Bonjour à tous !
Je vous propose un nouveau chapitre en ce milieu de semaine, j'espère qu'il vous plaira.
Encore un grand merci à tous ceux qui suivent l'histoire et qui la mettent en fav, ça m'encourage vraiment à la poursuivre.
Sans transition, bonne lecture :)
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Chapitre 4 : The Path to decay
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Hermione ouvrit les yeux. Elle était allongée par terre sur un matelas de paille, dans une pièce qui devait faire tout au plus dans les 5m2. En se redressant légèrement, elle déduisit qu'elle se trouvait dans des sous-sols. Sans doute un ancien cellier aménagé en cachot.
Sa cellule était sombre, lugubre même. Une petite fenêtre située en hauteur laissait doucement passer quelques rayons de lumière. Hermione ne pourrait pas l'atteindre, même en sautant. Elle ne pouvait pas non plus s'accrocher aux murs couverts de mousse.
Elle se redressa pour essayer de trouver une sortie. Elle inspecta les recoins de la pièce. Un trou, une fente, une fissure… N'importe quoi qui pourrait l'aider à espérer une échappatoire. Rien. Elle fut soudain prise par un terrible vertige. Sa tête tournait, tournait… Elle était dans un manège qui ne s'arrêtait pas. Les murs étaient flous, ils lui donnaient envie de vomir. Elle s'efforça de rester debout, mais elle n'en pouvait plus. Ses jambes flanchèrent. Hermione se laissa glisser jusqu'au sol.
Des larmes montaient, elle était très inquiète pour ses parents. Elle espérait que Bellatrix ne les avait pas rattrapés et qu'ils allaient bien là où ils étaient. Peu importe l'endroit. Hermione pensait aussi à ses amis, à Ron, à Harry, aux Weasley. Ils devaient tous être morts d'inquiétude pour elle ! Elle avait prévu de venir au Terrier le soir du 7 juillet, elle avait même prévenu Ron qu'elle y serait. Avec d'autres membres de l'Ordre du Phénix, elle devait préparer l'extraction de Harry depuis la maison des Dursley.
Entre temps, Bellatrix et Malefoy l'avaient capturée et emmenée au Manoir de ce dernier.
Depuis que le jeune homme l'avait enfermée dans cette minuscule pièce, il était revenu plusieurs fois avec sa tante. Habillés en noir, ils étaient deux croque-mitaines annonciateurs de morts. Hermione sombrait un peu plus à chaque fois qu'ils la torturaient. La jeune femme était incapable de déterminer quels étaient les maléfices qu'ils lui avaient lancés, tant ils avaient des retombées différentes. Un jour, elle avait l'impression qu'on lui cassait les doigts les uns après les autres. Un autre on lui faisait fondre sa peau avec une potion corrosive. Un autre encore, on lui crevait les yeux. Parfois, les effets sur son corps étaient réels et elle se retrouvait avec un bon nombre d'écorchures.
Hermione comprenait maintenant ce qu'avait voulu dire Malefoy sur l'efficacité des Doloris. Plus la souffrance était voulue par le lanceur, plus elle était ressentie par la victime : ainsi, Bellatrix lui faisait bien plus mal que son neveu. Quelques fois, la douleur précédente était tellement forte, que celle de Malefoy n'en rajoutait guère plus. Elle entendait souvent la Mangemort hurler contre lui, mais elle ne comprenait rien à ce qu'ils se disaient.
Par moments, Hermione croisait ses yeux gris clair, presque limpides. Il était froid, impassible. Il ne protestait pas, ne contredisait pas sa tante. Il regardait la jeune femme sans aucune empathie perceptible.
À la fin de chaque séance de torture, Bellatrix entraînait son neveu à refermer sommairement ses plaies, le but étant de recommencer le lendemain. Encore et encore. Malefoy avait dû faire de bons progrès dans ce type de sort puisque Bellatrix partait à chaque fois, le laissant la soigner seul. Hermione était soulagée lorsqu'il lui promulguait les premiers secours. Elle s'était souvent endormie d'épuisement.
La jeune femme continua à sangloter. Puis, un vertige eut raison d'elle. Elle se perdit dans un marasme sans fin. Une nuit noire sans sommeil.
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Drago se réveilla en sursaut avec une violente gueule de bois.
Depuis que sa tante l'avait pris sous son aile, il s'était mis à boire. Au début un verre, puis deux, toujours avant d'aller dormir. Puis une bouteille entière par jour en pleine journée, le forçant à s'écrouler dans son lit au beau milieu de l'après-midi.
Depuis le début de l'année, Drago s'était juré qu'il ne voulait plus suivre les traditions familiales ou plutôt les subir. Malgré ses récentes résolutions, il n'arrivait pas à imposer ses choix, notamment à son père. Il fuyait. Il était tombé de si haut qu'il se maudissait d'avoir été si naïf. Pourtant, Drago avait été fier d'être un Malefoy, un Sang-Pur descendant d'une des plus grandes familles de sorciers. On pouvait dire que Lucius lui avait bourré le crâne toute son enfance! Certes, il avait reçu une éducation très stricte, qui se traduisait par de nombreux bleus mais il en avait été reconnaissant. Drago avait été persuadé que l'intransigeance était une vertu chez la noblesse sorcière, comme le fait de devenir un mage noir. Il avait pensé que pour devenir un homme accompli, un sorcier puissant et craint, rejoindre les rangs du Seigneur des Ténèbres était inévitable.
Drago en était venu à s'anesthésier l'esprit avec de l'alcool pour pouvoir affronter ce qu'il devait faire. Être léthargique était le seul moyen qu'il avait trouvé pour s'échapper. Il sombrait dans un demi-sommeil, se transformant en Golem, un automate qui ne bouge que par magie, sans esprit, obéissant aveuglement aux ordres de son Maître. Mais ses réveils conscients étaient brutaux. Tous ses ressentis, toutes ses préoccupations revenaient plus forts, plus terribles encore. Il se dégoûtait. C'était un Basilic qui se mordait la queue. Plus il buvait, plus il sombrait.
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Drago pensa à Granger. Cela faisait plusieurs jours qu'elle était dans les cachots du Manoir. Il l'avait revue en compagnie de sa tante, toujours sous l'effet de l'alcool, si bien qu'il ne se souvenait pas de ce qu'il lui avait fait exactement. Mais depuis hier, Bellatrix était partie. Elle avait été réquisitionnée auprès de Son Maître pour la capture de Potty, mettant en pause sa formation. Le jeune homme profitait de son absence pour se faire oublier et se reposer. Si repos il y avait…
Drago se releva péniblement, nauséeux, plié en deux. Son foie lui rappelait à son bon souvenir. Il traversa sa chambre, faisant rouler au passage quelques bouteilles vides sur le parquet. Le bruit du verre était si strident qu'il avait l'impression qu'on lui transperçait les tympans avec des aiguilles. Il s'agenouilla près d'une grande malle en bois d'un bel ouvrage et l'ouvrit. Plus rien.
Il devrait à nouveau voler du Whisky Pur Feu dans le cellier de son père.
Il donna un coup de pied de rage à la malle. Malgré le bruit assourdissant, il ne ressentit aucune douleur, les effets de l'alcool étaient encore présents. Frustré, Drago prit se doucha rapidement et s'habilla avec des vêtements propres. Vu l'heure matinale, il y avait peu de chance pour que sa mère soit déjà attablée pour le petit déjeuner. Mais Drago ne voulait pas prendre de risque. Il ne voulait pas se faire surprendre avec la moindre odeur acide sur lui.
Le jeune homme se dirigea en trombe vers la cuisine. Plus aucun Mangemort n'était présent dans le Manoir, il pouvait se relâcher un peu.
Malheureusement, Narcissa était là, le nez plongé dans un roman. Comme à son habitude, Drago vint s'asseoir en face d'elle. Il remarqua d'ailleurs qu'elle en avait commencé un nouveau.
- Il est 6 heures du matin mon chéri, dit-elle sans relever la tête. Tu as mal dormi ?
- Vous aussi, Mère ? demanda-t-il au tac au tac sans répondre à sa question.
Narcissa regarda son fils avec un sourcil levé et soupira profondément.
- Je suis restée toute la nuit à la bibliothèque pour finir mon livre, dit-elle. Tu penses bien, je ne voulais pas déranger ton père. Avec le départ précipité du Seigneur des Ténèbres et de nos invités, il arrive à mieux dormir. Depuis je n'ose plus lire à côté de lui, de peur de le réveiller. Il doit se reposer.
- Vous devriez le faire, pourtant, ricana amèrement le jeune homme, en se servant une tasse de café. Vu tout ce qu'il se passe, il le mérite amplement.
- Drago ! s'indigna sa mère avec un regard noir. Tu devrais faire la même chose que ton père au lieu de l'accabler, c'est-à-dire dormir. Tu as une tête épouvantable toi aussi !
Drago blêmit et but une gorgée de café pour le cacher. Ce n'était pas demain la veille qu'il tromperait Narcissa sur son état. Le jeune homme changea rapidement de sujet :
- Par ailleurs Mère, pourquoi êtes-vous dans la cuisine et non pas dans la bibliothèque ? Vous pouviez demander aux Elfes de vous apporter votre petit déjeuner.
- Cela fait plusieurs jours que j'évite de le faire.
- Pourquoi cela ? Vous disiez que personne ne venait vous déranger là-bas ? Le Manoir est dès à présent
- Pas tant que cela, mon chéri. Je te rappelle que nous sommes devenus une maison d'accueil pour la racaille.
- Que voulez-vous dire ?
- Tu sais très bien que les cachots se situent juste en dessous de la bibliothèque, répliqua-t-elle. De ce fait, j'entends souvent des hurlements, notamment ceux de la Sang-de-Bourbe que tu as ramenée.
- Je n'y suis pour rien si elle hurle. Tante Bella fait du zèle avec elle, marmonna Drago, toujours le nez dans son café.
- Tu y es pour quelque chose, au contraire, il s'agit de ta prisonnière, s'indigna Narcissa. Par ailleurs, je crois savoir que tu participes à tout cela ? Donc soit gentil mon chéri, va la voir et par Salazar fais en sorte qu'elle se taise ! Peu importe si tu lui donnes une potion calmante ou que tu la sors provisoirement du cachot, je n'en ai cure.
- Vous en avez quelque chose à faire de son sort, maintenant ? De plus, ne pouvez-vous pas le faire vous-même ? Si elle vous dérange tant, occupez-vous-en, répondit-il en la défiant du regard. Et ce n'est pas ma prisonnière, mais celle de tante Bella.
- Drago ! Ton langage ! bouillonna Narcissa. Et tu devrais commencer à grandir et prendre un peu tes responsabilités à ton âge ! C'est toi qui l'as ramenée ici, même si c'est ta tante qui t'as demandé de le faire, donc tu t'y consacres. Soit heureux que je ne souhaite pas lui couper la langue, la tuer ou que sais-je, comme le ferait Bella. Contrairement à ce que tu pourrais en penser, je ne veux pas de cadavre de Sang-de-Bourbe dans ma maison.
- Mère, je…
- Il suffit Drago. Fais ce que je te dis, le trancha-t-elle d'un revers de main avant de se replonger dans son livre.
Énervé, le jeune homme but d'une traite la fin de son café, se leva et ouvrit la porte de la cuisine d'un coup de pied. Il espérait que son geste surprît sa mère et la fit avaler son thé de travers.
Il traversa le salon vide et se dirigea comme une furie vers les cachots, descendant les marches si vite qu'il faillit en perdre l'équilibre. Il arriva à se rattraper mais son estomac choisit ce moment précis pour se purger.
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Drago avait la trachée en feu, il tremblait fortement et se retenait comme il pouvait contre un des murs de l'entrée du sous-sol. Il saisit sa baguette pour se nettoyer. Concernant ses restes, les Elfes s'en occuperaient, il n'était pas là pour ça.
C'était dans un état d'intense douleur et de fatigue que Drago avança dans un grand couloir sombre, éclairé par quelques torches. Il était si long qu'il n'en distinguait pas la fin. Il n'entendait pas un bruit, seulement ses pas qui résonnaient, ainsi qu'une odeur putride insoutenable qui se dégageait du lieu. Le jeune homme se pencha à nouveau pour sortir ce qui lui restait, mais il ne fit que des hoquets acides. Après avoir repris ses esprits, Drago se jeta un Tête en bulle pour purifier l'air autour de lui et progresser plus calmement dans cet enfer.
Ayant toujours parcouru le cachot avec quelques grammes d'alcool, Drago ne savait pas où se trouvait Granger. Il commença à regarder à travers les petites ouvertures des portes des cellules qui l'entouraient et découvrit avec effroi que plusieurs d'entre elles n'étaient pas vides. Il comprit rapidement alors d'où venait cette odeur putride. Drago ne les reconnut pas, sauf un. L'homme qu'il avait torturé avec sa tante.
C'est alors qu'il aperçut le corps de Granger à travers la fenêtre d'une autre cellule. Elle était allongée à terre, le dos tourné, sa crinière de cheveux bruns emmêlés.
Son cœur fit un tour dans sa poitrine. Il s'en voulait de la voir dans cet état, de ce que sa tante lui avait fait, ce qu'il lui avait fait. Sa mère avait raison, tout était de sa faute.
Drago ouvrit magiquement la minuscule cellule et s'agenouilla face à elle. Granger était d'une pâleur cadavérique, les vêtements en lambeaux, le corps couvert d'ecchymoses, les ongles rongés, en sang. Il vérifia son pouls, il était tellement faible qu'il dut lui lancer un sort pour s'assurer qu'elle était bien vivante.
Sobre, pleinement maître de ses ressentis, le jeune homme éprouvait désormais un lourd malaise. Il se sentait coupable de la voir dans cet état. Il soupira. Pourquoi devait-il se préoccuper de la santé de cette insupportable Miss Je-Sais-Tout ? Tout ce que Drago souhaitait, c'est qu'on l'oublie. N'avoir à faire avec personne, n'avoir aucun sentiment pour personne. Il n'avait pas envie de s'occuper d'elle ni d'avoir un brin de compassion à son égard. Elle lui était tellement pénible, impossible. Sachant mieux que tout le monde comment il fallait vivre. Une arriviste qui voulait toujours prouver qu'elle était meilleure qu'eux alors qu'elle ne connaissait pas grand-chose du monde des sorciers et de ses coutumes.
Drago secoua la tête pour arrêter le flot de ses pensées et de ses remords. Il voulait juste aller dormir.
Il lança un Levicorpus à Granger, la faisant voler à côté de lui. Il sortit de la cellule avec elle et quitta les cachots sans se retourner.
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Un chapitre pas très joyeux, vous en conviendrez. Pauvre Hermione qui s'en prend plein la tronche, heureusement que Narcissa est là (même si c'est juste pour améliorer son confort perso, hein. Faut pas abuser non plus !). Et Drago qui se met à boire pour ne pas se rendre compte du mal qu'il fait... Aïe aïe aïe !
Ca ira un peu mieux dans le prochain chapitre, j'espère que vous serez toujours au rendez-vous ;)
Sur ce, portez-vous bien. N'hésitez pas à me laisser un commentaire si l'envie vous en dit et à la prochaine !
