Bonjour à tous,

Sans transition, la suite !

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Réponse(s) aux lecteur.ice.s

jdvslxv : Merci pour ton gentil commentaire, j'espère que la suite te plaira tout autant ;)

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Chapitre 1 : Lost in a dark sky

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L'après-midi, Hermione avait entraîné ses parents à la piscine municipale. Elle avait tellement insisté qu'ils s'étaient mutuellement regardés, incrédules, puis l'avaient fixée tous les deux, les sourcils froncés : ils savaient que leur fille n'aimait pas se baigner. Chaque fois qu'ils l'avaient convaincue de venir avec eux, Hermione était restée au bord de l'eau chlorée, sur sa serviette, à lire la pile de livres qu'elle avait préparée. La jeune femme avait dû donc user de stratagèmes et d'excuses pour pouvoir les persuader qu'il n'en était rien cette fois-ci et qu'elle voulait vraiment nager avec eux.

Elle en avait quand même embarqué un avec elle au cas où. On ne change pas ses habitudes en un claquement de doigts ! Et puis si elle n'avait rien pris, ses parents se seraient doutés de quelque chose. Hermione se méfiait beaucoup de la perspicacité de sa mère. Cette dernière remarquait le moindre détail des lignes de son visage et analysait très bien ses attitudes. Sûrement un trait de famille répandu, dont Hermione avait elle-même hérité. La jeune femme devait donc faire de son mieux pour ne pas éveiller les soupçons.

Après avoir tâté la température de l'eau qu'Hermione jugea trop froide pour le moment, ses bonnes résolutions s'envolèrent. Elle s'était allongée sur sa serviette, en pleine lecture.

- Juste quelques chapitres et je les rejoins, se persuada-t-elle intérieurement.

Soudain, elle et son livre furent trempés.

- Allez Mione ! rouspéta son père, appuyé sur le rebord du bassin. Tu ne nous as pas suppliés d'aller à la piscine pour lire toute l'après-midi !

- Laisse-la tranquille ! Tu vois bien qu'elle préfère bouquiner, souffla la mère de Hermione derrière son mari.

- Enfin ma chérie… dit-il en se retournant vers elle. On n'est pas venus à la piscine pour juste en profiter de la fraîcheur de l'eau rien que tous les deux…

- Tu sais très bien qu'elle n'aime pas l'eau. Ce n'est pas une nouveauté.

Hermione éclata de rire en voyant ses parents à nouveau se chamailler.

- C'est bon, j'arrive.

- Ha !

Un sourire victorieux se dessina sur le visage de son père, se retournant vers sa femme d'un air triomphant, les mains sur ses hanches.

- Dieu, qu'ils sont pénibles… soupira dans un murmure la mère d'Hermione en levant les yeux au ciel.

Jean s'agaçait quand sa fille lui donnait tort en se rangeant du côté de Paul, car elle savait qu'Hermione ne faisait ça que pour lui faire plaisir. Mais au fond d'elle, elle était heureuse qu'elle soit aussi proche de son père.

Avant de rejoindre la piscine, la jeune femme regarda furtivement autour d'elle et fit tourner sa baguette discrètement pour sécher son livre. Elle ne vit pas que son plongeon le mouilla à nouveau.

Quand Drago ouvrit doucement la porte du bureau de son père, il remarqua tout de suite qu'Il avait changé les meubles de place.

Il avança avec prudence, espérant ne pas faire craquer ce parquet maudit qui hurlait à chacun de ses pas. Et puis, comment oublier ses propres cris ? Drago les entendit à nouveau, ils retentissaient encore entre ces murs imprégnés de poussière, émise par le velours des fauteuils, mélangée à celle de la moisissure des pages des livres. Cette pièce était comme un vieux grenier humide où l'on aurait enfermé des bibelots maléfiques, un endroit qu'on voulait ensevelir, profondément hanté par la souffrance.

Lucius le convoquait ici à chacune des bêtises de son fils ou juste par méchanceté pure, quand il souhaitait satisfaire ses envies sadiques. Retenir l'emplacement des meubles et des objets était l'unique moyen pour Drago de trouver une échappatoire à son esprit lorsque son corps était maltraité.

Il jeta un rapide coup d'œil à la pièce. Plus aucun tableau de la famille n'était accroché au mur. La grande bibliothèque style Empire en bois d'ébène n'était plus pleine à craquer de livres ; seuls les livres de Magie Noire ayant été épargnés. Traditionnellement placé devant elle, le bureau Louis XVI en hêtre avait été positionné à côté de la fenêtre, face à l'entrée. Plus loin, en face de la cheminée, se trouvait originellement un petit salon privé, composé d'un canapé et de nombreux fauteuils baroques en hêtre noir et velours vert sombre, avec une table basse centrale du même acabit. Le Seigneur des Ténèbres n'en avait gardé qu'un seul, le plus majestueux et travaillé, pour en faire sa chaise de bureau. Seul demeurait encore l'immense tapis couleur crème foncée, dont les flammes du foyer en révélaient les traces d'usures, dévoilant l'emplacement exact des anciens meubles du salon.

L'objectif était clair : le Seigneur des Ténèbres voulait faire grande impression à quiconque pénétrait dans le bureau, refusant à ses ouailles toute possibilité de s'asseoir en sa présence. Il était Le Seul qui comptait parmi eux.

Sa longue silhouette noire se découpait devant la fenêtre, à travers laquelle il observait le jardin embrumé. La pluie battait toujours fortement contre les vitres.

- Bonjour Drago, dit-Il d'une voix doucereuse.

Il se tourna lentement vers lui, joignant ses longs doigts fins.

- Je dois dire que j'ai beaucoup réfléchi depuis ton… échec de ces derniers mois.

Drago déglutit et se mit à regarder ailleurs, comme lorsqu'il était plus jeune et qu'il se retrouvait dans ce bureau, en face de son père. C'était par pur réflexe, il ne pouvait s'en empêcher. Il se autoflagella et se traita mentalement de faible, d'incapable. Finalement, il ressemblait bien plus à son géniteur qu'il ne voulait l'admettre. Rien qu'un lâche.

- Endoloris !

D'un coup, le jeune homme s'écroula par terre, le corps plié en deux. La douleur fut si aiguë qu'il avait l'impression que des milliers de lames gelées venaient le poignarder toutes en même temps. Sa migraine avait centuplé d'intensité, sa tête était sur le point d'exploser.

Un silence pesant s'en suivit.

Drago était au sol, allongé sur le côté, recroquevillé, le visage crispé, à l'agonie, le souffle court. Son coeur tambourinait violemment dans sa poitrine. Sa souffrance faisait s'étirer le temps : les secondes devenaient des minutes, les minutes se changeaient en heures.

- Endoloris !

La douleur s'amplifia, le bureau disparut. Il se sentait maintenant nu, le corps entièrement lacéré, plongé dans une mer de glace dont les vagues lui griffaient violemment le visage, l'empêchant de respirer. Le sel s'incrustait partout, brûlait des centaines de plaies ouvertes. Il se noyait, l'eau gelée entrait dans ses oreilles, la pression lui faisait exploser ses tympans, le sang coulait. Un acouphène assourdissant se déclencha et le rendit sourd.

Il était à nouveau étendu sur le sol du bureau de son père. Il avait tellement mal qu'il ne se sentait plus. Son corps disparaissait, seule restait sa souffrance.

- Ton ingéniosité avec l'armoire à disparaître a cependant retenu toute mon intention, reprit la voix du Seigneur des Ténèbres.

Drago s'assit faiblement, meurtri. Le Seigneur des Ténèbres se trouvait maintenant juste en face de lui. Le jeune homme fixa Ses pieds blancs, jonchés de veines, les ongles noirs et incarnés. Il se releva avec difficulté.

Comme un charognard qui se délectait de la terreur de sa proie, Le Seigneur des Ténèbres se mit à tourner doucement autour de lui, puis poursuivit son sifflement doucereux :

- Il faut croire que je me suis… fourvoyé. Je pensais que tu étais comme Lucius, un lâche sans cervelle. Un imbécile qui n'arrive même pas à supprimer de simples mioches. Bien que tu ne l'aies pas éliminé, tu as tout de même réussi à piéger cette vermine de Dumbledore.

Puis il se rapprocha de son oreille et rajouta à voix basse dans un rictus effroyable :

- C'est pourquoi je t'octroie une nouvelle chance de Me servir.

Drago accueillit cette nouvelle complètement tétanisé. Ainsi, Il lui donnait une autre chance, Il voulait prolonger son supplice, au lieu de l'achever. Puis, sa réflexion s'arrêta nette et son corps lui rappela sa douleur, ses jambes lui permettaient à peine de tenir debout. L'adrénaline le persuada que s'il bougeait d'un centimètre, Il allait le tuer.

Le Seigneur des Ténèbres regagna l'immense fauteuil en velours vert et fit élégamment un geste de sa baguette. La porte de la pièce s'ouvrit violemment.

- Vous m'avez fait demander, Maître ? demanda une voix de femme.

Drago se retourna lentement et la dévisagea. Ses pupilles n'arrivaient pas à comprendre qui était cette femme. Il détermina qu'elle avait une quarantaine d'années, avec une tignasse de longs cheveux bruns, bouclés, qui tombaient en cascade sur ses épaules. Quelques mèches obstruaient ses yeux. Il vit à sa démarche qu'elle ne lui prêtait aucune intention.

- Aaah Bellatrix, entre. Je voulais t'assigner une nouvelle mission, dit-Il.

Drago tressaillit.

Bellatrix referma la porte derrière elle, se plaça à côté de son neveu et s'inclina grossièrement. Sa voix éthérée reprit :

- Comme tu le sais, Drago ici présent a déjà failli en laissant Severus tuer Dumbledore. Mais il a réussi malgré tout la mission qui lui avait été confiée. Il est parvenu à créer un passage, te permettant de rejoindre le château avec d'autres de tes acolytes. Ainsi, il a piégé Dumbledore qui a… chuté lamentablement. Il nous a démontré qu'il avait un certain… potentiel.

Il se plaça devant la Mangemort, la domina de sa hauteur et ajouta :

- Ma très chère Bellatrix, tu vas aider ton bien-aimé neveu à éradiquer la moindre parcelle de lâcheté qui l'empêche de complètement Me servir. Je ne veux pas d'un deuxième… Lucius sur les bras.

- Maître, avec tout mon respect, vous m'aviez déjà assigné à une mission de… de dératisation. Dans ses conditions, il me sera… difficile d'éduquer mon neveu à… souffla-t-elle, toujours inclinée.

- Ne discute pas mes ordres, Bellatrix, je ne les répèterai pas ! l'interrompit-Il d'un ton acide. Use de tous les moyens que tu jugeras bons, mais fais-le.

Puis, Il se dirigea à nouveau vers la fenêtre sans se retourner et cria :

- Je ne veux plus vous voir !

Drago était en nage, le souffle court, le coeur sur le point de lâcher, il n'arrivait pas à marcher sans s'appuyer contre le mur. Le salon était encore plein de monde, mais le jeune homme ne prêtait pas attention aux personnes qui l'entouraient, trop occupé à reprendre ses esprits.

- EH OH Drago ! Reviens parmi nous !

Il sursauta, se rendant compte que le visage de sa tante était à quelques centimètres à peine du sien.

- Quoi ? grogna Drago.

- Quouââ ? l'imita Bellatrix en bêlant. Hey mon bébé chat, faudra que tu me colles aux basques maintenant, on va plus se quitter. On va faire de petites virées en famille, rien que toi et moi. Tu verras, j'te promets que ça sera sympa.

Elle fut prise d'un fou rire, et Drago la regarda faire, interdit. Elle sautilla en tournant sur elle-même, applaudissant des mains et percuta sans le vouloir sa sœur, qui venait tout juste de les rejoindre.

- Oh coucou Cissy ! 'Faut croire que j'suis la marraine de ton Fifi maintenant !

Narcissa haussa un sourcil, furieuse. Elle lui prit le bras et celui de son fils et les emmena dans une pièce plus calme, à l'abri des regards et des oreilles indiscrets. Elle ferma violemment la porte et se tourna vers sa sœur.

- Bon. Tu vas m'expliquer ce qu'il se passe maintenant ? Pourquoi étiez-vous convoqués dans Son bureau ?

- Oh fais pas la tête Cissy. Le Seigneur des Ténèbres veut que Drago s'endurcisse un peu. Il faut croire que le tempérament de ton cré… cher mari à un peu déteint sur ton Fifi, et ça ne Lui a pas échappé.

La mère de Drago n'aimait pas quand sa soeur se moquait de Lucius, mais ne le releva pas. Elle devait savoir ce que le Maître projetait pour lui.

- Mais sois fière de lui, Il sait qu'il a de grandes capacités, il faut juste qu'il les laisser… exploser !

- Que veux-tu dire ? se décomposa Narcissa.

- Je vais devoir lui apprendre quelques p'tits trucs pour éradiquer la vermine, gloussa Bellatrix dans un sourire perfide.

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Pas possible pour Drago d'avoir des vacances tranquilles D:

J'espère que ça vous a plu. N'hésitez pas à me mettre un petit commentaire :)

A bientôt pour la suite !