Bonjour à tous !
Un grand merci à ceux qui ont fav et qui suivent l'histoire, vous me motivez à la continuer !
Bonne lecture :)
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Réponse(s) aux lecteur.ice.s
Gateau au chocolat : Merci pour ton message ! Je suis contente que le début te plaise et j'espère ne pas te perdre en chemin ;) Sinon oui, j'essaye de ne pas trop me mettre la pression... quand mon perfectionnisme me fout la paix haha (mais je me soigne, promis).
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Chapitre 2 : I sold my soul, my spirit to the devil
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Drago avait trouvé l'entrée de l'enfer.
Sa tante Bellatrix avait pris son rôle de chaperon très à cœur, si bien qu'elle avait commencé ses premières leçons dès le matin suivant.
Elle l'invita chez elle pour le petit déjeuner, dans un salon sinistre envahi par les toiles d'araignées. Quelques rats y avaient même élu domicile et couraient un peu partout sur le parquet pourrissant. Depuis qu'elle était sortie d'Azkaban il y a de cela deux ans, la Mangemort n'avait pas pris le temps de dépoussiérer sa demeure, la laissant à son image, crasseuse et lugubre. Accomplir ses missions pour le Seigneur des Ténèbres était sans doute plus important pour elle que de se transformer en maîtresse de maison.
Pendant toute la matinée, elle lui décrivit, avec un plaisir à peine dissimulé, la façon dont elle s'occupait de la vermine. D'après elle, tout l'enjeu était dans la patience, la minutie et la précision. Elle retraça à Drago tous ses faits d'armes lors de la première guerre des sorciers, et passa plus de deux heures sur celui qu'elle considérait comme étant la réussite de toute sa vie de Mangemort : la capture et la torture des parents de Neville Londubat.
Bellatrix lui raconta comment elle et son mari, Rodulphus Lestrange, étaient parvenus à les débusquer, cachés dans leur petite maison de campagne aux alentours de Londres. Selon elle, la traque avait été un calvaire. En bons aurors qu'ils étaient, Franck et Alice Londubat avaient été très méfiants, ils vérifiaient toujours s'ils étaient suivis ou non. Pour persuader leurs poursuivants qu'ils habitaient dans un quartier donné, ils se faisaient voir régulièrement dans celui-ci, puis s'isolaient dans une impasse et transplanaient jusqu'à chez eux. Leur disparition routinière avait mis la puce à l'oreille de Bellatrix, qui comprit vite leur petit manège. La veille de Noël, elle les avait surpris dans un endroit isolé, déterminant ainsi avec sa baguette le lieu exact où ils se rendaient. C'est pendant cette nuit sans lune qu'elle et Rodulphus avaient réussi à les capturer après une longue lutte. Ils les avaient ensuite ramenés dans leur cave pour plus, d'intimité. Rejoints par un ami du couple, Barty Croupton Jr. et le frère de son mari, Rabastan, ils les avaient torturés pendant des semaines, alternant des Doloris avec d'autres sorts, que Drago refusait de retenir.
- Tu vois mon bébé chat, rien ne sert forcément de tuer les rats, ricana-t-elle d'un air sadique en attrapant un au passage, qui courait sous ses pieds. Les faire souffrir, jusqu'à qu'ils éclatent, suffit à les réduire au silence.
Hilare, elle explosa le rat qui gigotait entre ses mains.
Drago était couvert de sang, tétanisé.
- Aujourd'hui bébé chat, on va s'exercer à la fois sur le sortilège Doloris ET on va ajouter une petite difficulté, il doit être o-bli-ga-toi-re-ment informulé, annonça-t-elle d'un sourire sadique.
Le jeune homme déglutit. Avait-il bien entendu ? Il allait s'entraîner à torturer des gens ?
- Informuler un sortilège ne devrait pas poser trop de problème, Narcissa m'a prévenue que tu avais appris à en jeter à Poudlard. Cependant, lancer un Doloris est difficile, tu dois ABSOLUMENT vouloir la souffrance de l'autre, sans quoi, ta victime ne sentira qu'un pincement. Mais au vu tes talents innés et de ta rage de vaincre, tu y arriveras en un rien de temps ! déclara Bellatrix, les yeux sortant de ses orbites.
Drago savait qu'elle faisait référence à son entraînement intensif à l'occlumancie, auquel elle l'avait soumis pendant l'été de sa cinquième année. Il se souvenait à quel point elle avait été très exigeante, sans parler qu'elle ne pouvait pas s'empêcher d'être vicieuse et perverse. Elle ne lui avait laissé aucun répit, Drago avait été épuisé tout l'été. Sa tante rabâchait continuellement qu'il se reposerait quand il serait mort.
Les sorciers faibles se retrouvaient tous au cimetière, mon bébé chat.
Bellatrix se leva d'un seul coup, le faisant sursauter.
- Bien ! Assez parlé, allons nous mettre à table ! Le Seigneur des Ténèbres a prévu de la viande de Moldue au déjeuner.
Elle lâcha un fou rire glaçant.
Interrogatif, Drago fronça les sourcils et tenta de répliquer. Ils disparurent tous les deux dans un Plop.
...
If you want my future, forget my past
If you wanna get with me, better make it fast
Now don't go wasting my precious time
Get your act together we could be just fine…
- Mince, mais pourquoi faut-il que je me fasse plumer à chaque fois…
- C'est parce que tu n'as pas acheté la rue quand tu es passé dessus. Par ici la monnaie !
- Pfff…
Par une belle soirée d'été, Hermione jouait au Monopoly français avec ses parents dans le jardin, la radio placée à côté d'eux fredonnait la chanson Wannabe des Spice Girls.
La journée avait été plus chaude que la veille, si bien que dans la matinée, elle était retournée à la piscine avec eux. Cette fois, elle n'avait apporté aucun livre, son père lui aurait encore fait la remarque, ce qu'elle souhaitait éviter. La jeune femme voulait que sa petite semaine avec eux soit parfaite.
Cette idée parasite faisait son nid dans son esprit et la rongeait de l'intérieur. Mais elle devait prendre le temps de se préparer avant de partir pour le Terrier.
De bien se préparer.
Hermione avait l'estomac noué, elle n'avait encore rien planifié. Procrastiner n'était pas dans ses habitudes. À Poudlard, elle terminait toujours ses devoirs à l'avance et organisait minutieusement ses révisions, au grand dam de Harry et Ron. Ses deux meilleurs amis se plaignaient souvent qu'elle passait trop de temps à bibliothèque, les laissant souvent seuls. Elle les adorait, mais à certains moments, elle les trouvait tellement irresponsables ! Combien de fois leur avait-elle sauvé la mise, parce qu'elle avait retenu par cœur un livre, ou maîtrisé parfaitement un sort complexe ? Même s'ils avaient une bonne excuse cette année en prenant la décision de laisser de côté leurs études pour chasser les horcruxes, Hermione avait l'intuition qu'ils ne jetteraient pas un seul coup d'œil aux livres de septième année. Elle en était persuadée ! Pourtant, chaque connaissance pourrait leur être utile contre Voldemort et ils ne devraient pas le négliger. Mais ils n'y pensaient jamais. Elle était prête à parier que ça serait à elle de surveiller leurs arrières. Encore.
Hermione secoua la tête et soupira. Elle ne voulait pas s'énerver contre ses amis, pas maintenant. Les épreuves qui les attendaient seraient certainement les plus terribles qu'ils auraient à passer, ce n'était pas le moment d'avoir des rancœurs.
Un petit vent d'été vint soudain lui caresser doucement le visage et faire virevolter ses cheveux. Elle respira profondément cet air chaud et parfumé, ce qui la détendit immédiatement.
- Mione, c'est à ton tour de jouer, lui dit son père, posant sa main sur son avant-bras pour la sortir de ses rêveries.
- Mais Papa ! s'exclama Hermione avec surprise. Qu'est-ce qu'il s'est passé ? Tu as hypothéqué toutes tes rues !
- Il se trouve que ta mère a encore triché !
- Tu racontes n'importe quoi, ton pion est sur la Rue de la Paix, qui s'avère être la mienne, lui répliqua Jean.
- On avait dit qu'on n'achetait pas de bâtiment juste avant que quelqu'un ne s'arrête dessus.
- Mais ? Il n'a jamais été question de ça !
- Si ma chérie, c'est la règle qu'on se fixe à chaque fois qu'on joue.
- Ce n'est pas possible Paul, tu viens de l'inventer…
- Pas du tout ! C'est la pure vérité !
- La pure vérité, c'est que tu es d'une sacrée mauvaise foi…
- …Doublé d'un sacré mauvais joueur, termina Hermione en ricanant.
- Mione ! Tu ne vas pas t'y mettre toi aussi ! dit-il, scandalisé.
- Enfin Papa, ce n'est pas grave si tu perds ! On aura tout le loisir de refaire une partie pour que tu prennes ta revanche !
- Bla-bla-bla, abdiqua le père de Hermione.
L'après-midi se passa tranquillement, le temps s'envolant à toute vitesse sous les parties de Monopoly. Paul finit par remporter la deuxième, au grand désespoir de Jean. S'il était irritable quand il perdait, il était dix fois plus exubérant lorsqu'il gagnait. Sa joie débordait tellement de tous les côtés, qu'il voulait en faire profiter à tout son entourage. Hermione riait de bon cœur, la bonne humeur de son père étant toujours extrêmement contagieuse.
Après la victoire de son père, Hermione abandonna. Elle laissa ses parents se disputer une troisième partie : Jean avait gagné la première et vu l'opiniâtreté de Paul, il était impossible qu'elle échappât à la belle.
Hermione traversa le salon et monta dans sa chambre. Elle se dirigea prestement vers les fenêtres pour les fermer. Cela l'attristait, car la jeune femme adorait l'effluve de fleur mélangée à l'odeur boisée de ses meubles, elle lui procurait un doux sentiment de bien-être. Mais elle entendait les rires de ses parents résonner depuis le jardin ainsi que la musique des Spice Girls qui tournait encore dans le lecteur K7 du poste radio. Elle devait absolument se concentrer sur ses préparatifs, notamment répondre à la lettre que lui avait envoyé Ron ce matin. Ce qu'il avait écrit était vague, il le devait, mais elle arriva à le décrypter : elle était attendue de pied ferme au Terrier. L'Ordre prévoyait une réunion de crise pour organiser l'extraction de Harry de chez les Dursley, jusqu'à la maison des Weasley. Hermione lui gribouilla rapidement qu'elle serait là d'ici quelques jours, ils pouvaient compter sur elle. Comme Ron, elle ne donna pas plus de précisions, au cas où sa lettre tomberait entre de mauvaises mains.
Elle tendit le parchemin à la chouette qui lui avait apporté le message et qui s'était reposée dans sa chambre pendant l'après-midi. Dès qu'elle s'envola, la jeune femme sortit un petit carnet bleu ciel du premier tiroir de son bureau.
Hermione s'attela enfin à planifier son départ de chez ses parents. Elle nota une heure précise pour chaque étape de cette journée fatidique, énuméra toutes les affaires qu'elle devait emporter et ajouta quelques indications utiles pour plus tard. Quand ce fut fait, Hermione referma son carnet puis le fixa : hors de question de l'oublier. Puis, elle se cala confortablement sur son lit en sortant de sa table de chevet un livre épais, criblé de marque-pages. Elle le relut pour la énième fois, elle devait à tout prix se rassurer sur son contenu. Elle devait le connaître par cœur et se replonger dedans était son seul moyen de se persuader de sa résolution et de sa réussite.
Petit à petit et sans s'en apercevoir, elle sombra dans un sommeil sans rêves.
…
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Drago était seul, nu, sa peau exsangue. Pas un bruit, aucun vent, une nuit sans lune. Il marchait sur une route tracée dans l'obscurité, sans fin, composée de lycoris d'un rouge lumineux. Seules lumières, les pétales brillants s'accrochaient à ses jambes diaphanes, les entaillant à chaque pas qu'il faisait, devenant peu à peu écarlates. Aucun horizon ne se dessinait dans ces ténèbres dévorantes. Son corps se remplit alors de bris de verre, il se sentait lacéré de l'intérieur, il suffoqua. Ses entrailles brûlèrent. Cette effroyable douleur le stoppa net, aux contours d'un abîme abyssal. Dans les limbes, il se pencha légèrement et fixa l'infini qu'il dominait de sa hauteur, attiré irrémédiablement par ce trou béant.
Une fin qui commençait.
Comment en était-il arrivé là ?
Si désespéré, si brisé, au bord du gouffre. Il tenta de hurler, d'exprimer son angoisse, mais aucun son ne sortit. A la place, des rubis s'extirpèrent de sa bouche et basculèrent dans les profondeurs, éclairant dans leur chute ce puits sans fond. Il ne distingua rien, le néant. Il fixa longuement les points écarlates luisants qui dégringolaient, puis fut pris de vertige et tituba. Il crut trébucher.
D'un coup, le ciel tomba, une lune vermeille apparut sous ses pieds. Il se trouvait désormais à l'envers, le ravin au-dessus de lui prêt à s'abattre sur lui, à l'engloutir. Il plut du pollen de lycoris, ses cheveux platine devenaient petit à petit sanglants. Leur odeur était putride, l'air empoisonné.
Il se réfléchissait dans le ciel noir sans étoile. Il souhaitait ardemment sauter dans ce miroir ondulant qui lui léchait le début de ses chevilles. Il observa son reflet, fidèle imitation de son corps, se décomposant dans une agonie asphyxiée, son visage inexpressif, les yeux lacérés. Il n'avait qu'un désir, ne plus voir le jour doré se lever. À un pas de se perdre dans la peur, de s'y noyer, et de ne plus jamais en sortir.
Un seul.
Seul.
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Drago ouvrit les paupières, la respiration hachée.
Allongé sur son lit, il fixait le plafond le regard absent. Toutes ses actions de la veille lui revinrent. Il repassa dans sa tête les cris de cet homme inconnu que sa tante avait torturé en boucle durant toute l'après-midi. Elle l'avait forcé à regarder, à participer même. Il avait un trou noir dans sa mémoire, il ne se rappelait plus précisément de ce qu'il lui avait fait. Son cerveau lui imposait l'oubli pour sa survie, mais son corps, lui, voulait qu'il s'en souvienne et le lui faisait payer.
Les yeux de Drago pleuraient sans qu'il puisse se maîtriser. Son corps ne répondait plus. Il n'arrivait même plus crier, à émettre le moindre son.
Il entendait son propre écho résonner dans le vide.
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Et voilà pour ce chapitre, encore un parallèle entre ce que vit Hermione et ce que vit Drago.
J'espère que ça vous a plu (notamment la partie cauchemar de Drago, où j'ai voulu tenter un passage très basé sur les sensations).
N'hésitez pas à me laisser un petit commentaire ;) Des bisous !
