Note de l'auteur : Ey ! Voila, comme ça avance bien et qu'en plus vous avez été adorables, je ne m'attendais pas à autant de retour et de suivis pour un début, merciiiii ! Vous avez droit à un autre chapitre cette semaine, avec quelques débuts d'explications.
Chapitre 2 : Tout ne se résous malheureusement pas avec un thé ou un bonbon au citron
Hermione avait enveloppé la petite fille dans sa robe de sorcière et la tenait fermement contre elle, ce qui avait eu pour excellent effet de chasser ses pleurs.
Merlin seul savait pourquoi, Harry et elle avaient été attrapés tout deux par Rogue et poussés sans ménagement devant lui, jusqu'au bureau de la directrice. Pourquoi juste eux deux alors que Malefoy était tout aussi coupable de ce qui venait de se passer ? Mais argumenter sur ce sujet avec le trop partial directeur de serpentard n'aurait mené à rien du tout.
Une fois dans le bureau, assis sur deux chaises qui faisaient face au professeur McGonagall, Rogue fit son rapport très succinct car il n'avait assisté pour ainsi dire à rien de l'échauffourée, constatant juste les dégâts et l'apparition du bébé. Harry fut ainsi prié d'une tape derrière la tête de raconter ce qui s'était passé, aidé d'Hermione.
A la fin de leur exposé, la vieille dame avait les yeux qui semblaient lui sortir de la tête tellement elle était furieuse.
-Mr Potter ! S'écria t'elle d'un ton indigné, comment pouvez-vous jouer ainsi avec les dettes de vies que vous avez l'une envers l'autre famille ?!
-Euuuh…
Honnêtement, il ne voyait vraiment pas le problème.
-C'est lié ? Demanda-t-il le plus innocemment possible.
-Evidemment que c'est lié ! Tout est lié ! Vous êtes lié aux Malefoy par une magie très ancienne, pour ne pas dire La Magie avec un grand M, ce qui fait que vous ne pouvez pas utiliser vous pouvoirs l'un contre l'autre ! Merlin, je comprends que vous ne soyez pas très au fait de ce genre de choses, mais Mr Malefoy devrait en être tout à fait conscient ! Sans ajouter que vous n'avez plus 10 ans tous les deux ! Il serait peut-être temps que vous vous comportiez comme des adultes raisonnables !
Harry se retint de soupirer bruyamment devant le sermon. Actuellement il avait tout sauf envie d'être un adulte raisonnable et en plus tout cela était injustifié étant donné qu'il n'était pas celui qui avait provoqué la dispute. Il n'avait même pas lancé de sorts !
Il avait juste perdu un peu le contrôle de sa magie !
-Et résultat, vous avez… fait apparaitre ou transplaner un bébé ! Continua la vieille femme en fixant à présent l'enfant dans les bras d'Hermione avec un petit air navré et tourmenté. Imaginez un peu l'angoisse de ses parents en ce moment !
* « Votre enfant a été momentanément emprunté par Harry Potter. »* Pensa alors un peu bêtement Harry en imaginant un mot laissé dans un berceau. *Presque sûr que les parents en seront fier après coup…*
Comme s'il savait qu'il pensait à des choses stupides (ce qui n'était pas SI impossible que ça pour un legilimens) , Rogue le frappa à nouveau derrière la tête.
-Comment allons-nous savoir qui sont les parents de cet enfant ? S'inquiéta alors Hermione sans se préoccuper de l'exclamation de mécontentement et de douleur de son camarade.
-Il existe heureusement une potion permettant de révéler les liens de filiation Mlle Granger, grogna Severus Rogue. Je suis surpris que vous, qui mettez tant d'ardeur à tout savoir, ignorez une chose aussi basique…
Les joues de la jeune femme virèrent aussitôt au rouge soutenu. Harry savait que dès qu'elle serait libérée de l'enfant, elle se précipiterait à la bibliothèque pour apprendre tout ce qu'il y avait à savoir sur les potions de ce genre.
-Severus, pouvons-nous espérer que vous en ayez une dans votre bureau ? Demanda la directrice.
-Par hasard c'est le cas. Elle ne se trouve cependant pas à Poudlard, mais dans mon laboratoire personnel. Si vous me laissez utiliser votre cheminée, ça ne me prendra qu'une poignée de minutes pour faire l'aller-retour.
-Bien sûr Severus, mais s'il vous plait, hâtez-vous, je n'ose imaginer l'angoisse des parents.
L'homme eut un hochement de tête sec avant de se diriger de sa démarche raide vers la cheminée et de disparaitre dans une flamme verte. L'enfant se mit alors à nouveau à pleurer et cette fois-ci, rien de ce que pouvait faire Hermione ne semblait la calmer.
-Je vais faire venir Mme Pomfresh, annonça la directrice en appelant un elfe de maison, lui recommandant bien de mettre en courant l'infirmière de la présence du bébé.
La directrice se retourna alors vers ses deux élèves, l'une ajustant le bébé toujours en pleurs dans ses bras, l'autre triturant une mèche de cheveux d'un air peu concerné. Elle poussa un petit soupir, dépitée.
Quelques secondes plus tard, l'infirmière apparut dans le bureau avec l'elfe et récupéra le bébé pour faire voler sa baguette au-dessus de lui, utilisant sans doute un sort de diagnostic.
-Merlin, cet enfant vient juste de naître ! Elle a un poids correct et semble juste affamée. Je ne détecte heureusement aucune maladie ou blessure particulière.
Ceci dit, elle fit apparaitre un biberon rempli de lait qu'elle fit léviter jusqu'au bébé qui attrapa goulument la tétine dans sa bouche et se calma aussitôt.
-Qui est-elle ? S'enquit alors la vieille femme.
-Severus est parti chercher une potion de filiation. Nous le serons bientôt.
-Je ne peux pas laisser très longtemps l'infirmerie sans surveillance, j'ai deux élèves qui viennent d'arriver en mauvais état après un entrainement de Quidditch…
-Vous n'avez qu'à me la redonner, répondit Hermione avec un sourire. Je m'occuperais de lui donner le biberon.
La directrice tenta de retenir son sourire en voyant son élève si maternelle d'un coup. Cela manquait même de lui arracher une larme. Ces enfants qu'elle avait connue si petits devenaient déjà de merveilleux adultes… Enfin, pour la plupart.
-Harry ? Reprit-elle d'un ton plus doux. Peut-être voudriez-vous des éclaircissements au sujet des dettes de vies pendant que nous attendons le professeur Rogue ?
-Ce serait le bienvenu professeur, j'aimerai si possible éviter d'autres incidents de ce genre… Et il se trouve que je suis aussi lié à la famille Weasley…
Harry fronça les sourcils, prit soudain d'un doute :
-Est-ce que les dettes de vies peuvent influencer nos sentiments ?
-Oh non, bien sûr que non, le rassura-t-elle. Si vous pensez à Mlle Weasley, ses sentiments ne sont pas la conséquence d'un acte magique, sinon, vous vous rendez bien compte que Mr Malefoy et Mr Weasley devraient éprouver des sentiments semblables !
Harry grimaça à cette idée, puis réalisa qu'il aurait dû lui-même y penser.
-Non, la Magie considère juste que vous êtes liés et que Mr Malfoy vous doit une vie. Elle ne le laissera donc pas vous menacer ou vous causer du tort… Jusqu'à ce qu'il vous ait remboursé.
-En me sauvant la vie.
-Oui, principalement. Et c'est du moins la seule façon aujourd'hui de rembourser ce genre de dettes, appuya la vieille femme.
Comprenant qu'elle ne lui disait pas tout, Harry se retourna vers Hermione qui leva les yeux au ciel avant de répondre :
-Autrefois il arrivait que les sorciers remboursent ce genre de dettes en offrant un de leur enfant, mais comme c'est affreusement barbare comme pratique, c'est aujourd'hui interdit !
-Oh, je pensais que vous alliez me parler de magie noire…
-Non, même la magie noire ne peut rien faire contre une dette de vie. Tout comme le sort de protection d'amour dont vous avait gratifié votre mère, c'est de la très vieille magie, sans couleur, si je puis dire.
-Donc, si je vous suis bien, je ne serais pas débarrassé de ma dette envers les Malefoy tant que je n'aurais pas sauvé Narcissa Malefoy d'une mort certaine?
-Je suis navré de devoir vous le dire, mais oui.
-Mais pourquoi cette dette de vie m'empêche de faire quoique ce soit à Drago ? Je ne lui dois rien à lui !
-C'est un peu compliqué… La famille est la cellule de base du monde sorcier, le devoir et la fidélité, d'un sorcier se doit d'abord à sa famille, ce qui explique qu'elle est considéré comme l'unité de base lors de toutes sortes de transactions, qu'elles soient magiques ou non. Le chef de famille engage ainsi la responsabilité de tous les membres de sa famille.
-La famille est importante dans le monde sorcier, résuma Hermione qui écoutait avec autant d'attention le discours de sa directrice. C'est vrai que j'ai été impressionné en entrant à Poudlard par la façon dont les sorciers se jugeaient par leurs familles, y étaient attachées et semblaient vivre constamment en fonction d'elle et avec elle… Les alliances de la famille, les inimitiés transmises de génération en génération, la façon dont les membres qui ne sont pas d'accord se retrouve expulsés et alors presque en marge de la société…
-Ouais, approuva Harry. On a vu ça chez les Weasley, les Black et les Malefoy… Ça semble concerner particulièrement les sorciers dits « de sang-pur ».
-C'est parce qu'il y a là-dessous, encore, de l'Ancienne Magie, répondit le professeur McGonagall. Chacune de ces familles, de ces ensembles de membres reliés par le sang et le mariage, sont les dépositaires d'une magie qui les rend plus fort et les protège de toutes sortes de façon… C'est parce qu'il s'agit du même type de magie que celle à l'œuvre dans la dette de vie, que Mr Malefoy est protégé de vous.
-Est-ce que c'est une raison… Enfin je veux dire, l'un des arguments politiques de la cause Mangemort ? Les histoires de sangs qui s'affaiblissent avec la venue des moldus, cela a un impact sur cette « magie de famille » ?
La directrice eut soudain l'air plus vieille et regarda le bébé un instant avant de répondre :
-Certains, comme les Black avec leur devise « Toujours purs », le croyaient. Mais c'est d'une stupidité sans nom. La Magie n'a que faire que le sang soit pur ou non, tout ce qui lui importe c'est le lien. Le problème c'est que les liens de mariages sorciers nécessitent d'avoir ne serait-ce qu'un peu de potentiel magique… Ce dont ne sont pas pourvus tous les moldus… Alors oui, cela peut provoquer des brèches ou des irrégularités dans la magie de famille… Mais le fait d'avoir si peur de s'affaiblir vient d'une époque désormais lointaine où les familles étaient plus des Clans et où le Ministère n'existait pas. En l'absence d'autorité supérieur, il était fréquent pour les Clans de s'affronter…
-Pourquoi le professeur Dumbledore ne m'a jamais parlé de ça ?
- Pourquoi est-ce que ce genre de choses n'est jamais enseigné à Poudlard ? Enchérit Hermione, élevant la voix avant de se rappeler du bébé qui ne parut cependant pas perturbé, continuant à boire doucement son lait. Bon sang, il n'y a rien du tout sur l'Ancienne Magie, même à la bibliothèque ! Comment pouvons-nous avoir toutes les clefs de notre réussite dans cette société si plus de la moitié des connaissances nous est cachée ?
-La peur, Mlle Granger. Vous êtes assez fine pour réaliser que le savoir c'est le pouvoir, or les vieilles familles tiennent à le garder, et donc cachent jalousement leurs connaissances.
Elles furent interrompues dans cette discussion par le retour de Severus Rogue.
Il posa sur le bureau une petite fiole et la directrice tendit un parchemin vierge qu'elle avait préparé. Avec attention, le maître des potions versa plusieurs gouttes sur le papier de façon à l'imbiber, puis se tourna vers l'enfant avec une aiguille.
-Approchez-la Mlle Granger, j'ai besoin de lui prélever une goutte de sang.
Hermione fit la moue, peu désireuse de laisser qui que ce soit blesser ce petit ange, mais se leva quand même et se tint près du bureau. Harry se pencha sur sa chaise pour pouvoir observer le professeur qui attrapait avec une douceur dont il ne l'aurait pas cru capable le petit bras du nourrisson, avant de le piquer à l'index et de le presser à l'envers pour qu'une goutte de sang se forme et tombe sur le parchemin.
Occupé par sa boisson, le bébé n'émit aucune protestation.
-C'est bien ma chérie, la félicita Hermione en retournant s'asseoir, tu as été courageuse.
Harry la regardait d'un air narquois :
-Hey Herm', tu vas réussir à rendre le bébé à ses parents ? Parce que de là où je suis, ça n'a pas l'air évident !
-Ne dis pas de bêtises Harry, évidemment que je le rendrais. Un enfant a besoin de ses parents et rien ne peut vraiment les remplacer, tu le sais mieux que personne.
-Oui…
La directrice avait récupéré le parchemin et semblait le secouer pour qu'il sèche, les empêchant de voir ce qui était en train de s'inscrire en délicates arabesques carmines. Celle-ci cessa brusquement tout mouvement, se figeant de façon un peu comique de l'avis des deux élèves.
Elle tenta alors de dire quelque chose mais son souffle sembla coincé dans sa gorge et son visage prit une très inquiétante teinte blanche.
-Professeur ! S'exclama Hermione, les bras malheureusement encombré.
Le professeur Rogue fut rapidement près de la directrice et lui retira le papier des mains, ayant ainsi l'occasion de voir ce qui était écrit et prit lui aussi une carnation livide, les yeux exorbité et se trouva dans l'incapacité de dire quoi que ce soit de plus d'une syllabe pendant plusieurs secondes.
Puis, brutalement, il leva les yeux sur Harry, le regardant avec une espèce de lueur de folie dans les yeux. Avant de revenir au papier. Puis à nouveau à Harry.
Ce dernier n'osait pas bouger, mais essaya d'attirer l'attention d'Hermione avant de lui souffler :
-Dis, pourquoi j'ai l'impression qu'on devrait s'enfuir en courant ?
Hermione ne lui répondit pas, trop perturbée par ce qui se passait.
-Impossible, finit par lâcher Rogue. Il y a du y avoir une erreur ou une contamination de l'échantillon…
-Il y a un moyen très simple de le savoir, reprit la directrice après une grande inspiration, semblant revenir au monde des vivants.
Levant sa baguette, elle la tendit vers le bébé :
-Revelatio filius !
Deux épais fils dorés et étincelants s'échappèrent du bébé, l'un d'eux frappant directement Harry, s'accrochant à lui, tandis que l'autre disparaissait derrière la porte du bureau.
Cette fois-ci, ce fut au tour d'Hermione d'ouvrir grand la bouche et de changer de couleur.
-Oh j'ai besoin d'une tasse de thé, se lamenta Minerva en se laissant retomber sur son siège, faisant apparaitre deux tasses alors que les liens dorés disparaissaient.
-Qu'est-ce que ça veut dire ?! S'exclama Harry qui semblait être le seul à ne pas avoir encore compris ce qu'il fallait comprendre.
Et ce n'était pas la directrice et son thé, ni Rogue qui s'était purement détourné qui allaient l'aider.
-Ha… Ha… Harry ! Fit Hermione de façon très éloquente, semblant incapable de contrôler les mouvements de sa mâchoire. Ce que ça veut dire… C'est que… Le bébé… Tu es son père !
Harry cligna des yeux.
-Hein ?
L'information mit un temps fou à remonter à son cerveau et sans doute par considération pour son intellect lent, personne ne pipa mot avant qu'il n'ouvre à son tour grand la bouche, baissant le regard sur la petite fille et se mette à faire de grands signes de négation de la tête.
-Une tasse de thé Mr Potter ? Proposa alors charitablement la directrice.
A suivre…
Hihihi, oui je sais, je suis sadique de couper là. J'aime beaucoup Rogue, vous l'avez remarqué ? Je l'ai sauvé de la mort juste pour pouvoir le faire intervenir – d'ailleurs mon passage préféré de tous les films réunis, c'est lorsque Rogue remonte ses manches pour plaquer les têtes de Harry et Ron durant l'heure d'étude. Je ne m'en lasse jamais ! Du coup Rogue continue à retirer des neurones à ce pauvre Harry en le tapant régulièrement derrière la tête… Mais c'est affectueux, voyez-vous !
J'espère que tout cela vous plait toujours et les reviews sont toujours autant appréciées ^^
Mercredi, prochain chapitre : « Utiliser l'un pour cogner l'autre ». Devinez qui vient se rajouter à l'équation ?
