Mot de l'auteur : HA ! Vous ne vous y attendiez pas, pas vrai ? Je publie en avance ! Eh oui, vos petites reviews m'ont fait mettre les bouchées double sur mon chapitre 17. Qu'on ne dise pas que les reviews ne servent à rien ! (Mais les follows et les favs sont aussi très appréciés ! ).

Chapitre 15 : Un thé chez les Malefoy

Perceval Ignatius Weasley avait une routine bien établie. Tous les matins il prenait un copieux petit déjeuner préparé par sa mère afin de se réveiller correctement, puis seulement après il se douchait et se préparait pour se rendre au travail. Comme il était à la tête d'un département entier, il prenait soin de partir légèrement avant son père qui ne s'occupait que d'une division et voyageait par le réseau de cheminée. Ce n'était généralement qu'à ce moment-là, alors qu'il traversait l'atrium vers les ascenseurs qu'il achetait la Gazette du Sorcier.

C'était un geste machinal et il ne regardait même pas la couverture avant de l'avoir en main. Et aujourd'hui ne faisait pas exception bien qu'il sentait de nombreux regards insistants sur lui.

Se redressant, carrant des épaules, il fit sortir toute sa respectabilité, de son costume impeccable, repassé et amidonné par ses bons soins, à ses lunettes en écailles et ses cheveux roux soigneusement coupés et rabattu en arrière.

Et d'un geste machinal, répété un nombre incalculable de fois, il ouvrit son journal lié en deux, tombant de fait droit sur le visage de sa sœur qui essayait désespérément de se cacher derrière son bras ou ses longues mèches de cheveux alors que des flashs de photographes éclataient autour d'elle. Et en gros : « La FIN du couple HARRY POTTER/ Ginevra Weasley : Scandale sous fond de naissance ? »

Les mains de Percy se crispèrent sur le journal tandis que son souffle se coinça entre sa gorge et ses poumons. Il suffoqua un long instant, voyant danser sous ses yeux les mots surlignés en gras tels que « rupture », « mensonge », « inconnu », « liaison ». Finalement il réussit à prendre un souffle salvateur, et, se rendant compte qu'il se trouvait au beau milieu de l'atrium où il régalait ses contemporains de ses mimiques horrifiées, il traça tout droit vers les ascenseurs avec l'intention immédiate d'attendre son père à son bureau. Durant le trajet il pût absorber quelques bribes de l'article, s'étouffant d'indignation.

« Alors que les pronostics allaient de bons trains au sujet de l'identité de la mère de l'enfant de notre héros national, des sources provenant de l'école de sorcellerie Poudlard où nos deux protagonistes sont étudiants nous affirment que la favorite, Ginevra Molly Weasley, n'est plus dans la course. Pour mémoire, la plus jeune fille de la famille Weasley était en relation avec le Lord Harry James Potter-Black depuis deux ans…

que penser de cette Rupture ? Alors que la guerre n'avait réussi à les séparer, il semblerait que l'arrivée inopinée du Premier NéPotter-Black (voir notre article de l'édition n°64562) ait changé la donne. Cela nous permet cependant d'exclure Miss Weasley de la liste des potentielles mères et dévoile un côté peu reluisant du Sauveur : celui que l'on considérait si droit et pur aurait-eu une Liaison

Plus d'informations seront connus dans une semaine précisément, puisque Lord Potter-Black viendra inscrire son enfant en compagnie de la chanceuse FUTURELady Potter-Black au bureau de référencement des sorciers britanniques. Une procédure qui vise, rappelons-le à…

répercussions puisque notre même source nous affirme que les deux héros de guerre Mr Ronald Bilius Weasley et Miss Hermione Jane Granger ont eux aussi décidés de mettre fin à leurs relations…

Désormais les soupçons se tournent sur sa prétendue meilleure amie Miss Granger qui était à ses côtés durant toute la guerre, il y aurait-il de la trahison dans l'air ? Mr R.B.Weasley a refusé toute…

Réussis à récolter des témoignages aux portes de l'Ecole. Ainsi une charmante et jeune élève de leur classe nous disait hier soir : « Je SAVAIS qu'elle n'était pas la mère ! Elle ne l'avait jamais dans ses bras ! C'est toujours Potter ou Granger qui s'en occupent. Entre nous, il y a anguille sous roche ! » »

Le regard de Percy s'égara sur les petites photos en bas de l'article alors que l'ascenseur l'entraînait dans les méandres du Ministère. L'une d'elle représentait son petit frère, l'air plutôt hargneux, l'autre Hermione Granger qui à l'instar de Ginny essayait de se cacher derrière un livre.

Il entendit à peine la voix désincarnée annoncer l'étage du département de la justice magique qu'il fonça dans le couloir, bousculant un apprenti Auror qui était en fait Cormac McLaggen, et fit irruption dans le petit service des détournements de l'Artisanat Moldu. Évidemment, son père n'était pas encore arrivé. Par zèle, parce qu'il faisait toujours tout avec zèle, Percy s'assura d'écrire une note de service pour prévenir de son absence, se rongeant les sangs en imaginant que sans une personne aussi importante que lui à son poste, le fonctionnement du monde sorcier allait se détraquer.

Il cacha mal son impatience en faisant la moue devant les objets ridicules amassés dans le bureau de son père. Il y avait là un tourne-disque crachant du feu, un lot de petites cuillères sauteuses et un croup empaillé. Il était en train de tâter du bout du doigt sa queue fourchue quand son père fit enfin irruption dans son bureau :

-PERCY ! Que me vaut cette visite matinale alors que l'on s'est quitté il y a moins d'une heure ?

Le patriarche relevait le derrière de sa robe de sorcier pour s'asseoir à son bureau quand son fils laissa tomber son journal sur la surface en grande partie encombrée.

-Ah… Oui, fit Arthur, gêné, renonçant à s'asseoir et fixant la photo de sa cadette qui se trémoussait à présent d'embarras.

-Tu as des explications à me donner à ce sujet ? Parce que je te signale que cet article jette l'embarras sur notre nom !

C'était dans ces moments-là que l'on pouvait se demander qui était le père de qui. Percy avait toujours été ainsi. Molly disait souvent qu'à sa naissance il avait déjà 30 ans, tandis que son époux avait constamment dix-huit ans, et perdait dix ans de plus lorsqu'il se trouvait devant un nouvel objet moldu…

-Eh bien… Bien… Je suppose que cela tombe bien que tu sois là. Le Ministre doit s'attendre à me voir…

Et comme pour l'approuver, un avion en papier fusa dans le bureau, et avec l'adresse de l'habitude, le patriarche Weasley l'attrapa en vol et le déplia.

-C'est bien ce qui me semblait… Direction le bureau du Ministre !

Quelques minutes plus tard et les deux rouquins étaient introduits auprès du Ministre Shacklebolt. Le grand black les accueillit avec des embrassades avant de les réunir près de la cheminée, là où se trouvaient trois divans d'aspect confortable. Un elfe vint leur déposer des tasses de thé tandis qu'ils s'installaient. C'est là qu'ils découvrirent qu'un individu avait déjà pris place. Robert Winters était le nouveau directeur du département de la Justice Magique. La petite cinquantaine, les cheveux poivre et sel coiffés vers l'arrière, Arthur ne l'avait jamais rencontré avant sa nomination, ainsi il ne savait pas si l'expression renfrognée et toujours tendue était d'origine ou une conséquence, à l'instar de la balafre qui courait au milieu de son visage et lui avait emporté le nez au passage, de sa rencontre avec les mangemorts l'année dernière.

Winters était un né-moldu et il ne le cachait pas, portant un costume trois pièces des plus modernes, un luxueux stylo accroché à sa poche de poitrine. D'après les rumeurs, on ne l'avait jamais vu porter une robe de sorcier.

Rien que pour ça Arthur l'aimait bien.

-Mr le Directeur, le salua t'il.

-Mr Winters, fit Percy en tentant de ne pas regarder trop fixement la crevasse nasale sans vraiment de succès.

-Weasley… et… Weasley… J'espère que vous avez des explications. Désastreuse publicité pour le Ministère que tout ça !

-J'ai pris la liberté d'instruire Mr Winters de l'affaire, leur annonça Kingsley.

-Mais cela concerne notre famille, répliqua Percy, qu'est-ce que le Ministère a à voir dans…

-Le Ministère EST la Lumière depuis que l'Ordre du Phénix a gagné et que l'un de ses plus influents membre en est le Ministre, répondit sèchement Winters. Et la Lumière EST Potter. Donc le Ministère EST Potter. C'est du moins dans l'inconscient collectif. A chaque fois qu'un article négatif sur l'Elu est publié, le Ministère perd quelques points de confiance.

-C'est exact, approuva le Ministre. C'est pourquoi ce dossier nécessite toute notre attention… Bien, maintenant que nous connaissons les enjeux, Arthur, que signifient ces nouvelles ?

-Les Malefoy ont bougé (Winters eut un rictus de dégoût au nom). Je l'ai appris de Molly après la visite de Ron au Terrier. Il était bouleversé.

Percy plissa des yeux, ne comprenant pas ce que la si controversée famille d'anciens mangemorts venaient faire dans cette histoire. Cependant ce n'était pas le cas des autres sorciers présents.

-Ils ont eu accès à Harry ? S'enquit Kingsley en cachant son sentiment sur l'affaire.

-Évidemment. Minerva ne pouvait pas le leur refuser…

-Quelles étaient leurs réactions ?

Arthur regarda à droite puis à gauche, l'air perplexe.

-Des « réactions » ? Les Malefoy ? Kings' enfin ! Depuis quand les Malefoy ont des « réactions » ? C'est comme dire qu'ils auraient des « émotions », mais je veux bien taper sur Lucius avec des livres de potions pour lui en tirer une si ça peut te faire plaisir !

-DONC ils ont gardé une attitude glaciale et soigneusement neutre, traduisit le black.

-Charlie dirait « leur balai dans le cul », mais oui, c'est exact… Approuva joyeusement Arthur en croisant les jambes, le dos voûté, l'air obstiné.

-Père… Grogna Percy qui n'y comprenait rien mais ne voulait pas le montrer, droit sur son canapé comme s'il voulait préserver son propre balai à sa place.

-Et qu'ont-ils réclamé à Harry ?

Arthur perdit sa bonhomie d'un coup pour prendre un air plus soucieux, poussant un soupir de tristesse.

-Le mariage. Évidemment.

Winters fit un bruit de gorge désagréable et le ministre se fendit d'une petite grimace avant de se lever pour faire les cent pas devant la cheminée.

-Mr le Ministre, si ce mariage a lieu, ce ne sont pas QUELQUES points que va perdre le Ministère et j'irais jusqu'à dire que cela risque fort de vous coûter votre réélection, grogna le directeur de la justice magique. Nous ne POUVONS PAS laisser les Malefoy obtenir une telle situation et une telle influence ! (puis plus bas, d'une voix presque chuchotante) Nous aurions dû enterrer définitivement toute cette famille après la guerre…

Arthur fronça les sourcils, légèrement perturbé par cette assertion. Il détestait certes les Malefoy, mais pas au point de les exécuter sans sommation ou jugement.

-Drago est juste un enfant…

-Plus maintenant. Majeur depuis deux ans, marqué… Cessez de trouver des excuses. J'étais pour leur condamnation à un procès public qui aurait démontré notre force ! A la place de ça, ils ont eu une tape sur les doigts à la suite d'un petit interrogatoire en huis-clos…

-Robert, vous avez lu le témoignage d'Harry, répliqua Kingsley en s'arrêtant un instant.

-« Juste un enfant », répéta Winters avec une exclamation moqueuse.

-Harry n'a jamais eu le droit d'être un enfant. Et c'est un être sincère et pur. Je le crois et ça me suffit… Quoiqu'il en soit je vous accorde que côté publicité, cela va être un désastre… L'Elu de la Lumière qui épouse un ancien mangemort et entre dans une famille de mages noirs…

-Peu importe la façon dont cela sera présenté, ce sera interprété comme un mauvais signe, une faiblesse... A l'heure où nous devrions au contraire être forts ! Reprit le né-moldu.

Percy ouvrit de grands yeux alors que peu à peu la situation se dévoilait. Il coula un regard mi-inquiet, mi-interrogateur sur son père qui lui murmura silencieusement « dette de vie » et « Magie Ancienne ». Il fronça les sourcils, espérant plus d'explication plus tard. Pour l'instant, tout ce qu'il voyait c'était que leur famille et leur respectabilité étaient pris dans la tourmente.

-Mais comment sauver les meubles ? Demanda Arthur. Il n'y a pas grand-chose que nous pouvons faire…

-Nous devons empêcher les Malefoy de nuire. Peu importe ce qu'ils prévoient, ils se serviront de l'Elu. C'est certain ! Alors, nous pourrions soit essayer de mettre cette famille à sa véritable place : Azkaban… Soit nous nous débarrassons d'un des éléments nuisibles.

-Mr le directeur ! S'exclama Arthur, choqué.

Personne dans la pièce n'ignorait ce qu'il proposait à demi-mot : sans Evangeline, plus besoin de mariage, ou alors, sans autre géniteur, plus besoin de mariage non plus… Et ils savaient tous où allait la préférence du directeur.

-Vous ne parlez pas sérieusement Robert… Fit quant à lui Kingsley. Je sais ce que vous avez vécu mais cela ne justifie pas…

-Drago Malefoy n'est PAS un innocent ! Éructa le directeur en sautant brusquement sur ses pieds et jetant sa tasse à moitié pleine dans l'âtre.

Elle se brisa en plusieurs morceaux au milieu des flammes.

-Robert, calmez-vous…

-Qu'allez-vous faire Mr le Ministre ? Demanda quant à lui calmement Percy en lui lançant un regard perçant.

Une décision devait être prise, parce qu'il ne laisserait pas plus longtemps cette affaire porter l'opprobre sur leur nom. Il fixa un regard sur son père avec un peu d'agacement. C'était lui le chef de famille, mais il était si silencieux, si indécis, si mollasson et si vague. Avec cette attitude, il n'était pas étonnant que personne ne l'écoute ou ne le suive. Le jeune homme poussa un léger grognement : il aurait dû naître Prewett.

-Je refuse de prendre une décision hâtive…

-Et pourtant il le faudra, vous hâter, lâcha Percy tout en gardant le ton le plus courtois possible pour ne pas paraître insultant. Je ne suis pas au courant de tout, mais le référencement de l'enfant aura lieu dans une semaine. A ce moment-là, tout le monde saura.

Après un silence lourd de sombres promesses, les hommes finirent par se séparer, ou du moins, c'est ce que firent la plupart puisqu'au moment où Percy rejoignait son propre ascenseur pour le département des transports magiques, Robert Winters lui agrippa le bras :

-Vous m'avez l'air d'être une personne intéressante Weasley. Soyez sûr que j'aurais plaisir à discuter dans un cadre plus privé avec vous.

Et avant qu'il ait pût dire quoique ce soit, l'homme défiguré s'éclipsa d'un pas sacrément leste.

-O-o-O-o-O-o-O-

Depuis leur effraction et évasion spectaculaire de la banque des sorciers Gringotts, Harry était dans ses petits souliers dès qu'il y mettait les pieds. Il traversa le grand hall dans une longue robe noire neutre, le visage caché en partie par une capuche, cela étant surtout pour ne pas être reconnu des autres sorciers présents, parce que les gobelins n'étaient pas le genre de créature à être perturbés par ce genre d'artifices.

Se dirigeant vers l'accueil tout au fond, il glissa silencieusement la lettre de convocation sur le comptoir, tentant d'ignorer les petits yeux cruels et humides qui le transperçaient.

-Hum… Lord Potter Black… Veuillez me suivre s'il vous plait.

Le gobelin sauta de son perchoir pour se tortiller de sa démarche dandinante devant lui, le conduisant dans le même bureau qui l'avait accueilli lors de la lecture des testaments de James Potter et Sirius Back.

-Bien, j'ai rédigé pour vous l'inventaire complet de vos possessions… Ici le patrimoine Potter, biens meubles et biens immeubles, et investissements…

Harry récupéra les trois parchemins et les compara un instant à l'énorme tas qui formaient le patrimoine Black. Bien sûr, il n'y avait pas photo, les Potter étaient bien moins fortunés que la plus grande famille sorcière de Grande Bretagne avant la Chute de Voldemort, et une partie de leur biens avaient disparus dans l'incendie du cottage de Godric's Hollow.

Il n'en restait pas moins que de ce côté il possédait une maison paumée dans la campagne et un appartement londonien actuellement loué à un membre du Ministère. Et bien sûr la demeure de ses parents. Il avait effleuré pendant un moment l'idée de la reconstruire, mais le problème était que tous les sorciers d'Angleterre connaissaient son emplacement, c'était presque devenu un lieu de pèlerinage. Y vivre serait tout simplement infernal, et puis il n'était pas sûr de vouloir voir la statue de ses parents à chaque fois qu'il sortirait dehors.

Côtés biens matériels se trouvaient évidemment sa cape d'invisibilité, quelques manuscrits remarquables, quelques peintures d'artistes sans réelles valeurs, du gros mobilier, de l'argenterie et du linge aux écussons de la famille, de vieux balais et quelques bijoux.

Déroulant le troisième rouleau de parchemin dont il ignorait l'existence, il hoqueta de surprises à sa lecture. Bon sang ! La surprise venait dans le fait que la famille Potter était en possession d'un tas de brevets pour des potions de soins utilisés couramment dans toute la Grande Bretagne. Il n'arrivait pas à croire qu'un de ses ancêtres avait inventé la Pimentine ! Ou même cette horrible potion qu'était le Poussos ! Et dire qu'il galérait pour le moindre philtre !

Pourquoi personne ne lui avait dit que les Potter étaient doués en potions ?! Il savait que sa mère l'avait été, mais c'était un choc d'apprendre que c'était aussi le cas de sa famille paternelle.

*Je suis la honte de la famille !*

Il chassa ces pensées et continua à parcourir le document, découvrant qu'il avait des actions placés dans diverses entreprises qui fabriquaient des potions et qu'il possédait une part de Saint Mangouste. Un document attaché lui appris que les Potter avaient apportés une partie des fonds pour sa construction.

Il se nota mentalement, quelque part, quand il aurait enfin un peu de temps libre, à tenter de s'améliorer en potion, tout en maudissant Rogue qu'il considérait comme l'unique responsable de sa nullité en la matière.

A tous les coups il avait maudit James Potter sur 7 générations, ce qui leur ferait 7 générations de médiocrité en commençant par lui.

Côté Black, il y avait le grand appartement privé de Grimmaurd Place, qui avait été la demeure principale des Black pendant 4 générations, lorsque le patriarche avait décidé de se rapprocher de la société londonienne, mais il y avait un certain nombre d'autres propriétés dont Harry n'avait jamais entendu parler, certaines étaient identifiée par de simples adresses, d'autres par des noms sibyllins.

Les Black étant principalement des politiciens et des membres du Ministère, ils ne possédaient aucuns brevets, mais avaient quelques actions dans divers commerces, dont certains semblaient malheureusement plutôt louches et versés dans les arts illégaux… Il eut un petit reniflement dédaigneux en songeant qu'il allait devoir faire un peu de nettoyage dans tout ça.

Côté monétaire, il apprit que Voldemort, par l'entreprise de Bellatrix, s'était bien servi, ainsi qu'en objets magiques et ouvrages. Heureusement, une partie de tout cela avait juste été déplacé dans le coffre personnel de sa fidèle servante… Bon pas autant qu'il l'aurait voulu, mais c'était toujours ça.

Harry pensa pendant un bref instant au coffre Jedusor. Il devait forcement exister et devait regorger de merveilles… Le Ministère se l'était-il accaparé à la mort de Voldemort ? Comme il s'était accaparé de toutes les richesses non réclamables des mangemorts qui n'avaient plus de familles proche ou lointaine ?

Il tentait là de ne pas y voir des corbeaux festoyant sur les restes du combat, mais il ne pouvait empêcher une certaine amertume en pensant à ce Ministère inutile qui avait été absent lors de toutes les batailles.

S'ôtant toutes ces pensées de la tête, il roula les parchemins et suivit le gobelin jusqu'aux voûtes Potter. L'endroit était beaucoup plus grand que son coffre personnel, bien qu'il n'y ait pas une seule mornille en vue, tout lui ayant été légué à la mort de ses parents. Il y avait cependant tout le reste.

Harry trouva rapidement ce qu'il cherchait et caressa révérencieusement la robe de sorcier officielle de son père. Noire, brodée de rouge et de mauve et ornée du blason des Potter, elle était traditionnellement portée lors des séances du Magenmagot ou bien durant les cérémonies officielles. Et surtout, elle était transmise de père en fils.

Enfouissant son visage dans le tissu épais, il inhala puissamment, cherchant l'odeur de ses ancêtres. Il y avait une vague odeur de sève de pin, mais surtout de poussière. Riant de lui-même, il éloigna son nez du vêtement et le miniaturisa pour le glisser dans sa poche. Il avait l'intention de le confier à un restaurateur pour pouvoir le porter à sa première cérémonie officielle… Qui ne serait autre que ses fiançailles ! Si on lui avait dit ça cet été ! Il s'en serait gaussé !

Pourtant, trois heures plus tard, sa fille endormie dans son couffin spécial transplanage avec sort d'allègement intégré, il suivait un petit elfe de maison à l'air revêche le long de l'allée qui menait au Manoir Malefoy. Il n'avait jamais eu l'occasion de profiter réellement des lieux, mais en plein après-midi, le domaine semblait moins sinistre que dans ses souvenirs.

Il décida de prendre cela pour un signe encourageant.

Il fut introduit dans le hall d'entrée qui semblait aussi servir de salon d'arrivée et d'attente puisqu'une grande cheminée trônait sur le mur du fond, entourée de chaque côté par un escalier à l'impérial des plus pompeux.

Faisant quelques pas qui résonnèrent un peu trop dans l'immensité vide, il s'approcha du blason qui surmontait l'encadrement de cheminée. Noir et vert, doté d'un gigantesque M argenté au centre, il était encadré par deux créatures entre le dragon et le serpent et portait une devise apparemment latine :

-Sancti…monia vincet semper ?

-« La pureté l'emporte toujours ».

Harry se retourna vivement vers Narcissa qui descendait à sa droite. Il prit le temps de la détailler, constatant que dans l'intimité, la sorcière ne s'embarrassait pas des robes de sorciers et portait ce qu'à une époque on aurait appelé un « négligé », qui n'était pas vraiment négligé puisque cela semblait fait de tissus très coûteux et de dentelles mais laissait la gorge dans sa plus vaste appellation et ses épaules découvertes. Afin de remédier à ce détail, une cape ivoirine était attachée par un ruban à son cou de cygne.

*Le même cou que son fils…* Songea t'il vaguement avant de se morigéner pour reprendre ses esprits.

Bon sang de toute sa vie, il n'avait jamais fait de fixette sur le cou de qui que ce soit ! Un cou ce n'était vraiment pas… Beau ou sexy, non ?

Bordel si, le leur l'était. Complètement. Que quelqu'un l'euthanasie sur le champ !

-Lady Malefoy, la salua t'il en cachant toutes les émotions et les idioties qui peuplaient sa tête.

-Oh allons, Harry, je croyais que nous avions convenu de nous appeler par nos prénoms, fit-elle en quittant l'escalier pour se placer face à lui.

-Oui, c'est vrai… Narcissa.

-Et voilà mon adorable petite fille ! S'exclama-t-elle et Harry lui tendit le panier pour lui permettre de prendre le nourrisson dans ses bras.

Et alors qu'il ne s'y attendait absolument pas, elle vint l'embrasser sur la joue, posant une main douce et délicate sur son bras et envoyant une bouffée de parfum floral dans sa direction. Il se figea aussitôt, complètement choqué.

Elle s'éloigna en le sentant se raidir, plissant les yeux d'inquiétude.

-Harry ?

Il se reprit difficilement et ne sut pas du tout comment se comporter, regardant les lieux d'un air complètement perdu.

-Euh… Oui ?

-Je suis désolée si je vous ai surprise… Et pour mes manières… françaises. Vous ne semblez pas avoir l'habitude, mais au sein des familles Black et Malefoy, on a coutume de s'embrasser sur la joue quand on se retrouve.

Eh bien, voilà qui était très différent des saluts auxquels Molly l'avait habitué… L'étouffant dans ses bras comme une mère ours. Et elle n'avait pas cette odeur féminine troublante… Mais à y repenser, ce n'était pas la première fois, il se rappelait que Fleur l'avait pareillement embrassé quand il avait ramené sa sœur lors de la deuxième tâche du tournoi des trois sorciers… Donc c'était bien une tradition de français.

Bizarre ces français…

-Ah ! Oh… Je ne savais pas. Sirius était plus adepte des accolades viriles…

-Ce n'est pas étonnant, fit Narcissa en l'invitant d'un mouvement du bras à la suivre vers les doubles portes à droite. De plus mon cousin a toujours tout fait pour enrager ma tante et il ne semble s'être calmé qu'auprès de feu votre grand-mère, Euphemia.

Harry qui était soulagé de découvrir qu'il se rendait dans la direction opposé de l'horrible salle à manger, tourna brusquement la tête lorsque la sorcière fit allusion à sa grand-mère. Dire qu'il avait fallu d'une entrevue chez les Malefoy pour qu'il apprenne son prénom !

-Vous connaissiez ma grand-mère ?

-Pas tellement, mais elle était toujours gentille avec moi avant que Sirius fugue… Parce qu'une fois qu'il a quitté la maison, ma tante Walburga ne voulait plus entendre parler des Potter, ne les invitait plus et ne leur parlait plus. Je n'avais pas d'autres choix que de lui obéir…

Ils traversèrent un salon luxueux avant de s'arrêter dans une pièce plus petite, plus lumineuse, qui semblait servir de salon de musique puisqu'un grand piano ornait un coin de la pièce, jouxté par une harpe dorée. Une table ronde où trônaient un service à thé et des petits gâteaux les attendait et ils s'assirent face à face.

-Et mon grand-père ? Ne pût s'empêcher de demander Harry en se penchant vers elle. Vous l'avez connu lui aussi ?

-Fleamont Potter, je ne lui ai jamais parlé. Les Potter ont toujours été une famille discrète et leur fils était… Un trublion. Ainsi, aux yeux de ma mère, il n'y avait aucun intérêt à ce que je lie des liens avec eux… Harry, vos coudes sur la table, ce n'est pas convenable.

-Oh… Pardon, se reprit Harry en se rasseyant correctement au fond de sa chaise.

-Ce n'est rien. Lait ou citron ? Demanda-t-elle.

Harry fixa la théière comme s'il en voyait une pour la première fois. Il songea pendant un instant que les tasses lui faisait penser à Ombrage et qu'il lui semblait se rappeler qu'elle noyait son thé dans du lait, donnant à la boisson une allure douceâtre écœurante.

-En fait je n'ai jamais rien mis dans mon thé, lâcha t'il. Et à y penser, je bois assez rarement du thé. A part chez Hagrid et il nous propose juste des biscuits avec.

*Dur comme de la pierre* Se retint-il d'ajouter déjà qu'un tressaillement des lèvres de sa vis-à-vis au nom d'Hagrid n'était pas passé inaperçu.

-C'est un thé Assam, je vous recommande une rondelle d'orange, fit-elle comme s'il n'avait rien dit.

Il hocha la tête et se retint de lui demander ce qu'était un thé Assam alors que le même elfe de maison que tout à l'heure le servait. Pour se donner bonne mesure, il fit tournoyer le liquide du bout de sa petite cuillère pendant qu'elle regardait avec tendresse Evangeline tout en lui touchant le bout du nez. Harry se retrouva néanmoins embêté lorsqu'il voulut retirer sa cuillère et dû la tapoter contre les parois de la tasse, ce qui fit plus de bruit qu'il l'avait pensé.

Merlin, il avait vraiment l'impression d'être un balourd dans cette pièce !

Penaud il la reposa sur la soucoupe et rangea ses bras contre son corps.

-Bien… Euh… Nous devions discuter du mariage…

-Oui, j'ai eu l'occasion d'apprendre que vous vous étiez employé à votre devoir avec succès…

Elle parlait bien évidemment de sa rupture avec Ginny même si la façon dont c'était dit rendait le tout horriblement vil. Harry se retint de grogner, même si son regard parla pour lui.

Pendant la demi-heure qui suivit, Narcissa lui répéta en grande partie ce que lui avait appris Neville, lui assurant qu'elle s'occuperait de la plus grande partie des préparatifs. Harry tenta d'en arriver à un élément qui à son avis, avait une grande importance :

-Votre fils est-il au courant ?

-Ah ! Si vous me demandez si Lucius ou moi lui en avons parlé, la réponse est : non. Mais s'il réfléchit deux minutes, il devrait le comprendre par lui-même, à moins que…

Narcissa poussa un soupir avant de prendre un air plus doux tout en approchant sa chaise d'Harry, attrapant l'une de ses mains dans la sienne pour le regarder dans les yeux :

-Harry, Drago est encore immature. J'ai conscience que ce fait est entièrement de ma faute. Je l'ai beaucoup trop aimé et sachant qu'il s'agissait du seul enfant que je n'aurais jamais, je l'ai surprotégé de tout. Je pense que vous pouvez comprendre, maintenant que vous êtes père, ce que je ressens ?

Les yeux d'Harry volèrent jusqu'à sa fille, douillettement endormie au milieu des châles de Mrs Malefoy et très certainement de son parfum délicat.

-Oui…

-Je sais que ce mariage n'est certainement pas ce que vous auriez voulu, mais sachez que notre famille ne vous embêtera pas avec des demandes qui pourraient vous paraître farfelues. Le plus important pour moi, c'est avant tout que vous promettiez d'assurer le bien-être de mon fils. Protégez-le. Offrez-lui le meilleur. Qu'il ne manque de rien, qu'il vive dans l'aisance et l'insouciance… Et si cela vous est possible, aimez-le un peu…

Elle sembla vouloir ajouter quelque chose, mais se ravisa, attendant avidement sa réponse.

-Vous voulez que je maintienne sa cage dorée, conclut Harry en revenant fixer les prunelles céruléenne de Narcissa.

-Oui.

Le ton était ferme, Harry ne pût qu'accepter sans savoir si c'était vraiment la bonne chose à faire pour Malefoy.

Lorsque la table fut débarrassée du thé, ils commencèrent la rédaction des contrats, penchés sur des rouleaux interminables d'inventaires de biens Malefoy et Black. Harry n'eut pas à trop se prendre la tête, il avait choisi de garder les biens Potter hors du mariage et de partager la fortune Black avec Drago. Cela paraissait assez juste. La tâche était plus complexe pour Narcissa, qui s'était apparemment déjà entretenue avec son époux à ce sujet, pour donner une part de la fortune Malefoy à leur fils et son futur compagnon. On pouvait deviner la patte de Lucius avec un côté assez radin qui ne paraissait pas très « noble » aux yeux d'Harry. Finalement les apports étaient assez déséquilibrés et Harry songea qu'une visite à Long Garden, chez la grand-mère de Neville, ne serait pas un luxe.

Narcissa avait quelques demandes en plus de celle concernant le bien être de son fils : l'une concernait leur nom de famille. Considérant que les deux jeunes hommes ne pourraient jamais se mettre d'accord, elle voulait qu'ils prennent le nom de Black et qu'il y accolent chacun leur nom de naissance. Harry n'était pas contre, son nom lui pesant bien trop souvent, mais il ne savait pas comment aller le prendre Malefoy.

La deuxième concernait leur future demeure principale, Narcissa tenait à ce qu'Harry la choisisse dans le patrimoine Black, ce qui annonçait de longues visites de bâtisses parce qu'il avait comme intuition qu'après avoir vécu dans un château, Grimmaurd ne serait sûrement pas aux standards de sa majesté Drago.

Harry fit alors valoir ses propres conditions : l'assurance que la famille Malefoy se tiendrait éloignée de tout Mage Noir, leur promesse de ne plus user des sorts impardonnables et de ne plus commettre de crimes.

Étonnement, ces mesures semblèrent passer comme une lettre à la poste, ce qui le rassura sur les ambitions de sa belle-famille, seule la totale indépendance de Drago vis-à-vis de ses parents, et particulièrement son père, sembla soulever un problème. Narcissa était persuadée que son mari refuserait de signer si cette clause était présente, mais Harry pouvait voir une lueur d'approbation et d'intérêt dans son regard, comme si elle s'étonnait qu'il pense au bien-être de son fils.

En réalité, il pensait surtout au sien, il n'avait pas envie d'être embêté à vie par les manigances de Lucius par l'entremise de Malefoy.

Ils durent aussi se mettre d'accord sur les dates. Vu l'échéance du référencement d'Evangeline, Harry et Drago devaient être fiancés avant, afin de faire passer cela moins comme une opération de dernière minute en vue de sauver la face, que comme un arrangement réfléchi.

Le mariage lui, aurait lieu pendant les vacances d'avril, ce qui laissait à chacun le temps de se retourner. Et à Narcissa le délai nécessaire pour organiser ce qui d'après elle, devrait être la plus grande fête de la décennie !

Finalement c'est un raclement de gorge qui les interrompit. Le temps avait filé plus vite que prévu parce qu'un coup d'œil vers les hautes fenêtres lambrissées suffit à Harry pour voir que la nuit était tombée et qu'il avait raté le dîner. Entre temps, silencieux et efficace, les elfes de maisons avaient allumés tous les chandeliers et lustres.

Et c'était Severus Rogue et Lucius Malefoy qui se tenaient à l'entrée du salon, tous les deux drapés de leur dignité.

Harry se leva pour les saluer, un peu surpris de la présence de son professeur.

-Oh Severus ! Quelle surprise, s'exclama Narcissa en repassant Evangeline à Harry. Cela fait plaisir d'avoir autant de visite… Vous restez pour le dîner ?

-Merci Narcissa, mais c'est déjà fait, répondit l'homme en noir d'un ton sombre. Je suis juste venu raccompagner Mr Potter à Poudlard.

-Oh, mais il n'a pas mangé…

Harry commençait à avoir faim, c'est vrai, mais toute idée d'un repas avec Lucius Malefoy en face de lui suffisait à lui couper l'appétit. Le paternel devait penser pareil puisqu'il le fixait avec condescendance, un rictus accroché à ses lèvres.

-C'est très gentil à vous Narcissa, mais je ne vais pas faire attendre le professeur Rogue, lança Harry en déposant sa fille dans son moyen de transport.

Il miniaturisa tous les parchemins et contrats avant de les faire voler jusqu'à sa poche, désireux effectivement de ne pas abuser de la patience inexistante de son professeur de Défense.

Mais avant ça, il dût d'abord passer par Narcissa qui, sans qu'il ait rien demandé, arrangea les plis de sa robe de sorcier et tenta bizarrement de remettre de l'ordre dans ses cheveux – sans succès évidemment – avant de l'embrasser à nouveau sur la joue, provoquant une nouvelle crispation.

Et avant qu'il y ait d'autres choses du genre, Harry fuit dans les robes de Rogue dont les lèvres se relevèrent pendant une microseconde, apparemment très amusé.

Il reprit cependant vite son masque impassible en poussant le jeune homme d'une main dans le dos, provoquant à nouveau la raideur de l'Elu qui ne comprenait pas pourquoi tout d'un coup autant de personnes techniquement hostile, se mettaient à être tactile avec lui.

Il passa donc devant Lucius en lui lançant un regard méfiant, d'ici que le blond lui bondisse dessus pour lui faire un câlin, mais c'est tout autre chose qui vint de lui. Une menace.

-Faites bien attention Lord Potter. Ce mariage n'est certainement pas au goût de tout le monde et si notre sang m'empêche de faire quoique ce soit, certains n'auront aucuns scrupules.

Le sorcier se glissa ensuite dans le salon pour rejoindre sa femme, sans un regard en arrière.

-Il a raison, approuva sobrement Rogue.

Harry retourna son attention sur lui, le contemplant quelques secondes pour sonder, vainement, son état d'esprit.

-Vous savez pour le mariage.

-Bien évidemment. Je l'ai su dès que j'ai vu votre nom accolé à celui de mon filleul sur ce maudit bout de parchemin… Il semblerait, Mr Potter, que nous soyons destiné à nous fréquenter et ce, même une fois que vous aurez obtenu votre diplôme…

Cela ne déprimait pas le moins du monde Harry qui lui offrit un grand sourire plein de malice :

-Et je m'en réjouis professeur.

-Vraiment ?

-D'autant plus qu'à ce moment-là vous n'aurez plus la possibilité d'enlever des points à Gryffondor !

-Ah ! Quelle perte ! Ironisa l'homme alors qu'ils traversaient le hall d'entrée.

Tous deux sortirent alors dans la vive fraîcheur, entouré par la nuit silencieuse qui rendait chacun de leur pas sur le gravier bruyant. Tournant la tête, Harry pût constater que le bâtiment était éclairé à toutes les fenêtres, ce qui n'avait pas été le cas lorsque Voldemort y résidait. Et pour la première fois il réalisait tout ce qu'avaient perdu les Malefoy au retour du mage noir : leur foyer en première ligne.

-Vous ne devriez pas vous méfier de Narcissa, affirma Severus sans le regarder, continuant son chemin sur la longue allée menant au portail.

-Pourquoi cela ?

-On vous a dit qu'une personne contractant une dette de vie devait un certain comportement vis-à-vis de son sauveur… Mais les liens magiques sont rarement à sens unique. Certaines civilisations considèrent que lorsqu'on sauve une vie, la vie de l'autre personne nous appartient. On contrarie le destin prévu par la Mort, on devient donc responsable de cette vie. Curieux n'est-ce pas ? Que sauver une vie ne soit pas une chose à faire à la légère alors que c'est une décision qui doit souvent être prise en une fraction de seconde ?

-Narcissa se sent responsable de moi ?

-Elle ne vous causera jamais de tort. Comme vous ne pourrez jamais laisser qui que ce soit attenter à la vie de Drago, ou lui nuire… Vous n'auriez jamais pût vous ignorer.

Harry ne répondit rien, tombant dans ses réflexions. Ces dettes de vies semblaient être comme des chaînes qui les maintenaient tous fermement prisonniers. A quel point influençaient-elles leurs sentiments ? Était-ce à cause de ça qu'il ne se sentait pas aussi en colère qu'il aurait dû à l'idée de passer le reste de sa vie marié à Malefoy ? A cause de ça qu'il en venait même à apprécier la compagnie de Narcissa ? Il chercha au fond de lui, mais la colère était aux abonnés absents. Il était troublé, mais bizarrement résolu, sans doute à cause d'Evy', et un peu perdu. Anxieux mais aussi curieux et excité -merci les hormones- et triste. Triste à cause des Weasley. Surtout Ron.

Ron qui l'ignorait depuis hier.

-James avait lui aussi changé de comportement, lâcha brusquement Rogue en s'arrêtant devant le portail.

-Qui ? Fit Harry un peu perdu. Oh ! Mon père ? A propos de ?

In petto, Harry se fit la réflexion que Rogue n'avait JAMAIS appelé son père par son prénom avant et qu'il sonnait étrangement doux dans sa bouche en comparaison des « Potter » qu'il semblait presque cracher.

-Après m'avoir sauvé de Lupin.

Et c'est tout ce que Harry pût apprendre car le maître des potions ne desserra pas la mâchoire du reste du voyage.

A suivre…

Au cas où vous vous poserez la question : l'emblème et la devise des Malefoy n'est pas de mon invention, elles sont officielles. Tout comme les informations concernant la famille Potter. Voilà la seconde rencontre de Harry et Narcissa. Lucius reste encore en retrait, je sais vous êtes déçu ! Mais il n'est pas voué à devenir une pseudo figure paternelle pour Harry, je pense que vous avez peut être compris à qui je destine, par contre, ce rôle ? Eh oui, il n'y a pas que Drago qui apprend un nouveau rôle !
Winters est destiné à hanter toute cette fic, alors j'espère que cette première rencontre n'était pas trop déplaisante.
Et pour ceux qui ont trouvé que ça manquait de Poudlard, vous en aurez tout plein au prochain chapitre avec supplément hormones d'adolescents et d'engrais de bouses de dragons. (Je me moque, mais, et ce n'est pas pour vous faire saliver, noooon, mais j'en adore la fin !).

Prochain chapitre (mercredi) : Jalousie et Fascination, un nouveau round pour Drago VS Ginny.