappelait mais il savait qu'elle n'était d'aucun danger. Neville lui apporta le dernier ingrédient, le nectar, qu'il versa dans le chaudron avant de mélanger un peu. La mixture changea de couleur, d'un violet sombre à un magenta pétillant, et le visage de Severus s'illumina d'un sourire quand le nom de la potion lui vint en tête.

- Léo tu es un génie, souffla-t-il avec un sourire.

- Comment ça ?, demanda Neville.

Severus se tourna vers Neville, le sourire toujours en place, et lui expliqua.

- Léo nous a donné une potion extrêmement difficile à faire.

- Ce n'est pas une potion de régurgite ?

- Plus maintenant, sourit Severus, Potion de Purification. Une seule personne a réussi à la faire et c'est son créateur. La potion de régurgite est son dérivé.

- Elle ne m'a pas semblé si difficile à faire.

- Ce n'est pas pour sa confection qu'elle est difficile, souffla Severus qui perdu un peu de sa joie, Mais à cause de ses ingrédients.

- Mais on les a tous eu assez facilement.

- Léo vous a envoyé parce qu'il savait que vous m'aideriez au niveau du nectar et de l'Aneth, donc à la réalisation de la potion. Mais il nous manque un ingrédient, expliqua Severus alors qu'il baissait le feu sous le chaudron.

Neville s'apprêta à lui demander l'ingrédient quand Severus écarquilla les yeux d'horreur. Le professeur se retourna vers lui et le tira par la chemise de son uniforme.

- Ou est-il allé ?, s'alarma Severus.

- Q-Quoi ?

- Où est-il parti ?!, s'écria Severus.

Neville ne lui répondit pas, ne comprenant rien à son accès de colère. Il ouvrit plusieurs fois la bouche mais aucun son n'en sortit, frustrant Severus qui lui reposa la question.

- Il est parti dans la forêt interdite.

Severus et Neville se retournèrent vers l'entrée où se trouvait Matthew. Le jeune homme semblait assez calme, tout le contraire de Severus qui explosa.

- Mais vous êtes complètement fous !, s'écria Severus, Avez-vous oublié que nous sommes en guerre, bande d'inconscients ?!

Neville sursauta au cri de Severus. Le professeur était fou de rage. L'inquiétude et la colère se voyaient dans son regard et dans ses gestes.

- Ecoutes, soupira Matthew, Ça ne me plaît pas plus que ça qu'il y soit allé seul mais …

- Parce qu'il y est allé seul ?! Vous man …

- Il nous faut cette larme !, gueula Matthew.

Severus resta interdit devant Matthew alors que le jeune homme le regardait avec colère.

- La potion ne sera pas complète tant que la larme ne sera pas versée dedans. C'est la seule solution pour sauver père !

- Léo risque de se faire tuer !

- Il s'en sortira !

- Assez !

Les deux hommes se retournèrent vers Neville qui rougit en se rendant compte de ce qu'il venait de faire.

- Désolé, souffla-t-il mais il reprit rapidement son assurance, C'est quoi cette « larme » dont tu as parlé ?

- C'est le dernier ingrédient pour compléter la potion de purification, expliqua Matthew, l'Aneth, le Lilas sont des plantes aux vertus purifiantes. Mais il y a un dernier ingrédient qui fait relever l'efficacité de la potion et c'est une Larme de Naïade.

Neville fronça des sourcils quand il entendit ce nom. Il l'avait déjà entendu quand il était petit mais il ne se rappelait pas où. Severus vit très bien que le jeune homme ne voyait pas ce que c'était et entreprit de lui expliquer.

- Les Naïades sont des créatures magiques très rares. Tellement rare qu'elles sont passées au statut de 'Mythe'. Il est dit qu'on ne les trouve que près de points d'eau : de la simple mare à l'océan.

- Ce sont des manipulatrices de l'eau, ajouta Matthew, et leurs larmes sont connues pour êtes être curatives.

- Mais elles ont une très mauvaise réputation.

- Mauvaise ?, s'inquiéta Neville.

- Différents récits racontent la rencontre de Naïades s'amusant à noyer des sorciers ou des Moldus pour le plaisir.

L'inquiétude se peint rapidement au visage de Neville. Matthew, voyant son inquiétude faire surface, essaya de la calmer.

- Il n'y a pas à s'inquiéter pour Léo. Quand je l'ai quitté, il était accompagné de fées. S'il y a un problème, il saura gérer.

Severus resta là à regarder Matthew, Neville cru même une seconde visualiser une bataille entre les deux pour celui qui aurait raison. Mais ça ne dura pas longtemps. Severus soupira et s'assit près du chaudron qui restait au chaud en attendant la larme. Matthew ne resta pas plus longtemps, prétextant devoir retourner à l'infirmerie.

Neville fût pris de panique. Ils avaient fini la potion et il ne restait que la larme. Neville jeta un regard à la porte, puis à Severus. Il voulait rester. Il avait trouvé ce moment génial, même s'ils l'avaient passé à faire une potion. Il ne voulait pas détruire ce moment. Ne voulant pas se faire jeter de la salle, Neville entreprit lui-même son départ et prit la direction de la porte.

- Où vas-tu ?

Neville fût surpris par la question du professeur. Il osa poser un regard vers lui et vit Severus tendu, comme s'il ne voulait pas qu'il s'en aille, mais le Gryffondor éloigna très vite cette idée.

- Hum … je pensais que, comme il y a juste à attendre la larme, je n'avais plus de raison de rester ici. De plus, un 4e année de Poufsouffle m'a demandé de l'aider en botanique.

Severus, qui s'était détendu aux explications, se tendit à la mention d'un 4e année de Poufsouffle. Il savait très bien de quel élève Neville lui parlait et il n'apprécia pas cela. Ce 4e année avait commencé à approcher Neville depuis quelques jours et Severus avait commencé à être jaloux de cet élève qui recevait toute l'attention du brun. Mais Severus ne pouvait pas se permettre d'interférer, s'il y avait quoi que ce soit entre eux maintenant, ils l'oublieraient plus tard et Severus préférerait éviter de faire des choses inutiles.

Il hocha de la tête, autorisant Neville à s'en aller. Il ne vit pas la déception s'afficher sur le visage du jeune homme. Ce dernier prit la direction de la porte puis s'arrêta.

- Tu sais, hésita-t-il, J'ai toujours eu de l'admiration pour toi.

Severus resta silencieux, ne sachant pas quoi dire si ce n'était une parole acerbe.

- J'ai toujours été considéré comme un sorcier assez faible. Ma grand-mère ne cesse de me rappeler à quel point ce fût inutile que mes parents m'aient protégé. J'ignore si tu t'en rappelles mais c'était un an avant mon entrée à Poudlard, la première fois où je t'ai rencontré.

L'intérêt s'alluma dans le regard du professeur. Neville pensa immédiatement qu'il ne voyait sûrement pas où il voulait en venir.

- La première fois que je t'ai vu, c'était chez un libraire sorcier un peu éloigné du chemin de traverse. Je lisais un livre sur les caractéristiques des plantes et leurs effets dans une potion.

Le regard de Severus s'illumina quand il se rappela de ce jour. Il avait l'habitude d'aller chez ce libraire, car les livres qu'ils vendaient étaient très bien expliqués. Ce jour-là il avait vu un jeune sorcier dévorant un livre, les yeux brillant de curiosité.

Il avait commencé à parler avec le jeune homme et avait découvert un jeune sorcier avare de botanique. Severus avait été étonné de voir autant de détermination dans le regard de l'enfant quand il avait dit qu'il voudrait travailler dans la botanique plus tard. Severus lui avait dit que des maîtres de potions comme lui avaient besoin de personnes comme le jeune homme pour leur préparer les meilleurs ingrédients. L'enfant l'avait choqué en disant qu'il n'était pas très puissant, mais il avait répliqué en disant que comme la potion, la botanique n'avait pas besoin de quelqu'un de puissant mais de quelqu'un qui aimait ce qu'il faisait.

- Tu t'en rappelles.

Ce n'était pas une question. Bien sûr que Severus s'en rappelait. Comment oublier l'espoir qu'il avait donné à cet enfant ? Ce qui l'étonna un peu plus, ce fût de ne pas avoir reconnu le jeune Londubat.

- Tu m'aimes depuis ce jour ?, demanda suspicieusement l'homme.

- Non !, s'écria Neville tout rouge, Mes sentiments ne sont venus qu'après. La quatrième année je dirais. Au début, je te voyais comme un mentor mais quand je suis arrivé à Poudlard, tu m'as beaucoup effrayé et tu n'hésitais pas à me rabaisser.

- Londubat …

- Je sais que j'étais assez maladroit, mais ton regard ne montrait que du mépris envers moi. Mais malgré ça, je voulais revoir l'homme qui m'avait donné espoir. Me sentiments sont venus après. Je ne pourrais même pas te dire quand cela a commencé.

- Neville …

Le jeune homme sursauta quand il entendit son prénom. Jamais il n'avait entendu le professeur dire son prénom.

- J'ignorais que c'était toi.

- J'étais assez rond à cette époque.

- Si j'avais su que c'était toi, je …

- Tu n'aurais rien fait, le coupa Neville, Je suis à Gryffondor, tu es le Directeur de Serpentard, tu les favorises.

- Tu n'en sais rien.

- J'en sais bien assez pour l'affirmer.

Severus ne dit rien. Que pouvait-il dire ? Le Gryffondor avait raison, il n'aurait pas été différent au risque de faire sauter son statut de double-espion. Le jeune homme lui fit un mince sourire et partit. À ce moment-là, Severus comprit ce qui avait attiré son futur en ce jeune homme. Avec un fin sourire, il continua de veiller sur la potion en attendant le retour de Léo.

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Léo eut l'impression d'avoir marché toute la journée et pourtant il faisait encore bien jour, s'il en croyait les quelques rayons qui transperçaient les arbres de la forêt. Le jeune ne voyait pas trop de ressemblance entre cette forêt et celle du futur à part les immenses arbres.

Cette forêt était beaucoup plus lugubre. La quantité magique semblait limitée, comme si Lùmen n'existait pas. La flore agonisait, leurs bois étaient remplis de magie noire. Léo n'avait jamais compris ça aurait pu arriver. Son grand-père lui avait pourtant dit que cette forêt regroupait un bon nombre de peuples rares. Et malgré le retour de Lùmen dans leur futur, la forêt n'avait plus ses occupants d'antan.

Un hurlement agonisant le fit sursauter. Les fées se rapprochèrent de lui pour le rassurer et il leur en fût reconnaissant. L'une d'entre elles s'éloigna rapidement devant eux et indiqua une direction. En quelques minutes, Léo et les fées arrivèrent à la cascade dont il avait parlé à Matthew.

Elle était identique à celle du futur. Contrairement au reste de la forêt, ce petit havre de paix regorgeait de magie. Aucun doute là-dessus, des Naïades résidaient encore là. Sans plus attendre, il se rapprocha du bord de la rivière et laissa apparaître tous ses signes d'elfe.

Il posa un genou au sol et frôla de ses doigts pleins de magie la surface de l'eau. C'était le seul moyen qu'il connaissait pour attirer l'attention des Naïades. Au moment où il entreprit sa tâche, Léo eut l'impression d'avoir eu un silencio autour de lui et il sût qu'il avait eu l'attention des Naïades.

- Mon nom est Léonide Wildim Nott, Prince des Grand Elfes et des elfes Noirs. Je viens à vous pour quémander votre aide.

Aucun mouvement ne se fit dans les alentours. Seul le bruit de la cascade en fond se faisait entendre. Il resta là un bon moment, ses doigts touchant encore l'eau, puis répéta encore sa phrase. La panique commença à monter quand il resta sans réponse. Il ne sût combien de temps il resta là à répéter la phrase, il ne voulait pas retourner à l'école sans les larmes. Il ne pourrait pas regarder Matthew dans les yeux. Léo tenta une dernière fois et n'obtint toujours aucune réponse. Il se releva et s'apprêta à repartir pour trouver un autre point d'eau quand il les entendit. Ce n'était pas des cris, ni des interpellations. C'était de simples gloussements, comme des petites filles jouant dans un parc. Il se retourna de nouveau vers la rivière et vit une tête sortir de l'eau.

Au fur et à mesure, des têtes commencèrent à sortir de l'eau et quelques arabesques d'eau se firent dans le courant. Une majorité d'entre elles semblaient être composées d'eau. La forme de leurs corps restait assez distincte mais elles étaient transparentes. L'une d'entre elles se rapprocha calmement de Léo et contrairement aux autres, elle n'était pas transparente mais mate.

- Que viens-tu faire ici, héritier d'Altmer ?, déclara la Naïade.

Léo sût immédiatement qu'elle était la chef parmi le groupe. Elle était plus petite que toutes les autres mais il pouvait sentir qu'elle était la plus puissante. Léo posa un genou au sol et la regarda dans les yeux. La pupille de ses yeux donnait l'impression que de l'eau y circulait, de l'eau circulait un peu partout sur son corps par filaments. Léo pouvait comprendre ce qu'elles attiraient chez les sorciers.

- Pardonnez-moi pour cette intrusion. Mais j'ai besoin de votre aide pour sauver mon oncle.

- Nous ne nous mélangeons pas aux sorciers, claqua une autre Naïade un peu plus loin.

- Je viens d'un autre espace temps, de même que d'autres élèves, expliqua Léo, Certains d'entre eux ont joué avec le lien d'un Veela et son compagnon.

- Si le Veela fût rejeté, on ne peut rien y faire. Il n'y a pas de deuxième chance dans ce genre de lien.

- Le lien a été mal conçu et pour régler cela, il nous faut faire une potion de purification.

Les Naïades commencèrent à discuter entre elles, créant un ensemble de chuchotements. Seule la Naïade la plus proche ne parlait pas. Elle se contentait juste de rester à observer Léo.

- Je ne comprends pas notre rôle dans tout ça.

- Dans cette potion, il nous faut quelques larmes de votre part.

La Naïade fronça des sourcils à la mention des larmes alors que les autres Naïades commençaient à l'insulter. Quelques-unes n'hésitèrent pas à montrer leur mécontentement en manipulant l'eau de la cascade de manière menaçante.

- Ce que tu demandes est très osé, déclara la Naïade, Nos larmes ne sont pas si faciles à avoir.

- Je sais que ma demande est très déplacée, mais il me fallait quand même tenter de sauver mon oncle.

- On ne peut pas jouer avec le destin des autres, et ce Veela a été rejeté, affirma-t-elle.

- Mais en les poussant à se lier alors qu'ils n'étaient pas prêts c'est déjà jouer avec le destin, persista-t-il, Et s'il meurt, la guerre sera perdue et le futur sera changé.

La Naïade ne lui dit rien et jeta un regard vers ses sœurs qui ne savaient pas trop quoi choisir. Léo les vit chuchoter entre elles un bon moment, sans aucune réponse concrète. Il se demanda un instant s'il n'avait pas fait tout ce chemin pour rien. Le stress monta rapidement, craignant encore plus pour la vie de Draco. Une des fées vint se poser sur son épaule et il se sentit un peu détendu. Il lui envoya un petit sourire de remerciement avant de se tourner vers les Naïades qui s'étaient arrêtées de parler.

- Acceptez-vous de m'aider ?

À Suivre.