Note de l'auteur : Nous voilà déjà au chapitre 10, un chapitre important puisqu'il représente un tournant dans la relation Harry/Drago. Je tiens à dire que j'ai aussi dépassé les 100 pages niveau écriture, mais comme je l'ai dit au début, cette histoire risque d'être longue. Comme d'habitude je remercie chaleureusement toutes les personnes qui prennent le temps de me laisser un petit message. Ça fait toujours aussi plaisir (et aussi rire parfois XD ) de vous lire !
Chapitre 10 : Terrible Narcissa
Les Malefoy, le professeur Rogue et la directrice arrivèrent devant le tableau de la Grosse Dame. Ce n'était évidemment un secret pour personne à Serpentard que la salle commune des gryffondors se trouvait derrière. Ils avaient souvent eu l'occasion de les espionner et Drago de voir Londubat tourner en rond devant le tableau en gémissant car il ne se souvenait plus du mot de passe.
Les gryffondors étaient aussi discrets qu'une bande de lutins de cornouailles.
Néanmoins Drago n'arrivait pas à croire qu'il allait entrer et voir l'intérieur ! Aucun serpentard n'avait jamais eu cette opportunité et si la situation n'avait pas été aussi catastrophique, il en aurait souri d'anticipation. Non content de pouvoir satisfaire sa curiosité, car les deux clans ne pouvaient s'empêcher de fantasmer sur la base ennemie, il pensait à tout ce qu'il pourrait dire à Pansy qui en crèverait de jalousie et de curiosité jusqu'à ce qu'il ait finie de lui décrire le moindre petit détail de sa virée.
Cependant, ils n'y étaient pas encore et l'horrible bonne femme dans le tableau les regardait comme s'ils étaient un amas de veracrasses.
-Je n'ai pas envie de parlementer avec vous pendant des heures ! S'impatienta la directrice. Ouvrez donc le passage !
-Non, vraiment… Cela ne me dit rien de les laisser entrer…
-C'est un monde ça ! Je suis la directrice de Poudlard et l'ancienne directrice de la maison Gryffondor ! Je sais ce que je fais !
-Bon… S'il le faut vraiment, capitula la Grosse Dame d'un air réticent avant de se tourner vers le paysage derrière elle : Attention les enfants, ils arrivent !
Et elle daigna enfin déverrouiller l'ouverture. Minerva était impressionnée qu'Harry ait réussi à se mettre dans la poche la Grosse Dame, même si elle se doutait que cette dernière ne devait pas être insensible au charme du bébé… Comme une partie des professeurs et à son grande damne, d'elle-même…
Elle prit la tête de la troupe, pénétrant en terrain connu, contrairement aux parents Malefoy qui la suivait, cachant néanmoins toute trace d'émotion derrière un masque d'intérêt poli, et de Drago qui voulait ouvrir ses yeux au maximum de peur de rater quelque chose.
La première impression fut celle de beaucoup de rouge (mais il s'y attendait), de pierre et de lumière, puisque de longues fenêtres donnaient sur les alentours de l'école.
La deuxième impression, qui le cloua comme le reste des nouveaux venus, fut celle de : beaucoup de gryffondors qui les regardaient avec aménité.
Ils semblaient tous là, des premières années aux dernières, formant comme une barrière entre eux et… Son regard fila au-dessus de la foule pour découvrir qu'à l'opposée, près d'une ouverture qui menait sur des escaliers en colimaçons se tenait, assis à une petite table, Potter entouré de Granger qui tenait le bébé et de la belette femelle.
A côté d'eux se trouvaient Weasley et Londubat, les bras croisés d'un air féroce, et juste devant la directrice, Rogue et ses parents, c'était Finnigan et Thomas qui jouaient les gros bras, jouant négligemment avec leurs baguettes.
Ce qui était plutôt gonflé et… typiquement griffondoresque.
-Désolé Madame la directrice, mais on ne les laissera pas faire un seul pas de plus dans notre salle commune, annonça Seamus. Les Malefoy ne sont pas les bienvenus ici…
Le blond affronta avec courage le regard assassin de Drago et de son père, quand, alors que la directrice devenait toute raide d'indignation, Narcissa poussa un petit soupir avant d'élever sa voix claire de façon à être entendue jusqu'à l'autre bout de la salle, son regard plongé dans celui du Sauveur.
-Lord Potter Black, puis-je vous parler un instant ?
Il y eut des expressions narquoises, mais elles tombèrent toutes lorsqu'après un instant d'hésitation, et avec une certaine réticence, Harry donna son autorisation. Les gryffondors semblaient un peu décontenancés, mais Dean et Seamus s'écartèrent pour la laisser avancer, avant de se replacer pour empêcher Lucius et Drago de la suivre.
Le Lord Malefoy était furieux :
-Poussez-vous de là !
-Hin hin, il a dit : « laissez LA passer », pas « LES », donc vous restez ici ! Le reprit Dean en se faisant épauler par d'autres garçons.
-Si vous pensez un instant que je vais laisser ma femme seule au milieu de…
L'aristocrate saisit la tête de sa canne en vue d'en sortir sa baguette, mais le professeur Rogue immobilisa sa main en lui adressant un regard d'avertissement.
-Suffit Lucius ! L'interrompit avec agacement Narcissa. Je ne suis pas en porcelaine et ce n'est pas quelques enfants qui me font peur !
Avec dignité, elle se rendit jusqu'à Harry qui la fixait avec méfiance et curiosité. La lady n'avait pas changée. Comme la plupart des sorciers, le temps ne semblait avoir aucune prise sur elle et bien qu'elle devait s'approcher de la cinquantaine, elle n'en faisait pas plus de trente-cinq. Ses cheveux blonds étaient parfaitement arrangés sur le haut de sa tête, sa tenue sorcière était strictement assortie et les pans de sa robe voletaient souplement autour de ses jambes. Elle lui rappelait avec agacement son fils tiré à quatre épingle, jusqu'à l'expression pincée de son visage.
Techniquement, c'était un beau visage. Mais là aussi, comme son fils, ses expressions l'enlaidissaient.
Il s'était levé et vint à elle pour la saluer en inclinant la tête :
-Lady Malefoy.
-Lord Potter Black.
-Votre fils vous a finalement tout avoué ou…
-Nous l'avons découvert grâce à la parenté de mon époux et notre tapisserie familiale, lui apprit-elle avant de se tourner vers Hermione qui tenait Evangeline.
-Alors la voici…
-Oui, approuva brièvement Harry, avant de préciser : Evangeline. MA fille.
-Et celle de mon fils, ajouta-t-elle sans un regard avant de toiser Hermione froidement : Permettez ?
Hermione jeta un coup d'œil à Harry qui ne semblait pas très enthousiaste mais qui approuva d'un geste de la tête. Que pouvait-il faire après tout ? Interdire à Mrs Malefoy de tenir sa propre petite fille dans ses bras ?
Avec répugnance, la jeune femme passa le bébé de ses bras à ceux de Narcissa qui, elle, ne lui adressa plus un regard, trop occupée à dévorer des yeux la petite chose qui dormait à poing fermée.
-Je ne sais pas ce que vous avez l'intention de faire, commença Harry, mais il est hors de question que je me sépare d'elle. Je vous préviens, peu importe ce que je vous dois, elle est ma fille et je ne reculerais devant rien pour pouvoir l'élever.
La lady se retourna vers lui et le considéra un instant en silence, berçant légèrement le bébé. Puis elle ouvrit le bras vers la foule qui se gorgeait de leurs interactions, n'émettant plus aucun bruit et ne faisant plus le moindre mouvement comme ayant peur que cela leur fasse rater un moment croustillant.
-Je présume que nous pourrions avoir une discussion en privé ?
-Bien sûr, approuva sans réserve Harry en se rendant compte du comportement de ses condisciples.
Il l'invita à le suivre dans les escaliers, demandant à Ron et à Hermione de s'assurer qu'ils ne soient pas interrompus, et la conduisit jusqu'à son dortoir. Sur le moment cela avait semblé une bonne idée, mais devant le désordre il se sentit un peu rougir. Au moins les lits étaient faits, merci aux elfes ! Il lui désigna son matelas pour qu'elle s'asseye tandis qu'il prenait place sur celui de Ron, en face.
Nerveux, il s'empara d'une des peluches d'Evangeline, un gros vif d'or, et se mit à le triturer comme un anti stress. Il devait absolument garder son sang-froid et se conduire un minimum en adulte car d'instinct, il savait que cette femme était trop maline pour être impressionnée par ses éclats de colère. D'autant plus qu'il lui devait la vie.
-Je vais de suite éclairer ce qui semble être un point d'inquiétude. Nous n'avons pas l'intention de vous retirer Evangeline, attaqua la blonde.
-Vraiment ? Euh… Je veux dire, c'est bien. Surprenant… Mais bien.
Elle haussa un sourcil pour l'encourager à en dire plus.
-Je pensais que vous ne seriez pas particulièrement ravis de ce qui est arrivé…
-« Pas particulièrement ravis » ?! Ha ! C'est un euphémisme ! S'exclama-t-elle d'un ton ironique. A cause de vous deux, mon époux a failli faire une crise cardiaque !
*Que « failli », zut !* Regretta Harry, ayant toujours quelques difficultés à accepter qu'il s'en soit aussi bien sorti après avoir dansé presque de joie à l'idée de pouvoir le remettre à Voldemort quand il avait été capturé par Greyback et les rafleurs.
-Mais nous les Black n'aimons pas nous lamenter des tracas que nous offrent la vie et nous concentrons à les transformer en opportunités…
Oh voilà un mot qu'il n'aimait pas beaucoup : opportunité. Cela avait l'odeur et le parfum des problèmes. Il savait qu'il allait détester le reste de la discussion.
-De quoi vous voulez parler ? Qu'est-ce que vous voulez ?
-Nous allons parler de deux choses, qui vous le verrez, mèneront à une seule conclusion que vous ne pourrez décemment pas refuser.
-Vous me faites très peur Lady Malefoy…
Elle lui adressa un gracieux sourire avant de caresser distraitement la tête d'Evangeline.
-Elle ressemble beaucoup à Drago quand il est né vous savez… Le même petit nez, la même forme de menton… Et je pense que lorsque ses yeux prendront leur véritable couleur, ils seront gris… Mais pour le reste… Je crois qu'elle fera une parfaite petite Black aux cheveux sombres… Lança t'elle, émerveillée avant de revenir sur lui : Au vue des rapports que nous allons échanger grâce à cette petite demoiselle, j'aimerais beaucoup que vous m'appeliez Narcissa. Me permettez-vous de vous appeler Harry ?
-Euh… Oui, si vous y tenez…
-Parfait, alors Harry, comme vous le savez, nous représentons à nous deux trois nobles familles dont deux sont au bord de l'extinction. Les Potter, les Black et les Malefoy sont pourtant comme des institutions du monde sorcier, par leur ancienneté et par leurs implications dans la société. Malheureusement, un certain Lord auto-titré nous a conduit à cette terrible situation, tuant de nombreux d'entre nous… Je pense que c'était en partie calculé et vraiment, je me désespère de l'aveuglement dont on fait montre les nôtres.
-Vous n'étiez vraiment pas pro-Voldemort, réalisa Harry.
Elle fit la grimace et il ne put dire si c'était à cause du nom ou d'autre chose.
-Les épouses n'ont pas vraiment leur mot à dire en ces matières et c'est assez regrettable. Sachez néanmoins que ce qui me dérangeait était moins les idées prônées que l'individu qui, certes, avait un charisme incontestable, mais sortait de nulle part et n'était qu'une parodie de noble. Pour un œil exercé, on voyait qu'il ne faisait qu'imiter nos manières et il y avait trop de faits qu'il ignorait. Des connaissances qu'il ne pouvait obtenir par lui-même, ce qui l'obligeait à fréquenter des familles comme les nôtres et à piller certaines bibliothèques… La façon dont il a particulièrement exploité notre famille, les Black, nous qui étions la dynastie la plus respectée de Grande Bretagne, m'est odieuse !
Harry repensa pendant un bref moment à Sirius et à son frère, Regulus. Il était plutôt d'accord avec Narcissa même s'il savait que les membres de cette famille n'étaient pas vraiment des rigolos. Suffisait de voir le portrait de Walburga Black, toujours magiquement fixé à l'entrée de Grimmaurd.
-Bref, je m'inquiète du devenir de la famille Black, affirma Narcissa. Concernant les Malefoy, le problème est autre. Ce n'est pas un fait connu, mais que Drago soit fils unique n'est pas un choix… Le porter et le mettre au monde a été compliqué… Et depuis…Je ne peux plus mettre au monde d'enfant. Alors à moins que Lucius me répudie, ce qu'il aurait du mal à faire, pour se remarier, Drago est le seul à pouvoir perpétuer la lignée ainée de la famille Malfoy…
-C'est là où je suis censé m'inquiéter ? Demanda Harry qui ne voyait pas où elle voulait en venir même si c'était assez divertissant d'entendre des potins sur la famille de son rival. Je veux dire, Male… Enfin votre fils aura la possibilité de se marier et d'avoir d'autres enfants qu'Evangeline, qui pourront porter votre nom et continuer la lignée Malefoy. D'autant plus qu'Evy' est une fille, elle ne peut donc pas être votre héritière.
-Harry, que connaissez-vous de la magie entourant les familles de sorciers ?
-Euh… La directrice m'en a rapidement parlé lorsqu'elle a développé pour moi le sujet des dettes de vie. C'est de la Magie Ancienne, et c'est ce qui protège Mal… votre fils de moi, ce qui fait que je n'aurais pas dû riposter à son attaque…
-Vous n'en savez pas grand-chose donc. Cela explique votre incompréhension. C'est un très vaste domaine à étudier, ainsi je ferais court en allant à l'essentiel. Lorsqu'un enfant nait, son sang le relie directement à deux familles différentes. Si nous prenons le cas d'Evangeline, elle est reliée à trois familles, puisque Sirius a fait de vous le maître de la maison Black : elle est donc liée aux maisons Potter, Black et Malefoy. La Magie Ancienne est comme un filet, elle doit réunir chaque entité. Le problème, c'est que la famille Potter n'est pas reliée à la famille Malefoy. Pourquoi à votre avis ?
-Euh… Bein si, par Evy'….
-Non…Essayez d'imaginer un organigramme et vous verrez qu'il manque une connexion. Un lien direct est juste un trait que l'on peut tirer entre deux familles.
Harry voulut réfléchir, vraiment, mais il était encore sacrément fatigué :
-S'il vous plait Lady Ma… Narcissa, je ne dors pas très bien depuis quelques jours, vous m'en demandez trop là…
-Bien, je voulais parler d'un lien de mariage, naturellement. C'est la seule chose avec un lien de parrainage qui peut relier deux maisons différentes. Comme ce dernier n'existe pas, il y a comme… Comment pourrais-je l'expliquer simplement ? Une coupure ? Non, disons un trou dans le maillage de la Magie Ancienne. Et elle n'aime pas ça du tout. Les sorciers non plus, n'aiment pas ça du tout parce que cela perturbe leur magie, leurs protections mais en plus de cela, cela provoque ce que l'on appelle « Le Mauvais Œil ».
-Le Mauvais Œil ?
-Oui, ou la malchance si vous préférez, vous avez sans doute commencé à la sentir. Ça commence généralement par des petites choses anodines : se faire réprimander par un professeur, se cogner le pied quelque part, être au mauvais endroit au mauvais moment… puis cela empire de façon graduelle. C'est à cause de cela qu'aucun enfant sang-pur ne nait hors mariage… Ou du moins pas sans d'horribles conséquences qui peuvent mener jusqu'à la disparition d'une lignée entière.
Le brun fronça les sourcils, réfléchissant à tout ce qui s'était passé ces cinq derniers jours, n'avait-il pas dit lui-même qu'il avait « un karma pourri » en ce moment ? Ses chutes à répétitions ? Ces choses qui lui tombaient dessus ? Sa magie qui se révélait parfois incontrôlable ? Il avait mis tout ça sur le compte de sa fatigue et de son inattention, mais tout allait bien avant cette affaire avec Malefoy, et depuis, tout semblait aller mal…
La réalisation fut brutale.
-QUOI?! S'exclama t'il en sautant du lit de Ron pour faire les cent pas dans la pièce. Tout ça c'est à cause de la Magie Ancienne ? Mais c'est quoi ce bordel ? Je pensais que la magie était quelque chose dont on se servait, pas quelque chose qui nous oblige à faire des trucs comme si on était à son service… Pour… Pour la contenter !
-Ha ! Comme tous ces sorciers sang-mêlé ou issus de moldus vous pensez que vous pouvez vous servir impunément de la magie, qu'elle vous est simplement offerte ? Et ce, sans rien donner en retour ? Bienvenue dans le cercle des sorciers assez puissants pour être initiés aux réalités de la Magie et ayant le privilège de la subir, répondit Narcissa pince sans rire. Toujours est-il que la famille Malefoy est aussi impactée et menacée de ruine puisque le Mauvais Œil semble décidé à s'occuper de nos investissements financiers. De plus les protections du Manoir fluctuent de façon quelque peu inquiétante et nos elfes de maisons pourraient à tout moment être libérés de force…
Harry cessa ses mouvements d'humeurs pour retourner s'asseoir et passer ses nerfs sur la peluche vif d'or.
-Mais comme je l'ai affirmé tout à l'heure, j'ai bien décidé de profiter de cette situation, continua Narcissa d'un air tout à fait détendu.
Et il le lui enviait. Lui commençait tout juste à s'habituer au fait d'être père et à devoir faire le deuil d'un certain nombre de ses désirs… Il n'avait pas la tête, pas envie, de voir la situation se compliquer d'avantage. Par Godric, on lui avait refusé toute enfance et toute adolescence, n'avait-il pas le droit d'être un peu insouciant ? Et surtout de CHOISIR enfin la vie qu'il voulait mener ?
-Je ne vois vraiment pas comment on pourrait profiter de ça, affirma Harry. Devons-nous faire une incantation ? Il y a-t-il un sortilège pour régler ce type de situation ?
-Oh, il n'existe qu'une seule façon de régler ce problème. Et au vue de cela, voyez-vous, j'ai bien réfléchi et j'ai décidé que si nous devions sauver au moins une de familles, c'était la famille Black ! J'admets que le fait que je sois une Black de naissance joue un peu sur ma décision, mais il n'y a pas que ça. Je me suis laissé entendre dire que vous aviez l'intention d'accueillir ma grande sœur et le fils de ma nièce dès que vous en auriez la possibilité ?
-C'est exact. J'ai dit à Andromeda Tonks que je m'occuperais d'elle et de Teddy, qui est mon filleul, ce qui implique que ses parents voulaient que je l'élève s'il leur arrivait quelque chose… Et que je le ferais dès que j'aurais un travail.
-C'est tout à fait admirable de votre part, surtout quand on sait ce qu'il a la malchance d'être… Mais en même temps, il ne fallait pas s'attendre à grand-chose à partir du moment où Meda a choisi d'épouser un sang de… Un né-moldu… Je crains que cela explique que leur fille ait ensuite eu assez peu de jugeote pour épouser un…
Harry la coupa brusquement d'un mouvement de la main. Ce n'était pas très poli mais c'était la réaction la plus… douce, qu'il avait pu effectuer compte tenu de la colère qui lui rongeait la cage thoracique. Il dût se faire violence pour contrôler le volume et l'intonation de sa voix qui sonna néanmoins un peu sifflante, comme à moitié fourchelangue.
-Narcissa, si vous voulez que nous puissions discuter calmement, je vous demanderais de cesser sur le champ d'insulter de nobles et courageuses personnes qui m'étaient chères et qui sont mortes à cause de Voldemort et de ses idées, que croyez-moi, j'ai bien compris, vous partagez en partie. Mon filleul est effectivement un loup-garou, mais ça ne me dérange pas le moins du monde. Son père en était un et il était l'un des hommes les plus doux que j'ai connu. Bill Weasley en est un et c'est un homme admirable. Je pense que je peux assumer ça !
La sorcière le fixa sans expression et ne reprit pas immédiatement la parole, posant sur lui un regard plus appréciateur. De toute évidence, il avait fait quelque chose qui lui avait plût.
-Je suis désolé. Nous n'en parlerons plus. Toujours est-il, que du côté de ma sœur, il est un Black. Vous allez donc réunir dans votre maison les derniers membres de notre famille. La branche majeur des Black s'est éteinte sans aucun héritier, si ce n'est vous, reconnu par lien de parrainage... Je sais que pour certain c'est un lien aussi valable qu'un autre, mais il est tout de même regrettable que la branche ainée deviennent une « fausse » branche Black, car vous n'avez pas de lien de sang avec notre famille… Et malheureusement, bien qu'il soit heureux qu'il soit reconnu comme tel grâce à vous, le petit fils de ma sœur est un Lupin et… Tout ce que nous savons… Mais il y a un moyen que le sang Black se retrouve à nouveau à la tête de la maison… Savez qui d'autres sont des descendants Black ?
-Vous semblez mourir d'envie de me le dire même si je ne vois toujours pas où voulez en venir ni comment ça va détruire le Mauvais Œil.
-Mon fils Drago est un Black, votre fille aussi donc.
Elle semblait attendre une réaction, mais il était complètement perdu. Tout ce qu'il avait compris, c'est qu'il était comme maudit, les Malefoy aussi, que leurs familles étaient en péril et qu'elle voulait remonter la famille Black au détriment apparemment de la famille Malefoy… Et la famille Potter, même s'il ne voyait pas du tout ce qu'il venait faire là.
En fait, il avait vaguement l'impression qu'elle noyait le poisson.
-Narcissa, je ne suis qu'un bête Gryffondor, je l'admets, alors pourriez-vous, s'il vous plait, me dire SIMPLEMENT ce que vous attendez de moi ?
La blonde lui sourit, ce qui ne fit qu'accentuer son anxiété, et elle se leva, tenant toujours sa fille dans ses bras, avant de plonger son regard dans le sien et d'énoncer calmement sa bombe :
-Je veux que vous épousiez mon fils.
A suivre…
Hihi. J'AIME Narcissa. Tellement agréable à écrire malgré son venin. Si vous n'avez pas compris la moitié de ce qu'elle a dit, ce n'est pas grave, ce sera expliqué plus clairement par la suite. Seule la dernière phrase est importante… Je sais que vous allez encore m'en vouloir de couper à un moment aussi fatal, mais les cliffhangers font juste des fins de chapitres géniales.
Vous avez sans doute remarqué que j'ai outrepassé ce que je considère un peu comme la pusillanimité Rowlingesque et fait de Teddy et Bill de vrais loups-garous (mais je l'avais déjà évoqué dans le Hors-Série d'Halloween).
J'ai adoré écrire le chapitre suivant, il n'est pas censé être drôle mais je n'ai pas pu m'empêcher de m'amuser.
Prochain chapitre (lundi) : Casser Harry, Ron et Hermione. Il y a de l'orage dans l'air…
