Bonjour tout le monde!
BELLE ANNÉE 2021 (meilleure que 2020,on y croit)!
Encore une fois, aucune promesse de publication de traduction, vous commencez à me connaître et surtout à constater ce qui est... x')
J'espère néanmoins que vous allez bien et que vous vous sentez prêts à vous lancer dans ce tout nouveau chapitre. ;-)
Bonne lecture dans la peau de notre surprenante Bella.
Bisous, et prenez bien soin de vous!
ValouPili
Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7! Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!
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Passion pour les perles, le rose et la douleur
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Point de vue de Bella
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Je m'assis et me voûtai sur la toilette pendant qu'Alice me tenait les cheveux en arrière.
« Mon Dieu Bella. Tu exagères, tu ne crois pas? »
« Non, j'arrive à peine à respirer. Pourquoi j'ai accepté de faire ça? » Lui demandai-je tout en buvant de l'eau.
« Parce que tu es une bonne actrice et nous savons tous que tu peux y arriver. »
« Tu parles... » Je ripostai.
« Edward pense pareil, tout comme mon père et Eleazar. »
« Mais je ne suis pas une actrice. »
« Ma mère non plus à l'époque. Elle était secrétaire avant de tourner dans des films. »
« Je sais bien mais... »
« Il n'y a pas de 'mais' Bella. Lève-toi. » M'ordonna Alice.
« Je ne peux pas, j'ai mal à l'estomac. » Grognai-je.
« Tu es sûre que tu n'es pas enceinte? » Me demanda-t-elle alors qu'elle m'aidait à me mettre debout.
Je lui lançai un regard noir. « Non, les Anglais ont débarqué il y a quelques jours, merci bien. »
De toute façon, je ne pouvais plus être enceinte. Pas après...
Non, elle ne peut pas apprendre ça.
« Peu importe, ce n'est pas normal de vomir comme ça. C'est dégoûtant. » Elle frémit.
« Ça n'améliore pas ma confiance en moi Alice. »
« Désolée. Je suis là pour que ta journée se passe comme sur des roulettes. Papa m'a envoyée pour voir comment tu allais. »
Comment est-ce que je me sentais?
Bon, voyons voir. Je me suis réveillée ce matin avec un mal de tête à vous fendre le crâne et je pouvais à peine respirer tant j'étais nerveuse pour aujourd'hui. Comment j'allais être foutue de jouer la comédie sans aucune expérience passée?
La semaine avait filé comme l'éclair et j'avais appris tellement de choses ces sept derniers jours que je n'avais même pas eu le temps de réfléchir.
Carlisle ne plaisantait pas quand il disait vouloir de moi en tant qu'actrice. Il avait amené le scénario qu'Eleazar m'avait envoyé et tout était parti de là. J'avais reçu une partie de mon cachet pour le travail que j'allais fournir et j'allais recevoir le reste quand tout serait terminé. Le film était petit et indépendant donc le salaire n'était pas élevé mais il restait quand même bien plus important que ce que j'avais pu toucher par le passé.
Le jour suivant, j'avais signé le contrat pour le film et Carlisle m'avait amenée en cours dans l'heure. Il passait la majeure partie de son temps avec moi et nous commençâmes par les bases. Des exercices de lecture et de mémorisation étaient primordiaux puisque je ne connaissais rien à ce sujet. Je travaillais autant que possible avec lui sur le film d'Eleazar et j'appris avec succès à donner mes répliques. Il m'expliquait qu'en devenant meilleure à cet exercice, je serais en mesure de l'appliquer à tous les scénarios que je recevrais.
Le tournage du film avait déjà commencé depuis deux mois. Ils avaient presque tout ce dont ils avaient besoin, sauf les scènes dans lesquelles j'étais présente. Il n'y en avait pas beaucoup puisque j'occupais un rôle secondaire mais un mois supplémentaire allait être nécessaire pour achever le film. Tout le monde m'expliqua que les choses ne se déroulaient pas toujours ainsi mais j'étais un cas à part. Tout allait dix fois plus vite que d'habitude avec moi mais en soi, c'était bien. Cela m'empêchait de penser au fait que j'étais super nerveuse.
Une grosse partie du film était tournée dans l'un des plateaux studio de Carlisle, ce dont je m'estimais chanceuse. De nombreux films étaient réalisés dans d'autres endroits du pays mais ici, nous tournions surtout à Los Angeles. Certaines scènes allaient devoir être filmées à une heure de route en dehors de la ville, plus précisément dans une ville déserte plus au sud mais cela n'allait prendre que quelques jours.
Le conseil de Carlisle s'était révélé meilleur que ce que je n'aurais cru et j'avais réalisé que je pouvais y arriver si je ne réfléchissais pas trop. Edward m'avait expliqué que c'était lié au fait que j'avais un talent inné et que réfléchir me faisait perdre mes moyens. Pour ma part, j'étais persuadée qu'il y avait autre chose derrière, mais restait à découvrir ce que c'était.
La technique de base de Carlisle était de sortir les lignes de leur contexte et de les apprendre. Lire une phrase, ressentir une réaction émotive, relever la tête et s'exprimer quel que soit le sentiment à ce moment précis. Ne pas y penser. Lire la phrase suivante et ainsi de suite.
Cela s'était révélé très facile une fois rentrée dans le rythme mais je ne savais pas comment le faire devant d'autres personnes. Carlisle m'avait expliqué qu'apprendre le personnage était une expérience personnelle qui devait être faite par soi-même mais j'avais tout de même sollicité l'aide d'Edward pour développer en quelque sorte l'histoire de fond du personnage.
Honnêtement, je n'avais aucune idée de ce que je faisais mais Edward m'avait conseillé de faire semblant, jusqu'à ce que j'y arrive. Jouer la comédie se résumait à cela, non? Faire semblant et mentir n'étaient en rien liés à la vraie vie de tous les jours des acteurs.
J'appris les bases de la réalisation d'un film ainsi que le jargon cinématographique. Carlisle s'était assuré que je sache comment mes journées se dérouleraient et m'avait mise au courant de ce à quoi je devrais m'attendre de ce métier.
Je me réveillais ce matin-là après une semaine complète de pratique et je ne m'étais jamais sentie aussi mal que depuis que je m'étais lancée dans cette aventure. Je savais désormais pourquoi les filles de cette ville étaient si maigrichonnes. Je vomissais sans arrêt dès que j'ouvrais les yeux le matin et le stress était toujours présent.
Comment étais-je supposée faire ça? Les gens parleraient à vie de moi et jamais je n'oserais me montrer en public si j'échouais. Et même si j'étais douée, personne ne le croirait avant la sortie du film, qui surviendrait dans les mois à venir.
Personne n'allait croire que je n'avais rien manigancé, surtout quand les magazines ont découvert que j'allais travailler dans certains films… ils m'avaient déchiquetée. On me traitait de tous les noms dans les journaux mais j'essayais de ne pas y accorder d'attention. C'était compliqué car ma mère m'appelait chaque soir pour me lire le dernier article qu'elle avait trouvé. Pour ce qui était de mon père, il n'avait pas appelé une seule fois. Renée me disait qu'il était simplement choqué par la situation. Je ne pouvais pas lui en vouloir d'ailleurs.
Tout allait beaucoup trop vite pour moi. Mais qu'est-ce que je foutais?!
Je courus dans la salle de bain et vidai le contenu de mon estomac dans un haut-le cœur. Alice arriva pour amener les enfants à l'école puis repassa par la maison pour me conduire dans les studios. Je fus une véritable épave durant tout le trajet.
Et maintenant, je me trouvais dans ma caravane. Est-ce que cela avait le moindre foutu sens?
« Bella, où est ta première tenue? » Me demanda Alice alors qu'elle voletait autour de moi.
« Je ne sais pas. Je viens tout juste d'arriver. » Je m'assis sur une chaise et tentai de contrôler ma respiration.
« Oh, la voilà. Voici ton costume numéro un. » Elle tenait une robe rose et un collier de perles sur le cintre. « C'est vraiment joli Bella. »
« Je ne sais pas Alice. » Je pris la robe et la tins contre moi. « A quoi est-ce que je vais ressembler là-dedans? »
« Quelle importance? C'est à cela que ton personnage ressemblera. Tu joues une femme qui couche avec le mari de sa soi-disant meilleure amie qui n'en sait rien. J'ai lu le scénario Bella et tout tourne autour de la déception. » Les yeux d'Alice passèrent rapidement sur moi. « Mensonges dans les faubourgs. Ça va être d'enfer. »
On frappa à la porte et je sursautai légèrement. « Madame Swan, les maquilleurs sont prêts pour vous. »
« Une minute. » Répondit Alice. « Dépêche-toi. C'est presque l'heure. » Elle m'arracha presque les vêtements que je portais et je me retrouvai dans ma robe rose en l'espace de quelques secondes.
Honnêtement, il y avait bien trop de rose à mon goût mais comme Alice l'avait si bien dit, c'est ce qu'aimait mon personnage. J'enfilai mon collier de perles et les talons hauts blancs que j'allais porter.
« Tu es si jolie. » Alice sautillait.
« Je ressemble à Jackie O. » Je me retournai pour apercevoir le dos de ma robe Versace qui devait sans doute coûter plus cher que ma maison.
« Pas le temps de discuter. » Alice me poussa hors de la caravane et s'assura de prendre ce qu'il restait de mon scénario pour que je puisse le relire avant les prises.
On me pressa dans la caravane pour le maquillage et Alice me laissa devant la porte. « Je veillerai sur toi donc ne t'inquiète pas. » Elle me prit dans ses bras avant de me pousser gentiment à l'intérieur.
On m'assit sur une chaise devant l'un des maquilleurs qui commença à tirer sur mes cheveux et les coiffer.
« Salut Bella, je ne t'ai pas vu entrer. » Dit l'homme à côté de moi.
Même si nous nous étions rencontrés à quelques reprises avant les répétitions, cela me faisait toujours bizarre de parler avec Marshall Levi. Il était l'un de ces acteurs connus pour s'être spécialisé dans les films indépendants et plus petits comme celui-ci. Il était très doué et m'intimidait encore, même s'il s'avérait très aimable quand nous ne tournions pas. Il était présent dans beaucoup de scènes dans lesquelles je jouais, surtout celles d'aujourd'hui.
Notre relation dans le film nous paraissait évidente et il ne nous avait pas fallu longtemps pour trouver notre rythme avec les personnages.
« Bonjour Monsieur Levi. » Répondis-je doucement.
Il rit. « Bella, j'ai juste un an de plus que toi et tu me parles comme si j'avais cinquante ans. »
« C'est tellement bizarre d'être assise là. Je n'avais même pas de travail il y a une semaine. »
« Et regarde-toi aujourd'hui. La plus grande star de la ville. »
« Je ne suis pas certaine de ça. »
« Ou du moins celle dont on parle le plus. Tout le monde semble penser te connaître et simplement parce que tu es liée au nom 'Cullen'. »
Je ne savais pas comment prendre son commentaire. Devais-je avouer que c'était le père de mon petit-ami qui m'avait trouvé le travail?
« Je n'insinue rien de mal. » Ajouta-t-il rapidement. « Je dis juste que c'est bien d'avoir des amis hauts placés et tu as les meilleurs. Personne ne savait que Cullen préparait un nouveau film jusqu'à ce qu'il l'annonce et que tu en faisais partie. Tout le monde veut avoir une part du gros gâteau. Je me suis même inscrit pour auditionner mais personne ne sait de quoi ça parle. Tu as eu des informations confidentielles? » Il me fit un clin d'œil.
« Malheureusement non. » Lui dis-je sans mentir. Carlisle ne voulait même pas discuter de son film avant que celui-ci ne soit terminé. Il disait ne pas vouloir me distraire.
« Et bien, quel que soit le film, ça va être énorme. » Conclut-il.
Qu'est-ce qu'il pouvait bien se passer dans la tête foisonnante de Carlisle et pourquoi voulait-il de moi dans son film?
« Prête pour ta première journée de travail? » Me demanda Marshall.
« Je n'ai pas arrêté de vomir depuis que je suis sortie de mon lit. »
« Bien. Ça veut dire que tu es prête. Avant que je ne tourne mon premier gros film, j'ai perdu dix kilos. Rien ne restait dans mon estomac un mois avant le tournage. »
« C'est surréaliste. » Dis-je pour moi-même mais il l'entendit.
« Je sais. Tout va vite dans cette ville et tu en es capable. Tu m'as déjà épaté rien que pendant les répétitions. »
« Euh, merci… je suppose. »
Nous passâmes le reste de notre séance maquillage à discuter de nos personnages. Je restais nerveuse comme jamais et je peinais à respirer correctement mais j'essayais de rester calme.
« Tu es prête à en finir? » Me demanda Marshall en se mettant debout.
« Pas vraiment. »
« Tu n'as pas le choix. » Il eut un petit rire et m'aida à sortir de la caravane. Je m'appuyai sur son bras car je portais des talons vertigineux et je n'étais pas d'humeur à tomber durant ma première journée de travail.
Nous nous rendîmes sur le plateau de tournage qui se trouvait à quelques pas de là, et je fus aussitôt projetée dans le monde de la réalisation. Je pensais savoir dans quoi je mettais les pieds mais rien n'aurait pu me préparer à cet assaut d'instructions de tous les membres présents sur le plateau.
On m'indiqua où me placer et je regardai ma doublure se rendre sur la scène deux fois pour que l'équipe technique fasse les réglages lumière et mette en place les décors avant le tournage des scènes avec les acteurs principaux. Je transpirais et ma respiration était irrégulière mais je le cachais dès que quelqu'un me regardait.
« Ok Bella. Tu peux me suivre, nous allons commencer. » Dit Eleazar calmement. Il était dur mais très patient avec moi et je lui en étais reconnaissante.
Nous montâmes sur le plateau qui avait été préparé de sorte à ressembler à une chambre d'enfant. Dans ma scène, je devais ramasser les jouets et me disputer en même temps avec le mari de ma meilleure amie. Cela n'avait peut-être pas l'air compliqué mais croyez-moi, c'était bien plus complexe qu'en apparence.
« Bon, tu as observé la doublure il y a quelques minutes non? » Me demanda-t-il et j'acquiesçai. « Bien. Ça devrait être assez facile. Tu passes juste la porte et tu commences à ramasser les jouets. Marshall va rentrer mais tu fais comme si tu ne l'avais pas vu, puis la dispute commence. Suis simplement tes lignes et joue comme cela te vient. »
« Je… je pense pouvoir y arriver. » J'hochai la tête.
« Ajustement maquillage s'il vous plaît. » Cria Eleazar et deux personnes s'occupèrent de ma tête dans la seconde. On me remit un peu de laque sur les cheveux et je fus prête.
« Fais juste comme d'habitude. » Me souffla Marshall à l'oreille avant de rejoindre son emplacement.
Le plateau se vida subitement et je fus la seule sous les projecteurs.
Qu'est-ce qu'il venait de se passer?
Je respirai posément en observant la masse de personnes derrière la caméra: Eleazar réglait son siège, des costards cravates pianotaient sur leurs téléphones pour se faire plus d'argent à coup sûr, les assistants essayaient de faire taire tout le monde et Alice bondissait comme un petit lapin. Je plissai les yeux pour et aperçus Carlisle et Esmée qui étaient près d'elle.
« Super. » Me dis-je et je voulus disparaître sous terre mais je ne pouvais clairement pas.
« Silence sur le plateau! » Cria quelqu'un au microphone et on n'entendit plus rien.
« Tu es prête Bella? » Demanda Eleazar et j'acquiesçai. « Marshall? » Il leva le pouce. « Ok vous savez quoi faire. Action! »
Je commençai à circuler dans la chambre comme j'étais supposée le faire et j'entendis Marshall entrer et fis mine de rien.
« Bon sang, qu'est-ce qu'il t'est passé par la tête pour appeler à la maison alors que ma femme était là? » Demanda-t-il en jouant son personnage.
Je me retournai pour lui faire face mais aucun son ne sortit.
Je voulais juste entendre ta voix.
Dis-le Bella!
J'ouvris la bouche mais rien ne vint.
« Coupé! » Cria Eleazar et le bruit ambiant reprit.
Marshall me rejoignit. « Qu'est-ce qu'il y a? »
« Je n'y arrive pas. » Je secouai la tête.
« Arrête avec ça. Tu as su le faire pendant les répétitions. Le feu est là en toi. »
« Regarde tous ces gens. »
« Je les vois. » Il sourit largement. « Fais-les voir un spectacle. »
« Je ne peux pas. »
Nous essayâmes trois fois de tourner la scène mais rien ne venait. J'étais un échec et je n'arrivais pas à sortir un seul mot. Ce n'était même pas encore l'heure du déjeuner et je n'avais qu'une envie: prendre mes jambes à mon cou.
« Bella, tu t'en sors bien. » Carlisle tenta en vain de me calmer pendant que je m'asseyais et Alice me tendit un verre d'eau. Elle n'avait pas arrêté de pianoter sur son téléphone durant la précédente demi-heure, elle avait même à peine levé la tête.
« Comment cela peut être bien? Je fous en l'air le film. » Répondis-je.
« C'est nouveau pour toi ma chérie, nous comprenons tous. » Ajouta Esmée pour me rassurer, en chaleureuse petite maman qu'elle était.
« Je me rends ridicule. »
« Tu es prête à réessayer? » Me demanda Eleazar en venant d'un bon pas vers moi. « Il faut que ces scènes sont tournées aujourd'hui. »
« Elle est prête. » Esmée me sortit de ma chaise et me conduisit sur le plateau.
Marshall était déjà sur son emplacement, les cheveux entre les mains du coiffeur, et la maquilleuse se dirigea vers moi.
« Vous êtes vraiment jolie. » Me dit-elle.
« Euh… merci. » Je fis une grimace. Je n'aimais pas les gens hypocrites.
« J'aurais aimé avoir votre bouche. » Elle soupira.
J'étais sur le point de lui répondre mais Eleazar cria sur quelqu'un et il aurait été impossible de me faire entendre. Il criait sur un stagiaire qui avait trébuché sur le fil d'une caméra. Cela aurait pu tomber sur moi si j'avais été dans le coin. Ma maladresse ne m'épargnait d'aucun embarras.
« Prépare-toi à recommencer. » Grommela Eleazar en écartant la maquilleuse de son passage.
J'acquiesçai honteusement et me préparai à dire quelque chose cette fois.
« Action! » Hurla-t-il cinq minutes plus tard et la caméra filma.
Enfin, je réussis à dire mes lignes. Le seul souci, c'est que je les dis si bas que personne ne les entendit, pas même Marshall. Je parlai plus fort la deuxième fois mais je savais que ce n'était pas très bon.
Ce ne fut qu'à la dixième prise que je vis Edward murmurer quelque chose à Eleazar.
Non, il ne peut pas être ici.
J'y arriverais encore moins avec lui dans les parages. Faites-le partir.
« Action! » Cria encore Eleazar mais je ne bougeai pas d'un millimètre. Mes yeux se rivèrent sur ceux d'Edward pendant une bonne minute avant que je ne reprenne ma respiration.
« Coupez! »
« Bella. » Eleazar m'interpella et je me dirigeai vers lui et Edward.
« Va t'isoler et reprendre tes esprits bordel. » Me commanda Eleazar.
« Hé, ne lui parlez par comme ça. » Lâcha Edward.
Je le fis s'éloigner avant qu'il ne me fasse perdre mon travail et le pris à partie dans un coin.
« Mais qu'est-ce que tu fais ici? » Lui murmurai-je.
« Alice a dit que tu avais besoin de moi. »
« Et bien non. Retourne travailler. »
« Il te parle toujours de cette façon? » Edward fit un signe de tête en direction d'Eleazar.
« Tu ferais pareil si tu me voyais jouer aussi mal. »
« C'est inacceptable. Il croit être qui bordel? » Les yeux verts d'Edward se durcirent légèrement.
« Il a le droit d'être en colère. »
« Mais pas celui de te parler ainsi. Attends un peu que je lui en touche un mot. »
« Arrête tout de suite. » Soufflai-je. « Il se rend compte à quel point je suis mauvaise. »
« J'ai vu les deux dernières prises. Pourquoi est-ce que tu lis ton scénario? » Me demanda-t-il.
« Je ne le lis pas. »
« A quoi tu penses quand tu joues? » Insista-t-il.
« Aux mots. »
« Exactement. Tu lis le scénario. »
« Je suis censée faire quoi bon sang? »
« Pense comme le ferait ton personnage. A quoi penserait-elle dans une telle situation? Aria est différente de Bella et Bella est différente d'Aria. Sépare les deux. »
« J'ai besoin d'être moi. »
« Non, tu as besoin d'être Aria. Tu es actrice. Ils ne te paient pas pour être Bella. Fais la séparation complètement. »
Avant que je ne puisse lui répondre quoi que ce soit, il me poussa devant la caméra et me regarda alors que l'on ajustait mon maquillage. Je ne manquais pas de lui jeter un regard noir durant la séance.
Je savais ce que je devais faire, je n'y arrivais simplement pas. Je n'avais pas besoin qu'il vienne à ma rescousse.
« Prête à recommencer? » Eleazar se frotta le front.
« Oui. » Répondis-je brièvement.
Je fermai les yeux et repensai aux paroles d'Edward.
Fais la séparation complètement.
« Action! »
Je jouais la scène parfaitement en une seule prise et je saurai littéralement de joie lorsque ce fut terminé.
« Enfin! » Eleazar me prit pas les bras et me fit tourner. « Je savais que c'était toi qu'il me fallait. On passe à la suite! »
Je remerciai Edward par un « je t'aime » inaudible et il hocha la tête avant de quitter le plateau de tournage.
Les deux semaines suivantes se ressemblèrent. Je faisais exactement ce qu'Edward me disait avant chaque scène et jouer Aria se révéla facile, même le fait de ne pas penser à être Bella. Mon personnage et moi étions tellement différentes que je n'avais même plus besoin d'y penser.
Je savais qu'Aria était une garce qui prenait tout ce qu'elle voulait. Elle se passionnait pour les perles et tout ce qui était rose. Elle jouait à la parfaite mère au foyer mais elle cachait sous un masque de douleur tout ce qu'elle avait accumulé durant son horrible enfance.
C'était donc facile et assez amusant finalement de jouer une autre personne pendant quelques heures. Tout le monde sur le tournage, des maquilleuses jusqu'aux personnes qui servaient le café, était aimable avec moi. Ils ne me donnaient pas l'impression d'être une véritable nulle quand j'avais une scène coriace à tourner.
J'avais dû filmer quelques scènes émouvantes avec mon père à l'écran ainsi qu'avec Marshall, et c'était vraiment compliqué. J'avais dû faire revenir à la surface des émotions que je n'avais plus eu à gérer depuis très longtemps. J'avais parfois eu besoin de me rappeler que ce n'était pas la vraie vie car si je ne faisais pas attention, je pouvais facilement être prise dans le moment.
J'avais également eu quelques scènes d'amour avec Marshall et s'il y avait bien une chose qui ne me tentait pas, c'était celle-là. Fort heureusement, Eleazar avait fait fermer le plateau pour moi et seules cinq personnes furent présentes. Je m'étais toujours demandée comment les scènes de sexe se déroulaient sur un tournage, et laissez-moi vous dire que je l'avais ô combien découvert parce qu'Aria adorait faire l'amour… autant qu'elle le pouvait.
Les scènes comportaient beaucoup de mouvements, de bruits et de peau mais bizarrement, tout était relativement couvert. Je portais des sous-vêtements de couleur chair et un soutien-gorge sans bretelles mais j'avais bien conscience que cela ne se passait pas toujours ainsi. A l'heure actuelle, de nombreuses actrices y allaient seins nus et je n'étais pas certaine d'être prête pour ça. Je fis juste le nécessaire pour ne pas être nue toute la journée et m'assurai qu'Edward fut interdit d'entrée ces jours-là.
A l'inverse, Carlisle était présent quotidiennement et j'étais reconnaissance qu'il m'aide quand j'en avais besoin. Alice était en quelque sorte devenue mon assistante et toujours à mes côtés quoi qu'il arrive. Elle semblait savoir ce dont j'avais besoin sans que j'aie à le demander. Elle rendait clairement ma vie plus facile mais je n'étais pas encore à l'aise à l'idée d'avoir une assistante. Selon Alice, c'était pourtant essentiel.
Je réussissais toujours à être à la maison quand les enfants rentraient de l'école et j'étais heureuse de ne pas m'en soustraire. Je travaillais tous les jours depuis deux semaines, un weekend compris, et il était maintenant prévu que je me rende à Fresno pour tourner des prises en extérieur.
Je parvins tout de même à obtenir quatre jours de congé pour la période de Thanksgiving. Will et moi avions dîné chez les Cullen la nuit dernière et la soirée fit office de Thanksgiving puisque Carlisle allait travailler et Emmett irait avec Rose chez ses parents. Nous partîmes Will et moi le lendemain matin de chez eux pour nous rendre à Forks où Edward nous rejoindrait trois jours plus tard sans ses enfants.
Edward et moi pensions qu'il valait mieux que Charlie rencontre tout le monde au fur et à mesure.
« J'aurais tellement aimé que tu viennes avec nous maintenant. » Dis-je tristement à Edward pendant que je terminai la valise de Will. Il jouait avec les chiens en bas et nous devions partir à l'aéroport d'ici quelques heures.
« Si tu savais à quel point j'aimerais être avec toi. » Grogna Edward. « Je devrais gagner une récompense pour ça. »
Je ris. « Je ne t'avais jamais entendu me sortir un truc pareil avant. »
« C'est parce que personne ne travaille aussi durement que moi. » Il enroula ses bras autour de ma taille et embrassa ma tempe. « Je serai là d'ici deux ou trois jours. Ne t'inquiète pas. »
Will et moi fûmes à l'aéroport quelques heures plus tard. Tout un tas de photographes nous attendaient à l'entrée pour obtenir des clichés. Will essaya bien entendu de leur montrer son « meilleur profil » et Edward voulait qu'un garde du corps nous accompagne mais j'estimais que ce n'était pas nécessaire.
Je ne savais pas comment les paparazzis avaient appris que je serais à l'aéroport. Dès que Ralph nous y déposa, je fus aveuglée par les flashes. Je tins fermement la main de Will et nous traversâmes la marée humaine sans trop d'encombres.
Voyager était devenu une expérience très différente depuis que les gens me reconnaissaient. Il n'y avait plus de contrôles de sécurité, plus de files d'attente, plus de fouilles par palpation. Will et moi étions presque conduits à nos sièges cinq minutes avant le décollage. Je ne me rendis compte que nous étions dans l'avion que lorsqu'il fut en l'air.
« Papy Charlie sera là quand on va arriver à Seattle? » Demanda Will, tout excité.
« Il a dit qu'il serait là, oui. » Je repoussai les cheveux qui passaient sur son visage.
« Edward va venir aussi maman? »
« Bien sûr, mais sans Dani ou Demetri. » Lui rappelai-je. « On ne veut pas surcharger papy Charlie, n'est-ce pas mon grand? »
« Non, et je dois être calme. » Acquiesça-t-il, en se souvenant de ce que je lui avais dit avant de partir.
« Fais dodo et à ton réveil, nous serons déjà là-bas. » Il posa sa tête contre mon bras et s'endormit dans la seconde.
Nous atterrîmes à Seattle après quelques heures et je n'avais qu'une hâte: revoir mon père. Cela faisait trop longtemps que je ne l'avais pas vu et il me tardait de me trouver sous les nuages constamment pluvieux de Forks.
Je réveillai Will difficilement, il ressemblait d'ailleurs à un zombie quand nous passâmes les portes d'entrée de l'aéroport.
J'aurais pu repérer Charlie entre mille: des épaules voûtées, un corps long et fin, une touffe de cheveux bruns foncés et bouclés, et la moustache typique. Toutes ces caractéristiques se trouvaient là, aux yeux du monde. Mon père était un être bienveillant et je n'aurais pas voulu qu'il en soit autrement.
Will courut l'attraper avant qu'il ne nous voie.
« Papy, papy! » Psalmodia-t-il alors que mon père le soulevait.
« Oh mon Dieu. Est-ce que tu es mon petit-fils? C'est impossible. Tu as tellement grandi. »
« Je sais. Maman me donne des légumes. » Il contracta ses muscles quand Charlie le remit par terre.
« Dis donc, tu ressembles à une grande personne. Et à ton père de plus en plus. »
Je grimaçai à cette remarque et il était hors de question de parler du fait que Will était le fils de Jacob.
Charlie ne connaissait pas toute l'étendue des abus de Jacob mais mon père savait qu'il ne m'avait jamais bien traitée. Son amitié avec Billy en avait souffert. Ils ne s'adressaient la parole que si nécessaire et cela me tuait de savoir que mon père avait perdu son meilleur ami à cause de mes erreurs.
« Bonjour Isabella. » Il me serra tellement fort dans ses bras que je ne pus presque plus respirer.
« Depuis quand est-ce que tu m'appelles par mon prénom? » Demandai-je contre sa poitrine.
« Depuis que tu es devenue une star de cinéma. Je trouvais peu professionnel de t'appeler Bella. » Il se recula et rit.
« Allez, rentrons à la maison. » Je le frappai à l'épaule avant de prendre Will par la main.
Comme il n'y avait heureusement aucun photographe dans les parages, nous rejoignîmes la voiture de police de Charlie facilement. Il alluma la sirène à la demande de Will mais à part leurs échanges, le trajet se passa dans le silence.
J'entrai dans la maison, que je n'avais plus vue depuis la fin du lycée, et je fus choquée de constater que rien n'avait changé, du vieux fauteuil en cuir au tapis de sol en passant par la cuisine qui ne devait pas être utilisée souvent.
« Tu peux déposer vos sacs dans ton ancienne chambre. Will dormira dans la chambre d'amis et ton… petit-ami se couchera sur le divan quand il arrivera. » Charlie secoua la tête.
« Papa, tu ne l'as même pas encore rencontré. »
« Et bien, j'ai merdé la première fois et ça ne se reproduira plus. J'aurais dû savoir que Jacob était un sale type. » Il baissa la tête.
« Ce n'était pas ta faute. »
J'amenai Will à l'étage et l'aidai à défaire sa valise. Nous en avions presque terminé quand Charlie nous appela d'en bas. « Bella, je vais chercher une pizza. Ça va aller ici toute seule? »
« Oui, on a presque fini. Prends ton temps. » Lui répondis-je.
« Est-ce que tu vas préparer le dîner pour la Thanksgiving? » Demanda Will.
« Sans doute. J'ai vu que papy avait acheté tout ce dont j'ai besoin donc ce sera le cas. »
« Je parie que ça lui manque que tu ne sois pas là pour cuisiner. Il doit manger des pizzas quand tu n'es pas là. » Il rit sur son lit.
« Je crois que tu as raison. Va te changer avant qu'il ne revienne avec le dîner. » Je le conduisis vers la salle de bain.
Je m'apprêtai à me rendre dans ma chambre quand il y eut un faible coup à la porte d'entrée. Mon corps se crispa légèrement.
Je descendis les escaliers à la hâte et ouvris la porte.
Je l'aurais reconnu n'importe où: grand, musclé, bronzé, des cheveux noirs courts et un regard qui vous terrorisait.
« Qu…qu'est-ce que tu fais là Jacob? » Lui demandai-je et il fit un large sourire.
« C'est bon de te revoir Bella. » Il parla doucereusement et m'enlaça. Je restai droite comme un 'i' jusqu'à ce qu'il me relâche.
« Va t-en. » Ma voix trembla mais je ne comptais pas le laisser m'effrayer.
« Je veux passer du temps avec toi, et avec Will bien sûr. » Il ajouta le nom de son fils comme s'il s'agissait d'une pensée après coup.
« Tu ne mérites de passer du temps avec nous. Tu n'as pas appelé Will depuis des mois et tu crois que tu peux débarquer comme ça et te comporter comme si de rien n'était? »
« J'essaie d'être une meilleure personne mais tu ne m'en laisses pas l'occasion. » Grogna-t-il.
« Qu'est-ce que c'est censé vouloir dire? » J'étais montée d'un cran en l'espace de quelques secondes et me trouvais encore bêtement debout dans l'embrasure de la porte.
« Cela signifie que tu l'éloignes encore et toujours plus de moi. Je te vois te pavaner avec Edward sans arrêt et mon fils se comporte comme s'il était son père. Essaierais-tu de lui faire oublier qui je suis? »
« Oui. »
Il s'introduisit de force dans la maison et me tint fermement par les bras contre le mur. « Ne fais rien pour me mettre en colère Bella. Je sais que tu te souviens de ce que je suis capable de faire. Noël, il y a six ans. Où l'as-tu passé? »
« A l'hôpital. » Lui répondis-je, ma voix ne ressemblant plus qu'à un murmure, et il acquiesça.
« Voyons si ces côtes sont bien guéries. » Il fit courir sa main sur mon corps et agrippa férocement un de mes côtés. Je tressaillis de douleur et sus que j'aurais des bleus le lendemain matin.
« Enlève tes mains Jacob. » Je le repoussai mais il ne s'écarta qu'un peu.
« Quand pourrai-je voir mon fils? J'ai TOUJOURS le droit de le voir. » Déclara-t-il en accentuant bien sur le mot.
J'inspirai profondément et tentai de rajuster mes vêtements. « Je le sais. Tu as cinq minutes. »
« Ouais, c'est ça. » Il roula des yeux et partit s'asseoir dans le divan.
Je courus à l'étage pour m'assurer que Will n'avait rien entendu et le découvris au téléphone en train de discuter avec quelqu'un.
« Je sais Edward. J'ai hâte de te voir aussi. Quand est-ce que tu viens… mais c'est tellement loin… je ferai… » Il tourna la tête vers moi. « Maman est là… ok… je t'aime aussi. »
Mon coeur faillit s'arrêter de battre. Est-ce qu'Edward avait dit à Will qu'il l'aimait?
J'avais le Diable en bas et un Saint au téléphone.
Jusqu'à quel point ma vie pouvait-elle être merdique? C'est comme si la douleur me poursuivait et j'avais été stupide de croire que j'aurais pu un jour être en sécurité alors que Jacob se profilait toujours à l'horizon.
Je pris la main de Will et le conduisis en bas pour qu'il voie l'homme qu'il connaissait sous le nom de 'Papa'.
Sincèrement je n'avais, mais alors, pas vu le truc arriver avec Jacob!
J'ai hâte de découvrir la suite comme vous et ce qu'Edward va faire quand il l'apprendra... ça risque de barder sévère!
Ah, et je vous laisse aussi le petit commentaire fourni par l'auteur Johnnyboy09 quant aux questions que vous pourriez vous poser:
Avant que quiconque ne le demande: non, Bella n'est pas enceinte. Elle vomissait à cause du stress dans ce chapitre donc ne croyez pas qu'il y ait une quelconque arrière-pensée, ce n'est pas mon genre. Si vous l'avez remarqué, Bella garde bien un secret qui concerne son "avenir reproductif", si je peux le dire ainsi. Les explications suivront mais je me contenterai de dire pour l'instant que Jacob l'a vraiment foutue en l'air.
N'hésitez pas à me donner votre avis sur ce chapitre, je trouve en tout cas que l'on avance bien, et nous ne sommes visiblement pas au bout de nos surprises.
ValouPili
