Note de l'auteur : Oh ! Surprise ! Un chapitre sauvage apparait ! Eh oui, comme j'ai dû faire la garde malade mardi, j'ai fini ce chapitre et je me suis dit que j'allais vous le poster ! C'est le plus long chapitre pour le moment ! Sinon, avez-vous vu la bande d'annonce des « Animaux Fantastiques » ? J'ai tellement hâte même s'il ne sort que l'hiver prochain ! Pouvoir replonger dans l'univers des sorciers et découvrir de nouvelles choses ! Tout ça avec un petit contexte historique, j'adore ! Sinon merci encore pour vos messages et tout ! Vous êtes des lecteurs adorables !
Chapitre 21: Le roux est mauvais pour la santé
-Harry Potter ?
La petite fille releva son visage, déplaçant les deux nattes qu'elle portait devant ses épaules. Elle posa un doigt sur le livre, cachant en partie le dessin d'un petit enfant dans un lit à barreau.
-C'est lui qui a vaincu le très méchant Mage Noir. Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom, répondit sa mère.
-Celui qui a tué Oncle Fabian et Oncle Gidéon ?
Sa mère eut soudain l'air très triste et la petite fille ouvrit grand les bras :
-Papa dit qu'ils étaient des héros ! Et puisqu'il a battu le méchant, Harry Potter c'est aussi un héros !
-Oui, c'est vrai ma puce.
-Mais c'est un bébé…
-En fait, il est un peu plus âgé que toi maintenant. Il a le même âge que ton frère Ron.
-C'est vrai ?
-Oui.
-Mais alors, où est-il ?
-Il vit avec sa famille, comme toi tu vis avec nous. Mais si tout se passe bien, tu le verras à Poudlard ma petite puce.
-Vrai ? Je suis trop pressée !
Elle referma le livre dans un même mouvement alors qu'elle sautillait d'excitation et de joie. Sa mère la prit alors dans une embrassade avant de coller ses lèvres sur le haut de sa tête. Se collant un peu plus contre elle, Ginny profita de ce moment rien qu'à elle, jusqu'à ce qu'un grand bruit ne les sépare.
-Oh ! Qu'est-ce qu'ils m'ont encore fait ces deux-là ?! BILL ! CHARLIE ! Hurla Molly tout en partant à grands pas furieux vers les escaliers du Terrier.
La petit fille ne resta cependant pas seule très longtemps. Comment l'aurait-elle pût avec six grand-frère ?
-Eh ! C'est mon livre ! S'exclama Ron, indigné, en tentant de le tirer à lui, mais elle s'y accrocha férocement. Tu n'en as rien à faire, tu ne sais même pas lire !
-Maman était en train de me le lire !
-Et Maman l'utilise pour M'apprendre à lire !
-Je veux aussi ! Répliqua t'elle en serrant l'ouvrage contre son torse, telle une mère dragon couverait son œuf.
-Gin Tin Ginny Tinny ! Tu es trop petite pour ça ! Fit alors Fred, sortant de nulle part, et tirant sur l'une de ses nattes, provoquant un cri d'indignation et de douleur.
Elle sauta aussitôt de sa place, arrachant de ce mouvement sa tresse rousse des mains de son ainé de 3 ans.
-MAMAAANNN ! FRED ET RON FONT RIEN QUE M'EMBETTER !
-RON ! FRED ! Fit la voix de Molly alors qu'elle descendait, tirant par l'oreille un Charlie de 14 ans qui avait enfermé Percy dans une armoire.
Ginny profita que ses ainés se faisaient disputer pour disparaitre dans sa chambre, le précieux livre toujours serré contre sa poitrine. Elle l'ouvrit précautionneusement sur le lit en se mordillant la lèvre inferieur, retrouvant la page parlant du conte du Garçon-Qui-Avait-Survécu. Seule fille de la fratrie, à se faire tous les jours, encore et encore, embêtée par ses frères, elle trouvait un réconfort dans le fait qu'il existait réellement, quelque part, un petit garçon qui était un vrai héros.
-Harry Potter… Mon héros.
-O-o-O-o-O-o-O-
-5 ans plus tard-
-C'est trop calme, grommela Ginny en recopiant le passage d'un livre de recette comme entrainement à l'écriture.
-Comment peux-tu dire ça ma puce ? Il y a trois jours, tu te réjouissais de voir Ron partir lui aussi pour Poudlard. Tu, je te cite, « étais contente d'avoir enfin la paix » !
Molly surveillait d'un seul œil la préparation de son ragout, donnant de temps en temps de petits moulinets de baguettes pour faire tourner le contenu du chaudron, tout en lisant la lettre que venait de lui envoyer justement son plus jeune garçon.
-J'aurais préféré plus encore partir avec lui…
Un coude sur la table, le menton dans la main, elle abandonna son écriture pour soupirer en pensant à Poudlard, ce monde merveilleux dont l'abreuvait de récits tous ses frères.
-Oh ! Chérie ! Tu ne devineras jamais ! S'exclama soudain sa mère en prenant à deux main la missive. Le tout petit garçon que nous avons vu à la Gare. Tu sais, le tout poli ! Harry Potter !
Ginny se redressa, attentive. Elle n'avait plus repensé à ce nom depuis des lustres, avant que les jumeaux ne lui apprennent que le garçon qu'ils avaient aidé à la gare était le fameux Survivant… Elle avait même presque oublié qu'elle était censée le voir à Poudlard. Le rouge lui monta aux joues en songeant qu'elle avait dû passer pour une petite chose effacée et sans intérêt !
Merlin ! Les gens comme lui ne devraient pas sortir sans un écriteau « Je suis Harry Potter », histoire de prévenir les gens pour qu'ils soient à leur avantage !
-Alors ? Harry Potter, il a quoi ?
-Il est à Gryffondor avec ton frère ! Oh je suis si contente pour Ron ! Je suis sure qu'ils vont devenir de très bons amis !
Gryffondor ! Ce n'était après tout pas étonnant ! Quelle maison aurait mieux convenue à un héros que celle des rouges et ors ? Cela signifiait ce qu'elle avait toujours pressenti. Harry était un garçon extraordinaire.
Le passage au sujet de Ron lui passa au-dessus de la tête. Elle espérait juste qu'il aurait de nombreuses choses à lui raconter et qu'il ne dirait rien de ridicule sur elle… Mordillant le bout de sa plume, elle se mit alors à espérer qu'il l'aimerait.
Oui, il fallait qu'il l'aime.
-O-o-O-o-O-o-O-
- Environ un mois après l'enregistrement officiel d'Evangeline Black Potter Malefoy- Février 1999 -
La jeune fille s'observait dans la glace de la salle de bain des filles tout en brossant ses longs cheveux d'un roux semblable aux champs embrasé par le soleil couchant. Elle n'avait jamais fait particulièrement d'effort, acceptant simplement sa beauté naturelle pour ce qu'elle était. Rien de très particulier, mais ses cheveux étaient ce qu'elle avait de plus beau.
Déposant sa brosse, elle se mit à les lisser distraitement du plat de la main.
Elle se devait d'être reconnaissante de tout cela, particulièrement après avoir assisté au spectacle d'Hermione tentant désespérément de s'améliorer à coup de laque et de maquillage.
Elle avait toujours été honnête, avec ce qu'elle était, avec les gens qui l'entouraient, avec ce qu'elle pensait. Il lui semblait être juste… Elle s'était battue contre le fort et avait aidé le faible. Jamais elle n'avait frappé un ennemi à terre, fut-il le plus terrible des assassins…
Elle avait toujours pensé qu'elle faisait le bien, qu'elle était digne de se tenir dans la lumière et que cela lui vaudrait une vie merveilleuse, telle une récompense bien méritée.
Mais apparemment tout cela n'était qu'un océan de bêtise.
La figure dans le miroir se crispa et d'un large geste du bras, Ginny envoya toutes ses affaires de toilettes sur le sol.
Rien qu'un océan de bêtise.
Parce que la Magie, qu'elle avait naïvement crue juste, bonne, s'était révélée être sans aucune notion du Bien et du Mal.
Elle se reprit rapidement lorsque Parvati pénétra dans la pièce pour se préparer et fit voltiger ses affaires d'un coup de baguette magique pour les ranger soigneusement dans sa trousse de toilette.
-Bonjour Ginny, comment vas-tu ? La salua l'indienne en sortant sa brosse à dents.
-A merveille Parvati. Mentit Ginny avant de continuer : Je te remercie de le demander. Et toi ?
-Aussi bien que peut l'être un vendredi matin. J'ai hâte de la sortie demain.
-Ah c'est vrai, toi tu n'as pas cours. Pas de Slughorn pour flagorner, pas de Rogue pour te crucifier en place public…
-Oh j'ai appris ce qu'il s'est passé le mois dernier, quand Malefoy t'as…
-S'il te plait, n'en parlons pas. Tu aurais vu mon frère et ses amis par hasard ?
-Je pense qu'ils t'attendent dans la salle commune, fit Parvati après un instant de réflexion.
-OK, merci !
Elle descendit trois par trois les marches de l'escalier en colimaçon, profitant du calme relatif de la matinée.
Le monde aurait été parfait s'il pouvait n'y avoir que ce calme, mais il y avait aussi les incessants cris du bébé, des shrapnels plantés directement dans son cœur – Merlin qu'elle détestait ce bébé – et il y avait Harry. Harry dans sa salle commune, Harry dans la Grande Salle, Harry dans la même classe de cours. Qui aurait pu penser un jour qu'elle trouverait oppressant d'être dans la même maison que le Sauveur ? Elle qui sautillait de joie en Septembre à l'idée de partager les même cours que son bien aimé !
Elle savait qu'il n'en était pas conscient, mais Harry était Harry, et dès qu'il arrivait quelque part, il avait cette présence magnétique et chaude qui faisait tourner les regards dans sa direction. Toujours aussi beau, aussi gentil, aussi enclin aux plaisanteries, mais devenu inaccessible.
Et cruellement insensible aussi. Ginny trainait sa détresse et son chagrin derrière elle tous les matins, lui ne semblait ABSOLUMENT pas perturbé par leur rupture et discutait et riait avec Hermione et Neville comme si rien ne s'était passé !
Et il y avait Malefoy. Malefoy dans la Grande Salle, Malefoy dans les cours. Son sourire à la fois suffisant et mauvais comme si elle n'était que de la crotte de caniche, ses remarques mesquines qui touchaient toujours là où ça faisait mal, sa putain de marque des ténèbres que tout le monde semblait oublier.
Malefoy qui lui avait volé SA demande de fiançailles.
Mais finalement elle avait trouvé sa vengeance parfaite. Cela ne lui aura pris qu'un mois.
Il y avait juste un petit problème…
-Bien ! Est-ce que quelqu'un a compris pourquoi les sorts qu'on lui lance ne marchent pas ? Attaqua-t-elle en se laissant tomber entre Ron et Dean sur un canapé.
-Ça semble rebondir, comme sur un bouclier, commença Dean en cessant sa relecture de son devoir de Défense.
-Je crois qu'il a une protection, grommela quant à lui Ron qui ne se contentait pas de relire son devoir, puisqu'il ne l'avait même pas fini et écrivait le plus vite possible en faisant des tâches partout, ce que Ginny savait exaspérer Rogue.
Le professeur barrerait sans doute tout son parchemin sans même prendre la peine de le lire en lui mettant un T avec la mention : « copie de Troll des cavernes ».
-Alors il va falloir l'en débarrasser… Si seulement on savait ce que c'était…
-Ca peut être n'importe quoi, lui rappela Ron.
-C'est sûrement le médaillon que lui a offert Harry lors de leurs fiançailles, intervint brusquement Seamus comme un cheveu dans la soupe.
Les trois autres lui sautèrent alors dessus :
-QUOI ?!
-Bein vous étiez partis, vous avez rien vu, mais Harry lui a offert un médaillon et le connaissant, il la surement fait enchanter avec des protections.
-Arf tu as sans doute raison, grommela Ron en secouant son devoir pour faire sécher l'encre avant de le rouler négligemment et l'attacher avec un morceau de ruban. Ce serait tout à fait dans le genre d'Harry. Mais si c'est le cas, alors on ne pourra pas le lui enlever. Lui le pourrait de son propre grès… Ce que bizarrement je doute qu'il fasse pour nos beaux yeux…
-Il doit bien l'enlever de temps en temps, répliqua Ginny. Il nous faut juste trouver ce moment…
Jetant un coup d'œil à leurs montres, ils réalisèrent qu'ils avaient intérêt à décoller s'ils voulaient pouvoir manger avant de s'enfermer dans les cachots.
-O-o-O-o-O-o-O-
-La Saint Valentin ? Qui a le temps de se préoccuper de ça ?!
*Moi, de toute évidence…* songea Hannah en écartant une pile de livre qui l'empêchait de voir Hermione correctement.
Celle-ci avait désormais les cheveux noirs, aujourd'hui attaché en demi-couette, et attablée à son programme de révision, elle n'était qu'à moitié attentive à ce qui se passait autour d'elle, encore plus lorsqu'il s'agissait d'affaire de cœur. Ces derniers temps les choses étaient devenus plus gérable : à savoir que le mariage d'Harry était encore loin et que Evy', à un mois et demi, ne se réveillait plus qu'une fois toutes les nuits, ce qui était une véritable bénédiction. Du coup Hermione avait repris un rythme intensif de révision de ses ASPICS, tentant d'entrainer derrière elle ses amis moins réceptifs qui se trouvaient toujours de bonnes raisons pour ne pas la suivre à la bibliothèque.
En cette fin de cours, elle n'avait réussi qu'à se faire accompagner d'Hannah, Harry marmonnant qu'il avait réservé le terrain pour l'entrainement de quidditch et Neville s'étant aussitôt proposé garde-bébé même si elle ne voyait pas ce qu'il y avait d'incompatible entre Evangeline et la bibliothèque…
-Neville ne m'a toujours pas parlé de la sortie prévu à Pré-Au-Lard… A ton avis c'est parce qu'il part du fait que comme on est ensemble, ça tombe sous le sens qu'on y aille, ou parce qu'il a oublié ? Ou pire parce qu'il ne VEUT PAS y aller ?
-Neville est plus cérébral que la moyenne des gryffondors, ce qui le rend difficile à comprendre, marmonna distraitement Hermione en réponse.
-Tu trouves aussi ?
-Bien sûr, à côté de lui Harry, Ron et Seamus sont des simplets horriblement facile à déchiffrer. Tu peux me passer le dictionnaire des runes anciennes commenté 3eme édition ?
-Et s'il avait tout simplement oublié la Saint Valentin ? Gémit Hannah sans lui passer quoique ce soit.
Hermione poussa un long soupir.
-Comment ignorer l'augmentation d'œstrogène qui sature l'atmosphère depuis que l'annonce officielle de sortie a été affichée ? Les filles se sont remises à glousser pour un rien, les messes basses dans les couloirs sont de mises et les lettres d'amour rose bonbon volètent dans la grande salle…
-La lettre papillon de Parvati pour Michael était vraiment magnifique…
-… Et puis Nev' a été requis à de nombreuses reprises par des mecs pour les aider à composer des bouquets.
-Oui, tu as raison. Il ne peut pas ignorer que la Saint Valentin c'est demain.
-Enfin techniquement c'est lundi prochain le 14, rectifia Hermione. Mais oui, ce n'est pas « LA sortie de Pré Au Lard de la Saint Valentin ».
Les derniers mots furent dits avec des mouvements des mains comme si elle mimait une hystérique.
-On dirait que tu prends tout ça de bien haut, lui reprocha Hannah en fronçant les sourcils.
-Ecoutes Hannah, cette sortie ne va pas forger notre futur, CECI, fit-elle en montrant ses livres de révision aux ASPICS, par contre le fera ! Il est plus important de s'assurer une bonne place dans notre société que de se prendre la tête sur des relations amoureuses.
-Tu as l'air bien sure de toi, mais c'est là que tu te trompes ! Tu ne t'en rends pas compte, mais c'est maintenant que se font les futurs alliances pour les sorciers de notre âge. Si tu ne t'assure pas un homme avant la fin de l'année, tu auras le plus grand mal à en trouver par la suite. Tous les intéressants seront fiancés !
-Enfin tu t'entends ? « T'assurer » un homme ? Mais c'est horrible ! C'est ce que tu fais avec Neville ?
-Il me plait, je me sens amoureuse, eh bien oui, j'espère qu'il va lancer les procédures de fiançailles d'ici peu. En fait, j'espérais qu'il m'en parle demain…
Affirmer qu'elle était éberluée était peu dire. Hermione se demandait si en clignant des paupières elle n'allait pas brusquement se retrouver en robe qui ressemblait à l'union malheureuse d'une chemise de nuit et de rideaux, comme les affectionnaient les demoiselles de l'époque de la Régence, et se mettre à parler de rubans et de bals.
Si « Orgueil et Préjugés » (1) était un de ses romans préférés et qu'elle se figurait très bien en Elisabeth Bennett, ce n'était pas pour autant qu'elle prisait les intérêts de l'époque.
-Et vraiment, je suis sérieuse Hermione, tu devrais t'inquiéter un peu, parce que, excuse-moi de parler aussi franchement, mais personne ne veut d'une vieille fille carriériste et née moldue. De plus à ne pas être mariée, tu risques de ne pas être prise au sérieux par tes futurs employeurs.
-Que… Quoi ?! D'où tu sors ça ?
-C'est ce que tout le monde dit à Susan, à Poufsouffle. Elle est un peu comme toi tu sais et ils se font tous du souci pour elle.
Ho, c'était d'un ridicule ! Hermione secoua la tête comme pour s'en ôter ces remarques grotesques et se replongea dans son livre. De toute façon, ce n'était pas comme si elle s'inquiétait, elle ne finirait pas seule. Il y avait Ron, et aussi fâché qu'il soit, il ne la laisserait pas vraiment finir seule…
Après tout, entre eux il y avait eu de vrais sentiments, pas comme ce qu'il y avait entre Neville et Hannah !
-O-o-O-o-O-o-O-
Ron passa un doigt dans le col de sa tenue de quidditch afin de pouvoir mieux tourner la tête. La nuit était quasiment tombée et dans quelques minutes, ils n'y verraient pas à plus d'un mètre devant eux. Il était vraiment désagréable de jouer au quidditch sous la lueur des quelques lumières qu'il pouvait faire appel avec son déluminateur. Regardant le reste de l'équipe, ils avaient tous l'air comme lui de vouloir rentrer au château, mais leur grand boss arrivait avec la malle flottant derrière lui.
-Oui, je sais, fit leur capitaine. Je sais ce que vous vous dites : « Ce n'est pas vraiment le bon moment pour un entrainement ! », mais à cause du match de dimanche, les Serpentards et les Poufsouffles se sont arrachés tous les bons créneaux disponibles.
Harry fit tomber la malle entre eux d'un geste qui semblait révéler sa propre exaspération.
-Et au sujet de demain matin ? Demanda Ginny. On aurait pu s'entrainer avant la sortie à Pré-Au-Lard !
-Réservés aussi. Les deux créneaux. Par Serpentard, répondit distraitement le brun en ouvrant la malle pour prendre le souaffle en main.
Dans la caisse les deux cognards remuèrent nerveusement en tirant sur leurs chaines.
-Bon à savoir, répondit alors bizarrement Ginny en tournant son regard vers Ron.
Il lui rendit une grimace d'incompréhension, mais elle lui sourit en articulant silencieusement « J'ai une idée ». Il ne put s'empêcher d'être un peu inquiet, comme toujours lorsqu'il s'agissait d'idées de la part la plus incontrôlable de sa famille : les jumeaux et sa sœur ! Ginny pouvait se révéler très imaginative, surtout lorsqu'il était question d'en faire baver à quelqu'un.
Combien de fois en avait-il était la victime… ?
Il fut coupé dans des souvenirs désagréables par une main légère et fine posée sur son bras. Il tourna alors la tête pour tomber face à deux grands yeux clairs aux longs cils sombres. Des yeux de biche. Il s'étonna un peu parce que Fay Dunbar, bien que de son année, ne lui avait jamais vraiment parlé. Elle était une des poursuiveuses de l'équipe, formant un magnifique trio avec Demelza et Ginny.
-Fay ?
-Harry est en train de parler…
Il s'aperçut que c'était effectivement le cas et retourna son attention sur son capitaine et ex meilleur ami, mettant pour l'instant de côté les machinations de sa sœur.
-… Je sais qu'on s'est fait avoir au dernier match. Ou plutôt JE me suis fait avoir par Cho, qui m'a obligé à attraper le Vif d'Or beaucoup trop tôt. Il nous fallait 100 points de plus, et je n'ai rien à reprocher à nos merveilleuses poursuiveuses qui sont bien meilleures que les lavettes qu'ils ont chez les aigles… D'ailleurs c'est pour ça que c'est arrivé, ils ont joué stratégie, ON savait qu'ils le pouvaient et que c'est ce qu'ils font habituellement. Résultat, on a gagné le match, mais on est toujours troisième dans le classement derrière Serdaigle et Serpentard !
-Tu n'as rien à te reprocher Capitaine, répliqua Demelza. Si tu n'avais pas attrapé le Vif d'Or, ELLE l'aurait fait et là on aurait tout perdu !
Ron fit la moue. Leur dernier match contre Serdaigle n'avait pas vraiment été du grand spectacle. Les aigles étaient trop conscients de leur dangerosité et avait tout fait pour leur couper les ailes le plus vite possible afin de garder une chance de gagner la Coupe. Ce qui à ses yeux était totalement de l'anti-jeu, mais ce n'était pas comme s'il pouvait attendre quoique ce soit d'une bande d'intellos…
-C'est gentil Demelza, mais le fait est que nous n'étions pas assez entrainé et que je n'étais pas au mieux de ma forme à ce moment-là. Et ça, c'est tout de même de ma faute.
-La faute à Evy', fit gentiment Fay.
Vrai, si la Moitié Malefoy n'avait pas été là, ils l'auraient sûrement gagné avec pleins de points ce fichu match. Son apparition avait perturbé toute leur maison qui s'en remettait à peine. Et certains avec plus de facilité que d'autres. Même pour lui c'était presque devenu naturel de tomber le soir sur Harry en train de donner son bain à un bébé pleurnicheur et devenu assez énergique pour commencer à envoyer de l'eau partout autour de lui. Devenu naturel d'éviter les jouets et peluches que la Moitié Malefoy avait laissé tomber par terre. Devenu naturel le groupe de fille complètement gaga qui racontait des histoires au bébé au coin de la cheminée…
-Je VEUX cette coupe, reprit Harry. C'est ma dernière année, comme à beaucoup d'entre vous ici aussi, dont certains avec des ambitions, comme Ginny, alors nous allons nous entrainer pour arracher cette première place même si ça semble impossible ! A supposer que Serdaigle perde son dernier match contre Serpentard, nous pouvons leur prendre la deuxième place avec environ 300 points. Quant à la première place, je vous conseille de prier très fort pour que Poufsouffle batte Serpentard dimanche, même si…
Harry ne termina pas sa phrase, leur offrant à la place une grimace. Ils savaient tous que c'était des plus improbables. Ce n'était pas comme s'il y avait un Cédric-bis pour faire d'eux des gagnants.
-Il faudrait une intervention divine… Résuma pour tout le monde Ron.
-Leur attrapeur n'est vraiment pas bon, approuva Harry, surtout comparé à Malefoy…
Ritchie Coote, l'un des batteurs, retint à peine un ricanement sarcastique.
-Captain, vous n'êtes pas vraiment bien placé pour être objectif vis-à-vis de Malefoy ! C'est votre futur époux !
-Et celui que j'affronte lorsqu'on se bat contre Serpentard. Je sais ce qu'il vaut… Et ce n'est pas pour me faire mousser, mais je sais aussi qu'il est moins bon que moi !
Ron rit à la toquade, comme les autres, mais il était aussi soulagé de voir que ses fiançailles ne l'avait pas complétement transformé au point de tenir un autel à la gloire de Drago Malefoy.
-Et si c'est Harper qu'ils choisissent comme Attrapeur ? Demanda Demelza. C'est bien lui son remplaçant, non ?
-Impossible, fit Ron. Tu ne l'as pas remarqué, mais il est à l'infirmerie… Incident de potion. Vraiment pas beau à voir.
Il cligna ensuite des yeux, tentant d'ignorer les appels peu discrets que lui faisait sa sœur. Celle-ci semblait totalement enthousiasmée mais il n'avait pas envie d'être déconcentré par ses histoires. Le quidditch c'était sacré, et là, Ron voulait juste profiter d'une bonne discussion tactique et de la communion qui naissait alors entre les membres de leur équipe. Il n'y avait alors plus de mésententes, de magies familiales ou autres, juste une seule entité s'engageant vers le chemin de la victoire !
-Donc, si Poufsouffle gagne, on peut s'en sortir avec 550-600 points, je dirais. Je sais, ce sera déjà dur. Mais s'ils perdent… NOUS devrons battre Poufsouffle avec pas moins de 1000 points. A part si Serdaigle gagne contre Serpentard, là on s'en sortirait avec 800 points, approximativement.
-Tu veux qu'on fasse 850 points ?! S'exclama Demelza, mais ça revient à 85 buts !
-Dans le pire des cas, précisa Harry. Remerciez les Serdaigles !
-Je vais ensorceler la plume de Chang pour qu'elle lui crache de l'encre à la figure, grommela la fille aux cheveux auburn.
-Ne t'en fait pas 'Elza, intervint Ginny étrangement confiante, je pense que nous n'aurons pas besoin de faire autant de buts. Je pense au contraire que tout semble s'arranger pour que Serpentard perde dimanche…
L'équipe la regarda avec perplexité, mais elle se contenta de les regarder en souriant, imperturbable.
-Dooonc, et si nous commencions avant que l'on n'y voit absolument plus rien ?
Ainsi dit, les balles furent lâchées et les joueurs rejoignirent les airs. Ron alla se placer d'un côté du terrain, tandis que son remplaçant, un troisième année du nom de Matthew Murdock (2) prenait l'autre.
L'entrainement fut plus amusant qu'autre chose, entre les joueurs qui se percutaient faute de visibilité et qui passaient plus de temps à surveiller les cognards qu'à faire leur job. A plusieurs reprise, sans qu'il sût pourquoi, Fay traina du côté de ses buts et lui lançait des regards en coin. Dès qu'il tentait d'aller vers elle pour savoir ce qu'elle voulait, Fay s'échappait et aller retrouver l'amas des poursuiveurs.
Vraiment étrange.
-Je devrais arrêter l'entrainement là, non ? Fit soudain la voix de Harry et il le remarqua un peu au-dessus du cerceau central.
-Pourquoi tu me demande ça ? C'est toi le Capitaine ! Répliqua Ron en essayant de prendre un air bougon.
La situation n'était pas facile à vivre pour lui. Il en voulait à Harry, mais tous deux vivaient dans le même dortoir et faisaient partie de la même équipe… Sans compter qu'ils étaient trop âgés pour bouder comme des gamins, s'ignorer ou prétendre s'appeler par leurs noms de famille pour mettre de la distance.
Ron avait toujours appelé Harry par son prénom et il trouverait ridicule de l'appeler soudain « Potter » comme une version rousse de Drago Malefoy.
-Oh allez Ron ! Je sais que tu es fâché contre moi, mais ça ne veut pas dire que je ne peux pas écouter tes avis ! Je les ai toujours pris en compte et on a toujours pu parler sur ce terrain !
Raah, il se sentait déjà mollir. Harry savait vraiment comment le prendre… Une pincée de compliments et une grosse dose de sentiments fraternels bien dégoulinants avec option coucher de soleil derrière…
-Eh bien… Ils sont plus en train de faire n'importe quoi qu'autre chose ! 'Semble effectivement l'heure de battre le rappel des troupes.
Harry lui sourit avant de prendre son sifflet pour s'élancer vers le centre du terrain.
Ron traina un instant, voltigeant ici et là, près de ses buts, attendant que tout le monde ait déserté le terrain pour se poser au sol. Il sortait son déluminateur de sa poche, l'artefact que lui avait légué Albus Dumbledore et qui ne le quittait jamais, lorsqu'il se rendit compte qu'une sorcière se tenait près de lui. Il sursauta un peu car il n'avait pas vu Fay l'approcher et s'appuya légèrement sur son balai, espérant qu'elle allait ENFIN lui dire ce qu'elle lui voulait.
C'était une fille grande, plutôt osseuse, aux longs cheveux châtains qui lui tombait de chaque côté d'un visage pâle et allongé. Elle était plutôt jolie, en particulier grâce à une belle bouche rouge et surtout de grands yeux bleus, mais elle était trop effacée pour que cela ressorte.
-Tu veux me dire un truc Fay ?
-Eh bien… Oui ! Lâcha-t-elle, semblant se jeter à l'eau dans le plus pur sens de l'expression.
Ron ne voyait pas pourquoi elle semblait si effrayée. Il n'allait pas la dévorer ! Il lui semblait pourtant qu'il était plutôt cool avec les gens en général, pas du genre intimidant ou glauque, quoiqu'avec un peu de chance son statut d'héros de guerre ait pu lui donner un rien de « ténébreux » qui lui manquait.
C'était classe d'être ténébreux, mais c'était horriblement difficile quand on était roux et couvert de tâche de rousseur.
-Je me demandais… Continua Fay en le coupant dans ses réflexions stupides, SI-TU-VOULAIS-BIEN-M'ACCOMPAGNER-A-PRE-AU-LARD-DEMAIN-RON !
Il resta comme deux ronds de flan, interdit, avant de redémarrer son cerveau.
-Euh… Bein… Oui, pourquoi pas ? Répondit-il faussement nonchalant, haussant des épaules comme s'il mangeait ce genre de déclaration à chaque petit-déjeuner.
Dans sa tête, c'était plutôt la grande apocalypse : « Quoi ?! Mais depuis quand une fille comme Fay s'intéresse à moi ?! Il y en a d'autres des comme ça ? Peut-être que je vais me retrouver harcelé de toutes part dès que je rentrerais au château ?! Peut-être même que je vais devenir la nouvelle coqueluche de l'école maintenant que tout le monde sait qu'Harry et Malefoy sont fiancés ?! Je vais à Pré-Au-Lard avec une fille ! Mais c'est génial ! J'ai même pas eu à demander ! Avec Hermione j'aurais dû marchander pendant des heures et faires tous mes devoirs à l'avance… »
Bref, le genre d'idioties qui passent dans le cerveau bourré de testostérone des jeunes hommes normalement constitués et dotés d'un peu trop d'imagination pour leur bien.
Fay, elle, était ravie et semblait hésiter entre le toucher et partir en courant.
-Oh ! Je suis trop contente ! On se retrouve demain, en début d'après-midi, dans la salle commune ? J'aurais un cadeau pour toi !
-Ha oui ? Super, répondit Ron, encore un peu perdu dans sa mégalomanie personnelle.
Et finalement Fay décida de s'enfuir, le laissant seul sur le terrain avec l'air un peu béat.
-Tu as un air très bête collé sur la figure, lança brutalement Ginny à côté de lui.
Il sursauta à nouveau, ne s'étant pas rendu compte que plusieurs minutes s'étaient écoulées depuis la disparition de son rencard de demain. Cette fois-ci il actionna le déluminateur pour aspirer toutes les boules de lumières, les laissant à la seule lumière de la lune décroissante.
-Fay vient de m'inviter à l'accompagner demain, à Pré-Au-Lard, lui répondit-il. Et qu'est-ce que tu fais là ?
-Fay ? Elle qui est si timide ! Tu dois lui avoir tapé dans l'œil… Malgré…
-Malgré ? Releva-t-il indigné.
-Ça ! Fit Ginny d'un air navré avec un grand geste du bras.
-Tu viens de me montrer en entier…
Ginny lui envoya un regard rieur avant d'enchainer :
-Mais ce n'est pas pour te taquiner que je te cherchais. Je SAIS quand nous aurons l'opportunité de faire notre petit tour à Malefoy et surtout, nous allons faire d'une pierre deux coups !
-Comment ça ? L'interrogea t'il en lui emboitant le pas vers le château.
-Nous devons nous assurer de le garder sous notre emprise pendant tout le week-end ! Parce que si le capitaine et seul attrapeur valide de Serpentard n'est pas là pour le match…
-Serpentard sera obligé de déclarer forfait !
-Et pas de points pour Serpentard ! Conclut Ginny.
Ron était enchanté par l'idée, mais soudain la petite voix de la prudence, qui curieusement avait le même timbre qu'Hermione, lui ravit son sourire.
-Il faudra VRAIMENT, mais VRAIMENT, faire en sorte que personne ne nous découvre, parce qu'au sinon… On risque même l'expulsion. Lancer un sort sur un élève nous vaudra juste une punition, mais le garder prisonnier… C'est une autre histoire. Et je te rappelle que je veux devenir Auror, ça ferait une énorme tâche sur mon dossier.
-Ne t'en fait pas Ron, si jamais il arrive quoique ce soit, je m'assurerais de prendre tout pour vous. Je n'ai pas vraiment besoin de mes ASPICS pour faire ce que je veux, contrairement à toi.
-Ce ne serait pas juste…
-Ne t'en fait pas Ron, c'est MA revanche, MON duel avec Malefoy. Cela ne concerne au final que lui et moi.
Il le savait, mais cela ne l'empêchait pas de se sentir inquiet pour sa petite sœur. Car s'il connaissait ses limites, il n'en était rien de celles de Malefoy. Et quelque chose lui disait qu'il n'apprécierait VRAIMENT PAS ce qui allait lui arriver… Et alors…
Le retour de bâton pourrait être terrible.
-O-o-O-o-O-o-O-
Y avait-il quelque chose de plus ridicule que la Saint-Valentin ?
Hermione s'agaçait de voir ses condisciples se transformer pour la durée d'une ou deux semaines en concentré de mièvrerie, tout cela pour une fête au nom d'un Saint chrétien dont ils n'avaient strictement rien à faire.
-C'est purement commercial ! S'indigna-t-elle à table en secouant de haut en bas le biberon d'Evangeline pour souligner ses propos, inconsciente du tourment qu'elle causait à la petite fille qui voyait son bon lait rester inaccessible et la narguer pourtant.
-Comme noël, répondit distraitement Harry. Veux-tu cesser de torturer ma fille ? Je croyais que tu voulais la nourrir ?
-Oh, désolé… Fit-elle en laissant finalement Evy' avoir sa pitance du soir.
-Pas un de vous deux ne me demande comment s'est passé mon entrainement de quidditch ? Demanda Harry en fixant alternativement Hermione et Neville.
-Je m'en fiche éperdument, répondit franchement Hermione.
-Euuh… Fit Neville en levant le nez de son plat de pâtes. Comment ça s'est passé ?
-Non, tu te fiche complétement de la réponse toi aussi ! Ah, c'est dans ces moments-là que Ron me manque le plus… Alors, quel est ton problème Neville ?
-Hannah. Elle est très bizarre depuis plusieurs jours. On dirait qu'elle est fâché, mais je ne sais pas pourquoi…. En fait il y a beaucoup de choses qui m'échappent avec elle… Avec les filles en général. Je devrais peut être faire comme toi Harry et me mettre aux mecs…
-Si tu crois UNE SECONDE que je sais ce qui se passe dans la tête de Malefoy, laisse-moi te détromper !
Hermione poussa un énorme soupir.
-Suis-je en train de râler dans le vide depuis tout à l'heure ? Non, ne me répondez pas ! Je connais la réponse.
-Comme toujours, lâcha rapidement Harry à Neville en tentant de réprimer son sourire taquin.
-Yeh, comme toujours, approuva Hermione bonne joueuse. Neville, je me lamente sur le fait que les couples aient décidés qu'il devait y avoir un jour de l'année où ils devaient célébrer leur amour alors qu'ils devraient le faire chaque jour de leur vie ! Un jour de l'année où les hommes devaient faire un effort et être romantique ! Alors que là aussi ça devrait être toujours le cas ! Offrir des fleurs dans ce cadre vient plus de l'obligation que du désir de faire réellement plaisir et d'apporter du bonheur à sa bien-aimée !
-Mais je suis bien d'accord avec toi Hermione, répondit Neville.
-Sauf qu'Hannah a décidé d'être des plus conformistes.
Neville plissa des yeux, laissé dans la perplexité. Il tenta un regard vers Harry qui haussa des épaules l'air de dire « La Plus Mauvaise Personne pour conseil amoureux of the world ».
-Il semble qu'elle ait besoin d'être rassurée au sujet de tes sentiments, tenta à nouveau Hermione.
-J'avais prévu de toute façon de lui offrir un bouquet demain…
-Elle veut que tu l'invite à Pré-Au-Lard, craqua t'elle finalement. Il est même possible qu'elle veuille s'attendre au restaurant et tutti quanti, avec la bague de fiançailles dans le verre de champagne…
-HEIN ?! La bague ? Le champagne ?
-Oh c'est des stéréotypes moldus. Mais ça ne m'étonnerait même pas, sa mère était moldue après tout.
-Tu penses qu'elle veut que je la demande en mariage DEMAIN ?! C'est ridicule !
-Surtout ne lui dis pas ça.
Neville se laissa retomber en arrière contre le dossier de sa chaise, l'air totalement dépassé.
-Je me sens bien avec elle et j'aimerais juste en profiter ! Pourquoi ne se contente-t-elle pas de ça elle aussi ? Pourquoi toujours penser au futur sans se satisfaire du présent ?!
Hermione émit un son songeur tout en fixant Evangeline qui baillait avant de sembler hésiter entre reprendre sa tétine ou plutôt s'intéresser à ce qui l'entourait.
Elle ne pouvait pas décemment révéler le contenu de leur discussion au sujet de « s'assurer un époux ». Neville s'enfuirait sûrement en courant s'il entendait une chose pareille…
-Elle est sans doute amoureuse. L'amour rend ambitieux et exigeant… Finit-elle par annoncer évasivement tout en rendant son sourire à la petite fille dans ses bras.
Elle posa le biberon puis la souleva contre son épaule pour l'aider à faire son rot.
-Si vous voulez mon avis, commença Harry en finissant son assiette, l'amour transforme la fille la plus normale du monde en un spectre de la mort… Non, sérieusement Hermione, vous êtes justes effrayantes avec vos crises d'hystéries lorsque vous obtenez pas ce que vous voulez… Est-ce que vous avez déjà vu un gars crier parce que sa copine n'écoute pas ce qu'il vient de lui dire ? Non ! Jamais ! Pour une fille c'est comme si tout d'un coup on ne l'aimait plus, comme si on était un sans cœur, comme si…
-Toutes les filles ne sont pas comme ça Harry ! Se défendit Hermione.
-Ginny l'est, Hannah l'est. Cho l'est. TU l'es !
-C'est faux ! Je ne le suis pas !
-Hélas si, combien de fois tu t'es mise à hurler sur Ron parce qu'il ne t'écoutait pas, ou préférait aller faire un tour en balai plutôt que de réviser, ou…
-Ne confonds pas hystérie et souci du bien-être et du futur de l'homme que j'aime !
Neville s'étouffa dans son verre d'eau et se mit à tousser. Curieusement son toussotement ressembla énormément à un « Mauvais foi ! ».
-Et si les filles sont SI agaçantes, POURQUOI vous vous entêtez avec nous ? Souligna Hermione en soulevant un sourcil de l'air de celui qui sait avoir gagné la bataille.
-On est des masochistes dans l'âme ? S'interrogea Neville.
-On serait perdu sans vous ? Proposa pour sa part Harry devant l'air des plus réprobateurs de sa meilleure amie.
-10 points à Harry !
-Seulement 10 points ?! Tu ferais un professeur terrible…
Hermione eut un petit sourire narquois alors que les plats disparaissaient pour laisser place au dessert. Elle attrapa une orange dans une corbeille et commença à l'éplucher tandis qu'Harry et Neville discutait encore de son problème Hannah. Pour sa part elle s'interrogeait :
Avait-elle été une petite amie SI terrible pour Ron ? Hystérique et tyrannique comme le décrivait Harry ? Elle avait pourtant tout fait par sollicitude pour lui… Parce qu'elle savait qu'il pouvait être brillant quand il faisait des efforts.
Elle avait voulu qu'il ait tout ce qu'il désirait et l'avait poussé pour ça… D'ailleurs maintenant qu'ils étaient fâchés, qui l'aidait à faire ses devoirs ? Se rappellerait-il qu'il devait commencer ses révisions pour les ASPICs ? Qui rentrait sa chemise dans son pantalon ? Qui lui nettoyait d'un mouchoir les miettes qu'il se collait sur la figure ?
Elle continua d'y penser en marchant le long des couloirs, observant à la dérobée le roux pris dans un grand discours, sûrement du quidditch, avec Seamus. Ils marchaient à plusieurs mètres devant eux, mais elle pouvait voir ce fichu morceau de chemise qui dépassait de son pull dans son dos et semblait la narguer, comme la langue tirée d'un lutin farceur.
Mais tout ça n'était-il pas plus des préoccupations de mère ? Mais n'était-ce pas d'ailleurs ce que recherchaient certains garçons ? Une deuxième mère ?
Elle avait pourtant déjà admis qu'elle ne voulait pas devenir une Molly bis…
Ces pensées la préoccupèrent toute la soirée, jusqu'au moment du coucher. Un rituel qu'en tant que préfète-En-Chef elle ne ratait jamais. Elle aimait particulièrement inspecter la chambre des premières années qui étaient encore tout calmes et sagement couchées dans leurs lits, les cheveux tressés de nattes ou ondulant librement sur les coussins de ces toutes jeunes fillettes.
Les deuxièmes années étaient déjà une autre affaire…
-Allez les filles, cessez vos gloussements au sujet des garçons et allez vous coucher. Et que je ne vous prenne pas à vouloir vous rendre à Pré Au Lard en cachette demain. Comme vous le savez, vous n'y avez pas le droit avant l'année prochaine !
Hermione ferma derrière elle la porte du dortoir en levant les yeux au ciel quand quelques rires retentirent encore au-delà du mur en pierre, mais elle laissa faire. Par expérience personnelle, après avoir partagé son dortoir pendant six ans avec Parvati et Lavande, il était impossible de faire taire des filles qui n'avaient pas épuisés leur quota de commérage.
Elle visita ensuite les autres années pour s'assurer que tout allait bien, discuta un peu avec les autres préfètes, avant de quitter l'aile des filles pour retrouver sa propre chambre. C'était une nuit sans Evy', elle pourrait donc dormir tout son saoul.
Heureuse de cette opportunité, elle prit un pas plus dansant, avant de manquer de renverser Fay dans la salle commune.
-Oups, désolée.
-Hermione ! Ça tombe bien, je te cherchais !
-J'étais en train de faire mon tour habituel. Tu as besoin d'aide pour ton devoir de potions ?
Elles n'étaient pas pour ainsi dire amies, parce qu'Hermione s'était rapidement mise à trainer exclusivement avec Harry et Ron, mais Fay lui avait souvent demandé de l'aide pour ses devoirs et la brune la trouvait bien plus fréquentable que ses autres condisciples.
-Non, c'est gentil, mais non. En fait… Je me disais que je devais t'en parler… J'ai invité Ron à venir à Pré-Au-Lard avec moi demain. Et il a accepté. J'espère que c'est OK pour toi ?
Hermione dû faire un effort monstre pour garder son visage en place et ne pas avoir l'air trop défaite. Aurait-elle été le personnage d'un dessin animé, elle se serait laissé fondre en une flaque de dépit.
Ron tournait la page.
Déjà.
-Je ne vois pas pourquoi ça me causerait un problème. On n'est plus ensemble tous les deux…
Parce que Ron l'avait quitté.
-Oh ça me rassure alors, parce que ça me faisait me sentir vraiment mal vue qu'on est dans la même classe… Vraiment… Bon, je te laisse aller te coucher ! Bonne nuit !
Et la jeune femme partit vers les dortoirs d'un air gai, laissant Hermione plantée à sa place, se battant entre son chagrin et sa colère. Se retournant finalement pour aller à sa chambre, c'est l'indignation qui gagna et chacun des mots de Fay lui sembla d'un égoïsme monstre.
Elle avait calmé ses propres peurs d'être mal vue ou rejetée par Hermione en l'obligeant à se montrer courtoise. Quel genre de fille serait ravie qu'une fille sorte avec son ex ?! Mais en se mettant dans la position de la gentille demandant son avis, Hermione serait passée pour la harpie si elle lui avait reproché quoique ce soit.
Et puis, Ron allait-il passer par toutes les filles de son ancien dortoir ?!
Tout cela cachait cependant mal son désappointement et elle repensa à sa discussion avec Hannah bien plus tôt. Elle s'était permise de la prendre de haut, mais c'était surtout parce qu'elle était persuadée que Ron reviendrait vers elle… Mais, à présent, elle en venait à se demander s'il le ferait jamais.
Allait-elle, comme il le lui avait prédit, finir sa vie toute seule, en seule compagnie de son chat et de ses livres ? Ou bien serait-elle obligée de renoncer en partie à sa vie de sorcière en épousant un moldu ? Tout en étant obligée de lui mentir sur sa nature et sur une partie de son passé ?
Tout d'un coup, alors qu'elle s'asseyait sur son lit, elle réalisa qu'elle n'allait finalement pas si bien dormir que ça…
-O-o-O-o-O-o-O-
L'équipe de quidditch des Serpentard s'était levée très tôt en ce samedi de sortie. Plus motivée que jamais par leur première place actuelle dans la compétition et leur grande chance de remporter la coupe cette année, ils n'économisaient pas leurs efforts.
Et même si un match contre Poufsouffle semblait gagné d'avance, leur capitaine refusait de les laisser se reposer sur leurs acquis.
-Serdaigle est quasiment sûr de gagner la coupe des Quatre Maisons cette année, je refuse de ne pas ramener au moins une récompense pour ma dernière année ! Annonça Drago en marchant le long de sa ligne de joueurs fatigués et affamés. Et pour cela nous devons écraser les blaireaux pour se donner le plus de marge possible pour notre match final ! C'est pour ça que je n'admettrais aucun joueur ayant le moindre reste de grammes d'alcool dans le sang et ceux n'ayant pas assez dormi de la nuit ! Je ne peux donc que vous inciter à la modération pour cet après-midi… Cela vaut aussi pour les chocolats de Zonko, Rodney !
Un garçon de quatrième année bien en chair eut la décence de rentrer son ventre alors que ses camarades ricanaient autour de lui.
-C'est donc tout pour aujourd'hui, je vous retrouve dans notre salle commune demain matin pour un dernier briefing !
Les plus jeunes furent ravis d'être lâchés tandis que les plus âgés trainèrent encore un peu sur le terrain, se poursuivant et se frappant à coups de battes pour certains, d'autres profitant de leur balai et du beau temps.
Hugo Vaisey et Finn Urqhart, deux des poursuiveurs, respectivement en 6eme et en 7eme année, restèrent près de Drago qui attiraient toutes les balles à lui pour les ranger. Urqhart n'était pas particulièrement fan de lui, c'était plutôt le contraire depuis qu'il lui avait volé sa place de capitaine au début de l'année. Alors toutes les occasions étaient bonnes pour se venger discrètement.
-Hey Malefoy, tu comptes te rendre à Pré-Au-Lard cet après-midi avec ton fiancé ? Potter ? Ce serait trop… Comment dire ?
-Romantique ? Proposa Vaisey en plissant les lèvres.
-… Dégoutant ! Termina plutôt l'autre poursuiveur en tirant la langue comme s'il avait avalé une dragée à la crotte de nez.
Le blond roula des yeux tout en jetant bien plus fermement qu'il n'était nécessaire un cognard dans son emplacement, rêvant qu'il s'agissait de la vilaine face de rat de cet irlandais.
-Ne soyez pas ridicule. J'y vais avec Pansy. Vous vous souvenez ? Brune ? Cheveux courts ? Qui vous coupera les couilles si vous êtes la cause de mon retard ?
Urqhart qui avait déjà eu démêlé avec la serpentarde sembla tout d'un coup se souvenir d'un rendez-vous important. Vaisey qui n'avait pas de raison d'être inquiété continua sa route à ses côtés. Contrairement à la plupart de ses camarades, c'était un joueur doué et Drago pensait lui laisser le poste de capitaine l'année prochaine.
-Marrant, j'aurais plutôt parié sur Zabini, fit-il alors qu'ils rangeaient la malle à son emplacement dans le bureau de Bibine.
-Merlin seul sait comment, il a réussi à faire en sorte que Daphnée l'accompagne. Et j'en suis bien content parce qu'il était encore à me sermonner pour qu'on se fasse une espèce de sortie de groupe avec Potter et Granger pour qu'il puisse voir sa filleule.
-Je crois que je le comprends, ta fille est devenue la mascotte des gryffondors, c'est un peu injuste qu'on ne puisse pas l'avoir un peu à Serpentard…
Drago le regarda avec de grands yeux ébahis :
-Et qu'est-ce que vous en feriez hein ? Vous jouerez à la poupée avec elle sur le tapis ? Vous vous pencherez sur elle en émettant des onomatopées dépourvus de sens ? Oh pitié ! Nous sommes des Serpentards ! L'avenir de ce pays ! Pas une bande d'idiots gazouillant… Evangeline est très bien là où elle est pour le moment.
Oui, Potter semblait s'en occuper parfaitement. Ce n'était pas du tout la vision qu'il avait d'un père, mais ce qu'il avait vu sous la neige, cette nuit-là… Et qu'il continuait de voir régulièrement au même endroit, chaque fois que la petite pleurait trop longtemps et que Potter la sortait dehors… Cela lui plaisait indéniablement.
Curieusement, Evangeline semblait toujours se taire quelques minutes après son arrivée.
-En tout cas Blaise a trop de chance. J'ai demandé à Astoria. Elle me plait depuis la quatrième année, mais elle a refusé. Elle semble préférer ce bellâtre idiot de Harper. Tein vivement qu'il se casse à la fin de l'année.
-Je te préviens Vaisey, les sœur Greengrass on ne sort pas avec elle « comme ça », juste pour s'amuser, leur famille ont un grand poids politique, d'autant plus qu'ils ont eu l'intelligence de rester neutre concernant Le Seigneur des Ténèbres, le Ministère et l'Ordre du Phénix. Si tu la veux, il te faudra l'épouser. Et surtout il te faudra être très riche parce qu'à ce qu'on raconte, la Matriarche Greengrass aime terriblement l'argent. Elle le place au-dessus de toute notion de réputation ou de capacité magique, et presque aussi de lignage, alors bonne chance !
-Tu sais ce qu'on dit Malefoy : A cœur amoureux, rien d'impossible ! Lui lança le poursuiveur alors qu'ils se séparaient dans le grand hall, l'un descendant dans les cachots, l'autre montant vers les étages.
-Ça sonne à mes oreilles comme une niaiserie de poufsouffle ! Lui répondit-il en criant pour être sûr qu'il l'entende, se faisant s'indigner deux ou trois blaireaux qui étaient dans les environs.
Drago jeta un coup d'œil à sa nouvelle montre, notant le temps qu'il lui restait avant que le repas de midi soit servi et partit en direction de la salle de bain des préfets se débarrasser de toute cette sueur collée à lui et de son uniforme de quidditch. C'était l'un de ses petits plaisirs : trente minutes de solitude et de détente dans un grand bassin rempli de bulle. Et ce, après s'être assuré de poser un sort de repousse-fantôme afin que Mimi Geignarde ne vienne pas se rincer l'œil.
Arrivé dans la grande salle de bain, face à la sirène du vitrail, il posa ses vêtements propres dans un coin, soigneusement pliés, avant de se débarrasser des hardes puantes qui le recouvrait et de les balancer dans un coin pour les elfes de maisons.
Puis il retira son médaillon pour le poser délicatement par la chaine sur son tas de change.
De façon curieuse, il commençait à se sentir encore plus nu lorsqu'il l'enlevait, sans la couche habituelle de protection qu'il lui donnait. Le phénix et le dragon battirent de leurs ailes, affolés, comme pour l'enjoindre de le remettre, mais il avait trop peur de l'abimer dans l'eau.
Il ne réalisa qu'après coup la bêtise qu'il y avait à se sentir en sécurité dans une salle de bain de préfet où TOUT LE MONDE savait qu'il se rendait après être monté sur un balai. Particulièrement lorsque l'un de ses ennemis était AUSSI préfet et avait donc le mot de passe.
-On vient faire une piscine party ? Ironisa t'il en voyant entrer les Weasley et leurs deux nouveaux stupides pots de colles : Thomas et Finnigan.
Aussitôt il tenta de foncer sur sa baguette posée au bord du bassin, mais le roux fut plus rapide que lui :
-Accio baguette de Malefoy !
Drago s'immobilisa alors, poussant un soupir ironique, alors que sa baguette allait se jeter dans la main libre de la belette. Il la pointa alors vers lui.
-Tu crois sérieusement Weasel que ma baguette va t'obéir ?
-L'ancienne l'a bien fait.
-Pour Potter, crois bien que tu t'y serais essayé, elle t'aurait mordue le nez.
-Oh Ferme là Malefoy ! Intervint la sœur en se plaçant devant son frère, l'air conquérante. Tu pensais vraiment que tu allais t'en sortir après m'avoir ridiculisée devant nos deux maisons ?!
-Hum… Attends ? Cela ressemble à ma réplique : tu croyais t'en sortir après m'avoir ridiculisé dans la Grande Salle ? Oh ? voyons la roussette, tout le monde sait qu'un serpentard ça se venge… Lui répondit-il de son meilleur ton condescendant.
-En attendant c'est toi qui es dans une mauvaise situation.
-Je suis complétement ébahie devant le courage légendaire des lions. Regardez mon visage : complétement ébahi. A quatre contre une seule personne… Désarmée et surtout…
Pendant qu'il parlait, il se mit à s'avancer, ignorant la menace de la baguette de Ronald Weasley, jusqu'à se hisser hors du bassin et se lever devant leurs visages qui soit perdait de la couleur, soit en prenait une tout à fait flashante.
-… Complétement nu. Termina t'il en exhibant sans la moindre honte son corps, pas totalement parfait, parce qu'il y avait bien ces cicatrices dû au maléfice que lui avait jeté Potter en 6eme année…
Mais il pensait que le reste était plutôt pas mal.
Weasley mâle détourna aussitôt le regard, tout comme Thomas. Finnigan le regardait avec un intérêt presque scientifique et Ginevra Weasley, d'un rouge presque lumineux comme le nez du renne Rudolph, avait décidé de se concentrer sur son visage, bannissant toute expression du sien.
-Hum hum, pas si mal, n'est-ce pas ? Fit-il à moitié pour les provoquer et de l'autre moitié pour les narguer.
-J'ai vu mieux, répondit la rouquine avec un reniflement dédaigneux.
-Oh sûr que t'en as vu, et selon les dires de certain, beaucoup…
Drago venait tout d'un coup de répondre à une de ses questions : pouvait-on dépasser la nuance écarlate du nez de Rudolph ? Expérience affirmative. La belette femelle semblait à deux doigts de s'embraser par combustion spontanée, aussitôt suivie par son grand dadais de frère.
-Serais-tu en train de traiter ma sœur de… De fille de mauvaise vie ?! Hurla ce dernier en s'avançant furieusement vers lui avant d'être repoussé à nouveau par derrière par une Ginevra bizarrement silencieuse.
-Oh trop mignon Weasley « une fille de mauvaise vie » ! J'ai dit « selon les dires de certain », il faudrait te déboucher un peu les oreilles. Mais en substance c'est effectivement ce que je disais. Sauf que moi j'aurais utilisé le mot « pute ».
-Sale petit connard ! Ragea Dean Thomas derrière.
A cause de sa couleur de peau il ne pouvait pas être rouge, c'était bien dommage. Mais il était amusant de le voir à la fois si gêné, incapable de le regarder à cause de sa nudité et furieux par ses propos. Un parfait galant gryffondor volant au secours de l'honneur de sa Dame ! C'était plutôt pathétique.
-Tiens en voilà un d'ailleurs. Alors Ginevra ? Demanda-t-il en plongeant son regard dans le sien comme un serpent charmant sa proie. Qu'en penses-tu ? Le corps de Thomas est-il mieux que le mien ? Est-ce que c'est vrai ce qu'on dit sur les « dimensions » des black ? Pas petite n'est-ce pas ? Ou est-ce un mythe ? Et Harry ? Est-il meilleur ? Quoique cela je risque de le découvrir par moi-même…
-NE . L'APPELLE . PAS . PAR . SON . PRENOM ! Articula-t-elle finalement et Drago fut ravi de voir que son petit piège avait marché.
-Surtout si c'est pour le souiller ainsi ! Continua-t-elle plus normalement, et plus passionnément aussi, ce qui lui déplut par contre complétement.
Mais il ne le montra pas, continuant à maintenir un sourire confiant et torve sur ses lèvres en rêvant intérieurement de coincer la fille dans une tapette à souris taille belette.
-Bon ça suffit maintenant, il essaie de gagner du temps en nous perturbant, grogna Ron. Faisons lui juste payer ce pourquoi on est là !
Mais il fut de nouveau repoussé en arrière par sa petite sœur.
-Ron, Dean, Seamus, sortez juste cinq petites minutes…
-Pourquoi ?
-Parce que je vous le demande et que c'est MA vengeance !
-Mais si il essaie de t'attaquer ou de t'agresser ? S'inquiéta le grand frère et la sœur lui répondit en lui donnant un grand coup de coude dans l'estomac, le faisant se plier en deux de douleur.
*Belette femelle 1 –Belette mâle 0… Aucun instinct de survie* songea le blond en baillant d'ennui.
Peut-être qu'il commençait à avoir un peu froid aussi.
-Cela répond à ta question ?
-Mais il est à poil ! Il pourrait juste… Tu sais…
-Oh pitié Weasley… Cette seule idée me donne envie de vomir, répondit Drago avec une mine dégoutée.
Le gryffondor lui jeta un regard venimeux avant de trainer Thomas hors de la pièce. Drago les regarda partir avant de retourner son attention sur la jeune femme. Il s'apprêtait à la taquiner encore un peu quand il s'aperçut qu'elle avait retrouvé son calme. Ou du moins une forme de calme.
-Je sais Malefoy, attaqua-t-elle en marchant vers lui jusqu'à se trouver presque nez à nez. Ce dont tu n'as peut être même pas conscience. Pourquoi ma seule vue t'insupporte.
-Tu es une Weasley, ça suffit largement…
-C'est là que tu te trompes. Je ressens presque de la pitié pour toi à te regarder te fourvoyer… Mon frère t'agace, mais il t'amuse aussi, mes autres frères ne t'ont jamais intéressés. Mais moi… Ahah… Lorsque tu me regarde, tu sais ce que j'y lis ? Ton désir de me faire disparaitre de la surface de ton monde… Et tu sais quoi ? Je ressens la même chose à ton égard ! Je suis ta rivale en amour. En cet instant même nous nous battons pour le même homme et à la fin, il ne pourra n'y avoir qu'un seul d'entre nous.
-Je ne suis pas amoureux de Potter… Je suis son rival !
-Crois-le si ça te fais plaisir. Mais c'est juste parce que c'était la seule place qui te restait près de lui. Tu as voulu devenir son ami, il a préféré Ron… Et pourtant tu supportes Ron… Parce que ce n'est plus de sa place que tu veux et tu sais que vous pouvez cohabiter. Non c'est la mienne que tu veux. La place dans son cœur. CQFD comme on dit.
-Et même si c'était le cas, JE vais me marier avec lui, alors il n'y a pas de bataille, tu as déjà perdu !
Ginny exhala un soupir amusé avant de se rapprocher de lui pour pouvoir lui souffler à l'oreille d'une voix douce et raisonnable :
-Je n'ai pas perdu. Ce mariage, tu sais qu'il ne l'a jamais voulu. S'il n'y avait pas eu Evangeline, s'il avait eu le choix, pas un instant il ne t'aurait choisi, il serait resté avec moi. Il ne t'aimera jamais, il sera là, mais il ne sera jamais à toi, ses pensées s'échapperont loin de toi et si jamais tu en venais à une intimité telle que celle dont tu parlais… Eh bien… Ce ne sera certainement pas ton prénom qu'il criera… En fait… C'est toi qui a perdu, et ce, depuis le début.
Elle s'éloigna en entendant les hommes de Gryffondor rentrer à nouveau dans la pièce, lui souriant presque avec sympathie alors que lui ne souhaitait que lui tordre le cou. Livide, il tentait de ne rien en laisser paraitre, de retenir sa magie qui n'en avait pas moins refroidie l'eau au fur et à mesure des paroles de la rousse, comme si du poison s'infiltrait dans ses veines. Il détestait ça mais tout ce qu'elle avait dit avait réussi à le toucher, parce que c'était le reflet de ses propres peurs. Tout ce qu'il s'était dit après les fiançailles, mais en pire, sans qu'il sache pourquoi ou ce qui avait changé.
Il se sentait vaincu et n'avait plus la moindre énergie pour se défendre.
Une partie de l'eau du bain avait gelée et il entendait le bruit de bloc de glace se percuter tandis que son souffle se matérialisait en buée.
-Whoa qu'est-ce qu'il s'est passé ici ?! Ça caille ! S'exclama Finnigan.
-Aucune importance. Tu as la cage Dean ?
-Affirmatif.
Drago fronça des sourcils en voyant les quatre gryffondors pointer leurs baguettes sur lui et un sursaut d'orgueil et de révolte tenta de percer son état catatonique.
-Puisque tu as l'air d'aimer la métamorphose « Drago », commença la jeune femme en faisant rouler son prénom sur sa langue avec un plaisir presque cruel, nous allons t'exaucer !
Il n'entendit pas vraiment la formule alors qu'il tentait en vain d'échapper aux rayons de magies. Trois sur quatre le touchèrent cependant et brusquement une immense douleur le traversa alors qu'on forçait son corps à se transformer.
Le monde sembla soudain grandir sous ses yeux et les gryffondors se transformer en géants. L'impuissance déchira ses entrailles alors qu'une main énorme se dirigeait vers lui…
A suivre…
(1) De l'auteur Jane Austen, of course, et si vous ne l'avez jamais lu, je vous conseillerais ardemment de fermer cet ordinateur et de vous le procurer immédiatement ! (« Emma » est bon aussi).
(2) Inventer des noms c'est pas ma tasse de thé alors j'ai encore décidé d'en récupérer un de super héros. Daredevil en l'occurrence.
Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que des gens vont vouloir me tuer… Je sens que les Weasley vont en baver aussi. Mais mettez-vous un peu à leur place avant de les condamner ! Personnellement si j'étais à la place de Ginny, et bien que je sois plus une Hermione qu'une Ginny, et que j'avais une baguette magique, je m'en servirais aussi contre le connard qui m'a pris mon petit copain et m'a fichu à moitié à poil devant mes camarades de classe (en fait me concernant, je crois que la honte aurait été telle qu'il aurait fallu que je change carrément d'école…). Drago peut être horrible quand il veut.
Après j'admets trouver le couple Harry/Ginny totalement incompréhensible. De la part d'Harry son attirance sort de nulle part un jour, au beau milieu du 6eme tome – de toute façon les expériences amoureuses d'Harry dans les livres sont juste très bizarres – mais Ginny est effectivement une fan de la pire espèce. Et rien que l'affaire du poème au crapaud en seconde année (curieusement non montré dans le film) aurait dû suffire à vacciner Harry de toute idée amoureuse la concernant. Je veux bien qu'elle se soit calmée après, mais bon… Il aurait été plus cohérent qu'elle prenne le rôle de la petite sœur. Mais j'imagine que ça devait aller avec la « parfaite » fin d'Harry Potter décrite par l'Epilogue-de-la-Mort, avec Harry devenue part entière de la famille Weasley – tout comme Hermione…
Mais comme vous lisez cette fanfic et que je m'évertue à défiler toute cette tapisserie fil par fil, vous vous doutez bien de mon avis sur ce sujet.
Bah de toute façon vous êtes libres de crier votre dépit sur les commentaires, c'est fait pour ça. Yep. Je suis prête ! (Mais n'oubliez pas, j'ai été mignonne, je vous ai posté ce chapitre en avance !)
Ah oui et au cas où : Fay existe ! C'est un personnage qui fait quelques apparitions dans le décor des films et dont le nom est officialisé par l'un des jeux vidéos. Elle est de la même année que notre trio et partage le dortoir d'Hermione, Lavande, Parvati et une autre fille non identifiée. Je trouve son très léger background bien plus intéressant que celui de Parvati, mais comme on n'a pas grand-chose d'elle, j'ai inventé son caractère.
Sinon, prochain chapitre (Du coup jeudi prochain –oh tiens, pour Noël- à part si… ) : Le pire ou le meilleur, où finalement Drago aura droit à sa sortie familiale à Pré-Au-Lard, qu'il le veuille ou non…
