Bonjour tout le monde!

Et voilà, un nouveau chapitre au rendez-vous (après tout ce temps...)

Je vous laisse évidemment avec notre Bella adorée et sa vie ô combien mouvementée.

Bisous, et prenez bien soin de vous!

ValouPili


Disclaimer: Twilight appartient exclusivement à Stephenie Meyer mais ce petit bijou provient de l'imaginaire très foisonnant de Johnnyboy7! Retrouvez le lien de sa fiction sur mon profil!


Encadrement

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Point de vue de Bella

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Je m'assis sur le rebord de la baignoire dans la salle de bain de Charlie pendant que j'essuyai le sang de l'arcade sourcilière d'Edward. Il s'était lavé le corps avec un air renfrogné et m'avait à peine adressé la parole depuis le départ de Jacob, qui datait déjà de quelques heures.

Je détestais Jacob et j'envisageais sérieusement de demander à Charlie de l'arrêter mais cela n'allait rien apporter de bon. Il sortirait de prison en mois d'une heure et frapperait à ma porte dans celle qui suivrait.

Je savais comment faire face à Jacob et il y avait une chose à garder en mémoire: ne pas le provoquer. Il n'aimait pas qu'on le défie et c'est ce qu'Edward avait fait. Jacob n'était pas du genre à laisser passer une bagarre et à ce niveau, j'étais convaincue que quelqu'un serait blessé. Jacob était un monstre et j'avais été effrayée de le voir frapper Edward mais au final, c'était Jacob qui avait accusé le plus de dommages corporels.

Le visage d'Edward était légèrement enflé et une de ses lèvres bousillées mais heureusement, sa peau de porcelaine n'était presque pas couverte de bleus. Qui sait ce que le réalisateur du film lui aurait dit en le voyant lundi. Ses mains étaient coupées et donnaient l'impression d'être cassées mais Edward avait réussi à bouger ses doigts sans soucis et m'avait dit de ne pas m'inquiéter.

Il fallait évidemment que Jacob abîme tout ce que j'essayais d'avoir. Il n'avait jamais voulu que je sois heureuse et c'était la raison pour laquelle il me terrorisait. Comment pouvais-je avoir une vie saine avec lui dans les parages? Nous n'avions que Will comme lien unique mais même lui ne désirait plus voir son père.

Je savais que Will avait été témoin de la scène en regardant par la fenêtre parce qu'il avait serré Edward très étroitement dès qu'il avait passé la porte d'entrée. Il était évident que Will était inquiet. Edward l'avait pris dans ses bras et rassuré sur sa santé mais Will ne l'avait pas lâché d'une semelle alors qu'Edward essayait de nettoyer ses blessures. Charlie l'avait finalement persuadé d'aller acheter une glace avec lui pour que nous ayons du temps seul à seul pour discuter.

Je savais qu'Edward voulait jouer au preux chevalier et protéger mon honneur vis-à-vis de Jacob mais son comportement n'allait causer que plus de problèmes. Jacob ne perdait jamais contre personne et il devait déjà être dans un avion en direction de Chicago pour mettre au point un plan pour me faire du mal. Je savais très exactement ce qu'il comptait faire et j'en avais la nausée rien que d'y penser.

Il allait s'en prendre à Will. Il allait me prendre mon bébé pour me punir mais je ne comptais pas le laisser faire. Il allait nous traîner en justice et supplier pour avoir la garde. Je connaissais Jacob comme ma poche et c'est ce qu'il prévoirait. Il était si cruel, vindicatif et méchant. La seule et unique raison pour lui de demander la garde de son fils était de me faire du mal.

S'il ne se battait pas pour la garde exclusive, Jacob allait au moins réclamer au tribunal des droits de visites que je devrais lui accorder et il n'y aurait rien que je puisse faire. C'était tout le contraire de ce que je désirais. Je disposais pourtant des papiers pour que Jacob abandonne totalement ses droits parentaux mais il était peut-être déjà trop tard.

Je n'étais pas en colère contre Edward pour avoir voulu me défendre mais si Jacob était simplement parti, cette situation aurait pu être évitée.

Comment avais-je pu l'aimer un jour? Pourquoi avais-je cru que notre couple fonctionnerait alors qu'il me criait dessus sans arrêt? Jacob ne m'avait jamais aimée et je venais de m'en rendre compte.

Après le divorce, j'avais dit à tout le monde qu'il n'avait été question que de cruauté mentale mais tous devaient savoir que je mentais pour couvrir Jacob. J'avais vécu mon mariage dans une douleur constante et ma vie était fichue à cause de lui. Edward voulait savoir ce que Jacob m'avait fait subir mais jamais je n'avouerais la vérité. Personne n'avait besoin de savoir à quel point ma vie avec lui s'était mal passée.

« Tu as l'air songeur. » La voix réconfortante d'Edward agissait comme un baume sur mes pensées effervescentes.

« Je suis toujours fâchée contre toi. » Lui répondis-je tout en continuant de nettoyer son front.

« Je n'ai rien fait de mal. Il fallait qu'il sache que je ne comptais plus tolérer son attitude. »

« Je sais mais tu aurais pu simplement lui parler. »

Edward soupira. « Bella, je ne suis pas quelqu'un de passif. Je sais que tu le penses mais toute cette foutue histoire avec Jacob n'a fait que grandir depuis que je t'ai rencontrée. » Ses yeux se durcirent de nouveau. « Pourquoi as-tu peur de lui à ce point? »

Parce qu'il m'a presque battue à mort, m'a envoyée à l'hôpital bien plus d'une fois, a régulièrement menacé de m'enlever mon fils et n'a pas arrêté de crier.

Les hurlements étaient ce qu'il y avait de pire car nous pouvions crier durant des heures et à la fin, j'étais toujours mentalement épuisée.

« Je lui appartiens. » Dis-je en haussant les épaules. C'était vraiment ce que je ressentais. Même durant la procédure de divorce, je n'étais jamais parvenue à l'éloigner de Will ou de moi.

« Tu n'appartiens à personne Bella et je ne veux pas que tu penses que c'est le cas avec Jacob. » Edward éloigna ma main de son visage et embrassa ma paume. « Je vais mettre mon avocat sur le dossier dès notre retour à Los Angeles. »

Je secouai la tête. « Non Edward, tu n'as pas à faire ça. »

« Si Bella, c'est ma responsabilité. Will est mon fils, purement et simplement, et nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour vous garder tous les deux en sécurité. »

« Tu n'aurais pas dû avoir à gérer tout ça. Je n'ai apporté que des ennuis à ta vie depuis que je suis là. » Je pleurais finalement.

« Tu as ramené l'amour dans ma vie Bella et je le pense sincèrement. Jamais je n'aurais cru trouver quelqu'un avec qui je voudrais à nouveau passer le reste de ma vie mais tu… c'est toi Bella et j'y crois. » Sa voix était si ferme que je ne pouvais que le croire.

« Mais c'est beaucoup trop. Tu te bats pour un fils qui n'est pas le tien et tu ne devrais pas subir cette situation. »

« Tu penses sincèrement que je pourrais t'aimer sans aimer ton fils? L'un ne va pas sans l'autre et je ne voudrais pas qu'il en soit autrement. J'aime Will comme un fils et ces derniers mois, je pensais à lui en ce terme. C'est mon fils Bella et je me battrai pour lui. »

« Tu ne peux pas battre Jacob. Il gagne toujours. » Murmurai-je.

« Il n'a jamais croisé la route de Jasper Whitlock. » Edward émit un rire sombre et je ne pus m'empêcher de sourire.

Si Edward était prêt à se battre pour mon fils, je le serais aussi. Je devais arrêter de me comporter en victime et trouver un moyen de battre Jacob. Je n'allais plus le laisser me faire peur.

« Tu restes magnifique malgré ton visage tuméfié. » Je plongeai le gant de toilette dans l'eau puis le passai sur sa lèvre. Il grimaça légèrement mais me laissa continuer.

« Je suis désolée pour tout ça. Je voulais juste que tu rencontres mon père et passes un bon Thanksgiving. »

« Que serait un bon repas de Thanksgivng en famille sans un peu d'action? »

« Ma vie n'aurait pas dû se terminer ainsi. » Dis-je pour moi-même.

« Est-ce que tu es heureuse? » Me demanda Edward sans me quitter des yeux. Je tentai de regarder ailleurs parce que le poids de son regard était trop intense mais je n'y parvins pas.

Suis-je heureuse?

Pourquoi ne le pourrais-je pas? J'avais un homme incroyable qui m'aimait, trois magnifiques enfants et une nouvelle carrière qui pourrait fonctionner si je gardais la tête froide. Bien sûr que j'étais heureuse.

« Oui. » Répondis-je. Si on mettait de côté les problèmes avec Jacob, je pouvais dire que je n'avais jamais été aussi heureuse que maintenant.

« Nous pouvons donc gérer tous les ennuis qui viennent parce que je ne peux pas vivre sans toi Bella. » Il repoussa les cheveux devant mon visage et mit sa main derrière mon oreille.

Will et Charlie revinrent à la maison une heure plus tard. J'avais nettoyé le visage d'Edward pour qu'il ne reste que quelques petites égratignures de sa bagarre. Will ne voulut pas le lâcher d'une semelle jusqu'à ce qu'il soit l'heure d'aller au lit.

« C'est un homme bon que tu as là. » Dit mon père alors que nous étions assis à la table de la cuisine. Edward était en train de lire une histoire à Will avant de dormir.

« Je sais. Pourquoi as-tu été si méchant avec lui? » Je le fixai, me souvenant de l'épisode 'détecteur de mensonges' de ce matin.

Charlie haussa les épaules. « C'est mon boulot. »

« Et bien, je suis contente que tu l'apprécies parce qu'il sera dans les parages pendant un bon moment. »

« J'espère bien. Il semble être ce dont tu as besoin. Je retrouve tes yeux. »

« Quoi? »

« Je n'avais sincèrement plu revu le brun de tes yeux après ton mariage avec Jacob. Ils n'avaient pas le même brillant qu'auparavant mais là, c'est revenu. » Dit-il avec tendresse.

Je n'aurais jamais cru que mon père me regardait aussi attentivement.

« Tout va bien alors? » Lui demandai-je.

« Très bien. Tu sembles... heureuse. »

« Je le suis. » Répondis-je, honnête.

Nous restâmes assis sans parler quelques minutes de plus, laissant le bruit de la pluie couvrir le silence. Je tapotai sur la table en bois et ne pus me résoudre à regarder mon père droit dans les yeux alors que je savais qu'il me fixait.

« Pourquoi tu ne m'as pas dit que Jacob était un vrai salaud? » Me demanda-t-il calmement.

« Je te l'ai dit. »

« Non, tout ce que je sais de ton mariage, c'est que vous vous criiez dessus et que tu n'étais pas heureuse. »

Je baissai la tête. « Ce n'était pas suffisant? »

« Bella, il t'a battue c'est ça? J'ai vu la façon dont tu te comportes quand il est là et j'ai travaillé avec assez de femmes battues pour reconnaître les signes. »

Je secouai la tête. « Non. » C'était la réponse automatique qui sortait depuis toutes ces années.

« Je ne peux pas t'aider tant que tu ne me dis rien. » Les mains de mon père recouvrirent les miennes sur la table. « Je t'ai à peine vue ces trois dernières années et même quand cela a été le cas, c'était juste pour une journée. Tu me tiens à l'écart de ce qu'il se passe. Dis-moi ce qu'il t'a fait. » Exigea-t-il.

« Je t'ai dit qu'il ne m'a pas battue. » Ma voix était agitée mais je me calmai rapidement.

« Je pense qu'il l'a fait et qu'il a même fait bien pire que ce que tu ne laisses paraître. Pourquoi es-tu aussi secrète? »

Je l'avais toujours été parce que j'aimais me protéger moi-même.

« J'appartiens à Jacob. » Je répétais les mêmes mots que j'avais dit à Edward.

« Non Bella. » Dit-il fermement. « Si j'avais su ce que tu endurais, j'aurais pu t'aider. C'est trop tard maintenant. L'unique chose que je peux faire est d'obtenir une ordonnance restrictive contre lui et tu sais qu'il se battra à cause de Will. Il faut que tu prennes l'initiative à ce sujet. »

Je secouai fermement la tête.

J'aimerais envoyer Jacob en prison pour tout ce qu'il m'avait fait subir mais c'était tout bonnement impossible. La moitié de la ville mangeait dans la main de Jacob, qu'il s'agisse des services de police ou bien des employés d'hôpitaux qui traitaient les brûlures, coupures, contusions et les fractures. Bon sang, il était même parvenu à mener Charlie par le bout du nez sans qu'il s'en rende compte. Je ne pouvais rien faire ou aller n'importe où sans que ce soit sous la supervision de Jacob.

C'est pour cette raison que j'avais dû quitter Chicago. Jamais je ne pourrais m'éloigner de lui complètement mais je devais au moins essayer.

« Cela n'en vaut plus la peine maintenant. » Je soupirai et relevai la tête, repoussant les cheveux de mon visage.

« Bella, tu es comme moi. Nous sommes forts mais nous devons laisser les gens s'approcher. » Soupira Charlie. « Cela en vaut la peine si tu peux protéger ton fils. Will compte énormément à mes yeux, comme aux tiens, et je ne laisserai pas Jacob vous blesser. »

« Je sais mais je ne vais pas ressasser les choses que j'ai enterrées il y a des années. » Je secouai la tête. « Ce qui est fait est fait. Je passe à autre chose, je lui ai pardonné et j'essaie d'aller de l'avant. »

« C'est vraiment ce que tu veux? »

« Oui. Je veux juste passer à autre chose. »

« Tu crois qu'il va te laisser faire? »

Il sera toujours présent.

« Oui. Il me laissera tranquille si je le lui demande. » Même sorti tout juste de ma bouche, ça ressemblait à des mensonges.

« Je ne lui permettrai pas de te faire à nouveau du mal Bella. J'ai des nausées rien qu'en pensant à ce qu'il s'est passé à Chicago, sans que je le sache. »

« Je ne voulais pas que tu sois au courant. Et je ne veux toujours pas que ce soit le cas. » Lui dis-je.

« Tu admets donc qu'il s'est passé certaines choses? »

« Je vais bien. » Lui répondis-je vivement.

Charlie et moi restâmes assis une demi-heure supplémentaire, sans nous adresser la parole, jusqu'à ce qu'Edward descende. Charlie décida de nous laisser seuls.

« Thanksgiving arrive demain. » Dit-il gentiment en prenant ma main sous la table.

« J'avais presque oublié à cause de ce qu'il s'est passé aujourd'hui. » Je laissai échapper un rire dans un souffle.

« Je sais. Tu veux de l'aide pour quoi que ce soit? »

« Tu veux m'aider? » Je haussai un sourcil.

« Evidemment. Je sais faire des choses Bella et ce petit tour de magie avec la casserole n'était pas marrant. »

« Je sais. Je voulais m'assurer que tu avais tout ce qu'il fallait en nourriture sans que ça soit plein de graisse. Tu dois vraiment faire attention à ton alimentation Edward, c'est horrible. »

J'étais heureuse que nous parlions d'autre chose que de ce qui s'était passé aujourd'hui.

« Les fans n'ont pas l'air de s'en plaindre. » Edward leva son T-shirt pour me montrer les contours musclés de son estomac.

« Ce n'est pas de l'extérieur dont je m'inquiète Don Juan. Je parie que tes artères sont remplies de plaques. » Je grimaçai.

Edward lissa mon front avec son index et approcha son visage du mien. « Est-ce que je t'ai embrassée aujourd'hui? »

« Je ne crois pas. » Lui répondis-je et ses lèvres se pressèrent fermement sur les miennes.

Nos jours passés à Forks furent bons mais le premier jour planait encore au-dessus de nos têtes comme les nuages persistants à l'extérieur.

Je préparai le repas de Thanksgiving avec l'aide d'Edward et de Will. Cela me prit pas mal d'énergie de les regarder s'activer dans la cuisine et de m'assurer que rien ne soit brûlé. Je réussis malgré tout à cuisiner assez de nourriture pour nous tous et à nous partager le surplus. J'en avais fait un petit peu plus pour qu'une fois partis, Charlie n'ait qu'à tout réchauffer quand il le voudrait.

Le jour suivant Thanksgiving, Edward nous emmena Will et moi explorer les environs. J'étais heureuse de le faire puisque je n'avais plus visité le coin depuis le lycée. Nous nous promenions le long des petites rues de Port Angeles lorsqu'une jeune fille reconnut Edward. Elle poussa des cris de joie durant cinq minutes avant de retrouver son souffle et de dire quelque chose.

Ce qui me surprit le plus fut quand elle me demanda aussi un autographe. J'en oubliai presque mon nom quand elle me dit avoir hâte de me voir jouer dans le nouveau film d'Eleazar. Edward rit en voyant mon expression mais je réussis à me reprendre et nous fîmes une photo avec la jeune fille.

Un petit nombre d'autres personnes nous reconnut durant la journée et lorsque nous retournâmes enfin à la maison, Alice m'appela et me demanda pourquoi elle n'avait pas été invitée à notre réunion de famille. Visiblement, le monde voyageait plus vite que je ne le pensais. Il avait suffi d'une seule photo d'Edward et moi sur Facebook pour transformer la petite ville endormie de Forks en un foyer d'appareils photos et de flashs éblouissants.

Les paparazzis étaient partout et heureusement que nous ne restions qu'une paire de jours à Forks. Toutefois, le fait qu'ils sachent où nous nous trouvions fut suffisant pour rendre la ville miniature aussi florissante que celle de Los Angeles.

La plupart des hôtels à Forks et Port Angeles étaient complets à cause des paparazzis et des magazines qui essayaient d'obtenir leur exclusivité, tous les restaurants étaient pris d'assaut et les services de police se voyaient contraints de contrôler la circulation. Notre apparition était-elle si importante?

Edward m'avait expliqué qu'une photo de nous deux séparément valait quelques milliers de dollars mais que si un paparazzi réussissait à en avoir une de nous deux réunis, elle pourrait alors en valoir quelques dizaines de milliers. Nous étions un produit à la mode et je n'arrivais pas à me faire à l'idée.

Charlie n'était pas en service mais il restait assis sous la pergola dans son uniforme, son arme sur les genoux, et observait les nombreuses voitures qui étaient garées plus bas dans le rue. C'était la chose la plus amusante à regarder et même Carlisle avait fini par appeler, en demandant à parler au 'Sauveur armé', comme on l'appelait sur internet.

Edward et moi restâmes cloîtrés à la maison après que les photographes se sont montrés mais je fus contente que mon père et Edward soient obligés de passer du temps ensemble. Ils avaient créé un lien à propos de je-ne-sais-quoi mais la tension était partie, Jacob était oublié et nous étions à nouveau heureux.

« Je peux avoir un chocolat chaud maman ? » Demanda Will assis entre Edward et moi. Nous devions partir demain et je savais que cela allait être l'enfer maintenant que tout le monde était au courant où nous étions.

« Tu ne crois pas que ça va te garder éveillé quand tu devras aller te coucher ? » Lui répondis-je en repoussant les cheveux de son visage.

« Non, je te promets d'aller au lit. »

« Bon, je suppose que c'est raisonnable. » Je me levai pour le lui préparer et revins dix minutes plus tard. Il commença à le boire avec précaution alors qu'Edward et Charlie discutaient football ou autre. Je n'écoutais pas vraiment.

Le téléphone d'Edward sonna et son visage s'illumina. « Will, je crois que c'est pour toi. » Il tendit l'appareil à mon fils.

« Vraiment ? Qui c'est ? » Demanda-t-il et il déposa son chocolat.

« Tu dois répondre pour le découvrir. »

Le visage de Will passa de la joie à la confusion et il décrocha le téléphone d'Edward. « Bonjour… Démétri, c'est toi ? »

Will courut à l'étage, son chocolat chaud oublié alors qu'il discutait avec son meilleur ami/frère.

« J'ai hâte de faire connaissance avec vos enfants Edward. » Dit mon père. « Ils ont l'air adorable. »

Je ne me souvins pas avoir jamais entendu mon père utiliser le mot 'adorable' de toute ma vie.

« Ils ne sont pas faciles mais je les adore. Tous les trois. » Insista-t-il et il me fit un grand sourire.

Il y eut un coup à la porte et mon père se leva, attrapant son arme au passage. « C'est parti. » Sa voix semblait bizarrement excitée.

« Il devrait lui être banni d'utiliser cette chose. » Je roulai des yeux.

« Je l'adore. Il ressemble à Daniel Boone. » Edward rit.

« Il bonifie avec l'âge. » Répondis-je, sarcastique.

J'entendis une autre voix dans le couloir et me levai pour aller voir de qui il s'agissait.

« Bella, est-ce que c'est toi ? » Dit une voix douce et Charlie fit un pas de côté.

« Angela ? » Elle courut vers moi et m'étreignit par le cou alors que j'enroulai mes bras autour d'elle.

« Jamais je n'aurais pensé te revoir après ton départ. Ça fait quoi maintenant, dix ans ? » Elle sourit si fort que je crus presque entendre ses mâchoires craquer.

« Je sais. Je n'en reviens pas. Comment vas-tu ? » Demandai-je et nous restâmes dans le couloir, Charlie nous laissant seules.

« Bien, Ben et moi nous sommes mariés il y a deux ans. »

« Ben Chenny ? Le même Ben du lycée ? »

« Oui, le seul et unique. » Elle me tendit sa main où trônait une modeste alliance. Elle était magnifique, je savais que Ben était amoureux d'Angela depuis le collège.

« Oh, elle est superbe. » J'observai sa bague et lui accordai l'attention qu'elle attendait.

« Oui, et j'ai appris pour toi et Jacob. Je suis désolée mais je suppose que tout va bien puisque tu as un nouvel homme canon. » Elle remua les sourcils.

« Tu es la seule à m'avoir appelée après mon divorce. » Je pensai à haute voix et me rendis compte à quel point Angela était une bonne amie.

« Tu m'as manqué Bella. » Elle m'étreignit à nouveau.

« Viens, j'aimerais te présenter quelqu'un. » Je la conduisis dans le salon où Will était revenu, assis sur les genoux de Charlie. Ce dernier se leva et se dirigea vers nous en tenant toujours Will dans ses bras.

« Oh, bonjour. Quel âge as-tu ? » Elle lui serra la main.

« Cinq ans mais j'en aurai bientôt six et Edward dit que ça fera de moi une grande personne. »

« Pas aussi grand mon garçon. » La voix d'Edward se fit entendre derrière nous et nous nous retournâmes tous.

« Angela, voici Edward Cullen. » Dis-je pour les présenter. Angela était bouchée bée et elle ne semblait plus respirer.

« Heureux de vous rencontrer. » Edward prit la main d'Angela et embrassa légèrement ses doigts.

« Oh mon… » La voix d'Angela s'affaiblit alors qu'elle s'effondrait par terre.

Nous attendîmes qu'elle se relève mais elle ne le fit pas.

« Je pense que tu l'as tuée. » Will tapota sur le bras d'Angela après que Charlie l'a remis sur ses pieds.

« Génial. » Charlie la souleva facilement et la coucha sur le canapé.

« Ouah, deux secondes montre en main. C'est un nouveau record. » Edward fit craquer ses doigts.

« Je n'en reviens pas. » Je partis chercher un verre d'eau pour Angela.

« Quoi ? Je dois utiliser ma beauté à mon avantage. »

« La vanité n'est pas une bonne qualité Edward. » Will agita son doigt en direction d'Edward et je fus impressionnée qu'il connaisse ce mot.

« Tu es bien trop intelligent pour ton propre bien. » Edward le prit à bras. « Au lit maintenant. » Il l'amena à l'étage dans les cris.

Entre-temps, Angela s'était réveillée. « Où est l'Ange ? » Elle s'assit et but l'eau que je lui offris.

« Il est parti mettre Will au lit. » Je ricanai. « Tu avais vraiment l'air morte par terre. »

« Comment croyais-tu que j'allais réagir ? Il est la plus belle chose existante sur cette Terre et il se trouvait juste devant moi. Tu sors avec ça ? » Elle pointa les escaliers du doigt.

« Bien sûr qu'elle le fait. » Edward redescendit et embrassa ma joue de derrière le canapé.

Angela, Edward et moi restâmes éveillés jusqu'à bien après minuit. Edward adorait entendre des histoires datant de mon époque au collège mais je n'étais pas d'humeur à penser à cette période. Elle avait même apporté des photos qui m'avaient constamment fait rougir de la soirée.

Elle voulait tout savoir de ma nouvelle vie à Los Angeles et comme il avait été annoncé publiquement que j'allais devenir actrice, elle voulait connaître tous les secrets.

Elle partit vers deux heures du matin lorsque Charlie nous fit remarquer qu'il ne parvenait pas à dormir à cause de nos rires et nous nous promîmes de rester en contact. Je comptais tenir ma promesse et prévoyais de l'appeler au moins une fois par semaine.

Même si Edward et Charlie avaient réussi à s'entendre durant notre visite, il n'y eut aucun moyen de faire plier mon père quant à la règle 'on ne dort pas dans la même chambre'. Je dus alors me résoudre à souhaiter une bonne nuit à Edward avant de rejoindre ma propre chambre.

Le lendemain matin, je me réveillai tôt mais comptai rester au lit quelques heures de plus puisque notre avion ne décollait pas avant cet après-midi.

Quelqu'un frappa doucement à ma porte trois minutes après mon réveil. « Entrez. » Dis-je et je m'assis dans mon lit.

Les yeux verts d'Edward passèrent la porte. Il portait un pantalon de jogging de Yale et un T-shirt blanc qui découvrait ses bras musclés.

Quand avais-je fait l'amour pour la dernière fois?

Trop longtemps fut ce qui me vient à l'esprit.

« Bonjour. » Dis-je en me décalant pour qu'il puisse venir dans le lit avec moi.

« Et si le Chef m'attrape? » Edward eut un petit sourire satisfait et se mit sous la couverture.

« Alors je suppose qu'on fera la connaissance du canon de son fusil de chasse. » Je me blottis contre sa poitrine et il passa son bras autour de moi, embrassant mon front. « Tu es tellement mignon quand tu es nerveux. »

« Il a passé toute sa vie à te protéger et je pense qu'il a raison de me tenir à distance raisonnable. »

« Je suis contente que tu sois d'accord. Comment s'est passé le détecteur de mensonges hier? » Lui rappelai-je.

« Ne parle de ça à personne. » Rit-il.

« Je l'ai déjà raconté à ton père et il a dit qu'il en achetait un pour quand tu rentrerais à la maison. Il veut vous tester, Emmett et toi, par rapport à certaines choses. »

« Génial. » Répondit-il, sarcastique.

Edward et moi restâmes encore une heure au lit jusqu'à ce que Will vienne frapper à ma porte en me demandant de le laisser entrer.

Il s'installa entre Edward et moi et se rendormit.

« Je l'aime vraiment. » Dit Edward en passant les doigts dans les cheveux de Will.

« Je le vois bien. » Dis-je, sincère. « Je n'ai jamais vu Jacob le regarder comme toi tu le fais. »

Je voulus soudainement rentrer à Los Angeles pour pouvoir prendre Dani et Démétri dans mes bras.

« Est-ce qu'on peut rentrer à la maison Edward? »

« La maison? »

« Notre maison. » Clarifiai-je par un sourire.

Nous dîmes au revoir à Charlie quelques heures plus tard et je fus assez surprise de les voir se faire une accolade bizarre entre hommes. Il fallait un début à tout.

Rentrer à la maison fut un véritable périple mais Edward était habitué à tout faire pour que Will et moi soyons en sécurité. Les paparazzi nous suivirent à partir de la maison de Seattle mais Charlie avait prévu une escorte policière pour être certain que nous arrivions sains et saufs chez nous.

Les photographes se trouvaient même dans notre avion de retour, à juste un petit siège d'écart de nous. Edward m'avait assuré qu'ils n'étaient pas autorisés à prendre leurs appareils à bord et ils se contentèrent donc de nous observer.

Nous atterrîmes enfin à Los Angeles à dix-neuf heures et je fus accueillie par les bras de Dani et Démétri.

« Quand est-ce qu'on pourra rencontrer le Chef? » Demanda Démétri en nous asseyant dans le fauteuil et nous racontant nos vacances.

« Sans doute à Noël. Il a aussi vraiment envie de vous rencontrer tous les deux. » Répondis-je tout en tressant les cheveux de Dani.

« Tu crois qu'il nous aimera bien? » Demanda-t-elle.

« Bien sûr. Pourquoi ça ne serait pas le cas? »

« Je ne sais pas mais il a vraiment l'air effrayant. » Dit Démétri.

« Il ne l'est pas. » Lui assura Will. « Il aime juste avoir son arme avec lui pour être sûr que personne n'est méchant avec lui. »

« J'espère qu'il nous aimera bien. » Répliqua Démétri. « On devrait peut-être lui offrir un cadeau Dani. »

« Je pourrai lui faire un dessin. »

« Je pense qu'il aimerait ça. » Je terminai ses tresses et les envoyai au lit. Nous avions tous une journée chargée le lendemain. Les enfants avaient école alors qu'Edward et moi serions sur le plateau de tournage toute la journée.

Je me posai contre Edward alors qu'il jouait avec mes cheveux. « A quelle heure dois-tu être au travail demain? » Demanda-t-il.

« Huit heures. Nous avons presque terminé. Je n'en reviens pas. » Lui répondis-je. « Puis je commence le film de ton père. »

« Tu seras fantastique. Je l'ai lu… »

« Tu l'as lu? » Je me remis droite, lui coupant la parole.

A ma connaissance, seuls Esmée et Carlisle connaissaient l'intrigue de son film. Je voulais tellement être au courant mais Carlisle refusait de me dévoiler quoi que ce soit.

« Oups. » Edward essaya d'éluder la question avec un sourire.

« Dis-moi ce que tu sais. » Je le secouai.

« Non, je ne peux pas. Mon père me tuerait. »

« Mais… s'il te plaît. J'ai besoin de savoir. »

« Tu ne préférerais pas avoir la surprise? » Me demanda-t-il.

« Absolument pas. Je déteste les surprises. »

« Et bien, pose-lui la question. Je ne connais rien de plus que le titre. » Il leva ses mains devant lui.

« Tu mens. » Je grimpais sur lui, me mettant à cheval sur son estomac. « Dis-le-moi Edward. »

« Je ne peux pas. » Il se couvrit les yeux.

Je connaissais un moyen imparable pour obtenir des informations de lui.

Je parcourus doucement son torse nu de baisers jusqu'à son menton. Il frémit et je l'entendis chuchoter mon nom de sa voix rauque.

« S'il te plaît, dis-moi. » Dis-je doucement dans son oreille, d'une voix séductrice.

Soudain, je me retrouvai sur le dos, son corps musclé au-dessus de moi.

« Je ne pense pas Bella. » Rétorqua-t-il en attaquant ma bouche et mon cou. Je répondis à ses baisers de la même manière urgente. Je n'avais pas prévu d'être aussi prise dans le moment mais qui parvenait à résister à Edward Cullen? Certainement pas moi.

J'emmêlai mes doigts dans ses cheveux cuivrés et enroulai mes jambes autour de lui, obligeant son corps à s'aligner avec le mien.

Je gémis quand il me mordilla sous l'oreille. « Tu n'obtiendras rien de moi. »

« J'avais oublié ce dont on parlait. » Dis-je honnêtement.

J'embrassai son torse et le mordis même pour me venger. Je vénérai ses tablettes de chocolat en en dessinant chaque contour. J'atteignis son caleçon et le descendit. Il se chargea de l'enlever quand je n'y parvins plus.

Il remonta ma fine chemise de nuit au-dessus de ma tête et la jeta sur la pile de vêtements qui se formait par terre. J'arquai le dos alors qu'il massait ma poitrine désormais nue.

Il continua de masser mes seins puis sa bouche remplaça ses mains, m'arrachant un gémissement discret de la gorge. J'allais devenir folle à cause des sensations qui me parcouraient et je me rappelai soudain ma mission.

Je vais obtenir des réponses ce soir!

J'appuyai sur ses épaules et le plaquai presque sur le dos. Il me lança un sourire en coin alors que je bougeais pour chevaucher sa taille.

« C'est moi qui commande », dis-je d'une voix rauque. « Dis-moi tout ce que tu sais. » Exigeai-je.

Son regard se rétrécit légèrement. « Nous verrons ça. » Rétorqua-t-il.

Je commençai à bouger mon bassin contre le sien pour obtenir la friction que je désirais. Il rejeta sa tête en arrière et un son guttural sortit de sa bouche. Ce fut le signe de la réussite de mon plan et je continuai.

Je pouvais sentir l'érection d'Edward rentre mes jambes. Il grommela et me poussa sur le dos mais c'était hors de question pour moi. Je le repoussai à nouveau de tout mon poids, nous faisant tomber sur le tapis dans un bruit sourd.

Edward amortit notre chute. Il attaqua mes lèvres pendant que ses mains allaient agripper la matière brillante du bas que je portais. Il le fit glisser et je m'en débarrassai.

Edward s'assit alors que j'étais toujours à califourchon sur lui et il m'embrassa sans ménagements. Il nous renversa et me cloua au sol, ses lèvres toujours sur les miennes.

Je mis toutes mes forces pour le repousser et l'obliger à se mettre sur le dos, mes jambes de part et d'autre de son estomac. Edward transpirait légèrement et sa poitrine montait et descendait au rythme de ses halètements.

« Tu ne gagneras pas Bella, abandonne. » Ricana-t-il.

« Ne croyez pas que j'en aie terminé avec vous, Monsieur Cullen. »

« Essaie un peu pour voir. »

Il essaya de se lever mis je le maintins fermement en place. Je le savais capable de se débarrasser de moi s'il le voulait vraiment. Je fis descendre mon sous-vêtement et le pris en moi rapidement, ne prenant pas la peine de me préparer avant. Je rejetai la tête en arrière alors que je bougeai mon bassin.

« J'ai gagné. » Je me penchai et embrassai son oreille. Il se contenta de gémir. Il posa ses mains sur mes hanches et m'aida à garder le rythme.

« Dis-moi ce que tu sais. » Lui ordonnai-je.

« Je… je n'arrive même pas à réfléchir là. »

Notre rythme était régulier mais finalement, j'accélérai avec l'aide de ses mains qui me guidaient. Après quelques minutes, je réalisai qu'il ne me donnerait aucune information et décidai de le chevaucher franchement.

Quand j'atteignis le point de non-retour, je rejetai ma tête et criai presque son nom quand me revint à l'esprit qu'il y avait des enfants à la maison. Edward me rejoignit juste après dans le plaisir.

Alors que les dernière vagues d'un orgasme incroyable nous parcouraient, Edward nous retourna de sorte à me surplomber et entra de nouveau en moi, sans avoir besoin de récupérer ou faire une pause.

C'était une putain de machine!

« Je dois revenir en toi. » Grogna-t-il dans mon cou.

Je gémissais violemment au rythme rapide qu'Edward nous imposait alors qu'il psalmodiait mon nom. Il grognait très fort et je ruais des hanches pour rencontrer ses coups de rein. Ses mouvements étaient forts et rapides à chaque fois qu'il entrait loin en moi, sa voix murmurant mon nom.

Après quelques mouvements en plus, nous eûmes ensemble un second orgasme.

Transpirant et haletant, Edward se pencha vers moi pour embrasser mon front. « J'ai gagné. » Dit-il simplement.

« Je ne pense pas, nous sommes à égalité. » Lui répondis-je. Il sortit doucement de moi et nous retourna pour nous retrouver sur le côté, pas soucieux une seconde de nous remettre dans le lit. Il attrapa la couverture pour nous couvrir et je posai ma tête sur mon oreille préféré: sa poitrine.

« Je t'aime. » Dit-il en m'embrassant les cheveux.

« Je t'aime aussi. » Lui répondis-je et je l'embrassai sur ses lèvres qui m'attendaient.

« Si je le pouvais, je te donnerais quelques tuyaux sur le film. » Rit-il.

« Je te déteste. » Rétorquai-je mais nous savions tous deux que je n'étais pas fâchée contre lui.

« Endors-toi Bella et quand tu te réveilleras, tout sera parfait. » Il m'embrassa légèrement et mes paupières se fermèrent d'elles-mêmes alors que je m'endormais.

Le jour suivant passa extrêmement vite et je me découvris de plus en plus à aimer jouer. Pas que j'essaie de m'envoyer des fleurs mais j'étais bonne dans mon travail. Tout du moins, j'avais l'impression d'être meilleure que ce que j'aurais pu imaginer.

Marshall et moi bouclions rapidement les scènes. Nous étions capables de les tourner deux fois plus vite que ce qui était prévu et à ce rythme-là, le tournage du film se terminerait plusieurs semaines plus tôt.

Edward avait suggéré que nous allions à La Nouvelle-Orléans pour fêter Noël, puisqu'il devait y être pour tourner et au départ, je n'aurais pas pu m'y rendre. Ici, j'avais toute ma semaine de libre et après discussions, j'avais hâte de passer les fêtes de fin d'année là-bas avec Edward et les enfants.

Nous ne pouvions pas emmener les enfants avec nous à Forks parce Charlie devait assister à une conférence pour la police à Cincinnati et il ne serait donc pas à la maison. Cette nouvelle contraria Démétri et Dani mais je leur promis qu'ils le rencontreraient bientôt. Ma mère et Phil partaient en Australie pour qu'elle puisse faire du saut à l'élastique ou quelque chose dans ce goût-là. Je n'avais même pas envie d'en entendre parler.

Bref, avant de penser aux fêtes, je devais d'abord terminer le tournage du film.

Les jours passèrent rapidement et nous étions maintenant à la fin du mois de novembre.

Edward avait appelé Jasper et un premier rendez-vous avait été programmé pour discuter de la marche à suivre concernant Jacob. Il ne s'agissait que d'une discussion préliminaire mais la situation se présentait bien. J'allais devoir me rendre à Chicago pour trouver un juge et que ce dernier dessaisisse Jacob de ses droits parentaux. J'étais prête à le faire pour mon fils et Edward également; l'horizon s'annonçait radieux.

Edward avait réussi à récupérer l'argent de Jacob de l'école de Will. Il payait maintenant lui-même les frais de scolarité de mon fils bien que je ne fus pas au courant jusqu'à ce que je reçoive un appel d'un Jacob furieux, me demandant qui avait renvoyé son argent. C'était une conversation qui m'avait vraiment prise de court. Edward et moi avions eu une discussion très animée à ce sujet mais tout était rentré dans l'ordre.

Edward était tellement têtu qu'il avait à peine écouté mon raisonnement. Il ne voulait même pas entendre parler du fait que je puisse payer moi-même les frais de scolarité. J'avais malgré tout réussi à en payer la moitié bien qu'il ne fût pas heureux de cette décision.

Honnêtement, ma vie était encore un peu en désordre avec Jacob non loin mais professionnellement, je m'en sortais plutôt bien, pour la première fois depuis très longtemps.

« Je n'en reviens pas que ce soit bientôt terminé. » Dit Marshall alors que nous nous préparions pour l'une des dernières scènes de la journée. Eleazar pressentait que ce serait la dernière semaine de tournage.

« Je sais. Je me disais la même chose. » Répondis-je alors qu'une coiffeuse domptait mes cheveux.

« Des détails à partager sur le prochain film de Carlisle? » Sourit-il en coin. Marshall me posait cette question tous les jours et je lui donnais toujours la même réponse.

« Non. Carlisle ne veut rien me dire tant que je n'ai pas terminé ici et Edward ne crache toujours pas le morceau. »

« Et bien, je passe une audition la semaine prochaine. J'aurais aimé avoir une petite idée sur ce qu'il se passe. Je suppose que ce sera donc une lecture à l'aveugle. »

« Quoi? »

« Un texte non spécifique qu'on te fait lire pour voir si tu corresponds au rôle. Personne ne saura rien tant que le rôle n'est pas attribué… à moi avec un peu de chance. »

« Combien de gens passent l'audition? »

« Je ne sais pas. Deux cents personnes d'après ce que j'ai entendu mais c'était avant le début des auditions ouvertes. Je pense que Carlisle aime les défis et partir vers l'inconnu… d'où toi. » Il me fit un clin d'œil.

« Et comment ça se déroule? Les auditions je veux dire. »

« Tu as déjà le rôle principal donc maintenant, le but est de trouver celui qui aura le rôle masculin. Je ne sais pas de quoi parlera le film mais Carlisle aime les histoires d'amour dramatiques donc celui-ci ne devrait pas déroger à la règle. »

« D'accord. » Dis-je sur un ton plus interrogatif.

« Les directeurs de casting feront auditionner à peu près trois à quatre cents personnes et il n'en restera que cinq à la fin. »

« Cinq? » Dis-je abasourdie.

« Ouais. Carlisle ne rigole pas. Il t'arrête tout de suite si tu n'es pas ce qu'il recherche. J'ai auditionné pour un de ses rôles une fois et il m'a dit de partir alors que je n'avais dit qu'une ligne. C'était brutal. » Il frémit. « Bref, quand il n'en reste que cinq, ils te font venir pour lire un dialogue avec ceux qu'ils ont gardé et s'assurer que vous avez le bon… truc. »

« Est-ce qu'ils me demanderont mon avis sur celui que j'aime bien? »

« Oui, généralement. Ils voudront avoir ton opinion sur chacun d'entre eux et tu auras le dernier mot, tout comme Carlisle bien entendu. »

« Ouah, c'est assez impitoyable. »

« Ouais, tu as de la chance de ne pas avoir passé les auditions. Après ce film et celui de Carlisle, tu n'auras sans doute plus jamais à en passer sauf si c'est un gros projet. C'est ainsi que ça se passe après autant de temps dans le business. »

« Tu en passes encore? »

« Plus vraiment. A l'occasion mais en général, non. Je travaille depuis un moment donc ils savent qui je suis et si je peux convenir au rôle. » Il haussa les épaules.

« Ça semble cruel. »

« Si tu savais. » Il soupira.

La journée fila et nous étions si près de clôturer le film que je pouvais presque voir la ligne d'arrivée. J'en avais pour ainsi dire terminé mais quelques scènes requéraient ma présence et Eleazar voulait les tourner le lendemain.

Je sortis de ma caravane à la fin de la journée. J'étais en compagnie d'Alice évidemment et il me restait encore trente minutes avant d'aller récupérer les enfants à l'école donc j'avais encore un peu de temps.

« Oh Bella, mon père voudrait te voir. » Intervint Alice quand je parvins à mon véhicule.

« Maintenant? »

« Quand tu veux. » Elle haussa les épaules. « Il a juste dit qu'il avait besoin de parler avec toi. Je ne sais pas pourquoi. » Elle me tendit mon sac.

« Il est dans son bureau? » Lui demandai-je en mettant mon sac sur le siège arrière.

« Non, je crois qu'il est encore sur le plateau. Tu veux que j'aille chercher les enfants? »

« Oui, ça ne t'ennuie pas? J'irai les récupérer après l'entraînement de football par contre. J'aurai terminé d'ici là. »

« Pas de souci. » Elle m'embrassa sur la joue avant de sautiller vers sa voiture. Je ne savais pas où elle puisait toute cette énergie mais elle donnait toujours cette impression de sautiller, jamais de marcher.

Je secouai la tête et partis voir Carlisle que je trouvai en train de discuter d'un scénario avec un assistant. J'attendis qu'il finisse avant de me diriger vers lui.

« Ah, bien. Je dois te parler. » Carlisle me fit entrer dans l'une de ces pièces d'appoint du plateau utilisées pour les répétitions. « Je t'en prie, assieds-toi. » Il tira la chaise pour moi.

« Que se passe-t-il? J'ai fait quelque chose de mal? »

« Non, pas du tout. J'ai juste besoin de t'expliquer ton emploi du temps et je dois rencontrer quelqu'un mais avant de te parler de ça, je sais que tu as remarqué que le tournage du film allait bientôt se terminer. »

« Oui, j'y pensais aujourd'hui justement. »

« Bon, les films ne se tournent pas aussi rapidement que celui-ci mais il est presque terminé et le travail de production sera clôturé pour… le printemps? » Supposa-t-il.

« Aussi vite? » Ma respiration se fit laborieuse.

« Oui et comme ma société de production le diffuse, je sais qu'ils veulent qu'il soit terminé avant que les gros films de l'été ne sortent sur grand écran. Le film ne sera pas complètement fini avant le printemps mais un premier montage a déjà été réalisé. » Affirma-t-il, rayonnant.

« Mes scènes y compris? »

« La plupart de tes scènes, oui. » Il croisa ses mains. « Nous devons en ajouter quelques-unes mais la majorité a été faite. »

« Ouah, c'est du rapide. »

« Je veux présenter le premier montage à quelques critiques en qui j'ai confiance avant le Sundance. »

Je faillis en tomber de ma chaise. Le Festival du film de Sundance n'était réservé qu'aux meilleurs films indépendants et si je faisais bien mes calculs, c'était dans à peine deux mois, en janvier.

« D'ici là, nous devrions avoir un produit un peu plus fini mais il y aura encore du travail. Je voulais t'en tenir informée. »

« Ouah. » Dis-je de nouveau.

« Tu dois y aller Bella. »

« Pardon? »

« Pour que le film rencontre le succès, tu dois le vendre. Nous pouvons faire beaucoup sur le tournage mais le reste dépend de la publicité. Je déteste penser que les films ne peuvent pas se vendre d'eux-mêmes, que c'est basé uniquement sur le mérite mais cela ne fonctionne plus comme ça. »

« Mais quel est le rapport avec moi? »

« Le Sundance est un endroit où tu dois te vendre, toi et le film. Tu auras aussi l'occasion de voir d'autres choses qui sortiront la même année. Esmée et moi y allons, Eleazar doit être là puisque le film sera présenté et je soupçonne Edward de s'y rendre aussi. Est-ce que tu aimerais également? »

« Bien sûr. » Dis-je sans même y réfléchir. J'étais légèrement nerveuse de promouvoir un film mais j'avais toujours rêvé d'aller au Sundance. Ce serait un moment encore plus spécial puisque j'allais y présenter un film.

« Bien. Je me chargerai des dispositions. » Sourit-il. « Sinon, j'aimerais te présenter quelqu'un. »

Il composa quelque chose sur son téléphone et deux secondes plus tard, un homme grand entra dans la pièce, quelqu'un que je pensai reconnaître.

« Ah, le voilà. » Carlisle se leva et je le suivis. « Embry, je te présente Bella Swan. » L'homme me serra la main.

« Attendez… Embry Call? De Northwestern? »

Il acquiesça rapidement. « Ouaip, j'étais assis à côté de toi aux cours de Mr. Barber. »

« Si je me souviens bien, tu n'as pas réussi ton projet de fin d'études. » Nous nous assîmes tous les trois.

« A cause de l'aversion sous-jacente de cet homme. Il n'a jamais voulu me donner un coup de pouce. Bref, je n'avais pas besoin de lui. Je suis entré à l'Université de Stanford et suis parti à Los Angeles après mon diplôme. »

« Impressionnant. » Je lançai un regard à Carlisle pour lui faire comprendre d'aller droit au but pour que j'aille récupérer les enfants.

« Pour le dire simplement, j'aimerais qu'Embry te représente. »

« En tant que… » Demandai-je.

« En tant qu'agent. Il est très bon dans son travail et je lui fais confiance. »

« Ai-je vraiment besoin d'un agent? Je suis seulement engagée sur deux films. »

« Bella, quand les gens verront de quoi tu es capable, tu n'auras pas le temps de respirer. » Embry gloussa. « J'ai pu regarder quelques scènes et pour une femme qui débute, je suis persuadé que tu vas percer dans le milieu. Je ne travaille pour personne d'autre donc je peux concentrer toute mon énergie sur toi et ce serait un honneur de te représenter. »

Nous restâmes dans la même pièce une demi-heure supplémentaire et nous signâmes les contrats dans la foulée. J'avais confiance en Carlisle et si Embry disait être le meilleur d'entre tous, je n'allais pas tergiverser.

J'avais un agent, j'allais promouvoir un film au Sundance et me débarrasser de Jacob.

Ma vie était enfin sur les rails.


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