Note de l'auteur : Comme annoncé dans le chapitre de l'histoire principale, voici un chapitre « Hors-série » comme celui que j'avais écrit pour Halloween. A quelques différences près : il ne se passe pas dans le futur, mais dans le passé ! Et il est en plusieurs parties. Et puis c'est une song-fic… J'ai eu envie d'écrire cette histoire après avoir lu le doujinshin (c'est l'équivalant manga d'une fanfic) « The World » de Mayu qui met en scène James Potter et un Sirius Rogue tellement adorable. Honnêtement avant ça, je me disais que ce couple était juste tellement improbable, comme quoi… Pour l'accompagner j'ai donc choisie une chanson japonaise et là aussi c'est particulier puisque c'est une chanson chantée originellement par un logiciel et non une vraie personne (le logiciel s'appelle vocaloid si ça vous dit quelque chose et le chanteur virtuel s'appelle Kagamine Len.) mais je ne vais pas rentrer dans les détails. Dans les faits c'est une chanson programmée par OwataP et donc le petit Len virtuel prête sa voix à James car cette histoire suit le point de vue du papa d'Harry. Les paroles de la chanson représentent les sentiments du James que j'ai imaginé. J'espere que cela vous plaira.
Oh etj'avertis au cas où mais scène un peu chaude à la fin ( si peu !), mais bon, hein, il y a un joli petit rating M sur cette fic, ce n'est pas pour rien.
Hors-série : Paradichlorobenzene (Partie 1)
Boku wan nan no tame ni utau ?
Pourquoi suis-je en train de chanter ?
Paradichlorobenzene
Tada imi mo rikai sezu ni utau
Je me contente de chanter sans rien comprendre
Paradichlorobenzene
Sou kotaemotome hashiridashita
Alors j'ai couru à la recherche de réponses
Paradichlorobenzene
Sono saki ni tadoritsuite nanimo nai to shitta kedo
Même si je savais que de là où j'étais je ne pouvais rien trouver
Saa !
C'est parti !
Mai 1981
-Tu es sûr que tu pourras te débrouiller tout seul ?
Le ton honnêtement inquiet de la voix l'indigna. James tourna violemment la tête vers Lily, faisant par là même légèrement glisser ses lunettes sur son nez.
-Harry est mon fils ! Je peux quand même m'en occuper pendant quelques minutes ! Je ne m'appelle pas encore Peter que je sache !
Son épouse lui fit LE regard et il chercha aussitôt un point loin de cette direction. Il faisait bien d'éviter ses yeux car les éclats de jade promettant milles morts toutes plus douloureuses les unes que les autres étaient désormais sous son nez :
-Alors c'était quoi, ça, la dernière fois avec Sirius ?
-Eh ! On voulait juste vérifier ce que racontait un bouquin au sujet des réflexes physiques des bébés ! Harry a très bien tenu droit tout seul comme un grand !
-Sur les mains de Sirius, à plusieurs mètres du sol ! J'ai eu la peur de ma vie !
-J'étais là pour le rattraper au cas où…
-Non ! Non ! Je ne veux rien savoir ! Plus d'expériences !
James avait tout d'un coup l'air d'un chien à qui on venait de retirer son os.
-Bon… D'accord, marmonna-t-il, penaud.
-Plus JAMAIS !
-Oui, oui, j'ai compris…
Il attendit que la porte claque derrière sa femme pour se plaindre devant le berceau de son fils qu'il était un homme martyrisé. Harry ne sembla pas comprendre le problème de son père et continua à mâchouiller son loup en peluche.
James finit par le prendre dans ses bras et le laissa jouer avec ses cheveux un peu trop longs tout en se dirigeant vers le jardin. Il faisait un temps splendide dehors, un ciel bleu et dégagé comme il était rare d'en voir et il trouvait que son enfant devait en profiter.
Il l'entraina ainsi à marcher pendant plusieurs minutes, appréciant de le voir esquisser quelques pas maladroits, les bras tenus par son père. De temps en temps Harry tombait, ou plutôt James le laissait s'asseoir, et le petit garçon riait aux éclats comme s'ils avaient trouvé un nouveau jeu.
Soudain, averti par son instinct, James attira son fils contre lui et tourna la tête. Il s'était senti observé et tomba soudain sur une vision invraisemblable. Pendant plusieurs secondes, il refusa d'y croire, se demandant s'il s'agissait en fait d'un rêve. Il en avait tellement fait de ce genre…
Mais non, il semblait bien là. Séparé par une haie d'hortensia en fleurs, tranchant au milieu des vives et gaies couleurs du printemps.
Severus Rogue. Ses cheveux plus longs, tombant comme un rideau de chaque côté de son visage, sa peau pâle, ses yeux comme deux charbons enfoncés dans leurs orbites et soulignés de cernes. Il semblait en plus mauvais état que jamais, les épaules voutés et le corps complétement couvert de robes noirs qui semblaient peser comme une côte de maille.
Ainsi, l'homme semblait se rendre à son propre enterrement.
-Qu'est-ce que tu fais là ? Lâcha James en essayant de contrôler sa voix, serrant son fils un peu plus fortement. Tu crois que je ne sais pas QUI tu sers ?
-James… Commença l'homme et son regard de détresse noua l'estomac de l'auror. Toi… Lily… L'enfant… Vous devez partir. Vous êtes en danger.
-Qu'est ce… Qu'est-ce que tu racontes ?
-Vous vous êtes dressé trop de fois devant lui et c'est une chose qu'il n'admet pas…
-C'est notre devoir. Peu importe à quel point cela agace ton maître !
-Potter… Ne sois pas contrariant pour une fois et fait ce que je te dis !
S'emparant de Harry et le soulevant dans ses bras alors qu'il se redressait, James ne put s'empêcher de vouloir approcher la sombre silhouette, ne le lâchant pas un instant du regard. Si proche… Et pourtant si lointain. Quand il fit mine de reculer, James s'arrêta, trop conscient des 4 mètres maudits qui les séparaient.
-Je ne peux pas. Et encore moins tant que tu restes à ses côtés. Sev…
- Tais-toi ! Je ne veux pas t'entendre ! Tu m'as déjà dit tout ça, mais… Rien n'a changé ! Je n'en ai… Rien à faire !
-Severus… Je t'aime.
L'homme le regarda avec une expression que James reconnut comme de la frustration.
-Et moi je te déteste.
Utaimashou odorimashou
Chantons tous ensemble, dansons tous ensemble
Paradichlorobenzene
Saa wamekimashou sakebimashou
Allez, hurlons tous ensemble, crions tous ensemble
Paradichlorobenzene
Inu mo neko mo ushi mo buta mo mina
chien, chat, vache, cochon, tout le monde
Paradichlorobenzene
Saa kuruimashou nemurimashou kuchihateru made
Allez, devenons fous et dormons jusqu'à pourrir
Saa !
C'est parti !
1976 - Milieu 6eme année -
Il ne savait pas exactement quand il s'était réellement attaché à cet être. Il savait par contre quand il l'avait REALISE.
Une infirmerie blanche, des draps blancs, des rideaux doucement soulevé par le vent. Lui, le garçon, le teint blanc et ses cheveux noirs qui tranchaient sur le coussin, des bandages parcourant son corps et sa figure. Et lui, qui pleurait lamentablement devant cette vision.
Seul Remus l'avait vu, Remus qui partageait sa peine, mais pas vraiment pour les même raisons, et il n'avait rien dit. Il avait respecté cela. Sirius n'aurait pas compris, jamais, il semblait n'avoir jamais grandi dans sa tête, quant à Peter qui l'adulait, il aurait simplement effacé ce moment de sa mémoire pour ne garder que ce qui lui plaisait.
Vous pensez bien, le grand, l'adulé James Potter pleurnichant au chevet du plus lamentable mec de Poudlard. Franchement, là, il n'en avait rien à foutre. Il voulait qu'on le laisse dans son plus parfait auto-apitoiement de lui-même.
-Des regrets Potter ?
Il releva la tête de ses mains croisées, remontant le long des plis et bosses des draps blancs jusqu'à l'unique œil non bandé, d'un noir si profond que parfois l'on n'apercevait même pas la pupille. Impossible d'y lire quoique ce soit, le serpentard restait soigneusement indéchiffrable, quoique la façon dont tombait ses épaules faisaient penser à de la résignation.
-Vous avez voulu me tuer, continua t'il, et cette fois-ci il y avait un rien de choc dans sa voix.
Choqué qu'ils en soient arrivés jusque-là.
-NON ! Hurla brusquement James, détestant viscéralement cette idée.
-Mon existence vous est-elle SI pénible ?
Oh Merlin, ce que contenaient ces quelques mots… James se haïssait, et sans se contrôler il grimpa sur le lit pour suivre des doigts la courbe d'un avant-bras d'une blancheur crayeuse, puis le creux d'une joue et le renflement d'une pommette, tout en répétant inlassablement des « Non ! » désespérés. Comme s'il voulait les infuser dans cet épiderme et les planter au plus profond de la chair. Il finit avec ses yeux plantés dans les siens, transmettant tout ce qu'il pouvait d'honnêteté.
-Non.
Il ne le laisserait jamais croire quelque chose d'aussi horrible. Rogue était figé sous ses mains, sous son front qu'il laissa retomber contre le sien.
-Bordel, non…
-Par Salazar Potter, c'est d'avoir manqué devenir un meurtrier qui te fout le cerveau à l'envers ?
-Pourquoi dis-tu ça ?
-Tu es des plus proches du « lamentable, sale et graisseux Servilus ».
James s'étouffa sur un début de rire.
Ça lui allait. Rogue pouvait être aussi acerbe qu'il le voulait. Il ne voulait ni de la sympathie de Remus, ni de l'adoration de Peter, ni de l'impunité outrageuse de celui qui était comme son frère. Pourtant pour être honnête, c'était lui qui était le responsable de tout ça.
Entièrement responsable.
Ruuru ga boku wa iya de
Je déteste les règles
Tada shibararetaku nakute
Je n'ai aucune envie d'être dominé
Dakara boku wa nigedashite
Alors je me suis échappé
Atosaki no koto wa wasure
Sans penser aux conséquences
1971 -1ere année-
-Heeey je m'ennuie, gémit James, couché en travers de son lit, la tête pendante dans le vide.
Il fixait son voisin direct, un garçon aux boucles noires et à l'air espiègle. Sirius Black. Ils s'étaient de suite entendus, bien que reconnus d'abord pour avoir vagabondé aux quelques même fêtes dans leur enfance, sans pour autant s'approcher. Leur famille ne faisant pas vraiment parti du même cercle.
Mais bon rien que le fait que le gamin ait provoqué un scandale avec la mine la plus insolente qui soit en se faisant répartir à Gryffondor plutôt qu'à Serpentard, comme tous les membres de sa famille, lui avait immanquablement plût.
Ce genre de convention n'existait pas chez les Potter, mais si cela avait été le cas, il aurait sûrement fait pareil.
Si Sirius était des plus intéressant et prometteurs, il ne savait trop que penser des deux autres. Remus Lupin était des plus discrets et secrets, se contentant d'interaction des plus superficielles et collant son nez dans les bouquins dès qu'il le pouvait. Il semblait avoir raté sa vie chez les Serdaigles. Peter Pettigrow était d'une timidité maladive, petit, plutôt rondouillard, il semblait avoir peur de chaque chose qui sortait de sa bouche et se contentait de dire « Amen » à tout ce qu'il disait.
James était quant à lui, un « petit effronté » de 11 ans, avec la capacité de patience d'un chat à l'heure de sa pâté. Interprétez comme « aucune ».
-Eh bien dors, lança Remus du côté qu'il ne pouvait pas voir.
-Veux pas. J'ai pas sommeil. Diiis Sirius, on va faire un tour ?
Sirius abaissa son livre sur le Quidditch, le regardant avec une expectative excitation. L'air de se demander s'il proposait bien ce qu'il proposait. Un rictus taquin déchira les lèvres de James et il fit onduler ses sourcils deux fois, lui donnant l'air tout à fait ridicule d'un gamin en pleine tentative de drague, ce qui tordit de rire son camarade. Ouais il était un clown, il assumait !
-Mais le couvre-feu est passé… Répondit prudemment Peter depuis ses couverture, attendant néanmoins avec impatience ce qu'il allait faire.
James savait qu'il suffirait de le pousser un petit peu ce Peter avant qu'il ne plonge avec lui dans le vice et le mal.
-Oh, qui se préoccupe du règlement ?! Moi je dis que les règles sont juste faite pour être brisées !
-Ca, ça pourrait être un projet, ajouta Sirius en sautant de son lit. On pourrait faire en sorte de violer toutes les lois du règlement de Poudlard avant d'être diplômés !
James se redressa aussitôt, les yeux brillant d'excitation :
-OUI ! Quelle idée parfaite camarade !
Il alla rejoindre l'autre garçon, l'attirant dans une étreinte visant apparemment à écraser sa tête contre son torse :
-Je savais qu'on était fait pour être ensemble ! Je t'ai attendu toute ma vie et c'est le destin qui nous a réuni mon frère !
Sirius tenta vainement de se dégager, arguant qu'il allait finir par tuer son nouveau frère, avant de finir par lui chatouiller les hanches, ce qui eut plus de succès.
Du côté de Remus, on entendit un ricanement sournois.
-Quoi ?! Grognèrent les deux bruns.
-« Article n° 233, alinéa B : il est interdit de marcher à l'envers dans les couloirs avec une cuillère dans la bouche et un œuf dessus. »… Et il y en a encore des bonnes comme celle-là…
Malheureusement cela n'eut pas l'effet escompté car une lueur diabolique s'alluma dans les yeux des deux garçons.
-Bon ok, je vous laisse entre cinglés…
James et Sirius étaient déjà à fomenter un plan pour obtenir des œufs. En même temps, ils se dirigeaient vers la salle commune et le jeune Potter tourna un instant la tête vers son coffre, se demandant s'il devait ou non parler de la cape d'invisibilité à Sirius. Puis finalement il renonça. Cela serait plus amusant ainsi.
Cette nuit ils firent les fous dans les couloirs sans vraiment tenter d'être discrets et engagèrent de véritables courses poursuites avec les préfets, professeurs et le concierge. Ils se fichaient d'être pris car jamais avant ils n'avaient été aussi libre.
Se réfugiant dans un placard à balai, ils discutèrent un long moment avant que James arrive à persuader Sirius de faire un serment du sang avec lui, ce qui était aussi bien interdit à Poudlard que dans le monde sorcier en général. Se tranchant chacun la paume de la main avec le canif de Sirius, ils échangèrent leur sang en se promettant d'être toujours là l'un pour l'autre.
N'y étant pas allé de main morte, les deux garçons finirent leur première escapade coincés sur des lits de l'infirmerie avec leur directrice de maison leur hurlant dessus qu'ils avaient eu de la chance que l'une des préfètes de Poufsouffle pense à ouvrir ce placard et les trouve en train de se vider de leurs sangs.
Sirius reçut sa deuxième beuglante de l'année et James s'amusa à parodier la voix de sa mère durant la semaine qui suivit.
Le lundi de la nouvelle semaine, Remus se frappa le front, désespéré, alors que les deux garçons remontaient les couloirs à l'envers, une cuillère avec un œuf dans la bouche. James avait tellement envie de sourire et de rire qu'il avait un mal de chien à tenir sa cuillère entre ses lèvres, mais jamais lui ou Sirius n'auraient pu rêver de mieux en devenant le centre de l'attention de tous les élèves.
Il savait bientôt que de la 1ere à la dernière année, tout le monde saurait qui étaient Potter et Black et qu'ils attendraient tous avec impatience leur prochaine facétie !
Même les infâmes serpentards qui se croyaient mieux que tout le monde et qui se moquaient de son meilleur ami et frère.
C'est parce qu'il marchait à l'envers qu'il LES remarqua pour la première fois. La petite rousse aux adorables fossettes rieuses et le garçon au teint cireux, aux yeux étranges tellement ils étaient noirs. Cela fit buguer un instant James parce que si Lily Evans ne lui était pas totalement inconnu car elle était dans sa classe, il ne remettait pas du tout le garçon. Puis alors il avisa son uniforme : le vert et argent le frappant comme une gifle. Ah, il aurait dû le deviner à cet air fuyant qu'il observait derrière les mèches brunes qui entouraient son visage, il s'agissait d'un serpent…
Maintenant restait à savoir pourquoi un misérable serpent discutait si joyeusement avec une lionne. Un mauvais sourire ourla les lèvres de James alors qu'il entendait à présent les hurlements scandalisés de McGonagall précédant comme toujours les punitions. Vu ce que les serpentards faisaient subir à Sirius, il était hors de question qu'un seul serpent s'approche d'eux, et celui-là allait vite le comprendre…
Son regard croisa alors celui de son meilleur ami, s'offrant deux sourires jumeaux alors qu'ils lâchaient leur cuillère et que les œufs s'explosaient à terre, salissant le bas de leur robe, mais aussi celles des malheureux aux alentours. Au milieu des cris, les deux garçons partirent en courant et James s'assura de bousculer le serpentard au passage, même si tout ce qui comptait vraiment, c'était le rire de Sirius.
Et leurs mains solitaires qui se cherchaient.
Sashizu saseru no ga iya de
Je n'aime pas qu'on me dise quoi faire
Sukoshi waru ni naritakute
Je veux être un petit diable
Shin'ya ie wo nukedashite
J'ai fugué de chez moi en pleine nuit
Yoru no machi wo hashirinuke
Pour courir dans les rues sombres de la ville
1970
-Nous t'adorons James chéri, tu le sais ?
-Oui maman, répondit docilement le petit garçon de dix ans en se trémoussant sur place.
Les mains d'Euphemia Potter tenaient son visage en coupe et elle baisa son front.
-Tu es tellement précieux, tu comprends pourquoi maman et papa ne veulent pas que tu sortes de la maison ?
L'enfant, frustré, hocha une nouvelle fois la tête. Non, il ne comprenait rien, mais ce n'était pas comme si on attendait vraiment son avis.
-Tiens, boit ta potion calmante.
James retint de justesse une grimace. Il détestait cette mixture que ses parents l'obligeaient à avaler matin et soir. Fléamont et Euphemia Potter avaient échoué pendant si longtemps à avoir des enfants, mais ils n'avaient jamais renoncé. Le souci c'était qu'ils n'étaient plus de toute première jeunesse, loin de là, les rides marquaient bien les yeux doux et aimables d'Euphemia, la calvitie aurait menacé Fléamont s'il n'avait pas été un inventeur de potion de génie, mais cela revenait au même : il était plus évident de penser qu'ils étaient les grands-parents de James que ses parents.
Et James avait un léger, tout petit, problème : dans le monde moldu on lui aurait aussitôt diagnostiqué un TDAH ou « Trouble de déficit de l'attention avec hyperactivité ». Sauf que dans le monde sorcier, on donnait juste des potions calmantes, parce que droguer les enfants étaient tellement plus rapide et simple.
James grimpa sur sa chaise, faisant face au verre remplit d'une substance laiteuse. Il se mit aussitôt à se balancer sur l'assise avec l'impression qu'il allait exploser de l'intérieur s'il ne laissait pas sortir son énergie. A chaque mouvement de balance, la chaise grinçait comme un instrument de musique dont il avait le contrôle.
-James. S'il te plait. Ton père est fatigué…
Toujours fatigué. Le petit garçon se sentait totalement en décalage. Parfois il se disait que ses parents auraient dû adopter un animal plutôt que de l'avoir lui, parce que tout ce qu'ils semblaient vouloir, c'était quelque chose à câliner et à aimer… Mais un enfant avait bien d'autres désirs.
Il était assoiffé et les caresses et les mots doux n'étaient que de douces couvertures qui l'étouffaient.
-Je m'ennuie maman… Je suis tout le temps tout seul dans cette maison ou le jardin.
-Mais non, tu n'es pas tout seul, nous sommes là.
-Ce n'est pas suffisant, marmonna t'il.
-Pardon ? Le questionna la vieille dame qui n'avait pas entendue.
*Votre amour m'étouffe, encore et encore.* Aurait-il voulu lui dire, mais à la place de cela il choisit un sujet moins pénible :
-Ne puis-je voir d'autres enfants ? Nous vivons dans un village sorcier après tout.
-Mais nous voyons du monde et nous échangeons avec pas moins de sept familles de Godric's Hollow…
-MAIS ILS N'ONT PAS D'ENFANTS ! Hurla James, exaspéré de voir que ses parents semblaient sourds à ses véritables désirs.
Tous vieux, tous avec des enfants déjà adultes et installés ailleurs ou pas d'enfants du tout. Pourquoi les sorciers semblaient tous SI vieux ?
-JAMES ! TA POTION ! Intervint son père avant de revenir à une voix plus douce : tu t'énerves parce que tu ne l'as pas prise.
-JE VEUX PAS LA PRENDRE CETTE POTION STUPIDE !
Il se jeta hors de sa chaise et se mit à crier, hystérique. La magie répondit aussitôt à l'appel et le verre et son contenu douceâtre explosa en plusieurs morceaux, arrachant des cris de surprises et de peur à ses parents.
-JAMES !
Mais l'enfant n'avait cure des appels de ses parents, il continua à crier, se plaçant toujours hors de portée. Il en avait assez des gentillesses, il en avait assez de la solitude, il ne supportait plus cette prison dorée et les chaînes hypocrites de l'amour.
Ses parents l'aimaient trop, il était trop important à leurs yeux et aveuglés ils étaient incapable de répondre à ses besoins. Besoin d'ouverture, mais aussi de limites. Jamais il n'avait été puni, on cédait à presque tous ses caprices, on le couvrait de cadeaux pour le calmer. Stupide. Vraiment stupide.
Sans réfléchir plus, sa magie brisa toutes les vitres des fenêtres, creusant le plus de trous possible dans la muraille, désirant sentir le vent s'y engouffrer et tout balayer. Quand les portes fenêtres cédèrent à leurs tours, il se sentit aspiré par celles-ci et sauta par-dessus le châssis, atterrissant sur la terrasse avant de courir sur le gazon et de passer le portail.
Aussitôt il eut l'impression de respirer à nouveau normalement. Aspirant une large goulée d'air, insensible aux cris derrière lui, il utilisa ses petites jambes excitée pour mettre le plus de distance possible entre lui et la maison. Il ne réfléchit même pas au fait de se perdre, il se gorgeait de sa liberté.
Il finit par s'arrêter quelque part. De la buée s'échappant de sa bouche. Il n'avait pourtant pas froid. Pas encore. Son regard s'égara un instant sur la rue plongée dans l'obscurité, juste éclairée par un unique réverbère qui attirait les insectes. Il plongea instinctivement dans sa lumière et s'assit sur le trottoir.
C'était bien la première fois depuis longtemps qu'il était calme comme ça. Pas de ce calme artificiel qui l'enserrait d'un étau de coton et l'empêchait de réfléchir, mais bien d'une vraie impression de sérénité née d'une bonne fatigue et de son cœur qui ralentissait lentement pour reprendre un rythme normal.
Regardant ses mains, il avait enfin l'impression d'être vivant, avec une personnalité et un futur, pas juste une jolie poupée posée là pour faire plaisir à ses parents. Cela l'inquiéta cependant un peu, parce que plus il regardait ses mains, plus il se demandait ce qu'il était censé en faire…
« Nan no tame ni ikiru noka »
« Pourquoi suis-je en vie ? »
Boku wa noraneko ni hanashikaketa
J'ai demandé à un chat errant
Neko wa nanimo kotaezu ni
Il ne m'a rien répondu
Tada mikudashita hitomi de boku wo mita
il m'a juste regardé avec des yeux méprisants
-1977- 7eme année
Il ouvrit les yeux, troublé par de vieux cauchemars… Qui étaient en réalité plutôt de vieux souvenirs. Inspirant lentement, il prit un moment pour retrouver un rythme cardiaque correct. C'est alors qu'il comprit ce qui l'avait arraché à son sommeil.
-Encore sur ces fichus bouquins, grommela James.
Il venait d'être réveillé par le bruit caractéristique des vieilles pages tournées et jugeait avoir le droit de s'en plaindre. Severus lui jeta à peine un regard plein de dédain avant de reprendre sa lecture.
James roula dans le lit, pour se placer à moitié sur le dos du jeune homme, et ainsi pouvoir taquiner de ses lèvres et de sa langue la peau nue de sa nuque.
-Potter… Râla Severus qui n'arrivait plus de ce fait à se concentrer.
-Huhuum ? Quoi donc Severus ? Fit James avec un immense sourire dans la voix.
-Tout à l'heure ne t'a donc pas suffit ?
-Allons, un grand garçon comme moi (il fit glisser son doigt le long de la colonne vertébrale du serpentard, lui arrachant un immense frisson) avec dans son lit une créature aussi charmante que toi.
-Merci pour le « créature », répondit Severus d'un ton sardonique qui n'allait absolument pas avec l'expression troublée de son visage qui aux yeux de James aurait pût tout aussi bien dire « Attache moi à un poteau et fais-moi l'amour violemment ! ».
Le tenant déconcentré, le gryffondor tenta d'éloigner le livre maudit des mains de son amant, le retournant sur le dos pour pouvoir plonger sur ses lèvres et les martyriser de ses dents. Il fut celui qui perdit vite sa concentration lorsque le serpentard se mit à gémir de satisfaction dans sa bouche, son corps se soulevant pour mieux se lover au sien.
On pouvait dire ce que l'on voulait, pour James, Severus était la créature la plus sensuelle qui avait jamais partagé ses draps. Tant de potentiel caché sous un uniforme, bien que s'il avait fait un peu l'effort de nettoyer ses lunettes et d'aller au-delà de l'idée toute faites qu'il s'en était fait, il aurait vu la délicatesse de ses gestes, la finesse de son corps plutôt semblable à celle dont on aurait imaginé les elfes pourvues, la noblesse de sa posture malgré tout ce que lui et ses amis lui avait fait subir.
Severus ne le croyait jamais quand il lui disait pardon, alors James faisait ce qu'il pouvait pour se pardonner en lui donnant le plus de plaisir possible. Même s'il sentait toujours qu'après avoir passé presque 6 années à lui faire détester son corps, le fait que James l'accepte et le désire ne suffirait pas à lui rendre son amour propre.
Peu importe, il finirait par le lui faire accepter, ainsi que ses sentiments, léchant et suçant la fragile peau blanche de son cou, embrassant ses clavicules et le dos de ses mains, aspirant ses mamelons durcis par le plaisir, et surtout se régalant de ses soupirs, de la façon dont son corps, honnête, se tordait pour recevoir plus et mieux et ses doigts griffant son dos.
Puis pour la deuxième fois de la nuit, il le pénétra, toujours avec douceur et précaution, cherchant à chasser la détestable idée qu'avait cet homme d'être utilisé pour son propre plaisir ou pour le lui faire payer plus tard.
La confiance du serpentard était plus dure à obtenir qu'un optimal en divination. Mais il relevait le défi, et en attendant, il devait se satisfaire que la chair était faible et plus qu'enthousiaste de ses attentions.
Et ça commençait par le fait que James le faisait toujours jouir avant de se le permettre lui-même. Que cet idiot borné n'aille pas dire qu'il n'était pas un amant exceptionnel… Ou un dieu du sexe, ça aussi il acceptait.
Retombant sur la poitrine de Severus, satisfait comme un chat devant un bol de crème, il se mit à faire voyager ses doigts le long de l'intérieur du bras de son amant, suivant le tracé de quelques veines bleutés.
Maintenant qu'il avait éloigné ce dernier de tout fichu livre de magie noire, il repensa à son rêve et se perdit dans cette impression de vide et de peur qui l'avait envahi.
-Dis Severus… Pourquoi sommes-nous sur Terre ? Lâcha-t-il sans cesser de le caresser.
L'autre bras du serpentard bougea et une main aux longs doigts vint se poser sur le haut de son dos. Dans une optique sans doute plus réconfortante que charnelle, mais ça convenait à James. Si Severus réagissait bien aux avances sexuelles, il n'était jamais celui qui les réalisait.
-Oh de la métaphysique après le sexe Potter ? Je ne te pensais pas comme ça !
James bougonna, boudant contre sa peau et rougissant légèrement.
-Je suis sérieux.
-Je ne pensais pas que ça t'arrivait, répondit Severus, faussement confus.
-Navré de te décevoir, si, ça m'arrive assez souvent, surtout avec toi dans les parages. TU es celui qui n'est jamais sérieux.
-Peut-être parce que je ne considère rien de tout cela sérieux.
-C'est un problème.
-Le tien peut être, répliqua sèchement Severus en ôtant sa main de son dos.
En réponse James se releva sur ses coudes afin d'affronter son regard. Ça ressemblait toujours à cette soirée à l'infirmerie, après que Severus ait été à moitié estropié par Remus-mode-loup-garou. James tentant désespérément de convaincre les orbes noir de nuit à croire en sa franchise.
-Qu'est-ce que je dois faire pour que tu arrêtes de croire que tout ça est une blague de mauvais gout ou une façon particulièrement criminelle de te martyriser ? Parce que vraiment, c'est presque humiliant pour moi… Quand tu tiens un tel discours j'ai presque l'impression de te violer…
-Je… Je suis consentant… Je crois, l'arrêta t'il aussitôt même s'il n'avait l'air pas très sûr de ce qu'il disait. Je ne suis pas un idiot et ce serait bête de cracher sur ce que tu m'offres, sachant que tu es probablement, pour une raison qui m'échappe, le fantasme sexuel de plus de la moitié de l'école…
James prit aussitôt une moue indignée : comment ça une raison qui lui échappait ? Qui avait gémit de plaisir il n'y a même pas cinq minutes ? En réponse Severus plissa les yeux, mais pas d'une façon menaçante. De temps en temps il avait cet air amusé affreusement choquant et complétement bandant.
-C'est « la raison qui m'échappe » ou « que la moitié de l'école » qui t'offusque ainsi ?
-Tss l'autre moitié est pour Sirius, marmonna James avant de se gifler mentalement en sentant son amant se tendre.
Ca y est, le nom maudit avait été prononcé et Severus redevint tout de froideur et de colère revêtu.
-Je pourrais te croire le jour où, par exemple, tu parleras de notre relation à ceux que tu appelles tes « amis » ! Asséna t'il d'un ton glacial.
-On en a déjà parlé, gémit de frustration James en se laissant retomber, le front contre les clavicules blanches et parfaites.
-Ah ça, pour en avoir déjà parlé, en convint Severus, mais je me fiche de tes excuses. Je me fiche de la déception de cette larve de Pettigrow, je me fiche de la stupide compréhension et compassion de Lupin et plus que tout je me fiche de votre future dispute à Black et à toi !
-Je sais que tu ne les aimes pas et qu'ils n'ont jamais rien fait pour ça, mais…
-Vu comme ça je peux dire que je ne t'aime pas non plus Potter.
-Merde Rogue, ne dis pas ça d'un type couché nu contre toi !
-L'amour et le sexe sont deux choses qui n'ont pas forcement de rapport.
-Donc si je te comprends, toi et moi c'est juste du sexe ? Tu crois que je vais vraiment gober que TOI tu serais capable de te donner à ce point juste pour du plaisir que tu pourrais te procurer avec ta main droite ?
-Oh j'ose penser que tu te sais meilleur que ma main droite, répondit Severus avec nonchalance. Mais je ne veux pas gonfler un peu plus ton orgueil surdimensionné.
-Mon orgueil t'emmerde…. Et puisque c'est comme ça, c'est assez pour cette nuit, j'me casse.
James roula pour s'échapper du lit du préfet et se mit aussitôt à la recherche de son boxer. Severus ne le retiendrais pas. Il ne le faisait jamais, se contentant de le regarder avec colère et parfois, de façon tellement furtive qu'il croyait le rêver, un rien de vulnérabilité.
Il sautillait pour enfiler son pantalon lorsqu'à son étonnement Severus revint à l'attaque.
-Je me demande pourquoi on n'en parle jamais…
-De quoi ? Qu'est-ce que tu racontes encore ?
-De la raison principale pour laquelle je ne te crois pas.
James se retourna vers lui, méfiant, la braguette encore ouverte et le reste de ses vêtements ainsi que sa cape d'invisibilité sous le bras.
-Qui est à ton avis ? Fit-il avec méfiance, prévenant avec son expression que le serpentard ferait mieux de peser soigneusement ses paroles.
-Evans.
Tout d'un coup, ce fut comme si toute chaleur avait déserté la pièce. James carra de la mâchoire, un tic dont son fils hériterait même s'il ne le savait pas. Et pour paraphraser Drago Malefoy des années plus tard : c'était loin d'être leur expression la plus sexy.
La colère était toujours non loin. L'impulsivité Potter dans toute sa splendeur.
Il marcha à grand pas vers la porte avec l'intention de disparaitre sans un mot, mais ce fut plus fort que lui, une fois dans l'embrasure, il s'arrêta et se retourna.
-Tu sais pourquoi tu te sens si mal Rogue ? Pourquoi t'es là à pas assumer ? C'est parce que je suis la seule putain de personne qui veut faire l'amour avec toi ! Et parfois j'en viens moi-même à me demander pourquoi je fais ça !
Il détourna le regard aussitôt, refusant de voir la nouvelle plaie que sa langue de vipère avait infligé… Mais il se devait de se protéger lui aussi.
Et on ne parlait pas de Lily !
A suivre…
C'est peut-être un peu bizarre…. J'espère que les sauts dans le temps ne vous ont pas trop perturbés. Avant de vouloir écrire cette histoire je ne me serais jamais intéressé à James qui est à mes yeux le genre de personne que je déteste le plus. Je me sens beaucoup plus de connexion avec Rogue. Mais j'ai trouvé un compromis et j'en suis plutôt satisfaite. Concernant le titre, « Paradichlorobenzene » est une substance chimique hautement toxique et cancérogène : faite la relation avec le couple James/Severus et vous aurez compris ! J'espère néanmoins que ce petit morceau de leur histoire vous aura plût. Vous aurez la suite à une autre occasion, promis !
