Note de l'auteur : *regarde à droite, à gauche, plante un panneau avec marqué : « L'AUTEUR EST HORRIBLEMENT DESOLEE DE N'AVOIR PAS TENU SON DELAI ET N'A PAS D'AUTRES EXCUSES QUE LE FAIT QU'IL EST IMPOSSIBLE DE JOUER A LA PLAY ET D'ECRIRE EN MÊME TEMPS »*
Oui, je suis désolée, je suis faiiiiiible, ma playstation s'est soudainement mis à me faire de l'œil et… Et… Et voilà !
Enfin à côté de ça je remercie très fortement toutes ces personnes qui me laissent des reviews ! Grace à elles cette histoire a dépassé le cap des 200 ! HOURRAH ! Pour la peine, vous aurez le droit à la suite de l'histoire de James !

Et évidemment je remercie de même toutes les personnes qui suivent cette histoire, dans la lumière ou dans l'ombre !

Chapitre 26 : Le département du problème de fourrure

L'eau coula le long de son corps, caressant une peau pâle parée d'angles, d'os presque saillants, réchauffant la peau glacée à son passage. Alors qu'une vapeur envahissait l'étroite cabine de douche, le liquide jusqu'ici transparent fut rejoint par des trainées couleur d'encre, qui se diluaient à leurs passages, d'un gris très foncé au gris très clair.

C'était comme si le corps suintait ses propres ténèbres et s'en débarrassait.

Frottant ses paupières fermées pour y retirer toute l'eau qui s'était accumulé sur ses cils, il ouvrit les yeux et fixa pensivement le sol où les ruisseaux brumeux étaient aspirés par le siphon. Il attendit patiemment que l'eau reprenne sa couleur transparente avant de fermer l'eau et s'extraire de la douche dans un nuage de vapeur.

Il tenait toujours la fiole de potion qu'il venait d'utiliser et la jeta à la poubelle avant de s'enrouler dans une grande serviette. Ceci fait, il essuya le miroir couvert de buée du revers de l'avant-bras et découvrit face à lui un vieil ami.

Des cheveux roux beaucoup trop longs qui le faisaient un peu ressembler à son grand-frère, des tâches de rousseurs piquetant ses pommettes, des yeux bruns chaleureux et pleins de malice. Un sourire releva le coin de ses lèvres.

-Bon sang, prend du poids et tu finiras par ressembler à ton père mon pauvre Fred !

Détaillant à présent sa barbe, il commença à préparer son matériel pour s'en débarrasser, c'est ainsi que poil après poil, il finissait par redevenir celui qu'il avait toujours connu. Il coupa de même ses cheveux mais laissa un côté plus longs que l'autre et décida que même s'il avait originellement fait ça pour cacher un manque d'oreille, il aimait plutôt ça.

Puis de façon très naturelle, il se rendit vers sa chambre, la déverrouilla, sans même se demander pourquoi elle était fermée à clef, et s'habilla de façon décontractée : juste un pantalon souple et une chemise. Il râla un peu parce que toutes ses affaires étaient un peu poussiéreuses et qu'une famille d'araignées avait élu domicile dans son placard.

Ayant expropriés les importunes, il sortit de sa chambre et s'arrêta un instant en fixant la porte ouverte de la chambre de George.

Il lui faudrait tout déménager, peut être tout ramener au Terrier, parce qu'après tout… George était mort.

Secouant la tête, il descendit au rez-de-chaussée et passa à travers le passage secret qui reliait l'habitation au magasin. Il balaya alors du regard la grande boutique plongéedans la pénombre et le silence avant de se remonter les manches d'un air décidé.

-OK ! Au boulot!

Quelques heures plus tard, l'heure habituelle à vrai dire, Molly Weasley manquait de faire une crise cardiaque.

-O-o-O-o-O-o-O-

Le spectacle était des plus inhabituels et les élèves l'observèrent avec amusement et curiosité, risquant d'être en retard en cours pour essayer de le suivre du regard.

Argus Rusard était lui tout sauf amusé et reniflait d'agacement, la mâchoire crispée, alors qu'il tirait à travers Poudlard la longe au bout de laquelle était attachée une vache. Et alors que ses sabots claquaient sur les pavés des couloirs, même les professeurs venaient jeter des petits coups d'œil en dehors de leur salle de classe.

Finalement, après cette désagréable traversée, il réussit à rejoindre le parc où se trouvaient déjà deux chevaux dans un enclos, près de la cabane d'Hagrid, ainsi qu'un chiot excité courant dans tous les sens autour des animaux.

-C'est bien la vache que vous vouliez Mr Malefoy… ? Grogna dans sa barbe le concierge, ne recevant qu'un geste affirmatif de la tête du jeune homme.

-Mettez-la donc avec les autres ! Approuva le demi géant en ouvrant le portail en bois.

-Muf… Très bien… Cracha l'homme en tirant à nouveau la bête derrière lui, tout en continuant de grommeler en passant devant Hagrid : C'est plus une école ici, c'est une bétaillère…

-Misère ! C'est ÇA qu'Harry va devoir attraper ? S'exclama Hermione en montrant l'énorme bestiole tellement poilue que ses yeux en étaient cachés et dont la tête était couronnée d'une énorme paire de corne horizontale dont le bout montait vers le ciel.

Le brun qui se trouvait près d'Hagrid, une selle de cheval plein les bras, ne trouva même pas le courage de se plaindre.

Bah, après tout, il avait connu pire. Qu'est-ce qu'était ce gros tas de poil par rapport à un basilic, hein ?

Ce qu'il appréciait très moyennement par contre c'était d'être l'attraction du jour. En plus d'Hermione se trouvait là Zabini, qui avait l'excuse de s'occuper d'Evy', Parkinson qui se tenait à côté de Malefoy, lui faisant des messes basses à tout bout de champ, et Harry ne pouvait s'empêcher de penser qu'ils se moquaient de lui, et pour finir Neville, Hannah, Ernie, Megan et Justin.

Ajouter à cela Dennis qui paradait avec un appareil photo flambant neuf, décidé à honorer la mémoire de son frère en immortalisant la première leçon d'équitation d'Harry Potter. Trop génial…

-C'est une Highland… La vache, expliqua Hagrid après avoir récupéré Patmol II qui mordillait férocement le bas du pantalon de Rusard. C'est ce qui se rapprochait le plus des bêtes que possèdent les Malefoy, des White park, si je ne m'abuse ?

Le géant se retourna vers le serpentard qui approuva à nouveau de la tête.

-Oui, ça devrait faire l'affaire…

-Harry, fit Hagrid en se penchant vers le brun : il faut que tu sache que ces deux races sont élevées en liberté, lâchées dans les grands espaces pour entretenir le paysage. Je suppose que les Malefoy les laissent brouter librement dans leur domaine, d'où la difficulté de les approcher. Néanmoins la race qui se trouve chez eux sera plus facile à repérer car elles sont intégralement blanches.

-Ouais, j'aurais dû m'en douter, ils ont un truc avec le blanc… Marmonna Harry, un poil sarcastique.

Ah ! Tout ce qu'il aurait pu faire plutôt que d'être là ! Comme… Rien par exemple ! Ou juste s'allonger sur un divan avec Evy' sur son ventre et essayer de lui faire dire des mots, « papa » en priorité, avec en arrière-plan une Hermione désespérée parce qu'Evangeline était beaucoup trop jeune pour ça.

En tout cas tout semblait plus utile que d'apprendre à monter à cheval.

-Hé ! Le papa gaga, je pense que ton fiancé cherche à attirer ton attention, claqua des doigts Hermione devant ses yeux.

Il se secoua et vit que Malefoy lui faisait effectivement signe d'entrer dans l'enclos avec son bordel. Il tenait l'un des chevaux avec une bride, ne semblant absolument pas dérangé par la créature qui semblait se gratter la tête sur son bras.

-C'est affectueux, lui lança le blond avec un sourire en coin, ayant sans doute capté son étonnement, tu sais, ce que font la plupart des créatures terrestres à l'exception des Potter ?

Harry grommela.

-Ne me fait pas regretter de t'avoir parlé honnêtement l'autre jour, le prévint-il.

-Oh, mais en plus il est susceptible aujourd'hui…

Ca y est, Harry en avait déjà marre. Rien qu'à voir le blond dans sa parfaite tenue d'équitation de petit bourgeois lui sourire d'un air moqueur et supérieur lui donnait envie de lui jeter la selle à la figure.

Il regrettait VRAIMENT ce qui s'était passé le soir de la signature des contrats, parce que tout ce qui semblait clair et net dans son esprit s'était alors indéniablement embrouillé. Oh, ce n'était pas à cause de cette histoire de cheval et de vache, mais à cause des attentes de Malefoy.

Des possibles attentes de Malefoy… Ou encore de l'étrange train de réflexion de Malefoy…

Pour Harry, ce mariage c'était des papiers à signer, une cérémonie à supporter, des relations beaucoup plus fréquentes avec les Malefoy, vivre dans une nouvelle maison, élever Evangeline et s'assurer que l'énergumène devant lui ne manque de rien.

C'était la liste. Le point embêtant de la liste avait immédiatement parut être Malefoy… Parce que, eh bien… Malefoy le détestait.

LE DETESTAIT.

DEPUIS 8 ANS.

Harry avait presque envie de frapper le jeune homme devant lui parce qu'il ressemblait de moins en moins à un type qui le détestait et qu'il se mettait même à lui parler de choses… Oh Harry n'était pas fou, et pas si crédule que voudrait le penser certaines personnes !

Il s'était dit qu'il leur faudrait pacifier leur relation, arriver à se comporter COURTOISEMENT, comme deux adultes raisonnables ayant le même but. Presque comme deux collègues, et ça semblait plutôt bien dans sa tête. Il le respectait déjà, il lui suffirait juste que Malefoy mette de côté ses rancunes de gamins à son égard.

Et étrangement, après la cérémonie des cadeaux, cette presque utopie avait semblé se réaliser. Ils coopéraient ensemble…Même si le blond n'était pas très présent ce qui bizarrement l'ennuyait à l'époque.

Oh douce époque ! Entretemps il s'était fait métamorphoser en hermine et là il ne savait pas si c'était le sort qui lui avait grillé quelques neurones, ou un truc qu'il avait dit ou fait, mais son comportement avait changé.

Ce n'était plus Harry qui devait courir partout après Malefoy, le blond semblait toujours dans les parages. Lui et Zabini venaient les voir à leur table, en cours, ils s'installaient non loin, allant même jusqu'à partager leur table s'ils le pouvaient, pareil à la bibliothèque. Bon, cela ne l'avait pas alarmé.

Il avait essayé de ne pas être alarmé non plus lorsque les mains du jeune homme s'égaraient de plus en plus souvent sur son corps. Oh ! Que des gestes anodins ! Mais le Malefoy d'avant tout ça aurait préféré se brûler la main plutôt que de le toucher !

Tout ça il avait pu gérer.

Mais cette soirée fatidique, oser mettre ne serait-ce qu'une seule fois le mot AMOUR dans le chaudron… Nope, STOP, c'était trop pour lui !

Et alors qu'il avait tout fait pour garder son calme, penser objectivement… Bon oui, ça y est, il freinait des quatre fers.

Il paniquait. Et la panique ça le rendait irritable, incohérent et violent.

Ça lui donnait aussi envie de prendre Evy' et de fuir le plus loin possible pour… Les Philippines tiens ! Sérieusement, être sorcier, c'était vraiment surfait, être un moldu c'est plus dans le coup ! Et au moins on ne se retrouve pas dans de tels traquenards !

-Bon, Potter, c'est pas que je m'ennuie, mais ce n'est pas en restant immobile à me foudroyer du regard que tu harnacheras ce cheval… A moins que tu tentes une nouvelle technique magique de médiation sorci…

Harry laissa tomber brusquement le tapis de selle sur le dos de l'animal, le coupant dans son discours.

-Ta gueule et apprends-moi plutôt à monter sur ce truc ! Grogna le brun en faisant suivre la selle.

Devant l'agression, Malefoy resta stoïque, puis jeta un petit coup d'œil au cheval.

-C'est à l'envers…

Si Harry avait été un félin, on l'aurait entendu gronder de mécontentement.

-O-o-O-o-O-o-O-

Il fallait qu'elle parle à Bill. Ou à Arthur… Non, à Bill… Arthur ne pourrait jamais gérer ça, Arthur avait déjà du mal à se gérer tout seul.

Molly courrait presque dans les rues du Londres moldu, ne se préoccupant pas le moins du monde des regards perplexes et moqueurs qui se posaient sur elle, sa tenue et son chapeau pointu à bout replié.

Dans de pareils moments, elle ne pouvait compter que sur son fils ainé, son très cher William qui avait toujours su se débrouiller et avait fait sa fierté à Poudlard. Bon évidemment, il avait eu sa période de rébellion après, et il avait épousé Fleur…

Fleur qui portait bien son prénom, jolie, très jolie même, demi-sang vélane oblige, sans doute très intelligente, loyale à son compagnon… Un peu moins à sa nouvelle famille… Mais si peu utile !

Elle n'avait jamais vu une femme tenir aussi mal son foyer !

Mais bon, son Bill était heureux et c'était tout ce qui comptait.

Elle s'arrêta devant la façade du magasin cachant l'entrée de Ste Mangouste et demanda au mannequin le laboratoire de recherche des créatures magiques.

C'était une toute nouvelle section créée à la fin de la guerre, en grosse partie à cause de Fenrir Greyback et sa meute, c'est pourquoi on l'appelait aussi « Le Département du Problème de Fourrure ». Elle réunissait un petit nombre de loup-garou volontaire pour faire avancer la recherche sur la lycanthropie et les moyens de lutter contre ce virus, voire de le faire disparaitre. Bill et sa compagne étaient très engagés dans ce combat et il ne manquait pas de s'y rendre pour aider deux fois par semaine.

Molly savait qu'elle y trouverait son fils aujourd'hui.

Et elle ne pouvait compter que sur lui avec Charlie constamment en vadrouille, Percy extrêmement concentré sur son travail ces derniers temps et Ron qui terminait sa dernière année de Poudlard.

Elle finit par le repérer dans un grand hall, occupé à parler avec une jeune femme à la tête basse, portant une chemise d'hôpital, ses boucles blondes lui cachant la moitié du visage.

-Bill !

-Ah maman ! S'exclama-t-il d'un air joyeux en lui faisant signe d'approcher, avant de se retourner vers sa vis-à-vis : Ne t'en fait pas, on se revoit la semaine prochaine Lavande.

Molly arriva près d'eux et pût apercevoir pendant juste un instant, le regard effrayé et hanté que lui lancèrent deux orbes bleus avant que la jeune femme ne s'enfuit vers une porte, gardant la tête enfoncée dans ses épaules.

Bill eut un sourire douloureux en regardant le battant de la porte rebondir.

-Ciel, serait-ce la petite Lavande Brown ? Celle avec qui sortait Ron en 6eme année ? S'enquit Molly en fixant le même point avec pitié. C'était une petite qui semblait si vivante… Que lui est-il arrivé ?

-Fenrir Greyback, lâcha Bill, faisant rouler ce nom comme s'il irritait sa gorge, les lèvres relevées de dégout sur des canines un peu plus pointues et proéminentes que ne le prévoyait le standard humain. Dire qu'on n'a toujours pas retrouvé ce monstre et qu'il rôde quelque part…

-Tu veux dire qu'elle est… Qu'elle a…

-Comme moi. Un problème de fourrure. Oui. Sans compter le fait qu'il l'a bien plus gravement défigurée que moi. Quelques cicatrices pour un mec, ça passe, mais pour une jeune femme qui devrait être à l'apogée de sa beauté… C'est irréparable.

-Pauvre enfant…

-Mais je suis content de te voir là Maman, il se trouve que j'allais justement t'envoyer une invitation à diner ! Fit le grand roux en l'attrapant par les épaules.

Tout joyeux qu'il était, il rata la petite grimace contrite de sa mère à l'idée de devoir supporter un diner cuisiné par Fleur (bah, elle amènerait un repas fait par ses soins !) et continua en la dirigeant vers un petit salon :

-J'ai une grande nouvelle à t'annoncer.

-Eh bien moi aussi, même si « grande » ne sembla pas le meilleur mot pour le décrire. « Perturbant » serait plus approprié et c'est pourquoi j'ai besoin de ton avis mon fils !

Voyant son expression de détresse, il se rembrunit et la força à s'asseoir dans un fauteuil :

-Dans ce cas à toi l'honneur maman, qu'est-ce qu'il se passe…. ? C'est encore à cause du mariage d'Harry ?

-Oh non, ça c'est intégré depuis le temps, même Ron semble petit à petit s'y faire. Non, c'est au sujet de ton frère… George.

-Qu'il y a-t-il avec George ? Je croyais qu'il ne sortait quasiment pas de sa chambre ?

-Je… Je crois qu'il est en train de devenir fou ! Lâcha avec un gémissement la sorcière, serrant contre elle son sac à main.

Alarmé, Bill s'accroupit et se pencha sur ce bout de petite femme.

-Pourquoi ? Que… Qu'a-t-il fait ? Il s'est fait du mal ?

-Non… Non… C'est ça le plus étrange. Il est debout… Il a même nettoyé tout le magasin et commence à refaire des stocks…

-MAIS C'EST MERVEILLEUX ! S'exclama Bill en prenant son visage dans ses mains pour l'embrasser sur le front.

Enthousiasmé par la nouvelle, il se leva d'un bond et commença à appeler Fleur pour partager la bonne nouvelle avec elle, mais sa mère le tira par la manche, l'ait toujours aussi torturé :

-Attends, ce n'est qu'une partie de l'histoire Bill !Ce qui me fait craindre pour sa santé mental c'est qu'il prétend qu'il s'appelle Fred et que c'est lui, ou plutôt Georges qui est mort à Poudlard !

Le sourire de Bill fondit comme neige au soleil, regardant à présent Molly avec de grands yeux écarquillés.

-Il dit qu'il est Fred ?

-Oui !

C'est ce moment que choisit Fleur pour faire son apparition, semblant comme toujours illuminer la pièce par sa seule présence. Aujourd'hui, étrangement, cela semblait encore plus vrai.

-Oh ! Molly… Quel plaisir, vous venez nous rendre visite ?

Bill, grâce à son audition plus fine ne rata pas la voix cassée de son épouse, preuve qu'elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle disait. Ce n'était cependant pas nouveau car Bill était en première ligne quand sa bien-aimée en venait à pester sur sa mère, lui envoyant parfois des objets à la figure pour son manque de soutien…

-Ma mère me faisait part de l'étrange comportement de George… Ou Fred, apparemment…

Fleur fronça des sourcils, semblant se demander s'il s'était mis à faire usage d'une toute nouvelle sorte d'humour abscons. Ou alors c'était encore un truc de britannique.

-Il n'y a pas matière à plaisanter ! Semblait plutôt d'accord Molly en le tapant légèrement avec son sac. C'est sérieux ! Qui sais où ton frère pourrait aller dans son délire !

-Tu dis qu'il est sorti de sa chambre et qu'il semble décider à refaire marcher sa boutique ? Qu'est ce à côté le fait qu'il veuille croire être son frère ? On n'a jamais pût vraiment comprendre ce qu'il y avait entre deux jumeaux, et Fred et Georges étaient fusionnels ! Si ça le soulage de penser que c'est lui qui est mort, alors… Pourquoi pas ? Ce n'est qu'un prénom ! Ca n'a pas d'importance !

-Moi je voyais la différence entre eux même s'ils n'arrêtaient pas de me taquiner avec ça… Miaula pathétiquement Molly avant de fondre en larmes dans le pantalon de son fils.

-Oh Maman…

-C'était mon bébé, mon petit Fred, et maintenant c'est comme si mon George mourrait aussi….

Bill tapota maladroitement la tête de sa mère avant de jeter des regards de SOS à Fleur qui le regarda d'un air indigné. Elle n'allait quand même pas réconforter sa belle-mère ! A la place de ça, elle vint se placer près de lui, le soutenant en lui caressant le creux du dos de sa main.

Cela avait toujours un effet apaisant sur lui, comme sa seule présence d'ailleurs : son loup intérieur satisfait de la présence de sa compagne… Et plus encore maintenant. Il lui rendit un regard éminemment protecteur, ramenant sa tête vers lui d'une main pour lui embrasser la tempe.

Sa belle vélane rien qu'à lui.

-Maman, regarde plutôt ça, non pas comme une perte, mais comme une retrouvaille. Tes deux fils en un. Le monde change, et pas forcément en mal… et de nouvelles choses font leurs apparitions aussi… Ajouta-t-il en lançant une nouvelle œillade fière et amoureuse à sa femme.

Molly quitta l'abri du pantalon de son fils pour accepter le mouchoir que Fleur lui tendait. Elle s'essuya rapidement les yeux en reniflant.

-Qu'est-ce que tu veux dire ?

-Maman… Fleur et moi allons avoir un enfant.

Un silence abasourdi s'abattit sur la pièce, avant que la sorcière n'éclate brusquement en un hurlement hystérique faisant sursauter les époux. Quasiment aussitôt, Bill fut attrapé, serré à s'en étrangler, avant que ce soit le tour de Fleur, tandis que sa mère continuait à crier. Puis elle revint vers lui et continua pendant un moment à user ses cordes vocales en les étreignant.

De ses pleurs ou de sa tristesse, il n'y avait plus de trace. Elle s'affairait à présent sur Fleur, essayant de calculer la taille de sa grossesse, en l'assurant qu'elle avait toujours été sa belle-fille préférée (elle était la seule en même temps…) et qu'elle allait avoir ENFIN son premier petit enfant à elle ! Un nouveau bébé qu'elle pourrait cajoler à l'envie !

Dans le petit film mental qu'il s'était fait pour annoncer l'état de Fleur, Bill s'était vu rappeler à sa mère que cette grossesse était à risque, tous deux étant à moitié créature magique et que l'enfant avait toutes ses chances de naître loup-garou… Mais devant la joie de Molly et son chagrin avant, il jugea qu'il valait mieux encore taire ces détails.

-O-o-O-o-O-o-O-

-Mr le Directeur !

Robert Winters détourna son regard de la jeune femme qui lui faisait face pour poser ses yeux sur Perceval Weasley qui semblait pour le moins paniqué.

Le roux se rendit alors compte qu'il venait d'interrompre quelque chose, possiblement même une importante réunion vitale pour la survie de leur communauté, même s'il ne connaissait pas le visiteur, et s'empressa aussitôt de s'excuser, remontant nerveusement ses lunettes sur son nez, en tentant de s'éclipser discrètement.

-Non, c'est bon Mr Weasley, vous pouvez rester, l'arrêta le directeur du département de la Justice Magique.

Percy fit alors un pas en avant et ferma derrière lui. Et comme il était très fier que l'homme le considère plus important que son actuel visiteur, il leva le menton avec confiance en s'avançant vers le bureau.

Le visiteur en question se tourna alors dans sa direction et il se rendit compte que la jeune femme semblait à peine plus âgée que lui, habillée non pas à la sorcière, mais d'un tailleur d'une coupe plutôt moderne. Elle était grande, devant le dépasser de quelques centimètres, ses cheveux châtains clairs coupé court et en dégradé vers l'avant de son visage. Des traits plutôt classiques et une paire de lunettes à monture noire cachant ses yeux noisettes, elle n'était pas des plus remarquables, pas le genre de femme qui fait s'arrêter les hommes dans la rue, mais elle n'était pas désagréable à regarder.

Elle lui sourit d'une façon neutre après l'avoir tout autant détaillé.

-Ça tombe bien que vous soyez là, je voulais vous présenter, fit Winters sans quitter son fauteuil, croisant les mains devant lui. Mr Weasley, voici ma fille, Audrey. Elle revient juste de son voyage aux Etats-Unis où elle étudiait les sciences politiques dans une université moldue.

-Oh… Cela devait être très intéressant… Commenta Percy en s'approchant d'elle pour lui tendre la main. J'ai entendu par mon père que l'université était une sorte d'école ?

Audrey vint prendre sa main doucement.

-Oui, j'imagine que l'on peut dire cela pour simplifier Mr Weasley…

Elle avait une voix plutôt grave pour une femme, comme voilée.

-…J'y ai passé les sept dernières années, reprit-elle. Je regrette ne pas me rappeler de vous à Poudlard, mais je me souviens d'un certain Charlie Weasley. Nous n'étions pas dans la même maison, étant à serdaigle, mais c'était un excellent joueur de Quidditch si je me rappelle bien.

-C'est mon grand-frère.

-Mr Weasley est un précieux collègue. Il est directeur du département des Transports Magiques, déclara Winters à Audrey avant de se retourner vers Percy : Comme elle vous l'a dit, ma fille a été éloignée du monde sorcier durant une longue période. Elle a bien fréquenté quelques communautés magiques outre Atlantique mais leurs coutumes sont légèrement différentes. Pour tout vous dire, cela fait trois jours que j'essaie de lui rappeler de dire « moldu » et non « no-maj »…

-C'est le terme utilisé aux States, éclaira Audrey, et je le trouve bien meilleur, il y a dans « moldu » quelque chose qui fait penser à une insulte…

Comme il s'agissait de la fille de Mr Winters, Percy se retint de tout commentaire désagréable, mais il n'aimait guère voir cette femme remettre en question leur façon de faire d'un air aussi supérieur. Cela faisait des générations et des générations qu'ils appelaient les non sorciers « moldus » et ça n'avait jamais été remis en question !

-Ah ma fille ! Elle voudrait révolutionner le monde ! S'exclama Winters comme pour évacuer le blanc quelque peu hostile qui s'était introduit dans la discussion. Quoiqu'il en soit Mr Weasley, je vous serais infiniment reconnaissant si vous pouviez à l'occasion aider Audrey à se remettre dans le bain ?

-Ah…

Percy fixa devant lui la sorcière qui semblait un peu agacée, tout comme il l'était lui-même.

-Oui… Bien sûr…

Il ne voyait pas quoi faire d'autres, pas quand Winters le regardait avec cette lueur d'attente dans le regard. Se redressant en inspirant, Percy se dit qu'il allait être un vrai homme et assumer cette tâche comme n'importe quelle autre.

Mais avant qu'il ait pu dire quoique ce soit, Audrey Winters était déjà à la porte du bureau :

-Bon je vous laisse. Mr Weasley semblait avoir une chose importante à dire en entrant ici… A tout à l'heure papa !

L'homme la gratifia d'un sourire conciliant avant qu'elle ne disparaisse dans le couloir. Percy qui se souvenait brusquement de la raison de sa venue en ces lieux se précipita devant le bureau pour y planter ses mains :

-J'ai une nouvelle d'importance ! J'ai enfin appris la date du mariage…

-… Les vacances d'avril, je suis aussi au courant. J'ai un œil sur tous les membres de l'aristocratie et sais sur quelle ficelle tirer pour avoir une information.

-C'est dans un mois ! S'exclama avec un rien de désespoir Percy qui avait espéré qu'ils prendraient plus de temps, leur laissant ainsi trouver un moyen de l'annuler d'une façon ou d'une autre.

-Oui, et c'est pourquoi il va nous falloir agir rapidement… Et à cette fin, nous avons besoin de vous Weasley…. Je dirais même plus que sans le savoir, trompé comme il l'est par les médias et ceux qui ont de l'argent, le monde sorcier a besoin de vous.

Se redressant, il fixa le directeur, à la fois extatique d'entendre une telle chose, mais aussi inquiet du poids des responsabilités qui lui tombait brusquement sur les épaules.

-Mais…. Comment cela ?

-Drago Malefoy et Evangeline Black sont tous les deux protégés à Poudlard… Il est impossible de les approcher là-bas…. Or vous avez deux membres de votre famille qui y étudient encore !

Percy ouvrit de grands yeux ronds en comprenant ce que lui demandait le directeur.

-Sauf votre respect, je refuse de mettre mon frère et ma sœur dans une position délicate, ni de risquer leur avenir d'une façon ou d'une autre ! Comme vous me l'avez-vous-même dit, c'est mon rôle de protéger ma famille !

-Non, évidemment, nous ne pouvons permettre le nom des Weasley de s'entacher, en aucune façon, mais il y a moyen de les utiliser sans qu'ils en soient conscient, et donc, sans vraiment les impliquer…

Alors que Percy se détendait légèrement, curieux, les lèvres du directeur s'allongèrent en un sourire confiant :

-N'oubliez pas Mr Weasley : notre monde a besoin de vous.

-O-o-O-o-O-o-O-

Après s'être assuré auprès d'Hagrid que la vache ne présentait aucun danger immédiat pour son meilleur ami, Hermione longea la clôture, observant Harry qui attachait une bombe d'équitation sur sa tête, tout en fixant son fiancé blond d'un air profondément irrité.

-Harry n'a pas l'air d'être de très bonne humeur, constata Hannah en lui proposant des bonbons.

Hermione prit un nougat avant de commenter tout en défaisant l'emballage :

-Il ne le serait peut-être si tu n'avais pas ramené tous tes amis avec toi…

Justin et Ernie, jusque-là en train de mâchouiller des caramels en se racontant des anecdotes sportives, lui jetèrent un regard indigné, mais Megan n'eut pas le moins du monde l'air de quelqu'un qui ne serait pas à sa place, observant les deux jeunes hommes d'un œil avide comme si elle attendait avec impatience qu'ils se battent (ce qui était presque comme un comportement attendu lorsque Harry et Malefoy étaient en contact), ou que l'un d'eux se casse le cou en tombant de cheval. Hermione grommela à cette idée.

De son humble avis, Harry attirant les accidents et les ennuis, il était presque suicidaire de le mettre volontairement en contact avec toute forme de danger. Cela incluait les chevaux et les vaches aux cornes de la taille de son avant-bras.

Et Dennis qui leur tournait autour en flashant dans tous les sens, provoquant à chaque fois une légère explosion qui faisait s'agiter les bêtes d'inquiétude… Alors que Malefoy aidait Harry à se hisser sur le dos de l'immense bête, elle voulut lui attraper son appareil et le lui faire avaler. Elle n'eut cependant pas à intervenir, car c'est Pansy Parkinson qui vint le menacer de façon beaucoup moins élégante, lui promettant milles souffrances s'il arrivait quoique ce soit à « son Drago ».

-Harry est en colère contre Drago, fit soudainement la voix de Zabini.

Se tournant brusquement vers lui, le découvrant en train de border Evangeline dans son landau, Hermione s'approcha avec prudence, notant pour elle l'utilisation du prénom de son ami.

-Qu'est ce qui te fais dire ça au juste ? Lui demanda-t-elle.

-Il est comme ça depuis qu'il a dîné chez les Malefoy. Je suppose que lui et Drago ont encore dû se disputer, même si je n'en connais pas encore la raison.

-En même temps, ça tenait presque du miracle qu'ils ne se soient pas encore jeté à la gorge l'un de l'autre…

L'image mentale sembla amuser le grand black, mais il ne commenta pas. A la place de ça, il lui tendit la main tout en posant l'autre sur la poignée du landau :

-Voir quelqu'un apprendre à monter à cheval n'est pas très intéressant, et si on allait se balader dans le parc, Hermione ? Mmh ?

La jeune femme fixa d'abord la main comme s'il s'agissait d'une grosse araignée, avant de rougir un peu et de se reprendre aussitôt en se traitant d'idiote.

*Un type t'appelle par ton prénom et te sort le jeu du séducteur et toi tu te précipites à pieds joints dedans ! *

Tout en se continuant à se morigéner intérieurement, elle posa sa main dans la sienne et l'homme en profita alors pour la prendre par le coude, la poussant légèrement devant lui en même temps que la poussette.

Elle tenta d'ignorer les regards surpris de ses amis, ou celui moqueur de Megan, et attendit qu'ils se soient un peu éloigné pour interroger le serpentard sur son comportement.

-« Harry » ? « Hermione » ? En quel honneur ?

-Tu peux m'appeler Blaise si tu veux. Disons que vous m'êtes bien plus sympathiques cette année et que nous allons être amenés à nous voir à quelques occasions… Autant se montrer courtois, tu ne crois pas ?

Hermione coula un regard méfiant vers lui, son expérience lui disait de ne pas croire un mot de paix venant de la bouche d'un serpent. Néanmoins il n'avait pas tort : tous deux étant les parrains d'Evy' et les meilleurs amis du futur couple, ils allaient forcement devoir cohabiter.

-Je ne me souviens pas que nous ayons fait quelque chose de… « sympathique », répliqua-t-elle.

-Je suis étonné que tu ne l'ais pas remarqué. On dit pourtant que tu es plutôt observatrice… Quoiqu'il en soit, même s'il n'est pas des plus coopératifs ces derniers jours, je suis très reconnaissant à « Harry » parce que toute cette histoire de mariage, si elle lui déplait, a néanmoins fait sortir Drago de son état de perpétuelle dépression.

-Malefoy ? Déprimé ?

-Evidemment ! Comment voulais-tu qu'il se sente ? Tout ce qu'il croyait, tout ce pour quoi on l'avait formé, a été balayé d'un coup sous le tapis ! (Hermione voulut parler mais il reprit aussitôt) Et ce n'est pas que votre faute. Vous semblez préférer ne pas le savoir, mais les Mangemorts nous ont aussi fait beaucoup de mal, et à Drago peut être encore plus. Son père, sa tante, certains Mangemorts et même Tu-Sais-Qui, ils se sont acharnés à casser tout ce qui leur déplaisait chez lui pour tenter d'en faire le parfait petit sang-pur mangemort. Pour la plupart des choses, ils n'ont pas réussi, pas eut le temps, mais ça laisse des marques malgré tout. Alors je suis heureux parce que depuis les fiançailles, il sourit à nouveau et il plaisante même ! Ce qui est déjà un super progrès par rapport à l'état dans lequel on l'a récupéré !

Ce n'était pas faux, réalisait-elle en évoquant dans ses souvenirs l'image d'un Drago Malefoy livide, les traits tirés et figé comme un masque funéraire. Cette fois, dans le Manoir Malefoy, elle avait rapidement pensé que si c'était ça une tête de vainqueur, alors ça n'en valait vraiment pas le coup.

Voldemort avait juste semblé aspirer la vie autour de lui, s'en nourrir, pour ne laisser que la mort.

Evacuant ces pensées d'un mouvement de tête, appréciant peu de repenser à l'année dernière, elle revint au présent et se rendit compte que la main sur son coude la pressa un peu. Zabini, non : Blaise, la dévisageait, avec toujours cette face impossible à décrypter.

-Bien… Za… Blaise, je te crois, décida t'elle en détournant son regard sur le chemin face à eux. Mais cesse donc de me FIXER comme ça.

-Comme quoi ? S'amusa-t-il avec son discret rictus au coin des lèvres en accédant cependant à sa requête.

*Je n'en sais rien… Mais je commence à comprendre ce qui peut attirer une fille chez lui… Le mystère de ces yeux… Et cette insupportable façade d'homme « mature »…*

-Ôte moi d'un doute, tu n'es pas en train d'essayer me draguer ? Demanda-t-elle à la place, plutôt gênée de ne pas savoir sur quel pied danser.

Et puis ça sonnait SI arrogant de demander une chose pareille ! Une confiance qu'Hermione était cependant loin de posséder et elle se mit à tortiller nerveusement une mèche de cheveux de sa main libre lorsque Blaise la toisa du coin de l'œil.

Elle ne savait pas pourquoi, mais elle avait le pressentiment qu'elle allait en prendre pour son grade, cependant la main du sorcier ne bougea pas de son emplacement.

-J'imagine que certains garçons aiment les filles intelligentes et à peine jolies, mais pour ma part, je les prise stupides et bien foutues. D'autres questions ?

-OK, ça c'est fait… Grinça Hermione. Mais je ne crois pas que tu puisses être sérieux. Tu n'épouserais certainement pas une femme stupide !

-Oh si. C'est un critère prioritaire, ensuite, selon mes ambitions, je devrais m'arranger avec ce que je trouverais. Enfin, contrairement à Drago, je n'ai pas à me presser…

-Plus je discute de mariage avec les sorciers, plus je vous trouve froid et calculateurs. On dirait que vous êtes en train de faire vos courses, comparant deux tranches de viandes à la recherche de celle qui vous apportera le plus d'avantages ! N'allez-vous cependant pas passer votre vie à ses côtés ? Devoir vous coucher dans son lit… Avoir des relations sexuelles avec elle !

-Qui dit mariage, dit alliance. Les alliances sont toujours politiques. Cela répond toujours à une notion de besoin. On choisit une sorcière ou un sorcier prometteur, parce que lui ou sa famille apportera une réputation, des connections ou de l'argent. Ou bien une promesse de belle descendance. Toi, par exemple, les seules raisons qui pourraient provoquer un mariage seraient ton intelligence, ou bien tes connexions avec Harry.

Hermione inspira pour gérer sa colère :

-Je te signale à titre d'information que Ron était prêt à m'épouser ! Et ce n'était certainement pas pour l'une de ces raisons !

-Hum… Oui, mais les Weasley sont une honte. Ils n'ont jamais compris les règles du jeu. On aurait pu le croire pourtant lorsque la Weasley girl avait mis le grappin sur Harry, mais son père n'a pas fait grand-chose pour protéger ce qui allait être à lui… Pas étonnant qu'ils soient aussi pauvres au point de vivre dans un « Terrier » !

-Tu en parles comme si c'était un objet…

-Ca l'est. Pour beaucoup c'est presque vu comme une adoption, ou un moyen de s'emparer de ce qu'ils désirent. Il s'agit plus de faire rentrer un élément extérieur à une famille que de satisfaire les pulsions romantiques de sa progéniture. D'ailleurs il n'est pas rare qu'il y ait plus de contact entre un gendre et son beau-père qu'avec son épouse…

Hermione le regarda, n'osant pas croire tout ce que le black lui racontait d'un ton décontracté, comme s'il lui parlait de la météo.

-Et toi, Blaise, est ce que ça te plait ? Lui demanda-t-elle en stoppant la poussette d'une main.

Comme toujours, l'homme était indéchiffrable, pourtant son regard était plongé sur Evangeline qui dormait en mâchouillant son poing, comme si, plutôt que de penser à sa propre situation, il voyait déjà le futur de la petite fille.

-« Je déteste ça »… C'est ce que tu voudrais que je réponde ? Fit-il finalement en inclinant sa tête dans sa direction, la jugeant de ses yeux noirs avant de s'expliciter : C'est un souhait égoïste.

-Comment ça ?

-Aujourd'hui tu dis ça pour toi, mais si un jour tu as des enfants… Ne voudras-tu pas ce qui te parait être le meilleur pour eux ? Ne leur imposeras-tu pas tes vues ? Ta fille se ramène avec un punk désargenté, sous prétexte qu'elle l'aime, le laisseras-tu l'épouser ? Laisseras tu ce déchet pénétrer dans ta famille et risquer de salir ton nom pour de nombreuses générations ? Ta réputation ? Souiller la magie si pure qui coule dans tes veines et que tu as transmise ? Le feras-tu, Hermione Granger, toi qui es si fière de ta puissance et de tes connaissances ?

Il ne laissa même pas une chance à Hermione de tenter d'argumenter et la coupa en levant le doigt.

-Là est l'égoïsme.

Ca y est, il avait réussi à l'embrouiller. Hermione contempla Evangeline en essayant d'être le plus honnête possible avec elle-même… Et réalisa finalement que, oui, elle serait exigeante quant au futur époux de la fillette.

-Blaise… Je crois que je préférais encore quand tu n'ouvrais pas la bouche… Grogna-t-elle d'un air boudeur.

Le concerné lui adressa un sourire carnassier, apparemment vivement amusé :

-C'est ce que disent tous mes amis !

-O-o-O-o-O-o-O-

Poussant la porte, Angelina s'arrêta un instant, admirant la boutique brillamment illuminée par les rayons du soleil. Evidemment « Weasley farces pour sorciers facétieux » n'était pas encore ré-ouvert, mais un panneau coloré dans la vitrine annonçait joyeusement la reprise des affaires.

Frôlant du doigt les différents produits qui autrefois avaient été recouverts de draps blancs pour les épargner un peu de la poussière, elle monta les marches vers l'étage, cherchant son rouquin des yeux :

-Fred ?

Une voix tout au fond lui répondit.

-Là Angie !

Elle le découvrit, bien sérieux, attablé devant une pile de journaux, une baguette magique à la réglisse dans la bouche et un mug rempli d'une drôle de mixture épaisse à la main.

Elle vint aussitôt embrasser ses lèvres, récupérant le gout de la réglisse au passage.

-Alors tu as vu ta mère ?

-Oui, j'ai bien cru qu'elle allait défaillir d'ailleurs. Plus je lui parlais, plus elle changeait de couleurs ! D'ailleurs, tu sais, ça m'a donné une idée ! Que penses-tu de bonbons qui font changer de couleurs les gens ! Du genre « bleu de peur », « rouge de plaisir » ou « vert de rage » ! Je me demande à quoi ressemble un homme vert, c'est pas une couleur facile à porter !

-Ce serais comme un révélateur de sentiments alors…

-Basique, ouep, j'ai pas envie d'avoir la commission de contrôle aux fesses parce que tel type connu est devenu rouge !

-J'espère néanmoins que ta mère ne va pas faire de problèmes…

-C'est ma mère, elle en fera, mais j'espère que mes grands-frères auront assez de plomb dans la tête pour la calmer. Ne t'en fais pas et dans quelques mois plus personne ne s'en souciera… Mais c'est un monde ça ! Changea de sujet Fred en lui désignant la gazette. Comment j'ai pu louper le fait qu'Harry va épouser DRAGO MALEFOY ?! Putain c'est démentiel ! Il faut que j'aille le voir pour le chambrer jusqu'à ce que mort s'ensuive ! Harry et Drago Malefoy ! Bon sang, ça ressemble à une blague d'alcoolique !

Angelina s'affala légèrement sur ses épaules en prenant la page dans ses mains.

Ce n'était pas le meilleur article : comme d'habitude, il y avait des photos séparés des deux garçons qu'elle avait bien connu et le contenu n'était qu'une ode à la haine qui pouvait se résumer en une phrase : Le Sauveur était devenu fou ou Les Malefoy étaient le Mal avec un grand M et ce mariage ne pouvait tout simplement pas avoir lieu.

Elle évitait de lire la Gazette habituellement, parce qu'elle ne supportait pas de lire les propos moralisateurs d'une bande de bouffons qui se permettaient de juger tout ce qui avait sujet de près ou de loin à la Guerre alors qu'ils avaient passés l'année dernière cloitrés chez eux sans rien faire.

Non, à la place ils avaient laissés une bande d'adolescents affronter des adultes fous et avides de sang.

Froissant férocement le bout de papier, elle en fit une boulette qu'elle lança à la façon d'un souaffle vers la corbeille.

-BUT ! S'exclama Fred. T'as raison, on en a rien à foutre de ces conneries… Il faut faire de ce mariage un souvenir impérissable… Eh, Harry est une célébrité ! Presque un prince ! Tu crois qu'on devrait éditer des assiettes commémoratives comme pour le mariage de Lady Di [1] ?

La black le fixa un moment éberluée, jusqu'à ce qu'une vision mentale ne se forme et qu'elle éclate bruyamment de rire. Bon sang, il n'y avait qu'eux pour avoir une idée pareille ! Riant toujours, elle referma ses bras autour de son cou, se serrant contre lui avec reconnaissance et chaleur.

Non, elle ne regrettait pas un instant sa décision de rester à ses côtés.

-Harry va détester ça, prophétisa-t-elle.

-O-o-O-o-O-o-O-

Finalement ce que Drago avait d'abord assimilé à une corvée ne le serait peut-être pas.

Tenant sa monture à quelques pas derrière celle de Potter, il laissait son regard couler sur le magnifique dos en face de lui, les muscles travaillant sous le T-shirt, reconnaissant de la météo clémente qui lui avait fait nouer sa veste autour de sa taille à mi-parcours. Puis il monta le long de la colonne vertébrale jusqu'à sa nuque tentatrice balayée de mèches noires. Il rêvait de pouvoir les faire rouler entre ses doigts, avant de souffler à cet emplacement si sensible, pour découvrir la peau si douce et la voir s'hérisser d'un frisson.

Et puis ce qui ne gâchait rien : Potter était finalement un bon élève. Il apprenait vite et avait presque immédiatement choppé la posture à avoir. Le dos bien droit, les épaules basses, les bras et poignets souples. Grace aux balais, il n'avait ni peur des hauteurs et possédaient un très bon équilibre.

Malgré son silence obstiné durant toute la leçon et la balade autour de Poudlard, Drago en venait presque à imaginer qu'il pourrait être une excellente compagnie pour un tour à cheval, comme il le faisait auparavant avec ses parents.

Lors de ces chevauchées, ils poussaient à l'occasion jusqu'à Stonehenge et chassant d'un sort tous ces infâmes moldus touristes qui trainaient dans le coin, ils mettaient pied à terre et se gorgeait un moment de la magie qui pulsait tout autour d'eux.

Ce souvenir le fit sourire : ils ne l'avaient plus fait depuis… Depuis l'été de ses 14 ans. Distraitement il se demanda si Potter avait déjà fait ça et si ça lui plairait d'y aller avec lui.

Même si ce ne serait pas pour tout de suite, constata t'il alors que le brun, comme ayant sentit son regard dans sa nuque, se retourna en lui lançant un regard noir.

C'était amusant de voir Potter se débattre dans ses filets… Car seule sa mauvaise foi pouvait expliquer un tel comportement.

-On arrête là ! Lui affirma-t-il en montrant du doigt le machin qui servait de maison au garde-chasse.

Il ne rata pas le regard soulagé du brun qui orienta aussitôt son cheval vers l'enclos où paissait stoïquement la vache.

Une fois à destination, Drago pût le voir quasiment bondir de la selle en grimaçant, confiant les rênes au demi-géant qui les attendait. Puis il porta ses mains à ses fesses pour les masser, faisant se tendre d'un coup le blond dont le regard ne pût s'empêcher de fixer tout le spectacle.

-Bordel, j'aurais pas cru qu'après ça j'aurais aussi mal au cul !

Drago rata un battement de cœur, puis dû à la fois retenir son hilarité, mais aussi la chaleur qui montait en lui, ou bien descendait, aussi, dans un certain endroit de son corps, et cela lui demanda absolument tout son flegme aristocratique.

-Potter…

-Hum ? Fit celui-ci, se tournant vers lui en enlevant ENFIN ses mains de ses fesses, le fixant de ses grands yeux verts définitivement innocents.

-Tu ne devrais certainement pas dire ce genre de choses en public…

-Ce genre de chose… ?

L'étonnement sembla lui faire oublier qu'il devait être en colère contre lui.

-Mais de quoi tu…

Drago ne pût s'empêcher de sourire narquoisement, et surtout de le dévorer des yeux, particulièrement quand il se montrait comme ça, aussi sans défense.

*Oh oui Potter. Je rêve de pouvoir un jour poser mes mains sur ton corps et te faire couiner, hurler, miauler et surtout pouvoir à nouveau infliger ce genre de douleur à ton magnifique arrière train lors d'autres activités communes… *

Et soudain, il dût le comprendre, ou tout du moins comprendre le sous-entendu car il prit une bouffée d'air et son visage s'empourpra brusquement. Les yeux écarquillé, il le regarda comme un hibou aveuglé par la lumière du jour.

Sa bouche se referma et s'ouvrit une nouvelle fois, puis il se détourna brusquement.

-Pardon Hagrid, peux-tu t'occuper du cheval ? Je viens de me rappeler que j'ai quelque chose à faire…

Oui, quelque chose comme s'enfuir… Songea Drago, mi blasé, mi déçu en voyant le brun détaler comme un lapin vers le château.

Passant une main dans ses cheveux, il songea avec un soupir que cette histoire ne serait pas simple du tout.

-o-O-o-O-

Harry marchait d'abords à grands pas dans les couloirs, tâchant d'oublier les nombreuses courbatures qui contusionnaient son corps, une en particulière…

Tu ne devrais certainement pas dire ce genre de choses en public…

Passant une main sur le bas de son visage comme si ça pouvait suffire à cacher son infâme rougissement, Harry accéléra inconsciemment et se mit à courir.

*Je n'arrive pas à croire que Malefoy m'ait dit un truc pareil ! Ait fait une telle insinuation… !*

Et ce regard, et ce sourire au coin de ces lèvres… Maudit soit-il ! Il n'avait pas le droit !

PAS LE DROIT !

Bouleversé, il ne réfléchit pas un instant lorsqu'il aperçut Ron qui remontait un couloir avec sa nouvelle copine (Fay, c'était Fay), et sauta à son cou pour enfouir son visage dans son torse, bien caché dans les plis de sa robe de sorcier. (avait-il déjà dit que Ron était un géant à côté de lui ?).

-OH PUTAIN ! S'exclama Ron les yeux exorbité, les bras se relevant sans savoir cependant quoi faire. HARRY ?!

Fay fixait de même le brun collé à son petit copain d'un air franchement étonné.

Harry était tout sauf connu pour ses pulsions tactiles. De mémoire de Ron, il n'avait jamais eu son ami dans les bras. Des accolades par-ci par-là, ok, des bourrades viriles, ouep aussi, mais hormis danger de mort, ils n'entraient jamais dans l'espace vitale de l'autre. C'était un pacte tacite qui s'était mis en place dès que Ron avait constaté en première année que le petit brun gardait ses distances. Et ce, même sous la cape d'invisibilité. Ils n'étaient JAMAIS collés.

Or là, c'était tout à fait le cas. Il aurait sans doute dû le repousser, mais la façon dont les bras d'Harry s'accrochaient aux pans de sa robe dans son dos… Il soupira. Il ne pouvait pas.

Précautionneusement, et même timidement, il enroula ses propres bras autour des épaules devant lui, et voyant qu'il ne le repoussait pas, le serra fort contre lui, comme il l'aurait fait avec l'un de ses frères.

Il ne savait pas qu'il faisait exactement ce dont avait besoin Harry qui cherchait plus que jamais un peu de réconfort et de sensation familières, même si ça pouvait paraitre étrange vu qu'il ne serrait jamais personne comme ça, à part peut-être Hermione.

Mais le nez fourré dans la robe de Ron, c'était l'odeur de son meilleur ami, et aussi un peu celle des Weasley, qui avait toujours inspiré à Harry de la joie et l'impression de faire partie de quelque chose, c'était aussi son aura magique, flamboyante, chaleureuse et pure.

-Laisse-moi deviner, grommela Ron sans le lâcher. C'est à cause de Malefoy ?

Harry hocha doucement de la tête contre lui. Le roux poussa un grognement et sa magie s'agita de façon imperceptible pour la plupart des spectateurs, mais pas pour lui, Harry pouvait la sentir et se sentait heureux de voir qu'elle ne le repoussait pas, bien au contraire.

-Alors ? J'avais pas raison ? Ce type allait te faire du mal ? C'est pas un connard ?

-Si, c'en est un, approuva t'il doucement, sa voix un peu étouffé par le tissu.

Une enflure qui osait ne pas tenir le statut quo, lui sourire et le… Comme le draguer.

Non, définitivement non ! Drago Malefoy ne pouvait pas le draguer. C'était juste… Juste interdit ! Et lui, quel idiot qui réagissait pire qu'un débutant ! Il mériterait de se jeter du haut de la tour d'astronomie !

-Bon, déclara le rouquin hautement satisfait qu'ils soient à nouveau d'accord sur ce point avant d'avoir l'air vaguement inquiet : J'espère que tu m'as pas sauté dans les bras pour en discuter ?

-Non, au contraire. J'aimerais ne plus y penser DU TOUT. Je voudrais… Je voudrais juste faire semblant de pouvoir un jour te battre aux échecs sorciers tout en discutant de quidditch… Gémit-il presque.

Fay toujours à côté et qui écoutait jusqu'ici l'échange d'un air fasciné se mit à rire doucement, parce qu'Harry avait presque l'air d'un petit garçon boudeur en train de réclamer l'attention de son père, avant de, sous le regard un peu perdu de son petit ami, se joindre au câlin.

Harry ne la repoussa pas même s'il ne put s'empêcher de se crisper un peu. Mais c'était Fay, il la connaissait depuis leur première année et elle était dans l'équipe. Ron n'avait à son avis pas fait une mauvaise pioche sur ce coup-là et il ne pouvait que l'approuver car tout en possédant un certain dynamisme rafraichissant, la jeune femme était apaisante et ne s'imposait pas, laissant à son petit ami toute la place pour s'exprimer.

-Ça devrait être une chose tout à fait possible, leur confia-t-elle. Montons à la salle commune.

Ils se détachèrent alors tous les trois et Harry leur rendit un sourire reconnaissant, ayant perdu ses rougeurs et réactions corporelles incontrôlées.

Les suivant vers les escaliers, il décida de tout oublier pour l'instant et réussit même, une fois la nuit tombée, à s'endormir sans avoir la vision des lèvres du blond s'incurvant et du regard qui lui brûlât l'échine.

A suivre…

[1] Lady Di' : La princesse Diana, mère des princes actuels de Brande Bretagne. Je précise au cas où. Les anglais ont l'habitude de faire de la vaisselle commémorative des mariages princiers : autrement dit le summum du kitch, des assiettes ou des services en porcelaine avec la photo ou une peinture des époux !

RETROPEDALAGE ! Oui, bon, il fallait s'y attendre, Harry réagissait beaucoup trop bien pour l'instant. Les choses vont désormais se corser pour Drago qui va devoir nager en eau troubles, surtout si Ron est de nouveau dans la course… Mais notre blondinet a aussi des amis… Mwouhahaha…

Côté Weasley, j'espère que George/Fred ne vous gêne pas trop… C'est particulier, mais je pense que pour certaines personnes, il est plus facile d'appréhender sa propre mort que celle des êtres chers.

Sinon la partie que j'ai préférée écrire, c'est celle de la discussion Hermione/Blaise. Blaise a encore beaucoup à dévoiler de lui… Un garçon bien compliqué… Tout ce que je peux vous dire c'est que l'élu(-e) de son cœur aura intérêt à s'accrocher.

(Bon et je gagatise comme une idiote avec Bill et Fleur. C'est le côté louloup, j'y peux rien.)

J'espère que malgré son contenu varié ce chapitre vous a distrait !

Prochain chapitre (j'ai peur de vous donner des dates maintenant mais disons mercredi de la semaine suivante et je sers fort les dents pour tenir) : Garde partagée, où Drago va devoir faire surgir un peu d'instinct paternel du plus profond de ses gènes.