Mot de l'auteur : Ce chapitre est LONG, approche de la quarantaine de pages word, mais je ne pouvais pas séparer tous ces événements sans grogner de mécontentement, donc vous avez tout en bloc (ouais je grogne, particulièrement le matin).
Sinon dans un esprit tout à fait différent : Par Godric, Salazar, Serdaigle et Poufsouffle réunis ! Vous êtes de plus en plus nombreux à suivre cette histoire et je vous en remercie. Je vous fais même des câlins virtuels tiens ! Ahlala pression pression, il faut que je vous écrive des trucs biens ! Et je n'oublie pas de saluer toutes les personnes qui laissent des reviews que ce soit pour grogner (eux aussi) ou pour réclamer la suite !
Chapitre 28 : La notre
Manoir Malefoy – 1986 -Début de La Saison[1]
-Tu es conscient de l'importance du moment ? Demanda sa mère en lissant ses cheveux sur sa tête afin qu'ils tombent parfaitement de chaque côté de son visage. Tu as désormais 6 ans, tu peux assister aux réceptions…
-Oui, je sais. Je ferais honneur à Père et à notre famille, répondit pompeusement Drago en levant le menton, fier comme un paon.
-Je n'en ai aucun doute mon adoré.
La jeune femme s'assura une dernière fois qu'il présentait bien, de ses souliers cirés au tombé de sa robe de sorcier cousue sur mesure. Il était si mignon son petit dragon dont les yeux étincelaient d'impatience, un sourire confiant copié à son père sur les lèvres, qu'elle dût se retenir pour ne pas l'attraper dans ses bras et le serrer contre elle.
A la place elle le gratifia d'une petite caresse sur le nez qui les fit glousser. Drago se reprit cependant bien vite, conscient qu'à son âge, un garçon ne devait plus laisser ce genre de bruit sortir de sa gorge. C'était inconvenant.
Il reporta à nouveau son attention sur la double porte fermée qui lui faisait face.
Narcissa réalisait bien qu'il s'agissait de son premier bain de foule. Jusqu'ici l'enfant avait été tenu à l'écart du monde extérieur, ne fréquentant que des personnes triées sur le volet pour son éducation, en plus des membres de sa famille.
Il n'avait même jamais été mis en présence d'autres enfants.
-Ecoutes, une fois dans la salle de bal, si tu as peur…
-Un Malefoy ne montre jamais sa peur, répéta Drago en singeant un peu exagérément l'intonation de Lucius.
-Certes, mais dans tous les cas, tu peux rester près de moi.
-Ou de Père ? Demanda-t-il avec espoir.
-Evites de rester dans les robes de ton père, il doit parler avec des personnes importantes alors ne le dérange pas. Hormis évidemment s'il t'appelle. Dans ce cas-là, presse-toi dans sa direction. Mais sans courir ! Les garçons de bonne famille ne courent pas. Le mieux est sans doute que tu restes dans son champ de vision pour pouvoir venir à sa rencontre d'un pas assuré sans le faire attendre.
Drago hochait la tête à chaque consigne et fronçait des sourcils, concentrés. Il ne fallait surtout pas déplaire à Père.
-Et surtout n'oublies pas mon fils, tu es privilégié, personne ne peut te dénier cela. Nul n'a le droit de te déprécier sans ton consentement [2]. Tu es Drago Lucius Malefoy, un futur grand sorcier, sang-pur depuis des générations et issu des deux plus excellentes familles de Grande Bretagne.
L'enfant lui rendit un sourire satisfait et la porte s'ouvrit enfin. Il papillonna un instant des yeux, aveuglés par les fortes lumières que jetaient les trois lustres de cristal avant de rester ébahi par la foule présente dans la salle de bal. Jamais il n'avait vu autant de sorciers… Jamais il n'avait CRU qu'il existait autant de sorcier !
Finalement plus qu'un peu intimidé, il accrocha instinctivement une main à la robe de sa mère et la suivit au milieu de nombreuses dames en robe de soirée. Il se détendit néanmoins peu à peu lorsqu'il se rendit compte que les autres sorcières n'avaient que des compliments pour lui et s'enhardit même à faire la discussion, savourant les regards approbateurs autour de lui.
Puis finalement, un peu lassé d'être traité comme une jolie poupée, il se mit en quête du groupe des hommes et les trouva disséminé dans les coins de la salle, discutant en cercles. C'était sans difficulté qu'il repéra la silhouette altière et les magnifiques cheveux longs de son père et s'immobilisa à un endroit stratégique en attendant impatiemment qu'il lui fasse un signe.
Dérivant son regard sur la salle, il se trouva cependant bien plus fasciné par des personnes qui n'étaient ni des hommes, ni des dames… Mais des enfants ! Comme lui !
Un instant cela le choqua un peu, étonnement il s'était persuadé être l'unique enfant sorcier existant, les autres n'apparaissant que dans les histoires et les mythes, et était décontenancé que ce ne soit pas le cas. Il se consola en se disant que LUI était encore plus exceptionnel qu'eux, puis son regard s'arrêta particulièrement sur l'un des petits sorciers. Il était plus étrange que les autres car sa peau, à la place d'arborer des tons beiges et rosés, était d'un marron foncé qui rappelait la couleur du chocolat.
Tout comme lui il était tout seul dans son coin, semblant fixer le paysage à travers les fenêtres, la silhouette droite et fière comme s'il défiait qui que ce soit de lui reprocher quoique ce soit. Par effet de mimétisme, Drago releva lui aussi son menton parce qu'il trouvait que cela donnait une belle allure au garçon.
Il semblait sauvage et indéchiffrable, ce qui l'intrigua hautement… Tout en l'effrayant.
Soudain, une femme à la peau aussi brune, belle comme une reine de conte de fée dans une large robe à la pompadour bleu lagon marcha devant le garçon et avec un rictus, passa une main le long de sa mâchoire en ce qui aurait pu passer pour une caresse si l'enfant n'avait pas eu l'air de fuir ce geste dans un mouvement de répulsion, détournant le visage.
La femme émit un petit rire avant de s'éloigner vers un groupe d'homme comme si rien ne s'était passé. C'est à ce moment-là que leurs regards se croisèrent et que Drago fit un geste vers lui, bien décidé à rejeter sa peur pour l'aborder.
Une main sur son épaule l'arrêta dans son mouvement et il découvrit son père qui s'était finalement déplacé vers lui. Drago lui sourit, mais Lucius se contenta de regarder vers le garçon solitaire en fronçant les sourcils avant de revenir vers lui :
-Ce garçon est le jeune Zabini, ce n'est pas une bonne compagnie pour toi.
-Pourquoi ? Vous l'avez pourtant invité…
Lucius eut un rictus de mépris avant de caresser légèrement l'épaule de son fils.
-C'est vrai, je l'ai fait. Parfois nous nous retrouvons obligés d'inviter certaines personnes, mais cela ne veut pas dire pour autant qu'elles sont de bonnes fréquentations. Les Zabini ont du poids politique et financier, mais aucuns titres.
-Ce ne sont pas des nobles ?! S'indigna Drago avec un geste de recul, ayant l'impression d'avoir été trahis sans même avoir pourtant parlé avec l'enfant.
Il se félicitait que son père l'ait arrêté avant qu'il ne fasse quelque chose comme respirer le même air ou toucher un garçon du commun.
-Seulement dans leur pays d'origine et uniquement du côté paternel. Le côté maternel est encore pire. Certains membres du Ministère ont laissé entendre que les Ashford descendraient d'esclaves appartenant à des moldus… Je crois que l'on ne peut pas tomber plus bas dans la vicissitude et le déshonneur pour un sorcier. Alors ne te fie pas simplement aux paroles de personnes se prétendant de sang pur… Il te faudra toujours te renseigner pour savoir à qui tu as vraiment à faire Drago.
-Oui, je m'en rends bien compte Père.
Lucius le détourna de l'enfant et lui tapota affectueusement la tête, montrant ainsi son approbation.
-Maintenant je vais te présenter des enfants provenant de la meilleure noblesse, convenant bien mieux comme compagnon de jeu… Ah les voilà ! Gregory Goyle et Vincent Crabbe! Venez tous les deux que je vous présente !
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Present
Mrs Pomfresh avait vu des bataillons d'élèves se présenter dans son infirmerie. Après tout, cela ne faisait pas moins de quarante-cinq années de bons et loyaux services, elle avait donc eu toute l'occasion de classer en plusieurs types les élèves.
Tout d'abord, les meilleurs : ceux qu'elle n'avait vu en tout et pour tout qu'une seule fois, lors de la visite médicale obligatoire en première année et qui s'étaient ensuite débrouillés pour rester intact les sept années suivantes, ce qui pour un étudiant en sorcellerie était vraiment un exploit. Suivaient les occasionnels, ceux qui n'avaient, malgré toutes les précautions, pas pu éviter une morsure de plante, une explosion de scroutt, un débordement de chaudron ou un sort maladroit. Et il s'agissait là, malgré tous ses grommellements, de la majorité de Poudlard.
Et là on en venait aux « habitués ». Il y avait les « mensuelles », comme elle les appelait, celles qui n'avaient pas été gâtées par Mère Nature et qui souffraient à chaque menstruation de douleurs handicapantes. Un peu dans le même genre, il y avait les anxieux chroniques, avec une catégorie tout particulière pour les « Roguophobe » avec les pauvres enfants qui piquaient des crises de nerfs avant chaque cours du professeur cité, peu importe la matière qu'il enseignait. Suivaient les maladroits, ceux qui collectionnaient les blessures, dont certains les plus improbables qu'elle ait jamais vue. Neville Londubat avait ainsi était un de ses résidents presque quotidien durant ses premières années.
Et puis il y en avait deux autres. Deux autres qu'elle n'aurait plus jamais voulu voir dans son domaine :
Drago Malefoy, alias le malade très souvent imaginaire, ainsi que l'enfant le plus désagréable à guérir qu'elle connaissait et Harry Potter qui avait la mauvaise habitude de lui revenir en morceaux sans pour autant tenir en place.
Ces deux-là venaient d'ailleurs souvent par paire, mal au point après leurs célèbres disputes qui dégénéraient toujours en bagarre… Et alors elle les plaçait sur deux lits opposés où ils faisaient en sorte de s'ignorer mutuellement en boudant… Habituellement.
C'est pourquoi elle bloqua durant au moins cinq minutes en découvrant les deux jeunes hommes couchés dans le même lit, leur fille entre leurs deux corps. Comme elle savait Harry complétement ligoté, elle ne pouvait se tromper sur le responsable de cette initiative qui, en fait, semblait enroulé autour du brun d'une façon très protectrice, un bras en travers de son torse, l'autre encerclant leurs deux têtes appuyées l'une contre l'autre.
Elle ne réussit pas à retenir le gloussement qu'une telle vision lui inspira. Aussi aberrant que cela était, ça n'en était pas moins adorable et très réconfortant pour la suite de leur relation.
Silencieusement elle effectua ses tâches quotidiennes, avant de se retrouver obligée de réveiller ses deux pensionnaires. Par respect pour l'honneur tatillon de Drago Malefoy, c'est lui qu'elle réveilla en premier en le secouant doucement par l'épaule.
-Mr Malefoy… Réveillez-vous, le petit déjeuner va être servi dans quelques minutes.
Le jeune homme fronça des sourcils et gémit un peu avant d'ouvrir des yeux qui s'écarquillèrent en découvrant le visage de son vis-à-vis à quelques centimètres du sien. Avec intelligence, l'infirmière l'empêcha de se reculer brusquement en gardant sa place au bord du lit.
-Faites attention, Evangeline est contre votre poitrine, vous risquez de l'attirer avec vous par terre.
Il s'immobilisa alors et sans un mot hocha de la tête tout en ramenant ses bras vers lui, attrapant le bébé pour se redresser et s'asseoir.
-Je ne me suis pas rendu compte que je m'endormais, lâcha t'il nonchalamment comme pour lui faire croire que tout ceci n'était qu'une erreur et absolument pas calculé.
Mais ce n'était pas à un singe qu'on apprenait à faire la grimace et Mrs Pomfresh connaissait trop bien les serpentards pour se faire avoir.
-Mais oui, mais oui Mr Malefoy ! Chantonna-t-elle sans en penser un mot tout en faisant le tour du lit pour réveiller son patient.
-Mr Potter… Mr Potter… Il faut vous réveiller, c'est l'heure de votre potion.
Elle aperçut du coin de l'œil l'autre étudiant remettre ses chaussures, récupérer le sac d'Evangeline et disparaitre comme pour éviter d'avoir à s'expliquer. Cela lui arracha un soupir alors qu'Harry se réveillait difficilement en marmonnant quelque chose d'incompréhensible.
La seule chose contre laquelle ces enfants se battaient désormais, c'était leur orgueil et leur timidité… Toutes les deux maladives !
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Lorsque Drago revint à son dortoir, il oublia totalement d'exprimer son indignation et sa colère envers son traitre de meilleur ami, passant devant lui sans le voir pour attraper des vêtements, le cosy d'Evangeline et aussitôt repartir en direction de la salle de bain des préfets.
Son esprit était complètement obnubilé par ce qui s'était passé pendant la nuit. Evangeline, la discussion avec Potter, à cœur presque ouvert…. Bon, ok, à cœur totalement ouvert. Chose normalement inconcevable, mais lorsqu'il se retrouvait avec le brun, il semblait comme attiré par ce genre de chose, comme si ses yeux verts l'incitaient à se comporter comme un idiot sentimental.
Vraiment sur le moment ça semblait toujours être une excellente idée, mais après, loin de cette navrante influence, il s'en mordait toujours les doigts. Parce que franchement, c'était juste une horrible idée de donner sur un plateau ses faiblesses, ses peurs et ses espoirs ! C'était comme creuser sa propre tombe, donner le bâton pour se faire battre !
« Tiens écoute Potter, je vais te dire exactement tout ce que tu dois savoir pour me blesser ! »
Plongé jusqu'à la poitrine dans l'eau chaude, les bras appuyé au rebord et la tête posée dessus, il fixait Evangeline qui dormait encore dans son couffin, l'air apaisée et innocent.
Même avec ses sentiments, c'était si difficile de jeter derrière lui sept ans et quelques mois de conditionnement fait de prudence et de méfiance envers Potter. Il avait beau savoir qu'il lui avait promis d'être de son côté, et plus, qu'il faisait partie comme il l'avait dit, de sa « sphère privée » - et il frissonna de désir à ces simples mots- il n'arrivait pas à ne pas être inquiet.
Il guettait sans cesse le moment où quelqu'un allait lui dire que ce n'était qu'une farce pour qu'il se prenne le retour de bâton royalement dans la figure.
C'était vraiment plus fort que lui.
Alors qu'il rêvassait, il se permit toutefois un petit sourire en se rappelant pendant une fraction de seconde le visage de son fiancé endormi, si sérieux, les sourcils légèrement froncés. Etait-il en train de rêver quand l'infirmière les avait réveillés ? A quoi donc pouvait rêver un sauveur sorcier ?
En tout cas, il s'habituerait sans difficulté à ce genre de scène au réveil…
*Dans quelques semaines maintenant, nous serons mariés et nous aurons une semaine en tête à tête avant la reprise des cours… Mon futur n'a jamais été aussi incertain et mystérieux qu'en ce moment…* Songea-t-il un peu exalté en se retournant, regardant sans vraiment les voir les différents vitraux colorés aux décors sous-marin que Poudlard avait créé en remplacement de la sirène.
Ce sacré château avait décidé de ne rien refaire totalement à l'identique, ce qui faisait que parfois Drago se retrouvait à se demander où il était, ne trouvant rien de familier autour de lui… Heureusement il était loin d'être le seul à s'être perdu au début de l'année.
Mais s'il devait faire une comparaison, cette situation était à l'image de toute son existence actuelle : il ne reconnaissait plus rien. Ce qui l'entourait, qui étaient ses amis ou ses ennemis, puis sa propre personne en premier lieu. Pendant 17 ans on l'avait fait marcher sur une route toute tracée, entretenue, bordée de barrière pour qu'il ne dévie pas un instant, puis celle-ci avait été détruite et il avait été obligé de s'installer sur un autre chemin, un truc en terre, avec des cailloux et des mauvaises herbes, et surtout il n'avait pas la moindre idée de l'endroit où il le menait. Chaque jour était une surprise et pour quelqu'un habitué à connaitre sa destination, c'était très inquiétant… Mais aussi libérateur et intriguant.
Finalement il jugea qu'il s'était assez caché, d'autant plus qu'il tenait à prendre un petit déjeuner.
Frais et habillé, il se dirigea vers la grande salle en espérant ne pas s'attirer des regards moqueurs à cause d'Evangeline (même le miroir lui avait lancé qu'il était parfait mais pas crédible pour deux noises) mais fut arrêté net dans l'entrée par Rogue qui le happa au passage, se tenant apparemment là en embuscade.
Son professeur le tira avec lui jusque dans un renfoncement sans prendre en compte ses récriminations.
-Par l'enfer Mr Malefoy, où étiez-vous ? Cela fait presque une demi-heure que je vous attends !
- Que se passe-t-il professeur ? Répliqua Drago sans répondre, considérant que ses interactions avec son futur époux ne le regardaient en rien.
-Nous avons à faire à une machination, je ne puis vous en dire plus pour le moment, mais nous avons appris hier soir qu'un comité du Ministère viendrait en fin d'après-midi pratiquer des tests sur Evangeline.
-QUOI ?! Ne pût s'empêcher d'hurler le blond, provoquant le réveil de sa fille et par voie direct de conséquence, ses pleurs.
Plus agacé par la nouvelle que par la petite, il tenta de la bercer en secouant légèrement le couffin, sachant cependant qu'elle devait plus certainement avoir faim, car il avait dépassé l'heure où il voyait habituellement Potter ou Granger lui donner son biberon du matin.
-Mais c'est pas genre illégal ? Continua-t-il.
-Si, mais et de 1, ces tests ont lieu pour rassurer la population persuadée qu'Evangeline est une créature maléfique produite par les Malefoy, pièce maîtresse dans leur plan visant à marier leur héritier avec le Sauveur Sorcier ou de l'assassiner afin de venger le Seigneur des Ténèbres et de s'emparer de sa fortune…
Drago fut un peu impressionné par tous le mépris et le sarcasme que pouvait contenir la voix de son professeur.
-Sûr que mes parents semblaient totalement extatiques au début…
-J'espère que vous êtes conscient que votre père ne l'est toujours pas ?
-Oui mais je crois qu'il est amoureux d'Evangeline, la dernière fois il ne voulait plus la laisser à Maman, alors ça compense.
Severus eut un bref sourire à ce souvenir. Il était vrai que ce pauvre Lucius, bien aidé par l'alcool, ne voulait plus se séparer de sa petite fille et que la lui arracher pour rentrer à Poudlard avait bien faillit se finir en duel sorcier.
-Hum, bref… De 2 la malchance a voulu que votre futur époux et l'autre père d'Evangeline soit LE Potter, Survivant, Elu, Grandiose Sauveur, ce qui signifie que tous les sorciers d'Angleterre penseront toujours avoir leur mot à dire en ce qui le concerne. Donc aussi illégal que ce soit, il n'y a, je le crains, rien à faire.
Drago n'était pas vraiment de cet avis et fronça des sourcils en calculant combien de temps il lui restait pour concocter un plan ou une alternative convenable.
Il était après tout un Malefoy et il n'était pas dit qu'il obéirait servilement aux ordres du Ministère.
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*Merde, je me suis perdu !*
Blaise grommela contre Poudlard et ses escaliers incontrôlables alors qu'il remontait un couloir des plus hors sujet dans une école car il n'offrait aucune porte menant à des salles de cours, mais un alignement de grande poteries et les seules fenêtres présentes donnaient sur des murs, n'offrant qu'une faible luminosité.
A la demande du professeur Rogue il s'était mis à la recherche de son meilleur ami passé en trombe dans son dortoir alors qu'il était encore en tenue de nuit, pour repartir aussi sec. La destination était évidente : la salle de bain des préfets… Sauf que Blaise s'était perdu.
Ce contretemps l'agaçait car il aurait bien aimé taquiner son ami sur le fait qu'il avait évidemment découché… Et parier avec Pansy une certaine somme de galions sur l'identité du lit où il avait atterri.
Quoi ? Chacun avait ses petits plaisirs ! Avoir une vie amoureuse était une prise de tête pas possible, mais chez les autres c'était assez amusant !
Il s'arrêta brusquement en percevant un léger son de pleurs. Curieux, il s'avança le plus discrètement possible vers sa provenance et fut assez surpris de découvrir une jeune femme recroquevillée entre deux pots qui la cachaient.
Surtout qu'à première vue il s'agissait de Ginevra Weasley.
Il se racla la gorge et les épaules de la fille se crispèrent avant qu'elle ne relève lentement son visage d'entre ses bras. Ses yeux larmoyants se firent brusquement accusateurs.
-Et merde, sur 200 élèves, pourquoi il fallait que ce soit un serpentard ? Marmonna-t-elle en décidant apparemment qu'elle ne voulait pas le voir puisqu'elle replongea sa tête dans son giron.
-Euh… Dis-le si je te dérange… Emit Blaise, sarcastique.
-Ecoutes, fous-toi de moi tout ton content et continue ta route, ok ?
Blaise se contenta de regarder autour de lui, mal à l'aise, n'arrivant pas à se décider sur ce qu'il devait faire. D'un côté il s'agissait d'une gryffondor, donc il pouvait très bien passer son chemin… D'un autre, sa curiosité de serpentard l'interdisait de faire l'impasse sur un ragot.
Mais c'était une fille qui pleurait. Et si une fille qui pleurait ça transformait les gryffondors en lavette sans volonté, lui ça lui donnait envie de leur jeter des cailloux.
Agacé, il sortit un mouchoir de sa poche et le laissa pendre devant le tas que formait la Weasley.
-Eh la belette, si tu daignais sortir ton museau ?
-QUOI ?! Fit-elle tout aussi agacée de ne pas avoir sa paix, avant de loucher d'un air surpris sur le présent du black.
-Ceci s'appelle un mouchoir, la définition du dictionnaire dit que c'est un morceau de tissu d'utilité hygiénique visant principalement à recueillir les fluides corpo…
-JE SAIS ce qu'est un mouchoir ! Merci ! S'hérissa t'elle en le lui arrachant vivement des mains pour essuyer son visage.
-La précision semblait utile vu ta vitesse de réaction.
Un regard hargneux et injecté de sang lui répondit. Pas très classe la petite beauté des gryffys en ce moment ! Il n'hésita pas à le lui faire remarquer, ce qui n'améliora définitivement pas son état.
Attention, Blaise avait du tact, n'allez pas croire le contraire, mais souvent il trouvait plus amusant d'en être dépourvu, ce qui l'entrainait à dire les choses sans fioritures.
-Mais oui, bien sûr ! Mon monde s'écroule et je suppose que je suis censé sourire, chanter gaiement une balade et donner ma bénédiction ? C'est ce que tout le monde attends ?
Il roula des yeux. C'était donc ça ? La roussette leur faisait une phobie du changement après la perte inattendue de son petit-ami, futur mari et père de ses futurs merveilleux enfants ?
-Faut pas le voir comme ça. Dis-toi plutôt que c'est un nouveau monde qui s'ouvre à toi, avec de nouvelles possibilités, un truc du genre, insère ici un blabla pseudo philosophique à la Dr Melody Flint et évite, s'il te plait, de chanter quoique ce soit…
Son étrange discours la rendit un instant muette, puis elle se reprit en mettant certainement tout cela sur le compte de l'excentricité des serpentards.
-Eh bien je déteste ce nouveau monde ! Répliqua-t-elle avec l'élégance d'un bulldozer.
Avec un ricanement sarcastique il plongea les mains dans ses poches et décida de la laisser là avec sa misère. D'ailleurs il ne savait pas vraiment pourquoi il discutait avec elle ou même essayait de l'aider. Peut-être qu'il s'ennuyait ? Six jours sans cours avec obligation de rester à Poudlard était assez déprimant, mais c'était cela ou bien aller à un salon qui n'avait aucun intérêt pour lui vu qu'il était assez riche pour vivre le reste de son existence sans travailler ET en s'enfilant des cocktails tous les soirs…
Il prit quand même le soin d'avoir le dernier mot alors qu'il s'éloignait :
-Dans ce cas, tu n'as qu'à le changer de façon à ce qu'il te plaise !
Sans même se retourner… Et il aurait peut-être dû car il serait tombé sur le regard de la jeune femme s'illuminant, comme si des nuages s'étaient brusquement écartés du soleil, brillant soudain d'une curiosité et d'un intérêt qui les avaient désertés depuis un moment. Oui, il l'aurait aperçu alors se redresser à quatre pattes et jeter un coup d'œil au-delà de la poterie pour le suivre des yeux jusqu'à un couloir adjacent.
Seulement alors il se serait sans doute un peu inquiété.
A la place de cela, il retrouva finalement Drago et Pansy dans la bibliothèque, le blond fouillant férocement les rayonnages du bout de sa baguette magique en envoyant voler des ouvrages tout autour de lui.
Le plus étrange était que Madame Pince le laissait faire sans rien dire, couinant d'adoration auprès du couffin d'Evangeline.
-Ah Blaise ! Te voilà enfin ! Aide-nous ! Fit péremptoirement Pansy en lui refilant dans les bras un livre semblant sorti tout droit de la section « législation sorcière ».
A savoir que c'était un pavé poussiéreux qui ne semblait pas avoir vu la lumière du jour depuis un moment, si ce n'était pour permettre à un élève de faire une sieste. Il tourna la tête, largué, et dans sa travée, Drago jura en faisant défiler à toute vitesse les pages d'un livre avant de le renvoyer d'un coup de baguette à sa place.
-Hum… J'ai carrément loupé un épisode là… Constata doucement Blaise en allant rejoindre à une table sa camarade qui fronçait ses sourcils sur un chapitre. On cherche quoi au juste ?
-Un argument béton pour empêcher le Ministère de disséquer Evangeline cet après-midi.
Vu comme ça… Blaise cacha son étonnement et son inquiétude pour commencer à tourner les pages de son propre livre.
Mais ce fut la phrase que lâcha ensuite Drago qui lui fit comprendre l'importance du désastre et l'impliquer plus sérieusement :
-Bon sang ! Pourquoi Granger n'est jamais là quand on a besoin d'elle !
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-AaaTCHI !
Hermione retira la main qu'elle avait placée devant sa bouche en éternuant avant de s'excuser envers son interlocuteur et d'arranger les différentes plaquettes d'informations qu'elle avait collectée.
-Un rhume ? Fit une jeune femme à grosse lunettes carrée derrière la table.
-Non, pas que je sache… Quelqu'un doit surement parler de moi ! Plaisanta Hermione dans le brouhaha ambiant du hall où se trouvait le Salon des Métiers Sorciers. Mais continuez donc à me parler de votre métier de dresseur de trolls de sécurité. C'est tout à fait passionnant !
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Midi arrivait et les trois serpentards n'avaient encore rien trouvé de bien probant. La législation sorcière était comme du gruyère, particulièrement en ce qui concernait les enfants.
-Remarque, ça nous arrange, osa constater Pansy avant de s'expliquer : Vu que c'est la famille qui gère ses descendants, techniquement on ne devrait rien pouvoir faire à Evangeline sans ton consentement…
-« Techniquement », là est le mot clef, grogna Blaise en tournant une page d'un air maussade.
Drago referma vivement l'énorme pavé qu'il avait entre les mains, faisant voleter quelques grains de poussières dans l'atmosphère.
-S'il y avait plusieurs lois pour m'appuyer on pourrait faire passer cette affaire au Magenmagot, mais avec juste mon avis, je ne serais pas pris au sérieux… Juste parce que je m'appelle « Malefoy », finit-il avec douleur.
Ejectant le livre d'un coup de baguette, il attira à lui le couffin d'Evangeline qui était jusqu'alors grandement occupée à regarder ses doigts comme si elle venait juste de les découvrir tout en émettant de temps en temps des borborygmes avec sa bouche. Il laissa sa tête tomber contre le bord, plutôt découragé.
-Pardonne-moi, je t'ai donné le nom de famille le plus pourri de l'univers, marmonna t'il à voix basse sans même tenter d'enrober la chose aristocratiquement. Et à cause de ça les gens trouveront toujours une excuse pour te faire subir les pires horreurs…
Evangeline émit un son qui pouvait presque passer pour un miaulement et Blaise se leva à son tour pour essuyer avec un bavoir le menton mouillé de la petite fille.
-Reprends-toi Drago, il y a sûrement quelque chose à faire, fit quant à elle Pansy. On pourrait… Je ne sais pas… Avertir l'école ? Faire en sorte d'avoir l'appui des élèves ! Si l'opinion est avec nous, les journaux suivront et le Ministère sera bien obligé de…
-Qui nous écouteraient ? On est des serpentards ! C'est un miracle si jusqu'ici on ne s'est pas fait lapider pour ce seul fait ! Et puis on aurait pu tenter une telle action si on avait été mis au courant bien plus tôt ! Il est trop tard pour prévenir les médias…
-Mais c'est aussi l'enfant de Potter ! S'agaça la jeune femme. Le crétin qui les a tous sauvés !
-C'est ça ! Potter ! Fit Blaise en l'attrapant par les épaules. Il ne doit pas être au courant ! Tu devrais aller lui en parler Drago !
-Mais il est immobilisé sur son lit…
-Salazar nous en soit témoin, c'est Harry Potter ! Je suis sûr qu'il peut foutre le souk total même en étant coincé dans un lit !
Le blond retint un soupir. Il aurait aimé gérer cela tout seul pour prouver justement à Potter qu'il était lui aussi capable de faire quelque chose… Mais au final, il était bien aussi nul et inefficace qu'il le pensait.
-On s'occupe de garder Evangeline ! Je vais lui préparer son biberon. Hein qu'elle va avoir son biberon adoré la petite princesse…
Drago s'empressa aussitôt de quitter les lieux pour s'épargner le spectacle de Blaise bêtifiant, ce qu'il faisait de plus en plus avec Evangeline et qui était complétement antinomique au personnage. Mais bon… La dernière fois qu'il avait fait une réflexion à ce sujet, le black le lui avait fait regretter…
Il prit donc le chemin vers l'infirmerie en espérant que Potter aurait bel et bien une solution à leur problème… Même s'il en doutait fortement. Ce serait certainement du n'importe quoi à la gryffondor, à moitié suicidaire et gourmant en perte de points.
Il stoppa cependant net en apercevant deux hommes plantés de chaque côté des doubles portes le séparant de son fiancé. Les robes de sorciers pourpres ne faisaient aucun doute sur leur identité : des Aurors.
Drago recula machinalement, effrayé.
La seule vue de ces costumes faisaient remonter le sentiment d'angoisse qui l'avait happé à la fin du printemps dernier.
La peur de la séparation… De l'humiliation… Et de la mort.
Il ne pouvait pas s'avancer, il ne pouvait pas parler à ces hommes. Il avait trop peur qu'ils soient là pour lui ou qu'ils l'arrêtent tout simplement parce qu'il était… Ce qu'il était. Accrochant son bras marqué comme pour le cacher, il réalisa qu'il ne pouvait pas aller voir Potter.
Reculant encore et encore, il finit par se détourner complétement pour courir vers la salle de DCFM, l'esprit chamboulé.
-PROFESSEUR ROGUE ! Hurla-t-il en entrant sans avoir frappé dans le bureau de son parrain.
Il referma la porte derrière lui, encore tout tremblant et plongea ses yeux d'un gris tempête dans ceux de l'homme qui le fixait d'un air interdit.
-Que se passe-t-il Mr Malefoy ?
-Que font ces… Hommes… Aurors… A l'école ?!
Pourquoi posait-il la question ? Il savait très bien ce qu'ils venaient faire ! Ils étaient là pour lui ! Pour le récupérer, pour le ramener là où aurait dû être sa place…
Rogue se leva précipitamment de son bureau en s'apercevant que tout autour de lui, de la glace était en train d'apparaitre et s'approcha vivement de son filleul qui ne se contrôlait plus.
- Calmez-vous, fit-il d'une voix aussi apaisante que possible.
-Ils ne devaient pas arriver en fin d'après-midi ? Professeur…. Ne les laissez pas m'emmener !
-Chut… Non, ils ne vous emmèneront pas…Chut… Drago, je te le promets… Il faudrait qu'ils me passent sur le corps pour ça. C'est juste…. Cet homme… Qui est arrivé en avance. Mais la directrice l'occupe en lui faisait faire le tour de Poudlard…
Si Drago avait semblé se calmer, serrant à présent frénétiquement le médaillon qu'il portait au cou comme un chrétien face à un vampire le ferait avec sa croix, il se tendit immédiatement devant l'intonation dégoutée que n'avait pût s'empêcher de prendre Severus à la mention de l'homme.
-Qui ?
-Calme-toi…
-QUI ?! Répéta hystériquement le blond en lui broyant presque le bras au passage.
-Le directeur Winters….
S'il n'était pas déjà accolé à la porte, Drago aurait eu un brusque recul.
Ses pupilles semblèrent se dilater tandis qu'il se mettait à trembler de plus belle, cherchant furieusement autour de lui une échappatoire.
-Non ! NON ! Hurla-t-il dans un souffle glacé parce que la pièce avait soudain perdu en chaleur.
La plupart des sorciers faisaient exploser des objets lorsqu'ils étaient furieux ou paniqués, Drago, lui, générait automatiquement de la glace. Rogue avait depuis longtemps émit l'hypothèse que cela était dû à l'éducation qu'il avait reçu de son père. Lucius n'aurait jamais pu admettre un tel manque de contrôle de lui-même, alors afin de cacher ses émotions, il avait adopté une forme moins visible, une forme qu'il pouvait cacher et qui ne laissait pas de trace une fois la crise passée.
-NON ! PAS LUI ! PAS LUI ! Il va m'emporter ! Il va m'emporter ! Il me l'a dit ! Il me l'a promis !
Severus n'eut pas d'autres choix que de le prendre dans ses bras, même s'il n'aimait pas particulièrement ce genre de chose. Il comprenait cependant ce que ressentait ce pauvre garçon. Winters s'était acharné sur chaque personne coupable qu'il avait pu trouver, et des personnes aussi sensibles que Drago et Narcissa avaient été pour lui du pain béni. Là où il ne pouvait casser l'esprit de personnalité comme lui, il s'était rabattu sur eux.
Il avait cependant été impressionné de voir Drago en aussi bonne forme ( compte tenu des évènements) à la rentrée et s'était dit qu'il avait réussi à surmonter cela… Eh bien… Apparemment non. Winters semblait s'être mué en traumatisme.
-Je te l'ais dit. Il ne t'emportera pas. Tu vas rester ici, à Poudlard, puis dans deux semaines tu rentreras tranquillement chez toi pour les vacances d'avril. Drago… Tu n'es pas seul. Tes parents sont là, JE suis là, tes amis sont là, et… (Severus enserra dans sa main celle du garçon qui tenait son médaillon) tu es promis à Harry Potter, il ne te laissera pas. Tu es aussi père, Drago. Tu te souviens ce que je t'ai dit au sujet du fait qu'Evangeline était d'abord tienne ? Eh bien il est temps pour toi de faire face au fait que TU es SIEN et que tu as le devoir de la protéger. C'est pourquoi tu vas respirer, te détendre, et faire face à Winters comme l'homme qu'il est… Non cet homme n'est pas un dieu, il n'a pas tout pouvoir sur toi… Lui faire face comme un Malefoy et un futur Black devrait le faire ! Pour la fierté ! Et au nom de ta noblesse !
-Je… Je n'y arriverais pas… Je suis FAIBLE professeur ! Un ignoble lâche ! Je ne veux pas être à nouveau enfermé ! Tout sauf ça ! Je ne veux plus jamais revoir ce monde blanc… Totalement blanc ! J'ai failli devenir fou… Je vais devenir fou !
Severus lui attrapa fermement le visage pour le mettre à son niveau et le forcer à le regarder dans les yeux.
-Tu n'es PAS faible, Drago ! C'est une FABLE que tu te racontes ! A 18 ans tu maitrise l'occlumentie aussi bien que moi ! Tu es un excellent brasseur de potion, tu peux effectuer des métamorphoses complètes des plus réussies, tu es un stratège diabolique quand tu as confiance en toi et tu es le seul à oser te battre contre le Survivant, Elu ou tout ce que tu veux et tu arrives à lui tenir tête ! Je crois que tes critères d'excellence sont trop ambitieux. Crois-moi, tu ne vaux pas moins que Winters qui est un sorcier tout ce qu'il y a de plus moyen ! ALORS. TU. N'IRAS. NULLE. PART ! TU AS COMPRIS ?!
Légèrement calmé par le ton vindicatif de son professeur, il hocha la tête et fut ainsi relâché. Il contempla comme un miracle le fait qu'il tenait encore sur ses deux jambes.
-De plus je serais là, ajouta Severus en se détournant pour voir les misères que son filleul avait fait à son bureau. Je voudrais bien le voir lutter contre nous deux. Il n'aurait aucune chance.
Présenté ainsi, Drago se sentit un peu honteux de son emportement et se força à paraitre aussi confiant qu'à son habitude. Il savait cependant que lorsqu'il parlait de « faiblesse » il ne visait pas spécialement ses aptitudes, mais surtout son caractère. Il admirait Rogue qui, lui, possédait cette force et cette noblesse dans l'adversité.
-Je tacherais de prendre exemple sur vous…
Il essayerait aussi de puiser des forces en se rappelant tout ce qu'il avait à perdre : cette future vie mystérieuse auprès de l'homme dont il était amoureux et de l'enfant qu'il avait miraculeusement eu avec lui. Ce serait vraiment pathétique de se voir retirer tout cela sans même avoir pu en profiter… Ne serait-ce qu'un peu.
-En attendant,… Pouvez-vous me dire pourquoi l'infirmerie est gardée par deux aurors ? Lâcha Drago en plaçant tous ses souvenirs de la chute du Seigneur des Ténèbres dans une grande boite en acier en espérant qu'ils n'en sortiraient pas au pire moment.
-Que ? Comment cela ?! Se retourna brusquement Severus qui ne semblait de toute évidence pas au courant.
Il eut un instant de réflexion… Avant d'avoir sa réponse et de renifler de dégout et de fureur :
-… Oh le CHIEN !
Et il s'élança vers la porte, s'arrêtant quelques secondes près de lui :
-Ecoutes Drago, pour plus de sécurité, toi et tes amis, rentrez dans votre maison, je demanderais à ce que votre repas de midi y soit servis… Et n'en sortez pas sans que je vous en donne la permission ! Je vais m'occuper de cela !
-o-O-o-O-o-
Harry regardait le plafond en s'ennuyant comme un rat mort.
Personne n'était venu le voir depuis ce matin et aucun serpentard ne lui avait amené sa fille de la journée, ce qu'il trouvait purement scandaleux ! Que faisait donc Malefoy avec elle !
-Je veux ma fiiiiillllleeee…. Rouspéta t'il comme un enfant de quatre ans parce qu'il savait que personne ne le voyait… Enfin c'est ce qu'il croyait car une tête rousse apparut brusquement dans son champ de vision.
-Désolé mais ce n'est que moi ! Fit celle-ci. Bein dis donc, c'est bien la première fois que je vois quelqu'un ficelé comme cela à son lit…
-GEORGE ! S'exclama Harry, très surpris de sa présence.
-Fred, rectifia automatiquement ledit Fred.
-George.
-Fred.
-Geo… Oh eh bien, Fred, fais comme tu veux ! Abandonna Harry lorsqu'il remarqua qu'il ouvrait la bouche pour encore le reprendre.
Ron lui avait vaguement raconté cette histoire.
-On dirait que je tombe à pic, reprit Fred en s'asseyant sur le lit d'à côté pour feuilleter vaguement un magazine de Quidditch qui avait distrait Harry à peine vingt minutes. Tu avais tout l'air d'une personne prête à décéder d'ennui.
-Tu ne peux pas t'imaginer ce calvaire. Ca fait même pas deux jours et j'en peux déjà plus ! J'ai l'impression que je vais exploser avec le lit !
-Ne t'en fais pas camarade, j'ai le remède à ta situation. Tu vas me raconter dans les moindres détails cette histoire avec ta fille et ton futur mari qui n'est rien d'autre que la fouine en personne !
-Pour que tu te foutes de ma tête ?! Rétorqua Harry sans méchanceté avant de continuer : Non merci ! Je suis content que tu ailles mieux, mais je ne suis pas certain de pouvoir supporter les deux jumeaux dans le même corps ! Ça semble un peu violent comme combo !
Fred poussa un grand éclat de rire avant de taper le matelas près de la tête d'Harry comme si c'était son dos en morceau.
-Sacré Harry ! Je savais que t'aurais aucun mal à comprendre la situation ! Mais si tu me raconte les mois que j'ai zappé, je promets de ne pas me foutre trop de toi et de te faire rire à ton tour !
Harry était un peu méfiant, comme toujours lorsqu'il s'agissait des trouvailles des jumeaux, mais comme il n'avait rien d'autre à faire, il se mit à lui raconter son histoire de dette de vie.
Quand il eut terminé, Fred n'avait ricané que deux ou trois fois à ses dépens et se remettait tout juste de l'histoire avec la vache qui l'avait clouée à ce lit.
-Merlin en personne n'aurait pas pu faire mieux comme histoire abracadabrante ! Ces trucs là ça n'arrive vraiment qu'à toi Harry ! Conclut le roux avec un grand sourire.
-Je ne te le fais pas dire ! Approuva le brun, soulagé qu'il ne soit pas contrarié pour ce qu'il s'était passé avec Ginny.
Mais à bien y réfléchir, c'était vraiment des histoires de gamins…
-Qui aurait pût une seconde imaginer qu'Harry Potter allait épouser Drago Malefoy ?! … A cet instant, tu sais ce que je voudrais le plus ? Demanda Fred avec un air chafouin.
-Euh… Non ?
-Avoir une machine à remonter le temps pour venir vous annoncer cette nouvelle quand vous aviez 13 ans ! Oh bon sang ! La tête que vous feriez !
Harry montra les dents faute de pouvoir le frapper. Ce n'était vraiment pas si marrant. Le Harry de 13 ans ne pouvait pas voir une seconde Malefoy en peinture, surtout après ce qu'il voulait faire subir à Buck ! Et ce n'était qu'un des nombreux autres coups bas que le blond avait perpétré sans réfléchir une seconde au mal qu'il faisait.
Après tout, l'objectif numéro 1 de Malefoy durant leurs cinq premières années de scolarité était de le faire virer lui, Ron et Hermione de Poudlard. Qui sait ce qui lui serait arrivé s'il avait réussi ? Retourner vivre à l'année chez les Dursley… Il aurait préféré se pendre quelque part !
Penser à tout ça le faisait se sentir mal… Parce que… Eh bien, en se concentrant sur le point de vue de ce Harry-là, se marier avec Malefoy serait comme l'absoudre de toute cette méchanceté… Or elle avait bien existée. Et il comprenait mieux la réaction violente de Ron… Même si ça ne changeait en rien le fait qu'Harry n'aurait jamais pu le tuer ou même le vouloir mort.
Cependant, réfléchir au passé c'était juste se faire du mal pour rien : Drago Malefoy avait changé et ce fait était indéniable. Et cet homme-là avait bien le droit de faire ses preuves, non ?
-Si tu comptais me faire rire avec ça, c'est plutôt raté, maugréa Harry en enfonçant sa tête dans son coussin.
Fred lui lança un sourire rayonnant en faisant un signe de dénégation de la tête.
-Non, pauvre petit Sauveur coincé sur ton lit, je pensais plutôt à cela !
Un Harry interdit le regarda fouiller dans un sac d'où il sortit une assiette beaucoup trop grande pour pouvoir y rentrer.
-TADAAAA ! Fit Fred en la retournant pour qu'il puisse l'admirer.
Les yeux du brun faillirent lui sortir des orbites avant que des marques rouges ne naissent sur ses joues, curieux mélange d'embarras et de crise de fou rire retenu.
Sur cette horrible assiette (oui, Harry décrétait que c'était horrible), se trouvait une peinture animée de lui et de Drago en buste, d'ailleurs ils se regardaient d'un air un peu perplexe, l'air de se demander ce qu'ils faisaient là tous les deux, mais toute l'horreur de la chose ne s'arrêtait pas là, parce que la peinture disparut pour en faire place à une autre.
Sous ses yeux un Albus Dumbledore, en buste lui aussi, levait le pouce en souriant alors que la légende « Dumbledore approuve » apparaissait.
Harry rejeta la tête en arrière.
Merlin… C'était… Ridicule !
-Oh Merlin… Gémit Harry, prit par des spasmes d'un rire plus abdominal que vocal. Je n'arrive pas à y croire… Oh Seigneur, Fred, tu ne peux PAS commercialiser ça ! Malfoy et ses parents vont me TUER !
-Je vois pas pourquoi, répliqua le rouquin sans se départir de son grand sourire alors que le portrait des deux fiancés revenait. Je suis sûr qu'elles vont s'arracher comme des petits pains ! Et puis vu que tu es mon principal actionnaire et que Drago s'apprête à t'épouser, il devient à son tour bénéficiaire des résultats de la boutique !
-Je ne suis pas sûr que Malefoy voit ça comme ça, mais je te laisse le lui expliquer ! De plus, je ne suis pas certain que Dumbledore aurait approuvé une telle union pour moi…
-Tu parles ! Ce vieux romantique ! Lui qui adorait nous placer exprès avec les serpentards en s'imaginant que peut être, un jour, nous finirions par nous comprendre et ne plus nous détester !
-Mouais enfin… J'ai toujours trouvé qu'il avait un comportement ambigu avec les serpentards… Objecta Harry.
Fred rangea son assiette en la faisant à nouveau entrer dans son sac impossible et se redressa d'un air taquin pour aller s'accouder sur le matelas d'Harry :
-Au sujet de « comportement ambigu », tu peux m'expliquer pourquoi tu continues à appeler la personne que tu vas épouser dans maintenant trois semaine par son nom de famille ?
Harry resta un moment muet à cette question. Il n'y avait pas vraiment réfléchi, trop habitué qu'il était à l'appeler par son nom. Drago était pour lui LE Malefoy, car au final lorsqu'il réfléchissait aux autres membres de la famille, ou discutait d'eux avec ses amis, il les appelait par leurs prénoms.
C'était « Narcissa », « Lucius » ou même « Bellatrix ».
-Il continue aussi à m'appeler par mon nom de famille… D'ailleurs à bien y réfléchir, je déteste ça, car à part à quelques occasions, il continue à le cracher de la même façon et mon nom sonne stupide dans sa bouche. Tu sais, comme il insiste sur le « P »…
-Oui je me rappelle !
Harry se mit à contempler l'idée de commencer à l'appeler par son prénom en espérant que lui aussi prenne cette habitude. Comment pouvait bien rendre un « Harry » prononcé par le blond ? Il n'aurait en tout cas plus de consonne à appuyer vicieusement.
-Au fait, je change totalement de sujet, lança Fred en attirant à nouveau son attention, mais peux-tu me dire pourquoi j'ai dû passer par le passage secret de l'armoire ? Il se passe quelque chose ?
-Comment ça ? Pourquoi tu n'es pas passé par la porte de l'infirmerie ? Demanda Harry, perdu.
-Je n'ai pas pu. Il y a deux aurors qui montent la garde et refoulent tous les élèves qui veulent entrer. « Ordre du Ministère », parait-il…
Il cessa de parler en se rendant compte qu'Harry était devenu livide. Celui-ci fixa la salle autour de lui avec inquiétude puis agacement.
-Harry ?
-OK, Je le sens mal, répondit Harry sans la moindre trace d'amusement ou de légèreté. Je me demandais pourquoi Male… Drago ou Zabini n'étaient pas venu me voir avec Evy', mais ceci explique cela… Et je le sens mal. Personne ne m'a mis au courant, même pas l'infirmière que… En fait je ne l'ai plus vu depuis la fin de la matinée… Il se trame de toute évidence quelque chose et QUELQU'UN veut me tenir à l'écart…
-Mais pourquoi ? Ce n'est pas comme si… Attaché sur ce lit, tu pouvais faire quelque chose ! Et puis c'est le Ministère… Kingsley ne te ferait probablement rien de mal… Relativisa son ami.
-Dans ce cas, pourquoi ces aurors ? Répliqua Harry quelque peu agressif à cause de son impuissance actuelle. Je crois en Kingsley, mais ma confiance dans le Ministère n'a jamais été très haute. Trop de fois ils ont échoué à nous protéger, et dans leur bêtise, ils nous plongeaient même parfois dans des emmerdes pas possible. Je te rappelle tout de même d'où venait Ombrage et qui nous l'avait imposé !
-Ah, cette veille peau ! Que d'excellents souvenirs !
-Fred, dans mon état, je ne peux pas être auprès d'Evy' pour la protéger et cela m'inquiète énormément. Est-ce que tu pourrais essayer de glaner des informations… Savoir pourquoi ces gens sont là ?
-Mmm… Tu me missionne pour un peu d'espionnage à Poudlard ? Pas de problème Harry, tu ne pouvais tomber sur la meilleure personne ! Je connais ce château comme le fond de mes poches ! Et même s'il a légèrement changé, la plupart des passages secrets n'ont pas bougés !
Aussitôt dit, aussitôt fait, Harry vit le roux disparaitre de son champ de vision et il se retrouva à nouveau seul, condamné à voir les secondes s'égrener lentement dans la plus grande angoisse.
-o-O-o-O-o-
Dans la salle commune des serpentards, on subissait la même épreuve.
Pansy était occupée à relire tous les sorcières hebdo qu'elle possédait sur place, sans arriver pourtant à se concentrer sur un seul article qui ne parlait pas du mariage de Drago ou d'Evangeline. Elle avait beau n'être pas particulièrement attachée à la petite fille, elle s'inquiétait pour son meilleur ami, craignant qu'on le lui arrache une deuxième fois pour lui faire subir un sort peu enviable.
Ou qu'il décide de faire quelque chose de vraiment stupide, comme en début d'année.
Au passage elle captait Blaise qui faisait les cent pas en réfléchissant, grognant sur tous les élèves qui osaient ne serait-ce que le déconcentrer une seconde en faisant du bruit.
Il était cependant vain d'espérer trouver une solution maintenant qu'ils étaient consignés ici grâce à leur cher directeur de maison.
Finalement elle lâcha ses magazines et s'avança vers la porte de la chambre de Drago, frappant légèrement à celle-ci.
-C'est Pansy, précisa-t-elle avant que la porte ne s'ouvre d'elle-même et l'invite à entrer.
Elle trouva alors son ami devant trois piles de vêtements. De mini-vêtements qui devaient en réalité appartenir à Evangeline.
-Qu'est-ce que tu fais ? Lui demanda-t-elle, intriguée.
-Du tri. Je vire tout ce qui est moche, affirma t'il en envoyant un petit pullover d'un orange criard dans un des tas. C'est fou ce que Potter a pu acheter comme horreur… Dans le genre je cherche un abominable machin en laine blanche qui ressemble à une fouine, dis-moi si tu le vois… J'ai comme l'impression qu'on ne m'a pas tout envoyé !
Il grimaça en découvrant le pyjama hippogriffe et l'envoya rejoindre le pull orange.
Pansy sentait qu'il essayait de toutes ses forces d'avoir le même air et la même intonation que d'habitude, mais ça sonnait faux, il y avait dans sa voix un étranglement que ni la colère, ni la tristesse ne pouvaient reproduire. Silencieuse, elle s'assit gracieusement au fond de son lit et le fixa un instant alors qu'il grattait férocement son bras à l'endroit de sa marque. Quelques minutes plus tard, il refit le même geste et elle décida d'intervenir.
Se glissant à ses côtés, elle s'empara de son bras et le maintint fermement.
-Drago, je comprends que tu cherches à te changer les idées, mais tu as déjà assez charcuté ton bras comme ça.
Le jeune homme resta immobile, l'air profondément ennuyé, et pourtant, au fond de ses yeux, elle voyait deux lacs de désespoirs.
Soulevant sa manche, elle libéra la peau de son ami. Là où se trouvait le tatouage noir imposé par le Seigneur des Ténèbres, on ne voyait presque plus le motif tellement il était recouvert de cicatrices, dont l'une, plus large et laide, en faisait le contour, des espèces de zébrures foncées s'étendant depuis elle vers le centre… Et c'était sans parler les toutes nouvelles marques de griffures qu'il venait de s'imposer, lignes d'un rouge brillant.
C'était vraiment moche, surtout sur un corps aussi beau. Du moins c'était ainsi que le voyait Pansy.
-Je HAIS cette marque… Cracha-t-il sans pour autant tourner la tête vers elle ou son bras.
-Je sais, mais ça suffit, tu sais ce qu'a dit l'infirmière, elle ne veut plus avoir à devoir te recoller des morceaux de peau. De toute façon, que tu ais ou non cette marque ne va rien changer au déroulement des évènements de tout à l'heure. Tout le monde sait… Qui tu as été.
C'était dit sans méchanceté mais il sembla se tasser sur lui-même, les épaules crispées.
-Cet homme particulièrement….Emit Drago d'une voix basse et sifflante.
-Il est si effrayant que ça ? Ce n'est qu'un Sang de Bourbe après tout… Lui rappela-t-elle avec un rictus méprisant, espérant le décrisper et l'obliger à se reprendre pour sa fierté.
Mais il semblait qu'aujourd'hui la fierté soit au chômage technique.
Il lui jeta un regard en coin d'un air peu amène.
-Parce que tu crois peut être que le fait que ce soit un sang de… un né moldu le rende moins puissant ? Laisse-moi te dire que c'est une connerie ! Si la puissance avait un rapport avec le sang, Potter n'aurait jamais été capable de vaincre un Mage Noir et toi tu serais capable de te transformer en autre chose qu'une lampe de chevet ! (elle voulut se défendre mais il l'en empêcha, enchainant immédiatement) Mais puisque tu y tiens : OUI, il est aussi effrayant que ça ! Rien que physiquement, il a une crevasse au beau milieu de la figure ! Attention j'ai pas dit une « balafre », mais bien une « crevasse » ! Et tu sais quoi le mieux ? QUI lui a fait ça ? Je le sais ! J'étais là, au premier rang ! MON PERE ! Il a eu la charmante idée de lui cisailler le visage avec un sort de découpe parce qu'il refusait de nous présenter ses respects, alors laisse-moi te dire, que pour moi, oui, Winters est effrayant !
Pansy se tu alors que le jeune homme retournait à son tri, se murant dans un silence douloureux.
Dire qu'elle était choquée par l'abattement de Drago était un euphémisme. Sa propre éducation l'empêchait de penser que tout cela n'était pas dans l'ordre des choses. Son père n'avait jamais été un mangemort, mais un « sympathisant » qui approuvait sans réserve les mesures et les actions de ces premiers. Ainsi on avait toujours dit à la jeune femme que leur communauté partait à vau-l'eau, qu'il fallait un esprit fort capable d'assurer à chacun la place qui lui revenait de droit, car c'était lorsque les gagne-petit se mettaient à rêver de sièges de directeur et que les sangs de bourbe s'infiltraient en volant le travail des honnêtes sorciers que le monde arrêtait de tourner rond.
« Ne laisse jamais un sang de bourbe te prendre ce qui te revient de droit » lui disait-il souvent.
Et si elle n'était pas la personne la plus spirituelle qui existait, Pansy était maline, c'est pourquoi elle avait toujours cherché à vérifier ce qu'on lui disait.
Et son père avait raison : ils étaient dirigés par une bande de bouffons.
Alors il semblait qu'après avoir subi leur parodie de politique, quelques punitions pour leur comportements, particulièrement aux sangs de bourbes, semblaient de bon aloi. Histoire de leur rappeler qu'ils leurs restaient inferieur et qu'ils ne pouvaient décemment pas les gouverner, incapable d'appréhender leurs besoins, trop influencé par leur vie de moldus.
Comme on disait : chacun à sa place et les vaches seront bien gardées.
Elle était vraiment désolée que son meilleur ami se mette brusquement à craindre des ersatz de sorciers. Drago avait changé… Ou plutôt il n'avait cessé de changer depuis qu'il avait reçu cette marque sur laquelle il s'acharnait et souvent elle regrettait le fanfaron flamboyant qui avait été son compagnon durant cinq années.
En sixième année, il avait été fuyant et secret, en septième année quasiment absent et cette année il avait d'abord été renfermé et maussade avant que ses fiançailles avec Potter le rende complètement lunatique. Et…
…Faible.
Voilà, c'était posé.
Un mot qu'elle n'aurait jamais osé penser de lui avant, mais désormais, c'était là, et si cela semblait en partie plaire à Zabini, elle n'en était pas particulièrement ravie.
Mais bon, c'était son ami et il avait été un temps plus que cela pour elle, c'est pourquoi se tenait-elle à ses côtés en cet instant.
C'était un peu pitoyable.
Le jeune homme, semblant se rendre compte de son humeur, cessa à nouveau son activité en poussant un petit soupir.
-C'est pas contre toi, finit-il par affirmer. C'est contre moi… Tu ne peux pas savoir comme je regrette Pansy. Tu n'étais pas en première ligne toi, tes parents t'ont tenu loin de ce qui se passait et tu t'en plaignais, mais crois-moi, il n'y avait rien de formidable dans ce que l'on faisait. Moi aussi je pensais que j'éprouverais du plaisir à pouvoir dominer les autres, là où étais ma vraie place… Mais tout ce que j'ai vu était juste pathétique… Des deux côtés. J'en venais presque à mépriser mon propre père lorsqu'il défoulait sa frustration due au Maître sur de misérable âmes même pas en état de se défendre. C'était juste mesquin… Pas du tout noble ou quoique ce soit… Et peut-être que j'ai toujours senti que l'on nous rendrait la monnaie de notre pièce un jour… Et là, la monnaie, c'est cet homme, et il veut nous la rendre au centuple.
-Ce n'est pas juste.
-Tein, honnêtement je n'en sais rien. Je ne sais plus du tout quoi penser ! A part évidemment que je ne veux plus rien avoir à faire avec cet homme afin de sauver ma peau et celle de ma famille. Bêtement je m'étais dit… Que tout s'était terminé avec la fin du procès. Qu'une fois qu'on leur aurait donné l'argent qu'ils voulaient, le Ministère nous aurait laissé tranquille… Quelle erreur de ma part. On ne nous laissera jamais oublier qu'on était les méchants mangemorts…
-Drago…
Elle tenta un mouvement de réconfort, désirant lui serrer l'épaule ou quelque chose dans le genre, mais cette-fois-ci il arrêta son avant-bras en s'en emparant. La douleur qu'aurait dû lui imposer sa blessure ne le fit même pas sourciller, ayant vécu bien pire sensation sous les ordres du Seigneur des Ténèbres.
-Je… Je ne veux pas mourir Pansy. Si on me met en prison, je sais que je tiendrais pas longtemps… Je me suiciderais.
La prise de Drago, tremblante, se resserra brusquement et un petit cri de douleur passa le barrage des lèvres de Pansy.
-Drago… Tu me fais mal…
Semblant s'en rendre compte, il la lâcha brusquement et se leva pour aller se planter face au berceau d'Evangeline, agrippant ses rebords et fixant son regard sur le petit être qui dormait en son sein. Pour une raison qu'elle ne comprenait pas, il ne semblait même plus vouloir la regarder.
-Drago…
-Laisse-moi… S'il te plait. Tu ne peux rien pour moi.
Ramenant à elle tout son amour propre, elle se redressa vivement, redressant le menton avec défi.
-Moi… Je ne les laisserais pas gagner.
Elle se jeta à grands pas hors de la pièce, ayant juste le temps d'entendre un cynique « Facile à dire quand on est planqué ».
-o-O-o-O-o-
Ron laissa sa tête tomber sur son coussin avant de poser son livre de potion sur son visage comme si cela pouvait réellement le cacher.
Sa petite sœur lui faisait encore des misères.
-Tu crois pas que t'abuses un peu là Ginny ? Grommela-t-il. Pour une fois que j'essaie de faire mes devoirs…
Pour de vrais il rêvassait plus qu'il ne faisait sa dissertation sur les principes d'équilibrage par ébullition, mais elle n'était pas obligée de le savoir. Fuyant son regard, elle se tenait au bord de son lit en tenant un mouchoir soigneusement plié en quatre.
-Et pourquoi ça devrait être à moi d'y aller ? C'est à toi qu'on a donné ce truc ! Continua-t-il en se redressant.
Le mouchoir semblait d'excellente facture, et sachant un peu d'où il venait, il s'attendait à y trouver des initiales brodées quelque part.
-Mais enfin Ron… Ca fait trop cliché que j'y aille moi-même ! Non, vraiment ! Et puis TOI au moins, tu sais où se trouve leur maison ! Moi je n'en ai pas la moindre idée !
-Comment sais-tu que je sais où…
-Harry me l'a dit.
Ron souffla bruyamment. Il aurait dû signer un contrat avec Harry avant qu'il ne sorte avec sa petite sœur et lui faire promettre de ne rien révéler le concernant. Ginny avait le don d'exploiter le moindre détail. A se demander pourquoi le choipeau l'avait réparti à Gryffondor : Elle aurait eu sa place dans n'importe quelle autre maison ! Ce satané couvre-chef avait dû avoir la flemme et comme pour lui s'était dit qu'il n'y avait pas à réfléchir pour un Weasley…
-Mais quand même… C'est Serpentard ! Répliqua Ron en faisant la grimace. Et toi tu veux que je me pointe là-bas avec un putain de mouchoir à rendre à son propriétaire ! Enfin si c'est la honte pour toi, j'te parle même pas de ce que je vais ressentir ! D'ailleurs tu m'as toujours pas dit qui c'était !
Le regard et la voix se firent tout d'un coup timides.
-…Blaise Zabini ?
Ron la fixa un instant sans expression avant de faire un grand sourire et de glousser un peu. Avant de lancer d'un ton joyeux et sans appel :
- Démerde-toi !
Il s'empressa de s'échapper, conscient cependant qu'elle lui courait après. Non mais et puis encore ! Zabini ! Aurait-elle voulu trouver pire qu'elle n'aurait pas pu ! Même Malefoy était plus abordable que le grand black et Ron faisait tout ce qu'il pouvait pour l'éviter. Surtout après leur dernière altercation durant la sortie à Pré-Au-Lard. Il ne comprenait pas ce qu'il s'était passé, mais pendant un instant… Un bref instant, il avait réussi à faire crasher son cerveau.
L'humiliation était encore vive, mais le souci était qu'il ne voulait pas se venger… Non, ce serait pourtant une réaction normale chez lui… A la place de ce comportement si décent, il préférait s'enfuir comme le dernier des lâches dès qu'il le voyait et il se détestait pour ça.
Zabini l'intimidait. Alors qu'il faisait pourtant deux fois sa carrure !
Il se mit à grommeler des suites d'injures pour lui-même tandis que sa sœur tentait de l'amadouer à coups de supplications et de regards larmoyants de petits chats.
-Roooniiiie, s'il te plait !
-Hors de question !
-… Je ferais tous tes devoirs de potions jusqu'à la fin du trimestre.
Ron s'arrêta brusquement. Là il y avait quelque chose à considérer. Réfléchissant vite, il tenta de calculer ce qui lui serait le plus profitable…. Et en fait plusieurs heures de détente gagnées valaient bien quelques minutes avec le fichu serpentard.
-OK, deal sœurette, céda t'il en tendant sa main qu'elle serra vivement en le remerciant avant de lui passer le mouchoir.
Au contact Ron découvrit que c'était un truc un peu comme de la soie, définitivement rien à voir avec leurs propres mouchoirs en coton.
-Fais-y bien attention, hein ? Le menaça t'elle presque, s'attirant une grimace de sa part.
Après tout ce n'était QU'UN mouchoir de serpentard. Mais il comprenait qu'elle souhaite le lui rendre vite en bon état car connaissant les serpents, ils seraient capables de les accuser de l'avoir volé !
Se persuadant que ce n'était qu'un mauvais moment à passer, il s'empressa jusqu'au mur qui fermait la salle commune des verts et argents, descendant des escaliers déserts à cette heure où tout le monde à part eux était en cours. Il songea alors à faire une visite à Harry après avoir fait sa livraison, espérant ainsi éviter les questions gênantes de Ginny.
Il ne savait pas ce qu'il s'était passé, mais elle semblait aller bien mieux depuis ce midi. L'histoire avec Georges l'avait bien secouée… Sans doute la goutte d'eau qui avait fait déborder le vase déjà bien rempli… Cependant, à la table des gryffondors dépeuplée de ses connaissances, il l'avait retrouvée plus sereine qu'elle ne l'avait été ces derniers mois.
*Aurait-elle un nouveau petit ami ?* Songea t'il en arrivant devant le mur maudit.
Il espérait presque qu'elle ait réussi à tourner la page, souhaitant la voir à nouveau heureuse et épanouie… Et lui fichant la paix aussi !
Il avait cette dernière donnée bien en tête lorsqu'il toqua sobrement au mur, espérant presque n'obtenir aucune réponse. Malheureusement pour lui, une tête de serpent apparut en gravure et se mit à lui demander d'une voix sifflante ce qu'il faisait là.
-Je désire parler à Zabini, grogna Ron d'un air bougon, semblant presque se contredire par son attitude.
Heureusement la gravure disparut sans commentaire et il se passa trois minutes avant que la porte dans le mur s'ouvre, laissant pendant un instant filtrer des bruits de pleurs bien familiers à Ron, figeant un sourire narquois sur ses lèvres. Mais Zabini fit aussi son apparition, ce qui eut pour effet de faire disparaitre toute trace d'amusement.
Bon sang, il ne s'était pas trompé, le jeune homme le rendait mal à l'aise. Essayant de ne pas rougir bêtement et de ne pas se tortiller, il fuit le visage de son vis-à-vis, devant paraitre bien étrange.
-Qu'est-ce que tu veux Weasley ? Fit la voix coupante du serpentard.
Ron jeta un rapide regard sur sa figure, n'y découvrant aucune expression si ce n'était la dureté habituelle qui semblait le juger, puis ses yeux glissèrent sans s'en rendre compte sur un bras, une jambe, n'arrivant pas vraiment à se fixer sur quelque chose.
-Euuuh…
Papillonnant des yeux, il eut du mal à se rappeler ce qu'il faisait là au juste.
*Bonne question…*
Les belettes mangeaient les serpents. Cette information passa dans son cerveau un moment, avant de se dire que c'était le cas pour les PETITS… Mais que faisaient-elles contre les GROS comme celui qui se trouvait devant lui ?
*Elles se font bouffer tiens !*
Il déglutit en tombant un instant sur le regard noir qui le harponnait.
-Très éloquent Weasley, commenta-t-il, railleur.
Rougissant définitivement, il tendit le mouchoir devant lui, comme en bouclier, avant de débiter rapidement son discours :
-Merci d'avoir consolé ma sœur !
Il avait décidé d'admirer le mur. Très beau mur vraiment… Mais pourquoi ce putain de mouchoir était encore entre ses doigts ? Qu'il le reprenne ! Le gratifie d'une remarque sarcastique et vexante et se casse !
Mais Blaise fixait l'objet d'un air interdit, passant régulièrement sur le roux face à lui, avant qu'un léger sourire soulève ses lèvres et qu'il attrape, en lieu et place du mouchoir, le poignet de Ron pour l'attirer en avant.
-Que ?!
Sans comprendre ce qu'il se passait, il se retrouva déséquilibré, obligé de coller son flanc au serpentard pour se rattraper. Pour la deuxième fois en un mois, il se retrouva momentanément sans réaction, comme intoxiqué par sa présence presque écrasante. Une faible odeur d'un parfum aux notes puissantes taquina son nez avant qu'il ne se jette en arrière, comme brûlé.
Mais Zabini ne lâcha pas sa prise et l'entraina même avec lui à l'intérieur de la maison des serpentards.
-Ça tombe bien que tu sois là Weasley, déclara t'il alors que le mur se refermait derrière eux.
Ron fut accueilli par les pleurs de la Moitié Malefoy, ce qui ne lui avait pas vraiment manqué ces derniers jours. Il se rappela aussi d'arracher son poignet de l'étreinte forcée : il était assez fort pour ça et récupéra sa main… En même temps qu'il s'apercevait qu'il tenait toujours ce foutu mouchoir.
Dans quelques secondes, il se jurait qu'il allait le jetait droit dans la tronche indéchiffrable du black.
Enfin « indéchiffrable »… Lorsqu'ils pénétrèrent dans la salle commune, le serpent se retourna avec un air à la fois satisfait et fourbe, mais celui-ci s'effaça vite devant son manque de réaction.
-Eh bien Weasley ? Tu es dans la salle commune de Serpentard ! Ça ne t'inspire même pas un peu de curiosité ?
Là, ce fut au tour de Ron de sourire d'un air supérieur. Il croisa le regard des serpentards présents qui le fixaient avec surprise et méfiance, puis sans la moindre gène, alla s'asseoir sur un divan face à Parkinson et Malefoy qui portait la petite.
-Déjà venu ! Lâcha-t-il. Je me suis même assis à cet endroit même.
Il savoura les mines déconfites de ses ennemis en tapotant le cuir de ses doigts.
-Impossible, réfuta Parkinson d'une voix incisive alors que Ron se rappelait qu'il devait surveiller Zabini qui commençait à roder et qui comme de juste décida de s'installer juste derrière lui, ses mains se plantant sur le dossier de chaque côté de sa tête rousse.
*Euh, qu'est ce qu'il me fait là ? *Pensa furtivement Ron, à nouveau mal à l'aise mais décidé à le cacher pour profiter de son quart d'heure de gloire.
-Et pourtant ! Répliqua-t-il à miss tête de pékinois. Harry et moi sommes venus ici en seconde année.
-« En seconde année », s'étrangla Zabini derrière lui.
Ca gênait vraiment Ron de ne pas l'avoir dans son champ de vision.
-Aucun serpentard ne vous aurait laissé entrer !
-Malefoy l'a fait.
Les regards se tournèrent vers le blond qui était jusque-là trop occupé à essayer de calmer sa fille pour prendre part à la discussion.
-Quoi ?! Non, j'aurais jamais fait ça ! Tu as rêvé la belette !
Ron s'enfonça encore plus dans le canapé, comblé, ou presque *Foutu Zabini*.
-Est-ce que vous saviez qu'Hermione était capable de brasser du polynectar dès sa seconde année ?
Son ton décontracté fut récompensé par deux bouches bées. Malefoy semblait particulièrement dépité de s'être fait abuser par deux gryffondors. Hum, Ron buvait du petit lait.
-MAIS C'EST FOURBE ! S'indigna Parkinson. TOUT A FAIT INDIGNE DE GRYFFONDORS !
-La fin justifie les moyens, commenta simplement Ron. D'ailleurs, à ce sujet, pourquoi Zabini m'a trainé ici ?
Ses deux vis-à-vis haussèrent leurs sourcils aristocratiques avant de lever leurs yeux vers leur camarade.
Ron tressaillit lorsqu'il sentit un souffle contre son oreille.
-Peut être que j'ai eu juste envie de kidnapper un gryffondor… ? Susurra la voix derrière lui.
Le gryffondor concerné sauta littéralement du canapé et se retourna furibond vers le black qui, toujours appuyé au dossier, lui souriait d'un air qui ne lui disait rien de bon. Puis il se redressa et leva les mains en signe de paix, reprenant une allure plus neutre :
-Je plaisantais ! Quoiqu'on fasse Evangeline n'arrête pas de pleurer, je me disais que peut être toi tu saurais ce qu'elle a !
Méfiant, Ron hésita à lui montrer à nouveau son dos.
-Malefoy, tes amis ont un sens de l'humour très douteux… Cracha-t-il.
-Mes amis ont un nom Weasley, mais à mon grand regret je dois te donner raison…
Le blond fixait son meilleur ami, semblant pris dans un débat muet qui ne semblait pas vraiment à son gout. Ron ne sut pas qui des deux eut le dessus et cela lui était bien égal, car sans s'en rebndre compte, il rangea le mouchoir qu'il avait toujours en main dans l'une de ses poches et attrapa la Moitié Malefoy pour la prendre dans ses bras.
-Ouhh tu as grossie depuis la dernière fois, se plaint-il en la soulevant. Alors Moitié Malefoy ? Tu cause du souci aux serpentards ? C'est trèèèès bien, continue comme ça !
-Weasley…
Ron se contenta de sourire avant de retourner s'asseoir, cette fois-ci loin des salles pattes de Zabini.
-Vous avez tout essayé ? Demanda-t-il. Même les massages ?
Malefoy fronça les sourcils avant de regarder à nouveau Zabini qui, se rendit-il compte avec agacement, l'observait encore.
-Quels massages ? Marmonna le blond.
-Okay, vous êtes pas au courant… Harry ne t'a pas dit qu'elle faisait des coliques depuis quelques temps ?
-Des coliques ?
Cette fois-ci c'était Zabini qui avait posé la question. Ron fut étonné de voir qu'il semblait vraiment intéressé par la discussion. Finalement, contrairement à ce qu'il avait pensé, le black ne ferait pas un parrain si pourri que ça.
-Elle a mal au ventre, c'est pour ça qu'elle pleure. Ma mère a montré à Harry comment la masser pour la soulager un peu.
Posant la petite sur ses cuisses, il jeta un sort de chaleur sur elle car il faisait vraiment trop froid dans ces cachots, et déboutonna son ensemble pour libérer le ventre. Un peu maladroit, il tenta de reproduire les gestes montrés par sa mère et imités plusieurs fois devant lui par Harry. Il s'agissait d'un mouvement circulaire autour du nombril.
-Comme ça.
Il réalisa alors qu'il était tranquillement en train de donner un cours de massage à des serpentards et voulut se gifler pour cela. Il savait cependant qu'il était mu par le seul besoin de venir en aide au bébé. Après tout la Moitié Malefoy était une enfant innocente et elle ne méritait pas de souffrir à cause de leurs querelles.
Avec une moue, il rendit la petite fille au blond et l'observa un instant pour s'assurer qu'il avait compris le principe du massage. Peu à peu il décrocha de la vision pourtant hilarante d'un Malefoy se démenant avec un bébé pour regarder autour de lui. Il ne savait pas comment était la salle commune habituellement, mais les étudiants, même ceux partageant son année, semblaient trop calmes. Cela n'avait cependant rien de rassurant ou de reposant, c'était plus comme une accalmie avant la tempête.
Il y avait de la tension dans l'air.
Étourdimentt, il s'entendit demander si ça allait.
On le regarda bizarrement. Forcement. Malefoy et Parkinson eurent vite fait de l'oublier aussitôt, mais Zabini s'assit à côté de lui, ses orbes sombres braqués sur lui. Ron se décala légèrement pour éviter d'être pris dans son aura écrasante.
-Pourquoi tu demandes ça ?
- Pour rien, s'empressa-t-il de répondre.
C'était vrai, après tout il se fichait bien de ce qui pouvait leur arriver. Il constata néanmoins que ce ne devait pas être la réponse qu'attendait Zabini car il ne lui offrit aucune réponse et se désintéressa finalement de lui.
Quand il quitta la salle commune de ses ennemis, sans même avoir effectué sa mission puisque le mouchoir se trouvait encore dans sa poche, Ron n'était toujours pas décidé entre en être déçu ou ravi.
-o-O-o-O-o-
Le temps continua à s'écouler, l'obscurité prenant la place de la lumière et lorsque la cheminée du bureau directorial s'illumina de flammes vertes, annonçant l'arrivée imminente de visiteurs, Fred fila au chevet d'Harry lui raconter tout ce qu'il avait glané ici et là dans les couloirs et salles du château.
Au contraire de son meilleur ami, Harry savait très bien quel était son sentiment.
Il n'était pas heureux, mais alors pas heureux du tout de ce qu'il venait d'entendre.
-o-O-o-O-o-
En quelques minutes la salle commune qui avait été à de nombreuses reprises leur refuge, l'endroit où ils se sentaient en sécurité, loin des baguettes des gryffondors, de l'intelligence parfois surhumaine des serdaigles et de la bonhomie gerbante des poufsouffles, fut envahie par de nombreux adultes en robes formelles, badges étincelants du Ministère épinglés sur leurs torses et regards durs et froids.
Ils n'étaient pas là pour se pencher sur Evangeline avec de grands sourires, tenter de la chatouiller ou offrir leur doigt pour qu'elle teste sa force de papillon anémique en le serrant dans son poing.
Drago, assis sur son canapé comme un condamné à mort, la serra un peu plus contre lui, d'un instinct qui lui avait jusqu'ici fait défaut. Il aurait aimé la faire disparaitre complètement derrière ses bras et empêcher qui que ce soit de la lui prendre.
Blaise, Pansy et Astoria l'entouraient tous les trois, mais ils étaient seuls. Les serpentards des autres années avaient stratégiquement décidés de ne pas se mettre le Ministère à dos et avaient disparus dans leurs dortoirs. Il en allait de leurs futurs personnels et s'accrocher aux basques de Malefoy n'en valait plus le coup car il n'avait plus rien à leur offrir.
Drago s'en fichait, il ne voulait rien leur donner, mais il regrettait l'absence de Milicent et Daphnée, toutes deux au Salon des Métiers Sorciers.
Au dernier moment le groupe fut rejoint bizarrement par Gabriel Sommertime, le premier année que Drago tutorait à l'occasion. Celui-ci jeta un pur regard de défi au groupe avant de s'installer devant Blaise, les bras croisés, toisant les employés du Ministère avec réprobation.
*Vieille famille les Sommertime* Songea Drago. *Mais pas suffisant.*
Le groupe du Ministère sembla un instant gêné… Tous, sauf un. Drago avait évité son regard jusqu'ici, mais il jugea que retarder ce moment était inutile.
Winters était calmement posté derrière le Ministre de la Magie. Calme…. Trop calme. Cependant ses yeux démentaient quelque peu le discours de son langage corporel, car le blond savait reconnaitre l'avidité quand il la voyait.
Le Seigneur des Ténèbres, son père, sa tante, ces pourritures de Mangemorts, tous avaient cet éclat un peu fou dans le fond de l'iris, comme si ces derniers étaient vraiment les fenêtres de l'âme et permettaient de voir la bête tapie au fond d'eux.
Winters avait un plan. Drago sentit son cœur saigner alors que la peur, jusqu'ici jetée et tassée dans un coin de son être, refaisait surface avec force, agitant sa magie qu'il était obligé de contrôler. Comme s'il s'en rendait compte, un micro sourire apparut au coin des lèvres de l'homme.
-Ne te laisse pas intimider, grogna doucement Blaise juste à côté de lui.
Gabriel posa une main sur son avant-bras en guise de soutien et Pansy et Astoria se mirent à fixer le directeur avec un mépris aristocratique.
Cela n'empêchait pas que l'homme avait un plan, et qu'il utiliserait le moindre morceau de preuve pour l'embarquer avec lui et remettre enfin la main sur sa famille et ainsi mettre en œuvre sa vengeance.
Tout à ces pensées morbides, il zappa presque le fait que le Ministre était en train de s'approcher de lui. Drago se leva alors du divan où il se tenait, sa fille toujours serrée contre lui comme s'il s'agissait du plus précieux des trésors.
Se concentrant sur le grand black qu'il sentait gêné face à lui, il reprit un peu de poil de la bête. Kingsley Shacklebolt ne l'impressionnait pas malgré son passé dans l'Ordre du Phénix et sa puissante carrure, car il y avait chez cet homme une terrible impression de bonté, assez similaire à celle de Potter quand il y pensait… Sauf que Potter était bien moins stable.
-Je ne m'attendais pas à vous revoir dans de telles conditions Mr Malefoy, commença l'homme, ne semblant pas savoir par quel bout le prendre.
Car si Winters était capable de sentir ses tourments, extérieurement Drago n'arborait aucune expression particulière.
-Evangeline Black est pourtant ma fille, répliqua Drago. Il est surprenant que vous pensiez pouvoir faire quoique ce soit sans passer par moi… Et par son autre père. Dois-je vous rappeler que d'après nos lois, non seulement un enfant ne peut subir d'opération magique avant ses cinq ans, mais qu'en plus un enfant non majeur est sous l'entière autorité de sa famille ? Serions-nous dans des conditions normales, et non à Poudlard, que vous n'auriez même pas le droit de l'approcher…
Il entendit vaguement son parrain grogner contre lui, mais n'y fit pas attention. Il n'avait pas l'intention de laisser sa fille se faire manipuler et subir des sorts qui pourraient potentiellement la blesser ou perturber sa magie infantile au point de faire d'elle une cracmolle.
-Mr Malefoy… Voulut commencer le Ministre d'une voix conciliante avant d'être coupé par son directeur de la Justice Magique.
-Vous avez souligné un point intéressant Mr Malefoy, fit Winters en s'avançant. « Dans des conditions normales », mais rien dans la « conception » de cet enfant n'est normale. Dois-je vous rappeler qu'il serait vraiment dans votre intérêt de ne pas contredire le Ministre ?
Drago referma les bras sur Evangeline, luttant pour ne pas reculer d'autant de pas que l'homme en avait fait, ce qui serait une preuve de faiblesse flagrante. Pendant un instant, il regarda la directrice de l'école, puis son parrain, le fixer d'un regard sombre. Eux aussi ils voulaient qu'il cède…
Soudain il sentit Pansy qui appuya une main sur son épaule et les mots qu'elle avait prononcé cet après-midi lui revinrent en tête : «Moi… Je ne les laisserais pas gagner. » et cela raffermit sa conviction de leur faire face.
Toute cette opération était injuste depuis le début et il était dans son droit. Evangeline était l'héritière des Black, des Malefoy et des Potter, elle n'avait pas 6 ans, normalement elle n'aurait même pas dû être montrée en public avant cet âge. Ainsi était la règle chez les nobles sorciers car à cause de leur rareté, les enfants étaient sacrés et devaient être protégés… Ces personnes étaient en train de fouler du pied cette coutume !
-Je m'oppose à cet examen ! Annonça-t-il en se redressant. J'en ai le droit, comme tout parent d'enfant sorcier !
-Mr Malefoy, nous ne faisons pas cela pour vous ennuyer, mais pour éviter toute contestation de votre mariage, expliqua calmement le Ministre.
-Mon mariage ne regarde personne d'autre que les familles concernées et ne peut être contesté. Il a été accepté par Lord Potter qui a lui-même fait sa demande. Tout Poudlard en a été témoin.
-Il n'a pas vraiment eu le choix…
-Il a ACCEPTÉ, répéta Drago qui n'aimait guère qu'on lui rappelle cela et la colère repoussa un peu plus sa peur aux tréfonds de sa conscience, le laissant plus confiant. Le reste ne regarde que nous, Lord Potter n'a pas à justifier de ses agissements devant le Ministère ou n'importe qui d'autre. Il est majeur et chef de sa propre famille et vous qui venez d'une vieille et honorable famille ne pouvez ignorer que vous faites actuellement preuves d'ingérences déplacées au sein d'une famille de sorciers ?
Le Ministre eut soudain l'air d'avoir avalé un citron. Bien sûr qu'il en était conscient, et il n'aimait pas beaucoup son rôle apparemment.
-Bravo Mr Malefoy, grinça Winters de son côté, vous avez bien appris votre leçon : vous parlez tout à fait comme votre père !
Là ce fut à Drago d'avaler sa part acide et amer. Il n'arrivait pas à décider si être comparé à son père lui plaisait ou non, mais il était clair que cela ne le mettait pas vraiment dans une bonne position vis-à-vis de Winters.
-Et de là, il n'y a qu'un pas à franchir avant de se mettre à prôner la supériorité des Sangs Purs…
Sentant le piège, le blond ne lui fit même pas l'honneur d'une réaction.
*Infâme manipulateur, évidemment que je trouve toujours que les né moldus n'ont rien à faire dans notre monde, mais avant que je le dise il neigera en enfer !*
-Mais passons, le souci c'est que votre demande serait valable si, et je dis bien SI, ce bébé était réel. Or, à la lumière des témoignages, il semblerait qu'elle soit un produit pur de magie. Nous allons justement définir cela sur le champ…
*Pas réelle ?*
Drago pivota son corps pour mettre Evangeline hors de toute portée.
-Mr Malefoy, continua Winters d'un ton terriblement raisonnable. Vous savez que j'ai raison. Ce n'est qu'une manifestation magique, il n'y a pas une goutte de matière en elle. Pas une goutte de votre sang ou de votre ADN… Juste votre magie et celle de Lord Potter…
-Et celle de Poudlard, grogna Severus qui ne savait plus qui foudroyer du regard entre son filleul et le directeur.
-Aucune importance, balaya d'un geste Winters, ce qui lui valut finalement d'être la cible définitive de la colère de l'ancien Maître des Potions.
-Le sort revelatio… Commença Drago qui cherchait désespérément quelque chose à quoi se rattraper.
-Il a juste reconnut vos deux magies. C'est tout.
La magie ne peut pas créer d'humain. C'était ce qui lui criait son esprit, et il était vrai que rien ne semblait raccrocher Evangeline à un être de matière. La magie ne créé que de l'évanescent ou des illusions. N'importe qui de logique comprendrait donc qu'Evangeline n'était pas réelle.
Dans ses bras, il y eut soudain comme un raté. Un instant il sentait le corps chaud et doux de sa fille, l'autre plus que du vide, avant que la seconde suivante, elle réapparaisse. C'était comme un clignement de paupière et l'affolement s'empara de lui en se rendant compte qu'elle avait disparue durant une fraction de seconde.
Est-ce que quelqu'un avait remarqué ça ?
Jetant un regard au groupe, il eut sa réponse.
Evidemment qu'IL l'avait remarqué. Son sourire en coin en était la preuve.
Cela se produisit à nouveau, juste une seconde, mais c'était une seconde de trop. Les battements de son cœur étaient désormais erratiques alors qu'il se posait mille et une questions sur ce qu'il se passait avec sa fille. Son existence, sa réalité, son être en tant que phénomène magique… Il craignait le prochain raté…
Et si elle disparaissait pour de bon ?
Il se rendit soudain compte qu'il y avait pire qu'être envoyé en prison : il y avait la possibilité que sa fille, son petit ange, disparaisse complètement.
Il n'osait plus faire un mouvement et n'avait plus quasiment conscience de ce qu'il se passait autour de lui. Il devait cacher cela, il devait protéger Evangeline et la garder.
Cela se reproduisit.
Incapable de savoir quoi faire pour arrêter le phénomène, le désespoir commença à draper son voile sur lui… Avant de disparaitre complètement.
A la place, une chaude lumière l'entoura, un sentiment réconfortant qui chassa tous ses doutes et peurs. En un instant il pût reprendre conscience de son entourage et constata qu'ils le fixaient tous d'un air ébahi… Ou contrarié pour l'un d'entre eux.
Non, ce n'était pas lui qu'ils regardaient. Levant la tête, Drago fut surpris de rencontrer le regard lumineux d'un cerf qui le contemplait calmement.
-Potter ?
Le patronus qui voletait légèrement au-dessus de lui hocha solennellement de la tête avant que la voix de son propriétaire résonne dans la salle commune.
-Un homme très sage a dit un jour que vous vous apercevrez qu'à Poudlard, une aide sera toujours apportée à ceux qui la demandent.
Le cerf laissa alors tomber devant lui quelque chose qu'il tenait dans sa bouche et Drago fut surpris, tout comme l'assistance, de découvrir le choipeau.
*Pourquoi Potter m'envoie le choipeau ?*
Il regarda à nouveau le cerf, mais celui-ci se contentait de galoper au-dessus de lui d'un air serein et joyeux sans avoir l'air de détenir la moindre réponse.
Winters émit un rire désabusé.
-Tout cela est très amusant Mr Malefoy mais…
Drago l'écouta à peine, les mots de Winters n'avaient plus le même effet quand il baignait dans les effets positifs du patronus de son fiancé. Fixant le choipeau, il remarqua alors que quelque chose dépassait de son intérieur.
Attrapant ce qui semblait être un manche en argent massif, il découvrit un miroir qu'il plaça devant lui, fixant son reflet dans la glace.
-Merlin ! S'exclama McGonnagall en interrompant Winters dans son monologue. C'est un Miroir de Vérité ! Je ne savais même pas qu'il en existait encore !
Le Ministre passa d'elle à lui un moment avant de demander :
-Qu'est-ce que c'est ?
-Comme son nom l'indique, c'est un miroir qui montre la vérité… Les choses telles qu'elles sont sans magie. A travers ce miroir, Poudlard apparaitrait plus petit et quasiment vide. Il traverse les glamours, les illusions… Et si Evangeline est réelle, et non pas juste un phénomène magique, elle devrait s'y refléter.
La directrice cessa là son explication et Drago retourna le miroir, découvrant une phrase sculptée dans l'argent.
« La vérité est la plus précieuse des possessions. »
Et en dessous se trouvaient des mots gravés d'une écriture cursive :
«Mais si nous DECIDONS qu'une chose est VRAIE, alors elle le sera. Je te remercie Godric de me l'avoir rappelé. S.S. »
S.S.
Salazar Serpentard. Impossible de se tromper sur cette signature en forme de deux serpents.
Le fondateur de sa Maison venait lui-même à son secours.
-Si nous décidons qu'une chose est vraie… Murmura Drago en relisant l'annotation.
Ces mots faisaient réagir sa mémoire, comme un écho… Une soirée… Il était encore très jeune… Avec son père…
« Drago, la baguette n'est pas la seule chose qui permet à un sorcier de faire de la magie. Ce qui est tout aussi important, c'est la volonté. Dans l'Ancienne Magie, ce ne sont pas deux puissances qui s'affrontent lors des duels, mais deux volontés capables même de modifier l'essence de la réalité. Si tu laisses par exemple une personne te persuader que quelque chose n'existe pas, alors cette chose disparaitra. Qu'elle ait réellement existée ou non, cette chose disparaitra. C'est une Métamorphose du réel, la même chose qui se produit lors d'un sort d'Apparition et de Disparition… »
Cela fit alors sens dans l'esprit de Drago. Ce salaud de Winters ! Merlin seul savait comment lui, un sale sang de bourbe, savait une chose pareille, mais il essayait de faire disparaitre Evangeline selon les principes de l'Ancienne Magie. Celle-là même qui lui avait donné naissance.
Et bêtement, tombant dans son piège, il avait failli le laisser faire.
Il avait oublié que tout n'était pas juste une histoire entre sa magie et celle de Potter. Il y avait aussi les dettes de vies et la Magie avec un grand M. Les légendes ne disaient-elles pas que la Magie elle-même aurait enfanté Merlin ?
Evangeline ETAIT réelle. Parce que lui et Potter le voulaient ! Parce qu'ils l'avaient décidés !
Inspirant profondément, Drago invoqua tous les souvenirs qu'il avait d'elle… La première fois qu'il l'avait eu dans ses bras…. La première fois qu'elle lui avait sourie… La première fois qu'il l'avait bercée…. La première fois qu'il lui avait donné son biberon… Les fois où il avait dû la changer… L'habiller… Son premier bain avec lui… Le premier baiser qu'il avait osé poser sur sa peau si douce, suivis de nombreux autres. Durant tous ces instants, pas une seconde il n'avait douté de sa réalité et ses sentiments étaient tout ce qu'il y avait de plus réel.
Relevant sa fille endormie jusqu'à son menton, il baisa ses fins cheveux noirs.
-Je suis désolé ma chérie. Je t'aime, lui chuchota t'il doucement avant de la remettre bien à l'abri dans le giron de son bras et de brandir le miroir vers l'attroupement du Ministère qui ne semblait plus savoir sur quel pied danser.
Levant la tête, il fixa un instant le patronus de Potter qui continuait à le protéger et à le soutenir, comme si le jeune homme aux vibrants yeux verts lui disait : « Tu es dans mes pensées, courage ! » et ce fut à lui d'approuver de la tête.
-Mr le Ministre… Mr Winters… Je vais vous prouver que vous avez tort. Evangeline EST réelle et c'est NOTRE fille !
Chassant toute peur, encrant dans son esprit Potter et Evangeline dansant ensemble sous la neige, il plaça le miroir de façon à ce que son bébé s'y reflète et que chacun puisse profiter du spectacle.
Lui ne voyait pas, ses amis qu'il sentait tendu derrière lui non plus, mais il n'en avait pas besoin. Le masque de haine que laissa un instant apparaitre Winters était des plus parlants.
Il savait que l'homme n'abandonnerait pas, mais pour ce soir, il se contentait de cette victoire.
Le miroir passa finalement de mains en mains pour vérifier qu'il fonctionnait, mais les agents du Ministère déçus finissaient tous par accorder ce point. Ce qui était intriguant c'est qu'aucun d'entre eux ne semblaient voir l'annotation de Salazar Serpentard.
-C'est parce qu'il n'y a pas un seul ancien serpentard dans la délégation, répondit Severus comme s'il lisait dans ses pensées. Et tant mieux, car ils en viendraient à craindre une supercherie.
-Cela pourrait être le cas ?
-Non. Notre Maison accueille de futurs politiciens ou chefs d'entreprise, et au milieu de toutes les tromperies et les manipulations, qu'est ce qui peut être plus précieux que la Vérité ? Serpentard devait se servir de ce miroir pour pouvoir respirer un moment… Par contre je n'ai pas la moindre idée de ce qui a pu se passer avec Gryffondor…
Drago eut un petit sourire. Lui, il savait.
-Un gryffondor est bien mieux qu'un miroir.
L'homme ne répondit rien à cela, le fixant d'un coup d'un air plus sombre :
-Je ne sais pas si je dois vous féliciter ou vous hurler dessus pour n'en avoir fait qu'à votre tête. Pendant un instant j'ai bien cru…
-J'ai fait ce que je devais faire.
Ils ne purent commenter ce fait car l'attention se retourna sur la patronus qui disparaissait, considérant qu'il avait apparemment terminé sa mission.
Mc Gonnagall récupéra finalement le miroir et le choipeau et le Ministre accepta d'annuler l'examen d'Evangeline, apparemment heureux d'avoir une porte de sortie dans cette histoire… D'autant plus que toute cette animation avait fini par réveiller l'enfant qui criait à présent à plein poumons.
-Aucun doute de sa réalité pour moi… Maugréa l'un des agents en s'empressant de quitter la salle, les mains sur ses oreilles.
Le dernier à sortir fut évidemment Winters. Devant son allure si sobre et calme, on avait du mal à croire que l'un de ses plans venait d'échouer et cela ne le rendait que plus redoutable.
-Nous nous reverrons Mr Malefoy… Vous vous souvenez ? C'est une promesse…
Les serpentards le toisèrent avec hostilité tout le temps qu'il mit à disparaitre de chez eux, emportant sa malédiction avec lui.
-o-O-o-O-o-
Quelques heures plus tard, alors que tous étaient en train de diner, ils étaient seuls tous les trois, comme si tout Poudlard savait qu'ils avaient à parler.
Harry était toujours allongé sur son lit d'infirmerie, éclairé juste par la lumière d'une chandelle sur la table de chevet. Drago était assis sur le lit d'en face, silencieux depuis son arrivée, Evangeline couchée dans son couffin à côté de lui. Régulièrement, le brun le voyait plonger sa main dedans pour caresser un bras aussi blanc que le sien.
-Elle pourrait disparaitre, finit par affirmer Drago. Et si elle disparaissait, tu n'aurais plus à devoir te marier avec moi. Tu aurais le choix.
Harry fronça les sourcils. Il ne voyait pas vraiment où voulait en venir le jeune homme. Il avait espéré qu'il lui raconte en détail ce qu'il s'était passé, mais pas un mot à ce sujet n'était sorti de sa bouche.
-Tu voudrais ne plus avoir à te marier avec moi ? Redemanda Drago.
-Tu veux dire : ne plus avoir à courir après une vache ? Ne pas devoir prendre de cours de danse avec ta mère ? Ah et encore mieux : retrouver un rival qui a un VRAI comportement de rival et qui ne profite pas de tes faiblesses pour te lécher la joue ?
Le blond baissa la tête et Harry se sentit un peu cruel de jouer avec lui. Même s'il se sentait mieux de pouvoir se venger de ce qu'il lui avait fait hier. Il s'empressa cependant de révéler le fond de sa pensée :
-… Où serait l'amusement ?
Drago releva brusquement la tête, le fixant avec de grands yeux ronds, s'attirant un nouveau rire.
-Tu sais, ce soir où j'ai diné chez toi, il y avait bien une chose qui était vrai dans ce que tu as dit : je l'avoue, nos confrontations me plaisent. Sans toi Poudlard serait sans doute plutôt ennuyeux… Et sans doute que l'après-Poudlard risquerait de l'être tout autant… Alors si je peux te garder dans le coin, je dis pas non. Attention : je dis rien d'autre que cela… Tes drôles d'avances tu peux te…
Harry ne pût continuer car des lèvres se posèrent sur les siennes. C'était doux, frais, une très légère pression qui n'insista pas avant de disparaitre.
C'était chaste, pour ainsi dire rien du tout, et pourtant Harry eut l'impression que son cœur venait de faire un looping dans sa poitrine. Il fixa d'un air un peu hébété le visage de Drago au-dessus du sien et même s'il ne voyait pas grand-chose à cause de l'obscurité, il lui semblait… Comme triste. Désolé ? Empreint de douleur ? Harry n'arrivait pas à le définir vraiment.
-Merci, fit simplement le blond avant de se redresser et d'ajouter : Evangeline ne disparaitra pas, peu importe ce que peuvent dire les autres, c'est NOTRE fille.
L'expression bizarre avait disparue, laissant à nouveau place à sa morgue naturelle et comme il semblait attendre une confirmation, Harry se secoua, n'arrivant toujours pas à croire que le serpentard ait à nouveau profité de son immobilité, et acquiesça :
-Oui, c'est NOTRE fille.
A suivre…
[1] « The Season » est un terme plus exact. Il s'agit d'une tradition anglaise de l'aristocratie concernant toute une période (l'été) où avaient lieu des réjouissances (bals majoritairement) afin que la classe dirigeante puisse se retrouver. Traditionnellement, la Saison commence par le Bal des débutantes. Si toute cette tradition s'est perdue du côté moldu, j'ai décidé qu'elle avait perduré du côté sorcier.
[2] « No one can make you feel inferior without your consent" (Eleanor Roosevelt) J'adore cette citation, je m'oblige à me la rappeler quand quelqu'un me blesse verbalement.
Oui, oui… Vous ne rêvez pas, chapitre 28, enfin un baiser ! Des plus chastes j'en conviens, MAIS UN BAISER QUAND MEME !
Beaucoup de choses dans ce chapitre, il fallait que je traite de l'état particulier d'Evangeline. « Etre ou ne pas être ? Telle est la question ? », on entre dans un domaine philosophique très complexe que je n'ai pas vraiment traité pour éviter de vous abrutir sur ce chapitre déjà long. L'existence d'une chose est une question de perception et de croyance… Particulièrement tout ce qui concerne le « magique » ou le « paranormal ». L'esprit est capable de tellement de choses !
Je m'étais toujours interrogé sur ce que venaient faire les sorts de disparition et d'apparition en cours de métamorphose. A première vue, ça ressemble plus à quelque chose que l'on devrait enseigner en sortilège ! Alors voilà, j'ai trouvé ma réponse : une métamorphose de la structure même de la réalité.
Bon maintenant la question à 10 galions c'est : qui est dans son bon droit ? Winters ou les Malefoy ? Pour l'instant je sais que vous avez quasiment tous identifié Winters comme l'ennemi, mais qu'en est-il maintenant que vous savez que Lucius est responsable de son état ? Je suis curieuse de savoir ce que vous en pensez…
Chapitre suivant (si court : la semaine prochaine, si pas court du tout comme ici, dans 2 semaines) : Il faut sauver Evangeline Black, Drago VS Winters acte II.
