Note de l'auteur : Alan Rickman est moooorrrrtttt C'EST TROP HORRIBLE ! Il n'avait même pas 70 ans ! C'est comme si ce pauvre Rogue venait de mourir une deuxième fois… Et je ne parle même pas des autres fabuleux rôles qu'il a tenus…

Bref au-delà de ce chagrin je m'excuse du retard d'un jour et remercie comme d'habitude tous les lecteurs qui passent ici ! Et, plus particulièrement ceux dont je connais l'existence grâce à leurs messages toujours aussi appréciés même si c'est un seul mot ou pour me grogner dessus ! Ceci dit je vous laisse avec celui qui restera immortel grâce aux fanfictions !

Chapitre 24 : Un jour de Gryffondor - partie 2

Les sorties à Pré-Au-Lard était comme des vacances avant l'heure pour Severus.

Evidemment, il savait que les cervelles de scroutts, que les autres professeurs appelaient charitablement des « élèves », seraient trop absorbées par leurs petites vies médiocres pour faire correctement leurs devoirs et que lui, fatalement, devrait redoubler d'imagination pour leur trouver des punitions adaptées.

Depuis qu'il n'était plus professeur de potions il manquait de chaudrons à récurer ou d'ingrédients bien poisseux ou gluants à traiter. Non pas qu'il s'en plaignait, il avait toujours voulu du job qu'il avait actuellement et le bureau avait une bien meilleure vue et orientation.

Et puis Poudlard ne manquait pas de pièces désaffectées à nettoyer. Et quelques virées dans la Forêt Interdite étaient le meilleur remède pour calmer les ardeurs. Récemment il avait aussi lancé la chasse au Peeve, soit disant pour mettre fin au règne de terreur de l'esprit frappeur, mais en réalité cela avait plus des allures de tortures d'élèves quand on les retrouvés enfermés dans des placards ou pendus à des lustres.

Bref, il se préparait une liste mentale de retenues, en réservant une toute particulière pour Potter s'il avait la stupidité de ne pas lui rendre son devoir, quand on frappa à son bureau.

Il jeta un coup d'œil à sa fenêtre, constatant à regret que tout à ses pensées, il n'avait pas vu le temps passer et que la nuit était sur le point de tomber. Signifiant évidemment le retour de la vermine bruyante.

-Entrez ! Lança t'il en faisant mine de reprendre ses corrections de copies d'un air sinistre.

Il se détendit néanmoins en découvrant en la personne de ses visiteurs Blaise Zabini et Pansy Parkinson. Deux des serpents de sa promotion préférée.

Le garçon s'approcha de son bureau l'air grave :

-Professeur, nous avons un problème. Drago a disparu après l'entrainement de quidditch. Nous l'avons cherché partout mais personne ne l'a vu et que je sache, il n'avait pas prévu de se rendre chez ses parents ou tout autre part tellement il était concentré sur le match de demain.

Severus lâcha aussitôt toute façade en même temps que sa plume pour croiser les mains devant lui, songeur.

-Nous sommes très inquiets, ajouta la jeune fille.

-S'il s'était rendu quelque part, il serait certainement rentré maintenant que le repas va être servi en bas… Fit pour lui-même le professeur.

-La dernière trace que nous ayons de lui était dans la salle de bain des préfets où nous avons retrouvé son médaillon, révéla Blaise. Après plus rien... Comme s'il s'était… Volatilisé dans les airs !

-Je ne crois pas que quelque chose ou quelqu'un puisse disparaitre à Poudlard, répliqua Severus. Pas tant que la Pièce Va-et-Vient ne se sera pas réparée. Maintenant réfléchissez, puisqu'il s'agit de la salle de bain des préfets, seul un préfet a pu y entrer et avoir ou non une interaction avec Mr Malefoy. Nous allons devoir interroger tous les préfets.

-Mais ils ne nous diront rien s'ils ont vraiment fait quelque chose !

-Ne vous en faites pas Miss Parkinson, si c'est moi qui les interroge, ils me confieront jusqu'aux moindres petits détails sordides de leurs existences ! Assura-t-il d'un ton doucereux avant de se lever pour quitter le bureau, les deux étudiants le suivant dans son sillage.

-O-o-O-o-O-o-O-

-Votre attention s'il vous plait ! Fit la directrice en se levant de sa chaise. Tous les préfets sont sommés de suivre le professeur Rogue. Vous pourrez reprendre votre repas quand il n'aura plus besoin de vous !

Dans un murmure d'incompréhension les différents préfets des quatre maisons se levèrent pour se diriger vers la grande porte où, après avoir retraversé le hall dans un mouvement sévère, le professeur de Défense les attendait.

Drago regarda tout cela, un peu inquiet. Et ses yeux s'arrêtèrent un instant sur Pansy qui semblait lutter pour ne pas se ronger les ongles, habitude qu'ils trouvaient tous les deux fort peu élégante mais qui les menaçait dans les périodes d'angoisse. Il aurait pu sauter des épaules de Potter et courir vers elle, sûr que la jeune fille, ELLE, aurait aussitôt fait le rapprochement, mais il voulait rester encore un peu avec son fiancé.

Il voyait et entendait tellement de choses qui lui seraient interdite en tant que Drago Malefoy !

Potter ne riaient jamais aussi librement quand il était dans les parages et il avait rarement l'occasion de le voir inquiet, ou fatigué, ou tout simplement détendu et rêveur.

Les discussions des gryffondors étaient aussi très amusantes : ils se parlaient tous à cœur ouvert, sans crainte de voir leurs propos être utilisés contre eux ou bien répétés et déformés ! Ils ne craignaient pas de se traiter eux même d'idiots, en riaient même ! Ils plaisantaient, oui, mais jamais dans le but de blesser l'autre ou d'asseoir leur supériorité !

Evidemment ce genre de choses pouvait exister aussi chez les serpentards, mais uniquement en cercle intime. Quoique Drago n'ait jamais avoué ouvertement une faiblesse à qui que ce soit.

Il s'étonnait toutefois d'apprécier ce relâchement : c'était agréable de temps en temps de ne pas être sur ses gardes et d'accepter juste une compagnie bienveillante. S'il avait été humain, il se serait sans doute surpris à fermer les yeux, la tête posée sur l'épaule de Potter, serrant son bras contre lui. Juste à se reposer et se gorger de la chaleur environnante comme le serpent qu'il était censé être.

Les serpents étaient ce genre de créature après tout : indolente et cherchant les bons coins pour se dorer au soleil.

Gryffondor était définitivement un bon coin pour ça.

-Je crois que cette convocation a un rapport avec Malefoy, commença Granger en passant Evangeline à son père.

-Oui, il est toujours absent… Je commence moi-même à trouver ça inquiétant. Un joueur de quidditch ne s'éloignerait pas la veille d'un match. Encore moins un capitaine, répondit Potter en fixant la place qu'il occupait habituellement, de l'autre côté de la salle.

Drago, qui se sentait un peu léthargique, sourit mentalement en entendant le souci qui pointait dans la voix de Potter. Il bailla, provoqua le bâillement de sa fille qui, à présent dans les bras de son père, le fixait, et s'agaça de son corps d'hermine qui semblait se fatiguer plus vite que son corps d'humain.

Pourtant ce n'était pas comme s'il bougeait beaucoup, alternant petites balades et retour sur les épaules de son protecteur lorsque ce dernier changeait de lieu ou lorsqu'une tête rousse faisait son apparition, qu'elle appartienne à un Weasley ou non, question de prudence.

-Je te tiens au courant, fit Granger en se tournant vers le professeur Rogue. On se voit tout à l'heure !

Potter hocha distraitement de la tête, ses yeux retournant au siège habituel de Drago.

-Ne te fait pas de soucis Harry, fit la Patil de Gryffondor qui était assise à ses côtés. Je suis sûre qu'il ne lui est rien arrivé de grave.

-Qui sait ? Répliqua le brun en fronçant des sourcils. Son père m'avait dit d'être prudent, mais moi j'ai juste pensé à Evy' sans imaginer qu'il pouvait très bien parler de son fils. Tu sais Parvati, il reste encore des mangemorts en fuite, imagine qu'ils veuillent se venger…

-Malefoy n'est pas sans défense, il nous l'a prouvé à de nombreuses reprises, lui rappela l'indienne avec une grimace. Essaie de ne pas penser de suite au pire…

-Oui… Tu as raison. Peut-être qu'il s'est juste enfui en réalisant qu'il allait devoir m'épouser !

*Oh, comme si c'était mon genre…* Soupira Drago, trop fatigué pour avoir le courage de punir Harry de telles idées stupides.

-Oui, ce serait totalement son genre ! Approuva la fille en gloussant comme une pintade, assez rapidement suivie de Potter, bien que son rire à lui semblait un peu jaune.

*Grr je vous déteste !*

-Ouais enfin j'espère que c'est pas ça ! Je ne veux pas être à nouveau maudit par le Mauvais Œil !

Ils se remirent à manger, mais Drago dédaigna les morceaux qu'essayait de lui faire avaler son fiancé, se contentant de poser sa tête entre ses pattes en exhalant un petit soupir.

Contrairement à ce que semblait penser sa mère, il y avait toutes les raisons du monde de s'inquiéter de leur futur mariage. Premièrement, il était clair qu'ils ne l'appréhendaient pas du tout de la même façon. Potter ne semblait voir que le côté pratique et technique sans réfléchir apparemment à la partie où ils allaient devoir vivre tous les deux sous le même toit, prendre des décisions ensembles et être solidaires l'un de l'autre. Sans parler de tous le côté pulsionnel que Drago se trainait à ses côtés et qui ne semblait pas vraiment être réciproque.

Deuxièmement, il y avait trop d'incompréhensions d'un côté comme de l'autre. Et il ne savait pas vraiment s'ils arriveraient à les surmonter tous les deux. Est-ce que la volonté de Potter suffirait ? Drago ne possédait pas ce genre de détermination même s'il pouvait se montrer régulier dans ses obsessions.

Il fut troublé dans ses pensées déprimantes quand une voix désagréable prononça son nom.

-… Il parait qu'ils ont perdu Malefoy ! C'est excellent pour nous ça ! J'espère que cette sale petite merde restera là où elle se trouve encore un long moment car si Gryffondor continue à être aussi lamentable que la dernière fois, on pourra finir deuxièmes du classement !

Drago se mit à grogner et il sentit de même son perchoir se tendre.

-Joli coquard Smith ! Lâcha Potter à son passage, lui souriant d'un air narquois. Mais tu ne t'es pas fourré le doigt assez profond dans l'œil de toute évidence… Si tu crois que ton équipe de bras cassés va battre Serpentard demain… Et ne parlons même pas de Gryffondor !

Smith pivota aussitôt sur lui-même pour leur faire face, sa jolie figure encadrée de boucles blondes se crispant, accentuant l'angle carré de sa mâchoire.

-Potter… Commença-t-il d'un air froid, cachant une certaine hostilité, avant de lui adresser un sourire totalement hypocrite : Alors, dis-nous, ça fait quoi de se faire enculer par un Malefoy ?

Drago calcula aussitôt le temps qu'il lui faudrait pour traverser la table et… Oh et puis zut ! Alors que Potter se crispait en rougissant violemment, il bondit, sauta au-dessus des plats, puis s'élança jusqu'au visage du poufsouffle, ravageant ce dernier de ses griffes en l'agrippant fermement.

Le blond poussa un cri d'horreur.

-AAAAHHHH ! JE SUIS ATTAQUÉ ! QUE QUELQU'UN M'ENLEVE CE TRUUUUUC !

Pas une personne ne fit un mouvement pour aider le Smith qui gesticulait dans tous les sens en tentant de retirer l'animal de sa tête. Drago commençait cependant à avoir une certaine maitrise de son corps de petit carnivore et lui échappait souplement avant de finalement lui donner un coup de ses pattes postérieures en retournant vers Potter, très satisfait de lui-même.

Il fut récompensé par le « merci » que lui chuchota doucement son fiancé en lui tendant la main pour qu'il y grimpe et Zacharias Smith n'eut plus qu'à faire sa deuxième visite de la journée à l'infirmerie en maudissant Potter et tous les gryffondors.

Cependant, les autres poufsouffles, très gênés par son comportement ne firent aucun reproche au sauveur et au contraire s'excusèrent discrètement.

Drago les regardait avec un début d'admiration, lui, qui avait toujours cru que cette maison ne réunissait que les ratés, devait reconnaitre leur patience et leur endurance face à une telle plaie… Mais, oh ! Voilà qu'il commençait à reconnaitre des valeurs positives à d'autres maisons que Serpentard et Serdaigle ! (quoique, soyons juste, les serdaigles étaient juste agréables par leur discrétion) Il devait certainement s'être fait contaminé à force de rester au contact de Potter !

Il observa et retourna ses pattes avec un air méfiant, comme s'il s'attendait à voir des microbes potterien-tout-le-monde-est-beau-tout-le-monde-est-gentil dessus.

Ce dernier termina finalement son repas et monta rejoindre sa salle commune en compagnie de Patil et Robins, s'extasiant tous les trois sur Evangeline qui s'était assoupie comme pour ne pas les entendre gagatiser sur ses moindres mimiques. Malheureusement pour Drago qui aurait aimé un peu de calme, le brun resta en leur compagnie, attendant le retour de Londubat partit recoller les morceaux avec sa future fiancée.

Mais plus le temps passait, plus Drago pensait que le grand béat châtain ne reviendrait probablement pas de la nuit. Il ricana un peu de l'innocence de Potter et heureusement (argh ! Il n'arrivait pas à croire qu'il pensait ça !) Granger revint de son interrogatoire.

Ils s'isolèrent alors dans un coin de la salle commune, Potter et Granger penchés l'un vers l'autre pour pouvoir se parler discrètement :

-Comme je le pensais, le professeur nous a interrogés au sujet de Malefoy, commença-t-elle.

-Il ne t'a pas trop embêté ? S'inquiéta Potter.

-Non, je te rassure. Je pense qu'il ne croyait pas une seconde que j'étais coupable de quoique ce soit. Il m'a juste posé quelques questions et m'a laissé partir. Mais ce n'est pas ça le plus important. C'est ce que j'ai remarqué dans la salle où il nous a fait attendre. Je connais Ron mieux que personne, à part peut-être sa mère, et j'ai bien remarqué qu'il était très nerveux. Evidemment quand le professeur l'a appelé, il n'en a rien laissé paraitre, mais tu sais qu'il résiste mal aux attentes et qu'il craque assez facilement. Je ne sais pas de quoi, mais pour moi Ron avait la tête d'un coupable.

*Et 20 points pour Miss Granger !* Marmonna Drago en levant les yeux au ciel.

-… Ça n'a peut-être rien à voir… Commença Potter en fronçant des sourcils.

*Oooooh si !*

-…Mais je crois qu'il a utilisé la carte du Maraudeur… En tout cas il est le seul à pouvoir l'avoir… Car ce n'est pas toi ?

-Non. Mais avec la Carte du Maraudeur on pourrait retrouver Malefoy !

-S'il est toujours dans le château.

-Oui, évidemment.

Drago tournait alternativement la tête vers l'un et l'autre, se demandant de quoi ils parlaient depuis tout à l'heure. Qu'était-ce cette «Carte des Maraudeurs » ? Et où avait-il déjà entendu ce nom, « Maraudeur » ?

Drago grogna contre son petit cerveau d'hermine : lui qui avait une si bonne mémoire !

Les deux gryffondors cessèrent de parler et regardèrent vers l'entrée lorsque les deux Weasley, Thomas et Finnigan débarquèrent dans la salle commune. Drago sentit son poil s'hérisser tandis que ses quatre agresseurs le fixaient avec ardeur.

De toute évidence, ils n'appréciaient pas de le voir ici, et il se savait en quelque sorte en danger s'il quittait ne serait-ce qu'un instant Potter.

Hors de question cependant de se laisser intimider ! Il voulait encore en profiter un peu avant d'orienter Potter vers la vérité… En espérant qu'il ne lui en voudrait pas trop.

Ils avaient déjà trop de choses à se faire pardonner l'un et l'autre pour en rajouter.

-Sérieusement, je n'en reviens pas, Evy' a juste été un ange aujourd'hui ! Faisait Potter en portant la petite fille devant lui pour embrasser son énorme front. Pas de caprice incompréhensibles, et elle qui est infernale à cette heure-là d'habitude, m'obligeant à aller me cailler dehors, est des plus sage…

*C'est normal, JE suis là.* Répliqua intérieurement Drago en filant le long du bras de son fiancé pour renifler l'enfant qui lâcha un petit sourire lorsque sa figure toute poilue et allongée se retrouva dans son champ de vision.

Il vint s'enrouler autour d'elle, profitant lui aussi de la chaleur des bras du brun.

*Pas vrai Evy' ? Si tu te tais à chaque fois dans la Cour, c'est parce que je suis là ?*

-C'est peut être grâce à ton nouvel animal de compagnie ! Plaisanta Granger.

-Je ne vois pas pourquoi, il est plutôt caractériel, un instant il me fait des câlins, l'autre il me mord !

-Oh pauvre chéri !

Potter fit la moue, boudant. Encore quelque chose qu'il n'aurait jamais fait devant lui. Dommage parce que ça donnait envie à Drago de le taquiner encore plus, avant de poser les lèvres sur celles pincées de l'homme et… Oups, où partaient donc ses pensées ?

L'hermine s'ébroua en tachant de décoller son regard des dites lèvres.

-Dis-moi Harry, tu n'étais pas en train de papoter comme une fille avec Parvati et Demelza quand je suis arrivée ? Tu ne devais pas finir ton devoir de métamorphose ce soir ?

La moue du brun fondit brusquement en une rapide grimace vite masquée par le fait qu'il bondissait sur ses deux pieds, regardant un point non identifié au-dessus de la masse de cheveux de Granger :

-Oh c'est pas tout ça, mais c'est l'heure du bain !

-Mais oui, c'est ça, défile toi, grommela la sorcière alors qu'il fuyait vers les dortoirs, récoltant ses propres affaires dans son sac pour sans doute travailler.

Drago regrimpa vite sur les épaules du brun, juste à temps pour remarquer qu'ils étaient suivis. Décidemment, ces gryffondors ne semblaient pas décider à le lâcher ! Il tenta de les foudroyer du regard mais ce n'était pas sous cette allure de mignonne petite bête qu'il allait arriver à une telle prouesse.

Heureusement, il fut conduit loin d'eux, dans la salle de bains des garçons qui n'avait pour ainsi dire aucune différence avec celle de Serpentard. Drago avait immédiatement détesté cet espace commun en le découvrant, tout frais de sa première année. Il aimait avoir son intimité et ce n'était pas avec des blocs de douches fermés de petites portes en bois ne cloisonnant même pas tout l'espace, laissant apercevoir bas des mollets et tête qu'on pouvait se sentir tranquille.

Surtout avec des serpentards aussi stupides que Marcus Flint pour qui l'apanage de la rigolade était de jeter des bombabouses par-dessus la porte.

TRES désagréable, la seule fois où il en avait été victime évidemment, puisqu'après ça il avait dépêché Gregory et Vincent en vigile. Cependant il pouvait difficilement réquisitionner la salle de bain à lui tout seul quand une trentaine de garçons en avaient besoin. C'est pourquoi il aimait autant la salle de bain des préfets.

Enfin jusqu'à ce qu'une bande de belettes viole son intimité chérie et le transforme en hermine…

Sautant sur un lavabo, il observa avec curiosité Potter remplir une petite baignoire d'eau tiède d'un bras, tenant contre lui Evangeline de l'autre. Cela semblait être devenu le coin de sa fille puisqu'il y avait divers produits pour bébé, une petite pile de serviette et un espèce de petit matelas d'une matière plastique avec un motif de poissons souriant animés.

Il remarqua alors que la baignoire semblait toute seule mettre l'eau à la bonne température, changeant de couleur d'un bleu à un doux orange. Posant ses deux pattes sur le rebord de celle-ci, il observa un instant son propre reflet animal dans l'eau, tournant la tête d'un côté, puis de l'autre, pendant qu'Evangeline était dévêtue à côté.

Il recula brusquement lorsque Potter la plaça dans le bain, mais pas suffisamment pour ne pas recevoir plusieurs giclées d'eau, « l'adorable petit ange » se transformant brusquement en harpie en criant et fouettant l'eau de ses bras et de ses jambes.

Il s'ébroua de mécontentement pendant que le gryffondor pestait silencieusement en se débattant avec un gant.

-Chérie… Poussinette… Ange de ma vie… C'est juste un peu d'eau et du savon, ça n'a jamais tué personne…

Drago regardait cela de loin quand Weasley entra dans la pièce avec l'air de quelqu'un cherchant quelque chose. Aussitôt il se précipita vers sa fille et son futur mari même s'il risquait d'être attaqué par de l'eau.

-Ron ? Fit Potter en levant le regard vers le nouveau venu, continuant d'être éclaboussé au passage.

Le rouquin parut embêté avant de faire un sourire de travers en montrant les toilettes.

*Ouais tu parles, s'il cherchait les wc…* Pensa amèrement Drago alors qu'il disparaissait derrière l'une des portes des cabinets.

Rien que pour le faire flipper un peu, il cacha son fin corps derrière la baignoire afin qu'il ne soit pas capable de le voir en sortant. Potter ne faisait plus attention à eux, sortant la petite de l'eau et l'emmitouflant dans une serviette pelucheuse, tandis que lui ricanait d'avance de son sadisme.

Au bout d'un moment il entendit effectivement la porte des toilettes s'ouvrir, un arrêt de pas décontenancé, puis à nouveau des pas et un bruit de robinet que l'on ouvre. Le Weasley ne perdit pas son temps à se laver les mains puisqu'il sortit très rapidement de la pièce en refermant un peu précipitamment la porte.

*Hihihi…* Son poids actuel en galion qu'il était en train de le chercher partout dans les dortoirs !

Drago se redressa en jetant son regard sur la porte de la salle de bain close d'un air tout à fait satisfait, il fut cependant tiré de sa propre autocongratulation et louange de son génie criminel par la voix de Potter, tout aussi content de lui-même :

-Et voilà ! Maintenant vous êtes assortis !

Il tourna la tête vers eux et le visage d'hermine de Drago se décomposa.

-O-o-O-o-O-o-O-

Un pyjama de FOUINE !

Sa fille portait un pyjama de FOUINE ! Un truc hideux en plus, en laine, sûrement tricoté par la grosse maman des Weasley !

Drago maudissait Potter, les Weasley et tous les gryffondors en général et pleurait pour sa pauvre fille obligée de porter cette horreur, une horreur de plus devrait-il préciser, alors qu'il bondissait derrière le responsable de cette situation parce que, non, il était fâché et il avait bien l'intention de le lui montrer.

Bon, cette bouderie ne dura pas très longtemps parce qu'il croisa au coin du couloir un énorme chat noir et qu'il songea que sa vie était plus importante qu'un foutu pyjama.

En bas Potter retrouva Granger qui noircissait un parchemin d'une petite écriture serrée, sans doute le devoir de défense parce que leur professeur leur avait bien précisé en regardant particulièrement la née-moldue qu'il ne voulait pas plus de 50 cm de parchemin.

La prochaine fois il précisera sans doute qu'il voulait des caractères d'au moins un centimètre d'hauteur car si l'homme était patient, il aurait sûrement besoin d'une loupe pour lire ça.

Oui mais Severus Rogue n'était pas un homme patient. Restait à savoir comment il allait réagir…

-Bon, je te laisse Evy' pour la nuit, fit Potter en lui tendant sa fille.

-OK, pas de soucis… Et profites-en pour écrire ton devoir !

-Oh… Je le ferais demain.

-Demain il y a le match de Quidditch et comme tu ne raterais ça pour presque rien au monde, cela te bouffera, selon le temps que mettra Malefoy a attraper le vif d'or, toute une partie de l'après-midi, et après, je te connais bien, toi et l'équipe allez vous caser dans un coin de la salle avec des bieraubeurre et vous mettre à parler stratégie… Puis le soir arrivera, et là tu te mettras à gémir que tu es fatigué et déprimé parce que le lendemain c'est lundi et…

-OK OK OK ! J'ai compris ! Je le fais maintenant !

Victorieuse de l'avoir saoulé jusqu'à ce qu'il capitule, Granger hocha tête comme pour lui donner sa bénédiction, et partit d'un pas altier avec son sac et Evangeline vers ce qui devait certainement être les appartements du Préfet–en-chef.

Potter soupira tandis que quelques Gryffondors autour de lui rigolaient en affirmant qu'il s'était bien fait avoir, ce qu'il ne pouvait qu'approuver, puis monta dans son propre dortoir où se trouvait tous les ennemis de Drago.

Et effectivement, à leur entrée, Weasley qui était en train de regarder au-dessus de son baldaquin, porté par Thomas, sursauta. Finnigan regardait tout cela d'un air indécis.

-Mais… Qu'est ce que vous êtes en train de faire ? Demanda Potter, perplexe.

-Oh, j'ai cru voir quelque chose au-dessus de mon lit… Expliqua Weasley en se faisant descendre par le black.

-Euh… OK…

Drago ricana comme même Potter les regardait avec l'air de se demander s'ils n'étaient pas un petit peu fou avant de se diriger vers son espace. Il laissa Drago descendre sur sa table de chevet, que l'hermine dût partager avec une figurine de dragonne hargneuse et sortit du parchemin et une plume auto-encreuse de son sac. Il exhuma aussi le manuel de métamorphose qu'il ouvrit sans le moindre enthousiasme au chapitre concerné.

Ce n'était pourtant pas si compliqué, ce devoir, le blond l'avait fait depuis trois jours au moins. Il aimait la rigueur et le contrôle nécessaire à la discipline, surtout depuis que le professeur McGonagall ne l'enseignait plus, parce qu'elle pouvait dire ce qu'elle voulait : elle l'avait saquée depuis la première année. Néanmoins, il pouvait comprendre que Potter, dont la magie avait toujours été brouillonne, bon pour dire ça plus gentiment : sauvage, galère un peu sur les sorts les plus délicats.

Il avait de la chance que la Défense Contre les Forces du Mal dépende plus de la puissance que de la minutie, sinon il n'aurait jamais gagné cette guerre.

Il le laissa cependant se dépatouiller avec la mauvaise page du livre. Le chapitre 7 était tellement plus approprié, et puis « Métamorphoses alambiquées » de Mallory Wallace faisait un excellent support, mais c'était Blaise qui l'avait emprunté à la bibliothèque.

De toute façon, voir un Potter galérer avait toujours eu un effet euphorisant sur lui.

*Et que je passe une main dans mes cheveux, les rendant encore plus hirsute comme si c'était possible, et que je laisse tomber ma tête sur mon devoir en poussant un immense soupir frustré, imprégnant d'une belle tâche d'encre mon front, sans m'en rendre compte évidemment, sinon ce serait pas drôle, et que je martyrise mon visage de mes doigts, et que je carre cette mâchoire d'agacement. Et ça, généralement, c'est le dernier signe avant le…*

-RAH j'en ai marre, je finirais demain !

Il fourra le pauvre parchemin dans son sac avant de se diriger vers le bas de son lit pour tirer sa malle.

-Le devoir de métamorphose ? Demanda Finnigan en mâchouillant une baguette magique de réglisse tout en trainant à côté du poêle en triant ce qui semblait être des cartes de chocogrenouilles.

-Ouaip. Tu l'as fini ?

-Pas encore. Et en cet instant j'ai une vision ! … Oui… Mon troisième œil capte ! Je vois… Je vois qu'il sera bâclé !

Tous les garçons rirent de cette imitation même pas exagérée de leur ancienne prof de divination, car ils avaient tous arrêtés cette perte de temps évidemment ! Comme quoi, les gryffondors pouvaient de temps en temps avoir de bonnes idées.

-Bon, je vais me doucher, affirma le brun une fois ses affaires de toilettes et un change récupéré.

Les gryffondors hochèrent machinalement de la tête jusqu'à ce que Drago se précipite vers Potter pour reprendre sa place sur ses épaules.

Il n'était pas fou ! Il n'allait certainement pas rester ici avec ces fous furieux prêts à le dépecer pour en faire une étole ! Mais si Potter fut surprit de son comportement, il ne fit rien pour le déloger de sa place.

-Eh… Euh… Tu ne vas tout de même pas amener cette bestiole dans la salle de bain ? S'indigna Thomas en le montrant du doigt.

-Déjà fait, répondit Potter en haussant des épaules. Je sais que t'es un brin maniaque Dean, mais elle n'est pas sale, elle sent même plutôt bon… Le savon, ajouta t'il en plongeant son nez dans les côtes de Drago.

-« Elle » ?!

-L'hermine. Je lui ai pas encore trouvé de nom.

-Parce que tu vas lui donner un nom ?! Hallucina Weasley avec une grimace.

-Beiin oui, c'est plus pratique pour appeler les choses : leur donner un nom Ron !

-Qu'est-ce que cette chose fait d'ailleurs sur tes épaules ? S'enquit Thomas en plissant les yeux.

-C'est Luna qui me l'a offerte…

-Luna ? Qu'est-ce que Luna vient faire dans cette histoire ? Demanda Finnigan, largué.

-Qui s'en préoccupe ! Le coupa Weasley, le plus important Harry, c'est que tu ne peux pas aller te doucher avec cette bestiole !

Le brun les dévisagea à nouveau d'un air halluciné, comme s'il ne reconnaissait pas ce qui lui servait jusqu'ici d'amis.

-Euuuh… Si je peux. Je vais d'ailleurs le faire. Vous êtes trop bizarres ce soir !

Sans perdre plus de temps, il quitta la pièce en secouant la tête, exaspéré.

-Je ne sais pas ce qu'ils ont bu à Pré Au Lard aujourd'hui, mais ça devait pas être très catholique… Se marmonna-t-il à lui-même en descendant les escaliers.

Une fois de nouveau dans la salle de bain qui avait entretemps subit de nombreux assauts si en en jugeait l'état de certains lavabos et les flaques d'eaux jonchant le sol, Drago s'installa sagement sur le matelas plastique d'Evangeline, laissant Potter se doucher en paix. Non pas qu'il n'était pas un peu tiraillé par l'envie de le voir en tenue d'Adam, mais il n'oubliait pas qu'il allait à un moment ou à un autre reprendre forme humaine, et ça, Potter pourrait ne pas l'apprécier du tout. Tout le monde n'était pas aussi à l'aise avec son corps qu'il l'était lui-même.

Enfin, ça c'était la bonne résolution, parce qu'elle partit en miettes lorsque les gryffondors firent passer discrètement leur têtes et leurs baguettes par la porte de la salle de bain en lui chuchotant furieusement :

-Allez Malefoy ! Cette histoire va trop loin ! Viens-là ou on te change en saucisse à pattes !

*Sérieusement ?* Drago les toisa du haut de ses vingt centimètres plus un lavabo en faïence.

Il évita un stupéfix de justesse en sautant de son piédestal et fila directement par l'espace entre le sol et la porte de la douche (les moitié mollets, vous vous en souvenez ?) tout en se disant qu'ils l'avaient cherchés.

Bien évidemment il fut cueilli par l'eau chaude de la douche dégoulinant sur son poil blanc, ainsi que par l'image arrière d'un sauveur qui lui aurait bien donné envie de siffler s'il en avait été capable.

Le dos, bien que marqué ici et là par des cicatrices était superbe, un peu plus large que celui de Drago, mais cela ne faisait que marquer plus sa taille fine, le taillant en V jusqu'aux fesses. Habituellement, il les préférait moins musclées, mais là il s'y ferait sans doute très vite, et il s'entendit un peu couiner lorsque ses yeux dérivèrent sur cette partie-là, oubliant de fait absolument tout des gryffondors de l'autre côté de l'espace humide. Comme de juste, et malgré toutes les sucreries qu'il avalait, Potter ne semblait pas avoir une once de graisse (injustice !), juste du muscle nerveux adouci par une peau au délicieux ton caramel, caressée de filets d'eau.

Drago s'interdit de regarder au-delà. Cela aurait juste été une torture car actuellement, grâce à une bande d'imbécile, il était juste une petite hermine. Il préférait découvrir le reste sous une forme bien plus pratique et dans de meilleures conditions.

Glissant discrètement dans la cabine de douche à côté, il attendit couché sur le flanc, trempé et frustré, et aussi plein de pensées remplie de points d'interrogations.

Finalement lorsqu'ils rejoignirent le reste du dortoir tout aussi frustré que lui, et le fusillant des yeux, il n'hésita pas une seconde avant de prendre place dans le lit du brun. Au début il resta à côté de lui, puis une fois qu'il se fut endormi, il grimpa sur ton torse par-dessous la couverture et se roula en boule sur ses pectoraux, la tête posée à l'emplacement du cœur.

Il avait tenté de le nier tant qu'il le pouvait, mais après cette étrange journée à le fréquenter au plus près, il devait se l'avouer.

Il n'était pas JUSTE attiré par Harry Potter. Ce n'était pas non plus une question de fascination ou de possession. Quand même les défauts d'une personne vous faisaient sourire, c'était que vous étiez franchement atteint et complétement perdu.

Il était amoureux de lui.

Et c'était véritablement tragique pour eux deux.

Heureux que les hermines ne puissent pleurer, il poussa un petit soupir triste avant de fermer les yeux pour tenter, lui aussi, de s'endormir.

-O-o-O-o-O-o-O-

Quelques kilomètres plus loin, dans l'une des chambres du pub des Trois Balais, un autre jeune homme était de même encore éveillé, l'âme en ébullition.

Légèrement, pensivement, il traçait une forme sur le dos nu de la jeune femme endormie profondément à côté de lui. Une marguerite… dessinant ses pétales comme un enfant les égrènerait en chantant « Je l'aime, un peu, beaucoup… Pas du tout ».

Hannah avait sur son visage un air de profond confort, comme un chat repu d'un bol de crème et Neville regardait cela avec un peu de jalousie car il était loin de ressentir une telle sérénité. Se déplaçant sur le dos, il tourna son visage vers la lune qu'il apercevait à travers la lucarne du toit. Le croissant encore fin éclairait à peine la pièce, faisant office de timide veilleuse.

Pour lui, l'amour était encore une donnée aussi inaccessible que la lune.

-O-o-O-o-O-o-O-

Harry s'était éveillé avec l'impression étrange d'un poids sur la poitrine, pourtant lorsqu'il se redressa pour se masser l'emplacement, il n'y avait rien. La lumière traversant faiblement les épais rideaux de velours rouge ne l'éclaira pas plus sur son impression et il balaya pendant un instant l'espace de son lit.

Il était comme le loup de l'histoire des petits chevreaux, celui à qui on avait ouvert le ventre pour laisser sortir les chèvres et les remplacer par des pierres. Rapidement il se repassa la journée d'hier, mais rien de cela ne laissait à penser que quelqu'un l'avait confondu avec un trampoline. Il décida d'oublier la douleur pour songer à Neville et Hannah, mais aussi à Malefoy, car il espérait que Rogue l'ait retrouvé.

Tirant d'un coup sec le rideau, il tomba sur une froide clarté et s'avança vers la fenêtre de l'alcôve pour découvrir qu'une fine pluie tombait dehors. Bon, rien de trop handicapant pour un match, brisant ses espoirs que des torrents de flotte fassent jouer atrocement et les serpentard, et les poufsouffles, pour que sa propre équipe ait un accès plus facile à la victoire.

Il fit une petite prière au dieu de la pluie pour qu'elle empire, puis alla chercher de quoi s'habiller. Autour de lui, Ron dormait encore d'un sommeil profond, tout entortillé dans ses draps et couverture comme s'il s'était battu avec, et Seamus semblait faire de même car ses rideaux étaient encore fermé. Fidèle à ses habitudes, Dean devait déjà être dans la salle commune, ne restant jamais au lit au-delà de neuf heures et Neville avait de toute évidence découché.

Avec un sourire mi figue mi raisin, car il ne savait vraiment pas quoi en penser, Harry sortit de sa malle un bas de jogging et un pull à grosse mailles. Il enfilait une paire de basket lorsque son hermine se glissa de dessous ses couvertures, le poil tout dérangé et vint se placer à ses côtés d'un pas paresseux. Puis, comme semblant se rendre compte de son apparence, elle se mit à lisser ses poils en utilisant ses pattes plutôt que sa langue, ce qui était très curieux et plutôt comique.

-Allez beauté, allons chercher le petit ange puis déjeuner !

L'animal sembla hésiter un peu, puis grimpa docilement sur son bras pour se placer sur ses épaules.

Harry dévala les escaliers, enthousiaste à l'idée du match de tout à l'heure, découvrant une salle commune toute aussi enflammée, où les pronostics allaient bon train.

-Quelle côte ? S'enquit Harry à Fay qui lisait à l'écart.

-Eh bien ça a changé du tout au tout depuis que la disparition de Malefoy a été découverte, affirma t'elle d'un air un peu gêné. Poufsouffle est donné gagnant.

-Ils ne l'ont toujours pas retrouvé ?

Elle fit un timide mouvement de négation et l'enthousiasme du match fut vite balayé par l'inquiétude, et aussi un malaise qui prenait place dans sa poitrine, venant alourdir encore plus sa désagréable sensation de ce matin. C'était son manque de confiance en lui qui ressortait tel un lion rugissant à l'idée que Malefoy se soit enfui à cause de lui et de leur mariage forcé.

Ce n'était quand même pas SI terrible de l'épouser ?

… Bon, probablement que si, ce n'était pas comme s'il était, en soi, quand on retirait le côté sauveur du monde sorcier, très intéressant. Il était même quelqu'un de très banal. Pas très intelligent. Il avait quelques doutes sur son humour aussi.

Merlin, mais en fait il était quelqu'un de pas intéressant du tout !

C'était sur cette pensée des plus funestes qu'il tomba sur Hermione qui jouait à cacher son visage derrière ses mains pour faire sourire Evangeline.

-Et où qu'il est…. Il est là !

Elle s'apprêtait à nouveau à se cacher quand Harry se laissa échouer à côté d'elle sur le canapé, l'air d'une serpillère que l'on vient d'essorer.

-Bonjour aux deux femmes de ma vie…

Hermione haussa des sourcils alors qu'il prenait la petite fille dans ses bras pour la serrer contre lui et baiser ses joues, puis son petit nez en pointe.

-Par Godric, qu'est-ce qu'il y a Harry ? Tu as passé une mauvaise nuit ?

-Je viens de me rendre compte de mon insignifiance… Lâcha-t-il.

-Que… « Ton insignifiance » ? Reprit Hermione en levant un sourcil l'air complètement dubitative. Mais dans quelles dimensions ont dérivées tes pensées pour que tu arrive à une telle conclusion, totalement stupide soit dit en passant ?

-Malefoy s'est enfui.

-Oh allons ! Il n'y a aucune preuve de cela ! Et ôte toi cette idiote idée de la tête parce que si TOI tu es insignifiant, je ne veux même pas savoir ce que je suis.

Elle balança sa tête d'un air navré, faisant osciller ses deux pendant de boucles d'oreilles avant de tirer un parchemin de son sac où étaient griffonnée toute une série de notes, certaines barrées de plusieurs traits furieux.

-J'ai essayé de réfléchir au comportement étrange de Ron lors de l'interrogatoire du professeur Rogue. Au mieux il sait quelque chose… Au mieux il est responsable de la disparition de Malefoy.

-Attends… Tu as mis « au mieux » aux deux… Comment…

-Eh bien il est certainement rassurant pour Malefoy que ce soit Ron plutôt que n'importe qui d'autres. Tu sais très bien qu'il ne lui ferait pas grand mal. Juste des blagues digne de ses frères… A-t-on vérifié sur les toits ?

-Qu'est-ce que Malefoy ferait sur les toits ?

Harry battit des paupières, perdu. Néanmoins la confiance d'Hermione et son côté méthodique avait leurs effets calmants sur lui.

-Je n'en sais rien, mais au cas où, on devrait jeter un coup d'œil. On devrait peut être organiser une battue dans la Forêt Interdite ?

-Non, il n'y a plus jamais mis les pieds depuis notre retenue en première année. Je crois que la vision de Voldemort buvant du sang de licorne l'a guéri de toute envie d'excursion de ce genre…

-Oui mais Ron le sait aussi, alors on ne peut pas exclure cette possibilité.

Et ainsi Hermione continua son énumération jusqu'à l'heure du déjeuner. Harry qui n'avait rien mangé le matin n'écoutait plus du tout à la fin, plus concentré sur les gargouillements de son estomac.

Finalement lorsque l'heure fut décente pour descendre, ils se dirigèrent vers la grande salle. Ils y retrouvèrent Parkinson et Zabini qui les y attendaient, l'air assez peu frais ce qui réussit à l'attendrir assez pour saluer la fille de façon à peu près cordiale. Devant leur échec d'hier, Hermione commença à leur déballer son plan de sauvetage, et Harry grogna, peu motivé à subir à nouveau ça sans s'être d'abord sustenté.

Heureusement pour lui, il fut sauvé par Neville qui lui faisait signe à leurs tables et s'excusa pour le rejoindre. Ignorant les regards indignés des deux serpentards, il s'assit à côté de son ami, attrapa un machin à grignoter pour lui, un autre pour son animal, avant de préparer le biberon d'Evy' avec des gestes devenu suffisamment machinaux pour qu'il puisse tenir une discussion en même temps.

-Agnors ? Fit-il parce qu'il avait la bouche pleine.

-On s'est réconcilié… Lui apprit le grand châtain avec un sourire qu'il retenait apparemment.

Oh ce sourire débile, Harry le connaissait.

-Sous la couette, pas vrai ?

-Ouais… Mais chut, ne le dis à personne.

-Félicitation Neville, tu es désormais un grand garçon ! Le taquina Harry, faisant se colorer les pommettes marquée du garçon d'un léger rouge.

-Je savais que tu allais dire ça… Gémit-il.

-Génial, je suis complètement prévisible. A ajouter à ma liste de « qualité ».

L'hermine sur son épaule sembla secouer sa tête d'un air navré mais c'était sans doute une impression.

-Qu'il y a-t-il ?

-Rien…. En fait… Non… Si… Raah Malefoy ! Fit Harry à toute vitesse, tentant de lutter contre ses émotions et son caractère emporté.

-Quoi Malefoy ?

-Il n'est pas là, voilà ce qui ne va pas !

Neville regarda vers la table des serpentard l'air de penser que ce n'était pas une aussi mauvaise chose que cela.

-Ça nous fait un peu de vacances…

-Non, ça ne fait pas des vacances, c'est bizarre quand il n'est pas là. Il manque quelque chose… Oh je suis encore bon pour des mois de thérapie avec le Dr Flint…

-Qu'est-ce qu'elle en dit ? Demanda poliment Neville en se servant un morceau de poulet.

-J'en sais rien, j'ai l'impression que ça l'amuse. Elle a ce sourire là…

-Ah oui, je vois totalement.

-Ouais eh bien ce « sourire là » ne fait que m'hérisser et ne m'informe en rien si je suis complètement cinglé ou juste bizarre.

-J'aurais bien une autre suggestion mais elle m'effraie un petit peu, ajouta Neville en faisant la moue, avant que son visage s'éclaire subitement en fixant quelque chose derrière lui. Oh ! Attends, je reviens !

Harry tourna à son tour la tête pour le voir rejoindre Luna qui bizarrement avait l'air de soutenir serpentard puisqu'elle portait deux longues boucles d'oreilles qui ressemblaient à deux serpents crevés pendus par la queue, ce qui, comme d'habitude, n'était pas du meilleur goût.

-Mais serpentard ne gagnera pas sans véritable attrapeur… Marmonna-t-il en revenant à son assiette.

Son hermine sauta alors sur la table et tourna un instant la tête vers lui avant de renverser une saucière, étalant son contenu rougeâtre sur la table.

Harry voulut rattraper l'animal mais il s'arrêta dans son mouvement lorsqu'il le vit tremper l'une de ses pattes dedans et clopinant légèrement à trois pattes, la poser dans son assiette pour tracer une forme. Il ne fallut pas longtemps à Harry pour deviner la lettre D Le cœur presque battant, il le vit retourner au liquide pour tracer la suite. Un M.

Harry ouvrit alors de grands yeux, un instant tétanisé par l'idée, puis, même si ça lui semblait improbable, il lança tout à trac un :

-Malefoy ?

L'hermine releva la tête vers lui et sembla hocher de la tête.

Bon ok c'était peut être fou mais après tout, ce n'était pas la première hypothèse folle qu'il formulerait. Récupérant Neville qui revenait, il lui fourra d'autorité Evangeline dans les bras avant d'attraper à la place l'animal.

-Excuse-moi, il faut que j'aille voir Rogue. Le biberon est là, déjà prêt. Elle ne l'a pas encore bu. Je reviens dès que possible !

Et là il fila jusqu'à la table des professeurs où se trouvait un maitre des potions plutôt renfrogné.

-Tiens… Mr Potter daigne nous honorer de sa présence… On ne vous a pas beaucoup vu hier… Alors que VOTRE fiancé était porté disparu…

-Oui eh bien, justement, j'ai euh… Je crois que… Pourrions-nous parler en privé ? Grommela Harry alors que plusieurs de ses professeurs fixaient son air agité avec inquiétude.

L'homme en noir sembla vouloir refuser, puis finalement se leva avec réticence pour le suivre hors de la grande salle jusqu'à une salle de classe vide.

-J'espère que c'est important, cracha t'il une fois la porte refermé.

-J'espère avoir raison, l'approuva Harry avant de lui tendre l'hermine. J'ai… Euh quelques raisons de croire que cet animal que m'a donné Luna hier EST Malefoy.

Severus cligna des yeux, avant de s'approcher et de prendre le mustélidé dans ses mains.

-Quelles raisons ?

-Il semble plus intelligent, en fait on dirait qu'il me comprend. Il a attaqué Smith lorsqu'il disait du mal de Malefoy et moi… Et puis il y a cinq minutes, il a tracé un D et un M dans mon assiette avec de la sauce tomate.

Severus attrapa la patte fautive, constatant sa coloration rouge, puis posant l'animal par terre avec douceur, ils purent constater alors qu'il n'essayait même pas de filer, les regardant l'un et l'autre avec un semblant d'impuissance.

L'homme passa sa baguette un instant sur lui avant de lancer un finite incantatem. Il grogna lorsque rien ne changea.

-Je me suis trompé ? L'interrogea Harry en se mordant la lèvre inferieur.

-Non, je sens un peu de magie, mais elle est bien cachée. Cela m'agace fortement de l'avouer mais les sorciers qui ont fait cela sont plutôt doués, ils voulaient absolument cacher leur forfait.

-LES sorciers ?

-Oui, je ne vois que ça, c'est un sort collectif, c'est pour cela que je n'ai pas la puissance nécessaire pour le briser. Mais avec vous en plus, cela devrait marcher.

Harry recula, peu emballé :

-Quoi ? Mais je n'ai jamais fait ça !

-Vous n'avez pas encore vu cela en sortilège avancé ?

-Non, nous sommes encore aux sortilèges multiples. On ne va pas voir les sortilèges collectifs avant le troisième trimestre, lui apprit-il vivement, très agité alors qu'il fixait l'hermine-Malefoy.

-Fâcheux, mais pas insurmontable, le contredit Severus en venant l'attraper par le bras pour le tirer à côté de lui. Sortez votre baguette.

Peu rassuré, le brun récupéra sa baguette dans sa poche.

-Vous savez que j'ai lu qu'on peut faire exploser quelqu'un en se loupant ? Gémit-il, provoquant le hérissement des poils de son possible fiancé.

-Ce n'est pas le moment de faire le chat échaudé Mr Potter. Je commence et il vous suffira juste d'unir votre magie à la mienne, et nous tenterons de nous harmoniser pour jouer sur la même mesure.

Harry ne comprenait pas de quoi il parlait, n'ayant jamais eu de cours de musique, et ne put que s'en remettre à son instinct.

-Si notre volonté est commune, et là il s'agit de retrouver Mr Malefoy, cela ne devrait pas poser de problème.

Sur ce, Severus lança son sort et de sa baguette sortit un jet de magie bleue qui frappa Malefoy sans grand effet, semblant couler sur lui sans l'atteindre. Harry lança alors son propre sort sur ce faisceau de lumière tout en priant toutes les divinités de ne pas tout faire exploser. Il sentit alors l'accroche, les deux magies s'affrontant en jaillissement d'étincelle comme de l'acier chauffé, puis il tenta du mieux qu'il put de se concentrer sur le but : Malefoy, et de modifier sa magie, ayant l'impression de la contraindre pour qu'elle s'adapte à celle de son professeur.

Il sentait que ce dernier faisait de même, la rendant moins rêche, plus douce, et petit à petit elles cessèrent de s'affronter pour s'enrouler l'une autour de l'autre, formant finalement un unique faisceau qui frappa l'animal en son cœur.

Harry n'avait jamais réellement tenté de briser le sort d'un autre, ainsi il se laissa guider par Severus. En réalité il s'agissait plus de phagocyter l'empreinte du sort pour la faire sienne que de la détruire. Pour ensuite l'annuler.

Et il ne sût comment, mais Harry reconnut l'empreinte des Weasley et cela l'attrista énormément.

-CONCENTREZ-VOUS ! Grogna Rogue en le sentant lâcher prise.

Rappelé à l'ordre, le brun chassa la colère et la tristesse pour ne penser qu'au serpentard qui avait dû subir tout cela. Au diable Rogue et ses réprimandes, au diable Ron et Ginny et leur possessivité !

Le sort éclata brusquement et surpris, Harry laissa échapper son contrôle sur sa magie, la désynchronisant, et ceci fait, se retrouva à voler à l'autre bout de la pièce pour se fracasser contre une armoire.

Rogue soupira, désespéré, mais Harry n'en eut que faire puisqu'à la place du petit animal à fourrure blanche se tenait désormais un jeune homme blond qui fixait ses mains comme s'il craignait avoir perdu des doigts au passage.

La fumée déclenchée par l'explosion d'Harry s'estompa et alors ce dernier pût remarquer qu'il était complètement nu.

-Aah merde… Lâcha t'il en regardant le mur à côté de lui. Malefoy, je crois qu'on a égaré tes vêtements !

-Hum… Non, je n'en portais pas quand tes chers gryffondors sont venus m'agresser, déclara t'il nonchalamment avec une cadence plus lente qu'à son habitude comme s'il goutait sa voix. Ah ! Comme c'est agréable de pouvoir parler à nouveau !

Severus se défit de sa robe de sorcier pour en draper son élève d'un air inquiet :

-Tout va bien ?

-Oui, grâce à toi. J'étais plutôt mal barré avec Potter incapable de comprendre qui j'étais…

Le professeur lui jeta un regard perçant qui sembla déstabiliser un instant le blond, et presque, oui, le faire rougir :

-Oui, enfin, quelqu'un d'aussi intelligent que toi n'aurais probablement pas manqué d'occasion de faire connaitre ta présence… Lui chuchota-t-il de façon à ce qu'Harry ne puisse rien entendre.

Drago fit de même et détournant la tête, tira légèrement la langue d'un air un peu enfantin.

Il reprit son sérieux car Harry s'était relevé et approché. Un instant il craignit qu'il ne se fût blessé dans l'explosion, mais le Potter avait la tête dure, bien heureusement, puis il voulut le remercier, mais ce simple mot tout simple se retrouva coincé quelque part dans le fond de sa gorge.

Bon, autant pour sa gratitude…

-Je suis désolé Malefoy, fit Harry qui n'avait pas tant de difficulté, l'air tout dépité.

-Non… Laisse tomber, c'est pas ta faute, marmonna-t-il, tout aussi gêné. Maintenant, aurais-tu l'amabilité de me prêter mon ancienne baguette pour que je récupère la mienne ? Weasley me l'a volée dans la salle de bain des préfets.

-Oui, bien sûr… Réagit Harry en lui tendant l'objet.

Au moment où Drago attrapa l'extrémité de la baguette d'aubépine, un courant d'énergie passa entre les deux jeunes hommes, leur provocant un sursaut. Harry lâcha alors précipitamment le bout qu'il tenait encore.

-Oh… La sensation est différente… Lâcha Drago sans s'en empêcher, alors qu'il redécouvrait son ancienne amie et protectrice.

-Désolé, ne pût s'empêcher de lancer Harry, avec gène, trop conscient d'à quel point ces morceaux de bois pouvait être quelque chose d'intime.

-J'ai pas dit que ça me dérangeait Potter, grommela Drago avant de la lever au-dessus de lui et de lancer un accio en pensant à sa nouvelle baguette.

Comme elle n'était pas trop loin, elle ne tarda pas à arriver en tapant contre la porte de la pièce que leur professeur ouvrit d'un mouvement. Elle se précipita alors dans la main de son maitre véritable qui souffla de soulagement de l'avoir retrouvé.

Il s'était senti si nu et inutile sans elle !

Prenant à nouveau conscience de ce qui l'entourait, il avisa Harry qui attendait bizarrement sagement à côté de lui et réalisa qu'il avait toujours sa baguette. Bizarrement il n'avait pas très envie de la lui rendre… Elle émettait vraiment de bonnes ondes et lorsqu'il la porta nonchalamment à son propriétaire, l'instant où leurs mains se touchèrent, elle sembla ronronner comme un chat bienheureux, les plongeant tous les deux dans l'embarras.

-Merci, bredouilla Harry en récupérant son bien.

Et ils restèrent ainsi un moment tous les deux, face à face, comme deux jeunes épouses timides et bégayantes devant leur promis, ce qui fit lever les yeux d'exaspération à leur professeur qui, en semblant avoir le rôle de chaperon, se demandait ce qu'il avait fait de SI mauvais dans sa vie pour subir un truc pareil.

-Oh par l'enfer… Mr Malefoy, n'avez-vous pas un match à gagner par hasard ?

Cela sembla heureusement réveiller les deux garçons.

-Oui, il faut que je retrouve mon équipe… Et Blaise et Pansy…

Drago s'élança vers la porte d'entrée avant d'être coupé par le brun :

-Eh ! Malefoy ! Tu as intérêt à écraser Smith !

Il se retourna alors avec un sourire sadique en coin :

-Il ne tiendra pas plus de dix minutes sur ce terrain, je peux te l'assurer beauté !

Sans s'attarder pour voir le rougissement incontrôlé d'Harry devant l'appellation dont il l'avait gratifié, il disparut en laissant les deux bruns ensemble.

Severus le maudit un instant car il semblait avoir fait complètement buguer le brun qui ne bougeait plus d'un cil.

-Mr Potter, j'aimerais pouvoir manger avant de voir ce match et votre estomac hurle exactement la même chose, pourriez-vous sortir de cet état d'hébétude dégoutant ?

Harry tourna brusquement la tête vers lui, l'air effectivement complètement ailleurs :

-Hein ? Ah ! Oui ! Manger !

-Bien, heureux de savoir que votre ventre est à nouveau connecté avec votre cerveau.

Poussé légèrement vers la sortie par ces contacts que Rogue semblait s'amuser à lui donner depuis qu'il savait à quel point cela le mettait mal à l'aise, Harry commença peu à peu à réaliser ce qu'il s'était passé.

-Monsieur… Qu'allez-vous faire au sujet des personnes qui ont fait ça ? S'inquiéta-t-il car même s'il trouvait que ses amis y étaient allés fort, il ne voulait pas que ces évènements aient des conséquences trop graves.

-Conseil de discipline, certainement. Je verrais cela avec votre directeur de maison, mais ne vous tracassez pas à ce sujet, ce système répugnant au mérite et passe-droit fera que vos amis héros de guerre ne se feront pas expulsés.

Harry se retint de tout commentaire à ce sujet.

-… Je m'assurerais cependant que passer un jour et demi dans la peau d'une hermine soit une balade de santé par rapport à leur punition ! Promit Rogue d'un ton sec en marchant de son pas leste et nerveux.

-Oui, j'imagine…

Il sursauta légèrement quand le professeur se retourna vers lui brusquement :

-Oh et Mr Potter, commença t'il avec un grand sourire mielleux, comme je ne doute pas un instant que vous encouragerez Serpentard tout à l'heure (bizarrement cela ressemblait à une menace), vous êtes invités à mes côtés dans les gradins des professeurs. Je m'en voudrais s'il devait vous arriver un malheur entouré de tous ces gryffondors !

Harry laissa échapper un rire nerveux, ne sachant s'il s'agissait de sa punition à lui ou d'une offre des plus soucieuses et délicates.

-C'est trop d'honneur Monsieur ! Se força-t-il à répondre avec un sourire très faux.

Il aurait alors juré l'avoir vu ricaner, mais avant qu'il puisse le vérifier l'homme avait tourné les talons et était rentré dans la Grande Salle.

Harry voulut l'imiter, mais alors il réalisa VRAIMENT ce qui s'était passé.

Il avait eu MALEFOY sur son EPAULE et pas que là, DURANT PRESQUE DEUX JOURS !

ILS AVAIENT DORMIS DANS LE MÊME LIT !

Il avait dit des trucs, même s'il ne s'en souvenait plus vraiment, mais il était sûr d'avoir dit des trucs qu'il n'aurait, ô grand jamais, dit devant le blond !

Il sentit à nouveau son sang monter dans sa tête alors que l'embarras le plus profond l'envahissait.

Oh Merliiinnnnnnn…

Malefoy lui avait léché la joue.

Malefoy l'avait LÉCHÉ.

Complètement planté dans ce couloir, il ne fut pas dit qu'Harry arrive finalement à assister à ce match…

Du haut de sa tour, parce qu'elle n'en sortait que rarement, le professeur Trelawney fut soudain pris d'une transe et énonça prophétiquement :

-Mr Poooootter bâclera son devoir de métamorphooooseuuh eurf kof kof…

Elle manqua de s'étouffer avec le thé qu'elle était en train d'avaler.

Quelques petites heures plus tard, Zacharias Smith était pour la troisième fois du week-end admis à l'infirmerie, après réception de deux cognards d'affilés.

On pouvait dire ce que l'on voulait, les nouveaux batteurs de serpentard étaient BONS.

Et pour finir Luna gagna une jolie fortune en ayant parié sur serpentard, empochant ses gains avec un petit sourire innocent, indiquant qu'elle avait toujours su que le capitaine de l'équipe serait de retour à temps. Et Drago revit alors son opinion sur elle, la passant de folledingue à : terrible calculatrice vénale.

Car c'était bien là la raison pour laquelle elle l'avait fourré dans les mains de Potter plutôt que dans celle du professeur Rogue.

-O-o-O-o-O-o-O-

Une semaine, c'était ce qui s'était passé avant qu'elle ne revienne. George qui, sans se l'expliquer, avait perdu espoir à ce sujet, sauta sur ses deux pieds lorsqu'il la vit passer le seuil de sa chambre, la figure pâle et fatiguée.

Il eut l'impression un instant que ses jambes ne le porterait pas, car après tout, cela faisait un moment qu'il ne s'était pas levé. Pourquoi faire ? De temps en temps il se trainait plus qu'autre chose vers la salle de bain, mais être vraiment à nouveau sur ses pieds, parcourut d'une véritable énergie, ici la colère, ce n'était plus du tout dans ses habitudes.

Angelina eut un mouvement de recul surpris en le voyant foncer sur elle, mais il réussit quand même à l'accrocher par les épaules, la secouant un peu au passage tant il ne contrôlait pas sa force.

-OU ÉTAIS-TU PASSÉE ?!

Il avait la tête basse, trop honteux pour la montrer, avec ses cheveux noirs, sa barbe et son teint cireux et ses joues creusées. L'expression déformée par la rage, l'impuissance et les grosses larmes qui coulaient sans son aval, incontrôlables.

La jeune femme semblait secouée par cette entrée en matière, mais après tout, elle n'était pas venue le voir depuis dix jours ! Elle qui venait auparavant un jour sur deux l'avait du jour au lendemain abandonné et il n'avait pas eu conscience du bien que lui faisait sa présence avant qu'il s'en trouve aussi injustement privé.

-Dé… Désolé George… Mais… Commença-t-elle d'une voix peu assurée. C'était CETTE semaine. La Saint Valentin… Et je ne pouvais pas te voir sans penser à LUI… Et il me MANQUE ! Il me MANQUE horriblement !

Sans même la voir il savait qu'elle pleurait elle aussi, la Angelina qu'on admirait pourtant parce qu'elle semblait aussi forte qu'un roc avec sa confiance en elle aberrante. Combien de fois lui et Fred avaient laissés leurs regards se poser sur elle avec admiration. Mais c'était Fred qui avait eu l'audace du premier pas. C'était toujours Fred le plus entreprenant, le plus imaginatif et le plus… Le plus tout.

Et s'il acceptait cet état de fait lorsque son frère était vivant, à cet instant, il était pris d'une envie de tout casser autour de lui et de se rebeller contre son jumeau, l'image meilleure du miroir.

-Et c'est facile pour toi ! Tu peux passer ta journée à rester avachi dans un coin alors que votre magasin tombe en ruine et en désuétude ! Moi je dois m'occuper de ma famille, travailler pour qu'on puisse vivre ! Continua la jeune femme en passant à la colère, cherchant à se défaire de son emprise, découvrant avec surprise que malgré son état de loque il avait encore pas mal de force.

Il en fallait à un batteur pour renvoyer un cognard filant à toute allure.

-Et si… Lâcha George d'une voix hésitante. Et si je recommence à travailler à la boutique… Est-ce que tu viendras ?

Non, ce n'était pas ce qu'il voulait demander et il releva son visage pour affronter les agates sombres et pourtant brillantes d'émotion en cet instant qui lui servaient d'yeux, caressa du regard l'ossature marquée, mais délicate de son visage brun chocolat, ses lèvres pleines avant de remonter vers ses sourcils bien tracés et expressifs.

-… Est-ce que tu m'aimeras ?

Sa bouche s'ouvrit un instant de surprise.

-George…

-Parce que moi je t'aime, ajouta t'il rapidement.

Quelques rides de douleurs vinrent se dessiner entre ses yeux.

-George… Même si tu lui ressemble, tu n'es pas Fred…

Il déglutit alors qu'ils en arrivaient au moment fatidique, comme au bout d'un chemin donnant sur un précipice. Se détendant légèrement, il la lâcha et s'éloigna d'un pas sans pour autant cesser de la fixer. Doucement et résolument, il leva le menton :

-Et si j'étais Fred ?

A suivre…

Haha… Et dire que je voulais faire tenir ça en un chapitre… Naïve j'étais ! Bon, la partie Drago hermine est terminée, l'un de nos protagonistes s'est rendu compte de ses sentiments, l'autre patauge encore. Tout comme Neville d'ailleurs, et Zacharias n'a pas encore dit son dernier mot (justement, il en dit un peu trop pour son bien ce garçon.).
Une personne anonyme avait vu le passage de George au chapitre 22 (si je ne me trompe pas) d'un œil très funèbre, mais non, désolé, j'ai déjà lu trop d'histoire déprimante au sujet de ce pauvre George, alors pas de suicide en vue, les deux femmes sont tout bêtement Molly et Angelina. J'ai voulu trouver ma propre réponse au fait que JK Rowling nous ait casé Angie avec George dans le futur… Parce que j'ai trouvé ça SUPER glauque. Je sais pas vous, mais ça donnait l'impression que pour Angelina les jumeaux étaient interchangeable. Allez hop il y en a un de mort, pas grave ! J'ai sa copie parfaite sous le coude ! (une oreille en moins, certes !).

Chapitre suivant (vendredi donc) : Définition d'un couple marié, Drago passe à l'attaque et Harry cherche à éviter certains sujets commençant par D et finissant par Y. Et Severus et Lucius se noient dans l'alcool.