Note de l'auteur : *prend un ton lugubre* Bonjour ou bonsoir en cette date maudite qu'est celle de mon anniversaire. J'ai beau dire au cosmos que je n'ai pas besoin d'un an en plus, le cosmos s'en moque. En Plus de ça le cosmos décide que mon chat me ferait aller aux urgences vétérinaires, ce qui explique de 1 : que je n'ai pas répondu aux reviews (mais je les ai toutes lu ! promis ! Et je vous aime très fort !) et de 2 : que je publie plus tard dans la journée que d'habitude. Pour ceux que ça inquièterait, mon chat va bien pour l'instant et il a de la chance d'être adorablement mignon parce qu'une put*** de griffure à l'œil qui dégénère qui me vaut 200€ j'ai juste la haine. Alors voilà je vais manger une part de gâteau, me venger sur Drago (hé j'en suis à écrire le passage où monsieur apprends tout !) et vous remercier pour vos commentaires toujours très appréciés, et pour les nouvelles personnes qui décident de suivre cette histoire et pour ceux qui l'ont placée en favori.

Chapitre 17 : Long Garden

Harry et Neville attendaient.

Ils étaient déjà prêts, Harry avait enfilé la tenue qu'Hermione lui avait imposée d'un commun accord avec elle-même, et qui lui semblait beaucoup trop habillée pour se rendre chez un ami. Il avait même – inutilement- passé un peigne dans ses cheveux. Son miroir avait ricané en réponse.

Evangeline portait sa plus belle barboteuse, son manteau, son bonnet et deux adorables petites moufles qu'elle semblait détester puisqu'elle n'arrêtait pas d'essayer de les enlever en frottant ses mains sur son visage. Il regardait ses tentatives avec adoration et méfiance, plissant les yeux en songeant que si à moins de deux semaines elle commençait à se rebeller, il allait en baver pour les dix-huit prochaines années.

Finalement Hermione descendit en trombe les escaliers des dortoirs, portant un sage fourreau violet au col arrondi, une cape à capuche bordée de fourrure blanche nouée à son cou. Comme souvent dans ces occasions, afin de discipliner son épaisse chevelure, elle avait tout attaché en chignon et était occupée à attacher ses boucles d'oreilles. Harry sourit en voyant son sac à perles se balancer sous son bras.

-Désolé les garçons, c'était la course. La prof m'a gardé à la fin du cours de rune pour me parler d'un livre, et c'est entièrement de ma faute, c'est MOI qui le lui avait demandé la semaine dernière ! Puis je suis arrivée en retard à mon rendez-vous avec la psy qui ne m'a pas loupée… Je sais que tu l'aimes bien Harry, mais moi je trouve qu'elle a bien mérité son assignation à serpentard, c'est une vraie fouine ! Et, oh bon sang, c'est Lady Londubat que nous allons voir ! Tu te rends compte de l'honneur Harry ? Cette femme ne reçoit pas n'importe qui, c'est une sommité du monde sorcier ! On ne pouvait pas y aller habillés comme des sacs… Harry, tu aurais pu faire un effort avec tes cheveux ! Enfin, il est sans doute trop tard pour ça…

Les deux hommes étaient ébahis du bagout d'Hermione qui continuait à se préparer en même temps, telle une véritable tornade. Et tout ce qu'Harry pouvait penser au sujet de Lady Londubat, c'était Rogue portant ses vêtements et son chapeau orné d'un vautour empaillé. Cela le fit sourire bêtement.

Quand elle fut enfin prête, ils quittèrent la salle commune pour se diriger vers le portail. Dehors le temps ne s'était pas amélioré. Il faisait déjà nuit et le vent leur fouettait de la neige au visage. Ça n'empêchait cependant pas Hermione de parler, les joues rouges d'excitation :

-Est-ce que tu sais Harry qu'on ignore où se trouve la résidence principale des Londubat ? Il parait qu'elle est très bien cachée et que ses protections sont si puissantes qu'une fois à l'intérieur on est comme dans un bunker ! C'est comme ça que la grand-mère de Neville a pu échapper aux mangemorts !

Harry écoutait à peine, plus occupé à protéger le couffin spécial transplanage de sa fille du temps. Il se fichait bien de l'endroit où se trouvait la maison de Neville, tout ce qu'il savait c'est que la météo ne pouvait pas être pire là-bas.

Dépassant le portail, ils prirent chacun un bras de Neville et se laissèrent transplaner sans la moindre idée de leur destination.

Quand ils réapparurent, il n'y avait plus de vent, plus de neige, ils faisaient toujours nuit mais ils étaient à côté d'une église, du moins entre un de ses contreforts et une petite échoppe de café. Ils sortirent de cet abri, découvrant une rue d'apparence rustique, mais trop peuplé pour qu'il s'agisse d'un village. Un écriteau sur une des façades indiquait « Cornmarket St » et Neville les entraîna sans traîner plus au milieu des passants. Ils prirent une rue transversale, bordée de bâtiments pouvant être qualifié de monuments, et au bout d'un moment, Hermione ouvrit la bouche dans une révélation. Elle attrapa la manche d'Harry et la tirailla :

-Je sais où nous sommes ! Nous sommes à Oxford !

-C'est exact approuva Neville avec un petit sourire en coin.

-Et par n'importe où, c'est le campus de l'Université ! J'y suis déjà allé avec mes parents !

-Dire que si tu n'avais pas été une sorcière tu serais probablement étudiante ici, la taquina Harry, l'air de rien, observant la noble architecture des bâtiments qui avaient un rien de Poudlard.

-Rhooo, Oxford c'est l'excellence, je n'aurais jamais…

Elle préféra se taire, comme pour rêvasser à l'idée d'avoir pu fréquenter ces lieux de savoir.

Harry lui, en prenait plein les yeux, c'était étonnant comment tout dans cette ville avait l'air sorcier alors qu'elle appartenait aux moldus. Les Londubats devaient s'y sentir « comme chez eux ».

Finalement Neville les fit entrer dans un bâtiment, la porte voutée n'était pas verrouillée, et déambula dans des couloirs sans se préoccuper des occupants, qui eux même ne leur adressèrent qu'un vague regard. Il s'arrêta au bout d'un couloir, devant un grand tableau représentant un château aux pierres sombres précédé d'une grande pelouse immaculée et en premier plan d'une grille.

Sortant sa baguette, Neville tapota trois fois la toile en murmurant « Sang de mon sang je requiers l'ouverture », puis il enjamba le cadre et pénétra à l'intérieur du tableau sous l'expression ébahie de ses amis. Il disparut presque aussitôt du paysage peint.

Hermione haussa des épaules, fataliste, et s'avança pour entrer elle aussi à l'intérieur de la peinture. Harry passa en dernier, découvrant que la toile ne représentait pas plus de résistance que le passage de la voie 9 ¾. De l'autre côté, il découvrit le château tel qu'il avait été peint, bien que la pelouse souffrait des frimas de l'hiver. Le terrain était immense, se prolongeant vers l'arrière en ce qui semblait être un bois. Le bâtiment lui-même semblait presque plus grand que le Manoir Malefoy, plus décrépi aussi, comme s'il n'y avait pas eu assez d'argent pour le restaurer. Les bordures de toits étaient par endroit ornées de gargouilles et aucune lumière ne filtrait des nombreuses fenêtres aux vitres grisâtres.

A y réfléchir, cet endroit aurait pu aussi bien être un tombeau que l'on n'aurait pas vu la différence.

Neville se retourna vers eux avec une petite grimace :

-Bienvenue à Long Garden.

-O-o-O-o-O-o-O-

Quand il y fut invité, Percy entra dans le bureau du directeur de la Justice Magique. Un bref instant sa paupière tressauta nerveusement lorsqu'il se rendit compte que la pièce faisait presque le double de son propre bureau et possédait indéniablement un meilleur panorama.

-Ah, Mr Weasley junior ! Fit Mr Winters en se levant de son siège pour lui serrer la main. Je suis heureux que vous ayez répondu à mon invitation.

-Mr Weasley tout court suffira, grommela t'il en se saisissant fermement de sa main.

-Navré, je sais que plusieurs personnes autrefois haut placée ont écorchés votre nom à plusieurs reprises. Je vous proposerais bien de vous asseoir, mais avant ça je veux m'assurer que tout ce qui se dira dans cette pièce restera entre ces murs… Vous voyez ce que je veux dire ?

Il retenait sa poigne et tira même le roux légèrement vers lui. Percy était des plus perplexes alors que l'homme tirait sa baguette de l'intérieur de sa veste. Celle-ci était d'un bois très sombre, probablement de l'ébène, le manche gravé de lierres. Il la posa sur leurs deux mains jointes et alors qu'il commençait à parler, le jeune homme comprenait qu'il lui demandait un serment inviolable.

-Perceval Weasley, jurez-vous de taire tout ce qui sera évoqué dans cette pièce et en ma présence ?

Légèrement affolé, ses yeux volèrent vers ceux de Winters, noirs, inébranlable, semblant le tester, juger à quel point il pouvait être un homme. Malgré son apparence déplaisante, Percy se sentit alors irrémédiablement attiré par son charisme, il avait enfin l'impression qu'on lui donnait une chance de prouver son potentiel, qu'on ne le considérait pas avec la condescendance habituelle des autres grands pontes du Ministère.

-Je le jure, répondit-il sans le quitter du regard.

Il sentit la magie, tel un poison, s'imprégner dans sa chair, brûlante et exigeante.

-Parfait, répondit Winters en lui offrant ce qui devait être un de ses rares sourires, puis s'éloignant de lui, il lui désigna le coin détente : Installez-vous. Thé ? Café ? Ou peut-être quelque chose de plus fort ?

L'homme se détourna, retournant vers un massif bureau en chêne où il repositionna un des nombreux cadres qui s'y trouvait avec douceur et minutie.

-Whisky ? Proposa Percy quand il se fut assis sur une causeuse en cuir.

Et aussitôt une bouteille de whisky pur feu apparut sur la table basse avec deux verres qui se remplirent tous seuls. Winters vint alors vers lui en lui tendant une boite :

-Un cigare ? Petit vice moldu personnel, expliqua t'il devant l'air étonné de son vis-à-vis avant de continuer en coupant le bout du cylindre de feuilles roulées : Mon père en fumait et quand j'étais petit, je trouvais que ça lui donnait une sacrée allure. Étonnement ça n'a jamais percé chez les sorciers qui préfèrent la pipe. Une fois, quand j'étais étudiant à Poudlard, j'avais ramené en cachette une boite qu'on a fumée avec mes compagnons de dortoir… On a tous fini en toussant comme des tuberculeux et les rideaux des baldaquins ont senti pendant deux mois, la directrice de maison était furieuse !

Ceci dit, il alluma le cigare et le coinça dans sa bouche, de la fumée s'échappant de ses lèvres quand il tira dessus.

-Vous étiez dans quelle maison ? Sans mauvaise curiosité, bien sûr…

Il le rassura d'un geste de la main.

-Je n'étais pas chez les « braves » comme vous, mais j'ai eu l'honneur de fréquenter la maison d'Helga Poufsouffle.

-Oh « les braves », c'est vite dit… Mes parents ne m'ont jamais racontés d'anecdote pareille du temps de leur scolarité. Je crois qu'ils étaient plutôt ennuyeux.

Percy fit tinter ses glaçons dans son verre, un peu morose à ces pensées, inconscient du regard pesant et calculateur posé sur lui.

-Arrêtez-moi si je me trompe Mr Weasley, mais vous avez deux grand frère, n'est-ce pas ? William et… Charles, c'est ça ?

-Oui…

-Traditionnellement, William est l'héritier, mais je crois savoir qu'il a été malheureusement victime d'un loup-garou. Vraiment tragique. Et vu l'état des lois concernant les hybrides, il ne peut plus prétendre à ses droits.

-C'est… Exact…

-Donc, le rôle d'héritier devrait revenir à votre ainé Charles, mais il vit en Roumanie où il travaille avec les dragons. Je ne crois pas qu'il ait l'intention de revenir en Angleterre de sitôt. En ce cas, nous pouvons être en droit de dire que vous êtes le prochain chef de la maison Weasley. Il vous incombe donc de veiller à sa pérennité et sa respectabilité… Là aussi je ne me trompe pas, n'est-ce pas ?

-C'est ce que j'essaie de faire comprendre à mon père ! Mais il est si obtus. Maintenant que la guerre est terminée, tout ce qui compte à ses yeux sont ses fichus engins moldus… Sans offense, ajouta t'il rapidement en se rappelant que l'homme en face de lui était né-moldu.

-Ce n'est rien.

-Il est persuadé que tout va aller mieux dans le meilleur des mondes sans rien faire !

-Mais ce n'est pas le cas.

-C'est ce que je dis ! Approuva Percy en bondissant légèrement de son canapé, heureux d'être enfin compris par quelqu'un.

Il voulut cependant disparaître au milieu des coussins en cuir lorsque son aîné jeta un magazine, puis un autre, et un troisième, ayant tous en commun de présenter Ginny en gros titre. Sa sœur-photographique semblait avoir désormais pris le parti de foudroyer tous les lecteurs du regard, le genre d'air qu'elle avait avant de jeter un sort particulièrement douloureux et vicieux. Puis la gazette du jour couvrit les magazines à scandale, présentant cette fois-ci la photo d'un Harry qui donnait le biberon à un bébé tout en discutant avec ses camarades à table, n'ayant pas le moindre intérêt pour l'attention qu'on lui portait.

Le journal titrait : « La petite princesse d'Harry Potter ».

Le fait est que la plupart du lectorat, les ménagères de 30-40 ans, craquaient littéralement devant un Elu pouponnant et qu'à côté, le fait qu'il ait pu potentiellement tromper Ginny ne faisait pas du tout le poids. La jeune fille ne bénéficiait d'un quota sympathie que très limité et on se gaussait plus de sa déconvenue que l'on la plaignait. Percy déglutit bruyamment.

-Rien n'ira tant que des mangemorts se promènent librement dans la nature et usent de manipulation pour récupérer un peu de pouvoir. Voyez ce qu'ils ont fait ? Pensez à ce que votre famille aurait obtenu comme importance si votre petite sœur s'était mariée avec le Sauveur… Comme cela se serait passé si…

Winters passa une main sur le journal comme pour effacer l'image du bébé.

-Mais ce n'est pas trop tard. Vous pouvez encore sauver cet avenir glorieux pour le nom Weasley.

-Comment ? Demanda Perçy, troublé.

Plutôt que de répondre directement, le directeur de la justice magique fit mine d'observer la photo.

-Vous la trouvez… « humaine », vous ? A vrai dire, vu qu'elle est apparue par magie, ce terme me parait incorrect. Peut-on dire qu'elle vit ? Peut-on dire qu'elle ressent vraiment ? Je me suis renseigné, c'est vraiment une première dans le monde sorcier, alors est-ce vraiment une conséquence des dettes de vies ? Personne ne peut le dire… Ne peut-on pas plutôt penser qu'il s'agit du résultat d'un rituel noir ?

-Euh… Je… J'imagine que c'est possible… A quoi pensez-vous ?

-Qui nous dit que ce n'est pas les Malefoy en personne qui ont créé cet enfant afin de retrouver leur influence et se mettre à l'abri de toutes enquêtes ?

-Je… Je ne sais pas quoi penser. Tout cela est très compliqué, nous devons étudier toutes les données de cette histoire et mener des investigations…

-Oui, probablement. Mais tout ceci prend du temps, et du temps, comme vous l'avez si bien fait remarquer, nous n'en avons pas. A vous surtout de réfléchir à ce que vous voulez… Et de voir jusqu'où vous êtes capables d'aller pour satisfaire vos ambitions.

Winters se leva, aspirant une nouvelle bouffée de son cigare et glissa jusque derrière le divan de Percy avec l'aisance d'un fauve. Il posa ses deux mains sur ses épaules et se pencha sur lui comme pour lui dire un secret.

-De vous à moi, Perceval, je pense que vous pouvez faire de grandes choses. Et je suis même prêt à vous y aider.

Percy ferma les yeux, son corps tremblait légèrement comme il était divisé entre une crainte instinctive qui grondait dans les méandres les plus lointains de son être et le plaisir et la joie qui naissaient dans sa poitrine comme des feux d'artifices. La présence de Winters tout près de lui était écrasante, faite de quelque chose d'imperceptible qui devait être sa magie, d'une eau de Cologne puissante et de tabac. L'odeur d'un homme digne d'être admiré. L'odeur du pouvoir.

-Qu'attendez-vous de moi ? Demanda-t-il alors qu'il le lâchait et revenait s'asseoir.

C'était étrange, il ne faisait même plus attention au visage éventré qui lui faisait face, ignorant la crevasse pour le regard inflexible, ses pommettes saillantes et sa mâchoire solide.

-Pour l'instant, rien. Réfléchissez un peu, et revenez me voir.

Percy était déjà tout à ses pensées, tellement qu'il partit sans même finir son whisky. Robert Winters le finit à sa place avant de jeter un coup d'œil sur le journal toujours étalé sur la table.

Harry serrait à présent sa fille contre son visage, l'air typiquement d'un imbécile heureux. Winters dégagea son cigare pour poser la partie incandescente sur le papier : l'image du bébé se consuma, ne laissant qu'un trou aux bords racornis et charbonneux.

-O-o-O-o-O-o-O-

Long Garden était… Un endroit particulier.

L'entrée de la maison donnait sur un gigantesque hall carrelé comme un échiquier de blanc et de noir, trois marches descendaient vers ce qui semblait être un espace de réception, avec ce qui, à une époque, était sans doute un magnifique lustre et à gauche, la désormais trop habituelle cheminée d'arrivée. Un truc immense pouvant abriter un homme de deux mètres sans qu'il ait eu à se baisser. Au-dessus se tenait, dans le cas des familles de la noblesse en tout cas, les armoiries de la famille. Celle des Londubat semblait être une tour dans un écu, barrée de deux baguettes croisées.

L'impression générale était celle d'un lieu passablement délabré, aux couleurs sombres comme si le moindre rouge ou le moindre bleu avaient été mélangé à du noir.

*Grosse impression d'être dans un film de Tim Burton…* Songea distraitement Hermione alors qu'Harry regardait avec de grands yeux un fantôme se diriger dans leur direction.

C'était un homme de la soixantaine voûté, en costume de majordome, doté de l'une des expressions les plus mornes qu'ils avaient jamais vu.

-Je peux prendre vos manteaux ? Demanda-t-il d'une voix qui semblait abriter les eaux du fleuve Léthé, ainsi que l'ennui le plus profond.

-Euh… Fit Harry, perplexe devant ce bonhomme, fixant le bras opalin qu'il lui tendait.

Ôtant sa cape, il la lui tendit, mais comme de juste, elle traversa le fantôme pour tomber par terre en soulevant un peu de poussière. Cela ne sembla cependant pas troubler le majordome qui fit de même avec celles de Neville et Hermione et se dirigea vers une patère pour pendre des manteaux invisible.

Neville secoua la tête d'un air indulgent avant de récupérer leurs capes d'un mouvement de baguette magique et les suspendre.

-Pardonnez Winston. Comme vous le voyez, il n'a jamais quitté son poste de majordome de Long Garden… (puis plus bas) Il s'est entiché de ma grand-mère vous savez, et je crois qu'il restera là tant qu'elle sera en vie…

-Ouah… Et il avait l'air aussi joyeux de son vivant ? S'enquit Hermione.

-Non, pas vraiment…

Le fantôme revint, flottant aussi vite que s'il avait été obligé de marcher avec un déambulateur.

-Si vous voulez bien me suivre. Lady Londubat vous attend dans le salon d'hiver.

Et sans les attendre réellement, il reprit sa lente progression vers le mur de gauche (1).

-Suivez-moi, il en a pour des heures, les prévint Neville. En plus il va encore passer par les murs. Il oublie toujours que les invités ne peuvent pas les traverser.

-C'est… Un très grand château, fit Hermione faute de compliments plus adaptés.

-Trop pour deux personnes. L'aile nord a été condamnée. Plus personne ne s'y rend à part ce pauvre Winston.

Harry et Hermione suivaient leur ami vers le mur de pierre à gauche. Un instant ils avaient pensé qu'il allait découvrir un passage sous une des deux immenses tapisseries qui le recouvraient, mais il semblait bel et bien qu'il se dirigeait au contraire vers la partie nue, juste ornée d'un relief représentant l'emblème des Londubat.

-Euh Nev'… Commença Harry car ce dernier avait la tête tourné vers eux, tout à sa visite guidée et n'allait pas tarder à se prendre le mur en pleine face.

C'est là qu'au dernier moment le mur s'ouvrit, comme une bouche, libérant un passage vers un couloir.

-Oui ?

-Non… Rien… Ouah… Est-ce que c'est… Je veux dire, ça c'est ouvert d'un coup…

-Ah oui… Désolé, je n'y fais plus attention. La maison répond aux besoins de sa famille… La seule porte que vous verrez est celle que vous avez franchie en rentrant.

Avec prudence, les deux invités pénétrèrent à l'intérieur du couloir, craignant être dévorés par les murs à tout moment.

-C'est la « spécialité » des Londubat, même si ça c'est plutôt perdu. Je veux dire : enchanter les murs. Le passage du Chaudron Baveur, c'est un de mes ancêtres qui l'a mis au point. C'est impressionnant de se dire qu'il a enchanté chaque brique, une par une et que le sort tient toujours. Je ne pense pas être capable de faire ça…

-Tu peux faire bien d'autres choses, répliqua Hermione qui n'aimait pas le voir se dévaloriser.

Ils marchaient à présent dans un couloir bordé d'un côté par une rangée de fenêtres, de l'autre par des portraits d'hommes et de femmes engoncés dans des tenues peu seyante. Harry les détaillait en se faisant la réflexion que les fraises, ces collerettes de dentelles, faisaient ressortir les doubles mentons et la maigreur de certains cous.

Et comme le leur avait appris Neville, il n'y avait pas une seule porte à l'horizon, mais ici et là se trouvaient des reliefs représentant des motifs variés et ils devinaient que chacun devait s'ouvrir sur une autre pièce.

-J'aimerais que vous évitiez de parler de ça devant ma grand-mère. Déjà qu'elle n'était pas ravie que je ne passe pas la métamorphose en ASPIC, j'aimerais éviter le discours sur mon futur… Elle voudrait que je trouve un emploi au Ministère, mais dès que je lui parle de mon désir d'enseigner, elle me regarde comme si je lui racontais une histoire drôle… Je crois que je préférais presque lorsqu'elle me prenait pour un bon à rien !

-Ne t'en fais pas, on parlera pas de ça ! Le rassura Harry qui compatissait grandement.

Lui aussi avait eu droit au discours. Pire, lors de la première fête du club de Slughorn, celle avant les vacances de noël, il avait été pris d'assaut par le nouveau directeur du bureau des Auror, puis par plusieurs capitaines d'équipes de Quidditch. Tous lui assuraient avoir une place pour lui avec les meilleurs arguments de salaires et de privilèges qu'ils pouvaient lui trouver. Harry en avait maudit son professeur de potion qui lui avait préparé cette « petite surprise » comme il disait.

Neville arriva au bout du couloir, crispant à nouveau ses camarades en marchant nonchalamment dans le mur. Évidemment, comme précédemment, le mur s'ouvrit en arcade avant que l'héritier ne s'y cogne le nez.

-C'est quand même stressant ce truc… Marmonna Hermione.

Ils pénétrèrent dans un salon de taille moyenne, et même si ce dernier s'ouvrait sur de vastes fenêtres donnant sur le sud, la pièce était aussi lugubre et déprimante que le reste du château. Tout semblait vieux, mais pas dans le genre luxueux, juste dans le genre passé de mode depuis deux générations, des lampes aux abats jours à pompons jusqu'aux dessus de canapés en macramés.

Devant un tel constat, Harry se dit que finalement il n'avait pas été si malheureux que ça chez les Dursley… Qui donc pensait à ce pauvre Neville, obligé de passer toutes ses vacances d'été dans cette ode à la dépression ? Au moins la famille d'Harry avait été un sujet d'hilarité sans fin.

-Je vous souhaite la bienvenue à Long Garden !

Ils tournèrent la tête en direction de la voix, apercevant la grand-mère de Neville entrer par un autre passage. A l'intérieur elle ne portait pas de chapeau, mais son étole de renard pendait sur ses épaules, au-dessus d'une sévère robe vert bouteille.

-Bonsoir Lady Londubat, firent Harry et Hermione.

-Oh, allons, pas de ça les enfants, appelez-moi Mrs Londubat.

Elle vint serrer leurs mains dans les siennes, petites et ridée, mais encore vigoureuse et pleines de forces, avant de partir enlacer sa montagne de petit fils et le rabrouer :

-Je vois que tu ne m'as toujours pas amené la petite Hannah Nevy !

-Grand-mère, ça ne fait qu'à peine trois mois !

-Je ne vois pas le rapport !

-C'est très gentil de nous inviter chez vous, intervint Hermione, s'attirant un regard de gratitude de son ami.

-Oh, ce n'est rien vraiment. Mais dites-moi, ma chère, vous vous embellissez avec l'âge !

-Oh, c'est très gentil…

-Et quel est donc le chanceux garçon à avoir capturé toutes ces grâces ?

-Euuuuh…

Harry ricana dans son poing alors que Neville se trouvait brutalement fasciné par les fenêtres. Elle venait de sauver ce dernier pour tomber à son tour dans les filets de la vieille dame.

-Vous ne lisez pas la gazette ?

-Oh non ! J'ai horreur de ce torchon ! Pas UNE SEULE information correcte, répliqua Augusta avant de se tourner vers Harry, faisant soupirer de soulagement Hermione. Et voilà le futur marié !

-Eh oui, c'est moi…

-Quelle surprise j'ai eu en lisant le courrier de Nevy ! Imaginer un instant que vous allez vous marier avec Drago Malefoy ! Oh, mon garçon, ne rougissez pas ainsi, c'est un très bel homme !

Harry tapa discrètement Neville et Hermione qui tiraient la langue de dégoût.

La vieille femme, elle, se pencha alors sur le couffin d'Evangeline, regardant avec un grand sourire la petite fille gigoter légèrement, frottant ses poings contre son visage.

-Oh quel adorable petit trésor !

Harry ne pouvait qu'approuver, arborant lui-même un air stupide comme si l'enfant était la huitième merveille du monde.

-Harry, tu as ton visage de papa gaga, le prévint Hermione.

-Rien à faire !

Lui et Augusta se jetèrent un regard complice avant qu'elle ne se redresse et reprenne un air plus sévère.

-J'imagine que Narcissa Malefoy vous a déjà bien renseigné sur les étapes d'un mariage, commença t'elle en allant s'asseoir sur un canapé, les invitant à faire de même tout en chaussant de petites lunettes sur son nez.

-Oui, approuva Harry en sortant une copie des contrats de sa poche. Il déplia le papier et le lissa avant de le poser sur la table basse qui leur faisait face.

Il s'assit, le couffin sur ses cuisses, tandis que la matrone récupérait les papiers, les détaillant d'un air concentré, le nez crispé comme si elle retenait un éternuement.

-Les mariages sont une chose importante, il ne faut pas prendre cette affaire à la légère !

-C'est parce que je ne prends pas ça à la légère que je fais appel à vous, approuva Harry en fronçant à son tour les sourcils. Neville m'a assuré que vous étiez la meilleure concernant les mariages.

Un petit sourire mystérieux souleva les lèvres de la vieille femme, lui faisant un peu penser à l'air qu'avait eu une fois Narcissa en sa compagnie. Il y avait en tout cas la même étincelle dans les yeux, faite d'approbation et de ce qui ressemblait à de l'excitation.

-Vous avez bien grandi Mr Potter. Pas seulement physiquement, mais aussi à l'intérieur. Dumbledore avait raison de vous faire confiance et je suis sûre que vous irez loin. Je dois m'avouer ravi que mon petit-fils profite de votre influence.

-Oh… C'est gentil mais je ne suis pas vraiment…

-C'est naturel chez vous. Un mélange de candeur, d'intelligence, d'empathie, et sans doute d'une bonne dose d'intuition.

-Je ne deviendrais pas Auror, la prévint-il, mais cela ne sembla pas la perturber, bien au contraire.

-Merlin merci ! Ce serait un véritable gâchis !

Harry n'était pas sûr de comprendre ce qu'elle voulait dire par là, mais il était heureux qu'un adulte ne critique pas son choix pour une fois.

-Bien bien, allez donc faire un tour dans la chambre de Nevy pendant que j'étudie ces documents. Winston viendra vous chercher quand le dîner sera prêt.

Ils la saluèrent avant de suivre Neville qui prenait la poudre d'escampette. Il fut néanmoins rattrapé par un « La prochaine fois, amène moi la petite Hannah ! » avant que le mur se referme derrière eux. Il s'épongea le front, soulagé d'avoir survécu à l'entrevue, et conduisit ses amis dans les méandres du château, faisant apparaître ici une ouverture, là un escalier qui naissait sous leurs pieds.

Harry le suivait mécaniquement, perdu dans ses pensées, avant qu'Hermione ne se place à sa droite et lui prenne le bras.

-Alors comme ça « ton mari est un bel homme » ? Lui lança t'elle avec un grand sourire taquin.

-Oh ça va arrêtes ! Fit-il en la bousculant légèrement. On ne peut pas dire qu'il est moche quand même !

-Mais « un bel homme » !

-Tu ne vas pas me lâcher avec ça, hein ?

-Non, pas tant que tu rougiras de cette façon !

Et effectivement, Harry réalisa qu'il rougissait. Il ne pouvait s'en empêcher dès qu'on lui parlait de « mari », et encore plus quand on y associait le nom de Drago Malefoy. Bon sang, il allait avoir un mari !

-Je crois que je suis petit à petit en train de réaliser VRAIMENT ce que je suis sur le point de faire.

Hermione lui tapota amicalement l'épaule, compatissante.

Ils arrivèrent finalement devant un mur que Neville tapota de sa baguette, comme il l'avait déjà fait sur le tableau dans la maison d'Oxford.

Une nouvelle arche apparut et ils entrèrent dans une pièce très différente du reste de la maison. Après tant de teintes ternes, leurs yeux clignèrent devant les vives couleurs, globalement vertes, des plantes qui envahissaient les lieux, semblant le transformer en petit jungle.

-Ma chambre, fit Neville. Aussi appelé ma « serre » par ma grand-mère… Vous êtes les premiers amis que j'invite ici.

Hermione fit aussitôt la moue, catastrophée. Elle réalisait sans doute qu'elle aurait pu penser à Neville pendant les vacances plutôt que de passer la plus grande partie de son temps au Terrier ou à l'appartement de Square Grimmaurd.

-Crois-moi, si j'avais pu, j'aurais préféré passer toutes mes vacances avec toi, gémit Harry. Après tout cet endroit m'aurait sûrement apporté 10 fois plus de protection que tout le sang qu'on aurait pu tirer du corps de ma tante et de mon cousin…

Son ami lui sourit, avant de penser à quelque chose et plonger sous un amas de végétation, découvrant ce qui ressemblait à des étagères basses, d'où il extirpa un vieux cahier.

-Oh, mais c'est tout comme ! Quand j'étais petit, je m'étais imaginé tout un tas d'histoire avec Harry Potter !

Il lui tendit l'objet et Harry découvrit sur la couverture le titre de « Les aventures de Neville et d'Harry », accompagné d'un dessin représentant deux personnages (il imaginait) dont l'un avait un immense éclair rouge sur le front et les cheveux blonds. Feuilletant l'ouvrage, il découvrit sur plusieurs feuilles une écriture énorme et encore peu assuré, s'améliorant néanmoins au fil des pages, ainsi que quelques dessins.

Le brun se sentait curieusement ému.

-Ah, je crois qu'Harry Potter a été l'ami invisible de beaucoup d'enfants sorciers, marmonna Neville, à présent très gêné. Encore plus probablement pour notre promotion parce qu'on savait qu'on avait le même âge et qu'on se retrouverait à Poudlard. Honnêtement, c'était déjà exceptionnel de partager la même chambre !

Harry aurait aimé penser à Neville, mais en cet instant, il ne pouvait s'empêcher de repenser à cette main tendue par un petit garçon blond et de se sentir mortifié. Bon, il n'était qu'à moitié responsable, après tout Malefoy avait tenu des propos infects, mais en ce moment il se sentait comme s'il avait détruit les rêves d'un enfant.

Malefoy avait-il joué avec un Harry invisible ?

Il était très perturbant de se dire que plusieurs enfants avaient joué avec des vous qui n'étaient pas vraiment vous, pendant que vous-même creviez d'envie de jouer avec quelqu'un du fond de votre placard sous l'escalier.

-Tu n'avais pas d'amis étant enfant ? S'étonna Hermione en jetant un coup d'œil aux étagères.

-Non, pas vraiment. Répondit Neville, heureux de changer de sujet. Il n'y a pas vraiment d'endroit où les enfants sorciers peuvent se retrouver. Évidemment, on s'aperçoit de loin quand on accompagne un adulte dans les lieux sorciers. A un moment j'ai eu une amie, Betty Wilson, que j'ai rencontrée à Ste Mangouste parce que son père était interné à côté de mes parents… Mais ce dernier s'est suicidé et Betty et sa mère ont déménagé en Norvège.

Harry déglutit. La vie de Neville n'était vraiment pas rigolote, ça semblait totalement injuste quand on savait à quel point il était généreux et agréable.

-Mais à part ça, vous n'avez aucun contact avec les autres enfants sorciers ?

-Pour un enfant né sorciers le monde se résume à sa famille et aux contacts de cette dernière. C'est tout. Et comme je n'ai ni frère, ni sœur, ni cousins et que ma grand-mère ne reçoit que des vieilles personnes, je n'ai jamais eu d'enfant de mon âge avec moi. C'est pour ça que j'avais si hâte de Poudlard… Et si peur aussi.

-Oui, ça doit faire un choc de passer du désert relationnel à l'abondance, réfléchit Hermione.

-Ça aurait pu être pire. Gryffondor est une bonne maison et tu m'as aidé dès le début Hermione. Ce qui est le plus choquant, c'est de passer d'un univers familial, où tu es le seul enfant et un peu le centre du monde, à Poudlard où tu ne deviens qu'une minuscule chose au milieu de nombreuses personnalités.

-L'école primaire nous prépare à ça, fit Harry.

-C'est l'inconvénient de l'enseignement à domicile, approuva Hermione. Quoique cela fasse débat. Certains prétendent qu'il est plus sain pour les enfants de ne pas subir un environnement aussi stressant et normalisé qui restreint les potentiels, et sans doute ont-ils raison. Néanmoins cela ne tient pas lorsqu'on a l'ambition d'inscrire par la suite son enfant dans un collège. Je ne comprends pas qu'il n'y ait pas d'école pour enfant sorcier. Ils peuvent prétendre ce qu'ils veulent au ministère, mais il y a une différence de niveau notoire entre les élèves de première année selon la capacité qu'a eu leur famille de leur apporter une éducation. Ron, par exemple, avait de nombreuses lacunes en orthographe et ne devait ses connaissances en histoire qu'aux cartes de chocogrenouilles ! Encore que ces cartes ne parlent que du monde sorcier et pas vraiment de l'histoire d'Angleterre !

-C'est ma grand-mère qui me faisait classe, leur apprit Neville. Deux heures par jour, c'était une véritable torture. Elle était sévère et exigeante et je passais beaucoup de temps au coin avec des oreilles d'âne. Je devais les garder toute la journée et cela faisait rire mes grand-oncles.

-C'est odieux ! S'indigna Hermione en ouvrant un cahier au hasard.

Elle poussa une exclamation de ravissement lorsqu'apparut une fleur au milieu d'un tube de lumière. Tournant la page, une nouvelle plante occupa l'espace.

-C'est un de mes herbiers. L'un de mes passes temps quand j'étais petit, lui apprit Neville. Je partais sur les terres de Long Garden et je ramassais tout ce que je trouvais de nouveau.

Hermione lisait les indications inscrites par Neville, accompagnant chaque végétal conservé magiquement dans son état de cueillette.

-J'ai moi aussi fait des herbiers quand j'étais petite, mais ils n'étaient pas aussi beaux ni aussi remplis, et puis les moldus sont obligés de sécher les plantes pour pouvoir les garder, ça a aussi son charme… Et toi Harry, tu as déjà fait des herbiers ?

Le brun depuis le pouf où il s'était installé fit un signe de dénégation de la tête. Il n'avait pas le temps pour ce genre de choses quand il était petit, il avait sans cesse des trucs à faire pour son oncle et sa tante. Et puis ses seuls contacts avec la nature se limitaient à d'ennuyantes corvées dans le jardin. Arroser, désherber, pailler, planter, bêcher… Tous ces trucs-là.

-Sinon… Fit Harry en espérant lancer une discussion plus joyeuse : quand comptes tu amener Hannah ici ?

Le visage du châtain se referma, prenant un air distant.

-Je sais pas… J'y pense pas pour l'instant.

-Pourquoi ? S'étonna Hermione. Je sais qu'il est encore un peu tôt, mais tu ne penses pas à l'avenir de temps en temps ?

-Si… Mais… Si ça continue… Je suppose que je vais l'épouser.

-Tu « supposes » ? Releva Harry, surpris par la formulation.

-Tu y pensais toi, avec Ginny ?

Le brun fit la grimace, peu heureux qu'on lui rappelle les projets qu'il aurait pu avoir avant Evangeline.

-Ouais… Ça n'aurait pas été pour tout de suite, mais Molly nous aurait mis la pression et on aurait fini par craquer juste pour lui faire plaisir.

-Tu te serais marié juste pour faire plaisir à Molly ?! S'insurgea Hermione.

-Ose dire que tu n'aurais pas fini par craquer toi aussi si tu étais restée avec Ron !

La sorcière leva haut son petit menton, l'air de dire qu'elle aurait résisté.

-En tout cas, avec Hannah ça reste prématuré de parler de mariage, affirma Neville avant de rougir un peu et de se mettre à bégayer : vous savez… On a même pas encore… Enfin vous savez quoi…

-QUOI ?! S'exclama Harry, réveillant par mégarde Evangeline qui se mit à pleurer. Mais tout le monde au dortoir est persuadé que… Enfin… Elle dort avec toi !

Hermione alla récupérer le bébé tandis que les garçons continuaient à se fixer d'un air gêné et à balbutier.

-Bein oui, enfin non, c'est tout ce qu'on fait : Dormir !

-Mais alors Seamus me doit quatre galions !

-Vous avez parié sur ÇA ?!

Neville ne pouvait pas vraiment paraître menaçant mais Harry préféra ne pas répondre, prétendant trouver tout d'un coup passionnante la plante à côté de lui. Celle-ci essaya de le mordre et il retira rapidement sa main.

-Vous êtes vraiment pas possible !

Cela n'empêcha pas le grand gryffondor de s'approcher d'Harry jusqu'à être sous son nez :

-Dis… Toi et Ginny , comment ça s'est fait la première fois ?

-Ah… Euh… J'imagine que c'était dans l'ambiance… On se faisait des câlins et puis… Et une chose en entraînant l'autre…Voilà quoi.

Neville avait l'air perplexe et Hermione qui n'avait pu s'empêcher d'entendre poussa un grognement.

-Ce qui est important Neville, c'est que tu lui montres que tu l'aimes ! Et puis ça demande aussi une ambiance, un minimum de romantisme et de passion pour la première fois. Pas sur un canapé entre deux shoot de vodka par exemple…

Harry leva les yeux au ciel, une grandiose idée de Ron qui avait eu aussi du mal à sauter le pas.

Leur ami eut l'air encore plus perdu.

-« L'amour », hein ? Fit-il d'une voix rêveuse. Le problème c'est que je sais pas vraiment ce que c'est, l'amour…

-Tu n'aimes pas Hannah ?

-Je ne sais pas. J'avoue que je ne comprends pas. Est-ce très différent de l'amitié ? Est-ce qu'on est « amoureux » simplement lorsqu'on apprécie une personne et qu'on éprouve du désir pour elle ? Si c'est le cas, il y a de nombreuses personnes dont je peux être amoureux… Et je n'ai pas l'impression que ça devrait être ça « l'amour ».

Harry et Hermione se regardèrent. Dire qu'ils étaient surpris était un euphémisme. Concernant le brun, il n'avait jamais franchement réfléchit à ça, mais il pouvait appréhender la différence :

-Je crois que c'est plutôt quand une personne devient « unique ». Qu'on se dit, comme une évidence : c'est elle et pas une autre.

-Ginny était comme ça pour toi ?

-Oui. Ça s'est imposé comme ça, du jour au lendemain, comme si…

*Comme si j'avais reçu un coup sur la tête…* Pensa t'il en devenant d'un coup tout blanc, réalisant qu'il avait de nouveau eu cette impression pas plus tard que le week-end dernier.

Concernant un certain blond.

Non. Impossible.

-Harry, ça va ? S'inquiéta Hermione.

-Oui, c'est rien, juste une pensée absurde.

-Dans ce cas là… Je ne crois pas que j'aime Hannah… Conclut Neville d'un air un peu défait.

Ils ne purent aller plus loin dans cette discussion car le fantôme de Winston traversa le mur pour leur annoncer que le repas était prêt, et Harry s'avoua heureux de laisser derrière lui toute considération liée à l'amour.

A suivre…

(1) Pour ceux qui ont un jour joué à Tomb Raider II sur PC (s'il y a des personnes aussi vieilles que moi par ici… bouhouhou…) Winston est la copie conforme du majordome dans la Maison de Lara, celui qui nous suit à une allure de tortue et qu'on s'amusait ma sœur et moi à enfermer dans le congélateur !

Dooonc… Voilà.
Sinon de façon triviale, Long Garden est un croisement entre Rosings Park (du roman Orgueil et Préjugés) parce que malgré moi, je vois toujours Mrs Londubat comme une espèce de Lady Catherine De Bourgh du moins du côté « je ne souffre aucune contradiction de mes propos » et du Manoir de Misselthwait du film « Le Jardin Secret » (film que j'adore avec notre chère Prof McGo en gouvernante) . Même si au final l'entrevue avec la grand-mère de Neville est assez courte parce que mon intérêt était surtout sur le petit fils. Je pourrais faire une longue diatribe à ce sujet mais ces notes d'auteur sont déjà assez longue.

Du coup, chapitre suivant si mon changement d'âge ne nous ait pas tué moi ou mon chat (mercredi) : Ce que sont les ténèbres, grooos chapitre de mise au point pour Harry avant celui des fiançailles.