Bonjour tout le monde!
J'espère que vous allez bien et que vous avez passé une semaine aussi bonne que la mienne! Je n'ai pas arrêté une seconde de sortir grâce (à cause de? Ça dépend des PDV) aux festivités dans ma ville et ça m'a fait un bien fou! :)
Malgré tout, j'ai trouvé le temps de m'atteler à ce (très très long) chapitre que j'avais hâte de découvrir et je n'ai pas été déçue une seule seconde. :D
Vous vous souvenez, quand je vous avais demandé au précédent chapitre qui, selon vous, allait être le premier à réagir à l'annonce de la relation d'Edward et Bella? Et bien, vous allez avoir votre réponse. Et accrochez-vous bien parce que le voyage risque d'être très mouvementé! x)
Je vous souhaite une très bonne lecture, et c'est au tour de Bella d'être aux commandes de l'appareil. :P
Bisous, et prenez bien soin de vous!
ValouPili
Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7! Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!
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CHOIX DE CARRIÈRE ET SANTA BARBARA
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Point de vue de Bella
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Le bruit que faisaient mes talons retentit sur le sol carrelé des bureaux de Volturi Relations alors que je marchai vers ma mise à mort.
Une semaine était passée avant que je ne reçoive ce fameux coup de téléphone qui m'invitait à venir dans les bureaux pour "discuter de mes choix de carrière". Tels étaient les mots que Victoria avait employés. Quand j'avais tenté d'obtenir davantage de renseignements sur le pourquoi ma présence était nécessaire, elle n'avait pas voulu élaborer. Je comptais me comporter comme une parfaite idiote parce que j'allais les faire travailler pour me renvoyer. J'étais carrément trop bonne dans mon métier pour être simplement foutue dehors, parce que j'étais en train de m'amuser un peu.
Pour être tout à fait honnête, je n'avais pas respecté les règles et peut-être que je vivais les derniers instants d'une rébellion adolescente mais à l'heure actuelle, je m'en moquais.
Durant cette semaine, j'avais continué à travailler pour Edward autant que je l'avais pu mais pas sans ma part de défis. Jane et Alec avaient continué à s'en prendre à moi pour, comme ils aimaient le dire, être en train de ruiner la carrière d'Edward. Ils fermèrent enfin leur grande bouche quand Esmée eut de l'emprise sur eux mais j'étais tout de même restée sur leur radar au cas où j'aurais mis un pied devant la ligne. Edward et moi avions décidé de ne pas faire de déclaration à la presse parce que notre relation ne regardait personne à part les gens à qui nous avions décidé de le dire. Même si tout le monde était au courant de qui j'étais désormais, nous avions l'impression que notre vie privée était notre meilleure arme de défense.
Je découvris bientôt que peu importait que nous la gardions privée, cela ne signifiait pas que les gens avaient perdu l'intérêt pour notre histoire. J'étais rapidement devenue amie avec quelques photographes très insistants et qui semblaient toujours se trouver devant moi. Je me m'en souciais pas vraiment parce que j'avais signé pour toute cette agitation mais j'étais un peu ennuyée quand j'essayais de sortir d'un parking et que je devais faire attention à ne pas écraser quelques pauvres paparazzis.
Bien fait pour eux!
C'était quelque peu étrange pour moi d'aller à l'épicerie du coin et de voir mon visage sur toutes les couvertures de magazines avec celui d'Edward mais en l'espace des trois jours où les photos de nous avaient été diffusées, le monde entier avait appris ma date d'anniversaire, mon lieu de naissance, le nom de mon premier chien, l'endroit où vivaient mes parents et même ma nourriture préférée.
J'étais surprise de voir à quel point les informations étaient incroyablement justes mais il restait toujours au moins un mensonge dans le tas. Renée adorait le fait que sa fille soit connue et m'appelait tous les jours pour me raconter une autre histoire sur le fait qu'un de ses collègues à l'école aimerait discuter avec moi. Sur toutes les choses que j'avais accomplies dans ma vie: diplômée du lycée, du collège, réussite de ma carrière et naissance de mon fils, etc ma mère était davantage fière du fait que j'avais été photographiée en train d'embrasser Edward Cullen. Je vous jure!
Charlie, d'autre part, ne prenait pas bien du tout cette histoire. Il ne semblait pas comprendre que je sois au centre de l'attention des gens, que je le veuille ou non. Il regardait désormais les chaînes de divertissement, simplement pour garder un œil sur moi et pour m'appeler pour savoir pourquoi j'avais porté un tel jeans pour aller à un match de football américain ou pourquoi je n'avais pas attaché ma ceinture en sortant du parking.
Il m'avait même menacé de venir et me ramener à la maison quand il avait vu les photos d'Edward et moi. Le truc, c'est qu'il oubliait que j'étais une femme de vingt-huit ans avec une vie à elle, même s'il avait bien le droit de se soucier de moi puisqu'il était mon père.
En fait, j'étais assez nerveuse en sachant que Charlie et Edward allaient se rencontrer pendant Thanksgiving parce que Charlie ne semblait jamais heureux au téléphone lorsque nous abordions ma vie privée. Il avait même voulu discuter avec Edward à plusieurs reprises mais je n'avais pas permis une telle chose. Il avait commencé à chercher quotidiennement des infos sur Google à propos d'Edward pour pouvoir le suivre et il me racontait des détails de son passé qui avaient été rendu public par les médias.
J'étais suivie partout où j'allais mais la seule personne pour laquelle je m'inquiétais, c'était Will. Heureusement, il attirait toute l'attention comme s'il avait été fait pour être dans le feu des projecteurs. Il faisait un signe de la main et répondait aux questions que les photographes lui posaient. Lorsqu'une nuit, je lui avais demandé si tout allait bien, il m'avait répondu que la situation ne le dérangeait pas tant qu'il pouvait continuer à voir Edward, Dani et Démétri.
Je lui avais promis que rien n'allait changer et il sembla comprendre ce qu'il se passait. Je lui avais expliqué qu'il devait simplement continuer à vivre sa vie comme si les appareils photos n'existaient pas et il s'habitua à leur présence tout comme je l'avais fait après quelques jours.
Comme tout le monde creusait dans mon passé, mon mariage avec Jacob Black avait bien sûr été révélé et le principal intéressé avait visiblement eu des choses à en dire. Cette fois-ci, j'avais été capable de me dresser un peu plus devant lui quand il avait commencé à me crier dessus pour l'avoir mis dans une situation délicate ou pour toute autre foutue chose.
Apparemment, il pensait que j'essayais d'en faire la risée de Chicago et il était furieux d'avoir été humilié en face de ses amis hommes d'affaires. Honnêtement, je pensais qu'il était simplement en colère que je passe si vite à autre chose, même s'il s'était comporté comme s'il ne me connaissait pas lorsque nous étions encore mariés. Je lui avais donc rappelé qu'il avait une logique défectueuse mais pour lui, cela ne faisait aucune différence.
J'avais enregistré une de nos plus vives conversations, au cas où il me menaçait de reprendre la garde de Will. Et sur ce sujet bien précis, il avait en réalité exprimé quelques remarques assez méchantes qui m'avaient foutu une peur bleue. Edward avait voulu discuter avec lui mais je le lui avais interdit. Je n'avais pas besoin que cette conversation ait lieu parce que je savais qu'elle n'allait pas être belle à entendre.
Après un deuxième appel rempli de cris, j'avais arrêté de décrocher le téléphone, peu important quand il appelait. Je n'avais pas le temps de me charger de lui pour le moment.
Même si ces changements dans ma vie s'étaient produits en seulement une semaine, j'étais heureuse; sincèrement pour la première fois depuis très longtemps. Will et moi avions pour ainsi dire déménagé chez Edward parce qu'il possédait un portail que les paparazzis ne pouvaient pas passer alors que ma maison était sur la rue. De toute façon, Edward ne voulait pas que j'aie à me soucier d'eux plus que je ne le devais déjà. Même César avait élu domicile chez Edward et pris d'assaut le panier de Coco.
Je ne m'étais plus rendue chez moi depuis quatre jours parce que je n'en avais pas eu besoin. Will et moi avions des vêtements chez Edward et nous n'avions pas vraiment besoin d'autres choses. Je me considérais désormais comme la mère de trois enfants, et je n'aurais pas pu me sentir plus heureuse. Dani et Démétri avaient rapidement rempli mon cœur tout comme l'avait fait Will et j'adorais passer du temps avec eux.
Au point où en était mon travail, je savais que j'allais être envoyée. Je m'y attendais donc je ne fus pas surprise lorsque je reçus un appel la nuit dernière me disant qu'il fallait que je me rende au bureau. Edward ne cessait de s'excuser et de dire des choses stupides telles que 'je subviendrai à vos besoins sans objection, à Will et toi' et 'tu n'auras plus jamais besoin de travailler si tu ne veux plus'. Cet homme était complètement fou s'il pensait que je comptais laisser mon petit-ami de deux mois nous entretenir mon fils et moi-même.
Ces conversations menaient toujours à des débats portant sur le "pourquoi es-tu si têtue".
Après la fin de ma vie dans les relations publiques, je pensais me remettre à l'écriture voire publier quelques-uns des travaux que j'avais écrits à l'université. Je savais bien sûr que j'avais besoin de beaucoup les retravailler mais je pouvais peut-être remettre un pied dans le monde de la littérature.
Mais d'abord, je devais regarder ma carrière partir en fumée.
"Puis-je vous aider?" Me demanda une assistante pimbêche alors que je m'approchai du grand bureau du rez-de-chaussée de Volturi Relations.
"Euh… oui. J'ai rendez-vous à dix heures au trentième étage." Lui répondis-je et je lui tendis mon badge.
Elle haussa son sourcil alors qu'elle encodait dans son ordinateur. "Ah, le trentième étage? Vous avez vraiment dû merder."
"Ouais." Rétorquai-je dans ma barbe.
Au lieu d'être simplement renvoyée par Victoria, quelqu'un avait ressenti le besoin de parler de la situation aux grands chefs. Aro, Caïus et Marcus étaient sur le point d'avoir mon cul sur un plateau et il n'y avait rien que je puisse faire pour changer la donne.
"Très bien, vous êtes enregistrée pour monter à l'étage Madame Swan, et pouvez-vous dire à Edward Cullen que j'adorerais avoir un autographe?" Elle me lança un sourire suffisant alors qu'elle me rendit mon badge, que je lui arrachai carrément de ses griffes.
Je découvris assez rapidement que j'étais la femme la plus détestée de la ville pour avoir sorti du marché le célibataire le plus sexy. Les mères à l'école me jetaient des regards mauvais et même les hôtesses de caisse murmuraient dans leur barbe. C'était soit ça, soit les gens venaient me lécher les bottes parce qu'ils pensaient que j'allais leur donner le numéro de téléphone d'Edward.
Je passai la sécurité et marchai vers l'ascenseur qui monta sans s'arrêter vers les bureaux des patrons.
Je tapai du pied sur le sol alors que la musique se faisait entendre au-dessus de ma tête.
"Tu as vraiment réussi ton coup cette fois-ci Bella." Dis-je pour moi-même alors que j'observai mon reflet dans les portes en acier inoxydable.
Je sentis mon téléphone vibrer dans mon sac et je l'en sortis rapidement.
Bonne chance et je suis désolé de te faire endurer ça. -E
Arrête avec ça. Ce n'était pas ta faute. -B
Quand bien même. Je t'aime -E
Je t'aime aussi -B
Il rencontrait des difficultés sur le tournage de son nouveau film, et même s'il était bon dans ce qu'il faisait, cela ne signifiait pas que tout se passait comme sur des roulettes. Il était exténué quand il rentrait à la maison et je me sentais mal pour lui. Il poussait tellement les choses pour faire ressortir le meilleur de lui-même et j'étais inquiète qu'il ne prenne pas assez de temps pour lui. J'aimais prendre soin de lui et m'assurer que tout se passait bien. C'était encore un détail qui différenciait ma relation de celle du passé. Je ne m'étais jamais vraiment souciée de ce que Jacob faisait ou de ce qu'il ressentait. Je pensais savoir ce qu'était l'amour mais je m'étais grandement trompée.
J'avais lu script de "Disculpé" et ça s'annonçait être un très bon film, de ce que j'avais pu voir. Je savais qu'Edward était parfait pour le rôle. Enfin, il était parfait pour tous les rôles mais il était capable de très bien s'en tirer avec celui-ci.
L'ascenseur annonça mon arrivée et je marchai de manière peu enthousiaste vers la secrétaire qui s'occupait de ses ongles, assise au bureau en face d'une grande rangée de portes.
"Bonjour, j'ai rendez-vous à dix heures." Dis-je en répétant la même chose qu'au rez-de-chaussée.
"Oui, Madame Swan?" Demanda-t-elle et j'acquiesçai. Le foutu rictus je-sais-tout apparu sur son visage et j'eus envie de la gifler pour le faire disparaître. "Nous vous attendions."
"Génial. Est-ce que je dois attendre là-bas?" Lui demandai-je en indiquant une rangée de chaises près du mur.
"Non, ce n'est pas nécessaire. Ils vous attendent à l'intérieur." Elle se leva et partit ouvrir les énormes doubles portes en bois de la salle de conférence.
Je pris mon courage à deux mains et entrai.
Une longue table en bois trônait sur un tapis couteux et une chaise seule, qui devait sans doute être la mienne. A l'autre bout de la table se trouvaient trois vieux hommes semblables qui devaient être les frères Volturi. Ils avaient tous des cheveux blonds très clairs et une peau cendreuse qui me rendait presque honteuse de la mienne. On aurait dit qu'ils n'avaient plus vu le soleil depuis très longtemps et leurs yeux étaient d'une couleur gris acier menaçante. Bien entendu, les cheveux roux flamboyants de Victoria étaient présents puisqu'elle était assise à leur gauche, affichant un méchant rictus.
"Madame Swan?" Me demanda le frère assis au milieu alors qu'il se leva et me serra la main.
"Oui, heureuse de vous rencontrer."
Je serrai la main des deux autres frères, sauf celle de Victoria qui ne fit même pas un geste lorsque je lui tendis la mienne.
Salope.
Je m'assis sur la chaise en face d'eux et croisai mes mains en face de moi en attendant qu'ils parlent.
"Bon, on dirait que vous avez passé une bonne semaine." Plaisanta Aro dans un sourire léger mais non moins effrayant.
"Oui Monsieur." J'acquiesçai mais n'ajoutai rien de plus.
"Je m'attends à ce que vous sachiez pourquoi vous êtes ici?" Me demanda-t-il et j'acquiesçai à nouveau. "Nous sommes très déçus de vous, Madame Swan."
"Je le sais Monsieur, et je tenais à m'excuser pour les quelconques embarras que j'ai pu vous causer."
"Je considère que vous avez lu le contrat étant donné que votre signature se trouve dans le bas." Il poussa le morceau de papier vers moi et je remarquai qu'il s'agissait du même que celui que Victoria m'avait fait signer.
Je laissai mes yeux voyager sur le papier. Je ne le lis pas vraiment, j'essayai simplement de voir s'il existait une possible échappatoire.
"Ce qui me rend perplexe, c'est que vous avez vraiment pensé pouvoir vous en sortir. N'avez-vous pas pensé au fait que des personnes vous surveillaient? Me demanda Caïus, le second frère.
Je ne sus pas quoi répondre parce que j'aurais eu l'air d'une idiote. Je savais que ce que je faisais était mal mais je l'avais quand même fait. Ils avaient tous les droits de faire ce qu'ils voulaient de moi.
"Elle a menti en me regardant dans les yeux." Cracha-t-elle. "Elle s'est assise et m'a dit sans détour qu'elle n'était pas impliquée dans une relation avec Monsieur Cullen."
"Est-ce vrai Madame Swan?" Demanda Aro.
"Oui Monsieur." Lui dis-je.
"J'ai bien peur alors que nous ne devions mettre un terme à votre fonction ici." Répondit-il doucement.
"Je comprends."
Nous restâmes calmement assis durant quelques minutes.
Est-ce que je pouvais partir maintenant?
"Madame Swan, à quel point voulez-vous garder votre travail?" Me demanda Marcus sans crier gare.
Je le regardai dans les yeux. "Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, Monsieur."
"Ce que je veux dire, c'est que nous pouvons trouver une solution pour que vous gardiez votre travail."
Tout ceci ne me semble pas très légal.
"Pourriez-vous développer votre idée s'il vous plaît?" Osai-je demander.
"Mon frère a tendance à tourner autour du pot." Aro croisa ses mains. "Nous avons de très hauts critères chez Volturi Relations. Nous représentons la crème de la crème depuis les années trente et vous nous avez été chaudement recommandée de Chicago. Nous vous avons engagée sur acte de foi mais vous nous avez mis dans une situation embarrassante de la pire manière possible." Sa voix devint froide au fur et à mesure qu'il parla.
Je continuai à soutenir fermement son regard. Je savais comment jouer dans la cour des grands et Hollywood n'était que ça.
"Nous serions disposés à vous laisser votre travail si nous passions certains… accords en sachant qu'il est question d'une sorte de méprise." Il poussa un autre morceau de papier vers moi et j'en pris connaissance de manière suspicieuse.
Il s'agissait d'une déclaration à la presse que je devais leur lire lors d'une conférence organisée par l'entreprise.
Ma relation avec Monsieur Cullen était purement professionnelle jusqu'à ce qu'il me fasse certaines avances que j'ai été incapable de refuser. Ce n'était qu'une relation physique devenue incontrôlable et rien de plus."
Je cessai de lire à cet endroit et faillis renvoyer le papier.
"Je ne crois pas que ce serait le chemin approprié pour moi à l'heure actuelle, mais merci pour votre proposition." Dis-je dans un ton méchant mais toujours poli.
"Si vous désirez garder votre emploi ou travailler dans cette ville, vous allez signer ce papier." Dit Victoria en me le rendant.
"Avec tout mon respect, j'ai conscience que ce que j'ai fait est mal mais tout dans cette déclaration est faux. Ma relation avec Monsieur Cullen a commencé de manière professionnelle mais le reste s'est développé en dehors de ce contexte." Je décidai d'arrêter de parler avant de tenir des propos qu'ils n'avaient nullement besoin de savoir.
Victoria gloussa vers moi. "Penses-tu vraiment qu'il veut de toi? C'est Hollywood mon chaton. Les salopes comme toi, on peut les trouver à n'importe quel coin de rue de Lacienega Boulevard à Melrose."
"Est-ce que c'est là qu'ils t'ont trouvée?" Je mis ma main devant ma bouche au moment même où mes propos m'avaient échappé.
"Qui Diable penses-tu être?" Gronda-t-elle.
"Mesdames, s'il vous plaît." Dis Aro en levant les mains. "Madame Swan. Nous savons que vous avez fait du bon travail avec Monsieur Cullen malgré votre… écart. Nous ne voulons pas nous séparer de vous et préférerions largement vous garder mais certaines choses ont besoin d'être rectifiées avant d'aller de l'avant dans notre relation professionnelle."
"Si je comprends bien, vous me demandez de rompre avec lui?" Clarifiai-je.
"Précisément, même si je doute que Monsieur Cullen et vous-même partagiez quelque chose de solide. Cela ne devrait pas vous être difficile de le laisser tomber." Aro afficha un rictus et ses mots furent encore plus offensants que ceux de Victoria. "Au vu de votre passé avec les hommes, ça ne serait pas tiré par les cheveux que vous choisissiez de vous détacher de Monsieur Cullen."
"Excusez-moi Monsieur mais je n'ai pas la moindre idée de ce dont vous parlez."
Jamais, même dans mes rêves les plus fous, je n'aurais pensé qu'il mette sur le tapis le sujet "Jacob".
"Et bien, tout le monde est au courant de votre relation avec Jacob Black. Il est évident que vous aimez l'argent. Vous pouvez signer cette déclaration à cet effet et je serais heureux de vous laisser votre travail."
Je secouai la tête avant d'avoir envie de sauter sur la table et lui arracher la sienne. "Je ne pense pas être capable de le faire Monsieur." Lui répondis-je enfin.
"Vous êtes prête à tout laisser tomber pour un homme que vous connaissez à peine?" Demanda Marcus doucement.
"Pas que ma vie privée vous regarde mais oui, je le suis."
Aro claqua la main sur la table qui trembla. "Vous n'avez plus de vie privée Madame Swan. Vous êtes devenue une cible légitime lorsque vous vous êtes fait surprendre contre le mur avec mon client."
Oh que non.
"La seule raison pour laquelle il est devenu votre client, c'est moi. Mes services ont été requis si vous n'avez pas oublié." Craquai-je. J'en avais assez d'être polie. "Vous voulez que je signe une déclaration comme si j'avais fait quelque chose de mal? Je ne choisis pas de qui je tombe amoureuse et vous me faites passer pour une Monica Lewinsky bis. Vous n'avez pas le droit de dicter ma vie privée."
"Madame Swan, vous venez juste de creuser votre propre tombe. Je ne joue pas gentiment. Dit Aro en ricanant. "Cette ville m'appartient et vous ne serez même plus en mesure de vous montrer ici sans que je sois au courant."
"Vous possédez peut-être cette ville mais soyez foutrement certain que je ne vous appartiens pas." Je me levai de mon siège et déchirai son foutu contrat avant de jeter les morceaux dans sa direction. "Mettez-vous votre déclaration au cul!" Je filai hors de la salle de conférence et je sus tout de suite que j'allais avoir des problèmes, juste par la chaleur que je pouvais sentir émaner de leurs yeux.
La Bella sure d'elle n'aime pas être mise au défi.
Je me dirigeai vers les ascenseurs sans même jeter un regard à l'assistante et heureusement, je n'eus pas à attendre que l'un des appareils me fasse descendre.
"Mon Dieu, Bella." Je frappai ma tête contre la paroi de l'ascenseur.
D'accord, peut-être que j'avais été un peu loin mais j'étais en colère. Pour qui se prenaient-ils? Je ne m'étais plus comportée de cette manière depuis que j'avais dû me montrer agressive durant mon divorce. Ils m'avaient rendue si furieuse avec leurs déclarations et contrats… mais j'aurais dû rester professionnelle. Qu'est-ce qui n'allait pas chez moi? Ah bien sûr, j'étais amoureuse.
Les gens font des choses stupides quand ils sont amoureux Bella!
Alors que l'ascenseur continuait sa descente jusqu'au rez-de-chaussée, un poids sembla être ôté de mes épaules. J'étais libre je suppose. Enfin, pas forcément mais désormais, je ne ressentais plus le besoin de me cacher. Nous pouvions vivre notre vie sans restrictions. Bien sûr, étant des personnes tellement discrètes, Edward et moi n'allions pas faire étalage de notre relation mais j'allais pouvoir lui donner un petit baiser quand je le voulais, sans avoir la peur de perdre mon job parce que vous savez quoi? Je n'avais plus de travail.
Quand je sortis de l'ascenseur, j'affichai un sourire. Je fis un signe de main à la secrétaire que j'avais rencontrée en premier puis rejoignis le parking souterrain.
En passant devant les magnifiques voitures, la réalité commença s'imposer.
Je n'avais plus de boulot.
Qu'étais-je supposé faire désormais? J'aurais adoré penser que je pouvais vivre de mes écrits mais même si j'étais publiée, il était possible que je n'en tire aucun bénéfice avant un an ou plus. Puis, je n'étais pas si bonne que ça.
J'arrivai enfin à ma petite voiture et allumai le moteur.
Il y avait deux choses que j'étais certaine de ne pas faire. Un: je n'allais pas accepter d'argent de mes parents. Je leur en avais déjà assez pris et ils méritaient de vivre leur vie. Deux: je n'allais pas demander un centime à Jacob. Nous n'étions plus mariés et malgré notre connexion grâce à Will, Il n'y avait rien d'autre dont je voulais lui parler. Tant que l'argent subsistait, j'allais trouver quelque chose. J'en avais mis un peu de côté et il nous permettrait de nous en sortir pendant un moment.
Le parking était souterrain donc il n'y avait aucun moyen que les paparazzis sachent où je me trouvais. J'étais en mesure de prendre l'autoroute sans problèmes et dès que je me serais mélangée dans la circulation matinale de Los Angeles, je pouvais me comporter comme n'importe quel citoyen normal.
Je ne sus pas vraiment quoi faire sur le moment. Je ne travaillais plus pour Edward et certainement pas pour Volturi. Edward avait parlé à son père et lui avait demandé si je pouvais garder mon travail comme publiciste mais je m'y étais opposée. Plus personne n'allait me prendre au sérieux si je gardais cette position. C'était de toute façon un argument qui ne tenait plus puisque je n'allais désormais être connue que comme la petite-amie d'Edward.
Je conduisis rapidement à travers Los Angeles et arrivai chez Edward une heure et demie plus tard. Certaines voitures dans la rue, quelques maisons plus bas, me rendirent suspicieuses mais je savais qu'elles ne comptaient pas s'approcher de moi.
Je tapai le code pour ouvrir le portail puis entrai en roulant dans l'allée. Je me garai en face de la porte pour sortir facilement lorsque j'irais chercher les enfants. Les entraînements de football avaient été supprimés aujourd'hui parce que l'entraîneur était tombé malade et les garçons n'avaient pas de match ce weekend donc nous étions libres.
Je sortis la clé qu'Edward avait voulu que je prenne et ouvris la porte. Dès que mon pied passa le seuil, Coco et César coururent et me plaquèrent presque au sol.
"Ouah. On se calme les gars." Je caressai leurs têtes jusqu'à ce qu'ils se soient calmés puis déposai mon sac sur la table près de la porte avant d'enlever mes chaussures à talons.
Je courus à l'étage jusqu'à la chambre d'Edward, suivie par les bruits de pas des chiens qui ressemblaient plus à ceux des chevaux. Je me déshabillai rapidement et ouvris le placard pour enfiler quelque chose de plus confortable. J'optai pour l'un des mes nouveaux vêtements favoris: l'un des sweat-shirts d'Edward de l'université de Yale.
Il était d'un bleu marine foncé et le logo complexe de Yale y était imprimé sur la poitrine avec le nom de l'école parcourant la manche droite. C'était le vêtement le plus confortable que j'aie jamais porté mais la raison la plus importante pour laquelle je l'aimais tellement, c'est parce qu'il portait l'odeur d'Edward. Le sweat-shirt était tellement grand qu'il tombait à mi-cuisses mais je pouvais le rentrer à l'intérieur, pour éviter de donner l'impression que je cachais un ballon de basket.
J'enfilai un jeans et regardai dans le placard, dont un quart m'appartenait et le reste était à Edward. Je souris en pensant au fait qu'Edward m'avait fait de la place sans même me le demander. Il avait carrément exigé que je laisse des vêtements ici et c'était ce que j'avais fait.
Je passai pas mal de temps à ranger parce que la maison avait été laissée à l'abandon pendant un moment. Edward utilisait les services d'une femme de ménage mais elle était tombée fort malade donc elle avait arrêté de venir et Edward n'avait pas eu la chance d'en engager une nouvelle. Je ne voyais pas le but car je le faisais moi-même mais nettoyer la maison après le passage de deux petits garçons, une fille, Edward et deux chiens pouvait se révéler rébarbatif. Le plus bizarre dans l'affaire, c'est que j'adorais le faire.
Je m'assurai que la chambre des garçons fut rangée, quant à celle de Dani, elle était toujours immaculée donc je n'avais pas à m'en inquiéter. J'ajoutai un peu plus de nourriture dans le bol des chiens et leur donnai beaucoup d'eau car il faisait assez chaud à l'extérieur. J'étais en train d'ouvrir la porte coulissante pour laisser entrer un peu d'air dans la maison lorsque le téléphone sonna.
"Allô?" Répondis-je et je commençai à laver les deux assiettes qui étaient dans l'évier.
"Alice, je t'avais dit qu'elle serait là." Cria Rose à l'autre bout du téléphone. "Désolée Bella mais on a appelé chez toi et tu n'y étais pas donc on a essayé chez Edward. Et voilà, tu es là." Rit-elle.
"Ouais. Qu'est-ce que vous voulez?"
"Nous voulons venir te voir." Cria Alice.
"Je t'ai vue hier Alice."
"Ouais mais ça fait des semaines que tu ne m'as pas vue donc on vient à la maison." Dit Rose. "Et on a envie de nager."
"Ok d'accord. Je reste ici jusqu'à ce que je doive aller chercher les enfants."
"Très bien, on arrive bientôt."
Trente minutes plus tard, j'ouvris la porte à Alice et Rose qui tenait Kim dans ses bras. La petite était le plus beau bébé que j'aie jamais vu et le parfait mélange entre Emmett et Rose.
"Il fait si chaud dehors." Grogna Alice alors qu'elle entra dans la maison. Les chiens devinrent fous en voyant la compagnie supplémentaire.
"C'est pourquoi nous sommes venues pour la piscine." Expliqua Rose. "En plus, Kim voulait aller dans l'eau, n'est-ce pas mon petit cœur?"
Je remplis une cruche de thé glacé et l'apportai à la piscine où Alice flottait dans l'eau et Rose tenait Kim sur les marches. Je m'assis sur le rebord et remplis les verres.
"J'ai entendu dire que tu avais rendez-vous avec ton patron aujourd'hui?" Alice fit la conversation.
"Ouais, et c'était horrible." J'en avais presque oublié ma matinée désastreuse. "En gros, j'ai été mise en pièces puis ils ont voulu que je signe une sorte de déclaration."
"Une déclaration d'absolution?" Demanda Rose.
"Je ne sais pas ce que c'était mais cela disait qu'Edward et moi avions eu une brève liaison." Lui dis-je en lui tendant son verre.
"Ouais, j'ai dû signer à des tonnes d'occasions après que mes relations n'aient pas fonctionné. C'est une pratique assez courante ici avec les gens qui se séparent à leur manière."
"Tu as signé ces trucs?" Dis-je, étonnée. J'avais des difficultés à imaginer quelqu'un en train de signer un papier qui disait que votre relation était juste basée sur le sexe.
"Et bien, je ne vais pas rêver d'en signer une avec Emmett parce que nous partageons une vraie relation mais ils ont l'habitude de protéger les intérêts de leurs clients."
"Hollywood est un foutu endroit louche." Alice nagea en dos crawlé, ses lunettes sur le nez. "Qu'est-ce que tu vas faire maintenant que tu n'as plus de boulot?"
"Je ne sais pas." Dis-je en haussant les épaules et j'observai les collines de la ville qui reposait derrière nous.
Lorsque je reportai mon regard sur Alice, et malgré ses lunettes de soleil, je sus tout de suite qu'elle avait quelque chose en tête.
"Tu pourrais faire du mannequinat avec moi." Proposa Rose.
J'en ris à l'idée. "Est-ce que tu es sérieuse?"
"Ouais, qu'est-ce qu'il y a de si drôle?"
"Est-ce que tu t'es vue? Tu ressembles à une déesse grecque."
"Et pas toi? Je tuerais pour avoir des jambes comme les tiennes Bella." Rose me regarda de haut en bas. "Tu as aussi une belle bouche. Je parie que Edward adore l'embrasser."
Je tendis la main pour l'arrêter. "Pour en revenir au sujet, je ne peux pas faire du mannequinat. Ce n'est pas mon truc."
"Et c'est quoi ton truc?" Demanda Alice.
J'y réfléchis l'espace d'un instant et je ne trouvai pas vraiment de réponse.
"Je ne sais pas." Rétorquai-je.
"Tu pourrais travailler pour papa." Suggéra-t-elle.
"Nous avons déjà discuté de ça Alice et je ne peux plus travailler pour l'un d'entre vous désormais. De quoi est-ce que j'aurais l'air si je restais la publiciste d'Edward?"
"Je voulais dire en tant qu'actrice Bella." Elle nagea jusqu'à moi. "Tu pourrais le faire."
Je recrachai mon thé et je dus prendre de grandes inspirations pour trouver de l'air. "Alice, je ne joue pas."
"Tu l'as fait auparavant."
"Ouais parce que j'avais besoin d'un crédit en art pour ma dernière année à l'université."
"J'ai entendu dire que tu te débrouillais très bien."
"Qui t'a dit ça?" Je croisai les bras.
"J'ai la vidéo." Elle nagea en s'éloignant de moi lorsque je me jetai sur elle.
"Quelle vidéo?" Demanda Rose.
"Rien." Lui répondis-je rapidement.
"Ce n'est pas rien. Bella a joué Blanche DuBois dans "Un Tramway nommé Désir" et l'université a filmé la pièce. Tu peux trouver ce que tu veux sur internet aujourd'hui." Dit-elle malicieusement.
"Alice je t'en supplie, ne la montre à personne."
"Je veux la voir." Supplia Rose.
"Non! Je ne saurais pas regarder ça de nouveau. J'ai été tellement horrible et c'était si gênant."
"Bella, comment peux-tu dire que tu étais mauvaise alors que tu as eu le rôle principal dans une pièce majeure? Le metteur en scène a clairement vu quelque chose en toi."
"Ouais… mais… bref, ne la montre à personne."
"Comme tu veux Bella."
Nous nous séparâmes toutes les trois quand il fut temps pour moi d'aller chercher les enfants. J'attendis dans la voiture jusqu'à ce que la cloche sonne. J'en sortis lorsque je les vis tous les trois courir jusqu'à la voiture et je fus attaquée par trois paires de petits bras autour des jambes et des centaines de mots sortant à toute vitesse de leurs bouches.
"Hé. Chacun son tour." Leur dis-je et ils montèrent dans la voiture. J'aperçus quelques photographes en train de prendre des photos de l'autre côté de la rue mais ils ne nous ennuyèrent pas.
"Regarde maman, ils veulent encore me prendre en photo." Dis Will alors qu'il leur fit signe de la main.
"Bien sûr mon cœur." Je ris et repartis chez Edward.
J'eus un compte-rendu de leur journée respective et je fus contente d'apprendre que l'annonce de ma relation avec Edward ne les avait pas affectés.
"Maman, devine quoi?" Demanda Will alors qu'il entra en trombe dans la maison.
"Quoi mon cœur?"
"Démétri a le béguin pour notre institutrice, Madame Blumburg."
"C'est pas vrai." Démétri rigola. "J'ai juste dit qu'elle était jolie aujourd'hui."
"Il dit ça tous les jours." Will roula des yeux.
"D'accord, tout le monde va faire ses devoirs puis vous pourrez regarder un film si vous avez fini à temps."
"Nous n'avons pas de devoirs Bella. C'est vendredi!" Hurla-t-il.
"Ok, très bien. Je suppose que vous pouvez regarder la télé." Démétri et lui coururent et j'entendis la musique de Bob l'Eponge dans la pièce d'à côté.
"Est-ce que papa sera à la maison aujourd'hui?" Demanda Dani alors qu'elle sortit des feuilles de son cartable.
"Je ne sais pas. Possible car il ne doit pas aller tourner ce weekend." Dis-je en embrassant le haut de sa tête.
"Est-ce que tu vas faire des pâtes pour dîner Bella?" Elle s'assit près de la table.
"Est-ce que tu en as envie?" Lui demandai-je et elle acquiesça vigoureusement. "Alors c'est ce que tu auras."
Après qu'elle eût terminé ses devoirs, Dani m'aida à préparer une copieuse portion de poulet alfredo qui était simple, et nous ne dûmes donc pas beaucoup cuisiner. Nous nous assîmes tous les quatre à table vers dix-neuf heures et Edward m'envoya un message dans lequel il disait qu'il ne rentrerait pas avant une paire d'heures à cause de l'emploi du temps chamboulé par son film.
Après le repas, je donnai le bain aux garçons puis les mis au lit suivi par Dani après avoir lu lu quelques pages du livre "Les Hauts de Hurlevent". Quand elle avait découvert qu'il s'agissait de mon livre préféré, elle avait voulu le lire aussi même si elle ne comprenait sans doute pas la plupart des mots. Elle s'endormit avant même que j'aie eu fini de lire la quatrième page.
Je décidai de continuer ma lecture puisque je ne l'avais plus lu depuis un moment et je m'assis dans le grand lit d'Edward. Je ne sus pas combien de temps je lus mais ce livre me faisait toujours cet effet. Des journées entières pouvaient passer sans que je m'en rende compte.
Quand il fut vingt-trois heures, j'entendis la porte d'entrée s'ouvrir et se fermer. Edward était rentré.
Dix minutes plus tard, il entra dans la chambre avec une assiette remplie de pâtes. Il avait l'air épuisé et abattu.
"Hey." Je lui souris et posai mon livre.
"Hey." Il se laissa tomber sur le lit et retira ses chaussures. "Ça doit bien faire des années que je n'ai plus été aussi éreinté." Il enroula des pâtes autour de sa fourchette et je commençai à lui masser les épaules.
"Vous n'êtes plus si jeune vieil homme. Tu veux que j'appelle le réalisateur et que je lui demande de ralentir le tempo?" Je ris et embrassai le côté de son cou. Il tourna son visage vers moi pour capturer mes lèvres dans un court baiser.
"C'est très amusant, femme. Je peux le faire. J'ai juste besoin de retrouver ma concentration. Tu m'as distrait." Il déposa son assiette sur la table de nuit puis me plaqua sur le lit, me donnant de petits baisers le long de ma clavicule.
"Edward, arrête ça." Je ris alors que son nez chatouilla mon cou.
"Ça fait des jours que je ne t'ai pas vue."
"Tu m'as vue hier." Je fis courir mes mains dans ses cheveux.
"Et bien, j'ai l'impression que ça fait plus." Nous nous embrassâmes gentiment. "Je vais prendre une douche puis on pourra parler, d'accord?"
"D'accord."
Je retournai à ma lecture alors qu'Edward était dans la douche. Je mourrais d'envie de le rejoindre mais j'avais besoin de me détendre. Je lis quelques pages supplémentaires avant qu'il ne revienne dans son pantalon de Yale que j'aimais tellement. Il sauta sur le lit à côté de moi.
"Tu lis encore ce livre?" Me demanda-t-il et il dessina des arabesques sur ma jambe.
"Ça fait un moment que je ne l'ai pas lu. J'ai été tellement occupée. J'ai oublié à quel point il était bon."
"Il est déprimant." Soupira-t-il.
"Il est magnifique." Répliquai-je.
"Comme tu veux Bella." Il eut un petit rire.
Nous restâmes silencieux durant quelques minutes et il me laissa lire.
"Comment s'est déroulé ton rendez-vous?"
"J'ai été virée". Dis-je, nonchalante.
"Alors… ça n'était pas si mal que ça?"
"C'était horrible." Je fermai le livre. "Ils n'ont heureusement pas parlé de me poursuivre en justice mais ils le pourraient après ce que j'ai fait."
Je racontai à Edward à propos de ce qui s'était passé dans la salle de conférence et il fut surpris par mon culot. Lorsque j'en arrivai au point de l'histoire où il fut question d'accord d'absolution, il faillit presque retourner la maison sans dessus-dessous.
"Comment osent-ils seulement suggérer que tu signes une déclaration qui dit en gros que je t'ai violée?" Dit-il en serrant les dents.
"Je ne pense pas que ce soient les termes employés mais ça n'était pas très bienveillant. Ils ont dit que si je voulais continuer à travailler pour eux, je devais dire que tu m'avais fait des avances."
Je me reposai contre sa poitrine et il entoura ses bras autour de mon dos, sa main caressant mon bras nu.
"Je n'ai pas envie que tu travailles pour eux de toute façon. Ils ont clairement une morale compromettante." Souffla-t-il.
"Tout le monde le fait dans cette ville mais on doit juste leur prouver le contraire." J'embrassai son menton. "Oh, il serait peut-être temps de te raser Edward."
Il passa la main sur son visage. "Je suis en congé ce weekend donc ça restera là jusqu'à ce que je retourne travailler lundi." Ricana-t-il.
"Alors n'attends aucun baiser de ma part. Les barbes de trois jours font mal." Lui répondis-je.
Nous restâmes dans la même position durant une heure.
"Est-ce que tu as trouvé ce que tu voulais faire maintenant que tu es une femme libre?" Me demanda-t-il et il mit son visage dans mes cheveux.
"Non, j'ai pensé à reprendre l'écriture mais je ne sais même pas si ce serait réaliste."
Je savais déjà ce qu'il comptait me dire avant qu'il ne le fasse.
"Tu pourrais rester dans le coin et ne pas travailler si tu veux. Je serais plus qu'heureux de…"
"Edward…" Grognai-je. "On ne va pas encore avoir cette discussion. Je ne veux pas vivre sur le dos de mon petit-ami."
"Mais s'il propose de prendre soin de toi? Je pense que tu devrais au moins envisager l'idée."
"Nous ne sommes plus dans les années cinquante Edward."
"Je le sais mais tu ne me laisses jamais rien faire pour toi. Je veux juste m'assurer que Will et toi ne manquiez absolument de rien et que vous ayez tout ce que vous voulez."
"Et qu'en est-il de tous ces rendez-vous où tu m'as emmenée? Je n'ai même pas cherché à me disputer avec toi quand tu as payé l'addition."
"Bella, ce sont des détails comparés à ça. S'il te plaît, réfléchis-y simplement. Je gagne bien assez d'argent pour prendre soi de Will et toi."
"Mais tu n'es pas obligé de le faire. Je devrais être capable de subvenir seule à mes besoins et ceux de mon fils."
Il acquiesça. "Je comprends mais… penses-y. La proposition reste ouverte."
Je me promis à moi-même que jamais cela ne se produirait. J'avais besoin d'être ma propre personne et utiliser l'argent d'Edward ne ferait que confirmer les pensées des gens qui s'imaginaient que j'étais une salope croqueuse de diamants.
Edward alluma la télé et une chaîne de divertissement s'afficha.
"Oh regarde, nous sommes de nouveau à la télé." Ris-je en constatant qu'Edward et moi étions le sujet de conversation.
Edward Cullen et sa petite-amie Isabella Swan attendent un enfant. Une source proche du couple a déclaré qu'Isabella était enceinte de quatre mois et qu'elle avait gardé le secret mais nous avons obtenu des informations venues de l'intérieur qui affirment que le couple s'apprêtent à avoir son premier enfant, prévu pour le mois de mars.
"N'est-ce pas mignon? Une source dit que nous allons avoir un bébé Edward."
Il roula des yeux. "C'est ridicule. A qui est-ce qu'ils pourraient bien parler?"
"Est-ce que je te connaissais seulement il y a quatre mois?"
"Je pense que j'ai dû te remarquer sur le sol du magasin de crèmes glacées." Il ricana. "Je me souviens de nos premières rencontres et d'un T-shirt foutu impliqués à cause de nombreuses chutes."
"Tais-toi. Tu avais promis de ne pas parler de ça." Je frappai sa poitrine.
"C'était marrant." Dit-il en riant.
Nous continuâmes à regarder le reportage.
Le couple a déjà deux enfants issus du premier mariage d'Edward avec sa femme Irina et le fils d'Isabella issu d'un précédent mariage également. Il nous a été rapporté la semaine dernière que le couple se voit depuis plusieurs mois. Il semblerait qu'ils aient été assez occupés durant ce laps de temps. Nous leur souhaitons le meilleur pour cet heureux événement.
"C'est bon." Edward éteignit la télé. "Lève-toi." Il quitta le lit.
"Pourquoi?"
"Nous partons. Lève-toi." M'ordonna-t-il. Il partit ouvrir le placard puis revint avec deux sacs. Il enfila une chemise et une paire de baskets.
"Edward, de quoi est-ce que tu parles? Nous ne pouvons pas partir."
"Pourquoi pas? Emmène quelques vêtements." Il commença à sortir ses vêtements du placard mais j'étais toujours sous le choc de ce qu'il se passait.
"Nous avons nos vies ici." Je sortis du lit.
"Je le sais et nous reviendrons lundi. Les garçons n'ont pas de match, je n'ai pas besoin de travailler donc pourquoi ne pas prendre des vacances?" Il me sourit mais je ne le crus pas.
"Est-ce que c'est à cause de ce satané reportage? Edward, nous ne pouvons pas fuir comme ça."
"Je le sais mais j'ai besoin de me détendre et je n'y arriverai pas dans cette foutue ville. Elle est en train de me rendre dingue." Il passa ses mains dans ses cheveux et j'eus l'impression qu'il allait se les arracher.
"Ok, d'accord." Je pris ses mains dans les miennes. "On partira mais tu ne peux pas me demander de le faire à la va-vite. Nous avons des choses à planifier, les enfants, les chiens puis, est-ce que tu peux vraiment réserver une chambre à cette heure-ci? Il est deux heures du matin. Est-ce que tu sais au moins où nous allons?"
Il fit un petit sourire. "Bella, tu devrais déjà être au courant que je ne suis pas n'importe qui et si nous partons maintenant, nous pouvons éviter la circulation."
"Mais… mais…" Bégayai-je.
"Tu vois, tu n'as aucun bon argument. Prépare tes affaires." Il me donna une tape sur les fesses et je frappai les siennes lorsqu'il sortit de la chambre avec son sac.
Je mis rapidement un petit peu de tout dans mon sac étant donné que je ne savais pas où nous allions. Je décidai de me changer et d'enfiler un jogging et le sweat-shirt de Yale d'Edward pour ne pas être repérée en sous-vêtements si quelqu'un venait à nous voir.
Mon sac et moi furent prêts en dix minutes. J'attrapai mon livre avant de descendre les escaliers où je trouvai Edward au téléphone. Je m'assis sur le canapé jusqu'à ce qu'il ait terminé.
"Ah." Il referma son téléphone portable. "Je viens de nous réserver un bungalow jusque lundi à Santa Barbara. On peut partir maintenant et le trajet devrait nous prendre…" il regarda sa montre, "deux heures, peut-être moins étant donné qu'il n'y a pas de circulation. Ils acceptent les chiens et les enfants aimeront passer un weekend tranquille. Personne ne saura où nous serons pendant au moins une journée." Dit-il rapidement.
"Tu as pensé à tout, n'est-ce pas?" Dis-je en marchant vers lui.
"Je pensais ce que j'ai dit à propos de prendre des vacances. Nous avons tous besoin de faire une pause."
J'enroulai mes bras autour de son cou. "Ce seront nos premières vacances en famille. Tu es prêt pour ça?"
"Carrément." Il m'embrassa passionnément. "Tu t'occupes de Dani et moi des garçons." Me suggéra-t-il et j'acquiesçai.
Nous nous occupâmes des sacs des enfants avant même de les réveiller. Je descendis le sac de Dani et Edward en apportant deux pour les garçons. Ralph amena l'énorme 4X4 que nous prenions d'habitude et Edward le laissa ramener la Volvo chez lui. Nous préparâmes quelques sacs pour les chiens et ils grimpèrent dans le coffre qui bizarrement était assez grand pour accueillir deux bêtes. Ils étaient roulés en boule quand nous les avions appelés mais ils furent dehors en un éclair avant qu'Edward ne ferme la porte.
"Et maintenant la partie la plus compliquée." Il me conduisit à l'étage.
Nous fîmes une sorte de longue randonnée car il nous fallu une bonne demi-heure pour que les enfants ouvrent à peine leurs yeux.
"S'il te plaît ma belle. Tu pourras te rendormir dans la voiture." Lui dis-je et Dani roula dans son lit.
"Non, je ne suis même pas capable de marcher Bella." Marmonna-t-elle.
Je ris doucement. "Est-ce que tu peux le faire pendant deux minutes? Tu n'as même pas besoin d'enlever ton pyjama."
"Où est-ce qu'on va?" Elle s'assit dans son lit, le regard fatigué.
"C'est une surprise." Je l'aidai à sortir de son lit et à lui mettre ses chaussures.
"Alors il vaudrait mieux que ça en soit une très bonne. C'est stupide." Elle grogna et je dus rire car elle ressemblait beaucoup à Alice dans sa façon de parler.
Je lui tins la main alors que je la forçai presque à sortir de sa chambre et je vis Edward dans le couloir en train de se battre avec les garçons qui criaient vouloir retourner dans leur lit. Après une minute, il les souleva simplement et les conduisit dans la voiture. J'installai Dani, reculai son siège pour qu'elle puisse s'étendre et elle s'endormit aussitôt.
"Maman, je n'aime pas ça. Il n'y a même pas de lumière dehors." Will fit la moue et je pouvais déjà voir ses paupières commencer à se fermer.
"Il y en aura quand tu te réveilleras à nouveau." J'embrassai son front et il appuya sa tête contre la portière. Quand je partis m'occuper de Démétri qui s'était rendormi entre-temps, Will était déjà en train de ronfler.
Je fermai les portières et vis Edward en train de fermer la porte de la maison.
"Tu as tout?" Me demanda-t-il et il enroula son bras autour de mon épaule.
"Oui." J'expirai profondément. "Tu as toujours envie d'y aller après ce que nous venons tout juste d'endurer?"
Il rit. "C'était marrant."
"Ne t'attends pas à ce que je coure après trois enfants durant mes vacances." Il ouvrit ma portière et m'aida à monter dans l'énorme char d'assaut que nous comptions utiliser.
"Je me chargerai de tout Bella." Il m'embrassa, ferma ma portière et partit côté conducteur.
Il grimpa, tout excité, et sortit de l'allée.
"Je n'en reviens pas que nous fassions ça." Je posai ma tête contre la vitre.
"Crois-le. Nous quittons Los Angeles… pour le weekend tout du moins."
Il monta sur l'autoroute et nous nous en allâmes.
Et bien dites donc, ils ne prennent pas les choses à la légère chez Volturi Relations... et je la leur aurais bien fait bouffer leur déclaration! xD
Vous auriez réagi comment à la place de Bella?
Après cette semaine forte en émotions, nos deux tourtereaux et leurs enfants partent se ressourcer. Ils en ont grand besoin!
OoOoO
Je ne le répéterai jamais assez mais merci d'être toujours aussi nombreux à me suivre dans cette folle aventure. Vos commentaires, mises en favoris et alertes me font sourire et me redonnent la pêche quand je suis un peu down.
19 chapitres traduits sur 48 en tout... la route est encore longue avant l'arrivée mais tant que vous êtes avec moi pour la parcourir, je pense que tout ira pour le mieux. :)
Un très bon weekend à tous et on se retrouve bientôt.
Valoupili
