Mot de l'auteur : *s'incline très humblement* J'espère que vous me pardonnerez mon tour pendable au dernier chapitre au sujet du professeur Trelawney… Certains ont devinés que ce n'était pas sérieux, mais sachez que j'ai bien été punie. Vous vous souvenez de l'état de Drago pendant le chapitre du baptême ? Eh bien c'est le mien depuis deux semaines. La fièvre en plus ! Donc s'il y a des morceaux bizarres dans ce chapitre, particulièrement à la fin, mettez-le sur le compte de mon état.
Et comme d'habitude, de gros merci à tous ceux qui ont laissé leurs avis sur le chapitre suivant, ont rajouté en favori ou décidé de suivre cette histoire ! JE VOUS AIME! (Mais de loin, hein, histoire de pas vous refiler mes microbes!)
Résumé rapide du chapitre précédent : Les vacances de Pâques commencent. Harry semble accepter que les avances de Drago soient sincères après qu'il ait risqué sa vie dans la Forêt Interdite (Merlin, ça fait tellement soap opera dit comme ça -_-). Lucius quant à lui décide que les deux garçons sont trop immatures pour élever Evangeline et décide d'un commun accord avec lui-même qu'elle serait désormais sous sa garde et celle de son épouse. Harry quant à lui est encouragé par Andromeda à prendre une gouvernante moldue. Lui, Ron et Hermione sont chez elle pour les 1 an de Teddy auxquels s'invitent d'eux-même Narcissa et Drago (en fait les Malefoy aiment prendre des décisions pour les autres!). Drago est quelque peu déstabilisé par la froideur d'Harry et Ron est mécontent de la présence du serpentard. Cela finit forcement en dispute où Drago accuse la mère de Ron d'avoir tué Bellatrix. Harry se retrouve obligé de prendre parti, et bien que déchiré, rejoint son fiancé. Hermione décide alors de prendre en main les choses…
Chapitre 30 : L'enfant de Salomon (partie 2)
De leur côté de la fête d'anniversaire de Teddy, Hermione traîna Ron jusque dans la bibliothèque qui jouxtait le grand salon. Le rouquin derrière elle était partagé entre le choc et la colère, et échouant à choisir entre l'une et l'autre de ces émotions son teint ne cessait de changer de couleur, passant du beau rouge vermeil au blanc maladif tout en ouvrant la bouche et la refermant aussitôt, désirant hurler, mais se retrouvant à court de mots.
Finalement l'ancien couple se retrouva face à face et la jeune femme lui grilla la priorité, comme toujours.
-JE SAIS ! Avant tout, JE SAIS, IL n'aurait jamais dû dire ça sur ta mère…
Après plusieurs mois de vie amoureuse et sept ans d'amitié, la brunette savait comment désamorcer Ron Weasley. Et cela impliquait avant tout de savoir parler assez vite pour lui couper la parole à chaque fois qu'il ouvrait la bouche. Comme ça Ron avait vécu des « disputes » et des « explications » sans pouvoir dire un seul mot, apparemment tellement prévisible.
-…MAIS tu n'aurais jamais dû rentrer dans son jeu ! Bon sang ! Tu n'es plus un gamin Ron !
Nouvelle ouverture de bouche.
-Parler de la guerre comme ça ! DEVANT Andromeda en plus ! Quelle honte ! Et pour quoi en plus ?! As-tu vraiment besoin de marquer ton territoire comme ça ?!
-Comment ça « marquer mon territoire » ?! S'étouffa Ron alors qu'on lui laissait enfin la possibilité de dire quelque chose.
-Avec Harry ! Devant Malefoy ! SON fiancé ! Eclata Hermione, exaspérée. Et NON ! Ne marmonne pas dans ta barbe ! Il est vraiment temps que tu comprennes que si pour toi Malefoy reste un rival particulièrement agaçant, il ne l'est plus pour Harry, mais quelqu'un avec qui il va partager le reste de son existence et avec qui il aimerait s'entendre un minimum. La situation est suffisamment difficile avec leur passif sans que tu leur mettes en plus des bâtons dans les roues !
-Et quoi alors ? Faudrait que j'accepte de passer toujours après ce connard ? Je suis son MEILLEUR AMI, merde ! Ça compte, non ? Plus qu'un stupide fiancé imposé !
-Et si Malefoy était un peu plus qu'un « stupide fiancé imposé » ?
-Comment ça ? Questionna Ron, même si en fait il ne voulait pas entendre de réponse à ça et sonnait plus comme une menace, pas contre Hermione, mais plus contre la possibilité même que Malefoy devienne un « un peu plus que quoique ce soit ».
-Tu sais ce que je veux dire…
-Non ! … Et je ne veux pas savoir !
-Ron… Ne sois pas si obtus…
-Je ne sais même pas ce que ça veut dire !
-Pense à Harry ! Si tu l'aimes vraiment… Commença la sorcière avec douceur.
-… Je le retirerais des griffes de ce serpent de malheur ! Continua à sa façon Ron.
-Les serpents n'ont pas de griffes, crût utile de rectifier Hermione avant de continuer : Ecoutes Ron, tu connais l'histoire du jugement de Salomon ?
-Non, c'était qui, un sorcier ?
-Pas du tout, c'est une histoire tirée de la Bible, et que tu saches ce qu'est la Bible ou non n'a pas d'importance, c'est un conte à visée éducative, comme les Contes de Beedle le Barde. En gros Salomon était un roi que tous jugeaient sage. Un jour deux femmes arrivent avec un bébé et lui demandent audience. Chacune prétend que le bébé est le sien car en fait, l'un des bébés est mort à la naissance et l'une des mères ment. Comment faire pour découvrir qui est la menteuse ?
Ron fit la moue, ne voyant pas ce que cela avait à voir dans leurs problèmes actuels.
-Eh bien… Je sais pas… Il y avait des témoins ou pas ?
-Non.
-En utilisant du veritaserum alors, trancha Ron d'un air peu concerné, faisant sourire la jeune femme.
-Tu as une telle mentalité de sorcier… Non, il y a plus simple. Salomon prend le bébé et propose de le découper en deux morceaux afin que chacune des mères en ait un !
-Aaah berk ! Mais c'est QUOI cette histoire 'Mione ! C'est horrible ! On lit ça aux enfants moldus avant de les coucher ?!
-Certaines familles probablement, mais je n'ai pas fini l'histoire ! Donc Salomon annonce son verdict. Une des femmes décide alors de se rétracter, préférant renoncer à son enfant plutôt que de le voir mourir. C'est ainsi que Salomon reconnu la vraie mère.
-Ah… Ok.
Hermione soupira tandis que le rouquin était toujours aussi peu avancé.
-Du coup, il n'a pas découpé le bébé ?
-Non Ron… Ce n'est qu'une histoire, le plus important c'est ce qu'elle nous apprend. Est-ce que tu comprends ?
-… Il ne faut pas essayer de voler les enfants des autres ? Ou tout du moins mettre les pieds dans un tribunal quand on prétend le faire ?
-NON Ron ! Ce que cela nous apprend c'est que le véritable amour se reconnait dans le sacrifice ! Si nous transférons l'histoire à notre situation, Harry EST le bébé et toi et Malefoy êtes les deux mères !
-Et qui est Salomon ?
-Salomon est TA décision de compliquer la vie de ton meilleur ami, l'obligeant à se déchirer en deux pour vous deux ! Il ne veut pas te faire de mal et garder ton amitié, mais d'un autre côté, il veut… Oh eh bien oui, je suppose qu'il veut contenter son futur époux !
Ron fit la grimace mais Hermione n'était pas d'humeur à tergiverser pendant plusieurs heures pour épargner au rouquin la tâche de faire vraiment face à la réalité, à savoir qu'Harry allait devenir l'époux d'un type qu'il ne supportait pas et que désormais ce dernier trainerait dans le coin et ferait parti aussi de leurs propres existences.
C'était malheureusement comme ça, les amis pouvaient choisir leur moitié parmi des crétins. Fay agaçait bien Hermione, mais elle faisait avec, et un jour, avec beaucoup de chance (s'il vouss plaiiit), Hermione trouverait aussi quelqu'un qui ne trouverait pas forcement grâce aux yeux de Ron et Harry.
Mais comme ils l'aimaient, ils accepteraient, et c'était là tout le sens de cette histoire.
-Bref Ron, veux-tu être la mauvaise mère, forçant Harry à être séparé en deux, ou bien seras-tu celui qui, par fidélité et affection, le laissera vivre sans être sans cesse divisé ?
Le jeune homme la fixa un instant, les sourcils froncés de réflexion. Hermione grimaça en reconnaissant la mine : il allait lui faire un raisonnement. Elle détestait quand il faisait ça.
-Sauf que dans ton histoire, la gentille mère elle récupère le bébé et que moi, là, je devrais juste regarder Malefoy partir avec Harry en leur donnant ma bénédiction, ce qui est, je t'assure, plus que je ne peux le faire !
- Le souci Ron, c'est que tu n'as pas trop le choix. Evangeline est devenu le centre de la vie de Harry et pour que rien ne lui arrive, il se mariera avec Malefoy et une fois marié n'aura même plus le luxe de se demander qui entre toi et son époux il doit soutenir… Et à ce moment-là, à ne pas jouer la « gentille mère », tu perdras son amitié.
L'air du rouquin était devenu d'un coup bien sombre et il se laissa tomber, las, sur un fauteuil.
-Tu sais, depuis le début je ne comprends pas… S'il voulait à ce point un enfant, il aurait pu en réavoir un avec Ginny… Un « vrai ».
-Mais de quel droit dénies-tu à Evangeline le fait d'exister ? N'es-tu pas cruel avec elle ?
-Une hypothèse de Percy… Marmonna Ron, perdu dans ses propres pensés.
*Une hypothèse de Percy ?* Se nota quant à elle Hermione, curieuse que le nom du grand-frère apparaisse dans leur affaire.
Perceval était très discret depuis la fin de la guerre et elle avait pensé, peut être mal, qu'il ne serait pas intéressé par les péripéties amoureuses de sa fratrie, qu'il jugeait auparavant de « perte de temps ».
Il était néanmoins vrai que la rupture de Harry et Ginny avait fait grand bruit, tout comme cette stupide chasse à la mère d'Evy'. Il aurait été difficile de passer à côté de cela à moins d'être un ermite vivant dans une grotte.
Se concentrant de nouveau sur Ron, elle se sentit un peu découragée en le voyant courbé sur ses mains jointes, l'air de ne pas du tout savoir quoi faire. Quelque part, elle le comprenait : elle aussi était souvent décontenancée par le tour qu'avaient pris les évènements. Ses certitudes avaient été bousculées et elle ne pouvait que voir leur futur partir dans de drôles de directions. Elle qui pensait qu'ils en auraient fini avec les histoires-pas-possibles une fois Voldemort définitivement détruit… Eh bien elle n'aurait pu prédire plus faux !
Preuve encore une fois que la divination n'était PAS DU TOUT sa matière !
-o-O-o-O-o-
Neville s'exerçait actuellement au langage des expressions. Lui et Hannah, de chaque côté de la table basse où trônaient thé et gâteaux, s'ennuyaient comme deux rats morts tandis que les plus âgés parlaient depuis une heure d'argent et d'héritages.
Comme leur présence semblait négligeable, mais qu'ils n'avaient quand même pas le droit de se parler, ils communiquaient leurs impressions par mimiques, grimaçant, levant les yeux au ciel, se faisant rire, puis cachant ce fait avec plus ou moins de succès.
-Mais pour le titre ? S'inquiéta Lord Abbott. Que fait-on pour le titre ?
-Eh bien, je ne crois pas qu'il y ait raison à s'inquiéter dans l'immédiat, je suis sûre que vous avez l'intention de vivre encore très longtemps, commenta mielleusement Lady Londubat pour qui leurs trois quart d'heures d'avance étaient toujours en travers de sa gorge.
-Oui, mais il convient de prévoir la succession. Le futur héritier qui sera conçu (Hannah crispa du nez) héritera-t-il des deux titres ou bien devrons-nous compter sur deux enfants (Hannah fit les gros yeux) pour hériter l'un et l'autre de chacun des titres et domaines ?
-Eh bien, qu'en dit l'Usage ? Interrogea La grand-mère de Neville en faisant mine d'ignorer les grimaces de sa futur belle petite-fille.
-Selon la loi, les biens de l'épouse reviennent à son conjoint… Et comme Hannah est pour l'instant mon unique petite fille, elle héritera du titre et des terres à la mort de son père… Cependant des clauses spéciales existent pour ces situations… Je souhaiterais garder séparé les deux titres…
-Des dispositions devront être prises dans ce sens et apparaitre dans le contenu du contrat de mariage, ajouta Lady Abbot d'un ton qui ne semblait admettre aucun refus.
*Oh gosh… Dire que cette femme va devenir ma grand-mère par alliance… Je suis vernis…* Grommela intérieurement Neville alors que sa propre grand-mère tiqua nerveusement en la fixant comme un vilain gnome à moitié enfoncé dans sa pelouse.
Enfin le plus curieux pour Neville restait que Lady Abbot n'avait rien pour justifier un tel comportement : née moldue et roturière, comme Hermione, plutôt moyenne comme sorcière, pas comme Hermione, elle ne devait son mariage avec Lord Abbot qu'à sa dot bien pourvue, là pour renflouer les créances de la noble famille après qu'une inondation ait détruite la plupart des plantations et terres de pâtures présentes sur leur domaine, incapacitant les fermiers à leur payer le loyer.
Tout le monde connaissait cette histoire, du moins dans leur milieu, car à l'époque leur mariage avait été hautement décrié. C'était après tous ces temps où Voldemort trainait dans les cercles de sangs purs et encourageait le racisme anti moldu…
Mais peut être que l'aigreur de la sorcière venait justement de là… Retournant son attention sur Hannah, il se demanda si elle aussi risquait un jour de changer de caractère et de devenir une femme acariâtre et désagréable.
Une nouvelle fois il se demanda s'il ne commettait pas une énorme bêtise. Il était en train de faire des démarches pour rester auprès d'Hannah jusqu'à la mort de l'un d'eux, ce qui signifiait être son soutien et son oreille attentive à chaque fois qu'elle aurait besoin de lui, dormir dans le même lit, lui faire l'amour de façon possiblement régulière, la mettre enceinte et élever ensemble les enfants qui viendraient à naître !
La fixant attentivement, il chercha désespérément un signe qui lui indiquerait qu'il faisait la bonne chose. Par Merlin, comment reconnaissait-on sa future épouse ?! En cet instant il aurait tellement aimé avoir son père près de lui pour le conseiller !
Etait-il seulement prêt pour la moitié de tout ça ? Certes ses parents s'étaient mariés tôt, certes toutes les générations qui les avaient précédées avaient tendances à se marier tôt ou pas du tout, engendrant par là même ce nombre aberrant de vieilles filles et de vieux garçons (comme ses grand-oncles par exemple…), comme si le fait d'avoir loupé le coche condamnait à une vie entière de célibat !
Mais malgré ces faits, il ne se sentait pas du tout la maturité nécessaire pour s'occuper d'une famille !
Hannah le fixait d'un regard énamouré, presque émerveillé, tout comme son père d'ailleurs, qui avait l'air de penser que Neville était la nouvelle septième merveille du monde, et là, il se sentait tellement plein de compréhension pour Harry !
Il aurait aimé leur dire qu'ils se trompaient sur la marchandise ! Même s'il avait eu un rôle important dans la chute de Voldemort, il était toujours ce garçon qui manquait de confiance en lui, qui trouvait généralement les humains mauvais et cherchait la paix au milieu des plantes !
Hannah était jolie, oui, on pourrait même aller jusqu'à belle, surtout ainsi apprêtée, elle était globalement calme et discrète, et surtout gentille, c'était ce qui l'avait attiré d'abord chez elle. La gentillesse c'était le plus important. Et câline, et douce, oui, très douce.
Mais il manquait un truc pour que Neville se sente amoureux. Une étincelle.
Et la jeune femme avait aussi ses défauts : elle n'avait pas de discussion et pas de passion particulière. Oh, elle pouvait parler : des cours, de la météo, des relations amoureuses de leurs condisciples, de shopping… Un jour Neville avait essayé d'aborder un sujet plus profond, plus philosophique…
Il n'avait jamais réessayé.
Il se consolait sur le fait qu'elle n'était quand même pas au niveau d'une Lavande ou d'une Romilda… Mais presque.
Comment son père avait-il su que sa mère serait l'épouse idéale pour lui ? Etait-il certain ou constamment inquiet comme lui pendant la préparation des fiançailles ?
Neville poussa un petit soupir discret plein d'amertume : jamais il n'aurait de réponse à ces questions, jamais il ne saurait quel homme était son père, comment il s'occupait de sa femme, comment il la rassurait… Comme il se rassurait lui-même…
Il priait pour qu'en ce moment même Bellatrix Lestrange pourrisse et souffre milles tourments en enfer !
De toute façon, il ne voyait pas ce qui le faisait tant hésiter… Il n'y avait aucune autres filles ou bien… Non, ça ne valait même pas la peine d'y penser, cette personne ne pourrait jamais l'aimer ! Donc, non, personne ! Epouser Hannah était raisonnable et intelligent.
Et il se devait d'être raisonnable et intelligent, non ? On l'avait suffisamment traité d'idiot dans son adolescence pour tout le reste de sa vie !
-… Très bien, comme ça nous pourrons mettre fin à la correspondance du jeune Smith, énonça soudain Lord Abbot, ramenant brutalement Neville dans la discussion à la mention de l'ignoble poufsouffle.
-Quelle correspondance ?! Laissa-t-il échapper sans s'en rendre compte, fixant avec suspicion Hannah qui eut soudain l'air très gênée.
-Eh bien… Comme les Smith nous ont fait en premier leur proposition, le jeune Smith a reçu l'autorisation de courtiser notre Hannah, expliqua Lady Abbot avant de siroter une petite gorgée de thé de façon très maniérée.
Neville retint de peu une grimace, avec l'impression que quelque chose d'acide était coincé au fond de sa gorge.
-Je ne les ai pas ouvertes Neville, intervint Hannah. Et je ne lui réponds pas non plus. Il n'en vaut pas la peine !
Cela le calma légèrement, bien que l'idée de Smith écrivant à Hannah, malgré le coup de poing qui aurait dû lui remettre les pendules à l'heure, l'interpellait d'une mauvaise façon.
Mais il ne savait pas vraiment pourquoi.
-o-O-o-O-o-
-…UNE HONTE POUR NOTRE FAMILLE !
Zacharias rentra un peu plus la tête dans ses épaules alors que Mrs Smith faisait les cent pas devant lui, adressant au passage des coups d'œil ulcérés à sa progéniture. Mr Smith quant à lui était assis au bout de la table, essayant sans doute d'avoir l'air sévère et impénétrable, mais réussissait surtout à avoir l'air constipé.
Ah ! Tout le monde ne pouvait pas être Lucius Malefoy !
Plissant sa lèvre supérieure, Zacharias leva un regard boudeur vers sa mère et commença à marmonner :
-C'est pas ma faute, c'est Londubat qui…
Mrs Smith cria simplement et littéralement pour faire taire le jeune homme.
-Tu as sans doute fait quelque chose de mal ! Ce n'était quand même pas compliqué de dire de gentille choses à cette fille ! C'est une POUFSOUFFLE pas une serpentarde ! Elles ne réclament pas la lune !
Il voulut encore insister sur Londubat mais ses marmonnements se perdirent dans les lamentations de la grande blonde aux cheveux permanentés qui en était à se maudire elle-même d'avoir épousé un poufsouffle. Ancienne serpentarde, elle n'avait cependant pas fait cela sans calcul et voyait actuellement tous ses efforts pour être un jour associée à la noblesse du pays être détruit.
-Non mais tu te rends compte que j'avais parlé de ces fiançailles à tout le bureau ! Et même à mon directeur ! Intervint finalement son père, tapant contre la table le verre de whisky pur feu qu'il s'était servi.
-…Et moi vantée à toutes mes amies ! Nous allons être la risée de Londres pour au moins un siècle ! Et c'est UNIQUEMENT DE TA FAUTE !
-Vous n'aviez pas besoin d'en parler partout non plus ! Eclata Zacharias, à présent aussi rouge qu'une brique.
-JE… ! JE… ! TU… ! DANS TA CHAMBRE ! IMMEDIATEMENT ! TU ENTENDS ! JE NE VEUX PLUS VOIR TON VISAGE DE TOUTE LA JOURNEE !
Un vase et deux assiettes décoratives éclatèrent sur le passage du poufsouffle qui fila presque ventre à terre hors de la salle à manger pour courir s'abriter dans les escaliers.
-TU ES FOLLE ! TU ENTENDS ! Hurla-t-il. FEMME FOLLE !
Il se précipita au premier étage lorsque deux patères commencèrent à lui jeter leurs contenus dessus. Et si recevoir un chapeau n'avait jamais fait de mal à personne, les parapluies et ombrelles étaient plutôt douloureux.
Ce genre de scène n'était pas exceptionnelle au sein du domicile des Smith.
Zacharias pesta arrivé en haut des marches et, prit d'une colère violente au sujet de l'injustice dont il était victime, donna de grands coups dans les meubles pour les casser ou les envoyer à terre.
-PUTAIN ! TOUT CA A CAUSE DE CE BIBENDOM DE LONDUBAT ! QU'EST-CE QU'IL A AU JUSTE DE MIEUX QUE MOI ?!
Défonçant la porte de sa chambre d'un coup de pied, il la referma violemment derrière lui en la faisant claquer.
-IL EST GROS ! IL EST MOCHE ! IL EST BÊTE ! C'EST UN LOOSER ! UN PLEURNICHARD ! IL NE SAIT MEME PAS TENIR SUR UN BALAI SANS S'ECRASER LAMENTABLEMENT !
Il décida de faire le grand ménage dans sa chambre aussi, éjectant le contenu de son bureau et de ses étagères comme s'il ne pouvait plus supporter tous ces objets. Il avait juste envie de tout briser, et en particulier la tronche joufflue d'un Londubat.
Même si d'un point de vue objectif, on ne pouvait certainement plus dire que Neville était gros ou joufflu, mais très bien charpenté avec un crochet du droit très efficace. Mais ça Zacharias ne voulait pas le voir, dans sa tête, il s'agissait toujours du lamentable petit gros de première année qui faisait honte à Gryffondor.
Pff… Gryffondor… Il y serait allé lui aussi, y aurait été bien plus à sa place que ce gros crétin, mais son hérédité le plaçait directement à Poufsouffle. D'ailleurs, s'il y avait été, il serait certainement devenu le meilleur ami d'Harry Potter à la place de cette grande gigue de Weasley.
Et alors… Et alors Hannah l'aurait sûrement aimé.
Se laissant tomber accroupi au milieu du désordre amassé à présent par terre, il ratissa nerveusement ses cheveux de ses mains.
Il entendit alors en bas une voix familière, accompagné de celle de sa harpie de mère.
-Puis-je monter ? Fit la voix masculine.
-Je ne suis pas sûre qu'il le mérite…
-Allons Mrs Smith… Amanda…
Zacharias grogna, cachant ainsi la fin de cette phrase et le rire de coquetterie qui suivit. Désormais c'était des pas dans les escaliers, puis la porte de sa chambre qui s'ouvrait.
-Il faut VRAIMENT que tu ARRETES de faire du charme à ma mère pour qu'elle te laisse monter !
Il leva le nez sur son meilleur ami qui lui rendit un sourire serein, quoique le coin de ses lèvres était assez remonté pour exprimer la moquerie. Il fixa ensuite la pièce en désordre, ses yeux bruns pétillants derrière ses lunettes :
-Tu refais la décoration Zach ? J'aime assez le côté déstructuré de la chose, c'est un concept…
-Wayne… Commença-t-il à gémir un peu pitoyablement. Elle ne répondra pas à mes lettres !
Le brun poussa un soupir en s'approcha de lui pour poser sa main sur son épaule, compatissant. Lui, il savait à quel point ces fiançailles avortées avaient été plus qu'un simple arrangement…
Soutenant son ami, il le regarda céder à son chagrin, incapable de l'aider plus.
-Je sais Zach… Je sais.
-o-O-o-O-o-
A presque 18H00 la fête d'anniversaire de Teddy semblait avoir repris un cours plus normal. Harry s'était légèrement mis en retrait, rejoignant Hermione qui était revenue de la bibliothèque, et il tentait de ne pas observer avec trop de fascination la petite famille qui refaisait connaissance doucement.
Andromeda et Drago discutaient calmement d'il ne savait quoi, mais cela devait être passionnant parce que le blond avait le même air d'attention piquée que lorsque Rogue leur expliquait quelque chose. Ils étaient interrompus de temps en temps par Narcissa qui semblait rajouter des anecdotes qui les faisaient sourire.
Teddy était installé à leurs pieds, jouant avec Patmol II et la toupie lumineuse à mouvement infini que lui avait offerte les Malefoy. Le petit chien semblait aussi fasciné que l'enfant par l'objet, donnant de temps en temps des coups de pattes prudents comme pour s'assurer que ce n'était pas vivant. A chaque fois la toupie changeait de couleur sans pour autant s'arrêter, provoquant un bond en arrière de la part de l'animal et un rire de joie du petit loup-garou.
La famille faisait plaisir à voir et Harry sentait une douce et inhabituelle chaleur monter en lui quand il se disait que ce serait bientôt la sienne. Par la même occasion, ses joues rougissaient d'embarras parce qu'il avait l'impression de ne pas mériter une chance et un bonheur pareil.
Faire partie d'une famille…
Si pour beaucoup de personnes cela coulait de source, pour ceux qui n'avaient pas cette chance, c'était probablement le plus grand des souhaits. On pourrait lui arguer qu'il n'était pas seul, qu'il avait ses amis, qu'autrefois il avait aussi la famille Weasley… Oui, c'était vrai, mais ça n'avait rien à voir avec le sentiment de légitimité qu'il voulait ressentir.
Un sentiment qu'il n'avait jamais approché qu'auprès de Sirius. Et jamais auprès d'Arthur et de Molly Weasley alors même qu'il les adorait.
Tandis que là, une fois ce mariage réglé, il pourrait avoir le droit de dire partout qu'il faisait partie de la famille Black sans que qui que ce soit y ait à redire ! Andromeda deviendrait sa tante, Narcissa sa belle-mère, Drago… son mari (ce qui était aussi bizarre à dire qu'à penser) et Teddy, en plus d'être son filleul, serait son petit cousin ! D'une famille ne comptant qu'un seul et unique membre (il ne comptait pas les Dursley pour des raisons évidentes) , à savoir lui-même, il allait passer à une petite tribu !
Alors Harry était aussi heureux que devant une grande pile de cadeau de noël.
Se forçant à se sortir de cet état d'admiration « trop-beau-pour-être-vrai », il se tourna vers la porte de la bibliothèque, constatant que Ron n'était toujours pas revenu.
-Il voulait réfléchir un peu tout seul, lança Hermione en fixant la même direction. Mais je trouve aussi que ça lui prend du temps…
Harry lui sourit d'un air qui se voulait rassurant et se leva de la chaise où il était assis.
-Je vais aller le trouver.
En réalité, il n'était pas des plus tranquille à l'idée de se retrouver face à Ron après ce qui s'était passé, mais il se rassurait dans le fait qu'Hermione l'avait apparemment calmé. Ayant foi dans les capacités de son amie, il examina la bibliothèque vide, puis avisa une porte-fenêtre ouverte et se glissa par son ouverture.
Ron se trouvait là, assis sur un tronc d'arbre renversé installé pour faire office de banc au milieu d'un grand arbuste feuillu couvert de fleurs roses et d'un ensemble de petits buissons taillés en boule.
-Oh… Firent-ils ensemble quand ils s'aperçurent l'un l'autre.
Ron grimaça et Harry se tortilla presque d'embarras, debout devant lui.
-Je… Refirent-ils ensemble tout d'un coup, avant de refermer la bouche et d'avoir l'air tous les deux désolés pour les deux stupides camarades Gryffondor qu'ils étaient.
Huit ans qu'ils se connaissaient après tout, dormaient l'un à côté de l'autre, mangeaient de même, étudiaient ou s'amusaient ou se battaient également de la même façon. Parfois il leur était arrivé de se disputer, par entêtement, fierté et refus d'accepter que l'autre ne soit pas capable de comprendre les sentiments en jeu, comme par « l'opération du Saint Esprit » tel que le disait les moldus. Oui, il leur arrivait d'oublier que malgré cette proximité, ils n'étaient pas télépathes et que, souvent, ils n'appréhendaient pas les évènements de la même façon. Qu'ils étaient DIFFERENTS, même si pendant longtemps Harry avait détesté ce mot.
-Tu… Tu rentres pas ? Finit par demander Harry en jouant avec un caillou du bout de ses tennis.
-'Pense pas que ce soit une bonne idée, affirma Ron en regardant lui aussi le mouvement du pied d'Harry avant de pousser un soupir en s'étirant, croisant ses bras derrière sa tête pour contempler le ciel.
Le ciel était moche, on était à Londres après-tout, Harry n'avait même pas besoin de lever la tête pour le savoir. C'était déjà un miracle qu'il ne pleuve pas.
-Pourquoi ? Voulut-il savoir.
Il pensait avoir au moins le droit à une explication.
-J'ai pas ma place là-bas, c'est tout. C'est… TON monde, puisque toi tu arrives à les supporter… A même les aimer. Je sais pas comment. Ça me dépasse, et c'est agaçant… Te voir si calme alors que moi je suis plein de colère. Tu comprends pas mes sentiments, pas vrai ? As-tu jamais haït quelqu'un dans ta vie que tu sais que quoiqu'il se passe, tu le haïras toujours ? Parce que dès que tu le verras ou en entendras parler, tu te sentiras redevenir aussi minable que tu l'étais quand tu te faisais cracher dessus quand tu avais 11 ans ? Tu sais que c'est comme ça que je me sens dès que je vois Malefoy ? Minable, honteux de ce que je suis et de ma propre famille ? Et je veux pas ressentir ça ! Je suis fier de moi, je suis fier de mes parents ! Et de mes frères et de ma sœur ! Et des valeurs de notre famille, même si effectivement ça nous fait vivre dans une maison qui ressemble à rien, avec des chambre minuscules et du bruit, des vêtements de seconde mains et des vieux meubles rafistolés ! Mais ce putain de Malefoy ! Dès que je le vois… Il me fait ressentir tout cela !
Harry le regardait à présent avec empathie, les lèvres serrées, alors que Ron avait les larmes aux yeux. Pas de tristesse, non, mais de rage et d'impuissance.
-Je connais ça mieux que tu le crois Ron, répondit-il. Mais ce n'est pas Drago qui me fait ça.
-Pourtant il a passé presque autant de temps à te dénigrer, te traitant de nabot, de fou, insultant ta mère…
-…Et il a aussi fait tout pour me faire renvoyer, a même tenté de me torturer même si je lui ai fait pire au final et a probablement souhaité me voir mort plusieurs fois, oui Ron je sais, tout ça tourne dans ma tête de façon continuelle depuis l'app… Non, la NAISSANCE d'Evy'. Mais d'une certaine façon, c'était un petit joueur par rapport à d'autres !
-…Tu veux parler de Tu-sais…
-Non. Voldemort était une épine dans mon pied, ou plutôt dans ma tête. Et il a toujours préféré jouer avec mes peurs et mon intégrité morale plutôt que d'user d'humiliation. Par contre, ce que j'ai pû entendre de la part de « Oncle » Vernon ou de « Tante » Marge… Et subir… Crois-moi quand je te dis que Drago est un petit joueur à côté d'eux. Marge en particulier est la cruauté faite femme… Ou plutôt harpie… Ce que je ressens quand je les vois… Est assurément proche de ce que tu dis ressentir.
-Bon, eh bien imagine que je n'ai pas d'autre choix que de me marier avec la Tante Marge et tu arriveras à comprendre ce que je ressens là.
-Ca ne peut pas être si…
-Si, ça l'est.
Harry poussa un soupir, désespéré, shootant dans le caillou et tournant sur lui-même comme si la solution allait sortir brusquement de derrière un arbre ou une tuile.
-Il doit FORCEMMENT y avoir quelque chose qu'on peut faire !
-Je pense pas. Non.
-Et s'il s'excusait ?
Ron émit un ricanement sinistre.
-Il ne le fera jamais.
-T'en sais rien !
-Si. Tu ne sembles pas réaliser qu'il me déteste autant que je le déteste. Il le cache mieux, c'est tout. C'est un serpentard après tout. Et puis même s'il s'excusait ou arrêtait du jour au lendemain de me considérer comme de la merde sur la semelle de ses chaussures, je ne suis pas sûr que ça changerait quelque chose. Je me rappellerais toujours.
-BORDEL VOUS ETES CHIANTS ! Moi j'essaie de trouver des solutions et vous… Vous… Vous avez pas le droit de me demander de choisir entre mon meilleur ami et… (Harry cherchait désespérément le mot correspondant) … Et ma famille !
-Harry… On peut pas continuer à faire comme si le souaffle n'était pas déjà passé à travers le cerceau, je ne peux PAS le voir se servir de toi contre moi ! Tu me connais, JE connais mon caractère… A force je vais t'en vouloir et alors ce sera pire que tout. Mes ressentiments pour Malefoy n'ont fait qu'augmenter ces dernières semaines et ne feront que grandir puisqu'il m'aura pris mon meilleur ami, mais je préfère ça que d'en arriver à te détester TOI. On n'a pas le choix… Si je ne veux pas être la mauvaise mère… J'ai peur… J'ai peur qu'on doive prendre nos distances tous les deux.
-NON !
C'était un cri du cœur qui fit sursauter Ron, mais Harry n'avait pu s'en empêcher. La seule idée d'une telle chose lui était odieuse et le fit même passer au-delà de sa réserve habituelle, agrippant le rouquin par le tissu de sa chemise pour le tirer à lui.
-Je ne peux pas ! Et je ne VEUX pas !
-Harry… Je…
Ron semblait littéralement torturé et le brun, dans son désespoir, ne songea alors qu'à le presser jusqu'à le faire craquer et abandonner cette stupide résolution. Et s'il ne s'était jamais servi des sentiments des autres à des fins de manipulations jusqu'ici, il savait qu'il pouvait le faire.
Il lui suffisait de laisser parler la part la plus sombre de son être.
-Tu es mon MEILLEUR AMI Ron ! Merde ! JE suis le tiens ! Tu es là pour moi, je suis là pour toi, c'est ce que ça signifie ! Et tu veux m'abandonner au premier obstacle venu ?! Drago ne concerne que moi, il est une partie de ma vie que tu n'es pas obligé de subir si tu ne le veux pas ! Si c'est le seul moyen, on aura qu'à se voir que tous les deux, ou avec nos amis communs qui ne sont pas des amis de serpentard, ce qui n'est pas bien compliqué à trouver ! Et je ne te parlerais jamais de lui ou de quoique ce soit le concernant ! Tu vois ? Pas compliqué ? Problème résolu !
Devant lui les yeux bleus clignaient, cherchaient à s'échapper du regard vert qui le clouait sur place, songeant que si jamais un regard pouvait lancer un imperium, ce serait bien celui-là.
Pour sa part, Harry lisait à la fois la faiblesse et la méfiance sur son vis-à-vis.
Envie de céder… Mais scepticisme. Harry regretta alors qu'Hermione fut passée avant lui pour lui raconter il ne savait quoi… Il adorait sa sœur adoptive, mais il savait très bien que lui et Ron avaient tendance à prendre ses remarques et conseils plus au sérieux que leurs propres réflexions. Et à raison, elle avait durant de longues années était plus sage et raisonnée qu'eux.
Et Ron n'était pas bête.
Contrairement à ce que certains pouvaient prétendre.
Tout comme l'intelligence d'Harry payait son tribut à son impulsivité, celle de Ron était régulièrement contrée par sa susceptibilité et son amie intime : le manque de confiance en lui. Mais au-delà de ce « problème technique », la capacité de réflexion du jeune Weasley marchait assez bien pour battre tous les gryffondors aux échecs.
Et c'était peut-être ce qu'ils faisaient : ils s'affrontaient. Mais pas au même jeu. Harry s'essayait d'une certaine façon au poker, quand Ron était devant son échiquier. Le bluff contre la logique.
-Et je serais quoi ? Ton vilain petit secret ? Ce plan est bancal, mec. Tu sais, quand je te disais de prendre un amant, je pensais pas vraiment à moi ! Tenta d'ironiser Ron avec un sourire un peu tordu.
Harry devait sembler plutôt dépité. Du moins c'était comme ça qu'il se sentait.
-Et si on continue comme ça, ça va finir par ressembler à une de ces histoires tragico-romantique de séparation comme celles que lisaient Ginny quand elle était en quatrième année, ne nous inflige pas ça, ok ?
-Comment tu peux prendre ça à la rigolade… ? Contra Harry, plein d'amertume, lâchant néanmoins son emprise sur la chemise de Ron.
Ce dernier recula sur le côté, comme pour se laisser une issue de secours ou peut-être même s'enfuir en courant si Harry devenait hystérique… Pour ce qu'il en savait ! Le brun se sentait effectivement d'humeur à lui lancer un sort d'entrave et à l'enfermer quelque part.
-Je prends pas ça à la rigolade. Je suis dégouté et à court d'options. Appelle ça de la résignation. Pardon pour la vulgarité, mais je me suis fait baiser ! Par Malefoy ! Et ce connard le sait. En fait, si on veut être honnête, c'est le cas depuis vos fiançailles, et on n'a fait qu'essayer de se dépêtrer de ça sans beaucoup de succès.
Harry fit la grimace, ne savant vraiment pas quoi dire du constat réalisé par Ron.
-Alors tu pars…
-Avant qu'on soit fâché. Oui. Peut-être qu'un jour… Je sais pas. Parfois les alliances peuvent arranger certaines situations, comme c'est le cas pour Bill, alors… Quoiqu'il en soit, tu sais, c'est pas parce que je serais plus à tes côtés que je ne serais pas de ton côté…
Il y eut un blanc un peu gênant avant que Ron ne fasse la moue et donne un coup dans l'épaule du brun :
-Bon sang ! Et voilà ! Regarde les conneries sentimentales que tu me fais sortir !
Le rire qui jaillit de la bouche d'Harry lui fit l'effet d'un crissement d'archet sur les cordes d'un violon. Tout sauf naturel, mais il n'avait décidemment pas le cœur à plaisanter, d'aucune façon.
-Allez, fais pas cette mine, j'ai l'impression de donner un coup de pied à un chiot. Tu as d'autres choses à penser. Et J'ai, Merlin !, d'autres choses à penser moi-même. Ne culpabilise pas, c'est stupide, les jeux sont faits et tu n'étais en aucun cas un des challengers…
-Et c'est probablement ce qui me saoule le plus ! Le coupa Harry. Je suis l'un des principaux concernés et je ne peux rien faire ! As-tu idée à quel point c'est frustrant ! Etre obligé de vous laisser décider de ma destinée sans avoir mon mot à dire… !
-Tu as eu ton mot à dire Harry : tu as accepté la Moitié Malefoy… Et d'une certaine façon tu as toi-même créé ce chemin le jour où tu as décidé de sauver la vie de Malefoy dans la salle sur demande. C'est dégueulasse qu'une bonne action puisse créer une telle malédiction, mais bref… A nous alors de gérer avec cette situation. Je dis pas que je t'en veux, bon, un peu oui, mais… Je veux pas être cruel avec une petite fille.
Harry se demanda si tout ce que venait de dire Ron était la vérité. Avait-il vraiment scellé de lui-même son sort en sauvant Drago la première fois ? C'était pourtant la bonne chose à faire, assurément. Rogue avait dit quelque chose à ce sujet lorsqu'il lui avait parlé des dettes de vies. Quelque chose comme : C'est étonnant qu'un acte aussi déterminant et plein de conséquence pour la suite soit quelque chose à décider en un quart de seconde.
Cependant beaucoup de choses étaient semblables. Choisir de serrer ou non une main prenait le même genre de temps, et dans le cas de la poignée de main à laquelle il pensait, du refus pouvait découler une rivalité longue et profonde… Ainsi qu'une amitié fraternelle et précieuse.
Malgré tout ce qui s'était passé, Ron était TOUJOURS revenu vers Harry. Et il devait croire en cela. Ron reviendrait… C'était obligé !
Sous le regard un peu anxieux de Ron, il hocha doucement de la tête en guise d'acceptation, ses doigts se refermant avec force sur la montre à gousset de sa poche droite.
-Eh bien… Alors adieu Harry… Fit Ron avec un salut de la main.
La formule d'au revoir faillit faire paniquer le brun, avant qu'il ne remarque l'air taquin quoique mâtiné de tristesse de son meilleur ami. Ce dernier reprit aussitôt la parole :
-…Et… Je suppose qu'on se voit à Poudlard… Black !
Harry en resta un instant sans voix, une chaleur profonde montant au fond de lui et menaçant d'exploser. La joie, le bonheur. Harry Potter était à cet instant quasiment mort, et tout ce qui allait avec ce nom avec. Tout ce qu'il détestait le plus de lui. A la place naissait Harry Black. Black comme Sirius et son héritage. A aucun moment il ne s'était senti si à sa place et à l'aise avec son existence qu'en ce moment.
Comme un dernier cadeau de Ron à Harry Potter. Comme si à travers ces mots, il lui rendait sa liberté.
C'est le cœur plein de sentiments doux-amers qu'il suivit la silhouette rousse de son compagnon d'arme jusqu'à ce qu'elle disparaisse au coin du bâtiment, figé sur place comme si on l'avait planté là comme un piquet dans la terre.
Et c'est malheureusement alors qu'il se débattait avec ses émotions parfois contradictoires, chamboulé par ce qui venait de se passer et la tête pleine de Ron, que Drago décida de faire son apparition par la porte fenêtre.
-Hey, puis-je savoir pourquoi tu as décidé de disparaitre Potter ? C'est assez impoli de fausser compagnie à son hôte.
-Au cas où tu ne le remarquerais pas, j'ai besoin d'être un peu seul là, Drago… Lâcha Harry qui ne se sentait pas de faire de suite face aux personnes dans la maison sans avoir repris le contrôle de ses émotions.
Malheureusement, plutôt que d'obtenir le résultat souhaité, cela sembla décider au contraire le jeune homme à sortir à son tour, l'air plutôt mécontent.
-Potter, j'ai l'impression qu'il faut vraiment qu'on mette les choses au point tous les…
*Pitié… Qu'il s'en aille !* Supplia intérieurement Harry avant de sortir sa montre pour regarder l'heure et le couper dans sa phrase :
-Ecoutes, je vous rejoints dans dix petites minutes, ok ?
Un silence plutôt hostile lui répondit. Levant les yeux, il se maudit rapidement, bien qu'il ne comprenait pas très bien ce qu'il venait de faire pour afficher une telle expression sur le visage de son vis-à-vis… La dernière fois que Drago l'avait regardé comme ça devait bien remonter au funeste épisode des toilettes de Mimi Geignarde.
Il décida d'appeler ce visage « ton futur époux est très très fâché contre toi. Cours pour ta vie ! ».
-J'hallucine… Cracha ce dernier d'une voix horriblement trainante. Comment peux-tu… ! Comment oses-tu… !
L'une de ses mains remonta un instant à son médaillon, avant de retomber contre son corps, crispée en poing tremblant. Et pour le plus grand désarroi d'Harry il semblait si énervé qu'il n'arrivait même pas à finir ses phrases, l'empêchant ainsi de savoir quel impair il avait encore commis !
-Qu'est-ce que j'ai encore…
Il ne put lui-même terminer car Drago était sur lui, arrachant de ses mains sa montre.
-Eh ! Qu'est ce qui te prend !?
-Où est la mienne ? Demanda furieusement le blond sans tenir compte de sa propre question.
-Quoi ? Bordel , de quoi tu parles ?!
-MA montre stupide imbécile crétin de gryffondor ! MA MONTRE !
-Dans ma chambre, répondit Harry complètement perdu.
Il aurait aimé que quelqu'un apparaisse pour lui expliquer pourquoi Drago lui faisait soudain une crise d'hystérie.
-Et qu'est ce qu'elle fait là-bas ?! Pourquoi en utilises-tu une autre… d'où vient-elle d'ailleurs ? Peu importe ! Je veux que tu la jettes !
-QUOI ?! Et pourquoi ça ?! Qu'est-ce que tu me…
-Enfin c'est évident, tu n'as pas à utiliser une autre montre que la mienne ! Tout le monde sait que c'est mon cadeau de fiançailles ! Et toi tu… Tu t'exhibes avec cette horreur bon marché !
Harry aurait pu demander plus d'explication sur la première partie de son explication, mais la fin lui coupa toute envie d'être raisonnable.
-JE T'INTERDIS DE DIRE QUOI QUE CE SOIT SUR CETTE MONTRE MALEFOY ! MAINTENANT TU VAS TE CALMER ET ME LA RENDRE IMMEDIATEMENT !
-Non !
-Pardon ? Siffla Harry d'un ton menaçant.
Cela n'intimida même pas le serpentard. Il n'avait du reste jamais tellement pris les menaces d'Harry au sérieux, les considérants pendant des années comme leur seul mode de communication et par ce fait même, les recherchait et les attisait comme il le pouvait.
Mais plutôt que de renchérir, il le fixait, comme cherchant la vérité sur son visage, et soudain ses yeux se plissèrent comme s'il venait de fonder quelques hypothèses insidieuses.
-Morgane ! Ca a un rapport avec les Weasley !
-Qu'est ce qui te…
-A chaque fois qu'on se dispute quand on n'a aucune raison de le faire, c'est à cause des Weasley ! Accusa Drago. Et tu carre encore la mâchoire !
-Laisse ma mâchoire tranquille ! Très bien ! Tu as raison ! Cette montre m'a été offerte par Arthur et Molly Weasley comme c'est la tradition pour les dix-sept ans de chaque sorcier de cette famille ! Tu comprends alors qu'elle soit assez importante pour moi !
*Autant demander à une pierre de pleurer !* Songea presque aussitôt Harry quand l'expression de son vis-à-vis ne fit que se refroidir encore plus.
Comment avait-il seulement put penser que quelqu'un d'aussi autocentré sur lui et égoïste puisse ressentir une quelconque compassion ?
-Alors tu t'exhibes avec une montre des Weasley… De mieux en mieux…
-Je ne m'EXHIBE pas ! Grinça entre ses dents Harry. D'aucune façon !
-Est-ce que tu réalises seulement le message que tu renvois… De façon générale ? Non, bien sûr, tout ça passe au-dessus de la tête du grand Harry Potter ! Les conventions, pourquoi devrait-il s'y conformer ?! Et alors que plus que jamais nous devrions offrir un front uni, tu te montres moins clair que jamais !
Message ? Front uni ? Pas clair ? Drago essayait-il soudain de lui parler en langage codé ? Merlin ! Ne pouvait-il tout simplement pas se calmer et cesser de lui faire une scène pour une stupide montre ?! Non content de pourrir sa relation avec son meilleur ami, fallait-il qu'il vienne lui prendre la tête ? Soudain Harry se souvenait pourquoi ils avaient été incapables de s'entendre pendant six ans…
-Je ne vois pas ce que je fais de mal ! Mince ! C'est toi qui est pas clair ! Je ne comprends rien de ce que tu racontes, ni même ce que tu me reproches !
-Je… ! Je… ! Je… Tu… ! Raaah !
Parfait, ils semblaient désormais tous les deux au comble de l'exaspération. Cependant Drago avait toujours sa montre en main, ses doigts crispés dessus et il la fixa un instant comme si c'était un animal visqueux et répugnant.
-Tu ne devrais pas me provoquer Potter ! Affirma-t-il finalement, le visage crispé par la colère. Je suis mille fois plus jaloux et imprévisible quand il s'agit des Weasley !
Et sans prévenir, il lança violemment la montre à terre. Harry n'aurait techniquement pas eu le temps de tenter quoique ce soit, mais le geste le choqua assez pour le figer alors que le pied du serpentard s'abattait violemment sur l'objet avec un bruit de verre brisé.
La fureur monta à sa tête d'un coup, probablement comme rarement auparavant, et sans réfléchir une seconde, blessé dans son corps et presque dans sa chair par ce geste, considérant ce que représentaient Arthur et Molly pour lui, il se jeta sur Drago pour fracasser son poing sur son visage. Il toucha visiblement un os car il entendit avec satisfaction quelque chose craquer et ses phalanges vibra un moment sous l'impact.
Dans l'élan ils tombèrent tous les deux à terre et l'altercation, loin de s'arrêter, continua de plus belle. Le blond riposta avec un cri de rage, cherchant à écraser sa tête contre la terre, tandis qu'Harry lui donnait des coups de pied pour se dégager. Il fut mordu violemment à la main et reçut un coup de tête en plein dans le front, il réussit pour sa part à lui envoyer un coup de genou mal placé et lui tordit le bras dans le dos.
Il n'était plus du tout question d'essayer de comprendre ou de s'expliquer, mais de rendre coup sur coup tout le mal qu'ils s'infligeaient l'un à l'autre. Plus question d'Evangeline, plus question de mariage ou de sentiments, juste la colère et la douleur, les cris et les insultes.
Forcément le boucan qu'ils faisaient finit par attirer le reste de la maisonnée.
-MERLIN ! S'horrifia Hermione qui sortit la première dans le jardin. HARRY POTTER ! DRAGO MALEFOY ! CESSEZ CELA SUR LE CHAMP !
De façon pas très étonnante, elle aurait tout aussi bien pût souffler dans un violon, les deux garçons étaient trop pris dans leur bagarre pour faire attention à ce qui les entourait. L'exclamation mortifiée de Narcissa qui semblait apparemment ne pas avoir l'habitude de voir son fils chéri rouler dans la poussière en éparpillant son sang autour de lui eut aussi peu d'effet.
Hermione était cependant plus habituée à cela qu'elle ne l'aurait voulu, et apaisant les deux femmes derrière elle, elle sortit sa baguette et l'agita élégamment dans l'air en prononçant une formule d'un ton des plus exaspéré.
-Je savais que ce sort me servirait un jour, lâcha-t-elle alors que les deux sorciers se retrouvaient séparé de forces, enfermés dans deux champs de forces, haletant, furieux et vexés comme des poux.
Narcissa se dirigea alors vers Drago, les yeux plissés de mécontentement. Celui-ci lui lança un regard presque blessé, avant qu'Hermione ne le libère et qu'il époussette ses vêtements en ignorant ostensiblement Harry.
Les Malefoy ne se disputaient pas à coups de cris tonitruants, non, au contraire, il semblait que plus agacés ils étaient, plus leur voix devenait basse et sifflante. Il était donc impossible pour le reste de l'assemblée de savoir de quoi ils parlaient, mais, Salazar Serpentard seul devait savoir comment, Drago réussit à amadouer sa mère qui le fixa avec compassion et amour.
Harry ne s'en renfrogna que plus.
-Harry… Soupira doucement Hermione qui le maintenait toujours dans son champ de force, indécise à faire cesser son sort. Est-ce que je peux te relâcher maintenant ?
Ses inquiétudes n'étaient pas totalement infondées car le brun se sentait comme capable de foncer à nouveau sur son fiancé pour l'étouffer contre terre. Mais finalement, avec la disparition de ce dernier avec sa mère, comprenant qu'il était plus que temps pour eux de rentrer et l'air attristé d'Andromeda à voir partir les derniers membres vivant de sa famille à l'exception de Teddy, Harry resté dans le jardin avec Hermione sentit sa rage retomber brusquement, le laissant complétement vide et triste.
Ce qui était totalement une nouveauté concernant ses réactions vis-à-vis de Drago.
Libéré par Hermione, il se traina lentement jusqu'à l'endroit où ce dernier avait écrasé sa montre et ramassa avec précaution les différents éléments qui s'étaient cassés, ainsi que les morceaux de verres du cadran.
-Herm'… Tu crois que je pourrais la faire réparer ?
La jeune femme remarqua le désastre et ne put qu'émettre une hypothèse assez juste de ce qu'il s'était passé.
-Une montre est un mécanisme délicat… Mais nous sommes des sorciers, et il n'y a rien que des sorciers ne puissent réparer…
Elle se tut un instant, regardant derrière son épaule, comme hantée par quelques pensées personnelles.
-…Enfin… Presque rien, se rectifia-t-elle.
A suivre…
Auteur *chouine* : dans ma tête ça faisait JUSTE quelques pages !
La réalité roule des yeux en réponse.
Bon le passage était pas évident à écrire, mais nécessaire ! Qui veut voir Harry ramper maintenant ?
Et ne vous en faites pas pour Ron, il ne disparait pas de l'histoire ! Il est toujours là et il a son rôle à tenir. C'est néanmoins la dernière fois que je mettrais en avant sa rivalité avec Drago parce qu'à mes yeux l'affaire est bouclée. Je suis pas une grande fan des histoires où un personnage est amoureux de deux personnes à la fois et galère durant je ne sais pas combien de chapitres à en choisir un des deux (ce qui explique que j'ai bien aimé le tome 1 de la saga Twillight et détesté le 2 et 3…).
Concernant le passage sur le Jugement de Salomon, j'avais hésité entre cette histoire et celle de la Petite Sirène (la vraie, pas celle de Disney !), qui mettent toutes deux en avant le fait que le véritable amour se reconnait dans le sacrifice … Mais bon, la petite sirène finit vraiment MAL (la petite sirène préfère mourir plutôt que tuer le prince et être délivrée du sort de la sorcière) et pour persuader Ron de « faire » comme elle, Hermione aurait eu bien du mal…
Bref, le dossier étant clos, passons à la suite. Pour votre grand plaisir, Blaise refait son apparition au chapitre suivant… Mais je ne sais pas si ce que vous lirez de lui vous plaira. En tout cas vous allez en apprendre beaucoup sur son histoire…
Et vous savez quoi ? Le chapitre est presque terminé ! (J'ai quasiment écrit le chapitre 29/30 et le 31 en même temps.) Du coup je peux vous l'annoncer sans tromperie pour mercredi prochain, histoire de me faire un peu pardonner mes retards…
Chapitre suivant : Héritages, ou « Recherche appartement à vendre ».
