Coucou tout le monde!

Encore merci pour votre fidélité, d'être encore plus nombreux à m'ajouter en favori et en alerte, c'est un réel plaisir de vous faire plaisir et de vous permettre de découvrir Johnnyboy7, un auteur incroyable d'un autre continent! ;)

Je dois vous avouer que vous êtes très chanceux en ce moment parce que j'ai du temps devant moi pour traduire mais ne vous y habituez pas trop, ça va ralentir avec mon stage en entreprise à venir. Cependant, je ferai de mon mieux, comme toujours! ;)

En attendant, je vous laisse à la lecture de ce second chapitre dans la vie de notre Edward adoré! ;)

A bientôt, portez-vous bien!

ValouPili


Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7!

Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!


HOLLYWOOD

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Point de vue d'Edward

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Hollywood est un lieu étrange.

Non seulement on y trouvait les personnes les plus hypocrites de la terre mais cela n'avait non plus aucun sens que les autres pensent connaître ma vie. Les gens ne savaient rien de moi mais ils pensaient le contraire à cause de ces saloperies de couvertures de magazines et des interviews télés.

Trois ans s'étaient écoulés et rien n'avait changé.

Ma femme était décédée mais je ne pouvais pas longtemps m'apitoyer sur mon sort parce qu'il fallait que je prenne soin de mes enfants.

Ils avaient plus que jamais besoin de moi durant cette période de troubles et j'étais plus qu'heureux d'être là pour eux parce que nous devions passer ensemble à travers cette épreuve.

Fort heureusement, ma famille était patiente et là pour moi.

Mes enfants avaient grandi assez normalement malgré qu'ils vivent dans ce trou à rats appelé Hollywood. Après la mort d'Irina, les paparazzis nous traquaient à chaque coin de rue mais mes enfants ont tout accepté sans sourciller. J'étais étonné par leur calme en sachant qu'ils vivaient dans cette ville animée. Ils étaient bien meilleurs que moi, quand j'avais leur âge, mais je savais ce qu'ils ressentaient parce que j'avais grandi dans le même aquarium.

Mon enfance était remplie de souvenirs heureux de L.A. et du soleil, des plages, des palmiers et du glamour que représentait Hollywood mais tout était différent pour eux, surtout pour Danielle. Elle aimait sa mère plus que tout et après la mort de ma femme, ça avait été la spirale descendante. Elle s'était enfermée dans sa chambre pendant de longs mois et n'en sortait que pour aller à l'école. Même si elle n'avait que cinq ans à l'époque, elle savait que sa mère ne reviendrait pas.

Dani ne parlait à personne sauf à Esmée et elle avait perdu énormément de poids parce qu'elle refusait de manger plus d'un repas par jour. Elle était de mauvaise humeur et son comportement pouvait rivaliser avec celui de la pire diva de cette ville.

J'en avais finalement eu assez et avais enfoncé sa porte. J'avais retiré les charnières pour qu'elle ne puisse plus s'enfermer et j'avais au moins essayé qu'elle reprenne un comportement plus normal. Il avait fallu beaucoup de travail et une thérapie mais elle ressemblait désormais à celle qu'elle avait été avant le drame. La tristesse dans ses yeux n'avait pas disparu mais je savais que cela prendrait du temps.

Dani était très intelligente et s'intéressait à la mode comme sa tante Alice. Ses cahiers étaient toujours ouverts et elle essayait de retenir le plus de matière possible, mais jamais elle n'avait refusé l'opportunité d'aller au centre commercial. C'était une enfant heureuse et elle adorait avoir ses amis autour d'elle. J'étais ravi de la voir passer du bon temps alors qu'il y avait ce gros nuage noir planant au-dessus de nos têtes.

Démétri était le parfait opposé de sa sœur quant à la mort de sa mère, même s'il savait que cela venait du fait qu'il ne l'avait pas vraiment connue. Nous parlions d'elle à l'occasion mais pas souvent parce que Danielle redevenait triste et Démétri agissait comme si cela ne le touchait pas. Il n'avait jamais eu de figure maternelle mais fort heureusement, ma mère et ma sœur étaient toujours là pour aider. C'était un enfant très timide et il n'avait pas beaucoup d'amis mais il s'entendait très bien avec tout le monde. Je ne comprenais donc pas pourquoi il était toujours si timide en public.

Démétri était pour le moins un enfant un peu fou. Il courait sans arrêt avec un animal dans les mains et je n'avais aucune idée d'où il les trouvait mais j'avais arrêté de demander après un certain temps.

Comme sa sœur, il était incroyablement intelligent et avait été capable d'entrer à la maternelle l'année passée. Il entrait donc en CP cette année à seulement cinq ans. Je l'avais en fait déjà surpris à parfois lire le dictionnaire. C'était étrange mais je n'avais posé aucune question. Il était le premier à me faire rire et il était tout aussi vulgaire qu'Emmett, peu importait mes remarques pour qu'il arrête de faire de méchantes blagues. Mais il était aussi assez poli et je m'en étais assuré parce que j'avais été élevé dans l'esprit de cette valeur et d'autres encore.

Mon fils pouvait réussir à se salir même dans une salle antibactérienne lavée à blanc avec de l'eau de javel. On aurait dit qu'il avait toujours une tâche sur lui. Par contre, il brillait en classe mais aussi sur le terrain de football. Depuis que c'était du football poussin (NDLR: foot pour les plus petits), les gamins n'avaient pas de position attitrée et devaient souvent faire des rotations pour que tout le monde puisse avoir une chance de jouer à tous les postes. Il était heureux de faire tout ce que le coach lui demandait et il pouvait être plus rapide que n'importe qui au football. Je n'avais jamais vu ça.

A chaque fois que je lui demandais ce dont il se souvenait d'Irina ou que je lui montrais des photos, il boudait et était sur la défensive parce qu'il disait ne se souvenait de rien et ça l'énervait. Il ignorait le problème après quelques minutes mais cela me tuait qu'il ne l'ait jamais connue.

Le mois suivant la mort d'Irina fut le plus éprouvant et c'était comme si le soleil avait été aspiré hors du ciel. Il n'y avait plus de lumière à la maison, plus de bonheur, musique et joie. Plutôt que de me complaire, j'avais décidé de me jeter à corps perdu dans le travail et je n'avais même pas levé les yeux des milliers de scripts que j'avais parcourus.

En trois ans, j'avais gagné deux Oscars, quatre Golden Globes, trois BAFTAS et un tas d'autres choses que j'avais foutu dans la pièce à récompenses de la maison. Selon toutes les sources, j'étais l'acteur le plus bankable et il semblait que chaque projet que je touchais faisait un tabac au box-office. Je travaillais avec mon père et ma mère sur certains projets qui finissaient par être mes préférés parce que mes parents étaient incroyables dans leur domaine.

Ma famille m'avait encouragé à aller de l'avant après deux ans de deuil et j'avais essayé, vraiment. J'avais été à des rendez-vous, et rencontré des femmes très belles mais ça n'avait jamais été plus loin. Je détestais avoir l'air du parfait chien excité d'Hollywood mais ces derniers temps, il n'était question que de sexe lorsque je sortais, et ce n'était pas si bien que ça en plus.

Je souriais face aux caméras et saluait les fans; je signais toujours des autographes et je n'étais jamais impoli, mais je n'étais pas heureux. De l'extérieur je souriais, mais j'étais vide à l'intérieur. Je n'étais que l'ombre de moi-même.

Le cliquetis de mon alliance sur ma tasse de café me sortit de mes pensées et je regardai l'homme que j'étais devenu dans le miroir. J'avais les mêmes yeux verts, les mêmes cheveux couleur bronze, la peau légèrement hâlée et les dents toujours nacrées mais je n'étais plus le même depuis longtemps.

oOoOoOoOo

"Edward, fais la moue s'il te plaît", ordonna ma sœur Alice en m'appliquant du maquillage pour la scène que j'allais tourner.

"Je pensais qu'on en avait terminé pour aujourd'hui." Me plaignis-je.

"Ouai, mais papa veut que Tanya et toi refassiez la dernière scène. Il a dit qu'elle n'avait pas bien fait ça." Grogna-t-elle.

Nous étions sur le plateau de tournage depuis quatorze longues heures mais personne ne partait tant que le grand papa Cullen ne disait pas que c'était le moment. C'était un réalisateur sans pitié mais c'était ce qui le rendait si bon. Et bien sûr, il fallait que ce soit Tanya qui foute tout en l'air.

Franchement, je la détestais.

"Pourquoi est-ce qu'elle oublie sans arrêt ses lignes? Ce n'est pas comme si elle avait un foutu monologue à réciter."

"Je sais, mais tu la connais, il faut toujours qu'elle soit le nombril du monde. Elle agit comme si elle était sur une satanée scène et ça rend papa furieux. Il va continuer à tourner tant qu'il n'obtiendra pas ce qu'il veut."

"Pourquoi tu es encore là d'ailleurs? Ca fait des heures que tu aurais pu partir."

"En fait, Jasper doit travailler tard ce soir au bureau et je n'avais rien de mieux à faire."

Jasper était le petit-ami d'Alice et travaillait comme avocat dans les bureaux d'une grande entreprise de la ville. Il était bon pour elle mais je ne savais pas comment lui pouvait être réservé alors qu'Alice était une sacrée pile électrique, mais ils s'accordaient bien donc je ne m'en plaignais pas.

"Hé frérot, sors ton cul de là. Papa est encore en train de s'énerver." Dit Emmett en entrant dans la caravane.

"On va aussi vite que possible Emmett. Pourquoi tu ne te rendrais pas utile en vérifiant ses vêtements." Le cassa Alice.

"Oublie. Je ne m'occupe pas de cette connerie. C'est ton boulot."

"Et qu'est-ce que tu fais exactement Emmett?" Gloussai-je.

Avant, il était acteur comme tout le monde dans la famille mais il avait tout arrêté il y a quelques années pour des raisons que je ne tenais pas à connaître. Il utilisait son corps et il en avait eu assez d'obtenir des rôles où il devait être nu, même si je ne savais pas pourquoi il réagissait ainsi puisqu'il montrait son corps à quiconque voulait regarder. Sa femme Rosalie était sa parfaite compagne depuis deux ans et elle le remettait à sa place quand il devenait fou.

"Je suis le producteur", dit-il en souriant fièrement.

"Tu sais ce que ça veut dire?" Demandai-je.

"Non mais papa dit que c'est ce que je suis." Il tira la langue et se laissa tomber sur le lit à côté de moi.

"Tu n'es qu'un idiot", soupira Alice.

La fin du tournage arriva deux heures plus tard et j'étais super heureux d'avoir quelque jours de congé que j'allais pouvoir passer avec mes enfants. Alice était une aubaine, elle les amenait à l'école tous les matins et allait les rechercher. Elle les déposait à la maison de mes parents et ma mère leur préparait à dîner et s'assurait aussi qu'ils faisaient leurs devoirs.

J'étais un homme occupé mais je faisais tout pour assister aux matchs de football de Démétri et ne manquer aucun événement important. Ils étaient tellement importants et je voulais passer du temps avec eux, c'est pourquoi j'étais heureux d'en finir avec ce film et d'avoir quelques mois pour moi avant d'entamer un nouveau grand projet.

Je les laissai dormir ce soir chez mes parents puisqu'ils s'étaient déjà endormis lorsque j'arrivai. Je retournai chez moi et je dus nourrir Coco, l'énorme labrador que j'avais offert à mes enfants l'année passée. Honnêtement, c'était un méchant chien et il n'aimait personne en dehors de la famille.

Peut-être que je devrais l'amener dans une école de dressage.

Je fis réchauffer un plat préparé aux micro-ondes et m'endormis seul dans mon lit comme toutes les nuits.

oOoOoOoOo

Je roulai jusqu'à la belle et grande demeure de mes parents à Bel Air le lendemain matin pour récupérer mes enfants. A peine quelques secondes après avoir frappé à la porte, un Démétri heureux se jeta dans mes bras.

"Papa. Je me suis trop bien amusé hier. On a été à la plage avec mamy et je me suis disputé avec Dani. Elle m'a poussé dans le sable et j'ai un gros bleu. Tu veux voir?"

Je le déposai sur le canapé et il remonta son T-shirt pour me montrer la marque mauve sur son torse. "C'est cool, non? Si tu le touches, ça change de couleurs." Dit-il en sautillant.

"Ouai, c'est super mon gars." Répondis-je avec mon accent de surfer.

"Mec", Répondit-il et il me tira dans la maison.

"Où est ta sœur?"

"Elle est au centre commercial avec tante Alice. Elles parlaient de chaussures ou quelque chose comme ça. On peut jouer au football? Les sélections sont la semaine prochaine papa. On peut jouer?"

"D'accord d'accord. Mais laisse-moi d'abord parler avec mammie", ris-je.

Ce petit gars était beaucoup trop énergique et je savais qu'il tenait ça de moi parce qu'Esmée m'a dit que j'étais pareil à son âge.

"Bonjour mon chéri. Comment vas-tu aujourd'hui?"

"Je vis pour servir les fans!" Ris-je.

"PAPAAA! Allez, on doit aller chercher Coco et ensuite jouer au football." Cria Démétri en bondissant en bas des escaliers, son sac à dos dans les mains.

"Oui ok. Bon sang." Dis-je en me relevant. "Tu as dit merci à mamie?" Lui demandai-je alors qu'il ouvrait la porte.

"Merci mamie!" Cria-t-il avant de la refermer.

Je ris. "A plus tard maman." Je l'enlaçai et suivis mon fils jusqu'à ma brillante Volvo grise.

Je fis le tour de la voiture pour rejoindre mon siège et je jetai un coup d'œil à cette foutue marque rouge en travers du pare-chocs. J'étais toujours énervé en regardant cette griffe qu'Emmett avait faite avec sa Ferrari il y a quelques années.

Je montai côté conducteur et sortis de la longue allée sinueuse.

"Alors mon pote, comment ça s'est passé hier à l'école?"

"Bien. Il y a un nouveau dans la classe et il vient de Chicago. Il est vraiment cool." Rayonna-t-il.

"Vraiment? Comment il s'appelle?"

"William mais il préfère Will, et il a joué avec moi à la récré."

"Tu pourras peut-être l'inviter de temps en temps à la maison?"

"Chouette. Je lui demanderai."

J'étais heureux que mon fils ait fait connaissance avec un ami en dehors du football.

Nous roulâmes jusqu'à la maison et il courut à l'intérieur avant que je n'éteigne le contact de la voiture. Il sautillait sur le pas de la porte alors que j'allais l'ouvrir.

"Vite papa. Coco doit surement faire pipi."

"Très bien. Ne mets pas trop le désordre, ça vient tout juste d'être nettoyé." Criai-je alors il courait dans la maison.

Coco commença à aboyer en voyant sa personne préférée rentrer à la maison. Il avait vraiment la même taille de Démétri et je ne savais pas comment il était aussi grand parce les gens de l'adoption m'avaient dit qu'il ne grandirait plus. Mais apparemment, ils avaient eu tort.

"On peut aller dans le jardin maintenant et jouer avec ça?" Demanda-t-il en tenant son ballon.

"Ouai, allons-y."

J'ouvris la grande fenêtre coulissante qui conduisait au jardin et il alla d'un côté alors que je me plaçai de l'autre. Coco nous suivit et attendit que nous lancions le ballon. Nous avons fait des passes et Coco faisait des allées-retours entre nous pour tenter de l'attraper.

"Papa, on mange quoi ce midi?" Demanda-t-il après quelques minutes.

"Je ne sais pas. Qu'est-ce que tu veux?"

"Pizza!" Cria-t-il.

"Ok, c'est parti alors!" Ris-je.

J'espérais que son appétit se calmerait avec l'âge mais je savais que cela s'annonçait pire. Il pouvait pratiquement manger comme moi et c'était un peu effrayant.

Nous arrêtâmes de lancer le ballon une heure plus tard et Alice ramena Dani à la maison peu de temps après.

"Salut papa." Dit Dani en posant un sac à terre.

"Hé! On allait justement commander des pizzas! Tu as passé une bonne journée?"

"Bien, oui. Est-ce que je peux aller dormir chez Joanna demain?" Dit-elle en s'asseyant à table.

"Je ne vois pas pourquoi tu ne pourrais pas. A quelle heure tu dois être là-bas?"

"Sa maman a dit 8h00 pour qu'on puisse profiter de la journée."

"Qu'est-ce que vous voulez faire?"

"Est-ce qu'on peut aller voir ton nouveau film papa?" Demanda-t-il, bondissant.

"Si vous voulez, pourquoi pas!"

Je ne savais pas pourquoi mes enfants aimaient me voir à l'écran mais ils n'en avaient jamais assez. Je m'assurais toujours de faire des films assez sympas pour que nous puissions les regarder ensemble et heureusement, ils avaient le droit de voir celui-ci.

J'aimais me faufiler dans les salles de cinéma pour voir la réaction des spectateurs face à ma performance. Cela semblait bizarre mais je m'en ressentais mieux. Je pouvais voir ce que les gens pensaient réellement de mon travail sans qu'ils sachent que j'étais là.

Nous dévorâmes notre pizza puis je les mis au lit avant de rejoindre le mien.

oOoOoOoOo

Le lendemain matin, je fus réveillé par un garçon groggy de cinq ans pelotonné contre ma poitrine et placé sous les couvertures. Il avait dû faire un cauchemar. Démétri essayait d'agir comme un grand méchant monstre mais ses rêves étaient très vivants et il détestait les clowns dont ses rêves étaient remplis. Il venait dans mon lit dès que ses cauchemars le réveillaient mais quand ils ouvraient ses yeux, ils ne se souvenaient plus de ce qui l'avait effrayé et il se comportait normalement.

Deux heures plus tard, il gigota sur ma poitrine tout en criant pour essayer de me faire lever.

'Il est trop tôt mon gars" Ris-je.

"Pas du tout. On va au cinéma puis on va manger une glace. Allez papa." Cria-t-il.

"Ok, va t'habiller, donne à manger à ton chien et va voir si ta sœur est réveillée."

Il sortit de la chambre en courant et je partis prendre une douche.

Nous quittâmes la maison une heure plus tard après avoir petit-déjeuner mais il était beaucoup trop tôt pour aller au cinéma donc je les amenai au parc où ils purent courir.

Une heure plus tard, les vautours descendirent. Je ne faisais plus vraiment attention aux paparazzis mais je savais très bien qu'ils étaient là. Dès que je sortais, quelqu'un me suivait et cela me rendait un peu nerveux mais ils agissaient comme tel depuis que j'étais enfant.

Je me souvenais encore de mon cinquième anniversaire quand une sorte de caméraman était monté sur la clôture de mes parents pour obtenir quelques clichés de ma fête. Ma mère était furieuse et avait appelé la police mais personne ne semblait s'en soucier. Les paparazzis n'étaient que les risques du métier avec qui je devais apprendre à vivre mais cela ne signifiait pas pour autant que je devais les apprécier.

Je soupirai lourdement en me rappelant la nuit où Irina était morte et comment les paparazzis avaient pourchassé la voiture très vite sur l'autoroute pour avoir des photos de nous. Je roulais beaucoup trop vite moi aussi et je n'avais même pas vu l'arbre mais il était déjà trop tard et j'avais foncé dessus.

Irina n'aurait pas dû perdre la vie. J'aurais dû être celui sous terre en ce moment. C'était ma faute, pas la sienne.

Elle ne s'était jamais plainte de cette vie ou de l'attention reçue en devenant ma femme mais je savais qu'elle était un peu anxieuse, surtout lorsqu'il était question des enfants. Elle était toujours en train de vagabonder autour d'eux et d'essayer de les protéger mais plus elle le faisait, plus les paparazzis voulaient leurs photos.

Avec le temps, nous avions appris à les laisser prendre des photos puis la plupart d'entre eux disparaissaient quand ils se rendaient compte que notre vie était normale et ennuyeuse. Je n'étais pas un homme d'action à la maison, juste un papa.

"Regarde ce que Charles m'a donné." Dit Démétri en sautillant autour de moi, une barre de chocolat en main.

J'avais toujours été gentil avec la plupart des cameramans qui n'étaient pas trop insistants et ils donnaient toujours un bonbon à mes enfants même si je ne les laissais pas les manger. Il y avait quand même quelques fous. Qui pouvait savoir ce qu'il y avait dans ces bonbons?

"Est-ce que tu as dit merci?" Demandai-je. Il acquiesça.

"Je peux le manger?"

"Tu connais les règles. Va le jeter." Je pointai la poubelle et il s'élança vers elle.

Démétri finit par faire une sieste sur l'herbe et près de moi alors que Dani lut un de ses livres les heures qui suivirent. Les paparazzis nous avaient laissés mais je pouvais toujours en voir deux ou trois à bonne distance au cas où nous ferions quelque chose qui valait la peine d'être en une de magazine.

Qu'ils aillent se faire foutre!

Je réveillai Démétri et nous sortîmes du parc vers trois heures de l'après-midi. Je les emmenai déjeuner dans le café-restaurant du coin puis nous nous rendîmes dans l'un des milliers de cinémas de Los Angeles.

Je portai ma casquette de base-ball et des lunettes de soleil pour que la guichetière ne me reconnaisse pas lorsque je lui demandai trois tickets pour le film.

"J'ai entendu dire qu'il était bon." Sourit-elle.

"Vraiment? Je ne l'ai pas encore vu." Souris-je bêtement.

"Ouai, une tonne d'action et qui aurais-pu croire que Cullen savait aussi jouer la comédie."

"Si bon que ça, hein?"

"Cinq étoiles mais Cullen en reçoit trois pour être aussi mignon." Soupira-telle et partit au pays des rêves.

Démétri, Dani et moi rîmes en allant dans la salle et nous prîmes du popcorn avant de nous asseoir pendant les deux heures d'action.

Ce n'était pas l'un de mes films préférés que j'avais aimé tourner mais je devais admettre que j'étais meilleur que ce à quoi je m'attendais. Je ne regardais généralement pas mes films lors d'une avant première parce que c'était le jour où ils se faisaient beaucoup d'argent et ce n'était pas la raison pour laquelle j'étais là. Je marchais sur le tapis rouge puis je me faufilai avant que quelqu'un ne m'attrape. J'attendais que la plupart des films sortent en DVD avant de les regarder afin que je puisse juger ma performance seul à la maison.

Je me tassai sur mon siège en voyant Tanya à l'écran parce que je gardais de mauvais souvenirs de ce qu'il s'était passé. Nous avions tourné trois films ensemble et nous étions alors considérés comme LE couple à suivre. Peu importait que je répète sans arrêt que nous n'étions que de simples amis, personne n'écoutait. Je ne m'en souciais pas plus mais cela m'énervait que ces magazines people affectent mes enfants. Mon cœur se brisa lorsqu'un jour, Démétri revint de l'école et demanda si Tanya était sa nouvelle maman.

Je n'étais pas prêt à aborder une telle conversation mais je savais que je devais m'en charger avant qu'il se fasse de faux espoirs.

En toute honnêteté, je ne m'attendais pas à me remarier. Aucun amour n'était comparable à celui que je ressentais pour Irina et je ne voulais pas faire perdre de temps à quiconque en m'investissant dans une relation qui n'irait finalement pas plus loin que du sexe. Je n'avais jamais ramené un de mes rendez-vous à la maison et auprès des enfants parce que je ne voulais pas qu'ils s'attachent trop.

"Trop cool. Tu as vu ça?" Demanda Démétri plein d'admiration alors que je courais pour m'éloigner d'une voiture qui explosait.

Je ris en repensant au jour du tournage de cette scène où je m'étais déboîté l'épaule.

Tout ce qu'il ne faut pas faire pour les fans.

Le film se termina et mon fils commença à applaudir et à me gratifier de louanges pendant que des spectateurs le regardaient comme s'il était fou. Je dus le jeter sur mon épaule avant qu'il ne m'embarrasse et je sortis du cinéma en riant.

"A quel magasin de glace voulez-vous aller?"

"Celui près de la maison. Ils ont la meilleure glace vanille." Dit Dani en rayonnant.

"Bien. Pas d'objection Démétri?"

"Non!" Sourit-il.

Nous y arrivâmes en un temps record et je remarquai quelques paparazzis qui nous poursuivaient en voiture mais ils repartirent en constatant que nous n'allions nulle part en particulier. Honnêtement, il y avait des moyens pour les contourner. Ce n'était pas si compliqué mais mon agence me payait plus pour que je sorte et que les paparazzis prennent quelques photos lorsque l'un des mes films allait sortir au cinéma. J'en étais malade mais au moins, je comprenais la raison de leur venue.

"Je veux une boule cerise, mais pas de vanille, chocolat ou oréo." Dit Démétri en bondissant quand nous entrâmes dans le magasin.

Nous avions toujours eu ce problème. Où que nous allions, Démétri était la personne la plus indécise. Nous pouvions passer une demi-heure au drive-in juste parce qu'il réfléchissait à ce qu'il voulait dans son menu. En général, j'accélérais le processus en lui donnant deux choix mais même ça prenait du temps.

"Bonjour les Cullen. Comment allez-vous aujourd'hui?" Demanda Stacy derrière son comptoir.

Je venais à ce magasin de glaces depuis des années et elle avait toujours été là. Je pensais qu'elle venait tout juste de commencer sa première année à l'université mais je ne savais rien d'autre à son sujet. Elle était toujours très gentille avec mes enfants donc je n'avais aucun souci avec elle.

"Stacy, je peux goûter ton nouveau sorbet?" Demanda Démétri.

"Bien sûr." Elle plongea une petite cuillère dans un pot de glace rose et la tendit au-dessus du comptoir à Démétri qui était sur la pointe des pieds.

Il la mit en bouche et fit la grimace alors que nous riions tous.

"Sur?" Demandai-je et il acquiesça.

"Bon, et qu'est-ce que tu penses de ton habituelle boule vanille comme ta sœur?" Suggérai-je.

"S'il prend la boule vanille, je veux celle au chocolat." Dit Dani, obstinée.

Tout à fait elle. A toujours essayer de prendre quelque chose de différent de son frère.

"Ok, donc un cornet au chocolat et…?"

"Je pense que je vais prendre la boule oréo. C'est ma préférée."

"Bien, et rien pour vous Monsieur Cullen?"

"Non, juste pour eux." Je lui tendis ma carte de crédit et elle partit s'en occuper.

La porte du magasin de glace carillonna et une brise s'engouffra à l'intérieur.

"Bonjour. Puis-je vous aider?" Demanda une autre caissière à la femme qui entra. Je ne fis pas vraiment attention parce que je tentai d'essuyer la crème glacée sur le menton de Démétri. Nous allâmes nous asseoir pour qu'ils puissent les terminer.

"Hum oui, est-ce que je pourrai avoir un cornet avec une boule oréo s'il vous plaît?" Dit la femme dans une voix qui ressemblait presque au tintement d'un carillon.

Il fallait que je la regarde.

"Bien sûr."

"Merci." Dit-elle en prenant le cornet de glace.

La jeune femme était vraiment très belle et ses longs cheveux bruns descendaient en boucles lâches le long de son dos. Elle était mince mais gardait quelques formes, et sa peau claire était peu commune pour des femmes de Los Angeles. Elle portait un T-shirt bleu foncé qui lui allait bien et une paire de lunettes de soleil 'Aviator' dans ses cheveux. On aurait dit qu'elle portait un nid d'oiseau sur la tête.

J'essayai de ne pas observer ses fesses moulées dans son jeans mais c'était peine perdue. Je savais que mes enfants me parlaient mais je ne les entendais pas vraiment. Mon cerveau est comme dans un tunnel et je ne pouvais expliquer pourquoi.

Elle fit un pas et tout se passa si vite que je n'eus pas le temps de comprendre ce qui arrivait. Elle glissa sur le carrelage et il y eut de la crème glacée partout. Nous étions les seuls dans le magasin donc heureusement, peu de personnes furent blessées par la bombe glacée qui atterrit sur notre table.

"Merde." Dit-elle et je partis l'aider.

Elle était si crevée que je ne pus que rire.

"Vous croyez que c'est marrant?" Claqua-t-elle et je la regardai s'essuyer avec les serviettes que je lui avais données.

"Oh, désolé. Je ne voulais pas me moquer de vous mais admettez que c'était quand même amusant. Est-ce que cela vous arrive souvent?"

"Tous les jours." Soupira-t-elle puis elle me regarda avec ses grands yeux chocolat.

J'étais habitué à voir LE visage mais je détestais ça. J'avais retiré mes lunettes de soleil lorsque j'étais entré dans le magasin donc je savais qu'elle m'avait reconnu et qu'elle était au courant de qui j'étais grâce aux magazines.

Et c'est parti.

"Hum… ouai vous… vous êtes…" Elle rougit furieusement et en fait, je trouvai ça mignon. Elle tenta de repousser ses cheveux mais ses lunettes tombèrent et je m'agenouillai pour les ramasser.

"Ouai. Edward Cullen." Je ris et lui rendis ses lunettes.

"Ouah. Superbe manière de couronner ma toute première semaine à Los Angeles." Dit-elle en riant bizarrement puis remit ses lunettes dans ses cheveux.

"Vous venez d'arriver?" Demandai-je et elle acquiesça. "Bon alors, bienvenue. Vous passez un bon moment?"

"C'était le cas jusqu'à ce que je tombe sur les fesse en face d'un acteur, mais je ne sais pas pourquoi je suis surprise. Je n'ai jamais de chance." Elle me regarda à nouveau avec ses si jolis yeux et je dus me forcer physiquement à avoir des pensées plus conscientes.

Magnifique.

"Est-ce que vous essayez de rentrer dans le business ou autre?"

"Hum…non. J'avais besoin d'un nouveau départ donc Los Angeles semblait le meilleur endroit."

Ce n'était pas la réponse à laquelle je m'attendais. Elle était son doute mannequin ou quelque chose comme ça.

"Ouai. Bon, contente de voir avoir rencontré." Dit-elle.

"Et votre glace?" Demandai-je pour ne pas qu'elle parte.

"Mon fils m'attend dans la voiture, je ne veux pas le laisser seul là trop longtemps donc il devra attendre jusqu'à ce que nous allions faire des courses pour en acheter." Dit-elle en souriant.

Magnifique.

"Vous êtes sûre?"

Pourquoi est-ce que je continuais à lui parler?

Généralement, je ne posais pas autant de questions à quelqu'un que je ne connaissais pas. Ce n'est pas juste qu'elle était trop séduisante mais elle avait quelque chose qui me donnait envie de parler plus.

"Oui, tout à fait." Elle se dirigea vers la porte mais se retourna, la main sur la poignée. "Au fait, bon boulot. J'ai entendu dire que votre film était très bon." Elle rougit à nouveau avant de s'élancer dans les rayons du soleil.

Je revins m'asseoir près de mes enfants qui avaient terminé leurs glaces et qui riaient toujours de la femme qui était tombée.

Je n'ai même pas su avoir son prénom.

"C'était la chose la plus marrante que j'ai vue depuis longtemps." Rit Dani, les larmes aux yeux.

"Je me sens quand même mal pour elle." Ris-je.

"Ouai, tu l'as éblouie papa."

"Eblouie?"

"Ouai, c'est ce que dit tante Rose quand les filles ne savent plus penser correctement parce que tu es vachement sexy." Rit Démétri.

"Qu'est-ce que je t'ai dit à propos de ton langage? Je ne veux pas t'entendre parler ainsi. Tu es trop jeune pour entendre ce genre de mots." Dis-je sévère, mais je devais retenir mon rire parce qu'il était si mignon quand il jurait.

Je détestais quand il blasphémait parfois mais Emmett éduquait mes enfants plus que je ne le voulais. Rose était pareille que lui. Leur fille Kim avait un an et demi et j'espérais qu'elle serait épargnée par les horreurs sorties de la bouche de ses parents.

"Oncle Emmett dit que je peux le dire." Bouda-t-il.

"Et bien, disons qu'il n'est pas ton père. Vous avez terminé tous les deux?"

Nous retournâmes à la maison et les enfants étaient épuisés de leur journée avec leur papa. Dani décida de rester avec moi plutôt que d'aller chez son amie. Ils avaient école demain matin donc je leur ai fait prendre une douche et les ai mis au lit plus tôt pour qu'ils ne se traînent pas le matin.

Je lus une histoire à Démétri et demandai à Dani si elle voulait aussi mais elle était trop occupée avec son propre livre. Je l'ai alors simplement embrassée pour lui souhaiter une bonne nuit.

Je regardai un peu la télé dans ma chambre mais je dus l'éteindre après qu'une émission de divertissement affiche mon visage sur l'écran.

J'allai au lit avec l'esprit clair mais je n'arrivai pas à me sortir cette couleur chocolat de la tête.

Magnifique.