Bonjour tout le monde!
Et un nouveau chapitre pour bien commencer/continuer la semaine!
Celui-ci devrait vous réjouir comme vous faire grimacer... on s'en doutait au vu du précédent.
Bref, une fois n'est pas coutume, installez-vous confortablement et laissez-vous emporter dans la tête d'Edward! ;-)
Bisous, et prenez bien soin de vous!
ValouPili
Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7! Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!
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Le guerrier le plus meurtrier: le Saint versus le Diable
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Point de vue d'Edward
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J'étais couché sur le lit, attendant que Bella m'appelle après son départ vers Forks il y a quelques heures. J'avais obtenu une semaine de congé pour la Thanksgiving et concrètement, je n'avais rien à faire. Bella et Will étaient venus dîner chez mes parents la veille étant donné que nous allions tous être séparés durant les vacances.
Je comptais passer les trois jours suivants avec mes enfants pour ensuite rejoindre seul la ville de Forks pour rencontrer le fameux Chef Swan. Sincèrement, j'avais vraiment la trouille. Je voulais que Bella devienne un jour ma femme et bien qu'il soit encore trop tôt pour évoquer ce sujet avec quiconque, tout dépendait de lui.
Je n'avais pas encore rencontré Renée mais je savais qu'elle m'aimait déjà. Je pouvais à coup sûr gagner son cœur au téléphone mais pour le père, c'était une toute autre histoire. Je n'avais même pas eu une seule conversation téléphonique avec Charlie et j'avais peur de lui à cause des histoires que Bella m'avait racontées, mais je savais très bien où il voulait en venir.
D'abord, c'était un sacré boulot d'être le père d'une fille. Je ne comptais pas laisser la mienne aller à des rencards avant ses trente ans. Charlie, en tant qu'officier de police, savait à quel point les gars pouvaient être dégoûtants. J'aurais parié qu'il était protecteur avec Bella même quand elle n'était encore qu'un bébé, et d'autant plus après avoir découvert ce que Jacob lui avait fait. Si Bella avait été ma fille, je ne l'aurais jamais laissée hors de ma vue après son divorce.
Le plus étrange, c'est que Bella ne lui avait jamais dit ce que Jacob lui avait fait subir. Elle m'avait dit que son père pensait juste que leur mariage ne fonctionnait pas. Il aurait peut-être pu deviner qu'il y en avait plus sous la surface mais selon elle, il s'agissait de différends irréconciliables.
J'espérais que mon numéro de charme serait au point car Charlie était le dernier obstacle pour gagner complètement le cœur de Bella. Will avait confiance en moi, Renée aussi mais c'est Charlie qui m'inquiétait le plus.
« Il a intérêt à m'apprécier. » Je roulai sur le lit et tentai de dormir. Les enfants passaient la nuit chez mes parents et je n'avais rien à faire donc mieux valait essayer de récupérer quelques heures de sommeil.
Je me tournai et me retournai dans le lit depuis une heure sans pouvoir m'endormir. J'abandonnai finalement et allumai la télévision. Je restai sciemment loin des chaînes de divertissement car Bella et moi nous y trouverions certainement.
Je m'arrêtai sur la chaîne des vieux films et plongeai aussitôt dans 'Des Gens comme les Autres'. C'était l'un des mes films préférés et Robert Redford était l'acteur avec lequel j'avais le plus envie de travailler dans cette ville bien que je n'en aie pas encore eu le privilège.
Je fermai les yeux et repensai à ce qui s'était déroulé ces deux dernières semaines.
Toutes ces histoires à propos de filles qui étaient découvertes à Hollywood ne devenaient jamais réalité et pourtant, Bella en était la preuve vivante. Elle était… incroyable et jamais de toute ma vie je n'avais été captivé par un acteur. Je pensais ne pas être objectif parce que j'étais amoureux de Bella mais tout le monde voyait bien la même chose que moi.
J'allais la voir tourner ses scènes aussi souvent que possible et même si cela n'avait été qu'à quelques reprises, j'avais été convaincu que Bella était une actrice. Elle avait attrapé le virus et aucun retour en arrière n'était permis. Elle était née pour ça.
Ma père revenait souvent à la maison avec des anecdotes sur le comment Bella pouvait amener aux larmes les membres de l'équipe avec l'une de ses scènes ou comment elle parvenait à diriger le plateau grâce à son talent. J'aurais adoré la voir davantage mais je n'en avais pas l'occasion. Cela dit, j'avais été heureux de ne pas pouvoir aller sur le plateau pendant qu'elle tournait ses scènes d'amour. J'aurais été capable d'écraser la tête de Marshall si je les avais vus dans le même lit. Marshall était l'un de mes meilleurs amis depuis le début de ma carrière mais notre passé commun aurait été jeté aux ordures si je les avais vu enroulés dans des draps.
Elle était mienne et je me battrais pour elle si je le devais.
Je savais que ce n'était que de la comédie et je me demandais comment j'allais pouvoir regarder ces scènes en particulier lors de la projection. Ressentait-elle la même chose quand elle regardait mes propres scènes? J'espérais que non car c'était foutrement ignoble.
Après le premier jour où, au sens figuré, j'avais dû la secouer un peu, elle s'était reprise. Elle jouait la comédie comme si elle l'avait fait toute sa vie. Elle devenait à l'aise dans son rôle d'actrice et j'avais constaté que son stress était parti.
Quand je rentrais à la maison, elle avait toujours une histoire à me raconter sur ce qui s'était passé sur le plateau ou elle me posait des questions sur ce que signifiaient certains termes techniques. Lorsqu'elle gagna en confiance, elle comprit qu'elle était capable de faire ce métier et qu'il n'y avait rien de trop compliqué.
J'avais aussi dû lui expliquer que cela ne se passait pas toujours de cette façon. Elle jouait un rôle secondaire dans un film indépendant. Certes, elle était douée mais son expérience serait complètement différente lorsqu'elle jouerait le premier rôle dans un film car le poids de son succès au box-office dépendrait d'elle.
Je voulais la prévenir qu'elle serait beaucoup plus stressée mais sans lui faire peur pour autant. Je lui avais alors partagé quelques-uns de mes conseils. Nous aurions largement le temps de passer aux choses sérieuses lorsqu'elle travaillerait avec Carlisle.
À ma demande, Alice jouait le rôle de l'assistante de Bella. Je voulais garder un œil sur elle sans être présent, juste au cas où elle aurait besoin de moi. Alice me tapait aussi sur le système avec toutes ses questions donc je l'avais renvoyée vers Bella. Elle n'avait toujours pas d'agent ou de publicitaire mais Carlisle m'avait suggéré de nous en soucier plus tard. Aider Bella à boucler son tout premier rôle était le plus important pour l'instant et le reste suivrait.
Mes yeux s'ouvrirent en grand lorsque j'entendis mon téléphoner sonner de l'autre côté de la chambre. Je courus le prendre sur la commode et souris en voyant le prénom de Bella s'afficher sur l'écran.
« Salut ma belle. » Répondis-je en retournant dans le lit.
J'entendis un rire à l'autre bout du fil. « Salut, rayon de soleil. » Retorqua Will d'une voix espiègle. Cette réplique sortait tout droit de la bouche d'Emmett et j'allais devoir veiller à les séparer à l'avenir.
« Pour quoi est-ce que tu m'appelles mon grand? » Blaguai-je.
« Vous me manquez tous. Je veux rentrer à la maison. » Cela me réchauffa le cœur de savoir qu'il parlait de ma maison comme de la sienne.
« Ce n'est pas possible mon pote. Tu dois passer du temps avec ton papy Charlie. Je te verrai d'ici trois jours. Tu nous manques aussi. »
« Je m'ennuie ici et il pleut trop. Papy Charlie est gentil mais je veux Démétri et Dani et toi ici. Tu peux venir avec eux? » Demanda-t-il tout excité.
« J'aimerais bien mais ta maman et moi ne voulons pas surcharger ton papy. Ce serait un petit peu trop pour lui d'avoir trois nouvelles personnes à rencontrer puis, comment est-ce que l'on va tous rester dans la maison? »
« J'en construirai une nouvelle pour nous. Viens avec eux s'il te plaît. »
« La prochaine fois, mais pas celle-ci. »
Il fut silencieux durant quelques secondes. « Dis, tu viens toujours ici? »
« Bien sûr. Je serai là dans trois jours puis nous reviendrons à Los Angeles ensemble. »
« J'ai hâte de te montrer LaPush. C'est une très grande plage et mon papy Billy vit tout près mais je ne le vois pas beaucoup parce que c'est le papa de papa. Il ne m'aime pas beaucoup. » En l'espace de deux secondes, sa voix passa de l'excitation à la tristesse.
« Je suis sûr que ton papy Billy t'aime. » Rationalisai-je même si je n'étais pas certain que cela soit le cas.
« Je pensais aussi mais il ne m'appelle jamais et papa non plus donc je ne crois pas qu'ils m'aiment. Tu m'appelleras toujours quand je ne suis pas là, d'accord? »
« Oui, on parlera pendant des heures. Est-ce que ta maman est au courant que tu es au téléphone? »
« Non, je devrais être en train de m'habiller pour dîner mais je voulais parler avec toi. Ce téléphone est très difficile à utiliser. J'ai mis beaucoup de temps à trouver ton numéro. »
« Je suis très content que tu aies appelé. Ça me manque de parler avec toi et j'ai hâte de te voir. »
« Je sais Edward et j'ai aussi hâte de te voir. Quand est-ce que tu viens? »
« Dans trois jours. »
« Mais c'est tellement loin. » Se plaignit-il et je ris. Aux yeux d'un enfant, trois jours semblaient le bout du monde.
« Je sais mais tu vas bien t'occuper de ta maman en attendant? »
« Oui. Ah, maman est là. »
« Dis-lui bonjour pour moi. »
« Ok. »
« Je t'aime Will. » Cela m'échappa mais je m'en fichai.
« Je t'aime aussi. » Me répondit-il aussi sincèrement que moi.
L'appel se termina et je ne sus pas bien dire s'il le ressentait réellement mais le ton de sa voix me laissa le penser. Je n'aurais pas pu être plus heureux qu'en ce moment. J'avais déjà l'impression d'être le père de trois enfants et je mourais d'envie d'emmener Dani et Démétri mais il fallait d'abord que je rencontre Charlie seul. Il n'avait pas besoin d'être submergé trop tôt et je n'aurais pas été en mesure de les gérer alors que j'allais essayer d'impressionner le père de la femme que j'aimais. Je sentais que le convaincre ne serait pas une partie de plaisir mais j'allais y parvenir coûte que coûte.
Je réussis à m'endormir quelques heures mais fus réveillé lorsque Esmée me dit que les enfants passaient la nuit chez eux. J'acceptai puis descendis pour commander à manger car mon estomac grondait. J'ouvris le frigo pour être certain qu'il n'y avait rien à réchauffer et ô surprise, une casserole m'y attendait.
Je la sortis du frigo en riant et je remarquai le petit morceau de papier que Bella m'avait laissé.
Edward,
Je sais que tu t'apprêtes à commander quelque chose de gras et je ne peux pas faire la même chose. Tu as besoin de manger un repas sain et je veux m'assurer que tu aies toutes les substances nutritives nécessaires donc ne t'avises pas de prendre le téléphone et d'appeler Shanghi Garden. Si je découvre que tu l'as fait, nous ne ferons pas l'amour pendant au moins un mois et plus encore si tu commandes chez Pizza Hut. Tous ces plats à emporter ne sont pas sains. Ta mère et moi allons te mettre au régime dès mon retour.
Bref, j'ai préparé ce plat de poulet avec des brocolis et des asperges. C'est l'un de mes meilleurs plats, je peux te le dire. Réchauffe-le à 165°C pendant une demi-heure et ça devrait être prêt.
Je t'aime et j'ai hâte que tu viennes à Forks. Je suis convaincue que tout se passera bien avec Charlie mais pour faire bonne mesure, je prépare un peu le terrain.
Dis aux enfants que je les aime.
Ta Vita,
Bella
P.S.: utilise une assiette pour manger. Ne plonge pas ta fourchette dans la casserole, je te connais.
Je secouai la tête en constatant à quel point elle me connaissait bien. Cela en était même un peu effrayant car Shanghai Garden aurait été mon premier choix si je n'avais pas trouvé son plat. Bella était incroyable et je ne l'aimais que plus encore de vouloir prendre soin de moi.
Je suivis ses instructions et mis la casserole dans le four avant d'enclencher le minuteur. Le tout réchauffé, je décidai de jouer au rebelle et de plonger ma fourchette, sans prendre d'assiette.
Et ouais, je suis un emmerdeur.
Je regardai un film et bus une bière tout en dévorant la moitié de la casserole avant de me sentir repu. Je la déposai sur la table basse car je comptais bien terminer le plat avant que la nuit ne soit passée.
Je tapotai sur mon estomac en pensant à ce que j'allais bien pouvoir faire maintenant. J'étais pathétique mais j'avais besoin d'entendre sa voix. Cela ne faisait même pas une journée que Bella était partie et je songeais sérieusement à la rejoindre plus tôt que prévu mais je ne pouvais pas. Elle avait besoin de passer du temps seule avec son père.
Je voulais tout de même au moins l'appeler. Il était vingt-deux heures donc peut-être un peu trop tard mais je tentai ma chance.
Je pris mon téléphone et composai son numéro à la vitesse de l'éclair. Il ne fallut que quelques secondes avant d'entendre sa douce voix à l'autre bout du fil.
« Salut Edward. » Elle me répondit d'une voix incroyablement triste et j'eus l'impression de l'entendre renifler.
« Tout va bien? » Demandai-je, inquiet. « Tu n'as pas l'air bien. »
« Je vais bien, c'est juste que tu me manques. » Mentit-elle. C'était peut-être une bonne actrice mais pas pour ça. Je laissai passer pour l'instant.
« Le vol s'est bien déroulé? »
« Bien oui. Will a dormi durant presque tout le vol et il était encore débout il y a une heure. J'ai eu l'impression d'essayer d'attraper un acrobate. » Rit-elle.
« Je parie qu'il est super content de voir son papy Charlie. »
« Oui, mais il demande tout le temps après toi. »
« Il a appelé et m'a presque supplié de venir plus tôt et avec les enfants. »
« Est-ce que tu lui as dit 'je t'aime' ? » Demanda-t-elle.
« Oui, je n'aurais pas dû? Je n'ai pas… »
« Si, si. Je voulais juste être certaine d'avoir bien compris. Ça signifie beaucoup pour moi que tu le penses. »
« Je me soucie sincèrement de vous deux et je vous aime tellement. »
« Je sais. » Elle renifla de nouveau.
« Vraiment? Tu es malade? Tu n'as pas l'air bien. »
« Edward, je … je ne sais pas quoi faire. » Murmura-t-elle.
« Pourquoi? Qu'est-ce qu'il se passe? Tu es blessée? » Je m'assis.
« Non… je vais te dire quelque chose mais tu dois me promettre de ne pas t'énerver. Tu as ton caractère et je ne veux pas que tu fasses quelque chose de mal. »
« Qu'est-ce qu'il se passe? » Répétai-je le plus calmement possible.
« Jacob est là. Je ne savais pas qu'il viendrait mais il avait l'air de savoir exactement quand nous serions là et… Charlie ne voulait pas qu'il reste à la maison mais il n'a pas le droit de l'empêcher de voir Will. »
Je fermai les yeux et pris de profondes inspirations pour contrôler le diable en moi. « Est-ce qu'il t'a fait du mal? »
« Non. » Elle me répondit un peu trop vite.
« Bella, ne me raconte des salades. »
« Je vais bien Edward. Will et moi allons bien. » M'assura-t-elle.
Je continuais de respirer profondément et acquiesçai. « Comment Will réagit? »
« Il est perdu. Il demande sans arrêt à Jacob s'il l'aime mais c'est à peine s'il a échangé plus de deux mots avec lui depuis qu'il est arrivé. »
« Qu'est-ce que Charlie dit de tout ça? »
« Il a mis Jacob dehors dès qu'il est revenu et après que je l'ai laissé bêtement rentrer dans la maison. Jacob a menacé de revenir le lendemain matin, avec des avocats si nécessaire. Il n'y a rien que je puisse faire pour l'empêcher de voir Will. »
« Tu vas bien? »
Un moment passa avant qu'elle ne réponde. « J'ai peur Edward. Je peux rester près de lui mais il me terrifie et je ne sais pas quoi faire pour l'éloigner de moi ou de Will. Il est tellement puissant, tu ne peux pas t'imaginer ce qu'il est capable de faire si je lui prends Will complètement. »
J'étais déjà en train de préparer ma valise dans la chambre. Ce salopard ne lui ferait plus jamais peur et plutôt mourir que de le laisser lever la main sur Bella ou Will. Je me foutais bien de son pouvoir: si Jacob ne la jouait pas correctement, moi non plus.
« Fais ce qu'il faut pour rester le plus souvent possible avec Charlie et ne pars nulle part sans lui. » Dis-je rapidement. « Est-ce qu'il sait à quel point Jacob t'a maltraitée? » Je connaissais déjà la réponse mais j'avais besoin de clarifier les choses.
« Non, je n'ai jamais vraiment parlé de son comportement avec quelqu'un. Dans la version officielle, notre relation n'a simplement pas fonctionné. »
Bella restait très vague dès que cela concernait sa relation avec Jacob. Elle disait qu'il avait été surtout question de cruauté mentale mais je sentais qu'il y avait plus. Elle tremblait dès que quelqu'un mentionnait son prénom et elle se réfugiait contre mon torse quand elle faisait des cauchemars, pas souvent mais ils étaient présents. J'allais devoir en parler avec elle.
« Bella, sois prudente jusqu'à mon arrivée. » Suppliai-je.
« Je le serai. Jacob n'est pas aussi stupide pour essayer quoi que ce soit. »
« Je t'aime. »
« Je t'aime aussi et j'ai hâte que te voir dans trois jours. »
« Moi aussi. »
Je raccrochai et fermai bien la maison avant de laisser un message à Alice lui expliquant ce que je faisais et lui demandant de s'occuper des chiens.
Bella ne s'attendait tout de même pas à ce que je reste assis sur mon cul alors qu'elle était effrayée au-delà du possible?
J'entrai dans la voiture et me mis en relation avec une compagnie aérienne dans les secondes qui suivirent. Cela m'énervait de devoir attendre encore plusieurs heures pour le prochain vol vers Seattle. Il était encore très tôt et personne ne m'attendrait à l'aéroport. Je passai les portique de sécurité sans problème et enfilai ma casquette de baseball, tête baissée jusqu'au terminal.
Cela faisait des années que je n'avais plus attendu pour prendre un avion et j'en avais presque oublié le temps que cela prenait pour arriver à la zone d'attente. C'était la veille de Thanksgiving donc peu de gens voyageaient mais je dus attendre malgré tout.
Je mis quatre heures de vol avant d'atterrir à Seattle, juste au moment où les premiers rayons du soleil perçaient le ciel nuageux. Il était cinq heures du matin mais je n'étais pas fatigué. J'étais concentré sur l'idée de voir Bella et de m'assurer qu'elle allait bien.
Je louai une quelconque voiture, peu soucieux de la marque et demandai le chemin vers Forks. Personne ne sembla savoir où la ville se trouvait, j'utilisai alors mon blackberry et suivis les instructions. Ce qui devait prendre une heure dans mon esprit se transforma en un voyage pénible sur des routes tortueuses et glissantes qui menaient vers d'autres routes à travers les bois. Où est-ce que j'avais mis les pieds? Et pourquoi est-ce qu'il pleuvait sans arrêt? C'était quoi cette histoire?
Je trouvai le panneau m'indiquant Forks après je ne sais combien de temps et m'arrêtai dans le parking du commissariat de police. Je me dis qu'il savait où le Chef Swan vivait.
Mes paumes étaient moites en rentrant dans le bâtiment en je me dirigeai vers la réception.
« Que puis-je faire pour vous? » Me demanda un jeune adjoint qui enleva rapidement ses pieds posés sur le comptoir.
« Euh... oui. Je me demandais si vous pouviez me renseigner l'adresse du Chef Swan? »
Ses yeux me détaillèrent de haut en bas. « Pourquoi? »
« Je lui rends visite pour Thanksgiving et je ne sais pas vraiment où il habite. »
Il acquiesça après avoir jugé ma réponse satisfaisante et me donna la direction.
Je me garai en face de sa maison cinq minutes plus tard et ressentis déjà l'envie de rentrer à Los Angeles. Comment un homme que je n'avais jamais rencontré pouvait me faire trembler de la tête aux pieds?
« Allez, ressaisis-toi Edward. » Je sortis du véhicule et tirai sur ma chemise pour vérifier que j'étais bien présentable avant de doucement frapper à sa porte.
Une homme d'une cinquantaine d'années avec une moustache brune sombre et les yeux de Bella ouvrit la porte. Il était en uniforme et portait une ceinture-harnais dans laquelle une arme était rangée.
« Edward Cullen? » Il inclina la tête et j'acquiesçai en tendant la main.
« Très heureux de vous rencontrer Chef Swan. » Lui dis-je.
Généralement, c'était le moment de la conversation où il devait répondre 'Tu peux m'appeler Charlie' mais rien ne se produisit. Bon, j'étais prêt à l'appeler 'Chef Swan' jusqu'à sa mort.
« J'ai reçu un appel disant que vous veniez. Que faites-vous ici? Votre arrivée n'était pas prévue pour jeudi? » Il fit un pas de côté pour que je puisse rentrer et qu'il referme la porte.
« Bella m'a appelé hier soir et elle semblait secouée. »
Son visage tressaillit. « Jacob? »
« Oui Monsieur, je ne voulais pas la laisser seule. »
« Je suis là. » Dit-il d'un ton sec.
« Je sais mais je me sentirai mieux en étant là aussi. Je veux juste m'assurer qu'il ne la mette pas trop en colère. »
Il acquiesça pensivement. « Vous avez pris des bagages? »
« Ils sont dans la voiture. »
« Venez vous asseoir. Nous avons beaucoup de choses à nous dire. » Il me donna une tape dans le dos et je le suivis dans la cuisine en déglutissant.
J'entrai dans sa petite et modeste maison et vis des photos de Bella partout. J'allais passer beaucoup de temps à les regarder plus tard mais pour l'instant, c'était le moment d'impressionner le Chef.
Je m'assis à la table de la cuisine et il s'adossa au comptoir. « Du café? » Demanda-t-il.
« Oui, merci. » Répondis-je.
Il posa la tasse sur la table puis s'assit en face de moi, les mains jointes.
« Alors... Quel âge avez-vous Edward? » Commença-t-il.
J'avalai ma gorgée de café avant de parler. « Trente, Monsieur. »
Il acquiesça. « Et vous avez des enfants? »
« Oui Monsieur, j'en ai deux. Dani a neuf ans et Démétri en a cinq. »
« Ils ne sont pas venus avec vous? »
« Je ne voulais pas vous surcharger durant notre première rencontre Monsieur. »
Il frotta sa barbe de trois jours. « Donc... je me suis renseigné sur vous Edward. » Il sortit une pile de papiers qui sortirent de nulle part et les déposa sur la table. « Il y a beaucoup de renseignements là-dedans. » Il tapota sur le haut du tas.
« Que... Qu'avez-vous découvert? » Balbutiai-je.
Il sortit une paire de lunettes de la poche de sa veste et les mit avant de lire la première page. « Comment se porte Madame Denali? » Demanda-t-il simplement.
Je m'assis plus droit sur ma chaise et gagnai quelques centimètres. « Je n'en sais rien. Notre relation est purement professionnelle donc je n'ai pas eu la chance de lui parler dernièrement. »
« Vraiment? » Il poussa quelques photos vers moi à travers la table et je remarquai qu'il s'agissait de celles des 'rendez-vous' que les studios avaient planifiés.
« Laissez-moi mettre les choses au clair Monsieur. J'aime votre fille. » Je repoussai les papiers vers lui. « Personne ne peut lui arriver à la cheville à mes yeux et tout ce que les magazines disent est un mensonge. Je ne ferai jamais de mal à Bella ou Will. » Dis-je, ferme.
« C'est bon à savoir. Avez-vous laissé vos folles années derrière vous? » Il avança un autre paquet de photos de moi lors de mes années d'Université. Pas besoin de dire qu'elles n'étaient pas de bon goût.
« C'était il y a longtemps et j'ai mûri depuis. »
« Je l'espère. Vous étiez visiblement de toutes les fêtes à cette époque. »
« Oui Monsieur et j'ai eu beaucoup de soucis, je ne le nie pas mais mes enfants et mon travail m'ont ramené vers le droit chemin. »
« En parlant de travail, j'ai entendu dire que ma fille avait un succès fou à Los Angeles. Est-ce que vous avez joué un rôle là-dedans? »
« Non Monsieur. Votre fille est une actrice incroyable et même si elle ne s'est pas lancée dans l'aventure directement, j'ai l'impression qu'elle aurait fini dans ce milieu d'une façon ou d'une autre. Je ne l'ai forcée à rien. » Conclus-je.
Il acquiesça. « Excusez-moi, je dois utiliser les toilettes. » Il se leva de sa chaise et quitta la pièce. J'expirai profondément puis évaluai ma prestation.
Il me détestait. Je le savais déjà mais j'allais tout faire pour qu'il sache que j'aimais sa fille avant la fin de notre séjour.
Il n'était que huit heures du matin, Bella et Will dormaient encore à l'étage et je mourais d'envie de les voir.
je m'appuyai contre la chaise et jetai un œil à la cuisine. Il n'y avait rien de particulier mais j'aimais la façon dont Charlie avait rendu cette pièce chaleureuse. Je pouvais visualiser Bella lorsqu'elle était au lycée et le genre d'accidents dans lesquels elle s'était fourrée.
Mes yeux voyagèrent jusqu'à un coin dans la cuisine où je découvris une sorte de petite machine mais mon attention fut davantage fixée sur le grand fusil de chasse qui se trouvait derrière contre le mur.
Charlie n'oserait pas me tirer dessus, si?
« C'est un polygraphe. L'un des plus vieux qui existe. » J'entendis sa voix rauque venant de l'embrasure de la porte.
« Pardon? » Je tournai la tête de son côté.
Il se dirigea dans le coin et souleva la machine avant de la déposer sur la table en face de moi. « C'est un détecteur de mensonge. Je l'ai reçu juste après la fin de ma formation à l'Académie de Police. Je l'ai trouvé très fiable. » Il réfléchit quelques secondes. « Et si on l'essayait? » Ses yeux reflétèrent l'enthousiasme.
« Je ne crois pas... »
« Sottises, ce sera amusant. »
« Mais... »
« Mais rien du tout. J'insiste. » Il roula mes manches sans même demander ma permission et ajusta quelque chose autour de mon biceps.
« Vous êtes sûr? » Demandai-je inquiet.
« Evidemment. Respirez normalement et répondez aux questions que je vous poserai. » Il ajusta autre chose autour de mon torse et je voyais clairement qu'il s'amusait un peu trop à mon goût.
Il s'assit en face de moi à la table, ses lunettes toujours sur son nez, et un large sourire qui aurait pu faire s'écailler la peinture des murs.
« Alors... répondez juste par oui ou non et tout se passera bien. » M'expliqua-t-il.
Tout ce que je pus faire fut m'asseoir et acquiescer: un truc était enroulé autour de mon torse et mon bras, une drôle de machine émettait des cliquetis devant mon visage et mon potentiel futur beau-père était assis en face de moi avec des pensées effrayantes lui traversant l'esprit.
« Vous êtes prêt à commencer? » J'acquiesçai à nouveau. « J'aurai besoin que tu me le dises, fils. »
« Oui. » Bredouillai-je.
Je pouvais jouer la comédie devant des millions de personnes, tourner nu des scènes d'amour dirigées par mon père, accepter des récompenses à la télévision et me regarder sur grand écran mais l'homme assis en face de moi me foutait la trouille comme jamais.
« Edward Cullen est-il votre nom? » Demanda le Chef.
« Oui. »
« Avez-vous trente ans? »
« Oui.»
« Avez-vous les yeux verts? »
« Oui. » A chaque question, la machine émettait un bruit et les sourcils de Charlie se haussaient de plus en plus vers ses cheveux.
« Avez-vous deux enfants? »
« Oui. »
Des questions assez basiques. Je peux y arriver.
« Avez-vous déjà regardé des vidéos pornographiques? »
Merde!
« Je... Je ne comprends pas la question. » Dis-je, impassible.
Un de ses sourcils forma un angle circonflexe. « Avez, vous, déjà, regardé, des films, pornographiques? » Répéta-t-il lentement.
Je pouvais battre cette stupide machine, pas vrai?
« Non. » Répondis-je le plus confiant possible, en essayant de ne pas penser à toutes ces horreurs qu'Emmett m'avait obligé à regarder au lycée ou sur le comment j'avais appris à bouger ma langue...
Non! Arrête ça Edward.
Charlie eut un petit rire. « Vous transpirez Edward. »
« Ah bon? » J'essuyai mon front.
« Question suivante. Avez-vous trompé une personne avec qui vous aviez une relation? »
« Non. » Rétorquai-je.
« Avez-vous eu des relations sexuelles avec plus de cinq femmes dans votre vie? » Demanda-t-il, le sourire en coin.
« Oui. » Je fermai les yeux, attendant que la douleur arrive.
« Dix? »
« Oui. »
« Vingt? »
Mens Edward, allez!
« Non. »
« Hummm, très intéressant. » Dit Charlie alors que je le regardai d'un œil pendant qu'il lisait les notes.
« Êtes-vous amoureux de ma fille? » Demanda-t-il sérieusement.
« Beaucoup. »
« Uniquement oui ou non Edward. »
« Oui. » Répondis-je avec conviction.
« Papa, mais qu'est-ce que tu fais là? » Demanda Bella avec frénésie en entrant dans la cuisine. « Oh mon Dieu. Je suis tellement désolée Edward. » Elle détacha les deux sangles et les jeta par terre. « J'aurais dû me douter que tu sauterais dans le premier avion. Je t'avais dit de ne rien faire de stupide. » Grommela-t-elle.
« Ce n'est pas stupide. »
« Pourquoi est-ce que tu es attaché à cette machine? Et qu'est-ce que c'est d'abord? » Elle tendit les sangles à son père qui grogna et regarda ailleurs. « Incroyable... »
« Ce n'était pas si mauvais. »
« On en parlera plus tard. » Lâcha-t-elle avant de sauter sur mes genoux et d'écraser ses lèvres sur les miennes.
J'oubliai complètement la présence du Chef dans la pièce jusqu'à ce qu'il grogne de l'autre côté de la table. Bella recula et reposa son front sur le mien. « Mais qu'est-ce que tu fais ici? »
« Je voulais que tu n'aies plus peur. Je devais être là pour être certain que Will et toi soyez en sécurité. »
« Tu n'étais pas obligé de venir. Tout se serait bien passé. »
« Non. » Râlai-je. « Il ne te fera plus de mal. »
Elle baissa sa tête à mon niveau. « Merci. » Elle pressa ses lèvres douces sur la peau de mon cou.
« Hum, hum. » Charlie se racla la gorge.
« Oups, j'ai oublié que tu étais là papa. » Bella se retourna sur mes genoux et se leva. « Mais qu'est-ce que tu penses être en train de faire? Qu'est-ce que c'est que ce truc? » Elle pointa du doigt l'appareil sur la table. « Est-ce que tu le torturais? »
Charlie roula des yeux. « C'était juste pour s'amuser Bella. »
« Ça n'avait pas l'air amusant. C'était le cas Edward? » Me demanda-t-elle et je blêmis.
Mon regard alterna entre Bella et Charlie, ne sachant pas quoi dire et avec qui tenir.
Elle soupira. « Papa, tu ne le connais même pas et tu le condamnes déjà à mort? »
« Ne t'inquiète pas. Si je ne l'ai pas encore tué, c'est évident que je l'apprécie. » Charlie se releva et me tapota maladroitement dans le dos avant de quitter la pièce.
« Je suis vraiment désolée Edward. Je ne comptais pas te laisser seul avec lui. »
« Il a été sympa. » Dis-je dans un petit rire, en me demandant où je pourrais bien dénicher l'une de ces machines et l'utiliser pour quand Dani commencerait à ramener des garçons à la maison.
« Il ne t'a pas fait peur au moins? »
« Pas trop. » Je la ramenai sur mes genoux et portai ma bouche directement vers sa clavicule que son pyjama ne couvrait plus. Je suçotai la peau de son cou et pris plaisir à l'entendre gémir à ce contact. Elle portait une chemise de nuit et un bas de pyjama qui m'appartenait.
« Edward, tu n'aurais pas dû. » Elle me repoussa mais resta à sa place.
« Tu me manquais. » Lui dis-je.
« Je sais et tu me manquais aussi mais pourquoi est-ce que tu es là? »
« Je te l'ai dit, je ne laisserai pas Jacob te faire encore du mal. »
« J'avais espéré l'éloigner d'ici avant que tu n'arrives. Ce n'est pas nécessaire d'en arriver aux mains, surtout devant Will. »
« Je ne peux pas m'empêcher de te protéger et rien que le fait de savoir qu'il se trouve dans un rayon de dix kilomètres… » J'en tremblai de rage mais elle passa sa main dans mes cheveux pour m'apaiser.
« Ne fais pas une scène s'il te plaît. »
« Je ne ferai rien s'il reste cordial mais j'en doute. » J'haussai les sourcils et elle acquiesça.
Je sentis un liquide chaud sur mes joues et remarquai que Bella pleurait. « J'ai tellement peur de lui. Pourquoi est-ce que ça me touche autant? »
« Parce qu'il veut te tenir au plus bas. Il est comme ces petites brutes à l'école. Il rabaisse les autres pour se sentir meilleur. »
« Mais j'ai été sa femme. Il était supposé m'aimer et nous avons eu un enfant ensemble. Pourquoi est-il si méchant avec moi? » Elle posa sa tête sur mon épaule et je la tins près de moi.
« Je ne le laisserai pas te blesser. » Lui jurai-je de nouveau et je posai ma tête sur la sienne.
« Merci. » Elle se redressa et se ressaisit. « Tu as faim? »
« Je peux préparer quelque chose. Ne t'inquiète pas. »
Elle rit. « Edward, tu ne sais même pas faire bouillir de l'eau. » Elle se mit debout.
« Je suis au moins capable de faire ça. » Répondis-je, sincère.
« Bon, tu ferais mieux de me laisser préparer le petit-déjeuner. »
Je l'observai durant la demi-heure suivante alors qu'elle se moquait de moi et elle me raconta ce qu'il s'était passé la veille, en ne mentionnant pas Jacob. Je ne voulais pas parler de lui sauf si c'était nécessaire.
« Edward...! » J'entendis Will avant qu'il ne m'attrape. « Qu'est-ce que tu fais ici? Je pensais que tu ne serais là que dans trois jours? Tu as dit trois jours. Je ne pense pas que ça fait déjà trois jours, j'ai compté. Tu me fais une surprise? Tu m'as apporté un cadeau? » Demanda-t-il dans un seul souffle, et il aurait été capable d'aller plus loin si je n'avais pas posé ma main sur sa bouche.
« Est-ce que tu vas me laisser parler? » Je ris et il acquiesça. « Je suis venu vous voir plus tôt oui. Je ne voulais plus être loin de vous."
Il enroule ses bras autour de mon cou. « Bien, je voulais rentrer à la maison mais je suppose qu'on reste maintenant. »
Will s'assit sur mes genoux et parla avec animation à propos de ce qu'il y avait à faire à Forks, autant dire pas grand-chose mais j'aurais été heureux de regarder des peintures sèches pour Will et Bella.
« Maman, c'est quoi ça? » Will pointa du doigt l'estomac de Bella que son T-shirt ne cacha plus quand elle s'abaissa pour ramasser un déchet par terre.
« Rien. » Elle remit son T-shirt en place et retourna faire cuire le bacon.
« Vraiment? On dirait que ça fait mal. Tu es tombée? »
« Non, tout va bien. Je me suis juste cognée contre une table hier. »
« Quand ça? » Il pencha la tête.
« Will, et si tu allais te changer à l'étage? » Lui suggérai-je et il sauta de mes genoux avant de courir en haut.
Bella garda sa tête baissée alors que je marchai vers elle. « Laisse-moi voir Bella. » Murmurai-je durement.
« Ce n'est rien Edward. » Elle se dirigeai vers le frigo pour prendre du jus d'orange.
« Laisse-moi voir Bella. » Lui répétai-je. J'étais prêt à m'énerver. Si ces marques s'avéraient être ce que je croyais, j'allais utiliser l'arme de Charlie pour faire des choses vraiment illégales.
« Laisse tomber. » Elle secoua la tête et tenta de me contourner mais je déposai le jus sur le comptoir et remontai son T-shirt pour regarder son estomac. Il était couvert de marques de doigts violettes.
« C'est lui qui a fait ça? » Demandai-je d'un ton sec.
Elle se couvrit de nouveau. « Non. » Mentit-elle.
« Alors qui l'a fait? »
« Personne. Arrête avec ça. »
« Il y en a d'autres? » J'étais presque en train de crier.
« S'il te plaît Edward, ne fais pas ça. »
« Laisse-moi les voir. »
Bella roula des yeux comme l'avait fait Charlie plus tôt et remonta ses manches. « C'est ça que tu veux voir? » Elle indiqua les bleus sur ses bras. « Tu veux voir où il m'a marquée parce que c'est ce qu'il a fait Edward. »
« Mais qu'est-ce que c'est tous ces cris ici? » Charlie rentra dans la cuisine.
« Rien. » Bella se recouvrit et me supplia silencieusement de ne rien dire.
« Vous vous disputez tous les deux? » Demanda-t-il en souriant largement.
« Non. » Répliquai-je. « Il ne se passe rien. » Je m'adossai au comptoir, les bras croisés. Charlie haussa les épaules et retourna devant la télé.
« Laisse juste Jacob le faire à sa façon puis il partira. » Murmura Bella.
« C'est pour ça qu'il te marche sur les pieds. Tu aurais dû le frapper dans les couilles. »
« Tu ne sais pas dans quel état il se met quand il est en colère. » Elle trembla et ressembla à un enfant de cinq ans.
« Alors tue-le. » Répondis-je, sérieux.
« J'ai faim maman. » Cria Will en entrant dans la cuisine.
« Bien, parce que le petit-déjeuner est prêt. » Je voyais clairement qu'elle jouait la comédie. Elle savait exactement ce qu'elle faisait.
Nous nous assîmes tous à table, Bella à côté de moi et Will à côté de Charlie, pour manger l'énorme petit-déjeuner que Bella avait préparé. Will anima la conversation en parlant avec enthousiasme de Démétri et Dani. Il voulait que Charlie sache tout d'eux.
J'étais dans tous mes états alors que je jouais avec mes œufs, je n'avais plus vraiment faim. J'étais malade de cœur à imaginer Jacob poser ses mains sur Bella et la marquer comme si elle l'avait fait elle-même. Je ne comptais pas l'accepter et j'allais m'assurer que Jacob n'essaie plus jamais d'en arriver là.
« Et là, Edward nous a emmenés Démétri et moi à la plage et on a fait voler un cerf-volant papy. » Will sautilla. « Il a été si haut qu'il a presque touché le ciel. » Il leva ses mains pour l'imiter.
« Ça m'a l'air amusant. Je suppose qu'Edward est un type bien avec qui traîner. » Conclut Charlie, en essayant de soutirer des informations de Will.
« C'est le meilleur. » Répondit Will et je ne pus m'empêcher de sourire.
J'entendis la portière d'une voiture se fermer à l'extérieur et je sus d'instinct de qui il s'agissait à cause des pas forcés sous le porche. Il y eut trois coups durs et secs sur la porte et le corps de Bella se raidit.
« Il ne comprend pas. » Dit-elle et elle ferma les yeux.
« Il essaie encore de venir ici? » Charlie se leva et partit vers la porte. Je voulus le suivre mais il valait sans doute mieux que je reste avec Bella. Nous pourrions tout de même entendre ce qu'il se passerait.
« C'est papa? » Demanda Will et son visage se froissa.
« Oui. » Répondit Bella. « Et si tu allais à l'étage? Tu ne veux pas le voir, si? »
Il secoua violemment la tête. « Il me fait peur parfois. »
Jacob effrayait son propre fils. Il était ignoble.
« Va en haut. » Dit Bella à son fils et il suivit ses instructions.
« Charlie, j'ai le droit de voir mon fils. » Cria Jacob et il entra dans la cuisine quelques instants après que Will était parti. Ses yeux se verrouillèrent sur les miens et je pus presque entendre cette vieille musique de Western se jouer en arrière-plan. « Ah, je ne m'étais pas rendu compte qu'il serait là. »
« Jacob, qu'est-ce que tu fais ici? » Bella se leva de sa chaise et je l'imitai, en tentant de la protéger autant que possible.
« Je t'ai dit que je reviendrais. » Rétorqua-t-il, ses yeux ne quittant jamais les miens.
« Will ne veut pas te voir. »
« Il ne veut pas me voir? Il y a six mois, il ne voulait pas quitter Chicago et maintenant, il ne veut plus parler à son propre père? »
« Beaucoup de choses ont changé. » Bella prit ma main et Jacob le remarqua.
« Je vois. » Il haussa un sourcil. « Heureux de pouvoir enfin te rencontrer. » Il tendit sa main vers moi et je la serrai avec celle qui ne tenait pas la main de Bella.
« De même. » Dis-je sèchement.
« Tu en as fini Jacob? » Demanda Charlie d'une voix autoritaire.
« Je suppose. » Il haussa les épaules et repartit vers la porte. « Si tu as besoin de conseils pour la contrôler, appelle-moi Cullen. »
Et c'est ce que je fis.
J'arrachai ma main à celle de Bella et sortit dans la bruine. Jacob était déjà en train d'ouvrir sa portière.
« Hé! Je ne veux plus t'entendre lui parler comme ça. Est-ce que c'est bien clair? » Criai-je.
Il referma la portière et vint vers moi d'un pas raide. « Elle en a juste après ton fric, tu le sais quand même? Toutes ces choses adorables sont faites pour mettre le grappin sur toi. »
« Ce n'est pas vrai et tu le sais. Arrête de te comporter comme un abruti. » Nous étions suffisamment près l'un de l'autre pour que je sente son parfum crasseux. Il était un peu plus grand que moi mais nous étions à la même hauteur des yeux la plupart du temps.
« C'est ta chienne maintenant que tu peux faire d'elle ce que tu veux. » Il ricana d'un air sombre. « Mais elle sera toujours à moi parce que nous avons un enfant ensemble. Qu'est-ce que tu as à lui offrir toi? »
Il avait raison.
« Je l'aime et elle m'aime. Tu n'as jamais eu droit à ça. » Rétorquai-je.
« Ouais bien sûr. Cette garce n'a jamais aimé rien d'autre que l'argent. Je parie qu'elle n'aime même pas le garçon qu'elle appelle notre fils. »
« Ne parle plus d'elle comme ça. » Je tentai de me contenir.
« Pourquoi? C'est une salope et c'est tout ce qu'elle sera. Tu aimes comment elle roule ses hanches sur ta queue? C'est moi qui lui ai appris. »
Je l'agrippai par le col et le jetai sur le capot de sa voiture de sport noire. « Si tu t'approches ne fût-ce que d'un mètre d'elle ou de Will, je te tue. » Le menaçai-je.
« Tu ne peux pas me tenir loin de mon fils. » Il me repoussa.
« On parie? » Grognai-je.
Nous avions l'air de deux lions en cage, nous battant pour gagner la dominance et je ne comptais pas le laisser faire.
« Sais-tu qui je suis? » Parla-t-il, faussement autoritaire.
« Qu'est-ce que ça peut me faire? »
« Tu devrais savoir que si tu poses encore tes mains sur moi, les problèmes te tomberont sur le dos si vite que tu auras à peine le temps de savoir ce qui t'a frappé. »
« Comment peux-tu la traiter de cette façon? » Lui demandai-je, vraiment curieux de connaître la réponse.
« Comme quoi? Comme si je lui devais quelque chose? Tu oublies que c'est elle qui m'appartient. Elle est à moi et même si nous sommes séparés, que tu lui tiennes la main, l'embrasse ou la baise, elle reste à moi. »
Je le frappai si fort dans la mâchoire que je crus m'être cassé la main. Il fus debout dans la seconde et me plaqua au sol.
Il y avait des cris en arrière-plan mais je n'étais concentré que sur Jacob.
Je me dégageai et constatai que sa lèvre était coupée en deux au milieu et que du sang en coulait.
« Tu n'aurais pas dû faire ça Cullen. » Il me frappa violemment dans l'estomac et tenta un autre coup mais je parvins à l'arrêter grâce à un uppercut qui provoqua un gros craquement. Un douleur virulente vrilla ma main mais cela ne m'arrêta pas.
Il m'attrapa par la taille jusqu'à ce que je sois au sol et s'en prit encore à moi avec ses poings. Heureusement que j'avais eu Emmett comme frère et sujet à des bagarres quotidiennes sinon, je n'aurais jamais appris comment me battre.
Cela demanda un effort considérable mais je réussis à nous faire rouler et à me retrouver au-dessus de lui. Je n'arrêtai pas de lui donner des coups au visage et même si ses bras s'étaient levés pour se protéger, je continuai à frapper ce que je pus.
Un gros coup de feu retentit dans l'air et ma réaction immédiate fut de baisser la tête, ce que je fis avant de descendre de Jacob.
Il y eut un autre coup de feu et j'entendis un morceau d'écorce s'envoler d'un arbre tout proche.
« Jacob, je te suggère de partir. J'ai un foutu bon angle et je t'ai raté délibérément. » Lâcha Charlie sous le porche, en tenant son énorme fusil de chasse.
Jacob se releva en trébuchant et essuya sa lèvre. « Tu vas supplier de n'avoir jamais fait ça Edward. Je ne perds jamais. » Il boitilla jusqu'à sa voiture. « On se voit plus tard Bella. »
Charlie tira de nouveau et cette fois, une morceau d'écorce d'un autre arbre proche s'envola. Un lourd fracas se fit entendre et la branche qui pendait au-dessus de la voiture de Jacob s'effondra, fissurant la vitre arrière.
« Je t'ai dit de partir Jacob! » Cria Charlie. Je me demandais pourquoi les voisins n'étaient pas encore sortis de chez eux puis je me dis que le Chef devait parfois tirer plus souvent qu'un individu lambda et que c'était normal.
J'étais toujours au sol pour ne pas me retrouver dans sa ligne de tir.
Jacob démarra sa voiture et accéléra dans la rue, faisant tomber la branche en partant. Bella fut à mes côtés dans la seconde.
« Est-ce que tu vas bien? Mon Dieu, je t'avais dit de ne pas le provoquer. Tu es blessé? Tu saignes quelque part? »
« Bella, je vais bien. » Elle m'aida à me relever et nous marchâmes vers la porte d'entrée où Charlie se trouvait toujours, apparemment très fier d'avoir sauvé la situation.
« Et bien, c'est en train de devenir le Thanksgiving le plus amusant que j'ai eu depuis longtemps. » Il ricana et retourna à l'intérieur.
J'attendais cette rencontre avec impatience et je ne suis aucunement déçue! :-D
Charlie est à mourir de rire et je me demande ce qu'il leur réserve à l'avenir.
Quant à Jacob, comment dire... je crois que ça se passe de commentaires et il va en faire voir à Bella et Edward aussi, ça sent bien mauvais!
Enfin bref, n'hésitez pas à partager ce que vous pensez de ce qu'il vient de se produire.
À bientôt pour la suite des aventures. ;-)
ValouPili
