Chapitre 25 : renouveau

Attention, fin de chapitre rating M.

Réponse à Guest : Merci de ton retour. Bonne lecture.

Alors que le plan, à l'encontre de Marianne, prenait forme, Emma se souvint d'une chose importante. Elle attrapa l'objet, et le tendit à Regina.

- Tiens, j'ai reçu cette missive en ton absence.

- Ah ? Merci.

La brune décacheta l'enveloppe, quelque peu fébrile. Elle lut l'en-tête puis le reste de la lettre et blanchit d'un coup sec.

- Mais ce n'est pas possible…

- Qu'est-ce qu'il se passe ? Qui t'a écrit ?

- Un cabinet d'avocats… Le motard qui m'a renversé est blessé au dos et veut m'intenter un procès. Ça n'en finira donc jamais… C'est un cauchemar perpétuel…

- Un procès ? Mais enfin, c'est toi la victime !

- Apparemment, sortir d'un immeuble considéré comme habité par des riches, est un gage d'argent facile…

- Je peux payer sans souci !

- Je ne veux plus de tout ça. Ce système me donne envie de vomir.

- Regina, on va prendre un avocat et se défendre. Ce crétin vénal ne peut pas avoir gain de cause, il a failli te tuer !

- Il dit que c'est entièrement de ma faute, puisque je n'ai pas regardé où j'allais. Il n'a pas vraiment tort… Mais de toute façon, il va être extrêmement déçu, puisque je n'ai pas d'argent.

- Hey, regarde-moi. Je m'occupe de tout. Toi, tu guéris ton bras, tu t'occupes d'Henri, et tu travailles à la boucherie. Je connais une pléthore d'avocats, qui seront ravis de te défendre.

- Emma, tu ne peux payer pour toutes les bêtises que je fais.

- C'est mon rôle de te protéger, fin de la discussion. Je garde la lettre, afin qu'ils puissent bosser dessus le plus rapidement possible.

- Merci, je ne me sentais pas capable de faire face à cette épreuve supplémentaire.

Elles se sourirent, la bienveillance transparaissant chez Emma, et la reconnaissance chez Regina. Elles étaient prêtes à s'enlacer, lorsque Henri vint les interrompre.

- Coucou ! Alors, on mange le petit-déjeuner ?

- Mon dieu, cet enfant est un gouffre !

- C'est prêt mon cœur. Le deuxième gouffre va manger avec toi, je suis déjà en retard au travail. À ce soir.

Regina les embrassa chacun leur tour, de façon fort peu chaste pour la blonde, qui souriait tel un démon.

- Allez, gamin, on s'enfile le repas, et on va bosser.

- Maman a un problème ? Je vous ai entendu…

- Non, je vais le régler en deux temps, trois mouvements ! Toi, tu étudies et tu rapportes de bonnes notes, pour que ta mère soit contente. Ça te paraît bien, comme accord entre nous ?

- Tope-la !

Ils claquèrent dans leurs mains, et ricanèrent, ravis de se retrouver, complices.

Alors qu'Henri était déjà parti pour se rendre à l'école, Emma prit le temps de téléphoner à Aladin. Elle prit une grande inspiration, et expira prudemment. Son esprit tournait à toute vitesse, avec un nom en trame de fond, qui se répétait continuellement : Killian Jones. Cet homme ne cessait d'entrer et sortir de sa vie, mais systématiquement, il s'agissait d'une mauvaise nouvelle. Elle serra les dents, et fut surprise par la voix enjouée de celui qu'elle considérait comme son frère.

- Hey, blondie ! Je me désespérais d'avoir de tes nouvelles ! J'étais même sur le point d'appeler la garde nationale et les chiens renifleurs de cadavres !

- Aladin… Tu en fais trop. Et je te l'ai déjà dit.

- Hé ben, tu n'es pas heureuse d'entendre ma voix ?

- On va dire que oui, pour avoir la paix.

- Ouch ! Mon petit cœur saigne…

- Mets un pansement. Bref. Je t'appelle pour une raison particulière.

- Tu tournes autour du pot ? Ça ne te ressemble pas. Emma, dis-moi ce qu'il se passe.

- J'ai un nouveau nom à ajouter à la liste des suspects de Storybrook.

- Super ! Qui ça ?

- Killian Jones.

- Pardon ?

- Tu as très bien compris.

- C'est une sacrée coïncidence. On peut directement passer au moment où j'ordonne une exécution sommaire. Ça ne me dérange pas.

- Il n'en vaut pas la peine. Mais je ne compte pas l'épargner.

- Encore heureux ! Après ce qu'il t'a fait subir, avec sa pétasse !

- N'en parlons plus. Mais peux-tu me trouver un lien entre Killian et le conseil d'administration ? Ou bien ce qu'il foutait à Storybrook ? Je ne peux pas croire que tout ne soit pas lié.

- Et toi, alors ? Tu ferais partie intégrante de ce plan crapuleux ?

- Aucune idée. Je ne sais pas comment il aurait pu s'y prendre.

- Je m'occupe de fouiner et remuer la merde, Emma. On va le faire payer, ce fumier.

- Merci. C'est tout ce dont j'avais besoin. Entendre que la vengeance est un plat qui se mange froid. Et merci pour ton indéfectible soutien.

- Entre frangin et frangine, faut bien se serrer les coudes !

- Très bien. À bientôt, vieux frère.

- Pareillement Blondie !

Ils raccrochèrent ensemble, la blonde se sentant un peu plus légère.

- Bien, maintenant, allons affronter cette bande de crétins.

Elle sortit à son tour, afin d'aller travailler.

La journée avançait tranquillement à la boucherie. Regina discutait avec une cliente, qui désirait passer une commande pour l'anniversaire de son mari. Elles comparaient les différentes brochettes, et tombaient finalement d'accord sur un choix particulier. Une fois la femme partie, le boucher félicita la brune, pour ses conseils, et son excellente vente. Regina se sentit revigorée par ces compliments inattendus, et s'apaisait enfin, après toutes les déconvenues subies. Le tintement de la clochette, à l'entrée du magasin, la sortit de sa rêverie.

- Bonjour, que puis-je pour vous ?

- Bonjour. Je ne sais pas encore… Peut-être une viande bien tendre, qu'on peut encore améliorée, après l'avoir bien battue.

Elle releva la tête vers l'individu, qui souriait bizarrement. Il était de petite taille, et cela mis la puce à l'oreille de la mère de famille.

- Hum, je peux vous orienter vers un tournedos ?

- Je parlais plutôt de viande blanche. Même un peu blonde.

Regina pâlit d'un coup sec. Elle comprit qu'il s'agissait de l'agresseur d'Emma.

- Comment osez-vous ? Vous avez failli la tuer !

- Je sais, j'ai été gentil avec elle. Ça aurait pu être pire.

- Espèce de monstre ! Partez, ou je vous jure d'appeler la police !

- Je ne voudrais pas provoquer un esclandre… Et je ne suis pas un monstre, j'ai même un petit nom, figurez-vous, c'est Leroy.

Le boucher arriva sur ces entrefaites, et avisa l'homme en face de lui.

- Il y a un problème ?

- Non, je m'en allais. Bonne journée !

Le boucher dévisagea sa vendeuse, blême.

- Regina, ça va ?

Il se précipita vers elle, pour la soutenir.

- Cet homme… Il a attaqué Emma ! Et il est venu pour me menacer…

- J'appelle les flics !

- Non, il est déjà parti. Il faut que je la prévienne. Qu'elle fasse attention à elle.

- Vous voulez vous rendre à ses côtés ?

- Non, je ne lui serai d'aucune aide.

- Très bien, à votre guise.

- Merci de vous en soucier.

- Votre vie semble bien compliquée, Regina. Mais faites attention. Et si jamais ce nabot revient, hurlez. J'arrive et je lui refais le portrait !

- Vous auriez des ennuis… Ce n'est pas ce que je souhaite.

- Vous pouvez compter sur moi.

- Merci beaucoup.

Elle repartit rapidement le soir, afin de retrouver sa campagne et son fils.

Lorsque Regina expliqua la situation à la femme d'affaires, cette dernière se décomposa progressivement. Elle éprouva des difficultés à appréhender les choses, et se mit à trembler, de peur et d'anticipation.

- Emma, il ne m'a rien fait ! Je vais bien.

- Il nous a mises en garde ! Il peut frapper quand bon lui semble. Un mot de son chef, et nous sommes mortes !

- Jamais je ne laisserai mon fils seul en ce monde !

Emma la contempla, défaite. Bien sûr, Regina devait encore protéger son enfant. Mais elle, que lui restait-il à sauvegarder ? Son cœur se serra, malgré les attentions de sa compagne.

Emma revint le soir, un sourire mi-figue, mi-raisin aux lèvres.

- Regina ? Tu es là ?

- Oui, dans la chambre, avec Henri !

- J'arrive !

La blonde parvint jusqu'au rires, et vit la mère et l'enfant se chatouiller et jouer ensemble. Elle sourit en les voyant si complices.

- Coucou !

- Salut Emma ! Tu viens jouer avec nous ?

- Avec grand plaisir !

Et elle fondit sur eux, les chatouillant à son tour, malgré des douleurs persistantes dans les côtes. Après dix minutes de cette douce torture, Henri partit terminer ses devoirs, et la femme d'affaires en profita pour parler à la brune.

- Attends, j'ai un truc à te dire.

Sa compagne fronça les sourcils.

- Une mauvaise nouvelle ?

- Pas vraiment. Mais ça pourrait te faire peur.

- Explique-toi.

- Mes parents se sont invités à dîner, ce soir. Ils veulent s'assurer que je vais bien, et que tu n'es pas là pour… Me faire du mal. Désolée, je ne vois pas d'autre moyen de le dire.

- Je vais donc rencontrer tes parents dans moins d'une heure ?

- Voilà.

Devant l'air penaud de la blonde, Regina éclata de rire.

- Je pensais que ce serait plus grave. Rassure-toi, je ne vais pas mordre.

- Merci. Tu sais, depuis Killian, ils n'ont vu personne.

- C'est normal, tu te reconstruisais. Et je ne suis pas assez sotte pour croire que tu n'as pas eu un ou deux coups d'un soir, pour briser ta solitude.

- Tu es clairvoyante… Donc, c'est moi qui stresse le plus, dans cette histoire ?

- On dirait bien.

L'air malicieux de Regina s'effaça bien vite.

- Je n'ai rien prévu pour cinq personnes pour le dîner ! Oh mon dieu ! Il faut que j'aille faire des courses !

- Hey, c'est inutile. Ma mère apporte tout du traiteur. Je lui ai dit que c'était la moindre des choses, puisqu'ils s'invitaient d'eux-mêmes !

- Ils vont me prendre pour une mauvaise ménagère !

- Jamais de la vie. Simplement une femme qui travaille, et qui ne peut pas tout prévoir. Ce qui est parfaitement normal.

- Tout cela paraît si simple, avec toi.

- Parce que ça l'est.

- Je vais au moins mettre le couvert. Ce sera plus pratique que de manger par terre !

- Mais c'est super propre, grâce à toi ! On pourrait…

- Très drôle, miss Swan.

Emma lui chipa un baiser, avant de la laisser vaquer à ses occupations. Elle en profita pour prendre une douche, après cette longue journée, et délasser ses muscles toujours endoloris. Alors qu'elle coupait l'eau, elle s'aperçut que quelqu'un l'observait. Elle reconnut sa compagne, qui se rinçait l'œil.

- Je ne te dérange pas ?

- Non, continue, je t'en prie.

- Regina, peux-tu au moins me passer ma serviette ?

- Bien sûr.

La brune en profita pour la frictionner avec, et la caresser de façon outrageusement suggestive.

- Regina, on n'a pas le temps. Et tu me donnes envie de bien des choses, très vilaines.

- Vilaines à quel point ?

Des baisers papillonnèrent dans la nuque de la blonde, la faisant frissonner.

- C'est pas du jeu.

- Si, c'est du jeu. Mais tu es en train de perdre, voilà tout.

- Regina !

Emma la plaqua contre la paroi vitrée, et l'embrassa passionnément.

- Arrête de m'exciter, je t'en supplie. Sinon, je jure de te prendre ici et maintenant.

La sonnerie de l'entrée les fit sursauter.

- Sauvée par le gong, miss Swan.

- Misère… Je vais être tendue toute la soirée…

Un sourire ravageur accompagna la brune, qui sortit de la pièce humide. Emma s'ébroua, se pressant pour s'habiller.

- Au moins, ça l'a mise de bonne humeur… Elle aura ma peau, si elle continue à me faire ce genre de plan.

Elle sortit quelques minutes plus tard, fin prête, et retrouva Regina et Henri au salon, en compagnie de ses parents, en grande discussion.

Le dîner apporté par Mary-Margareth était léger et bienvenu. Un assortiment de mini-sandwich et de crudités, qui permettait de piocher dedans à volonté, avec des saveurs très différentes, pour que tout le monde puisse en profiter. Puis vint le moment des révélations gênantes au sujet de la blonde, qui firent beaucoup rire les Mills. Regina se permit alors de poser la question qui lui brûlait les lèvres.

- Dites-moi, je sais qu'Emma a été adoptée, mais pourquoi deux noms de famille ?

Mary-Margareth regarda son mari, qui répondit à sa place.

- Nous avons adopté Emma lorsqu'elle avait dix ans. Elle a toujours eu son nom d'orpheline, Swan, car elle ne voulait pas le perdre. Elle s'y raccrochait comme une naufragée à sa bouée. Et puis, il y a une autre raison…

Devant l'air un peu gêné du couple et le sourire amusé d'Emma, Regina patienta, sentant venir une nouvelle révélation. David reprit, en soupirant.

- La famille Charming est assez connue, dans le milieu caritatif notamment. Nous faisons partie de l'ancienne bourgeoisie, cette famille était là, quasiment en même temps que les Pères Fondateurs. Nous avons toujours essayé de faire profiter les autres de notre bonne étoile. De ce fait, nous pouvons aussi être une cible de choix, pour les crapules. Emma préfère garder son nom d'antan, Swan, afin de passer inaperçue. Disons que ça lui facilite la vie de ne pas être systématiquement mise en relation avec nous.

- Je vois. Je me disais bien que votre nom ne m'était pas inconnu… Donc, tu fais partie des nantis de ce monde, Emma ?

- On peut dire ça. Mais je n'ai jamais rien demandé à mes parents. Je me suis faite toute seule.

- Et c'est tout à ton honneur.

- Merci.

Emma vint chercher un chaste baiser, sous l'œil bienveillant de ses parents. Regina se crispa légèrement, peu habituée à de telles effusions en public, en particulier celui-ci. Henri ricana bêtement, alors que les deux femmes levèrent les yeux au ciel, le réprimandant gentiment.

Au cours du dessert, qui s'avéra délicieux, avec une tarte au citron meringuée, Regina posa une autre question, qui n'obtenait pas de réponse précise de la part d'Emma.

- Vous connaissez bien Aladin ?

Mary-Margaret s'exclama bien fort, et sans filtre.

- Ce petit vaurien nous a causé bien du souci !

- Euh, je suis désolée, je ne voulais pas remuer le passé.

La mère d'Emma poursuivit, voyant qu'elle avait tracassé la brune.

- Je vous rassure, ça n'a rien de méchant. Nous avons adopté Emma, qui ne nous avait pas prévenu qu'elle était la meilleure amie d'un garçon, Aladin. Il s'agit d'un surnom, car il adorait chaparder des choses, étant plus jeune, pour les donner aux petits de l'orphelinat. Nous n'avions pas prévu d'adopter deux enfants. Et le temps avançant, il se mettait dans des situations de plus en plus inextricables. Nous lui avons sauvé les fesses plus d'une fois. Mais il n'a jamais voulu faire réellement partie de la famille. Il préfère veiller sur notre Emma, de loin, tel un grand frère taquin. Aujourd'hui, il a trouvé sa voie, qui est parfois… Tortueuse ? Mais il a toujours été là pour elle. Et vice-versa. Nous le considérons comme un fiston, qui ne pose jamais ses valises. Il est comme une frère pour notre fille, et c'est tout ce qui compte.

- J'en apprends davantage sur toi en deux heures, que durant les derniers mois… Tu es une vilaine cachottière, Emma.

- Je sais entretenir une part de mystère.

- Madame entretient surtout son petit égo démesuré !

Et Regina lui tira la langue. La soirée se déroula sans encombre, la discussion s'animant autour des œuvres d'art et de la nourriture, qu'appréciait particulièrement la petite brune. Les parents repartirent sans bruit, afin de ne pas réveiller Henri, qui somnolait déjà, le ventre bien plein. Elles le couchèrent, débarrassèrent la table, et se mirent au lit.

- Emma, tu sais, je ne vais pas t'en vouloir parce que tu es maintenant sous une bonne étoile. Tu ne m'avais jamais rien dit de tout cela. On dirait presque que tu as honte d'être riche et de réussir ta vie professionnelle. Je ne comprends pas. C'est tout le contraire, tu dois en être fière !

- Je le suis, mais bien souvent, lorsque ça marchait bien dans cette vie-là, le reste partait en fumée. Alors je préfère ne pas trop la ramener ou tirer la couverture à moi. J'ai un bon boulot, une famille aimante et une compagne avec un fils que j'aime et qui m'aiment aussi. Que demander de plus ?

- Je comprends ton point de vue. Mais je trouve cela dommage de ne pas en jouir davantage.

- En parlant de jouir, tu m'as bien allumée sous la douche… Je pense que je vais me venger ce soir…

- Je suis crevée, et avec mon bras, ce n'est guère pratique. Calme tes ardeurs, Swan !

- Très bien, je te laisse en paix, mais ce n'est que pour mieux te faire plaisir plus tard, Regina !

- Merci, Emma. Pour tout. Cette soirée a été une vraie bouffée d'air frais. Mais… Tu ne leur as pas parlé de Storybrook, n'est-ce pas ?

- Non, je ne veux pas les inquiéter, ni leur faire courir le moindre risque. Mais quand j'aurais le fin mot de cette histoire, je ferai jouer mon nom de famille adoptif, afin de les détruire tous.

- Je ne te connaissais pas si rancunière.

- Ils ont failli avoir notre peau, les menaces sont incessantes. Alors, oui, je ne leur ferai aucun cadeau, lorsque je le pourrais.

- Rappelle-moi de ne jamais te mettre en colère…

- Bonne nuit, Regina.

- Fais de beaux rêves, Emma.

Elles s'embrassèrent et s'endormirent rapidement, enfin apaisées de ces derniers jours.

Une semaine se passa, sans qu'une nouvelle menace ne pointe à l'horizon. Emma en profita pour peaufiner son plan avec Ruby et Auguste, sous la surveillance lointaine de Regina. Emma était accoudée au bar, patientant pour son thé glacé, lorsqu'elle croisa Tiana, son ancien flirt, datant de quelques mois en arrière. Cette dernière l'aborda directement, sans préambule.

- Bonsoir, Emma, tu te souviens de moi ?

- Euh, oui. Bien sûr…

- C'est Tiana. On dirait que tu as oublié que nous avons failli passer une nuit torride !

- Désolée pour mon manque de délicatesse.

- Toujours disponible ?

- Pas du tout. J'ai trouvé la femme de ma vie. Mais merci de demander. Et toi ?

- Je dirais une éternelle célibataire…

- Tu m'en vois désolée.

- C'est le jeu. Peut-être qu'un jour, ma princesse viendra.

- Je l'espère pour toi.

Elles se sourirent et furent interrompues par Ruby, qui venait enfin d'arriver.

- Coucou les filles, besoin d'une fêtarde ?

- Salut Ruby.

Les deux brunes se fixèrent un moment, avant qu'Emma ne fasse les présentations.

- Ruby, voici Tiana, une vieille connaissance. Tiana, voici Ruby, une collègue et amie.

- Enchantée.

- De même.

- Je peux vous laisser faire plus ample connaissance. On dirait que je suis de trop…

Auguste arriva sur ces entrefaites, et s'amusa de la situation.

- Viens, Emma, tu vas m'expliquer comment passer de prince charmant à gougnafier. Être un salaud, ce n'est pas donné à tout le monde !

Tiana arqua un sourcil, face à cette tirade quelque peu bizarre, avant de reporter son attention sur Ruby.

- Puis-je t'offrir un verre ?

- Je ne décline jamais l'invitation d'une jolie fille !

- Que désires-tu ?

- Une vodka citron. Un poney et une nuit de sexe.

- Je pense qu'il est possible de s'entendre que les premiers et derniers points. Pour le poney… Ce n'est pas mon domaine de compétence.

- Tu es donc compétente dans les autres matières ? Intéressant.

- Barman, nous sommes assoiffées ! Il fait chaud ici !

Ruby rigola de la blague.

- Je sens qu'on va bien s'entendre toutes les deux…

- J'ai la même sensation, étrangement.

Elles passèrent plus d'une heure ensemble, avant que Ruby ne se souvienne de sa mission.

- Oups, je devais soutenir Emma dans sa quête vengeresse…

- On dirait que tes deux amis sont en grande discussion.

- Je reviens.

Ruby se rendit à la table de ses amis, afin de les prévenir qu'elle avait un empêchement ce soir, et ne pourrait donc pas les aider dans leur plan diabolique. Les deux comparses sourirent benoîtement, laissant les deux brunes filer.

- Alors Auguste, tu as compris comment faire ?

- Ouais, je l'accoste à son café favori, en renversant le mien sur elle. Puis je me confonds en excuse, et toute la semaine, je lui offre sa boisson. Puis je l'invite à dîner. Et je lui fais une drague du tonnerre, avant de me transformer en Grinch.

- Voilà, tu as tout compris. Bon allez, je file aussi, Regina doit m'attendre. Et ne la brûle pas au troisième degré, tout de même. Cela remettrait en cause tout notre plan !

- Je vais essayer, mais je ne suis pas un modèle de bon petit soldat. Tu auras de mes nouvelles demain, sans faute !

- J'y compte bien, mon pote. Bonne soirée !

- Toi aussi !

Elle repartit tranquillement, afin de rejoindre sa famille.

En arrivant, elle fut accueillie par Henri, qui lui sauta dans les bras, afin de lui montrer son excellent bulletin de note.

- Tu as vu, Emma ? Je suis le premier de la classe !

- Je suis fière de toi, gamin !

Elle lui ébouriffa les cheveux, tout en se tournant vers sa compagne.

- Et toi, tu as passé une bonne journée ?

- Oui, normale, surtout. Rien de particulier, et je dois admettre que c'est reposant.

- Je te comprends.

Emma patienta jusqu'à ce que le bambin s'endorme et discuta avec sa compagne.

- Le plan machiavélique entre dans sa première phase demain.

- Alors ça y est, elle va recevoir la monnaie de sa pièce ?

- Oui, elle l'a bien cherché. Auguste sera un véritable Don Juan durant cette semaine, puis encore après, si tout fonctionne bien. Et ensuite, elle recevra sa fessée !

- Elle est capable d'aimer ça…

- Regina, petite coquine.

- Il faut bien que je m'amuse un peu, moi aussi.

- Je peux t'aider à t'amuser, tu le sais ?

- Il faudrait que tu mettes en pratique ce que tu dis.

- Bien reçu ! À vos ordres, madame Mills !

Emma rigola, en l'embrassant fougueusement. Elle la couvrit de baisers, puis se permit de se laisser aller à des caresses qui en disaient long sur sa frustration. Elle avait envie de toucher la brune à nouveau, et de sentir sa peau contre la sienne. Malgré ses côtes en piteux état, elle n'abdiquerait pas. Elle voulait que Regina comprenne l'importance de ce désir, qui émanait d'elles, de façon parfois chaotique et désordonnée.

La brune laissa Emma divaguer sur son corps, son bras toujours plâtré. Elle voulait que la blonde lui fasse ressentir à quel point elle était importante pour elle. Elle attendait toute la passion d'Emma, ce soir-là. Et la blonde le comprit instantanément. Elle flatta le corps bistré, le caressa, le massa, de la plus suave des manières, puis elle se permit enfin d'approcher vers sa destination. Elle lécha les tétons érigés avec une grande délicatesse, ce qui ne l'empêcha pas de mordiller parfois, afin de faire monter le désir et l'excitation chez sa compagne. Elle ne cessait de fixer le visage de sa belle, à la recherche du moindre signe de contentement. Elle voulait la voir fondre, et prendre tout le plaisir qu'elle méritait. Elle laissa sa main descendre plus bas et caresser le sexe déjà prêt à l'accueillir. Elle comprit le message et la pénétra de suite, ne pouvant réfréner son besoin de prendre possession de sa partenaire. Les gémissements qui montèrent progressivement dans la pièce la firent sourire. Regina se lâchait enfin, et en redemandait. La blonde renouvela ses assauts, malgré sa fatigue. Elle ne pouvait plus se dérober à cette envie de sa partenaire, et elle n'y renoncerait sous aucun prétexte, d'ailleurs. Elle laissa son pouce caresser son clitoris, obtenant un violent coup de rein de Regina, qui en désirait toujours plus. Les cheveux bruns étaient étalés sur la taie d'oreiller, laissant le visage à découvert. Les soupirs de plaisir s'échappaient sans complexe, laissant place à la luxure.

- Emma, plus vite, s'il te plaît.

Cette dernière ne répondit pas, mais accéléra le mouvement, sentant sa partenaire se crisper sous ses doigts. Elle fut surprise par le cri étouffé qui accompagna l'orgasme qu'elle avait provoqué. Elle laissa Regina en profiter le plus longtemps possible, avant que cette dernière ne lui écarte la main, trop sensible.

- Emma, peux-tu rester dans cette position, mais en te rapprochant de moi ?

- Je reste au-dessus ? Vraiment ?

- Je ne peux pas prendre appui sur mon bras, petite maline. Mais tu ne perds rien pour attendre…

Et sur ces mots, elle plongea deux doigts dans la blonde, qui enclencha un mouvement de bassin, afin de satisfaire son impatience, qui la taraudait depuis un moment. Regina comprit que sa compagne était déjà largement excitée, et qu'il était inutile de faire durer trop longtemps le plaisir, car Emma tentait déjà de se placer, de façon à augmenter la friction des doigts conquérants. La brune rajouta un doigt, sentant que la blonde ne tiendrait plus, déjà en proie aux prémisses de l'orgasme. Emma enfouit sa tête dans l'oreiller, afin de ne pas faire trop de bruit, et laissa exploser son orgasme, s'écroulant sur le lit.

- Mon dieu, Emma, tu en avais tellement envie… Je suis sincèrement désolée de m'être dérobée la dernière fois.

- Je peux me passer de sexe, mais il est vrai que ça m'avait manqué.

Elles se fixèrent et s'embrassèrent tendrement, avant de se contempler, les yeux dans les yeux. Regina comprit que la blonde s'était endormie, lorsque ses paupières fermées, son souffle devint régulier. Elle lui caressa la mâchoire et déposa un dernier baiser sur la tempe.

- Dors bien, mon ange rédempteur. Que ta nuit soit douce et tes rêves à couper le souffle.

Regina la regarda dormir, avant de succomber aux bras de Morphée, à son tour, sereine.