Bonjour à tous et à tous!

Un grand merci à tous ceux d'entre vous qui m'ont rajoutée en favori et en alerte! Ça me réchauffe le coeur! =)

Je tenais aussi à remercier Ninousse, Isabelle-Edward-SC, misscoco, mlca66, MariiePattz, Vanessa, Sara Haby, LuneBlanche, joannie28 et alice'n'tom pour leurs commentaires qui me motivent et m'aident à toujours à m'améliorer! ;)

Je peux déjà vous dire que le prologue, ce n'était rien comparé aux heures passées sur ce chapitre. Ça a été un travail de longue haleine et ça va durer comme ça jusqu'au chapitre final donc accrochez-vous bien! Moi, j'ai déjà sorti mes munitions pour tenir le coup! xD

Je ne sais toujours pas quand vous aurez le prochain chapitre (et les autres) mais je peux vous dire que je travaille activement dessus! :)

Bref, je vous laisse découvrir ce tout premier et chouette chapitre... avec notre chère Bella! ;)

Bonne lecture, et à tout bientôt!

ValouPili


Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7!
Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!


HOLLYWOOD: PREMIER CONTACT

Trois ans plus tard
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Point de vue de Bella
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Super. Plus de choses à emballer.

"Hé William. Peux-tu s'il te plaît venir ici et terminer d'empaqueter ces vêtements?" Criai-je du bas des escaliers en priant pour que mon fils ramène ses fesses à vitesse grand V.

C'était le jour du déménagement et je voulais simplement quitter Chicago.

J'y avais beaucoup trop de mauvais souvenirs. Comment pouvais-je continuer à rester ici alors que toutes les scènes horribles de ces six dernières années se jouaient dans ma tête?

"Maman, allez. J'en ai marre de m'occuper de ces cartons." Gémit mon fils de cinq ans à la porte de sa chambre.

"Il nous reste encore quelques petits choses à régler et puis nous partons d'ici."

Je parlai d'une voix faussement enthousiaste pour tenter de le motiver mais le coup manqua.

"Je veux rester avec papa. Je ne veux pas aller à Los Angeles." Bouda-t-il.

Je m'accroupis près de lui et mis mes yeux à hauteur des siens. "Hé, regarde-moi." Dis-je doucement. "Nous allons vivre en Californie et nous allons en profiter. C'est tellement mieux que Chicago. Il fait tout le temps chaud et ils ont un parc Disney. Nous allons énormément nous amuser. Je te le promets."

"Pourquoi est-ce que papa ne peut pas venir avec nous?" Demanda-t-il en pleurant.

Parce que ton père me fout les jetons.

Non, je ne pouvais pas lui dire ça.

Jacob Black était mon ex-mari et le père de Will. A ses yeux, Jacob était le meilleur père du monde et il n'aurait jamais levé la main sur lui mais pour moi, c'était un cauchemar. Il m'engueulait pour la moindre petite chose et il était violent si la maison n'était pas nettoyée ou si je n'avais pas fait du poulet au dîner. Il m'injuriait principalement et il lui était arrivé une fois d'en venir aux mains mais j'en avais assez.

Will n'a jamais su les choses horribles que son père me disait parce que je ne voulais pas qu'il pense que son père était un homme mauvais. Will l'admirait et je devais admettre que Jacob était un bon père, mais un mauvais mari.

Je ne sais pas comment nous avons réussi à ce que William ne sache jamais rien du contenu de ces hurlements. Il savait uniquement que maman et papa se disputaient souvent. Il m'entendait parfois pleurer mais je ne lui en avais jamais donné la raison. Je lui avais simplement inventé quelque chose pour le calmer.

Je pensais qu'il y aurait une grande bataille pour la garde de Will mais Jacob n'a pas cherché la guerre. Il était on ne peut plus d'accord que j'aie la garde exclusive et qu'il n'ait qu'un droit de visite limité. Mais je constatai tout de même la tristesse dans son regard au moment de signer les papiers.

Jake et moi avions été mariés pendant six années avant que je n'en puisse plus. J'étais partie avec mon fils de deux ans dans les bras et j'étais restée chez Renee de l'autre côté de Chicago. Jacob était une sorte de grand PDG et il gagnait énormément d'argent mais je m'en foutais. J'avais juste besoin de partir avant qu'on ne me retrouve morte ou qu'il blesse Will. Nous étions séparés depuis trois ans et je m'étais finalement lancée: je lui avais signifié ma demande de divorce. Ce n'était pas comme si la situation allait s'arranger, et j'avais donc lâché la bombe.

Mon père était furieux et en tant qu'agent de police, il pensait pouvoir mettre quelque chose sur le dos de Jacob mais Jake régnait sur la moitié de Chicago et tenait la ville dans sa poche. Aucune charge n'avait été retenue contre lui et il n'a jamais été convoqué devant le juge malgré l'existence des nombreuses preuves d'abus à son encontre.

Le plus horrible dans toute cette histoire, c'est que Will m'en voulait de l'emmener loin de son père parce qu'il ne comprenait pas ce par quoi j'étais passée. Pour lui, son père était un dieu avec qui il sortait pour manger une glace et jouer au football, mais je n'étais pas dupe. De l'extérieur, Jake ressemblait à l'homme parfait et tous mes amis pensaient que j'étais folle de le quitter, mais je n'allais pas leur avouer la façon dont il m'avait traitée. De toute façon, ils ne me croiraient pas.

Will savait que son père et moi divorcions mais je ne pense pas qu'il sache ce que cela signifiait. Il savait simplement que son père et moi n'étions plus ensemble et que nous ne le serions plus jamais.

Au début, tout était merveilleux. Jake était le parfait gentleman, il m'emmenait à des rendez-vous galants et m'achetait des bijoux hors de prix mais au fur et à mesure des mois, quelque chose en lui s'est brisé. Je suis bêtement restée avec lui parce que je croyais qu'il m'aimait autant que je l'aimais. Je l'ai réellement aimé et même si je détestais l'avouer, j'avais toujours des sentiments profonds pour lui.

Nous partagions tellement de souvenirs ensemble et il était avec moi depuis que nous étions de petits enfants grandissant à Forks. C'était un homme bon mais je suppose que j'avais fait des choses qui l'avaient irrité. Et sa colère était vraiment devenue malsaine. Je jouais le rôle de la femme heureuse, comme prévu, mais je souffrais de l'intérieur. Je ne pouvais plus vivre comme ça, et j'étais partie.

Il affirmait être un autre homme, mais même s'il suivait une thérapie et prenait des cours pour contrôler sa colère, je n'en étais pas convaincue.

Je suis allée en thérapie après que Jake et moi nous sommes séparés et j'ai lâché tout ce que ce que j'avais retenu en moi. Je n'éprouvais pas de ressentiments envers Jacob comme cela aurait dû l'être mais peu m'importait. Il a fait ce qu'il a fait et c'était tout. On m'a conseillé d'aller de l'avant parce que je ne pouvais pas m'attarder sur la douleur par laquelle j'étais passée ou que je n'aurais pas pu reprendre le cours de ma vie. Après cette première année, j'ai tourné la page dans l'intérêt de Will. Il avait besoin de son père, c'est pourquoi j'avais accepté qu'il passe quelques weekends par an, mais uniquement si Jake se soignait lui aussi. Je savais qu'il ne ferait rien à son fils mais je ne voulais prendre aucun risque.

Jake m'aimait toujours et il profitait de chaque occasion pour me le dire. Il avait essayé de me récupérer à plusieurs reprises après mon déménagement mais j'ai toujours refusé ses avances. Je ne pouvais pas revenir en arrière vers cette pseudo-vie et même s'il avait changé, c'était toujours inenvisageable. Il m'avait même franchement dit que Bree, sa petite-copine actuelle, n'était qu'un élément de substitution. Il m'a dit qu'il ne pourrait jamais aimer quelqu'un d'autre de la façon dont il m'aimait, et je me suis presque sentie désolée pour lui. Mais ça, c'était avant que je ne me rappelle l'enfer que j'ai enduré.

"Ton père a beaucoup de travail ici à Chicago. De toute façon, il n'aimerait pas la Californie. Il n'aime pas la sable." J'ai ri et Will a esquissé un petit sourire.

Je l'ai attiré dans une étreinte et l'ai secoué jusqu'à ce que ses larmes se calment. "Tu te sens mieux?"

"Oui, ça va. Quand est-ce que je peux avoir un chien?" Demanda-t-il tout excité.

J'avais bêtement promis à Will qu'il aurait un chien lorsque nous serions en Californie pour essayer de lui redonner le moral. Je regrettais déjà ma décision.

"Tu devras attendre que nous soyons installés dans notre nouvelle maison. Nous devons d'abord emménager, puis nous verrons pour le chien."

"Ouaaai!" Répondit mon fils en sautant dans son ancienne chambre.

"Mais d'abord, tu dois terminer de mettre tes vêtements dans ta valise" Gloussai-je.

"D'accord maman. J'y vais, j'y vais."

"Bien mon ami, je serai en bas pour vérifier que tout est en ordre."

"Ok."

Je sortis de l'énorme chambre de Will dans le penthouse de Jacob et descendis les escaliers pour aller dans la cuisine en marbre que j'avais mis une année à concevoir.

"Tu as tout ce qu'il faut?" Questionna la voix profonde de Jacob qui sirotait son café appuyé contre le plan de travail.

"Hum… ouai. Tout a été expédié la semaine dernière et il ne nous reste que quelques bagages donc ça devrait aller." Acquiesçai-je étrangement.

Désormais, ma relation avec Jacob était inconfortable mais elle s'améliorait. Nous devions rester polis dans l'intérêt de Will et en réalité, nous étions aimables l'un envers l'autre. Depuis que nous n'étions plus mariés, la colère de Jake était loin de ce qu'elle avait été et peut-être était-ce grâce à la thérapie ou bien à Bree. Il semblait toutefois plus calme qu'avant, je n'avais donc plus peur de lui.

"J'ai… hum… viré un peu d'argent sur ton compte la semaine dernière donc vous aurez tous les deux un petit plus sur vous en Californie." Annonça-t-il en frottant sa nuque.

"J'ai annulé le compte. Je n'ai pas besoin de ton argent Jacob." Soupirai-je.

Heureusement pour moi, j'avais réussi à l'université et obtenu ma licence en relations publiques. C'est la raison pour laquelle nous nous rendions à Los Angeles. J'avais trouvé un nouvel emploi dans une entreprise qui gérait des clients très importants et j'avais été capable d'assurer ma situation avant que Will et moi ne partions. Ce n'était pas un emploi bien rémunéré parce qu'après tout, je n'étais qu'une assistante de direction idéalisée mais c'était mieux que rien. Je n'étais pas opposée au fait d'être entretenue mais je ne voulais simplement rien demander à Jake. Je pouvais y parvenir sans lui.

"Je voulais juste aider. Je me sens vraiment mal pour tout ce qui vous arrive à Will et toi. Vous ne méritez pas ça."

"Le passé est le passé Jacob. Je ne t'en veux pas."

Nous savions tous les deux à quoi je faisais allusion.

"Je ne sais pas ce qui cloche chez moi Bella. Je suis tellement désolée d'avoir levé la main sur toi. Je devrais croupir en prison pour certaines choses que je t'ai dites."

"Ouai, tu devrais mais à l'époque, tout le monde te mangeait dans la main." Gloussai-je bizarrement.

"Merci d'être restée discrète à ce sujet."

"Aucun problème."

J'étais une impitoyable garce quand cela avait un rapport avec le divorce. Je ne voulais pas de son argent mais il n'était pas question que Jake ait la garde de Will. Il était dans le business et il se faisait de l'argent grâce à son image sur le marché. Si certaines choses qu'il m'avait faites avaient été rendues publiques, tout son travail aurait été mis en péril.

C'est pour cette raison que j'ai obtenu la garde exclusive de Will. J'ai menacé Jake d'aller tout dire à la presse si je ne pouvais pas le garder. Je détestais éloigner mon fils loin de son père mais j'en mourrais si je ne pouvais réveiller Will chaque matin ou entendre son rire. Jake m'a donné tout ce que je désirais durant la procédure de divorce, et cela représentait peu mais j'étais choquée d'entendre ces mots sortir de sa bouche.

Will était mon monde désormais et il était hors de question que je l'abandonne.

Jake aurait Will quelques semaines durant les grandes vacances mais c'était tout. Peut-être pour quelques fêtes de Noël aussi mais je ne pouvais pas l'assurer.

"Papa, je peux prendre ça?" Demanda Will lorsqu'il entra dans la cuisine, un des ballons dédicacés de son père dans les mains.

"Bien sûr fiston. Laisse-moi l'empaqueter pour toi." Dit Jake tout sourire en le soulevant au-dessus de son épaule pour aller à l'arrière de la maison.

Je me promenai dans le penthouse que j'avais pris le temps de concevoir selon mes stipulations mais désormais, cette garce vivait ici. Elle était dans MA maison, celle que j'avais imaginée pour que MA famille y vive.

Certes, je ne vivais plus ici depuis trois ans, mais mon fils s'y rendait les weekends. Je refusais qu'il passe du temps avec Bree et j'avais toujours exigé qu'elle parte lorsque nous étions là et elle me détestait pour cette raison.

"Maman, regarde ce que papa m'a donné." Will sautillait sur place tout en me montrant le livre de football que Jake lui avait donné.

"Ouah. C'est super. Tu pourrais peut-être le livre dans l'avion."

"C'est trop cool". Dit-il, en admiration.

J'étais émerveillée par le fait que Will ressemble beaucoup à son père. Ils avaient tous les deux la même peau couleur caramel, des cheveux couleur ébène qui étaient indomptables; les mêmes yeux bruns qui étaient comme des fenêtres ouvertes sur leurs âmes et ils étaient tellement excités avec le football. Will était en fait très petit pour son âge mais il courait aussi vite qu'un guépard. Je ne crois pas avoir jamais vu un enfant de son âge courir ainsi. Il était très joyeux et appréciait tout ce qui avait un rapport avec les leçons, bien que sa capacité de concentration soit courte, il était donc facilement distrait. Il était capable d'aller à l'école plus tôt et il allait entrer en CP à seulement cinq ans et demi.

"C'est très gentil de ta part Jake." Dis-je alors que Will alla sur le divan pour examiner le livre.

"Je veux lui donner tout ce que je peux." Soupira-t-il fortement. "Je serais très heureux de prendre soin de vous deux Bella… si tu voulais bien."

"Je te l'ai dit Jacob. Nous allons bien. Nous n'avons pas besoin de ton aide mais merci pour ton offre."

Si je permettais à Jake de me payer tout dans la vie, cela lui donnerait simplement une autre raison de me contrôler ou d'avoir de l'emprise sur moi.

"Si tu penses que c'est ce qu'il y a de mieux, je ne me plains pas." Gloussa-t-il.

"Merci."

Je me tournai vers Will. "Tu es prêt mon bonhomme?"

"Ouai, j'ai hâte d'aller sur la plage et de jouer dans les vagues et d'aller à l'école et d'avoir un chien. Quel genre de chien on aura maman? Est-ce qu'il peut être grand avec beaucoup de pelage? Je parie que je pourrai le monter comme un cheval! Oh! Ça va être génial." Sautilla-t-il.

"Ok oui, calme-toi." Ris-je. "Assure-toi que tu as tous tes sacs et n'oublie rien."

"Je n'oublierai rien maman, je te le promets."

"Ok fiston, j'ai besoin que tu prennes soin de ta maman pour moi, d'accord? Tu peux le faire?" Demanda Jake en s'agenouillant pour lui dire au revoir.

Je les laissai seuls pour partager ce moment et rassemblai tous les bagages à la porte d'entrée. Trois minutes plus tard, Jake et Will me rejoignirent dans l'entrée en pleurant et mon cœur se déchira. Je détestais avoir à leur infliger ça mais c'était mieux pour tout le monde.

"Ok… je suppose que vous devez y aller." Dit Jake en s'éclaircissant la voix pour tenter de maîtriser ses émotions.

"Ouai…"

Jake attrapa certains de nos bagages et nous conduisit jusqu'à l'ascenseur, le hall et la porte d'entrée de cet immeuble si cher avant de nous aider à monter dans la voiture qui nous emmenait à l'aéroport.

"Je suis désolé que ça se finisse de cette manière Bella. Je ne voulais pas te blesser."

"Je sais Jake." Soupirai-je sans vraiment me soucier de ses excuses. "Donc, Will reviendra ici à Noël pour passer quelques jours avec toi, alors je suppose que je te verrai d'ici là, lorsque je l'amènerai."

"Ouai, et merci de me laisser le voir de temps en temps. Je sais que tu n'es pas obligée mais j'apprécie vraiment."

"Et bien, c'est ton fils Jake. Tu as le droit."

"Merci. Je t'aimerai toujours Bella, quoi qu'il arrive." Dit-il, sincère.

"Je sais Jake."

"Au revoir."

"Au revoir."

C'est là-dessus que Will et moi sommes partis à l'aéroport. Il me parla foot durant le temps du trajet et j'essayai de rester dans la conversation mais je n'y parvenais pas. Le football n'était pas mon point fort de toute manière et je ne connaissais que le nom des équipes que mon père suivait.

Cela m'attrista de penser que Will n'aurait aucun modèle masculin positif dans sa vie maintenant que nous nous déplacions quelque peu à travers le pays. C'était le mieux à faire pour mon fils sur le long terme.

Will et moi arrivâmes à l'aéroport en un temps record et nous avions trois bonnes heures d'attentes plus que suffisantes.

"Maman, à quoi ça ressemble la Californie?" Demanda mon fils lorsque nous nous assîmes sur les bancs de la salle d'attente de l'aéroport.

"Et bien, il y fait du soleil, et les vagues frappent très fort le rivage. Il y a des surfers et des skateurs et beaucoup de chouettes acteurs."

"Tu crois qu'il y aura une équipe de football où je pourrai m'inscrire? J'ai vraiment envie de jouer cette année. S'il te plaît maman." Supplia-t-il.

"Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas, tant que tu ne te blesses pas à nouveau."

Je ris en repensant à l'année dernière avant les épreuves de sélection, lorsque Will avait trébuché en bas des escaliers de la maison de mon père et qu'il s'était tordu la cheville.

Il a définitivement hérité de ma maladresse.

"J'ai vu cette photo dans le livre et tout le monde semblait bronzé comme papa et moi. Est-ce qu'ils ressemblent vraiment à ça en Californie?"

"Je suppose, beaucoup de gens sont bronzés, sauf ta bonne vieille maman." Gloussai-je.

Malheureusement, je n'avais rien de particulier comme les gens de Los Angeles. J'avais les cheveux bruns foncés qui tombaient le long de mon dos et des yeux couleur chocolat mais ma peau ne bronzait jamais, quel que soit le temps que je restais dehors au soleil. J'étais petite mais pas trop et j'avais des courbes en suffisance qui ont augmenté quand je suis tombée enceinte de Will. Mais mes courbes étaient très loin de ressembler à celles des beautés plastiques de Californie.

"Cool. Peut-être que j'aurai des amis qui me feront rencontrer un acteur."

"Peut-être. On ne sait jamais."

Will retourna à sa lecture et je choisis un magazine que j'avais mis de côté dans mon sac.

Sur la couverture était imprimée la photo du même homme qui occupait toujours celle de l'un de ces magazines de cinéma. Il avait des yeux verts brillants et des cheveux d'une étrange couleur blonde qui ressemblait davantage à du bronze. Il y avait des mèches rousses et dorées subtiles qui les faisaient même briller sur la photo. Je sais, bizarre non? Ses dents étaient d'un blanc éclatant et il ressemblait à un dieu grec. Bien sûr. Il faisait partie des rois d'Hollywood.

Il s'appelait Edward Cullen et il était l'acteur de la décennie. Son père était le réalisateur Carlisle Cullen et sa mère Esmee Cullen était actrice. Tous les deux avaient trop de récompenses pour être comptées et je me rappelais encore avoir regardé les films d'Esmee lorsque j'étais plus jeune. C'est comme si Martin Scorsese avait épousé Katherine Hepburn et qu'ils avaient engendrés des enfants magnifiques qui remportaient des récompenses. Je crois qu'il y avait aussi deux autres enfants dans la famille mais je ne savais pas vraiment qui ils étaient.

Tous étaient si glamours et je détestais penser qu'ils seraient les personnes avec qui rivaliser dès que nous serions à Los Angeles. Oui d'accord. Comme si vous pouviez être aussi beau qu'un Cullen.

Je me souvenais encore de ce qu'il s'était passé il y a trois ans, lorsque j'étais allée vivre chez Renee et que je ne faisais que pleurer. J'avais décidé un jour de prendre un magazine et cette histoire horrible à propos d'Edward et sa femme Irina, décoratrice d'intérieur, s'y trouvait.

Je ne me rappelais pas des détails de l'article mais cela parlait de conduite et de paparazzi qui pourchassent une voiture jusqu'à ce qu'elle aboutisse dans un arbre. Irina a été tuée et a laissé Edward seul pour gérer leurs deux enfants. C'était horrible. Pauvre homme. Je me demande ce que ces enfants peuvent faire.

En regardant la photo sur la couverture, je pouvais voir la tristesse dans ses yeux mais il était acteur donc il le cachait bien. J'avais du gérer assez de douleur dans ma vie pour voir à travers un masque et je pouvais clairement voir que la mort de sa femme l'affectait encore.

Il s'est jeté dans le travail après son décès et a multiplié blockbuster sur blockbuster. Il gagnait coup sur coup des Oscars pour des performances incroyables et travaillait avec son père sur plusieurs projets.

Pour l'instant, il faisait la tournée promotionnelle de son dernier film d'action-thriller, qui était sur le point de devenir l'un des plus gros succès de l'année.

"Maman, allez. On va bientôt embarquer." Dit-il joyeusement ce qui me sortit de mes pensées.

"Ok, je suis prête."

Nous nous installâmes dans l'avion et il décolla pour nous emmener vers notre nouvelle maison à Los Angeles.

Je ne dormis pas parce que je voulais observer Will pour être certaine qu'il ne s'engage pas dans quelque chose qu'il ne devait pas. Nous avons parlé avec animation avant qu'il ne s'assoupisse et j'avais envie de faire quelque chose. Je tentai de lire son livre sur le football mais c'était une mauvaise idée alors je me suis bien assise pour essayer de faire une sieste.

Je ne savais pas pourquoi, mais je n'arrivais pas à m'enlever ces cheveux dorés de ma tête et j'ai sorti le magazine hors de mon sac pour en lire davantage sur Edward Cullen.

C'était un homme très beau bien sûr mais il y avait quelque chose chez lui qui le rendait vachement plus spécial que n'importe quel autre acteur de films. Il semblait puissant et fort tout en gardant cette sérénité qui me faisait penser qu'il était doux et attentionné. Sans doute parce qu'il était père.

Je lus ces articles à son sujet et je me sentis coupable de regarder ces images parce qu'elles provenaient toutes de paparazzi. Sa tête était baissée sur la plupart d'entre elles ou bien il portait une casquette de baseball pour essayer de cacher son visage.

Je lus les légendes de certaines photos par simple curiosité.

Edward Cullen lors d'un rendez-vous avec Tanya Denali.

Edward Cullen fait les magasins au supermarché.

Edward Cullen à l'avant première de son nouveau film.

Edward Cullen avec sa mère, l'actrice Esmee Cullen.

Pauvre Edward Cullen

Je tournai la page et je dus réprimer un rire en voyant Edward Cullen, sautant sur les lignes de touche d'un terrain, une casquette de baseball sur la tête.

La légende disait: Edward Cullen au match de football de son fils.

Et bien au moins, il avait des activités normales.

Mon travail m'avait disons rendue experte en matière de paparazzi. Du point de vue des relations publiques, les photos étaient des cauchemars logistiques utilisées par les studios pour mettre leurs acteurs en couverture de magazines. Depuis que je faisais partie des relations publiques, mes clients devaient gérer ça sans arrêt et c'était mon travail de m'assurer qu'ils étaient bien perçus par le public. J'étais publiciste/assistante de direction/experte-conseil en image; appelez ça comme vous voulez.

Je réveillai Will lorsque l'avion amorça sa descente et je dus fermer les yeux lorsqu'un puissant rayon de soleil traversa le hublot.

"On est arrivés mon bébé." Dis-je en secouant légèrement mon fils jusqu'à ce que ses yeux papillonnent.

"Vraiment? Où est la plage?" S'emballa-t-il, complètement réveillé et cherchant à regarder par le hublot.

Je ris face à tant d'enthousiasme. "Tu dois attendre que nous soyons sur la terre ferme mon ange."

"Merde." Souffla-t-il.

"Où as-tu appris ce mot? N'utilise pas ce genre de langage." Le réprimandai-je.

"L'homme qui présente le foot à la télé le dit tout le temps." Il me regarda avec de grands yeux.

"Oh, et bien tu ne regarderas plus cette émission pendant un moment. Je ne veux plus jamais entendre ce mot sortir de ta bouche. C'est compris?" Demandai-je sur un ton sévère et il acquiesça.

"Je peux toujours avoir un chien?" Ses yeux étaient larmoyants.

"Bien sûr que tu peux mon cœur, mais tu ne peux pas utiliser un langage pareil." Je lissai ses cheveux pour qu'ils soient plus plats sur sa tête.

"D'accord maman. Je le promets." Il m'appelait seulement maman (Cf. 'mommy' est un terme plus affectueux encore que 'mom') quand il pensait avoir des problèmes.

J'embrassais son front et tentai d'apaiser sa crainte d'être puni.

"Oooh maman, arrête. Pas devant les gens." Il essuya mon baiser et se comporta comme s'il s'agissait d'un poison.

"Oh, c'est vrai. J'avais oublié tes règles." Gloussai-je.

"Tu dois apprendre à te contrôler." Dit-il, mature.

"Je vais essayer mon ange."

L'avion atterrit quelques minutes plus tard et nous sortîmes en un temps record. Je pris la main de Will et le conduisis jusqu'à la zone de retrait des bagages où nous récupérâmes nos valises.

"Maman, à quoi elle ressemble notre nouvelle maison?"

"Et bien, elle n'est pas aussi grande que la maison de ton papa à Chicago mais elle l'est assez pour nous. Il y a un étage et trois chambres. Tu peux avoir ta propre salle de bain et je serai juste au bout du couloir si tu as besoin de moi. Il y a une belle cuisine et un grand jardin. Donc, tu pourras courir et jouer au football avec tes amis si tu veux.

Ses yeux s'illuminèrent au fil de la description de la maison et il était presque sur le point de pleurer d'excitation.

"Ça va être génial." Dit-il en bondissant.

"Nous devons d'abord y arriver et là tu pourras faire autant de bonds que tu veux." Ris-je.

Je sortis et sentis la chaleur oppressante de Los Angeles mais une fraîche brise marine soufflait légèrement donc ce n'était pas trop mal. Charlie m'avait payée une petite Toyota Prius noire pas chère et économique. Elle nous attendait à l'aéroport lorsque Will et moi en sortîmes.

Je m'assurai que toutes nos valises étaient dans le coffre et je mis la ceinture de Will avant de rouler à travers Los Angeles.

J'avais l'habitude de la circulation et des embouteillages à Chicago mais j'en avais marre d'attendre une demi-heure à un seul feu rouge. Will ne se plaignait jamais et regardait par la fenêtre les palmiers qui défilaient devant ses yeux. Je gardais un œil sur lui grâce au rétroviseur pendant qu'il discutait avec lui-même à propos du fait que ça allait être génial de vivre ici. Il avait toujours été un enfant facile à vivre et même s'il se mettait dans des situations problématiques, il pouvait passer des heures par terre dans sa chambre à lire ou jouer aux Lego.

Il était la lumière de mon existence et je ne pouvais imaginer passer une journée sans lui. Je n'avais aucune idée de ce que j'allais faire lorsqu'il serait parti un mois chez son père cet été. Rien que cette idée me noua l'estomac.

Il a changé ma vie lorsqu'il est venu au monde et même si je ne m'étais jamais imaginée en mère auparavant, je ne m'imaginais plus sans lui. Tout a changé à sa naissance et désormais, tout ce que je faisais était pour lui. Je faisais même attention à ma conduite pour qu'il soit en sécurité. Il occupait toujours mes pensées.

"Maman, on peut aller au McDonalds? Je veux un hamburger."

"D'accord, mais tu es sûr que tu mangeras le dîner?"

"Question bête maman. Je mange tout le temps."

Ca, c'était certain. Ce garçon serait ma seule raison de contracter des dettes parce que peu importait à quel point je le nourrissais, il avait toujours faim. Il avait beau manger, il en voulait toujours plus et il se plaignait que son estomac était vide lorsqu'il allait se coucher. Et ce même s'il avait son assiette, un peu de la mienne et plus encore. C'était dingue et je devais me rappeler d'aller faire vérifier qu'il n'avait pas un ver solitaire ou autre.

Je m'arrêtai au McDonalds le plus proche et roulait jusqu'au drive-in. J'y arrivai presque lorsqu'une éclatante Volvo sport passa devant moi. Le conducteur avait priorité de droite donc il était en droit mais j'étais toujours énervée. J'étais là avant lui.

"Merde." Soufflai-je.

"Ton langage maman." Rétorqua Will avant de rire.

Il y avait une profonde griffe rouge le long de l'arrière de la voiture où une autre avait dû lui rentrer dedans, mais la Volvo restait tout de même impressionnante.

"Ce gars est arrivé beaucoup plus vite que moi."

"C'est rien maman, on peut attendre."

J'étais épatée par sa grande patience parce que j'aurais été capable de sortir de la voiture si Will n'avait pas été avec moi. Il fallait que j'apprenne à contrôler mon peu de patience.

La Volvo m'a rendue la vie impossible. Et pas uniquement le conducteur qui ne semblait pas savoir ce qu'il voulait commander lorsqu'il s'arrêta à la caisse, mais aussi le préposé à cette dite caisse qui le regardait avec des yeux grands ouverts pour je ne sais quelle raison. Il ne bougeait pas, il le fixait tout simplement. Finalement, le conducteur reçut sa nourriture et il démarra en trombe.

Will commanda un Happy Meal et je lui tendis à l'arrière. Il fut heureux pendant le reste du trajet et il ne nous fallut que dix petites minutes pour arriver à notre nouvelle demeure.

Je me garai devant une petite maison en briques avec des volets blancs et qui semblait sortir tout droit d'un magazine. Elle n'était pas si impressionnante mais elle était jolie. Je ne savais pas comment nous pouvions nous permettre ce type d'habitation dans le quartier parce que toutes les maisons étaient très extravagantes. La raison pour laquelle j'avais choisi cet endroit, c'était parce qu'il y avait la meilleure école privée non loin. C'était la seule chose que j'avais acceptée venant de Jacob parce que nous voulions tous les deux la meilleure éducation pour Will mais je n'aurais jamais pu me le permettre seule.

"C'est la maison maman?" Demanda-t-il alors que je l'aidai à descendre de la voiture.

"Oui."

Avant que je ne puisse ajouter autre chose, Will traversa la pelouse de devant et fis le tour de la maison comme s'il était au pays des bonbons. Je le laissai courir le marathon le temps de vider la voiture.

"C'est trop chouette." Cria-t-il en continuant de courir.

Je l'appelai pour qu'il vienne m'aider à prendre les valises. Nous les déposâmes devant la porte d'entre avant d'y insérer la clé dans la serrure et de l'ouvrir.

Charlie s'était assuré que la plupart de nos affaires aient été installées la semaine passée donc tout nous avait déjà été fourni. Mais de nombreuses photos et d'autres bibelots étaient encore entassés dans les cartons parce que les déménageurs ne savaient pas où les mettre.

"Ouah!"

"Ta chambre est en haut à gauche. Première porte." Criai-je, Will déjà dans les escaliers.

Je pus l'entendre hurler en découvrant sa chambre et je savais qu'il allait l'adorer parce que je l'avais fait tapisser sur le thème du football. Je gloussai et déposai le reste des bagages à l'intérieur.

Rien dans cette maison ne criait le mot "argent' mais elle était très confortable. Elle n'était ni très neuve ni moderne mais je nous voyais bien Will et moi en faire notre chez nous.

La cuisine était petite avec des armoires en bois foncé, une grande cuisinière et un four. Je ne voulais pas me vanter mais j'étais une très bonne cuisinière. Je pouvais préparer presque n'importe quoi et je n'avais besoin que d'une recette si jamais je ne savais pas comment cuisiner. Le frigo n'était pas rempli et je fis une liste des articles essentiels que je devrais acheter.

La maison comportait une petite salle à manger et un salon qui étaient joints. Mon père nous avait acheté une télévision qui n'était pas très grande mais qui s'accordait bien avec le mur. Le jardin était le point central de la maison et il était plus grand que prévu. Une grande clôture en bois le séparait des autres maisons et le patio était également assez important.

Je retournai à l'intérieur pour voir ce que faisait Will et j'entrai dans sa chambre. Il jouait au soldat par terre et faisait tout exploser. Je n'étais pas étonnée de constater que c'était déjà le bazar et il avait jeté ses vêtements sur le lit. Je n'allais pas lui demander de les ranger aujourd'hui parce que je voulais qu'il en profite mais tout rentrerait dans l'ordre rapidement.

Je marchai jusqu'au fond du couloir pour voir ma chambre et j'aimai tout de suite sa simplicité. Les murs étaient d'une couleur crème comme pour le tapis. Il y avait un grand lit confortable au milieu de la pièce. Je pris des draps dans un des sacs et je commençai à le faire. Je finissais à peine de mettre la couverture lorsque Will franchit la porte et sauta dessus.

"Cet endroit est super maman. Ma chambre est la meilleure. C'est toi qui as tapissé les murs?"

Cela me faisait rire que Will croie que j'étais capable de tout faire. Il en était à l'âge de croire que j'étais celle qui était à l'origine de ce qu'il se passait dans sa vie, ce que j'étais en quelque sorte, mais je n'avais pas envie de lui dire que je n'étais pas wonderwoman.

"Non, mais j'ai dit aux peintres quoi faire. Ils ont fait du bon travail?"

"Ouai, c'est parfait. La meilleure chambre de tous les temps." Cria-t-il à pleins poumons.

"Alors je suis contente pour toi." Ris-je à le voir si heureux.

Nous passâmes le reste de la nuit ensemble. Cela s'annonçait mouvementé le lendemain puisqu'il allait à l'école et moi, j'allais travailler. Je voulais qu'il reste avec moi autant que possible. Nous regardâmes deux de ses films Disney préférés et nous mangeâmes une pizza sur mon lit.

Il s'endormit dans mes bras et il n'y avait pas meilleur endroit où je voulais être.

oOoOoOoOo

Le lendemain matin, je me réveillai avec un Will sautant partout et criant qu'il devait s'inscrire à l'école. Il était extatique et je parvenais difficilement à le calmer alors qu'il devait aller s'habiller.

L'année scolaire avait déjà débuté mais nous n'étions qu'en septembre donc Will n'avait pas raté grand chose. Comme nous étions vendredi, je comptais juste l'inscrire aujourd'hui et le conduire à l'école lundi. Mais il était tout excité à l'idée de voir sa future école. Will était une éponge et il retenait tout ce qu'il pouvait en classe. J'allais devoir m'arranger pour qu'il garde cette envie d'apprendre tout en grandissant et que sa vie ne soit pas remplie que par le football.

Lavés, habillés et nourris, nous montâmes en voiture et nous roulâmes jusqu'à l'école, à dix minutes de là sur la route.

"Combien d'enfants vont là? Demanda-t-il et avant que je ne puisse répondre, il me lança d'autres questions. "Combien de niveaux il y a? Est-ce qu'il y a une grande bibliothèque? Est-ce que je vais devoir rester là toute la journée? Qu'est-ce qu'on fait après les cours?" Hein maman? Pourquoi tu ne me réponds pas?"

"Ouah mon cœur, calme-toi. Je ne peux pas répondre à tout en même temps. Je parie que nous aurons des brochures dès que nous serons arrivés. Tu auras des réponses à tes questions alors ne t'inquiète pas."

"Ok, mais j'en ai une longue liste donc j'espère que le directeur est gentil."

"Je suis persuadée qu'il sera heureux d'y répondre." Ricanai-je face à l'énergie de mon fils. J'espère qu'ils pourront s'occuper de ça.

Nous rentrâmes dans le parking où il y avait de grands établissements scolaires situés en haut d'une colline et qui semblaient sophistiqués. Selon mes recherches, je savais que les niveaux allaient du CP jusqu'en CM2 (NDLR: de la 1re à la 6ème primaire) mais tous les enfants étaient séparés donc il n'y avait pas beaucoup d'élèves dans chaque classe.

L'école accueillait certains enfants issus de l'élite de Los Angeles et de nombreuses stars d'Hollywood les envoyaient ici parce que l'éducation y était réputée.

"Tu es prêt?" Lui demandai-je en lui prenant la main.

"Oui."

La journée venait tout juste de commencer et certains parents essayaient encore de faire rentrer leurs enfants en classe.

Je continuais à marcher dans les couloirs caverneux de l'établissement scolaire alors que Will regardait bouche bée ce qu'il voyait.

"Oh mon Dieu. Je suis vraiment désolée. Je ne vous avais pas vue." Me dit une petite femme bondissante aux cheveux noirs hérissés alors qu'elle me fonçait dessus.

Dès que je la vis, je ne me sentis pas digne. Elle portait les vêtements les plus élégants que j'ai jamais vus et elle semblait sortir d'un magazine. Je connaissais la mode même si je ne m'y intéressais pas. Jacob m'avait toujours forcée à être très bien habillée lorsque nous sortions. Elle avait des chaussures Prada impressionnantes qui la faisaient paraître grande mais je savais qu'elle ne sortirait pas sans. Elle portait un jeans foncé qui moulait ses jambes minces et une belle blouse qui venait à coup sûr de chez Dolce&Gabbana.

"Pas de souci. Ne vous inquiétez pas." Répondis-je en reprenant mon sac tombé par terre.

"Oh, je ne pense pas vous avoir déjà vue. Bonjour, je m'appelle Alice." En réalité, elle m'enveloppa dans une étreinte comme si nous étions les meilleures amies et je tapotai son dos maladroitement.

"Hum… bonjour. Je m'appelle Bella et voici mon fils Will." Dis-je en le désignant et Will lui serra la main poliment.

"Oh et bien, bonjour Will. Très heureuse de te rencontrer. En quelle classe es-tu?"

"En CP mais je n'ai que cinq ans. Mon papa dit que je suis un génie." Rétorqua-t-il, absolument sincère.

"Ouah! J'ai un neveu en CP aussi. Peut-être que vous vous retrouverez dans la même classe. Il s'appelle Démétri et j'ai une nièce aussi mais elle est CE2."

"Je parie qu'ils sont gentils comme toi."

"Mais c'est que tu es un petit charmeur." Rit-elle.

Tout comme son père

"Je vais vous laisser parce que je pense que ta maman ne voudrait pas que tu soies en retard à ton rendez-vous."

"C'était un plaisir de vous rencontrer." Dis-je en lui serrant la main.

"Pareillement. Est-ce que vous venez d'emménager ici?"

"Oui, nous venons de Chicago."

"Oh et bien, je vous donne mon numéro. Je pourrais vous faire visiter le coin. J'ai vécu ici toute ma vie donc je connais Los Angeles comme ma poche." Gloussa-t-elle, et elle écrivit son numéro sur un bout de papier avant de me le donner.

"Merci alors. Je vous appellerai peut-être dès que je serai installée." Dis-je alors que Will me tirait dans le couloir.

"N'hésitez pas!"

Will et moi allâmes au bureau d'administration et je l'inscrivis. Le principal était extrêmement conciliant avec les questions que Will lui posait et il ne sembla même pas ennuyé lorsque mon fils demanda ce qu'ils servaient d'habitude au déjeuner.

J'ai dû traîner Will hors de la pièce avant qu'il ne commence un nouveau tour de questions. L'école l'autorisait à rester de la journée pour qu'il puisse rencontrer son nouveau professeur et ses petits camarades. Il ne restait plus que quelques heures et j'ai alors attendu dans la voiture que la cloche sonne.

Je sais, c'est pathétique mais je n'étais pas encore prête à l'abandonner.

J'attendais devant les portes lorsque les enfants ont commencé à sortir sur le parking et Will s'est jeté dans mes bras.

"Comment s'est passé ton premier jour?"

"Super. J'ai rencontré pleins de gens. Je crois que j'ai parlé avec le fils d'Alice mais je ne suis pas sûr."

"Je pense que c'était son neveu mon cœur." Clarifiai-je.

"Oh bon, je crois que je l'ai rencontré aussi."

"Comment sont les autres?

"Ils étaient très gentils et je me suis fait quelques copains."

"Ouah! Comment est ta professeure?"

"Très gentille. Elle m'a donné un bonbon."

Super, encore plus de sucre.

Je me suis ensuite rendue au parc avec Will où il a pu courir autant qu'il a voulu et je n'eus plus à me soucier qu'il enquiquine les gens. Le plus d'avoir un garçon, c'est qu'ils sont plus durables que les filles. Will était un empoté dans le sens littéral du terme et tombait au moins vingt fois par jour. Après sa cinquième chute, j'arrêtai de me lever pour vérifier qu'il allait bien parce qu'il se relevait et me laissait en plan. Il était toujours très embarrassé lorsque je voulais l'aider et je restais donc assise sous un arbre en le gardant dans mon champ de vision.

La journée passa et je l'emmenai dans un magasin de glace du coin où il dévora son cornet plus celui que je n'avais pas réussi à finir. Nous rentrâmes à la maison et je fus heureuse que Will s'endorme dans la voiture. J'avais passé un moment éprouvant à essayer de l'y faire monter. Même s'il n'avait que cinq ans, il pesait son poids, mais j'y étais parvenue.

Après l'avoir bordé et donné un baiser, je partis dans ma chambre et m'endormis d'un sommeil paisible.

Nous étions chez nous.