Tempus Bellum
(Douze ans avant l'Ere de l'Hommage)
Elle explora les rapports sur la table, avec une carte précise de la zone de combat. Ses yeux félins étaient concentrés à la tâche, ramenant souvent ses mèches rousses rebelles derrière son oreille. Ce qu'elle voyait n'était pas rassurant : son bataillon perdait du terrain… infime mais tout de même conséquent. L'avantage, si elle pouvait dire, fut que la zone était marécageuse et se fondre dans le paysage était assez facile. Ils pouvaient toujours créer des pièges et affaiblir les troupes ennemies.
-Capitaine ! s'écria alors un homme qui venait d'entrer
La jeune femme leva le nez vers lui, la mine interrogatrice. Elle dévoila ainsi un visage fin, encadré par deux grandes mèches frontales qui tombaient de part et d'autres de ses joues. Le reste de sa chevelure de feu tombait élégamment le long de son dos jusqu'à ses reins. Aussi belle qu'intelligente, elle était excellente bretteuse, maniant une lame assez longue, au nom de Yoshiyuki et était une tireuse d'élite hors pair quand elle utilisait son arc nommé Nakano. Cette jeune femme, s'appelait Karen. Elle venait d'un lointain village du Sud du continent.
Quand les tensions entre la Shinra et le Wutai éclatèrent, elle avait décidé de prendre les armes et était rentrée dans la faction militaire féminine de la Sororité du Leviathan. Une section entièrement composée de femmes, qui n'accueillait pas n'importe qui du fait de la formation : les entraînements poussaient les jeunes filles à oublier leurs rôles de femmes au foyer et leur apprenaient à manier diverses armes pour élargir leur savoir. La Sororité les prenait très jeune, minimum dix ans et maximum treize ans. Les premiers mois, elles étaient soumises à un passage mental, où elles étaient ridiculisées et humiliées par leurs supérieures, passant par les pires traitements et les tâches les plus ingrates pour forger leurs caractères. Souvent principales victimes des viols, les plus gradées les entraînaient à se défendre contre les attaques sexuelles, en pleine nuit et de façon inattendue. Elles passaient aussi par l'épreuve de la pudeur, forcées de s'exhiber et ignorer la gêne que cela pouvait engendrer. La moitié des jeunes recrues ne survivaient pas à ces moments et partaient sans demander leurs restes.
Celles qui restaient, recevaient une formation plus difficile encore : gravir et descendre le Da Chao avec sur leurs épaules des seaux remplis d'eau de chaque côté, le matin aux premières lueurs de l'aube, et continuer sur le maniement des armes et les arts martiaux tout l'après-midi jusqu'au lever de la lune. Chaque échec était puni par des coups de canne par les maîtres. Le soir venu, une prière était faite pour le Dieu protecteur Leviathan, le seul moment de repos pour les jeunes filles.
Leur formation était en continue, elles avaient interdiction de revoir leurs familles : car elles appartenaient à la Sororité. L'Hiver était le plus rude pour elles. Le froid gelait leurs articulations et leurs muscles. Cependant, le pire venait pour celles qui avaient leurs périodes menstruelles. Celles qui glapissaient de douleur pouvaient être renvoyées : la douleur était un mot banni de la Sororité. Si bien, qu'elles avaient des simulations de torture physique et mentale, obligée de supporter parfois trois jours à un interrogatoire ou à la prison militaire.
Karen y était entrée à son quatorzième hiver et s'était distinguée de par ses capacités mentales et guerrières. Tout n'avait pas été rose pour elle, mais elle avait surpassé les épreuves de la Sororité et avait terminé sa formation en affrontant l'une des cheftaines de la Sororité. Combat difficile, où elle devait utiliser tout ce qu'elle avait appris parmi ses Sœurs. Test réussit, car elle avait obtenu le titre Sœur. Sa cheftaine l'avait recommandé de poursuivre sa voie en incorporant la Capitainerie Impériale. Elle fut présentée à l'Empereur Godo Kisaragi, où elle prononça son serment.
A présent, à l'âge de seize ans, elle était la plus jeune mais la plus efficace des soldats et était devenue Capitaine du Régiment Phénix. Le plus honorifique qui fut.
Elle dégageait une force de caractère aussi incandescent que sa chevelure. Chaque mouvement de son corps respirait une force maîtrisée et calculée. Le léger mouvement de sa poitrine qui se soulevait au fur et à mesure de sa respiration aspirait au calme, comme l'était les braises après un feu ardent et vivace ; palpable, mais toujours prêt à se ressaisir au premier bois jeté dans l'âtre. Sa tête écarlate, et son uniforme noir comme le charbon, rehaussé de belles dorure sur le plastron, les épaulettes, et la ceinture, rappelaient le bois couvert de suie, mais toujours illuminé par cette flamme encore vivante…
Ses courbes féminines que son uniforme laissait voir la rendait encore plus attirante qu'elle ne l'était déjà… et ses étranges yeux reptiliens, d'une couleur vert émeraude, ressemblait à cette agréable flamme verte perceptible à un certain point d'embrasement…
Le soldat s'inclina devant elle, la mine inquiète :
-Capitaine, j'ai reçu ce message de la Sororité. C'est un corbeau qui est parvenu.
Karen se déplaça de son poste et prit le message que lui tendait l'homme. Un corbeau… signe d'une missive de détresse. Si les Sœurs quémandaient son aide, elle se déplacerait sans tarder pour les soutenir. Elle déroula la feuille de soie et commença à lire :
« L'ennemi est à nos porte, nous demandons à toutes les Sœurs dispersées dans le Pays de venir. Nous sommes bientôt en état de siège et nos recrues ne sont pas prêtes.
Sœur Nataku. »
Sa respiration se bloqua quand elle vit la date du message. Il datait d'il y a deux jours… elle sentit son cœur se serrer et froissa le message avant de le jeter dans l'âtre d'un feu brûlant derrière son bureau. Elle s'arma aussitôt non sans un regard sur le missionnaire :
-Qu'on attèle les Chocobos et qu'une centaine d'hommes soient prêts pour partir. Préparez les bêtes de combats. Vous recevrez vos ordres du lieutenant Hijikata, pour les prochaines opérations à venir, exécution !
L'homme ne se fit pas prier et laissa la jeune femme seule, qui écrivit ses instructions à son bras droit. Les hommes de la Shinra infligeraient une horrible branlée au Wutai, s'ils s'en prenaient à cette école. Elle n'osait penser aux nombres de victimes que causerait ce massacre…
-Maudits soient-ils…
Il devait être 1h du matin. L'air frais voir mordant attaquait son visage sitôt sorti de sa tente. Karen s'étira et s'éloigna du chapiteau pour faire un petit tour. Ses hommes la virent passer et s'inclinèrent en respect devant leur capitaine. Que l'on fût femme ou homme, les Wutaien reconnaissaient la force de celui ou celle qui les commandait. Faire partie du commando de l'Oiseau Vermillon était un immense honneur pour quiconque y entrait. Elle s'installa parmi ses fantassins et archers, partageant un verre de thé chaud, en cette nuit froide. La fumée des braseros volait et tous étaient soit dans leur tente pour se reposer et se réchauffer, soit dehors autour d'un feu, à s'occuper de leurs armements, boire, manger et discuter un peu des batailles, victoire ou défaite.
Aucun rire, ne parvenaient à ses oreilles. Les hommes étaient silencieux, les bêtes agitées. La tension montait, car tous savaient que le prochain combat serait rude.
-Vous partez donc, Capitaine ?
-La Sororité est en danger. Vous serez entre de bonnes mains avec Hijikata. Vous pouvez vous fier à lui.
Personne n'avait à remettre en cause le courage et l'intelligence de Toshizo Hijikata. Général de grande renommée, venant d'une famille modeste, avait suivi une formation dans son dojo local, avant d'intégrer l'armée.
D'ailleurs, son rang social et sa carrière le plaçait comme une personne importante de la société Wutaienne. Si bien que la famille de Hijikata et de Karen voulait former une union par le mariage, à la demande du dit Général. Contrainte par l'honneur de sa famille, mais aussi partagée par son devoir de Sœur, Karen avait accepté le mariage arrangé, pour répondre aux traditions de la famille. Nouvelle accueillie par des réactions mitigées que ce fût du côté de la Sororité que par les familles. Si elle le pouvait, la Sororité pouvait refuser de laisser leur Sœur devenir une épouse et mère de foyer. Il n'y avait pas seulement le problème de la tradition. Malgré la grande réputation qu'inspirait la Sororité. Les rumeurs portaient à dire que certaines Sœurs avaient des penchants homosexuels, chose bannie de la société Wutaienne, considérée comme une pratique contre nature. Les familles qui avaient envoyé leurs jeunes filles à l'école, prévoyaient toujours un mariage arrangé avec un homme de sexe masculin afin de préserver la famille d'un blasphème.
Toutefois, rien n'était encore officiel, car la guerre avait éclaté. Au cours des nombreuses batailles, Hijikata et Karen avaient pu se découvrir et apprendre à s'apprécier l'un et l'autre et prendre des décisions dignes de deux époux. La guerre déciderait de leur sort.
Karen finit son verre et se leva, quand elle entendit les Chocobos.
-Nous gagnerons cette guerre, gardez espoir
Ces simples mots allégeaient le cœur des soldats. La jeune femme attela sa monture quand une main se posa sur la sienne :
-Soyez prudente sur la route
Elle regarda son interlocuteur et vit cet homme, plus âgé qu'elle de dix ans. Il avait une mince carrure, mais on devinait sa force et son savoir-faire dans le maniement du sabre. Karen secoua la tête et s'inclina :
-Je vous promets de revenir vivante, avec mes hommes, Hijikata.
-Tout comme je tâcherai de tenir notre position, Karen. Quand la guerre sera finie, qu'elle ait une fin bonne comme mauvaise, nous serons époux et épouse et couleront des jours moins sombres.
-J'espère que ce que vous dites est vrai, soyons tous les deux vivants dans ce cas. Je remplirai mon rôle de femme et de mère au foyer comme l'exige la tradition.
La réponse ne lui plaisait pas, mais elle n'avait pas le choix, c'était son rôle premier. Peut-être que la guerre lui donnerait une dernière fois le goût du danger, avant de finir ses jours… à entretenir une maison et faire le ménage comme une femme quelconque. Surtout que cela l'éloignerait de la Sororité, où une personne chère à ses yeux résidait encore. Elle tâcha tout de même de mettre de l'enthousiasme dans sa voix, même si à ses oreilles cela sonnait faux. Les Chocobos la ramenèrent à la réalité et elle s'inclina de nouveau, avant de monter sur la selle et rejoindre son bataillon. Ils avaient une longue route à faire espérait ne pas arriver trop tard à la Sororité et qu'elles étaient parvenues à s'en sortir grâce à des Sœurs venues plus tôt. Si son cœur le souhaitait, sa tête lui disait tout le contraire…
Ils étaient partis au milieu de la nuit, profitant de l'obscurité pour passer à travers les territoires conquis par la Shinra. Elle s'attendait à devoir libérer des villages sur sa route, pris en tenaille soit par la Shinra, soit par des bandits de grands chemins. Libérer des zones occupées par des légions ou des intendances d'une cinquantaine de personnes était d'une grande facilité. La reconnaissance venait avec ou non. Les habitants les plus touchés comme le village de Suzaku, par exemple, quand vint l'aube, la légion de Karen libéra le village, mais n'avaient reçu aucun remerciement, ni aucune provision pour les épreuves à venir. Plutôt des cris et des hurlements d'une colère ou d'une lassitude commune. Le Wutai dépensait énormément d'argent dans sa campagne et les villages les plus reculés de la capitale, souffraient d'un appauvrissement conséquent. Les récoltes étaient en plus mauvaise, et elles partaient dans les garnisons armées pour nourrir les soldats. Les plus démunis mourraient de famine et les, herboristes, guérisseurs, guérisseuses, chaman et autres étaient réquisitionnés pour participer à l'effort de guerre. Si bien que les temples et les pagodes étaient vidées de leurs occupants, laissant les villages sans aucune protection. Les autorités locales n'étaient pas aussi entraînées que les armées, venant des dojos de leurs villages. Il s'agissait la plupart de maîtres d'arme ou bien des enfants des chefs de villages, qui étaient chargés de la sécurité. Cependant avec la guerre, ils avaient été eux aussi engagés à la protection nationale. En conséquence, le désordre s'installait là où il le pouvait… les hommes luttaient pour leurs survies, saisis par la terreur et la crainte. Les villages étaient mis à sac, et les temples étaient pillés pour instaurer une nouvelle loi. Les objets de culte détruits ou volés comme butin de guerre, devenaient des reliques d'un passé glorieux.
Quelques villages encore enhardi par une fierté patriotique poussaient les envahisseurs hors de leurs territoires à coup de fourche et de râteau. Cela s'avérait efficace, car, passé un autre patelin, aux portes brûlait un petit monticule de cadavres avec les insignes de la Shinra. Les habitants avaient offert de maigres sacs pour l'espoir du Wutai. Les femmes donnaient aux hommes des fleurs, en guise d'adieux.
La guerre changeait les hommes, les croyances et l'équilibre. La folie et le mépris s'était installé. Le respect mourrait, comme une fleur séchée, laissée à l'abandon. Sur les routes, ils durent faire justice contre ceux qui tuaient les blessés, volaient ou commettaient des actes de cannibalisme. Des gibets étaient dressés sur des palissades en ruine, comme si d'avertissement. Des actes de justices ou bien des règlements de compte ? La raison devenait brumeuse, obscurcie par les ombres de la peur et du désespoir. Sur les nombreux chemins, ces vues tableaux macabres étaient dressés, à l'instar des fantômes qui accompagnaient les voyageurs. Simplement leurs vues étaient insupportables. Des meurtres fomentés par qui ? La Shinra ? Des bandits ? Combattre des malfrats était si simple… une armée et un gouvernement… relevait parfois de l'impossible…
Ce long voyage jusqu'à l'aube, n'était que la moitié du chemin. Les hommes et les bêtes devaient être en pleine forme pour l'affrontement à venir.
Elle connaissait bien cette région. Autrefois luxuriante et pleine de vie, maintenant morne et abandonnée. C'était devenu un No Man's Land, où la terre remuée, retournée ou éventrée par les bombardements et les nombreux cimetières improvisées faisait désormais parti du paysage. Une triste vue qu'elle n'avait jamais connu avant la guerre. Où était donc les chants des femmes pêchant aux abords du ruisseau d'émeraude ? Où était les bateaux et les pirogues que les hommes maîtrisaient embarquant avec eux des marchandises à vendre au village le plus proche ? Où était le soleil éclatant du printemps, que les amants observaient sous un carambolier ?
Qu'était devenu les arbres des fêtes de saison ? Où était passé le Wutai d'hier ?
Comment en étaient-ils arrivés là… sous prétexte de ne pas vouloir devenir les vassaux de la Shinra, tout ce qu'ils connaissaient avaient disparus. Le Wutai avait toujours été indépendant, un royaume autonome, craint dans l'histoire pour leurs défenses dites impénétrables. Même sous l'Empereur Godeffroy le Conquérant, le Wutai avait connu une grande puissance que l'Empereur n'avait osé affronté. Il s'était contenté d'envahir le grand Royaume du Nordor, pour satisfaire sa soif de pouvoir. Désormais c'était l'engeance d'un Empereur impitoyable qui, dans un excès de barbarie et de démence, s'en prenait à leur patrie mère.
Retourneraient-ils à la normal un jour ? Gagneraient-ils cette guerre ? Aussi longtemps qu'elle, Karen la Flamme du Wutai vivrait, elle protègerait le Wutai, sa beauté et sa sagesse.
Les machines de guerre avaient détruit ce qui était autrefois la Prairie des milles orchidées. Les jeunes gens s'y regroupaient pour ramasser et entretenir les orchidées qui poussaient et fleurissaient au sol. Maintenant, il n'y avait plus rien. Les traces des larges roues se dirigeaient dans leur direction. La terre était encore humide, leurs passages n'étaient pas très vieux. Les hommes étaient accablés de voir leurs beaux paysages ainsi, dévastés par l'envahisseur. Certains avaient connu des printemps ici, d'autres des hivers. Le pire était cependant à venir, ils devaient passer par un grand terrain boisé.
Les forêts alentours formaient d'excellentes cachettes aux soldats ennemis, entraînés pour tendre des embuscades. L'escouade la plus connue dans cette stratégie, était le commando Iris. Une petite troupe d'une cinquantaine de SOLDAT de Troisième Classe, choisi avec soin pour des qualités de sniper hors pair. Il suffisait d'attendre le passage des Wutaiens dans les hautes herbes et tirer à vue en visant la tête. Les fusils étaient équipés de silencieux. Malgré la réduction du bout portant et de la distance, les tireurs avaient pour cible les défenseurs, lourdement plus armés, capable de tenir des points cruciaux plus longtemps. Cette tuerie créerait une panique dans les rangs et permettrait à la deuxième partie en arrière-ligne, armée de lance et d'hallebarde, d'empaler les fugitifs. Cette technique aurait déjà été utilisée lors d'une traversée ardue dans les hauts feuillages. C'était le Commando du Tigre Blanc qui avait perdu deux cents hommes. Les Wutaiens l'avaient nommé le Désastre des Champs de Roseaux.
Karen envoya alors des éclaireurs faire le tour du périmètre. Le soleil ne montait pas très haut encore dans le ciel. Pendant cette petite pause, la jeune femme écrivit un rapport, détaillant tout ce qui avait été fait jusqu'ici. Si elle calculait bien, son bataillon atteindrait la Sororité au prochain levé du jour. Elle prit le temps de lire les autres comptes rendus faits dernièrement. Une escouade menée par un Général de la Shinra maintiendrait une position dans les montagnes à l'extrême Nord du Wutai. Personne ne l'avait encore jamais vu. Enfin… il allait sans dire que c'était l'homme le plus puissant de la Shinra et qu'il arborait un sabre aussi long que son corps. Qui armerait un ennemi contre son propre peuple ? Le commando Bloodsoul serait en difficulté dans les Steppes au centre du pays, et quelques petites troupes dispersées par-ci, par-là grattait le terrain. Les armées du Commando de la Tortue Noire et du Commando du Dragon Azur, contrôlaient les fleuves Mékong et le Zuang Ang à la frontière de la Capitale du Wutai. Ils dénonçaient très peu de perte. Le Tigre Blanc s'était réfugié dans la garnison Akatoki.
L'empereur Godo Kisaragi recevait encore les émissaires de la Shinra, l'incitant à capituler. Ce que refusait toujours le souverain.
Elle espérait que du côté de Hijikata, tout se passerait bien. A l'origine, ils avaient été déployés dans la région de Mahamayuri pour y défendre sa forteresse. Là se trouvait un point crucial : c'était là qu'était produite toutes les armes destinées à la guerre. Si la Shinra tombait dessus, ce serait une perte fatale pour le Wutai entier.
Une voix la héla et elle rangea ses papiers avant d'écouter ce que le fantassin avait à dire :
-Les forces ennemies gardent la région. Ils ont placé les barbelés de partout pour empêcher quiconque de passer. Y aller en pleine nuit serait difficile mais possible si on attaque par le Nord, à savoir une attaque par le fleuve.
Karen analysa la situation et alla visiter les archers et arbalétriers. Ils fabriquaient leurs carreaux et flèches. Quand ils virent la Capitaine approcher, ils se levèrent au garde à vous.
-Repos. Quels sont nos réserves en huile et en combustible ?
-Huit barillets par charrette. Pour le combustible, il y a les champs détruits qui peuvent faire l'affaire.
-Prenez des hommes avec et préparez une vingtaine de boules combustibles. Tout devra être prêt pour la nuit tombée. Arbalétriers, tirez sur les espions dans un périmètre de 100 mètres. Ce soir sera une nuit de feu et de sang.
