Note de l'auteur-même-si-elle-n'a-pas-grand-chose-à-dire : Bonjour ou bonsoir tout le monde ! Voici donc un chapitre plutôt attendu je pense ! Je remercie comme toujours les adorables personnes qui me laissent des commentaires, les nouveaux qui ont décidé de suivre cette histoire(vous êtes plutôt nombreux maintenant) et les invisibles qui sont quand même là, par hasard, curiosité ou autres ! Tous amusez-vous bien !

Chapitre 19 : Avoir des notes est correct dans certaines situations

Harry retourna le médaillon dans ses mains. Il était simplement parfait et encore une fois il ne regretta pas un instant d'avoir fait appel à cet artisan renommé. Bon il fallait presque vendre un rein pour s'offrir ses services, mais le résultat était à la hauteur des galions déboursés.

Il le reposa dans son emplacement, au milieu d'un étui dont l'intérieur était tapissé de velours noir. L'objet était à présent entouré des sceaux de la famille Malefoy, donné par Lucius, et de la famille Black, donné par Narcissa.

Et avec ça, il avait enfin tout.

C'était sans doute pourquoi il avait envie de s'enfuir en courant.

-Il est magnifique, je suis certaine que Drago va l'apprécier, annonça Andromeda en caressant le bijou de ses doigts. Mais, qu'as-tu mis à l'intérieur tout à l'heure ?

-Une mèche de cheveu d'Evy', fit Harry en faisant la moue, cela lui ayant déchiré le cœur de couper quelques-unes des boucles si douces de l'enfant.

Celle-ci se trouvait confortablement lovée contre son torse, dans le porte bébé, dormant toujours mieux quand elle pouvait être en contact avec son père. Le souci c'était que Teddy regardait tout cela d'un air mécontent, vivement jaloux dans son landau. Le concept de « cousine » ou de « fille de son parrain » ne semblait pas s'imprimer dans sa tête, surtout que le jour suivant la pleine lune, il se montrait souvent grincheux et capricieux.

Néanmoins, étant un bébé, il n'avait pas le droit au chapitre et il continua à bouder tout le reste de la ballade sur le Chemin de Traverse.

Harry n'y avait plus rien à faire, mais il ne pouvait s'empêcher de retarder le moment de rentrer à Poudlard.

-C'est ennuyeux, j'espère que Teddy va finir par accepter Evy'… Après tout, ils vont être élevés ensemble, presque comme frère et sœur… S'inquiéta Harry en fixant l'enfant allongé et apathique qui contrastait avec le Teddy qui adorait ces balades et se tenait agrippé et penché au bord du landau pour ne rien rater, provoquant des frayeurs à ses deux tuteurs.

-Mais oui, ne t'en fait pas, ça arrive souvent à la naissance d'un nouvel enfant, le premier a peur de perdre l'amour que ses parents ont pour lui. C'est la preuve que tu comptes beaucoup pour Ted.

Le brun était touché par cette idée et détourna le visage pour cacher son expression. Parfois ça l'agaçait vraiment que tout ce qu'il ressente s'inscrive en lettres majuscules sur sa figure.

-Je suis désolé de ne pas pouvoir être plus présent…

-Ho non, ne le sois pas, c'est très bien que tu puisses repasser cette année. Et il ne reste après tout que quelques mois avant tes examens…

-Argh oui, avec toute cette histoire d'Evy' et de mariage, j'en viens presque à les oublier ceux-là… Et puis il y a les matchs de Quidditch et la coupe des Quatre Maisons…

-Ah, être à nouveau jeune et débordé… Chantonna Andromeda.

Elle s'attira un « Bon sang tu es encore jeune ! » exaspéré.

-O-o-O-o-O-o-O-

Drago s'était éveillé avec une mauvaise impression, comme un frisson glacial qui avait traversé ses membres. Par curiosité, il consulta donc son calendrier d'arithmancie durant le petit déjeuner, mais les chiffres du jour étaient tout à fait bénéfiques, propices aux évènements positifs.

Cela le laissait doucement songeur.

Blaise avait louché au-dessus de son épaule puis fait la grimace en voyant les colonnes de chiffres et de calculs. Lui-même n'avait pas pris Arithmancie, qu'il considérait casse couille, et surtout parce qu'il ne voulait pas se retrouver comme sa mère à consulter son horoscope pour la moindre action. Une fois, à l'un de ses anniversaires, elle avait refusé de sortir faire la balade à dos de poney promise parce que « les chiffres n'étaient pas bon ». Ca l'avait dégouté à vie de toute forme de divination.

-Tu avais arithmancie hier, qu'est ce qui te travaille ?

-Rien, je vérifiais juste un truc.

-Mais encore ?

-Rien je te dis ! J'ai juste l'impression que quelque chose va me tomber dessus à tout instant… Mais la distribution du courrier a déjà eu lieu, alors je ne vois pas ce qui pourrais arriver…

Le jeudi était habituellement une journée tranquille : Seules les filles avaient gardés l'histoire de la magie ainsi, habituellement, Drago et Blaise profitaient de la matinée pour discuter tranquillement ou jouer aux échecs. Puis durant tout l'après-midi ils avaient métamorphose.

-On pourrait peut-être jeter un coup d'œil à Evy' ce matin, lâcha Blaise, l'air de pas y toucher en zyeutant vers la table des gryffondors.

-Oh non ! Pas toi aussi ! Gémit Drago. Répète après moi : EVE-ANGE-ET-LINE ! Ce n'est pas si difficile !

Mais Blaise ne faisait même pas semblant de l'écouter.

-Tiens, bizarre, Granger et Londubat sont tous seuls… Et ta fille n'a pas l'air d'être avec eux.

Le blond décida de le snober de la même façon, sirotant son thé d'un air désintéressé.

-A y repenser, Potter n'était pas au repas hier soir… Comme avant-hier soir… Et dimanche. Tu crois qu'il a mangé chez tes parents ?

L'image aberrante de Potter à la table de ses parents lui arracha un magnifique levé d'yeux au ciel.

-Tu sembles très intéressé par son assiduité dans la Grande Salle Blaise !

-En fait c'est plus l'assiduité de MA filleule qui m'intéresse, mais puisqu'on en parle, ne me dis pas que tu ne vois pas que quelque chose se prépare ! Ces absences, ces échanges de hiboux…

Drago haussa des épaules, il avait sa réponse toute prête, celle qu'il s'était enfoncé de force dans le crane pour cesser de psychoter bêtement :

-Le baptême est ce week-end. Il doit sans doute le préparer.

-Et qu'est-ce que ta mère à avoir là-dedans ? Les grands parents ne sont pas conviés à l'enregistrement.

Réponse toute prête numéro 2 :

-Tu connais ma mère, elle va sans doute vouloir en faire un évènement spécial avec une fête.

-Et tu n'es pas au courant, parce que… ?

Réponse absolument pas prête numéro lambda :

-… C'est une surprise ?

Même lui ne semblait pas convaincu, mais, eh, quand le vin est tiré, il faut le boire, il décida de camper sur cette position. Blaise puait le scepticisme à plein nez et Drago qui essayait de se cacher en plongeant son museau dans sa tasse de thé ne le trompait pas le moins du monde.

Le black se leva soudain, l'air déterminé, faisant trembler sur ses fondations le flegme anglais de son camarade en même temps que sa tasse de thé.

-Que… Qu'est-ce que tu vas faire ?

-Aller directement à la source et demander à Granger où se trouve Potter !

Cela ne faisait que confirmer ce que le blond avait toujours su : Blaise était un putain de Gryffondor déguisé d'une mue de serpent. Avant même d'avoir pu émettre la moindre protestation, Drago se retrouva à marcher rapidement pour rattraper Blaise, le maudissant de nombreux noms d'oiseaux.

Par sécurité, il se tint à l'écart de la table, se tenant près des poufsouffles, ne tenant pas à renouveler l'expérience du jus de citrouille sur sa robe. Trouillard ? Lui ? Nooooonnnnn, juste intelligent et prudent, NUANCE.

Par sécurité, il jeta un petit coup d'œil aux Weasley, mais si le frère l'avait repéré et avait tout l'air d'un félin guettant sa proie, sa jeune sœur, en revanche, ne lui porta aucune attention.

Il en était presque déçu.

-Harry ? Fit soudain la voix de Granger. Il est parti passer la nuit chez son filleul. Il a naturellement pris Evy' avec lui. Je suis désolé Zabini mais tu ne pourras pas la voir ce matin.

Blaise semblait déçu, à la fois pour sa filleule, mais aussi pour sa théorie du complot, et Drago lui lança un regard entendu. Son ami lui répondit en lui envoyant un regard venimeux.

Le blond était pour partir maintenant, après tout plus loin ils étaient de cette table et de ses occupants, mieux il se portait, mais Blaise semblait avoir développé une étrange capacité à supporter Granger et il continua à discuter comme si de rien n'était.

-Je ne savais pas que Potter avait un filleul, lança Blaise comme s'il jugeait que cela pouvait être une couverture pour autre chose.

-Si, Tedd… Edward Lupin.

-Pourquoi cette hésitation ?

-Oh, tout le monde l'appelle Ted, comme son grand-père, ou « Teddy », mais je me suis dit que son vrai prénom parlerait plus à Malefoy.

Le blond fut surpris d'être tout d'un coup intégré dans la discussion, alors qu'il était tranquillement à sa place à perturber les pauvres petits Poufsouffles de secondes années par sa seule présence.

-Et pourquoi ça devrait me parler ? Demanda-t-il hautainement. Hormis le fait qu'il porte le nom de notre ancien prof de défense loup-garou ?

Granger leva un sourcil, puis prit son air insupportable de Miss-Je-Sais-Tout prête à balancer ses infos et à récolter 50 points pour sa maison.

-Parce que ce garçon, en plus d'être le fils de notre « ancien prof de défense loup-garou » comme tu le dis (Blaise ricana doucement à l'idée que cette loque ait réussi à se trouver une femme) , est aussi ton petit cousin.

Là Blaise retint toute réaction inopportune, Drago semblait peu ravi de la nouvelle, encore que, cette tête méprisante pouvait simplement être de l'incrédulité. Et c'était ce que c'était.

-Jamais vu sur notre généalogie, se contenta t'il de dire.

-Parce que la stupide matriarche des Black a renié Andromeda, ta tante au cas où tu ne le saurais pas, parce qu'elle avait épousé un né-moldu. Edward Tonks. Ils ont eu un enfant, qui donc était ta cousine, Nymphadora. Une fille vraiment géniale, c'est affreusement dommage que tu ne puisses pas la connaitre …

-Et pourquoi ça ?

C'était dit avec défi. Une fois encore Drago trouvait que la jeune femme se mêlait de ce qui ne la regardait pas, mais la tristesse qui se lit sur ses traits lui fit regretter d'avoir relancé la discussion.

-Elle est morte. Pendant la bataille de Poudlard.

Ah. Forcement. Mais qu'est-ce que sa « cousine » pouvait bien faire là-bas…

-Elle faisait partie de l'Ordre du Phénix, tout comme son époux, le professeur Lupin. Les découvrir mort a été un choc pour Harry…

-Le professeur Lupin est mort lui aussi ?! S'exclama Blaise, apparemment choqué.

En même temps il était encore en train de se moquer de lui il y avait même pas une minute…

Granger hocha la tête pour confirmer.

-Edward Tonks est décédé également quelques mois avant, tué par les Raffleurs. Il ne reste que Andromeda et Harry pour s'occuper de Teddy, c'est pourquoi il passe une nuit par mois chez eux, finit d'expliquer Granger avec un sourire confus.

-Hum… C'est tout de même bizarre que Potter ait fini parrain de cet enfant, persiffla Drago qui refusait de se lamenter pour des personnes mortes qu'il n'avait même pas connu.

-Un jour, fit brusquement Granger en se levant pour aller en cours, un jour Harry te racontera peut être l'histoire des Maraudeurs. Mais en attendant ce jour-là, je crains que la vie privée d'Harry Potter ne te regarde pas !

Elle lui fit un sourire sarcastique puis leur lança un étrange « A ce soir ! », avant de partir la tête haute avec Neville, plantant là les deux serpentards perplexes.

-Pourquoi ?! Se contenta de s'exclamer Drago, incluant là toutes les questions possibles et inimaginables sur cette putain de discussion sortie de nulle part.

Il jeta un regard noir à Blaise, lui faisant comprendre qu'il lui en voulait personnellement pour l'état actuel de son pauvre cerveau. Ce dernier haussa des épaules, l'air de dire qu'il n'y pouvait rien, mais il gardait au coin des lèvres une esquisse de sourire tordu. Comme s'il avait réussi à extraire de ce bordel une information valable.

-Crache le morceau, lui fit-il alors qu'ils partaient à leurs tours vers leur salle commune.

-Tatata, pas tant que je n'en sois pas certain, répliqua Blaise.

-Oh, encore ton « illumination », réalisa Drago avec mépris.

Blaise n'était pas ravi de son attitude et lui répondit d'abord avec un son de gorge dédaigneux, avant de reprendre :

-Ca se confirme.

-Je me demande bien quoi. J'ai juste appris qu'une branche reniée de mon arbre généalogique avait produit des pousses… avec un loup garou qui plus est… Berk !

-Disons… Commença Blaise incertain, que l'on semble te donner des informations sur la vie de Potter que tu n'aurais jamais obtenu auparavant…

-Eh bien, on doit se partager un gosse…

-…Que l'on insinue que tu pourrais avoir une plus proche proximité avec lui dans le futur…

-QUOI ?! Où ça ?

-Ah ça…

Blaise fut coupé dans sa phrase au beau milieu du hall d'entrée par un poufsouffle qui débarqua de dehors en annonçant :

-LE VENT EST TOMBÉ ! BATAILLE DE BOULE DE NEIGE DEHORS !

Et dans la bousculade qui suivit, Drago, en tant que préfet en chef, dû renoncer à en savoir plus pour patauger dans la neige et récupérer les élèves qui avaient cours ce matin et qui semblaient l'avoir oublié à la seule évocation du mot « boule de neige ».

Il allait sans dire que quand il descendit dans sa salle commune, mouillé et refroidi, il n'était pas particulièrement de bonne humeur. Blaise préféra remettre la discussion à plus tard et plongea à l'abri derrière son magazine de mode.

-O-o-O-o-O-o-O-

Rapidement le soleil tomba sur la plaine de neige piétinée par de nombreuses chaussures et bonhomme de neige animés, et la nuit prit sa place.

D'un accord commun, il sembla que ce fut Poufsouffle qui gagna la bataille de boule de neige générale et tout à leurs envie de revanche, les élèves fixaient le plafond magique de la Grande Salle dans l'espoir de voir des flocons tomber pendant que chacun s'installait.

Trois élèves étaient néanmoins loin de tout ça, réunis dans le dortoir des garçons de dernière année de la tour Gryffondor.

Harry se tournait et se retournait devant le miroir, se fixant sur toutes ses coutures d'un œil critique. Dire qu'il était nerveux était très loin de la réalité, il était si tendu et rempli d'énergie retenue qu'il rêvait de se lancer dans un triathlon sur le champ. Ça lui rappelait un peu son premier match de Quidditch et il avait passé ses heures de sommeil à rêver qu'il avait réussi à créer un clone pour qu'il y aille à sa place. Evidemment, au réveil, nul clone et plus aucun souvenir de la formule miracle pour le créer… Le polynectar était de même exclu, il était beaucoup trop long à préparer et il n'était pas sûr qu'un de ses amis aurait accepté de tenter l'expérience à sa place…

Bref, il était condamné à y trainer sa propre carcasse.

-Je l'ai mis comme il faut ? Finit-il par demander en se tournant vers Neville.

Ce dernier se retourna, dévoilant sa propre tenue. Tout comme Harry il était habillé ce soir-là d'une robe de cérémonie aux écussons de sa famille. Ses liserés et motifs étaient de couleurs marrons et blanc cassé et comme elle était taillée sur mesure, plutôt que de pendre lâchement sans souligner la silhouette, elle moulait parfaitement taille et hanche, en partie retenue par une large ceinture de tissu et des attaches de bronze . Sous celle-ci, tous deux portaient une tunique à col montant et épaulettes, tout aussi noire, mais pouvant être entièrement brodée, comme c'était le cas pour Neville. La tunique tombait jusqu'à mi-cuisse et Harry avait grimacé quand son ami lui avait affirmé qu'il était de bon ton de porter en dessous, ce qu'on appelait des « culottes » et qui étaient des espèces de leggings moulants désagréables– surtout quand vous avez grandis avec des jeans trois fois trop larges pour vos jambes de faon.

Heureusement, on les voyait assez peu grâce aux pans de la robe. Merlin merci, parce qu'il n'était pas sûr d'assumer la façon dont cela dessinait ses cuisses et ses mollets.

Finalement le costume se terminait pour tous deux de brillantes bottes en cuir de dragon (« brillantes uniquement grave aux elfes » avait commenté froidement Hermione.).

-Attends, la ceinture a l'air un peu lâche, reprit Neville en la défaisant pour la serrer plus, lui coupant un moment le souffle.

-Argh… Suis-je censé pouvoir parler durant cette cérémonie ? Demanda t'il ironique.

-C'est ton intestin là, pas tes poumons, répliqua Neville qui, lui, était très amusé de la situation.

On voyait que c'était pas lui qui se fiançait à un gars qui le détestait.

-Ohlala ! S'exclama une voix féminine dans le fond et tous deux se tournèrent pour observer Hermione qui s'était de même joliment habillée pour l'occasion.

Rien ne l'y obligeait… Rien ne l'obligeait même à être présente, mais elle avait deviné qu'Harry avait besoin d'elle en tant que soutien psychologique. Et afin de ne pas trancher trop avec ses compagnons, elle portait sa plus belle robe de sorcière, noire avec deux phénix rouges et oranges brodés sur les pans, au-dessus d'une chemise et d'une longue jupe rouge pâle. L'effet voulu était sans doute quelque chose de formel et respectueux. Pour l'occasion elle avait même réussi à retenir sa masse de cheveux en une courte tresse. Harry décida que ça la rajeunissait et qu'il aimait ça. Habituellement elle faisait tout pour se rajouter 5 à 10 ans de plus.

-Il y a pas à dire, le costume fait l'homme, admira-t-elle. Vous venez de prendre 50 points de charisme d'un coup !

-Ah bon ? S'étonna Harry, se retournant vers le miroir, détaillant sa robe brodée de rouge et de pourpre.

Les motifs étaient indéniablement celtiques, fait de nœuds, d'entrelacs, de graphes et de ce qui devait être des runes. Probablement pouvait-il demander à Hermione ou Neville de les lui traduire, mais ils étaient suffisamment en retard comme ça.

Ce n'était pas comme s'il essayait de les retarder…

D'accord c'était TOTALEMENT parce qu'il faisait ça.

Il s'apprêtait ainsi à poser sa question alors qu'Hermione arrangeait quelques plis en lui assurant qu'il faisait plus sorcier qu'il ne l'avait jamais été, quand elle tomba sur ses larges manches et fronça les sourcils.

*Ooouups…* Songea t'il alors qu'il essayait de mettre son bras hors d'atteinte.

-Harry ! Qu'est-ce que c'est que ça ?!

Par malheur sa taille de nain le desservit (bon il ne fallait pas exagérer il était quand même un chouilla plus grand qu'Hermione) et la jeune femme finit par attraper son poignet et le tirer vers elle en lui tordant à moitié le bras.

-Aïe aïe aïe ! Herm' !

-Mais j'hallucine ! S'indigna-t-elle en voyant la moitié du discours d'Harry recopiée à l'intérieur de son avant-bras. Tu ne pouvais même pas retenir un aussi petit texte ?!

-Et si je l'oublie en cours de route ? Je fais quoi moi ? J'aurai l'air d'un con ! Et j'ai pas envie d'avoir l'air d'un con devant Malefoy !

Elle lui lâcha le bras, passant une main sur son front, exaspérée, pendant qu'il essayait de ramener un peu de sang jusqu'à ses doigts.

-Parfois tu es vraiment violente Herm' ! Gémit Harry.

Elle eut un geste désespéré en prononçant vaguement les mots « garçons » et « bébés » avant de se retourner et de les fixer d'un profond regard sévère qui faisait étrangement penser à celui du professeur McGonagall :

-Suffit les pleurnicheries ! Harry ! Tu prends ton courage de Gryffondor à deux mains et tu le portes jusqu'à la Grande Salle ! Tu ne vas pas me dire que Malefoy te fais plus peur que Voldemort ?

Le regard de chiot que lui adressa le brun exsudait de « Si ! » silencieux.

-Ah et ça s'appelle le Sauveur Sorcier ! Soupira Hermione en sortant Evangeline de son berceau.

Elle ne pensait pas vraiment ce qu'elle disait. Hermione était tout à fait consciente qu'il pouvait le faire tout seul, mais se faire réprimander comme un enfant semblait lui faire plaisir. Sans doute tirait-il le plus longtemps sur ce qu'il lui restait d'insouciance et d'enfance.

Elle pouvait faire ça pour lui.

Câlinant sa filleule, elle suivit les deux jeunes hommes, quelques pas derrière eux, alors qu'ils sortaient des appartements des Gryffondors. Neville avait une main sur l'épaule d'Harry et semblait chercher à le rassurer, ce à quoi le brun répondait périodiquement par des rires un peu cassés.

Elle n'était pas non plus inquiète, car le brun semblait juste nerveux. Depuis l'affaire de la coupe de feu et le retour de Voldemort, Harry était presque tout le temps en colère et plein de haine, prompt à sauter sur tous ses ennemis comme un chien enragé. Presque lunatique dans sa façon brutale de passer de la joie à l'agacement… Mais il était beaucoup plus calme depuis cet été. Plus triste aussi… Mais Evangeline avait ramené de la légèreté dans leur quotidien.

Finalement, elle était horriblement fière de ce qu'il était devenu, car l'ancien Harry aurait réagi juste super mal à toute cette histoire de mariage et aurait freiné des quatre fers en y mettant toute la mauvaise volonté du monde (Tiens, un peu comme Ron, la preuve qu'il devait encore grandir…).

Une fois devant les grandes portes, il virent Rusard dans son horrible costume maronnasse leur faire de grand signe avant d'ouvrir les portes de façon à pouvoir juste passer et disparaitre derrière.

Harry se plaça devant l'embrasure lumineuse, fixant un bout de la table des serdaigles et au-delà de l'allée, un bout de table des poufsouffles. Tous semblaient attendre leur repas, perplexes.

Le brun leva la tête au plafond avec un soupir stressé, ravageant une nouvelle fois ses mèches noires de ses doigts avant de s'obliger à regarder devant lui, se grandissant, carrant des épaules, respirant profondément.

-Tout va bien se passer, s'affirma t'il à lui-même.

Et des deux mains sur les portes, il repoussa en grand les battants, disparaissant un instant dans la lumières des centaines de bougies flottantes.

-O-o-O-o-O-o-O-

-Pfiuuu 4 heures de métamorphoses… 4 heures pour entendre dire que Milicent faisait la meilleure armoire qu'il n'avait jamais vu… Comme si on ne le savait pas déjà… Marmonna Pansy en s'installant sur le banc, déposant son sac près d'elle. Qui voudrait se transformer en gros mobilier, c'est si… Inesthétique !

-Tu faisais une belle lampe de chevet, tu aurais pas pût le rester ? Maugréa à son tour Drago qui se sentait un peu migraineux, et donc n'était pas d'humeur à écouter sa meilleure amie pleurnicher.

-Tu as l'air un peu pale Dragonounet…

Assise à ses côtés, elle se mit à essayer de le tripoter, ce qui finit de l'agacer complétement. Si autrefois il avait apprécié ses attentions, aujourd'hui il voulait juste que tout le monde tienne ses sales pattes loin de lui.

-Qu'est-ce qu'on avait dit au sujet des surnoms débiles ?

-Oui, qu'est ce qu'on avait dit au sujet des surnoms débiles Pansynouchette ? Reprit Blaise avec le sourire « je-me-fous-pas-du-tout-de-ta-gueule-mais-à-un-point ! ».

-Je m'excuse, ça m'a échappé Drago, fit la brune sans même jeter un coup d'œil sur le black qui s'installait à son tour face à eux. Mais je suis vraiment inquiète pour toi…

-Ca va, ça passera, et si jamais j'irais à l'infirmerie, contente ? C'est sans doute juste ces maudits gamins et la neige ce matin…

-C'était sans doute ça ton mauvais pressentiment de ce matin. Tu vas te taper ta crève de l'année ! Réalisa Blaise, un brin moqueur, parce que le blond finissait toujours malade en hiver – c'était presque symptomatique.

Drago aurait bien aimé lui cracher quelque chose au visage mais il était trop bien placé pour savoir qu'effectivement, la maladie l'attaquait. Qu'est-ce qu'il détestait ça, les microbes… Dégoutant… Affaiblissant… Ruinant à zéro tout le charisme et le glamour que pouvait posséder une personne… C'était pire que tout.

Non, le pire était sans doute qu'il sentait que le danger de son « mauvais pressentiment » n'était pas écarté. Bien au contraire. Cela avait semblé empirer en même temps que sa migraine.

Alors quand Rusard fit son apparition grotesque en costume, courant comme un pingouin jusqu'à la directrice il poussa un long gémissement.

Parfois il détestait avoir raison.

La directrice se leva en attirant l'attention des élèves qui attendaient le début du repas.

-Haannn… Je le savais…

-Tu savais quoi ? Demanda Pansy d'un air perdu.

-Des problèmes…

L'empêchant de développer plus, Minerva McGonagall prit alors la parole :

-Bonsoir chers élèves ! Vous vous demandez sûrement pourquoi le diner n'a pas encore commencé ? En réalité nous avons le privilège ce soir d'être les témoins de l'un des cérémonials qui ponctuent la vie des sorciers…

Elle semblait totalement enthousiaste, n'aurait-elle pas été à une haute fonction, on l'aurait facilement imaginée en train de sautiller d'excitation, ce qui était un peu effrayant pour son âge. Et comme tout cela venait un peu de nulle part, il y eut quelques minutes de regards interrogateurs et de murmures avant que les grandes portes s'ouvrent sur Harry Potter, Neville Londubat et Hermione Granger portant Evangeline. Tous trois en habits d'apparat.

Eh bien ça en jetait.

Potter qui ouvrait la marche était tout simplement sublime, la robe de cérémonie le vieillissant légèrement et lui donnait la puissance et le respect que manquait son allure habituelle négligée. Il devenait tout simplement un homme, non, mieux : un sorcier avec un rien de sauvage qui indiquait que tout individu se mettant en travers de son chemin aurait à le regretter.

Mais la surprise venait aussi de Londubat. Oh, peu osait encore se moquer de lui avec sa carrure plus que conséquente, mais il gardait toujours son air un peu bêtasson que d'aucun appellerait « aimable » ou à l'occasion « rêveur », cependant ce soir, il leur envoyait dans la tronche toute la puissance des Londubat. Ses vêtements hurlaient littéralement : ok on est peut-être pas riche et influents, mais nous, on est des purs Bretons, on a résisté à l'invasion romaine, aux Angles, aux Saxons et aux Normands alors respect !

Peu pouvaient se targuer d'un tel enracinement, si ce n'était peut-être les Weasley… D'après la légende familial, le premier ancêtre « Malefoy » à avoir foulé l'Angleterre (ou Brittania comme on l'appelait à l'époque) était arrivé avec les romains : Lucius Artorius Castus. Envoyé par la suite se battre en France, il se serait installé en Armorique où se trouve toujours une partie de leur famille (pas la meilleure !).

Les Black étaient arrivés plus tard avec l'entourage de Guillaume le Conquérant, quant aux Zabini ils étaient de très récents immigrés italiens. Les grands parents de Blaise avaient fui la seconde guerre Mondiale et avaient fort judicieusement choisi d'investir leurs maigres économies dans des sociétés moldues automobiles, leur valant la désastreuse qualification de « nouveaux riches » et le dégout de l'aristocratie sorcière.

Bref, cela laissait un peu humble. Un peu. Drago ne pouvait s'empêcher de se demander ce qui valait un tel étalage de puissance.

Zabini quant à lui tapa du poing sur la table en chuchotant presque un : « J'avais raison ! Je sais que c'est ça ! » et Le blond allait le questionner à ce sujet quand un nouveau mouvement attira son attention : les Weasley venaient de se lever brusquement de leurs places. La fille, le teint blanc semblait sur le point de fondre en larmes, quant au frère, il était rouge de colère et foudroyait du regard les arrivants.

-Nous invoquons le droit de nous retirer ! Lança-t-il à la table des professeurs, suivi par l'un des gryffondors qui le collait en ce moment : DeanThomas.

La directrice hocha la tête et ils partirent vers la sortie. Les deux groupes en se croisant préférèrent s'ignorer, les uns fixant la porte, les autres la table des professeurs. La tension était à son comble et même si les élèves subodoraient la suite, personne ne savait à quoi s'attendre réellement. Une chose était cependant sûre : les Weasley SAVAIENT.

Harry Potter s'avança alors légèrement dans l'allée centrale et s'inclina devant la directrice. Elle lui rendit la salutation.

C'était curieusement solennel et il n'était pas facile de savoir ce que pensait le jeune homme car seule la détermination se lisait sur les traits de son visage. La même expression que lorsqu'il se livrait à un duel, concentré et dangereux comme un ouragan.

C'est alors que Drago vit la troupe se tourner dans leur direction, Londubat cette fois-ci en avant. Potter derrière et Granger qui semblait juste servir de porte bébé en retrait. Son mauvais pressentiment hurlait désormais silencieusement comme une alerte à la bombe. Son regard croisa celui de Londubat et il crispa des dents, le foudroyant des yeux pour le décourager de seulement penser à quoi que ce soit le concernant. Cela n'eut malheureusement aucun effet.

-Moi, Neville Londubat, héritier de la maison Londubat, détentrice d'un titre de Lord temporel héréditaire, me présente devant vous en qualité de témoin du Lord Harry James Potter-Black et convoque Drago Lucius Malefoy, héritier de la maison Malefoy, détentrice d'un titre de Lord temporel héréditaire, à se présenter devant nous.

Drago se figea à cet énoncé, toutes les formes y étaient, et il ne pouvait pas s'esquiver sans perdre son titre d'héritier. C'était donc très maladroitement, et bénéficiant de l'aide appréciable de Blaise qu'il réussit à s'extirper du banc pour s'approcher du groupe sans trop savoir encore ce qui l'attendait. Bien que ça devait VRAIMENT être gros et donc plus que certainement une désagréable nouvelle pour lui. Il ne chercha même pas à réfléchir, son cerveau était totalement déconnecté alors que Potter se portait à sa rencontre, se plaçant face à lui.

Impossible de ne pas plonger dans ses yeux trop vert qui ce soir étaient des plus mystérieux, ne laissant échapper aucune colère, aucun embarras ou aucune autre émotion plus positive qu'il ne saurait lui inspirer.

-Moi, Harry James Potter-Black me présente devant vous avec l'approbation des Lord et Lady Malefoy. Que soit attesté par vous tous présent, élèves, professeurs et directrice de l'Ecole de sorcellerie Poudlard, et ce devant mon témoin Neville de la noble maison Londubat, la suivante déclaration… Selon la loi sorcière, j'annonce mon intention de faire ma Cour à Drago Lucius Malefoy…

Il y eut une véritable clameur dans la salle, dont l'apogée fut le cri d'horreur de Pansy qui fit presque aussitôt un malaise, s'évanouissant d'un air cependant un peu trop théâtral pour qu'il ne soit pas feint et obligeant le professeur Rogue à s'occuper d'elle. Blaise la regardait d'un air dépité, n'arrivant pas à croire qu'elle ait pu encore caresser l'espoir de devenir la futur Lady Malefoy…

Mais tout ça Drago le remarqua à peine.

Il n'avait même plus vraiment conscience des personnes l'entourant. Excepté Potter, évidemment. Et encore… C'était plus une présence chaude et brûlante, une odeur de forêt… De pin… Et la pression de son regard déterminé.

Il était tellement raide qu'il lui semblait que ses membres allaient claquer comme des élastiques trop étirés et de peur de ce que l'on pourrait y lire, toute émotion était bannie de son visage, véritable statue de marbre. Il refusait même de voir la personne en face de lui, ses yeux gris semblaient sur le brun, mais en réalité son regard traversait les choses sans jamais butter, retranché comme il l'était dans son esprit.

Au fond de lui, il riait hystériquement de sa propre bêtise, de son propre aveuglement. Comment ne l'avait-il pas vu venir ? Il connaissait pourtant parfaitement les coutumes de son peuple. Pas de descendance sans mariage et forcement, ses parents avaient tout manigancé dans son dos, sans même faire mine de le prévenir.

Mais d'un coup tout s'expliquait ! Le comportement bizarre de Potter, la rupture avec l'insupportable rouquine et sa réaction à elle. Oh oui, elle devait être furieuse, il venait ni plus ni moins que de la priver du meilleur mariage qu'elle aurait pu faire et qui aurait redoré toute la famille Weasley. Mais non, à la place de cela, Potter allait redorer le blason des Malefoy avec plus d'efficacité que n'aurait pu le faire même la fille la plus fortunée d'Europe. Ses parents devaient sûrement danser de joie quelque part dans leur manoir… Hurgh… Singulière image.

Drago, lui, allait se faire un plaisir d'aller danser sur leurs tombes lorsqu'il en aurait fini avec cette mascarade qu'on appelait charitablement « cérémonie ».

Tout à ses pensées furieuses, il avait manqué tout un bout du discours de Potter, ainsi qu'un pas si discret que ça remontage de manche pour jeter un coup d'œil à certaines notes.

-Élégant, s'était moqué à mi-voix Blaise qui tenait toujours Drago de peur que ce dernier ne fasse lui aussi un malaise.

Mais ça n'avait aucune importance puisque Drago savait très bien ce qu'ils devaient faire et justement, Potter sortit une petite boite qu'il ouvrit, exhibant les sceaux de ses deux parents sans lesquels tout ceci serait impossible. Ils étaient les gages de l'acceptation de sa famille et surtout un ordre pour Drago : il ne pouvait rien refuser.

Normalement le blond aurait dû être celui présentant sceaux et cadeau, mais voilà qu'il était placé par sa famille dans le rôle de la jouvencelle. Ce n'était PAS DU TOUT humiliant. Ses doigts se crispèrent sur sa robe pour garder son visage inexpressif le plus longtemps possible.

Quel idiot…

Quel sombre idiot…

Ainsi donc, voici une nouvelle chose qu'il ne choisirait pas.

-… Et pour preuve de mes intentions je vous offre ce présent, termina Potter et Drago se força à se concentrer un peu pour revenir vers la boite.

Au milieu des deux sceaux se trouvait un médaillon d'un diamètre de 5 cm, un très bel ouvrage alliant l'or jaune et l'or blanc, avec des motifs en relief : un dragon et un phénix dont l'un était orné de minuscules diamants, l'autre d'émeraudes. Tout ce symbolisme indiquait qu'il s'agissait d'une commande, un objet unique d'une grande valeur et doté de magie. Drago pouvait reconnaitre un certain nombre de rune de protection.

C'était vraiment un très beau cadeau.

Et s'il l'acceptait… Non, en l'acceptant, car il n'avait pas le choix, il indiquerait qu'il agréait sa « Cour » bien que ce mot était dépourvu de tous sens, ainsi que leur futur mariage. En prenant cet objet il se préparait à être lié pour le reste de son existence à l'homme qui lui faisait face.

Il aurait sans doute dû le regarder, réfléchir à cette possibilité… Et à tout ce que cela impliquait, mais il voulait juste en finir, ainsi il s'efforça de bouger son bras endolori par sa raideur pour sortir le médaillon et sa chaine.

Il fit passer cette dernière autour de son cou et laissa retomber l'objet sur sa poitrine. Il s'attendait à ce qu'il pèse une tonne, poids des attentes de ses parents, mais bien au contraire, il sembla trouver sa place tout seul dans le creux de ses pectoraux et le dragon bailla avant de s'installer confortablement contre le phénix.

A tête reposée il pourrait sans doute chercher à sentir la magie supplémentaire qui l'entourait grâce à ce présent, mais dans l'immédiat, il devait juste en terminer.

En terminer vite pour laisser ses sentiments jaillir.

-Moi, Drago Lucius Malefoy, héritier de la maison Malefoy, détentrice d'un titre de Lord temporel, accueille ce présent avec reconnaissance. Acceptez de même en échange la preuve de mon engagement…

Et alors Drago dû réfléchir vite et bien à ce qu'il avait sur lui qu'il pourrait offrir. Il n'était pas obligatoire que les deux cadeaux se valent, il n'était pas rare qu'une femme réponde à ce genre de demande par une fleur cueillie ou une mèche de cheveux. Mais que Drago soit damné s'il devait toucher à un seul fil de sa chevelure, et il était tout à fait conscient de l'importance du choix. Comme tout ce qui régissait la vie d'un sorcier, il y avait de la magie derrière cet acte d'apparence anodine. Les intentions étaient aussi importantes que l'écriture ou les mots, et toutes trois permettaient de faire de la sorcellerie.

Par son cadeau, Potter lui avait en réalité offert la protection, c'était évident, et tout ce qu'il ferait désormais dans cette optique lui sera facilité.

Une fleur indiquait qu'on offrait sa beauté, fut-elle aussi éphémère que le pauvre végétal coupé, une mèche de cheveux était synonyme de loyauté et fidélité, car on offrait un bout de soi, une bague simple (à savoir sans runes magiques) on offrait une vie sans soucis financier, un fruit l'assurance d'une progéniture… Et le graal pour certain : le ruban qui signifiait un attachement émotionnel puissant, ce que d'idiots romantiques appelleraient leur « amour éternel ». .

Drago avaient certaines de ces choses sur lui, mais c'est finalement presque sans regret qu'il plongea sa main dans sa poche pour en sortir une montre à gousset ancienne. Elle était en argent massif, décorée d'un cygne sur un lac, surmonté d'un croissant de lune. Cela lui faisait un peu mal de se priver de cet héritage, puisqu'avant lui, cette montre avait appartenu à son grand-père maternel, Cygnus IIIème du nom. Mais c'était à ses yeux ce qui se rapprochait le plus de ce qu'il pouvait offrir : son passé et son futur.

Alors qu'il était en train de lui tendre l'objet, la main de Potter le recouvrit et pendant un bref instant Drago fut troublé par le contact et la vision de cette main large et masculine, plutôt halée, tellement différente de la sienne, fine et plus lisse, et surtout d'une blancheur neigeuse.

Et ses doigts étaient horriblement froids tandis que ceux du brun étaient chauds, paraissant même brûlant en comparaison.

Puis la montre changea de main et Potter s'inclina respectueusement devant lui. Traditionnellement c'était le moment où le fiancé laissait éclater son bonheur, mais ils allaient sans doute devoir s'en passer.

*Vite…*

Il sentait sa magie autour de lui tourbillonner, encore invisible heureusement, mais il ne savait pas s'il arriverait à la contenir encore longtemps.

Heureusement la voix de Londubat résonna, annonçant la fin de tout cela.

-Silence ! Fit celle-ci, puisqu'apparemment il y avait un sacré charivari dans la grande salle.

Evidemment… Drago laissa son poids reposer un peu plus sur Blaise et il ferma les yeux en attendant.

-Moi Neville Londubat, atteste que la cérémonie de l'échange des cadeaux s'est réalisée dans les formes et témoignera de sa validité à quiconque la contestera. Puisqu'il le faut, je tiens à rappeler que cette cérémonie est acte d'engagement et que toute personne ayant des gestes ou des paroles déplacées, affectivement ou sentimentalement parlant, envers l'un des deux fiancés pourra être attaquée en justice par l'une ou l'autre des familles concernées. Je vous remercie de votre attention.

Les voilà, les mots qu'il attendait. Tandis que le volume sonore montait à nouveau dans la salle, Drago s'échappa du soutien de son ami et s'enfuit en courant de la grande salle.

-DRAGO ! Hurla Blaise derrière lui.

Mais il ne s'arrêta pas.

A suivre…

Hein ? Quoi ? Vous vous attendiez à ce que Drago tombe dans les bras d'Harry ? Hahaha… *lance un protego pour contrer les tomates et tout ce qui lui est jeté à la figure* Blague à part, ça y est, ils sont officiellement fiancés… Pour le meilleur et pour le pire (j'espère que vous avez aimé cette petite tradition de l'échange des cadeaux, ça remplace la bague de fiançaille). Ne vous en faites pas, Narcissa sera là au chapitre suivant pour ramasser Drago à la petite cuillère en argent, recoller ses morceaux et le tourner dans la bonne direction.

Bon après, le sujet qui fâche. Originellement mes chapitres devaient être courts, mais voilà, je n'arrive plus à couper mes chapitres de telles sortes (et je doute que vous aimeriez avoir un chapitre ne contenant que Percy et Winters en train de faire on-ne-sait-quoi…). DOooonc comme je suis arrivé au bout de ma réserve et que le chapitre suivant n'est pas terminé, je ne le mettrais en ligne que dimanche prochain. Du coup je vous laisse rager en imaginant ce que va bien pouvoir dire Blaise quand il aura rattrapé Drago !

Chapitre suivant (dimanche donc) : Evangeline, où la malédiction annuelle de Drago frappe.