Chapitre 18 : côte à côte
Attention, chapitre rating M.
Réponse à Guest Nicole : Merci pour votre retour, ça me fait très plaisir. J'espère que l'histoire continuera à vous plaire. À bientôt et bonne lecture.
Le nouvel emploi de Regina lui permettait de rester dans le quartier et de profiter davantage de son fils et de la blonde, tous les soirs de la semaine. Une douce routine s'était mise en place. Henri semblait plus heureux, ne se lassant pas de passer du temps en famille, tandis qu'Emma ne touchait plus aux alcools forts, mais acceptait un verre de vin, le soir, pour se détendre, de temps à autre. Les deux femmes coexistaient et se rapprochaient toujours plus, sans pour autant être parvenues à se livrer davantage. Henri était devenu plus bavard, et babillait à tous les repas, dès qu'ils étaient ensemble. Il avait même intégré l'équipe de foot de son école, au plus grand bonheur de sa mère. Emma sortait avec lui pour faire quelques passes dans le parc tout proche du loft, le soir ou le week-end. Cette dernière écourtait ses journées, afin de rentrer chez elle et profiter de cette famille qui lui avait ouvert ses bras. Elle avait mis de côté le dossier Storybrook, mais cela lui trottait dans la tête. Elle désirait appeler Aladin, mais se retenait devant sa compagne, afin de ne pas l'inquiéter. Elle voulait aussi être tranquille et réfléchir à ce dossier posément, sans quelqu'un à ses côtés, susceptible de l'interrompre dans ses circonvolutions.
Le jeudi soir, alors que Regina rentrait d'un ménage, elle eut l'agréable surprise de trouver la table dressée, une bonne odeur émanant du four. Son fils faisait ses devoirs sur l'autre bout de la table, pendant qu'Emma vérifiait la cuisson de son plat. Cette scène réchauffa son cœur, et sans réfléchir, elle vint se blottir dans le giron de la blonde, en réclamant un baiser. Cette dernière ne se fit pas prier, et la prit dans ses bras.
- Bonsoir, le dîner est prêt. Au menu de ce soir, gratin de pâtes et jambon.
- Dis-moi, ne serais-tu pas perdue sans ton fameux jambon ?
- Peut-être, mais tu en as ramené hier, et il est trop bon !
- Très bien, je me change, et j'arrive.
La femme d'affaires lui sourit et servit tout le monde, avant d'appeler la petite famille. Une fois le repas englouti, une partie de petits chevaux enflammée commença, et se termina une heure plus tard, lorsque le bambin faillit tomber tête la première sur le plateau de jeu.
- J'en connais un qui va aller piquer un roupillon, avant de se blesser…
- Même pas vrai, c'est la table qui s'est vicieusement rapprochée de moi !
- Mais bien sûr, et la souris, elle met le chocolat dans le papier d'alu…
Henri éclata de rire, avant de partir se mettre en pyjama et se brosser les dents. Regina se tourna vers sa partenaire, et lui caressa le bras.
- Il t'adore. J'ai l'impression qu'il m'a oubliée…
- Du tout, mais je suis tellement cool.
- Et les mollets, ça va ?
- Impeccable !
Emma rigola de sa boutade et se précipita sur la brune, afin de l'embrassa goulûment, lui provoquant des spasmes de rire. Tous les soirs de la semaine ressemblaient maintenant à ce tableau. Emma était heureuse, sa compagne s'était adoucie et ne la rejetait plus brutalement. Leur lien s'en trouva renforcé, et apaisé. Néanmoins, la brune devint soucieuse. Elle se sentait épiée, et ne parvenait pas à en définir le point d'origine. Elle préféra passer sous silence ce fait, pour l'instant, avant d'alarmer inutilement sa compagne.
Au milieu d'un dîner familial, Emma proposa une sortie à la mère de famille.
- J'aimerais t'inviter au restaurant, si tu le veux bien.
- Au restaurant ? Oui, avec plaisir. Et Henri ?
- J'ai un ami qui se fera un plaisir de le garder pour une soirée. Il adore les jeux vidéos.
Emma fit un clin d'œil au bambin, qui en lâcha sa fourchette, très intéressé par la proposition de soirée loin de sa mère, avec un adulte ayant la même passion que lui.
- C'est vrai, je pourrais jouer toute la soirée ?
- Oui.
- Sûrement pas toute la soirée ! Tu dois dîner et…
- M'amuser ! Ouais, trop cool ! Merci Emma !
- De rien, gamin !
Devant les yeux de merlan frit qui s'étalaient sur leurs visage, Regina dût s'avouer vaincue. Elle soupira et accepta l'offre de sa comparse.
- Très bien, miss Swan, mais si Henri est malade, suite à sa gloutonnerie, c'est toi qui t'en chargera !
- Chef, oui, chef !
Et Emma et l'enfant se tapèrent dans les mains, scellant par la même occasion leur accord.
Le samedi soir suivant, Emma appela un taxi, afin d'emmener sa belle brune dans un restaurant du centre-ville. Elles papotèrent un peu, et Regina se mit à avoir des étoiles dans les yeux, devant la façade de l'enseigne.
- Un restaurant gastronomique ? Vraiment ? Tu sais que je mange aussi des pâtes, n'est-ce pas ?
- Tourne-toi.
Regina souleva un sourcil et pivota, tombant sur une échoppe intimiste.
- Cuisine méditerranéenne et italienne. Tout ce que tu aimes !
- Tu es un ange, merci.
- C'est normal.
Emma lui ouvrit la porte et la salle apparut. Étroite, avec une demi-douzaine de tables, elle inspirait la chaleur du Sud et la gourmandise. Regina parcourut la décoration, aux tons chauds, et suivit le serveur, qui les mena jusqu'à leur table. Elle était située dans le fond de la pièce, leur laissant une belle intimité. Emma lui prit la main, une fois installées, et contempla sa compagne. Regina rougit légèrement sous ce regard à la fois tendre et désireux.
- Que me conseilles-tu, dans le menu ?
- Les plats de poissons sont divins, mais si tu veux manger végétariens, je te conseille plutôt leur gratin.
- Les deux ont l'air très tentant.
- Alors, que dirais-tu si nous commandions chacune un de ces plats, et que nous les partagions ?
- Excellente idée.
- Une bouteille d'eau gazeuse, pour accompagner ce repas ?
- Et un verre de vin chacune, si cela te convient. Je sais que tu te restreins depuis que nous avons emménagé au loft, et le sevrage sera difficile, si tu arrêtes l'alcool d'un coup.
Emma se redressa, peu certaine de sa répartie, et se contenta de baisser le regard, de peur de commettre un impair. Regina comprit immédiatement le malaise de la blonde, et lui pressa les doigts, pour qu'elle redresse la tête.
- Emma, je ne voulais pas appuyer sur un point sensible, c'était une simple remarque, pleine de bon sens. Je ne voulais pas te blesser.
- Je sais, mais ce n'est pas toujours aisé de parler d'une addiction. Même si je trouve que je m'en tire pas si mal que cela.
- En effet, tu m'impressionnes. Tu es passée d'une bouteille de whisky à un verre de vin en quelques mois.
- Parce que ta présence me donne envie d'être meilleure. C'est très cliché, mais…
- Il faut que tu veuilles t'en sortir par toi-même. Tu ne peux pas faire reposer une telle responsabilité sur mes épaules uniquement.
- Pardon, oui, je vais essayer. Par moi-même.
Emma eut l'air un peu dépitée, mais elle se reprit rapidement, afin de ne pas montrer sa faiblesse. Elle héla le serveur, et commanda leur repas. Une fois fait, elle s'enquit du programme du lendemain.
- On sort au parc demain ? Ils ont prévu un beau soleil.
- J'aimerais surtout profiter de ma matinée, au lit, à lézarder.
La blonde souleva un sourcil, dans l'expectative.
- Tu veux te reposer ? Je peux faire la cuisine, dans ce cas.
- Ce n'est pas exactement ce que j'avais à l'esprit…
- Oh. Alors, nous allons prendre un dessert chacune, il nous faut des forces !
Regina éclata de rire, opinant du chef. Le repas fut détendu, et beaucoup de sous-entendus furent échangés. Elles se libéraient enfin de leur carcan, et exploraient leur relation toujours jeune et fragile. Alors qu'elles dégustaient un tiramisu, essayant de chiper une part à l'autre, le serveur déposa deux verres de digestif sur leur table.
- Mesdames, de la part de ces messieurs, à la première table.
Elles se figèrent, l'instant magique rompu par ces nigauds. Emma regardait bizarrement les boissons, sentant son contrôle diminuer. Puis elle redressa le regard, et fixa les prunelles chocolat, implorant son aide. Regina comprit aussitôt le problème et rappela le serveur, qui était déjà reparti.
- S'il vous plaît !
- Oui, madame ?
- Pourriez-vous reprendre cette commande, et dire à ces hommes que nous ne sommes pas intéressées. Merci beaucoup.
- Bien sûr. Tout de suite.
Elle vit le serveur exécuter ses ordres, et la table de ces messieurs leur jeter des coups d'œil courroucés. La blonde soupira alors.
- Merci. Un verre de gin, et me voilà en train de baver devant. Je suis nulle, pardonne-moi.
- Tu n'as pas à t'en vouloir, tout se déroulait à merveille jusqu'à ce qu'ils s'en mêlent.
- Oui, mais…
- Pas de mais. Nous sommes bien, là, à profiter l'une de l'autre. Oublie-les. Ne fixe ton attention que sur moi.
- Ça devrait être dans mes cordes, à priori.
Elles se sourirent, complices. Regina souhaitait tant s'ouvrir à elle, être réconfortée et choyée par cette femme, qui la regardait amoureusement. Elle redressa alors la tête un peu vivement. Elle pensait « amoureusement » ? Leur relation débutait, et déjà la blonde semblait s'être amourachée d'elle. Ses démons refirent surface, et elle tenta de les maîtriser. Si Emma avait demandé de l'aide pour les verres, elle pouvait en faire de même pour son insécurité constante.
- Emma ? Sais-tu que tu me regardes intensément ?
- Oui, en effet.
- On dirait que tu as des sentiments très forts pour ma personne.
- Je ne peux le nier.
- Alors, je préfère te prévenir, que ça me fait un peu peur.
- Je préfère te prévenir également : je ne vais pas m'arrêter, mais je te tiendrai la main, afin de toujours te rassurer et te montrer que je ne trahirai pas. Je serai là, quoi qu'il arrive.
La femme d'affaires se pencha sur leur table et caressa la joue de la brune avec la sienne. C'était étrangement intime et sexualisé. Regina en trembla de tout son corps, peu habituée à ce genre de caresse, sans aucune concession. La blonde reprit sa place, et laissa sa comparse se remettre de cet échange peu orthodoxe.
- Emma, et si on rentrait ?
- C'est toi qui propose ça ? Tu veux mettre un terme à notre soirée ?
- J'ai envie de me retrouver dans tes bras.
- Que dirais-tu d'une petite balade, et de te câliner sur un banc, loin des gens ?
- Que c'est une merveilleuse idée. Quittons ce restaurant, je suis repue, de toute façon.
- Il en sera fait selon vos désirs, madame.
Regina ne pouvait rester insensible aux mots et gestes déployés par sa compagne, pour la mettre à l'aise. Aussi, alors qu'Emma payait l'addition, elle déposa un rapide baiser sur sa joue.
- Merci pour cette délicieuse soirée.
- Avec plaisir.
Elles partirent, ravies de pouvoir se coller, telles des adolescentes énamourées. Après une quinzaine de minutes de marche, elles s'assirent sur un banc, sous un kiosque, à l'abri des regards. Emma posa sa main sur la cuisse de Regina, qui ne bougea pas.
- Dis-moi si tu veux que je ne t'embrasse pas en public, ou…
Sa phrase mourut dans sa bouche, alors que la brune s'en emparait. Les deux femmes perdirent toute notion de pudeur, et Regina se retrouva presque sur Emma, l'embrassant sans fin. Elle rompit le baiser et rit, telle une enfant.
- Tu me fais vivre des sensations que j'avais oublié. C'est…
- Bon ?
- Merveilleux. Je me sens vivante. Pour la première fois depuis bien longtemps. Je te dois beaucoup.
- J'en ai autant à ton encontre.
Elles étaient blotties l'une contre l'autre, dans un silence agréable et songeur.
- Regina ?
- Hum ?
- J'ai envie de toi.
- C'est plutôt direct. Je dois t'avouer quelque chose. Moi aussi.
- Alors on rentre.
- Je…
- Qu'y a-t-il ? C'est trop brusque ? Pardon ! Je ne voulais pas…
- Non, ce n'est pas ça. Mais, tu crois que ton ami serait d'accord pour garder Henri un peu plus longtemps ? Je veux profiter pleinement de nous, dans un endroit qui ne nous est pas attaché, et où personne ne pourra nous surprendre.
- Si je comprends bien, tu suggères un hôtel ?
- Oui.
- Tu es une femme étonnante. Et toujours pleine de surprises. Je vais passer un coup de fil.
- Merci. Mais tu n'es pas obligée d'accepter tous mes caprices…
- Crois-moi, celui-ci est plus que partagé !
Emma s'éloigna un peu, et revint une minute plus tard, un large sourire aux lèvres.
- C'est tout bon ! Je les ai dérangé, qui plus est… En pleine partie !
- Mon dieu, il va être intenable…
- Un célèbre coup d'œil de Regina et il rentrera dans le droit chemin.
- Idiote.
- Tout à fait. Mais ton idiote.
- Mon idiote.
Elles hélèrent un taxi et prirent la direction d'un hôtel cossu et douillet. Le trajet fut rapide, alors que leurs mains se baladaient sur leurs corps.
- J'espère que la chambre est proche.
- Moi aussi.
Elles prirent une clé, et se précipitèrent à l'étage, main dans la main, et restèrent quelques secondes devant la porte.
- Tu es sûre, Regina ?
- Oui. Ouvre la porte, maintenant.
Seul un sourire fugace lui répondit, avant de l'entraîner dans une pièce coquette, avec un grand lit en son centre. Regina contempla la pièce chaleureuse, puis son regard dériva sur Emma, qui accueillit son appréciation avec bonheur.
- Le cadre te plaît ?
- J'adore. Ça nous ressemble, tu ne crois pas ?
- C'est ce que je me suis dit également. Mais…
- Mais ?
- Ta robe est de trop, pour ne rien te cacher.
- Que dire de la tienne ?
- Même punition, je pense.
La blonde se réfugia dans ses bras, la parsemant de baisers, là où elle avait accès à la peau mate. Elle en profita pour descendre la fermeture éclair de la robe qui lui tenait tête, et caressa les épaules, afin de la faire tomber aux chevilles de sa compagne.
- Tu es magnifique.
- Merci.
Emma la poussa lentement vers le bord du lit, mais Regina réussit à défaire sa robe, avant d'atteindre leur destination. Elle sourit de toutes ses dents, se laissant enfin complètement aller. Elle traça le contour de sa mâchoire avec son index, finissant par le poser sur ses lèvres.
- Miss Swan, vous parlez beaucoup trop…
- Alors, je vais me taire, et laisser parler mes mains, mes lèvres et mon corps.
En prononçant ces paroles, la femme d'affaires accompagnait chaque mot par de tendres attentions, qui firent chavirer la mère de famille. Cette dernière s'allongea, laissant Emma prendre les commandes. Elle se souvenait néanmoins, qu'elle avait laissé sa compagne frustrée, lors de leur première nuit d'ébats. Alors elle stoppa la blonde, qui était déjà partie à l'assaut de son soutien-gorge, échoué quelque part dans la chambre, maintenant. Elle la fit se retourner, et prit soin de son corps durant de longues minutes, afin de la détendre et de pouvoir aller plus loin. Emma savoura chaque geste, et commença à frémir, lorsque le corps de la brune se mouva contre le sien, de façon autonome. Les deux femmes ressentaient un tel besoin de tendresse et d'intimité, que l'attente pour se toucher enfin devenait insoutenable. Emma se débarrassa elle-même de ses sous-vêtements, ne voulant que ressentir ce corps chaud et doux. Chaque mouvement entraînait un gémissement étouffé, et Regina n'y tint plus, elle posa sa main sur l'entre-jambe de la blonde, qui bougeait son bassin, attendant davantage que ce simple geste. Regina laissa ses doigts parcourir les lèvres humides, ne se lassant pas de voir son amante se tortiller sous ses touchers. Elle la pénétra avec une lenteur calculée d'un doigt, et l'explora plus en profondeur. Emma ne tenait plus sa frustration.
- Regina, plus, s'il te plaît. C'est de la torture, ce que tu me fais.
- Je voulais t'entendre le dire.
Et sans la faire languir davantage, elle lui donna ce qu'elle désirait tant. Deux doigts plongèrent en elle, tandis que des baisers appuyés, dans son cou, la firent perdre pied. Elle enserra le corps mat entre ses jambes, laissant un accès plus facile encore à sa partenaire. Elle lui griffa le dos, sans vraiment y prêter attention, perdue dans ses sensations exquises. Il ne fallut pas longtemps pour que son corps se cabre, et qu'elle jouisse enfin, la libérant de semaines de doutes et d'inconfort. Elle revint progressivement à la réalité, Regina se faisant un devoir de la caresser et la câliner, afin qu'elle se remette de cette décharge d'endorphines.
- Regina, tu m'as fait planer ! Inutile d'aller faire du sport cette semaine !
- Idiote !
- Pardon, mon humour est parfois en roue libre. Je crois que j'en avais vraiment besoin. Au-delà de l'acte physique…
- Tu es rassurée ?
- Oui. Je le serai encore plus, lorsque j'aurais pu te rendre la pareille.
- Miss Swan, j'attends votre contre-attaque.
- Tout de suite, madame !
Emma voulut la faire basculer, mais Regina ne s'en laissa pas compter. Elle resta immobile, tel un poids mort, sur son corps, un sourire narquois aux lèvres. Emma souffla, mais ne perdit pas le Nord pour autant.
- Si c'est ainsi que tu le prends, tu ne me laisses guère le choix.
D'un mouvement fluide, elle glissa sous le corps mat, et s'arrêta la tête entre les jambes de sa partenaire. Elle sourit de son entourloupe, et embrassa délicatement le sexe de la brune. Cette dernière ne s'était absolument pas attendue à cette manœuvre, et gardait ses abdominaux en action, pour ne pas écraser le visage de sa partenaire, qui commençait déjà à s'affairer avec sa langue. Dans cette position, elle n'allait pas tenir deux minutes. C'était vraiment de la mesquinerie, mais elle ne voulait pas laisser l'avantage à la blonde. Aussi subit-elle son supplice en serrant la mâchoire, alors que son corps était déjà traversé de soubresauts. Emma n'eut que quelques caresses à faire, avant de sentir que la mère de famille ne tiendrait plus très longtemps. Elle en profita pour la pénétrer, tout en léchant consciencieusement son clitoris. Regina poussa un long gémissement une trentaine de secondes plus tard, s'effondrant sur Emma, qui la fit rouler, afin de la prendre dans ses bras.
- J'ai été trop brusque ?
- Oh non, mais je crois que tu as compris que cette position était un vrai point faible, pour ma part.
- J'ai cru entendre, oui.
Emma se moqua gentiment d'elle, mais elle ne l'avait pas lâché une seconde. La nuit fut longue et courte à la fois. Entre câlins charnels et indolents moments de repos, toujours enserrées dans les bras l'une de l'autre.
Le matin, elle prirent une douche rapide et revinrent chez elles, afin de ramener des croissants aux deux hommes qui les attendaient. Le plus petit leur sauta dans les bras, tandis que le plus grand buvait déjà une tasse de café. Ce dernier se tourna légèrement vers la blonde et lui fit un clin d'œil. Cette dernière leva les yeux au ciel, comprenant le sous-entendu grivois.
- Tout s'est bien passé ?
- Impeccable. On a joué jusqu'à trois heures du matin, à des jeux de tirs ultra-violents. Puis je lui ai fait goûter une bière, pour qu'il devienne un homme, car ça manque de testostérone dans les parages…
- Pardon ?!
- Regina, calme-toi, il plaisante. Il est parfois lourd.
- Ton ami a un sens de l'humour que je commence à reconnaître… Vous êtes de vrais amis, ça crève les yeux…
- Ouais, je sais. Mais je reste moins atteinte que lui !
- T'es pas gentille, Emma !
- J'en ai autant à ton encontre, Aladin…
- Pourquoi un tel nom, d'ailleurs ?
- Parce que je suis un génie informatique, et que je peux m'introduire partout !
- Mais tais-toi donc… Il est doué, mais il n'est pas méchant. Tiens, mange un croissant, ça ira mieux.
Et la blonde lui enfourna presque de force la viennoiserie dans la bouche, pour le faire taire.
- Merci de t'être déplacé et de nous avoir rendu ce service. Je sais que tu es toujours entre deux avions…
- De rien, tant que je peux aider. Et puis, le petit est super. Il est très bien élevé. Par contre, il supporte mal la bière…
- Mais c'est pas vrai !
Les deux compères partirent dans une bataille de chatouilles, devant le regard complice de la mère et de son fils. Si Regina n'avait pas été très rassurée au début, en laissant son enfant à un étranger, Emma avait su la convaincre sans peine. Et maintenant, lorsqu'elle les voyait interagir ainsi ensemble, elle comprenait pourquoi la blonde n'avait pas hésité. Aladin se retira après le petit-déjeuner, murmurant quelques mots à l'oreille d'Emma, qui lui firent hocher la tête. Puis Henri posa des questions sur leur soirée, tout en racontant la sienne. Elles passèrent sous silence leur nuit passionnée, mais ne boudèrent pas leur plaisir, en lui décrivant leur soirée au restaurant et les plats dégustés. Quant à Henri, il resta plusieurs minutes à leur argumenter tout le bien qu'il pensait de son nouvel ami. Emma partit faire quelques courses pour la fin du week-end, à l'épicerie du quartier, tandis que le gamin babillait encore.
- Tu sais, maman, j'ai vu un truc rigolo.
- Quoi donc mon chéri ?
- Aladin aussi, il connaît Storybrook !
- Pardon ?
- Bah oui, il travaillait sur son ordinateur, hier soir, quand je me suis relevé pour boire un verre d'eau. Et j'ai vu qu'il avait tout un dossier dessus. Il a baissé son écran lorsqu'il m'a vu, mais je suis certain que c'était bien le nom de la ville où on est tous partis en week-end !
Regina pâlit légèrement, trouvant la coïncidence trop grosse pour être probable. Que savait Emma en réalité de ses problèmes ? Pourquoi tant de secrets autour de cette bourgade ? Les questions commençaient à fuser dans son esprit, mais elle se rattrapa aux branches. Emma avait probablement demandé de l'aide à son génie d'ami, dans le cadre de son boulot. Ça devait être l'explication. Parce que les autres ne lui convenaient guère… Elle attendit le retour de sa compagne, afin de lui demander de vive voix.
Emma revint, et déposa ses courses au réfrigérateur. Elle fut questionnée par la brune, et répondit qu'en effet, Aladin l'aidait pour ses recherches, car il était doué en cartographie et elle lui avait demandé de projeter son futur projet sur une carte, afin de vérifier sa faisabilité. Emma savait très bien mentir, dès lors que le travail était en jeu. De plus, elle voulait mettre la belle brune et son fils à l'abri, si jamais la situation s'envenimait. Regina décida de la croire, mais resta un peu distante durant le reste de la journée, au grand dam de la blonde. La soirée fut néanmoins agréable, et Henri s'endormit entre les deux femmes, qui restèrent là, à se regarder tendrement.
- Tu viens dormir avec moi ?
- Oui, bien sûr Emma. Je le couche et j'arrive.
La blonde souleva l'enfant et le déposa dans son lit, avant que la mère de famille ne s'en occupe. Puis elles se retrouvèrent au lit, mains jointes, dans un silence amoureux.
- Ce week-end a été merveilleux. Merci d'avoir accepté de le vivre avec moi, Regina.
- Tu sais, cela faisait bien longtemps que j'étais sortie ainsi et amusée de la sorte. J'ai été même irresponsable de te proposer cette nuit à l'hôtel, mais je ne parviens pas à m'en vouloir. Henri a pu parler à quelqu'un d'autre qu'à nous, et il a adoré sa soirée. C'était parfait.
- Je ferai toujours en sorte que ça le soit. Tu le mérites.
- Merci.
Elles se turent, et s'abandonnèrent au sommeil. Leur nuit fut paisible, et douce. Le lendemain, elles reprirent leur routine, Regina partant pour la boucherie, et Emma pour son bureau. Aucune des deux femmes ne comprit alors cette sensation commune d'être épiées. Et pourtant, un regard vif et acéré se porta sur elles, et sur le bambin, qui continuait de babiller, tout heureux de vivre là, entouré d'amour.
