Note de l'auteur : Voilà, comme j'ai des reviewveurs (ça se dit ?) adorables, que le palier des 200 reviews est passé (KYAAA MERCIII !), voici la suite de (mais pas encore la fin, ce sera pour la prochaine fois) de l'histoire de James, qui est aussi celle de Severus et de Lily. D'ailleurs cette dernière est bien plus présente dans cette partie.
Techniquement, et vous l'aurez sans doute compris, cet hors-série du passé a pour but d'expliquer le comportement de Severus dans l'histoire principale, et particulièrement sa relation vis-à-vis d'Harry. Comme toujours j'essaie de rester aussi plausible que possible. J'aimerais que vous détestiez James, que vous l'aimiez, puis à nouveau le détestiez et… Ainsi de suite ! C'est aussi une des raisons pour laquelle l'ordre chronologique est complètement bouleversé. Si c'est le cas je serais la plus heureuse fanficceuse au monde car j'aurais réussis mon objectif !
AVERTISSEMENT : Rating M, je rappelle, nous avons là une petite scène entre deux hommes, plus des discussions d'ados en pleine période de puberté.
Hors-série : Paradichlorobenzene (Partie 2)
Nome mo shinai koohii nomihoshite
J'ai bu du café interdit
Kumorisora wo miagetanda
et j'ai levé les yeux au ciel nuageux
Ima no boku ni nani ga dekiru ?
Que puis-je faire maintenant ?
Soresura wakaranai !
Même pour ça je ne trouve pas de réponses !
1973 – 3eme année
Elle l'avait défiée. C'était la seule raison.
Du moins c'était ce qu'il tentait de s'enfoncer dans le crâne en fixant la jeune fille aux longs cheveux roux et aux vibrants yeux verts qui lisait un magazine avec une amie, se faisant de temps en temps quelques commentaires, allant même jusqu'à rire sous cape.
-Jamie, tu LA regarde encore, fit une voix remplie de malice à côté de lui.
-Laisse le tranquille Sirius, maugréa Rémus alors que Peter se tordait le cou pour tenter d'apercevoir l'objet des pensées de James.
Comme il était assis à côté de lui, d'abord pour faire leur devoir, comme Remus l'avait proposé, puis voyant que James avait abandonné cette idée, il avait fait de même, il aurait pensé pouvoir dire de qui il s'agissait mais le brun lui attrapa la tête pour la remettre droite avant d'envoyer un coussin droit sur Sirius.
-Hey !
-C'est mérité ! Argua James avec un grand sourire avant de plisser les yeux en se penchant vers son meilleur ami : et devons-nous parler des yeux de chiots battu que tu fais à chaque fois qu'Ariane Nobble te regarde ?
-JE. NE. .des yeux de chien battu !
-De CHIOT battu, c'est encore pire !
Faisant fi du petit garçon à côté qui les regardait avec de grands yeux plein d'étoile, se trémoussant et ouvrant la bouche comme pour vouloir dire quelque chose sans y arriver. On sentait qu'il aurait aimé ajouter son grain de sel avec une remarque amusante ou spirituelle, mais malheureusement rien de tout cela ne lui venait et il ne pouvait que regarder les deux garçons se battre avec des coussins sans faire le moins du monde attention à lui.
Remus s'enfonça plus confortablement dans son fauteuil, les regardant d'un air protecteur, n'essayant pas pour sa part d'essayer de pénétrer dans la relation privilégiée qui existait entre ces deux-là.
Ce petit instant fut néanmoins brisé lorsque l'étudiante que James observait tout à l'heure se plaça derrière eux, les poings posés furieusement sur ses hanches :
-Potter ! Black ! Serait-ce trop vous demander d'aller faire du chahut ailleurs ?!
James se tourna vers Lily Evans, un sourire mauvais plissant un coin de ses lèvres :
-Eh bien Evans ? Un peu d'amusement et aussitôt tu te défrises ? (« elle est pas frisée » précisa Sirius sous lui avant que James ne revienne l'étouffer avec son coussin) Sais-tu au moins ce que c'est ? Entre nous, si j'étais toi, je ferais attention, on commence partout à t'appeler la rabat-joie, et si ça continue la seule personne qui voudra encore trainer avec toi, c'est cette serpillère de Servilus Roguinouchet !
James s'amusa de voir au fur et à mesure de son monologue le visage de la jeune fille se tirer et une barre rouge, traversant son visage, grossir et grossir… Jusqu'à ce que des embryons de larmes se forment au coin de ses yeux.
Il voulait qu'elles s'écoulent, alors peut-être ce beau minois se tordrait complétement et que peut être même toute à ses pleurs, son nez se mettrait à couler, il attendait perversement ce moment, espérant que cela suffirait à lui faire oublier la gryffondor.
Mais non, elle se rebiffa et ses yeux si verts se mirent à jeter des éclairs :
-MESURE TES PAROLES POTTER ! Severus est mon ami ! Il ne t'a rien fait ! C'est toi et tes stupides copains qui lui cherchaient sans arrêts des noises !
Quoi ? C'était parce qu'il avait fait allusion à la larve des serpentards qu'elle avait soudain reprit du poil de la bête ? C'était incompréhensible ! Et plus incompréhensible encore le fait que ses yeux étaient encore plus fascinant quand elle était en colère.
Ce serpentard était vraiment une plaie.
-Mais si il me fait quelque chose, la seule vue de sa silhouette sordide me donne envie de le voir se vautrer lamentablement et faire le tapis. Je n'y peux rien, sérieusement, c'est incontrôlable ! Ma baguette bouge toute seule ! Lâcha James avec un faux air innocent, un sourire aussi contrit que moqueur sur ses lèvres.
Lily inspira profondément, semblant avoir l'air de vouloir l'étrangler, finalement elle tourna des talons en lui assénant un :
-PAUVRE TYPE !
Et James, Sirius qui s'était dégagé entretemps et Peter s'esclaffèrent de rire. Rémus continua de les regarder d'un air indulgent avant de se replonger dans un livre.
-Oh par les chaussettes de Godric ! Sa têêête ! Gémit Sirius qui se roulait à présent par terre en se tenant le ventre, douloureux de ses rires.
-C'était trop fort James ! Ajouta Peter en posant une main sur son épaule.
-Ouais ouais je sais ! Je sais ! Inutile de me lever un autel, je me contenterais de vos offrandes ! Fit James en s'inclinant face à un public invisible.
-T'es trop con ! Ricana Sirius avant d'ajouter : T'es au courant qu'elle est surement en train de pleurer quelque part ?
-C'est pas ma faute si elle se met elle-même dans tous ses états. Elle n'a qu'à rire comme tout le monde de nos conneries et cesser de trainer avec des gringalets graisseux !
Et pour appuyer son argument, James tenta d'imiter le visage long et l'expression torturé de Severus Rogue.
Peter et Sirius repartirent alors dans une crise de fou rire, ce dernier criant pitié parce qu'il n'en pouvait plus, son souffle et ses zygomatiques criant grâce.
-Fais attention James, pour peu, on pourrait croire que tu es amoureux d'Evans ! Le prévint Remus avec un grand sourire.
Et là c'est James qui éclata de rire. Lui ? Amoureux d'Evans ! Quelle bonne blague !
Tout ça, c'était juste parce qu'elle l'avait défiée.
Dakara boku wa utaisakebunda
Alors je me contente de brailler
Paradichlorobenzene
Sono imi mo rikai sezu ni wameku
J'hurle sans comprendre pourquoi
Paradichlorobenzene
Kore de kimi wa manzoku dekiru no ?
Dis-moi, pourras-tu t'en satisfaire ?
Paradichlorobenzene
Okite kisoku yabuttara kimi wa nanika kawaru no?
Pourras-tu changer quelque chose en brisant les règles?
1977 – 7eme année
James courait dans les couloirs, ignorant son état général, c'est-à-dire toujours habillé de sa tenue de quidditch et couvert de boue de la tête au pied, ce qu'il devait à la glissade sur le terrain qui lui avait valu d'attraper le petit objet qui battait lentement des ailes dans son poing. Derrière les fenêtres la pluie ne cessait de tomber, elle qui avait rendu leur match désagréable au possible et l'avait privé de la présence de la seule personne qui l'intéressait.
Négociant à toute vitesse un couloir, dérapant un peu sur la boue collée sous ses chaussures, il releva une tapisserie et s'enfouit dans un étroit passage secret. Il en sortit par un placard à balais, marcha quelque pas et disparut à nouveau en entrant dans une salle inutilisée. Au milieu du bric à brac entreposé là, il attrapa le cadre d'un tableau et le fit pivoter comme une porte pour découvrir un petit escalier en colimaçon qui montait pile poil à l'endroit où il voulait se rendre.
Dans un sombre et étroit rayonnage de la bibliothèque, toute une étagère se décala pour le laisser passer et il se mit en quête.
Il trouva rapidement ce qu'il cherchait, assis replié contre une étagère et avec un grand sourire joyeux, se laissa glisser à ses pieds, se collant à ses mollets relevées devant lui.
-Je l'ai attrapé ! On a gagné le match !
Severus Rogue haussa un sourcil perplexe avant de refermer le livre où il griffonnait quand il était arrivé. James eut juste le temps de voir qu'il s'agissait de son manuel de potion avancée avant qu'il ne le cache dans son sac.
-Et alors ? Répondit-il d'un ton sombre.
James fit la moue, affreusement déçu de son manque d'enthousiasme même s'il se demandait comment il avait pu s'imaginer que la réaction serait autre. Tout le monde l'avait toujours félicité, il était considéré comme le meilleur attrapeur de sa génération et il en était fier.
-Tu n'es pas mignon DU TOUT Sev'…
-Tant mieux parce que ce n'est pas dans mes ambitions… Potter tu es horriblement sale, ne te frotte pas contre moi comme ça…
Rien que pour l'enquiquiner plus, James plaqua ses mains sur ses joues pâles et le barbouilla de sa « saleté ».
-Potter… Fit Severus d'une voix menaçante, ressemblant assez à un chat feulant un avertissement.
-J'étais venu t'offrir le vif d'or que j'ai attrapé, le coupa ce dernier en lâchant l'éclat doré pour le rattraper presque aussitôt. Mais je connais un tas de filles dehors plus enthousiaste que toi à l'idée de l'avoir…
Le serpentard ne broncha pas, se contentant de le fixer de son regard d'encre, un peu de terre sur l'une des joues. Finalement, il baissa le regard avant de se lever :
-Alors je t'en prie. Ça ne me serait d'aucune utilité. J'ajouterais même que je déteste ce qu'il représente.
James recula le visage, se sentant comme s'il venait d'être giflé. Il crispa sa main sur le vif d'or, ce petit éclat lumineux, comme une lueur d'espoir, qui vrombissait dans le coin de l'œil des attrapeurs. Il aimait au contraire tout ce qu'il pouvait représenter, même ce côté futile que Severus dédaignait de plus en plus.
Car par bien des aspects James était l'incarnation même de la futilité.
Et il détestait voir le jeune homme échapper à son influence pour s'avancer dans les ténèbres.
Un peu sonné, il se laissa retomber un instant sur les fesses, sans pour autant quitter son amant du regard, l'observant détailler les tranches des livres en y trainant un doigt, toujours gracieux à sa façon.
-Ca ne te dérange pas alors ? Finit par se reprendre James en effaçant toute trace de dépit de son visage, s'efforçant de redevenir le gars cool qu'il avait toujours été.
-De quoi ?
-Que je le donne à une fille.
-Je te l'ai dit Potter, je n'ai pas besoin d'une chose aussi inutile. Si tu veux satisfaire des pauvres filles, vas-y, si tu veux t'amuser, vas donc rejoindre les moutons que tu appelles « amis », mais c'est dans tous les cas une perte de temps. Il y a bien mieux à faire alors que nous sommes en passe de devenir des adultes que de jouer au quidditch…
-C'est pourtant tout ce qui fait la joie d'une journée Severus. Ne laisse pas ce con d'Avery t'endoctriner et te pousser à rejeter tout l'amusement qui n'implique pas de faire souffrir les autres…
-Oh, tu es merveilleusement bien placé pour me parler de ça ! Lui jeta à la figure Severus d'un ton ironique.
-Quand vas-tu cesser de parler du passé et de m'en vouloir ?! Craqua James en bondissant sur ses pieds. Bon sang, j'ai CHANGE ! Je l'admets, j'étais un petit connard suffisant et insensible et j'avais TORD ! Alors ne commets pas les mêmes erreurs que moi ! Utilise ton cœur, rappelle-toi que tu as effectivement été une de mes victimes et n'impose pas ça aux autres !
-Les autres n'ont jamais rien fait pour moi. L'Homme est seul Potter ! Toujours seul ! La « famille », les « amis », les « amours », tout ça ce n'est qu'une vaine illusion car au final chacun pense d'abord à lui en premier ! Je ne vois pas pourquoi je devrais avoir de la pitié pour qui que ce soit…
Non, James ne voulait pas entendre un tel discours, il ne voulait pas laisser ses propres peurs venir nécroser son âme… ces parents mourants, ces amis avec qui il avait de plus en plus du mal à se connecter, Lily, puis Severus qui le rejetaient. Il ne voulait pas être seul, il avait déjà été trop longtemps seul dans son enfance…
-Tu ne m'as jamais, même pas une seconde, aimé alors ? Lâcha James, tachant de cacher sa déception et son chagrin derrière un sourire triste.
Devant le silence de son vis-à-vis, il lui semblait entendre le bruit de son cœur qui se fracturait. Se mordant discrètement la lèvre, il subit la soudaine montée de douleur qui envahit son corps, bien plus puissante qu'il ne s'y était attendu.
Aucun des refus de Lily ne l'avait jamais fait se sentir aussi misérable.
Il avait perdu… Du moins c'était ce qu'il pensait avant que son corps se retrouve plaqué en arrière contre un rayonnage, des lèvres se posant rudement sur les siennes. Il n'émit aucune protestation, pour UNE fois ! Pour une fois que le serpentard initiait un contact, il était prêt à lui laisser tout le contrôle.
Et il était rude, dur, ses dents mordillant ses lèvres comme pour le punir, sa langue plongeant dans sa bouche pour capturer et immobiliser la sienne. Il semblait vouloir lui interdire de parler, ses mains serrant contre l'étagère ses poignets, faisant de lui un espèce de prisonnier… son captif.
James gémit, amplement satisfait de ce qui semblait être une punition, bien qu'il ne voyait pas vraiment quelles étaient ses fautes.
En réponse Severus grogna dans sa bouche et planta l'une de ses cuisses entre ses jambes, compressant ainsi son sexe qui durcissait de seconde en seconde.
Ses réflexes lui aurait imposé de bouger, et étant bien plus fort que Severus, il aurait pû agir à son tour, mais il se força à rester dans la prise, tenu immobile et cela ajouta à son désir déjà intense une touche de frustration qui le maintenait au bord du gouffre.
Et Severus ne faisait pourtant que l'embrasser !
Qu'il fasse juste mine de s'intéresser à son entrejambe et James était sûr de jouir à la vitesse de la lumière, ce qui serait affreusement mortifiant. Car c'était ses sentiments, ces putains de sentiments qui le foutait comme ça, gémissant de plaisir et de bonheur dans une bibliothèque où n'importe qui pourrait à passer et les voir dans cette position des moins équivoque.
Oh et puis il s'en foutait ! Poussant des grognements d'approbation purement impudiques, il se perdit dans le baiser, essayant de jouer sur sa faible marge de manœuvre pour s'approcher un peu plus de Severus, sans pour autant y arriver. C'était une horrible et délicieuse tension dans laquelle il le maintenait.
Il l'adorait. Il le détestait. Deux extrêmes à leur image. Et c'était peut-être ça le « plus » qu'il y avait entre eux. Aussi peu sain que ça puisse l'être, cela leur ressemblait bien. Deux garçons tordus en train de se dévorer la bouche.
Le serpentard finit cependant par libérer ses lèvres, sans pour autant le lâcher, détaillant les traits de son visage à l'expression des plus abandonnée d'un air furieux et troublé.
-Pourquoi ? Lança-t-il d'un ton perdu. Tout était si clair avant… Tout ce que je devais faire, ce que je devais être. Mais toi tu es arrivé et… Oh pourquoi t'es-tu approché de moi ? Avant je voulais te voir te tortiller de douleur, te vider de ton sang, t'ouvrir et retirer un à un tous tes organes…
-Euh… Intervint James qui commençait à le trouver sacrément sordide, mais le jeune homme posa son front contre le sien, effectuant ce doux mouvement qui était habituellement celui de James.
-… Pourquoi alors maintenant, dès que je te vois j'ai envie que tu t'approches de moi, que tu ne voies que moi, que tu m'embrasses ? Pourquoi me mets-je à souhaiter que tu resteras à mes côtés après Poudlard au point de même réfléchir à des plans pour te kidnapper et te séquestrer…
-Euh… Intervint à nouveau le gryffondor .
Pas qu'il n'y ait pas lui-même pensé… Dans sa tête son côté pervers sifflota innocemment.
-…James… Tu perturbe tout le fonctionnement de ma tête.
James déglutit en entendant pour la première fois son prénom dans la bouche de Severus, et c'était un son si doux… Si noble… Qu'il aurait aimé l'entendre tout le reste de son existence. Poussant un soupir de joie et de plaisir, il s'efforça de garder sa vilaine bouche close pour éviter de gâcher ce moment, continuant à l'écouter.
-A cause de toi, tout s'emmêle, à cause de toi, tout devient difficile. Tu es comme un cyclone, tu ne laisses derrière toi que des décombres et la dévastation, mais en même temps, c'est si fascinant à observer…
Severus détaillait son visage avec un regard si puissant que peut être pour la première fois de sa vie, James se sentit rougir. C'était comme si ces orbes si sombres étaient capables de voir à l'intérieur de lui et l'impression se conforta lorsqu'il se plongea dans les iris noisettes de James.
S'il voulait lire dans son esprit, il allait être servi, en ce moment, tout son être n'exsudait que d'une chose : ses sentiments pour lui. Cet amour incontrôlable né sur les ruines fumantes d'une bataille.
James le cyclone… C'était peut-être vrai. Après avoir recraché une centaine fois Severus, l'avoir balloté dans ses vents comme une vulgaire poupée de chiffon, voilà qu'il aurait aimé pouvoir le garder à l'abri en son sein, dans son œil.
-Je ne sais pas si c'est de l'amour, reprit Severus comme pour répondre à ses « je t'aime » mentaux. Je ne suis même pas sûr de savoir ce qu'est l'amour. Une part de moi pense encore qu'il ne s'agit pour nous deux que d'autosatisfaction et égocentrisme.
-Et si c'est le cas ? Ça ne pourrait pas être compatible ? Susurra soudain James d'une voix voilée. Qu'il y a-t-il de mal à se sentir mieux au contact d'une personne ? Particulièrement si les deux en profitent ? Si je t'apporte quelque chose, tant mieux !
-Je te l'ai dit, tu m'apportes surtout des maux de têtes à tout compliquer dans mon existence.
-Parce que ce que tu veux n'est pas compatible, mais si tu restes près de moi, tu n'aurais plus à te poser de pareilles questions…
-Ou le contraire. Mais tu as raison sur ce point, je vais devoir prendre une décision et m'y tenir…
Il le lâcha, s'éloignant légèrement de lui et James ressentit la perte de son contact comme une douleur. Il refusa cependant de bouger de sa place, caressant pendant un instant ses lèvres un peu douloureuses de façon rêveuse.
Severus se pencha alors et ramassa le vif d'or qu'il avait laissé tomber dans leur empoignade. Il regarda le serpentard le soupeser du regard avant de le ranger dans une de ses poches. Il savait ce que cela signifiait.
Désormais leur futur était en attente de délibération.
Sou
C'est ça
Dare demo ii buchimaketai
Je veux décharger ma peine sur le premier venu
Paradichlorobenzene
Aku wo tataku seigi furikazasu
J'abats le mal en brandissant ma Justice
Paradichlorobenzene
Seigi tate ni sutoresu kaishou
avec elle comme bouclier, mon stress s'évanouit
Paradichlorobenzene
Mawaritomeru bokura kizukanai orokana koui
Rien n'avance autour de nous mais nous ne réalisons pas à quel point nos actes sont ridicules.
1975 –5eme année
Une tête longue et fine, en plus d'être poilue, pointa le bout de son museau hors d'un épais massif bordant la forêt. Dans le parc du château tout était encore silencieux et immobile tandis que le soleil se levait à peine à l'horizon. Les naseaux frémirent et il secoua nerveusement sa tête couronnée de bois. S'avançant majestueusement à découvert, il huma un peu plus la douce odeur des matins d'été, profitant de la température encore fraiche.
Bon, ils étaient en Ecosse, ce n'était pas comme si la saison estivale était caniculaires, mais James avait vite trop chaud, ce qui était d'ailleurs une merveilleuse excuse pour se défaire d'une partie de son uniforme et exhiber ses abdos à tout va, tout en nourrissant le secret et insensé espoir que cela lui vaudrait l'admiration béate de Lily.
Eh quoi, il avait 15 ans ! On n'avait pas forcement les idées les plus intelligentes du monde à cet âge !
S'immobilisant, il se campa sur ses sabots, écoutant à travers eux le monde qui se réveillait, chaque vibration se répercutant dans ses os. Là les foulées bondissantes de Sirius, là les petites pattes trottinant de Peter… Et bien plus loin, Remus qui devait se réveiller dans cette vieille et pourtant solide maison, avec l'impression qu'un dragon lui était passé dessus.
Il rouvrit les yeux en sentant de nouvelles sensations et tourna brusquement sa tête vers le porche menant au château, ses oreilles pointée vers l'avant.
Ils étaient trois… Non, quatre. Quatre étudiants levés au point du jour se faufilant discrètement dehors. James se sentit un peu vexé qu'il ne s'agisse pas d'eux !
-Attends…
L'un d'eux leur fit signe de s'arrêter, repérant l'animal qui se tenait à l'orée de la forêt. Les capuches de leurs robes de sorciers cachaient leur visage, ainsi tout ce que pouvait savoir James sur eux était qu'ils étaient tous de serpentard, grâce à leur écusson.
-C'est juste un cerf, ne perdons pas de temps !
Les trois premiers filèrent vers les serres, mais le dernier resta un instant à le fixer, ou du moins imaginait-il qu'il le fixait. James en fit de même, restant sur ses gardes et immobiles, curieux de ce que lui voulait ce serpent.
Celui-ci dût cependant cesser son manège lorsque l'un de ses compagnons revint en arrière pour le réveiller :
-Eh Rogue, tu as insisté pour venir alors ne reste pas planté là !
*Rogue ?!*
Vivement intéressé, James frotta du sabot contre le sol, comme s'il avait l'intention de lui foncer dessus avec ses bois.
-Désolé, c'est… Rien.
Rogue et l'autre se carapatèrent à leurs tours et comme ils disparaissaient, James en un pas redevint humain. Se cachant derrière un arbre au cas où l'un des serpentards reviendrait, il appela doucement ses compagnons :
-Patmol ! Queudver ! Venez-ici !
Un grand chien noir fut le premier à sortir des fourrées, ses grands yeux bruns le fixant avec étonnement alors qu'il trottinait dans sa direction, la queue battante. Ce n'était que parce que James y été entrainé qu'il repéra le rat qui suivit et l'attrapa dans ses mains.
-J'ai besoin de vous deux. Patmol, suis moi en silence !
Approuvant d'un geste de la tête, Sirius suivit le jeune homme alors qu'il se faufilait discrètement vers les serres. C'est dans celle réservées aux cours avancés qu'il retrouva le groupe des serpentards. Il se tint aussi près que possible derrière la porte, regrettant de ne pas pouvoir entrer car il n'y avait aucune cachette sûre.
-Patmol, fait le guet s'il te plait !
Aussitôt dit, le chien courut se placer à un endroit stratégique d'où il pouvait voir tous les passages possibles.
Puis chuchotant à Peter, il lui demanda de découvrir l'identité des quatre serpentards avant de le faire passer dans un trou. Pendant ce temps-là, il ferait de son mieux pour écouter leurs discussions.
D'après les voix il y avait trois garçons et une fille. La fille semblait plutôt importante mais elle ne semblait pas en être ravie. James n'arrivait pas à remettre sa voix, il supposa donc qu'elle devait être dans une classe supérieure.
Soudain un hibou vint frapper à l'une des vitres et l'étudiante vint lui ouvrir, récupérant dans les bras un gros paquet recouvert de kraft. Déchirant frénétiquement les nombreuses épaisseurs, elle en sortit finalement plusieurs livres, épais et vieux, certaines reliures semblaient même décorées à la feuille d'or. James plissa les yeux derrière ses lunettes, mais il espéra que Peter penserait à jeter lui aussi un coup d'œil. Cependant, dans tous les cas, les titres ne semblaient pas anglais. De là où il était, il pouvait même dire que l'un d'eux était en runique.
-Voilà, fit la fille d'un mouvement fébrile. Veillez à ce que personne ne puisse tomber dessus… Car si c'est le cas… Ils ne viennent pas de moi et ma sœur vous fera découvrir une nouvelle vision de l'enfer, croyez-moi.
-Oh ne t'en fait pas, loin de moi l'idée de contrarier la petite chérie du Maître ! Annonça l'un des garçons.
Celui qu'il supposait être Rogue tenait en mains l'un des livres et caressait comme amoureusement sa reliure de ses doigts longs et fins comme des pattes d'araignées, faisant grimacer de dégout James. Ce type était vraiment répugnant et il avait intérêt à tenir loin de SA Lily ses sales mains noueuses.
-Alors Rogue ? Convaincu ?
-Hm… Pour l'instant c'est plutôt intéressant, mais j'attends de voir ce que ton « Maître » peut faire…
-Tu ne devrais pas douter, mon propre père était avec lui à Poudlard et il me dit toujours que là-bas déjà c'était un véritable génie… Et il sent le pouvoir à plein nez, c'est enivrant ! D'un seul regard il peut vous faire baisser le vôtre.
-C'est vrai, approuva l'autre garçon. Impossible de le regarder dans les yeux plus de quelques secondes. Mon père dit aussi qu'il est terriblement intelligent. Ça doit être vrai car il fait tourner en bourrique tous les Aurors !
-Hmf… Les Aurors… Fit l'autre d'un ton méprisant. Des pantins incapables de réfléchir par eux même. La plupart ferme les yeux si tu leur verse de l'argent ou leur offre des places de choix à la coupe du monde de Quidditch… Pff, quelle pitié. Père et moi rions énormément lorsqu'on les voit se pointer avec leurs gosses tout fiers dans les gradins, avec l'impression d'être quelqu'un alors qu'ils ne sont que des vermisseaux de la pire espèce !
-Oui après tout, ils peuvent fermer les yeux, ce ne sont que quelques moldus… Oh et à l'occasion des né-moldus, mais honnêtement, il n'y a pas une grande différence, pas vrai ?
Il partit d'un grand rire, vite suivis de l'autre, et seuls Rogue et la fille restaient silencieux, bien que James pariait qu'un rictus approbateur devait ourler les lèvres de la limace graisseuse.
*Méprisable… Complétement méprisable…*
Il n'arrivait pas à croire ce qu'il entendait, ce qu'il croyait deviner tellement c'était… Inhumain. Dégueulasse. Ces types, et même cette fille, ils lui donnaient envie de gerber !
Les poings crispés, il devait se retenir de toutes ses forces de ne pas sauter sur le groupe et les massacrer. C'était… Ils étaient tous impardonnables. Mauvais. Et il ne pouvait pas rester là à ne rien faire. Il fallait qu'il prévienne quelqu'un… Mais qui ?
Ses parents inutiles ? Non. Le ministère ? Non, ils ne croiraient pas un adolescent… Le directeur ?
Cela semblait une assez bonne idée. Le professeur Dumbledore était un homme plutôt accessible et à l'écoute de ses élèves. Il avait accepté Remus et l'avait aidé avec sa condition de loup-garou. Et il était férocement intelligent, James le soupçonnait de savoir pour lui et ses amis au sujet de leur forme animagus.
Oui, le directeur semblait la meilleure solution.
C'est à ce moment-là que Peter revint et James s'empressa de le prendre dans ses mains et de s'éloigner vers Sirius.
-On dégage ! Lui annonça t'il d'une voix où perçait sa rage et en moins de temps qu'il en fallut pour dire « oups », James se retrouva entouré de deux adolescents.
-Edgar Avery, Willus Mulciber, Severus Rogue et Narcissa Black, annonça Peter avec un sourire en coin.
-Qu'est ce qui se passe James ? Qu'est ce qu'ils foutaient à l'intérieur de cette serre ? L'interrogea Sirius en fronçant les sourcils au nom de sa cousine.
-Ils tenaient comme une sorte de réunion ! Répondit à la place Peter. C'était plutôt génial, on devrait en faire au…
-Non, c'était tout sauf « génial » ! Cracha James, faisant se recroqueviller Peter qui se renfrogna. Il se passe 'Rius, qu'il se trame des choses bizarres chez les Black. Narcissa a parlé de sa sœur…
-Sans aucun doute Bella'… Songea Sirius. Enfin, Bellatrix. Pas ma cousine préférée, c'est une beauté mais elle a un caractère de merde.
-… Et d'un certain « Maître »… Tu as déjà entendu ça ?
Sirius fit la moue, fronçant les sourcils. Depuis qu'il habitait chez les Potter il semblait vouloir tout faire pour effacer les Black de son existence.
-A bien y repenser, oui, j'ai déjà entendu ce terme, mais dans des conversations que je n'étais pas censé intercepter. Ecoutes, si ça t'inquiètes, je peux toujours essayer de demander à Régulus, même si je ne pense pas qu'il me répondra quelque chose d'utile si ce n'est un regard plein de mépris…
-Mmh… Non. Il vaudrait mieux ne pas alerter prématurément ta famille… En tout cas, c'est une nouvelle preuve d'à quel point Rogue peut être méprisable.
Impossible à pardonner. Et James aller lui mener la vie encore plus dure à lui, mais aussi à ses potes Avery et Mulciber. Il leur ferait ravaler leurs rires et leur cruauté.
Il se le promettait.
Un sourire en coin releva ses lèvres.
Oui, en voilà une bonne raison pour exister.
Kono uta ni imi wa aru no ?
Cette chanson a-t-elle un sens ?
Kono uta ni imi wa nai yo
Mes rimes n'ont aucun sens
Kono uta ni tsumi wa aru no ?
Cette chanson a-t-elle un pêché ?
Kono uta ni tsumi wa nai yo
Mes rimes n'ont aucun pêché
1976 – 6eme année
-C'est chouette de pouvoir faire nos devoirs ensemble, hein ?
James rayonnait littéralement, comme un petit chien remuant frénétiquement sa queue de bonheur.
-Ce n'est pas pour ça que je sortirais avec toi, répliqua aussitôt Lily d'un ton blasé, le nez penché sur son parchemin qu'elle remplissait avec application.
-Non, je disais ça… Je disais rien…
Percevant les gloussements d'un groupe de filles près d'eux, il passa machinalement une main dans ses cheveux pour les ébouriffer avant de se faire une raison et de se concentrer lui aussi sur son manuel. Il ne fallait pas croire : les Maraudeurs mettaient un point d'honneur à bien travailler en cours et en dehors, même si cela leur valait parfois de courtes nuits. Il y avait deux raisons à cela : Les professeurs leur passaient plus facilement leurs frasques. ET il leur fallait de grandes connaissances pour mettre au point certaines de leurs blagues. Sans compter le projet M –le projet Carte des Maraudeurs- qui leur avait valu des heures et des heures à compulser des manuels de sortilèges de la 4eme à la 5eme année.
Intelligent, brillant et incroyablement modeste, James essayait de faire comprendre à sa fleur d'amour, et ce par tous les moyens possibles, qu'il était son âme sœur. Quel dommage cependant que le professeur Slughorn ne l'ait pas lui aussi intégré à son club, juste parce qu'il avait une querelle de potioniste avec son père. Il enrageait de voir qu'elle allait à son bal « privé » avec cet imbécile d'Henri Higgins, un serdaigle aussi intéressant qu'un crapaud dans un bocal.
Cependant, au bout d'une heure de travail studieux, il commença à s'ennuyer, parce que, bon, patience, TDAH, présence de Lily, tout ça, ça ne fait pas bon ménage. Il poussa dans un coin toutes ses affaires pour se coucher à moitié sur la table, penché vers la jeune fille qui leva ses magnifiques yeux verts vers lui, intriguée.
-Mais pourquoi tu ne sortirais pas avec moi ? On va super bien ensemble ! Tout le monde trouve qu'on ferait un couple génial !
Il fut satisfait de voir qu'elle rougissait et remettait nerveusement une mèche derrière son oreille.
-L'une des raisons est que tu écoutes beaucoup trop « tout le monde », Potter.
-Qu'est-ce que tu veux dire par là ?
-Tu fais beaucoup trop attention à ce que pensent les gens de toi. Tu veux toujours être aimé de tous, mais en faisant ça, tu ne crois pas que tu écrases ta propre personnalité ?
James ne croyait pas que sa propre personnalité était une chose belle et digne d'être protégée comme le faisait certaines personnes, il voyait le regard des autres comme un frein au danger qu'il représentait. Il ne possédait pas de barrière naturelle comme la plupart des gens pour lui dire quand il fallait arrêter, la faute à ses parents qui ne lui avaient placés aucune limite.
-Je ne suis pas sûr que ma personnalité te plaise…
-Effectivement, approuva Lily. Je mentirais si je disais que je ne te trouve pas charmant, mais j'ai l'impression qu'il s'agit juste de l'image du James Potter qui appartient à tout le monde. Un mensonge. Et même si Severus et moi ne sommes pas en très bon termes en ce moment, je ne peux pas oublier la façon dont toi et tes amis le maltraitent. Ce côté-là de ta personnalité, Potter, même s'il obtient l'approbation de certain, il est juste moche.
Une gifle, c'était exactement l'effet que ça faisait et James se retira, se rasseyant correctement sur sa chaise, le visage fermé.
-Si tu savais ce que ce type fait, tu ne le défendrais pas ainsi.
-C'est un être vivant, pas un de tes jouets. S'il fait quelque chose de mal, tu dois en avertir les professeurs et les laisser agir, pas faire ta propre justice comme la brute que tu es.
-Tss les professeurs n'arriveront pas à le coincer en flagrant délit, il est rusé et fouineur comme un renard. En ce moment il est constamment en train de nous épier, c'est juste insupportable.
-Tu te fais certainement des idées…
-Il me déteste parce que je suis intéressé par toi. Il est jaloux ! Il te voudrait pour lui ! Il faut que tu réalises à quel point il pourrait être dangereux...
-Ecoutes c'est faux. Tu le sais, il me l'a dit, je le dégoute, il ne veut plus être vu avec moi ! Donc ça ne sers à rien de parler de ça. Fous lui la paix, il te laissera tranquille en retour !
Elle semblait désespérée, comme réellement touchée que cette immonde limace ne vienne plus baver à côté d'elle. Vraiment, il ne comprenait pas ce que Rogue pouvait avoir de si bien ! Surtout par rapport à lui !
Il n'était pas beau, il avait un caractère sinistre, il n'était pas du tout sportif, un vrai rat de bibliothèque ! Et en plus il n'était pas si impressionnant que ça en cours, à part peut-être en potion. Il n'était même pas riche, sa famille était des plus inconnues… Et en plus voilà qu'il étudiait en secret la magie noire ! Donc non, vraiment, Rogue n'avait rien pour lui !
-Je ne te comprends vraiment pas, lâcha James en fixant Lily qui baissait les yeux, l'air peinée.
-Je sais, je suis une fille difficile. Chacun ses défauts, hein ! Le garçon le plus populaire de Poudlard en pince pour moi et je le rejette. Je vais me faire lapider en place public, mais Potter, vraiment, je préfère les choses vraies, même si elles sont désagréables. Je n'ai pas envie un jour de me réveiller et de découvrir que l'homme à mes côtés est un inconnu. Alors… Tu devrais peut être arrêter de t'accrocher à moi… Ça ne nous fait que du mal.
Rangeant en vitesse ses affaires, elle quitta la bibliothèque en le laissant tout seul à sa table, décontenancé et misérable.
Finalement c'était une journée pourrie aujourd'hui.
Jetant un coup d'œil aux hautes fenêtres en ogives, il se rendit compte qu'il était aussi l'heure pour lui de partir afin de rejoindre ses amis et se préparer à se rendre dans la Cabane Hurlante. Il allait jouer à « qui se fait toucher par le loup-garou », puis en fin de nuit, profiterait de cette superbe pleine lune pour aller courir dans les bois. S'épuiser pour oublier.
Oublier que Lily semblait l'avoir définitivement rejeté en lui renvoyant son masque dans la gueule. Ce qu'elle avait dit n'était pas totalement faux, mais il n'empêchait que cela l'avait blessé. Elle aurait pût enrober un peu… Ah, non, pas Lily, pas cette fille à la franchise lumineuse. Trop sérieuse, trop honnête, trop lèche-botte avec les professeurs, et parfois faible… Comme avec Rogue.
Il finissait de ranger ses affaires quand Sirius lui sauta dessus, la carte des Maraudeur dans la main. Son ami était des plus excités, ses yeux brillant de malice et James sût qu'il avait fait un sale coup à quelqu'un.
-Je connais ce regard et laisse-moi te dire d'abord que je me sens trahis que tu te sois amusé sans moi, mon amour !
-Oh mon cher, navré de briser ton petit cœur fragile, mais tu étais trop occupé à essayer de me tromper avec Miss pureté pour ça !
Ils étaient dans leur petit délire perso, c'était le gros problème avec Sirius : quand il était avec lui, il pouvait aller très loin dans l'idiotie.
-Bon eh bien, qu'as-tu donc encore fait ? Lui demanda-t-il en faisant mine d'être indigné.
-Sache que pour une fois j'étais bien tranquille, à draguer Willane, et que je ne pensais pas le moins du monde à mal. J'ai regardé seulement discrètement notre carte pour voir s'il n'y avait pas une classe vide dans le coin pour… Tu vois… Etre plus tranquille.
-Ouais, je vois complétement.
James lui décocha un grand sourire taquin.
-Et voilà pas que je découvre que Servilus était en train de m'espionner depuis le renfoncement d'une fenêtre. Ça m'a vraiment tapé sur les nerfs à ce moment, alors je suis allé lui dire ce que j'en pensais de ses manières !
-Tout seul ? Ce n'était pas très prudent…
-Oh, Jamie, on parle de Servilus, en plus Willane était dans le coin. Si tu veux savoir on s'est même pas lancé de sort, juste de très agréables formules de politesses comme tu peux te l'imaginer (James leva les yeux au ciel), puis j'ai eu une idée pour le guérir complètement de cette manie qu'il a de nous suivre à la trace en ce moment !
-Ah oui ? Je suis curieux de l'entendre.
-Je lui ai juste parlé du passage secret du Saule Cogneur !
Le sourire de James s'effondra immédiatement, regardant son ami avec des yeux exorbités d'incrédulité.
-T'AS FAIT QUOI ?! Ne put-il s'empêcher d'hurler en agrippant ses épaules.
-Oh ça va… Il va juste avoir la trouille de sa…
-Remus va le découper en petits morceaux !
Horrifié, James ne pouvait s'empêcher de voir devant ses yeux un corps mutilé et ensanglanté, puis les yeux du si doux Remus hanté par la culpabilité et le dégout de lui-même. Il n'arrivait pas à croire que Sirius ait fait une chose aussi stupide !
Lui arrachant la carte des mains, paniqués, il se mit à courir comme un dératé vers le parc, ignorant les cris surpris et décontenancés de son presque frère.
Le cœur battant à tout rompre, il se rendit compte que contrairement à ce qu'il avait toujours cru… James Potter avait bel et bien des limites.
[benzene] ni imi wa aru no ?
[benzene] a-t-il un sens?
[benzene] ni imi wa nai yo
[benzene] n'a aucun sens
[benzene] ni tsumi wa aru no ?
[benzene]a-t-il un pêché ?
Kono uta no imi wa…
Le sens de cette chanson est…
[benzene]
1974 -4eme année
Cours de potion. Lily Evans encore en train de faire de la lèche au gros Slughorn. Il ne savait pas pourquoi mais cette vision l'exaspérait. L'entendre rire discrètement aux commentaires de ce pervers… Collectionneur de talent qu'il disait ! Pff, pédophile puant oui !
James fit part de sa remarque à Sirius qui coupait des racines et ce dernier se mit à glousser un peu fort.
-Potter ! Black ! Les rappela doucement à l'ordre le professeur alors qu'Evans revenait à sa place, à côté de l'immonde Servilus, tout en leur faisant les gros yeux.
James lui décocha un grand sourire et récolta deux regards noirs avant que les fayots se remettent diligemment à leurs potions. Il les observa un moment, reniflant sarcastiquement en constatant que son petit Servy semblait au septième ciel dès qu'il avait à parler à la jeune fille ou lorsque leurs mains se frôlaient par mégarde.
Les premiers émois amoureux de Mr-cheveux-graisseux. DE-GOU-TANT. Sirius lui donna un coup de coude et jetant lui aussi un regard au couple, se mordit la lèvre avant d'appuyer doucement sur une de leurs cuillères de mesure, imitant ainsi un mouvement grivois que les jeunes garçons de leurs âges comprenaient sans avoir à dire un mot.
Ils éclatèrent à nouveau en ricanement qu'ils ne purent retenir, se penchant l'un sur l'autre pour éviter d'être remarqué, et de fait, leur professeur était trop occupé au dernier rang. Ce n'était cependant pas le cas de tout le monde. Remus et Peter derrière eux étaient intrigués, et surtout ils avaient de nouveau attirés l'attention d'Evans et Rogue qui les foudroyaient du regard.
Mais il n'y avait rien à faire : lorsque James et Sirius les regardèrent à nouveau, ils replongèrent dans une crise de fou rire, leur faisant bien comprendre que c'était effectivement d'eux qu'ils se moquaient.
Se drapant dans leurs dignités, ils se mirent alors à tenter de les ignorer. Malheureusement pour eux, James n'avait pas envie de lâcher l'affaire. Déchirant un bout de parchemin, il se mit à griffonner dessus avant de le plier et de s'approcher du bord de la table.
-Pssit Evans…
La rousse se retourna vers lui, furieuse, et il lui lança son petit bout de papier sur le bureau tout en souriant de toutes ses dents. Il ne la lâcha pas un instant du regard, et il ne fut pas déçu.
A peine le papier déplié, Lily Evans sembla s'embraser sur place comme une botte de paille. Ses joues se foncèrent d'une forte couleur rouge alors qu'elle froissait le mot dans ses doigts. James fut presque triste de voir son œuvre d'art ainsi traitée ! Enfin ! Il avait dessiné un petit Rogue au nez crochu avec une belle érection suivie de la légende : « Servilus quand Evans le touche ».
Sirius et lui s'effondrèrent sur leurs tables pour étouffer leur fou rire alors que Rogue leur lançait un regard des plus assassins. Evans, mortifiée, n'osait plus regarder ni les garçons, ni son ami, restant les bras bien collés contre son corps, surveillant juste la potion qui bouillonnait gentiment devant elle.
Toutefois James et Sirius ne purent pas en profiter plus car le professeur Slughorn fut très mécontent de voir qu'ils ne travaillaient pas le moins du monde et leur colla une retenue avant de les jeter hors de sa classe.
Enfin libéré des convenances, les deux garçons purent ainsi laisser tout le champ libre à leur hilarité. Remontant les couloirs pour aller se poser quelque part dans le parc, ils refaisaient toute la scène, s'arrêtant particulièrement sur le moment où Servilus avait lui aussi vu le dessin de James, ses yeux semblant sortir de leurs orbites.
-En vrai, tu crois qu'il bande vraiment ? Demanda James alors qu'ils se laissaient tous les deux tomber dans l'herbe, à l'ombre de leur arbre préféré.
-En même temps je préfère pas savoir… Fit Sirius en tirant la langue de dégout. Mais à mon avis son service trois pièces doit pas souvent voir la lumière du jour !
-Ouais, bein ce serait bien si le tien pouvait sortir moins souvent. T'es putain de bruyant quand tu te branle !
-Je contrôle pas quand j'ai envie ! Et c'est toujours dans des moments où j'ai la flemme d'attraper ma baguette pour lancer un sort de silence !
James leva les yeux au ciel.
-… Et puis ça me marre toujours d'entendre Peter couiner en rythme ! Lâcha Sirius avant d'éclater de rire.
-T'es taré ma parole ! Moi entendre Peter ça me couperait la trique aussi sec !
-Je dois être un peu exhibitionniste dans l'âme !
-Franchement !
-En tout cas, toi, t'as une drôle de façon de traiter les filles dont tu es amoureux !
James roula dans sa direction d'un air interdit.
-Je suis amoureux ? Moi ?
Sirius cessa de se marrer devant son air réellement perplexe et le fixa, toujours couché par terre sur l'herbe, ses boucles brunes s'étalant autour de lui.
-Bein… C'est généralement la raison pour laquelle on n'arrête pas de regarder quelqu'un…
James cligna des yeux.
Non, ça n'avait rien à voir… Elle l'avait défiée. Contrairement aux autres, elle ne riait pas de leurs blagues, elle ne le regardait pas lorsqu'il faisait l'intéressant… A chaque fois, elle venait juste pour l'engueuler. Et elle préférait la compagnie douteuse d'une sangsue serpentarde qui semblait se mourir d'amour pour elle. Suffisait de regarder les regards presque suppliants qu'il lui lançait. Genre « Adopte moi, je sais que je suis chétif, plus proche des mollusques que des humains, avec la force d'une crevette anorexique et que j'ai l'air à chaque seconde de vouloir me pendre à une corde, mais je t'aime et je voudrais échanger ma bave avec toi ! »
Berk. Vraiment Berk. Rien qu'à cette idée, il avait envie de noyer Servilus dans le lac pour qu'il éloigne ses sales pattes d'elle.
Cependant, en y pensant, ça n'aurait rien dû lui faire qu'il pose ses sales pattes sur elle, ou qu'il fantasme sur elle… S'il la voyait comme une ennemie ou la méprisait, il aurait dû au contraire s'en réjouir ! Mais non, tout ce qu'il ressentait à la moindre idée des mains de Servilus sur la jeune fille, c'était une sombre colère qui lui donnait envie de dire toutes les horreurs possibles.
Il avait voulu qu'elle soit tellement dégoutée de Servilus qu'elle fuit son contact, et il semblait qu'il avait réussi son coup !
Et à la lumière des affirmations de Sirius, c'était pas juste comme « je peux pas voir ce type en peinture alors je ruine sa vie amoureuse »… Mais… Comme s'il était jaloux !
LUI ! JALOUX ! Ca n'avait aucun sens ! C'était complètement…
-Merde, je suis amoureux d'Evans ! Réalisa brutalement James, l'air complètement perturbé.
-Bein vaut mieux tard que jamais… Commenta Sirius à ses côtés, légèrement blasé.
Soudain le calme chant des oiseaux fut brisé et tous deux sursautèrent, se redressant vivement en position assise. James avait encore quelques brins d'herbes dans sa tignasse brune et il redressa ses lunettes pour voir un missile rouge lui foncer dessus.
-POOOOTTTTEERRRRRRR !
-Tiens et voilà ta chère et tendre…
Pour la première fois de sa vie, James se sentit un peu mal à l'aise, ne sachant pas vraiment comment affronter la situation et il déglutit avec la mine misérable d'un chien qui a fait une bêtise.
Quand Evans fut face à eux, il ne put afficher ni sourire moqueur, ni lancer de répliques impertinentes. Rien. Il se contentait de la détailler comme s'il ne l'avait jamais vu avant aujourd'hui, cela décontenança un peu la jeune fille, qui se reprit cependant assez vite :
-CE… CE QUE TU AS FAIT EN POTION ! C'ETAIT… HORRIBLE ! TU N'ES VRAIMENT QU'UN OBSEDÉ ! Lui hurla-t-elle dessus. SI TU REFAIS CA… JE…. JE LE MONTRERAIS A UN PROFESSEUR !
C'était un peu minable, d'ailleurs Sirius le pensait si fort que ça se voyait sur son visage, mais comme semblant respecter la révélation de son meilleur ami, il resta silencieux. James aussi, durant quelques minutes du moins, avant de répondre alors qu'il avait l'air encore un peu sonné, dans le genre plus brut de décoffrage on ne le faisait pas :
-Je suis amoureux de toi.
Alors là, ça eu pour réaction de laisser tous les spectateurs de l'altercation sur le cul, sauf Sirius qui se frappa violemment le front de la main, désespéré.
-Jamie, faut vraiment que je souligne le mot « subtilité » dans ton dictionnaire… Soupira-t-il.
-Que… Que… QUOI ?! S'exclama Evans avec un geste de recul, sa colère s'évanouissant en un instant pour laisser place à des rougeurs plus appropriées.
Pendant un bref instant, James se désintéressa de l'objet de ses pensées pour observer autour de lui. Ses yeux furent attirés presque sans son contrôle sur Severus Rogue qui au loin le regardait avec fureur, les mains crispé sur un de ses sacs comme s'il s'agissait de son cou. La haine brulante du serpentard le fit tressaillir un moment, avant qu'il ne revienne vers Lily qui semblait reprendre ses esprits.
-Arrêtes de te moquer de moi Potter !
Avant même qu'il ait pu ouvrir la bouche pour la détromper, elle avait tourné les talons et se précipita presque vers son affreux ami.
James plissa les yeux, observant avec colère l'autre étudiant l'accueillir avec un sourire tordu sur le visage, passant un bras en travers de ses épaules pour sans doute prétendument la consoler.
Si James avait été un loup-garou, il l'aurait aussitôt égorgé et déchiqueté, mais comme il n'était qu'un humain, il força un sourire moqueur sur ses lèvres et se laissa plaindre et consoler par les autres élèves.
La rousse pouvait s'enfuir si elle le voulait, il courait plus vite qu'elle. Et au passage… Il s'arrangerait pour piétiner Severus Rogue !
A suivre…
J'avoue avoir lu très peu de fics sur le couple James/Lily, généralement ils ne sont pas le couple principal et sont plus comme un espèce de running-gag : James déclare son amour, Lily l'envoi chier… Je devrais peut être en lire une pour une fois (Quelqu'un en aurait une bonne à me proposer ?). Du coup je ne sais pas si la vision que j'en fais est semblable ou non à ce que d'autres ont écrit (mis à part le côté Severus évidemment).Mais j'imagine que c'est habituellement plus romantique ! Désolé, pour moi « fin du collège » et « romantisme » avec un point de vue de mec, nope, désolé, pas compatible !'Fin, n'hésitez pas à me dire ce que vous pensez de ces « Maraudeurs » !
Bon vis-à-vis de la chanson, l'une des théories concernant le mot « Benzene » est qu'il remplace le mot « Jalousie » et c'est comme ça que je l'ai pris. Il ne reste plus qu'une partie à cet « hors-série »où vous aurez le fin mot de l'histoire... La relation avec Severus, le mariage avec Lily, et Harry dans tout ça ?
