Chapitre 28 : Speed-dating endiablé

Réponse à guest : tu as le droit de ne pas aimer ce que j'écris, mais il y a l'art et la manière de le dire. J'ai donc supprimé ce commentaire fort désobligeant, et comme tu n'as pas le courage de te loguer pour me le dire en face, je prends la décision de ne plus répondre à aucun guest, quel qu'il soit. Ce n'est pas mon premier avertissement, donc, maintenant, je ne laisse plus rien passer.

Je le répète, il est facile de répondre aux personnes qui sont inscrites et loguées sur le site, et je le fais toujours, avec plaisir. Mais laisser un commentaire, sans être loguer, oblige à répondre en début de chapitre, et je n'apprécie guère l'exercice, surtout dans ce cas précis, lorsque ça ressemble à un troll. En conséquence, je ne réponds plus à aucun guests.

Bonne lecture à tous.

X X X

Emma avait attendu en vain Ruby, ce matin-là, en oubliant que la jeune femme avait pris quelques jours de congés. Elle resta cloîtrée dans son bureau, maussade, et particulièrement affligée par son comportement. Mais la menace sur l'enfant de Regina était tout bonnement à vomir. Et Emma ne pouvait s'empêcher de culpabiliser, croyant dur comme fer que c'était de sa faute et de celle de son enquête d'amateur. Elle partit en réunion à l'extérieur avec un client pour le reste de la journée, et s'attarda en fin de soirée chez lui, une fois le contrat signé. Il lui offrit un verre, qu'elle tenta de refuser, mais qui parvint à ses lèvres, malgré tout. Elle ne s'enivra point, mais avait besoin d'un coup de fouet pour se remettre de ses émotions et faire face à la mère de famille, une fois rentrée. Elle prit un taxi, exceptionnellement, se sentant trop fatiguée pour s'engouffrer dans le métro et faire face aux gens. Cela la sécurisait également, de se savoir seule dans le véhicule. Elle constituait une cible facile, et ne voulait pas prendre de risques inutiles. Elle parvint sans encombres devant l'immeuble où ils résidaient. Elle resta plantée devant plusieurs minutes, incapable de franchir les portes qui la mèneraient chez elle. Elle fut tentée de fuir, une nouvelle fois, mais elle savait que Regina ne lui pardonnerait pas un nouvel affront de la sorte. Elle rassembla son courage et franchit le seuil des portes de l'immeuble, pour pénétrer dans le loft quelques minutes plus tard. Il y régnait un silence de cathédrale. Elle prit peur, convaincue en quelques secondes que la famille Mills avait pris ses affaires et mit les voiles. Mais elle entendit un léger bruit, et tourna la tête vers le sofa. Regina était emmitouflée dans un plaid, et dormait paisiblement. Le spectacle était si empreint de sérénité, qu'elle n'osa plus bouger. Puis elle s'assit aux côtés de la femme qu'elle aimait, et lui caressa la joue du dos de son index. Elle resta là longtemps, avant d'entendre la porte d'entrée s'ouvrir sur Henri, qui semblait avoir couru.

- Hey, salut gamin. Ta mère dort, on va la laisser se reposer.

- Ah d'accord.

Ils s'assirent à la table de la salle à manger, et Henri lui raconta brièvement sa journée, la mine un peu angoissée.

- J'ai couru jusqu'à la maison, pour être certain que le méchant monsieur ne s'en prendrait pas à moi encore, Emma.

- Tu as bien fait. Mais tu n'es pas obligé de courir. Fais attention, et si tu le vois, il faut crier de toutes tes forces. Ça va le faire fuir.

- Maman me l'a déjà dit. Mais elle est fatiguée, on dirait.

- Oui, nous avons mal dormi. Laissons-la se reposer, et préparons le repas sans un bruit.

- Mission repas : activée !

- Go !

Ils mirent la table et sortirent un plat du réfrigérateur, Henri réveillant doucement sa mère, sous l'œil protecteur de la blonde. Elle croisa le regard ébène, qui la dévisagea, mais sans aucune rancune apparente. Elle lui sourit alors timidement, et lui prit la main pour l'amener à table.

- Je suis désolée, Regina.

- Je sais. Pardon, je n'aurais pas dû te gifler, mais j'ai eu peur, et j'étais crevée. Ce n'est pas une excuse, bien sûr. Mais ne recommence pas, s'il te plaît. Il y a déjà trop de problème à régler, pour ne pas rajouter celui-ci.

- Je ferai plus attention…

Emma ne voulut pas admettre que son addiction était très certainement de retour. Aussi fit-elle le tour de la table pour s'installer, dans un silence assez confortable.

Afin de détendre l'atmosphère, une fois l'enfant couché, Emma montra un flyer à Regina.

- Qu'en dis-tu ?

- Que c'est une mauvaise idée.

- Certes. Mais encore ?

La brune soupira lourdement et prit le prospectus des mains de sa compagne.

- C'est bien agencé. Difficile de croire que ce n'est pas un professionnel qui ait fait ça.

- C'est un professionnel.

- Tu iras jusqu'où, comme ça ?

- Jusqu'au bout. Ça nous donne un objectif à atteindre. Et pour l'instant, c'est le seul qui me paraisse réalisable.

- Très bien. Je présume que nous en avons besoin pour nous distraire et ne pas penser à la suite des évènements.

- Oui, demain, je donne mon tas de flyers à une personne qui a pour travail de les distribuer et les coller dans les vitrines environnantes. Et j'installe tout pour la fin de la semaine, dans le bar que j'ai réservé, sous un nom bidon.

- Je ne sais pas si je dois être émerveillée ou angoissée.

- je suis géniale ?

- On va dire ça.

Elles se sourirent prudemment, et Emma déposa un baiser à la commissure de ses lèvres, lui souhaitant une bonne nuit. Regina en fit de même, et elles s'endormirent comme des masses, fourbues.

Dès le lendemain, le plan plus ingénieux que le précédent se mettait en route. Et le soir venu, Emma eût la satisfaction de lire une de ses affiches sur la devanture du café où Marianne avait ses habitudes. Elle sourit grandement, et revint profiter d'une soirée tranquille avec les Mills.

- Tu as l'air de bonne humeur, Emma.

- Mes affiches pour la soirée de rencontres sont partout dans le quartier, impossible de louper l'évènement de l'année !

- Et si Marianne ne vient pas ?

- J'ai bien marqué qu'il fallait s'inscrire, sinon, pas de places de réservées ! Je ne me ferai pas avoir deux fois. Maintenant, j'attends la confirmation de sa venue, et je mets en branle l'autre partie de mon plan.

- La partie secrète, qui sera le clou du spectacle, si je puis dire ?

- Exactement. En attendant ce grand jour, j'ai acheté des chaussons aux pommes pour ce soir.

- Merci, c'est gentil. Henri devrait apprécier le geste.

- Regina, tu ne vas pas bien. Je sais que j'ai déconné, mais tu me bats froid depuis cette nuit-là, et je ne sais plus quoi faire pour être de retour dans tes bonnes grâces.

- Ce n'est pas spécialement contre toi, Emma. Mais la menace de mort sur mon fils, toi qui pars en vrille en m'abandonnant ici en pleine nuit pour t'enivrer, et le dossier Storybrook qui n'avance plus, ça fait beaucoup. Et je ne trouve pas vraiment ça drôle, cette vengeance idiote contre la voisine. Certes, c'est une harpie, mais pourquoi vouloir lui rendre la monnaie de sa pièce ? Tu crois vraiment que ça la fera changer ?

- Non, bien sûr. Mais elle doit comprendre qu'on ne peut pas toujours gagner. Que ce n'est pas parce qu'elle est nantie, qu'elle peut rabaisser et humilier les autres. Et je ne lui pardonnerai jamais ce qu'elle t'a fait subir.

Regina poussa un soupir las, et partit cuisiner, afin de se délasser un peu. Au moins, personne ne venait la déranger, lorsqu'elle préparait le repas. Elle avait pardonné à Emma son incartade alcoolisée, mais elle ne parvenait pas à retrouver la sérénité d'antan, auprès de sa compagne. Elle s'éloignait progressivement de la blonde, sans réellement trouver un moyen d'y remédier. Ou peut-être ne le souhaitait-elle pas vraiment. Elle rumina ainsi ses sombres pensées durant une heure, avant de s'égayer un peu, alors que son enfant lui racontait sa journée autour du plat.

La semaine passa sans qu'un autre incident ne survienne. Emma passait beaucoup de temps en réunions extérieures, afin de ne pas croiser le vice-président et sa clique de chacals décrépits. Elle appela sa complice, qui trouva l'idée de la vengeance contre Marianne, et la seconde victime, fort goûteuse. Les deux femmes s'entraidèrent, jusqu'à ce que Regina s'agace un soir, de voir la blonde rentrer de plus en plus tard.

- Mais enfin, Emma, où étais-tu encore passée ?

- Je peaufine mon plan machiavélique. Mais comme je pensais que ça ne t'intéressait pas vraiment, je ne t'en parlais plus…

- Ce n'est pas ma tasse de thé, en effet. Mais qu'as-tu donc à faire de si important, contre cette femme qu'il serait préférable d'ignorer ?

- Je te promets que tout sera fini dimanche. Enfin samedi soir, si tout se passe bien.

- Je préfère que cela se termine rapidement, pour ne rien te cacher. Ça me soulagerait de savoir tout ça derrière nous.

- Tu veux que je te parle de ma journée ?

- Oui.

- J'ai décroché un nouveau contrat, grâce à un client mécontent de la concurrence. Je devrais leur envoyer un panier de fruits, tu ne crois pas ?

Devant le sourcil arqué de la brune, la femme d'affaires cessa ses pitreries. Elle haussa les épaules et mit le couvert, sans s'étaler davantage.

Le lendemain, alors qu'elle avait reçu confirmation que la seconde victime avait été alpaguée par la perspective d'un speed-dating de qualité, Emma se frotta les mains. Elle faisait tout cela pour Regina, pour qu'elle retrouve un peu de joie de vivre, de légèreté et surtout sa dignité. Mais elle voyait bien que tous ses efforts ne portaient guère leurs fruits. Aussi, alors que samedi soir se profilait et qu'elle se tenait en coulisse dans la salle de bar réservée pour les rencontres, elle boudait presque son plaisir. La mère de famille n'avait pas voulu venir, et Ruby était rentrée depuis seulement trois heures, lorsque la soirée commença. La brune incendiaire avait donc décliné l'invitation, afin de se reposer. Ses vacances avaient été sportives, selon ses propres dires. Elle attendit donc seule que Marianne et l'invité mystère arrivent, afin de lancer les hostilités. Tous les autres participants étaient des comédiens amateurs, engagés par ses soins. Ça lui avait coûté cher, mais elle estimait que ça en valait le coup. Elle patienta peu de temps, avant de voir apparaître Marianne, en robe noir, découvrant une poitrine parfaitement mise en valeur. Elle sourit. La brune laissa son regard vaquer entre les différents hommes et finalement, alla s'asseoir à la place qui lui avait été assignée. Environ cinq minutes après, l'invité mystère débarqua à son tour. Emma sauta sur ses pieds. Un système de caméras lui permettait de voir tout ce qu'il se passait dans la salle, et ainsi savourer le moment à venir. Mais elle se sentait bien seule, alors que cela aurait dû être une soirée mémorable. Elle entendit un bruit derrière elle et vit Auguste, un peu penaud, la saluer.

- Je n'allais tout de même pas rater ça. Elle m'a foutu la honte, alors si elle a la monnaie de sa pièce… Hé bien, je ne vais bouder mon plaisir !

- Auguste ! Je suis contente que tu sois là !

- Faut se serrer les coudes, parfois.

- Merci, ça me touche que tu te sois déplacé.

- Alors, ton invité mystère est là ?

- Oui, Marianne aussi, que le spectacle commence !

Elle lança la petite lumière rouge, afin que les hommes se placent en face des femmes et tournent toutes les cinq minutes. Les premiers prétendants se devaient d'être insipides, ou tout du moins, franchement mielleux. Au choix des acteurs. Mais surtout, ils ne devaient pas se montrer sous leur meilleur jour, avec la brune acariâtre.

Le manège dura ainsi pendant quatre tours, et on sentait déjà que la brune fulminait. L'invité surprise était le prochain à se mouvoir à sa place. Emma se rapprocha des écrans, et Auguste demanda qui était donc cet homme, qui semblait captiver la blonde.

- Il s'agit de Robin Hood. L'ancien patron de Regina, celui qui l'a virée comme une malpropre de son travail de femme de ménage, et qui l'a harcelée. Le piège se referme sur ces deux crétins. Ce soir, c'est Marianne qui trinque, mais lui ne perd rien pour attendre. J'ai déjà prévu quelque chose de particulier pour ce fumier.

- Non ?! Mais comment as-tu fait pour qu'il soit présent ce soir ?

- Oh, une petite manigance de rien du tout, avec Ashley, l'ancienne collègue de Regina, avec qui elle travaillait souvent en binôme. Je l'ai contacté, et elle était plus que ravie de pouvoir m'aider à clouer le bec à cette mégère. En échange d'un petit coup de pouce, pour que ce dandy mal rasé ne soit à son tour victime de mes manigances. Elle était enchantée du plan que je lui ai exposé.

- Mon dieu, tu as pensé à tout… Et tu vas faire comment ce soir ? Ça pourrait être le coup de foudre !

- Je ne crois pas. Figure-toi que j'ai envoyé un curriculum vitae de Marianne, avec photo, afin de postuler en tant que femme de ménage dans l'entreprise de ce cher Robin. Il n'est pas du genre à oublier un joli minois. Et elle va en faire les frais ce soir, car il s'agit d'un speed-dating haut de gamme…

- Et elle est censée être une femme de ménage, pas une riche rentière… C'est… Diabolique, Emma. Je suis soufflé.

- Merci. Maintenant, regardons ce qu'il se passe entre nos deux tourtereaux.

L'écran devint le centre de l'attention du duo, et le silence se fit, afin de mieux écouter la conversation entre Robin et Marianne.

L'homme s'était assis, subjugué par la beauté de la brune. Il lui sourit aimablement, et elle répondit à son tour, surprise de ne pas avoir affaire à un nouveau gougnafier.

- Voici une rencontre qui me change des précédentes.

- Robin, enchanté.

- Marianne, de même. Je me pose une question depuis que cet évènement a commencé : s'agit-il d'une farce ? Le niveau, pour l'instant, n'est clairement pas au rendez-vous, si vous me passez l'expression.

- Je suis entièrement d'accord avec vous. Mais pour-être que le vent est en train de tourner.

- Qui sait ?

- Que faites-vous dans la vie, Marianne ?

- Disons que j'investis et revends.

- La bourse, donc ?

- Entre autre.

- Et ça marche bien ?

- Je n'ai pas à me plaindre. Et vous, alors ?

- Je dirige mon entreprise d'employés de maison.

- Oh, intéressant.

- Si on veut. Vous appréciez les balais et les détergents ?

La brune partit dans un grand éclat de rire. L'alchimie passait bien entre eux, et le petit jeu de chat et de la souris semblait leur convenir.

- Pas franchement.

- C'est bizarre, mais j'ai l'impression de vous connaître.

- Si c'est une façon de draguer, elle est un peu éculée.

- Non, votre tête me dit quelque chose… Mais je ne parviens pas à mettre le doigt dessus.

Il réfléchit, scrutant la femme en face de lui, la mettant mal à l'aise. Puis il écarquilla les yeux, avant de se crisper.

- Je sais, maintenant, ça m'est revenu…

- Et donc ?

- Vous aviez raison, le niveau n'est clairement pas satisfaisant, ici. J'irai me plaindre, d'ailleurs. On m'avait vanté des rencontres avec des personnes bien installées dans leur vie, pas des croqueuses de diamants ! Vous avez postulé dans ma société ! Vous êtes au chômage, et vous essayez de trouver un pigeon pour subvenir à vos besoins !

Robin se leva brutalement de sa chaise. Il haussa le ton, afin que tout le monde puisse l'entendre.

- Cette femme cherche un bon parti, afin de ne pas travailler, comme femme de ménage. C'était censé être du haut de gamme, ici, pas un délire à la Cendrillon ! Je m'en vais, quelle honte !

Il tourna les talons et laissa l'assemblée en plan, Marianne rouge de honte au milieu, d'avoir ainsi été traitée de la sorte. Mais lorsqu'elle croisa le regard des autres convives, elle comprit qu'elle n'avait plus d'autres choix que de partir, vaincue. Tous la dévisageaient,, choqués, et dégoûtés. Les acteurs faisaient leur boulot avec un talent certain. Elle sortit à son tour, des larmes de colère et d'humiliation dans les yeux.

Emma et Auguste en restèrent bouche-bée. Ce plan avait marché au-delà des espérances de la blonde. Elle était totalement satisfaite du déroulement de la soirée, et se gaussa. Auguste la vit faire et un immense sourire orna son visage.

- Au moins, cet homme ne l'a pas loupé ! Elle devait être morte de honte.

- Oui ! J'ai même cru que sa mâchoire allait de fracasser, à force de la serrer. Ça fait un bien fou de la voir remise à sa place. Je n'y croyais qu'à moitié.

Ils tombèrent dans les bras l'un de l'autre, avant qu'Emma ne s'empare du micro posé à côté de l'écran, afin de s'adresser aux comédiens.

- Bonsoir et merci de votre participation, ce fut une belle soirée. Je vous laisse continuer et profiter de la fête, les boissons sont à volonté ! Merci beaucoup encore et à bientôt, peut-être.

Elle l'éteignit et se tourna vers son acolyte.

- Que dirais-tu de fêter ça autour d'un gâteau au chocolat ?

- Gourmande !

- Absolument.

- Allons-y, tu as parfaitement vendu l'article.

Ils partirent eux aussi, bras dessus, bras dessous, savourer leur victoire. Marianne avait enfin obtenue ce qu'elle méritait, et ça mettait du baume dans le cœur de la blonde, qui en avait bien besoin, ces derniers temps.

Emma rentra tard, mais fière d'elle. Elle avait donné une bonne leçon à son acariâtre de voisine et elle n'avait pas bu une goutte pour fêter ça. Regina l'attendait patiemment sur le sofa, un verre de cidre à la main. Il était rare de la trouver ainsi, avec un air si mélancolique. Elle leva les yeux vers sa compagne, et lui sourit doucement.

- Alors, ton plan machiavélique a fonctionné ?

- Oui, à merveille. Dommage que tu n'aies pas été là pour voir sa déconfiture. Ça valait clairement le détour !

- Je n'apprécie guère ce genre de spectacle.

- Pourtant, je suis certaine qu'autrefois, tu n'aurais pas craché dessus.

- J'ai changé, Emma. Je ne suis plus cette femme.

- Je le sais bien, je te taquine.

- Tu es donc satisfaite du résultat ?

- Oui, je pense pouvoir affirmer que le sujet est clos.

- Fort bien. Tu as dîné ?

- Oui, un gâteau au chocolat, en compagnie d'Auguste, qui a retrouvé une partie de sa virilité, ce soir !

- Alors, inutile que nous passions à table. Je vais me coucher, je suis fatiguée.

- Bien, euh, moi aussi.

Emma ne s'était pas attendue à une telle douche froide en arrivant de cette soirée, qui s'était merveilleusement bien déroulée. Elle voyait le trouble de la mère de famille, sans parvenir à l'apaiser. Elle se força à la suivre, et se coucha à ses côtés, une fois en pyjama.

- Regina, tu n'es pas dans ton assiette.

- Je suis juste fatiguée, Emma. D'avoir peur, de te surveiller, et ne pas savoir si tu bois en cachette. De Leroy, qui a terrorisé mon fils.

- Je le ferai payer.

- Mais crois-tu que c'est une réponse adéquate, avec ce genre de type ?

- Il faut bien faire quelque chose ! Il ne peut pas continuer à menacer tout le monde, tout ça parce qu'il est couvert par un homme influent.

- Je ne crois plus à ces belles paroles. Il me faut des actes. Peut-être que si je vais voir la police…

- Tu crois qu'ils te protégeront ?

- Et pourquoi pas ? C'est leur travail, non ?

- Ils attendent juste un faux pas de ta part, tu le sais.

- Oui, mais l'attente est pire que tout.

La blonde voulut la prendre dans ses bras, afin de la réconforter, mais le brune s'échappa de son étreinte.

- Pas ce soir, Emma, j'ai envie de dormir.

- Euh, d'accord, pas de souci.

Elle revint à sa place, et fixa les ténèbres, qui l'engloutissaient elle aussi, progressivement.

Le dimanche matin, elle se leva tôt, et convint avec Ruby de se retrouver au parc, afin de prendre un café au troquet de plein air. Elle vit la brune déjà installée, et la rejoignit rapidement.

- Salut Ruby, alors ces vacances ?

- Salut Blondie ! Sportives. J'étais partie me ressourcée dans un centre de yoga.

- Toi, du yoga ? Je ne l'imaginais pas.

- C'est pour éviter de mordre.

- Ah oui, tout de suite, ça prend davantage de sens. Tu es resplendissante, en tout cas.

- Je n'y étais pas seule…

- Je comprends de mieux en mieux ton silence radio.

- Alors, il paraît que Marianne a eu sa fessée ?

- Oui, et elle a été magistrale ! Radio moquette fonctionne toujours aussi bien.

- Auguste n'a pas pu s'empêcher de me faire un petit debriefing.

- Je m'en doute, il était assez heureux, lui aussi.

- Regina doit être contente de cette fin… Heureuse ?

- Euh… Pas vraiment. Elle s'en fiche, on dirait. Elle tend l'autre joue pour se faire battre, en ce moment, je ne la reconnais plus. Elle est atone, comme vidée de toute énergie et substance.

- Merde. Mais il s'est passé un truc, ou tu as fait une connerie ?

- Les deux…

- Tu sais, je ne lis pas encore dans les pensées des gens. Il serait fort charitable de m'expliquer.

Emma soupira lourdement, elle n'avait guère envie de se replonger dans ce cauchemar, mais Ruby semblait réellement s'en inquiéter.

- Henri, le fils de Regina, a été menacé. Leroy, le nain qui m'a… Tabassé, lui a remis une cartouche de balle, afin qu'il la remette à sa mère. Depuis, elle a peur de tout, et veille sur son enfant, tel un prisonnier de guerre. L'ambiance à l'appartement est lourde, et Henri en avait déjà marre avant, alors maintenant, il est terrorisé, en prime. J'ai l'impression que ça n'en finira jamais.

- Emma… Mais c'est très grave ! Vous avez prévenu la police, j'espère ?

- Non, Regina sait qu'ils ne feront rien pour elle. Et puis, il n'y a aucune preuve. Il a bien joué, le bougre. Pas de témoin, pas de caméra, rien. Juste une douille, sans aucune empreinte autre que les nôtres. Ce serait crier au loup et redonner une occasion à la police d'interroger Regina sur le dossier Storybrook. Inutile d'en rajouter une couche.

- Ils n'ont pas le droit ! S'attaquer à un enfant, il n'y a rien de plus lâche !

- Je sais. Et je leur ferai payer aussi. Mais pour l'instant, nous sommes dans une impasse. Mon indic s'est fait repérer et menacer. J'ai dû lui dire de se cacher. Je ne sais plus quoi faire.

Ruby sembla sur le point de dire une phrase, mais s'en abstint. Elle se contenta de secouer la tête, et de souffler, de colère et de dépit. Elles restèrent un moment sans rien dire, à siroter leurs boissons chaudes. Puis Emma reprit la parole, la voix de plus en plus basse.

- Tu sais… J'ai bu. Une nuit, alors que ça se passait mal avec Regina, j'ai fui le loft et j'ai bu deux bouteilles de whisky. Je me suis réveillée sur un banc, telle une ivrogne. Elle m'a chopé, lorsque je suis rentrée. Une dispute a éclaté. Et elle… M'a giflé. Je ne peux pas lui donner tort. J'ai encore merdé.

- Je ne sais pas quoi te dire… Je n'aimerais pas avoir ta vie, en ce moment. Tu as une femme magnifique, un fils sympa, mais… Tout le reste…

- Se barre en sucette. Je te remercie pour ton honnêteté.

- De rien, c'est gratuit.

Elles partirent peu de temps après, afin de rentrer chacune dans leur logis. Ruby semblait préoccupée, et ruminait quelque chose.

Une fois dans son appartement, et voyant que Tiana n'était plus là, elle prit son téléphone, et composa un numéro qu'elle connaissait par cœur.

- Ruby, quelle charmante surprise ! Ces vacances étaient-elles à votre goût ?

- Oui, je dois bien l'avouer, mais je viens d'apprendre une nouvelle qui m'a ébranlé.

- Vraiment ? Vous, la louve solitaire ?

- Vous avez menacé un enfant. Vous me donnez envie de vomir.

- Mesurez vos paroles. Je l'ai fait, afin d'avoir la paix, et visiblement, cela a fonctionné au-delà de mes espérances.

- Elles ne méritent pas ça ! Il n'a pas dix ans !

- Gardez vos leçons de morale pour vous, ce n'est pas mon problème. Et cela ne vous gênait pas, je crois, il y a encore quelques heures. Sachez rester à votre place.

- Fumier.

- Bonne journée, Ruby.

Il raccrocha, laissant la brune fulminer à tout-va. Elle balança son téléphone sur son canapé, et frappa le mur avec son poing. Comment en était-elle arriver aussi bas ?

Le vice-président, dans sa maison de campagne, sourit lugubrement. Il appuya sur une touche de son téléphone, et prononça quelques mots.

- Mon cher, je crois que je vais avoir recours à vos services, une fois encore.

- Qui ?

- Ruby Lucas semble prendre quelques libertés. Il serait de bon ton de la faire revenir à la raison.

- Bien.

Ils raccrochèrent, et chacun sourit, tel un diable malfaisant.