Mot de l'auteur : Vous savez quoi ? Ce chapitre commençait à être juste immense (34 pages en police 11… Et j'ai pas terminé) SOOOO comme ça fait super longtemps que j'ai pas posté, j'ai décidé de le diviser. Au sujet du temps que j'ai mis… Je suis désolé, j'avais du travail et l'été n'a jamais été une période très productive (j'habite dans le Midi, j'agonise de chaleur en été, surtout devant un ordi… Ah oui, zut, on appelle ça l'Occitanie maintenant -_-) et j'ai peut-être été empêchée un certain temps par un certain livre sorti et pour me remettre de ma gagatisation Scorpiusesque (aux personnes que ça intéresserait, MOI j'ai adoré Harry Potter and the cursed child. YEH les MALEFOY en force !). Mais je n'arrête pas, j'ai des chapitres très amusants devant moi qui m'attendent /grand sourire sadique/. En tout cas je ne saurais trop vous remercier vous tous puisque cette histoire a dépassé le cap des 100 favoris O_O Ohlalala ! Je fais la danse anti-moustique pour vous montrer mon adoration profonde ! Et je ne parle même pas de mes trop adorables reviewveurs que je ne remercie jamais trop !

Résumé des épisodes précédents (parce que je crois qu'on me l'avait demandé, mais sachez que je suis grave nulle en résumé) :
Lors d'une énième dispute entre Harry et Drago, leur magie fait apparaitre un bébé. Celui-ci n'est rien d'autre que leur fille à tous les deux ! Ils apprennent qu'elle est apparue à cause des dettes de vies qu'ont l'un pour l'autre les Malefoy et les Potter, les empêchant de se faire le moindre mal. Après un moment embarrassant pour McGonagall, Rogue (qui est vivant) et Hermione, les deux se mettent d'accord sur un prénom : Evangeline, ainsi que sur son parrain : Blaise Zabini et sa marraine : Hermione Granger.
Harry est décidée à l'élever, Drago absolument pas. Les deux n'ont cependant pas le choix lorsque Lucius et Narcissa Malefoy apprennent l'affaire : les sorciers ayant des enfants DOIVENT se marier, au risque dans le cas contraire de subir le Mauvais Œil qui détruirait leurs existences.
Harry ferait tout pour Evangeline, il décide donc de rompre avec Ginny, s'attirant par la même occasion les foudres de Ron car les Weasley et les Malefoy sont ennemis depuis tant de génération que c'est presque inscrit dans leur patrimoine génétique (ou du moins magique). Dans la foulée Ron quitte Hermione suite à des paroles maladroites de sa part au sujet du mariage.
Drago pour sa part éprouve une attirance marquée pour Harry, qui se change peu à peu en véritable sentiment amoureux. Ginny est attirée par Blaise et Blaise, lui, essaie de se rapprocher d'Hermione tout en s'amusant des réactions de Ron.
Neville qui sortait avec Hannah accepte de l'épouser pour la sauver d'un mariage arrangé avec Zacharias Smith, même s'il n'est pas certain de ses sentiments.
Et loin de tout cela, au Ministère, Robert Winters, directeur du département de la Justice Magique refuse le futur mariage d'Harry et Drago, cherche à l'empêcher en se rapprochant et se servant de Percy. Et il n'est peut-être pas le seul car quelques jours avant les vacances d'avril, Evangeline est victime d'une tentative d'enlèvement, heureusement contrée par Harry, Ron, Hermione, Drago, Blaise et Ginny…

Chapitre 29 : L'enfant de Salomon – partie 1

*De retour à Londres…*

La nostalgie frappa Harry comme une vague lorsqu'il descendit le marchepied du Poudlard Express, débarquant sur le quai de King's Cross remplis de parents cherchant leurs rejetons dans la foule, pour s'empresser ensuite de rentrer chez eux.

Il fallait dire qu'il pleuvait des cordes, la pluie les ayant suivis tout le long du trajet comme s'ils l'avaient ramenée directement d'Ecosse. Hermione, Patmol II et lui ne s'étaient donc pas attardés, transplanant directement pour Grimmauld Place, laissant derrière eux ce qui était pourtant l'un de leurs derniers voyages dans le célèbre train.

Les jeunes gens furent cependant bien heureux de retrouver la chaleur des cheminées toutes allumées en leur honneur, tout comme de nombreuses bougies et les quelques fastueuses lampes à huile que Kreattur lustraient avec amour et adoration.

Habituellement l'elfe de maison travaillait dans les cuisines de Poudlard, obéissant ainsi aux ordres d'Harry, mais trop attaché à la maison de sa famille, il y faisait de fréquents sauts pour tout nettoyer ou discuter avec le tableau de Walburga Black, qui malheureusement était toujours indécrochablement attaché dans l'entrée.

Lorsque Harry devait rentrer chez lui, Kreattur s'arrangeait pour le précéder de plusieurs heures, s'affairant par la suite dans la plus grande discrétion. C'était à peine si le brun l'avait vu aux vacances de noël. Il n'était pas vraiment fan de ce genre de comportement, ayant l'impression d'être un monstre esclavagiste (autant à Poudlard il arrivait à ne pas y penser, autant là, quand il se levait le matin et voyait son petit déjeuner déjà prêt sur la table, il se sentait vraiment comme un sans-gêne… Comme un Dursley en fait…). Mais l'elfe était vieux et Harry se sentait mal de lui reprocher quoique ce soit.

Après avoir déposé sa malle dans sa chambre –qui n'était pas celle de Sirius car il n'arrivait pas à y toucher pour l'instant- mais la suite parentale, ils dînèrent d'une excellente soupe, puis Harry laissa son chiot découvrir les lieux (tant de nouvelles choses à renifler !) tandis qu'Hermione remontait ranger ses affaires. Il alla pour sa part s'installer avec un plaid sur un canapé du salon, se régalant des crépitements relaxants du feu avec un bon livre entre les mains.

Il plongea ainsi dans le récit des mémoires d'une naturaliste partie étudier les dragons natif d'Afrique, s'arrêtant à chaque fois plusieurs minutes sur les magnifiques croquis qui illustraient le livre.

Malheureusement, à force de lire le mot « dragon », ses pensées s'échappèrent peu à peu sur son propre dragon personnel.

Il espéra d'abord que Drago s'occupait bien de leur fille, toujours inquiet de la tentative de kidnapping dont elle avait été victime, mais il se doutait bien que le Manoir était impénétrable avec Lucius et Narcissa comme châtelains. Oui, s'il pouvait compter sur une chose de la part des Malefoy c'était leur capacité à se mettre hors de danger et à protéger leurs « possessions ».

*Fichue famille de dragons !* Songea-t-il avec amusement, imaginant ces trois-là en reptiles couvant leur tas d'or avec attention, regard hautain et menaçant à l'appui.

Harry gloussa tout seul comme un idiot : Ils n'auraient pu choisir meilleur prénom pour leur fils !

… Leur fils…

Harry oublia totalement son livre, le refermant en marquant la page pour s'abîmer dans ses réflexions préférées du moment.

C'était fou, mais peu à peu, il acceptait de plus en plus l'idée que Drago puisse vraiment être intéressé par lui et que ses avances n'aient pas pour seul but de le blesser, l'humilier ou de le dominer de quelque façon que ce soit.

Et tout cela à cause des évènements de mardi soir.

Bien sûr Drago aurait pu entrer dans la Forêt Interdite juste pour Evangeline… Et rien que cela était à mettre à son crédit vu comme il était habituellement trouillard. Mais son étreinte par la suite, et ces quelques mots chuchotés à son oreille d'un souffle coupé…

« Ai cru…Plus jamais… Perdre… Plus jamais… »

Bon, ça ne voulait rien dire, mais la façon dont Drago s'agrippait à lui, pressait sa joue contre la sienne et la détresse accompagnée du soulagement lisible dans sa voix… Harry avait en quelque sorte compris le message par ses sentiments plutôt que ses paroles. Et ce qu'il en avait sorti était qu'il s'était fait du souci pour lui. Pas que pour Evy'.

Et s'il pouvait éprouver de l'inquiétude à son sujet, c'est qu'Harry devait être plus important qu'il ne le pensait pour l'héritier Malefoy.

En tout cas, certain qu'il l'était plus qu'à l'époque où Drago pariait sur sa mort lors de la Première Tâche du Tournoi des Trois Sorciers.

*tss quel petit connard c'était !*

Et lui dans tout cela ? Bon sang il avait sur-adoré se battre aux côtés de Drago et d'Hermione ! C'était dix fois mieux au moins que de l'avoir en ennemi. Ce n'était pas juste ce sentiment brûlant et excitant qui le laissait souvent dans un état encore plus perturbé une fois leurs altercations « terminées », mais plus une douce chaleur qui enflait dans sa poitrine et lui donnait envie de sourire sans pouvoir s'arrêter.

Bon, il était seulement un peu dommage que Drago, qui pouvait être excellent en cours, perde la plupart de ses moyens en affrontement réel, le stress et la peur court-circuitant apparemment une partie de son cerveau ( mais ça Harry l'avait déjà remarqué pendant la guerre… A son avantage d'ailleurs). Cela était cependant peu important lorsque le blond se trouvait entre lui et Hermione, et que tous deux étaient prêts à lui venir en aide au moindre problème.

Après tout cela, Harry s'était senti si léger et heureux qu'il n'avait pu s'empêcher de partager ses émotions – foutue impulsivité- en embrassant - vaguement- le serpentard.

Il se demandait parfois s'il avait quitté son petit nuage.

D'ailleurs actuellement il remarqua à peine Hermione qui entra dans la pièce avec un mug fumant dans chaque main.

-A quoi es-tu en train de rêvasser ? S'enquit-elle joyeusement en venant s'installer à côté de lui, tirant un morceau du plaid sur ses jambes.

Elle souffla distraitement sur la fumée s'échappant de sa tasse tout en lui tendant sa propre drogue perso : chocolat au lait chaud avec un morceau de guimauve fondant lentement en son centre. Ginny appelait cela de « l'extrait de sucre à l'état pur » tout en faisant la grimace, ayant pour elle un palais plus délicat. Harry avait sans doute déjà fait dissoudre toutes ses papilles gustatives par saturation de sucre et n'avait donc plus rien à perdre.

-Je pensais à Drago, révéla t'il.

-Oh ! Lâcha-t-elle un peu étonnée. Au mariage… ?

-Non, juste à Drago. Tu as bien vu comment il se comporte avec moi ces derniers temps… ?

-Depuis février en fait. Ca fait presque deux mois qu'il te tourne autour, précisa la jeune femme en détaillant son visage, comme à la recherche de preuves manifestes d'il ne savait quoi.

-Je ne voyais pas ça si long… Tu en es sûre ? Il me semble qu'il a commencé ça il y a juste trois semaines…

-Ce n'est pas parce que tu ne le remarquais pas qu'il ne le faisait pas. Non, je suis formelle, ça a commencé quelques jours après l'affaire de l'hermine.

-Ah bein mince… Tu crois que ça aurait pu lui détraquer le cerveau ?

Hermione posa sa tasse toujours trop chaude sur le guéridon le plus proche et vint s'adosser à l'accoudoir, pliant ses jambes qui vinrent confortablement s'installer contre celles d'Harry dans la même position.

-Pourquoi me poses-tu ce genre de questions ?

Harry poussa un long soupir.

-J'essaie de déterminer si la drague de Drago est honnête ou non. Et pour tout dire, je penche de plus en plus pour cette possibilité, même si je ne comprends pas trop…

-Eh bien j'ai toujours supposé qu'elle l'était. Ce serait VRAIMENT stupide de sa part de provoquer un conflit aussi gênant alors qu'il va se marier avec toi… Après, peut être que je surestime l'intelligence de Malefoy, mais…

-Donc tu penses toi aussi qu'il est sérieux ?

-Sérieux… ? En tout cas intéressé, précisa t'elle nonchalamment ce qui crispa un peu Harry car la nuance lui semblait non seulement absconse, mais aussi rigoureusement importante.

-Intéressé ? Je ne comprends pas ce mot. Je ne comprends pas d'ailleurs ce qu'il veut de moi ! Est-ce que c'est juste une affaire hormonale, de physique, genre : malgré le fait qu'on ne pouvait pas se blairer, il me trouve tout d'un coup pas si moche que ça et il veut coucher avec moi ?

-Entre autre, je pense que oui, il le veut sûrement.

-Tu ne trouves pas ça bizarre ?

Elle inclina la tête en fronçant légèrement les sourcils, le fixant toujours comme un puzzle à résoudre.

-Qu'il te désire ? Non, pas vraiment.

Ce fut comme si quelqu'un venait de claquer ses mains devant son nez, Harry recula un peu la tête, en clignant des yeux, assommé. De toutes les réflexions qu'il avait eues, jamais un tel terme ne s'y était introduit. En fait ce mot avait très peu fait partie de sa vie pour dire vrai. Harry était quelqu'un de beaucoup trop raisonnable, se concernant, pour désirer.

Non, Harry souhaitait volontiers… Souhaitait un balai de course lorsqu'il avait 11 ans et fixait la vitrine du magasin de Quidditch. Souhaitait que Cho soit sa cavalière au bal. Souhaitait vivre avec Sirius durant toute sa quatrième et cinquième année. Souhaitait devenir auror durant cette dernière. Souhaitait que Ginny l'aime et l'embrasse durant toute sa sixième année… Mais s'il n'avait pas ce qu'il voulait, tant pis, il s'en faisait une raison et l'acceptait.

11 ans de conditionnement chez les Dursley pour cela.

Mais désirer, il s'en gardait bien.

Le désir était tellement différent. C'était bien plus féroce et dur, c'était quelque chose que l'on ne pouvait pas balayer d'un discours censé et qui, s'il n'est pas exaucé, s'accompagne inévitablement de regrets et de remords. En fait, cela ressemblait beaucoup à une obsession.

Quant au désir d'un point de vue charnel… Etait-ce juste une autre façon de définir l'excitation sexuelle et ce qu'elle engendrait ? Ou bien quelque chose de bien plus puissant et profond comme Harry l'avait toujours supposé ? Quelque chose qu'il avait volontairement laissé comme un monstre dans l'ombre, considérant qu'il était suffisamment satisfait avec ce qu'il avait.

Parce que d'après son propre raisonnement, Harry n'avait jamais désiré Ginny. Car s'il l'avait fait, il n'aurait jamais pu renoncer aussi facilement à elle.

En fait, il aurait probablement pu le faire, parce qu'au final nombreuses étaient les personnes qui ne se contentaient pas de ce qu'elles avaient et sautaient de désir en désir, mais pour cela, il aurait fallu qu'Harry ait une autre cible. Ce qu'il n'avait pas.

N'est-ce pas ?

Harry jeta l'étrange doute qui l'accapara quelques secondes pour revenir sur sa seule « partenaire sexuelle », cherchant à travers ses souvenirs quelque chose qui pourrait l'aider à comprendre.

La première fois qu'il avait fait l'amour avec Ginny… La gêne et la honte avaient grandement prédominé. Inexpérimenté, il s'était senti comme un idiot et même les efforts d'humour de Ginny n'avaient pas réussi à le faire se sentir mieux. Il y avait eu aussi de la curiosité assez naturelle, ayant pour une fois l'occasion de voir ce que les vêtements cachaient habituellement, de toucher, presser, caresser des zones auparavant interdites (et l'interdit et lui, c'était en quelque sorte une grande histoire d'amour !), et il avait apprécié ce qu'il avait vu, mais probablement de la même façon que l'on apprécie un beau paysage ou une peinture. C'était beau, doux, velouté et plutôt inhabituel.

Mais du désir ? Pas la trace.

L'idée de ce qu'il allait faire avait largement suffit à le faire bander et il avait maladroitement réussi à obtenir son plaisir, mais sans franchement parvenir au même résultat pour sa partenaire.

En gros sa première fois avait été assez loin de ce qu'il avait parfois lu dans les romans sentimentaux de sa tante (oui, il était à moitié mort d'ennui pour en arriver à lire ça !), avec le bel héros qui sait forcement quoi faire et qui au premier coup arrive à obtenir un orgasme mutuel avec sa magnifique compagne…

Lui avait été nul, et qu'on se le dise, même avec plus d'expérience, n'était JAMAIS arrivé au fameux orgasme simultané. Merde, il se demandait si Ron, lui, avait déjà réussi…

Jamais il ne pourrait lui poser une question pareille !

Mais pour en revenir au désir, il avait eu un petit souci : Ginny était pour la majorité des cas celle qui était en demande (preuve s'il en était une qu'il s'était amélioré quand même !). Donc il l'exauçait, mais probablement plus parce qu'il appréciait l'acte que parce que la simple vue de son amoureuse l'avait rendu fiévreux.

Pour les autres cas, généralement ils dormaient ensemble et tenir son corps contre lui et caresser sa peau toute douce finissait par lui donner envie de s'enfouir en elle. Mais c'était peut être triste à dire, ce qu'il éprouvait à ce moment-là était plus affectueux que passionnel.

Il n'y avait néanmoins pas de honte à cela. En cours de route la passion s'essoufflait souvent et les couples finissaient par être plus liés par de l'affection… Harry avait juste sauté la première étape.

Donc, il n'avait pas d'expérience du désir.

Ayant certainement remarqué son trouble, Hermione était restée silencieuse, sa tasse récupérée qu'elle sirotait lentement en attente de ses conclusions.

-Je ne vois pas pourquoi Drago me désirerait, lâcha-t-il finalement.

Hermione haussa un sourcil puis roula des yeux d'un air blasé.

-Que tu es innocent Harry, je l'oublie toujours. Tu ne vois pas, sans doute, mais ils sont plutôt nombreux dehors à te désirer. Ginny te désirait, il suffisait de voir comment elle te dévorait des yeux, et à ton avis, pourquoi ?

Harry la fixa d'un air complètement perdu, haussant finalement des épaules.

-Oh eh bien cela n'a peut-être rien à voir avec le fait que tu es un beau spécimen de la race humaine, ni peut être que tes yeux sont plutôt rares et attirants, que tu es quelqu'un de doux et de courageux, que tu donnes l'impression qu'on peut compter sur toi et que tu n'es pas bête comme un troll ?

Tous ces compliments détournés le firent rougir et il voulut s'en défendre mais son amie, le connaissant trop bien, ne lui en laissa pas le temps :

-Laisse ta modestie au placard Harry. Je ne sais pas pourquoi Malefoy est attiré par toi, il faudrait que tu lui demande. D'ailleurs je m'étonne que tu ne l'ais pas fait plutôt que de cogiter pendant un mois, d'habitude tu prends plutôt le taureau par les cornes !

Sa rougeur s'estompa vite, laissant même une peau plus pâle qu'à l'ordinaire alors qu'il se tassait sur lui-même, comme cherchant à s'enterrer dans son plaid.

-Harry ? Insista Hermione.

-… J'ai peur… Décida-t-il de lâcher à contrecœur.

Elle ouvrit de grands yeux étonnés.

-De quoi ?

-…

-Allez, quoi, qu'est ce qui peux te faire si peur dans la réponse qu'il pourrait te donner ?

-… J'ai peur de ne pas le croire.

Il poussa un petit soupir et remonta la couverture jusque sur son nez, cherchant à se cacher de sa propre bêtise. Heureusement Hermione ne semblait pas trouver cela si bête et lui jeta même un regard attendri et plein de compassion.

-Oh Harry… On dit qu'en cas de rupture il faut le double de temps passé à être amoureux pour oublier sa peine… Avec un peu de chance, la haine et la méfiance disparaissent plus rapidement.

-J'aimerais tant… Je déteste ne pas pouvoir lui faire confiance, tu peux pas savoir…

-Tu n'as pas à t'en vouloir, c'est lui qui l'a cherché depuis la toute première année où il t'a menti avec ce duel pour pouvoir te piéger. C'est normal après tout ça que tu sois sur tes gardes. Sinon, tu sais comment tu vas réagir ? Vis-à-vis de son attirance pour toi ?

-Hum…

-Tu es un peu intéressé aussi ? Suis-je bête ! Si tu ne l'étais pas, tu ne te poserais pas toutes ces questions !

Elle n'avait pas l'air de trouver cette idée dégoutante comme Ron, ce qui le rassura un peu.

-Ca ne te dérange pas ?

-Absolument pas. C'est plutôt rassurant. Bon, je ne pense pas à Malefoy en disant cela, parce que bon… Je ne l'aime toujours pas, mais du point de vue de toi, heureux, oui, c'est rassurant. Tu vas te marier avec lui, ce qui signifie, je le crains, que tu ne puisses obtenir un réel bonheur qu'avec lui.

-Je ne sais pas encore vraiment ce que je ressens. Je nage en eaux inconnues là. Je sais juste que… Certaines choses qu'il fait me touchent… Par exemple j'aime quand malgré son emploi du temps chargé, il prend de son temps pour venir me parler et flirter… Je ne l'avais pas remarqué avant, mais il est très sérieux et appliqué, quand il n'est pas en cours ou en entrainement de quidditch, il passe tout son temps à réviser et travailler sur ses devoirs…

-Evidemment, tu t'es déjà intéressé à ses notes ? C'est le deuxième de notre promotion ! Il passe presque autant de temps que moi à la bibliothèque et je sais qu'il est très exigeant avec lui-même… Ce qui de ce point-là, en fait ton exact opposé !

-Eh ! C'est faux ça ! Cette année je me suis bien amélioré ! Se défendit Harry, l'air plus qu'indigné.

-Je le reconnais, tu te forces plus que les années précédentes.

-Bien, j'accepte tes excuses informulées pour m'avoir traité de feignasse ! (Hermione ricana) Sinon… J'ai beaucoup aimé quand il s'est montré inquiet pour moi dans la forêt. Ca ne pouvait pas être simulé, alors ça m'a permis d'accepter qu'il pouvait être franc… Et puis il y a aussi cette autre chose…

-Oui ?

-Je pensais pas, mais alors pas du tout… Mais j'ai aimé quand il m'a embrassé.

-Embr… QUOI ?!QUOI ?! Il t'a embrassé, mais QUAND ? Où ? Pourquoi ? Comment ?!

Harry se maudit de rougir comme un débutant, mais Hermione était dans les faits la première personne à qui Harry confessait cela… Une chose qu'il avait jusqu'ici cachée comme s'il avait fait quelque chose de MAL.

Oui, être embrassé par Drago Malefoy quand on était Harry Potter semblait vraiment quelque chose à ne pas faire. Est-ce parce qu'ils étaient deux hommes ? Deux anciens rivaux ? Deux figures majeures de deux maisons ennemies ? A eux seuls l'incarnation des opposés que pouvaient être le feu et l'eau, la terre et l'air ?

Et avoir aimé cela semblait encore pire.

Dans sa tête un nain était en train de taper sur son cerveau avec un maillet tout en répétant « PAS BIEN ! PAS BIEN !».

-Bein… En fait…

-OK laisse tomber, en fait je m'en fiche, décida Hermione. Tu sais qu'il était pas obligé de t'embrasser ? Ce n'est pas obligatoire dans les mariages sorciers. J'ai lu ça dans « Traditions et coutumes domestiques de Grande Bretagne » . Soit-dit en passant ce livre est le cauchemar de toute honnête femme du 20eme siècle ! Tu as vraiment de la chance d'être un homme et de te marier à un autre homme parce que je peux t'assurer que d'après la législation sorcière, toute femme mariée perd la jouissance de la plupart de ses droits. C'est une véritable honte ! La toute-puissance de la Famille est affirmée à chaque page, et apparemment les familles de l'aristocratie observent une obéissance des plus strictes à ces règles. J'en étais à plaindre les élèves de Serpentard…

Harry l'écouta parler, perdant au fil de son discours ses rougeurs et son embarras. Sacré Hermione, elle avait adroitement changée de sujet en le voyant gêné et savait comment faire oublier un sujet malvenu en le noyant sous un plaidoyer brûlant pour une de ses nombreuses causes à défendre.

Peu à peu la jeune femme oublia elle-même leur sujet de départ, passionnément prise dans sa harangue et « les-nombreuses-choses-à-changer-au-système » et Harry perdit le fil à son tour quand elle enchaîna avec les elfes de maisons.

Déconnectant, il se demanda comment se portait Evy'… Et bien sûr Drago.

-o-O-o-O-o-

Drago s'arrêta devant les deux grandes portes battantes sculptées donnant sur le bureau de son père, se sentant aussitôt anxieux, sans autre raison que les mauvais souvenirs qui étaient rattachés à cet emplacement durant ces huit dernières années. Scène personnelle de ses échecs d'adolescents lorsqu'il se présentait à chaque début de vacances pour faire son rapport, devant dès lors se défendre des bagarres et des humiliations causées par celui qui était alors dans son cœur comme son ennemi juré, suivi d'une autopsie complète de ses résultats scolaires, excellents, hormis sur quelques points incluant des bêtes magiques et une adolescente irritante qui n'aurait, d'après son père, pas dû se trouver en tête de classe.

Drago renâcla intérieurement à ces souvenirs, songeant qu'il était heureux pour son père qu'il n'ait pas eu une Hermione Granger dans son année, mais ce n'était pas son cas !

Ensuite, ce bureau avait malheureusement servit au Seigneur des Ténèbres lorsqu'il résidait à demeure, ce qui avait fait de cette pièce un endroit maudit. C'était ici que Drago avait reçu sa mission, ou plutôt leur punition : réparer une armoire magique et tuer Albus Dumbledore.

Par force d'esprit, ou par vanité, lui avait sa préférence pour cette dernière hypothèse, son père avait récupéré son bureau à la mort de leur Seigneur, quand Drago l'aurait fait condamné ou tout simplement brûlé.

Cette fois-ci, ils avaient néanmoins des choses plus importantes à traiter que ses notes, et ce sentiment lui plaisait énormément, parce que la discussion qui s'apprêtait à avoir lieu ne serait pas entre un père et son fils, mais pour la première fois, entre deux pères, soit entre deux êtres égaux.

Il lui avait fallu se retrouver devant cette porte pour réaliser qu'Evangeline l'avait fait changer. Désormais il n'était plus juste Drago Malefoy, une entité qui n'avait pas d'autres devoirs que sa survie et le respect de ses ancêtres… Il était deux personne à la fois, il le serait toujours désormais, même si Evangeline n'était pas à ses côtés, parce qu'il la représentait et devait veiller à son bien-être.

Et s'il voulait être juste avec lui-même, il était probablement plus 3 que 2… Même si techniquement, Harry n'étant pas une femme, il ne tomberait pas sous sa responsabilité en l'épousant… Mais il ne pouvait nier qu'au fond de lui il ne pensait pas qu'à sa propre survie et à celle de sa fille, il pensait aussi à celle de son fiancé.

Rien d'autre n'aurait pu, du reste, le faire pénétrer dans la Forêt Interdite en pleine nuit !

Comme il l'avait détesté sur le moment !

Oui, Evangeline était en danger, mais était-ce une raison pour se jeter dans une fosse à serpent ? En voyant disparaitre la lumière de leurs baguettes dans les ténèbres végétales, il avait eu l'impression de les perdre tous les deux et se faisant violence, il avait plongé à son tour.

Comme un véritable gryffondor stupide.

Heureusement que Blaise avait été assez gentil et courageux pour l'accompagner parce que durant tout le trajet pour les rejoindre, il était mort de trouille, s'attendant à tout moment à se faire happer par une créature et dévoré vivant !

Chassant ces pensées, il frappa à la porte et attendit que celle-ci s'ouvre par magie, signe qu'il était invité à rentrer.

Lucius était confortablement enfoncé dans son fauteuil baroque rembourré de velours noirs et enchâssé d'argent, faisant parti, au même ordre que le bureau en face de lui et de la plupart des meubles du château d'une collection spéciale réalisée sur mesure pour sa famille, comme pouvait l'en prouver les initiales et leur écusson présent un peu partout.

Des biens inaliénables que même le Ministère, malgré son désir, n'avait pu leur prendre.

Drago avait béni les Lois de Famille.

-Bonsoir Père.

-Bonsoir Fils. Toi et Evangeline avez fait un bon voyage ?

-Oui, il n'y a rien à déclarer à ce sujet…

Si le visage de Lucius était resté sur ses papiers durant tout le début de la discussion, il leva alors les yeux, l'air faussement neutre que Drago avait fini par repérer et différencier de l'ennui, apparaissant alors qu'il continuait d'une voix aussi douce que prudente :

-Ma petite fille se porte bien ?

Drago réussit à garder son sourire pour lui, ainsi que la joie qu'il ressentait à voir son père accepter si bien sa fille au point d'en devenir presque gâteux.

-Elle se trouve en ce moment même entre les mains de Mère et de Mrs Leonowens… Vous vous souvenez, mon ancienne gouvernante ?

*Mauvaise chose à demander* Réalisa Drago quand son père se redressa, le fixant avec hauteur alors même qu'il se trouvait assis.

-Bien sûr que je m'en souviens Drago, n'en parles pas comme si je n'avais pas moi-même assisté aux entretiens et choisi la femme qui élèverait mon unique héritier. Cela fait aussi partit du rôle d'un père, ne l'oublie pas.

Le jeune homme retint de peu son moral de chuter au fond de ses chaussettes en voyant que même sur ce sujet de discussion-ci, son père lui faisait la leçon.

*Bon sang j'ai presque 19 ans Père….*

-Je ferais en sorte de choisir aussi judicieusement que vous…

Lucius renifla de manière peu convaincue et Drago ferma et rouvrit ses poings de façon spasmodiques, laissant ainsi couler sa frustration.

-Je n'en suis pas certain. Afin néanmoins de nous en assurer, je m'attends à ce que tu me fasses part de ton choix quand ce dernier sera fait.

Drago resta muet un moment, interdit par l'ordre que venait de lui donner son père. Lui qui se réjouissait il y a quelques minutes de l'affection de son père envers Evangeline commençait un peu à s'en inquiéter. Soudain mal à l'aise il reprit d'une voix hésitante :

-Cela comme vous venez de le dire ne concerne que le père…

-Drago, ne t'ai-je pas déjà dit qu'il était inutile de me répéter comme un perroquet ? C'est la marque des idiots et des enfants. Tu n'es ni l'un ni l'autre, n'est-ce pas ?

-Non… Père…

*Maydey ! Maydey ! Nous avons perdu le contrôle de la discussion !* Emit la part ironique de son cerveau tandis que le reste soit haletait de rage et d'humiliation, soit couinait de terreur.

Drago DETESTAIT définitivement ce bureau.

Désespérément, il tenta de reprendre les rames de son existence et de conduire son bateau dans la bonne direction :

-Pour en revenir à Evangeline, il y a un sujet préoccupant dont je voudrais vous entretenir.

Et là Drago lui raconta tout ce qui était arrivé mardi dernier, des machines aux mystérieux assaillants.

S'il s'attendait à ce que son père soit offusqué des évènements, il fut littéralement pris de court par la fureur qui le prit. Fureur qui de plus fut tournée contre lui pour ne l'avoir pas prévenu de cette tentative de kidnapping. Drago ne put rien faire d'autre que de prendre sa colère de plein fouet et attendre qu'elle se calme, immobile comme un animal qui fait le mort pour éviter de finir dans l'estomac d'un prédateur.

Finalement au bout de quelques minutes Lucius s'essouffla et prit un air sombre en repensant aux agresseurs en manteau noir portant la marque d'un marteau blanc… En réalité un maillet.

-Quelqu'un vous a envoyé l'Ankou… Résuma t'il en s'appuyant sur son bureau, les mains croisées devant lui.

Drago déglutit légèrement en voyant ses doutes confirmés mais fit en sorte de rester ferme sur ses deux jambes. Ankou ou autres, il ne pouvait désormais plus se permettre de flipper et d'aller se cacher quelque part en espérant que son père règle le problème.

Même si on ne réglait PAS les problèmes avec l'Ankou.

Toutes sociétés organisées avaient sa « guilde » d'assassins. C'était ce qu'était l'Ankou chez les sorciers. On ne savait pas très bien comment elle fonctionnait, chez les serpentards il y avait toujours deux ou trois idiots qui assuraient vouloir en faire partit plus tard, bien que personne ne savait comment les assassins étaient engagés… Il y avait aussi de nombreux jeux stupides à ce sujet. Quel serpentard encore n'avait pas organisé de rituel pour essayer d'invoquer un assassin dans l'idée de se débarrasser d'un rival ?

Utiliser des os de défunts, du sang animal, nouer une corde de pendu dans un cimetière… Drago avait entendu toutes sortes de balivernes censées appeler les fameux assassins.

Bien sûr il y avait bien UN moyen, mais il était farouchement gardé par ses détenteurs qu'il supposait affreusement riches et influents. Son père devait savoir comment faire appel à leurs services.

Tout ce que Drago savait avec certitude, c'est qu'ils étaient un groupe de tueurs à gages. Ils ne travaillaient pas pour le plaisir, ni pour des organisations politiques, mais pour des particuliers en échanges d'espèces sonnantes et trébuchantes.

Et apparemment quelqu'un avait payé pour obtenir Evangeline… Quoique cette personne ait pu vouloir en faire par la suite.

On pouvait faire tout un tas d'hypothèses, toutes plus folles les unes que les autres, allant de la groupie déçue du Sauveur du Monde Sorcier qui décide de s'emparer de sa descendance, aux détracteurs de sa famille souhaitant plus que tout les voir souffrir afin de se sentir vengés.

Dans tous les cas, toutes personnes voulant le séparer de sa famille, et ça incluait désormais Evangeline et Harry, méritaient à ses yeux la mort.

-Que nous conseillez-vous Père ? Demanda-t-il en sortant ce dernier de ses pensées.

Il supporta tant bien que mal le regard acéré qu'il reçut.

-Etre prudent et sur tes gardes évidemment. Quant à Potter, il fera ce qu'il a l'habitude de faire, c'est-à-dire sauter à pieds joint dans le danger. En attendant je vais faire jouer mes contacts restants au Ministère et auprès des pratiquants de l'Art(1) pour découvrir qui, tout en ayant l'argent nécessaire, pourrait vous en vouloir au point de faire appel à l'Ankou… Malheureusement cette liste ne va pas manquer de noms…

Cela allait sans dire et Drago, malgré tout le respect qu'il avait pour son père, jugeait cette mesure inutilement chronophage pour un résultat discutable. Les Potter et les Malefoy réunis s'étaient probablement mis à dos toute la communauté sorcière ces dernières années.

-Enfin, cela ne fait qu'affermir ma décision au sujet d'Evangeline, continua Lucius en revenant sur ses papiers, considérant apparemment que la discussion était terminée.

-Pardon ? Quelle décision ? S'enquit cependant Drago.

Lui considérait pour sa part que tout ce qui se rapportait à sa fille, le concernait aussi.

-Oh ? Je ne t'en ai pas parlé ? S'étonna son père d'une voix qu'il savait purement hypocrite et lui faisait revenir de très mauvais souvenirs.

« Oh ? Je ne t'en ai pas parlé ? Je t'ais inscrit au centre de vacances des jeunes sang-pur, tu y seras plus à ta place que dans nos pattes à Tokyo ! »

« Oh ? Je ne t'en ai pas parlé ? J'ai ordonné aux elfes de jeter tous tes jouets, tu es désormais trop âgé pour ça ! »

« Oh ? Je ne t'en ai pas parlé ? Le Maître a décidé de te marquer demain soir ! Alors je te conseille d'éviter de manger demain pour ne pas nous ridiculiser. »

Oui, cette phrase avait TOUJOURS précédé les pires moments de son existence.

-J'ai décidé qu'Evangeline allait rester au manoir et que ta mère et moi nous nous en occuperons. Il est désormais évident que vous êtes trop jeunes pour le faire correctement.

Un blanc mémorable envahit la tête de Drago.

Dans la nurserie, Narcissa cessa un instant d'embrasser sa petite fille, prise soudain de l'intuition qu'elle n'allait pas tarder à recevoir un ouragan sur la tête.

-La température a brutalement baissée d'un coup, non ?

-o-O-o-O-o-

Ils arrivèrent trois quart d'heures en avance.

Evidemment.

Neville poussa un semblant de soupir tout en faisant disparaitre le plumeau qu'il tenait avant de se fixer dans un vieux miroir présent dans le couloir afin de s'assurer qu'il n'avait pas de moutons de poussières accroché à sa robe de sorcier.

Parfois on se demandait qui « faisait une fleur » à l'autre entre les deux familles. Du point de vue des Abbot, il semblait que c'était eux, pourtant sa grand-mère jurait ses grands dieux qu'ils ne faisaient que sauver les apparences.

Notez que sa grand-mère s'en fichait bien, tout ce qu'elle voulait c'était que Neville épouse « une fille bien et respectable » et qu'il fasse une grande carrière au Ministère. Ha, au moins Neville aura rempli une case sur deux… Mais venir trois quart d'heures en avance, c'était tout de même un luxe d'impolitesse.

Ils ne se trouvaient pas à Long Garden, mais dans le cottage que possédaient les Londubat à Bishopstone, un petit hameau à moitié sorcier près de Newhaven. C'est dans cet endroit que Lady Londubat recevait du monde… Du monde dont elle n'était pas assez confiante pour les accueillir au sein de la demeure familiale d'Oxford.

Peu souvent occupée et ne possédant l'aide que d'un elfe de maison dont la spécialité était plus la cuisine que le ménage, les deux sorciers avaient dû mettre la main à la pâte pour rendre l'endroit présentable.

-Eh bien, c'est plus petit que chez nous, faisait une vieille femme quand il ouvrit la porte.

Ses cheveux frisotés étaient remontés au-dessus de sa tête et une énorme cape en velours violet et à plusieurs rangées de volants l'enveloppait comme l'emballage d'un paquet cadeau.

Au même moment Neville put entendre sa grand-mère pester en jetant des sorts tout autour d'elle : « Trois quart d'heures d'avance ! A-t-on jamais entendu chose pareille ! ».

Hannah, devant ce qui devait être sa propre grand-mère, semblait suprêmement mortifiée. Elle lui lança un petit sourire gêné qui ressemblait au final plus à une grimace.

-Voyons Lady Abbot, ne dit-on pas qu'un sorcier ne devrait jamais juger les choses sur leur aspect extérieur ? Demanda Neville en s'efforçant de ne pas prendre un ton insultant avant de lui rappeler avec un sourire : Vous êtes chez les Londubat !

Effectivement les invités purent entrer dans un vestibule aux proportions des plus respectables. Evidemment, comme ils n'avaient pas amené le soleil avec eux, la pale lumière d'un ciel gris entrait difficilement par les petites fenêtres et donnait au tout un air un peu morose.

-Est-ce que je peux prendre vos capes ? Leur proposa-t-il en se souvenant de ses bonnes manières.

Lady Abbot ne fit pas de chichis et c'est presque si elle ne lui lança pas sa cape dessus. Bon…Il avait quand même dû la vexer.

Lord Abbot, l'ainé, vint d'abord lui serrer la main. Neville encombré de volants tenta tant bien que mal de retrouver ses bras. L'homme était plus vieux que sa femme, le visage rectangulaire marqué avec une longue moustache gominée pour que les bouts rebiquent. Il portait une cape noire qui s'accordait assez bien avec son air globalement sinistre et un chapeau de sorcier qui semblait avoir été écrasé par une brique tombée du ciel.

-Mr Londubat.

-Lord Abbot…

-Heureux de rencontrer un héros de guerre de votre trempe, débita t'il même s'il ne semblait pas particulièrement heureux, mais souffrant au contraire d'une maladie de foie.

-Euh… Oui…

Il fallut un moment à Neville pour se rendre compte qu'une cape était venue se rajouter à son chargement.

-Ma grand-mère est dans le salon à votre droite, ajouta t'il en espérant qu'elle ait quand même fini ses derniers préparatifs.

Puis il se retrouva face au père de Hannah.

Merlin merci, il semblait bien plus sympathique et lui, au moins, souriait. D'un blond un peu plus foncé de sa fille, il avait ses yeux bleus, bien qu'ils soient entourés de rides leur donnant un air triste et un peu fatigué.

*La mort de sa femme.* Devina t'il.

Si certaines familles avaient vécu ces pertes comme une blessure qu'il fallait absolument venger, les envoyant sur le chemin du champ de bataille comme Neville, d'autres avaient juste eues peur et s'étaient retranchées chez eux, vivant leur deuil, faisant les autruches. Comme les Abbot.

Il n'avait aucune rancune contre eux, surtout quand il voyait le visage du père d'Hannah se déformer, les coins de ses lèvres se levant puis retombant, globalement bienveillant, mais gêné, comme s'il ne savait pas comment dire ce qu'il voulait.

-Bienvenue Mr Abbot, tenta de le sauver Neville.

-Oui… Mr Londubat…

Mr Abbot se lécha nerveusement la lèvre supérieure comme déjà à court de salive.

-Au… Sujet de… Vous savez… Je suis content…

Il attrapa un peu brusquement Hannah pour la tirer contre lui avant de continuer :

-…Heureux de la savoir avec… Elle sera en sécurité…

Hannah se faisait légèrement balloter par son père et le regardait avec l'air de le trouver dingue.

-Bref… Hum… Saluer votre grand-mère…

L'homme s'éclipsa en laissant les deux futurs fiancés dans le hall.

-Okkaay, fit Hannah, c'était juste pas du tout humiliant. Mon père ne bégaie jamais d'habitude… Je sais pas ce qu'il lui a pris…

Neville haussa des épaules, toujours encombré de son tas de cape et le regretta parce que Hannah était jolie comme le rayon de soleil qu'il leur manquait. Elle aussi portait une cape à volant, mais loin de l'étouffer comme un gâteau trop décoré, cela lui donnait un air éthéré. Sa grand-mère avait dû la coiffer, ou bien une aide, car ses cheveux blonds qu'elle laissait toujours habituellement lâchés étaient retenus en chignons à l'intérieur d'un chapeau capote de la même couleur que sa robe.

-Je crois que nous allons souffrir aujourd'hui, confirma Neville sans cesser de la fixer alors qu'elle semblait au contraire éviter son regard, regardant autour d'elle en se balançant légèrement.

Elle ressemblait à ces jolies bergères en porcelaine que collectionnaient les vieilles femmes.

-Oui, sans dou…

Elle ne pût continuer et ils sursautèrent tous deux lorsque sa grand-mère poussa un haut cri d'orfraie :

-PAR MELUSINE ! Vous deux ne devaient pas être tous seuls dans la même pièce ! Ce n'est pas CONVENABLE !

-Mais grand-mère… Tenta Neville alors que l'autre douairière approuvait bruyamment, récupérant le bras d'Hannah pour la tirer dans le salon tout en le fusillant du regard comme s'il venait de salir sa réputation.

-Pas de « Mais » Nevy !

-Enfin c'est insensé, on se voit tout le temps à Poudlard !

-Poudlard c'est Poudlard, ici c'est ici, vas donc suspendre ces capes et rejoints nous ! Nous allons commencer les hors-d'œuvre !

Elle repartit dans le salon en faisant voler sa robe de sorcière dramatiquement (mais pas comme Rogue, c'était légèrement différent comme juste les femmes de l'aristocratie savaient le faire. Cela venait peut être de l'épaisseur de leur jupons ?) et il partit ranger les capes dans un placard tout en secouant la tête d'un air désespéré.

Après tout, ce n'était pas comme s'il n'avait pas déjà embrassé Hannah, touché tout ce qu'il y avait à toucher et plus si affinités…

Enfin, il y avait quelque chose. La Hannah « d'ici » était en quelque sorte différente. Pas la jeune fille un peu délurée et stressée de Poufsouffle, mais la future lady « machinbidule » (selon la personne qu'elle épouserait). Comme deux personnes distinctes… Et il ne se sentait pas d'approcher cette version là aussi légèrement qu'il ne le faisait jusqu'ici à l'école.

Et s'il avait eu pas mal de doutes, des difficultés à se projeter vers le futur, la Hannah d'ici lui semblait d'un coup bien plus « épousable »… Mais au point qu'il veuille faire d'elle « Lady Londubat » ?

Ca il n'en était pas encore certain.

-o-O-o-O-o-

-Si j'ai une gouvernante ?

Andromeda se pencha un peu plus vers Harry, manquant de faire plonger une de ses boucles châtain dans le contenu de sa tasse de thé.

-Non, je n'en ai pas l'utilité, continua-t-elle. Ne travaillant pas, je peux m'occuper de Teddy moi-même, mais il est certain que vous, vous allez en avoir besoin.

Ils jetèrent tous les deux un regard sur Teddy qui babillait joyeusement entre Ron et Hermione tout en palpant la truffe de Patmol II qui semblait tout aussi curieux de ce mini humain. Harry eut un sourire émut face à l'apparence du petit garçon qui avait une nouvelle fois imité au mieux ses caractéristiques.

-Drago m'a parlé de son ancienne gouvernante… Mrs… Leonowens je crois… (2).

-Oh, je ne doute pas que Narcissa ait trouvé la perle rare pour son unique enfant… Mais j'y pense… Si j'ose… ?

-Oui ? Quoi donc ?

-Il y a cette personne qui cherche du travail… Une amie qui se trouve dans une situation quelque peu difficile. Voyez-vous, son époux est mort à la fin de la guerre… C'était un espion… La laissant enceinte de plusieurs mois.

-Un espion ? S'étonna Harry, fronçant des sourcils dans une tentative de se remémorer s'ils avaient eu d'autres espions que ceux connus dans l'Ordre du Phenix.

-Il ne travaillait pas pour Dumbledore, ni pour tu-sais-qui, mais pour un groupe de particuliers ayant des intérêts à connaitre l'avancement des conflits. Je n'en sais pas plus. Toujours est-il que cette amie a accouché d'un petit garçon qui n'a que quelques mois de plus qu'Evangeline et peine à trouver un travail lui permettant de s'occuper de lui. Elle était professeur avant, je suis sûre qu'elle pourrait faire une excellente gouvernante.

Harry hocha machinalement la tête. Il était plutôt séduit à l'idée que sa fille grandisse avec d'autres enfants pour lui tenir compagnie, mais il était tout de même un peu inquiet de laisser son enfant à une totale inconnue, à ajouter son manque d'expérience dans le métier de nourrice et quelque chose qui semblait gêner Andromeda.

-Ce n'est pas tout n'est-ce pas ?

-En fait… Georgia Wallace est une moldue.

Ho oui, effectivement, voilà qui allait assez mal passer du côté de Drago …

-Attends… Si tu me propose ça c'est qu'elle connait le secret n'est-ce pas ? Tu sais que je vais habiter dans une maison sorcière avec un homme sorcier probablement incapable de nouer ses lacets sans faire de la magie ?

-Evidemment ! Georgia connait le secret et elle vit dans notre communauté depuis plus d'un an. Son époux n'a pas vraiment pu le lui cacher, c'était un chevaucheur de vent.

-Un quoi ?

C'était à en devenir fou : 8 ans qu'il faisait partie de ce monde et il y avait ENCORE des mots qu'il ne connaissait pas !

-Un chevaucheur de vent. C'est un don héréditaire très rare, un peu comme le fourchelangue, permettant, à ce qu'il parait, de prendre possession du corps d'un oiseau pour voir et entendre à travers lui. Ils sont aussi capables de les comprendre, même s'ils ne peuvent pas vraiment leur parler. Le souci c'est que ça se voit du premier coup d'œil, ils ont des yeux un peu bizarres… Jaune avec une pupille plus large. Bref elle pourrait très bien retourner chez ses parents, mais le souci c'est que son fils est comme son père…

Elle s'interrompit parce que Teddy venait de les rejoindre, trottinant fiévreusement sur ses quatre pattes en gloussant alors qu'Hermione faisait mine de le pourchasser. Se laissant tomber un peu brusquement sur le derrière il tendit les bras à la sorcière :

-Mami !

Apparemment il arrivait de mieux en mieux à parler, même si Harry n'était toujours que « Pahein », Ron « On » et Hermione « Mone ». Comme beaucoup d'enfant il avait du mal avec les « R ».

Le petit garçon fit un baiser baveux à sa grand-mère, mâchonna son pouce puis voulut faire de même avec Harry, décrétant que sa place était en fait sur ses genoux. Harry jeta alors un regard un peu anxieux à Ron et Hermione laissés entre eux, mais il se détendit vite en voyant que son ami avait une nouvelle part de gâteau dans les mains, empêché donc de parler par sa gourmandise (d'autant plus que Patmol II semblait jauger la pâtisserie avec intérêt, trainant délibérément dans ses jambes), alors que la jeune femme semblait avoir trouvé un sujet de discussion neutre pour eux deux.

-En tout cas, reprit Andromeda tandis qu'il caressait la tête de Teddy blotti contre lui, Georgia a du mal à trouver un poste dans notre monde …

-J'ose à peine imaginer ce que ça doit être de vivre dans un univers où presque tout nécessite la magie… Comment fait-elle pour entrer dans le chemin de Traverse ? Voyager en général ? Ne pas être repoussée par les filtres anti-moldus… ?

-Elle souffre Harry. Elle se sent rejetée et handicapée. Elle a constamment besoin d'assistance et donc de compter sur la pitié qu'elle peut inspirer aux sorciers juste pour faire quelques courses… Alors que son seul tort est d'être tombée amoureuse d'un sorcier. Mais c'est une femme fière et courageuse et elle fait face, et je l'aide dès que je le peux, mais…

Devant son désarroi, Harry capitula. Après tout, il ne perdait rien à aller la voir lui-même.

-Tu n'auras qu'à me donner son adresse, je ne te promets pas qu'elle aura la place mais je vais faire ce que je peux.

-C'est on ne peut plus suffisant, inspira Andromeda, soulagée.

-Et puis, cela te laissera un peu de temps pour toi quand tu auras emménagé avec nous, déclara Harry en s'amusant à ébouriffer les cheveux de Teddy pour en faire des pointes.

-Comment cela ? De quoi tu veux parler ?

Harry lui adressa un sourire un peu effrayant qui la fit se redresser aussi sec.

-Je parle de toi, Andy, ayant d'autres occupations que de t'occuper de ton petit fils.

-Ahla Harry, je suis une vieille mamie à présent, je ne peux pas faire ce que tu entends.

Le brun émit un son moqueur en détaillant Andromeda, songeant que plus d'une grande mère se sentirait jalouse de sa silhouette toute en forme, sa peau toujours souple et belle, sans autres rides que celles d'expressions. Non, elle ne ressemblait définitivement pas à une « vieille mamie ».

-… Et puis, ça ne fait même pas un an… Continua-t-elle en jetant inconsciemment un regard aux photographies posées sur le buffet.

Harry suivit le mouvement, observant une mini Tonks faire des grimaces en serrant le cou de son père. A côté, il croisa le regard doux et timide de Rémus qui le salua avant de poser un baiser sur le front de sa femme, qui elle-même portait un petit Teddy à peine né.

-Je comprends, lui assura Harry en serrant d'une pression la main d'Andromeda avant de se lever, faisant sautiller légèrement le petit garçon contre lui. Mais je continuerais quand même à t'empêcher de te vieillir prématurément !

Comme ayant cherché quelqu'un pour lui servir son discours sur le féminisme, Hermione prit la place d'Harry auprès de la veuve, récupérant de même Teddy et faisant signe au brun toujours présent d'aller voir ailleurs si elles y étaient.

Faisant la moue, Harry échoua près de son meilleur ami qui tentait de tenir le chiot à distance de son assiette.

-Hey Harry ! Je suis content que tu m'ais invité, Andromeda est juste une cuisinière géniale ! Oh et puis je suis content de te voir aussi, ajouta t'il devant l'air indigné de celui-ci.

-Content de savoir que j'ai la deuxième place dans ton cœur, après la nourriture d'Andy !

-Non, la QUATRIEME place, avant ça, il y a la cuisine de ma mère, puis la tienne ! Répliqua Ron d'un air volontairement canaille.

Le brun lui donna un coup dans l'épaule, faussement vexé, puis il regarda sa montre d'un air impressionné :

-Hey ça fait une heure et demie et Hermione et toi n'avez pas monté le ton…

-Evidemment ! Qu'est-ce que tu crois ! Hermione est trop intelligente pour un comportement aussi petit et vulgaire, celui de l'ex revancharde. C'est pas pour rien que je suis sorti avec elle !

-C'est moi où tu es en train de t'envoyer indirectement des fleurs ?

-Ton impression !

-Mouais…

Ron attrapa alors sa montre et la fixa avec un sourire :

-Eh ! C'est la montre que mes parents t'ont offert à tes 17 ans ! Reconnut-il. Je pensais que tu ne t'en servais plus !

-Et pourquoi ça ?

-Bein il parait que Malefoy t'en a offert une autre…

-C'est vrai, mais comme je savais que j'allais te voir, j'ai pris celle-là. Je te l'ai promis, non ? Pas de Drago aujourd'hui !

Ron le fixa un instant d'un air surpris, suivi d'indécis, puis sembla juger que cela n'en valait pas la peine puisqu'il se remit juste à sourire :

-Tu manques à Maman tu sais ?

-J'aimerais te dire que je passerais la voir, mais j'ai juste un million de choses à faire avant samedi… Non, rectification avant vendredi, puisqu'il faut apparemment que je répète mon mariage ! Comme si c'était un putain de spectacle !

-C'est un peu ça ! Ricana Ron, pas du tout désolé pour son ami.

-Ron, tu es un horrible meilleur ami. Tu pourrais pas me soutenir un peu, non ?

-Hé hé ! A partir du moment où tu as décidé de ne pas m'écouter et de n'en faire qu'à ta tête, moi je n'ai plus rien à te dire ! J'observe juste le « putain de spectacle » avec un paquet de popcorn sauteur !

-Okay, la prochaine fois je ferais en sorte de t'arranger un tête à tête avec Zabini !

Harry fut bien vengé quand Ron avala son morceau de gâteau de travers et se mit à tousser comme un tuberculeux. Le brun n'avait pas la moindre idée du problème qu'il avait avec le grand serpentard cinglant, mais c'était curieusement assez divertissant.

-Tu veux ma mort ou quoi ?! Gémit le rouquin quand il put aspirer un peu d'air sans s'étouffer. Et j'avais décidé de ne pas penser à ce sale type de toutes les vacances !

-Ouah, tu prends des décisions très étran…

Harry ne put finir sa phrase car le carillon de la sonnette retentit dans le salon. Les jeunes gens, surpris, fixèrent Andromeda qui était de même interdite.

-Vous attendiez quelqu'un en plus de nous ? Demanda Hermione.

-Non, pas que je sache… Harry pourrais-tu ?

-Pas de problème.

Il se dirigea vers l'entrée, curieux de connaitre l'identité de la ou des personnes derrière la porte. La coquète résidence d'Andromeda possédait tous les filtres habituels anti-moldus et actuellement il lui semblait même que pour un œil extérieur, elle ressemblait à une petite bicoque envahie par une meute de chats avec un jardin ravagé. Ainsi jamais aucun moldu ne venait jusqu'au perron même si la boite aux lettres factice était envahie de réclamation de la part des voisins.

Quant aux sorciers, habituellement ils arrivaient par la cheminée.

Regardant par l'œilleton de la porte, Harry poussa une petite exclamation étonnée avant d'ouvrir l'entrée, toujours aussi surpris.

Et pour cause, sur le perron se trouvait Narcissa et Drago.

-Ah ! Harry ! Quelle joie de te voir ! S'exclama Narcissa sans même lui laisser le temps de dire quoique ce soit, l'attrapant aux épaules pour l'attirer à elle et déposer ses désormais habituels baisers sur ses joues.

-Mais…. Euh… Qu'est-ce que vous faites là… ?

Il regarda les deux Malefoy d'un air complètement dépassé, alternant entre l'un et l'autre, se demandant comment diable ils pouvaient se trouver chez Andromeda et avoir l'air de trouver naturel sa présence. Il n'avait pourtant jamais parlé précisément de Teddy !

-Harry, qui est-ce ? Fit Andromeda dans son dos.

Sans même qu'il ait pût trouver quelque chose à dire, il pivota sans y penser vers la sorcière, offrant ainsi la vision de leurs visiteurs impromptus.

Andromeda se figea aussitôt et posa une main contre sa bouche, chamboulée.

-…Cissy…

L'une des mains de Narcissa, toujours sur le bras d'Harry, se crispa un moment alors que Drago papillonnait des yeux, perturbé apparemment de tomber devant le presque clone de sa maléfique tante Bellatrix.

-Med'… Commença finalement la blonde en lâchant son futur gendre pour s'avancer et lever presque timidement les bras.

La suite, Harry ne la suivit pas très bien puisque tout d'un coup il y eut deux sœurs s'enlaçant tout en versant des larmes et des exclamations passionnées digne d'un soap opera. Par sécurité il garda une distance de sécurité, connaissant désormais trop bien les habitudes de tripotage de la famille.

-Alors voilà la fameuse tante désavouée… Marmonna Drago qui s'était avancé jusqu'à être à ses côtés.

Harry lui jeta alors un regard en biais, toujours aussi perdu :

-Mais qu'est-ce que vous faites là ?

-Cache ta joie surtout ! Railla le blond en le fusillant du regard.

-Tu sais très bien ce que je veux dire. Comment savais-tu que je serais chez ta tante ?

-Tu m'as dit qu'on fêtait l'anniversaire de ton filleul, se défendit Drago avec agacement, plongeant ses mains dans les poches de sa robe.

-OK mais je me souviens pas t'avoir parlé de lui à un seul moment, et même si c'était le cas, le mariage de Tonks et Rémus étant secret, tu n'aurais pas dû faire le rapprochement !

Les yeux du blond face à lui se plissèrent, et un certain nombre d'émotions sembla passer en eux, en faisant des miroirs assez semblables au ciel changeant d'Angleterre. Harry n'avait jamais remarqué ça avant et il s'en voulut un peu de trouver ça beau.

Finalement, Drago l'attrapa par l'épaule et le poussa plus fort que nécessaire contre le mur.

-Hey, que… !

-Pourquoi tu t'énerves comme ça ? Le coupa le blond en le maintenant à sa place. On est plus en guerre je te rappelle et je SUIS ton fiancé, je ne vais pas t'assassiner ! Mais pour ta gouverne, c'est Granger qui nous a tout révélé au sujet d'Edward, trop contente de m'apprendre qu'il était mon petit cousin. Alors… Ais-je droit d'assister à l'anniversaire d'un membre de ma famille?

Harry le fixa, un peu hébété de la frustration que son fiancé ressentait. Il n'avait bien sûr pas eu l'intention de le blesser d'une façon ou d'une autre, mais… Andromeda et Teddy faisaient encore partie de ce jardin secret qu'il ne laissait que peu de personnes connaitre. Une facette de lui qui s'approchait trop près de la réalité de son passé, loin de la légende urbaine que chacun aimait se conter sur le Sauveur.

C'était Rémus, c'était Sirius, c'était Dumbledore, c'était cette foutue prophétie, c'était Pettigrow, les horcruxes… C'était lui. C'était une montagne d'ordure.

Et même si Drago avait cru faire partie de son passé, il n'avait jamais découvert que le plus acceptable de son existence, l'étudiant de Poudlard…. Et le Survivant. Il n'avait jamais réellement vu la part sombre…

-Pardon. Je suis désolé. Les habitudes… S'excusa Harry en tentant de l'apaiser, libérant une de ses mains pour la poser sur le bras qui appuyait toujours contre son épaule.

Seulement le blond ne semblait pas d'avis de le lâcher. Et au-delà de la frustration, il sembla un instant que son vis-à-vis était déboussolé.

-Potter… Tu… Tu ne sais vraiment pas ce que tu veux, je me trompe ?

-Que… ?

Le regard ciel le fuit alors et la prise se relâcha, devenant simple toucher et non entrave.

-Je te prierais quand même de ne pas souffler le chaud et le froid… Si tu as le moindre respect pour moi…

Les derniers mots furent prononcé bas, mais pas assez pour qu'Harry ne les intercepte pas. Il se sentit aussitôt coupable car le jeune homme était arrivé d'humeur plutôt joyeuse, s'il pouvait en juger, et en quelques mots, il lui avait zappé le moral. Le suivant dans le couloir à présent libéré (les émouvantes retrouvailles semblaient avoir migrées dans le salon), il tenta de se rattraper en abordant un sujet qui les rapprochait inévitablement.

-Pourquoi tu n'as pas amené Evy' avec toi ? Elle est malade ?

Parce qu'il observait sa nuque (attirante) et le creux (délicieux) de ses épaules que laissait à peine apercevoir la robe de sorcier (tout en essayant de se persuader qu'il n'était pas en train de le mâter… Ce qui était un échec sur toute la ligne), il remarqua la crispation des muscles du haut de son dos en réponse à sa question.

-Elle va bien, répondit-il cependant sans même se tourner vers lui. Mon père pense juste qu'il n'est pas prudent de la sortir des limites du Manoir quand quelqu'un nous veut visiblement du mal.

Harry fronça un instant des sourcils, cherchant ce qui dans la réponse lui déplaisait d'instinct. Ah ! Il avait trouvé, cela devait être le « Mon père pense », Harry se fichait bien de ce que Lucius pouvait penser, même lorsque ce dernier avait raison !

Comment Drago pouvait-il être aussi fils à papa lui échappait totalement. Néanmoins, il ne voulait pas le contrarier plus, ainsi il retint la remarque sarcastique qui lui était venu spontanément.

-J'aurais bien aimé la voir, elle me manque, c'est la première fois qu'on est autant séparé…

-Tu la verras demain quand tu viendras.

Sur ce, ils débarquèrent dans le salon où une Narcissa semblait figée, le regard braqué sur le bambin que portait encore Hermione. Drago suivit lui aussi la trajectoire et se raidit à son tour, sans qu'Harry puisse voir quelque chose de particulier à Teddy, si ce n'était qu'il faisait des bulles avec sa bave.

-Potter ?

-Oui ?

-Es-tu certain qu'Evangeline est ton seul enfant ?

-Evidemment ! Pourquoi cette question ? Grogna Harry, toujours autant scandalisé qu'on puisse penser qu'il avait comme ça des enfants cachés ici et là.

-Le gamin dans les bras de Granger te ressemble énormément.

Une exclamation sortit en commun des bouches d'Andromeda, Hermione et lui, comprenant enfin d'où venait le malaise.

-Teddy est un metamorphomage, comme l'était sa mère ! Intervint Andromeda. Il a pris l'habitude d'imiter Harry quand il est présent, mais en réalité il ne lui ressemble pas vraiment, vous devriez le voir endormi, quand il relâche ses pouvoirs, c'est ma petite Nympha avec un rien de Rémus.

Comme pour lui prouver ses dires, la sorcière récupéra Teddy et le plaça dans les bras de sa sœur, celle-ci d'abord un peu réticente. Le garçon sembla cependant la trouver à son gout car il changea la couleur de ses cheveux et de ses yeux pour imiter les nuances parfaites de ces derniers, avant de rétrécir légèrement son nez pour lui donner cette inflexion vers le haut que partageaient les deux Malefoy présents.

Sa performance fut accompagnée d'une exclamation de pur ravissement :

-Oh ! Comme j'aurais aimé avoir un fils comme ça !

-Merci pour moi, lança Drago qui fixait avec agacement sa mère et son petit cousin se faire des câlins.

-Oh ne prends pas la mouche chéri, c'est juste que tu sembles avoir tout pris de ton père et quasiment rien de moi !

-Je suis très bien comme je suis, répondit entre ses dents le serpentard.

Harry approuva mentalement bien que les robes de sorciers ne l'aidaient pas à se rendre bien compte de la chose. C'était décidé, il détestait les robes de sorciers.

Il chassa difficilement l'idée que son fiancé serait certainement divin moulé dans un jeans, essayant de reprendre le court des évènements, tombant par là même sur un regard bleu océanique qui semblait en pleine tempête tropicale.

*Ouuups…*Songea Harry en rejoignant en urgence Ron pour s'expliquer.

-Qu'est-ce qu'ILS font là ?! Chuchota frénétiquement ce dernier, la mâchoire si crispée qu'on entendait ses dents grincer les unes contre les autres.

-J'te jure, c'était pas prévu !

-Mais tu m'as dit qu'il ne savait même pas qui était Teddy !

-Apparemment Hermione a vendu la mèche, lâcha le brun avant de regretter car ce n'était pas ça qui allait améliorer les relations entre ses deux meilleurs amis.

D'ailleurs le fait que la dite Hermione discutait actuellement sans problème avec Drago n'allait pas non plus jouer en sa faveur…

-Comment peut-elle seulement lui parler comme si rien ne s'était passé ?! Grogna Ron en montrant presque les dents, foudroyant les deux sorciers avec assez d'intensité pour qu'on puisse penser qu'il cherchait à les ensorceler.

Harry ne sut pas quoi lui répondre, passant d'abord par des « mais qu'est ce qui s'est passé au juste ? » bien inutile, car il semblait que pour Ron le seul fait d'être né Malefoy pénalise à vie les gens, puis voulut lui proposer de se défouler une bonne fois pour toute afin qu'ils en restent là... Après tout, ça avait bien calmée Hermione de frapper Drago en troisième année et elle n'avait plus jamais eu de pulsion de rage contre lui après ça…

D'un autre côté, la Magie Ancienne n'avait pas fait des Malefoy et des Granger des ennemis héréditaires…

Quoiqu'il en soit Harry était bien embêté. Il devait à présent conjuguer avec les sensibilités des deux jeunes hommes, désirant n'en froisser aucun, ce qui semblait d'avance être une mission impossible.

-Ron…

Il fallait que le rouquin coopère, soit l'allié qu'il avait toujours été pour lui, mais c'était comme s'il n'entendait même pas sa voix. Sa magie jusqu'ici très calme s'agitait à la surface de son corps, provoquant comme des picotements désagréables sur l'épiderme de Harry qui s'éloigna légèrement.

Drago se tourna alors vers eux, comme s'il avait senti lui aussi la légère augmentation de magie dans l'air. Le brun put constater avec un certain vertige que les yeux du jeune homme le cherchèrent d'abord, leur faisant échanger un regard plein… Plein de quelque chose. Puis les iris gris se firent durs et glissèrent sur Ron, devenant pur acier, ne laissant plus rien passer que ce que le reste de son attitude pouvait montrer. Ici la morgue mélangé à un soupçon de dégout.

-Tiens… La Belette… Hum… J'aurais beaucoup à dire, mais là tout de suite, j'aimerais autant ne pas parler à un visage recouvert de matière organique potentiellement prédigérée…

-…Quoi ?!

Harry tapota l'épaule de son ami et se toucha ostensiblement le coin droit de ses lèvres, réalisant que Ron avait étalé une trainée de chocolat lorsqu'il s'était étouffé avec le gâteau. Rougissant brutalement, ce dernier s'essuya vivement le visage avec sa manche, ce qui sembla dégouter encore plus l'aristocrate.

-Qu'est-ce que tu fous là Malefoy, t'as pas été invité ! Riposta Ron en s'avançant, se plaçant entre Harry et Drago.

Le blond haussa un sourcil, peu impressionné.

-Dans les faits j'ai plus de légitimité à me trouver ici qu'un Weasley. Je dirais même : BEAUCOUP PLUS.

-Ah ouais ? Si Hermione t'avais rien dit pour Teddy, t'aurais jamais cherché, tu serais même pas là ! Et je te répète que personne ne t'as invité !

-Concernant premièrement cette affaire d'invitation, je suis « navré » de te rappeler, ou peut-être même de t'apprendre, car je ne suis pas certain qu'un roturier dans ton genre ait pris la peine un jour d'apprendre les règles qui régissent les relations entre sorciers, qu'une invitation concernant un tiers comporte aussi fiancé, mari ou femme de ladite personne. Or, c'est notre cas…

Il eut l'air un peu ennuyé en découvrant l'air perplexe des deux gryffondors lui faisant face, qui ne s'étaient évidemment jamais préoccupé de se renseigner sur un sujet pareil.

-Truc d'aristo… Marmonna Ron.

-Deuxièmement W.E.A.S.L.E.Y (bizarrement le nom de Ron semblait une injure encore pire que « belette » dans la bouche de Drago, comme s'il venait d'énoncer une obscénité particulièrement répugnante) je te ferais remarquer qu'Andromeda est à ce jour la seule tante qui me reste, puisque TA mère à assassinée l'autre !

Il y eu un bruit de gorge étranglé, ébahi, choqué, mais Harry ne sut s'il venait de lui, de Ron, de quelqu'un du reste du salon désormais silencieux, ou même de toutes les personnes citées à la fois.

-Ma mère n'est PAS une assassin ! Proclama avec force Ron, les yeux semblant lui sortir des orbites.

-Oh pardon ! Fit Drago d'un ton faussement ingénu. Alors les gens ont dû se tromper lorsqu'ils m'ont raconté ce qui s'était passé. J'étais pourtant persuadé que ta mère avait tué ma tante… Un sort l'a touché et puis… pfiouu… Ma tante raide morte sur le dallage…

-Drago, fit la voix de Narcissa, pleine d'avertissement, mais le blond sembla l'entendre à peine.

Harry prit pour sa part une violente bouffée d'oxygène, ayant peur de voir son self control éclater à la mention du sujet maudit qu'était Bellatrix. L'ancien Harry se serait sans doute aussi énervé que Ron, non pire, lui jetant à la face avec hargne et douleur que cette ordure avait tué Sirius. Mais bizarrement, il eut moins de mal que d'habitude à retenir son éclat. C'était comme si un autre Harry le regardait calmement en lui disant : « Non » d'un ton posé. Alors l'ancien Harry s'asseyait calmement et écoutait.

Entretemps Drago continua :

-C'est amusant, quand c'est les « gentils », les sorts semblent être comme de la poudre de paillette de licorne... Je veux dire : il n'y a pas trente-six milles sorts qui permettent de tuer d'un coup quelqu'un… Et quand je pense au nombre de personnes à Azkaban pour utilisation d'Impardonnables plus « bénin », j'entends par là n'ayant pas entrainé la mort foudroyante de qui que ce soit, je ne peux m'empêcher de me poser des questions…

-TA tante était une PUTAIN de PSYCHOPATHE ! Cracha Ron.

-Ca n'en restait pas moins ma tante comme il n'en reste pas moins que les Weasley ont bel et bien tué un membre de la famille Black… La sœur même de notre hôte… Alors qui a le plus de légitimité à se trouver ici ?

-Et les Mangemorts ont tués cinq autres membres de cette famille, mon neveu, intervint aussitôt Andromeda avant que Ron n'explose sur place, tenant dans ses mains la photo où Rémus et Tonks s'enlaçaient, l'un souriant timidement, l'autre rayonnant littéralement de bonheur.

Drago se retourna vers elle et fixa le couple d'un air songeur avant d'hocher la tête, très calme, et presque solennel :

-Je ne le nie pas.

Harry l'observa cependant enfoncer ses ongles dans sa manche, là où il savait se trouver sa marque des ténèbres. Il comprit alors… une partie. S'il aimait probablement sa tante, il ne cautionnait pas ses actes ou du moins les regrettait. Le brun fut désolé alors que Ron ne remarque rien de tout cela et se surprit à vouloir réconforter Drago, même s'il ne voyait pas du tout comment il pouvait faire cela.

Il aurait tellement aimé pouvoir prendre toute la douleur et le chagrin dues à la guerre et la faire disparaitre des cœurs de tous ceux qui avaient été obligés d'y participer. Ainsi Drago serait encore le petit con arrogant qu'il avait découvert dans le Poudlard Express et Ron n'aurait pas l'air de vouloir sauter à la gorge des gens qui avaient le malheur d'aborder LE sujet.

-Bref, fit rapidement Harry en voyant que son meilleur ami tentait d'ouvrir à nouveau la bouche. Ce sujet stérile ne devrait même pas être évoqué à l'anniversaire d'un enfant de un an. Pitié, conduisons-nous comme des sorciers civilisés !

-Ou essayons, ajouta Hermione bien à propos en les regardant comme si tous les trois étaient fautifs.

-Mais Harry ! Se plaint Ron en se retournant vers lui, agrippant son bras en le fixant avec ardeur.

Avant qu'il ait pût faire quoi que ce soit Drago tendit la main dans sa direction, l'air à peu près aussi autoritaire :

-Potter !

Ron foudroya le blond du regard. Et Harry s'étrangla intérieurement, quelque peu halluciné par la tournure de la situation : Essayaient-ils de faire de lui l'arbitre de leur dispute ? Faisant de lui un espèce de lot à gagner… Une peluche que se disputeraient deux enfants de quatre ans ?

Pire, vu leur attitude digne des plus gros machos émettant leur testostérone à la ronde : une putain de femelle à conquérir ? Manquerait plus qu'ils se foncent dessus comme deux cerfs pour compléter le tableau !

Et malgré ce qu'on pourrait en penser, ce n'était pas une impression très flatteuse. Qu'on soit un mec ou non.

Il était en droit de leur en vouloir à tous les deux d'agir ainsi, mais, eh, d'un côté il avait promis à Ron cette journée, et de l'autre, il s'apprêtait à promettre sa loyauté.

Il se rendit néanmoins compte qu'une force le poussait en ce moment même vers Drago et reconnut là l'œuvre de la magie Ancienne. Protection, loyauté, soutien… Tout ça il semblait le devoir même en tant que fiancé… Peut-être parce que ça faisait déjà de lui quelqu'un de la famille du serpentard.

Et la preuve qu'il ne faisait définitivement plus partie de celle des Weasley.

Harry aurait pu résister, ça ne semblait pas particulièrement conseillé, mais il sentait qu'il pouvait encore aller contre ce pouvoir… Mais pourquoi faire ? Retarder l'inévitable ? Froisser inutilement son futur mari ? Ron allait devoir comprendre à un moment ou un autre qu'il ne pouvait plus prendre son parti contre Drago.

Il tenta d'afficher son air le plus désolé et repoussa la main de son ami pour le dépasser et attraper machinalement celle de son fiancé qui ne sembla rien d'autre qu'horriblement satisfait et qui ne faisait absolument aucun effort pour le cacher.

-N'en profite pas trop Drago, maugréa Harry à son oreille.

-C'est lui qui en profite, marmonna-t-il en réponse. Sait-il seulement que j'avais le droit de le défier en duel juste pour se tenir entre toi et moi ?

-Oh ne sois pas si mélodramatique !

Harry refusait de regarder derrière lui, il ne voulait pas voir sa trahison affichée en toute lettre sur le visage de Ron. Heureusement il aperçut Hermione foncer dans la direction de ce dernier et pria de toutes ses forces pour qu'elle arrive à le calmer.

Il ne voulait pas reperdre son amitié !

Merlin, quel sac de nœuds ! Et ces deux idiots qui mêlaient la guerre dans cette histoire !

-C'était cru, lâcha Harry à Drago qui se faisait réprimander par sa mère qui n'avait pas du tout apprécié le spectacle.

Ce dernier haussa des épaules, désinvolte.

-Tu sais que JE suis un assassin ? Se permit de rappeler le brun avec une nonchalance qu'il avait mis au moins quatre mois de séances de psy à obtenir.

Les yeux d'argent se posèrent sur les siens, sans aucunement faillir :

-Je sais. Je n'émettais aucun jugement à ce sujet, c'est Weasley qui est monté sur ses grands chevaux… C'est juste que je ne suis pas le genre de personne à vouloir ignorer l'éléphant dans la pièce.

Narcissa poussa un petit soupir désespéré et Andromeda lui tapota gentiment le bras en guise de soutien.

-En 18 ans d'éducation, impossible de lui faire intégrer la notion de pondération… Se lamenta-t-elle.

-Drago ?! Pondéré ?! S'amusa Harry. C'est… Ah comment appelle-t-on ça déjà ?

-Je pense que le mot que tu cherches, trop compliqué pour ton niveau de vocabulaire habituel, est « Antinomique » Potter, grogna Drago qui lui ne goutait pas la plaisanterie.

Et d'ailleurs il continuait de le regarder d'un air grave comme si Harry devait dire ou faire quelque chose même s'il ne voyait pas quoi. Bizarrement, pendant un instant il eut la voix d'Hermione dans sa tête et la discussion d'hier :

« Qu'il te désire ? Non, pas vraiment. »

Détournant vivement la tête, il sentit ses joues le chauffer. Il aurait peut-être dû avoir LA discussion à ce sujet… Mais ce n'était pas comme s'ils pouvaient faire ça avec Andy et sa future belle-mère à côté !

Alors, à court d'idée, il attrapa une assiette sur la table et força un sourire sur ses lèvres :

-Qui veut du gâteau ?

A suivre…

(1)Par l'Art, Lucius parle des pratiquants de la magie noire. Je déteste particulièrement la traduction qui a été faite de « Défenses contre les forces du mal », c'est tellement manichéen… Un fait qu'on ne retrouve pas dans la version originale puisqu'une traduction plus littérale est « Défense contre les Arts Sombres » (ou Ténébreux-ou des Ténèbres, mais enfin bref, rien avoir avec « les forces du mal » qui semblent sortie tout droit d'un épisode de Charmed ou de Buffy contre les Vampires –et ne riez pas, c'est de mon époque !)

(2)Un bon point pour ceux qui voient la référence. Un de mes films préférés…

Ahhh Lucius vient ENFIN foutre le bordel ! Ca annonce bien du bonheur pour les futures relations beau-père/gendre ! Est-ce que Ron finira ENFIN par comprendre ? Sera-t-il jeté saucissonné aux pieds de Blaise comme sacrifice ? (Et non, pas de Blaisou dans ce chapitre, je SAIS que vous en êtes tout chagriné). Drago cessera-t-il un jour de faire sa diva et de piquer le centre de l'attention aux personnes qui fêtent leurs anniversaires ?
L'auteur écrira-t-elle enfin quelque chose d'intéressant à la fin de ses chapitres ? Hum… Interrogeons donc ce cher professeur Trelawney…
Trelawney :… Oh me voici connectée aux astres mes chéris… Mais oui bien sûr… Tout est clair… ! La suite de ce chapitre sera pour mercredi prochain!