Cette fic a été écrite dans le cadre d'un jeu organisé par le Forum Francophone pour ses 10 années d'existence, « Vous avez [x] messages ». Bien que ce jeu se déroule sur le topic ouvert pour le FoF à cette occasion, j'ai également décidé de publier la lettre qui suit dans ce recueil parce que l'occasion était trop belle. Je me devais d'enfin commencer la série de lettres écrites par Anne Phantomhive (1649 – 1716) au cours de sa vie.
Le principe du jeu : Tout simplement répondre à un message posté sur le topic. Le premier message est une bouteille à la mer. Si vous désirez la lire, je vous invite à aller faire un tour sur le FoF (Forum : Salle de jeu. Topic : [10 ans du FoF] Vous avez [1] message).
En espérant que cette première lettre vous plaise !
.
Les lettres d'Anne I
.
A l'intention de monsieur Parmente, si Dieu permet que cette bouteille que vous avez jeté à la mer vous revienne.
A l'intention de l'inconnu qui, comme moi, trouvera cette bouteille et lira les messages qu'elle contient.
.
J'espère que je ne fais point erreur sur votre nom, monsieur. Si cela est bien le cas, je vous présente derechef mes plus plates excuses car je vais sans aucun doute continuer de l'écorcher dans la suite de cette présente lettre. En effet, l'eau est rentrée dans la bouteille que vous avez envoyée et a partiellement effacé quelques mots de vos écrits.
Monsieur Parmente, nous ne nous connaissons point mais je suis sincèrement navrée d'apprendre que vous vous trouvez actuellement isolé dans votre foyer. Je ne partage point votre captivité mais votre mélancolie et votre solitude m'ont touchée. Bien que je ne vive pas en recluse, la solitude est, pour moi, une étrange et fidèle amie qui ne m'a pas quittée depuis la mort de mon époux, Valentin.
Votre lettre dit si peu de chose sur vous mais en même temps, elle m'a donné l'impression de vous connaître et m'a donné l'envie d'être votre compagnie de rêverie pour un temps. J'ai lu votre conte avec intérêt et si une partie de moi comprends l'intention du mari de madame Prunelle, je ne peux m'empêcher de penser que sa leçon déguisée en plaisanterie est bien cruelle.
Mon tour est maintenant venu de raconter une histoire et j'espère qu'elle vous plaira, que vous soyez monsieur Parmente ou l'honorable inconnu qui prendra ma suite dans ce qui, je l'espère, deviendra une longue suite de contes divers.
Il était une fois une femme dévouée et fidèle. Cette femme dévouée et fidèle, lorsqu'elle n'était encore qu'une enfant a été mariée au fils d'un des amis de son père. Ce mariage ne lui plut guère mais point parce que son père l'avait obligée à se marier. C'était le choix d'époux qui lui déplaisait. Son mari, qui n'était guère plus vieux qu'elle et le fils ainé de sa famille, était beaucoup moins titré que son père et son frère. Elle vit ce mariage comme une punition, surtout quand sa sœur épousa un homme tout aussi titré que son père et son frère.
Mais cette femme dévouée et fidèle devait obéir à son père. Elle fit donc de son mieux pour intégrer la famille que l'on avait choisie pour elle. Elle se prépara avec le même soin que son mari à la succession qui arriverait un jour. Voyez-vous, son beau-père était, malgré son absence de titre conséquent, un homme important car il avait une position de confiance auprès du Roi, et un jour, quand la mort viendrait le chercher, son fils prendrait sa place auprès du souverain et il aurait besoin de son épouse pour servir au mieux sa Majesté.
Ce n'est pas seulement par devoir envers son roi et son pays que cette femme fit de son mieux pour assister son mari. Au fils des années passés ensemble, elle avait appris à aimer tendrement l'époux qu'on lui avait assigné. Elle ne voulait point qu'il perde la vie au service de son pays.
Mais vint hélas des temps troublés, des temps de révoltes. Les enfants du Roi, mais aussi les membres de la Cour, commencèrent à se battre pour désigner le meilleur successeur. On demanda bientôt à l'époux de cette femme dévouée et fidèle de faire un choix. Ce choix ne vint pas car le mari de cette femme dévouée et fidèle perdit bientôt la vie.
Vous vous demandez sans doute maintenant si cette mort était naturelle. Un ennemi, par peur sans aucun doute, avait-il frappé avant que le brave homme ne déclare le nom de l'enfant du Roi qu'il comptait soutenir ? A votre première question, je répondrais qu'en effet, l'homme de confiance du Roi n'était point mort parce que Dieu l'avait rappelé jusqu'à lui. Quelqu'un porta le coup fatal à sa place mais ce meurtrier n'était point un ennemi. Sa propre femme, pourtant si dévouée et fidèle, l'empoissonna. Par devoir, s'est-elle dit ensuite à de multiples reprises. Par peur, sans aucun doute en vérité.
En apprenant l'identité du meurtrier, je me demande maintenant comment vous la jugerez. Excuserez-vous son geste ? Allez-vous la condamner ?
Je sais déjà que je ne connaitrais point votre réponse car c'est à un inconnu que vous avez envoyé cette lettre, monsieur Parmente, et inconnue, je désire rester.
.
Une compagne de songe et de mélancolie [Black Butler]
.
Evidemment, je ne commence absolument pas cette série avec une lettre à son fils comme j'en avais l'intention XD
