Bonjour à tous et à toutes ! J'espère que vous allez bien en cette soirée d'Halloween !
Mauvaise nouvelle pour vous, je ne vous propose pas de l'horreur mais un peu de douceur (briseuse d'ambiance professionnelle, je sais).
Bonne lecture, on se retrouve à la fin !
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Réponse(s) aux lecteur.ice.s
Nedwige Stark : Merci beaucoup pour ta review ! Je suis contente que mon histoire/écriture te plaisent, j'espère que la suite t'accrochera à tout autant (si ce n'est pas le cas, n'hésite pas à me le faire savoir, je prends aussi les critiques).
Tu vas être ravie, sitôt les chapitres finis, un nouveau apparaît le lendemain. Cépabo ?
Et pour te teaser un peu, le retour à Poudlard va être... étonnant pour Hermione ! Je ne t'en dis pas plus.
Bonne lecture !
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Chapitre 10 : Mercy Mirror
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Hermione passa les jours suivants à récurer les différentes pièces vides du Manoir à l'aide de sa baguette de domestique. À son grand désarroi, quelques Mangemorts lui avaient laissé de petits cadeaux, à base de restes de potions douteuses ou des morceaux d'animaux morts. En plus de devoir contrôler ses haut-le-cœur, la jeune femme se concentra démesurément sur ses sorts de nettoyage, sacrifiant sa précieuse énergie. Les conséquences en furent désastreuses, rouvrant sans cesse sa blessure. Même si elle avait regagné un lit moelleux dans ses appartements de bonne, elle ne parvenait pas à se reposer. Son calvaire empirait, jusqu'à la priver totalement de sommeil réparateur.
Bien que Drago était venu la voir de temps à autre pour s'enquérir de ses nouvelles, il ne l'avait pas soigné depuis un moment.
C'est donc épuisée de douleur qu'Hermione frappa un beau matin à la porte de la chambre du Serpentard.
- Entrez !
Drago lisait, paisiblement assis sur le rebord de la fenêtre la plus imposante de la pièce.
- Granger ? Un problème ?
- Je suis désolée de te déranger, mais je ne trouve aucune autre solution, lui annonça-t-elle en lui présentant sa blessure ensanglantée, indifférente à l'évocation de son nom de famille.
- Je vois, répondit-il en se levant, son journal toujours en main.
Drago attrapa délicatement son avant-bras et l'inspecta du regard. Son simple toucher fit frissonner Hermione. Pas de douleur, non, mais elle ne put déterminer la sensation qui la traversa à ce moment précis. Elle détourna la tête, rougissante.
- Comme je te le disais l'autre fois, cette magie dépasse largement mes compétences, conclut-il après quelques minutes d'examen. Je ne peux que te conseiller du repos.
- C'est impossible, ta mère m'a demandé de nettoyer toutes les chambres du Manoir avant la fin de la semaine, se découragea-t-elle.
Drago la fixa, l'air perplexe.
- Elle est têtue, s'exaspéra-t-il. Tiens, prends ça.
Il lui tendit La Gazette du Sorcier.
- Quoi ? Mais je…
- Même si c'est un torchon, tu trouveras un article qui devrait t'intéresser, la coupa-t-il en tapotant le papier du journal.
Hermione le déplia. La photo de Harry dominait la première page de la Gazette du Sorcier. Sa légende horrifia l'adolescente : L'ennemi N1 et le Traître à son sang ont été arrêtés ce week-end dans le hall du Ministère, la suite pages 6 et 7.
Elle sentit le sol se dérober sous ses pieds.
- Attends-moi ici, je n'en ai pas pour longtemps, annonça Drago avant de la laisser seule.
N'ayant pas prêté plus attention que ça aux mouvements du Serpentard, Hermione l'ouvrit et entreprit de lire l'article à toute vitesse.
….
Samedi soir, les deux dangereux fugitifs ont été capturés après une tentative d'attentat dans la salle d'audience de la Commission d'enregistrement des Nés-Moldus. Sa Présidente, Dolores Ombrage, a confirmé que les deux terroristes avaient pour objectif d'empêcher la Justice de triompher. Celle qui a été leur professeur pendant leur cinquième année à Poudlard, a avoué que l'Ennemi N1 était un menteur compulsif, en proie à des délires. « Il s'est toujours senti persécuté, même quand je le rassurais. » révéla-t-elle avec une pointe de tristesse à notre journaliste. Quant au Traître à son sang, Mrs Ombrage reste catégorique : « C'est une marionnette sans aucune personnalité. Il s'est fait laver le cerveau par Mr Potter. »
….
Hermione stoppa ici sa lecture, la suite n'était qu'un entretien sans grand intérêt avec cette idiote d'Ombrage.
Elle souffla, rassurée. En décodant l'article, l'adolescente avait compris les intentions de la Gazette : détourner l'attention. Harry et Ron avaient tenté de voler quelque chose au Ministère.
Peut-être un horcruxe ? Sinon, ils n'auraient pas pris autant de risque, déduisit la Gryffondor.
Hermione ne put s'empêcher de sentir très fière d'eux.
L'adolescente lut d'autres articles du journal en diagonale, cherchant des informations sur les agissements de l'Ordre. Malheureusement, tout n'était que propagande pour Voldemort et ses idées. La seule rubrique digne d'intérêt restait celle qui recensait les arrestations et les décès. Après l'avoir vérifié trois fois de suite, Hermione conclut qu'aucun de ses proches n'y figurait. Elle ne put s'empêcher d'éprouver à la fois du soulagement et de la culpabilité. Même si aucune de ses connaissances n'avait péri, la liste demeurait beaucoup trop longue pour être ignorée.
Dégoûtée d'elle-même, Hermione jeta le journal sur une table non loin, avant de s'affaler dans le sofa. Elle était coincée chez les Malefoy depuis plus d'un mois et se sentait si inutile. Si seulement elle pouvait s'enfuir avec l'assistance de sa baguette de fortune, mais elle avait appris récemment qu'aucun sort ne l'aiderait. Narcissa l'avait bien bridée.
Après quelques minutes d'autoflagellation, elle entendit la poignée de porte se mettre à tourner.
- J'imagine que tu as fini de le lire, ricana Drago en se plaçant debout devant elle, désignant la Gazette de la tête.
- Ce n'est qu'un ramassis de bêtises, bâilla Hermione. L'unique information intéressante, c'est qu'Harry et Ron ont survécu et qu'ils ont réussi à filer.
- Rien ne t'échappe, lâcha-t-il en esquivant un sourire.
- Je tiens à préserver mon titre de Miss Je-Sais-Tout, répliqua-t-elle en lui tirant la langue.
Drago se mit à rire tout en s'asseyant à côté d'elle, donnant des frissons à Hermione.
- Mon père en bave en ce moment au Ministère pour rattraper les deux affreux, lui chuchota-t-il, amusé. Il ne revient au Manoir que pour se reposer.
- En parlant de dormir, est-ce-que… commença-t-elle, encore rougissante.
- J'ai réussi à convaincre ma mère : des Elfes t'aideront, trancha-t-il. Elle tient absolument à ce que toutes les chambres soient finies en fin de semaine.
Scandalisée, Hermione entra dans une colère noire.
- Hors de question qu'ils travaillent à ma place ! s'exclama Hermione.
- Réfrène tes envies de justice, Granger. C'est non négociable, grimaça Drago. Ma mère te rappelle tes engagements.
- Merlin, pourquoi ai-je accepté un accord avec elle, grogna la Gryffondor en se frottant le front nerveusement.
- Elle a fait des études en Droit magique, répondit-il simplement.
- Je vois que tu es comme elle, s'amusa-t-elle. Un vil serpent.
- En attendant, ne traine pas trop, déclara Drago en se levant. Le vil serpent a réussi à te négocier un peu de repos, ce n'est pas pour qu'elle change d'avis d'ici cinq minutes.
- Mais à quel prix, soupira Hermione.
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La Gryffondor était assise en silence dans un coin de la pièce, plus que gênée. Norma et Gily effectuaient systématiquement ses tâches ménagères à sa place. Malgré les protestations de l'adolescente, les deux Elfes arguèrent qu'une sorcière, surtout blessée, n'avait pas à le faire. Hermione ne se laissa pas décourager pour autant. Après avoir passé un nouvel après-midi à les regarder, elle se déroba dans une salle de bain. La Gryffondor entreprit de lancer un sort de nettoyage quand Norma apparut sur le pas de la porte.
Contre toute attente, elle gronda Hermione, l'intimant de se rassoir dans l'autre pièce. Abasourdie, elle s'exécuta sous ses remontrances.
- Je suis désolée, Norma, je ne savais pas que cela vous mettrait dans l'embarras, s'excusa la Gryffondor, confuse.
- Norma pense que vous êtes une vraie tête d'hippogriffe. La plus grande que Norma ait rencontré dans sa longue vie, grogna-t-elle. Même le jeune maître ne l'est pas autant que vous.
- Quel âge avez-vous ? Vous avez dû en voir passer.
- Norma a 150 ans, Miss. Mais cela n'empêche pas Norma de vous botter les fesses : vous ne devez pas travailler.
- Je n'en doute pas, s'amusa Hermione. Vous présentez un fort caractère.
- Norma doit laisser Miss Granger tranquille, intervint Gily en prenant le bras de la vieille Elfe. Norma ne doit pas importuner une sorcière et se remettre au travail. Maîtresse Narcissa va nous punir.
- Maîtresse Narcissa nous a ordonné de s'occuper de Miss Granger, Norma s'exécute, répliqua-t-elle.
- Norma doit seulement nettoyer les chambres, s'indigna Gily.
- Voilà avec qui Norma doit vivre tous les jours, grogna-t-elle en repoussant Gily. Norma regrette Dobby.
- Vous connaissez Dobby ? s'enthousiasma l'adolescente.
Mais Hermione ne put entendre sa réponse. Les Elfes se téléportèrent à la seconde où Drago fit irruption dans la pièce.
Il se colla contre la porte, essoufflé. Hermione comprit la raison de sa fuite dès qu'elle remarqua la bouteille d'alcool dans une de ses mains.
- Drago ? Ton père est revenu ? commença Hermione.
Toujours incapable de prononcer le moindre mot, le Serpentard posa son doigt devant ses lèvres. La jeune femme obtint la réponse à sa question : des bruits d'escarpins claquèrent sur le parquet du couloir. Hermione croisa les yeux inquiets de Drago quand ils s'arrêtèrent à leur hauteur. Les deux adolescents retinrent leur souffle, craignant que leur respiration pût attirer son attention.
Après quelques secondes qui paraissaient de longues minutes, ils entendirent les pas s'éloigner. À peine le silence resurgit que Drago empoigna la main d'Hermione et l'emmena vers un coin de la chambre. Il tira une imposante tapisserie suspendue au mur et ouvrit la porte qui se trouvait derrière. Ils se retrouvèrent tous deux dans un minuscule local vide qui sentait le renfermé, seulement éclairée par une fine fente sur l'une des parois. La pièce était si exiguë qu'elle dut s'agripper à Drago.
Trop occupé à fuir sa poursuivante, le Serpentard ne remarqua pas la gêne soudaine de la Gryffondor. Il déposa rapidement la bouteille à ses pieds et sortit sa baguette dissimulée dans une poche de son pantalon. Puis sans un bruit, il tapota plusieurs endroits de la porte, dessinant un symbole invisible. Enfin, il murmura une formule étrange aux oreilles d'Hermione, qui la fit disparaître.
La pièce se retrouvait désormais sans issue.
La Gryffondor était sur le point de réprimander son attitude puérile lorsque l'adolescent plaqua sa main contre sa bouche. Les yeux toujours rivés sur l'ancienne entrée, Drago tremblait. Collée contre lui, Hermione sentit le cœur du Serpentard s'accélérer quand les bruits d'escarpin s'arrêtèrent juste derrière la cloison.
À leur grand soulagement, les pas firent vite demi-tour et sortirent de la chambre.
Drago lâcha un long soupir d'apaisement et décrispa son emprise sur Hermione. Ses iris argentés la fixèrent enfin, réalisant dans quelle situation il était.
- Qu'est-ce qu'il te prend ? chuchota la Gryffondor agacée, les joues rouges.
- Tu le sais très bien, répondit-il sèchement, aussi perturbé qu'elle.
- Non et quand bien même ! Tu n'étais pas obligé de m'entraîner dans tes bêtises ! lança-t-elle en tentant de le repousser.
- Parce que toi, tu n'en fais jamais, Granger ? répliqua Drago. Ne me fais pas rire.
- Si ta mère me voit avec toi, elle...
- Justement, arrête de hurler, tu vas l'attirer, grinça-t-il des dents.
- Tu aurais dû y penser avant de m'enfermer ici avec toi !
- Tais-toi.
- Tout ça pour une bouteille d'alcool, tu…
Drago fondit sur ses lèvres. Son baiser était maladroit, hésitant, mais Hermione le trouva si doux qu'elle y répondit.
Que lui arrivait-il ? Depuis quand appréciait-elle embrasser Drago Malefoy ?
Le Serpentard s'arrêta brutalement, le visage écarlate, la respiration hachée. Il tenta de concentrer son attention sur le mur derrière elle, comme s'il désirait se détacher d'elle, mais son corps demeura collé contre le sien. La pièce ne leur laissait aucune échappatoire, créant une atmosphère magnétique.
- Je suis désolé, lui bégaya-t-il dans un murmure. Tu parlais fort, j'ai paniqué. Je ne voulais pas…
Hermione l'empêcha de finir sa phrase, en se noyant dans son regard fuyant. C'était la première fois qu'elle percevait autre chose que du mépris dans ses yeux. Leur habituelle couleur gris clair avait chaviré vers un magnifique bleu glacé. Cette lueur de désir illuminait son visage et embrasa la jeune femme. Elle succomba à cette attraction magnétique en l'embrassant rêveusement.
Une petite voix interne lui hurlait d'arrêter, mais Hermione n'en avait cure. Ce mois de captivité lui avait fait relativiser certaines choses, notamment vis-à-vis de Drago. Elle voulait uniquement se concentrer sur le peu d'instants positifs et aussi improbables que ce fut, le Serpentard lui procurait un grand sentiment de bien-être.
En cet instant, Hermione se laissa entraîner par Drago dans un vertige enflammé. Il la prit dans ses bras et se mit à emmêler ses doigts dans les siens. Sa langue fiévreuse s'invita dans la bouche d'Hermione, flattant sa jumelle. Emportée par les émotions du moment, elle rompit leur baiser en douceur et entreprit d'enlever la cravate de l'adolescent. Puis, elle s'attaqua aux boutons de sa chemise, mais à mi-chemin, Drago lui attrapa gentiment les poignets et hocha la tête par la négative. La jeune femme présenta une adorable moue boudeuse, lui communiquant sa déception. Il lui répondit par un sourire tendre et guida ses mains jusqu'au début de torse nu. La Gryffondor frissonna. Malgré une peau très douce, Hermione devina quelques irrégularités au toucher. Elle tressaillit d'effroi lorsqu'elle comprit qu'il s'agissait de fines cicatrices.
Voilà donc le résultat de la belle éducation des Sang-Purs affiliés à la Magie noire.
Les doigts délicats de Drago prirent son visage en coupe, la sortant de sa stupeur. Puis lentement, il lui embrassa les perles d'eau qui ruisselaient sur ses joues. La Gryffondor ne put s'empêcher de sourire à tant de tendresse et se jeta à nouveau sur ses lèvres. Leurs langues poursuivirent en chœur leur ballet ardent quand Hermione sentit l'intimité de Drago se tendre timidement contre son ventre.
Drago rompit brusquement leur baiser, tremblant de tout son être. Il se recula le plus loin possible d'elle, même si ce n'était que de quelques centimètres.
Hermione comprit sa panique : les relations charnelles des jeunes Sang-Pur sont interdites et elle était une Née-Moldue. Si Drago scellait son cœur et surtout son corps avec le sien, il renierait des années d'éducation, des siècles de tradition. Il tournerait définitivement le dos à ses parents, à toute sa famille. À son monde.
Tout doucement, Hermione rapprocha sa main pour lui caresser le visage. Elle voulait le rassurer.
Ce fut à cet instant précis que la porte de la pièce fit sa réapparition et s'ouvrit dans une détonation.
…
Assis sur le gigantesque canapé de la bibliothèque, Drago regardait ailleurs. Son bras droit, appuyé contre l'accoudoir, soutenait sa tête tombante. La joue endolorie et l'air renfrogné, il marmonna des paroles inintelligibles. Positionnée à sa gauche, Hermione admirait avec avidité tous les livres entreposés dans l'immense salle. Elle était visiblement la seule à être ravie.
- Miss Granger, fermez la bouche, vous allez finir par gober les mouches.
Narcissa était assise sur son habituel fauteuil de lecture. De nombreux gâteaux étaient déployés autour du service à thé, sur la table basse située entre elle et les deux adolescents. Comme à chaque fois qu'elle était agacée, sa mère mit un temps prodigieux à saisir une pâtisserie, son choix changeant toutes les minutes.
Après avoir finalement jeté son dévolu sur une religieuse, Narcissa remplit sa tasse. Elle rajouta du sucre en prenant bien soin de faire couiner l'ustensile métallique contre la porcelaine.
- Mère, je…
- Trop amère, trancha Narcissa.
La cuillère crissa à nouveau.
- Tu prendras la parole quand je te l'autoriserai.
Elle huma le liquide puis le but si fort, que les murs résonnèrent.
- Mrs Malefoy, nous…
Elle percuta violemment sa tasse sur une petite coupelle, manquant de la fendre. Le thé vola en direction des adolescents, désormais trempés.
- Silence ! s'étrangla Narcissa. Comment osez-vous m'adresser la parole ? Votre comportement me scandalise !
Elle avala une bouchée de sa religieuse avant de poursuivre.
- Vu votre animosité passée, j'ai pensé que vous ne vous intéresseriez jamais à Drago, Miss Granger. J'ai été si sotte de croire que vous vous contenteriez d'une triviale amitié de circonstances. Étant de basse extraction, j'aurais dû me douter que vous tenteriez d'attraper mon fils dans vos filets…
- Pardon ? Mais…
- Il suffit ! s'égosilla Narcissa en reposant violemment sa tasse, manquant de percer les tympans des adolescents. Vous me coupez une nouvelle fois la parole, Miss Granger, et c'est la langue que vous perdrez ! Quant à toi, Drago…
Il leva son regard vers elle sans tourner la tête.
- Je suis outrée par ton comportement. Comment peux-tu t'acoquiner avec une autre femme que ta future épouse ? Hors mariage ! Et Sang-de-Bourbe, qui plus est ! s'indigna sa mère en se massant les tempes. Que se serait-il passé si je n'étais pas intervenue ? Tu l'aurais sûrement engrossée, faisant de toi la risée de notre communauté ! Éteignant la lignée des Malefoy, détruisant des générations de labeurs !
Drago roula des yeux.
Pourquoi doit-elle toujours exagérer, pensa-t-il.
- Comment aurait réagi ton père s'il t'avait surpris ? Ta tante ou n'importe quel autre de nos précédents invités ? Par Salazar, tu me fais honte, sanglota-t-elle.
Narcissa attrapa un mouchoir en soie de sa manche, l'appuyant précieusement sur ses joues.
- Drago, tu ne sortiras plus de ta chambre jusqu'à ton retour à Poudlard, prévu dans une dizaine de jours. J'apposerai un sort à ta porte pour que tu comprennes bien le message. Je demeure clémente uniquement parce que ton père ne doit rien savoir des récents événements.
Drago acquiesça silencieusement, résigné.
- Quant à vous, Miss Granger, je ne vous ferais rien tel est notre accord, bien que je m'en morde les doigts présentement. Cependant, rendez-moi la baguette que je vous ai prêtée. Vous accomplirez vos tâches selon vos traditions de Sang-de-Bourbe et vous dormirez à même le sol dans la cuisine des domestiques. Je me suis montrée bien trop généreuse avec vous !
…
Les derniers jours chez les Malefoy demeurèrent un calvaire pour Hermione. Elle les passa à ses corvées, le dos en miette, le ventre presque vide. Narcissa prit grand soin de la priver de baguette tout en réduisant drastiquement ses repas. La Gryffondor croula sous les violentes crampes d'estomac, rendant inquiets Gily et Norma. Cette dernière l'aida, même si elle avait l'interdiction formelle de le faire. Drago était aussi son maître et il lui avait demandé de laisser Hermione se reposer. La vieille Norma décida donc de suivre ses ordres.
Comme Narcissa l'avait prévu, le Serpentard s'enferma dans sa chambre et ne lui rendit plus visite de tout le reste du mois d'août, abandonnant la jeune femme seule avec son moral en berne.
Elle devait l'admettre, Drago lui manquait et sa présence dans cet enfer fut plus que bénéfique. Quand bien même il l'avait torturé au début de l'été, il avait arrêté dès qu'il n'était plus sous l'emprise de sa tante. Depuis, Hermione avait beaucoup de mal à lui en vouloir et ne put s'empêcher de penser qu'elle pouvait l'aider. Sa volonté de suivre Voldemort et ses principes sur la pureté du sang restait fragile. Friable. Sans véritablement le souhaiter, Drago lui avait montré ses intentions : il l'avait soigné plutôt que l'inverse, il s'était saoulé pour fuir sa situation, il s'était opposé à sa mère sitôt qu'il avait pu le faire...
... Il l'avait embrassé alors qu'il devrait détester les Né-Moldus, elle en particulier.
Tout indiquait à Hermione qu'il pouvait basculer. L'unique solution qui lui vint à l'esprit fut Poudlard. Alors la Gryffondor se décida sur son nouvel objectif : isoler Drago de sa famille et de ses influences nocives était le seul moyen pour parvenir à le convaincre de changer de camp.
...
Deux heures avant son départ pour Poudlard, Drago se dirigea vers un petit salon du Manoir. La tête dans le vague avec une gueule de bois persistante, il peinait à se concentrer sur son discours. Il savait par avance que Granger allait protester, il commençait à bien la connaitre. Il ne devait pas céder.
Après s'être installé dans un imposant fauteuil, Drago demanda à Gily de convoquer Granger. Elle arriva 10 minutes plus tard, l'air autant défait que lui.
- Bonjour Granger. Assis-toi, lui dit-il, le regard absent.
- C'est seulement Granger, maintenant ?
- Je vais te briefer sur la journée, continua-t-il, ignorant sa remarque.
- Je t'en prie Drago, ne deviens pas aussi froid avec moi. Pas après tout ce qu'on a vécu cet été.
- Je ne suis pas naïf, tous tes amis savent que tu as été enlevée ou tuée. Quand ils m'apercevront avec toi, ils en déduiront que tu as passé les deux derniers mois ici, grimaça-t-il en se levant, concentrant son regard vers le jardin du Manoir. Tu as vu des choses que tu ne devras pas répéter. Pour m'en assurer, je vais devoir te soumettre au sortilège du Silentium, celui apposé aux Langues-de-Plomb au Ministère.
- Ne laisse pas ta mère interférer sur tes ressentis. Ni ton père. Ni personne.
Sa voix était déchirante. Il devait vite finir son discours avant de changer d'avis.
- Je te restituerais ta baguette et tes affaires quand on se trouvera à Poudlard, pas avant, ajouta-t-il, s'empêchant de lui faire percevoir la moindre émotion dans ses paroles.
- C'est ta vie, pas la leur. Ne les laisse pas te détruire.
Drago respira profondément, il ne devait pas s'attendrir, avaler ses larmes.
- Dès notre arrivée, nous devrons nous rendre au bureau de Rogue. Il nous briefera pour la suite.
- Parle-moi Drago… Je…
- J'en déduis que tu n'as pas de question, je ne te retiens pas plus longtemps, la coupa-t-il. Nous partons dans environ une heure. Je te soumettrai au sortilège juste avant notre départ.
Drago était sauvé, il lui avait tout dit. Mais comme il s'y attendait, Granger ne compta pas en rester là.
Alors qu'il entrouvrait la porte, la Gryffondor lui attrapa le bout des doigts. Sans qu'il puisse le percevoir, elle s'était levée en quatrième vitesse.
- S'il te plait… supplia-t-elle en lui caressant la main.
Drago la lui arracha dans un geste désespéré et sortit de la pièce sans se retourner.
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Les choses ne sont jamais simples avec ces deux-là (soupir).
J'espère que ce petit moment de douceur vous a plu et que vous m'en voulez pas trop pour la fin.
Sur ce, ne faîtes pas une overdose de bonbons et je vous dis à une prochaine pour le retour à Poudlard.
Cœur sur vous !
