Note de l'auteur : Hello everybody ! On a passé le cap des 300 reviews ! VOUIIIII Je vous aime tous ! Et comme cadeau, vous allez avoir la suite et fin du bonus sur James ! Mais avec lui ce ne sera pas la fin des bonus, puisque j'en prépare un pour Narcissa aussi. Je vous remercie d'être toujours plus nombreux à suivre cette histoire (et à ceux ou celles qui sont passés sur mon one shot Aquarium !) et à continuer à manifester votre intérêt…
…Même si je sens que vous allez me détester avec ce chapitre XD ! Allez je vous laisse avec vos 30 pages habituelles !
Résumé des épisodes précédents : Fin de la première semaine de vacance d'Avril. Harry et les Malefoy d'Angleterre et de France sont occupés par les préparatifs du mariage et Harry expérimente les relations beau-père/gendre avec Lucius… De façon peu concluante. Blaise, lui, réussit à avoir un rendez-vous avec Ron et clarifie ses sentiments à son égard. Il découvre ainsi qu'il le veut dans son lit. Malheureusement ce n'est pas réciproque et il se prend un joli râteau. Le jour de la répétition du mariage, Harry, lui, se retrouve dans une situation plutôt embarrassante…
Chapitre 34 : Kiss the girl
C'était beaucoup plus tôt dans cette journée bien chargée, avant même que Blaise n'achète le temps de Ron. Au milieu d'une atmosphère saturée d'humidité et de phéromone. Une salle de bain. Dans le Manoir Malefoy. Avec un Drago complétement nu. Le temps pouvait parfois se montrer étonnamment élastique avec les évènements.
-Envie de me rejoindre, Potter ?
Drago éclata purement de rire en voyant le sauveur sorcier prendre une teinte écarlate et s'enfuir vivement en se cassant à moitié la figure sur le tapis de la salle de bain.
La dernière chose qu'il entendit au-dessus de son propre gloussement fut le brun jurer alors qu'il claquait violemment la porte.
Non, Drago n'était définitivement pas pudique.
Il était néanmoins soulagé d'avoir tenu son mauvais bras de sorte à ce qu'Harry ne remarque pas le carnage horriblement laid qu'il s'était imposé. Levant ledit membre, il soupira en suivant du regard les traits noirs encore visible du tatouage et les sillons de peau épaisses et rêches nés de ses plaies.
Enfin… Il faudrait bien un jour qu'il voit ça…
Quoiqu'il en soit, ce qui venait de se passer était un bon retour des choses : lui-même avait eu l'occasion de profiter de son fiancé sous la douche, même si ce dernier ne le savait pas. Il tira moqueusement la langue à ce souvenir, recueillant quelques gouttes d'eau au passage.
Il les ramena dans sa bouche, se rappelant au même moment du ton délicieux de la peau du jeune homme, de son dos puissant et de ses hanches étroites… Il se mordit avec délice la lèvre inférieure alors qu'un doux mais aussi agaçant titillement s'emparait de son bas-ventre.
Oh oh, des travaux pratiques s'imposaient…
Attrapant à tâtons sa baguette laissée sur le lavabo, il prit cette fois-ci la peine de verrouiller la porte.
On ne savait jamais, d'ici qu'Arianne se décide à faire elle aussi irruption…
-o-O-o-O-o-
-Récemment on doit se méfier des ex-binoclards pervers… Lâcha nonchalamment Drago à la table du petit déjeuner.
Harry tenta de se cacher derrière son toast, hésitant entre avoir l'air affreusement gêné et avoir l'air glorieusement indigné. Après tout était-ce de sa faute si un certain éphèbe blond ne fermait pas la porte de sa salle de bain à clef ?! Sérieusement, il était la seule victime dans cette histoire ! Il ne pouvait plus regarder Drago sans être hanté par des images innommables ! Cruel Crétin Sans cœur !
Ses insultes mentales ne semblèrent pas arriver par télépathie au concerné, qui continua à siroter son thé d'un air satisfait.
-De quoi parles-tu Drago ? Maugréa Jean-Pierre De Sancy qui regardait les tranches de toast avec une grimace, regrettant l'absence de VRAI pain frais comme il en avait l'habitude chez lui.
-De rien, il parle de rien, grogna Harry en faisant les gros yeux aux deux cousins de Drago, profitant que ces deux-là semblaient terrifiés par lui.
Effectivement, le grand garçon fin comme une brindille chercha aussitôt à se faire oublier et Drago haussa les sourcils, enviant un tel pouvoir. Par contre, Ambroise remonta assez vite son regard sur Harry, le fixant avec des yeux argentés ayant un rien de possessif, ce qui était en train de devenir un peu trop familier.
-Je dois dire Mr Potter, que vous m'avez épaté hier. C'est vrai, il y a deux ou trois encarts sur vous dans le Sorcier Du Dimanche, au sujet de la guerre civile qui avait lieu chez vous, mais honnêtement, je ne croyais pas que vous puissiez être si puissant !
Drago grimaça et Harry, décontenancé, n'émit qu'un vague son de la bouche en le fixant comme s'il s'apprêtait à se transformer en bombe sur le point d'exploser.
-Oh regarde Potter, tu t'es fait un nouveau fan… Cracha finalement Drago d'un ton dégouté.
-Oh tais-toi Malefoy ! Ce n'est pas parce que tu t'es apparemment levé du pied de gauche ce matin que tu dois en faire profiter tout le monde ! Contrattaqua Harry, aussitôt piqué à vif.
Il ne savait pas ce qui lui arrivait, mais aujourd'hui il lui faudrait des trésors de patience pour être tolérant. Sans doute l'arrivée imminente du mariage.
Rien à voir avec son fiancé sexy et sa propre frustration affective et sexuelle. Non, du tout.
-Je ne me suis pas levé du pied gauche, MOI. Je vais très bien, merci de t'en soucier.
Harry le foudroya du regard, s'accordant néanmoins sur le fait qu'il était celui qui avait la poisse depuis ce matin.
-Oh ne faites pas attention à mon cousin, lâcha Ambroise d'un ton trainant qui semblait être de famille, je vous plains vraiment de devoir l'épouser : il a toujours eu un besoin d'attention maladif, mais d'un autre côté, je suis ravi de savoir que vous allez faire partie de la famille. Est-ce qu'Oncle Lucius avait raison en laissant entendre que vous aviez à vous tout seul DEUX chaises au parlement sorcier et à la Chambre des Lords ?
-Euh…
Heureusement Drago le soulagea de la peine de répondre :
-Et si tu t'occupais de tes petites affaires insignifiantes Ambroise ? Si tu as l'intention de nous ponctionner du pouvoir ou de l'argent, tu as VRAIMENT intérêt à te montrer plus subtil dans tes approches : là on dirait un chien en train de saliver devant un os.
-Sommes-nous vraiment obligé d'en arriver à de telles extrémité entre membres de la même famille ? Se lamenta faussement le garçon, une main sur le cœur. Allons Drago, nous savons tous les deux que perdant ton nom, le domaine reviendra à mon père, mais comme il doit rester en France pour s'occuper de Grand-Père…
-Au cas où il casse sa pipe et afin d'avoir la meilleure part de son testament…
-… Je pense que je serais celui qui viendra ici, en Angleterre…
-Fini déjà l'école…
-… Et il me faudra alors des appuis afin d'entériner mon nouveau statut auprès des autres familles éminentes du pays !
-C'est beau de rêver.
*C'est surtout un beau langage de sourd…* Songea Harry alors que les deux blonds continuaient à monologuer dans leurs coins, apparemment heureux d'entendre le son de leur propre voix.
Il lança un regard presque envieux à l'autre côté de la table où discutaient calmement le professeur Rogue et le « grand-père » de Drago, regrettant ce qui avait semblé être une bonne idée au départ : s'installer du côté des jeunes.
Il n'eut heureusement pas à supporter plus longtemps cette « merveilleuse » ambiance lourde, car Hermione et Neville firent irruption dans le petit salon du matin (oui parce qu'il y en avait un « du soir » aussi…) et il sauta littéralement de sa chaise pour les accueillir.
-Doux Godric ! Des gryffondors ! Merci ! Sauvez-moi de cette fosse à serpent !
Il les conduisit aussitôt hors de la pièce pour éviter plus de contact que nécessaire avec la famille Malefoy. Il y en aurait déjà assez avec la répétition du mariage. Il leur trouva donc un coin où les décorateurs n'étaient pas en train de changer les tapis ou d'aménager des treillis pour les futures sculptures florales.
-Eh bein dis-donc. C'était si horrible que ça ? S'enquit Neville quand il les lâcha.
Hermione qui cachait son propre amusement derrière sa manche embraya :
-Navrée de t'avoir laissé si longtemps sous influence négative !
-Fausse sœur ! Quand je pense que tu m'as laissé dormir ici ! Tu aurais pu trouver une urgence, n'importe quoi ! Pour me donner un prétexte à rentrer à la maison ! Vous n'avez pas idée de ce que j'ai vécu ! Je suis traumatisé à vie !
-Ohlala et puis quoi encore… Attention Harry, tu deviens aussi excessif que ton fiancé !
-Argh et ne me parlez pas de LUI !
-Qu'est ce qui s'est encore passé ? Soupira Hermione en le regardant avec un rien d'air blasé.
-Mais RIEN !
Elle roula des yeux, indiquant bien à quel point elle le croyait, et Harry enterra toute révélation sous une moue boudeuse.
-Je te rappelle que tu te marrie DEMAIN Harry. Essaie un peu d'y mettre du tien !
- Elle n'a pas tort, ajouta Neville. Ce n'est pas vraiment le moment pour que vous vous bagarriez.
Le brun pesa dix secondes la possibilité d'y aller du « Mais c'est pas moi, c'est lui ! » doigt tendu et air pleurnichard digne d'un enfant de dix ans à l'appui, avant d'oublier totalement cette idée. Ça, c'était la réplique préféré de Ron et il ne souvenait pas que ça ait jamais marché sur Hermione.
Dans un monde idéal, elle aurait été AUSSI l'amie de Drago et il aurait pu l'envoyer le sermonner LUI, pour son attitude de gamin. Hélas les amis de son trublion de fiancé étaient un type bizarre et sans-gêne ascendant iceberg, une espèce de mégère hypocrite et une montagne sans cervelle actuellement en prison. Dans le genre conscience façon Jiminy Criquet, on faisait mieux.
Et il pouvait DE SUITE oublier les cousins vénaux du listing.
-Je suis tellement pressé d'être marié, soupira-t-il alors.
-Il m'est avis que tu ne dis pas ça pour les raisons habituelles, s'amusa Neville en compatissant tout de même avec lui.
-On verra ce que vous en penserez quand ce sera votre tour ! Les menaça Harry.
-Dis d'ailleurs Harry, tu sais ce qu'on est censé faire ? Ou être ? Et si on peut d'abord passer voir Evangeline avant ? Demanda Hermione qui avait tourné son attention sur les sorciers et les elfes qui s'activaient dans le hall.
-J'en sais rien, vous devez voir ça avec Narcissa, c'est elle qui s'occupe de votre partie. J'ai peur que vous soyez collé avec les autres invités à la cérémonie de Drago. La partie avec sa mère. J'avoue que comme ça me concerne pas, j'ai fait l'impasse. En fait, je pense que je devrais me hâter vers les écuries où Lucius doit déjà être… Quelle joie.
C'était dit avec un tel dégout que ses amis en firent une grimace d'empathie. Et encore, ils ignoraient tout ce qu'il s'était passé hier sinon ils l'auraient probablement découragés d'y aller. Harry ne savait pas du tout quelle serait la réaction de Lucius en tête à tête et s'il resterait en mode hypocrite.
-Rassure-moi, c'est le MÊME cheval que celui avec lequel tu t'es entrainé à Poudlard ? Voulu s'assurer Hermione, toujours aussi inquiète du cocktail Harry+Cheval+Vache à cornes.
-Merlin merci, oui ! Lucius voulait me faire monter un pur-sang mais Drago et Narcissa ont fait blocage. Mon placide hongre me convient très bien ! Même si je ne m'y ferais sans doute jamais...
-Courage… Et fais-moi plaisir, ne te tues pas au passage !
-Hermione… Tu pourras me dire ça demain, aujourd'hui pas de rodéo, je vais juste faire un tour du terrain pour repérer avant de revenir vers vous et d'enchainer avec la Cérémonie du vin. YOUPI !
-Tant d'enthousiasme fait peur, fit remarquer Neville alors qu'Harry s'éloignait d'eux, l'air de vouloir se pendre à une corde.
La journée ne s'améliorait pas vraiment lorsqu'il découvrit le ciel menaçant en sortant du château.
-Ah, et voilà qu'en plus il y a de fortes chances pour que ça se fasse sous la flotte, se parla-t-il à lui-même en contournant le bâtiment pour se diriger vers la basse-cour où se dandinaient paon blanc, poules et oies.
Un peu plus loin, afin que les odeurs animales et de fumier ne viennent pas agresser les délicates narines des familiers du Manoir, il y avait les stables où plus d'une dizaine de chevaux se tenaient. Certains avaient la tête sortie par l'ouverture, le fixant sur son passage dans l'espoir d'une gourmandise, mais il ne s'arrêta que devant une fine tête au pelage d'un brun presque rouge avec juste une tache blanche sur le front. Gentiment et prudemment, il caressa la partie douce entre les narines de Master de Lys, le pur-sang anglais de Drago. Au fur et à mesure des entrainements à Poudlard, l'animal avait fini par s'habituer à lui et ne piaffait plus d'un air à la fois furieux et inquiet quand il faisait mine de vouloir le caresser.
C'était heureux puisqu'il faisait partie des « paquets » que Drago allait emporter à Lost Wood, tout comme la propre monture d'Harry, un cheval un peu plus massif, gris pommelé, qui lui n'était pas agressif pour deux sous… Et portait très mal son nom de « Espoir-des-Ténèbres ».
Le trouvant déjà harnaché au paddock, en compagnie d'un autre pur-sang anglais qui devait être celui de Lucius, Harry glissa discrètement à ses côtés pour lui tendre un morceau de pain tout en lui caressant l'encolure :
-Coucou Espie, voilà une offrande pour que tu ne me fasses pas passer par-dessus bord aujourd'hui ?
« Espie » se contenta d'happer entre ses dents ladite offrande en ne lui laissant que des miettes et de la bave en retour. Harry s'essuya sans façon sur son pantalon avant d'enfiler le casque qui avait été laissé là à son intention.
-On a une heure, fit soudain une voix dans son dos. Une heure et Narcissa nous veut à l'emplacement de la cérémonie.
Lucius ne s'arrêta même pas pour le saluer, faisant claquer sa cravache sur une de ses bottes si cirée qu'on pourrait presque s'y recoiffer. Derrière lui trottinait ses monstrueux chiens de la taille de veaux.
-Euh… OK, lâcha Harry en cachant sa grimace derrière son cheval.
Une heure en tête à tête avec Malefoy senior après ce qu'il s'était passé hier. Mmmh… Quels instants de bonheur ils allaient ainsi partager !
La mort dans l'âme, Harry détacha son cheval et alors qu'il s'apprêtait à le diriger en parallèle des barrières pour pouvoir grimper dessus, ne s'attendant à aucune aide, il se retourna brusquement en sentant la présence de Lucius dans son dos.
-Vous n'êtes vraiment pas très grand, affirma l'homme en toisant ses 1m66 et au moment où Harry allait lancer un sarcastique « Merci, mais c'est pas moi qui ai choisi », l'homme s'accroupissait, lui offrant l'appui de ses mains pour monter.
Les sourcils d'Harry firent un bond monstrueux vers le haut.
-On n'a pas de temps à perdre, Mr Potter ! Se justifia Lucius et Harry posa alors son pied sur l'appui pour se faire projeter sur la selle de Espie.
Eberlué, Harry le surveilla du coin de l'œil tout en ajustant ses étriers, mais le sorcier se contenta de rejoindre sa propre monture et monter dessus sans aucune difficulté, malgré la fougue manifeste de l'animal.
-Nous commencerons par longer les vergers, ordonna Lucius en partant devant, se dirigeant par la droite pour contourner le muret séparant les jardins aménagés du reste des terres du Manoir.
Harry avait presque déjà l'impression de tout connaitre. En effet, il ne comptait plus le nombre de fois où, à Poudlard, Drago s'était vanté sur «ses futures terres ». Il y avait plusieurs hectares de vergers de pommiers, de pêchers et d'abricotiers, en plus d'un jardin d'aromates, de légumes et de fruits des bois tels que fraises, mûres et framboisiers. La basse-cour n'était quant à elle qu'une partie de la ferme, puisque plus loin se trouvaient des enclos à cochons et quelques vaches laitières. Ils avaient aussi une réserve de cervidés à l'intérieur des bois et deux prairies dont l'une était apparemment un emplacement idéal pour s'entrainer au Quidditch.
C'était simple, la moitié de ce qui était servi à table venait du domaine.
Le silence juste brisé par le bruit des fers claquant sur le sol commençait à être plus que légèrement embarrassant quand Lucius les fit passer au trot. Il n'était alors plus vraiment possible d'avoir une discussion et le jeune sorcier se contenta d'acquiescer à chaque fois QUE Lucius lui montrait un endroit où les vaches seraient susceptibles d'être demain. Ils en aperçurent même deux qui paissaient paresseusement, peu inquiète, et à vrai dire, pourquoi auraient dû t'elles l'être ? Leurs longues cornes en U formaient une couronne des plus dissuasives.
-J'ai attrapé la mienne en moins de vingt minutes, affirma Lucius d'un ton faussement l'air de rien alors qu'ils s'étaient arrêtés pour les observer.
-Je ne savais pas que c'était une compétition… Maugréa Harry en lui jetant un regard en biais.
-Mon père avait mis presque une heure, continua l'homme comme s'il ne l'avait pas entendu.
Harry tourna définitivement la tête vers son futur beau-père. L'observant, il décida qu'il devait avoir au moins 50 ans. Quand Harry l'avait vu pour la première fois, dans la boutique de Barjow & Beurk, il n'était absolument pas marqué par l'âge, mais le retour de Voldemort semblait l'avoir brusquement vieilli, offrant l'apparition de quelques rides soucieuses sur son front et les fameuses pattes-d'oies au coin des yeux. Techniquement, le père de Lucius devrait être en vie. Un vieillard, certes, mais les vieux sorciers vivaient longtemps, même s'ils finissaient tous à l'orée de leurs 150 ans aussi fripés que des vieilles pommes. Toutefois, l'absence de l'homme au Manoir laissait à penser qu'il devait être mort, d'ailleurs Drago n'avait-il pas un jour fait mention de son grand-père ? Harry ne savait plus avec précision les circonstances ni ce qui avait été dit.
-Vous lui ressemblez ? Demanda-t-il à brule pourpoint. A… (Il chercha le nom, se souvenant de l'avoir entendu par le faux Grand Père de Drago)… Ab… Abraxas ?
Il espérait que la question n'était pas trop indiscrète mais il se sentait vraiment curieux à ce sujet. Lucius tourna la tête lentement vers lui, l'air de le trouver bizarre, pour pas changer.
-Je ne pose pas cette question de façon… Euh…C'est demandé sans malice, se justifia Harry. Je suis curieux en tant que futur père… Sur… Ce qui fait ce qu'un homme ou une femme devient… Et l'impact de l'éducation dans tout ça…. Ainsi que la lignée ou le nom… Comme nous en avons… hum « discuté » hier, je vais devenir Chef de famille et j'ai besoin de comprendre ce fameux « poids » dont vous parliez…
Lucius détourna le regard sur le paysage, ayant cependant perdu son air mi- moqueur.
-Drago me ressemble-t-il ?
-Non.
Harry n'hésita même pas cinq secondes. L'apparence avait beau être globalement la même, la façon dont Drago jouait de son corps et de ses expressions rendait finalement le tout différent. Et c'était pour le mieux.
Lucius hocha vaguement de la tête, semblant en prendre note.
-J'ai peur que cela ne vous aide pas beaucoup. Mon père était un sorcier d'une autre époque, Potter. Déjà différente de ma génération, alors imaginez un peu par rapport à celle que nous traversons. Lui, ses parents et ses grands-parents ont été les impuissants spectateurs du passage de l'Age d'Or à l'Age Noir et le brusque revirement qui l'a accompagné.
-Quel revirement ?
-Oh Salazar… Qu'est-ce qu'ils vous apprennent à l'école de nos jours ? Soupira Lucius en levant les yeux au ciel, exaspéré.
-Etant donné que Binns a l'air d'être mort il y a plus de cent ans et qu'il n'a jamais remis au jour son programme ? J'ai bien peur que son cours d'histoire le plus récent soit la révolte des Gobelins de 1880, répondit d'une façon à moitié sérieuse Harry.
Ou alors tout le reste était vu aux ASPICs, et comme Harry avait foiré cette matière magistralement aux BUSEs en s'endormant et en rêvant d'un Sirius captif de Voldemort… On savait où ça avait mené…
L'ex serpentard marmonna quant à lui au sujet de conseil d'administration et de vieux fou sentimentaliste, puis il se décida apparemment à tenir une leçon :
-C'est à peu près à ce moment qu'a commencé ce qu'on appelle l'Age d'Or des sorciers, alors que les moldus abandonnaient enfin toutes leurs suspicions moyenâgeuse concernant ce qu'ils ne comprenaient pas ou n'étaient pas capable de faire pour se lancer sur la voie du progrès. A cette époque-là, les sorciers étaient capable de faire passer à peu près n'importe quelle magie pour de la science et se sont donc mêlés un peu plus aux moldus, ont fait affaires avec eux, ont eux aussi bénéficiés de leurs avancées et s'y sont intéressées. C'était l'âge de la vapeur, le Poudlard Express et sa voix ferrée ont été construits à cette époque-là. Un grand progrès pour tous les apprentis sorciers qui devaient auparavant faire un voyage pouvant aller jusqu'à trois jours de balais. Nous avons aussi adoptés les chaudières qui chauffent nos pièces et les systèmes de tuyauterie des salles de bains. L'eau chaude à volonté ? Ce n'est rien pour vous aujourd'hui, mais croyez bien qu'à l'époque c'était un véritable luxe ! Par chance pour nous, l'énergie de la vapeur s'est montrée tout à fait compatible avec la magie… Contrairement aux énergies actuelles des moldus. Apparemment c'était une période agréable à vivre, de cohabitation sorciers/moldus, tout le monde était plein d'optimisme…
-Mais ?
-Mais les sorciers avaient oubliés à quel point les moldus aimaient la destruction. Le progrès n'a malheureusement pas servis qu'à améliorer leurs quotidiens. Il fallait qu'ils créent des armes aussi. L'Age Noir correspond aux deux grandes guerres que menèrent les moldus. Aux bombardements, aux privations… Les sorciers s'étaient TROP mêlés aux moldus. Ces derniers s'étonnaient lorsqu'ils voyaient un sorcier, ne comprenant pas pourquoi il n'était pas mobilisé et envoyé sur le continent comme leurs hommes… Il y eut des accidents et le Ministère dût ordonner à ce que tous les liens avec les moldus soient coupés. Les sorciers durent à nouveau se cacher et endurer que leur maison ou leurs terres soient détruites par ce que les moldus envoyaient du ciel. A l'époque tout ce qui comptait pour les familles de sorciers, c'était survivre. La peur… L'amertume… Un terreau excellent pour Grindelwald et ses discours incitant les sorciers à se lever pour obtenir le contrôle de ces créatures sans magies qui ne semblaient pas pouvoir vivre en paix. Apparemment mon grand-père était un fervent admirateur. Lui a été élevé dans la peur des moldus, mon père aussi, certainement, mais avec la fin des guerres l'économie sorcière repartit de plus belle, et si mon père avait bien quelque chose en commun avec moi, c'était l'amour des affaires. Il fallait relever le monde sorcier, et y intégrer à bonne place les Malefoy, et cela compta bien plus à ses yeux que de se préoccuper des moldus. Moi je ne fais que perpétuer ce qu'il a fait : garder les Malefoy en bonne position, peu importe les façons, même les plus discutables, même s'ils elles exigent que je retourne ma veste. Un Malefoy doit avoir peu de convictions, si ce n'est celle que le pouvoir assure la protection et la prospérité de notre sang. C'est ce que m'a appris mon père : Assure à ta femme et à ta descendance une belle et grande maison, toujours de quoi manger et garde les en sécurité. Mais avise toi aussi de garder notre famille Haute et Forte car les Malefoy ont toujours été de nobles et grandes personnes. Il m'a toujours mis en garde contre le fait de devenir « Le Maillon Faible », celui qui détruirait presque deux mille ans de dynastie…
Lucius se tut brutalement, comme pour éviter d'en dire trop. Harry inclina la tête, fixant son profil comme pour essayer de lire dans ses pensées.
-Vous pensez que Drago est ce Maillon Faible.
L'homme eut une brève grimace, siffla ses chiens qui déboulèrent silencieusement des buissons et déplaça sa monture pour reprendre la route. Harry lui emboita le pas, espérant néanmoins avoir une suite.
-Oui. Non. Il n'a pas la carrure d'un Malefoy. Mais parfois je me dis que c'est finalement moi, le Maillon Faible… Pas pour ce qui est arrivé avec le Seigneur des Ténèbres, je n'ai fait que sentir les influences du moment… Mais… Ou peut-être s'agit-il de mon père au final…
-Qu'est-ce qu'il a fait ?
-Il a été trop gourmand. De tout temps les Malefoy ont été plus ou moins en rivalité avec une autre famille sur le plan politique. Il a pensé bien faire en voulant nous unir… Il pensait que cela nous apporterait plus d'influence, tels que 1 et 1 font 2…
-Les Black, devina Harry.
-Exactement. Les Black. Aussi assoiffés de pouvoir que nous. Il les a sous-estimé, et moi aussi au final. Nous avons fait l'erreur de croire qu'un Black pourrait vouloir autre chose que favoriser SA famille, et ce, même quand tout semble perdu pour eux… Regardez ça, Potter. Narcissa et Drago, ils tirent leurs épingles du jeu comme de parfaits Black. Ah ça, j'aurais dû le voir dès le début, à la façon dont Drago s'est aussitôt accroché à vous. Même si je ne lui avais pas demandé de vous faire bonne impression, je suis persuadé qu'il aurait écumé le train à la recherche de la personne la plus puissante et vous aurez trouvé.
Harry se crispa brusquement sur sa selle, provoquant un éternuement de protestation d'Espie qui ne voyait pas ce que son cavalier voulait lui dire. Il se força donc à se détendre avant de s'éclaircir la gorge, aussi gêné que troublé.
-Comment ça ?!
-Ne soyez pas aussi offusqué. Le pouvoir attire le pouvoir et les sorciers sont attirés par les mages qui possèdent beaucoup de magie, mais les Black ont toujours eu un talent particulier pour les repérer avant tout le monde. Tenez, lorsque j'ai rencontré pour la première fois le Seigneur des Ténèbres, les Black lui tournaient déjà autour comme des hyènes autour d'un animal mourant ! Drago a fait pareil, dès qu'il a été lâché dans la nature, il a cherché le pouvoir, il vous a trouvé et il a fait en sorte d'entrer dans votre cercle d'influence.
-On se détestait…Rétorqua Harry avec une moue pleine de scepticisme.
-Oui, il aurait préféré mieux. Il m'a cassé les oreilles avec ça durant tout l'été suivant, mais il a néanmoins fait en sorte de se démarquer de la mer de visages vagues des autres étudiants de Poudlard. Il a par là même réussi à être assez important pour vous pour que vous soyez reliés d'une dette de vie si puissante qu'il se retrouve sous votre protection, à faire partie de la famille du sorcier le plus célèbre et peut être l'un des plus puissant de la décennie. Il a bien placé ses pions ce garçon. Mais pas comme un Malefoy.
-Je doute que quiconque aurait pu prévoir…
-Oui, ce n'est pas une question de prévision, justement. Les Malefoy calculent et prévoient. Les Black tirent des ficelles, voient ce qui en tombe et comptent sur leur magie de famille pour arranger les choses au mieux pour eux. Leur sang est fort et… Ils ont toujours été spéciaux comme individus…
Harry fronça légèrement les sourcils, une pique de douleur familière l'envahissant alors qu'il pensait à Sirius. Il n'aurait jamais pu dire si son parrain avait été si spécial car il n'avait pas eu la chance de connaitre l'homme qu'il était avant Azkaban. Mais il était vrai que calculer et prévoir n'avait jamais été vraiment dans sa nature.
-Si je vous fais part de cela, continua Lucius, c'est dans un souci d'équité (Harry haussa les sourcils, désabusé). J'ai peur que Drago… Ait plus hérité de son côté maternel.
-Ne vous en faites pas, je crois que j'ai plus droit au Drago naturel que vous et il me fait déjà voir l'Enfer. Je sais à quoi m'attendre.
-Vous pensiez vraiment que je m'attendais à voir ma femme me poignarder dans le dos avec cette histoire de mariage ? Répliqua sèchement son ainé.
-Comment ça ?
-Oh, elle a été plus rapide et plus maline que moi. Quand elle a appris les évènements, elle les a aussitôt tournés à son avantage… Et je veux dire par là, à l'avantage de sa famille de naissance, et s'est empressée de vous charmer pour vous avoir dans son camp.
-Elle ne m'a pas charmée…
Lucius ricana devant son air outré.
-Oooh si, Potter, et ce n'était pas difficile, un petit gryffondor orphelin en mal de figure maternelle…
Harry rougit violemment.
-Et de toute façon, qu'il y a-t-il de mal à apprécier ma future belle-mère ?
-Votre famille va s'appeler « Black ». Pas « Potter », pas « Malefoy », mais bien « Black ». Deux nobles lignées qu'elle sacrifie sans la moindre pitié pour le bien de la sienne qui aurait dû se terminer avec la mort de votre parrain.
Harry ouvrit la bouche pour répliquer. Du moins essaya, car sur le moment, il se trouva vide de toute argumentation, et de plus en plus mal à l'aise, ainsi que sur ses gardes. Seul le « pataclop » des chevaux se fit entendre pour un moment alors que Lucius détournait la tête avec un sourire entendu. Peu à peu, les échos lointains du tonnerre vinrent se rajouter aux réflexions embrouillées d'Harry. Finalement ce dernier arriva à se mettre d'accord avec lui-même sur un sujet :
-Je n'aurais jamais pu être un serpentard. Vous tous me donnez trop mal à la tête.
-Si ça peut vous consoler, je ne pense pas non plus que vous auriez eu votre place parmi nous…
Harry émit un bref ricanement rauque qui orienta un instant les oreilles d'Espie dans sa direction, jusqu'ici concentrées sur les lointains coups de tonnerre.
-Trop manipulable ? Renifla avec agacement le brun. Vous croyez que je n'ai pas remarqué que vous essayez de me monter contre Narcissa et Drago ? Que vous essayez de récupérer un peu d'influence sur moi en vous plaçant comme le soucieux donneur de bons conseils ? Sur ce côté c'est raté, je peux vous l'assurer.
-Hum, je l'avoue, j'ai quelques difficultés avec vous. Je ne joue définitivement pas le bon morceau… Et cela me pousse à me demander quel numéro vous joue Drago pour que LUI, vous ayez à cœur de le défendre…
A sa grande honte, Harry ne put contrôler les rougeurs qui envahirent ses joues, mais presque aussitôt, il se rembrunit, se sentant très déstabilisé par le doute que semait Lucius dans son esprit.
*Drago joue un numéro ?*
Ses dents crissèrent alors que l'idée faisait son morceau de chemin dans son esprit. Autant la « trahison » de Narcissa, si l'on pouvait utiliser ce terme, ne lui causait pas de tourments - Il savait que cette femme le tenait par ses battements de paupières, très certainement à cause de sa dette de vie – mais l'idée qu'il ait pu se méprendre sur Drago le blessait.
Et pourtant ! Cela semblait tellement évident, tellement en accord avec le caractère du blond, qu'Harry s'étonnait d'avoir seulement cru qu'il était honnête avec lui… Qu'il pouvait être vraiment attiré par lui. Drago n'avait jamais fait que ce qui pouvait lui être favorable à court ou à long terme… Mais de quoi s'agissait-il cette fois-là ? Qu'attendait-il de lui ?
Voilà la question intéressante.
Harry se mordit l'intérieur de la joue, légèrement amer. Lui qui avait vaguement entrevu un futur de cohabitation apaisé avec son futur époux pouvait dès à présent ranger ses illusions utopiques dans un placard. Il donnait pourtant beaucoup de lui-même dans cette histoire… Ou plutôt abandonnait puisque rien jusqu'ici ne l'avait prédestiné à préférer les hommes aux femmes. D'ailleurs, lorsqu'il y pensait, ce n'était pas vraiment les cas et Drago serait peut-être ce qu'on appellerait « l'exception qui confirme la règle ». Il aimait les peaux douces, les traits fins et en courbe, les volants d'une jupe dansant autour de mollets graciles. Il aimait embrasser les filles.
Est-ce qu'embrasser un garçon serait pareil ? Harry était persuadé que non. Et il ne pensait pas là aux petits bécots romantiques, comme avait déjà pu lui en donner Drago, mais à un vrai baiser plein de langues, de ceux qui vous donnez envie de passer les mains sous les vêtements et de toucher, palper, tout ce qui se trouvait à portée.
A partir de demain, Harry ne pourrait plus jamais embrasser de fille. Plus toucher de seins chauds et moelleux. Cette pensée acheva de le déprimer et il maudit presque Lucius de lui avoir rappelé que Drago ETAIT, malgré tout ce qu'il en pensait, un Malefoy.
«Il aurait écumé le train à la recherche de la personne la plus puissante et vous aurez trouvé. »
Etait-ce juste ça ? Sa puissance magique était-il tout ce qui attirait le jeune homme chez lui ?
Un éclair zébra le ciel devant eux et les deux chiens de Malefoy revinrent en courant dans leur direction. Lucius avait arrêté son étalon qui grattait nerveusement la terre de ses sabots.
-Rentrons maintenant. L'orage ne va pas tarder à être sur nous, commenta sombrement le patriarche en faisant faire demi-tour à sa monture.
Harry regarda à son tour le ciel rempli de nuages qui se teintaient de noir, s'apprêtant effectivement à leur faire tomber des litres d'eau sur la figure. Il fronça le nez en les foudroyant des yeux, leur en voulant injustement pour le proverbe.
« Mariage pluvieux, mariage heureux », hein ?
Cela ressemblait à une sombre connerie.
-o-O-o-O-o-
Il ne pleuvait pas à Londres et Lavande se dit que c'était de bonne augure.
Elle avait passé la plus grande partie de la matinée à affecter une moue dégoutée et boudeuse, particulièrement lorsque Bill et Fleur étaient dans les parages. Cela aurait pu être un échec total, remarquant comme Bill plissait du nez à plusieurs reprises, humant son odeur, ou plutôt les odeurs de ses émotions-foutus loups-garous- si elle n'avait réellement était dégoutée par Fleur qui pavanait son ventre à peine gonflé en roucoulant comme une tourterelle en chaleur.
Il avait fallu qu'elle le lui mette quasiment sous le nez alors qu'elle petit-déjeunait, une étincelle de triomphe brillant dans ses yeux bleus comme si un millier de femmes n'arrivait pas à ce stade chaque année dans le monde. La demi-vélane avait alors semblé attendre les éternelles gagatisations et glorification dont son état semblait devoir lui donner droit. Autrefois Lavande l'aurait sûrement fait, assurant que le bébé serait sans aucun doute mignon à craquer et qu'elle avait trop de chance et gnagnagni et gnagnagna, mais là, Lavande était un loup-garou. Elle détestait ce fait. Elle voulait pouvoir se faire peloter par un garçon sans qu'il la trouve hideuse et monstrueuse. ET elle venait à peine de commencer son premier quartier de pamplemousse alors qu'une part d'elle bavait d'envie devant le plat de bacon doré et suintant de graisse plus loin.
Alors le petit ventre de Miss Je-suis-Parfaite, elle s'en tamponnait le coquillard sévèrement.
Il ne fut donc pas difficile ce matin-là de feindre la colère et la résignation, alors qu'au fond de son esprit se déroulaient les différentes phases du plan l'amenant à intégrer la fête organisée ce soir pour Harry.
Elle s'était si bien entrainée à son sort de dissimulation qu'hier elle avait réussi à cacher pendant quatre heures le « Fuck you » qu'elle avait dessiné au rouge à lèvre sur sa joue droite. 4 heures était donc sa limite… Telle Cendrillon, elle devrait rentrer avant une heure du matin.
Pour sortir de Ste Mangouste… Eh bien pour une fois, il lui faudrait compter sur ses nouveaux sens, d'autant plus que Bill, ayant senti sa rébellion, s'était décidé à passer la nuit ici.
Foutu loup-garou alpha. Enfin… Presque. Son alpha restait Greyback, ce qui aujourd'hui se révèlerait être un avantage.
A l'abri de sa chambre, elle passait en revue ses différentes tenues de soirée en regrettant de ne pas avoir Parvati à ses côtés pour la conseiller. Elle avait horriblement maigri ces derniers mois. Son plus petit pantalon lui tombait sur les hanches et à moins de se ligoter dans plusieurs tours de ceinture, elle ne voyait pas comment le faire tenir. Elle aurait pu tenter une robe, mais de la même façon, elle nageait littéralement dans celles-ci et ses sorts de rétrécissements étaient encore beaucoup trop aléatoires pour qu'elle prenne le risque d'en jeter un sur une de ses tenues préférées.
Pour quel résultat d'ailleurs ? Les os pelviens saillants ? Les fesses plates et les jambes en allumettes ? Non, valait mieux cacher tout cela avec un bon vieux pantalon droit et un large et long t-shirt.
Oui, « cacher ». C'était tout ce qu'elle avait à faire pour avoir l'illusion, durant 4 petites heures, d'être une jeune femme normale.
-o-O-o-O-o-
La journée s'écoula de façon odieusement lente pour Hermione. Si elle l'avait oublié (ce qui n'était pas le cas, soit dit en passant, parce que la jeune femme avait une excellente mémoire) elle aurait eu l'occasion de se rappeler qu'elle n'aimait pas Narcissa Malefoy du tout, et que le sentiment était réciproque.
Et si elle étouffait ses ressentiments pour le bien d'Harry, la blonde le lui montrait de toutes les façons subtiles possibles. Et très généralement en zappant totalement son existence, ou en la traitant comme une statue plutôt moche qu'on lui imposait de placer sur le trajet des mariés. Très souvent à ses côtés, Neville souffrait silencieusement pour elle, lui lançant des regards pleins de compassion.
Narcissa Malefoy ne se serait jamais permis d'être indélicate avec un futur Lord.
Quant à Drago… Eh bien Drago souffrait visiblement d'un complexe d'œdipe absolument pas du tout surmonté puisque chaque parole de sa mère était parole de loi, ainsi si la sorcière disait qu'Hermione serait mieux derrière un arbuste en pot, alors ce serait le cas. Point final.
Hermione se nota mentalement dans un coin de sa tête de cesser de défendre ce sale gosse ingrat la prochaine fois qu'Harry le démonterait devant elle.
Heureusement l'arrivée de ce dernier sur le « champ de bataille », à savoir le jardin où avait lieu la cérémonie, détourna la maitresse de maison d'elle, pour s'agacer de l'absence du témoin du marié qui avait jugé sa présence inutile.
-Mère… Blaise a assisté à au moins dix mariages ces dernières années, expliqua Drago. Il sait parfaitement ce qu'il doit faire.
-Peut-être, mais qu'avait-il de plus important à faire ?
-Il m'a dit qu'il allait passer la journée avec Daphnée Greengrass. Apparemment elle a besoin d'être soutenue.
-Mais son mariage à elle est dans un siècle ! Il aura tout le temps de la soutenir d'ici là ! Oh, vraiment, vous les enfants avez besoin de vous montrer plus pragmatiques !
Et cela continua pendant le reste des répétitions. Un coup c'étaient les chevaux qui étaient trop remuants pour elle… bon il fallait dire que le cheval d'Harry avait quasiment assommé ce dernier en voulant lui faire un calin et qu'il avait été horriblement difficile de calmer Drago de son fou rire. Par la suite ce fut l'étalon de Lucius qui décida de piquer une crise et qui traina par terre Jean-Pierre qui avait la tâche de le tenir. Malheureusement personne ne se précipita pour le sauver, sa mère étant trop bien habillé, et tout ce que reçut comme aide le pauvre garçon, fut Lucius l'invectivant de ne pas blesser son cheval.
Neville et Hermione furent très heureux de ne rien avoir à faire, de près ou de loin, avec les équidés de la famille.
Puis ce fut l'orientation de la lumière qui ne lui convint pas et tout le personnel, pauvres elfes de maisons compris, dû démonter l'estrade et la décoration pour les remonter à un autre endroit.
Lorsque vint le milieu de l'après-midi, tout le monde soufflait d'agacement, mais rien ne semblait pouvoir empêcher Narcissa de scruter chaque détail avec attention. Et quand quelqu'un osait émettre une objection, il se recevait un :
-Je n'ai qu'un enfant et il ne se mariera qu'une seule fois dans sa vie !
-On se demande qui se marie au juste, persiffla Harry à Neville alors qu'ils étaient adossés contre un muret et que Narcissa organisait la haie d'honneur tel un commandant formant les rangs sur un champ de bataille.
Neville gloussa, mais Harry n'eut pas l'occasion de le suivre puisque son regard se focalisa soudain sur Arianne qui s'était à nouveau accrochée au bras de Drago. Grinçant des dents, Harry détourna le regard en se retenant de soupirer. Tout cela était stupide et vraiment malvenue à moins de vingt-quatre heures des vœux de mariage les unissant jusqu'à ce que la mort les sépare.
Il mourrait d'envie d'avoir une explication avec lui, sur ce qu'avait dit son père, ou pourquoi il lui en voulait encore, mais il n'arrivait pas un seul instant à être seul avec le blond. Si ce n'était pas Narcissa, c'était cette fichue Arianne qui collait le blond comme une bernicle à son rocher. La sale petite peste !
Depuis le début, elle s'arrangeait pour accaparer toute son attention lorsque Harry apparaissait, et si elle ne s'était pas montrée aussi… Malefoy, il aurait pu l'accepter et le comprendre, regarder cela avec détachement et compatir pour cette petite fille dont l'amour d'enfance allait se marier avec un autre et qui cherchait à profiter des derniers instants qu'il restait à ses rêves…
Parce qu'honnêtement, Harry n'avait pas à se sentir menacé par une préado dont la poitrine s'apparentait à deux œufs sur le plat.
Néanmoins, entre l'attitude de la gamine et la froideur de Drago, lui, il se sentait juste délaissé et il découvrait qu'il détestait ça ! Apparemment il y avait des effets de dépendance à la fréquentation de son fiancé, ce dernier l'avait empoisonné à petite dose jour après jour, vicieusement, et là Harry était en manque, comme un putain de toxico !
S'il n'avait eu aucune dignité, il serait allé ramper aux pieds de Drago pour le supplier de le pardonner, même si la raison de sa colère était débile et insignifiante, et de faire à nouveau attention à lui.
-Et dire qu'il n'est certainement même pas sincère avec moi. Je me fais pitié à moi-même… Marmonna-t-il in petto, avant de détourner vivement la tête lorsque Drago le fixa en fronçant des sourcils.
La situation était si compliquée ! Harry commençait à se sentir déchiré entre sa raison et son corps. Jusqu'à peu, les choses avaient été très simples : il se mariait juste pour contenter la Magie Ancienne, s'éviter de finir couvert de furoncles et dévoré par des rats, et Malfoy devait être un colocataire avec qui il partagerait Evangeline. Vraiment, c'était la meilleure chose à faire.
Mais maintenant… Maintenant il découvrait qu'il voulait plus.
Il voulait ce si intéressant et magnifique blondinet insupportable et apparemment inatteignable… Il n'était pas sûr de comment par contre. Ca restait flou. Et sa raison lui hurlait au contraire qu'il courait tout droit à sa perte s'il faisait ça.
Il avait vraiment besoin de vraies vacances.
Et il ne semblait pas le seul : Zabini arriva en fin d'après-midi, la mine sombre et pensive. Même Harry arrivait à voir qu'il se forçait pour sourire et rire.
La nuit tombait peu à peu et ils étaient à présent dans la salle de bal, Narcissa babillant au sujet des musiques prévues. Harry ne l'écoutait pas le moins du monde, fatigué d'avoir dansé trois fois sa valse viennoise qui lui sortait désormais par les yeux.
Et alors qu'il laissait son corps s'affaisser, deux bras l'attrapèrent sous les aisselles, le soulevant du banc où il était assis.
-Hein ?! Fit-il alors que les yeux se tournaient vers lui et les deux personnes à qui appartenaient les bras qui le tenaient très fermement, l'empêchant de se dégager.
Hermione et Neville qui semblait tout d'un coup très content d'eux.
-C'est l'heure ! Désolé on vous l'emprunte, gloussa Hermione alors que Neville trainait Harry hors de la pièce, vers la cheminée du hall d'entrée.
-Hein ? Quoi ? Emit le brun en regardant autour de lui, surpris de se faire kidnapper comme ça alors qu'au moins dix millions de raisons pour rester tranquillement à sa place la veille de son mariage lui apparaissait.
Ce fut cependant Narcissa qui réagit la première en leur courant derrière :
-Comment ça ?! Non ! Hors de question ! Vous me le ramenez ici immédiatement !
Elle avança jusqu'à Hermione, menaçante, même si celle-ci resta imperturbablement souriante.
-Ne vous en faites pas, on vous le ramène demain matin sans faute !
Blaise émit un ricanement railleur qui ne sembla pas de très bon augure à la blonde.
-Comment ça « demain matin » ?!
-Vous avez vos traditions, nous avons les nôtres, ajouta vite fait la gryffondor avant de se précipiter derrière Neville et Harry qui disparaissaient dans une gerbe de flamme verte.
-Mais… Mais… Mais… Qu'est ce que ça veut dire ?! S'exclama dans le vide Narcissa avant de se tourner vers le reste de la maisonnée comme s'ils pouvaient détenir la réponse.
En fait, oui, il y en avait bien un qui l'avait :
-C'est une tradition moldue, annonça Blaise après s'être raclé la gorge. On appelle ça : « l'enterrement de vie de garçon » si je ne me trompe pas.
Tout une série d'exclamations indignées, perplexes ou offusquées raisonnèrent dans la pièce. Ainsi qu'un : « Quoi, j'ai pas compris, ils vont enterrer quelqu'un ?! » suivi de « Quelqu'un est mort ?! » et de « Mais quels barbares ces moldus ! » et de « Mais quelle idée de faire ça avant un mariage ! ».
Lucius frappa le sol de sa canne pour retrouver un semblant de silence. Narcissa le remercia silencieusement avant de se rapprocher de leur source de savoir actuelle :
-Et savez-vous, Mr Zabini, en quoi cela consiste exactement ? J'espère qu'il n'y a rien de salissant ou de dangereux là-dessous…
Le jeune homme savait qu'il était sur une pente glissante et il jeta un petit regard contrit à Drago qui le fixait d'un air menaçant, les yeux à demi ouvert comme s'il projetait d'aller lui-même enterrer quelque chose cette nuit : lui.
-Eh bien… D'après ce que j'ai compris, cela consiste à faire la fête jusqu'au matin, à boire beaucoup d'alcool et je crois qu'il est aussi coutume de faire appel à des stripteaseuses parfois...
Narcissa émit un petit son, comme un chat s'étranglant avec une boule de poil. Drago à côté avait l'air d'avoir avalé quelque chose de particulièrement mauvais
-o-O-o-O-o-
Harry eut juste le temps de serrer les dents et de fermer les yeux, goutant à l'inconfort du transport.
Quand il les rouvrit, ils se trouvaient dans une pièce très faiblement éclairée, au point qu'il n'aurait pas réussi à distinguer les murs sans la lumière verte des flammes de l'âtre qui disparurent et les laissèrent dans la pénombre.
-Euh… Qu'est-ce qu'on fait là ? Demanda-t-il, perdu.
Plutôt que de lui répondre, Hermione sortit sa baguette et fit virevolter l'extrémité vers elle, changeant ses sages vêtements moldus en une petite robe rouge très ajustée qui mettait en valeur ses attributs, avant de continuer et de relever magiquement ses cheveux en un gros chignon bouffant. Les garçons admiraient généralement les capacités qu'avaient les filles à faire ce genre d'ajustement sur elles.
Harry n'obtenait jamais la couleur qu'il voulait et la dernière fois qu'il avait essayé d'avoir un pantalon droit, il était trop court de quinze bons centimètres.
Inutile de dire qu'il n'avait jamais osé approcher sa baguette de ses cheveux en dehors des salles de classes. Cela lui semblait vraiment trop dangereux.
Neville était dans le même cas que lui puisqu'il préféra se changer manuellement dans un coin.
Harry se retrouva quelques minutes les bras ballants avant qu'Hermione ne vienne s'occuper de lui :
-Lève les bras Harry.
-Mais…
-Fais juste ce que je te dis !
Soupirant, il s'exécuta. Sous ses yeux ses vêtements se métamorphosèrent, passant d'un épais sweat-shirt à une chemise italienne noire au-dessus d'un maillot de corps blanc que l'on voyait légèrement grâce aux boutons du col ouvert. La chaine épaisse que lui avait offerte Hermione ressortait sur l'ensemble tandis que son jogging était changé en un jeans bleu foncé très étroit. Heureusement le tissu était plutôt flexible.
-En quel honneur ?
-Tu ne vas pas tarder à le savoir, annonça Neville qui avait fini de s'apprêter. Mais avant, nous devons te prendre ta baguette.
-Pourquoi ?! S'indigna Harry qui n'était pas chaud à l'idée de se désarmer alors qu'il ne savait même pas ce qui l'attendait.
-Par mesure de sécurité, il n'y a que moi, Fred et Neville qui gardons les notre.
*Mesure de sécurité ?! Fred ?!* Tout cela ne le rassurait pas plus.
-Cesse donc de palabrer Harry ! Plus tôt tu nous donneras ta baguette, plus tôt tu sauras ! Raisonna Hermione avant de lui faire un clin d'œil : en plus tu sais que je ne ferais jamais rien qui te mettrait en danger !
-Mmmm… Pas faux…
Avec réticence, il céda sa baguette à Neville qui la fit disparaitre il ne savait où. Ses dents crissèrent : il se sentait si nu sans elle ! Et c'était encore pire avec ce pantalon qui le moulait comme une seconde peau !
Très méfiant, il se fit trainer le long d'un couloir par ses deux amis qui rayonnaient de joie mais restaient muets comme des tombes.
Puis, sans préavis, Harry fut soudain jeté dans le vide et les ténèbres.
Il n'eut même pas le temps d'ouvrir la bouche pour crier que trois projecteurs s'allumèrent dans un grand bruit et qu'il était rattrapé par au moins une dizaine de bras. Etalé sur une mer de main qui hurlaient et criaient « SURPRISE !» de façon désordonnée.
Les yeux grands ouverts, il tenta d'appréhender la centaine de visages tournés vers lui, volant d'une tête à l'autre avec enthousiasme même s'il ne comprenait pas encore ce qu'il se passait.
Puis trois petits vifs d'or vinrent voleter devant lui et alors qu'ils s'envolaient ailleurs à toute vitesse, Harry ouvrit la bouche, ébahit, reconnaissant enfin le stade Victoria.
-Mais… ! Mais… !
Au même moment ses porteurs le ramenèrent doucement sur terre ferme, l'un d'eux d'ailleurs tâtant plus que nécessaire son fessier… ou plutôt l'UNE d'eux, puisqu'il reconnut Katie Bell qui lui tira la langue d'un air taquin. Les trois autres étaient Lee Jordan, Fred Weasley et Angelina Johnson.
Sans réfléchir, il profita d'avoir ses deux pieds sur une surface plane pour les enlacer vivement tous les quatre. S'il avait revu « Fred » récemment, cela faisait pour certain deux ou trois ans qu'ils n'avaient pas eu de contact, quand bien même ils avaient été dans la même maison et même pour les deux filles, dans la même équipe.
Et rapidement, il se retrouva à échanger une bourrade virile avec Olivier Dubois avant d'être attiré par d'autres personnes. Entretemps une chanson à la mode avait envahi le stade et Seamus lui avait mis d'autorité un verre d'il ne savait quoi entre les mains et une assiette en carton contenant une part de quiche. Autour de lui semblait se trouver l'intégralité de Poudlard qui dansait, se restaurait ou discutait, le saluant d'un geste de la main pour les simples connaissances ou venant l'aborder pour ceux qui étaient plus proches.
Il ne savait toujours pas ce qu'il faisait là mais s'en fichait désormais, tout à sa joie d'être entouré des personnes qu'il avait fréquenté durant sa scolarité.
Il nota néanmoins qu'à part Melody Flint, aucun serpentard n'était présent et la jeune femme maquillée et apprêtée n'avait plus rien à voir avec sa psy, surtout lorsqu'elle enchaîna son troisième verre de cocktail sous le regard inquiet de son petit ami.
-Alors ? Qu'en dis-tu ? Lui demanda Hermione en haussant un peu la voix pour se faire entendre, éjectant par la même occasion une Romilda Vane qui pleurait sur son épaule au sujet de son mariage et de ses sentiments pour lui.
-SUPER ! Fit-il. Mais c'est pourquoi ?
-Gros bêta, c'est ton enterrement de vie de garçon ! C'est pour ça que Seamus, Neville et moi on court partout depuis le début des vacances ! Fred nous a aussi bien aidés !
A ces mots plusieurs feux d'artifices illuminèrent le ciel formant un grand H pétillant et Harry sentit son visage chauffer d'émotion et ses yeux s'embuer de reconnaissance. Aussitôt, sans réfléchir, il sauta au cou d'Hermione, la serrant fortement contre lui pour essayer de lui faire passer toute sa gratitude.
Cela faisait une semaine, et bien plus s'il était honnête, qu'il était sous pression, et il savait qu'il n'allait pas s'amuser du tout demain. Alors cette fête était plus que la bienvenue.
-Wooh… Fit Hermione quand il la lâcha.
Pendant un instant elle ne sembla plus savoir où se mettre mais Seamus revint s'engouffrer entre eux deux, très joyeux, agrippant le brun pour lui présenter d'autres personnes.
Harry se laissa donc trainer sans rien dire, portant à ses lèvres le contenu fruité de sa coupe.
-Hum, ce punch est plutôt traitre… Entendit-il au passage, et il reconnut Cho à qui il fit un petit signe de la main qui lui fut renvoyé timidement.
En moins de temps qu'il lui en fallut pour le réaliser, il était au milieu de joueurs, comprenant Viktor Krum qui avait fait le déplacement, et eut droit à un spectacle d'acrobatie sur balais qu'il voulut bien évidemment agrémenter de ses propres figures tant qu'il était encore sûr de ses réflexes.
Tout à ses discussions, il remarqua à peine le temps qui passait, comme les musiques, notant à peine distraitement qu'ils étaient passés à un registre moldu puisqu'il lui sembla reconnaitre « Gimme Gimme Gimme » d'Abba. Il continuait aussi à enchainer les verres puisque Seamus le laissait à peine quelques minutes avant de lui refiler une nouvelle louchée de son cocktail. Ce dernier était si excité que personne ne savait si c'était son état naturel en fête ou s'il était complétement saoul. Dean qui avait tenté de le modérer au début de la soirée avait complétement baissé les bras et se contentait de constater la déchéance de l'intérieur d'un des fauteuils moelleux qui se trouvaient dans divers coins du stade, faisant semblant d'écouter une Luna complétement hermétique à l'ambiance.
Hermione avait aussi complétement disparu de sa vision depuis un moment, mais Harry ne s'en faisait pas, avalant une nouvelle gorgée en gloussant à l'imitation de Rogue qu'avait improvisée Terry Boot. Neville était lui plus qu'occupé à danser coller serré avec Hannah-tous deux semblant dans leur propre petit monde.
Levant la tête, Harry inspira profondément l'air de la nuit, un sentiment d'extase envahissant tout son corps alors que son cerveau était momentanément vidé de tous ses soucis. Il n'était plus ni sauveur, ni fiancé, ni gendre, ni même père en cet instant. On lui aurait parlé d'Evangeline qu'il aurait demandé qui elle était.
Il était juste un jeune sorcier insouciant comme toutes les autres personnes l'entourant et lorsqu'il fut attrapé et jeté sur une chaise, encerclé par un Seamus qui commençait à se déshabiller au rythme de la musique, il rit comme les autres de la performance et laissa les taquineries sur « lui allant se taper un mec » passer loin au-dessus de sa tête.
Sobre, il aurait tout simplement détesté ça… Mais là, tout ce que cela réveillait en lui, c'était l'entêtante et stupide obsession au sujet du fait qu'il ne pourrait plus embrasser des filles.
Alors que dans un étrange phénomène temporel il se découvrait en train de danser avec Morag, il bloqua son regard sur les deux lèvres, bien dessinées, presque en cœur, d'un rouge bordeaux audacieux et n'eut plus qu'une seule envie : les porter aux siennes.
D'ailleurs c'était ce qu'il faisait. Il goutait le gout presque caractéristique des rouges à lèvres et presque aussitôt le remplaçait par celui des fruits exotiques et de l'alcool quand sa langue se retrouva contre celle de la jeune fille.
Il aurait dû s'inquiéter que son esprit zappe des minutes entières de son existence et de perdre le contrôle de son corps, mais actuellement il ne voyait pas le problème.
C'était bon. C'était ce qu'il voulait faire après tout ? Il y pensait et… Voilà, il le faisait.
Il se détacha de Morag et celle-ci lui sourit doucement avant de glousser et de rougir. Harry avait aussi un énorme sourire aux lèvres, très content de lui-même.
Aussitôt, il regarda autour de lui et chercha une autre fille.
Il n'avait plus beaucoup de temps. Il avait jusqu'à demain. Il devait y avoir là au moins une cinquantaine de filles à embrasser entre temps.
-o-O-o-O-o-
On pouvait presque dire que les motivations d'Hermione étaient similaires à celles d'Harry. Presque. Déjà parce que, elle, n'était pas sous l'influence de l'alcool, refusant systématiquement tout ce que cherchait à lui refiler Seamus en faisant les gros yeux.
Elle se réjouissait d'avoir prévu un gros stock de potions contre la gueule de bois et priait pour qu'ils n'aient pas de coma éthylique dans le lot.
Non, elle, était à la chasse d'un mâle.
Ou se persuadait qu'elle pouvait être à la chasse d'un mâle tellement cela lui semblait peu naturel. Elle avait pourtant pris le soin de s'habiller de façon plus sexy que d'habitude, dévoilant bien plus que d'habitude son honorable décolleté… Mais alors que d'autres filles de son âge n'hésitaient pas à presque sauter sur les genoux des garçons, se collant voluptueusement à eux en leur susurrant elle ne savait quoi à leurs oreilles, toute pleine d'une féminité sans complexe, Hermione était plantée à proximité de la piste de danse, cherchant à jeter son dévolu sur l'un des individus.
Mais comment pouvait-elle ainsi choisir uniquement sur le physique ou sur le peu qu'elle savait de ses camarades de classes ? En cet instant elle regrettait de ne pas avoir écouté plus attentivement Hannah et ses commérages, parce qu'elle ne pouvait pas savoir si le grand châtain clair de droite était un imbécile complet ou si le blond au nez grecque était un futur pervers narcissique qui la laisserait au bord de la dépression nerveuse…
Hermione n'avait jamais été une grande sociable. OK, elle était prête à aider n'importe qui, mais seuls Harry, Ron et Neville avaient eu envie de voir plus loin que ce qu'elle montrait. La plupart du temps les gens la considéraient comme une espèce de souris, discrète, légèrement agaçante et sans importance, et même son nouveau statut d'aide-au-Sauveur n'avait pas vraiment changé cet état de fait.
Rougissant d'être en ce moment même encore ignorée malgré ses efforts, se sentant humiliée et plutôt mal dans sa peau malgré sa Elle-Intérieure qui levait dédaigneusement le nez en lui disant qu'elle valait mille fois mieux que ces petites aguicheuses sans pudeur, elle voulut se réfugier dans un coin pour lécher ses plaies.
Une main l'en empêcha, se posant pesamment sur son avant-bras.
Tournant vivement la tête, elle découvrit Viktor qui la regardait avec attention et son éternel sérieux.
-J'ai manqué ne pas te reconnaitre, affirma t'il avec son accent slave. Her-mi-one, tes cheveux sont noirs maintenant.
Les joues de la jeune fille se colorèrent à nouveau, mais plus pour la même raison, et elle repoussa une boucle derrière son oreille.
-C'est une teinture…
Evidemment elle était au courant de sa présence puisque c'était elle qui l'avait invité. Elle avait été au début un peu embarrassée de lui envoyer à nouveau un message après avoir fait silence radio pendant presque 3 ans, mais Viktor n'avait rien laissé transparaitre dans sa réponse indiquant qu'il était en colère. Juste sa surprise au sujet de la nature de la future moitié d'Harry.
-Tu as maigri aussi, constata t'il en posant un doigt sur l'os de la pommette, encore un peu saillant malgré ses efforts pour ne plus avoir l'air d'un squelette ambulant.
-L'année dernière a été plutôt difficile, marmonna-t-elle alors que l'homme n'avait pas retiré son index, dessinant même légèrement le creux de sa joue, les yeux toujours graves.
Hermione se rappela alors qu'il avait toujours été plus tactile que verbeux.
-Je sais, se contenta-t-il d'affirmer avant de prendre apparemment sur lui pour continuer de parler : 'ai appris ce qui t'étais arrivé à toi et à Harry. Tu as été très courageuse.
Le compliment lui alla si droit au cœur qu'elle oublia de lui rappeler que Ron était là aussi et de se demander s'il avait fait exprès de l'oublier. Très peu de personne avaient complimenté son courage, lui préférant son intelligence, et pourtant, rien ne lui faisait plus plaisir que les gens se rappellent qu'elle avait été envoyé à Gryffondor pour de bonnes raisons, et pas à Serdaigle.
C'est pourquoi le voyant s'approcher et l'envelopper de sa solide carrure, Hermione passa outre sa timidité pour lui voler un baiser.
Ce n'était pas la première fois qu'elle touchait ces lèvres. Viktor avait été son premier baiser quand elle avait 15 ans, et comme à l'époque, il était très doué pour la remonter dans son estime personnelle, doux, précautionneux, comme si elle était faite du plus précieux et fragile cristal.
Elle choisit d'oublier pour la nuit tout ce qui avait fait qu'elle n'avait pas continué sa relation avec lui et lui avait préféré Ron.
Et tout alla très bien le reste de la soirée. Protégée et choyée par le regard d'aigle du bulgare qui ne la lâchait véritablement pas des yeux, l'écoutant parler avec attention comme s'il ne pouvait se lasser du son de sa voix. Elle se laissa même à se reposer contre lui sur un fauteuil, sa joue contre son corps éminemment masculin.
Du moins jusqu'à ce qu'elle pousse un glapissement d'horreur en voyant Harry partager sa salive avec Romilda Vane. Entre toutes !
Se levant brusquement à la surprise de son compagnon, elle chercha des yeux Neville qui était censé le surveiller et ne le trouva absolument nulle part.
Ni une ni deux, elle fut sur le couple et arracha Romilda qui semblait vouloir fusionner avec son meilleur ami plus fortement qu'une moule à son rocher.
C'était plutôt dégoutant au passage.
Sans écouter le moins du monde les imprécations de la brune, elle tourna Harry vers elle. Il cligna bêtement et lentement des yeux, semblant avoir du mal à la reconnaitre, avant de lui adresser un grand sourire idiot.
-Eh salut Hermione ! Chantonna-t-il comme s'ils ne s'étaient pas vus de la journée, avant de l'agripper par une épaule. Eh, je ne t'ai pas encore embrassé, pas vrai ?
-Oh putain ! Lâcha Hermione alors qu'il approchait son visage du sien.
Elle l'évita de peu avec un grand mouvement sur le côté et le laissa se manger le sol, sachant que c'était mieux que le poing de Viktor dans son nez – son flirt de la soirée n'avait pas perdu une miette des évènements et eut un rictus satisfait au sort du Sauveur sorcier- et mieux qu'elle se faisant baver dessus par son presque frère.
-Maieuuuuh… Aïeuh, termina t'il avec un temps de réaction digne d'un mollusque.
Hermione l'ignora.
-Que Merlin m'en soit témoin, je vais tuer Neville.
-Dis 'Mione, il est où Ron ? Hein ? Dis ?
-Pourquoi, tu veux l'embrasser lui aussi ? Le coupa t'elle sèchement avant de tomber sur son regard vert perdu et de s'adoucir.
Evidemment qu'il se demandait pourquoi son meilleur ami n'était pas à sa fête… Même si c'était juste parce que son état l'empêchait de se rappeler qu'ils s'étaient disputés.
Enfin le moment larmoiement devait être terminé car Harry se relevait déjà pour trébucher sans doute vers une autre victime. Hermione le renvoya aussi sec à terre.
-Toi tu restes là et tu ne bouges pas. Tu comprends ? Interdiction de bouger ou d'embrasser qui que ce soit jusqu'à mon retour !
Elle et Viktor partirent donc chacun de leur côté à la recherche du témoin du marié négligeant. Tâche ardue au milieu d'une foule qui ne cessait de bouger et qui apparemment débordait encore d'énergie à presque une heure du matin.
Seamus n'avait pas dû mettre que de l'alcool dans son breuvage maudit.
Finalement Hermione finit par découvrir Neville dans un fauteuil, sa langue presque au fond de la gorge d'une Hannah à moitié déshabillée.
Se massant le point entre les sourcils, elle tenta de réfréner ses pulsions, son envie de prendre sa baguette et de les transformer tous les deux en poissons rouges. Inspirant profondément un oxygène à présent saturé de relents d'alcool et de transpiration, elle gonfla ses poumons pour leur hurler dessus.
-o-O-o-O-o-
Harry resta assit trois minutes avant de se rappeler qu'il n'avait pas encore embrassé Luna.
-o-O-o-O-o-
Luna subit l'agression de façon très lunesque. Elle ne recula pas, elle ne montra aucune peur. Elle tourna juste la tête au dernier moment pour que les lèvres de son ami viennent frapper sa joue.
-Maieuuuh c'est de la triche ! Bouda Harry avec une moue de gamin.
Elle lui tapota gentiment la tête comme pour le consoler. C'était même probablement le cas. Luna était toujours SI instinctive.
-Tu ne te souviendras probablement d'aucun de ces baisers, affirma-t-elle. Mais ne t'en fait pas, tu te souviendras assurément des siens.
Il inclina la tête, perplexe.
-Mais ça ne va pas arranger votre fusion, conclut-elle bizarrement comme si elle lui faisait les prévisions météo.
Elle le regarda partir, déambulant sans se rendre compte de la proie facile qu'il représentait actuellement pour les filles qui avaient bien compris qu'un buffet de baiser gratuit du Sauveur s'était ouvert. Ne pouvant rien faire pour lui, elle haussa des épaules et regarda Dennis Crivey le flasher de photos d'une façon que n'aurait pas démentie Colin.
Oh oui, il y allait en avoir un qui aurait un mauvais réveil demain. Et injustement, ce ne serait PAS Harry…
-o-O-o-O-o-
Drago fronça les sourcils face à la combinaison de cartes que Blaise venait de dévoiler sur la table, puis s'en désintéressa presque aussitôt pour replonger dans ses pensées.
-C'est pas possible, t'as une vrai chance de cocu ! S'indigna pour sa part Pansy alors que le brun ramenait à lui les mornilles jetées au centre de la table.
La remarque lui fit néanmoins grincer des dents pour des raisons qui lui étaient propres. Etaient rousses aux yeux bleus et l'avaient rejeté par plus tard que cet après-midi.
Sur la table les cartes se réunissaient déjà en un paquet et se mélangeaient, prêtes à se redistribuer.
-Alors ? Encore un tour ?
Blaise fixait Drago, conscient que ce dernier avait déjà décroché. L'objectif de sa présence à lui et à Pansy était pourtant de lui changer les idées, mais il n'était vraiment pas aidé :
A nouveau la sorcière était en train de se plaindre.
-Tu parles d'une Contre-Party ! C'est fou ce qu'on s'amuse ! Ironisa-t-elle. Quand je pense qu'ils sont tous en train de faire la fête sans nous ! C'était la pire chose qu'ils pouvaient nous faire, à nous les serpentards !
Si c'était possible, elle semblait encore plus affectée par l'enterrement de vie de garçon d'Harry que Drago. Pas pour les mêmes raisons évidemment.
-C'est certain, on va être complètement hors-coup en rentrant à Poudlard ! Ils vont tous parler de ce qui s'y sera passé ! Les couples auront changés, peut-être même que des scandales vont éclater… C'est encore pire que le jour où j'ai été obligée de louper les cours pendant deux jours à cause de la grippe que m'avait refilé Drago ! Quand je suis revenue au dortoir, je comprenais plus rien de ce que disaient Millie et Daphnée !
-Mais oui mais oui, c'est dramatique… Marmonna Blaise, blasé.
-Oui… Et puis pense à tout ce qui peut arriver dans ce genre de situation… Y alla de son ton funèbre Drago.
-Absolument tout ! Approuva férocement Pansy qui semblait n'avoir pas du tout compris pourquoi elle était là.
Blaise se rabattit sur un solitaire en laissant les deux autres se pleurnicher dans les bras et faire leur drama queen. Lui ne pensait pas le moins du monde que des choses si sérieuses puissent se passer en ce moment à Victoria Park.
Mais il fallait dire que Blaise Zabini, malgré son côté cool de prince des glaces et les turpitudes de sa mère, n'en était pas moins un petit bourgeois couvé. Il aurait été des plus décontenancé à l'heure actuelle s'il avait pu voir ce qu'il se passait actuellement à Londres.
-o-O-o-O-o-
Les choses avaient bien commencée pour Lavande. Avec la foule et le grand nombre d'anciens et d'actuels étudiants à Poudlard, personne n'avait réalisé qu'il était bizarre qu'elle soit là. Dans la lumière clignotante des projecteurs du stade et des autres jeux de lumières magiques, on remarquait à peine ses changements.
Elle put ainsi discuter plusieurs minutes avec Dean, puis était tombée sur Megan Jones et Hannah Abbot à qui elle avait réussi à pondre un mensonge au sujet de son absence. Dans les faits peu savaient au sujet de sa lycanthropie, dont malheureusement sa meilleure amie, Parvati, et sans doute sa sœur jumelle, Padma, qu'elle se fit un devoir d'éviter.
Et pourtant, comme elle aurait aimé… En attendant, comme les deux poufsouffles rejoignaient leurs petits copains, elle partit danser avec un groupe de serdaigle, en profitant pour commencer à flirter avec Anthony Goldstein.
Les garçons au moins ne posaient pas de question. Ils se fichaient comme de leur première paire de chaussette de ce qu'avait pu faire Lavande ces derniers mois.
Quant à Lavande, elle se fichait de qui posait ses mains sur elle, du moment qu'elle pouvait se sentir à nouveau désirable dans une douce illusion offerte par la magie et la mauvaise luminosité.
Elle avait complètement oublié qui se trouvait derrière elle, léchouillant son cou et pelotant ses fesses quand tout partit à vau-l'eau. Il y avait pas mal de pestes dans Poudlard. Mais de pestes qui n'étaient pas à serpentard et qui connaissaient Lavande, il n'y en avait pas beaucoup, si ce n'était une qui venait de subir un méchant revers.
On pouvait prétendre ce que l'on voulait au sujet de Romilda : Oui, elle était obstinée, oui, elle avait du mal à entendre les « non » quand elle voulait un « oui », et n'hésitait pas à choisir des solutions drastiques pour arriver à ses buts. Le fait était qu'elle était belle et bien amoureuse d'Harry, même si c'était de cette façon qu'ont les groupies de l'être, sans rien savoir, en fantasmant tout, et les fiançailles de ce dernier avec Malefoy l'avait rendu très malheureuse.
Mais ça n'avait pas pour autant réussi à lui faire oublier ses sentiments et ses espoirs. Il y avait donc quelques minutes, elle était en train de vivre le plus beau des rêves lorsque Harry avait surgit de la foule, l'avait attrapé par la taille avec fougue et l'avait embrassé devant tous.
S'était-il rendu enfin compte de ses sentiments pour elle ? Aurait-elle enfin son conte de fée qui se réalisait ?
Puis Granger était arrivé et avait piqué une crise en les séparant. Romilda n'avait pas eu d'autres choix que de s'éloigner alors que son Harry la fixait avec incompréhension et ce qu'il lui semblait être une ombre de tristesse au fond de ses yeux.
Bref, Romilda avait vraiment besoin de déchainer la haine qu'elle ressentait au fond d'elle sur quelqu'un. Il se trouva qu'elle repéra alors Lavande Brown sur la piste de danse.
Et son état de frustration semblait lui avoir donné un filtre anti mauvaise lumière car ses yeux sombres passèrent aussitôt tous les moindres petits défauts de la blonde en revue.
-Mais regardez-moi ça… Pouffa-t-elle à ses amies. Je me demande combien de verres a bu Frederick pour peloter un tel cageot…
Evidemment, pour se faire entendre de toutes au-dessus de la musique, elle fut obligée de hurler, et donc tout le monde aux alentours en profitèrent. Lavande se crispa brutalement alors que ledit Frederick s'éloigna brusquement.
-Oh pardon Brown ! J'avais pas vu que c'était toi ! Continua Romilda avec hypocrisie. Avec la paille qui te sert de cheveux et la maigreur de tes bras, je t'ai confondu avec un épouvantail !
La blonde baissa la tête, les larmes commençant à perler au coin de ses yeux, et serra fortement les dents comme elle se retrouvait incapable de répliquer quoique ce soit. Qu'aurait-elle pu dire d'ailleurs ? Romilda était une très belle fille aux longs cheveux noirs brillants, à la peau d'un doux café au lait et le corps possédant de voluptueuses formes qui avaient toujours fait rêver les garçons. Même quand Lavande était encore… Lavande, elle ne lui arrivait pas à la cheville.
*Non, je ne pleurerais pas… Non… Ça lui ferait trop plaisir…*
-Avoue quand même que tu as énormément changé, insista lourdement Romilda en se rapprochant d'elle. D'ailleurs où étais-tu durant tout ce tem… AIARRGGGHH !
La brune lui avait attrapé une mèche de cheveux blonds pour la repousser en arrière et voir mieux son visage quand elle poussa un cri étranglé en reculant d'un bond comme si elle avait peur d'attraper une maladie contagieuse.
Lavande sauta aussi arrière, affolée, alors qu'elle devinait trop bien que son sort de dissimulation avait disparu. Les visages dégoutés des quatre filles devant elle ne lui laissait pas beaucoup d'espoir quant au fait de se tromper.
-Qu'est-ce que…
-Aaah c'est horrible…
-Huh…
Remise de sa surprise, Romilda pouffa avant d'éclater de rire bruyamment.
Désespérée, Lavande plongea en plein dans la foule, les mains devant son visage pour le cacher, des larmes dévalant à présent ses joues. Tout ce qu'elle avait craint… Tout ce qui l'avait fait se cacher dans sa chambre de Ste Mangouste… était en train de se réaliser. Et en moins de temps qu'il en faudrait pour sortir d'ici, tout le monde saurait au sujet de « Lavande le monstre ». Pour avoir été une commère, elle savait à quel point une information pouvait voyager vite.
Elle aurait mieux fait d'écouter Bill…
Tout à son malheur, elle ne regardait pas vraiment où elle allait, apercevant ici et là des visages vagues et se détournait avant de voir le dégout se peindre sur leurs traits. C'est ainsi qu'elle plongea tout droit dans quelqu'un.
-Ouh… Hé ! Fit une voix masculine alors que des bras venaient l'enlacer.
*Non !* Pensa t'elle en essayant de se dégager. *Ne vois pas mon visage… Ne vois pas…*
Elle ne put terminer sa pensée car ses yeux tombèrent sur deux émeraudes brillantes qui n'avaient pas leurs pareils.
-Hey ! Lavande ! S'exclama Harry avec un grand sourire.
Elle cligna des yeux, surprise, mais son ancien camarade de classe ne la repoussa pas avec horreur alors qu'il était pourtant à quelques centimètres de ses cicatrices. Impossible de les rater à cette distance.
Il semblait au contraire totalement ravi de l'avoir là, et avant même qu'elle comprenne, il attira son corps contre le sien et l'embrassa. Lavande gémit doucement alors qu'une chaleur réconfortante envahissait son corps, loin de la froide horreur qui l'avait habitée. Harry avait un gout de fruit et d'alcool – un gout d'interdit – et il semblait se donner complètement, se perdant autant qu'elle dans l'étreinte humide de leurs langues. Et il était si chaud, tout, son torse et ses doigts qui jouaient sur sa nuque et semblaient effacer le contact des autres garçons sur cette zone.
Possessif.
Quand il s'éloigna pour pouvoir respirer, il plongea dans son regard, les yeux mi-clos, prédateur, l'une de ses mains la maintenant par l'arrière de sa tête.
- Merci, susurra-t-il.
Puis il la lâcha et replongea dans la foule, la laissant pantelante et à court de souffle. Elle le suivit des yeux jusqu'à ce qu'il disparaisse, se demandant ce qui avait bien pu se passer. Puis le calme vint la happer brusquement, semblant assourdir la musique et toute l'ambiance générale de la fête.
Tout d'un coup elle se fichait bien d'être plantée au milieu de plein de personnes qui pouvaient la voir, les cicatrices à découvert. Elle s'en fichait car Harry les avait vues et il lui avait souri…. Parce que Harry l'avait touché, l'avait embrassé.
Et ça seul comptait.
De nouvelles larmes vinrent couler sur ses joues, mais cette fois-ci elles étaient dues uniquement au bonheur qu'elle ressentait.
-Non Harry. Merci à toi.
Elle quitta le stade sans un regard arrière et ne fut pas du tout surprise de découvrir Bill qui l'attendait de l'autre côté du chemin.
-Est-ce que ça va ? Lui demanda-t-il en venant vers elle, inquiet, avant de s'arrêter, surpris par le sourire rayonnant qu'elle lui renvoya en réponse.
-Ca ne pourrait aller mieux.
Il pouvait pourtant voir les sillons humides qui maculaient son visage, mais préféra se taire car à cet instant Lavande semblait plus solide qu'un arbre centenaire.
-J'ai décidé que je voulais avancer, déclara-t-elle.
-J'atteins des sommets de surprises là ! Clama Bill alors qu'ils remontaient le chemin côte à côte. Et qu'est ce qui t'a donné envie de sortir de ton trou ?
-Ah ! C'est un secret ! Musa Lavande en posant néanmoins ses doigts sur ses lèvres.
Comme pour essayer de rattraper ce qu'il restait du baiser de Harry.
Ayant du mal à redescendre de son petit nuage, elle mit un certain temps avant d'aviser le sac en papier que tenait le jeune homme.
-Et toi ? Comment as-tu réussi à sortir en pleine nuit sans te faire écharper par les serres de ta diabolique épouse ?
Il souleva le sac, l'air penaud.
-Fleur a eu une brusque envie de tarte aux fraises…
-C'est pas un peu tôt pour les envies de femmes enceintes ?
-Si. Je crois juste qu'elle s'inquiétait aussi pour toi.
-Alors là, c'est le fond du trou…. Gémit d'horreur Lavande.
L'éclat de rire de Bill forma une excellente fin pour cette étrange, mais ô combien fructueuse soirée. Aucun des deux ne se doutaient alors un instant des conséquences qu'elle aurait des années plus tard.
Puis Lavande finit par lancer dans la nuit la question qu'elle aurait dû poser depuis un bon moment :
-Au fait… Il se marie avec qui Harry ?
-o-O-o-O-o-
Certaines personnes avaient cependant à faire avec des événements tragiques bien plus actuels.
Hermione émit un gargouillis d'agacement en découvrant l'endroit où elle avait laissé Harry complètement vide.
-Où est-il ? Lâcha innocemment Neville, poussant un « gasp » d'horreur lorsqu'Hermione se retourna vers lui, furieuse.
-Il serait là où il devrait être si seulement son témoin l'avait surveillé !
-Oui ! Oui ! Je sais ! Je suis fautif ! S'écrasa le châtain.
-A mon avis, le seul coupable c'est Seamus et son punch de la mort, le défendit Hannah en attrapant son bras. A se demander comment un gars qui n'avait que des notes pourries en potion peut aussi bien combiner des philtres énergétiques avec des élixirs d'euphorie…
-Il fait ses propres expériences dans la grange de ses parents, lui répondit Neville alors qu'Hermione scrutait la foule du regard.
Elle fut heureuse de voir Viktor s'en dégager pour se planter devant elle, l'air inquiet :
-J'ai vu Harry là-bas, c'est normal ?
-Non ! Ca ne l'est absolument pas ! Que faisait-il ?
-Il se faisait trainer par une fille vers les toilettes, lui apprit-il. J'ai trouvé ça bizarre parce que c'est les toilettes des filles…
-DOUX GODRIC !
Elle se tourna vivement vers Neville et Hannah qui recommençait à roucouler comme s'ils étaient seuls au monde et les apostropha pour qu'ils la suivent. Elle revint alors sur Viktor, chagrine et un peu honteuse :
-Je suis désolé de te faire subir ça, je sais que ce n'est pas marrant mais…
-Mais Harry va se marier demain et vous êtes ses responsables, la coupa le bulgare en fronçant les sourcils. Je suis heureux de pouvoir t'aider Her-mi-one.
Avec un petit sourire d'excuse, elle entraina tout son groupe vers les toilettes et chercha un couple de pieds par l'anfractuosité entre le sol et les portes. Des gloussements stupides l'aidèrent cependant, lui facilitant la tâche, et sans se préoccuper de ce qui pouvait se passer derrière la porte, elle sortit sa baguette pour la déverrouiller.
Le spectacle la laissa un moment sans voix et elle blanchit vivement.
Puis un énorme :
« PARVAAATIIIII ! »
indigné retentit un instant au-dessus de « Ain't No Mountain High Enough », faisant se lever la tête des danseurs.
Dans les toilettes, tout le monde avait porté ses mains à ses oreilles pour s'épargner les tympans, même Parvati qui jusqu'ici avait été plutôt occupé à baisser le boxer d'Harry.
Le « couple » semblait complètement déphasé entre Harry qui tout d'un coup réalisait que s'il avait froid aux jambes c'est parce qu'il n'avait plus son pantalon, et Parvati qui gloussait bêtement, la joue collée sur une des cuisses de sa proie.
-Encore une victime de Seamus, constata platement Neville.
Alors Hermione le transforma en plante verte, étant arrivé au point de rupture de ce qu'elle pouvait supporter.
Hannah hurla et piailla en voyant ce qu'elle avait fait de son petit copain et Viktor se fit une note mentale « Ne pas pousser Her-mi-one à bout ».
Il n'empêchait que c'était une superbe démonstration de magie.
-Hermione ! Pourquoi tu as fait ça ?! Finit par vocaliser clairement Hannah.
-Je lui ai donné l'apparence de son utilité actuelle.
-… ?!
Elle se détourna de la blonde qui ouvrait et refermait silencieusement la bouche et vint attraper le bras de Parvati pour la relever.
-Roooh Hermioooneuuuh, tu es une telle rabat joie ! Bouda Parvati quand elle la poussa sur Hannah pour pouvoir s'occuper de Harry, toujours assis sur sa cuvette des toilettes, fusillant son pantalon à ses pieds du regard comme s'il venait de l'insulter personnellement.
-J'espère que tu réalises Parvati que tu étais quasiment en train de violer Harry là ? Il ne faut pas être très observateur pour voir qu'il est complétement à côté de ses pompes ! (puis se tourna vers son ami) Harry gronder ton pantalon ne le fera pas remonter jusqu'à tes hanches !
Le brun grommela dans sa barbe et commença maladroitement à se remettre debout. Immensément compatissant, Viktor vint l'aider à se rhabiller.
*Pitié faites que Malefoy n'apprenne jamais ça !* Pria intérieurement Hermione en s'arrachant les cheveux avant de rendre à Neville son apparence humaine.
Ce dernier la fixa avec horreur, son corps bizarrement raide.
-C'est moi ou…
-Je te donne une chance de te rendre utile Neville, le menaça la jeune femme. Va dehors et si tu vois ne serait-ce que l'ombre de Dennis Crivey et de son appareil photo, tu lui jette un sort incapacitant !
Neville ne demanda pas son reste et fila hors des toilettes pour s'assurer des restes de l'intégrité morale de Harry.
-Tu es dure tu sais ! Râla Hannah. As-tu une idée de combien c'est dur pour Neville et moi d'avoir des moments en couple maintenant que nos parents sont au courant ? J'ai un putain de chaperon à chacun de mes déplacements !
-Je m'en fiche. C'est un moment important pour Harry, et là non seulement il n'en profite pas vraiment, il fait des trucs qu'il n'aurait jamais approuvé en temps normal et demain toute l'Angleterre sorcière aura le récit en polaroid animé de ce qui est arrivé ! Soyez un peu moins égoïstes merde !
Elle se tourna vers Viktor qui soutenait Harry, essayant de cacher le chamboulement qu'elle ressentait – un mélange de colère et de déception. Elle s'était tellement investie dans cette fête, voulant faire plaisir à Harry qui avait supporté pas mal de coup dur ces derniers temps.
-Si Neville et toi voulez vous rendre utile, vous pouvez raccompagner Parvati chez elle. Ce serait criminel de la relâcher dans la foule…
Hannah renifla fortement avant de soupirer.
-Très bien… Madame Parfaite.
Elle l'entendit trainer une Parvati qui n'y mettait absolument pas du sien et accepta de craquer un peu devant son ex petit copain et son meilleur ami :
-Tout est gâché… Désolé Harry.
Ce dernier secoua la tête et lui fit un grand sourire.
-De quoi tu parles 'Mione ? Je m'amuse bien et… Oh tiens, c'est Viktor Krum qui me tient sous le bras ? Cooool ! J't'ai toujours aimé mec !
Il semblait tout juste avoir réalisé qui avait pourtant refermé sa braguette quand ses mains à lui étaient trop malhabiles.
-Euh… Il me fait des avances là ? S'inquiéta Viktor en éloignant sa tête avec prudence du serial kisseur.
Hermione poussa un soupir de désespoir.
-o-O-o-O-o-
La foule commença peu à peu à s'éclaircir vers 2H30 du matin, puis vers 4H00, la musique avait été baissée pour ne plus être qu'un doux fredonnement afin de ne pas déranger les quelques sorciers et sorcières qui s'étaient tout simplement endormies sur place. Seamus, Dean et Fred auraient la désagréable tâche de tout nettoyer demain matin… Soit dans quelques heures.
Viktor avait fait grimper Harry devant lui sur son balais pour le faire monter sur les gradins, là où ils seraient plus tranquille et où Hermione était déjà, sortant plusieurs fioles de son sac sans fond.
Harry fit la moue quand elle lui en proposa une.
-C'est une potion contre la gueule de bois Harry, l'effet est meilleur si on la prend avant de dormir, lui expliqua-t-elle.
Il sacrifia donc ses papilles gustatives pendant que la jeune fille prenait congé de son cavalier et détourna pudiquement le regard lorsque elle et Viktor s'embrassèrent. Il prit partie de s'asseoir sur les marches et les découvrit aussi molles et douces qu'un gros coussin. Hermione était déjà passé par là.
D'ailleurs elle le rejoint, s'installant sur la marche supérieure en se laissant tomber comme une masse, s'enfonçant dans le blanc crayeux du ciment, les mains croisés sous sa tête.
-Reste plus qu'à attendre que Neville revienne…
Harry hocha machinalement du chef, récupérant petit à petit ses neurones.
-Donc… Toi et Viktor Krum ? Lança-t-il à tout hasard dans les airs.
-Je ne sais pas, répondit Hermione.
-Pourquoi ? Il est bien comme mec, non ?
-J'ai tendance à penser que si ça n'a pas marché la première fois, ça ne marchera pas mieux la suivante. Il y a… Diverses raisons.
-Tu étais amoureuse de Ron.
-Ca aussi. Je voudrais juste…
-Quoi ?
-Non, rien. Je crois que je suis trop difficile.
Le silence vola entre eux pendant plusieurs minutes alors qu'ils réfléchissaient chacun de leur côté.
-Je crois que les choses sont pour le bien, argua soudainement Harry.
-Quoi ? Pourquoi tu dis ça soudainement ?
-Quand je pense que j'aurais pu épouser Ginny ! Et j'aurais sûrement fini par céder sous l'insistance de tous les Weasley et serait devenu Auror ! Et j'aurais acheté une petite maison mignonne et aurait eu, genre… 3 enfants. J'aurais appelé le premier James Sirius et le second Albus Severus…
-Malefoy a raison, t'as un problème avec les noms.
-… Et la petite dernière Lily Luna, continua Harry en faisant mine de ne pas l'avoir entendu.
-Et alors ? Quel aurait été le mal ?
-Eh bien c'est ce que tout le monde attend de moi ! Comme ça que tout le monde voyait mon futur et c'est PUTAIN D'ENNUYANT ! A force je serais moi aussi devenu un mec ennuyeux avec une routine à la con et une vie morne comme la pluie !
-Hum… Je dois avouer au moins une chose : comme on aurait été tous les deux des Weasley par alliance, on se serait probablement enfermé dans ce petit cercle familial, parce que c'est facile et rassurant, tu vois ? Mais pas vraiment épanouissant. Non pas que rajouter Narcissa Malefoy à mon cercle de connaissance soit épanouissant, mais regarde : Blaise, on l'aurait jamais vraiment connu.
C'était pas vraiment un bon exemple pour Harry qui préférait Narcissa, mais il suivait la réflexion.
-C'est c'que je dis : on aurait été lamentables tous les deux.
-Donc épouser Drago Malefoy c'est mieux ? Eut envie de le taquiner Hermione, lui souriant depuis le haut de sa marche.
Harry la défia alors du regard, silencieux, puis :
-Même s'il me ment et n'est pas attiré en vrai par moi, je préfère l'épouser qu'il n'épouse quelqu'un d'autre. Ce con a tout fait pour me séduire, maintenant il a plutôt intérêt à assumer.
Hermione gloussa en réponse même si elle ne comprenait pas bien de quoi il voulait parler pour le début de sa phrase.
-… Même si l'embrasser ne sera pas aussi bien qu'avec les filles… Continua Harry.
-Quoi ?! C'était donc CA qui te travaillait ? C'est ridicule Harry, embrasser un garçon doit être comme embrasser une fille !
-Tu as essayé ?
-Non, mais…
-Voilà.
Elle poussa un petit soupir en levant les yeux au ciel.
-Je suis néanmoins heureuse que tu veuilles enfin de ton mariage… Et de Malefoy. A quelques heures de la cérémonie… Mais vaut mieux tard que jamais. Ça se présente plutôt bien, non ?
-Je sais pas.
Il eut soudain l'air plutôt déprimé et son regard se voila alors qu'il se perdait au fond de ses angoisses.
-Je ne sais vraiment pas.
A suivre…
FUCK YEAH ! Prochain chapitre, je les marie ! Pas trop tôt ! Mais ça, je le pourrais uniquement si vous ne me tuez pas, hein ? D'accord ? Posez-moi ces haches gentiment ! Et laissez ce pauvre Lucius en un seul morceau aussi, j'en ai encore besoin !
J'ai eu le syndrome de la page blanche pour un stupide morceau de texte au milieu, alors que le reste est sorti tout seul en quelques jours… Bon, c'est un résumé simplifié. Disons que j'ai un fichier contenant tous les morceaux de textes que j'ai écrit et que j'ai décidé finalement de virer du chapitre pour diverses raisons… Quoiqu'il en soit, j'étais HEU-REUSE de laisser un instant les serpentards de côté, ce chapitre c'était ma détente à moi aussi.
Prochain chapitre : Soyez joyeux le jour de votre mariage, ou : un mariage et un enterrement de plus :)
