Note de l'auteur : Ca y est, nous sommes le jour d'Halloween, triste jour où Harry a perdu ses parents et qui n'est pour ainsi dire plus fêté en France (c'est dommage, moi j'aimais bien ça quand j'étais petite). Enfin bon, moi je vous mets deux chapitres pour fêter ça, la suite directe… Et un « hors-série » si je puis dire (que vous n'êtes pas obligé de lire). Je remercie comme d'habitude toutes ces adorables personnes qui me laissent des commentaires et ceux qui ont choisis de lire et de suivre cette modeste histoire.
Chapitre 8 : Baby blues
Le lendemain matin la photo d'Harry et d'Evangeline s'étalait en grand sur la première page de la Gazette du Sorcier.
Et c'était bien celle où sa fille lui vomissait dessus.
La tête dans ses mains, le brun tentait de faire face à sa mortification, ainsi qu'à son envie de piquer du nez dans son café, alors que Ron s'esclaffait bruyamment en postillonnant des morceaux de biscottes autour de lui.
Ginny tentait tant bien que mal de le consoler en foudroyant du regard son frère, tandis qu'Hermione lisait l'article les sourcils froncés comme une paire d'ailes d'oiseau en vol.
-Encore un article pour ne rien dire ! Ils ne connaissent ni les circonstances, ni le nom de « la mère » et font tout un tas d'hypothèse…
-Ah, c'est pour ça toutes ces lettres rageuses qui s'empilent dans mon assiette, fit Ginny d'un ton blasé.
Depuis qu'elle sortait officiellement avec Harry, elle était devenue la proie de toutes les fanatiques foldingues persuadées d'être le seul véritable amour du Sauveur, ou des groupies qui pensaient avoir le chapitre quant à qui était digne ou non de devenir la prochaine Mrs Potter. Régulièrement, quand elle trouvait leurs adresses, Ginny leur envoyait des lettres piégées de farces made in Weasley.
Pour sa propre sécurité, la directrice avait décidé de mettre en place un filtre anti-beuglante sur son courrier, le jour où cinq de ces lettres rouges étaient arrivées en même temps et avaient explosé en chaine, cramant tout un pan de table Gryffondor et Poufsouffle.
-Oui, d'après la gazette, reprit Parvati, des personnes pensent que tu aurais utilisé un sort de dissimulation pour cacher ta grossesse et que tu aurais en fait eu des triplés, que pour leur sécurité tu aurais séparés, envoyant les deux autres, qui sont des garçons, dans un endroit tenu secret car une prophétie raconte que l'un d'eux sera le nouveau sauveur…
-Hein ?! Fit Ron.
Harry se tapa la tête sur la table. Plusieurs fois.
-C'est n'importe quoi, commenta Hermione en relevant la tête du brun, trouvant sa conduite digne d'elfes de maison masochistes un peu inquiétante.
Ginny récupéra l'exemplaire de Seamus (qui était penché sur celui de Dean, s'amusant tous deux à voir et à revoir Evangeline vomir sur Harry en ricanant comme deux hyènes), les lèvres serrées d'agacement.
-Au sinon… Oh ! Bien… Harry, tu as eu une relation interdite avec Bellatrix la nuit avant la grande bataille… Le fait qu'elle soit morte, et donc incapable de mettre au monde un enfant, ne semble pas les déranger… Ou… Parfait, tu me trompe avec Luna et…
Au même moment une beuglante explosa à la table des serdaigles.
-J'ai pas tout compris… Emit lentement Luna, la pointe de ses boucles blondes carbonisée.
-… Mais comment ça se fait que personne ne soit au courant du « moitié Malefoy » ? S'énerva Ginny. Tous les gryffondors sont au courant pourtant ! Et tout le monde en prend dans la gueule sauf le principal concerné, ce petit connard de Drago Malefoy !
Tous les regards se posèrent vers le serpentard qui cette fois-ci leur tournait le dos comme pour leur dire qu'il se lavait les mains de toute cette histoire.
-Oui mais aucun gryffondor n'avouerait de son plein grès que la fille d'Harry Potter est à moitié de père serpentard, surtout quand il s'agit de Drago Malefoy, raisonna Neville qui avait ce matin la charge d'Evangeline.
Cette dernière semblait d'ailleurs encore plus petite que d'habitude, perdue dans les bras de son imposante carrure.
-Je veux et je vais mourrrirrrr… Gémit quant à lui Harry.
-Mais non Harry, tu es juste en proie à un petit épisode de baby blues du 3eme jour, tout à fait normal, dû à ton extrême fatigue, ça va te passer… Récita Hermione qui avait de toute évidence commencé à avaler par cœur ses livres sur les bébés.
Ron eut une mine dégoutée et décida qu'il était pressé que les choses reviennent à la normale.
Malheureusement pour lui, les jours qui suivirent furent dans la même tendance, si ce n'est qu'Harry paraissait encore plus fatigué en contraste à ses amis qui dormaient sous sortilège de silence. Réveill fois dans la nuit, le jeune homme tenait à peine debout, dormait en classe, affichait un taux de réactivité et d'attention digne d'un veracrasse.
Et comme si ça ne suffisait pas, il enchainait les maladresses, faisant exploser des chaudrons en cours de potion, trébuchant dans les escaliers et couloirs sur des objets aussi divers et variés que des balais, des sceaux d'eaux, des chocogrenouilles ou du mucus de limace géante… Sans compter les deux portes qui l'avait assommé en s'ouvrant brusquement, l'armure qui lui était tombé dessus et les sorts qu'il avait reçu par erreur en cours de sortilèges…
Les professeurs avaient fini par l'ignorer, soit par sympathie, soit par agacement et Hermione usait de toutes ses heures libres, non occupées par la révision de ses ASPICS, pour lui faire des doubles de ses cours. Du coup elle avait encore moins de temps qu'avant pour Ron qui grognait comme un fauve en cage, se trouvant abandonnés par eux deux.
-Tu n'as qu'à t'occuper d'Evy' pour donner un peu de temps libre à Harry ! Avait répliqué sa petite amie de son meilleur air surbooké, les cheveux encore plus broussailleux que d'habitude, un monticule de parchemins et de livres ouverts devant elle.
-Pffff… Souffla le rouquin avec une moue-grimace fleurant bon l'enthousiasme débordant avant de prendre la petite à Harry qui dormait à moitié, avachi sur Ginny.
Il s'assit sur un fauteuil en fixant avec mécontentement la Moitié Malefoy, comme il avait pris l'habitude de l'appeler, avec une étrange envie d'enfoncer son poing dans un museau de fouine.
-Je crois que je fais un baby blues moi aussi… Gémit-il.
Hermione n'était pas loin de penser la même chose que lui et Ginny semblait comme éteinte.
-Dites, je veux pas vous mettre la pression, lâcha soudainement Demelza en dansant sur ses talons, mais vous vous souvenez qu'on a le match contre Serdaigle dans deux semaines ?
La jeune fille serra les dents, gênée, quand Harry, Ron et Ginny eurent l'air de vouloir fondre en larmes.
-O-o-O-o-O-o-O-
Vendredi, Harry ne se présenta tout simplement pas en cours. Les deux premières heures de potions se passèrent sans commentaires de Slughorn qui aurait de toute façon laissé Harry venir avec un dragon en laisse si cela avait été son souhait, trop heureux de compter le Sauveur parmi ses étudiants.
Rogue, au début des deux heures suivantes, fut moins généreux :
-Bien…. Lança-t-il d'une voix sépulcrale. Quelqu'un pourrait avoir l'obligeance de vérifier l'état du Survivant ? S'assurer qu'il n'est finalement pas mort ?
Hermione et Ron se levèrent aussitôt de leur chaise, suivit quelques secondes plus tard de Ginny qui fut coupée dans son élan :
-Miss Weasley, il me semble que quatre yeux suffisent largement à la mission… A moins que vous ne puissiez vous passer de la vision de l'Elu plus de 4 heures ? Non ? Alors rasseyez-vous !
Rougeoyante, Ginny se laissa retomber sur sa chaise sous les rires goguenards des serpentards et le sourire particulièrement satisfait d'un certain Drago Malefoy.
Dans les couloirs, Ron et Hermione courraient vers la tour de Gryffondor.
-Tu l'as réveillé pourtant !
-Il a dû se rendormir après le petit déjeuner ! Pesta Hermione.
Dévalant les escaliers, ils se précipitèrent jusqu'au dortoir où ils trouvèrent effectivement le jeune homme, étendu en étoile sur son lit, un début de barbe noire mangeant ses joues, un léger ronflement sortant de sa bouche ouverte.
Ni l'un ni l'autre n'eurent le cœur à le réveiller. Ron l'arrangea même dans le lit, retirant ses chaussures, puis le couvrant de sa couverture, tandis qu'Hermione se penchait sur le tout neuf berceau qui jouxtait le baldaquin, s'assurant qu'Evangeline n'avait besoin de rien.
Refermant doucement la porte derrière eux, ils se résignèrent à rejoindre rapidement la salle de classe, sachant d'avance que Rogue leur retirerait des points pour « lenteur caractérisée des gryffondors ».
-Pfiouuu, j'espère tout de même que tu seras pas comme ça quand nous aurons des enfants !
Hermione bloqua net sur place, pétrifiée par ce qu'elle venait d'entendre. Ron, surpris de ne plus la voir à ses côtés, s'arrêta à son tour, et se tourna vers elle :
-Bein quoi ? Qu'est ce qu'il y a ?
-Euh… Ron… Commença t'elle en se mordillant la lèvre.
-Hey, quoi ?
Elle ouvrit la bouche, puis se dégonfla aussitôt, se donnant d'avance des baffes mentales.
-Non… Rien.
-O-o-O-o-O-o-O-
Harry, probablement, n'était pas le seul à ne pas dormir alors que toutes les pendules indiquaient trois heures du matin. Hermione faisait des va et vient dans sa chambre de préfète en chef, essayant de ne pas arracher ses cheveux au passage.
Elle désespérait d'arriver à faire le tri dans ses sentiments
*Mais qu'est ce qui te prend sombre idiote, tu n'as aucune raison d'être malheureuse ! Ron est gentil. Ron est beau garçon. Ron est courageux. Ron est fidèle. Ron est rassurant. Ron est marrant aussi… Enfin parfois… Ron a toujours été là pour toi. Ron t'AIME. Ron a une famille géniale. Ron est ce que tu voulais depuis la quatrième année !*
Elle refit un tour de sa chambre, manquant d'écraser Pattenrond au passage, qu'elle attrapa dans ses bras pour le caresser nerveusement, lui ébouriffant le pelage, au grand déplaisir de l'animal.
*Ron était merveilleux l'année dernière !*
Oui, mais c'était là tout le problème : Ron était merveilleux en situation de crise… Le reste du temps, malheureusement…
Il était routinier, il aimait sa petite vie, il se comportait parfois comme un rustre, sans le vouloir, il manquait cruellement d'à-propos romantique et il était vraiment trop impulsif, semblant refuser de se servir de son cerveau.
Le problème c'était que si elle vivait avec lui, sans même parler de se marier, il y aurait plus de ce « reste du temps » que de « situation de crise ». Et elle ne se souhaitait plus de situations de crises pour le reste de son existence ! Elle ne voulait pas finir avec des séances de psy à vie qui bouffait un temps terrible sur ses plannings de révisions ! De plus elle n'était pas sûre d'assumer tout à fait de devenir l'une des nombreuses Mrs Weasley… Cette famille était si connue et possédait qu'on le veuille ou non une réputation un peu irritante. Et se dire qu'il ne s'agissait que de propos venimeux de stupides sang-pur ne la consolait pas.
Cela pouvait paraitre superficiel, mais les paroles du professeur McGonagall lui avait donné à réfléchir au sujet de l'importante du nom. Pénétrer à l'intérieur d'une famille sorcière n'était apparemment pas si anodin que ça, on ne se contentait pas d'épouser quelqu'un, mais un mode de vie, une forme de pensée, des amitiés et des haines. Bien sûr il semblait toujours possible de lutter contre tout cela et de faire une « fugue » en amoureux, n'était-ce pas ce qu'avait fait la mère de Rogue ? Mais en faisant cela, on s'excluait et sortait de la protection de la Magie de Famille… En quelque sorte avec l'Ancienne Magie, c'était tout ou rien ! Et elle doutait que Ron puisse un jour se détacher des membres de sa famille…
Elle le voyait, à part Percy lorsqu'il s'était dissocié des Weasley pour prendre le partie du Ministère, devenant un véritable étranger pour sa maison d'enfance, aucun des enfants de Molly n'avaient réellement quittés le nid… A part peut être Charlie. Et encore, Molly continuait à lui envoyer des pâtés et des gâteaux par hibou au moins deux fois par mois…
Et Fleur lui avait confié qu'elle avait envie d'étrangler Bill quand il lui parlait de sa mère. « Maman fait ceci », « Maman fait cela »… Et à chaque fois qu'elle devait prendre le thé avec sa belle-mère, celle-ci l'inondait de conseils visant sans doute à faire d'elle son clone.
Hermione pourrait-elle supporter cela ? Même avec tout le respect qu'elle avait pour elle, il n'était absolument pas dans ses projets de devenir une nouvelle Molly Weasley. Elle avait des attentes bien plus grandes pour son avenir !
Elle aimait Ron, mais sa raison lui criait qu'elle filait droit dans un mur et qu'elle insultait sa propre intelligence en écoutant son cœur.
Exaspérée, elle lâcha Pattenrond sur son lit et quitta sa chambre pour faire quelques pas dans la salle commune. Celle-ci, en grande partie plongée dans l'obscurité n'était éclairée que par les braises mourantes de la cheminée, et alors qu'elle décidait de ranimer les flammes, elle entendit un sanglot étouffé.
Par le genre de pleurs dont ils commençaient à avoir l'habitude à Gryffondor et, inquiète, elle s'approcha du sofa qui faisait face à la cheminée pour découvrir son meilleur ami roulé en boule, les épaules secouées de tremblements.
Elle resta un instant tétanisée : quand était-ce la dernière fois qu'elle avait vu Harry pleurer ?
Même si en y réfléchissant bien, il avait dû pleurer plus souvent qu'elle ne le pensait, quand personne ne pouvait le voir… Les garçons avaient grandis, ils étaient pour ainsi dire des hommes et ils semblaient si forts et barricadés qu'on en oubliait souvent qu'ils pouvaient, eux aussi, émettre des larmes.
S'asseyant à ses côtés, elle enroula ses bras autour de lui et se mit à le bercer doucement.
-Harry… Qu'est ce qui ne va pas ?
-J'y arriverais jamais Herm'… Emit-il d'une voix cassée.
-A quoi ?
-A tout. Je n'arriverais jamais à élever correctement Evy'… Je suis pas prêt, je suis nul… Et à ce rythme je n'arriverais pas à avoir mes ASPICS non plus… Et je ne sais même pas comment je vais gérer mon poste de capitaine de l'équipe… Tout ça c'est… Je peux pas gérer tout ça…
-La… La… Tu dis ça parce que tu es fatigué. Tu n'es pas nul, c'est juste que la plupart du temps, les jeunes parents ont droit à des congés parentaux… Et qu'ils sont deux pour assurer les nuits…
-Je ferais mieux d'arrêter Poudlard alors…
-Oh Harry ! Tu n'y pense tout de même pas sérieusement !?
-Je sais qu'on s'était dit qu'on aurait nos ASPICS ensemble mais… Je suis trop conscient des problèmes que je cause à tout le monde.
-Des problèmes ? Quels problèmes ? S'indigna-t-elle à l'idée que quelqu'un ait pu lui faire des reproches.
Harry daigna se déplier, dévoilant son visage humide et ses yeux verts qui ressortaient encore plus à cause de ses cernes. Il n'avait toujours pas rasé sa barbe et la jeune femme pouvait comprendre que c'était le dernier de ses soucis. Il pointa en silence un journal posé sur un guéridon et en s'en emparant, Hermione reconnut la Gazette d'aujourd'hui.
Ce n'était pas la page le concernant, du moins pas directement, puisque évidemment, son histoire avec Evangeline avait continué de faire la Une avec des photos un peu plus flatteuses, non, c'était la page suivante avec son petit article en bas qui avait fait grincer des dents Hermione. En gros, certains parents s'inquiétaient de l'effet d'un Harry Potter père qu'on autorisait à rester à Poudlard et de la baisse de moralité que cela pourrait entrainer pour les jeunes enfants influençables.
*Article signé de qui, je vous le demande ? Rita Skeeter ! * Pesta Hermione avec l'envie d'écraser la journaliste sous la semelle de sa chaussure.
-Honnêtement Harry, c'est n'importe quoi, je dirais même que tu as réussis à dégouter tout le monde d'avoir un bébé dans l'immédiat… Tu crois que tu offres un beau tableau ? Tu ressembles à un zombie qu'on aurait déterré depuis trois mois…
-Trop sympa Herm' !
-A ton service ! Non, Harry, sérieusement. Ne quitte pas Poudlard. Je te jure sur tous mes livres que tu auras tes ASPICS ! Là c'est juste une mauvaise passe ! Dans 3 mois Evy' fera ses nuits et sera plus facile à surveiller, à ce moment-là on commencera une session de révision de la mort, car de toute façon, Ron n'aura rien fait avant, et tu le sais !
Un sourire vint enfin s'accrocher à ses lèvres, mais retomba aussi vite et elle posa une main sur son dos.
-Ecoute… Je sais ce qu'on va faire. Je vais jouer le rôle de l'autre parent et on va s'alterner. Je la prends avec moi jusqu'à ce qu'elle pleure, je m'occupe d'elle jusqu'à ce qu'elle se rendorme et je la pose dans son berceau près de ton lit…. Et toi tu fais pareil, tu me la pose dans son couffin dans ma chambre… En faisant ça, tu pourras dormir plus longtemps.
Devant son regard, elle eut l'impression de lui offrir la pierre philosophale. Il la tira brusquement à lui en enserrant ses deux bras autour de ses épaules, sa tête logée dans son cou.
-Oh Herm'… Tu es… Bon sang je sais pas ce que j'ai fait pour avoir une amie aussi merveilleuse que toi. Tu es toujours là, tu ne m'as jamais laissé tomber !
Elle sourit et referma ses bras à son tour autour de sa taille, se serrant de toutes ses forces contre lui. Son ami. Son sauveur. Son frère. Et tout simplement celui qui avait eu le cœur assez gros pour accepter une petite fille à la tignasse de fauve qui voulait faire de son mieux, mais qui était laissée de côté, toute seule.
-Et je ne te laisserais jamais tomber Harry…
-O-o-O-o-O-o-O-
Elle regardait les lettres ouvertes, posées sur la table, perplexe, ne sachant quoi en penser ou quoi en faire. Finalement elle se rallia à sa coutume habituelle en de pareilles occasions. Celle consistant à crier un tonitruant :
-LUCIIIIUUUUUUUUUSSSSSSSSS !
Ce n'était pas très élégant, mais ça calmait les nerfs.
Elle attendit un peu, se redressant sur la causeuse, lissant les plis de sa robe sur ses cuisses, puis son époux se décida enfin à faire son apparition par la porte qui menait au vestibule. Depuis quelques jours, il n'arrivait pas à se défaire de son expression tourmentée, due à une affaire qui tournait plutôt mal avec des sommes importantes d'argent en jeu. Ils n'avaient pourtant pas besoin de perdre un peu plus leur fortune avec les énormes sommes qu'ils avaient été obligés de verser en dédommagement au Ministère pour leur implication dans les affaires du Seigneur des Ténèbres… Sans compter le prix des restaurations du Manoir Malefoy qui commençait peu à peu à retrouver son lustre d'antan.
Et il ne s'agissait que de pierres, car rien ne semblait pouvoir réparer les dégâts invisibles infligés au cœur même de la famille : Le mental des Malefoy au plus bas après des mois et des mois de torture psychologique, de mortifications et d'humiliations au sein même de leur demeure.
Et ils avaient laissé faire ça. Lucius avait laissé faire ça en invitant le diable dans leur intimité, ne réalisant pas qu'à cause de la marque des ténèbres, il tenait grand ouverte les portes du Manoir à tous les autres mangemorts, vile racaille méprisable, puante et dégoutante.
Narcissa ne lui faisait néanmoins aucun reproches, car il était assez grand et responsable pour s'en faire lui-même, et de fait, il y avait quelque chose de brisé en lui. A partir de quand était-ce arrivé ? Etait-ce Azkaban ? Etait-ce lorsque le Seigneur des Ténèbres avait pris sa baguette ? Etait-ce lorsque celle-ci s'était cassée ? Il avait tout fait pour garder un semblant de grandeur, mais il n'avait trompé personne.
Et à la fin, il n'avait plus eu qu'à cœur de sauver sa famille.
Maintenant que tout était fini, qu'ils étaient en sécurité, chez eux, il semblait perdu et désorienté.
-Narcissa, je t'ai déjà dit de ne pas hurler comme ça. Nous avons encore des elfes de maisons que je sache, si tu désires me joindre…
Elle balaya de sa main la remarque et lui désigna les lettres :
-Peux-tu m'expliquer pourquoi ta famille nous envoie des félicitations de naissance ?
Lucius haussa des sourcils puis fit le tour de la table basse pour s'emparer d'une des missives et la parcourir. Il semblait tout aussi dubitatif qu'elle.
-Qu'est-ce que c'est que cette histoire… ?
Il s'en saisit d'une autre, mais le contenu était tout aussi vague et insatisfaisant. S'il n'avait s'agit que d'une ou deux cartes, il aurait pu conclure à une simple erreur, mais il y en avait bien une douzaine étalée là, face à eux, et il saluait la retenue de Narcissa qui avait tout ouvert et lu avant de le faire mander un peu cavalièrement.
Il laissa tomber la lettre et fut pris d'une sourde inquiétude. Ce qui se passait en ce moment au manoir… Et ça…. Ca ne pouvait pas être une coïncidence. Narcissa sembla lire dans ses yeux le déroulement de ses pensées car elle eut une expression un peu choquée.
Et même si ce n'était pas très élégants, tous deux se précipitèrent vers le salon des Illustres, là où se trouvait la tapisserie familiale des Malefoy.
Il y eut comme un cri d'horreur (masculin, qu'on se le dise) et l'Elfe particulier de Lucius, qui s'était attendu à tout moment à ce que cela arrive depuis trois jours, poussa un soupir en sortant les deux bouteilles de gin qu'il avait mis de côté.
A suivre…
Ah que je suis heureuse d'avoir finalement introduit Lucius et Narcissa. Deux personnages que je n'aimais pas particulièrement dans les livres (bien que le dernier m'ait réconcilié avec Narcissa), mais l'acteur qui joue Lucius est juste divin, il tient le rôle à merveille (en VO c'est encore mieux *bave*). Mais euh bref, ce chapitre clôt les débuts en tant que père de Harry pour se diriger vers la suite, une suite plein de Malefoy, ce qui j'espère n'est pas pour vous déplaire.
Comment fêtez-vous Halloween ? Si vous le fêtez ! Moi je vais probablement me faire un marathon films Harry Potter tout en me goinfrant de bonbons… Ouais, c'est un bon plan !
Prochain chapitre mardi (autre que celui posté de suite après, qui je le rappelle, est un hors-série !) : « Balancé par une tapisserie » oh oh, on dirait que les Malefoy sont à Poudlard…
