Coucou tout le monde!
Je sais je sais, je vous entends déjà d'ici: elle n'a pas respecté le délai de publicatiooon!
Je peux d'ores et déjà vous dire que poster toutes les semaines, ça ne sera pas possible. J'ai revu mes plans et je préfère être honnête avec vous et moi-même.
J'ai beaucoup trop de boulot pour avoir le temps de traduire comme je le voudrais, c'est-à-dire bien, donc je pense que je publierai tous les 10 jours! Et ça pourrait descendre à 8 jours de temps en temps si les chapitres sont un rien moins consistants! ;)
Ce chapitre est d'ailleurs le plus long que j'ai traduit jusqu'à présent et vous allez voir, les choses changent enfin… mais je ne vous en dis pas plus! ;)
Je vous souhaite une très bonne lecture et encore merci pour vos commentaires, favoris et alertes, ma boîte a bien surchauffé! :D
A bientôt, et prenez soin de vous!
ValouPili
Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7! Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!
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ALICE ET SA MAGIE
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Point de vue d'Edward
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J'arrivai sur le plateau pour tourner les dernières scènes du film de mon père et bizarrement, j'en étais incroyablement heureux.
Cela faisait une semaine que je me sentais ainsi et j'essayais de mettre le doigt sur la raison de mon comportement si énergique mais je n'avais toujours pas réussi jusqu'à ce qu'Alice me pose une question à propos de Bella ce matin et mon cœur avait comme manqué un battement.
Alice se comportait aussi étrangement que moi, surtout aujourd'hui. Elle avait ce regard malicieux sur le visage qui ne disait rien de bon et dès que la porte du plateau de tournage s'ouvrait, elle jetait un coup d'œil pour voir de qui il s'agissait.
"Salut Eddie. On a encore des scènes à rejouer aujourd'hui puis on peut faire ce qu'on veut." Tanya agrippa mon bras et commença à sautiller.
"Super!" Répondis-je, sarcastique.
"Alors, tu as quelque chose de prévu pour déjeuner? J'ai réservé au Spago. Tu devrais me rejoindre."
"Je ne pense pas Tanya. Je suis vraiment très occupé et je ne crois pas que je pourrai aller." Dis-je en mettant mes capacités d'acteur à l'œuvre.
"Très occupé par quoi?"
"Rien en particulier. Il faut que je m'occupe de certaines choses après en avoir terminé ici." Répondis-je poliment.
"Ok, peut-être une prochaine fois." Elle haussa les épaules et bouda mais je la connaissais bien. Elle allait d'abord essayer de me faire culpabiliser puis elle devenait sournoise. Je n'allais pas abandonner. C'était pathétique.
Je m'assis sur la chaise de maquillage et Alice vint aussitôt s'occuper de mon visage.
"Qu'est-ce qui te fait autant sourire?" Demanda-t-elle en me poudrant le front.
"Je pourrais te poser la même question." Ripostai-je.
"Tu le sauras plus tard." Ricana-t-elle.
"Qu'est-ce que tu as fait Alice?"
"Rien."
"S'il te plaît, ne me dis pas que cela a un rapport avec Bella."
"C'est marrant que tu penses tout de suite à Bella." Rit-elle.
"Alors, c'est bien elle?"
"Edward, je ne sais pas pourquoi tu refuses tes sentiments. Je connais la vérité."
"Il n'y a aucune vérité." Dis-je mais nous savions tous les deux que je mentais.
"La mère de Jasper dit toujours qu'il y a trois étapes lorsqu'on a le béguin: adorer, être conquis et aimer. Où est-ce que tu en es?" Demanda-telle nonchalamment tout en continuant de me maquiller.
"Tais-toi Alice. Je ne veux pas en parler." Soufflai-je. Je ne voulais déjà presque pas m'avouer éprouver des sentiments pour Bella. Qu'est-ce qui faisait penser Alice que je pouvais en discuter?
"Je sais que tu l'aimes bien donc arrête d'ignorer ce que je te dis."
"Tu es foutrement curieuse. Je te déteste."
"Arrête de parler. Je dois terminer ça." Elle dévia la conversation et je sentis mes paumes devenir moites en pensant à ce qu'Alice avait bien pu faire.
J'étais de plus en plus attiré par Bella et ce qui me tuait, c'est que cela ne se limitait même plus à quelque chose de sexuel. J'étais simplement tombé amoureux d'elle, de tout ce qui la composait. Je voulais tout savoir. D'où elle venait, comment étaient ses parents, pourquoi elle avait choisi ce métier, ce qu'avait fait son ex-mari pour tout foutre en l'air…
Elle était tellement intéressante et j'adorais discuter avec elle mais nous n'avions pas eu beaucoup de chance parce qu'elle était si furtive lorsqu'il s'agissait de me voir. Nous avions de petites conversations après les entraînements de football américain, lorsque je pouvais y assister. Mais après une semaine, je m'étais rendu compte que je ne voulais pas arrêter de discuter avec elle donc je lui avais stupidement téléphoné un soir parce que je n'avais pas su la voir.
Fort heureusement, elle n'avait pas filtré mon appel et elle semblait plus à l'aise en parlant avec moi lorsqu'elle ne me voyait pas. Je me sentis bien d'avoir entendu sa voix. J'allais me coucher juste après mais j'étais confus.
Les moments que Bella et moi passions ensemble étaient les points culminants de ma journée et elle occupait toujours mon esprit. Je voulais sans arrêt savoir ce qu'elle pensait mais elle ne laissait jamais rien transparaître. Nous continuions à flirter gentiment mais je ne savais pas si elle m'aimait bien et si elle était simplement trop gentille comme certaines filles, puisque j'étais célèbre.
Est-ce qu'Alice avait raison avec ces conneries de trois étapes de passion passagère? J'aimais bien Bella, c'était clair mais est-ce que cela allait au-delà?
Je pense que oui.
Bordel, je suis dans la merde.
Qu'est-ce qu'Irina penserait si elle savait que je tombais amoureux de quelqu'un d'autre?
Tomber amoureux? Est-ce qu'il s'agissait bien de ça? Est-ce que je commençais à avoir ces sentiments-là pour Bella?
Bordel de merde.
J'essayai de penser à ce qu'Alice m'avait dit il y a peu: cela faisait trois ans. Il fallait que j'essaie d'avancer. C'est vrai, j'aimais ma femme plus que tout mais elle n'était plus là et elle ne reviendrait pas. J'étais seul mais cela ne signifiait pas que je devais me forcer à avoir une relation qui ne fonctionnerait pas tout cela parce que j'étais toujours attaché à une femme décédée il y a trois ans.
Cela ne se finirait bien pour personne. Je le sentais déjà, mais Irina voudrait me voir heureux, n'est-ce pas?
Je voulais tellement demander à Bella de sortir avec moi mais c'était impossible que j'aille la voir et lui demander de but en blanc de dîner avec moi. Est-ce qu'elle voudrait seulement dîner avec moi? Comment mes enfants réagiraient-ils? Voulaient-ils seulement de quelqu'un d'autre dans leur vie?
Peut-être que je brûlais un peu les étapes.
Arrête d'y penser et ce problème partira peut-être de lui-même.
Dès que j'y pensai, la lourde porte en métal s'ouvrit et Alice regarda à nouveau pour savoir qui entrait. Et à la place de cet air déçu qu'elle affichait tous les matins, elle sembla tout simplement heureuse, même si elle avait cette petite pointe de fourberie dans les yeux.
Je tournai ma chaise et je vis Bella devant la porte, complètement perdue et semblant effrayée d'être ici.
"Merde Alice, qu'est-ce qu'elle fait là?"
"Elle travaille pour nous maintenant." Haussa-t-elle les épaules comme si ce n'était rien.
"Bordel Alice. Tu es encore en train d'essayer de jouer avec la magie noire." Je me levai et marchai vers Bella qui ne semblait pas à sa place.
"Parce qu'en général, elle fonctionne." Dit-elle en me suivant.
Dès que Bella nous vit nous diriger vers elle, elle se raidit et son visage prit un air dur.
"Salut Bella. Que fais-tu ici?" Demandai-je.
"Je ne sais pas vraiment. Je suis allée travailler aujourd'hui et ma patronne m'a dit que j'étais employée en tant que responsable personnelle en relations pour Carlisle Cullen. Tu ne penserais évidemment pas à ce que ce soit un coup d'Alice?" Elle affichait un air furieux qui la rendait sexy et je dus porter mon attention sur autre chose.
"Ouai Alice. Tu ne voudrais pas t'expliquer?" Dis-je en me tournant vers elle.
"Ok écoutez, je sais que vous êtes fâchés contre moi mais papa avait besoin de quelqu'un pour l'aider avec les interviews et Bella détestait son boulot donc j'ai juste passé quelques appels." Expliqua-t-elle calmement.
"Papa n'a besoin de personne d'autre pour l'aider Alice. Il a Jane et Alec. Ils se démènent pour lui et tu sais qu'ils n'aiment pas travailler avec d'autres personnes." Dis-je en roulant des yeux.
"Si nous n'étions pas dans un lieu public, je te botterais le cul. Est-ce que tu as la moindre idée de la position dans laquelle tu m'as mise? Souffla durement Bella et on aurait dit qu'elle était sur le point de se jeter sur Alice.
"Et de quelle position s'agit-il?" Alice et Bella avait l'une de ces conversations silencieuses que beaucoup de filles avaient parfois entre elles.
Je ne savais pas vraiment quoi faire. Je savais qu'il ne fallait pas que je me mêle des guerres entre filles parce que je pouvais me retrouver au tapis.
"Je te déteste Alice." Dit Bella après quelques minutes de silence.
"Bien sûr que non, et tu le sais." Rayonna-t-elle.
"Mais pour qui va-t-elle travailler? Nous avons déjà des personnes qui s'en chargent." Je pensais pouvoir parler.
"Et bien, je suppose qu'elle peut travailler pour toi. Peu importe." Alice rebondit contre la table avec la nourriture et elle nous laissa seuls.
"Je suis désolé. Je peux passer des appels pour que tu retrouves ton poste." Soupirai-je et je sortis mon téléphone.
"Non non", dit-elle rapidement, "j'ai beau détester Alice en ce moment-même, je ne pense pas pouvoir retourner m'asseoir dans un box. Je ne suis pas égocentrique mais je suis bonne dans ce que je fais et j'aime travailler avec des clients donc j'aimerais plutôt rester." Répondit-elle, hésitante. "Si cela te convient."
"Vraiment?" Demandai-je, la voix un peu trop enthousiaste mais je m'en contrefichai.
"Ouai, mais ne le dis pas à Alice. Je sais qu'elle est du genre à sortir un 'je te l'avais dit'."
"Tu viens tout juste de décrire toute mon enfance." Ris-je.
Nous restâmes debout sans parler durant une minute parce que nous venions d'être poussés dans une situation tout à fait inattendue. En général, je savais lorsque j'allais voir Bella donc j'avais un peu de temps pour savoir ce que je comptais lui dire. Je sais, c'est pathétique mais il fallait que j'aie un script en tête ou j'allais en tomber par terre.
"Alors, que voulez-vous que je fasse patron?" Dit-elle en souriant largement. "Dois-je t'appeler Monsieur Cullen désormais?"
"Pitié, non." Dis-je en passant ma main dans mes cheveux et j'aperçus Alec non loin.
"Allez, si tu vas travailler pour nous, je dois te présenter le vrai patron." Je lui pris la main et tentai d'ignorer le choc qui me traversa et je la conduisis à l'endroit où je l'avais vu.
"Attends, je ne devrais pas être ici maintenant que j'y pense. Ils n'ont pas vraiment demandé mes services." Dit-elle en tentant de reculer mais je l'agrippai.
"C'est dommage… tu es là maintenant", ris-je, "Alec, j'aimerais te présenter le nouveau membre de l'équipe des agents publicitaires." Je poussai Bella vers lui. "Voici Bella Swan."
"Salut." Dit-il timidement et Alec la regarda sceptiquement.
"Il ne me semble pas avoir demandé d'aide. Carlisle l'a-t-il fait?"
"Euh… non. C'est Alice." Répondit Bella.
"Pour quelle raison?" Demanda-t-il et il commença à taper sur son Blackberry.
"Je ne suis pas sûre."
"Quelle école tu as fréquentée?"
"Northwestern."
"Impressionnant. Tu as eu le Professeur Michleson?"
"En troisième année de licence, oui."
"Quel grade tu as obtenu?"
Elle bougea un peu. "B+ parce que j'ai été malade durant les examens finaux et quelques mauvaises questions pour l'essai." Expliqua-t-elle.
Il l'observa puis retourna son attention à son Blackberry. "Bienvenue parmi nous je présume." Il haussa les épaules et j'étais surpris qu'il ne cherche pas la bagarre comme il le faisait d'habitude. "Si tu as besoin de quoi que ce soit, adresse-toi à moi ou à ma sœur Jane." Il la désigna et Bella acquiesça.
"Merci, et je te promets que je suis bonne dans ce que je fais donc tu n'auras pas à t'inquiéter."
"Bien. Je n'ai pas le temps de surveiller tes faits et gestes. Carlisle et Esmee ont leur équipe mais Edward a besoin de quelqu'un donc tu travailles pour lui. Il a toujours refusé de faire appel à un publiciste pour je ne sais quelle raison. Tu es sûre que cela te convient?" Me demanda-t-il.
"Très certainement." Dis-je en souriant en me dévoilant un peu trop mais je m'en moquai.
"Et bien, tu es embauchée alors", dit-il à Bella, "les choses vont assez vite par ici donc tiens le coup." Il serra à nouveau sa main et partit.
"C'était flippant." Lâcha-telle en un souffle.
"Il n'est pas si méchant. Sa famille et la mienne sont amies depuis qu'Hollywood a été créée donc nous nous connaissons."
"J'espère que je ne vais pas vous décevoir."
"Tu sais très bien que non."
Je sentis l'eau de Cologne puissante de mon frère et je grognai parce que je savais que cette rencontre s'apprêtait à m'embarrasser. Je me tournai vers Bella en voyant la forme massive de mon frère venir vers nous.
"Sache que je n'ai presque rien en commun avec lui." Soufflai-je à Bella alors que mon frère arrivait. "Je suis désolé pour tout ce qu'il compte dire." L'avertis-je.
"Salut Eddie. Qui est donc cette fille très sexy?" Lâcha-t-il en remuant les sourcils.
"Euh… Emmett, voici Bella. Bella, voici mon frère aîné, Emmett." Dis-je, peu enthousiaste.
Son visage perdit des couleurs une seconde avant qu'il ne revienne parmi nous et là, il étreignit Bella à lui en briser les os. Il articula silencieusement sur le fait qu'elle était canon, juste derrière son épaule avant de la remettre sur ses pieds. "Bienvenue dans la famille Bella. J'ai tellement entendu parler de toi de par ma démoniaque de sœur."
"Oh, j'espère que ce n'est qu'en bien." Sourit-elle.
"Bien sûr. On dirait que notre petit garçon a le béguin." Dit-il et il frappa durement mon épaule. Le visage de Bella eut des rougeurs sortant tout droit des fosses de l'enfer et je sentis aussi mes joues prendre des couleurs.
Je ne rougissais pas. Jamais.
"Bon, je vous laisse tous les deux, histoire que vous soyez encore plus maladroits." Son rire résonna et il partit à grands pas pour discuter avec Alice qui nous guettait tel un aigle.
Nous étions là, debout et nous nous balançâmes sur nos pieds pendant cinq bonnes minutes qui nous parurent des heures.
"Il ne vaut mieux pas que je te présente tout de suite à mon père. Il est en mode 'réalisateur'. Il pourrait te donner mal au crâne." Rit-il.
"Ca me va. De toute façon, je me sens trop humiliée pour le rencontrer. Il est très intimidant."
"Pas du tout. C'est juste mon père."
"Alors, je suppose qu'on devrait s'asseoir et mettre par écrit en quoi mon travail consiste, puisque je ne sais pas vraiment ce que je fais là." Dit-elle de manière professionnelle.
"Oui, ça serait assez logique."
Nous passâmes les heures qui suivirent à savoir en quoi consistait exactement le travail de Bella. Alice avait dit à Volturi Relations qu'elle travaillerait pour mon père mais il disposait déjà de quatre personnes donc nous avions décidé qu'elle travaillerait pour moi puisque je n'avais personne à part Jane et Alec. Mais ils bossaient pour la famille et cela semblait logique pour moi d'avoir quelqu'un qui s'occuperait personnellement de moi. Techniquement, elle était toujours employée par Volturi Relations parce qu'il lui versait un salaire mais elle allait travailler pour moi.
Elle était en quelque sorte mon assistante, mais tellement plus car elle ferait autre chose que d'aller me chercher mon café et récupérer mes linges propres. Je pouvais le faire moi-même mais elle allait gérer toute cette effervescence médiatique qui allait sans nul doute faire irruption dans ma vie dans les prochains mois, puisque mes films allaient sortir au cinéma.
Elle organiserait mes interviews, mes séances photos et toute personne qui voudrait me parler ou m'envoyer des scripts devrait passer par elle. Elle ressemblait assez bien à une patronne en ce moment et je ne pouvais être plus heureux.
Mmmhh. Un maître. Je me demande si ce genre de chose la branche? Je parie que oui…
Arrête ça Edward!
Nous ne parlâmes de rien d'autre de la journée à part du boulot mais je voyais bien qu'elle n'avait pas oublié ce qu'Emmett avait lâché plus tôt.
Pensait-elle que j'étais bizarre? Voulait-elle seulement continuer à travailler avec moi?
Je déteste Emmett.
J'étais sous le charme de Bella. Je ne l'avais jamais vu aussi professionnelle mais cela se voyait qu'elle maîtrisait la situation. A la fin de notre "réunion", elle avait déjà tous les numéros importants intégrés dans son Blackberry et m'avait déjà presque organisé deux interviews en mois d'une heure. Dire que j'étais impressionné était un euphémisme.
Je décidai de prendre ma chance et l'invitai à déjeuner. Cela se ferait de manière assez détendue pour ne pas que cela passe pour un rendez-vous…non?
"Alors Bella, est-ce que tu as faim?" Demandai-je timidement.
Super manière de débuter la conversation, tête de nœud.
"Oh… je ne m'étais même pas rendu compte de l'heure. J'étais tellement concentrée par tout ça que j'ai un peu oublié." Elle rit et ce son sembla être un antidote au stress que je ressentais. "Pourquoi?" Demanda-t-elle.
"Je me demandais simplement si tu voulais aller déjeuner. Tu dois manger." Lui fis-je remarquer.
Elle arqua son sourcil et afficha un sourire en coin. "Essaieriez-vous de m'inviter à un rendez-vous, Monsieur Cullen?" La façon dont 'Monsieur Cullen' sonna dans sa bouche envoya directement une décharge dans ma queue que j'essayai d'ignorer, sans succès.
"Tu acceptes?" Demandai-je sur le même ton joueur.
"Je pense pouvoir trouver du temps pour mon patron super célèbre." Dit-elle en haussant les épaules. "Tu as une petite idée de l'endroit où déjeuner?"
Bordel de merde. Je crois que j'ai mon premier rendez-vous avec cette femme incroyable.
De l'intérieur, je ressemblai à un petit garçon excité de cinq ans le matin de Noël mais je restai normal pour tenir le change.
"Bon, je n'ai pas réservé parce que je ne savais pas si tu accepterais." Ris-je et je la conduisis hors du studio.
"Donc si je comprends bien, tu avais prévu ce petit rendez-vous depuis un moment?"
Mais d'où sortait cette Bella dragueuse? Je l'adorais. Beaucoup. Je savais qu'il y avait ce côté confiant en elle, qui attendait simplement de se montrer. On dirait bien qu'elle est là.
"Et bien non, mais un homme a le droit de rêver, non? Je conduis."
Je l'amenai à ma Volvo et je me sentis tout de suite honteux. Peut-être aurais-je du prendre l'Aston Martina aujourd'hui…
Je l'aidai à s'installer côté passager avant d'aller m'asseoir côté conducteur.
"Alors, où va-t-on? Je ne connais rien puisque je viens tout jute d'emménager." Demanda-t-elle alors que je passai le portail.
"Ah oui, c'est juste. J'oublie sans arrêt que tu viens d'arriver. Je suppose que nous allons sortir souvent pour que je te montre les alentours." J'essayai de jauger sa réaction du coin de l'œil.
"J'adorerais." Répondit-elle calmement et je pus presque sentir ses rougeurs.
Je souris sans pouvoir m'en empêcher pendant le trajet sur Hollywood Boulevard jusqu'à mon endroit favori. Je me garai dans le parking du restaurant Yamashiro et coupai le contact.
"N'essaie même pas d'ouvrir la portière." La grondai-je alors qu'elle tendait la main pour attraper la poignée.
Je sortis de la voiture et allai lui ouvrir.
"Je pense être capable de le faire seul Monsieur Cullen." Elle sourit et je reçus à nouveau une secousse dans la queue. Il fallait vraiment qu'elle arrête de m'appeler comme ça.
"C'est un rendez-vous et ma mère m'a bien élevé."
Elle ne recula pas face à mes mots et je supposai que je pouvais donc considérer notre rendez-vous comme tel. J'allais tenter de faire passer cette impression autant que possible dans notre conversation pour qu'elle comprenne qu'il s'agissait plus que d'un simple dîner d'affaires et pas aussi formel que ce que j'ai l'habitude de faire.
Je suivis Bella dans le restaurant bondé et me dirigeai vers la réception.
"Bonjour à vous Monsieur Cullen. Heureux de vous revoir." Le propriétaire vint vers moi et me fit du frotte-manche.
"Heureux de vous revoir également Monsieur Roliti. Une table pour deux s'il vous plaît."
Il me regarda comme si j'étais fou puis il remarqua Bella, attendant timidement derrière moi. Habituellement, je mangeais seul ici pour pouvoir réfléchir en dînant bien. C'était la première fois que je venais avec quelqu'un qui ne faisait pas partie de ma famille.
"Bien sûr Monsieur." Il prit deux menus et nous conduisit dans le fond du restaurant.
"Tu as vraiment beaucoup de contacts dans cette ville." Souffla Bella alors que nous nous dirigions à l'arrière.
"Tu sais ce que c'est." Lui répondis-je en posant ma main dans le bas de son dos pour la guider, même si elle n'avait pas besoin de moi pour l'aider.
Nous nous assîmes dans un grand box et je pus voir les gens murmurer et nous montrer du doigt mais je tentai de les ignorer.
"J'espère que vous passerez un bon repas et si vous avez besoin de quelque chose, n'hésitez pas." Dit Monsieur Roliti. "Votre serveur s'occupera de vous dans un instant."
"Merci", répondis-je et il partit.
"Ouah, ce restaurant semble cher. On aurait peut-être dû aller au McDonalds." Dit Bella en découvrant le menu.
"Je t'ai dit que c'était un rendez-vous donc tu ne dois penser à rien." Lui répondis-je et j'inclus à nouveau ce mot dans la conversation. Je lui fis LE sourire en coin, sourire dont ma grand-mère ainsi que ma mère disaient qu'il pouvait tuer un taureau. Et je priai pour qu'il fonctionne sur Bella.
"D'accord, mais c'est bon pour une fois. Je n'aime pas que les gens dépensent leur argent pour moi." Elle semblait dégoûtée et je dus rire parce qu'elle était tellement mignonne.
"Tu es une personne très intéressante Isabella."
"Combien de fois je t'ai dit de m'appeler simplement Bella?" Elle baissa sa carte et posa ses mains dessus.
"Autant de fois que je t'ai demandé de m'appeler Edward." Rétorquai-je.
"Très bien, 'Edward'". Dit-elle en insistant sur mon prénom et ma queue tressauta dans mon pantalon. Bordel.
Nous reçûmes nos boissons et le serveur prit notre commande.
"Je vais prendre le steak cuit à point." Dis-je en lui rendant la carte.
"Et pour la charmante demoiselle?" Il se tourna vers Bella en souriant, mais il était bien trop amical et bizarrement, j'eus envie de lui foutre une baffe.
Est-ce là de la jalousie Edward Cullen? Je crois bien.
Il était clair que j'éprouvais des sentiments pour Bella.
Elle commanda des spaghettis puis nous sirotâmes nos boissons. J'entendis le cliquetis d'un appareil photo mais je ne me tournai pas pour voir de quoi il s'agissait.
"Les gens t'observent encore." Me chuchota Bella.
"Je pense qu'ils nous regardent."
"Nous?"
"Ouai. Ils pensent que nous avons rendez-vous." Souris-je d'un air suffisant.
Elle réfléchit un instant avant d'afficher un sourire démoniaque, "et bien, ce n'est pas le cas?"
Elle voulait jouer. J'aimais beaucoup cette Bella dragueuse.
"Oui mais je crois que notre définition est différente de la leur."
"Oh et quelle est-elle donc? Histoire que je comprenne bien." Dit-elle et je savais qu'elle me taquinait en me souriant ingénieusement.
"En général, je sors avec des femmes prises au hasard et que ma sœur m'a mises dans les pattes et que je ne prévois pas de rappeler. Si tu étais une de ces femmes, ce serait ce type de rendez-vous."
"Alors je ne suis pas comme ces femmes?" Demanda-t-elle et elle pencha la tête.
"Non. Tu es…"
Qu'est-ce qu'elle était? Est-ce que je voulais d'elle comme petite-amie? Était-ce trop tôt? Bordel. Est-ce les gens utilisaient encore ce terme de 'petite-amie' après le lycée? Dieu, viens-moi en aide.
"Je suis?" Insista-t-elle.
"Tu es une fille que je prévois de rappeler dès que j'en ai l'occasion." Répondis-je en douceur et elle sembla tout à fait inconsciente du combat que je menais intérieurement.
Elle acquiesça, sourit et but une gorgée de son eau.
Bordel, qu'est-ce que cela signifiait? Un signe de tête ne m'apprenait rien.
Mon Dieu, cette fille me rendait fou. Comment une femme que je connaissais depuis un mois pouvait-elle me faire remettre en question tout ce que je pensais être juste?
"Donc, puisque c'est notre premier rendez-vous, on devrait jouer au jeu des vingt questions." Dit-elle en arborant un autre sourire ingénieux.
D'où venait donc toute cette confiance en elle…et ne pensez pas que je n'ai pas remarqué qu'elle a parlé de 'premier rendez-vous'!
"Ça me paraît marrant. Et si on répondait chacun à la même question? Je passai ma main dans mes cheveux et crus l'entendre retenir son souffle mais lorsque je la regardai, son visage ne montrait rien.
Elle a forcément dû jouer auparavant.
"Je commence. Quelle est ta couleur préférée?" Me demanda-t-elle.
"Bleue."
"Verte."
"Quelles sont tes vacances favorites?" Lui posai-je.
"Thanksgiving."
"Noël." Rigolai-je.
"Ok, le genre de musique que tu préfères?"
"Tout sauf la country." Dis-je en frémissant. Je repensais à Jasper qui beuglait comme Conway Twitty dans les enceintes de ma voiture.
"Pareil pour moi."
Nous continuâmes pendant dix bonnes minutes et nous arrêtâmes de discuter plutôt que de nous poser mutuellement des questions.
Je découvris qu'elle était la fille unique de parents divorcés et qu'elle aimait son fils plus que tout au monde. Cet aspect m'attira davantage vers elle parce que je pouvais voir l'éclat de ses yeux lorsqu'elle parlait de Will. Elle était divorcée mais nous n'étions pas allés sur ce terrain-là, celui de l'ex-mari. J'avais pourtant le sentiment qu'elle avait vécu quelques mauvaises expériences avec lui, de très mauvaises expériences.
"Hé, on a arrêté avec nos questions." Dit-elle et elle enroula des pâtes autour de sa fourchette.
"Ok, alors c'est toi qui commences" Répliquai-je.
"Tu es allé à l'université?"
"Ouaip. A Yale, un vrai désastre. Et toi?"
"Je suis allée à Northwestern pour étudier la littérature. C'est ma matière principale mais je suis allée à l'école publique pour étudier les relations publiques."
"Pour quelle raison?"
"Je voulais vraiment être écrivaine mais Jacob voulait que je choisisse quelque chose de pratique donc j'ai changé… mais j'aime mon travail donc je suppose que tout est bien qui finit bien."
Je remarquai qu'elle tressaillit en mentionnant le nom de Jacob. Même si je savais que quelque chose de mal lui était arrivé, et que j'avais comme l'impression qu'il s'agissait de son ex-mari, je préférais ne pas aller trop loin.
"Et que sont devenus tes écrits?" Demandai-je.
"Ils sont dans une boîte dans le grenier de ma mère." Rit-elle.
"Ton film préféré?" Demandai-je en essayant de poser des questions sans discontinuer.
"Euh…Le Parrain II."
"Pas le premier?" Ricanai-je.
"Je l'aime bien mais le second est tellement mieux."
"D'accord. Je crois savoir pourquoi tu penses ça", acquiesçai-je, "à ton tour."
Elle réfléchit une minute, "cela va te sembler un peu osé mais j'ai vraiment envie de savoir… en fait, non." Elle ânonna et se recula sur sa chaise.
"Tu dois me le demander." Dis-je et mangeai un morceau de ma viande.
"Ce serait vraiment inapproprié puisque tu es mon patron maintenant. Période de l'année préférée?"
"L'été mais ce n'est pas ce que tu allais me demander. Je te promets de ne pas penser moins bien de toi si tu me le demandes."
Comment le pourrais-je? Tu es foutrement incroyable.
"Non, je ne peux pas. Je ne sais même pas pourquoi j'y ai pensé." Dit-elle dans sa barbe et elle rougit.
La Bella confiante s'était absentée pour le moment.
"Je veux savoir. Cela ne peut pas être si mauvais et je te promets de ne pas être choqué ou gêné." Dis-je en faisant le signe des Scouts.
"Tu es sûr?"
"Oui. Je veux vraiment savoir ce que tu allais me demander."
Elle expira avant de se lancer, "avec qui et à quel âge as-tu eu ta première relation sexuelle?" Demanda-telle et j'arrêtai de boire. "Tu vois, je t'avais dit que je n'aurais pas du poser la question. C'est ce que j'aurais demandé à une bonne copine d'habitude, si on joue à un jeu, mais tu n'es qu'un ami donc c'est bizarre…" Dit-elle en commençant à radoter.
"Non non, tout va bien. Tu m'as juste surpris." Je réfléchis un instant. "Ouah, c'était il y a longtemps mais je crois que c'était Mandy Van et j'avais treize ans."
"Tu es sérieux?" Me demanda-t-elle, les yeux ronds.
Merde, j'aurais peut-être dû mentir.
"Euh… ouai. Et toi?"
"Non. On reviendra à moi plus tard. Tu avais treize ans?" Elle balaya ma question et tenta d'en savoir plus. Je ne pus m'empêcher de rire en découvrant ses capacités d'investigation.
"Ouai. Je suis tombé sur Emmett une fois et il avait dix-sept ans à cette époque. Je ne pense même pas qu'il ait remarqué ma présence mais il y a peu de chances qu'il s'en soit préoccupé de toute façon. Mais je voulais être tellement comme lui parce que c'était le gars cool et tout le monde l'aimait. Une semaine plus tard, je faisais l'amour avec Mandy Van sur son divan et bim bam boum." Dis-je en haussant les épaules.
"Est-ce que tu savais seulement ce que tu faisais?" Me demanda-telle, toujours choquée.
"Non, et ça a été horrible mais Mandy m'a en quelque sorte montré. Elle avait seize ans."
"Ok, ça devient vraiment trop bizarre." Dit-elle en levant ses mains.
"Oh non. Tu ne t'en sortiras pas aussi facilement. Et toi?"
Elle soupira, "c'était avec le père de Will et j'avais dix-sept ans."
Lorsqu'elle mentionna le père de Will, cela me rendit nerveux mais je ne montrai rien.
"Ce n'est pas si mal. Rien de quoi se sentir honteux."
"Ça le serait si tu connaissais Jacob." Dit-elle dans sa barbe, mais je l'entendis.
"C'est son nom, Jacob?"
Elle sembla ne pas vouloir me répondre mais elle acquiesça, "Ouaip, Jacob Black."
Bordel de merde. Je savais qui était Jacob Black.
Il était l'un de ces playboys du genre il y a cinq ans et qui avait fondé l'une des sociétés de couvertures financières les plus prospères du pays. Il gérait l'argent des nombreuses riches personnes aux Etats-Unis. Je ne l'avais jamais rencontré mais il était apparemment un véritable enfoiré. Enfin, c'était ce qu'avançaient les magazines. Il était très suivi par les paparazzis sur la côte est mais les gens d'ici semblaient quand même le connaître. Elle avait été mariée avec lui? Elle avait été Isabella Black quelque part. Je tentai de chercher dans ma mémoire de quelconques articles que j'avais lus à son sujet mais rien ne me vint à l'esprit.
J'avais dû afficher un visage choqué car Bella rit étrangement.
"Je sais. J'ai évité la question du 'qui est l'ex-mari' aussi longtemps que possible. Je sais que les gens d'ici ont des contacts avec lui. Il n'y a pas de moyen de lui échapper." Dit-elle en jouant avec sa nourriture.
"Désolé. Je ne savais pas que tu occupais une place si haute dans l'échelle sociale."
"En fait, Jacob n'a pas toujours été comme ça. Nous avons grandi ensemble à Forks et il était le garçon le plus doux du quartier. Nous jouions sous la pluie et nous faisions des granités lorsqu'il faisait trop chaud puis nous sommes allés étudier à Northwestern après avoir commencé à sortir ensemble au lycée. Il est devenu riche et l'histoire a fait le reste." Dit-elle et elle termina son eau.
"Ouah."
"Ouai, mais je n'ai plus vraiment de contact avec lui. Pour moi, il n'est que le père de Will. Nous ne sommes pas amis ou autre. Je n'ai même pas accepté de pension alimentaire de sa part." Elle semblait vouloir expliquer ses actes.
"C'est bien je suppose. Que s'est-il passé? Si je peux me permettre." M'empressai-je de dire.
"C'est du lourd pour un premier rendez-vous Monsieur Cullen." Dévia-t-elle.
Elle s'apprêta à me dire quelque chose d'autre mais le serveur apparut et nous demanda si nous désirions un dessert. Nous refusâmes puis je reçus la note. Bella tenta de s'y opposer mais je ne l'aurais même pas laissé prendre l'addition en main.
Nous sortîmes du box et dès que j'aperçus la scène à la porte principale, je grognai parce que c'était bien une chose avec laquelle je ne voulais pas avoir affaire, surtout avec Bella sur les talons. Le mot comme quoi Edward Cullen dînait avec une "mystérieuse femme" avait dû passer et les paparazzis grouillaient littéralement sur place.
"Je suppose que c'était chouette le temps que ça a duré." Lâcha Bella et je lui ouvris la porte.
Nous fûmes à l'extérieur et je fus heureux d'avoir mes lunettes de soleil avec moi car les flashes des appareils photos m'auraient aveuglé. Je savais qu'il fallait que je garde la tête baissée et ne pas dire un mot. J'essayai de cacher Bella du mieux que je pus alors que nous nous rejoignions la voiture.
"Edward, Edward, est-ce que c'est votre nouvelle petite-amie?" Cria l'un d'eux.
Si seulement.
"Qui est-elle?" Demanda un autre.
Bella Swan, la femme la plus merveilleuse sur cette terre.
"Depuis combien de temps sortez-vous ensemble?"
Nous ne sortons pas ensemble…pas encore en tout cas.
"Qui êtes-vous?"
Nous bravâmes le froid et je lui ouvrai la portière et m'assurai qu'elle était bien à l'intérieur avant de rejoindre mon côté pour entrer. Je klaxonnai durant dix minutes pour que les paparazzis se déplacent et que je puisse quitter le parking.
"Je suis vraiment désolé pour ça. Tu vas bien?" Demandai-je en sortant de là.
"Ouai, je m'attendais à pire." Elle était un peu éreintée par tout ça mais sembla accepter sans sourciller. "J'ai dû les gérer avant mais ce n'était rien comparé à ça."
"Oh, c'est juste, Jacob est un gros poisson à Chicago, non?"
"Ouai, juste un tout petit peu." Sourit-elle.
"Je suis sincèrement désolé pour cette scène. Je suppose que tu ne t'attendais pas à ce que ta vie change autant lorsque tu as déménagé pour venir vivre à Los Angeles."
"Non, mais c'est un bon changement."
Je conduisis et nous ne dîmes rien durant le trajet.
Nous arrivâmes au studio et j'arrêtai la voiture mais aucun de nous ne bougea. Bizarrement, l'air était plus lourd et pesant. Le col de ma chemise semblait se resserrer et je me tournai pour remarquer que Bella m'observait.
Ses yeux chocolat fixaient intensément mon visage avec un mélange de désir, douleur, frustration et passion. Je connaissais ce regard.
Je le savais. Elle avait BIEN des sentiments pour moi.
"Bella, je sais que cela peut sembler étrange de te demander ça mais je ne peux pas m'en empêcher." Soufflai-je et la température dans la Volvo augmenta de quelques degrés supplémentaires.
"Que voulez-vous, Monsieur Cullen?"
Une fois encore, ma queue réagit à sa façon de prononcer mon nom et je dus physiquement bouger de mon siège pour me réajuster. Ma raison savait que je ne devrais pas poser la question mais ma bouche sembla fonctionner de son propre chef.
"Est-ce que je peux t'embrasser?" Demandai-je et je vis ses yeux s'assombrir légèrement malgré les vitres teintées de la voiture.
Elle ne répondit rien mais acquiesça de manière hésitante.
Je m'avançai et m'assurai de garder mes mains à mes côtés pour ne pas lui arracher sa blouse. Alors que mes lèvres allaient toucher les siennes, quelqu'un frappa à la fenêtre sans vouloir lâcher l'affaire. Je savais très bien de qui il s'agissait.
"Bordel", grognai-je.
Je m'écartai et rallumai la voiture. J'abaissai la vitre pour voir l'énorme sourire en coin d'Alice juste en face de mon visage.
"Alors, comment s'est passé le déjeuner?"
"C'était génial Alice. Ton frère est vraiment gentil." Dit Bella rapidement. "Merci Edward." Ajouta-t-elle et elle sortit de la voiture avant d'entrer dans le studio. Elle sembla soulagée que nous ne nous soyons pas embrassés et j'en fus frustré.
Qu'est-ce que cela signifiait?
"Bon Dieu Alice." Je frappai le volant et sortis aussi de la voiture.
"Quoi? Tu n'as quand même pas essayé de lui montrer que tu avais des sentiments pour elle, si?" Demanda-t-elle innocemment.
"Peut-être que si, je ne crois pas le savoir un jour." Grognai-je.
"Et bien, tu ne peux pas tout avouer lors du premier rendez-vous." Elle roula des yeux et me suivit à l'intérieur du studio.
"Tais-toi Alice."
"Pourquoi Alice doit la fermer?" Dit Emmett en bondissant vers nous.
"Edward et Bella allaient s'embrasser comme les amoureux qu'ils sont." Rit Alice.
"Vraiment? Oh mec, enfin. Je peux avoir une autre petite sœur maintenant." Emmett tendit la main pour que je la tape mais je les regardai tour à tour avant de m'éloigner en piétinant.
Il ne me restait plus qu'une scène à tourner et fort heureusement, elle n'impliquait pas Irina. Je devais juste faire quelques monologues et c'était terminé. J'allai me changer, me laissai maquiller, m'entraînai un peu et m'assurai de bien connaître mes lignes avant que mon père n'allume les caméras.
Durant tout mon jeu, Bella attendit non loin de ma ligne de mire et je pensai avoir fait la meilleure interprétation en sachant qu'elle me regardait. Je savais que je frimais mais je m'en moquais. Les quelques scènes prirent quelques heures à être tournées mais je les tournai tout de même plus vite que prévu.
"C'est dans la boîte tout le monde." Cria Carlisle et les gens applaudirent.
Bella me sourit et demanda silencieusement si elle pouvait me rejoindre. J'acquiesçai et elle se glissa sur le plateau à l'endroit où je me trouvais.
"C'était incroyable Edward. Je ne sais pas si je pourrai voir un film au cinéma désormais. Je veux le vivre réellement." Rit-elle.
"Je suis content que tu aies aimé."
Bizarrement, je ressentis le besoin de la toucher et elle sembla le remarquer.
"Tu peux m'enlacer Edward." Elle sourit en coin et j'enroulai joyeusement mes bras autour de son petit corps, "je suis désolée d'avoir couru comme ça. J'ai juste un peu paniqué. Je ne sais pas ce qui m'a pris. Je ne suis pas si prise de cours d'habitude."
"J'aime ça." Dis-je, honnête.
Le câlin n'avait rien d'inapproprié et pour un étranger, nous ressemblions à des amis mais de mon point de vue, c'était beaucoup plus. Je ne savais plus ce qui était approprié ou non après ce qui avait failli se passer dans la voiture seulement quelques heures auparavant. Je ne tentai donc rien. Sentir son corps dans mes bras était largement suffisant pour me calmer pour le moment.
Elle rit à nouveau quand je pressai la main dans le bas de son dos, "Edward, je ne sais pas si c'est très professionnel, surtout depuis que je travaille pour toi."
Merde.
J'avais complètement oublié cet élément. Était-ce approprié? Pouvais-je entamer une relation avec une femme qui travaillait pour moi? Était-ce un abus de pouvoir?
Il faudrait que je m'informe auprès de mon père à ce propos.
Je reculai et me retournai pour découvrir que Carlisle, Emmett et Alice nous regardaient de l'autre bout du studio, bouches bées comme s'ils avaient assisté à une explosion nucléaire.
"Je crois qu'on nous observe." Ricanai-je.
Elle suivit mon regard et se tient la tête lorsqu'elle découvrit qui l'observait. Ses joues rougirent et je savais qu'elle était très gênée. Je relevai son menton avec mon index.
"S'il te plaît, ne me cache pas encore ton visage." Dis-je et je dus admettre que c'était un peu ringard mais cela convenait, "allez, laisse-moi te présenter mon père."
"Non, oublie ça." Ella tenta de récupérer sa main que je tenais.
"Pourquoi? Serais-tu nerveuse?" Ricanai-je.
"Je ne peux pas le rencontrer. Il est… super célèbre et je ne suis même pas présentable." Elle essaya de lisser ses cheveux alors que je la fis passer devant moi.
"Tu es magnifique." Dis-je sincère, et elle rougit encore.
"Très bien, mais je ne veux pas qu'il pense de moi que je suis une salope donc garde pour toi ce petit épisode dans la voiture."
"Tout ce que tu veux Bella." Ris-je.
Nous avançâmes pour les rejoindre tous les trois, sa main dans la mienne et cela me parut normal. C'était la seule manière que je trouvai pour arriver à décrire la situation. Alice susurra quelque chose à l'oreille de papa et il sourit joyeusement avant de se redresser lorsque nous l'atteignîmes.
"Papa, je te présente Bella. Bella, voici mon père Carlisle Cullen." Dis-je pour l'introduire.
"C'est un réel plaisir de vous rencontrer Monsieur Cullen." Bella lui serra la main et fit un mouvement qui ressemblait à une révérence mais elle était si mignonne. Je ne pouvais pas me permettre de rire, cela l'embarrasserait.
"Heureux de vous rencontrer également Bella. Alice et Emmett m'ont parlé en bien de vous et je vois que vous faites des merveilles avec mon fils." Il sourit et me regarda.
"J'essaie Monsieur." Dit-elle calmement. "Cela prend beaucoup de temps pour que le planning de votre fils soit en ordre."
"Oh, vous êtes sa publiciste alors maintenant?" Dit Carlisle, véritablement choqué.
"Oui. De quoi parliez-vous?" Demanda-t-elle.
"De rien. J'ai entendu dire que vous veniez d'arriver ici." Dit-il pour changer de sujet.
"Oui, je viens de Chicago."
"Bon, il faut que vous veniez chez moi pour que nous fassions une petite fête."
"Oh non, c'est bon comme ça. Je n'aime pas être au centre de l'attention donc organiser une fête n'est pas la meilleure solution dans mon cas."
"Ne vous inquiètez pas Bella. Si vous es la publiciste d'Edward, vous faites presque partie de la famille donc j'insiste, et ma femme m'en ferait voir si je ne vous invitais pas."
"Merci."
Bella pâlit à la mention de ma mère. C'était le cas pour de nombreuses personnes et je ne comprenais pas vraiment pourquoi jusqu'à ce que je prenne de l'âge. Pour tout dire, les Cullen avaient pratiquement bâti cette ville et nous étions énormément respectés, surtout dans notre industrie du cinéma.
"J'ai aussi entendu dire que vous aviez un fils." Ajouta mon père.
"Ouai papa. Il est mignon." Dit Alice pour rejoindre la conversation.
"Et bien, assurez-vous de l'amener également. J'ai hâte de le rencontrer et je suis persuadé qu'il est aussi charmant que sa maman." Dit Carlisle et je roulai malicieusement des yeux.
Mon père était capable de flirter avec n'importe quoi et qui.
"Je m'assurerai qu'il soit présent." Bella sourit mais sa tête était toujours légèrement penchée.
Nous allions devoir travailler sur cet aspect.
"C'était un plaisir de vous rencontrer mais je crois que je suis appelé ailleurs." Mon frère secoua la main de Bella à nouveau avant d'aller rejoindre des producteurs.
"C'était un désastre." Lâcha Bella à voix basse.
"Tu as bien géré." J'enroulai mon bras autour de sa taille et la rapprochai.
"De quoi parlait-il lorsqu'il a mentionné des merveilles ou quelque chose comme ça?" Demanda-t-elle.
"Vous êtes les deux personnes les plus inconscientes sur cette terre. Je vous jure, ça m'a prit un temps fou pour que de simples choses se produisent." Claqua Alice.
"Tu veux dire les gens normaux. Je suis à moitié attardé et je peux clairement te dire…" Commença Emmett.
"Tais-toi Emmett." Dit Alice en le tirant ailleurs avant qu'il n'aille plus loin.
"Ta famille me rend confuse." M'avoua Bella lorsque nous fûmes seuls.
"Ne t'en fais pas. Ils sont toujours ainsi." Ris-je.
Les trois jours suivants, rien ne se produisit depuis notre "presque baiser" dans la voiture mais le plus important, c'était que la chose était claire et elle savait ce que je désirais.
J'avais été tellement pris par le travail de postproduction de mon père que je n'avais pas eu le temps d'appeler Bella mais je mourrais d'envie de le faire. Je savais que je donnais l'impression d'être un trouillard mais j'utilisais Alice et Démétri comme des espions. Je n'avais pas eu le temps d'aller aux derniers entraînements de football américain donc je n'avais pas pu la voir. Ils disaient qu'elle était heureuse et Alice me força presque à appeler Bella une nuit, lorsque j'étais venu chez elle à minuit.
Bella avait beaucoup de travail depuis qu'elle était désormais mon assistante/ma publiciste mais la majorité de son travail était faite durant le tournage des scènes donc je ne savais pas la voir. Je ressentais cette douleur sourde dans la poitrine qui cognait lorsque je pensais à elle et je mourrais d'envie de la prendre dans mes bras ou même plus, aller au bout de notre baiser mais je n'allais pas pousser le bouchon trop loin.
Heureusement, je terminais le film aujourd'hui et c'était le tout premier match de football américain. J'allais enfin savoir de quoi j'étais capable pour obtenir un vrai rendez-vous avec Bella.
"Démétri, dépêche-toi!" Criai-je de la cuisine alors que Dani était assise sur l'îlot et petit-déjeunait avec un burrito.
"Dis papa? Demanda Dani.
"Oui mon petit cœur?"
"Est-ce que tu vas demander à Bella de sortir avec toi aujourd'hui? Tante Alice a dit que tu le ferais."
Je laissai tomber l'éponge que je tenais et je l'entendis cliqueter sur le sol. Je la repris rapidement comme si rien ne s'était passé.
"Euh… pourquoi veux-tu le savoir?"
"Parce que j'aime vraiment bien Bella. Elle m'a acheté un granita hier alors que tante Alice ne voulait pas." Elle me sourit, "je pensais qu'elle était méchante mais elle est vraiment gentille et intelligente en fait. Elle m'a donné un livre l'autre jour." Dit Dani, joyeuse.
"Alors, tu serais d'accord si j'invitais Bella à dîner?" Demandai-je, sceptique.
"Bien sûr. D'habitude, je n'aime pas que tu sortes avec des filles mais tu as tout le temps l'air heureux. C'est vraiment rigolo. Je suppose que tu aimes vraiment bien Bella." Elle me fit un clin d'œil et retourna à sa lecture.
Elle était celle dont la réaction m'avait le plus inquiété.
Au cours des deux derniers jours, j'en étais venu à bout d'Irina et je m'étais convaincu qu'elle était contente pour moi. Je ne me sentais donc pas coupable d'aimer Bella mais j'avais un peu peur que Dani prenne mal le fait que je sorte avec une autre femme. Je savais que Démétri serait d'accord. Il m'avait presque demandé tous les jours depuis qu'il avait rencontré Bella si j'allais sortir avec elle, mais il ne savait pas vraiment ce que cela signifiait.
Je suppose que je n'ai plus aucune raison de ne pas lui demander de sortir avec moi maintenant.
Et tout à coup, mon cœur s'emballa à la vitesse de l'éclair.
Je tenais aussi à grandement remercier Isnoname sans qui je n'aurais pas eu autant de retour de votre part, chers lecteurs!
Si vous ne la connaissez pas, je vous conseille d'aller lire la fiction La liaison qu'elle traduit, et qui a été écrite par le même auteur que The Dolce Vita: Hollywood Living! :D
Vous retrouverez sa fiction dans mes favoris! :)
Ah oui, une dernière chose: n'hésitez pas à laisser un petit commentaire! ;)
