Mot de l'auteur : Deux jours de retard. Je suis désolée, en plus d'un coup de fatigue je me suis posée des questions sur ce chapitre. Trop d'informations… J'ai vraiment hésité à effacer certains passages puis finalement je me suis dit fuck, c'est une fanfic, pas le futur prix littéraire. Mais je m'excuse néanmoins si vous trouvez ce chapitre trop lourd, j'ai vraiment du mal à juger.

Et comme d'habitude je fais des câlins à mes reviewveurs adorés et je jette des bonbons virtuels aux gentilles personnes qui ajoutent cette chose en favori. Je vous aime !

Chapitre 25 : Définition d'un couple marié

Harry fixa un instant les deux serviettes en tissus qu'il venait de recevoir. Il fronça les sourcils en se forçant à voir un infime détail qui aurait pu les différencier, un peu comme lorsqu'il s'essayait à trouver dans le jeu des sept différences des magazines de Dudley celle qui avait échappé à ce dernier.

Pourtant c'était la même couleur crème, les mêmes initiales brodées : un H et un D emboités qui avait fait glousser interminablement Parvati en le mettant mal à l'aise.

Il s'était depuis longtemps fait à l'idée que tout ce que trouvait Parvati « romantique » était le summum du niais et du kitch, mais il n'allait certainement pas faire renvoyer ces pauvres serviettes sous l'argument que ça lui faisait honte d'avoir son initiale liée à celle de son futur époux.

-Hm, désolé, je ne vois pas, se rassit Hermione, vaincue. Pour moi ces serviettes sont juste identiques. Elle a dû se tromper en te les envoyant.

-… Sans doute… Admit Harry en laissant tomber à son tour, piochant un toast dans la corbeille pour la tartiner de confiture.

Il mordait dans sa pitance glucosée quand Hermione ouvrit soudain la bouche, laissant échapper un long silence en fixant un point derrière lui, et comme il ne voyait pas pourquoi le mur la ferait réagir ainsi, il éloigna le toast de ses lèvres et chercha à se retourner.

Avant qu'il en ait seulement fait mine deux mains se glissèrent autour de son cou et dénouèrent avec habileté son nœud de cravate.

-Hey ! Fit-il alors que celle-ci lui était enlevée.

Faisant volte-face il découvrit Drago Malefoy qui tenait ce qui lui appartenait et cette vision le fit légèrement rougir alors que revenait des bribes de souvenirs pas si lointains que ça. Une certaine hermine et autres choses impliquant toujours bizarrement la bouche du jeune homme…

Tout à son embarras, il ne fit presque aucune attention à Zabini qui l'accompagnait et qui s'empressa de le saluer avant de se tourner vers Neville, Evangeline dans les bras de ce dernier et Hermione.

-Je garde ça, affirma Malefoy en rangeant le tissu dans la poche intérieure de sa robe de sorcier.

Et là encore il ne le laissa pas parler, s'amusant sans doute de ses différentes onomatopées indignées et surprises alors qu'il attachait une nouvelle cravate à son col.

Une cravate qui n'avait cependant rien à faire là puisqu'elle était verte et argent.

-Mais qu'est-ce que tu fabrique Malefoy ?!

Le blond serra fermement le nœud, manquant de l'étouffer au passage, avant de contempler son œuvre d'un air satisfait.

-Quelle question Mr le serpentard refoulé! Je montre à tout le monde que tu es à moi. Et ne cherche même pas ton autre cravate, j'ai envoyé quelqu'un la piquer à la lingerie !

-Qu… Que… Quoi ?!

Le brun était purement abasourdi par ce qui lui tombait dessus de bon matin.

Cela présageait sans doute une assez mauvaise journée…

-Tant d'éloquence, admira Zabini avec un rictus narquois. Quelques difficultés à lancer son cerveau le matin ?

-Si vous êtes juste venus embêter Harry je vous conseille d'aller voir ailleurs si on y est ! Grogna Hermione en pointant le black d'un index accusateur avant de le diriger vers les grandes portes.

Harry, quant à lui, regardait l'arrière de sa « nouvelle » cravate où étaient brodées les initiales de son fiancé, un peu pris de court.

-Je ne « l'embête » pas, je le « taquine », répliqua Zabini en appuyant sur les deux mots. Je vois que les lions n'ont aucun humour le matin.

-Bien sur… Marmonna Hermione qui avait l'air de penser qu'il était trop tôt pour se disputer avec des serpentards.

De fait elle se reporta vers sa tasse de thé en tentant d'ignorer le visage indéchiffrable du black penché sur sa filleule. Elle eut une brève pensée de sympathie en songeant à son meilleur ami qui, lui, pouvait difficilement se débarrasser de son serpentard attitré.

-Mais c'est n'importe quoi, râla Harry en essayant de retirer l'ornement et se retrouvant menotté aux poignets par le blond.

- Tatata, on n'y touche pas. Je t'en ferais livrer une deuxième pour le change, après tout ce n'est pas comme si j'en avais pas une dizaine…

-Je suis un gryffondor, je ne peux pas porter cette cravate ! Et puis de quoi tu veux parler par « être à toi » ? On est fiancé c'est pas comme si…

-Oh Potter n'uses pas ton cerveau prématurément. C'est comme ça, un point c'est tout.

-Et la mienne, de cravate ?

-Je te la rendrais quand tu n'en auras plus besoin… Peut-être…

Le blond eut un petit sourire comme s'il pensait à quelque chose d'amusant, avant de regarder la jeune fille assise à quelque centimètre d'Harry et la foudroyer du regard :

-Eh, toi la petite, bouge-toi un peu de là !

La deuxième année lui rendit son regard avant de se pousser légèrement sur le côté afin que le blond puisse s'asseoir comme s'il était chez lui et absolument pas à la table ennemie.

Harry sentait poindre un mal de tête.

-Et le « s'il te plait », c'est pas en option Malefoy… Fit-il en se massant les tempes, les yeux fermés de fatigue anticipée.

Le blond fit comme s'il n'avait rien entendu lorsqu'il se tourna vers lui :

-Es-tu au courant que le rendez-vous à la banque pour signer les contrats est vendredi après-midi ?

-Oui, j'ai reçu une lettre de Gringotts à ce sujet, pourquoi ?

Malefoy récupéra une pomme dans une panière à fruit et se mit à jouer avec en la passant d'une main à l'autre, l'air indécis. Puis le fruit s'immobilisa dans la poigne de ses doigts.

-OK Potter, tu connais le contenu de ce contrat, et pas moi. Ce que je trouve totalement injuste et rien que j'ai pu dire ou faire n'a réussi à convaincre mes parents de m'en parler…

-Et ?

-Dis-moi ce qu'il y a dans ce contrat de mariage.

-Oh… Si ça peut te rassurer, rien de particulier. Et tu resteras aussi riche qu'avant, ajouta t'il en pensant qu'il s'inquiétait peut être pour son train de vie.

Mais qui avait vraiment besoin de dix cravates identiques ?

-Ça, je m'en doutais. Dans mon malheur j'ai réussis à devenir le rival et contracteur de dette d'un type riche. Non, ce qui m'inquiète c'est ce qu'ont pu demander mes parents en plus de l'argent…

-C'est ça qui t'inquiète ? C'est marrant, je pensais que tu serais bien plus inquiet de ce que MOI j'ai pu demander…

-Oh allons, je sais que t'es bien trop honnête (et Malefoy réussit à faire sonner ce mot comme s'il disait à la place « stupide ») pour user de tes droits sur ce contrat…

-Pourtant, je l'ai fait, répliqua Harry l'air de ne pas y toucher en se beurrant un nouveau toast.

-… Putain ! S'exclama le jeune homme en lui attrapant brusquement le bras, l'empêchant de continuer son action. T'as pas fait ça ?! Il n'y a pas une loi contre ça dans le codex des gryffondors, code d'honneur ou que sais-je encore? Exemple : on n'attaque pas son ennemi dans son dos ?

Malefoy arborait un air trahi et contrarié tout simplement déplacé. Harry ne savait pas ce qui tournait dans sa tête blonde en ce moment mais il ne pensait pas que ça le toucherait ainsi.

-Eh bien d'abord, désolé de mettre fin à tes illusions, mais il n'y a PAS de codex des gryffondors, pas plus de code d'honneur… Et puis ensuite je ne vois pas pourquoi alors que j'en avais la possibilité, je n'aurais pas fait entendre mes revendications !

-Et c'est quoi ces « revendications » ? Risqua son vis-à-vis d'un ton prudent et d'un œil méfiant.

-Rien d'embêtant pour toi, je te l'ai dis. Ça devrait même nous rendre la vie plus facile.

Bizarrement ça ne sembla pas du tout soulager le serpentard et Harry se retrouva à le fixer de la même façon que ses serviettes quelques minutes plus tôt : comme un mystère à résoudre.

-Je trouve que tu t'avances beaucoup Potter pour juger de ce qui m'embête et m'arrange. De toute façon il y a des limites à ce que tu peux demander, tu le sais ? Les limites des Serments…

-Malefoy, tes parents et les gobelins ont validés le contrat, je ne vois pas ce qui devrait t'affoler, soupira le brun et avant qu'il le contredise, il attrapa les deux serviettes pour les lui pendre sous le nez.

-Ta mère m'a envoyé une lettre pour la préparation du mariage, ainsi que ces deux, je « cite » échantillon. Elle me demande de choisir celui que je préfère, sauf que je ne vois aucune différence entre l'un et l'autre.

Malefoy arqua un sourcil avant de pousser à son tour un soupir en se redressant fièrement.

-Il faut que tu fasses changer tes lentilles Potter ! L'un est écru, l'autre blanc cassé. Choisis ce dernier, l'écru est passé de mode depuis la Garden Party des Knighltey de 1986.

-Je ne porte pas de lentilles, maugréa Harry en reposant les deux serviettes qui, peu importe la façon dont il les regardait, avaient bel et bien la même couleur : un vague beige/gris.

Neville en face de lui haussa les épaules l'air de dire qu'il pensait pareil.

Malefoy allait quitter la table mais il le retint rapidement par un bout de sa robe, heureux finalement de l'avoir sous la main :

-Oh non non attends, ta mère… Dans sa lettre, elle a aussi parlé d'un certain DeVi…machin, de vallée arc-en-ciel … Et de… Attends c'était quoi ?

Si ses amis semblaient se poser quelques questions sur le contenu des correspondances de Narcissa Malefoy, son fils semblait s'impatienter en tapotant du pied.

-Ah… Oui… D'un cheval et d'une vache… J'ai sans doute mal compris. En fait la lettre de ta mère était incompréhensible pour moi, réalisa t'il après coup.

Il l'entendit marmonner quelque chose avant de l'obliger à lâcher son vêtement et Zabini eut alors la bonté de l'éclairer un peu :

-DeViTORA est le nom du meilleur tailleur sorcier d'Europe et probablement du monde entier. Il est déjà en train de faire la tenue de cérémonie de Drago (celui-ci lissa sa robe d'un air snob pour retirer tous les plis) et je suppose que Lady Malefoy veut qu'il prenne aussi tes mesures…

-J'ai déjà une robe de céré…

Avant qu'il ait pu terminer, la main de Malefoy s'était lourdement posée sur sa tête.

-Tais-toi crétin, on ne porte pas ce genre de tenue à son mariage, le rabroua le blond comme s'il venait d'énoncer une hérésie. Dans la même veine, « Rainbowhill » est le nom d'un salon de coiffure…

Il trainait négligemment sa main dans les cheveux d'Harry et celui-ci le regarda d'un air encore plus effaré alors qu'Hermione s'étouffait avec un pancake devant une telle aberration, se retrouvant obligée d'essayer de tout recracher le plus discrètement possible pour ne pas mourir étouffée.

-Laissez-moi deviner… Lâcha Zabini en dressant un sourcil : Potter n'a jamais vu un coiffeur de sa vie ?

-Ceci explique cela, constata Malefoy qui avait néanmoins toujours sa main fourrée dans ses cheveux.

Harry était partagé entre son désir de l'envoyer chier parce qu'il n'aimait pas qu'on le touche d'une façon aussi désinvolte, et son désir de s'étaler contre lui parce que la sensation était juste super agréable. Il avouait : il avait toujours adoré qu'on lui touche les cheveux.

Ginny avait rapidement compris que cela le mettait dans d'excellentes dispositions. Enfin… Habituellement.

-Pour finir, il est dans la tradition de la famille Malefoy que chaque promis offre un cheval et une vache au père de son ou sa prétendante…

-Hein ?! QUOI ?! S'exclama Harry, éjecté de la transe provoquée par les caresses dans ses cheveux, et tournant si brusquement la tête dans sa direction qu'il se froissa un muscle au passage.

-Quoi donc ? Il y a un problème Potter ? Demanda le blond, très sérieux.

-Oui ! Où est ce que je vais trouver un cheval et une vache moi ?! Et comment je vais les amener au château ?!

Harry était tout remué par cette nouvelle histoire de bétail lorsqu'il s'aperçut que Zabini était en train de mourir de rire, le plus discrètement possible bien sûr, mais trahi par ses épaules, comme il était avachi sur la table derrière Drago.

-Bordel Malefoy ! Tu déconne !

-Totalement, et t'as pas marché, t'as couru Potter… Sérieusement… Offrir une vache et un cheval ? Mais tu nous prends pour qui ?

Harry souffla de soulagement, se retenant de lui dire le fond de sa pensée au sujet de certaines stupides traditions sorcières.

Malefoy, quant à lui, semblait perversement satisfait d'avoir enfin le contrôle des informations concernant leur mariage et cachait difficilement son plaisir. C'est donc avec un sourire en coin qu'il continua :

-Mais tu devras venir sur le lieu du mariage à cheval, après être allé attacher un ruban bleu à la corne d'une vache.

Harry le regarda, blasé.

-Malefoy, je suis pas SI stupide, arrêtes avec ces histoires de vaches…

Zabini qui s'était légèrement redressé se laissa retomber sur la table sans cacher cette fois-ci son fou rire, tapant même du poing sur la surface. Inutile de décrire le choc pour tout le monde de découvrir Mr face de marbre se rouler presque par terre d'hilarité. Même s'il y avait franchement de quoi, et même Neville censé être solidaire retenait difficilement ses éclats, une main sur la bouche.

-Je suis très sérieux, répliqua le Malefoy avec un air solennel.

Le visage d'Harry se décomposa.

-Non ?

-Si. Et bonne chance d'ailleurs, ça ne m'a pris que trois ans avant d'arriver à nouer ce fichu ruban. Bon, et si ça ne te dérange pas, j'ai bien l'intention de ne pas être en retard à mon nouveau rendez-vous journalier. Je ne voudrais rater pour rien au monde les Weasley en train de nettoyer les toilettes ! Surtout quand je missionne Mimi Geignarde pour leur rendre la tâche aussi désagréable que possible !

Et il le quitta là avec un grand sourire, laissant Harry dans sa solitude la plus profonde, lui qui ne savait même pas monter à cheval.

-Je peux pas le faire en hippogriffe ? Finit-il par lancer à travers la Grande Salle.

La négation qui suivit aussitôt fut des plus ferme et tranchante et Harry voulut l'étouffer avec sa maudite cravate serpentard.

Alors que Zabini se remettait peu à peu de son hilarité, aidé par Neville qui lui offrit charitablement un verre d'eau, Hermione se mit à son tour à ricaner.

-Qu'est-ce qu'il y a Herm' ? Grogna Harry en faisant la moue, pas du tout d'humeur à voir les gens se moquer de lui.

-C'est juste que Malefoy et toi… (un petit rire revint résonner dans sa gorge alors qu'elle souriait d'un air taquin) Je ne pensais pas ça possible, mais vous ressemblez de plus en plus à un petit couple marié !

Harry resta interdit par cette assertion, tripotant nerveusement sa nouvelle cravate, tandis que tout autour de lui, on approuvait la remarque d'Hermione.

Ce n'était pourtant pas vraiment son impression.

-O-o-O-o-O-o-O-

-Pfiuu, travaux… D'intérêt… Public… On dirait un mot inventé pour être un synonyme d'elfes de maisons, cracha Ronald Weasley en jetant d'un geste rageur sa serpillère sur le sol inondé au moment où Drago pénétrait dans les toilettes du dernier étage.

-Oh non, pas lui… Gémit Finnigan en semblant le menacer un instant de son énorme pavé de savon noir.

Drago ne retint pas son ricanement en allant se percher assis sur un des lavabos.

-Eh si, MOI, j'avais deux heures à tuer avant mon cours d'arithmancie alors je me suis dit que j'allais voir mes petits lions au travail. Aujourd'hui c'est les toilettes alors ? C'est pas de chance, d'habitude Mimi ne vient pas jusqu'ici…

-Putain, je suis sûr que c'est à cause de toi s'il y a toute cette merde par terre… Réalisa Thomas en passant plus énergiquement l'immonde tissu grisâtre qu'il tenait entre ses mains comme s'il imaginait en barbouiller Drago plutôt que le sol.

Celui-ci ne confirma pas, se contentant de fixer la plus jeune du groupe qui essuyait le sol sans un mot, sans même le regarder, le visage fermé. Elle s'était défendue comme une lionne au conseil de discipline, arguant qu'ils n'avaient aucune preuve les impliquant si ce n'était le témoignage de deux personnes qui les détestaient. Lui-même et Rogue qui avait cru reconnaitre l'empreinte magique des Weasley. Ainsi, incapable d'apporter une réelle preuve, Drago avait dû se résoudre à regarder le groupe ne pas être renvoyé, mais devant néanmoins exécuter plusieurs tâches d'intérêt public pendant un mois.

Bref, il comptait bien profiter de sa vengeance autant que possible en écrasant de son dédain la plus jeune des Weasley. Il ne comptait pas relancer le débat avec elle, craignant encore ce qu'elle pourrait lui dire, mais continuer à avoir l'air aussi confiant que possible, lui prouver qu'elle n'avait pas réussi à l'atteindre, était une bonne revanche.

Il tripota de façon ostentatoire son médaillon, qui ne le quittait plus du tout désormais, même pour prendre un bain, avant de se rappeler ce qu'il avait fait ce matin et de récupérer la cravate de Potter de sa poche. Il ne put s'empêcher de sourire devant son nouveau trésor, caressant l'étiquette marquée du nom de son fiancé.

Il avait eu une excellente idée cette nuit. Il fallait dire qu'il avait peu d'autres choses à faire que de réfléchir puisque le brun hantait ses pensées, échauffait son sang et l'empêchait de trouver le sommeil.

Mais là, il avait fait fort.

Il n'avait pas d'autres choix que de faire marcher son génie pour approcher doucement son futur époux, comme on le ferait d'un animal sauvage, et l'habituer petit à petit à sa présence et à son contact.

C'était ainsi : il devait être précautionneux à cause de cette histoire de mariage. Sans cela… Eh bien sans cela il n'était pas certain qu'il aurait eu un jour le courage d'essayer d'être autre chose qu'un ennemi ou un rival pour Potter, mais dans tous les cas, il ne pouvait pas le brusquer, l'acculer, se laisser aller à la partie la plus basse de son être en se disant qu'il tentait le coup et que ça pouvait passer ou casser… Parce que l'obligation du mariage ne permettait aucune cassure. Il devait être patient parce qu'ils étaient obligés de construire quelque chose de durable.

-Mais tu me torture à feu doux Potter… Murmura-t-il, les lèvres sur la cravate.

Le brun semblait si inatteignable, et malgré tous ses sentiments lisibles sur son visage, il en manquait clairement quelques-uns : le désir, la passion… Drago ne se souvenait pas les avoir déjà vu et c'était aussi mystérieux qu'effrayant. L'amour… Les seules fois qu'il l'avait vu, déchirant son cœur, cette expression était réservée à Evangeline.

Une énigme.

Avisant les travailleurs récurant le sol devant lui en pestant, il pesa le pour et le contre avant de s'adresser à eux :

-Dites… Vous fréquentez Potter depuis huit ans. L'avez-vous déjà vu VRAIMENT amoureux ?

Ginny s'étrangla et retourna furieusement la tête vers lui en lui jetant son torchon dessus. Drago l'évita en s'inclinant sur le côté et la masse spongieuse atterrit par terre comme une pauvre chose morte.

-C'est pas pour te prendre la tête Weasley girl, c'est une question plus scientifique qu'autre chose. Sans vouloir te vexer, par des yeux extérieurs, vous n'aviez pas vraiment l'air d'un couple amoureux. Vous étiez empruntés comme si vos fiançailles avaient été arrangées par vos familles.

-Peut-être, mais je ne vois pas pourquoi on voudrait t'en parler, grogna le frère Weasley.

-Et puis, qu'est-ce que ça peut te faire, Harry n'est pas exactement ton ami, ajouta Thomas, sarcastique.

-Oh, eh bien, pas le tien non plus, répliqua Drago en rabattant sa frange en arrière d'un mouvement des plus arrogants.

-Qu'est-ce que tu en sais…

-J'ai passé un jour et demi sur son épaule, j'en sais peut être plus que vous actuellement sur ce qu'il pense des gens qui l'entourent…

Il apprécia ce petit moment de supériorité quand le regard de Weasley garçon et de Thomas se posèrent sur lui avec frustration.

-Harry est quelqu'un de pudique, affirma soudain Finnigan. Demande lui comment il va, il te répondra toujours qu'il va bien même si ce n'est clairement pas le cas.

-SEAMUS ! S'indigna le rouquin.

-Ecoute Ron, il va se marier avec lui, il vaut mieux qu'il le sache ! Harry est comme ça, il déteste se faire plaindre, alors il garde tout pour lui question sentiment. Je sais que tu as la bizarre idée que c'est l'inverse, mais il vaut mieux que tu réalises le plus rapidement possible que probablement tout ce que tu crois sur lui est faux.

Drago le fixa, surpris et très intrigué.

-Pourquoi me dis-tu cela ?

-Parce que j'apprécie Harry et que je ne voudrais pas qu'il lui arrive une merde à cause de toi… Et pour répondre à ta question, il ne s'est jamais confié à personne sur ses amours, nous mettant tous sur le fait accompli à chaque fois, même si je soupçonne les filles d'avoir vu des signes chez lui qui nous ont échappés. Hermione ne semblait jamais bien surprise…

-Concernant Cho, lâcha Weasley girl avec désinvolture en provoquant l'étonnement de tous les garçons présent, il perdait toutes ses capacités à son approche. C'était plutôt pathétique à voir… Je ne pense pas qu'il était amoureux d'elle, ça ressemblait plus à de l'admiration, comme lorsque les garçons bavent sur une célébrité inaccessible… Qui doit rester inaccessible parce qu'en fait, c'est une image faussée qu'ils en ont, et dès qu'Harry a été confronté à la réalité de qui était vraiment Cho, son béguin a disparu aussitôt.

-Tu as l'air d'avoir longuement réfléchi au sujet, commenta Drago en songeant qu'il ne l'avait jamais trouvée jolie cette petite chinoise avant de continuer sans s'en empêcher : Expérience personnelle ? Tu sais, au sujet de célébrité inaccessible ?

Il fallait dire qu'elle lui donnait le bâton pour se faire battre !

Elle écarta ces dernières allusions d'un mouvement du bras.

-Ma principale rivale de l'époque ? Evidemment ! J'avais envie de secouer Harry dès qu'il devenait tout gnangnan en sa présence ! Et d'étrangler Cho par la même occasion !

Ils se regardèrent tous les deux avec de faux sourires, leurs yeux plissés étincelants leur faisaient comprendre réciproquement que c'était ce qu'ils ressentaient actuellement l'un envers l'autre.

-Cet échange est plutôt effrayant, grommela le frère Weasley en frissonnant alors que Thomas était des plus renfrognés à présent.

-En tout cas Malefoy, tout ça pour dire que ça n'avait rien à voir avec moi. Harry est juste discret de nature et je ne pense pas que tu y changeras quoique ce soit.

Elle vint récupérer son torchon en lui lançant une œillade victorieuse, mais il ne se laissa pas démonter, pas cette fois, et lui lança un regard entendu.

*C'est ce que nous verrons…*

-O-o-O-o-O-o-O-

Vendredi matin, deux heures de potion. Harry depuis la découverte de ses talents enfoui au plus profond de son ADN tentait de se montrer des plus appliqués, et ce même avec sa fille qui gigotait dans son couffin à côté, heureusement très silencieuse grâce à sa tétine qu'elle mâchouillait passionnément.

Enfin, à ce sujet, il n'avait pas vraiment à se plaindre puisque Slughorn était littéralement charmé par la petite, n'hésitant pas à la prendre avec lui sur son bureau lorsque la potion était dangereuse pour jouer les papis gâteux au point de ne même plus s'intéresser à son cours.

Il y avait une certaine solitude qui transparaissait alors chez le vieil homme qui ne semblait pas avoir de famille… Comme la plupart des professeurs de Poudlard, et cela touchait Harry qui ne pouvait dès lors pas refuser son invitation à son prochain dîner.

-Promis, il n'y aura aucune personne extérieure à Poudlard, juste mes plus chers élèves ! L'assura t'il à la fin du cours. Oh, et est-ce que quelqu'un pourrait me dire où se trouve Mr Malefoy ? J'espérais l'inviter lui aussi…

Harry leva les yeux au ciel. Etonnant comme Malefoy qui avait toujours été ignoré par le vieil homme semblait devenir intéressant maintenant qu'il était son fiancé !

-Désolé, je ne sais pas, il était pourtant au petit déjeuner ce matin, lui apprit Harry. Mais je lui ferais passer le massage si vous voulez. Je suis sûr qu'il en sera ravi !

*…Ou pas…* Songea t'il en se détournant pour rejoindre Hermione à la sortie du cachot.

-Oh ! Au fait ! J'aime beaucoup votre nouvelle cravate ! Lança le professeur avant qu'il ne fasse claquer avec agacement la porte de la salle derrière lui.

-Tu iras toi aussi ? Demanda-t-il alors à Hermione tandis qu'ils se dirigeaient vers la salle de DCFM au rez de chaussée, passant à travers les cours où l'herbe commençait à repousser timidement sous forme de brins d'un vert électrique.

-Je ne sais pas. Je n'ai pas particulièrement envie de me retrouver assise en face de Ron pour manger. Hier encore je l'ai surpris en train d'embrasser Fay dans un fauteuil… Et rien qu'à cause de ça, j'aimerais me joindre à Malefoy pour le regarder détacher des chewing-gums avec ses ongles ou découper en morceau des mandragores !

C'est avec de grands gestes nerveux qu'elle arriva devant le porte de la salle où attendait déjà tout le monde, se présentant bons derniers.

-Je n'ai pas eu l'impression qu'il avait invité Ron cette fois-là… L'apaisa Harry alors que Neville les rejoignait.

-Oh de toute façon ces repas sont une corvée !

-C'est vrai, mais ça lui fait tellement plaisir, songea Harry en pinçant les lèvres, s'accroupissant pour prendre le couffin sur ses cuisses et rajuster la couverture autour de sa fille.

-Etes-vous en train de parler du professeur Slughorn ? Les interrogea Neville.

-Oui, je crois, lâcha Hermione. Mais je ne savais pas que son sort te préoccupait Harry ?

-Eh bien… Je pense à tous nos professeurs, je pense que pour moi, ils sont un peu plus que ça… J'ai du mal à réaliser que je ne les verrais plus l'année prochaine. Ils vont me manquer.

-Oh eh bien, il y en a un qui ne me manquera pas, marmonna Hermione alors que Rogue les faisait entrer.

Dans ce cours aussi, Malefoy brilla par son absence et Harry en apprit la raison lorsque leur ténébreux professeur lui demanda de rester après les cours.

-Il s'est rendu ce matin chez ses parents en vue du rendez-vous avec la banque, lui apprit-il en classant en deux tas les copies que venaient de lui rendre les étudiants.

-Oh… Je pensais qu'on irait ensemble…

-Je le soupçonne de vouloir éviter des retrouvailles avec ses parents en votre présence. Vous savez désormais comment est Narcissa… Dites-vous qu'elle est pire avec son fils. Pas étonnant qu'il n'ait jamais eu l'âme d'un tueur… Enfin bref, je viendrais vous chercher tout à l'heure en cours de Sortilège et nous irons ensemble à Gringotts.

-Pourquoi ? Je peux m'y rendre tout seul. Je ne suis plus un enfant et vous êtes le parrain de Malefoy, pas le mien. Le mien…

Harry ne continua pas sa phrase, baissant la tête en pensant à Sirius, s'avouant qu'il aurait aimé l'avoir à ses côtés. Il fut surpris lorsqu'une main se posa légèrement sur son épaule et releva le regard vers son professeur qui s'empressa de ranger son bras d'un geste maladroit.

- Toutes ces démarches juridiques peuvent nécessiter la présence d'une personne avec plus d'expérience que vous n'en avez, lui expliqua t'il avec réticence.

-Et comme je n'ai plus personne, c'est vous qu'on m'envoie…

Les traits du professeur se durcirent encore plus et il fuya le regard de son élève, réorganisant nerveusement sa surface de travail. Harry comprit qu'il l'embêtait sans doute et s'excusa d'un léger signe de la tête pour sortir du bureau. Avant d'être cependant arrivé à la porte, la voix de Rogue retentit à nouveau, basse et légère :

-C'est faux Potter, vous m'avez encore…

Harry se retourna avec curiosité, se demandant ce qu'il insinuait par-là, mais comme s'il avait rêvé ce qu'il venait d'entendre, Rogue était plongé dans la lecture d'un papier.

Le jeune homme oublia donc cette drôle d'entrevue et une fois qu'il eut refermé la porte derrière lui, Severus abaissa la feuille, fixant un instant le panneau de bois brut, avant d'ouvrir un tiroir avec un soupir pour en sortir sa bouteille d'alcool personnelle, ainsi qu'un verre pour le remplir plus qu'il ne l'était nécessaire.

-J'espère que vous êtes contents de vous James et Lily ? Grogna-t-il, exaspéré par sa propre conduite, à la photo qui se trouvait aussi au fond du tiroir.

Le couple sur un banc se jeta un regard complice avant de se contenter de lui sourire, apparemment très satisfaits d'eux même.

-O-o-O-o-O-o-O-

Quelques heures plus tard, écourtant légèrement son cours de coordination d'enchantement et le sauvant des longues explications incompréhensibles de Luna, sa partenaire de table, Harry accompagné de Severus et d'Evangeline mettait les pieds dans le hall de Gringotts.

Essayant de faire fi des commentaires des sorciers autour d'eux, les deux bruns, tout aussi embêtés l'un que l'autre d'être le centre de l'attention, s'empressèrent de suivre un gobelin loin de l'agitation.

Si Harry avait toujours connu cela, c'était une nouveauté pour l'ex professeur de potion qui avait gagné en popularité quand son rôle d'agent double avait été rendu public. On l'avait jugé héroïque et exemplaire, ce à quoi l'homme avait réagi en tirant une mine de six pieds de long, apparemment dégouté. Depuis il se cachait encore plus de la foule, rampant de sa maison à l'école et vice versa.

L'inverse s'était produit pour les Malefoy qui avaient vu leur nom et leur réputation trainé dans la boue malgré l'absence de condamnation. Comme la vérité sur leur rôle, leurs actes et leurs réactions n'avaient pas été dévoilé, à leur demande, personne ne savait réellement ce qui leur avait valu ce pardon de la part des autorités. Les époux Malefoy apparaissaient désormais peu en public, leurs quelques apparitions provoquant toujours des réactions négatives et des nombreux visiteurs que Narcissa recevait autrefois dans son beau manoir, il ne restait plus que les très proches amis de la famille.

Il savait pour l'avoir entendu le dire que les gens hésitaient aussi à faire des affaires avec eux, leur argent étant jugé sale et de mauvaise réputation pour leur image de marque. Elle avait avoué à mi-voix, presque honteusement lorsqu'ils rédigeaient les présent contrats, que Lucius était obligé de traiter avec des moldus qui, eux, ne crachaient pas sur leurs liquidités.

Est-ce que l'or gardait le gout du sang ? Harry s'était posée cette question dans la nuit, songeant que les deux tiers de sa fortune, le côté Black, s'était sans doute forgé dans le sang et les larmes de victimes innocentes.

Un or blanc ? Un or noir ? Comme pour la magie, comme pour une arme, au final seul l'humain qui l'utilise lui donnait sa véritable couleur. Cet or n'était pas plus sanglant qu'un autre, et il ne le serait pas s'il l'utilisait à faire le bien autour de lui. C'était aussi bête que cela.

Il sourit en apercevant la famille qui attendait dans un salon, assis roidement devant une tasse de thé comme s'ils posaient pour une peinture. Narcissa fut la première à se lever, suivie assez rapidement par les deux autres.

-Harry ! Severus ! Cela commençait à faire un moment ! Oh et ma petite fille préférée aussi !

-Tu n'en as qu'une en même temps… Soupira Drago alors qu'Harry subissait les salutations habituelles, remarquant avec agacement que son professeur ne se faisait pas tripoter comme lui.

-Oh qu'est-ce qu'elle a grandie ! Elle a au moins pris deux centimètres, j'en suis sûre ! S'exclama-t-elle en extirpant Evangeline de son couffin pour la prendre dans ses bras et l'embrasser elle aussi sur les joues.

-D'après Pomfresh, 2cm et demi à son premier mois, je pense qu'elle doit faire à peu près 54cm maintenant… Pour 7kg.

-Et bien voilà ! Drago était incapable de me donner ces informations pourtant si basique !

Elle eut un geste désespéré vers son fils qui leva les yeux au ciel.

-Entre nous Narcissa, Mal…votre fils ne l'a jamais eu dans ses bras que quelques secondes, je doute donc qu'il aurait pu vous donner le moindre ordre d'idée…

Harry se tourna alors vers Lucius qui s'était avancé vers eux, saluant d'abord Severus, avant de se placer à côté de sa femme, le vrillant du regard un moment avant de lui tendre la main.

-Mr Potter… J'aime beaucoup votre nouvelle cravate.

Derrière, loin, au niveau des canapés, un serpentard ricana tandis qu'Harry retenait son agacement comme il le pouvait.

-N'est-ce pas… ? Un cadeau de votre fils, répondit-il du bout des lèvres alors qu'il empoignait sa main un bref instant, puisque celle de son (argh) futur beau-père s'empressa de lui filer entre les doigts.

Au fil du temps Harry avait pu réaliser à quel point une poignée de main révélait l'humeur et le caractère de son vis-à-vis. Lui-même tentait toujours d'avoir une prise aussi ferme et douce que possible car il détestait ceux qui laissaient mollement leur doigts reposer, comme s'ils étaient des espèces d'invertébrés ou des mollusques. Là, Lucius lui avait fait la prise « fuyante » : je le fais parce que j'y suis obligé mais je n'en ai pas la moindre envie.

-Il a toujours eu très bon gout, répondit d'un ton forcé le blond avec cette élévation légère de la lèvre supérieur, qu'Harry détestait parce qu'elle semblait hurler « je te méprise » ou « je vais m'empresser d'aller me décontaminer de ta présence ».

S'efforçant de l'ignorer, le jeune homme adressa un hochement de tête à Drago toujours debout à côté des canapés, que ce dernier lui rendit machinalement avant d'aller saluer son parrain.

Revenant au couple devant lui, il remarqua alors l'expression captivée de Lucius sur Evangeline, celle-ci bercée par sa femme qui rayonnait de joie. Bizarrement, ce n'est qu'à ce moment-là qu' il se rendit compte qu'elle était aussi la petite fille de cet horrible personnage. Partagé entre le mécontentement personnel que lui causait le fait de savoir qu'une part de Lucius Malefoy était en Evy' et l'expression presque envieuse de ce dernier, il rendit les armes en se traitant lui-même de lavette.

-Vous voulez aussi la prendre dans vos bras ? Lui proposa-t-il.

Oh, l'étonnement de l'homme valait bien tout cet effort mental et Harry lui-même se sentit surpris en réalisant que l'ancien mangemort avait sans doute attendu depuis le départ sa permission. Harry aurait dû savoir qu'il n'était pas si indifférent que ça à la fillette : après tout, ce serait sûrement son unique petite fille, sa seule descendance.

-J'en serais très heureux, lâcha l'homme comme si ce n'était pas important, cherchant encore à sauvegarder ses miettes de fierté.

Narcissa lui passa alors Evangeline tout en adressant un regard attendri à son mari. Elle profita de ses mains libres pour entourer les épaules d'Harry, lui murmurant au passage un léger « merci » à son oreille.

Mais elle ne le lâcha pas, et le brun donna un léger coup de coude à son professeur qui l'air de rien, semblait bien s'amuser. Il se concentra ensuite sur les réactions d'Evy', mais celle-ci ouvrit à peine des yeux ensommeillés avant de se rendormir, bien au chaud contre son grand-père, le poing fermement serré sur le fil en plastique qui lui permettait de ne pas perdre sa sucette. L'ombre d'un sourire qui ne semblait rien avoir de sadique fit pendant un bref instant son apparition sur le visage de Lucius, avant de disparaitre immédiatement.

Sans qu'il ne semble cependant avoir la moindre intention de lâcher sa petite fille.

Il se dirigea alors vers son fils et le reste du groupe lui emboita le pas. Avant de faire mine de s'asseoir, Harry l'entendit dire quelque chose à Drago qui eut lui aussi une brève esquisse de sourire. Mais déjà un gobelin sortait de son bureau pour les appeler.

Le grand groupe se retrouva alors dans un vaste bureau puant la richesse et le faste, Drago et Harry côte à côte sur une chaise, tous les deux entourés de Lucius et Severus.

Les deux « femmes », elles, restèrent sur une banquette à l'arrière.

Le contrat fut alors relu point par point, ce qui se révéla sacrément ennuyeux pour le brun qui se divertit un peu en guettant les réactions de son futur conjoint, notamment concernant ses ajouts : l'assurance que ses parents ne se lieraient plus à un mage noir et qu'ils ne se mêleraient pas des affaires de leur fils.

A sa grande déconvenue, le blond ne laissa rien transpirer de ses pensées, restant imperturbable tout le long de la lecture comme la parfaite réflexion de son père sur un miroir invisible. Tout ce que eu Harry pour distraction c'est Severus lui pinçant la jambe en lui chuchotant d'arrêter de gigoter comme un gamin de 4 ans.

Puis vint le moment de la signature. Ces contrats avaient beau ne prendre effet qu'après la cérémonie de leur mariage, les deux jeunes hommes hésitèrent un instant à prendre les plumes qui leur était tendue, avant de parapher chacun chaque copie du contrat, il y en avait trois, se les échangeant pour les compléter.

Harry fixa pendant quelques secondes leurs deux signatures l'une à côté de l'autre sur son exemplaire, tandis que Lucius en récupérait un autre et que le dernier resterait gardé en sécurité par les gobelins.

-Voilà qui est fait, approuva Severus en dépliant sa longue silhouette engourdie par deux heures de procédure.

-On va pouvoir rentrer à Poudlard, ajouta Harry, innocemment, avant de croiser le regard trop bleu de Narcissa qui semblait lui faire un remake des yeux de chiot battu.

-Oh Harry ! Severus ! Certainement pas ! Voyons, vous êtes invités à diner avec nous !

Harry fut à moitié satisfait de sentir la chauve-souris des cachots se crisper en même temps que lui, tous deux formants le spectacle de deux chats surprit par un bruit étrange, le poil hérissé de terreur.

Inutile de dire qu'Harry voulait éviter autant que possible ce genre de repas familial avec sa belle-famille, mais la sorcière continuait à faire pression, se donnant l'air de quelqu'un qui va fondre en larme.

Il avait clairement un truc avec les filles qui pleurent, ça, ou il subissait l'influence de sa dette de vie car il se retrouva à marmotter un « D'accord » dépité sous le regard très étonné de son ancien rival.

S'il savait seulement dans quoi il s'embarquait…

-O-o-O-o-O-o-O-

Harry fixait l'adorable boule de poil ébouriffée, blanche, noir avec des pointes de marrons, la langue pendante, qu'il tenait dans ses mains et devant lui Drago qui tentait de regarder partout sauf dans sa direction.

-C'est… Comme je t'ai privé de ton nouvel animal de compagnie… Fit-il embêté. Considère ça comme un cadeau de mariage en avance !

-Tu m'offres un CHIOT ?

A peine arrivé au Manoir, Drago l'avait tiré par le bras derrière lui, l'amenant jusqu'à une salle qui ne semblait avoir aucune fonction d'un premier coup d'œil, si ce n'était d'abriter les plus énormes et flippants chiens que le brun ait jamais vu.

Phobos et Deimos, les deux lévriers irlandais de Lucius Malefoy. A leur entrée ils avaient bondis sur leurs longues pattes mais d'un ordre sec, l'héritier leur avait fait reposer leur derrière par terre. Il s'était ensuite dirigé vers un panier d'où il avait sorti la peluche.

-Disons que ça rachète le fait que je t'ai privé de ton futur parfait avec trois gosses et un gros chien… Au moins tu auras le chien. C'est un Berger Australien, si t'as besoin de conseil, tu n'auras qu'à demander à mon père, il a bien dressé ces deux-là. Ah par contre si tu l'appelle Drago, Malefoy, Drake ou tout dérivé de mon nom ou prénom, je te tue !

-Tu menace de mort ton futur mari ? (Harry émit un doux rire qui fit tressauter ses épaules). Eh bien, notre mariage s'annonce sous les meilleurs auspices !

Drago eut l'air plutôt contrarié, alors Harry s'empressa de lui donner une tape dans l'épaule.

-Eh, fais pas cette tête, je l'adore ton cadeau. C'est la bestiole la plus mignonne que j'ai jamais vu ! Mais je ne sais pas si j'aurais le droit de la garder avec moi à Poudlard… Et puis ça va être dur de s'en occuper en plus d'Evy '…

Harry dû éloigner le chiot qui s'était mis à lui lécher le visage en couinant légèrement.

-Oh, eh bien, j'ai fait l'effort EXTREME d'aller demander au garde-chasse s'il pouvait s'en occuper, lâcha Drago en caressant la tête de l'un des chiens de son père qui quémandait de toute évidence un peu d'affection.

-TOI, tu es allé voir Hagrid ?! S'exclama Harry, presque choqué avant de lâcher : IMPOSSIBLE !

-Et pourtant ! Il semblait ravi de pouvoir t'aider, j'ajouterais qu'il a presque essayé de me kidnapper au passage pour m'obliger à manger ses infects gâteaux ! Attends ? Peut-on considérer cela comme une tentative d'assassinat ?

Le brun gloussa un peu : il aurait aimé voir ça ! Secouant la tête, il regarda à nouveau l'adorable chiot entre ses mains, trouvant que c'était une bonne idée de la part du jeune homme, bien que les raisons étaient plutôt étranges.

-« 3 gosses et un gros chien » ?! Je me demande où tu es allé chercher cela ! L'idée d'avoir un chien ne m'a jamais traversé l'esprit jusqu'ici… Oh ! Je sais ! Je vais l'appeler Patmol II !

-Pat… QUOI ?!

-PatMOL II. Cherche pas, c'est comme ça.

Harry était très fier de son idée, un petit rappel à Sirius, le seul chien qu'il aurait aimé avoir à ses côtés. Drago le regardait avec une moue dégoutée.

-Tu as sérieusement un problème avec les noms Potter…

Ils ne purent pousser plus loin ce débat car Narcissa vint les débusquer de leur cachette :

-Alors les garçons ? On va passer à table. Oh et j'espère que le cadeau de Drago te plait Harry, il m'a obligé à faire une dizaine d'éleveur avant d'être satisfait !

Elle sembla vouloir s'approcher de son fils mais celui-ci lui lança un regard d'avertissement et elle se rabattit sur Harry, attrapant fermement son bras. Dommage, il aurait tellement adoré voir Drago se faire câliner par sa mère !

-Il me plait beaucoup Narcissa.

-Oui, PATMOL II plait beaucoup à Harry, ajouta le blond en insistant sur le nom, mais Harry fit mine de rien.

-Pat… Quoi ?

-En tout cas c'est sûr, les chiens ne font pas des chats… Marmonna Harry alors que la femme le fixait d'un air perplexe.

Il passa devant, posant son adorable fardeau qui se mit à trottiner derrière lui, et tenta d'ignorer les deux blonds derrière qui discutait sur le fait qu'il allait vraiment ou pas appeler son chiot comme cela.

A table se trouvait déjà les deux hommes qui avaient attaqué l'apéritif, voire plus, et Harry s'empressa de se verser lui aussi un verre.

-Vous en êtes sûr Mr Potter ? L'interrogea Severus. Je parie que vous ne savez même pas ce que vous avez mis dans votre verre.

-Je m'en fiche, tant que c'est de l'alcool, je pense que je vais en avoir besoin.

Il avala d'un trait sous l'œil un peu indigné de son futur beau-père.

-Je me demande ce qui peut vous faire penser une chose pareille, s'indigna faussement ce dernier alors qu'Harry grimaçait face au gout assez inhabituel de la boisson.

-Ouaouh c'est légèrement sucré et plutôt doux ! Qu'est-ce que c'est ?

-Du Chouchen. Production Malefoy, miel et venin d'abeille fermenté.

Il essayait sans doute de lui faire peur mais devant le manque de réaction de son ex professeur de potion, Harry dût admettre qu'il était en train de boire de l'hydromel aromatisé au venin d'abeille.

-Oh eh bien je crois que je pourrais devenir accro, relativisa le brun en se resservant.

-Certainement pas, je vous interdis de vider cela comme si c'était de la bièraubeurre, râla le blond en sauvant sa bouteille.

-Ohla les hommes, gardez vos esprits clairs, les prévint Narcissa en s'asseyant à son tour. Nous avons de nombreux sujets à aborder ce soir… Harry, les coudes sur la table…

Le brun se rassit correctement sur sa chaise, l'air penaud.

-De nombreux sujets ? L'interrogea-t-il.

-Oui, à propos du mariage, éclaircit-elle alors que les entrées leur étaient servies dans leur assiette.

Harry jeta un coup d'œil au plat, une petite salade composée, avant de découvrir que les choses se présentaient plutôt mal :

-Bon, il y a déjà beaucoup trop de couteaux et de fourchettes pour moi ici…

-Parts de l'extérieur vers l'intérieur, lui apprit Drago qui s'était assis à côté de lui, tapotant une fourchette du bout du doigt.

-Oh… Merci. Tiens, d'ailleurs, puisqu'on parle du mariage ! C'est quoi cette histoire de monter à cheval et d'attraper des cornes de vaches ?!

-Ancestrale tradition de la famille Malefoy, affirma Lucius en le regardant de haut.

-Certes, mais je n'ai rien vu de tel au mariage de Bill et Fleur, est-ce vraiment nécessaire ?

-Il y a-t-il un mot que vous ne comprenez pas dans « TRADITION ANCESTRALE des MALEFOY » ? Demanda le chef de famille d'un ton à la fois moqueur et paternel qui l'agaça prodigieusement.

En plus il était persuadé qu'il ne s'adressait JAMAIS à son fils de cette façon, et heureusement ce dernier n'avait jamais pris cette détestable habitude.

-Oh allons Amour, je pense qu'il s'interroge sur la raison de cette tradition, intervint Narcissa en caressant la main crispée de son époux indigné avant de se tourner vers Harry : Il faut que tu comprennes que les Malefoy sont une famille d'origine latine et qu'ils ont gardés certaines traditions de cette époque. Certaines idées d'ordre religieux notamment. Ils sont de tradition des Junistes, c'est-à-dire qu'ils vouent un culte à la déesse Junon, ce qui tombe bien dans notre situation, puisque c'est la déesse du mariage et de l'amour conjugal. Il se trouve que la vache et le paon sont deux de ses attributs, c'est pourquoi ici nous élevons l'un et l'autre. La vache est de même associée à la fertilité, c'est pourquoi l'on considère que nouer un ruban bleu à la corne d'une vache donnera de nombreux enfants au couple.

Harry la regarda silencieusement, attendant apparemment une suite.

-Oh, et pour l'anecdote, nous avons calculé notre coup pour mettre au monde Drago en juin puisque c'est le mois associé à cette déesse.

-Génial… Commenta Drago d'un ton blasé en piquant une feuille de salade avec sa fourchette, ça ne fait genre pas du tout mécanique.

Elle lui lança un sourire indulgent tandis qu'Harry réalisait qu'il n'y avait pas de suite.

-Attendez… C'est la SEULE raison ? La fertilité ? Mais est-ce que vous nous avez bien regardé votre fils et moi ? On n'est pas équipé pour ça, ni lui, ni moi ! Il n'y aura pas « beaucoup » d'enfant, c'est déjà miraculeux qu'il y en ait un !

-Nous le savons Mr Potter… Grogna Severus.

-Et quoi professeur ? Je suis le seul que ça chiffonne une tradition qui ne me sera d'aucune utilité ? Je ne vais pas aller attraper une vache pour avoir de nombreux enfants alors que je vais me marier avec un HOMME !

-Merci de me rappeler ce détail, ce n'était pas ASSEZ visible… Et le principe d'une tradition Potter, c'est qu'elle doit être transmise et respectée, répliqua le chef de famille en tentant de garder son calme et pour cela, il se resservit aussitôt un fond d'hydromel.

-Quel est le problème ? Voulut savoir Narcissa qui semblait bizarrement considérer la capture d'une vache comme une chose tout à fait bénigne.

-Je ne sais même pas monter à cheval !

-Oh, si ce n'est que ça, Drago t'apprendra !

Le blond concerné s'arrêta aussitôt de manger et posa ses couverts d'un air désespéré :

-Mère… Vous n'y pensez pas !

-Si, et il vaudrait mieux que ce soit fait avant les vacances car après cela j'aimerais enchainer avec quelques cours de danses.

-De… De la DANSE ? Glapit Harry avec un petit sursaut. MAIS POURQUOI ?!

-Comme il serait plutôt… maladroit de vous faire danser tous les deux, tu ouvriras le bal d'ouverture avec moi Harry et comme je tiens à mes pieds et que mon fils m'a rapporté à quel point tu étais mauvais danseur, je préfère prendre mes précautions.

Harry voulu s'effondrer quelque part. Dire qu'il pensait en avoir fini avec les préparatifs du mariage avec la signature du contrat ! Mais il était loin d'être sortis de l'auberge car le pire arriva au moment du dessert.

Après avoir parlé habillement, nourriture, décoration, Harry jalousant à chaque passage l'hydromel, puis le vin rouge que se partagèrent les plus vieux pour supporter cette épreuve, le laissant lui, douloureusement sobre, ils arrivèrent aux invités.

-Oh Harry, j'ai reçu la liste au sujet des invités que tu voulais à ton mariage. Je te rassure, Mr William Weasley et son épouse pourront venir… Ainsi que les Lovegood bien que je trouverais étonnant que la jeune demoiselle accepte de revenir ici…

-C'est mon mariage, elle refuserait d'être tout autre part ailleurs, l'assura Harry qui devait se retenir pour ne pas grogner tellement il était excédé et fatigué par la discussion.

Bizarrement Drago était des plus attentifs et enthousiaste, mais il ne voyait vraiment pas pourquoi.

-Si tu le dis, répondit Narcissa avant de prendre un air soucieux : Mais j'ai été surprise de ne pas voir certains noms… Je veux dire, bien qu'ils soient moldus, il paraitrait tout à fait convenable d'inviter votre dernière famille en vie…

Harry s'étrangla avec le morceau de tarte aux pommes qu'il avait tenté d'avaler et s'empressa de le faire disparaitre dans son gosier le plus vite possible devant l'urgence de la situation :

-NON ! SURTOUT PAS !

Il n'avait pu s'empêcher d'hurler. La vision de son oncle et de sa tante en contact avec les Malefoy ressemblait à une vision de l'Apocalypse ou du Ragnarok ou toute autre image de dévastation.

Cela sembla réveiller brusquement Lucius et Severus qui somnolaient les yeux ouverts. Ainsi la famille devant lui resta un instant bouche bée, le regardant comme s'il était devenu fou et Harry se força à se calmer et à parler de façon plus modérée :

-Non, vraiment, ce serait bien inutile. Ils refuseraient de toute façon. C'est pas trop leur genre de truc, et pour être honnête, ce sont des moldus un peu vieux jeu et je pense que l'idée de me voir marié avec un homme leur déplairait fortement.

Les Dursley détestaient de toute façon tout ce qui sortait de l'ordinaire, alors il était inutile de dire qu'Harry allaient devenir l'apothéose de tout ce qu'ils abhorraient.

-Si tu le dis… Mais il ne serait pas respectable de ne pas, au moins, leur envoyer un faire-part…

-Non, vraiment, ne vous donnez pas cette peine Narcissa, je les mettrais moi-même au courant…

*Dans 120 ans peut être…* Ajouta t'il en pensée.

Severus le regarda avec un drôle d'air et Harry détourna le regard. L'homme avait eu quelques petits aperçus de sa famille en tentant de lui enseigner l'occlumencie, mais avait-il jamais faire le lien avec Petunia, la petite fille qu'il avait connu lorsqu'il jouait avec Lily ? Probablement pas.

Il s'empressa alors de s'enthousiasmer pour l'invitation de Kingsley et de sa femme afin de faire oublier ce sujet fâcheux.

Plus tard, alors que les époux Malefoy jouaient aux grands parents, Lucius bien aidé par son taux d'alcoolémie débitant des choses sur l'éducation des bébés tout à fait étrange, soutenu par Severus qui pourtant n'avait jamais eu d'enfant, Harry s'isola sur la terrasse, s'asseyant avec son chiot léthargique sur les cuisses, profitant de l'air frais de la nuit qui éclaircissait ses idées.

Il mit un temps à réaliser que Drago s'était assis à côté de lui.

-Tu sais Potter, tu obéis à chaque ordre que ma mère te donne… C'est carrément bizarre.

-Pas vraiment, marmonna t'il en réponse, soulagé de ne plus être obligé de bien se tenir et de bien se comporter.

-Si. Pourquoi tu ferais ça ? Qu'est-ce qu'elle t'a fait ? Du chantage ?

Harry se tourna vers lui, le considérant d'un œil curieux.

-Quoi ? Reprit le blond.

-Tu n'es pas au courant ? Ta mère t'en as jamais parlé ?

-De quoi ?

-Bein ce qui s'est passé… C'est fort ça ! Comment crois-tu que ta famille a pu échapper à la prison durant les procès des Mangemorts ?

Le jeune homme en face de lui fronça les sourcils en détournant vivement la tête, un air buté et douloureux se peignant sur sa figure.

-Je ne sais pas. On m'a dit que tu y étais pour quelque chose… Et je me suis pas posé la question, parce que tu vois, c'est toi ! Saint Potter ! Le Sauveur ! J'ai pensé que tu avais ce genre de pouvoir !

-Absolument pas, j'ai perdu une grande partie du contrôle de la situation quand le Ministère a pointé le bout de son nez. La seule personne qui vous a évité un tel sort, ce n'est pas moi, mais ta mère. Vois-tu, elle a fait quelque chose d'extrêmement courageux… Pour toi. Je ne pense pas que ce soit vraiment à moi de t'en parler, tout ce que je peux te dire c'est qu'elle m'a sauvé la vie… Et par extension, la vie d'un nombre incalculable de personne. Et depuis ce jour, j'ai une dette de vie envers elle. C'est pour ça… Mon comportement avec elle.

Harry cessa de parler en remarquant l'effet de ses paroles sur son fiancé, l'ombre de la guerre obscurcissant tout ce qui pouvait être lumineux en lui. Il songea alors in petto qu'ils ne pourraient sans doute jamais parler de ces évènements et que ce gouffre obscur entre eux ne ferait que compliquer leur mariage, mais cela, ils l'avaient réalisés tous les deux à la première entente du mot « union ».

Comment pourrait-il vivre avec une personne qui ne pourrait jamais le comprendre parce qu'il n'oserait jamais lui parler sereinement de Sirius, Remus, Tonks et tous les autres de l'Ordre du Phenix qui étaient tombés ? Ce n'était bien sûr pas la faute de Drago, mais… Un peu, si, quand même.

Et puis de son côté, Drago avait perdu une tante. Une tante cinglée et psychopathe, mais une tante quand même. Et Harry devait avouer qu'il n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait aimer une femme pareille.

D'un autre côté il n'arrivait pas à comprendre comment on pouvait décider de son plein gré de suivre un psychopathe qui prône le génocide et l'asservissement, pourtant il avait quatre exemplaires sous les yeux.

Peu à peu, aidé par le silence songeur d'Harry, Drago réussit à se calmer et à redevenir celui qu'il ai… préférait. Le jeune aristo qui veut avoir le contrôle de la situation.

-Alors comme ça ma mère t'a sauvé la vie… Il semblerait que je ne sois pas le seul en faute finalement, concernant la naissance d'Evangeline !

-Sérieusement Malefoy ! S'indigna Harry. C'est toi qui es venu me chercher ! Comme d'habitude !

-De suite, comme si tu n'aimais pas ça !

-Je ne vois pas de quoi tu parles.

Harry se renfrogna, tentant désespérément de ne pas bouder sous le regard narquois du serpent.

-Nos disputes Potter, tu les adores ! Tu t'ennuierais sans elles ! Je le sais bien, t'as les yeux qui pétillent dans ces moments-là !

Puis voyant que le brun avait l'intention de continuer à s'enfoncer dans sa mauvaise foi, Drago changea de sujet :

-Au fait, attention, je n'ai pût m'empêcher de remarquer que ma mère semble t'avoir adopté…

-Ouais, c'est l'effet que je fais à toutes les mères ! L'effet « orphelin » sans doute ! Plaisanta le gryffondor en levant les yeux au ciel.

-Hum… Tu crois peut être qu'on n'a pas remarqué la façon dont tu as esquivé le sujet « famille »… ?

Harry resta silencieux.

-Ho allez, qu'est ce qu'il y a ? Tu as honte d'eux ? Ce n'est pas très charitable de ta part !

-Malefoy, je t'assure qu'il n'y a rien d'intéressant au sujet de ma famille. Ce sont des moldus tout ce qu'il y a de plus « normal » et qui d'ailleurs dépensent une énergie et une fortune colossale à avoir l'air le plus normal possible. Ils ne comprendraient pas. Ils ne vous comprendraient pas. Et nous, non plus, ils ne pourront pas le comprendre.

Harry se rendait bien compte qu'il gommait au maximum tous les traits indésirables de sa famille, sans pour autant mentir, mais Drago avait raison : il avait horriblement honte d'eux, et honte de la vie qu'il avait mené auprès d'eux. Il mourrait sans doute si jamais le blond apprenait la réalité sur son enfance.

Pour l'instant, comme quasiment tous les sorciers, il baignait dans l'idée qu'il avait grandi aimé de tous et choyé et il comptait bien le laisser dans ce doux mensonge.

-Ouais, j'ai moi-même du mal à comprendre parfois, laissa échapper Drago en se couchant au sol, les bras repliés derrière la tête. Comment tu peux être comme ça… Comment tu acceptes ça… Comment tu ne peux pas me détester ?

Harry fit finalement la moue, haussant des épaules l'air de dire que ce n'était pas grand-chose et pour la première fois Drago réalisa la véracité des propos de Seamus Finnigan. Par curiosité, il tenta le petit test qu'il lui avait proposé :

-Potter, est-ce que ça va ?

-Oui, tout est OK, il n'y a pas de problème. Tout ça c'est derrière nous. Le passé, pas la peine de s'appesantir là-dessus.

Drago poussa un soupir las.

Pendant un instant tous deux ne dirent rien, écoutant vaguement Lucius et Severus dans le salon qui semblaient désormais fomenter un nouveau complot avec Evangeline en futur Maitresse des Ténèbres. Vraiment trop d'alcool… Ou bien c'était le venin d'abeille qui leur montait au cerveau.

-C'est juste que… Commença Harry avant de s'arrêter, caressant Patmol II d'un air songeur.

-Quoi ?

-Non, rien…

-Si, dis !

-… OK… Hermione a dit un truc avant-hier… Elle disait qu'on ressemblait à un couple marié, mais je n'en ai pas l'impression et j'ai du mal à nous imaginer comme ça. Je veux dire… Je ne sais pas dans quel rôle me mettre, pareil pour toi…

Drago fronça les sourcils d'incompréhension :

-Un rôle ? De quoi tu parles ? Quel rapport avec un couple marié ?

-Bein, chaque membre du couple à un rôle, l'un rapporte l'argent, l'autre s'occupe de la maison et des enfants… J'imagine que cela peut varier cependant… C'est une collaboration utile afin de faire prospérer la famille…

Harry se tourna vers le blond toujours allongé au sol et eut la surprise de voir que ce dernier le regardait en battant des paupières, l'air purement catastrophé. Sans raison, le brun se sentit rougir de honte.

-Mais tu as des rouages et des pistons à la place du cœur ou quoi ? Et dire que c'est moi le Malefoy ici ! Qu'est-ce que c'est que cette description froide et platonique ? Tes parents moldus ne se touchaient jamais ou quoi ?!

Oh Merlin la vision d'horreur ! Harry se retint de faire la grimace à la simple idée de Vernon et Petunia en train de… Argh non… Berk !

-Pas devant moi en tout cas ! Lâcha alors brusquement Harry.

-Pas même un baiser ?

-Non !

-Ah ok je vois le problème… Soupira Drago en se massant le front, fatigué d'avance parce qu'il commençait à peine à voir la partie immergée de l'iceberg.

-Quel problème ?

-Le problème « prude et coincé », le problème « incapable de se voir en couple marié », fit-il trop rapidement pour que le brun puisse répliquer ce qu'il mourrait apparemment de faire, le fixant d'un air à la fois indigné et furieux.

-C'est faux. Tout ça est faux. Je n'ai pas ce genre de problème.

-Si, tu as une vision erronée de ce qu'est un couple et tu n'as jamais eu d'exemple viable sur lequel te baser. Potter, tu peux m'en apprendre des tas sur l'altruisme ou le courage si ça te fais plaisir, mais dans le domaine des relations amoureuses je te bats à plates coutures.

-Ca n'a rien à voir, se borna Harry. Tu confonds tout. On parle de couples mariés et toi tu me parles d'amour.

-C'est complétement lié !

-Pas dans notre cas. C'est un mariage de raison !

Drago se releva car le ton entre eux commençait à monter doucement mais surement. Il voulait cependant garder le contrôle de cette discussion qu'il savait cruciale et les empêcher de se lancer des insultes à la figure, ce qu'il savait ne pas tarder.

-Mes parents ont fait un mariage blanc, ils se connaissaient à peine à l'époque et regardes les maintenant ! Ce qu'il y a entre eux c'est bel et bien de l'amour !

-D'après HERMIONE, il est tout à fait possible pour un couple marié de vivre chacun de leur côté du moment qu'ils respectent leurs serments !

Le blond eut envie d'étrangler le jeune homme en passant à deux doigts d'insulter son amie comme il l'aurait fait habituellement. Qu'il était agaçant d'être contré par un argument de fille née moldue qui ne connaissait du mariage que ce qu'elle avait lu dans les livres. Harry devrait cesser de lui faire ça dans le futur.

-Ça ne marchera pas pour nous Potter !

-Bien sûr que si !

-Non.

La condition pour qu'une telle chose marche impliquait un accord coordonné des conjoints et une réelle indifférence réciproque, or Drago, en tombant amoureux de lui, avait rendu cela caduque. Et le blond était bien conscient qu'ils allaient souffrir de cela tous les deux une fois mariés.

-Je ne vois pas pourquoi.

-Moi si, mais je n'ai pas vraiment envie de te l'expliquer là parce que tu fais « ta » tête d'obstiné.

-Quelle tête ?

-Tu carre la mâchoire. Tu fais toujours ça quand les choses ne vont pas dans ton sens Potter, particulièrement lorsque tu as affaire au professeur Rogue.

Harry, qui avait effectivement la mâchoire crispée, tenta de se détendre difficilement mais il était très agacé par la direction qu'avait pris la discussion. Il regarda à peine son fiancé se lever et quitter la terrasse sans un mot.

Désespéré le brun laissa retomber son front contre la petite forme poilue sur ses jambes, la réveillant par la même occasion.

Heureusement, le calvaire se terminait puisque Drago revint à la porte fenêtre lui annoncer qu'ils devaient rentrer à Poudlard.

Néanmoins, une fois n'est pas coutume, c'est eux qui durent faire du transplanage d'escorte pour leur professeur toujours trop imbibé et qui délirait au sujet de leur future impératrice du Mal.

Tout ce qu'Harry voulut retirer de cette journée, c'est qu'il fallait vraiment se méfier du chouchen production Malefoy.

A suivre…

Wop, je fais mon jingle : Attention la consommation d'alcool doit se faire avec modération et jamais à jeun avant les cours !

Bon concernant le chouchen, je n'en suis pas une grande amatrice – en fait je ne suis pas vraiment une grande amatrice d'alcool tout court – et si j'ai l'habitude d'en voir à table c'est à cause d'amis à branches familiales bretonnes, parce qu'on n'a pas vraiment l'habitude de servir ça dans le sud.

Après pourquoi le chouchen ? oh bien, je l'ai dit précédemment, la branche Malefoy française est installée en armorique, autrement dit en Bretagne ! Mais j'arrête de parler stupidement d'alcool.

Techniquement, s'il y avait une seule chose à retenir de ce chapitre, c'est la fin, évidemment. C'est le premier chapitre où Harry et Drago se parlent seuls à seuls, le hic c'est qu'ils ne sont pas encore sur la même longueur d'onde et qu'il y a encore d'énormes incompréhensions entre eux, alors ça fait un peu langage de sourd. Et surtout, amusant de voir que Drago fait figure de raisonnable et qu'Harry perde son sang-froid dès qu'on commence à aborder le sujet de l'amour. *l'auteur fait la pompom girl pour Drago*

Bon, on va laisser Harry mijoter un peu pendant quelques chapitres et jeter un coup d'œil côté Weasley.

Chapitre suivant (théoriquement dimanche, mais vu ma tendance du moment, disons plutôt lundi) : Le département du problème de fourrure, beaucoup de rouquins et une vache dans le campus.