Bonjour tout le monde!

Bon, je ne vais pas vous faire languir avec la suite que vous attendez depuis bien trop longtemps.

Je vous laisse donc avec ce nouveau chapitre et notre Edward international.

Bisous, et prenez bien soin de vous!

ValouPili


Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7! Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!


Protégés et apprentis

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Point de vue d'Edward

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Je m'arrêtai devant la maison après une longue journée de travail et fus heureux d'enfin pouvoir me reposer les pieds.

J'avais tourné dans ce foutu film et je travaillais incroyablement dur mais j'aimais ça. C'était ce pour quoi je vivais et j'avais toujours apprécié d'aller bosser chaque jour mais je me sentais clairement vieillir. Mon corps ne se remettait plus aussi vite qu'avant. Tout ce que je voulais faire aujourd'hui une fois à la maison, c'était dormir et m'assurer d'être prêt pour le reste du tournage, qui d'ailleurs ne finirait pas avant Noël donc j'avais encore un long chemin à parcourir.

Je garai la voiture devant la porte et ne me souciai même pas de la mettre dans l'allée puisque j'allais de toute façon être le premier à partir le matin. J'attrapai mon sac en toile en entrai dans une maison vide, toute lumière éteinte. Etant donné qu'il était passé minuit, je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait encore quelqu'un debout.

Je partis dans la cuisine pour manger quelque chose car je n'avais rien avalé depuis le déjeuner. Le frigo était rempli de pizzas qu'ils avaient dû préparer pour le dîner. J'en mis plusieurs parts dans le micro-ondes et allumai la lumière pour pouvoir m'asseoir. Un léger bruit de coussinets se fit entendre et deux secondes plus tard, Coco et César furent sur moi comme deux loups géants, me léchant le visage et jappant.

« Chuuut. Ça dort là-haut. » Je me mis debout et leur caressai la tête jusqu'à ce qu'ils se calment. « Je croyais que vous étiez des chiens de garde? Et si j'étais un voleur, hein? »

Le micro-ondes sonna et l'odeur de pizza maison toute grasse me mit l'eau à la bouche. Je me relevai vite et enfournai presque la moitié du premier morceau dans ma gorge.

« Doucement. » Dit Bella en riant en entrant dans la cuisine. « Je ne connais pas la méthode de Heimlich. »

« Je ne peux pas m'en empêcher. » Gargouillai-je, la bouche remplie de pizza. Elle tira sur mon T-shirt jusqu'à ce que mes lèvres soient sur les siennes, se moquant bien que j'aie de la nourriture en bouche.

« Mmm. Marinara. » Bella lécha ses lèvres et ma queue se réveilla mais j'étais bien trop crevé pour faire quoi que ce fût ce soir. « Comment s'est passée ta journée? » Me demanda-t-elle en s'asseyant sur le comptoir. Je m'installai entre ses jambes.

« Bien. Stressante. Fatigante. » Je lui répondis en baillant. « Et toi? »

« Hum... intéressante. » Elle grimaça et sauta du comptoir. Elle partit dans le living et se laissa tomber dans le canapé. Je la suivis.

« Je dois te dire quelque chose. » M'annonça-t-elle et elle sortit quelque chose de son sac à côté du canapé.

« D'accord, vas-y. » Je m'appuyai contre le dossier et mangeai encore un peu.

« Et bien, ton père m'a appelée aujourd'hui et m'a demandé de venir le voir. »

« Tu veux dire pour déjeuner? »

« Pas tout à fait. Je le pensais aussi parce que nous allons déjeuner de temps en temps mais il voulait me parler de quelque chose cette fois, et je ne sais pas du tout comment tu vas le prendre. »

« Bella, je suis trop fatigué pour jouer aux devinettes. »

Elle déposa un paquet épais sur mes genoux et je posai mon morceau de pizza pour y regarder de plus près. Le devant était une simple couverture pour un texte intitulé 'Guerre du Cœur'.

« Je ne comprends pas. » Lui dis-je en le feuilletant.

« C'est un scénario. »

« Je vois ça mais pourquoi l'as-tu et qu'est-ce que ça fait ici? »

« C'est le nouveau film d'Eleazar Reed. »

« Oh, j'ai entendu dire qu'il faisait quelque chose de nouveau. C'est apparemment très bon. De quoi ça parle? »

« De beaucoup de choses mais ce qui est important ici, c'est... qu'il veut que j'en fasse partie. » Elle baissa rapidement la tête. « Il a dit que je jouerais le personnage d'Aria et que ça commence la semaine prochaine. Ton père m'a apporté le scénario il y a un peu plus d'une heure. »

Je m'étouffai avec le morceau de pizza que je venais de mettre en bouche et il me fallut quelques minutes pour respirer à nouveau normalement. « Tu es sérieuse? »

« Oui, mais ça n'est pas tout. » Elle prit une grande inspiration. « Ton père veut que je joue dans son nouveau film aussi, celui dont il nous a parlé durant ce dîner. Le tournage débute en janvier et non n'est pas une réponse pour lui. »

Je restais silencieux pendant un instant et je ne savais pas quoi en penser bizarrement. Ce n'était pas une blague. Personne n'oserait me mener en bateau comme ça, si?

« Dis quelque chose Edward. » M'implora-t-elle.

« Que... qu'est-ce que tu en penses? »

« Je ne sais pas. Au début j'étais contre, genre vraiment contre. » Insista-t-elle. « Puis j'ai appelé ma mère et elle croit que je devrais au moins essayer. »

« Tu penses que tu sauras gérer ça? » Je balançai le scénario sur la table basse. Pour une raison que je m'expliquais pas, j'étais en colère.

« Tu es fâché? » Me demanda-t-elle.

« Non. » Je mentis et mordis dans ma pizza. « Fais ce que tu veux. »

« Je ne le ferai pas si tu n'es pas d'accord. J'en ai déjà parlé aux enfants et ça ne leur pose pas de problème mais je veux que ça aille pour toi aussi. »

« Est-ce que tu vas vraiment t'essayer à la comédie? Qu'est-ce qui te donne même envie de le faire? Tu m'avais dit que tu détestais ça. »

« Je n'ai pas dit ça, j'étais simplement gênée mais je me sens plutôt à l'aise avec ton père et Eleazar. Je pense qu'ils pourraient m'apprendre. Je sais que je ne suis pas une pro mais ce n'est pas comme si j'avais quelque chose de mieux à faire. Je pourrais me révéler bonne. »

« Donc... mon père, Carlisle Cullen, veut travailler avec toi? » Clarifiai-je.

« C'est ce qu'il a dit. Je sais que les gens vont y voir du favoritisme et qu'on va dire n'importe quoi sur moi mais je veux au moins essayer. »

« C'est... trop, trop vite. » Je me passai les mains dans les cheveux.

« Tu n'as pas répondu à ma question. Est-ce que tu es d'accord que je le fasse? »

« Je t'ai dit que tu peux faire tout ce que tu veux. Je ne suis pas ton père. » Je me relevai et repartis dans la cuisine.

Est-ce que je voulais que Bella joue la comédie? Bien sûr que non. Elle n'avait aucune idée de ce qu'était cette vie et ça n'améliorerait pas sa réputation. J'en savais quelque chose et bon sang, qui mon père pensait-il être de toute façon? Il n'avait pas juste qu'à claquer des doigts et ordonner à quelqu'un de faire partie de ses films.

Je comptais lui parler de tout ça demain parce qu'il n'aurait pas dû agir sans me demander mon avis. Je ne voulais pas contrôler Bella mais j'aurais au moins pu la mettre en garde. Cela faisait beaucoup à digérer. Bella allait jouer à la comédie? Dans des films? Avec de vrais réalisateurs et d'autres acteurs? Non seulement elle serait devant la caméra mais en plus, il y aurait Eleazar Reed et mon père derrière?

Quand toute cette histoire arriverait aux oreilles des médias, nous devrions faire face à une tempête si énorme que nous n'aurions même pas le temps de respirer. C'était vraiment vieux-jeu, sanguin, du népotisme à l'américaine par excellence. Je savais déjà que les gens ne la prendraient pas au sérieux.

Etait-elle seulement capable de jouer la comédie? J'étais au courant qu'elle avait fait du théâtre durant un semestre à l'université mais cela faisait-il d'elle une actrice? Honnêtement, elle était bien plus qualifiée actuellement que certaines autres personnes qui avaient mis le pied à l'étrier.

« Tu es en colère contre moi? » Me demanda Bella derrière moi.

« Plus confus qu'en colère je présume. » Je lui répondis sans me retourner.

Je sentis ses bras s'enrouler autour de moi. « J'aimerais simplement essayer. Je sais ce que les gens vont dire mais j'ai cette incroyable opportunité avec les meilleurs des meilleurs. Pourquoi je ne devrais pas tenter ma chance maintenant? »

Je me retournai entre ses bras. « Si, tu devrais. Je ne veux tout simplement pas que tu te sentes gênée ou sois blessée si ça ne se passe pas bien. »

« Je ne sais déjà plus où me mettre, c'est certain, et je sais que je vais être blessée parce que dès que les gens seront au courant, ils ne me laisseront pas tranquille mais honnêtement, je m'en soucie peu. Ton père a été tellement patient avec moi. Il a dit être plus que disposé à m'apprendre. »

J'expirai profondément dans ses cheveux. « Il est le meilleur professeur qu'on puisse avoir.»

« Toi aussi. Tu dois me promettre de m'aider. »

« Bien sûr. »

Cette histoire ne peut se finir que de deux façons.

Soit Bella deviendra la plus foutue grande star du monde ou elle se plantera et brûlera. Dans ce cas de figure, elle sera à peine en mesure de se montrer sans se sentir ridicule. Jamais je n'aurais souhaité ça pour elle. Peut-être que j'étais juste en colère contre moi-même pour l'avoir fait entrer dans cette vie? Elle méritait de vivre normalement.

Je dormis peu cette nuit-là mais le matin venu, j'étais prêt à discuter de tout ceci avec mon père. J'appelai le réalisateur de mon film, le prévins que j'avais une urgence familiale et que j'arriverais en retard. Il me répondit qu'il n'y avait pas de soucis et, au lieu de me rendre sur le plateau de tournage à sept heures du matin, je me frayai un chemin à travers la circulation jusqu'à arriver dans les bureaux de mon père dans le centre-ville.

« Bonjour Mr. Cullen. » Heidi, la réceptionniste de mon père me salua alors que je passais les portes. « Votre père n'est pas encore là. Préférez-vous attendre ici ou à l'intérieur? Je suis sûre que ça ne le dérangera pas. »

« Je serai dans son bureau. Merci Heidi. » J'entrai dans le bureau onéreux que les studios lui avaient donné bien des années plus tôt et m'assis sur sa chaise, en face de son ordinateur ouvert et ses notes de film.

Il en avait presque terminé avec la phase de post-production du film que nous avions tourné ensemble et je pressentais qu'il sortirait bientôt parce que mon père aimait travailler vite. Le sortie du film était très attendue mais je savais que Carlisle empêcherait quiconque de le voir jusqu'à ce qu'il le décide. Il avait tellement d'influence dans ce business qu'il avait le pouvoir de mettre le film en suspens durant des années, et personne n'oserait s'en plaindre.

Je feuilletai les dossiers sur son bureau, ne cherchant rien en particulier, jusqu'à ce que je tombe sur ce qui ressemblait à un livre non relié. Il s'intitulait 'Gangsters et Gladiateurs', écrit par Carlisle Cullen. Voir ce titre me choqua car mon père n'avait pas du tout pour habitude d'attribuer un titre à une pièce jusqu'à ce qu'il décide que cela en valait la peine. Je n'avais jamais entendu parler d'un de ses films qui aurait eu un titre dès la ligne de départ.

Je tournai la première page et sus instantanément qu'il s'agissait du film de Bella. Je ne pus lire que les dix premières pages mais c'était du pur génie. De ce que j'avais pu en déchiffrer, il s'agissait d'une histoire assez complexe autour du travail en interne de la pègre de Boston. C'était un savant mélange entre les films 'Les Infiltrés', 'Casino' et 'Le Parrain' mais une histoire d'amour était toujours au cœur de l'intrigue.

« Qu'est-ce que tu fais? » J'entendis la voix de mon père derrière la porte et je tentai de cacher le scénario. « Est-ce que tu lisais ça? » Il se précipita et je remarquai enfin Alice qui sirotait son café dans un coin.

« Tu le lisais. C'est pour ça que j'ai besoin d'une chambre forte à Fort Knox. » Il s'assit à son bureau en prenant un air renfrogné et je pris place sur l'une des chaises d'en face. Alice s'assit sur l'autre.

« De ce que j'ai pu en lire, c'était très bon. » Lui assurai-je.

Son visage s'illumina. « Tu as aimé? »

« Les personnes qui obtiendront les rôles sont certaines d'avoir une carrière à vie. » J'haussai les épaules. « Ce film est le meilleur que tu aies écrit jusqu'à présent. »

« Je l'ai écrit pour elle. » Il s'installa confortablement dans son siège.

« Qui? »

« Bella, je l'ai rencontrée ce jour-là au studio et dans la semaine qui a suivi, j'avais mis ça sur papier. Elle a été ma muse. » Il eut un petit rire.

« C'est justement pour cette raison que je suis ici. Mais qu'est-ce que tu fous, là? » Lui dis-je ostensiblement.

« Surveille ton langage Edward. »

« Pardon mais comment as-tu pu? Est-ce que tu essaies de faire d'elle la risée de cette ville? »

« Edward, calme-toi. » Intervint Alice. « Après lui avoir montré... »

« Tu étais au courant? » J'étais ébahi.

« Je sais tout ce qu'il se passe dans cette famille. Je serai sa styliste pour le film. Tu n'es pas tout excité? » Alice me frappa l'épaule avec la force d'un secondeur (1).

« Avant même d'en arriver là, tu as monté ton coup pour qu'elle rencontre Eleazar? » Dis-je de façon rhétorique.

« Evidemment, il est l'un des meilleurs et il voulait travailler avec elle ou au moins la rencontrer. Tu aurais dû la voir. Elle est arrivée toute timide puis elle a lu. » Ses yeux passèrent rapidement sur moi. « Elle a été incroyable et je crois qu'elle ne s'en est même pas rendu compte. »

« Comment pouvais-tu seulement savoir qu'elle pouvait jouer la comédie? »

« Tu n'as pas regardé la vidéo? » Alice sautilla jusqu'à l'ordinateur de mon père et appuya furieusement sur les touches.

« Quelle vidéo? »

Elle tourna l'ordinateur vers moi et je vis Bella sur scène, qui devait se trouver à Northwestern. La vidéo débuta et je remarquai que la pièce dans laquelle jouaient les acteurs était 'Un Tramway nommé Désir'. Bella était là, au milieu de l'estrade alors que se jouait l'apogée de la pièce, et bien avant que la vidéo ne se termine, je compris pourquoi mon père et Eleazar voulaient travailler avec elle.

Bella était enflammée et rayonnante. En fait, elle illuminait la scène et était tellement naturelle qu'on n'aurait pu dire qu'elle jouait la comédie; c'était quelque chose de très compliqué à réaliser en tant qu'acteur. Elle était l'une de ces personnes qui avait ça dans le sang, meilleure sans répétition et préenregistrement. Comme moi. Il vous suffisait de dire 'action!' et de me laisser faire le travail. C'était le signe évident d'un véritable acteur et Bella l'avait en elle.

Il y avait bien sûr des imperfections dans ses scènes mais elles pouvaient être corrigées. Si Bella faisait ces films, il était clair dans mon esprit qu'elle se révélerait stupéfiante.

Pour quoi j'étais en colère encore?

« Elle n'est pas géniale? » Demanda Alice. « Elle ne te rappelle pas quelqu'un? »

« Pas vraiment. Elle est juste elle. » Je lui répondis honnêtement.

Alice me tendit l'une des premières photos gros plan de ma mère à son arrivée à Hollywood et une de celles de Bella qu'Alice avait prises à la conférence de presse pour mon film.

« Ce ne sont pas les mêmes mais elles ont clairement ce truc. » Mon père acquiesça. « Bella sera encore meilleure qu'Esmée si nous faisons ça bien et mon film est le mieux désigné pour que ce soit le cas. Eleazar est bon aussi mais je veux qu'elle s'habitue avant que nous ne commencions. Elle a besoin de parfaire ses compétences avant le début du tournage. C'est ton travail Edward. »

« Mon travail? »

« Oui, c'est ton apprentie, ta protégée, quel que soit le nom que tu veux lui donner. »

« Comment est-ce qu'elle a réagi hier quand tu lui as annoncé? » Alice s'assit au bord du bureau de mon père.

« Elle a eu peur et j'ai cru qu'elle allait s'évanouir mais quand elle a commencé à lire... je n'aurais pas su dire comment elle se sentait. »

« Donc... c'est vraiment en train d'arriver? » Je demandai.

« Oui, c'est en train d'arriver. » Répondit mon père.

Les jours suivants ne concernèrent que Bella.

La société de production de mon père, qui finançait et gérait 'Guerre du Cœur', fit une déclaration à la presse pour annoncer que Bella avait rejoint la production d'Eleazar. Et c'est là que les choses sérieuses commencèrent. Bella et mon père se voyaient tous les jours après qu'elle eût déposé les enfants à l'école. Je n'avais aucune idée de ce qu'ils faisaient mais Bella me disait être en cours.

Elle avait tellement de choses à assimiler en si peu de temps mais elle comprenait vite et apprenait facilement. Dès que les magazines mirent en lumière le fait que Bella allait travailler avec deux réalisateurs reconnus, je ne fus pas étonné que les gens commencent à se poser des questions. Avait-elle prévu son coup depuis le début? M'aimait-elle vraiment? Essayait-elle de profiter de moi?

C'étaient bien les questions stupides auxquelles je n'avais pas envie de répondre bien qu'elles soient incroyablement énervantes. Tant qu'ils n'auraient pas vu de leurs propres yeux le travail de Bella et à quel point elle était géniale, personne ne me croirait. Dès que le film d'Eleazar sortirait, les gens reconnaîtraient son talent et Bella les impressionnerait même si elle jouait un second rôle.

Tout alla très vite. En l'espace de deux semaines, Bella était passée du statut d'agent publicitaire à chômeuse et finalement actrice. Les choses se déroulaient ainsi dans cette ville. Comme elle faisait la une des journaux, tout le monde y allait de son petit commentaire mais j'essayais de tenir Bella éloignée autant que possible de toute cette presse. L'unique personne qui n'avait pas appelé était Jacob mais il y avait fort à parier qu'il était hors de lui à Chicago.

Bien.

L'encre était sèche sur les contrats et mon père servait d'agent à Bella mais la situation changerait dès que tout s'accélérerait. Il gérait tout ce qui avait un lien avec la carrière naissante de Bella et il prenait son nouveau travail très au sérieux. Quand Bella avait découvert que le scénario de Carlisle avait été écrit spécialement pour elle, son humeur avait changé et elle avait hâte de commencer le tournage du film mais d'abord, il fallait penser à Eleazar.

Chaque nuit à la maison, nous restions éveillés et prenions connaissance du scénario, pour nous entraîner et mémoriser.

« Je n'y arriverai pas. » Elle faisait les cent pas sur le sol de la chambre la veille du tournage de ses scènes. J'étais appuyé contre les oreillers. Chaque nuit, c'était la même rengaine.

« Si, tu vas y arriver. » Je lui dis simplement. « Tu connais ton rôle et tu t'es entraînée toute la semaine. Viens t'asseoir et repose-toi. »

« Non, je ne peux pas. Les gens vont penser que je suis folle. Et si je me mets dans l'embarras? »

« Mais non, tu maîtrises ça. »

« Non, je n'y arriverai pas et je ne sais pas pourquoi j'y ai cru. Je devrais peut-être annuler. »

« Je croyais que tu voulais essayer. »

« Ce n'est pas quelque chose que tu ne fais qu'essayer Edward. C'est une carrière. Pourquoi tu n'as pas essayé de me convaincre de refuser? »

« Est-ce que tu vas arrêter de t'inquiéter et venir au lit? Tu dois te lever tôt demain. »

« Je n'arrive pas à dormir. On devrait peut-être encore passer ça en revue. » Elle tapota son menton et je sentais que j'allais exploser. Je l'assis rapidement sur le lit et la tins entre mes bras pour qu'elle ne s'échappe pas.

« Edward, arrête. » Elle se débattit mais je ne la laissai pas bouger.

« Non, tu dois te calmer ou tu vas finir par en perdre tes cheveux. »

« Je ne sais pas rester tranquille. Je suis tellement nerveuse. »

« Pourquoi? »

« Parce que… je vais me rendre ridicule en face d'acteurs chevronnés et de professionnels. »

« Concentre cette énergie dans ton jeu. Je peux te promettre que ça va fonctionner. »

« Je ne peux pas le faire. » Dit-elle, catégorique.

« Explique-moi ton personnage? »

« Pourquoi? »

« Parce que ça t'aidera à te concentrer. Explique-le moi. »

Elle soupira profondément. « Ok, elle s'appelle Aria Maron, elle a trente ans et c'est la meilleure amie du personnage principal. Elle aide son amie à sortir d'un mauvais mariage mais elle couche aussi avec le mari de son amie donc elle veut qu'ils divorcent. Elle est perdue, triste, délaissée et ne se soucie pas du mal qu'elle peut faire tant qu'elle obtient ce qu'elle veut. » Expliqua Bella d'un seul trait.

« Bien, et que vas-tu faire demain quand tu te sentiras nerveuse? »

« Je vais prendre de grandes inspirations et être moi-même. C'est pour ça qu'ils m'ont choisie et je ne dois pas surjouer sinon ils s'en rendront compte. » Me dit-elle d'une voix monocorde. Je lui avais fait retenir ce mantra car elle avait besoin d'un mécanisme de survie.

« Parfait. Tu es sûre que tu ne veux pas que je vienne avec toi? » Lui demandai-je.

« Non, ce n'est pas mon premier jour d'école Edward. Je peux le faire. »

« Je sais que tu le peux. » J'embrassai le haut de sa tête et vis ses paupières se refermer doucement.

Je me réveillai le lendemain matin avec, comme d'habitude, Bella entre mes bras et je n'avais pas envie de partir. La journée s'annonçait éreintante pour elle et je voulais être présent là-bas mais j'avais aussi un travail à faire.

Je sortis du lit délicatement et partis dans ma petite routine avant d'écrire une lettre à Bella.

Mi Vita,

Je sais que tu peux y arriver. Ne doute jamais de toi car c'est là que tu es en difficulté. Ne pense pas à ce que les gens diront de toi. Tu es douée et tu le sais, nous le savons tous. Laisse ton talent inné faire le travail.

Je t'aime et j'aurais aimé être là.

Appelle-moi dès que tu as terminé ta journée ou si tu as besoin de quelque chose.

Je t'aime Vita.

Edward

Je déposai le petit mot sur mon oreiller pour qu'elle le trouve à son réveil.

Je sortis de la chambre et vérifiai que les enfants allaient bien, comme tous les matins, et je trouvai les garçons enroulés sur le lit de Démétri avec les chiens. Il y avait à peine assez de places pour deux et je me demandais donc comment ils étaient parvenus à se mettre à quatre dedans. L'exemplaire du livre de Bella 'Les Hauts de Hurlevent' reposait sur la table de chevet de Dani. Je ne savais pas pourquoi elle le lisait car j'étais certain qu'elle ne le comprenait pas.

Je quittai la maison après une dernière tasse de café et tentai de me concentrer sur tout sauf Bella. J'allais devenir fou à force de penser à comment sa première journée allait se dérouler. Peut-être que j'aurais dû prendre un jour de congé pour la voir? Non, je ne pouvais pas faire ça. Elle aurait été encore plus nerveuse.

Je soupirai profondément et fermai les yeux. « Tu peux le faire Bella. » Dis-je fermement, pour que cela ait lieu.

Bella allait soit tomber soit s'envoler. Il ne me restait plus qu'à patienter pour le découvrir.


(1): position d'un joueur au football américain

Je ne sais pas vous mais j'ai vraiment hâte de savoir comment ça va se passer pour Bella!

En tout cas, c'est toujours un vrai plaisir de lire et traduire cette histoire, je ne m'ennuie pas une minute (même si je traîne ça en longueur lol).

Si jamais l'envie vous en dit, n'hésitez pas à me laisser un petit commentaire pour me dire ce que vous pensez des personnages.

Carlisle se comporte un peu comme le grand manitou qui obtient toujours ce qu'il veut... ça me fait un peu grimacer mais j'espère que Bella va lui tenir tête de temps en temps!

Allez, à bientôt pour la suite des aventures! :-)

ValouPili