Mot de l'auteur : Ey ! Me revoilà de retour avec ma trentaine de pages habituelles ! J'espère que je ne vous ais pas fait trop trop attendre (sinon vous aviez un petit OS drarry que j'ai posté en janvier…Bon ok, j'arrête de faire ma pub… Vilaine Mimiko ! Pas bien ! Pas bien !). Cette fois-ci encore j'ai eu droit à beaucoup de reviews, de favs et de nouveaux lecteurs et je vous en remercie ! Je vais continuer à torturer mes personnages rien que pour vous ! (comment ça, c'est pas le but ?). Bref pleins de bisoux pour vous !

Résumé des chapitres précédents : Nous sommes toujours durant les vacances de Pâques. Les derniers préparatifs du mariage de Harry et Drago occupent ces derniers entre décorations, cours de danses et accueil des invités dont la branche française de la famille Malefoy. Avec tout ça, Harry et Drago ont peu d'occasion de se voir, d'autant plus que ce dernier en veut toujours à Harry pour ce qui est arrivé durant l'anniversaire de Teddy (l'histoire des montres). Cependant Harry découvre les dernières manigances de Lucius concernant Evangeline et réussit à faire avouer à Drago toute la vérité : l'homme a l'intention de garder leur fille au Manoir et de l'élever lui-même à sa façon. Furieux, Harry décide qu'il est venu pour lui de confronter son futur beau-père et ancien ennemi…

Chapitre 33 : Humains aussi

4 Juin 1980, presque dix-neuf ans plus tôt – proche de minuit.

-A un nouvel Ordre !

Le cri fut répété par de nombreuses voix, le miroitement éthéré de la marque des ténèbres dans le ciel nocturne faisant danser des ombres sur les tuniques noires et les masques d'argent que portait chaque individu du groupe. Puis en quelques secondes, tous disparurent, lui de même, réapparaissant plusieurs kilomètres plus loin en trébuchant un peu, s'étant mal appuyé sur une blessure à la jambe. Lucius grogna légèrement, réfléchissant à un sort de soin, quand une ombre s'approcha lentement de lui, l'obligeant à se mettre en défense.

Il se détendit légèrement en découvrant qu'il s'agissait d'un de ses compagnons… Si l'on pouvait dire…

-Que fais-tu là Rogue ? Tu n'étais pas là-bas ?

Le jeune et long homme au visage constamment mécontent plissa les yeux en le scrutant de haut en bas, avant de lui tendre une potion. Lucius la prit avec méfiance, ce qui lui valut en retour un son rauque et moqueur.

-Tu sais bien que je suis trop précieux pour être risqué en combat. Qui fabriquerait en masse vos potions alors ?

-Je sais que tu es bien plus que ça.

Severus Rogue était un des jeunes chiots du Seigneur des Ténèbres, c'est-à-dire qu'il trainait dans ses pieds à se gorger de l'attention qu'il lui accordait et se faisait un devoir de ramener toute sorte de choses – informations principalement- la queue frétillante à l'idée d'être reconnu. Lucius avait toujours trouvé ça un peu pitoyable, mais approuvait néanmoins l'ambition derrière. Quand on était un Rogue, autrement dit un rien du tout, il fallait bien user de tous les moyens possibles et inimaginables pour s'élever… Mais quand on s'appelait Regulus Black, là c'était déjà plus curieux… Avec quelque chose de malsain…

-Alors, ce fut une victoire ? Demanda l'air de rien Rogue en regardant le paysage tandis que Lucius daignait enfin boire la potion, n'ayant senti et détecté aucun poison.

-On peut dire cela.

-Des…pertes ?

Il semblait quelque peu tendu.

-Pas de notre côté. Et de moins en moins depuis qu'on s'est débarrassé des frères Prewett. On a eu Fenwick… D'ailleurs je dois avoir quelques morceaux de lui sur ma robe. Croupton… Ou peut-être Mulciber. L'un d'eux l'a fait exploser.

Ils commencèrent à rejoindre le Manoir qui se trouvait à quelques minutes de marche.

-Et que me vaut le plaisir de ta visite? Reprit Lucius qui ne perdait pas de vue l'étrangeté de la présence de ce cadet douteux.

-Le Maître m'a envoyé. Il connait ta bonne fortune et jugeait que je pourrais être utile. De plus Lady Malefoy et moi sommes des connaissances…

-… Elle va… ?

-Mal. C'est pour cela que nous devons nous hâter.

Lucius sentit comme une main glaciale se refermer sur son cœur et aussitôt, se fichant bien de ce que pourrait en penser son collègue, il se mit à courir jusqu'au perron. A peine passa-t-il les portes fenêtres de la terrasse qu'il fut accueilli par les gémissements plaintifs de sa femme qui se trouvait pourtant à l'étage. Il stoppa cependant sa course en tombant sur le spectacle d'un homme massif, le visage dur orné d'une épaisse chevelure blonde rejetée vers l'arrière et d'une barbe entretenue. Ses yeux d'acier se posèrent lentement sur Lucius, comme s'il n'y avait aucune raison de se presser, l'une de ses mains tenant fermement une canne au pommeau de serpent.

-Milord, s'inclina Lucius avec déférence, avant d'ajouter : Père.

Le visage d'Abraxas Malefoy subit alors un étrange phénomène, comme si on avait accroché un fil relié d'un hameçon au coin de ses lèvres, qu'un marionnettiste invisible avait soudain tiré, simulant alors un sourire qui, comme le reste du visage ne changeait guère, semblait à la fois féroce et forcé.

-Réjouis-toi, Lucius. Aujourd'hui est un jour important. Aujourd'hui nait notre héritier.

Les douze coups de minuit sonnèrent alors, se répétant dans chaque horloge du manoir, réussissant un instant à surpasser les cris de douleurs provenant de la chambre parentale.

-Peut-être pas… Emit néanmoins Lucius qui se félicitait intérieurement de son self control ( Sa précieuse Narcissa !). Cela pourrait bien être une fille.

-Il ne vaudrait mieux pas. Pas si ton épouse se montre aussi décevante que ta mère et ne meurs en couche… Quelles prénoms avez- vous choisis ?

-Drago si c'est un garçon… Althéa si c'est une fille.

Abraxas émit un son de dédain amusé, sans doute destiné à la petite tradition Black concernant le nommage des enfants. Lucius n'y fit pas le moins du monde attention, d'ailleurs il n'accordait que très peu de place dans son existence à celle de son géniteur. Ce dernier était… Un mal nécessaire. Mais rien de ce que pouvait faire ou dire Abraxas Malefoy ne pouvait vraiment l'atteindre. L'homme ne déviait jamais dans son comportement, et seule sa mort brutale de la dragoncelle quelques années plus tard l'étonnera vraiment… Par le côté misérable de la chose.

En attendant, il se porta à sa hauteur dans l'escalier, et respectueux, l'invita à le précéder jusqu'à la chambre où avait lieu le travail.

-Il faut que tu comprennes, Lucius, que c'est désormais à toi de veiller sur la pérennité de notre nom, nos traditions et de notre respectabilité…

Lucius pensa vaguement à ce moment aux morceaux de Benjy Fenwick sur sa robe et s'en dévêtu pour la jeter nonchalamment par terre, là où les elfes pourraient la récupérer et la nettoyer. Dans son esprit, respectabilité rimait assez mal avec robe couverte de restes humains.

-… De l'éducation de ce futur enfant dépend du reste. Je t'ai montré la marche à suivre en faisant de toi l'homme que tu es aujourd'hui.

*Un homme qui ne s'intéresse pas le moins du monde à ce que tu peux lui dire…* Songea en lui-même le plus jeune.

Ils entrèrent alors dans la chambre et tout l'esprit de Lucius se tourna vers sa compagne qui haletait au fond de son lit, blanche comme de la craie, ses cheveux blonds plaqués sur son front par la transpiration. A ses côtés Bellatrix lui tenait fortement la main, le visage crispé par la contrariété de voir sa sœur adorée dans cet état, mais aussi d'avoir été privé du raid par ce même état. Elle jeta un regard rancunier à Lucius quand il rentra dans la pièce, frais comme un gardon.

A l'opposé du lit se tenait la mère des deux jeunes femmes, Druella, qui murmurait des paroles de réconforts à l'oreille de sa fille, essayant de cacher son propre air terrifié. Tous ici étaient conscients que le supplice qu'endurait Narcissa était anormal. L'enfant n'était pourtant pas mal placé, comme ne cessait de le répéter la sage-femme, mais elle n'en était pas moins obligée de le guider par magie, comme s'il manquait un morceau quelque part dans l'anatomie intérieure de la sorcière qui aurait dû s'occuper de la chose.

En vérité, c'était tout à fait cela. Une réaction de défense venue toute droit de Mère Nature pour empêcher une branche aux gênes trop peu diversifiés de continuer à prospérer. Quelque chose d'incompréhensible pour Druella Black, née Rosier, qui avait mis au monde trois petites filles sans la moindre difficulté et qui ne pouvait qu'imputer au lieu ce résultat catastrophique.

-Je savais qu'on aurait dû la transférer à Ste Mangouste ! Gémit-elle en direction d'Abraxas qu'elle considérait comme responsable. Si ma fille meurt ici vous en entendrez parler !

-Tous les Malefoy sont né dans cette chambre, répliqua l'homme d'un air ennuyé. Et celui-ci ne fera pas exception.

Ses yeux passèrent à peine sur sa brue, survolant sa détresse avec nonchalance. Une part de Lucius aurait aimé avoir ce même détachement : son père n'avait probablement jamais aimé sa mère, mais Lucius avait eu cette chance et ce bonheur d'avoir été fiancé à une femme dont il était tombé amoureux au premier regard. Et ce détail ne faisait qu'augmenter la valeur de l'enfant à naitre.

Fille ou garçon, il savait déjà qu'il n'élèvera jamais son enfant comme l'avait fait son propre père. Il ne voulait pas être craint, pour finalement être méprisé. Il voulait être respecté.

Il voulait l'amour du fils de Narcissa.

Deux heures plus tard, soutenue par les potions de Rogue, la jeune femme mit au monde son premier et dernier enfant, et Lucius pût porter dans ses bras un petit nourrisson chauve à la peau pâle.

-Bienvenue dans notre famille Drago… Mon fils.

-o-O-o-O-o-

Présent – Avril 1999 - Jeudi fin d'après-midi (deux jours avant le mariage du couple Black)

-Pourquoi « Black » ?

La question avait été posée par Louis-Philippe Malefoy alors qu'il repérait enfin les bans publié dans la Gazette. Lucius grommela intérieurement en songeant qu'ils avaient réussi à cacher l'annonce officielle du mariage au milieu d'un tas d'autres messages sans importance (qui se préoccupait de l'ouverture d'un nouveau magasin de perruque magique ou du nouveau dentifrice « haleine printanière-un souffle fait vraiment éclore les fleurs ! » ?). Evidemment, et heureusement, cela n'empêchait pas le mariage lui-même d'occuper deux pages entières du quotidien.

Aujourd'hui : un détail des personnalités attendues pour l'évènement. Très satisfait par le contenu élogieux et envieux de l'article, il se frotta les mains mentalement.

*Les affaires reprennent….*

Puis se souvint de la question de son « cousin » :

-Un arrangement orchestré entre ma femme et Potter. Je crains de ne pas avoir eu voix au chapitre, répondit-il sèchement à son vis-à-vis.

Même couleur de cheveux, même peau pâle et yeux gris, pourtant leur physionomie générale était très différente. A commencer par le fait que son « cousin » accusait un surpoids. Ses cheveux coupés courts étaient coiffés de façon à tomber en vagues d'un côté de son visage, lui donnant un faux air à la Gilderoy Lockhart.

A ses côtés, Monsieur De Sancy ressemblait à un vieil arbre sec et rigide. Le visage long, sinistre, il semblait constamment mécontent, un peu comme ce traitre de Severus Rogue qui était lui-même installé dans un coin, sirotant distraitement un verre de whisky pur feu.

A l'autre bout du salon, près des fenêtres, ses « neveux » Ambroise et Jean-Pierre discutaient de leur vie à Beauxbâtons tout en ricanant de temps en temps. Son fils et sa femme ? Occupés par les préparatifs du mariage. Et s'il le comprenait et le regrettait pour Narcissa, ayant à peine l'occasion de la voir au réveil et au coucher, il aurait préféré que Drago fasse quelques efforts avec le côté masculin de sa famille française.

*Décidemment… Où est-ce que j'ai échoué dans son éducation au juste ?* Se demanda-t-il une fois de plus.

Récemment, au vu des évènements, il s'était forcé à faire un rétrospectif de ses décisions concernant son unique enfant. Ce n'était pas quelque chose qu'il faisait avec plaisir, il n'avait pas vraiment comme habitude de se remettre en question. Il avait procédé pourtant en prenant soin à ne pas reproduire tout ce qui avait fait de sa propre enfance la partie la moins mémorable de son existence. Que devait-il en conclure ? Que les méthodes de son père étaient les meilleures ?! Non, cela était impossible. Drago le respectait et il n'avait jamais eu à porter la main sur lui pour qu'il le fasse.

L'erreur devait être autre…

-Vous laissez trop de liberté à Narcissa, Lucius, annonça brutalement Rodolphe De Sancy. J'ai remarqué qu'à de nombreuses reprises vous vous êtes montrés trop conciliant avec elle ! Les femmes ont besoin d'être disciplinée, exactement comme les enfants !

Lucius haussa un sourcil méprisant, tandis que Severus fixait l'homme comme s'il s'agissait d'un étrange et inconnu ingrédient de potion.

Ah… Il était déjà venu à l'esprit de Lucius que son épouse fut justement le problème de Drago. Mais là encore, il n'avait jamais rien fait pour empêcher le développement de l'amour très fort qui les unissait. Il avait ses raisons, et l'une d'elle, entre toute, était que les femmes Black ne devaient pas être sous-estimées.

-Si ma belle-sœur était encore vivante pour vous entendre dire ça… Répondit simplement Lucius avec légèreté, décidant que seul le fait de ne pas le prendre au sérieux enragerait suffisamment son désagréable interlocuteur pour qu'il laisse tomber.

-Une femme n'a rien à faire dans… Voulu répliquer De Sancy avant de se taire brusquement et de se tendre, ayant senti comme tous la soudaine montée de pouvoir qui envahit le manoir.

Ils se sentirent immédiatement écrasés, comme soumis à une forte pression sous-marine qui les gênait dans l'utilisation de leur propre magie.

Seuls Lucius et Severus, habitués à subir ce genre de préjudice depuis leur premier contact avec le seigneur des ténèbres restèrent stoïques.

-Qu'est-ce que c'est ? Gémit Louis-Phillipe qui semblait sur le point de vomir.

-Potter.

Lucius n'avait pas de doute sur la sensation, la sentant à chaque fois qu'il était en présence du jeune homme. Une force violente et brouillonne à peine maitrisée et contrôlée. Mais ça, c'était surtout avec lui. Le commun des mortels avait droit à un autre traitement de la part du Sauveur.

-Votre futur gendre ?!

-Il vient par ici, prévint Severus, à présent inquiet. Lucius, avez-vous fait quelque chose de nature à réveiller son foutu tempérament de stupide gryffondor colérique ?

-Et depuis quand devrions nous nous soucier de ménager la sensibilité de Mr Potter ? Lui renvoya le blond avec un son de bouche moqueur.

-C'est votre propre sensibilité qui m'inquiète, Lucius…

Severus s'éloigna légèrement de la porte, mais resta debout et sur le qui-vive, l'air à présent désapprobateur.

-MA sensibilité ? S'indigna le concerné.

Il n'eut pas le temps de réapprendre à son ami de longue date que « sensibilité » et « Malefoy » n'allaient jamais de pair dans une phrase puisqu'un Potter furieux lui tomba dessus.

-Monsie… Voulut-il commencer d'un faux air affable avant de se faire grossièrement interrompre.

-VOUS ! Fit le brun en l'obligeant presque à reculer.

Mais comme il aurait été ridicule que Lucius fléchisse face à un jeune homme qui faisait presque deux tête de moins que lui, il se contenta de le voir entrer dans son espace vital et se vit menacé d'un doigt brandi sous son nez et d'un regard brûlant de colère.

-Etes-vous illettré Mr Malefoy ? Ou sourd peut être ? Je comprendrais, à votre âge on n'est plus aussi performant qu'avant ! Ou bien… Non j'aimerais vous taxer d'imbécilité, mais de votre part, ce serait plus juste de parler de malveillance !

-Que…Qu.. ?!

Pour la première fois de sa vie peut-être, Lucius se retrouvait à court de mot. Stupéfié et horrifié à la fois, ainsi que furieux. Jamais encore personne n'avait osé lui parler de la sorte ! Et certainement pas un gamin ! Et encore moins en public ! Il n'était que trop conscient des autres membres de sa famille qui restaient cois, probablement aussi perturbés que lui.

-Potter ! Rugit pour sa part Severus. Qu'est-ce que…

-Oh, tiens, professeur, vous êtes là aussi ?

Potter daigna à peine adresser un regard à son professeur avant de revenir vers lui :

-Mais je vous prierais de ne pas interférer ! C'est entre Lucius et moi !

-Que…

-Puis-je savoir ce qui nous vaut de vous exhiber ainsi en spectacle ?! Susurra méchamment Lucius en coupant à son tour la parole à Severus.

Ce dernier croisa les bras en reculant, mécontent et décidé à les laisser mener ce combat de coq ridicule.

-Ooh, vous avez à ce point tellement de choses à vous reprocher que vous ne savez même pas de quoi je pourrais vous accuser ? Demanda Potter, insidieux.

-Ne me parlez pas sur ce ton !

-Et qu'est ce qui m'en empêche ?

-Vous me devez le respect !

-Je ne vous dois RIEN DU TOUT ! Et ça, vous allez vous le rentrer dans le crane, Lucius Malefoy ! Je vous TOLERE tout au plus. Je ne vous ais jamais apprécié et je ne pense pas que ce fait changera dans le futur quand bien même vous deviendriez mon beau-père !

Même si Lucius n'en attendait pas moins de la part du jeune homme, il fut quand même soufflé par l'audace d'une telle confession. Mais puisque le brun voulait de la franchise, il ne serait pas déçu :

-Sachez dans ce cas que c'est tout à fait réciproque ! Il va sans dire que j'attendais bien mieux pour Drago qu'un gamin arrogant et impertinent incapable de penser par lui-même dont le seul intérêt est sa puissance magique qu'il ne sait même pas contrôler !

Potter plissa des yeux, ne laissant apparaitre que deux éclats couleurs du sort de la mort.

-Ah vous croyez ?

Brusquement Lucius sentit un étau autour de lui et eut la plus grande peine à respirer et surtout à cacher son malaise. Avec un sourire victorieux, Potter ramena sa magie à lui et le blond fut pris d'une soudaine envie de déchiqueter son visage et de voir le sang gicler dans tous les sens. Il ne pouvait cacher les profondes bouffées d'air bienfaitrice qu'il aspirait après cette épreuve et ne supportait pas de se ridiculiser ainsi.

Mais le pire fut peut-être qu'il remarqua alors Drago dans l'entrée, le visage pâle et les yeux grands ouverts d'horreur.

Il avait toute sa vie fait en sorte d'être un modèle pour son fils. Sans failles et faiblesses. Et si par miracle ce dernier le respectait encore après les terribles évènements de la chute du Lord, il n'était pas certain que cela resterait le cas s'il le voyait ployer devant un absurde petit sorcier balafré.

Toute cette situation était de toute façon invraisemblable ! Avait-on jamais vu un gendre agir de cette manière envers son futur père? Non ! Certainement pas ! Et puisqu'il n'avait malheureusement pas d'autres choix que t'intégrer ce morpion à sa famille, il était temps qu'il rappelle à ce jeune blanc-bec sa place dans toute cette affaire !

-Potter, je crois que vous oubliez que vous allez devenir un membre de cette famille, dont JE SUIS le représentant, j'attends de vous plus de considération… Lâcha-t-il sur un ton qui se voulait raisonnable.

-Je crois c'est vous qui oubliez des choses, Mr Malefoy. C'est néanmoins vrai que j'ai oublié Alzheimer dans la liste de vos possibles affections.

Lucius dût faire à ce moment un effort monstre pour se contenir, les doigts crispés et tremblant sur le pommeau de sa canne.

Battre un homme jusqu'au sang était vulgaire et digne d'un moldu. Lucius dût se le rappeler au moins trois fois avant de faire quelque chose de stupide.

-De quoi voulez-vous parler ? Demanda-t-il d'une voix sifflante, si furieux à présent qu'il avait peine à desserrer les dents.

-Je vais vous dire de quoi je veux parler : je veux parler de votre propension à mettre votre fils dans tous ses états et à prendre des décisions qui ne sont pas de votre ressort !

-Je n'ai AUCUNE leçon à recevoir de votre part au sujet de la façon dont j'éduque mon fils ! Ni à subir le jugement d'un sorcier à peine sorti de l'enfance, fut-il un tueur de Mages Noirs !

-Eh bien vous le subirez quand même parce que votre fils est MON fiancé, que je n'accepte pas de le voir malheureux à cause de VOUS et qu'Evangeline est NOTRE fille, et que NOUS l'éduquerons de la façon qui NOUS paraitra être la meilleure sans que vous ayez à y dire quoique ce soit ! ET ELLE RESTE AVEC NOUS ! Vos droits sur elle sont inexistants et si vous continuez à utiliser vos prérogatives de maître de maison pour vous mêler de ce qui ne vous regarde pas, je ferais en sorte qu'elle ne revienne plus jamais ici !

Ainsi donc, le problème était sa petite fille.

-Ne soyez pas ridicule Potter ! Vous n'êtes vous-même que des enfants ! Vous êtes à peine capable de vous occuper de vous, alors un nourrisson ? MOI je suis déjà un père, je SAIS ce qui est le mieux pour MON fils ! Ainsi que pour VOUS ! MON STUPIDE FUTUR BEAU-FILS ! Je ne vous laisserais pas ruiner vos vies, ou tout du moins celle de mon fils et de ma petite fille parce que vous êtes incapable de considérer leurs intérêts avant vos petites considérations émotionnelles !

-Leurs intérêts ?! Parce que VOUS pensez avoir jamais agi que dans l'intérêt de Drago ? Quelle était au juste l'intérêt quand vous avez jugé bon de risquer de vous faire emprisonner à Azkaban à vie en laissant votre femme et votre fils à la merci du bon vouloir de Voldemort ou du Ministère ?! Hein ?! Je ne vois rien là, sinon votre soif de pouvoir !

-JE VOUS INTERDIS DE PARLER DE CELA ! VOUS NE SAVEZ RIEN DES CIRCONSTANCES !

L'époque était différente… Puis les choses avaient largement échappé au contrôle de qui que ce soit. Mais quoiqu'il se fût passé, Lucius SAVAIT qu'il avait alors pris la bonne décision. Tout serait allé bien s'il n'y avait pas eu un bébé nommé Harry Potter. Or, le bébé était à présent devant lui, à lui reprocher tout ce que sa propre existence avait occasionné à sa femme et son enfant. Le monde marchait sur la tête et Lucius devait se retenir de ne pas le secouer violemment en lui hurlant « C'est de votre faute ! » comme un dément. Mais Douce Morgane qu'il en avait envie…

Malheureusement à la place, il devait continuer à l'écouter.

-Ne rien savoir des circonstances ?! Bien au contraire, mais… Des enfants ? Vraiment ? Merlin, c'est vous qui êtes ridicule ! Croyez-vous vraiment une seule seconde que l'année dernière ait pu nous laisser, à Drago ou à moi, la chance de rester des enfants ? Et nous avons réussi à nous débrouiller très bien sans vous. Parfaitement ! Et nous continuerons, que vous le vouliez ou non ! Je suis navré de vous l'annoncer, mais ni Drago, ni Evangeline, et encore moins MOI, n'avons besoin de vous désormais !

L'altercation les avait encore plus rapprochés, les tenant yeux dans les yeux, d'un côté d'un vert si sombre qu'il en paraissait noir, de l'autre un gris si brillant de rage qu'il semblait disparaitre dans le blanc de l'œil pour ne laisser qu'une pupille noire contractée par le dégout.

Le garçon ne se contentait pas à présent de l'insulter, mais de le menacer !

Il jeta brièvement un regard sur son fils qui était toujours à la même place et qui regardait la scène d'un air tout sauf digne, des émotions violentes semblant se disputer sur son visage, puis alors qu'il captait son regard, Drago fit un mouvement en arrière, comme de peur, et se retourna pour partir en courant.

Il fuyait.

*Lâche !* Hurla la partie la plus dure de son être, tandis qu'une autre, celle qu'il possédait mais ne montrait que rarement, et uniquement à sa femme, se brisa en se demandant avec horreur si c'était LUI qu'il fuyait.

Il ne voulait pas être craint, pour être finalement méprisé. Il voulait être respecté.

Il voulait l'amour du fils de Narcissa.

-o-O-o-O-o-

Drago dévala les couloirs, prit d'une urgence qu'il ne lui semblait avoir rarement connu. Les choses qui se déroulaient dans ce salon… Il n'aurait jamais pût imaginer que cela se passerait ainsi et il sentait que cela pouvait vraiment mal tourner.

Il se précipitait donc vers la seule personne capable de régler la situation.

-MERE ! MERE ! Hurla-t-il en arrivant dans la salle de bal où elle se trouvait toujours en compagnie de ses tantes et de sa cousine.

Il ne put s'empêcher de se pencher en avant pour retrouver son souffle, déjà bien abimé par ce qu'avait remué en lui l'affrontement entre son père et son fiancé, les mains appuyées sur ses cuisses.

-Eh bien Drago, que se passe-t-il ? S'étonna Narcissa. Que te voulait Harry ?

Il se redressa, un peu mieux, et fit signe à Arianne qui l'approchait que ce n'était pas le moment de le coller.

-C'est Père… Et Potter… Ils se disputent violemment dans le salon et j'ai bien peur que cela ne se finisse mal !

-Doux Merlin ! Ces deux-là sont trop sanguin pour leur bien ! S'exclama sa mère en secouant la tête d'un air exaspéré.

Narcissa regarda alors derrière elle et fit un sourire forcé à ses deux « cousines » par alliance qui observaient leur discussion avec beaucoup trop d'intérêt.

-Marie-Anne, Aurélie, je suis navrée de devoir vous laisser quelques instants. Mon fils et moi devons discuter de certaines choses en privé !

Drago se sentit aussitôt happé et embarqué par sa mère hors de la pièce. Contrairement à ce qu'il pensait, ils ne se dirigèrent pas vers le salon, mais grimpèrent les escaliers jusqu'au boudoir de sa mère.

-Mais…

-Nous pouvons les laisser s'écharper pour le moment, affirma sa mère. De toute façon, cela devait arriver, mais l'intérêt est de savoir pour quelles raisons et le bien-fondé de celles-ci !

Drago haussa les sourcils, perplexe mais se sentit néanmoins calmé en la voyant si peu inquiétée par l'affaire.

-Potter était en colère à cause des dernières mesures prise par Père au sujet d'Evangeline, lui apprit-il.

-Je lui avais bien dit qu'il allait un peu trop loin, soupira Narcissa d'un air navré. C'est donc pour Evangeline qu'il se bat en bas ?

Drago l'aurait cru, effectivement, s'il était resté dans sa chambre et n'avait pas suivi le brun, terriblement inquiet des répercussions de son aveu. Potter semblait si… Confiant. Drago en frissonna rien qu'à y repenser. Il était resté ébahi, éprouvant une profonde admiration en le voyant tenir tête à son père, comme s'il ne le craignait pas une seconde. Evidemment, une autre part de lui était horrifiée de la façon dont il traitait son géniteur, et il aurait certainement réagit pour protéger l'honneur de leur famille… Si Potter n'avait pas fait ça pour le défendre, LUI.

Pour lui, le déchirement n'avait jamais était autant palpable qu'en cet instant, alors qu'il était profondément touché et plus amoureux que jamais : le gryffondor qu'il pensait inatteignable venait enfin de lui prouvait un certain attachement ! Mais en même temps, il souffrait de voir son père être trainé dans la boue. Un père qu'il aimait et admirait.

Que faire ? Qui soutenir ? D'un côté il risquait d'éteindre les premières flammèches d'intérêt de son fiancé à son sujet, au risque de ne jamais les voir se rallumer, et de l'autre il perdrait définitivement l'affection que lui portait son père. Il allait sans dire qu'aucune de ces solutions ne l'agréait !

D'où sa mère. Le seul point d'entente entre les deux hommes.

Celle-ci attendait toujours de savoir quelle était la raison de la dispute entre ces deux-là, mais Drago réalisa qu'il y avait déjà quelque chose qui devait être réglé entre eux :

-Dis… Est-ce que tu es au courant que Père a décidé de garder Evangeline ici pour que vous l'éleviez à notre place ?

Narcissa eut un sourire mystérieux.

-Bien évidemment, crois-tu qu'une seule chose m'échappe dans ce château ?

Drago fronça des sourcils, éprouvant tout d'abord la blessure de la trahison, avant de se rappeler qu'il parlait à SA MERE. La personne en qui il avait le plus confiance et qui ne lui ferait jamais de mal consciemment ou même inconsciemment.

-Et qu'en penses-tu ?

Le regard de la blonde s'adoucit alors qu'elle venait caresser sa joue :

-Les enfants doivent être élevés par leurs parents. Jamais je n'aurais laissé cette tâche à ta grand-mère, et encore moins à ton grand-père paternel !

-Dans ce cas, pourquoi ne pas avoir expliqué cela à Père ?! Cela aurait été…

-Ce n'était pas à moi de le faire Drago. En vérité j'attendais de voir ce que vous alliez faire, en tant que parent, car c'est à vous de protéger votre descendance. Oui, cela aurait été plus simple, sans doute, mais comment vous seriez vous imposés par la suite ?

-Moi ? M'imposer face à Père ? Je ne peux pas, c'est impossible. Je…

-Mais Harry peut le faire, lui, répliqua Narcissa. C'est ce qu'il fait d'ailleurs en ce moment.

Drago baissa le regard en faisant la moue. Cela ne le satisfaisait pas vraiment. Sa mère posa alors sa main sous son menton pour le redresser :

-Il n'y a aucune honte à ne pas vouloir affronter son père mon chéri. C'est dans ces moments-là que tu peux compter sur ton futur époux. Et Drago c'est important : un mariage ce n'est pas juste une question de perpétuation de famille et de nom, ce n'est pas non plus qu'une affaire de sentiments et de compatibilité sexuelle, c'est surtout une histoire entre deux personnes qui s'associent pour faire face à la vie, dans ce qu'elle a de meilleur, mais aussi de pire. C'est ça, un couple marié. Tu dois apprendre à faire confiance à Harry, à te confier à lui et à le laisser te soutenir quand il le peut. Tu aurais dû lui parler bien avant de ce problème que tu avais avec ton père…

-Ce n'est pas si simple que ça, répliqua Drago. J'ai beau être amoureux de lui, on ne balaie pas comme ça sept années d'automatismes… Et même sans ça… Je n'ai pas encore confiance en lui. Je suis même constamment dans l'incertitude le concernant ! Je suis incapable de prévoir ses réactions ou ses pensées, incapable de savoir s'il va se moquer de moi ou me rassurer ou quand il va me caresser ou me frapper ! Et puis il y a cette rivalité entre nous toujours présente qui me pousse à vouloir être meilleur que lui… Alors lui demander de faire quelque chose à ma place…. C'est comme si j'avais perdu…

Narcissa leva les yeux au ciel en le prenant à témoin, désespérée :

-Ah les hommes !

-…Mais… Continua Drago en faisant la moue, cherchant à dissimuler et retenir la profonde chaleur qui naissait en lui. Il se bat pour moi ce soir, alors… Je voudrais éviter que ça tourne complètement à la catastrophe.

Sa mère lui sourit gentiment tout en caressant sa joue :

-Alors nous allons devoir le retenir.

-o-O-o-O-o-

Un silence gênant plana un instant sur le pauvre salon, constitué en majorité de personnes qui ne se sentaient pas du tout, mais alors PAS DU TOUT, à leurs places. En première position les jeunes Ambroise et Jean-Pierre (ce dernier avait d'ailleurs si peu résisté aux ondes néfastes du Potter-s'en-va-t'en-guerre qu'il avait rendu son diner sur le parquet ancestral du Manoir) qui fomentaient des plans pour s'évader par les fenêtres.

Par chance ( ?), ce fut Lucius qui se décida à nouveau à briser l'atmosphère pesante et pleine de rage :

-C'est facile pour vous de parler Potter, vous ignorez encore ce qu'est être un Chef de famille, la responsabilité… Le poids… Vous pensez sans doute que c'est facile, mais jusqu'ici, la seule personne que vous portiez, c'était vous-même !

-Pardon ?! S'emballa Harry aussi vite que des chevaux lancé sur un champ de course, en couinant presque d'indignation. « Jusqu'ici je ne porte QUE moi-même ?! » Bordel, vous êtes gonflé : depuis mes quinze ans je porte l'entièreté du monde sorcier sur MES épaules !

Et certains s'attendaient même à ce qu'il continue, quand bien même la prophétie avait été réalisée. Seulement Harry ne se souvenait pas avoir signé de contrat l'obligeant à poursuivre tous les mangemorts restant dans la nature.

Lucius émit un son rauque qui devait s'apparenter à un ricanement, même si l'homme semblait trop hors de lui pour s'amuser de quoi que ce soi que pourrait avoir à dire Harry.

-Cela n'a rien à voir ! Toutes ces personnes sont en majorité des inconnus ! Et je suis navré de devoir vous le dire, le monde ne se serait pas arrêté avec votre mort, il aurait continué à tourner et votre Ordre aurait juste poursuivi sa mission sans vous ! Mais ayez la vie de votre femme et de votre fils constamment dans vos mains, sachant que si vous faites une erreur, le mauvais choix, ce n'est pas juste vous qui en paierais le prix, mais aussi vos êtres chers et là nous pourrons reparler de responsabilités ! Je n'ai pas l'intention de me justifier devant vous.

-Ça tombe bien, je me fiche de vos justifications, répliqua Harry avec un certain dégout.

L'homme devant lui, cette espèce d'entité adulte que semblait craindre plus que tout Drago, recula finalement et une ombre passa sur son visage. Harry ne put s'empêcher d'en éprouver une sombre exaltation. Il sentait intuitivement que c'était le moment pour l'achever.

-De toute façon, vous pouvez vous reposer, Lucius Malefoy. Vous allez être libéré d'un de vos fardeaux…

-…Pardon ?

-Si je suis venu vous trouver, c'est avant tout pour vous rappeler de respecter les clauses du contrat de mariage. Vous savez ? Ce papier qu'on a signé tous les deux ? Celui qui indique très clairement de ne plus vous mêler de la vie de votre fils ?

Lucius cligna violemment des yeux, mais le brun ne lui laissa pas le temps de se reprendre, continuant :

-Je vous l'ais dit. Drago n'a plus besoin de vous. A partir de samedi soir, il sera sous MA responsabilité, comme l'est déjà Evangeline. Les Black sont MA maison. Je prendrais soin d'eux et je les protègerais. Envers et contre tous !

Il sut qu'il avait remporté la partie en voyant les épaules de son vis-à-vis s'affaisser, et en fait, l'ex mangemort sembla tout d'un coup perdre de cette aura de puissance et de contrôle qui le suivait partout. La colère était toujours là, mais elle se disputait désormais à la résignation et à un autre sentiment plus fort que le brun n'arrivait pas à saisir.

-Je sais que cela doit vous être inconnu, mais un fils aura toujours besoin de son père… Lâcha d'une voix trainante et presque douce Lucius, avant qu'il ne se redresse en réunissant probablement toute ses réserves d'orgueil pour déclamer : S'il ne s'agissait de mon fils, je souhaiterais presque vous voir vous casser les dents sur un choix décisif et faire ainsi sombrer toute votre famille.

Puis, alors qu'Harry ne s'y attendait pas, il le contourna en un éclair et sortit de la pièce. Le jeune sorcier fit aussitôt volte-face :

-Attendez! Je n'en ai pas fini avec vous!

Il s'apprêta à lui courir après mais une main agrippa son bras et se retournant, il tomba nez à nez avec le professeur Rogue qui lui infligeait son meilleur regard de "Retenue Potter!". Il fut alors entrainé derrière lui à l'opposé de l'endroit où était parti son lâche de futur beau-père et presque jeté sur un fauteuil trônant dans ce qui semblait belle et bien être une bibliothèque.

Tournant son mécontentement sur son professeur, le brun plissa les yeux, prêt à une nouvelle bataille.

-Pourquoi avez-vous fait cela ?!

-Parce qu'il le fallait ! Je pensais que contrairement à votre parrain, vous sauriez quand vient le moment de s'arrêter, mais de toute évidence, ce n'est pas le cas !

-Oh allons, Lucius n'a certainement pas besoin de vous pour le défendre ! Se moqua t'il, pour le regretter aussitôt vu l'expression qu'arbora son ombrageux professeur.

-Et pourquoi n'aurait-il pas le droit d'avoir quelqu'un comme cela ? Parce qu'il apparait comme un homme froid et intouchable ? Mais personne n'est froid ou intouchable, Monsieur Potter ! Aussi incongru cela puisse vous paraitre, Lucius Malefoy n'est rien d'autre qu'un homme fait de chair. La seule différence qu'il existe entre vous et lui c'est qu'il a vécu plus longtemps. Mais lui aussi a été un bébé, lui aussi a été un enfant, lui aussi a été apprenti sorcier à Poudlard ! Il a juste grandi et comme tous les adultes a été obligé de céder face à la sagesse et aux responsabilités. Plus que certains, même, puisque le destin l'a fait chef de famille. Croyez-vous qu'il ne regrette pas ? Croyez-vous qu'il n'est pas assez grand pour se rendre compte de ses erreurs ? Croyez-vous qu'il ait besoin qu'un étudiant vienne lui dire ses quatre vérités pour se flageller ? Que croyez-vous qu'il est en train de faire en ce moment ? Vous maudire dans un coin de la maison ? Grotesque ! Non, moi je vais vous dire ce qu'il fait : il est dans sa chambre, probablement assis sur son lit, la tête dans ses mains, des larmes coulant sur ses joues parce qu'il ne sait pas comment se sortir de la situation actuelle, parce qu'il a été ridiculisé devant son unique fils adoré et parce que son futur beau-fils le déteste !

Harry cligna des yeux et referma la bouche qu'il ne s'était pas rendu compte avoir ouvert, béant d'étonnement. Ses yeux voguèrent un instant sur le côté alors qu'une vague de culpabilité le happait, le laissant mal à l'aise, puis il se reprit avec méfiance :

-Comment pourriez-vous être certain de cela ?

Severus émit un son volontairement méprisant, levant le menton avec supériorité :

-Parce que je suis « le diabolique et sans-cœur ex professeur de potion », et que ceci est loin, très loin, d'être ce que je suis vraiment. Les hommes, et à fortiori les serpentards, ne sont pas des personnes simples, Mr Potter, et un adulte n'est jamais qu'un enfant qui a pris des années. Même si certains préfèrent l'oublier. Et ce n'est pas parce que nous venons de Serpentard, ou parce que nous avons la Marque des Ténèbres que cela change quoi que ce soit. Nous sommes comme vous, nous sommes humains et nous pouvons être blessés.

Harry le dévisagea un instant avant de détourner les yeux, ne pouvant soutenir en ce moment le regard sombre et insondable de l'homme.

-Pourquoi me dites-vous cela professeur ? Cela ne vous ressemble pas…

-Oui, pourquoi.. ? Reprit l'homme d'un ton légèrement absent et presque moqueur mais ne semblant pas s'adresser à lui. Hélas, si ce n'est moi, qui d'autres ? Il y a d'énormes lacunes dans votre éducation et j'ai bien peur que ni le professeur Dumbledore, ni votre parrain n'aient pris la peine de vous apprendre à voir au-delà les préjugés et les masques…

-Vous avez tort, Sirius m'a autrefois dit que personne n'était jamais totalement blanc ou noir.

-Eh bien, voilà qui était étonnant de sa part. Dommage qu'il ait prêché dans le vide.

-Je ne pense pas qu'il songeait à Lucius en disant cela…

-Je ne pensais pas non plus que vous étiez du genre à faire un poids, deux mesures.

Harry fit la moue, ennuyé de devoir s'incliner face à l'homme et son curieux comportement.

-Qu'est-ce que je dois faire alors ? Oublier tout et faire comme si de rien n'était ?

-Bienvenue dans le monde des adultes, Mr Potter ! Se fendit d'un sourire sadique le professeur.

Et sur cette entrefaite, Narcissa débarqua et commença à harceler les deux hommes pour qu'ils restent manger et dormir, arguant qu'il serait plus simple d'être déjà sur place pour la répétition du mariage et leur miroitant sous le nez une grasse matinée.

Harry ne voulait absolument pas s'éterniser ici, mais quand son esprit dit « non », sa bouche dit « oui » face aux battements de paupières larmoyants de Narcissa. Décidemment, il était faible face à cette femme…

Il ne sut jamais si Rogue avait dit la vérité et si Lucius avait pleuré ce soir-là, car quand il se présenta au dîner, l'homme était fidèle à lui-même : faux et mielleux. Personne ne fit référence à ce qu'il s'était passé plus tôt, même pas les si niais Ambroise et Jean-Pierre qui n'osèrent même pas le regarder. Tout ce qu'Harry découvrit de changé c'était que le soir-même, quand il voulut prendre avec lui Evangeline pour la nuit, aucune gouvernante ne se présenta pour lui faire obstacle.

Son bébé endormi dans ses bras, Harry songea qu'il allait avoir beaucoup de choses à penser cette nuit.

Sur le fait d'être adulte. Sur le fait d'être responsable d'une famille… Sur le fait que les monstres et les dieux ne foulaient pas la terre et que tout un chacun, des plus stupides aux plus cruels, étaient plus sensibles et plus complexes qu'il ne le pensait.

Harry dormit très mal.

-o-O-o-O-o-

Seamus soupira. Seamus pesta. Seamus faillit se prendre un lampadaire dans la figure.

-EH OH ! Ca va ! Ya pas de train à prendre qu'je sache ! Cesse de me trainer comme ça Dean !

Son meilleur ami daigna alors changer d'allure, prenant néanmoins un air des plus impatient alors qu'ils approchaient de la boutique. Il avait beau n'être que neuf heure du matin, en ces vacances scolaires, les rues du Chemin de Traverse étaient bien remplies de sorciers vaquant à leurs occupations.

-Je suis bien ? Lui demanda Dean en se retournant, peignant de la main ses courts cheveux noirs qui ne bougèrent pas d'un poil.

Seamus, malgré les yeux bovins qu'il adressait à une requête aussi bizarre, fit l'effort de le détailler. Tout ça pour penser que du moment qu'il avait un pantalon et un t-shirt propre, tout garçon pouvait être « bien ». En réalité Dean portait aussi un pull rouge à grosse maille assorti d'un foulard en cachemire noué de façon assez lâche autour de son cou pour qu'il ne soit là qu'en accessoire beauté.

-Euh… Je suis pas vraiment bon juge, là tu vois… Mais si tu veux on peut demander à une fille…

-Non ! Ca va pas ? Quelle idée stupide !

Jetant des regards inquiets autour de lui, comme si une fille aurait pu tout d'un coup les entendre et décider de venir commenter son style vestimentaire, il donna un coup dans l'épaule de son ami.

Parfois leurs camarades de chambrée se demandaient comment ils faisaient pour s'entendre aussi bien, étant tous deux de caractères et de manies parfois complètement opposées. Dean était maniaque, Seamus était le désordre incarné. Dean était pudique, Seamus racontait sa vie avec tous les détails les plus sordides et indésirables. La seule chose qu'ils avaient en commun était au final leur capacité d'écoute.

Tous à Gryffondor savaient qu'ils pouvaient venir leur parler quand ils avaient besoin d'aide ou juste d'une épaule sur laquelle se plaindre ou pleurer. Dean ne trahirait jamais un secret, quant à Seamus, il savait changer les idées comme personne.

Cependant, là, il aurait aimé pouvoir changer les siennes.

-Avais-tu vraiment besoin de moi ? Se lamenta-t-il.

-Seam' ! Tu es mon soutien moral !

-Et c'est qu'une fille… Une amie… Par Godric, quelqu'un avec qui tu es même déjà sorti ! Ce n'est pas comme si tu plongeais dans l'inconnu !

-Ce n'est pas UNE fille d'abord, c'est LA fille la plus belle et la plus parfaite de tout Poudlard !

-C'est cela… Oui…

-ET la fille la plus courageuse et intrépide et… Bref qui n'aura aucune difficulté à m'envoyer sur les roses si elle le veut !

-ET… Etre là devant la boutique à comploter à la place de rentrer à l'intérieur sert à… ?

-Rien du tout.

-C'est bien ce qui me semblait.

Alors sans le prévenir, Seamus l'attrapa par le bras et le fit pivoter, ruinant son équilibre pour mieux l'envoyer s'écraser contre les portes battantes de « Weasley, farces pour sorciers facétieux ». Heureusement, ou malheureusement, cela dépendait de comment on voyait la chose, les portes eurent la gentillesse de s'ouvrir toutes seules, lui évitant de s'éclater le nez dessus, et Dean se retrouva à l'entrée du magasin dans une position peu naturelle, une dizaine de regards posés sur lui.

Il fit un sourire gêné, proche cousine d'une grimace, et maudit Seamus qui rentra derrière lui, lui tapant amicalement le dos.

-Je vais te tuer ! Pesta-il à mi-voix.

-Râle pas, sans moi on serait encore dehors… Eh ! J'avais oublié à quel point ce magasin était génial !

Effectivement, il y avait tant de couleurs vives, tant de mouvements, de bruits loufoques ou intrigants, et de lumières clignotantes qu'on ne savait pas où commencer à poser ses yeux. Vite Seamus remit la main sur certains des produits phares et découvrit avec excitation les nouveautés. Dean se laissa de même un instant envouter, oubliant le but premier de sa présence ici, jusqu'à ce qu'une chevelure de feu n'entre dans un coin de sa vision.

Cessant brusquement tout mouvement, il s'immobilisa pour observer la jeune femme qui portait un incroyable uniforme violet à paillette vanter les mérites d'un produit à une horde de garçons à l'œil vitreux. Oh, il pouvait les comprendre, il avait l'impression que son cœur ratait des battements à chaque fois qu'elle remettait ses cheveux derrière son oreille, libérant un peu plus de cette peau laiteuse qu'il savait si douce. Ses yeux marron étincelaient de malice, probablement trop consciente de l'état de son auditoire.

Mais d'un autre côté, Dean voulait juste éloigner ces crétins d'elle.

-Eh beeeiiin, c'est qu'elle en a du succès, constata Seamus d'un ton blasé en soufflant directement à son oreille, le faisant sursauter.

-Seam' ! Couina t'il en se frottant la zone concernée. Tu n'aides pas… Comment je l'aborde, moi, avec tous ces crétins en chaleurs qui lui tournent autour ?

-Je sais pas… Comme tu le fais tous les jours à l'école ?

-Ouais mais l'école c'est…. C'est entendu, quoi ! Même maison, même classe, on traine dans la même bande… Mais je suis son ex ! Elle va me trouver bizarre si je lui dis que j'ai envie de sortir avec elle…

-Non, elle te trouverait bizarre si c'était toi qui avais rompu. Aux dernières nouvelles, c'était pas le cas…

-Elle me trouvait trop… directif, lâcha Dean, dépité.

-Eh bien à toi de lui prouver que tu as changé… EH ! GINNY ! Termina bien haut et bien fort Seamus, sans prévenir, secouant le bras avant de tirer son ami tétanisé par son action soudaine en direction de leur cadette.

La jeune femme tourna la tête vers eux et Seamus poussa deux garçons hors de son passage, s'attirant des regards furieux.

Ginny, elle, les accueillit avec le sourire :

-Eh les gars ! Venus refaire votre stock de farces et attrapes ?

-Eh bein dis donc, Weasley, cet uniforme te va comme un gant ! SO sexy ! Siffla Seamus alors qu'elle tournait sur elle-même obligeamment, faisant étinceler ses paillettes de mille feux.

-T'as-vu ? Une idée de Geo… De Fred pour attirer le chaland !

-Et ça marche du tonnerre ! S'ils avaient des vendeuses sexy, j'irais même passer la journée à l'apothicaire !

Ginny éclata d'un petit rire musical, connaissant trop bien le lugubre et le morbide de la boutique en question. Dean, légèrement derrière Seamus tenta alors d'émettre un compliment à son tour, mais le tout mourut dans un borborygme incompréhensible.

-Qu'est-ce que tu as dit Dean ? S'enquit la rouquine, tournant son attention sur lui.

-Non, rien.

Ginny éleva un sourcil perplexe et Seamus eut envie de se fracasser la tête contre le meuble le plus proche. En bon ami et ailier, il se résigna à lui sauver l'affaire :

-Il disait que lui aussi te trouvait resplendissante !

-Oh. C'est gentil.

-Ouais, euh… Sinon c'est pas trop embêtant de travailler ici pendant les vacances ? Réussit à articuler Dean en essayant (vainement) de ne pas avoir l'air trop emprunté.

Ginny regarda tout autour d'elle en haussant les épaules.

-Un peu, mais je ne suis pas contre un peu d'argent de poche. Et ça me fait plaisir de revoir la boutique aussi vivante… Ainsi que mon frère… Même si… Enfin, je ne vais pas vous embêter avec nos problèmes de familles !

-Mais tu ne nous embêtes jamais ! S'empressa d'affirmer Dean alors que Seamus le regardait de travers.

*Et si tu arrêtais les préliminaires pour l'inviter quelque part, crétin !*

La jeune fille s'apprêtait à lui répondre quand ses yeux furent attirés par quelque chose derrière eux. Les iris marron se mirent alors à étinceler de joie et curieux, Seamus suivit son regard pour tomber avec étonnement sur l'un des « couples » les plus célèbres de Poudlard.

Blaise Zabini et Daphnée Greengrass.

Daphnée était sans conteste, et sans vouloir vexer son estimé meilleur ami, la plus belle fille de leur promotion. Physiquement elle avait tout ce qu'il fallait, là où il fallait et Seamus mit un certain temps à se dégager de la vision de la lourde poitrine qui tirait le tissu de la robe de sorcière, ôtant de son esprit les fantasmes de ce que cela pourrait être de l'englober de ses mains. Juste à temps néanmoins pour remarquer que Ginny semblait avoir elle aussi des pensées pour le moins incorrectes concernant le compagnon de la beauté suprême. Elle détourna cependant rapidement le visage, un léger rouge colorant ses joues.

*Ouille…* Songea alors Seamus, peiné pour son ami qui n'avait rien remarqué… Mais qui ne tarderait certainement pas à faire le rapprochement.

*Mais Zabini…. Franchement ? L'homme de glace ?* Il savait que Ginny avait des gouts éclectiques pour passer du renfermé et gamin Michael au sensible et collant Dean, puis au fougueux et peu tactile Harry, mais là alors, c'était le pompon !

S'envolant de son cercle d'admirateur, Ginny vint aussitôt vers les nouveaux venus tel un papillon attiré par une énorme fleur. Dean la suivit d'un air perplexe.

-Eh bien, si je m'attendais à vous voir là ! S'exclama Ginny avant de les saluer : Zabini (puis beaucoup plus froidement)… Greengrass.

Daphnée eut un rictus en détaillant sa tenue, puis plissa légèrement les yeux en voyant sans doute le manège peu discret de la jeune fille dont les yeux revenaient constamment sur son ami.

-Blaise a chevaleresquement accepté de m'accompagner faire du shopping, annonça-t-elle alors en serrant de plus près le serpentard. Certaines personnes, ici, ont du temps à perdre…

-Oh ma pauvre chérie, comme je te plains : C'est sûr que ça doit être dur de ne rien savoir faire de ses dix doigts ! Répliqua vivement Ginny qui avait très bien saisi l'allusion.

-Daphnée, Weasley, un peu de tenue, intervint Zabini qui était jusqu'ici occupé à regarder les alentours. Il y a dans une cour, dehors, assez de boue pour que vous puissiez nous offrir un beau spectacle. Mais ici ça n'a aucun intérêt.

-On se passe très bien de tes remarques déplacées Zabini ! Grogna Dean en se rapprochant de Ginny, se plaçant sans y penser devant elle pour la protéger.

La rousse fronça légèrement les sourcils, mais si elle avait l'intention de dire quelque chose à Dean, elle fut coupée par Daphnée qui lui grilla la priorité.

-Oh ? C'est lui ton chevalier servant, Weasley?

La serpentarde le regarda de haut en bas, semblant vaguement le remettre, mais notant surtout la taille moyenne du garçon, sa finesse dépourvue de muscle et tout en longueur. Et l'allure plutôt commune qui s'en détachait. Pour elle il ne faisait aucun doute qu'elle avait gagné le titre de la fille la mieux accompagnée.

Observant son manège, et indignée par celui-ci, Ginny s'accrocha alors au bras de Dean, s'attirant de ce dernier un regard surpris puis touché, et la foudroya du regard.

-Tu as un problème avec MES amis ?! Lança la rousse avant de faire mine de réfléchir : ah ! Mais pardon. Toi tu ne sais pas ce que c'est, avoir PLUSIEURS amis. Aucune fille ne veut de toi. Hier encore j'ai surpris Davis et Roper en train de médire à ton sujet et de celui d'un certain Craven…

-Mieux vaut la qualité que la quantité, l'interrompit brusquement Zabini en lui adressant un regard digne de geler l'enfer.

Daphnée semblait brusquement un peu pâle, mais ce n'était rien à côté de Ginny qui désormais s'agrippait avec douleur au pull de Dean, les joues rouges de contrariété et les yeux humides. Le gryffondor en profita d'ailleurs pour enrouler un autre bras autour de ses épaules, défiant son congénère masculin d'en dire plus.

L'ambiance pourtant joyeuse quelques minutes plus tôt était devenu orageuse et Seamus ne savait pas quoi faire. Il était resté à l'écart, sentant justement les ennuis arriver avec le couple de serpentard. Maintenant il priait pour une intervention quelconque qui l'empêcherait de devoir se porter à l'aide de Dean, ce qui risquait fort de faire dégénérer la situation en bagarre.

Merlin dû l'entendre (et il remercia son côté irlandais chanceux) car Ron surgit de derrière un gros tas de caisse, grommelant à cause de la pile de produit qu'il portait, et cherchant de toute évidence sa sœur du regard. La trouvant et découvrant sa situation, il poussa un grognement mécontent :

-GINNY ! JE TE RAPPELLE QUE T'ES PAS LA POUR PAPOTER !

Toute l'assemblée se tourna vers le grand rouquin et son tablier violet à paillette. Cela n'étonna personne que ça n'ait pas le même impact que la robe de sa cadette.

Seamus remarqua, lui, que Zabini avait brusquement tourné la tête au risque de se coincer le cou en entendant la voix de Ron, et qu'il le fixait avec intensité, ce qui était plutôt effrayant.

Seamus se nota à lui-même de ne jamais rien faire pour avoir un jour une telle attention du grand black. Il préférait de loin l'air « vous êtes de la merde, je ne vois même pas de raison de vous adresser la parole ».

-Mais… Ron… Tenta Ginny.

-Ya pas de « mais », mince ! Je me tape tout le boulot depuis ce matin ! Et si t'allais chercher des boites-à-flemmes et des kits-de-sang-pire à la réserve ? J'ai vu que les étagères étaient presque vide !

La mine contrariée, la jeune fille fila alors dans l'arrière-boutique tandis que son frère empilait des boites de crème canari en poussant des bocaux de pousse-rikiki pour faire de la place. Dean se retrouva les bras ballants et jeta un regard dépité à Seamus qui se contenta d'hausser les épaules en signe d'impuissance.

Il aurait tellement préféré faire la grasse matinée…

De son côté, Blaise jeta un coup d'œil à Daphnée qui soupira légèrement d'un air navré en balançant la tête, avant de lui sourire doucement.

-Vas. Je suis une grande fille. Que pourrait-il m'arriver ? Au pire je me fais violer et avec un peu de chance Craven ne voudra plus de moi !

Il lui rendit un regard sévère :

-Ce n'est PAS marrant.

-Mais si, et tu le sais, chantonna-t-elle en agitant un doigt devant son nez tout en s'éclipsant pour le laisser chasser tranquillement.

Il était à moitié habité par l'inquiétude qu'il éprouvait pour son amie, que par sa propre joie d'avoir trouvé de quoi s'amuser. Il savait que les propos de Ginny Weasley l'avaient touchée, mais plus par ce que cela englobait en général, que par la « trahison » de Tracey Davis et Sophie Roper qui, bien que partageant le dortoir de Daphnée, Pansy et Milicent, avaient dès les premiers jours étaient mises à l'écart – considérées comme faisant parties des « faux serpentards ».

La raison ? Elles étaient des sang-mêlées. Oui, ça existait dans leur maison. D'où l'appellation.

Non, l'ennui était que si des personnes aussi peu influentes avaient appris pour son mariage, c'était que dans quelques jours, absolument tout le monde serait au courant. Bizarrement, c'était toujours les mauvaises nouvelles qui voyageaient le plus vite…

S'obligeant à ôter les soucis de Daphnée de sa tête, après tout, comme elle l'avait dit, elle était une grande fille, il s'avança d'un pas glissant et silencieux vers Ron Weasley, toujours en train d'empiler des boites sur le rayonnage.

-Je n'ai jamais entendu parler de ces « kits de sang-pire », annonça t'il brusquement, provoquant selon son désir le sursaut du gryffondor qui lâcha tout ce qu'il avait entre les mains.

En voulant se retourner brusquement pour lui faire face, comme si c'était LA chose à faire en présence d'un dangereux serpentard, il trébucha sur l'un des objets tombé à terre et se retrouva en moins de temps qu'il en fallait pour dire « oups », sauvé par les long bras agiles de son vis-à-vis.

Blaise lui décocha un sourire moqueur alors que le roux, très gêné, était retenu d'une chute désagréable, incapable de faire un geste sans empirer sa situation. Finalement, comme le Weasley pesait quand même son poids, Blaise le ramena vers l'avant, ainsi que sur ses pieds.

-Bon sang, Zabini ! Râla-t-il pour la forme avant de se pencher pour ramasser ses articles en fuyant son regard. Un kit de sang-pire, c'est un ensemble d'objets enchantés et de sortilèges pour faire passer n'importe qui pour un « sang-pur » ou un vampire. Voilà !

Blaise haussa un sourcil, perplexe.

-Ah, parce qu'il y a un standard ?

Ron marmonna quelque chose, la tête toujours penchée par terre.

-Dois-je te rappeler que tu es AUSSI un sang pur, cher Ronald ?

Il se releva brusquement, obligeant Blaise à reculer vivement. Il semblait toujours autant contrarié.

-Ca m'étonne même pas que tu comprennes pas l'autodérision. Et ne m'appelles pas comme ça !

Blaise eut un sourire flegmatique :

-Si tu veux, « Ron ».

Il y eut comme un feulement de chat sauvage, à moins que ce ne soit le soupir d'un lion, mais leur discussion ne put aller plus loin puisque le Weasley à qui appartenait la boutique apparut soudainement, les mains sur ses hanches et le considéra, lui, d'un air faussement sévère. Il y avait néanmoins un rien de quelque chose dans le coin de sa bouche qui cachait un sourire, voire même un rire. Blaise décida qu'il l'aimait bien.

-Monsieur, j'aimerais ASSEZ que vous évitiez de draguer mes vendeurs pendant leur travail !

Le petit frère devint subitement écarlate en faisant les gros yeux à son grand-frère, voulant sans doute faire passer télépathiquement le message « Non mais ça va pas, t'es fou, t'as pas vu qui c'est là ?! » ou un truc du même acabit. Blaise resta pour sa part des plus stoïques :

-Quand prend-il sa pause ?

Ron tourna brusquement les « gros yeux » vers lui.

-Fort heureusement pour moi, pas avant treize heures, répondit d'un ton soyeux Fred Weasley. Vous comptez acheter quelque chose ?

Blaise se tendit, réalisant qu'il y avait là mesure à négocier. Ron, quant à lui, semblait muettement indigné, la bouche ouverte, par la discussion qui avait lieu SANS lui, SUR lui.

-Vous ne pourriez pas le lâcher plus tôt ? Commença Blaise.

-Non, pas tant que j'ai autant de clients et du chiffre d'affaire à faire !

-Oh je vois… (Blaise caressa nonchalamment une étagère de la pulpe de son index.) Et si je vous achetais TOUTES vos marchandises, je pourrais avoir Ron pour la journée ?

-QUOI ?! Glapit Ron qui venait de toute évidence de retrouver sa langue.

Mais avant même qu'il n'ait pu protester plus, Fred se coula fluidement derrière lui et l'attrapa par les épaules, comme pour l'empêcher de s'enfuir. Il adressa alors un immense sourire à Blaise :

-Je vous l'enrubanne ?

-QUE… QUE… QUOI ?! FREEED ! Tu réalises que tu es en train de vendre ton petit frère ?!

Mais personne n'écoutait ce pauvre Ron, car Blaise répondait déjà d'un sourire narquois.

-Un autre jour, peut-être.

S'ensuivit alors les modalités de paiements sous les insultes et les cris du jeune homme. Fred n'eut pas d'autres choix que de l'attirer à part pour le calmer quelques minutes et lui rappeler les réalités de la vie :

-Ron, il va sans dire que cette vente est considérée comme la tienne. JUSTE pour accompagner un mec. Pense à ton pourcentage. Pense à ce que tu vas pouvoir t'acheter avec ça !

Pendant un bref instant, l'image du dernier balai de course à la mode (Le « Fileur de vent 4» vous oublierez presque que ce n'est QU'UN balai ! ») vint flotter dans l'esprit de Ron, combattant l'image du sourire narquois de Blaise Zabini. Déchiré mais vaincu, il n'en donna pas moins un coup de coude dans le thorax de son frère :

-Mais ne crois pas me faire oublier que tu m'as vendu ! Frère indigne !

L'air digne et courroucé, il vint se planter au côté de Blaise qui ne retenait pas son air de satisfaction profonde.

-Puisqu'il le faut ! Cracha Ron. N'oublies pas que tu ne m'as pas demandé d'être agréable.

-Oh allez, détends toi « Ron », je suis sûr que ça va te plaire ! Répliqua le brun en crochetant son bras pour le tirer derrière lui.

-Eh ! Mais ! T'es pas obligé de me coller !

Il ronchonna encore un peu alors que le serpentard refusait de le lâcher et l'entrainait dans la rue sans apparemment s'inquiéter de ce que l'on pourrait en penser.

Aucun des deux ne remarqua la jeune fille qui s'arrêta brusquement, avant de se cacher derrière un gros chaudron de la boutique voisine pour les observer, les yeux plissés de méfiance.

-Blaise… Zabini… souffla Fay doucement alors que les deux hommes transplanaient.

A la boutique, une Ginny bien chargée revint de la réserve, surprise de découvrir les lieux déserts :

-Mais… Où sont-ils tous passés ?!

-o-O-o-O-o-

Il était au moins huit heures et demie lorsqu'Harry se réveilla. Pendant un instant, il fut complètement perdu, fixant un ciel de baldaquin d'un doux bleu parcouru de motifs de plantes grimpantes.

Ce n'est qu'en basculant sur le côté, tombant sur le berceau d'Evangeline qui émettaient des petits sons incertains qu'il se rappela que Narcissa l'avait forcé à passer la nuit chez elle, ne lui donnant pas d'autres alternatives que d'atterrir dans cette chambre située dans l'aile familiale.

Il avait horriblement mal dormi, à cause de tout ce qu'il avait dans la tête et parce que le matelas était définitivement trop mou, les draps trop doux et parce qu'il savait que dans deux nuits, il se retrouverait dans ce même lit, avec en plus, le corps d'un autre homme à côté et qu'il était fermement décidé à ce qu'il ne se passe rien de ressemblant à quoique ce soit de charnel entre eux.

Ce serait simple, il n'était pas vraiment IRRESISTIBLEMENT attiré par Drago… Il le trouvait beau à regarder et aimait avoir son attention, ok, mais il n'éprouvait pas le besoin de le toucher, et sa crainte d'être ridicule primait au-dessus de tout le reste.

Il ne prêterait pas le flanc à des moqueries sur ses capacités au lit ! Pas de la part de son époux !

*Mince, c'est triste à dire, mais pour lui j'aimerais être un dieu du sexe… Compétition quand tu nous tiens…*

S'extirpant du lit, il fixa d'un air désabusé sa fille qui tendait ses petits bras vers lui :

-Une chance qu'on n'ait pas eu à te concevoir manuellement mon poussin, parce que tu ne serais pas prête de voir le jour….

Il enfila une robe de chambre mise à sa disposition et souleva délicatement Evangeline pour la tenir contre lui. Il gloussa légèrement en la sentant téter son haut de pyjama, la faim devait commencer à se faire sentir.

Harry ramena sa fille à la nurserie où se trouvait tout l'équipement pour la nourrir et la changer. En le voyant arriver, Mrs Leonowens s'inclina avant de s'éclipser, pensant avec raison qu'il tiendrait à tout faire tout seul. Après avoir été éloigné presque une semaine, le brun avait effectivement besoin de renouer avec son bébé.

Il n'y avait pas eu tant de changement que ça, si ce n'était qu'il était désormais impossible d'ignorer qu'elle tiendrait plus de Drago que de lui. Pour l'instant, elle n'avait héritée que de sa couleur de cheveux, et Harry regretta juste un instant de ne pas pouvoir transmettre les yeux verts de sa mère à sa descendance… Quoique, parfois ça sautait une ou deux générations pour réapparaitre.

Mais bon, il était beaucoup trop tôt pour songer à penser aux enfants que pourrait avoir son bébé.

Cette pensée beaucoup trop en avance le rendit néanmoins en un instant euphorique et un petit rire ravi s'échappa de sa gorge, alors qu'il étendait une couche propre sous les fesses de sa fille.

C'était dans ces moments-là qu'il savait pourquoi il supportait toutes les contrariétés du mariage (enfin, les moments où il réalisait, par les moments où il changeait la couche d'Evangeline, parce que honnêtement, ça il pourrait s'en passer.) : il allait avoir une famille. Une famille à lui ! Un jour peut-être même qu'on l'appellerait « grand-père » ou « papi ».

Terminant d'accrocher le lange, il souleva sa fille qui éclata à son tour d'un petit gloussement joyeux alors qu'il venait l'embrasser sur son ventre découvert à plusieurs reprises.

-Ma petite princesse, tu es la meilleure chose qui me soit jamais arrivée !

Evangeline gazouilla en réponse, heureuse de toute évidence d'avoir l'attention de son papa. Malheureusement, lui aussi devait se préparer pour la répétition du mariage, ainsi fut-il obligé de la laisser à regret aux soins de Mrs Leonowens pour se doucher et s'habiller.

Il se rasséréna en songeant qu'il allait dans quelques instants revoir Hermione et Neville qui subiraient le même calvaire en tant que demoiselle d'honneur et témoin.

C'était en songeant avec amusement à ce qu'étaient obligés de faire ses amis pour lui qu'il ouvrit la porte de la salle de bain la plus proche de sa chambre.

Harry cessa soudainement tout mouvement et contempla avec un air ahuri la scène. Parce que bon, c'était un peu trop pour son pauvre cerveau juste sorti d'une mauvaise nuit de sommeil.

Il referma la porte avant de la rouvrir.

Toujours la même scène.

Il fut alors à nouveau pris d'un espoir fou que reproduire cette action apporterait des résultats différents. Quand il rouvrit à nouveau la porte, Lucius le regarda en fronçant les sourcils :

-Vous vous amusez bien, Mr Potter ?

Un début de rire hystérique lui répondit. Le blond secoua la tête, sans doute venait-il juste de confirmer que son vis à vis n'était pas très sain d'esprit (Harry se posait lui aussi quelques questions), et il se retourna vers le miroir pour continuer à se laver les dents. Choisissant apparemment d'ignorer les yeux écarquillés de son futur gendre face au spectacle troublant de la réalisation d'une tâche aussi prosaïque.

Harry tressaillit lorsqu'une main légère vint se poser dans le bas de son dos et tourna la tête vers la nouvelle arrivée.

-Bonjour Harry, tu es matinal, je ne l'aurais pas cru, le salua une Narcissa en robe de chambre pas assez refermée pour qu'il rate la nuisette qu'elle portait, ainsi que ses deux jambes longues et effilées.

*Pas étonnant que Drago ait d'aussi belles jambes* Pensa-t-il un instant avant de se donner des claques mentales.

-Bonjour Narcissa, se força-t-il à répondre, plus que jamais perturbé.

La sorcière ne portait pas d'horribles bigoudis pour dormir, comme sa tante, ses cheveux lâchés tombaient en douces vagues sur ses épaules et bien que non maquillés, ses yeux n'en semblait que plus doux. De plus, une légère odeur florale s'échappait d'elle alors qu'elle semblait tout juste sortie de son lit. C'était doux et féminin, et probablement comme ça que devait sentir une mère.

-Puis-je te suggérer l'autre salle de bain de l'aile ? Lucius et moi avons l'habitude d'utiliser celle-là.

-Oui… Bien sûr…

Il recula un peu mécaniquement avant de s'enfuir dans le couloir. Il SAVAIT qu'il n'aurait jamais dû accepter de dormir ici. Quoique « accepter » était un bien grand mot…

-o-O-o-O-o-

Narcissa fronça les sourcils en refermant la porte derrière elle, venant s'accouder dos au lavabo. Elle ne pouvait s'empêcher de penser au réflexe de recul du garçon, ainsi que sa gêne qu'il n'arrivait pas à cacher.

-Amour, fit-elle à Lucius qui se rinçait la bouche. Je trouve Harry étonnement mal à l'aise.

-A quoi tu t'attendais ? Nous sommes une famille d'anciens partisans du seigneur des Ténèbres…

Elle lui passa machinalement la serviette qu'il quémandait d'un mouvement du bras afin qu'il puisse s'essuyer le visage.

-Je ne crois pas que ce soit ça. Evidemment, ça y joue sans doute un peu, mais j'ai surtout l'impression qu'il ne sait pas se laisser aller… Et qu'il est apparemment peu familier des interactions familiales… Et ce qui est plus triste encore, c'est qu'il se raidit à chaque contact…

-Où veux-tu en venir ?

-Je veux en venir au fait que notre futur beau-fils a de toute évidence était élevé sans amour. Voilà où je veux en venir. Je ne sais pas dans quel bon sang de bonsoir de famille il a été placé, mais ils ont fait un sale boulot.

-Peut être étaient-ils simplement pudiques. Tout le monde n'est pas aussi démonstratif qu'un Weasley. Nous même imposons une certaine retenue.

-Mais Drago ne se fige pas dès qu'une personne a un geste un tant soit peu affectueux. Et surtout n'a pas l'air de vouloir se cacher dans un trou de souris dès que l'on se comporte gentiment à son égard. Je suis ébahie que Severus prétende que cet enfant soit arrogant et cherche à attirer l'attention alors qu'il ne parle JAMAIS de lui ou de ses sentiments. Il est prêt à aider n'importe qui, à compatir avec eux, mais il fuit quand il s'agit de lui…

-Il faut vraiment que je me rappelle de ne pas renouveler notre abonnement à la revue « Psychomagie & vous »… Grommela Lucius.

-Je m'inquiète Amour, parce que si Harry ne sait pas accepter les preuves d'amour des personnes qui l'entourent, alors il ne saura pas en produire… Je ne veux pas que Drago vive au milieu d'un désert affectif.

-C'est ridicule. Ces deux garçons se détestent, comment veux-tu de toute façon qu'ils fassent quoi que ce soit qui ressemble à des preuves d'amour ?

Narcissa émit un petit rire moqueur et le regarda avec une douce condescendance.

-Parfois Lucius, tu es vraiment naïf !

Elle lissa machinalement du pouce les deux sourcils qui se froncèrent légèrement sur le visage de son époux et laissa glisser avec tendresse sa main de sa tempe à sa joue, admirant encore et toujours l'homme magnifique à qui elle avait eu la chance d'être promise.

La chance, oui. Car malgré les moments difficiles qu'ils avaient affrontés, il lui avait donné plus que ce qu'une femme de sa condition ne pouvait espérer : un amour sincère plein de respect, un fils magnifique et une belle maison.

Les yeux gris qui la fixaient d'un air affuté s'adoucirent et il vint capturer sa main pour la porter à ses lèvres, y déposant un baiser plein de dévotion. S'il n'était pas un homme très bavard sur ses sentiments, il était toujours capable de faire passer ses messages autrement.

C'est cependant d'un ton contenant quelques traces d'amusement qu'il continua la discussion.

- Au fait, comptais-tu lui dire à un moment ou à un autre que l'autre salle de bain est celle de Drago ?

La réponse fusa, implacable, accompagné d'un petit sourire satisfait :

-Absolument pas !

-o-O-o-O-o-

Harry était encore perturbé alors qu'il remontait le couloir à pas lent, tentant à la fois de supporter l'image violente d'un Lucius Malefoy en train de se laver les dents et de relativiser en se disant que cela aurait pût être pire.

Il aurait pu être installé dans l'aile des invités et tomber sur Rogue en pyjama !

Rogue portait-il seulement des pyjamas ? Il devait porter ces affreuses chemises de nuit que les sorciers hommes utilisaient pour dormir… Et un bonnet de nuit comme le professeur Puckett ? Pff, non… Impossible !

Les Malefoy se rendaient-ils compte de ce qu'ils lui faisaient ?! Ils étaient en train de se transformer en personnes normales ! NOR-MALES ! Alors qu'ils ne devraient même pas être des personnes, mais plutôt des espèces d'entités serpentardesque que Harry devait craindre et possiblement admirer de loin. Des êtres qui ne dormaient certainement pas en bavant, qui ne passaient pas des heures à lire le journal sur la cuvette des toilettes, qui ne montaient pas sur une balance après avoir mangé une part de gâteau en trop, qui ne riaient pas tout seul en lisant un roman ou qui ne trébuchaient pas en marchant dans la rue et faisaient aussitôt mine que rien ne s'était passé !

Ça c'était pour le commun des mortels ! Par pour ces figures d'autorité qui semblaient imperturbables et féroces.

Se dire qu'il avait tenu tête à un Lucius Malefoy qui se lavait les dents et non le cruel et impitoyable chef de famille ancien mangemort enlevait beaucoup de crédit à sa victoire d'hier. Pour peu que l'on puisse appeler ça une victoire…

Avec un soupir à fondre en larme, il s'arrêta devant la porte de la deuxième salle de bain et maudit son existence toute entière qui ressemblait à une farce.

Se résignant – que pouvait-il faire d'autre ?- il empoigna fermement la poignée de la porte et l'ouvrit, se retrouvant aussitôt happé dans un nuage d'humidité. Surpris, ne comprenant pas immédiatement, il fit un pas dans l'atmosphère chaude et saturée d'eau, imbibée d'une fragrance qui ne lui était pas inconnue.

Puis il entendit le bruit de l'eau qui coule et tourna la tête dans cette direction, aspirant brusquement une goulée d'air par la bouche, les yeux écarquillés, alors que la vapeur se dissipait un peu pour lui offrir le spectacle triomphant d'une large étendue de peau pâle.

Trop de peau. Plus de peau qu'il n'en avait jamais vu. Et sensuellement parcourue de filets d'eau qui la caressait de la façon la plus intime.

Harry ne sut où poser le regard, la seule chose évidente était qu'il ne pouvait tout simplement PAS ne pas regarder, alors ses yeux volaient sur le dessin irrémédiablement masculin des omoplates, chutant le long de l'exquis creux de la colonne vertébrale surmontant un fessier galbé, puis furent brusquement sur les divines jambes qu'il louait un peu plus tôt, longues, fines, soutenant avec solidité le corps courbé contre la paroi de la baignoire, la tête penchée pour que l'eau vienne s'écouler sur sa nuque… Ah cette nuque… Ce cou… S'il ne s'était pas senti aussi cloué au sol il aurait aimé s'appuyer contre ce dos et venir lécher les gouttes qui s'y égaraient…

Et tout ça appartenait à Drago Malefoy.

Ses yeux glissèrent à nouveau, des mèches de cheveux blondes trempée, le long du profil du serpentard qui curieusement, avec les yeux fermés, ses cils châtains clairs perlés de gouttelettes et la vapeur, lui faisait penser à ces statues grecque de marbre, à la beauté grave et lointaine, donnant l'impression que l'on ne pourrait jamais accrocher leurs cœurs.

Il déglutit, dans un état émotionnel très troublé alors qu'il redécouvrait que son corps était capable de réagir pour Drago. Et pas juste lorsque ce dernier le touchait ou l'allumait (quoique quiconque pouvant avoir l'air aussi sensuel dans une douche sans même le vouloir pouvait être considéré comme un allumeur né… Merlin qu'allait-il épouser là ?).

En ce moment il n'était plus du tout contre que Drago amène le lit à lui, comme l'avait si narquoisement remarqué Zabini.

Des secondes s'écoulèrent sans qu'il n'esquisse un mouvement, son cerveau faisant d'incessant aller-retour entre ce qu'il avait sous les yeux et la réalisation qu'il s'agissait de Drago, et chaque boucle semblait faire monter sa stupéfaction, sa peur, puis son excitation.

Puis les paupières de l'objet de tout ça s'ouvrirent et les yeux gris, clairs et presque lumineux, apparurent et obliquèrent dans sa direction.

Le choc de la rencontre des deux regards le fit se sentir comme projeté au sol et dévoré vivant.

-o-O-o-O-o-

-Oh ! WOOOOH ! WOOOHOOOO !

Ron, agrippé à la rambarde, ne savait plus où poser les yeux et d'ailleurs semblait avoir envie de les ouvrir en bien PLUS GRAND s'il l'avait pu.

Blaise rigola doucement en réalisant qu'il lui faisait un peu penser à un hibou en ce moment. Lui était assis sur une des places du gradin, regardant finalement plus le rouquin à côté, que ce qui se passait sur le terrain. Sur le moment, il ne savait absolument pas pourquoi il avait fait cela, mais le jour où il était allé acheter des billets à Victoria Park, ses yeux s'étaient aussitôt accroché au nom des « Canons de Chudley », lui faisant aussitôt penser au seul gryffondor supporter de cette assez lamentable équipe et il s'était retrouvé quelques minutes plus tard, sans trop savoir comment, avec deux billets pour assister à leurs entrainements.

Maintenant il savait pourquoi, et ne le regrettait pas.

Ron qui s'était montré très réticent avait totalement oublié d'avoir l'air fâché quand il avait vu où il était. Son visage s'était brutalement ouvert, éclatant comme un mini soleil et n'avait pas une seconde perdu cette expression, s'exclamant à qui mieux mieux sur les actions des joueurs, les encourageants et riant de joie quand il semblait à nouveau réaliser où il était.

Pour Blaise, c'était assez extraordinaire d'avoir réussi à faire naitre cela et il se sentait un peu bizarre, la tête lui tournant un peu.

Surtout que Ron aurait pu oublier sa présence, tout à sa joie, mais non, il se tournait de temps en temps vers lui pour lui lancer une remarque sur l'entrainement, à laquelle généralement il répondait d'une moquerie qu'il tentait de ne pas faire trop acérée. C'était un exercice délicat pour lui qui était habitué à être aussi brut de décoffrage dans ses convictions (or les Canons de Chuldley… Honnêtement…) que possible, mais il ne voulait pas éteindre la lumière qui brillait dans les yeux du rouquin.

C'était bien la première fois qu'il se forçait pour quelqu'un.

Mais d'un autre côté, c'était bien la première fois qu'il partageait une sortie avec une connaissance qui n'était pas là juste pour paraitre et être beau, comme ses « amis », et qui cachaient leurs sentiments de peur d'être manipulés par la suite. Le gryffondor ne cachait rien de lui, en ça, il était comme lui aussi brut qu'une pierre précieuse non taillée. Et il commençait à se rendre compte de la générosité de son caractère : Il se donnait entièrement à ce qu'il faisait.

Et Merlin seul savait comment, il avait réussi à faire acheter à Blaise un énorme sandwich contenant tout un tas de choses non identifiée et à le lui faire manger avec les mains, prétextant que c'était comme ça qu'on se nourrissait dans les gradins.

Les nuages dans le ciel se coloraient de rouge lorsque Ron vint finalement se rassoir à côté de lui, l'air plein d'une saine fatigue.

-Pfiuuu, ça y est, ils sont en train de ranger. C'était vraiment quelque chose !

-Ça a l'air, en effet.

-T'as jamais joué dans l'équipe de Quidditch, toi, remarqua Ron en regardant l'un des joueurs qui zigzaguait encore dans les airs.

-Non. J'ai toujours préféré regarder les autres se fatiguer. En plus je n'ai jamais eu de postes de préférences. Autant les premières années j'aurais pu être attrapeur, autant après… Je n'en avais plus vraiment la carrure !

Ron fronça les sourcils, faisant naitre quelques rides sur son front :

-Tu sais Zabini, je me souviens pas de toi plus jeune.

-Ah, peut être alors que tu te souviens de la fille black de serpentard qui restait toujours toute seule dans son coin et qui était en duo avec Daphnée en cours de potion, lâcha d'un ton railleur Blaise.

Ron fronça encore plus les sourcils.

-Ca, ouais, ça me dit vaguement quelque chose, qu'est ce qu'elle est devenu cette fille ?

-C'était moi, banane ! Lâcha Blaise en roulant des yeux, mortifié.

-QUOI ?!

-Je viens de te le dire : j'avais la carrure d'un attrapeur, bref, petit, mince et léger !

-Mince, je suis perturbé là. Dire que j'étais VRAIMENT persuadé qu'elle… Enfin… Toi, que t'étais une fille…

-T'en fais pas, t'étais pas le seul. D'ailleurs j'ai atterrit dans le classement des filles qu'ont fait les garçons en troisième année.

-Noon ! Brillant ! Et t'étais à quelle place déjà ?

-J'étais rien moins que troisième, répondit-il fièrement. Derrière Daphnée et Lisa Turpin, et devant les jumelles Patil.

-Devant les jumelles ?! Etait-il possible que nous soyons aussi aveugles !

-Ah, ça veut juste dire que même les garçons me trouvent beau ! Répliqua-t-il en se penchant légèrement vers lui, faisant soudainement rougir son accompagnateur.

Celui-ci toussa, gêné, pour reprendre contenance.

-Enfin bref… Normalement étant donné ce que tu as fait pour m'amener ici, je ne devrais même pas te remercier… Mais je vais le dire quand même : Merci.

-Pourquoi ?

Blaise était honnêtement étonné vu son stratagème quelque peu déloyal.

-Eh bien, déjà parce que Harry est trop pris par les préparatifs de son mariage, même si on n'avait pas dû prendre de la distance, pour trainer avec moi… Et parce que je sais que je suis celui qui en a le plus profité.

-Tu as tort, moi aussi j'en ai profité.

Il lui adressa un regard à la fois curieux et méfiant.

-Ah oui ?

-Disons que ça m'a permis de réfléchir à certaines choses…

-A quel genre de chose ?

-a Ce que je voulais…

Ronald Weasley, si éclatant, curieux mélange entre audace et manque de confiance en soi, d'un tempérament d'une honnêteté tranchante. Un enfant aimant qui avait l'habitude d'être aimé, au sein d'une grande et merveilleuse famille chaleureuse… Si différent de lui.

Blaise se demanda s'il n'était pas un peu pitoyable d'être autant attiré par le Trio d'Or depuis qu'il avait le privilège de le côtoyer. Il voulait qu'Harry Potter l'accepte comme un membre à part entière de son entourage – parce que ce type était charismatique, puissant, riche et tout le tralala, mais aussi parce qu'il ressemblait à un mignon petit animal sauvage qu'on avait envie d'attraper et de cajoler, peu importe qu'il vous montre actuellement les dents. Il appréciait vraiment la compagnie d'Hermione, parce que comme Daphnée, elle l'aimait vraiment, sans rechercher quoique ce soit de lui, parce qu'elle était le genre de personne qui donnait, et non prenait, avec une délicatesse et une douceur de caractère qui l'apaisait.

Quant à Ronald, il n'était jusqu'à aujourd'hui sûr de rien. Il aimait qu'il réagisse à sa présence, mais pas en mal : bel et bien en gêne, comme s'il adorait voir ses yeux paniquer en un tourbillon de bleu méridional et ses joues se teinter de rouge. Et il y avait cette tension, présente quand ils étaient proches, qu'il avait d'abord mal interprété. Il avait donc eu tout le temps d'y réfléchir cet après-midi, détaillant le gryffondor qui sautillait d'enthousiasme devant lui.

-Et qu'est-ce que tu veux ? Demanda l'objet de ses pensées qui le fixait toujours avec méfiance.

Blaise sentit le coin de ses lèvres se retrousser avant de se lever et de se tourner vers lui.

Sans prévenir, il plongea sur son visage pour lui offrir un bref baiser un peu agressif.

Se retirant avant même que Ron ait pu réagir, il lui répondit :

-Toi. Je te veux toi.

Les iris couleurs d'eau affrontèrent un instant les yeux d'un brun profond, cherchant, fouillant, sans doute s'inquiétant de la véracité de cette affirmation.

-Et tu ne m'auras pas, répondit au bout d'un moment, presque calmement, le gryffondor avant de le repousser d'une main sur le torse pour se mettre debout.

Il s'épousseta distraitement, semblant vouloir occuper ses doigts. Blaise capta sa nervosité et se rassura intérieurement. Il ne s'attendait certainement pas à ce qu'il lui tombe soudainement dans les bras… Mais il n'aurait pas été contre l'embrasser encore. Ron sentait une odeur fraiche et bizarrement réconfortante, sans doute celle du linge propre, et il avait une température corporelle assez élevée qui donnait envie de s'en servir comme bouillote dans un lit.

-Je n'en suis pas si sûr, affirma vaillamment Blaise.

-Moi si. Tu sembles oublier que je suis déjà en couple. J'ai une petite amie : Fay.

Fay ?! Qu'est-ce que c'était que cette chose ? Blaise eut un vague flash d'une gamine brune, les longs cheveux coulant autour de son visage, et de yeux bleus perçants.

-Ah oui… La demoiselle tapisserie… Mais tu ne l'aimes pas. Ne nies pas, ça n'a rien à voir avec ce que tu ressentais pour Hermione, pas vrai ?

A la mention d'Hermione, il sentit qu'il avait fait mouche car Ron fronça des sourcils et le fusilla du regard.

-Ca ne te regarde vraiment pas Zabini. Et ça ne change pas ma réponse. Donc c'est NON et… Tiens ! Regarde : le soleil est en train de se coucher. Je dirais que la journée est terminée, tout comme la nôtre ! Alors… Au revoir !

Sans pouvoir être retenu, le jeune homme roux transplana, ne laissant derrière lui qu'un morceau de gradin étrangement plus froid et un garçon qui referma un peu plus les pans de sa robe en frissonnant.

-o-O-o-O-o-

Loin de là, et un peu plus d'une demi-heure plus tard, le foyer de la cheminée du Terrier s'embrasa d'une vive flambée verte pour laisser entrer Fay. Elle fut aussitôt accueillit par la matriarche des Weasley qui lui souhaita joyeusement la bienvenue et l'invita à rester diner avec eux.

-Ce serait avec plaisir, il me faut juste prévenir mes parents, répondit-elle un peu timidement, toujours impressionnée par la chaleur qui émanait de la sorcière.

-Utilise notre cheminée à ta convenance ma chère. Tu trouveras Ron dans sa chambre.

-Merci beaucoup Mrs Weasley !

Celle-ci lui fit un clin d'œil avant de retourner à son étude des comptes du foyer. Fay prit alors le chemin des escaliers, perdant au passage son air cordial pour un plus sombre et inquiet. Ses mains serraient frénétiquement la rampe alors qu'elle grimpait dans les étages.

Quoiqu'il se fût passé cet après-midi, elle était bien décidée à y faire face et à se battre. Il ne serait pas dit qu'elle laisserait un serpentard-ayant-des-raisons-surement-discutable ruiner sa relation avec Ron. Jamais.

En elle-même elle se demandait ce qui pouvait bien se passer dans la tête du Zabini pour qu'il cherche l'attention, entre toutes, de Ron Weasley ! Ce n'était pas comme s'il avait montré un quelconque intérêt pour lui durant les sept années passées. Ils étaient trop différents.

Et de toute façon, elle était sûre, pour au moins 90%, que Ron n'avait pas de gout pour les hommes. Ce qui réglait définitivement l'affaire.

Comme la porte de sa chambre était entrouverte, elle put l'observer un instant à la dérobée, assis sur son lit, le dos appuyé au mur, feuilletant négligemment une revue qu'elle devinait être de Quidditch. Habituellement il était bien plus attentif quand il s'agissait de son sport favori. Là, sans doute perdu dans ses pensées, ses yeux bleus fixaient les images mouvantes sans vraiment les voir.

*A quoi penses-tu Ron ?*

Essayant de tenir à distance ses inquiétudes, Fay entra dans la pièce et sauta à ses côtés sur le lit qui s'enfonça sous leurs deux poids conjugués.

-Hey ! Salut toi ! Lâcha Ron, tout sourire, en abandonnant aussitôt son magazine pour l'attirer entre ses jambes, crochetant sa fine taille de ses longs bras.

Assise à présent contre lui, son dos reposant sur son torse et les lèvres de Ron au niveau de son cou, Fay se pelotonna de bonheur et poussa un soupir de soulagement.

-Qu'il y a-t-il ? Mauvaise journée ? Fit le souffle chaud de Ron contre son oreille.

Fay resta silencieuse deux minutes, réfléchissant à la meilleure approche.

-J'ai voulu passer te voir à la boutique en fin de matinée. Le magasin était fermé.

-Ouaaiis… Merlin, mon stupide grand-frère a vendu ma journée contre son stock. Il a intérêt à m'augmenter après ça, j'ai quand même dû supporter Zabini pendant pas moins de cinq heures !

Ron râla un peu dans sa barbe et Fay fut heureuse qu'il n'ait pas cherché à cacher la vérité. Il ne se sentait donc pas coupable, et par conséquent, rien d'étrange n'avait dû se produire… Même si son instinct lui conseillait de rester en alerte.

L'avantage à être aussi discrète était que personne ne faisait jamais attention à elle, mieux qu'une cape d'invisibilité, elle voyait et entendait beaucoup plus de choses que l'on ne l'imaginait.

-Dis, Ron…

-Moui ?

-Tu ne m'abandonneras pas, hein ?

Elle pencha la tête vers son visage et plongea ses yeux doux et innocents dans son regard. Ce dernier devint plus chaleureux et le jeune homme chassa tendrement une mèche qui lui tombait sur le front, avant de caresser sa joue.

-Pas tant que tu voudras de moi, ma fée.

Il pressa alors ses lèvres contre les siennes.

-o-O-o-O-o-

Au Manoir Malefoy, un autre jeune homme se tenait, lui, seul. Fixant le soleil qui se couchait par l'une des longues fenêtres du couloir. Blaise laissa son poing reposer contre la vitre, tandis que l'autre venait s'agripper à sa chemise, à l'emplacement de son cœur qui le faisait souffrir et mourir à petit feu.

Quelle ironie qu'il en soit à crever d'envie pour des désirs si peu ambitieux…

… Pour des désirs si bêtement humains.

A suivre…

Et un râteau ! Un ! (*Prend Blaise dans ses bras pour le consoler*) Je sais, le chapitre s'est fait attendre. Mais, et de un, je me suis retrouvée prise dans la tourmente d'un déménagement. C'est long, c'est épuisant, c'est chiant et j'ai dû me passer d'internet durant un temps foutrement intolérable (droguééeee…). Puis j'ai eu la grippe. Plus d'une semaine avec l'état d'une étoile de mer échouée... De deux, ce chapitre me tenait à cœur, je voulais être certaine d'arriver à faire ce que je voulais, au niveau du personnage de Lucius particulièrement. Trouver le bon équilibre, pour ne pas en faire un petit saint ou juste un salop. Je pense que si vous suivez cette histoire depuis le début, vous commencez à me connaitre, je déteste le manichéisme et j'aime donner aux personnages toute la richesse qu'ils méritent. Après je comprends que vous défendiez avec ardeur vos personnages ou vos couples préférés !
Sinon j'ai commencé à lire le premier tome de Harry Potter en anglais et… Et… J'ai envie de jeter au feu le traducteur français. Mais POURQUOI ?! Mais pourquoi avoir rendu l'écriture de JK Rowling dynamique si… Si écriture traditionnelle lente française ! Pire, pourquoi avoir supprimé des bouts de textes qui rendent tout plus vivant et ENCORE PIRE, pourquoi avoir AJOUTE des morceaux de textes abominables ! Enfin bref, comme toujours rien ne vaut l'œuvre originale ! (A part peut être les Disney, ils sont géniaux les paroliers français).
Chapitre suivant ( pour la fin du mois de février ? Ouais je sais, je me mouille pas ^^') :
Kiss the girl, c'est partie pour la fiesta !