Note de l'auteur : Rien à dire sinon remercier comme toujours mes lecteurs, les visibles et les invisibles, ET qui ne m'ont pas tué au chapitre précédent XD. J'espère que ce chapitre vous plaira.

Chapitre 22 : Le pire ou le meilleur

Il ne savait pas quand il s'était mis à l'attendre.

Au milieu de journées sans sens, deux femmes avaient tentées de reprendre le contrôle des aiguilles du Temps. Lui qui ne se contentait alors QUE d'attendre que le temps passe et que la Dernière Personne viennent lui rendre visite, inconsciemment, il s'était mis à S'attendre à elles.

Et à cause de cela, finalement, il en était venu à LES attendre.

Sortant sa montre de sa poche, il regarda la trotteuse avancer, inlassablement. Tic Tac Tic Tac.

Mais pourquoi alors n'était-elle pas là ?

George se laissa retomber sur son lit et se continua à attendre.

-O-o-O-o-O-o-O-

C'était une sorte de cave, un endroit déjà sordide au naturel. Ajouté à cela l'odeur de renfermé et d'urine rance, ainsi que l'humidité suintant des murs comme une suée froide de terreur et on avait là un tableau des plus charmant. Parfait lieu de villégiature.

Et puis L'acoustique était tellement bonne…

L'ironie était l'apanage des serpentards dépités.

Elle renifla de mépris.

Melody Flint se disait cependant qu'après ce qu'elle voyait ET entendait, c'était elle qui aurait besoin d'une thérapie.

A travers le plafond on entendait les cris d'agonie d'une jeune femme, encore et encore, tandis qu'un homme, près de la porte, hurlait lui aussi, mais d'impuissance et de désespoir. La psychomage se tourna alors vers la sorcière qui se tenait sagement assise par terre, clignant de ses grands yeux bleus délavés.

-Suffit ! Clama Melody en levant sa baguette, et soudain tous les cris cessèrent et toutes les autres personnes de la pièce se figèrent dans leur mouvement.

C'était comme si le temps s'était figé et seules Melody et Luna restait animées et sonores.

-Je veux bien que te faire enlever par des mangemorts ne t'ait pas tellement perturbée… MAIS ÇA, c'était traumatisant quand même ?! S'exclama la brune. Cela a forcément été dur à vivre ? Revenir hanter tes nuits ?

En tout cas, elle, elle allait avoir du mal à oublier ces cris. Et elle ne se priverait pas, à l'occasion, d'affirmer à Lord Malefoy que son manoir ne méritait qu'un 2/20 en hospitalité et en qualité de service…

Devant de telles pensées elle fronça des sourcils en maudissant son petit ami qui lui avait fait connaître de stupides émissions moldues américaines et se concentra de nouveau sur la jeune femme qui ressemblait plus à une jeune fille, faisant presque deux ans de moins que son âge véritable.

-Pas vraiment, répondit candidement celle-ci à ses questions, haussant des épaules.

-Mais enfin, une amie à toi est en train de se faire torturer et personne ne peut l'aider ! Elle va peut-être mourir dans d'atroces souffrances !

Luna haussa à nouveau des épaules.

-Je n'étais pas inquiète vous savez. Je savais que tout allait bien se finir.

Et voilà, LA phrase que lui ressortait à chaque fois cette fille ! Ce bon sang de bonsoir de « Tout allait bien se finir ». Il était hors de croyance de la psychomage que quelqu'un puisse croire assez fort pour ne pas être perturbé par la situation, mais Luna Lovegood était sa pire patiente. L'épine dans son pied.

Si elle ne l'avait pas vérifié, elle jurerait que cette fille était sous champignon magique 24H/24. Mais dans les faits, il lui était impossible d'émettre un véritable diagnostique. A première vue l'enfant semblait folle, mais il y avait quelque chose de confondant dans son regard, ses divagations pouvant se révéler pleine d'un fond de sagesse qui lui donnait l'impression d'être considérée par des yeux de vieille femme de 120 ans.

Cependant la folie n'excluait pas l'intelligence, bien au contraire.

Ils en avaient l'exemple tout trouvé en la personne du Mage Noir. Un être des plus brillants, mais ayant perdu tout sens des réalités sociales. Toutefois, il était à noter que si ce dernier était tout plein d'une énergie mortifère, Luna Lovegood était toute de lumière et de pureté, à se demander si une seule tâche d'ombre pouvait seulement la souiller.

A l'origine de tout cela se trouvait la mort de sa mère, mais l'étudiante refusait en bloc d'étudier cette partie de son passé avec la psychomage. Et lorsqu'elle essayait, elle se heurtait à des barrières qu'elle ne pouvait franchir toute seule.

Quoiqu'il en soit, Melody était complètement perdue face à cette patiente, ne sachant par quel bout la prendre, ni quoi travailler à son sujet… Il fallait déjà qu'elle lui fasse admettre qu'elle n'avait pas pût traverser toutes ces épreuves comme une simple balade en forêt !

-Mais enfin tu ne pouvais pas savoir que tout allait bien se finir ! La situation était catastrophique, regarde ! Le Sauveur est coincé dans la cave avec toi ! Fit-elle en lui désignant le Harry Potter figé auprès de l'homme qui tapait sur la porte.

-Je le savais. C'est tout, répliqua Luna en penchant la tête, regardant son camarade comme s'il était un espèce d'insecte inconnu qu'elle rêverait de disséquer.

Melody poussa un geignement en prenant à témoin le plafond, puis alors c'est elle que Luna regarda comme une créature absconse.

-Est-ce que vous avez comme des petites mouches qui volettent dans votre tête ? S'enquit l'étudiante, réellement curieuse de la réponse.

-Oh s'en est trop ! S'exclama Melody en tapant du pied le sol.

D'un grand mouvement de baguette, elle fit disparaître la scène et Luna ouvrit les yeux allongée sur le canapé où elle s'était endormie. A côté d'elle la brune aux longs cheveux bouclés se massaient l'arête du nez, complètement exaspérée.

L'étudiante se plaça en position assise, respectant le silence de son aînée un moment, avant de décider de le briser d'une voix claire :

-Je vous le jure. Je vais très bien. Je n'ai pas besoin de revoir tout ça. Je n'ai aucun regret au sujet de ce qui s'est passé l'année dernière…

Elle aurait sûrement continué si une forme blanche n'avait pas brusquement surgit d'une grille d'aération pour tomber entre elles dans un couinement de douleur. Les deux jeunes femmes fixèrent pendant quelques secondes l'animal avant que la psychomage ne pousse un cri d'horreur :

-AAAH UN RAAAAAT !

Elle sauta à deux pieds sur sa chaise pour se mettre à l'abri avant de commencer à jeter des stupéfix sur la bestiole qui tentait de les éviter en zigzagant.

Luna l'attrapa alors qu'elle passait près de ses pieds et serra le corps longiligne entre ses mains. L'animal tentait de lui échapper, se tortillant entre ses doigts, et grognait de mécontentement, mais elle ne lâcha pas prise.

-Mais non Docteur Flint, ce n'est pas un rat, c'est Drago Malefoy, annonça-t-elle avant de le porter devant ses yeux : Drago Malefoy, pourquoi es-tu une Mustela Erminea ?

L'animal sembla trouver sa question stupide car il s'arrêta un instant de gigoter pour la fixer du regard, les paupières à demi fermée.

-OK. Compris. Je vais t'amener en sécurité, continua t'elle en hochant la tête. Docteur Flint, je crains que notre entrevue ne doive s'arrêter là. Je vous reverrais samedi prochain.

Et la serdaigle quitta la pièce avec son mustélidé dans les mains. La psychomage descendit de sa chaise, les yeux grands ouverts et la bouche béante :

-Bon ok, j'ai vraiment besoin de vacances moi…

-O-o-O-o-O-o-O-

-Comment as-tu pu le laisser t'échapper ?!

Ron s'arrêta de courir et se tourna vers sa sœur pour la foudroyer du regard tout en tenant sa pauvre main qui portait encore la marque d'un demi-cercle de petites dents tranchantes.

-T'es marrante toi ! Si tu ne voulais pas qu'une chose comme ça arrive, tu aurais dû décider de le changer en quelque chose de plus gros comme, je sais pas, un cochon ?

-Ou une tortue, approuva Seamus en soulevant le coin d'une tapisserie, se récupérant ainsi un siècle de poussière dans la tronche.

Les quatre gryffondors s'étaient trouvés désemparés lorsqu'après avoir mordu Ron, Malefoy s'était échappé à toutes pattes, zigzagant adroitement entre leurs jambes avant de s'échapper par la porte entrouverte.

Aussitôt, voyant leur méfait et futur punition sur pattes leur échapper, paniqués, ils s'étaient précipités derrière lui de façon plutôt désordonnée et l'avait perdu dans les couloirs sinueux et remplis de cachettes du château.

Leur principale crainte était que, d'une façon ou d'une autre, Malefoy arrive à faire comprendre à quelqu'un sa véritable identité et que le sort soit levé, permettant à l'odieux serpentard de tout balancer et de les faire punir à vie, sinon plus.

Mais bientôt ils réalisèrent que ce qui n'était qu'une blague d'étudiant, certes un lynchage peu marrant pour la victime, mais tout ce qu'il y avait de plus communs entre leurs deux maisons, pourrait encore plus mal tourner…

-Merlin ! Et si Miss Teigne l'avait mangé ? Songea brusquement Seamus à haute voix, cachant mal sa panique à cette idée.

Car jamais, ô grand JAMAIS, il n'avait fait partie du plan une quelconque mise en danger d'autrui, car ils n'étaient plus en guerre, il n'était plus question de défendre sa vie ou de venger des morts. Et tout cela aurait dû être très simple : humilier Malefoy en le transformant en animal et en le maintenant en cage comme un animal de compagnie pendant deux jours, permettant ainsi aux serpentards de perdre le match de quidditch, avant de lancer un petit sort d'oubliette au blond pour qu'il oublie toute leur implication dans l'histoire…

Malheureusement le prince des serpents avait décidé de tout faire capoter et il était peut être en cet instant mort, dévoré par un chat !

-On est dans la merde jusqu'au cou ! S'exclama Ron, paniqué, en s'arrachant les cheveux. Je SAVAIS que c'était une mauvaise idée !

-Absolument pas, tu la trouvais brillante, répliqua Ginny, toute aussi affolée.

-Parce que tu t'es mise à parler d'élimination de l'équipe de Serpentard, TU SAIS que je perds toute notion des réalités lorsqu'il s'agit du quidditch !

Dean soupira en les regardant tourner en rond de façon erratique.

-Arrêtez un peu de vous lamenter et calmez-vous ! Ce n'est pas comme ça que nous le trouverons !

-Oh… Si seulement on avait un sort de traçage ou un truc du genre…

Ron sursauta brusquement avant de frapper son poing dans sa main.

-MAIS BIEN SUR ! Quel idiot je suis ! SEAMUS TU ES UN GENIE !

-Ah ? Ah bon ?

L'irlandais ne pût apprendre pourquoi car Ron partit aussitôt en courant en sens inverse, vers les Grands Escaliers. Le gryffondor grimpa en trombe les marches le séparant du tableau de la Grosse Dame et une fois dans la salle commune, fit fi de ses camarades qui partaient tous manger pour filer dans son dortoir et presque arracher le tiroir de la commode d'Harry. Comme il le pensait, son ami… Enfin son ancien BFF… Ne l'avait pas retiré des protections, lui laissant ainsi, intentionnellement, il n'en avait aucun doute -Harry était un peu parano – l'accès à la Carte du Maraudeur.

Ils l'avaient peu utilisée depuis le début de l'année, n'ayant pas vraiment de raison pour puisque majeurs, ils n'avaient plus de couvre-feu et étaient libres de leur déplacement. Ron sentit un frisson d'excitation le parcourir tandis qu'il tenait le morceau de parchemin, comme foudroyé par des années et des années de sentiments euphoriques provenant de leurs propriétaires respectifs. Les Maraudeurs d'abord, puis ses frères, d'ailleurs il se sentit joyeux de penser qu'un morceau de Fred se trouvait encore là, puis finalement eux, Harry, Ron et Hermione.

Leur secret.

-Je jure que mes intentions sont mauvaises, annonça t'il sans perdre de temps.

Et immédiatement les traits d'encres se mirent à courir sur le papier et le jeune homme chercha frénétiquement le nom tant détesté de « Drago Malefoy » au-dessus des petites traces de pas qui parcouraient les pièces et couloirs.

Quand il le trouva il se sentit à nouveau respirer normalement. Viviane en soit loué, ce connard ne s'était pas fait bouffer. Néanmoins Ron perdit le peu de satisfaction que cette nouvelle avait amené quand il découvrit les trois étiquettes qui jouxtait celle de la fouine :

« Hermione Granger », « Harry Potter » et « Evangeline Black ».

-Bon OK, c'est la merde…

-O-o-O-o-O-o-O-

Drago avait enfin cru être sauvé, puis il s'était retrouvé entre les mains de cette gourdasse de Loufoca. Il devait cependant admettre une chose : elle l'avait, seule elle savait comment, reconnu, mais il n'avait pas une traître idée de l'endroit où elle le trimballait.

A ce qu'il en savait, elle pourrait tout aussi bien le jeter dans une marmite pour il ne savait quelle cérémonie bizarre. Une des raisons pour laquelle il détestait cette fille était qu'elle était totalement imprévisible.

Et effectivement, à la place de l'amener au professeur Rogue comme l'aurait fait n'importe quel élève censé, la blonde se dirigea droit vers deux élèves. Drago poussa un immense soupir à cause de la tournure que prenait les événements.

-Oh, salut Luna ! Fit Potter en lui faisant un signe de la main, vite imité par Granger.

Le pire était que ces imbéciles semblaient contents de la voir.

-Bonjour Harry. Bonjour Hermione. Bonjour Evangeline, termina-t-elle en penchant la tête sur le côté pour apercevoir le visage du bébé collé contre le torse de son père par le porte bébé.

Pff… Comme si ça servait à quelque chose de saluer quelqu'un ne comprenant pas un seul mot de langage…

-Tu… Commença Potter.

-Tiens Harry. Cadeau.

Et sans qu'ils puissent y faire quoique ce soit, Drago fut fourré dans les mains de son fiancé par la blonde qui fit aussitôt marche arrière comme si rien ne venait de se passer.

-Hein ? Cadeau ?

Le brun semblait complètement dérouté et le tenait un peu trop fort. Drago voulut le mordre pour lui apprendre à le traiter si mal mais aussitôt que son museau fut près de sa peau, son odorat fut envahi par la forêt et il se trouva plus à avoir envie de se frotter contre ou même de la lécher.

Il y avait aussi une autre odeur… De pluie…Non de forêt après la pluie… Et de lait. Ah oui : Evangeline.

-Pourquoi Luna m'offre t'elle un… Un furet ?

*Oh non Potter, sérieusement… Je suis une fouine ! UNE FOUINE ! Allez fait la connexion toi qui aimais m'appeler comme ça !*

Mais pourquoi la Loufoca s'était barrée sans lui dire qui il était ? Pire : pourquoi la Loufoca l'avait-elle présenté comme un cadeau ?

-Non, en fait, c'est une hermine, rectifia Granger en brisant tous ses espoirs.

*Parce qu'en plus la bande de crétin n'ont même pas été fichu de me transformer en le BON animal… Parfait… Tout simplement parfait… Bon je me casse…*

-Comment tu fais la différence ?

-Bein avec mon prénom… Au primaire les garçons aimaient se moquer de moi en m'appelant « l'hermine ». Je vois pas trop en quoi ça devait me vexer puisque c'est plutôt mignon comme animal.

Potter fronça des sourcils.

-Pourquoi tous les gens qui m'entourent sont liés d'une façon ou d'une autre à un rongeur ?

-Les hermines ne sont pas des rongeurs, pas plus que les belettes ou les fouines, assura Granger alors qu'il se tortillait pour s'échapper.

Il réussit finalement à s'extirper par le dessus mais au moment même où il comptait sauter à terre pour se carapater, il aperçut Weasley fille et Thomas qui couraient dans leur direction. Ils se figèrent tous les trois, la même lueur de panique traversant les yeux des humains et de l'animal avant que Drago trouve qu'il n'était finalement pas si mal sur son perchoir.

Escaladant Potter, faisant fi de son exclamation de surprise, il vint se percher sur ses épaules, accrochant ses petites griffes dans l'uniforme. Et à cet endroit, le jeune homme sentait encore plus bon. Probablement son shampooing, d'ailleurs quelques mèches rebelles venaient se reposer sur son poil immaculé, bien plus souples qu'il ne l'avait imaginé.

Une fois redevenu humain, il faudrait qu'il trouve un moyen pour toucher ces cheveux, faire glisser quelques mèches dans ses doigts, plonger son visage dans cet amas décoiffé. Inconsciemment son petit museau s'y colla, frôlant une oreille, provoquant un frisson le long de l'échine du brun.

*Oh voilà qui était intéressant, j'ai trouvé malgré moi un point sensible…*

Des mains tentèrent de le déloger de sa place mais il grogna d'avertissement en s'agrippant encore plus. Hors de question de quitter cette position stratégique !

De là où il était il pouvait voir ses agresseurs toujours figés d'effroi.

-Je me demande pourquoi ils nous regardent comme ça… Fit Granger, car Potter et elle était à présent tourné vers les deux autres, ayant remarqué qu'ils étaient, pensaient-ils, l'objet de leur attention.

Potter se rembrunit.

-Je sais pas, je m'en fiche, grommela-t-il avant d'ajouter : Dean me sort par les yeux en ce moment.

-Comme je te comprends… Enfin bon, et si on reprenait notre route ? Je croyais que tu avais faim ? Et si il faut il y aura quelqu'un pour reconnaître son animal de compagnie…

-Alors tu penses bien que c'est un animal domestiqué ?

-Vu comme il se tient calmement sur tes épaules, ça parait évident.

Drago s'accrocha plus fermement lorsque les deux gryffondors reprirent leur marche et il fut des plus heureux de mettre de la distance entre la Weasley et lui. Oh, celle-ci le paierait, foi de Malefoy, mais pour l'instant il était une hermine et il effectuait une retraite stratégique.

-Connaissant Luna, je la crois totalement capable de partir à la chasse à l'hermine dans la forêt interdite, répondit Potter.

Le serpentard l'écoutait vaguement, tournant sa tête pour observer la Weasley qui le foudroyait à présent du regard, et comme il ne pouvait pas lui tirer la langue sous cette forme (ce dont actuellement il avait follement envie) , il se frotta ostensiblement contre la mâchoire d'Harry, le marquant comme sien.

Totalement et définitivement SIEN.

Cela fit rire Potter qu'il avait apparemment chatouillé au passage et une main vint caresser avec précaution son arrière train. Drago en aurait bien rit machiavéliquement, parce qu'il pourrait tellement taquiner le brun avec ce geste si audacieux, mais son cerveau fut court-circuité car la sensation était putain de bonne et qu'il ne pût s'empêcher de soulever ce fichu arrière train pour se coller plus fortement contre la paume de la main qui lui provoquait ça.

Il fut tout dépité lorsque la caresse cessa.

*OK, c'est décidé, je veux être réincarné en hermine.*

Heureusement que ces animaux ne savaient pas ronronner parce que là, cela aurait été l'humiliation ultime.

Tout perturbé, il ne suivit pas la discussion des deux humains jusqu'à la Grande Salle, tombant néanmoins sur le visage d'Evangeline tourné dans sa direction. Dans son porte bébé elle était juste pressée contre la poitrine de Potter, couverte d'une épaisse doudoune vert eau qui la triplait de volume.

Il tenta de hausser ses sourcils, du moins, il le fit mentalement, parce que la gamine le fixait de ses yeux bleus.

*Quoi ? Cela te défrise de me voir me frotter contre ton père ? Comment tu crois que t'es venu au monde ? Il y avait Potter, mais il y avait aussi moi. Bon ok, je suis une bestiole en ce moment, mais je suis aussi ton père, et je sens que je vais faire un tri dans ta garde-robe parce que notre brun en commun a des goûts vestimentaires des plus discutables, tu ressembles à rien là…*

Et là, bien qu'il fut persuadé d'avoir parlé dans le vide, les lèvres de la petite s'élargirent en un grand sourire édenté.

C'était la première fois qu'elle lui souriait. Cela fit fondre tout sarcasme de son être, toute vilenie ou trace d'ombre. Devant tant de joie, une joie qu'il semblait avoir provoqué, il avait juste l'impression d'être la meilleure personne au monde et que tout ce qui comptait était la préservation de ce sourire.

Ses petites griffes se refermèrent un peu plus dans la robe de sorcier de Potter quand il réalisa ce que signifiait finalement les mots de son parrain au sujet de l'enfant, parce qu'enfin, il pouvait le dire : il voulait ce bébé. Il la voulait à lui. Et il voulait aussi Potter.

Il les voulait tous les deux et ils seraient sien. Peu importe leurs sentiments à ce sujet, que Potter ne l'aime pas… Eh bien il le forcerait à l'aimer ! Et la Weasley pourrait s'étouffer avec ça ! Car quoiqu'elle en dise, ils seront son époux et sa fille.

C'était fini de se terrer dans les cachots, de faire mine que rien ne s'était passé, il allait falloir qu'il surveille plus attentivement ses possessions. Il y avait trop de monde autour d'eux, pleine de prétentions déplacées.

Alors que Potter et Granger s'installaient à la table des gryffondors, Drago pouvait observer en toute impunité les interactions des lions et il faillit mordre de nombreuses mains s'aventurant à se balader sur le corps de son fiancé. Heureusement il ne s'agissait souvent que de tapes dans le dos ou ordinairement sur l'épaule, aujourd'hui occupée par une créature d'une blancheur éclatante, impossible à louper aux milieux des cheveux et de la robe de sorciers, tous deux noirs.

Il l'avait un peu remarqué durant les longues périodes où il l'observait : Potter n'était pas vraiment quelqu'un de tactile. Il gardait souvent une distance physique respectable entre lui et autrui, et ce, même avec son EX (ah qu'il était plaisant de penser à la Weasley sous ce terme), donnant un air guindé et coincé à son couple.

Mais bon Potter pouvait rêver s'il imaginait pouvoir le tenir, lui, à distance. Parce que Drago avait été élevé dans une famille où le contact était omniprésent. D'ailleurs si le brun avait rencontré sa mère, il avait déjà dû s'en rendre compte. En privé, Narcissa ne pouvait s'empêcher de toucher les gens auxquels elle tenait et naturellement Drago avait pris cela d'elle.

Il aimait tellement sa mère.

Même quand elle régentait sa vie et organisait son mariage avec son soi-disant rival.

Il perdit le fil de ses pensées quand une main lui présenta un morceau de viande sous le nez. Il remarqua alors qu'il avait lui aussi très faim après sa séance de quidditch et attrapa le morceau de viande juteux entre ses mâchoires avant de le gober en penchant sa tête en arrière. Il frotta sa patte contre les clavicules de son fiancé pour en avoir plus et se laissa ainsi nourrir, guère différent d'Evangeline qui quelques minutes plus tôt avait eu droit à son biberon.

-Je devrais peut être accepter un nouvel animal de compagnie, songea à voix haute Potter. Je sais que je m'étais dit que rien ne pourrait jamais remplacer Hedwige, mais…

-C'est normal que tu ne puisses pas prendre une nouvelle chouette, fit bizarrement Granger. Mais tu pourrais effectivement essayer avec un autre animal bien qu'ils ne soient pas aussi utiles.

Drago ne voyait pas vraiment le problème avec les chouettes, bien qu'il réalisa effectivement qu'il n'avait plus vu depuis cette rentrée la chouette lapone de Potter, si reconnaissable à son plumage blanc. Elle avait dû mourir même si les hiboux et chouettes postaux vivaient habituellement plus longtemps que ceux de leur espèce non modifiées, soit environ une vingtaine d'année.

Mais bon la mort d'un hibou n'était pas un drame. C'était une chose des plus communes.

Une Pansy très agacée fit alors son apparition de l'autre côté de la table, accompagnée d'un Blaise des plus indéchiffrable. Drago l'aurait applaudit des deux mains s'il ne savait que c'était révélateur de l'inquiétude de son meilleur ami.

-Potter ! Fit Pansy en affrontant le regard froid et hostile qui se posa sur elle. Est-ce que tu sais où est Drago ?

*JE SUIS LA !* S'égosilla Drago en émettant de petits cris tout à fait ridicule avant que la main de Potter se repose sur lui, pensant sans doute qu'il était effrayé, et l'envoie au nirvana d'une simple caresse appuyée.

*Non en fait je suis pas là… Je suis divinement pas là…*

-Non, pas vraiment. Il n'avait pas entraînement de quidditch ce matin ? Lança-t-il d'un ton négligeant comme s'il se fichait de ce dont il parlait.

-Si mais il est terminé depuis presque une heure ! Il avait promis de me retrouver à la salle commune il y a de cela vingt minutes ! On devait aller à Pré-Au-Lard ensemble !

Drago pesta alors que la main de son brun quittait sa fourrure et que son corps se crispait nettement sous ses petites pattes.

-Oh… Eh bien je ne sais pas. Je ne suis pas le gardien de Malefoy que je sache.

Pansy ne sembla guère apprécier sa réponse car elle planta ses poings sur ses hanches. Ahh Pansy, parfaite guerrière prête à le protéger !

-Non mais tu es son fiancé ! Tu m'as privé de la possibilité de devenir une aristocrate alors tu as intérêt à assumer ton rôle! C'est indécent un désintérêt pareil pour ton futur époux !

La respiration de Potter se fit plus vibrante et Drago attendit, curieux d'une réponse qu'il ne devrait normalement pas entendre.

-En matière de désintérêt, ton ami est bien plus doué que moi, cracha finalement le brun.

-Que… ?

-Tout le monde sait qu'il a l'habitude de se rendre à la salle de bain des préfets après les entraînements ou les matchs… Intervint Granger en se tournant vers les serpentards, coupant Pansy et cherchant apparemment à détourner leur attention de Potter.

-Évidemment c'est le premier endroit où nous nous sommes rendus ! La coupa Pansy. Pas besoin de ton super cerveau pour ça Miss-Je-Sais-Tout !

Granger plissa le nez, dégoûtée de se voir rejeter aussi rudement et détourna la tête avec une exclamation de dépit. Devant le désastre de cette discussion, Blaise poussa un soupir et posa une main sur le bras de son amie pour lui dire qu'il prenait la suite.

-Potter, nous sommes plutôt inquiet en fait parce que son médaillon se trouvait par terre… Se trouve toujours d'ailleurs par terre parce que seul toi ou Drago pouvaient le toucher.

Et ses vêtements ? Pensa Drago. Pourquoi Blaise ne parlait-il que de son médaillon ? Les belettes avaient-elles osées toucher ses vêtements ?! Les prendre ?!

Bon, il ne lui resterait plus qu'à les reprendre et les brûler. Quel dommage, il adorait pourtant cette chemise…

-D'accord, ça c'est bizarre… Admit Potter, pensif avant de redresser la tête vers Blaise. Je vais déjà récupérer le médaillon alors, puis Hermione et moi ouvrirons l'œil.

*Puh, « ouvrir l'œil »… Tellement grand que vous ne remarquez pas l'éléphant dans la pièce…* Pensa sarcastiquement Drago tout en reposant sa tête entre ses pattes, éprouvant tout d'un coup l'irrésistible envie de faire une sieste. Il était bien là, contre la chaleur de Potter, près de sa magie. C'était comme s'il portait à nouveau son médaillon. Il était protégé.

Happé par le sommeil, il entendit à peine la dernière phrase de Blaise.

-Merci Potter. Nous allons de notre côté continuer à le chercher… Et si nous ne le trouvons pas d'ici ce soir nous préviendrons le professeur Rogue…

-O-o-O-o-O-o-O-

Ron hésita un instant entre deux manteaux, avant de prendre le plus beau, même s'il était moins chaud. Jetant celui qu'il avait dénigré sur le lit, il daigna répondre à sa sœur et ses amis qui se trouvaient dans le dortoir.

-Écoutes, fais ce que tu veux Ginny, moi je m'en lave les mains. C'était une mauvaise idée depuis le début, on a tout foiré, arrêtons là les frais. Je ne veux pas me mettre Harry à dos et en plus j'ai un rencard cet après-midi. Avec FAY. Je te le rappelle.

-Oui, ça on le sait, merci, tu nous as bassiné avec toute la soirée, maugréa Dean.

-Alors c'est tout ? Tu en restes là ? Voulut s'assurer Ginny en se levant du lit d'Harry pour s'interposer entre le miroir et Ron.

Celui-ci qui prenait des allures en arrangeant ses cheveux grommela.

-Oui, désolé. Et tant pis pour le quidditch… Quoique rien ne dise que Malefoy soit libéré de sa métamorphose avant…

Il chercha à l'écarter pour pouvoir à nouveau se mirer dans la glace et celle-ci se laissa pousser, l'air confuse.

-Mon frère qui devient plus sage que moi, voilà une chose que je n'aurais jamais cru voir…

-Je te rappelle qu'on a un an de différence ! S'indigna Ron.

-Oui mais j'ai toujours été plus futée et raisonnable que toi… Lui rappela-t-elle avant de s'asseoir cette fois sur son lit. Dis-moi ô grand frère dispensateur de sagesse, suis-je dans l'erreur ?

Ron la dévisagea un moment, surpris de la voir aussi perdue. Il rajusta son manteau sur ses épaules et vint s'asseoir un moment à côté d'elle en lui offrant un sourire un peu tordu, maladroit :

-Non, transformer Malefoy en fouine était DEFINITIVEMENT la chose à faire ! Un sacré bon souvenir à raconter à chaque réunion de famille ! Mais on a peut-être été un peu ambitieux avec l'histoire de le garder captif… Ça, je crois que c'est MAL. Et bon, c'est pas glorieux de faire ça, presque de la torture…

-Mais il y a des jours où j'en ai marre de devoir toujours bien agir… Quand on voit comment on est payé en retour ! La magie se fiche que tu fasses du bien ou du mal, elle n'obéit pas à ce genre de loi… Et j'ai si mal là…

Elle appuya son poing à l'emplacement de sa poitrine, serrant la mâchoire pour cacher un peu les trémolos dans sa voix. Elle était à deux doigts de faire une grosse montée de larmes avec cris bien pitoyables. Elle renifla bruyamment comme pour maintenir tout ça à l'intérieur d'elle.

-Je sais, mais même si tu souffres, tu ne dois pas. C'est pas quelque chose qu'on fait pour la magie Ginny, mais pour soi-même. On sera récompensé par personne d'autre, mais on pourra continuer à se regarder dans le miroir, fit-il en lui désignant la psyché qui reflétait la fratrie.

La Ginny du miroir lui rendit un sourire timide.

-Oui, j'imagine que Vous Savez Qui avait du mal à regarder sa sale face dans un miroir, lâcha Seamus, couché sur son lit, les mains croisé derrière sa tête.

-Bon c'est pas tout ça, mais j'ai un rendez-vous ! S'anima Ron en claquant des mains avant de bondir du lit pour se poser au milieu de la chambre : Vous me trouvez comment ?

-Affreusement irritant, répondit Seamus.

-Ouais dégage et va donc retrouver ta Fay d'amour, enchérit Dean.

-Gnagnagna, jaloux !

Et c'est sur ces paroles si pleines de sagesse et de maturité que le roux dévala les escaliers, les laissant avec leur problème fouinesque.

-Je sais qu'il a raison, lança Ginny. Mais je ne me sens pas tranquille à ce sujet…

Si Seamus ne connaissait pas aussi bien son meilleur ami, il aurait juré qu'il sautait sur l'occasion qui lui était offerte. Mais en fait il semblait plus qu'il ait attendu toute la semaine de telles paroles.

-Si tu veux on peut continuer à les surveiller ensemble, proposa t'il en se rapprochant d'elle, passant une main dans ses cheveux avant de jeter un regard sévère à Seamus sur son lit : tous les deux, parce que je crois que Seamus est un peu fatigué !

Le blond qui avait compris le message leva un bras pour se manifester :

-Ouais je crois que je vais larver cet après-midi. Avec tous ces couples à Pré-Au-Lard, je devrais avoir la paix !

Dean lui renvoya un sourire avant de se tourner vers la fille qui avait ensorcelé son cœur. Elle était toujours tournée vers le miroir, le regard dans le vague, semblant à des kilomètres de lui. Il sembla même que ce soit un miracle qu'elle l'ait entendu.

-Ah ? Oui, bonne idée Dean.

Son manque d'enthousiasme l'attrista, puis il se rappela son expression lorsqu'elle discutait avec Ron. « J'ai si mal là… ». Il se mordilla la lèvre, dépité et embêté, réalisant qu'elle pensait encore à Harry.

Pire, malgré qu'il l'ait abandonné, elle était encore amoureuse de lui. Il avait encore un long chemin à faire avant de pouvoir ôter cet opportun de ses pensées, mais il était un gryffondor, alors il n'abandonnerait pas à la ligne de départ.

Attrapant sa main, il l'invita à se relever et força un grand sourire :

-Alors allons à Pré-Au-Lard !

Il y avait plus romantique que d'aller espionner un ex et sa fouine de compagnie, mais pour l'heure, il s'en contenterait.

-O-o-O-o-O-o-O-

La journée avait follement bien commencée pour Hannah Abott.

Il y avait d'abord eu la vingtaine de belles roses blanches éparpillées partout sur son couvre-lit à son réveil, puis la carte déposée par un grand hibou au plumage moucheté. Toutes les filles de sa promotion l'enviaient pour sa chance, quant à elle, son cœur était rassuré par l'invitation.

Elle avait retrouvé Neville près de la fontaine de l'entrée, regardant le ciel bleu ponctués de quelques nuages gris d'un air songeur. Il faisait encore très froid, effet accentué lorsque la pluie et la neige étaient aux abonnées absents et même les rayons du soleil se révélaient trop faibles pour empêcher la condensation de leurs souffles.

Hannah avait ainsi enfilé ses jolis gants en cuir de chèvres, troqué son habituelle cape noire pour un élégant et lourd chaperon blanc bordé d'une fourrure toute aussi immaculée. Avant de l'aborder, elle avait glissé une main dans sa poche pour y retrouver la dernière lettre de son grand-père et la froisser légèrement dans sa poigne.

Aujourd'hui était le jour où tout se jouait.

Elle força un sourire sur ses lèvres, tournant une des roses à longues tiges de ce matin entre ses doigts, essayant de lui envoyer toute la force de ses sentiments et de ses attentes en un regard.

*S'il te plait...* disait-il.

Pendant un bref instant l'image d'un jeune homme blond à l'air arrogant s'imposa devant ses yeux, mais elle la chassa en clignant des yeux, parce que c'était Neville qu'elle voulait voir.

Attrapant sa main qu'il avait tendu, elle se laissa entraîner par son petit-ami qui lui souriait gentiment et se pressa contre lui un instant.

-Les fleurs t'ont plût ? Demanda t'il presque innocemment.

Hannah amena la rose jusque sous son nez, humant son délicat parfum :

-J'ai adoré… Mais comment tu as fait ?

-Aaah… J'ai mes secrets !

-Ces secrets ne s'appellent t'ils pas Hermione Granger ?

-Tu es maligne.

-Je ne vois qu'elle pour pouvoir entrer dans un dortoir de fille de Poufsouffle ! Je ne sais pas comment tu l'as convaincue elle qui est SI réfractaire à l'idée de la Saint Valentin, reprit-elle alors qu'ils se mettaient en marche vers le village, Hannah toujours lovée contre son épaule.

-Je crois qu'elle voulait t'aider. Tu sais elle n'est pas démonstrative et plutôt moralisatrice… Sévère est je crois le terme, mais elle a bon fond. Tu es actuellement son unique amie fille et comme tu as pu le constater, elle n'en a pas trop l'expérience.

-Oui… Toutes les filles la trouvaient bizarre à rester qu'avec Harry et Ron… Puis beaucoup se sont mise à la détester avec le temps à cause de ça, l'accusant de les monopoliser et de les garder que pour elle, et aussi parce qu'on a toujours l'impression qu'elle nous méprise. Qu'elle croit que nous sommes inférieures à elle... Brown était particulièrement horrible avec elle derrière son dos, rivalisant facilement avec Parkinson.

Neville poussa un soupir.

-Mais si tu dis qu'Hermione a voulu m'aider et qu'elle ne pense pas à mal, alors je te crois, affirma t'elle avant de marmonner plus bas : même si elle devrait faire plus d'effort pour le montrer…

Ils arpentèrent le chemin désert, la sortie officielle ne commençant que l'après-midi et furent donc les premiers à pouvoir admirer le village de Pré Au Lard décoré pour l'occasion de guirlandes de fleurs et de ballons roses et blancs en formes de cœur. Le village vivait en grande partie de l'argent des étudiants et des professeurs de Poudlard, ainsi les commerçants ne lésinaient pas leurs efforts pour les sorties, cherchant à attirer les visiteurs à l'intérieur de leur boutique.

Mais le couple ne fit qu'un peu de lèche vitrine, admirant plus les décorations que les produits, avant de se diriger vers les Trois Balais, le seul bâtiment à offrir de quoi se restaurer sur place.

Hannah se détendit un peu quand Neville demanda une table à l'écart et l'enjoignit à commander ce qu'elle désirait. Serrant plus fort sa rose, elle s'assit près d'une fenêtre, admirant au loin les montagnes encore enneigées, décidant de croire en cette journée parfaite.

Néanmoins le repas fila et le sujet de conversation qu'elle attendait ne montra pas le bout de son nez et l'inquiétude se mit à ronger de nouveau son cœur.

-Dis 'Ann, tu comptes faire quoi après Poudlard ? Demanda Neville d'un ton doux alors qu'ils attendaient le dessert et elle se ragaillardie en songeant qu'il s'agissait là de la perche parfaite.

-Tu sais, ma famille n'est pas très riche mais elle a tout de même une position sociale importante… Mon père étant l'aîné et n'ayant que moi comme enfant… J'ai… Certaines responsabilités. Mais tu connais ça, pas vrai ?

-Ah ça… Je vais être obligé d'endosser mon titre de Lord pendant les vacances. Ce qui sera juste ridicule avec ce que je veux faire, mais je suis le seul descendant, alors ce n'est pas comme si j'avais le choix. Parfois je déteste mes grands oncles d'être restés célibataires…

-Tu veux toujours devenir professeur ? Il y a de nombreux autres métiers qui nécessitent des connaissances poussées en herbologie. Rien qu'à Ste Mangouste… Tu pourrais devenir un grand médicomage…

-Tu oublies qu'il faut un ASPIC en potion pour cela, or notre très cher et adoré ex Maître des Potions a tout fait pour que je ne dépasse pas mes BUSEs dans cette matière. De toute façon l'herbologie n'est qu'une des facettes du métier de professeur de Botanique et ce serait dommage de renoncer maintenant que Mrs Chourave a commencé à me former. J'ai de plus l'approbation enthousiaste de la directrice. Tout ce qu'il me manque c'est l'appui de ma grand-mère, mais je crois que j'en demande trop là !

-Ta grand-mère est SI terrible ? Demanda t'elle un peu craintivement.

Il émit un petit gloussement qui ne la fit pas se sentir plus à l'aise.

-Comme une femme de 84 ans, lui répondit-il finalement.

-Elle me fait un peu peur… Je ne sais pas comment je vais réagir quand je la verrai…

-Quand tu la verras ?

Elle s'apprêtait à remercier le serveur qui venait de lui amener sa tarte au pommes lorsqu'il répéta sa phrase. Elle tourna vivement son visage vers le sien, observant avec douleur l'air complètement interdit de son vis à vis.

-Quand tu me présenteras ta grand-mère… Précisa t'elle avant d'ajouter malgré elle devant le manque de réaction de son compagnon : Parce que tu vas me présenter à elle, n'est ce pas ?

Neville eut soudain l'air dans ses petits souliers, évitant son regard et elle sentit toute sa confiance en elle s'échouer lamentablement à ses pieds, en même temps que s'amassaient au coin des yeux un peu d'eau salée.

-Ann', commença t'il en passant une main sur sa nuque. Tu ne crois pas qu'il est un peu tôt pour parler de tout ça ? Et puis tu as sûrement des désirs concernant ton futur…

Elle se leva brusquement, manquant de renverser sa chaise au passage, ne supportant plus d'écouter les excuses désolées qu'on lui servait :

-NON IL N'EST PAS TROP TOT ! Lui asséna t'elle. Il est presque TROP TARD ! Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué, je suis une femme !

-Si, je t'assure que je l'avais remarqué…

-Je ne fais pas comme toi ce que je veux ! Tu es un crétin ! Un imbécile ! Un imbécile heureux !

Elle aurait continuée sa litanie d'insulte s'il ne l'avait pas coupé, ne comprenant absolument pas ce qu'il se passait.

-Mais Ann' enfin ! Que se passe t'il ?!

-IL SE PASSE QUE PENDANT LES VACANCES DE NOEL UNE FAMILLE EST VENUE VOIR MES GRANDS-PARENTS ! Craqua t'elle en sentant la lettre dans sa poche comme si elle pesait des tonnes. TU ME DEMANDE CE QUE JE DESIRE : EH BIEN JE DESIRE EPOUSER UN HOMME DOUX ET GENTIL ET ZACHARIAS SMITH NE FAIT PAS PARTIE DE CETTE CATEGORIE !

-Quoi… ? Zacha… Smith ?!

Neville avait à présent l'air d'un cerf pris dans les phares d'une voiture et devant ce constat, elle était à deux doigts d'éclater en sanglot… Non, plus que ça, alors avant de se ridiculiser plus, elle partit en courant hors du restaurant afin d'aller se cacher quelque part pour laisser éclater son chagrin.

Finalement, Neville ne la sauverait pas.

-O-o-O-o-O-o-O-

Il avait presque pensé qu'elle ne serait pas là, et pourtant, lorsqu'il arriva dans la salle commune, elle se tenait assise sur un fauteuil près de l'entrée, froissant nerveusement sa robe en laine entre ses doigts. Cela le fit sourire, attendri, parce qu'elle lui ressemblait un peu : grande et maladroite, l'air de pas savoir quoi faire de son corps.

Ron s'approcha d'elle et il pût ainsi voir le visage de Fay passer d'une douce inquiétude au soulagement. Se levant aussitôt, elle se dirigea vers lui avec un paquet dans les mains. Et c'est ainsi qu'à un mètre l'un de l'autre, leurs présents respectifs se croisèrent, en même temps.

Ils rirent un peu d'embarras, réalisant qu'ils avaient eu la même réaction, puis Ron agrippa la boite rectangulaire empaquetée d'un papier cadeau et fermé d'un ruban doré, l'encourageant de se saisir de la rose qu'il lui tendait.

Elle lâcha son paquet et prit délicatement la fleur dans ses mains, rougissante en passant une de ses mèches derrière son oreille.

-Merci, elle est très belle.

-De rien, et merci à toi, même si c'est habituellement aux garçons d'offrir quelque chose pour la Saint Valentin.

-Eh bien, habituellement ce ne sont pas aux filles d'inviter les garçons… Mais puisque je l'ai fait…

-Et j'en suis très heureux, l'assura Ron. En fait je crois que c'est EXACTEMENT ce qu'il me fallait.

Il ne répondit pas à son regard interrogateur, préférant se taire avant de la blesser. A la place, il consacra son énergie à déchirer le papier cadeau.

Mais il fallait dire que l'invitation de Fay tombait à point nommé pour lui faire penser à autre chose qu'à sa rupture avec Hermione et le bordel dans lequel s'était fourré Harry. Et comme aucun de ces sujets ne semblaient vouloir s'améliorer, il fallait qu'il pense à lui, et surtout à avancer. Il avait tout un futur à repenser à cause d'un fichu bébé.

Une fois le papier déchiré il découvrit une boite de chocolat, cela le fit rire un peu jaune et il dût s'expliquer :

-Rassure-moi, tu n'as rien mis de particulier dans ces chocolats ? Parce que la dernière fois que j'en ai mangé, j'ai failli mourir empoisonné !

-Oui, je connais l'histoire, gloussa à son tour Fay. Mais non, tu le vois bien en cours de potion, je ne suis pas très douée. Je n'ai jamais pût faire une seule potion d'amortentia correcte ! Je ne dois ma présence dans ce cours qu'à la gentillesse du professeur Slughorn.

-Moi aussi ! S'exclama Ron, ravi.

Il était heureux de leur trouver plein de points en commun. Il fallait dire que même si avec Hermione… Il avait été bien avec elle... Il s'était aussi senti très souvent comme n'étant pas à la hauteur. Une pierre de plus jetée sur son orgueil.

Ron envoya son paquet de chocolats dans sa chambre en tapotant dessus avec sa baguette, puis il offrit son bras à Fay pour qu'ils se joignent au cortège d'élèves quittant le château.

-Les potions c'est difficile, continua t'il. Plus les années passent et plus je me sens dépassé, même avec Slughorn comme prof. Parce qu'avec Rogue… Bein j'ai pas besoin de te faire un dessin, tu as tout vu en direct !

-Moi le plus souvent il m'ignorait. Il continue à le faire en Défense. Il a ses chouchous en préférés, comme en tête de turcs !

-Ouais, Harry, Neville, Ginny et moi… Se lamenta le roux.

-Hum… Je ne suis pas sûre que ce soit vraiment le cas pour Harry…

-Attends, tu rêves ! Il le surdéteste ! S'il ne devait haïr qu'un seul d'entre nous, ce serait lui !

-Ces derniers temps je le trouve plutôt… bizarrement protecteur avec lui, le contredit Fay.

Elle sourit un peu timidement en voyant qu'il la regardait en clignant des yeux.

-C'est comme ça lorsque personne ne fait attention à toi, tu peux les observer sans qu'ils s'en rendent compte ! J'aime à croire que ça me servira dans mon métier plus tard ! Expliqua t'elle avec de grands mouvements des mains trahissant un peu sa nervosité.

-C'est quoi que tu veux faire plus tard ?

-Auror.

-NON SANS BLAGUE ?!

-Je sais que c'est ce que tu veux aussi.

-Comment ?

-Je t'ai entendu en parler avec Harry un soir. J'avais bien envie de me mêler à votre discussion mais… Enfin bon… J'ai une grande admiration pour Nymphadora Tonks. J'aimerai devenir comme elle ! Malgré sa maladresse elle était l'une des recrues les plus prometteuse de l'agence.

-Tu la connaissais ? S'étonna Ron alors que les toits du village se dessinaient à l'horizon.

-Je l'ai rencontrée en sixième année alors qu'elle venait de trébucher sur une pierre du couloir, tu sais celle près de la tapisserie de Gwendolyn la Fantasque, à part les premières années, tout le monde l'évite sans y penser alors j'ai été surprise de voir une Auror me tomber dessus. On s'est mise à discuter un peu lorsqu'on se croisait par la suite… J'ai pleuré lorsque j'ai vu qu'elle était morte… Oh désolé… Comment plomber l'ambiance en deux seconde, je suis désolée !

Ron lui adressa un petit sourire tolérant avant de poser la main sur sa tête.

-C'est rien. On ne peut rien y faire, on en aura encore des moments comme cela… Allez ! Pour changer de sujet : parlons de quidditch !

Et rien ne pouvait ravir plus Ron que de pouvoir parler avec une fille aussi enthousiaste que lui à ce sujet. Pour une fois, il ne vit pas le temps passer et pas un moment il ne cessa de sourire.

-O-o-O-o-O-o-O-

Malgré tout ce qu'il avait pu faire pour que cela n'arrive pas, Drago se retrouvait embarqué dans une sortie familiale à Pré-Au-Lard. Les rues étaient bondées de monde, majoritairement des couples bien que cela n'avait pas arrêté quelques groupes d'amis en quête de bonbons et de farces et attrapes. Lui aussi aurait bien eu des boutiques à visiter, mais il était toujours une hermine accrochée à Potter. Cela aurait pû sembler malheureux mais la situation n'était pas si désagréable que ça. A son poste il pouvait se régaler des expressions de son fiancé, car il y avait des attitudes qu'il ne prenait jamais en sa présence et puis il apprenait ici et là de petites choses, car là aussi, en sa présence, il ne faisait que répondre à ses piques de façon pas toujours très honnêtes.

Là, persuadé que Drago était son adorable nouvel animal de compagnie, il n'avait personne à impressionner.

Et puis il y avait aussi Evangeline dans son landau.

Il ne savait pas comment, mais il était persuadé que sa fille savait qui il était. En tout cas elle lui faisait un sacré numéro de charme, mâchouillant sa couverture, bavant dessus au passage, tout en lui souriant, ses yeux pétillant de malice, trémoussant jambes et bras.

Potter ne semblait pas en revenir.

-C'est hallucinant, elle est super calme depuis ce midi. Dire que ce matin elle m'a envoyé un coup de poing dans l'œil en piquant une crise alors que je l'habillais…

*En même temps Potter, cette doudoune...* Soupira Drago en balançant la tête d'un air navré.

-Et là, regarde, elle n'arrête pas de me sourire ! Termina le brun d'un air extasié.

-Ça fait une semaine qu'elle a appris à sourire, tu crois que tu ne devrais pas finir par admettre qu'elle le fera le reste de son existence ? Répondit Granger à ses côtés d'une voix distraite.

Car effectivement elle ne quittait pas du regard l'un des couples qui marchait un peu devant eux. Et à la couleur de cheveux, Drago pouvait parier qu'il s'agissait de Weasley. Il semblait n'avoir pas mis longtemps à se trouver une nouvelle victime sur laquelle baver.

*Bah Granger, tu perds rien… Vraiment !*

-Hermione… J'ai vaguement le souvenir de quelqu'un me disant de ne pas regarder Ron comme un chien abandonné sur le bord d'une route… C'est ce que tu fais en ce moment.

La jeune femme tressaillit, puis sembla s'arracher difficilement à la scène pour se tourner vers Potter, l'air piteux.

-Mais c'est si difficile Harry… Les voir tous les deux, déjà l'air si complice… Par Merlin, je déteste cette sensation d'être laissée en arrière… Je… Je sais que je devrais arrêter d'y penser mais… Je l'aime encore. Ma tête et mon cœur sont constamment en conflit et je ne peux rien faire pour empêcher ça…

*Roooh, passez moi un mouchoir...* Bailla Drago, sardonique.

-Je sais pas quoi te dire Herm'…

*Et le césar de la pire parole de réconfort revient à… Harry Potter ! Note à moi même : bien que fait improbable, se rappeler de ne jamais venir pleurer sur son épaule, il ne sert à rien !*

-C'est rien… Juste… L'impression de mourir à petit feu. Mais ça va passer. J'imagine.

-Tu sais que je serais toujours là pour toi. Tu es comme ma sœur… Et c'est encore plus vrai maintenant que tes cheveux sont de cette couleur…

Il inclina la tête, obligeant Drago à se rabattre dans sa nuque, pour poser ses tempes contre celle de la sorcière, comme pour comparer leurs deux chevelures aux reflets presque bleutés. Du noir corbeau pour tous les deux. Le serpentard trouvait pour sa part étrange la relation entre ces deux là. Depuis le début de l'année scolaire, ils semblaient plus proche qu'ils ne l'avaient jamais été, et cela avait d'ailleurs apporté de l'eau au moulin des partisans du « Granger est la mère de l'enfant de Potter », jusqu'à ce que bien sûr cela devienne, il y a un mois, un « Malefoy est le géniteur de l'enfant de Potter ».

Ah ! Quel scandale en y repensant…

-Je sais… Merci Harry… Mais je me demande comment tu fais, toi, pour supporter ta séparation avec Ginny. A chaque fois que tu dois la voir…

Drago foudroya la gryffondor d'avoir mis cela sur le tapis. Il n'était vraiment pas d'humeur à entendre son fiancé se lamenter à ce sujet.

Mais à leur grand étonnement à tous les deux, cela ne sembla pas le perturber. Au contraire, il se remit droit, rajusta Drago sur ses épaules en le caressant au passage. Le serpentard était cependant trop figé en attente de sa réponse pour en profiter.

-En fait, je crois que mes sentiments amoureux pour elle ont disparut… Lança t'il en levant la tête vers le ciel.

-Mais… Comment… ?

-Je sais pas. Comme ça. On m'a habitué à m'adapter vite à des situations que je n'ai pas choisi, ajouta t'il avec un rien de reproche dans la voix. Je vais me marier avec Malefoy alors mes sentiments pour Ginny n'ont plus de raison d'être…

Il ne put continuer car tout à son contentement face à un tel discours, Drago ne put s'en empêcher et vint lécher l'espace juste au coin des lèvres du brun. Ce dernier émit une exclamation surprise et Drago se mit à tournoyer follement autour de son cou, le marquant allègrement au passage.

La Weasley pouvait lui dire toutes les paroles méchantes qu'elle voulait, maintenant il savait que Potter ne l'aimait plus ! Que ce ne serait jamais à elle qu'il penserait quand il serait avec lui, qu'il ne crierai jamais son prénom à elle !

Et le comble c'est que si elle ne l'avait pas changé en hermine, il n'aurait jamais su cela, aurait toujours eu un doute ! Que tout ça était grâce à elle !

L'arroseur arrosé, comme on disait, et pour cette joie, Drago en aimait encore plus Potter !

Attendez… Aimer ?!

Nooooon, il voulut juste parler d'appréciation. Il dût cesser finalement de faire le fou quand l'objet de ses pensées l'attrapa par le cou.

-Eh bien ? Qu'est ce que tu as toi ? Lui demanda t'il en le tenant juste devant son visage.

Et Drago ne put résister à nouveau, il lui donna un coup de langue droit sur le nez.

-On dirait que ton nouvel ami t'aime beaucoup Harry ! Ricana Granger.

Potter haussa des épaules avant de le replacer sur ses épaules.

-Je devrais lui trouver un nom, non ?

*Oïe… J'ai peur...*

-Hum… Il faudrait déjà savoir si c'est un mâle ou une femelle, répondu Hermione. Mais vu comme elle te tourne autour, je jurerais que c'est une femelle !

Les deux sorciers tournèrent la tête vers lui et il se mit à grogner pour les décourager d'avoir juste l'idée d'essayer de reluquer ses parties intimes. Bandes de pervers !

-Blanchette ? Proposa Potter et Drago voulut se taper la tête contre un meuble. Blanchette, viens là ma belle ?

Sa tentative se résulta par Drago essayant de mordre la main qui l'approchait.

-Bon d'accord, pas Blanchette alors…

Un florilège d'autres petits noms stupides passèrent alors la bouche de Potter sans qu'aucun ne reçoive sa bénédiction. En même temps, il n'était pas une femelle, alors ses « Princesse » et ses « Bijou » il pouvait se les foutre bien profond là où il le pensait.

Granger avait de meilleures idées, mais Drago les rejetait par principe. Agacé, il finit d'ailleurs par quitter les épaules de Potter pour s'installer à côté d'Evangeline dans le landau.

Pour leur promenade, et sans doute pour que Granger cesse de voir son Weasley d'amour au bras d'une autre, ils avaient bifurqué sur des chemins moins fréquentés car ne possédant que quelques boutiques de moindres importances. Le voyage en landau était agréable et la petite fille finit par s'endormir, une touffe de ses poils entre ses petits poings fermés. Drago lui aussi se laissait bercer, la tête appuyé au rebord, écoutant d'une oreille distraite la discussion des deux sorciers portant à présent sur un devoir à rendre.

Puis alors qu'ils prévoyaient de rentrer à Poudlard, ils entendirent soudainement un bruit étrange. Avec son ouïe affinée, Drago pût même affirmer que quelqu'un sanglotait dans un coin.

Un serpentard n'en aurait eu rien à faire…

Deux gryffondors par contre…

Avant même d'avoir dit « quidditch » les deux sorciers changèrent leur direction, Granger qui ne poussait pas le landau se porta en avant, sortant sa baguette au cas où. Harry se plaça en protection devant lui et Evangeline et le serpentard eut ainsi la preuve que les lions aimaient chercher les ennuis.

Heureusement, Granger se détendit presque aussitôt et rangea sa baguette.

-C'est Hannah, fit-elle à voix très basse, articulant exagérément comme si Potter savait lire sur les lèvres…

Oh ce serait presque probable. En tout cas ça n'étonnerait pas Drago.

Et alors que Potter s'avançait à son tour en poussant le landau, il put découvrir la jeune femme blonde qui était assise dans un renfoncement, les genoux remontés vers sa poitrine, ses mains agrippant les pans de sa magnifique cape blanche. Il finit par la reconnaître malgré le rimmel qui avait coulé sous ses yeux : la Abott. Poufsouffle de son état sortant avec le grand dadais qu'était Londubat. Une personne donc inintéressante au possible dotée d'un mauvais goût caractérisé. Parfait !

Alors qu'il ruminait à cause de cette escale malvenue, elle dévisagea les deux sorciers avant que ses lèvres ne se mettent à trembler et qu'arrive ce qui devait arriver : elle fondit en sanglot devant eux.

*Oh Salazar… Où est ton basilic lorsqu'on en a le plus besoin ?*

Et au milieu des reniflements et des borborygmes indéchiffrable vint alors quelques mots compréhensibles, jeté au ciel comme une supplique ou un appel à la miséricorde.

-JE VEUX PAS EPOUSER ZACHARIAS !

Ou un cri d'agonie qui résonnait profondément au sein des trois sorciers présents, dont l'un était transformé en hermine.

La Magie, inconsciente des désirs et des conventions, continuaient de tresser ses liens invisibles...

A suivre…

Bon, j'espère que ce chapitre n'a pas été trop « saint valentesque » (ouais, le 24 décembre, je fais rien comme tout le monde). Même si toute une partie concerne les autres, le couple Drago/Harry avance aussi puisque notre serpentard prend quelques résolutions et profite de sa situation pour jouer les espions. Promis je lui rends sa forme humaine au prochain chapitre… Mais d'ici là il y a tellement de choses intéressantes à faire pour une petite hermine…

Prochain chapitre : Un jour de Gryffondor, où Drago peut observer de près les mœurs des lions.

En attendant je vous souhaite de bonnes fêtes de fin d'année !