Mot de l'auteur : Bonjour tout le monde.J'ai mis beaucoup de temps cette fois-ci, donc vous vous en doutez : c'est un monstrochapitre. Je vais passer sur toutes les difficultés et l'impression d'avoir écrit un scenario de « Amour, gloire et beauté » (d'un côté, ça justifie tellement ma classification « romance ») parce que vous vous en fichez certainement (Aka les déboires de l'écrivain). Je remercie les lecteurs présents pour leur patience et pour toutes les personnes qui ont eu la gentillesse de me laisser un commentaire, un fav ou ajouter cette histoire en follow.

Vous êtes tous trop gentils ! Je vous adore !

Sinon : Moi je suis beaucoup moins adorable *rah vilaine auteur ! méchante auteur ! Je devrais aller me repasser les doigts avec un fer !* mais je suis profondément amusée de vous balader dans tous les sens avec la future potentielle relation de Blaise. J'adore les diverses hypothèses que je peux lire dans les commentaires. Évidemment, vous vous en doutez : je ne pourrais pas faire plaisir à tout le monde !

En tout cas, voilà, comme d'habitude, gros câlin à tous mes adorables lecteurs qui supportent mon sadisme et mes bêtises !

Chapitre 29 : Il faut sauver le soldat… euh non... Evangeline Black

Pour un œil extérieur, il aurait été difficile de deviner précisément son humeur. Ses collègues ne remarquèrent aucun changement particulier et une fois revenu de Poudlard, Robert Winters resta, comme à son habitude, travailler tard au Ministère.

A l'abri dans son bureau cossu et loin des regards, il tenta d'avancer dans son travail, mais finit par ressortir les dossiers qu'il gardait cachés au fond d'un tiroir verrouillé. Il s'agissait en fait de copies des comptes rendus concernant les derniers Mangemorts en liberté : Greyback, Goyle senior, Lestrange, Mulciber, Selwyn… Tous poursuivis par les Aurors, puis il y avait aussi ceux qui avaient été relaxés : Nott junior, dont il avait bien l'intention de s'occuper, et pour finir les Malefoy père et fils.

Quelle injustice…

Serrant les poings, il les abattit brutalement sur son bureau en retenant un cri de frustration et de colère.

L'un des cadres photos vacilla et tomba avec un bruit sec. Il se calma aussitôt et releva l'objet avec dévotion, caressant un instant la surface vitrée.

Il lui restait un atout dans sa manche avant de devoir en arriver à des extrémités … Moins subtiles. Et le jeune Malefoy devrait comprendre que désormais ce serait lui ou sa parodie de fille, mais dans tous les cas, l'un d'entre eux devait disparaître !

Rompre l'engagement avec Harry Potter était la priorité, mais à terme, cela permettrait de réparer une terrible erreur.

-Cela n'a pas marché, affirma soudain une voix dans l'ombre de son cabinet.

Winters pesta un instant contre les conditions de vies que lui imposait la magie. Parfois il donnerait n'importe quoi pour avoir l'électricité ici plutôt que ces flammes qui créaient des ombres dansantes sur les murs.

-Non, j'ai pourtant fait comme tu me l'as dit… Malheureusement Potter a réussi à me mettre des bâtons dans les roues… Je devrais me méfier un peu plus de lui, après tout il a vaincu Celui-dont-on-ne-prononce-pas-le-nom…

La silhouette dans l'ombre émit un son de gorge railleur.

-Et à côté de ça, il est complétement manipulé par les Malefoy, approuva Winters. C'est un véritable gaspillage de talent… En parlant de cela, les as-tu terminés ?

-Bientôt. Encore une journée au moins.

L'homme se cala plus confortablement avec un sourire satisfait. Son plan B était sur la bonne voie.

-Parfait. J'ai vraiment de la chance d'avoir quelqu'un de si doué à mes côtés.

L'ombre ne répondit pas, elle avait déjà disparue.

-o-O-o-O-o-

Drague.
Définition du dictionnaire: « outil de pêche utilisé essentiellement pour pêcher des coquillages. «

*Pas vraiment.*

« Un synonyme de séduction, flirt, marivaudage. Procédé visant à susciter délibérément une admiration, attirance, voire l'amour d'un ou de plusieurs individus. »

*huhum… Mais pourquoi ?*

« Le but le plus simple de la séduction consiste à obtenir un avantage de la part de la personne séduite, par exemple des rapports sexuels... »

*bruit de gorge étranglé*

« ...des cadeaux ou de l'argent (lorsqu'elle est effectuée de mauvaise foi et pour abuser de quelqu'un, il est question de manipulation physique ou psychologique). »

*Plus probable. (Ou souhaitable?) *

« Mais son but peut être plus complexe et détourné : reconnaissance, estime de soi, narcissisme ou simple satisfaction du désir de vaincre. »

*Ça lui ressemblerait tellement… Mais ça me foutrait vraiment les boules….*

-Hum… Harry ? Qu'est-ce que tu es en train de lire ? S'enquit tout d'un coup la voix d'Hermione, sa tête apparaissant de derrière un grand dépliant louant les avantages d'un travail à Ste Mangouste.

Avec un sourire gêné, Harry fit disparaître son dictionnaire d'un coup de baguette.

-Rien, je vérifiais juste une définition !

Et comme pour se faire oublier, il attrapa vite un toast et la confiture de fraise.

C'était leur dernier mardi avant les vacances d'avril. Celles-ci sonnaient la fin du second semestre et pour les dernières années, l'ambiance était plutôt tendue. Ils savaient tous que le dernier semestre s'appellerait : « révision », « révision » et « révision » et étaient partagés entre le fait de profiter du bon temps qu'il leur restait et finir sérieusement leurs derniers devoirs pour ne pas être encore plus en retard. Tout cela était encore plus vrai à la table des gryffondors où s'amoncelait un groupe devenu au fil des mois disparate.

Venait d'abord Neville Londubat qui faisait grise mine car il savait qu'il allait passer ses vacances dans les préparatifs de ses fiançailles avec Hannah Abbot. A côté se trouvait Harry Potter, marié dans un peu moins de deux semaines, une tonne de préparatif à faire et fuyant le regard accusateur de sa meilleure amie qui aurait aimé qu'il réfléchisse ENFIN sérieusement à son futur métier, ce qu'il se refusait à faire pour le moment. A sa droite, Ronald Weasley comatait encore, ce qui lui épargnait divers tourments comme la présence de son ex petite amie en face et le fait qu'Harry rechigne toujours autant à devenir Auror, à ses côtés se trouvait Fay Dunbar, sa petite amie qui, elle, n'avait pas vraiment de soucis si ce n'était un devoir de potion qui lui faisait des misères.

En face d'elle, Seamus Finnigan déprimait devant un grand bol de chocolat au lait parce qu'il ne savait pas quoi faire de sa vie. Venait ensuite Ginny Weasley qui avait le regard légèrement rêveur, ce qui inquiétait pas mal Dean Thomas à sa droite qui aurait aimé savoir à qui elle pensait comme ça. Puis finalement Hermione Granger fermait le groupe, essayant d'ignorer sa frustration due au fait de devoir manger avec Ron et sa nouvelle petite amie dans son champ de vision.

Finalement la jeune femme ne pût résister plus longtemps et jeta un regard jaloux à la table des serpentards.

Car une personne manquait à ce petit déjeuner, une personne qu'ils s'étaient habitués à voir depuis maintenant plusieurs mois : Evangeline Black.

Cela avait brisé le cœur de Harry et de Hermione, mais ils avaient dû négocier une garde partagée avec Drago et Blaise. Originellement les serpentards voulaient une semaine sur deux, et les gryffondors voulaient la leur laisser uniquement les week-ends. Après s'être disputés comme du poisson pourri et presque provoqué une guerre des maisons, McGonagall était intervenue et avait tranché pour eux : Deux jours avec l'un, deux jours avec l'autre et c'était non négociable.

Bref son adorable petite filleule était en train de faire le plaisir de toute la table ennemie tandis qu'eux se tapaient une ambiance de merde.

-Seamus, lâcha t'elle brusquement. Il faut qu'on se parle.

Le blondinet sortit de son propre nuage noir pour la fixer d'un air curieux. Il la vit alors lancer des regards appuyés dans la direction de Harry, ce dernier commençant à la regarder avec inquiétude, avant que l'irlandais ne percute et réalise de quoi elle voulait parler.

-Oui, oui ! Approuva-t-il joyeusement en terminant en vitesse son chocolat. Dean, Neville ! On a besoin de vous aussi !

Les deux concernés s'empressèrent de finir eux aussi leurs petit déjeuner sous le regard toujours aussi inquiet de Harry.

-OK… Et moi ? Lança-t-il, l'air de rien. Je pue ou quoi ?!

-Toi tu manges ton toast ! Ordonna Hermione alors que le groupe s'éloignait en se parlant à voix basse comme des comploteurs.

Harry baissa le regard sur son toast, puis avec un haussement d'épaule fataliste, croqua dedans. Il n'avait pas envie de se presser, d'autant plus que le courrier n'était même pas arrivé… Et puisqu'on parlait des hiboux… On en voyait les plumes !

Le défilé quotidien des rapaces fendit l'air dans la grande salle, aussitôt accompagné par les pleurs d'Evangeline à qui cela faisait toujours aussi peur.

Harry se sentit déchiré en l'entendant crier, se retournant pour la fixer de l'autre côté de la table, dans les bras de Male..Drago. Il aurait pu s'y rendre… Il en mourait d'envie… Mais non. Si certains serpentards n'hésitaient plus à s'inviter de leur côté de la salle, pour eux les gryffons… C'était presque une question de dignité. Tant qu'Evy' n'était pas en danger de mort, il supporterait de ne pouvoir que la regarder.

Bon, peut-être qu'il évitait Mal…Drago aussi… Mais comment pouvait-il faire autrement ? Il allait se marier avec lui pas ce samedi, mais l'autre, et leur relation était devenue de telle sorte qu'il avait l'impression d'avoir une bombe à deux doigts d'exploser dans les mains ! Le comportement du serpentard n'était presque plus ambigu… Bien sûr il l'était tout de même un peu parce qu'il était horriblement difficile de savoir ce qui tournait à l'intérieur de cette tête blonde… Mais son comportement gestuel avec lui était désespérément éloquent. C'était de la drague pure et dure, éhontée, comme s'il voulait le mettre dans son lit !

D'ailleurs… Voulait-il le mettre dans son lit ? Voilà le genre de pensée qui désormais l'empêchait de s'endormir le soir. Une part de lui levait les yeux au ciel en se traitant d'imbécile : voyons, c'était impossible ! Ma… Drago était-il seulement attiré par les mecs ? Il n'avait jamais rien montré de la sorte jusqu'à récemment… D'un autre côté, il ne s'était jamais exhibé non plus avec des filles, si l'on excluait Parkinson. Mais même s'il pouvait avoir ce genre de préférence, il n'y avait aucune possibilité pour que lui, Harry, soit une proie potentielle. M…Drago n'avait jamais été avare d'insultes physiques à son égard… D'insultes tout court d'ailleurs, prouvant plus qu'il n'était possible qu'il serait l'une des dernières personnes au monde à qui il penserait pour ce genre d'activité.

Cela n'expliquait cependant pas son comportement actuel, à moins qu'il ne soit tout simplement en train de jouer avec lui, ce qui était plutôt cohérent quand on connaissait l'animal… Mais… S'il n'y avait pas tromperie et que Drago était vraiment en train de chercher à le tenter…

Il ne savait pas du tout comment réagir à cela.

Évidemment, il était curieux, bien sûr, mais attiré ? Pas certain… Ou du moins pas de façon saine, car il refusait de considérer l'espèce d'excitation morbide et possessive qu'il ressentait à certain moment comme un comportement correct. Et avec l'approche de leur mariage, toute expérimentation de n'importe quelle sorte semblait être la recette d'un désastre. D'où le plan de se tenir le plus possible à l'écart.

Ainsi, pas de tentation suicidaire d'entrer dans le jeu de l'autre, ou bien de lui donner un grand coup de poing sur le nez.

Secouant la tête pour s'ôter cet imbroglio de pensées, il se retourna face à son assiette quand Drago récupéra une lettre et s'autorisa à être content lorsque lui ne reçut rien, sachant que Narcissa l'avait inondé de correspondance ce dernier mois.

Ron et Ginny avaient quant à eux reçus un petit colis, ce qui réveilla le rouquin.

-Ça vient de Percy, expliqua-t-il à Harry. Il a passé quelques jours au Pérou pour l'ouverture du nouveau relais de PGP.

-Pijip… ? Commença Harry avant d'avoir aussitôt la réponse de Ginny qui le connaissait de toute évidence un peu trop bien.

-Portoloin à Grande Portée, c'est ce qui nous permet de voyager d'un pays à l'autre… Mais sérieusement c'est quoi ce truc ? C'est le souvenir le plus laid qu'il ne m'ait jamais offert !

Effectivement, les deux Weasley avaient sortis de leur colis le même petit objet de couleur gris foncé et de forme cubique, des motifs géométriques gravés sur leurs faces, leur donnant quelque peu l'allure d'objets extraterrestres.

-Clair que c'est moche, approuva Ron en cherchant s'il n'y avait pas un quelconque mode d'emploi au fond du colis. Bizarre, ça ne ressemble pas à Percy de nous envoyer juste une babiole souvenir, lui qui est si attaché au côté pratique de toute chose.

-C'est peut-être un presse-papier ? Proposa Fay.

La fratrie ne semblait pas convaincue et ils balancèrent l'objet dans leur sac sans plus y penser.

-Oh tiens, à propos de courrier, lança Harry en tapotant d'un couteau la table pour attirer l'attention de Ron, j'ai reçu une lettre d'Andromeda il y a quelques temps… Tu sais, avant qu'on se remette à se parler vraiment… Au sujet de l'anniversaire de Teddy. C'est dimanche…. Alors je sais pas ce que tu fais ces vacances, si tu comptes rester à Poudlard ou pas, mais j'aimerais bien que tu viennes.

-Je reste pas à Poudlard. Ginny et moi… Notre mère nous a obligés à aller aider George pour la réouverture de son magasin… Tu sais, s'assurer qu'il n'est pas…

Ron roula des yeux en faisant tourner son index au niveau de sa tempe, arrachant un cri d'indignation à sa sœur.

-C'est sérieux Ron ! Clama-t-elle. Arrêtes de prendre cette histoire avec désinvolture !

Son frère leva les yeux au ciel pour toute réponse.

-Quand je l'ai vu, il avait l'air très sain mentalement, intervint Harry, s'attirant un regard condescendant de son ex petite amie qui la faisait terriblement ressembler à Molly.

Il s'empressa alors de continuer :

-Par contre il y a ce fichu ensemble de vaisselles pour le mariage…

-Ah oui, ces trucs… Il m'en a parlé, commenta Ron en faisant la grimace, pas certain de ce qu'il pouvait en dire. Je ne sais même pas comment il espère que ça va se vendre…

-Je sais de source sûre que Lucius en a acheté une cinquantaine et commandé 200 autres… D'après Narcissa, son nouveau hobby consiste à les éclater dans le jardin à coups de Confringo.

Les deux roux le regardèrent d'un air affolé, mais Harry fit un mouvement négligent de la main pour les apaiser.

-Je préfère que ce soit de la vaisselle plutôt que ma tête.

-Mais tout de même… Tenta Fay d'un ton soucieux.

-On ne choisit pas sa belle-famille !

-Mouaif… Ce n'est pas la seule chose que tu n'as pas choisis…. Grommela entre ses dents Ron en se tournant vers la table des serpentards, foudroyant Drago Malefoy du regard.

-Ecoutes, si on devait faire la liste des choses que je n'ai pas choisis dans ma vie, il ne me resterait plus grand-chose, philosopha Harry, alors revenons-en s'il te plait à l'anniversaire de Teddy !

Avec réticence, Ron cessa son mitraillage de fiancé inopportun et revint vers son meilleur ami :

-Ouais je viendrais… Qui d'autres sera là ? Neville ?

-Il aurait bien aimé, malheureusement il rencontre sa future belle-famille ce jour-là, ce qui ne l'emballe pas des masses… Comme je le comprends… Et il doit faire bonne impression. Donc non, ce sera juste la fine équipe. Toi, moi… Et Hermione.

Harry guetta la réaction de Ron et ce fut comme il l'avait prévu : sa bouche se tordit en une moue constipée comme le jour où il lui avait dit qu'il n'encouragerait pas les Canons de Chudley à la Coupe de la Ligue.

-J'aimerais et j'apprécierais VRAIMENT que tu fasses un effort avec Hermione, appuya Harry en essayant d'ignorer le petit regard trahis que lui lança alors Fay. Je comprends que tu sois fâchée d'elle en tant que petite amie, mais elle a bien été ton amie à une époque !

-C'est pas aussi simple… J'aimerais te faire plaisir, tu sais que je le voudrais, mais bon sang, il s'agit d'Hermione et tu sais ce qu'elle représentait pour moi… Désolé Fairy, le prends pas mal.

Fay avait l'air pincé mais elle hocha la tête avant de se lever de sa place.

-Vu votre discussion, il vaut sans doute mieux que j'aille vous attendre devant la salle de potions, agréa t'elle en lui prenant la main qu'elle serra fortement comme si elle avait peur de le lâcher.

Ron lui sourit d'un air rassurant en portant leurs mains jointes à ses lèvres, avant de la lâcher pour la laisser partir. Ce qui était agréable avec elle c'est qu'elle n'insista pas et tourna les talons d'une démarche gracieuse, sa longue chevelure rassemblée en épaisse tresse dansant derrière elle.

-Je retournerais pas avec Hermione tu sais, lâcha Ron qui suivait la jeune fille du regard.

-Ce n'est pas ce que j'attends, répliqua Harry bien qu'il savait son amie encore amoureuse de lui.

-Et elle m'a fait du mal.

-Je sais mais… C'était totalement involontaire de sa part. Tu en es conscient ?

Ron mûrit tout cela dans sa tête, l'expression songeuse.

-OK, du moment que la fouine n'est pas invité à la fête, moi ça me va ! Finit-il par déclarer.

-Non, bien sûr que non ! Je suis presque certain qu'il ignore même l'existence de Teddy ! Mais s'il te plait, arrêtes d'appeler mon futur mari comme ça, ça craint pour moi !

-La fouine c'est la fouine, contesta Ron d'un ton sans appel. Sérieux Harry, va falloir qu'on discute de lui à un moment ou un autre parce que son comportement… Est juste SUPER BIZARRE. Hier il ne t'a quasiment pas quitté des yeux de tout le cours de Défense ! Et pas pour te foudroyer du regard ! Non ! Il avait l'air perdu dans ses pensées ! C'était FLIPPANT !

Le brun poussa un profond soupir. Si son ami paniquait pour quelques regards, il valait mieux garder un certain baiser sous silence. Mais quelque part il comprenait : Ron s'inquiétait pour lui.

Harry s'inquiétait aussi pour lui-même, car Merlin seul savait ce que Drago lui réservait.

Il fut heureusement (ou pas) coupé dans ses pensées par Ginny qui jusqu'ici s'était montrée remarquablement silencieuse. Quand ses yeux bruns pétillants se posèrent sur lui, cela le rendit complètement décontenancé. C'était juste le genre de regard qu'elle lui réservait avant, quand ils étaient amoureux. Et là, bein il sentait que ça n'était pas vraiment pour lui.

Il fut étonné de se sentir piqué par l'aiguillon de la jalousie.

-Tu fréquentes pas mal les serpentards Harry.

Cela ne sonnait pas comme un reproche ou même une question, mais il y répondit quand même.

-Euh… Oui ?

-Qu'est-ce que tu sais sur Blaise Zabini ? Lança alors Ginny.

Les deux garçons qui avaient décidés de finir leur petit déjeuné par un jus de citrouille recrachèrent à moitié leur boisson, s'étouffant sur le coup. La jeune femme attendit patiemment qu'ils s'en remettent.

-Harry ! Regarde ce que tu as fait à ma sœur ! L'accusa alors Ron les larmes aux yeux d'avoir trop toussé.

-Je m'en rends compte ! Je suis désolé ! Répondit le brun dans le même état.

-Dites… Vous deux… Vous voulez que je vous noie dans le pichet de jus de citrouille ? Grogna Ginny d'un air faussement amical.

Effrayés, les grands Harry Potter et Ronald Weasley souhaitèrent pouvoir bénéficier d'un sort d'oubliette sur le champ et quitter la table aussi vite que possible.

-o-O-o-O-o-

Trois heures trente plus tard, la salle de classe était uniquement remplie du bruit des chaudrons bouillonnants, des sifflements des becs de gaz, accompagné du craquement des flammes et de façon épisodiques, des coups de couteaux ou des grognements mécontents de quelques Gryffondors.

Ils travaillaient sur une potion commencée trois semaines plus tôt qui, si elle n'était techniquement pas complexe, se révélait ardue dans sa durée de préparation de 48h se découpant en six créneaux où ils devaient ajouter des ingrédients… Et le plus important de tous, le pistil de trèfle à QUATRE FEUILLES, rien que ça Monsieur, devant être intégré une nuit de pleine lune…

Si l'envie de râler était présente, ils savaient tous que le dernier trimestre serait réservé à la concoction de leur projet de potion, celui-là même qu'ils étaient censés (attention mot clef) préparer depuis le début de l'année et sur lequel ils seraient évalués lors de l'oral des ASPICS de potions avancées… Alors même la conception de potions aussi longues et fastidieuses était une partie de plaisir à côté de cela.

Ajoutant ses pattes de caïmans tranchés en petits cubes, Harry s'autorisa à respirer quelques minutes, ce qu'il n'avait pas fait depuis une heure. Cela se révéla néanmoins une assez mauvaise idée, car à l'instar de la plupart de ses condisciples, sa potion prit alors une odeur infecte, mélange de vieille chaussette et d'œufs pourris et il s'éloigna en toussant, cherchant à ventiler un peu d'air plus sain avec sa main. Par chance, Ron à côté de lui avait une étape de retard, même si le rouquin ne semblait pas le voir comme cela, grinçant des dents en comptant chaque tour qu'il imprimait au liquide avec sa louche.

Harry attrapa son livre de potion, tristement blanc dans ses marges et se demanda vaguement ce que Rogue avait pu écrire dans le sien au sujet de leur réalisation du moment, et comment donner à sa potion la couleur bleue turquoise qu'elle aurait dû avoir et que seuls trois élèves (Dont Drago, groumf) avaient réussis à obtenir.

-Tu as tourné trop vite ta potion à l'étape 3 Harry, lui apprit Hermione lorsque la fin de la quatrième heure arriva et que leurs potions furent placées sous sort de stase.

-Mais il y avait marqué qu'il ne fallait surtout pas qu'elle se mette à faire des bulles ! Ce n'est qu'en tournant vite que l'on y arrive !

-Non, c'est une question d'inclinaison du poignet (elle fit le geste en démonstration) et comme cela tu peux la tourner tout doucement sans que ta potion bouillonne.

Harry finit de ranger ses affaires d'un air ennuyé. De toute façon, il ne ferait probablement plus jamais de potions une fois sorti de Poudlard ! Il se contenterait de les acheter, comme tout un chacun le faisait !

Il leva le nez de sa surface de travail quand Slughorn s'approcha de lui, l'air satisfait d'un chat devant un bol de crème.

-Mon cher Mr Potter… N'oubliez pas que je vous attends demain soir avec votre fiancé pour notre petite soirée !

-Soyez tranquille, je n'ai pas oublié (*Malheureusement*), le rassura t'il en finissant de nettoyer sa place.

-Bien bien… Mlle Weasley sera là, aussi, j'espère que cela ne causera pas de… complications…

Harry fit la moue. Si le professeur lui avait demandé cela hier, il aurait effectivement crié à la catastrophe, mais le comportement de Ginny ce matin laissait à penser qu'elle ne pourrait même pas remarquer la présence du blond… A la faveur d'un certain brun aussi imprévisible que lui-même.

A croire que c'était ce qui plaisait à son ex… La rousse n'allait pas vraiment vers la facilité.

Il songea alors à ce pauvre Dean qui soupirait après elle mais n'arrivait pas à en être désolé… Bien au contraire.

*Allllleeezz, v'la que je vire méchant et mesquin… Les Malefoy sont déjà en train de me contaminer !*

Harry tranquillisa son professeur de potion au sujet de Ginny et courut rattraper le groupe qui l'attendait. Ron et Fay se trouvaient à côté d'une Hermione qui ne semblait pas trop à son aise et il s'empressa de s'intercaler entre l'ancien couple tout en priant pour que cette situation-là s'arrange vite. C'était sans doute égoïste, mais il avait envie d'avoir ses deux meilleurs amis en même temps, d'autant plus que Ron lui avait manqué et qu'il voulait rattraper le temps perdu. Il ne pouvait cependant pas laisser Hermione seule dans son coin, car si le roux pouvait se scotcher facilement à n'importe quel groupe, comme il l'avait prouvé avec Seamus et Dean, ce n'était pas le cas de la jeune femme, plus renfermée et solitaire.

Et ce n'était pas comme si, contrairement à lui, Hermione pouvait faire ami-ami avec Fay.

Prenant en considération le courage dont elle faisait preuve pour lui, Harry attrapa sa main alors qu'ils se dirigeaient vers la Grande Salle pour le repas de midi.

-Je sens que je vais passer une bonne partie de mes vacances à devoir avancer le projet perso… Annonça Harry avec un soupir.

Son amie lui jeta un regard sévère, mais heureusement Ron s'incrusta à ce moment-là, l'air d'un martyr :

-Toi aussi tu n'as aucune idée ?

-Si… Je voulais faire une potion de protection, vu que ça n'existe pas et que ce sont des sorts que certaines personnes ont des difficultés à lancer… mais après lecture de quelques livres, ça m'a l'air un peu ambitieux… Et je me demande si ce sera seulement réalisable !

Hermione hocha la tête, connaissant déjà son projet vu qu'il lui en avait parlé. Sans commenter ses inquiétudes, elle se fit néanmoins le devoir de clarifier l'exercice pour le groupe :

-Ce n'est pas important que la potion soit viable ou pas, c'est la DEMARCHE de recherche qui sera évaluée. Pourquoi ces ingrédients ? Pourquoi l'ordre, la température, le temps… Que la potion fonctionne est un bonus ! Tout le monde ne s'appelle pas Severus Rogue ! Vous savez qu'il est l'un des seuls ces trente dernières années à avoir présenté une potion à son examen qui est aujourd'hui entrée dans le Grand Catalogue? Je n'étonnerais sans doute personne en disant que c'était un poison mortel… D'ailleurs il est presque une tradition chez les serpentards de présenter des poisons… Tout comme les Serdaigles se spécialisent bien souvent en potions de soin.

-Et nous et les poufsouffles ? Osa demander Fay en passant par-dessus l'aura de mécontentement de la jeune femme à son sujet.

Le coin des lèvres de celle-ci se crispa presque imperceptiblement, mais comme ne pouvant résister à une question, elle répondit d'une voix professorale.

-Les poufsouffles en potion avancés sont rares, la faute à Rogue qui n'acceptaient que les optimals en BUSE… Quant aux gryffondors, ils présentent souvent des potions… Euh comment dire… Farfelues ? Inutiles ? Du genre que vend le frère de Ron ? Mais pas toujours, Rémus Lupin par exemple, avait de son temps tenté de créer la potion Tue-Loup… Sans succès malheureusement. Tout ça pour dire qu'il ne tient qu'à nous de choisir des sujets plus sérieux!

Ron se pencha vers l'oreille d'Harry :

-Tu paries combien que sa potion à elle marchera ?

-C'est pas un pari ça ! C'est une évidence ! Répliqua Harry, s'attirant un rire de son camarade.

-Après-manger, on pourrait peut-être bosser sur ça et tu pourrais m'aider à trouver une idée de potion… Tenta l'air de rien Ron puisqu'ils n'avaient aucun cours le mardi après-midi.

-… Ok si tu me laisse m'entraîner sur toi pour la métamorphose. Puckett n'avait pas l'air très enthousiasmé par ma démonstration d'hier…

Ils arrivèrent alors dans la grande salle et Ron prit un instant à part son meilleur ami en enroulant son bras sur ses épaules :

-Bon qu'est-ce qu'on fait pour Ginny ? Demanda-t-il à voix basse.

-Parce qu'on doit faire quelque chose ?!

-Doux Godric ! Évidemment ! Il s'agit quand même de Zabini ! On ne peut PAS laisser ma sœur s'enticher d'un type pareil ! Tu vois ZABINI dans le salon du TERRIER ?

Harry fit un effort d'imagination juste pour l'exercice amusant que cela pouvait être, et non, décidément, l'image du racé Zabini, assit les jambes croisées sur les canapés défraîchis à motifs floraux de Molly Weasley, semblait sortie tout droit d'une mauvaise sitcom avec rire préenregistrés.

Il pouffa alors que son ami, agacé de sa réaction, essayait désormais de l'étrangler.

-Ne fais pas comme si ça ne te regardais pas ! Je refuse d'avoir ce sale type comme beau-frère !

-Oh ta famille arrive encore à s'agrandir? A ce rythme-là, dans 100 ans, tous les gryffis seront des Weasley ! Lança une voix derrière eux.

Ron bondit littéralement vers l'avant, puis se retourna comme si on venait de lui mordre le derrière. Harry avait rarement vu son ami aussi vif sans que cela n'implique des araignées ou des impardonnables.

-Arrêtes de te faufiler derrière moi comme ça Zabini !

-Ho, bonjour Zabini, fit pour sa part Harry qui s'interrogeait toujours sur le comportement actuel de son ami.

-Salut Harry, répondit le serpentard comme si de rien n'était.

-ET ARRETEZ DE FAIRE COMME SI LA SITUATION ETAIT NORMALE ! Enragea Ron qui commençait à rougir de colère.

-Mais elle EST normale Weasley.

Le ton était hautain au possible, avant que les lèvres de Blaise se relèvent légèrement sur le coin, prouvant bien qu'il prenait plaisir à le mettre dans cet état. Ron croisa ses bras devant lui en grommelant dans sa barbe.

-Et moi j'ai pas droit à un bonjour ? Grogna à son tour un blond qui rejeta Blaise en arrière.

Drago en fut pour ses frais car Harry fonça sur lui, mais ce fut pour lui prendre sa fille des bras et lui faire des câlins.

-Oh ma petite Evy' adorée, mon bébé, mon amour, tu manques à papa ! Plus que demain et tu reviens vivre avec moi ma chérie…

-Je ne me sens pas du tout ignoré… Cingla Drago en les fusillant du regard.

-Fais comme moi, je ne m'attends même pas à un bonjour, affirma Pansy. La politesse se perd, surtout chez les gryffondors.

-Tu voulais quelque chose Drago ? Demanda Harry sans même le regarder, continuant à faire des papouilles à sa fille qui babillait de ravissement.

-Oui, parler à mon futur époux, s'il daignait seulement ne pas se comporter comme un rustre et m'accorder toute l'attention que je mérite.

-Tu veux dire celle d'un professeur Binns en pleins cours de révolte des Gobelins ? Railla Ron en roulant des yeux.

-Si tu allais gentiment lécher les amygdales de la tapisserie qui te sert de petite amie Weasley ? Les adultes doivent avoir une discussion privée !

-Ron sois gentil avec Drago. Drago sois gentil avec Ron, lança machinalement Harry avant que l'un des deux puissent à nouveau ouvrir la bouche.

Il se reçu pour le coup deux regards furieux mais comme toute l'attention d'Harry était sur sa fille, le rouquin et le blond détournèrent le regard à nouveau pour se toiser avec hostilité, tels deux chats s'affrontant pour un territoire. La balance était cependant quelque peu faussée pour Ron à cause d'une certaine présence serpentarde.

Avec un micro sourire au coin des lèvres, Blaise semblait s'amuser comme un petit fou à observer les réactions divertissante de Ron à son contact proche. Le jeune homme le suivait vraiment des yeux comme un serpent venimeux dont on craint la morsure. C'était assez… Rafraîchissant de voir que pour une personne il semblait plus dangereux ou important que le grand Drago Malefoy… Ce qui devait enrager encore plus ce dernier.

Drago n'avait pas aimé son petit cirque la dernière fois dans la salle commune, considérant qu'il existait comme un fait sacré qu'un Malefoy et un Weasley devaient se mépriser sans être dérangé par qui que ce soit. Comme le petit garçon capricieux et gâté qu'il était, le blondinet n'aimait pas prêter ses jouets. Dommage pour lui, Blaise n'était pas plus partageur et il avait bien l'intention de s'approprier celui-ci.

Le plus amusant était sans doute la façon dont le rouquin le regardait. Ce n'était pas la haine teintée de dédain qu'il avait pour Drago, mais presque une juste indignation comme s'il avait brisé un quelconque tabou.

Pauvre petite chose si étroite dans sa pensée, pour qui serpentard signifiait petit richard pourri jusqu'à la moelle… Un tel point de vue n'était probablement qu'un savant mélange de jalousie, de peur de l'inconnu et de Magie Ancienne… Et pourtant il avait devant lui l'Un des Trois.

Il était assez facile de l'oublier prit dans la routine de l'année scolaire, comme si l'année dernière n'avait jamais existée et que cela n'était que la juste continuation de leur sixième année. C'était après tout ce qu'avaient voulu Harry et Hermione dans leur bonté et mansuétude habituelles.

De temps en temps pourtant, on pouvait voir les regards perdre de leur voile blasé lorsqu'ils se posaient sur l'un des membres du trio d'Or, se rappelant soudain ce qu'ils avaient fait, subis et accomplis… Des faits que l'on ne pouvait qu'imaginer puisqu'aucun des protagonistes n'avaient parlés à ce sujet. Tout n'était que suppositions même si quelques bribes venant d'un œil extérieur s'ajoutaient de temps en temps.

Quoiqu'il en soit, Ronald Weasley était par ce fait quelqu'un d'incroyable, qu'on l'apprécie ou non. Blaise n'aurait certainement pas tenu deux jours à sa place et aurait pris le premier bateau moldu en direction du continent en envoyant au diable tout devoir envers ses amis ou sa famille.

Ainsi pendant un bref instant, il se permit d'avoir de l'admiration pour ce grand et solide rouquin un peu benêt. Hélas, la lueur qui brilla un instant dans ses yeux bruns, ainsi que la décontraction des traits de son visage furent aussitôt intercepté par le garçon qui ne le quittait pas du coin de l'œil. Fronçant les sourcils, il recula sans probablement même s'en rendre compte et oublia totalement qu'il était censé être en conflit avec Drago.

-Harry, tu me rejoins rapidement ok ? Grommela Ron sans le quitter du regard.

Blaise rigola intérieurement. Il était quoi ? Un serpent à sonnette ? Craignait-il qu'il se jette d'un élan sur lui ? Salazar, il ne savait vraiment pas ce qu'il avait fait pour traumatiser cet énorme lion, mais il adorait ça !

-Quel chaperon attentif tu fais Weasley ! Ironisa-t-il, s'attirant un regard noir très combatif.

-Toi, je te préviens : je t'ai à l'œil ! Lâcha Ron avant de partir à grands pas vers la table des rouge et or.

Blaise était des plus dubitatifs, se demandant bien d'où sortait cet avertissement. Il se tourna vers Harry qui tentait d'empêcher Drago de lui reprendre Evangeline.

-Harry ? De quoi il parlait ? Demanda-t-il alors que le brun se voyait vaincu pour cause de petite taille et geignait alors que son fiancé déposait l'enfant dans les bras de Pansy.

-De quoi ? Ah ? Ça ?

Harry resta un instant silencieux, le fixant avec un air sérieux mâtiné de mépris, ce qui était assez nouveau de sa part. Puis finalement il poussa un petit soupir et posa ses mains sur les épaules du black.

-Tout ce que je peux te dire, c'est : bonne chance ! Déclara-t-il avec compassion avant de se tourner vers son fiancé. Tu voulais me parler Drago ?

Le sujet était clos, Harry ne parlerait certainement pas de l'intérêt qu'éprouvait à présent son ex pour Zabini. Ron ne le voudrait sûrement pas et malgré tout, Harry ne tenait pas tant que ça à ce que Ginny se retrouve quelqu'un à Poudlard. C'était nul de sa part, très clairement, mais le cœur a ses raisons que la raison ignore et ce n'était pas tant qu'il ne voulait pas la voir amoureuse, mais la voir partager des choses qu'elle lui avait offert, qui n'appartenait alors qu'à lui, à un autre… Là ça passait moins d'un coup. Et il se sentait toujours un peu protecteur. Le prochain la traitera t'il comme elle le méritait ? Serait-il doux, patient ? Saurait-il garder la fougue de Ginny et sa flamme intacte, la subissant sans pour autant chercher à l'étouffer ? Respectera-t-il ce qu'elle est sans vouloir la faire changer ?

Mais alors que Blaise allait rejoindre Pansy à leur table, le laissant avec Drago qui le tirait hors de la Grande Salle, il se demandait si le black saurait résister à une Ginny partie en chasse ?

Elle pouvait se montrer très téméraire lorsqu'il s'agissait d'arriver à son but. Harry en avait fait l'expérience… Bien qu'un autre dans le genre savait se montrer tout aussi déterminé, songea t'il prestement en se retrouvant coincé entre un mur et le corps de son fiancé.

-On dirait que tu aimes de plus en plus m'appeler par mon prénom, Potter… Ronronna ce dernier penché sur son oreille, son souffle chatouillant son cou.

*Wouuups… Le retour des avances louches…*

Maudissant la brusque _ et toujours aussi déplacée_ envolée de joie et de chaleur qui l'envahissait, il chercha à ramener la situation à un point plus sage et raisonnable.

-Il fallait bien commencer. Ce serait devenu très bizarre lorsqu'on aurait porté le même nom, se défendit-il tout en faisant comme s'ils discutaient tranquillement à distance respectable.

Il sentit Drago sourire dans son cou alors qu'il mettait toute sa force mentale à son service pour s'empêcher d'avoir l'air alangui contre lui. Ce qu'à l'intérieur il était. S'il n'y avait pas eu de très sérieuses objections à cela, il se serait laissé aller contre le mur pour se lancer lui aussi dans un numéro de charme.

Il y a trois mois il se serait traité de fou d'avoir des envies pareilles, mais il y a trois mois, il ne connaissait pas ENCORE le Drago Malefoy séducteur et il s'en félicitait. Comment aurait-il pu se concentrer sur quoique ce soit d'autre que le son qui résonnait à son oreille ? Il avait souvent trouvé sa voix traînante insupportable, sans se douter un instant de l'effet qu'elle pouvait provoquer lorsqu'elle devenait soyeuse. Il avait de même découvert la légère élévation du coin de ses lèvres, pourtant si habituée aux rictus narquois, qui faisait naître une fossette désarmante. Et que dire de ces yeux qu'il avait toujours trouvés froids et sans vie, en cet instant pétillant, semblant vouloir l'hypnotiser en suggérant de nombreuses choses sans doute indécentes ?

Et pendant ces instants, il devenait l'unique centre d'attention du jeune homme, ce qui était plutôt flatteur et… Rassurant. Bien qu'il ne savait pas trop pourquoi.

Mais comme Harry ne savait rien de ses véritables sentiments et intentions, et comme il était encore complètement indécis sur son propre ressenti et des plus ignorants de toute façon sur… la manière dont les choses devaient être menées entre… Eh bien entre hommes, il fut des plus alertes quand Drago enchaîna son mouvement suivant.

-Cela ne me dérange pas que tu m'appelle par mon prénom, par contre, que tu m'ignores est… AÏE !

Drago avait voulu ponctuer sa réprimande en mordillant l'oreille qui était à sa portée, sachant pertinemment qu'il s'agissait d'une zone très érogène de sa proie. Eh bien, cela n'avait pas raté : Sous l'effet du délicieux frisson qui parcourut Harry tout le long de sa colonne vertébrale, il avait donné un grand coup de tête au serpentard, s'assommant à moitié au passage.

Cela eut l'exemplaire double effet d'éloigner son « agresseur » et de le dégriser.

-Bon sang Potter ! Qu'est ce qu'il t'a pris ?!

Évidemment cela avait aussi rendu son dragon furieux.

-Je t'avais prévenu Drago ! Grogna Harry en se massant le crâne. Je ne suis plus collé sur un lit et incapable de t'empêcher de t'amuser à mes dépends !

Oh le regard que Drago lui lança ! Il suintait de tellement de scepticisme qu'Harry s'en sentit presque honteux.

-J'ai certainement dû mal entendre… « A tes dépends » ?!

Il y avait maintenant le levé de sourcil en appui. Mais Harry était obstiné. Ce qu'il ressentait, ce qu'il voulait montrer et ce qu'il voulait étaient trois choses différentes. Le blond n'avait pas le droit de décider que parce que ses attouchements étaient plaisants – résultat d'une mécanique corporelle plus ou moins contrôlable –ils en devenaient forcement décents et bienvenus.

Croisant les bras sur son torse, il le toisa de la même façon.

-Tu voulais me dire quelque chose non ? Du moins j'espère que ce n'était pas un stupide prétexte pour me traîner jusqu'ici et faire… Je ne sais quoi.

Drago s'avança d'un pas, tout plein d'une énergie menaçante, même si elle n'était pas tout à fait identique à ce qu'avait connu Harry ces dernières années. C'était… Probablement plus intime, et Harry ne savait pas si le blond allait se jeter sur lui pour l'étrangler ou… Ou bien pour l'embrasser férocement.

Oh… Là était certainement la différence. Il tenta de déglutir discrètement. Bordel, il ne comprenait vraiment pas ce qu'il se passait entre eux et avec son propre corps. Comment pouvait-on craindre et désirer quelque chose en même temps ?

-Je ne sais pas ce que tu entends par un tel manque de vocabulaire, commença Drago d'une voix volontairement ennuyée bien que son visage et son attitude pointaient toujours dangereusement sur l'indicateur de la colère. J'avais l'impression que nous avions une agréable discussion, mais…

Il émit un son de bouche agacé puis se força à se détendre pour continuer, chassant toute émotion de son visage.

-A l'origine je venais gentiment te prévenir que l'un des plans de ma mère avait échoué.

Décroisant les bras, Harry devint un peu plus attentif :

-Un plan ?

-Oui Potter, ma mère est comme moi, elle fait des plans… Et parfois ça rate (ajouta t'il à mi-voix comme s'il se parlait à lui-même). Ma mère voulait faire croire à mon père que les invitations pour sa famille s'étaient égarées…

-Et en réalité ?

-Evidemment elle n'a rien envoyé, elle n'est pas masochiste et il faudrait l'être pour s'imposer le contact du reste de notre famille. Bizarrement mon père, lui, semble complètement hermétique à leur présence et n'obtenant toujours pas de réponses de leur part, il a jugé bon de renvoyer des invitations. Résultat des courses : il y aura 9 Malefoy de plus au Manoir à partir de mercredi soir.

-Neuf ?! S'exclama Harry en ouvrant de grands yeux. Mais quelle bande d'hypocrites ! Quand je pense que vous vous moquez toujours du nombre des Weasley !

-Oh ! Eh ! Faut pas pousser Merlin dans les orties ! Aucun Malefoy n'a jamais fait plus de trois enfants maximum ! Ce chiffre comporte mes grands-parents… En fait ce ne sont pas mes grands-parents, ce sont tous des cousins trèèès éloignés, mais on m'a toujours obligé à les appeler comme ça. Mon oncle et sa famille, contenant le plus horrible des Malefoy que la terre est connue, j'ai nommé mon cousin Ambroise, et ma tante qui s'est mariée à une famille d'aristocrate du centre de la France, les De Sancy.

*Godric ! Il existe vraiment un Malefoy plus horrible que Drago et son père ?* Fut la seule pensée d'Harry à cet exposé.

-Bon… Euh… Et ils parlent anglais au moins ?

-La grande majorité. Ne t'en fait pas pour ça, en l'occurrence, c'est plutôt une bénédiction de ne pas les comprendre. Ces gens-là ne savent qu'être insatisfait de tout et râler et encore râler.

-De charmantes personnes en somme. Je me demande finalement ce qui les distingue de vous, le taquina Harry, sournois.

-De « nous » bientôt Potter, de « nous »… Mais si tu tiens à le savoir, les Lords anglais ne font rien d'aussi commun que de « râler ». Nous émettons juste clairement notre réprobation sur un fait sans revenir sans cesse dessus.

Harry avait des souvenirs bien différents d'un Drago ergotant contre Dumbledore, puis Hagrid quand il était devenu professeur. Sans parler de lui-même bien sûr. Il pouvait presque distinguer sa voix geignarde : « Mais Potter n'est qu'un privilégié ! C'est le chouchou des profs, c'est pour ça qu'il n'a pas été encore renvoyé ! » et gnagnagni et gnagnagna… 5 années à l'entendre ronchonner dans son dos !

*Et bientôt le reste de mon existence… Ô joie. Pourquoi je me marrie moi déjà ? Ah oui, quelques mois, des boucles brunes, une bouille d'ange et une pincée de Magie Ancienne…*

-Si tu le dis, émit-il diplomatiquement. C'était tout ?

-Non, ma mère me fait te redemander de venir passer la première semaine des vacances à la maison…

-Et je n'ai toujours pas changé d'avis là-dessus. Surtout depuis que neuf Malefoy doivent se rajouter en court de route !

-Je comprends, mais ce serait tout de même plus simple. Tu vas devoir passer beaucoup de temps chez nous avec les derniers préparatifs.

-C'est à ça que sert la poudre de cheminette !

-Cela va nous imposer un emploi du temps. Mais c'est comme tu veux. Ma mère veut que tu viennes dimanche pour essayer ton costume et faire les retouches…

-Je peux pas, j'ai piscine, le coupa Harry un peu agacé de se voir surbooké.

-Pardon ?

Devant Drago qui clignait des yeux, perdu, Harry retint un ricanement. Il aurait dû deviner que le sorcier devant lui ne comprendrait pas la référence [1].

-J'ai déjà quelque chose de prévu ce jour-là, éclaircit-il.

-Et puis-je te demander ce qui est plus important que la préparation de notre mariage ?

-La fête d'anniversaire de mon filleul, répondit Harry en haussant nonchalamment des épaules. Fête que nous avons prévu sa grand-mère et moi depuis belle lurette.

Cela coupa toutes les récriminations du jeune homme même s'il avait toujours l'air mécontent envers lui. De toute évidence, il n'avait pas digéré le moins du monde son coup de boule.

*Bien fait, il va y réfléchir à deux fois avant de recommencer à me toucher comme si j'étais son putain de petit ami ! J'ai rien signé à ce sujet moi ! *

Il n'eut pas le temps de se demander ce que ce serait d'être le petit ami de Drago Malefoy car ce dernier reprit, décidé apparemment à planifier leur dernière semaine d'hommes libres. Bordel, Harry avait juste envie de se caler sur un canapé de son salon et discuter pendant des heures avec ses meilleurs amis de choses triviales, jusqu'à ce que l'un d'eux réalise l'heure avancée et essaie de les faire coucher… Comme pendant les vacances de noël. Les meilleures vacances de toute sa vie.

Une fois ils étaient même restés exprès éveillé pour voir le lever de soleil, même si Hermione et Ginny s'étaient finalement endormies dans leurs bras, à Ron et à lui.

Malheureusement il sentait qu'il devait faire le deuil de ce genre de soirée cosy jusqu'à ce que ses vœux soient prononcés.

Ce qu'il ne voulait pas encore réaliser, c'était que ce mariage changerait son existence… Et qu'il avait déjà commencé à bouleverser tout son entourage par effet domino.

-o-O-o-O-o-

L'après-midi passa de façon assez peu studieuse, Harry et Ron profitant de ces moments à eux pour se retrouver. Sans filles, puisqu'elles avaient Histoire de la Magie (ces insensées !) et sans serpentards d'aucune sorte, puisqu'ils étaient en Sortilège.

Comme le soleil perça timidement les nuages, il décidèrent de sortir promener Patmol II autour du lac.

Le petit chiot les accueilli en fanfare lorsqu'ils allèrent le chercher chez Hagrid, et Harry sentit même que Crockdur, le grand chien noir du demi géant, semblait heureux de se débarrasser de la boule de poil hyperactive qui lui sautillait dans les pattes.

-Je dois avouer qu'il est carrément mignon, fit Ron alors que la bestiole s'amusait à fourrer son museau dans un trou de taupe.

-Hum, approuva Harry, nous sommes proche d'un compliment.

-Peuh, Absolument pas ! S'exclama le jeune homme avec mauvaise foi. Ce n'était pas comme si on savait pas que Malefoy peut s'acheter le meilleur ou dans cette situation, le plus mignon, avec tout son fric !

-Oui mais son genre c'est plutôt le classe et le pompeux. Là il m'a acheté en cadeau de mariage quelque chose de MI-GNON ! Et tu peux dire ce que tu veux, ça ne me fera pas changer d'avis, je l'adore !

Effectivement il était difficile de ne pas se sentir fondre devant la petite bouille qui se retourna vers eux, l'air confus, de la terre plein le museau et une oreille pendant sur son front.

Ron jeta un regard à la fois suspicieux et prudent à son meilleur ami.

-OK, puisque nous sommes entre mec, parlons-en.

-Parler de quoi ? Demanda Harry en époussetant le poil de la petite créature avant de l'attraper dans ses bras.

-Eh bien… Je me sens un peu coupable tu sais… Commença Ron, l'air plus que gêné, ce qui était confirmé par ses mains qu'il tripotait nerveusement. Voilà, j'espérais que malgré tout, quelque chose viendrait t'empêcher de te marier avec… Avec l'Autre. Un miracle divin, une erreur, un sort, bref, rien de tout cela n'est arrivé et c'est désormais… Rien ne pourra empêcher cela pas vrai ?

-Je ne pense pas, en effet…

-Ouais eh bien, c'est dans moins de deux semaines et je ne serais même pas là pour t'aider…

-J'aurais voulu mais…

-Ouais écoutes, on n'y peut rien, ni toi ni moi, c'est comme ça. Cependant, on n'en a pas encore parlé et je ne suis pas sûr que malgré tout ce que l'on a pu te raconter, tu sois vraiment conscient de ce qu'un mariage implique. C'est pas à moi de te faire la leçon à ce sujet, je ne suis pas marié, mais je voulais juste te dire que bien que ce soit mal vu par la société, je te soutiendrais si tu décidais d'avoir une aventure avec quelqu'un… Une amante quoi ! Surtout que je suis persuadé que Malefoy ne se gênera pas de son côté !

Harry resta un instant à court de mot, avant d'exploser :

-Mais je n'ai pas l'intention de tromper Drago !

-Harry, vraiment, je pense que tout le monde te comprendras ! Chercha à le rassurer Ron.

-Non, mais moi aussi VRAIMENT ! Je ne veux pas avoir de relation avec quelqu'un d'autre. Je ne vois même pas l'intérêt de m'investir sentimentalement avec quelqu'un avec qui je ne pourrais jamais réellement vivre ma vie. Et puis pense à Evy' ! Quel genre de foyer aura-t-elle avec deux pères constamment ailleurs ? Je ne sais pas ce que compte faire Drago, et c'est pour ça que je dois au moins, moi, rester là pour elle. Elle est la seule qui soit importante !

-D'accord Harry, mais… (Ron regarda aux alentours pour s'assurer qu'ils étaient bien seuls) sexuellement ? Comment comptes-tu…

-Comme un célibataire Ron… Maugréa Harry dans sa barbe, un peu mal à l'aise d'avoir ce genre de discussion.

Son meilleur ami et lui avaient toujours été assez pudiques à ce sujet.

-Oh mince. Dur vieux… Mais quelque part ça te ressemble. Et ça me rassure…

-Au sujet de quoi ?

Ron obliqua son regard vers le lac pour s'empêcher de croiser son regard.

-Bein… Je me suis dit que tu pourrais être tenté… De faire des trucs avec Malefoy… Ou qu'il pourrait… Tu sais, il te regarde beaucoup en ce moment…

Ah cette question… Harry n'avait pas de réponse, mais ce n'était pas néanmoins quelque chose qu'il pourrait jeter d'un revers de la main avec un « Jamais » et l'avis de Ron à ce sujet l'inquiétait. Seulement, il ne voyait pas bien comment lui expliquer cela. Il décida alors de contourner ce problème, de façon un peu fourbe, il devait se l'avouer :

-A ma place, qu'est-ce que tu voudrais entendre ?

-A ta…

Ron semblait déconcerté.

-Je n'ai jamais envisagé… Je veux dire… Voir les hommes de cette façon-là…

-Mais si ça devait arriver ? Demanda Harry d'un ton doux sans sous-entendu.

-Je… Je ne sais pas, c'est quelque chose auquel je n'ai jamais été confronté. Je ne sais même pas trop comment… Enfin techniquement, j'imagine… (Ron déglutit difficilement en se tordant les mains). Tu sais, ce sont mes frères ainés, Bill et Charlie qui m'ont plus ou moins guidé pour les choses de l'amour ou du sexe… Et ils n'ont jamais été qu'avec des filles, alors… Hum… Pardonne-moi si j'ai du mal à imaginer cela… Mais… Si ça devait arriver… Je pense… Je pense que je voudrais que tu ne me juge pas sévèrement.

Le brun qui écoutait sa réponse désordonnée en regardant le paysage d'un air un peu absent se retourna vers lui et lui fit un grand sourire. Ron ne put alors s'empêcher de le lui rendre, même s'il était un peu teinté d'amertume.

Ce n'était vraiment pas ce qu'il avait voulu pour son meilleur ami. Pas ce qu'il méritait. Et pour l'instant, personne ne lui ôterait de la tête qu'il aurait pu accepter un homme bien pour lui, mais que Malefoy n'entrait certainement pas dans cette catégorie. Et que de toute façon, sans Evangeline, Harry serait encore épris de Ginny.

-Je suis touché par tes inquiétudes Ron, lança Harry en lui tapant dans le dos. Mais adviendra que pourra ! Rien ne peut empêcher ce mariage désormais alors je ferais avec et qui sais ? Peut-être que quelque chose de bien en ressortira !

Passant au-dessus du haussement de sourcil dubitatif de son ami, Harry continua :

-Mes histoires amoureuses sont vraiment déprimantes en ce moment, alors parlons plutôt des tiennes ! Où ça en est avec ta petite fée ?

-« Petite » ? Elle te dépasse de presque une tête !

-Merci de le faire remarquer…

-Ça en est… Là où ça en est. En fait, je suis le premier pour elle, alors j'essaie de pas aller trop vite. Elle n'a pas trop confiance en elle, un peu comme Hermi… Enfin…

-Hermione, oui, tu peux le dire. N'en fais pas un sujet tabou.

-Ouep Hermione. Bon bref, on va à son rythme.

-Ça a l'air de te frustrer, commenta Harry alors qu'ils s'étaient remis à marcher, surveillant les péripéties du chiot sur les berges du lac.

-Il va se faire choper par le calmar géant… Marmonna Ron avant de retourner à leur discussion et de s'expliquer à voix plus haute : Je sais pas. C'est juste que… T'as pas eu déjà envie qu'on t'attrape et qu'on te jette sur un lit avant de t'embrasser fougueusement ? Sans contrôle ? Sans se dire « merde faut que j'y aille doucement, parce que c'est moi qui ai le contrôle » ? Tu sais, pour une fois, avoir une fille audacieuse qui assume son désir, quoi !

Se raclant la gorge, Harry tenta de cacher un peu son embarras.

-Bein… T'sais… Ginny elle est un peu comme ça… C'est ce qui me plaisait chez elle…

-Génial, mon idéal féminin est ma sœur. J'aurais préféré pas le savoir.

-Attends, Fay peut se décoincer dès qu'elle aura pris un peu de confiance !

-Ouais, ce serait cool… Attends… Mais avec ce que tu m'as dit… Ginny va faire qu'une bouchée de Zabini ! S'horrifia le rouquin.

-C'est un peu ce que je crains, effectivement…

Ron voulu répliquer quelque chose mais au même moment l'horloge sonna la fin des cours et Patmol II glissa sur la boue de la berge et fit un gros « PLOUF ! » dans l'eau. Les deux garçons se précipitèrent auprès du chiot pour le sortir de là.

C'est donc avec une boule de poil mouillé qu'ils repartirent vers la cabane d'Hagrid alors que le soleil disparaissait derrière les arbres de la Forêt Interdite.

-Tu sais, faut VRAIMENT qu'on arrête d'avoir des discussions entre mec, ça me perturbe à chaque fois !

-Non mais c'est l'hôpital qui se fout de la charité ! C'est toi qui l'a voulu celle-là !

Un grand éclat de rire fit s'envoler une nuée d'oiseaux des arbres environnants.

-o-O-o-O-o-

Les garçons pouvaient être inquiets, car ne faire qu'une bouchée de Blaise Zabini était plus ou moins le but actuel de Ginny.

Un jour était passé et alors que la nuit tombait, elle était actuellement en train de se préparer dans la salle de bain pour le dîner du professeur Slughorn. Sachant précisément que le jeune homme qui l'intriguait tant serait présent, elle mettait grand soin à choisir ses accessoires, hésitant sans cesse sur sa coiffure.

Attaché ? Détaché ? Attaché ?

Avec sa baguette, elle faisait prendre diverses formes à ses cheveux, tantôt chignon, tantôt tresse africaine, tantôt permanente, essayant ici une pique ouvragée, ici des boucles d'oreilles. Elle n'avait pas vraiment beaucoup de choix, et surtout peu d'objets vraiment précieux, plus du toc fantaisie, et sa plus belle parure, un collier et un bracelet, était un cadeau d'Harry. Du coup pas vraiment le genre de chose qu'elle pouvait arborer.

-Eh bien, tu fais beaucoup d'efforts pour un simple repas du professeur Slughorn, commenta soudain Hermione en entrant à son tour dans la pièce, occupant un miroir pour gérer convenablement son sort de maquillage.

Ginny lui jeta un regard torve. Tout comme Harry, elle éprouvait pas mal d'affection pour ce professeur amical qui n'avait pas hésité à protéger Poudlard lors de la dernière bataille. De plus son aînée n'était pas précisément en tenue décontractée non plus puisqu'elle arborait une jolie robe de soie bleue qui bizarrement lui faisait penser à la couleur des yeux de Ron.

-Qu'est-ce que tu fais ici ? Tu ne préférerais pas profiter de la Salle de Bain des Préfets ?

La brune la fixa avec étonnement, avant de prendre son air de donneuse-de-leçon.

-Et me retrouver face à face avec Malefoy ? Sans façon ! D'autant plus qu'il est d'une humeur de chien depuis hier.

Ginny se contenta d'un « hum » pensif. C'est vrai que l'insupportable fouine peroxydée serait aussi présente… Oh, et puis elle n'en avait rien à faire !

-En tout cas, tu ne vas certainement pas me dire que tu te fais aussi jolie pour notre prof ! Continua Hermione avant de se figer dans son mouvement d'enfilage de boucles d'oreilles. Ne me dis pas que tu fais ça pour Harry ?!

Sur le coup de la colère, les cheveux de Ginny formèrent un nœud n'importe comment sur sa tête, avec des mèches partant dans tous les sens.

-Bon, Hermione ! J'aimerais autant que tu me lâche la grappe avec ma vie amoureuse ! NON, ce n'est pas pour Harry ! Crois-moi, contrairement à toi, j'ai bien compris que je n'avais plus de chance avec mon ex !

Ce fut au tour d'Hermione de rougir de colère, détournant furieusement la tête pour reprendre ses préparatifs, lui jetant néanmoins des petits coups d'œil calculateurs quand elle pensait que Ginny ne pouvait pas la voir. Celle-ci retint avec force un soupir.

La préfète-en-chef ne supportait pas de ne pas tout savoir… Sans doute dans sa tête devait-elle passer en revue tous les garçons invités pour deviner qui était sa proie. Sérieusement, il fallait vraiment qu'Hermione s'achète une vie à elle !

Défaisant le désastre capillaire, elle décida finalement de les laisser retomber en légère ondulation sur ses épaules, sans oublier pour autant de bouffer ses cheveux sur le haut de la tête pour leur donner un peu de volume. Entre-temps Hermione s'était éclipsée et elle la retrouva uniquement devant la porte qui menait au salon de réception du Maître des Potions.

Là se trouvait aussi évidemment Harry, habillé assez simplement mais mieux que d'habitude, se disputant avec un Drago Malefoy en grande forme et très élégamment vêtu, comme s'il se rendait à une réception en son honneur. Tss…

Elle entendit juste « … Avec Parkinson, mais… », « …Parfaitement en sécurité… ! » avant de passer aux autres. Terry et Mandy, les deux têtes de classe en potion de serdaigle discutaient ensemble, Terry assez proche de l'habillement d'Harry, et Mandy qui n'était pas vraiment la plus jolie des filles, en grande partie à cause de sa carrure carrée, avait tentée de camoufler tout ceci avec une robe ballon d'un beau rose vif. Ginny savait qu'elle en pinçait pour son camarade préfet, mais ce dernier semblait aveugle à ses tentatives de séduction. Il était plus sensible à la beauté délicate et exotique de la douce Padma.

Puis finalement, elle s'accorda de laisser son regard tomber sur Blaise Zabini. Pendant un instant, elle resta sous le choc. Diable ! Comment avait-elle fait ces trois dernières années pour ne pas voir à quel point cet homme était magnifique ! Élégant dans une tenue classique mais bien ajustée pour mettre son corps en valeur, Il était fin, mais bien que ne faisant pas partie d'une équipe sportive, il n'était ni squelettique, ni mou. Son pas n'était pas traînant ou dégingandé, mais souple et assuré comme s'il était parfaitement à l'aise et que le monde lui appartenait. Certes son visage reflétait cette morgue si familière aux serpentards, mais ses légers sourires faisaient ressortir l'équilibre de son visage et ses lèvres pleines lui donnait envie de les mordiller. Que dire aussi de ce regard sombre, doté d'une étincelle sauvage qui semblait vous narguer et vous dire : « Vous n'êtes pas assez bien pour moi ! ».

Oui, vraiment, Ginny se demanda ce qui s'était passé avec son radar-à-beaux-mecs.

*Court-circuité par mon amour de jeunesse, tiens !*

En tout cas, cette nouvelle observation proche ne faisait que confirmer son coup de cœur initial. Elle savait d'avance que ce ne serait pas facile, la créature étant un serpentard imbu de lui-même et doté d'une langue de vipère, mais elle savait, ce qu'ignorait probablement bon nombre de personne, qu'il était aussi capable d'empathie et de gentillesse.

Elle hésitait toujours entre sourire d'embarras ou de reconnaissance lorsqu'elle se remémorait l'épisode du mouchoir.

Mais dans l'immédiat, elle avait un souci conséquent : celui que l'homme de ses pensées était en train de discuter et de sourire légèrement à HERMIONE. Celle-ci ne manquait vraiment pas de toupet ! Elle jetait des regards éperdus et blessé à Ron, mais à côté de cela, elle folâtrait joyeusement avec Blaise !

Et le pire c'est qu'après avoir observé le black durant les dernières semaines, elle était certaine qu'il n'était pas aussi… Complaisant avec tout le monde. Ce qui prouvait qu'il appréciait un minimum la préfète-en-chef.

Il l'appelait même par son prénom !

Étonnée d'avoir manqué une chose pareille, Ginny prit son courage à deux mains et s'avança vers le « couple » d'un pas décidé.

-Hermione ? L'appela-t-elle d'un ton courtois en la coupant dans une explication sur les effets de la Mandragore au contact de l'eau de Léthé (*vive la discussion !*).

-Un problème Ginny ?

*Oui, tu monopolise mon coup de cœur !*

-Tu permets que je t'emprunte Zabini un moment ? J'aimerais lui dire quelques mots en privé !

Ginny ne se départit pas de son sourire aimable, même lorsque la brune commença à la regarder d'un air vraiment soupçonneux. Elle s'excusa cependant auprès de Blaise, prétextant devoir séparer Harry et Malefoy avant qu'ils ne commencent à s'étrangler.

-Weasley girl, la salua Blaise quand elle prit la place d'Hermione près de la porte.

Étonnement, ce sobriquet ne l'ennuyait pas, elle le trouvait même très agréable dans la bouche du brun. Et muum, quelle bouche ! Cessant derechef de fixer les lèvres trop appétissantes face à elle, elle se rappela d'avoir l'air contrite.

-Je voulais te dire que j'étais navrée pour la dernière fois… Un tel spectacle… Et je ne me suis pas montrée très aimable !

Il la fixait sans expression, avant de soudain pousser une brève toux de rire. C'était vraiment cela : une exclamation courte venue du fond de sa gorge.

-Depuis quand t'inquiète-tu d'être aimable avec nous ? Tu ne l'étais pas vraiment quand tu as métamorphosée Drago en hermine !

-Ça n'a pas été prouvé ! Et même si c'était le cas (ajouta t'elle parce qu'il leva les sourcils d'un air dubitatif) on l'a assez payé avec toute les corvées qu'on s'est coltinés ce dernier mois !

-Ah ! Voilà le chaton qui sort ses griffes ! Je me suis demandé si Drago ne t'avais pas jeté un sort en te voyant toute minaudante devant moi !

OK, Ginny était complètement démasquée. Ce n'était pas tant qu'elle jouait un jeu : tout le monde changeait un peu de comportement lors de la séduction, mais il paraissait impossible de ne pas être naturelle devant lui. Elle laissa donc tomber son attitude mignonne et se planta fièrement devant lui.

-Écoute, je suis vraiment désolée ! Je suis pas comme ça habituellement, mais là avec mon frère qui perd la boule et aussi l'inquiétude au sujet de mon futur neveu ou future nièce, c'était trop, j'ai craqué. Je sais que j'ai déjà envoyé Ron te remercier, mais je voulais aussi te le dire de vive voix parce que même si ce n'était pas grand-chose pour toi, ça m'a beaucoup aidé. Voilà… Et je vais mieux maintenant !

-C'est un soulagement alors, parce que si les gryffondors se mettent tout d'un coup à s'effondrer, où va le monde ?

-Ah oui ? Et aux sujets des serpentards gentils ? Lui renvoya Ginny avec un sourire narquois.

-Justement, c'était pour équilibrer la balance !

Elle lui fit un grand sourire : elle avait oublié à quel point il était vivifiant d'être en compagnie d'un flirt ayant de la répartie. Elle aimait ce genre de duels verbaux qui pouvaient durer des heures, s'arrêter brusquement, puis recommencer le lendemain matin…

Cela lui avait manqué.

Harry pouvait se montrer joueur à l'occasion, mais cela ne durait jamais très longtemps car il avait intrinsèquement besoin de douceur et d'être rassuré. Il différenciait assez mal ce genre d'affrontement verbal léger aux disputes.

Pensant à lui, Ginny laissa son regard couler vers son ex qui arborait un air grincheux à souhait alors qu'Hermione lui faisait la leçon au sujet de bien s'entendre avec son futur époux.

-Pff Hermione est vraiment aveugle, soupira Ginny. Elle n'est même pas capable de différencier la haine à la tension sexuelle explosive qu'il y a entre ces deux idiots !

-Oh ! Fit Blaise d'un air agréablement surpris, je ne pensais pas que quelqu'un d'autre l'avait remarqué !

-Que Malefoy était un idiot ? Oh si, je t'assure que plein de monde l'a…

-Haha, très amusant Weasley girl. Ne te défoule pas sur mon meilleur ami, tu as pertinemment compris de quoi je parlais. Je m'attendais cependant à un autre type de réaction de ta part…

-J'en ai assez de lutter contre des moulins à vent, laissa échapper Ginny d'une voix plaintive. J'en suis arrivé au point où Ron me faisait la leçon. Non mais RON quoi !

-Assez mal placé pour cela, évidemment… Approuva le brun d'un ton chaud et presque rieur qui la fit se retourner vers lui.

C'est malheureusement le moment que choisit le professeur Slughorn pour sortir et les inviter à entrer d'un air ravi :

-Bonsoir mes demoiselles et messieurs ! Si vous voulez bien prendre la peine d'entrer, le repas va être servi ! Oh et puis nous ferons ensuite quelques photos ! Je tiens à tous vous avoir pour les rajouter à ma collection !

Alors que le vieil homme pénétrait à la suite d'Harry, comme s'il avait peur que ce dernier s'échappe, Ginny attrapa le bras de Blaise avec le sien :

-Cela te dérange si je m'assois à côté de toi ? Slughorn va chanter les louanges d'Hermione et de Harry, alors j'apprécierais une discussion stimulante !

Le jeune homme se pencha vers elle avec un clin d'œil complice :

-Oui, c'est justement pour la même raison que j'allais me placer à côté d'Hermione ! Bonne soirée Weasley !

Et il la laissa plantée là, riant probablement intérieurement de son coup, s'intercalant entre Malefoy et Hermione. D'abord abasourdie, Ginny se reprit bien vite, partagée entre crier sur cet abominable individu et éclater de rire. Mais finalement elle se contenta de secouer la tête, vaincue. Elle savait reconnaître lorsqu'elle se faisait avoir, car plus qu'un râteau, c'était surtout la suite de leur jeu.

Très bien, elle allait se placer en face de lui et lui faire regretter cela.

Voyons combien de temps mettait un iceberg à fondre ?

-o-O-o-O-o-

Evangeline hésitait.

Fixant le haut de son berceau, elle observait les étincelles des petits balais du mobile saupoudrer sa vision d'étoiles. Cependant, pas moyen de s'endormir. Abandonnée dans la pièce de celui qui, elle avait fini par le comprendre, était son autre Papa, elle était toute seule et elle s'ennuyait.

Elle n'aimait pas être seule, et depuis un long moment, elle n'avait plus vu aucun de ses papas, juste la femme aux cheveux courts et bruns qui avait la voix trop aiguë et ne savait pas raconter les histoires comme Marraine.

Elle avait vaguement l'impression de s'être fait arnaquer.

Du coup… Crier ou ne pas crier ? Telle était la question.

Elle ne pouvait tout de même pas rester dans un tel état d'esseulement ? Mais le risque était fort de ne voir arriver que Madame-voix-trop-aigue qui était nulle et essayait à chaque fois de lui enfoncer son biberon dans la bouche comme si c'était la réponse à toutes les questions de l'Univers !

Non, Evangeline n'avait PAS faim. D'ailleurs elle le lui avait bien fait comprendre la dernière fois lorsqu'elle lui avait tout recraché dessus. Hihi… Papa numéro 1 aurait été fier d'elle. Monsieur-tout-roux aussi.

Alors crier ou ne pas… ?

La réflexion d'Evangeline fut stoppée net là quand une étrange créature apparut sur le rebord de son berceau.

Tiens, qu'est-ce que c'était donc que cette bête-là ? Bonjour ? Vous parlez le bébé ?

Une deuxième forme apparut de l'autre côté. Même bestiole de couleur foncé avec de longues pattes pointue qui s'accrochaient au tissu de l'objet.

Eh ! Ils allaient l'abîmer !

Deux paires d'yeux globuleux opalins se mirent à la fixer quand elle ouvrit la bouche dans l'intention de crier au meurtre de SON berceau et elle resta un instant muette de curiosité. Le temps sembla un instant se cristalliser avant que, sans autre préavis que le bruit d'un mécanisme et d'un ressort qui se détend, les deux créatures se mirent à cracher un nuage de petites particules blanches.

Inspirant pour crier, le bébé en avala par la même occasion et se trouva aussitôt atteint de somnolence. Ses yeux la piquèrent tandis que ses paupières se fermaient sur le spectacle des deux créatures qui s'avançaient vers elle.

-o-O-o-O-o-

Quand certains s'apprêtaient à commencer un dîner tardif et très certainement barbant, d'autres se reposaient dans leurs dortoirs le ventre déjà plein.

Dans la chambrée des garçons redoublants de septième année, Neville s'était barricadé dans son lit pour écrire une lettre à Hannah, regardant ses compagnons de temps en temps avec suspicion, après que Seamus lui ait déjà dérobé sa prose une fois pour la chanter à voix haute en courant autour du poêle.

Depuis Dean et Seamus se trouvaient sur le lit de ce dernier, discutant tout en feuilletant des magazines. Ron, quant à lui, semblait en plein milieu d'un épisode de folie…

Non, en fait il était juste entouré de bouquin de cours, de parchemins et surtout arborait un air concentré qui n'était en aucun cas dû au Quidditch, même de loin, ce qui suffisait à faire penser aux spectateurs que :

-Soit il s'agissait en fait de Hermione sous Polynectar (ce qui serait d'assez mauvais goût !)

-Soit Ron avait perdu la tête.

Mais le rouquin était bel et bien concentré sérieusement sur ses cours, grattant de temps en temps son crâne avec le bout de sa plume. Voir Harry inquiet pour son sujet de recherche en potion lui avait fait lui aussi réaliser qu'il ne lui restait plus que trois mois avant leur terrible examen dans cette matière. Il avait beau avoir passé deux heures à se creuser la cervelle pour trouver un sujet, il n'y avait qu'une seule chose qui venait et revenait… Mais il trouvait cela si stupide.

Récupérant la lettre qu'il avait reçu de son plus grand frère quelques jours plus tôt, Ron lâcha un instant ses manuels pour la relire.

« Cher Ron, je te remercie pour tes chaleureuses félicitations à moi et à Fleur… »

« … Hélas, nous n'avons aucun moyen de connaître la race de notre futur enfant. Sera-t-il loup-garou ? Vélane ? Humain ? Un peu de tout cela à la fois ? Nous n'en savons rien et pour être honnête, c'est un sujet que Fleur et moi avons bannis. Nous en avons tellement discuté avant de se décider à arrêter les sortilèges de protections… »

« … La raison est que les rayons de la lune ne peuvent pénétrer le ventre d'une mère. Nous devons juste faire très attention au jour où Fleur accouchera. Nous serons obligés de retirer le bébé en avance s'il y a une seule chance que cela tombe aux alentours de la pleine lune. Nous aurons ensuite la surprise. Mais nous sommes prêts à tout… Même si… Ne le répète en aucun cas à Fleur, mais je me sentirais plus à l'aise avec un bébé loup-garou qu'avec une vélane… Même demi. M'imaginer tous ces horribles ados libidineux qui pourraient baver sur mon fils ou ma fille… J'ai envie de faire un massacre ! … »

«… Je te prierais d'éviter le sujet auprès de Maman et de Ginny. Pour la première, elle passe actuellement suffisamment de temps à s'inquiéter (Papa, George, toi, Harry, Ginny…) pour qu'on lui rajoute cela, j'ai d'ailleurs dû un peu gronder Ginny dans ma dernière lettre. Maman prend tous ses dires pour paroles de Merlin… »

« …Remercie aussi Harry pour ses deux lettres, de ma part et de celle de Fleur, même si de toute façon on le verra à son mariage. Nous passerons évidemment au Magasin quand toi et Ginny y seraient, histoire de faire un petit coucou. On a beaucoup de travail en ce moment dans les vieilles demeures des Mangemorts alors je ne pourrais pas rester très longtemps. Désolé. Nous resterons néanmoins plusieurs jours chez les Parents pour la fête de Beltaine. J'espère que tu pourras te libérer de Poudlard et de tes révisions pour y assister. Ça a toujours été votre fête préférée à toi et les jumeaux (bien que nous savons très bien pourquoi concernant ces derniers car c'était le seul jour de l'année où ils étaient autorisés à jouer avec leurs feux d'artifices.)… »

« … Ton grand frère qui t'aime. Bill. »

Redisposant la missive sur son coussin, Ron poussa un soupir en direction de son plafond de lit, essayant de faire tenir en équilibre sa plume d'écriture au dessus de son nez.

Non rien à faire, aussi stupide que ça l'était, il ne pensait qu'à vouloir fabriquer une potion de révélation de race prenatale… Même si certains des meilleurs potionnistes s'adonnaient déjà à ces recherches au sain du « Département du problème de Fourrure » de Ste Mangouste et avaient sans doute bien plus de chance que lui de trouver une formule efficace.

Sa plume tomba de son nez et il se laissa tomber couché sur son lit avec un long râle de martyr.

Il n'en pouvait plus de se creuser les méninges, celles-ci étaient en feu et criaient grâce ! Il fallait dire qu'il n'avait pas l'habitude de les réquisitionner autant ces pauvres petites ! La recherche c'était vraiment pas pour lui !

Ron jeta un coup d'œil vers le tas quasi commun de magazine qu'ils entretenaient Harry et lui, et chercha quelque chose à lire avant que son regard ne tombe sur la Carte des Maraudeurs qui traînaient sous le bordel de fringues et d'affaires de classes recouvrant le lit de son meilleur ami.

Il fut soudain pris de l'irrésistible besoin de vérifier que Ginny n'était pas trop proche de Zabini.

*Rah ce type, il est… Il est… Je sais pas ce qu'il est MAIS IL M'AGACE !*

Assurant au parchemin que ses intentions étaient mauvaises (et elles l'étaient!), il jeta un coup d'œil sur le plan des cachots et émit un grand sourire de satisfaction lorsqu'il notifia que Ginny était à l'opposé du grand black sournois et maléfique.

*Nyahahaha très bien ! Très bien tout ça !*

Il s'apprêtait à refermer la carte lorsque son regard tomba sur l'étiquette indiquant « Evangeline Black » qui remontait un couloir. Il ne sut pas très bien d'abord pourquoi cela fit retentir une alarme en lui, puis il accola presque le parchemin à son visage pour s'en assurer.

Doux Merlin en kilt ! La Moitié Malefoy ne savait PAS marcher !

Sautant à bas de son lit, plongeant les pieds dans ses bottes, il surprit tout son dortoir en courant hors de la chambre sans une explication. Ses petites neurones étaient à nouveau en ébullition, réfléchissant à ce qu'il devait faire là, tout de suite. Il n'y avait aucune raison pour que la fille d'Harry se promène d'elle-même dans les couloirs sans qu'une magie quelconque soit en œuvre. Il suivait le déplacement à vitesse constante et la direction de celui-ci, se demandant s'il ferait mieux d'aller à sa rencontre ou d'aller d'abord prévenir les parents. Ou les deux à la fois.

Pestant en réalisant qu'il était sorti en bas de pyjama rouge à vif d'or, son torse nu se couvrant de chair de poule, il avait néanmoins eu le reflex de partir avec sa baguette. Il conjura alors un patronus en vitesse tout en dévalant les escaliers et le petit chien argenté vola aussitôt en direction des cachots.

-Vite ! On dirait qu'elle prend la direction des jardins !

Il y avait une limite à la portée de la carte et si l'enfant s'éloignait trop, Ron perdrait définitivement son signalement. Trop concentré sur ce qu'il faisait actuellement, comme sauter dans le vide pour attraper un fichu escalier fuyant, il ne pouvait pas communiquer avec son patronus et espérait qu'Harry comprendrait. Ils étaient originellement bien plus proche de la fugueuse que lui qui venait enfin d'atteindre le premier étage et courait vers les escaliers menant au rez-de-chaussée.

Comme il le craignait, le signal de l'enfant était à présent à l'extérieur du château.

Génial, il n'était tout simplement PAS en tenue pour ça !

Alors même qu'il se demandait s'il pouvait réussir à sortir torse nu dans la nuit écossaise, il aperçut enfin les élèves du Club avec leur professeur et dévala les marches menant au hall d'entrée.

-RON ! L'appela Harry en l'apercevant, accompagné du petit chien argenté qui bondissait frénétiquement autour de lui.

-C'est TA FILLE ! Annonça Ron en brandissant la carte. Dans les jardins ! Allez !

-Euh… Il est en pyjama là, non ? Demanda au loin la voix qui semblait appartenir à Zabini.

Si la situation n'était pas déjà aussi étrange, il aurait remarqué qu'il était effectivement suivi par un ensemble disparate de lions et de serpents. Harry et Hermione vinrent rapidement l'entourer, jetant au rythme de leur course des coups d'œils sur la carte qui affichait l'étiquette d'Evangeline se dirigeant vers les limites blanches du plan.

-Mais comment c'est possible ?! S'angoissa son amie.

-Je croyais qu'elle était avec Parkinson ! Réagit quant à lui Harry avant de tourner la tête pour foudroyer du regard les serpentards qui à côté de Ginny, ne comprenaient pas le moins du monde ce qu'il se passait.

-Salazar ! Vous allez nous expliquer ! Pesta Malefoy.

Au loin le vieux Slughorn essayait de leur courir après de sa démarche pataude, leur hurlant sans doute de revenir au château. Mais Ron l'entendit à peine, tout comme ses amis apparemment car ils savaient qu'ils allaient perdre la petite fille dans quelques secondes.

L'obscurité était telle dehors que malgrès la lueur de leurs baguettes, ils trébuchaient sur la moindre branche et le moindre caillou et ne voyaient pas à plus de trois mètre devant eux. Las, Harry finit par pointer sa baguette vers le ciel :

-LUMOS MAXIMA !

Le sort éclata dans la voûte nocturne comme une mini explosion de lumière et tous purent voir durant le temps que mit la lueur à retomber une étrange forme devant eux, semblant faite de deux « jambes » reliées qui avançaient résolument vers la Forêt Interdite.

-Qu'est ce que c'est que ce truc ?! Lâcha Malefoy en attrapant Harry par sa chemise pour essayer de l'attraper et d'avoir une explication. Et quel rapport ça a avec notre fille ?!

-Ce « truc » Drago a de toute évidence notre fille ! Et ce n'est pas humain !

- Mais qu'est ce que tu racontes ?! Elle est avec Pansy ! Weasley a…

Excédé, Ron tourna la tête pendant un bref instant :

-WEASLEY VOUDRAIT QUE TU TE LA FERME !

C'est à ce moment là qu'à nouveau plongé dans le noir, l'étiquette d'Evangeline disparut de la carte.

-MERDE ! MERDE ! Et voilà ! A cause d'idiots qui discutent on l'a perdue !

Harry ne semblait pourtant pas décidé à laisser tomber la course-poursuite, quitte à se perdre dans la si dangereuse foret qui occupait pourtant les créatures les plus inhospitalières que Ron connaissait : les Acromentules.

-Attends Harry ! S'exclama Hermione en courant derrière lui alors que Ron était attrapé de chaque côté par Malefoy et Zabini qui voulaient sans doute voir ce que depuis tout à l'heure le trio d'or suivait.

Ils poussèrent tous deux une exclamation de surprise en découvrant la carte avec leurs positions affichées. Ron les repoussa vivement en arrière pour rejoindre ses amis.

-Harry Attends ! Criait toujours Hermione.

-HORS DE QUESTION QUE J'ATTENDE SI MA FILLE EST LA DEDANS !

-Mais sans la carte… Commença Ron.

-TANT PIS !

-On n'a pas besoin de la carte ! Ajouta férocement Hermione, s'attirant l'attention de tout le monde. C'est moi qui vais prendre la relève !

Dans un saut, la jeune femme disparut pour laisser place à une créature canine de taille moyenne.

-Hermione ! S'exclama Ron abasourdi.

-Je n'arrive pas à y croire ! Cachottière !Tu as réussi ! Lâcha quant à lui Harry en revenant vers le renard qui reniflait le sol avant de se précipiter vers l'avant avec un petit jappement.

Ron suivit le mouvement, très impressionné et un peu jaloux. Cela leur avait prit, une journée de milieu d'été où ils lézardaient au Terrier, ils avaient brusquement décidés de devenir animagi. Comme d'habitude Hermione avait aussitôt su quoi faire et les avait guidés. Il s'était imaginé qu'avec ce qu'il s'était passé, ni Harry ni Hermione n'avaient avancés de ce côté là… Mais c'était sous estimer la jeune femme qui arborait désormais l'image d'une créature débrouillarde et maline.

Poursuivant désormais Hermione, les gryffondors pénétrèrent dans l'enceinte de la Forêt Interdite, laissant derrière eux les deux autres jeunes hommes qui étaient plus réticent à foncer sans réfléchir dans le danger. Malefoy hurla quelque chose à Harry, mais Ron, tout à sa poursuite, n'y fit pas attention. Et probablement que le brun s'en était tout autant lavé les mains !

La baguette pointée à l'avant pour illuminer son chemin et garder en vue la boule de fourrure qui rasait le sol avec vitesse devant eux, slalomant entre les épais arbres et les arbustes épineux, il avait l'impression qu'ils gagnaient du terrain, mais aussi qu'ils arrivaient à la frontière des protections de Poudlard, là où n'importe qui pouvait se trouver… Et transplaner.

Leurs respirations saccadées et le bruit de leur course les empêcher d'entendre les bruits que pouvaient émettre la chose devant eux, mais les oreilles désormais affûtées d'Hermione semblaient le capter, tressaillant à chaque fois qu'elle levait la tête.

Soudain elle émit un bref grondement menaçant avant de se retransformer, lançant presque aussitôt un sort devant elle :

-IMPEDIMENTA !

Le sort d'entrave fusa en un rayon lumineux et toucha la chose à quelques mètres d'eux. Ralentie, elle semblait avoir quelques difficultés à avancer droit désormais.

-Ce n'est pas vivant, c'est une machine ! Annonça Hermione.

D'abord interdit, Ron, Ginny et Harry fixèrent la chose qui à la lumière de leurs différentes baguettes, prit la forme de deux espèces de créatures métalliques à forme vaguement animal si l'on acceptait que le volume triangulaire orné de deux billes et d'une espèce de petite grille de ventilation était une tête et que les quatre extensions qui sortaient d'un cube relié étaient des pattes pointues surdimensionnées pourvue de deux articulation qui leur donnait des allures d'araignées déformées.

Ce qui suffisait à Ron pour affirmer que ces choses, quelles qu'elles soient, étaient le mal incarné, et leur créateur un gros dingue.

Au dessus des deux fausses araignées se tenait en lévitation le petit corps de la Moitié Malefoy qui semblait inerte.

La vision devait être trop difficile pour Harry qui fonça sur les créatures. Hermione qui venait à son tour de découvrir qu'il s'agissait de deux appareils et non d'un seul, s'assura de lancer aussi un sort d'entrave sur le second, hésitant visiblement, comme tous, à tenter des sorts plus offensifs de peur de blesser au passage le bébé.

Perturbés, les deux mécanismes se mirent à tourner en rond sans se préoccuper d'Harry qui les approchait, probablement même ne se rendaient-ils pas compte de sa présence… Les machines n'avaient après tout pas de conscience… Alors pourquoi…

Ron fronça les sourcils, très inquiets.

Harry leva les bras pour arracher sa fille de l'espèce de magie qui la retenait, mais s'il réussit à passer ses mains dans le sort pour agripper le petit corps, provoquant toute une série de petites étincelles, la magie résistait, semblant tel un élastique ré-attirer Evangeline en son sein. Hermione tournait autour des machines pour chercher ce qu'elle appelait un « inpuritpeur » ou quelque chose dans le genre.

Ron préférait pour sa part ne toucher à rien, ayant le souvenir d'une certaine voiture volante et d'une baguette brisée. A côté de lui, Ginny faisait danser sa baguette devant elle, ne sachant que faire pour les aider, quand soudain un faisceau de magie fusa sur leurs deux amis et les créatures.

-ATTENTION !

Presque aussitôt un autre jet rouge vif se mit à les viser et Ron jeta sa sœur à terre, sentant le sort chatouiller le haut de son crâne au passage. Relevant la tête, il constata qu'un bouclier avait été posé devant Harry et Hermione… Pourtant les deux concernés avaient eu pour premier réflexe de protéger la gamine de leurs corps.

L'explication apparut lorsque Malefoy et Zabini sortirent des buissons, l'air affolés, suivis de près par deux hommes en noirs, le visage caché par leur énorme capuche où était brodée ce qui semblait être un marteau blanc.

Ron décida aussitôt que les méchants étaient les fichus bonhommes aux visages cachés, parce que bon, ça semblait le genre de choses habituelles, et leur envoya un stupefix qui passa (si peu!) près de Zabini.

-WEASLEY !

-Désolé ! Fit-il, pas sincère pour un poil, se vengeant de sa remarque sur son pyjama.

Malheureusement son coup n'avait pas porté et un combat s'engagea entre les élèves et leurs agresseurs. Les sorts de stupefixion furent bientôt remplacés par des formules bien plus dangereuses : explosions, taillades, élémentaires… Sans pour autant qu'un seul Impardonnable fut prononcé.

Et pourtant, leurs deux adversaires se révélaient sinon au même, à un meilleur niveau, que ce à quoi les avaient habitués les Mangemorts.

*En sont-ils ? Non… C'est impossible, ils auraient déjà lancé du Avada à tour de bras… C'est bizarre… TRES bizarre...*

Un jet passa trop prêt de son épaule, brûlant légèrement sa peau. Il se pencha brusquement lorsqu'un autre sort arriva de l'arrière, avant de foudroyer Zabini du regard car il en était le responsable.

-Désolé Weasley !

-C'est ça...

-Je disais ça pour ta jolie peau de rouquin!

Ron cligna des yeux, pas sûr de ce qu'il devait comprendre par là, il ôta aussitôt cette réflexion de son esprit pour se concentrer sur le fait que le black venait d'empêcher son opposant de lancer aussitôt un autre sort… Et se retrouva lui même sauvé in-extremis par Ginny. Ron perdit aussitôt la suite des événements en bougeant en vitesse pour éviter un sort d'explosion.

Des mottes de terres volèrent tout autour de lui et pourtant il enchaîna aussitôt, touchant le fichu « capuche » qui s'acharnait sur Malefoy et Harry… En fait plus sur Malefoy que sur Harry. Le sort le fit à peine vaciller et Ron reçut Ginny en plein ventre, les faisant tous les deux basculer par terre.

Godric tout puissant ! Ils étaient six contre deux et ils n'arrivaient pas à s'en sortir !

Plus tard Ron mettrait cette déconvenue sur le fait qu'ils avaient un énorme handicap : La Moitié Malefoy toujours reliée aux machines qui tournaient toujours en rond, obligeant Harry, Hermione et Malefoy a rester à découvert, à se protéger plus qu'attaquer tout en suivant le mouvement infernal imposés par les araignées folles dont l'une commençait à se défaire du maléfice d'entrave.

Ce qui sembla plus qu'excéder Hermione qui décida d'en venir aux grands maux, les grands remèdes : elle fourra la pointe de sa baguette dans la grille de ventilation de l'une des machines et se mit à la détruire consciencieusement et jouissivement à coup de bêtes « Cracbadaboum ». Des engrenages et des ressorts vinrent alors sauter dans tous les sens, l'un d'eux frappant même l'un de leur ennemi qui poussa un juron et révéla aussi sa nature de femme.

Comme la machine tombait à présent en morceau, le champ magique qui retenait le bébé fut brisé et Harry s'empressa de l'attraper avant qu'il ne tombe par terre. Pendant un moment personne ne bougea, chaque camp se regardant en chien de faïence, la baguette nerveusement prête à être utilisée à la moindre reprise des hostilités. Puis d'un coup les deux sorciers à capuches disparurent sans un bruit ou effets dramatiques habituels.

Ce qui décontenança plutôt les jeunes sorciers habitués à un certain décorum maléfique.

C'est pour ça sans doute qu'ils refusèrent d'abord de croire que c'était terminé. Et Ron imita les autres, restant en garde au cas où il s'agirait d'un piège, mais au bout de quelques minutes de hululements de hiboux et de vent sifflant dans les arbres, Harry se tourna vers Hermione qui elle même fonça voir ce qui clochait avec le bébé.

-Herm', qu'est ce qu'elle a ? Pourquoi elle ne bouge pas ? S'angoissa Harry en s'accroupissant pour qu'elle puisse avoir facilement accès à son délicat fardeau.

Palpant l'enfant, puis posant deux doigts dans son cou, Hermione se détendit légèrement :

-Ça va Harry, elle respire. On dirait qu'elle est juste endormie mais il vaut mieux la porter à Mrs Pomfresh au plus vite pour qu'elle l'examine !

Même s'ils ne s'en étaient pas rendu compte, tout le groupe avait retenu sa respiration, inquiet à l'idée qu'il soit arrivé quelque chose au bébé et Ron poussa un soupir de soulagement alors qu'Harry serrait avec dévotion la petite contre lui.

Il leva ensuite un regard plein de gratitude vers lui, encore un peu bouleversé.

-Merci Ron, je sais pas ce qui serait arrivé si tu ne nous avais pas prévenu…

Il n'osait l'imaginer lui même, tout ceci était vraiment fou. En tout cas cela lui faisait plaisir de voir que leur bonne vieille équipe était toujours efficace et…

Et c'était ce qu'il allait dire, ouvrant la bouche, pour la refermer aussitôt lorsque Malefoy s'avança, sans doute pour réclamer sa fille, d'une façon assurément fort arrogante et désagréable, comme d'habitude. Ron se préparait déjà à l'envoyer bouler.

Il fut néanmoins pris de court, comme apparemment la plupart d'entre eux lorsque le blond, à la place de récupérer sa fille, se laissa brusquement tomber avec eux à terre, les enserrant du même mouvement d'une étreinte, la tête fourrée dans le creux de l'épaule de son meilleur ami.

Il semblait murmurer des choses, Harry était plus ou moins dépassé, et Ron pouvait voir les doigts du serpentard agripper férocement le tissu de la chemise, comme pour ne jamais plus les lâcher.

Avait-il eu peur ? Est ce que ce narcissique pétochard se faisait vraiment du soucis pour quelqu'un qui n'était pas lui ou de son sang… ? Et pire, pour Harry Potter son rival à la vie à la mort ?

Merde, la fin du monde devait être proche.

Et il n'avait pas à être spectateur de cela. En fait Malefoy était gonflé de s'approprier un moment avec son pote qui aurait dû être sien ! Mince, c'était THE moment émotion fraternel je-serais-toujours-là-pour-toi-moi-aussi et pas le pseudo-quart-d'heure-romantico-dramatique ! Agacé, il attrapa l'épaule du blond pour le dé-ventouser et le repousser en arrière.

-Bon, ça va Malefoy, maintenant tu peux le lâcher ! T'es en train de les étouffer!

-Weas…

-Ah non et toi me touche pas ! Réagit aussi sec Ron en se tournant vers Zabini qui essayait de le calmer, accompagné de Ginny qui caressait négligemment le bras du garçon comme pour le consoler, ce qui le hérissa derechef : Et ne touche pas ma sœur non plus !

-Oui enfin c'est pas moi, là…

-EN FAIT PERSONNE NE TOUCHE PERSONNE ! Non mais j'vous jure ! S'exclama le roux en forçant la troupe à avancer vers Poudlard tout en continuant à grommeler dans sa barbe : Et puis après quoi ? On va se faire des pyjama party et échanger nos journaux intimes ?

-Tu as vraiment une vision très mignonne de la vie Weasley…

-LA FERME ZABINI !

Les joues chauffées à rouge par… Oui c'était de l'agacement ! Juste de l'Agacement ! Ron attrapa Ginny par le bras et la tira vivement derrière lui pour devancer le black de plusieurs mètres, tout en faisant fi des protestations de sa sœur.

Qu'il avait hâte la fin de la semaine pour quitter Poudlard et mettre de la distance entre les serpentards et lui. Il en avait marre de devoir sauvegarder Harry des pensées sûrement impures de Malefoy et, plus pitoyable, de devoir protéger la « vertu » de Zabini du charme et des manœuvres de sa cadette ! Bon sang, qu'était devenu le « les gryffondors c'est sale, on y touche pas » que prônaient les serpents ?

Tout à son empressement à rejoindre Hermione qui les avait devancé auprès de l'infirmière, il rata le regard que se jetèrent un brun et un blond en suivant le mouvement, et plus important, le baiser que posa brièvement Harry au coin des lèvres de Drago.

Tout ce qu'il vu fut le sourire gêné que lui lança Harry quand il le rattrapa.

Bien évidemment, il ne comprit pas une seconde pourquoi Malefoy fut joyeux comme un pinson le reste de la semaine (et donc infernal). La seule chose qui sembla logique dans cette histoire, c'est que plus jamais Pansy Parkinson ne fut laissée comme seule baby-sitter d'Evangeline.

A suivre...

[1] Quoi que techniquement un non-français aurait du mal à connaître la référence :) Mea culpa.

Je me sens un peu… Nostalgique. La liste de mes chapitres se passant à Poudlard se réduit comme peau de chagrin, alors j'essaie d'en profiter. Eh oui, parce qu'à partir du chapitre suivant… On quitte le château pour les vacances d'Avril… Avec le mariage qui se profile ! Mais d'abord… Anniversaire de Teddy ! Et je continue à traiter un sujet que je connais d'expérience bien personnelle, j'ai nommé… La jalousie ami(-e)/petit(-e) ami(-e). Hahaha (rire jaune), viens-là Ronny, on va grogner tous les deux.
A part ça, je vous laisse avec quelques mystères ! D'étranges sorciers qui n'ont jamais appris qu'un Grand Méchant ça apparaît et disparaît avec classe et rire psychopathe à l'appui! (Il faut prendre des stages avec Severus et Bella!), Blaise qui… hihi fait le sommet d'un étrange quadrilatère amoureux ou quinqua… Comment on dit déjà une figure géométrique à cinq côtés ? Une étoile ? (Nulllleee en maths!).

Chapitre suivant : L'enfant de Salomon, c'est pas facile de partager !