HS- Paradichlorobenzene Partie 3
AVERTISSEMENT : LIME moyennement détaillé dans ce chapitre. J'assume que vous êtes assez mature pour lire ça ou pour passer le morceau incriminé sans être traumatisé parce que ceci est une histoire RATING M. (Et je parle bien de maturité, pas d'âge. Je vais pas faire mon hypocrite, je lisais du MA quand ça existait encore alors que j'avais que 15 ans.)
Boku wa soshite kizuku
Et puis je réalise…
Shosen wa subete gizen nanda to
Finalement tout ça n'était que de l'hypocrisie!
Boku no ikiru kachi wa nani ?
Quelle valeur a ma vie?
Noraneko wa mizu ni oboreshinda
Le chat errant est mort noyé
1977 – 6eme année
Cela faisait presque une heure qu'il était à moitié avachi sur un canapé de la salle commune à fixer les flammes qui ronflaient joyeusement dans la cheminée.
Il réalisa ce fait uniquement lorsque Peter eut secoué un certain nombre de fois sa main devant son regard.
-James, ça ne va pas ? Demanda celui-ci et il se rendit compte que Sirius et Remus le regardait pareillement avec étonnement.
-Si, tout va bien, lâcha t'il même s'il n'en était pas vraiment sûr.
-Sympa Jamie, ça veut dire que ça fait au moins un quart d'heure que je parle dans le vide ? Grogna Sirius en refermant la revue qu'il avait posé sur ses cuisses, peu importe ce qu'elle était.
James se retint de dire que NON, il ne parlait pas dans le vide puisque Remus et Peter étaient là. Comme s'il sentait son hostilité muette, Sirius fronça des sourcils et le fixa d'un air soupçonneux :
-Tu ne m'en veux pas ENCORE pour ce qui est arrivé à Servilus-le-graisseux ? Rem m'a pardonné alors il n'y a pas de raison qu'on en reparle !
James fuit le regard des deux concernés pour se fixer sur Peter. Ces derniers temps Peter était TELLEMENT reposant à regarder.
-Bien sûr que non.
MENSONGE. HORRIBLE ENORME ET GIGANTESQUE MENSONGE, semblait lui hurler sa conscience alors qu'il se perdait dans l'absolution immédiate du regard un peu vide, il fallait l'avouer, du rat de l'équipe. Mais à travers ces yeux, il arrivait un peu à retrouver le James d'autrefois.
-C'est juste que tu es si CALME. C'est un peu inhabituel, remarqua Remus qui continuait à le fixer avec inquiétude.
Ah ce cher Remus, évidemment qu'il avait pardonné à Sirius ! Comme s'il avait le choix ! James ne voyait pas cela d'un point de vue cruel, mais Remus tenait beaucoup trop à eux, à leur amitié, du fait qu'il était un loup garou et qu'ils l'avaient acceptés, pour risquer de les perdre. Même si Sirius avait manqué faire de lui un assassin.
Malgré cela, James avait vu à de nombreuses reprises le jeune homme s'éclipser, prétendant des rendez-vous avec des professeurs, pour finalement se rendre auprès de Rogue qui, bien que sorti de l'infirmerie, était encore en mauvais état. Et en fait, James l'enviait, parce qu'il avait une VRAIE raison d'aller voir le blessé.
Lui n'en avait aucune et il en était réduit à mourir de jalousie en observant en cachette le ballet incessant de Lily et Remus auprès du serpentard, l'une inquiète, l'autre à la recherche de sa rédemption, sans pouvoir rien faire.
Honnêtement il ne comprenait pas le moins du monde ce qu'il lui arrivait.
Se rendant compte de cette propension à pester sur son ami et sur la fille avec qui il voulait sortir depuis deux ans, il s'était rendu à l'infirmerie et avait demandé à Pomfresh s'il n'était pas victime d'un empoisonnement ou d'une malédiction.
RIEN. Rien de rien !
Et il en était à un état où il jubilait à chaque fois qu'il voyait Severus repousser avec véhémence ses deux nouveaux « admirateurs ». A se réjouir de voir revenir Remus l'air plus malheureux que jamais et Lily fulminant de rage. D'ailleurs ces deux-là s'étaient bien rapprochés au passage et il n'était pas rare de les voir se promener ensemble, s'échangeant sans doute des idées sur la façon d'approcher le ténébreux serpentard.
Ca, ou autre chose.
-Il y a rien de ce genre entre nous, s'empressa de le rassurer Remus le jour où il réalisa avec QUI au juste, il était en train de sympathiser. C'est juste qu'elle est vraiment gentille et que nos discussions sont… Elle sait pour moi. Elle l'a deviné avec ce qu'il s'est passé avec Rogue… Et… Enfin bon. C'est pas que j'en veux à Sirius, mais j'avais besoin d'en parler à quelqu'un et…
Son regard effrayé exsudait de « Ne me déteste pas ! Ne me rejette pas ! » et James qui ne savait tout simplement plus où il en était ne pouvait décidemment pas lui en tenir rigueur. Tout irait bien tant que la situation resterait dans le statu quo.
Faire semblant de ne pas en vouloir à Sirius et Remus, faire semblant de ne pas avoir changé en face de Peter, faire semblant de courtiser plus que jamais avec une lourdeur jamais atteinte auparavant Lily, faire semblant de ne pas passer son temps à épier Severus, un de ses yeux toujours bandés et le bras en attelle.
Mais c'était comme surjouer un rôle qu'il connaissait autrefois sur le bout des doigts et qu'il avait oublié entretemps. Et le plus étrange c'était que les personnes qu'il considérait comme ses amis ne s'en rendaient même pas compte ! Toute cette troupe autour de lui, de gars et de filles, qui le considérait comme leur meneur, riaient quand il riait, se moquaient quand il se moquait, désapprouvaient quand il désapprouvait…
Il ne l'avait jamais remarqué avant : en fait avait-il seulement pris un peu de recul pour regarder les autres et SE regarder lui-même ? Non. Jamais. Ça ne lui avait jamais traversé l'esprit et il s'était juste contenté de vivre au jour le jour, totalement autocentré sur ses désirs, et sur ceux de ses « frères », que somme toute il voyait plus comme des extensions de lui-même que comme de véritables entités indépendantes. Pour tout dire, il les avait tellement bouffés, prenant tout l'espace, qu'aucun de ses compagnons n'avait de propre relation amoureuse. Remus et Peter étaient aussi célibataires que des moines et Sirius voltigeait ici et là comme un papillon, jamais sérieux. Quand ils étaient ensemble, ils ne parlaient que de comment le caser avec Lily, et semblaient presque vivre leur propre aventure amoureuse par procuration.
Avec le recul qu'il avait actuellement, il réalisait qu'il s'était comporté comme un tyran, et étrangement, il pouvait voir le garçon qu'avait vu Severus en lui et qui méritait tout son mépris.
Finalement, la seule personne qui remarqua un changement chez lui, ce fut Lily.
Elle ne lui en parla pas, elle l'aurait peut-être fait, mais James était juste insupportable avec elle, occupé à jouer le rôle de l'amoureux transi et rejeté avec le talent d'un chat dont la tête était coincée dans un sac en papier. Il voyait juste le regard qu'elle portait sur lui quand il s'approchait.
Ce n'était pas de l'agacement ou de la colère, l'inquiétude, ainsi que de nombreuses questions, brillaient désormais dans les orbes émeraude de la jeune fille…. Comme si elle le voyait se noyer dans ses propres mensonges et ne pouvait rien faire pour lui venir en aide.
Puis la fin de l'année scolaire approcha, avec l'inéluctabilité de chevaux lancés au triple galop. James était décidé à faire l'autruche jusqu'aux grandes vacances, espérant que ces dernières tasseraient toute l'histoire. Lui et Sirius devaient de toute façon rejoindre ses parents en Suisse, dans la clinique spécialisée où ils étaient traités.
Ils n'en avaient plus pour longtemps et son père voulait terminer de les former à leur future charge de Lord. Ils seraient occupés. Et James devrait en plus soutenir Sirius qui était plus atteint que lui par la future mort de celui qu'il considérait comme son père adoptif.
Il n'aurait plus le temps de penser à Rogue. Ce serait bien.
A peine pensait-il cela, tournant à l'angle du hangar à balais après une séance d'entrainement de Quidditch, qu'il tomba sur le spectacle d'un Rémus et d'un Severus assis sur le même banc, discutant civilement, un fin sourire moqueur ornant même les lèvres du brun.
James fut alors dévoré par le brasier de la jalousie. Rouge de colère, il se cacha pour les épier, foudroyant les deux garçons du regard. Pourquoi Rogue ne le rejetait-il pas comme à son habitude ?! Comment Rémus, qui avait failli le tuer, avait-il gagné le droit d'avoir une discussion confortable avec lui ?! Alors qu'à lui-même, Rogue lui adressait à peine un regard depuis leur discussion dans l'infirmerie ?! Depuis qu'il avait eu l'air si vulnérable… Si touchant…
Injuste ! C'était injuste !
James ne s'interrogea plus sur le fait de VOULOIR avoir une discussion avec un individu qu'il méprisait jusqu'ici, c'était un fait : il le voulait. Et tellement plus. S'il n'en avait tenu qu'à lui, il aurait fait en sorte que Rogue ne puisse être approché par personne d'autre que lui. Il voulait être le seul assez digne de ses piques abrasives et de ses rictus moqueurs. Il voulait envahir son esprit et son âme afin d'être seul sur ces territoires.
Ses yeux avaient cessés de lancer des éclairs alors qu'il détaillait l'objet de son obsession comme il ne l'avait plus fait depuis sa première année.
En fait, Rogue n'avait pas été un si laid petit garçon, il y avait bien pire, mais il avait été ce genre d'enfant qui met mal à l'aise les adultes. Le genre qui est fasciné en arrachant des pattes à un insecte, qui possède un tas de bocal rempli de choses bizarres et peut rester des heures à regarder les images dégoutantes d'un dictionnaire de médecine. Un enfant glauque, quoi. A qui on n'irait pas offrir un mignon petit chien de peur de le retrouver un jour, mort ou pire, sous le lit dudit enfant.
Ce n'était pas pour rien que la matière préférée de Rogue était potions. Et qu'en première année tous ceux qui l'avait vu opérer dans cette matière avaient trouvé son enthousiasme beaucoup trop repoussant. A part la fidèle Lily évidemment.
Personne ne devrait éprouver autant de plaisir à trancher en lamelles des choses anciennement vivantes.
Mais le fait était qu'aujourd'hui Rogue avait dépassé la période ingrate qui frappe tous garçons à l'adolescence sauf ceux qui sont foutuement trop chanceux comme James. Il n'était plus ce garçon glauque et flippant, mais l'esquisse d'un homme fier, qui lève courageusement le menton alors qu'il était encore couvert ici et là de bandages. Fini la posture un peu voutée, même s'il y avait comme une douleur dans la façon dont son dos se tenait droit, une douleur d'injustice.
Quand il ne souriait pas, on ne pouvait pas vraiment dire qu'il avait un beau visage, mais lorsque ses lèvres se relevaient en un rictus moqueur et que ses yeux étincelaient de malice, alors là il avait assez de charme pour vous envoyer une pique de désir droit dans l'entre-jambe.
*Merde* Réalisa James.
Ce n'était au final pas qu'une histoire de jalousie mal placée. Il était temps qu'il s'avoue à lui-même qu'au final, ce qu'il y avait entre eux, c'était une tension sexuelle qui surpassait même ce qu'il avait pu ressentir au sujet des jolies petites jambes agiles de Lily ou de ses envoutants yeux verts.
Fébrile, il attendit que Rémus se décide enfin à s'éloigner pour se jeter presque sur le serpentard, conscient d'envoyer par la même occasion toute sa réputation mourir au fin fond des eaux sombres du lac noir.
-Rogue.
Ce dernier amorça un mouvement de recul avant de se contrôler et de se figer, mais ses yeux avaient un rien d'inquiétude, ce qui n'était pas vraiment étonnant vu qu'en ce moment James était VRAIMENT déterminé.
-Que puis-je faire pour toi Potter ? Cingla le serpentard sans donner l'air le moins du monde de vouloir lui rendre le moindre service.
-Tu m'évites.
-Nooon ? Lâcha Rogue en surjouant la surprise avant de remettre son masque maussade : toi et ta foutue bande de psychopates avaient essayé de me tuer, alors excuse-moi de ne pas me précipiter à tes pieds dès que je te vois.
-Ah oui ? Mais ça ne t'empêche pas de bavarder avec Rémus qui EST pourtant celui qui t'a fait ça ! Claqua James, conscient que c'était assez méchant pour son ami, mais ne supportant pas d'être mis dans le même sac que la merde qu'avait provoqué Sirius.
Il avait admis sa responsabilité dans l'affaire. Il savait qu'il était celui qui avait focalisé ses amis sur Rogue. Les seules fautes de ce dernier fut d'être admis à serpentard et d'être l'ami de Lily… Mais finalement il avait payé plus que les batards qui s'étaient acharnés sur Sirius au début de la première année.
Certes, ok. MAIS, si LUI n'était pas allé le sauver, cet ingrat ne serait même plus là pour se plaindre du traitement qu'il avait subi.
-Oh, par pitié, Potter, je fais de l'assistanat social là. Tout pour que ton loup-garou cesse de venir pleurnicher sur mes bottes. Mais quoi, t'es jaloux ? Tu veux aussi confier tes pauvres petits soucis à Rorogue ? Prends un rendez-vous alors ! Et en attendant tu ferais mieux de surveiller ton chien. Il tourne beaucoup autour d'Evans ces…
-Laisse Lily en dehors de ça ! Ca n'a rien à voir. Ni avec Rémus. C'est entre TOI et MOI là ! Je n'admettrais d'entendre rien d'autre de ta bouche que nos deux noms. Ou prénoms. Comme tu veux. Et je peux être jaloux si j'en ai envie !
James savait qu'il s'emballait et embrouillait le serpentard, mais c'était plus fort que lui. La discussion ne partait vraiment pas dans le sens qu'il voulait s'ils en venaient à parler de Lily ! Bordel, il savait ce que ressentait Rogue à l'égard de la rousse même s'il l'avait éloignée de sa route. Il imaginait que c'était ce fichu genre de grand amour pur capable de sacrifice et qui survit au temps.
Quel travail cela allait être de la lui faire oublier…
-Je… Ne comprends pas très bien Potter. Mais entre nous, j'ai l'impression que tu devrais faire un tour à l'infirmerie. Tu ne sembles pas dans ton état normal…Pour peu que tu ais jamais été dans un ét…
Il ne put continuer pour la simple raison que James l'avait attrapé par les hanches et l'avait tiré à lui. Il sentit son cœur jouer les tambours de la victoire lorsqu'il passa ses lèvres sur les siennes. Cela ne dura malheureusement qu'un bref instant, puisque Rogue se tendit comme une corde à linge et qu'il vint utiliser son seul bras valide pour créer de la distance entre eux.
James prévu le coup et attrapa le tissu de sa robe de sorcier pour l'empêcher de s'enfuir.
- Lâche-moi ! Qu'est-ce que tu fais ?! Tu es fou ?! Tu veux te prendre un coup ?!
Rogue semblait ne pas savoir s'il devait blanchir ou rougir, ce qui était un peu amusant, en plus du fait qu'il se débattait dans sa prise comme un petit animal sauvage pris dans un collet.
-Je veux t'embrasser, répondit avec sérieux James.
Et il se prit un coup.
Seulement, comme ce n'était pas le bras habituel de Rogue, ce fut moins puissant que d'habitude, se contentant d'éjecter et de casser ses lunettes, ainsi que de lui faire saigner le nez.
Néanmoins il ne le lâcha pas pour autant.
Rogue profita qu'il clignait des yeux de douleur et ronchonnait pour récupérer sa baguette dans la poche intérieure de sa robe. Il la tendit contre la gorge de James, droit sur sa pomme d'Adam qui vibra alors que dernier ricanait.
-Oh bordel, c'était un tout petit baiser Rogue, tu ne peux pas réagir aussi excessivement !
-Tu veux savoir bon sang ? Il n'y a aucune raison valable pour que ta bouche se trouve aussi près de la mienne ! Qu'est-ce qu'il t'arrive Potter ?!
-Je suis amoureux d'un idiot agressif et puceau, voilà ce qu'il m'arrive.
Rogue le regarda d'un air stupéfait, mais James resta simplement là à le regarder d'un air satisfait, du sang coulant encore de son nez et ses mains le tirant toujours vers lui par sa prise sur sa robe. Le diable résistait.
Pendant un instant, il pensa avoir réussi à se faire comprendre lorsque l'effroi et la colère disparurent petit à petit des yeux sombres.
-Salazar… Tu t'es fait avoir par une potion d'amour. Mais qui est l'abruti qui a utilisé un de mes cheveux ?
James soupira fortement, furieux envers lui-même :
-Evidemment ! J'aurais dû penser que tu sauterais de suite sur cette conclusion. Toi et tes foutus potions ! Nier ne servirait à rien, quand bien même je te dirais que depuis la seconde année je fais gouter tout ce qu'on m'offre par Peter (bien qu'il n'était pas vraiment au courant de son rôle de goûteur les deux premières années) ?
-Non, en effet. C'est tellement une évidence que ça ne sert à rien de t'écouter. Je sais que je te dégoutte Potter et que je suis la dernière personne que tu souhaiterais toucher.
-Donc, ta seule opposition à mes sentiments est le fait que tu penses que ton corps me dégoutte ? Clarifia James qui voyait s'ouvrir une possibilité alors que Rogue opinait de la tête, un peu perturbé et agacé.
-Parfait, clama James en le prenant par surprise, lui faisant un croc-en-jambe qui l'envoya s'étaler sur le banc qu'il venait de quitter.
Le gryffondor ne lui laissa pas le temps de réagir et s'installa entre ses longues jambes, les écartant de ses mains, caressant au passage l'intérieur de la cuisse sous le pantalon. Rogue semblait gelé comme un iceberg, les yeux ronds comme des soucoupes.
-Tu vas devoir accepter, Severus, que les gens grandissent et que seuls les idiots ne changent pas d'avis !
Ses mains étaient remontées, s'agitant à présent agilement sur la boucle de ceinture du pantalon, puis sur les boutons qui refermaient la braguette. Un petit cri inarticulé passa la bouche de Rogue et James sentit sous ses mains un tressautement traitre.
Arrivant à la barrière du caleçon, James approcha son visage très proche pour que son souffle chaud la traverse, mutin.
-Je vais te montrer à quel point tu me dégoute… Pas du tout.
Rogue émit un nouveau son horrifié lorsque les mains firent glisser l'élastique de son caleçon jusqu'à laisser découvrir son sexe, en partie réveillé. Il grossit un peu plus lorsque James souffla doucement son haleine dessus.
Le serpentard n'avait aucune honte à avoir, James bandait déjà comme un âne.
Délicatement d'abord, il laissa le bout de sa langue tracer des lignes humides le long de la verge, attentif aux réactions de Rogue qui sembla tout d'un coup avoir oublié comment on respirait. James eut un instant peur pour lui, mais alors il passa sa langue sur l'extrémité, épousant la fente du gland, son serpentard poussa un gémissement de plaisir, envoyant ses hanches en avant sans même pouvoir contrôler ce mouvement instinctif. Souriant contre son pénis et caressant sa joue dessus, James décida d'y aller franco.
Ce n'était pas la première fois qu'il faisait une fellation. Il avait déjà essayé les hommes. Deux fois. Un garçon durant les vacances, Sirius et lui avaient eu un pari à ce sujet, les obligeant tous les deux à se faire « déniaiser » par derrière. Puis un ainé à Poudlard, c'était ce dernier qui avait pris le temps de lui apprendre quelques trucs, bien que James était alors persuadé qu'il n'aurait jamais à avoir besoin de savoir sucer correctement un mec.
Comme quoi… Comme le disait souvent son père, il n'y avait pas de sot savoir…
Il passa la largeur de sa langue sous le sexe, taquinant les veines épaisses qui gonflaient, avant de refermer ses lèvres autour de la hampe.
-Non… Potter… Couina Severus en rejetant la tête en arrière, sa main voletant entre les mèches désordonnées de James et les mains qui retenaient ses cuisses, comme n'arrivant pas à décider s'il devait l'encourager ou le repousser.
James commença alors à émettre des sons de contentement qui vibrèrent du fond de sa gorge, tout autour du membre qu'il avait en bouche et cela sembla finalement convaincre Severus du bien-fondé de la chose. Ses doigts vinrent s'enrouler autour des cheveux dans sa nuque pour le guider inconsciemment dans le rythme qui lui apportait le plus de satisfaction.
Le gryffondor jouissait pour sa part de le voir complètement abandonné aux sensations qu'il lui apportait. Il n'y avait plus mépris, méfiance ou colère forçant les traits de son visage, mais à nouveau cette étincelle de vulnérabilité au fond de ses yeux sombres, semblant le supplier de ne pas le briser définitivement. Elle était accompagnée cette fois-ci par une lueur d'espoir et de joie vive.
Cela rassura James plus qu'il ne voulait se l'admettre.
Parce que même si Severus allait le pulvériser une fois ses esprits repris, James saurait qu'il avait aimé ça et que son inimitié n'était pas assez forte pour que tout idée de lui lui faisant des trucs intimes soit écartée sur le champ. Apparemment James était un partenaire potentiel et il savait qu'il allait devoir travailler dur pour devenir plus que ça et peut être même chasser l'image de Lily du cœur du serpentard.
Caresser là où il avait frappé.
Sourire là où il avait menacé.
Soutenir là où il l'avait enfoncé.
Severus arriva très rapidement à l'apogée de son plaisir et se libéra dans la gorge de James qui se força à avaler sans grimacer, même si ce n'était vraiment pas quelque chose qu'il aimait faire.
Mais bon, ça allait avec le truc « tu me dégoutes pas ». Mais bordel, pourquoi le sperme avait-il un gout et une texture aussi dégueulasse ?! On pouvait pas inventer un sort qui lui donnerait un gout de fraise des bois ?! Ou de crumble ?
Apparemment ses talents d'acteurs n'étaient pas aussi bons qu'il l'avait pensé puisqu'il entendit Severus soupirer longuement en le fixant, l'air un peu dépressif.
-Fallait pas te forcer tu sais.
Une main essuyant sa bouche, James maugréa dans son bras. Puis :
-Si tu veux me frapper, c'est maintenant ou jamais.
Le serpentard ne répondit pas immédiatement, se relevant et refermant son pantalon d'un air incroyablement digne pour le contexte.
-Non. D'abord on va à l'infirmerie voir si on peut te désenvouter. Et là, et seulement là, je déciderais si je dois te frapper ou pas.
James fut fatigué de devoir argumenter sur sa sincérité et hocha la tête, résigné, se levant à son tour pour le suivre. Restait à savoir quelle serait la condition choisie pour le frapper. James était persuadé qu'il le ferait en apprenant qu'il n'était pas sous l'influence d'une potion.
Pourtant, quand le verdict tomba, Severus fut étonnement calme, fixant un point devant lui d'un air songeur, avant de remercier l'infirmière et de partir sans un mot et sans un regard pour James.
Quand il lui adressa la parole après cet évènement, ce fut pour lui demander à quel point il était sadique pour obliger Peter à gouter tout ce qui devait passer dans sa bouche.
Ce à quoi James se fendit d'un sourire malicieux :
-Pas tout.
Et après une ou deux minutes à saisir l'allusion, les joues de Severus prirent une étonnante teinte rouge et il s'éloigna dare-dare comme si ses robes avaient pris feu sous les rires intérieurs de James.
Il regretta finalement que soit venu le temps des grandes vacances.
Kara ni natta koohii nagesutete
J'ai jeté mon café vide
Yami ni ouwareta sora wo mita
Et j'ai regardé le ciel obscurcit par les ténèbres
Ima no boku wa nani wo shiteru ?
Que dois-je faire maintenant?
Soresura wakaranai
Même pour ça je ne trouve pas de réponse !
Mou nannimo wakaranai
Ça suffit, je ne comprends plus rien !
1978
James tenait à la main son diplôme, fendant la foule d'étudiants qui se félicitaient les uns les autres d'avoir fini leurs études. Il avait eu quelques difficultés à s'extirper de son propre groupe et de sa petite amie, mais il était trop déterminé pour se laisser détourner de la mission qu'il s'était donné.
C'était peut-être la dernière fois qu'IL le verrait, et bien évidemment, il ne s'était pas contenté de rester avec les gens de sa maison. Non, Monsieur s'était bien évidemment éloigné il ne savait où dans le parc pour jouir de sa solitude bien aimée !
Il évita adroitement le professeur McGonagall qui venait dans sa direction pour féliciter son joueur fétiche et s'éclipsa derrière un coin du bâtiment pour enfiler sa cape d'invisibilité. Il récupéra ensuite la Carte qu'il avait cachée dans une de ses poches et s'attela à repérer l'étiquette de Severus dessus. Ce dernier se trouvait étrangement près du terrain d'entrainement au vol et James ne perdit pas de temps pour le rejoindre.
Sa silhouette se détacha finalement entre les eaux scintillantes du lac et l'herbe verte et grasse qui poussait sur ces terres. Caché par son invisibilité, James s'arrêta un temps à quelques mètres de lui pour admirer sa longue silhouette fine et anguleuse, droite et solide malgré le fait qu'elle soit battue par le vent.
-Tu te souviens de notre premier cours de vol en balais, James ? Demanda soudainement Severus sans pourtant regarder dans sa direction.
James savait cependant que sa présence était connue. Il écarta les pans de la cape d'un geste souple.
-Oui. Je t'ai fait un croche-pied exprès pour que tu rates ton décollage. Tu es tombé sur le nez et tout le monde a ri de ton infortune…. A part Lily qui est venu s'assurer que tu allais bien.
James avait appris à parler de ses mauvais coups sans s'en réjouir ou exprimer de la pitié et du regret. Le jeune homme en noir détestait absolument ces deux comportements. C'était donc d'une voix douce et presque nostalgique qu'il raconta l'anecdote.
-Oui. Avant ça tu n'étais pas vraiment dans mon esprit. C'est à peine si je t'avais remarqué… Mais à ce moment-là, je t'ais purement détesté… Mais c'était le genre de sentiment qui arrive brusquement et passe aussi vite. A ce moment-là, je ne savais pas encore que tu allais tout faire pour ruiner toute mes chances de devenir quelqu'un d'estimé à Poudlard. Et je me souviens que mon regard t'as suivi dans les airs durant toute la séance. Tu étais le meilleur, indubitablement. Tu avais une aisance que certains n'ont toujours pas… Et tu avais l'air tellement heureux. Ma colère est passée et je t'ai trouvé vraiment mignon… Comme je trouvais adorablement mignonne Lily quand elle utilisait sa magie petite pour s'envoler de la balançoire. Tu ne peux pas savoir comme à ce moment-là j'ai regretté de ne pas être un Gryffondor pour pouvoir vivre avec vous deux…
Son regard s'assombrit tandis que ses sourcils se fronçaient comme il le faisait quand il pensait à des choses sombres. Severus ne se confiait pas souvent. Rarement en fait. James n'avait jamais réussi à lui faire cracher quoique ce soit au sujet de ses parents par exemple ou sur son enfance.
-« Gryffondor », « Serpentard », tout ça n'a plus de sens maintenant que nous quittons Poudlard, répliqua James. C'est comme de stupides signes astrologiques : ce n'est pas parce qu'un tel est poisson qu'il doit absolument rester avec les autres poissons et ne pas se lier avec un gémeau. Tout comme ce n'est PAS parce que tu étais à serpentard, que tu dois forcement aller te joindre à cet immonde criminel !
-Ce n'est PAS en rapport avec ma maison, le coupa vivement son interlocuteur. Ca a juste aidé. Je ne sais pas quelles illusions tu te fais sur moi Potter, mais je ne fais que suivre mes idéaux. Ce que je désire, seul le Seigneur des Ténèbres peut me l'offrir. Tu ne sais rien, tu ne le connais pas. Si tu pouvais le voir, toi aussi tu serais…
-J'en doute fortement. Et je n'arrive pas à te croire. Cet homme milite pour rabaisser toute personne ayant du sang moldu à une place d'êtres inferieurs… Bordel… Lily a été ta meilleure amie ! Elle est probablement la seule personne au monde que tu n'as jamais considéré comme t'étant inferieure !
Severus lui jeta un regard impénétrable sans lui répondre. Mais ses poings crispés étaient révélateurs de la tempête qui faisait surement rage au fond de lui. Il n'avait certainement pas digéré ce qu'il s'était passé avec Lily.
Et c'était compréhensible. James était avec Lily… Et Severus était tout seul.
Mais c'était aussi de sa faute.
-Tu pourrais être avec nous si tu le voulais Severus. Avec moi ou avec elle s'il le faut. Aucun de nous ne te rejettera. Si je suis avec Lily, c'est juste parce que tu as sauté sur la première conclusion qui te venais et que tu m'as rejeté sans te préoccuper de ce que je pouvais ressentir. Je ne sais pas si c'est parce que tu aimes souffrir comme un putain de masochiste ou parce que tu es un lâche qui a pris la première sortie de secours visible pour ne pas avoir à affronter notre couple…
-PARDON ?! S'offusqua Severus qui perdit enfin son masque d'adulte-pas-atteint-par-ce-qu'on-lui-dit. JE suis un lâche ?! QUI a toujours refusé de dire à ses amis qu'on était ensemble comme s'il avait honte de moi !? C'est bien toi !
-Oui et bien c'était très con ! Admit James. Mais si c'est ce que tu veux, je suis prêt à aller sur le champ hurler à toute notre promotion que j'ai couché avec toi et que je t'aime ! Je peux le faire nu même si ça a le moindre pouvoir de réussir à te faire te remettre avec moi !
Il sentit avec rage ses yeux s'embuer et chassa férocement les embryons de larmes de ses avant-bras pour pouvoir regarder à nouveau Severus et lui transmettre au mieux ses sentiments :
-C'est la vérité : Je t'aime toujours. Et je suis prêt à tout faire, jusqu'à te supplier, pour t'empêcher de porter cette horrible marque au bras. Pour empêcher cet homme de te transformer en monstre et faire de toi son esclave.
Les traits de Severus s'étaient à nouveau lissés et il poussa un profond soupir fatigué.
-Tout cela est ridicule. Notre histoire… c'est que des trucs de gamins, sans importance.
-Sans importance ?!
-Oui. Il y a bien plus important. Notre monde. Notre place à tous les deux dans ce Monde. On peut décider de devenir des sorciers sans envergures, comme le deviendrons la majorité de notre promotion, comme tu le deviendras à te préoccuper de choses aussi futiles que l'amour ou le quidditch, ou alors on peut sortir de la masse des moutons et se réaliser dans toute notre grandeur avec à la clef la gloire et le pouvoir. J'ai peur que tu n'ais une vision déformé par la Gazette, et sans doute aussi par notre excentrique et utopique directeur que tu écoutes beaucoup trop à mon avis. Le Seigneur des Ténèbres n'est pas un monstre ou un criminel, c'est un puissant sorcier dont la magie surpasse même celle de ton Dumbledore et dont le savoir est si grand qu'il ne semble avoir aucune limite. Il ne se comporte pas mal avec nous… Au contraire. Il est comme… Il est comme un père. Il nous guide vers le meilleur chemin.
James ferma douloureusement les yeux. Cela semblait si tard pour Severus. Voldemort semblait l'avoir déjà complétement fasciné.
-Et tu tacherais tes mains de sang s'il te le demandait ?
Severus mit un temps infini à répondre à une question qui n'aurait définitivement pas dû en demander autant.
-Oui.
Le mot sortit, laconique et acéré comme les bords tranchants d'un caillou.
-N'importe qui ? Des anciens amis ? De la famille ? DES ENFANTS ?!
James déglutit douloureusement tellement sa gorge était serrée.
-S'il le faut.
Il ne put retenir un mouvement de recul, horrifié et une partie de lui espéra ardemment qu'il disait cela uniquement parce qu'il ne savait pas vraiment de quoi il parlait. Les mangemorts avaient déjà assassinés des familles entières. La propre cousine de Sirius avait été reconnue sur les lieux d'un de ces massacres et son ami savait que son propre père participait aussi à sa façon aux exactions de ce groupe.
Mais lui n'arrivait pas à penser que l'homme qui s'était donné entre ses bras, doux et à l'intelligence acéré, puisse un jour tuer quelqu'un de sang-froid.
D'ailleurs l'homme en question était en train de lui sourire timidement, essayant d'affecter un air rassurant :
-Tu sais… Je ne suis pas contre… nous deux. Nous pourrions être ensemble James. Tu possèdes un immense potentiel qui ne saurait qu'être gâché, lissé, si tu décides d'intégrer la société actuelle. Nous pourrions nous battre tous les deux, côte à côte. J'ai parlé de toi au Seigneur et il est très intéressé par l'idée de te rencontrer. Si tu Lui laissais une chance… Je suis sûr que tu comprendrais de quoi je parle !
James en resta un instant bouche bée : Vaillant Godric et Saint Merlin, voilà qu'il était en train d'essayer de le recruter ! Et si une partie de lui, son cœur, était tentée, lui susurrant qu'après tout… Mais son amour propre, lui, hurlait à l'insulte ! Comment Severus pouvait croire un instant qu'il pourrait avoir les mêmes valeurs que cette bande de sorciers dégénérés et racistes ? Sa petite amie actuelle était une née moldu, l'un de ses amis était même un loup garou ! Et l'impossible homme qu'il aimait était un sang-mêlé ! Et puis l'amour et le quidditch n'étaient PAS des choses sans importances !
-Alors pour toi Severus, nous naissons et vivons pour être admirés et observer les autres du haut de notre piédestal ? C'est donc ça ta conception du bonheur ? Eh bien, laisse-moi te dire qu'elle pue ta conception… Et je suis certain que tout là-haut, tout ce que tu découvriras, c'est que tu es seul et que rien ne te fait plus sourire.
Evidemment, le visage de Severus s'assombrit et James sentit qu'il s'éloignait à des kilomètres de lui.
-C'est donc toute la réponse que je recevrais ?
-Même si je suis avec toi là-haut, je suis sûr que nous ne nous suffirons pas. Je préfère une vie « insignifiante » comme tu dis, où je ne suis personne, mais où je suis entouré des gens que j'aime, à m'adonner à des activités qui me rendent heureux… Comme aimer… Ou comme tu me l'a si bien fait remarquer tout à l'heure : comme voler. Tu n'es pas tombé amoureux de moi parce que j'étais puissant, Sev' et tu le sais très bien.
Le serpentard secoua la tête en marmonnant des choses incompréhensibles.
James continua :
-Tu te souviens ? Je t'avais posé cette question en hiver : « Pourquoi sommes-nous sur Terre ? ». Sur le moment tu t'es moqué de moi, je ne pensais pas que c'était parce que te poser ce genre de question te faisais peur. Tu es facilement le genre de personne à répondre : « Nous sommes sur Terre pour souffrir. ». Ne me contredis pas, c'est ce que tu portes sur ta tronche tous les jours à te porter un espèce de fardeau invisible comme un boulet de prisonnier ! Ca ne devrait donc même pas m'étonner que tu sois fasciné par une forme de magie qui en vient même à blesser son pratiquant. Mais moi, je ne suis pas comme toi. Je me suis longtemps posé cette question, doutant du sens de mon existence propre, doutant avoir même une personnalité propre. Cette impression d'être une poupée là pour satisfaire les envies des personnes m'entourant. C'est à cause de mes parents, je le sais. Mais tu vois, les choses ont changés pour moi depuis l'année dernière. Quand Rémus t'a attaqué… C'est comme si quelque chose s'était brisé en moi et j'ai commencé à me rebeller contre les attentes des autres. Toi : tu étais ma bénédiction. A tes côtés, je pouvais enfin me découvrir. Si je ne voulais pas en parler à mes amis, c'est parce que j'avais peur qu'ils m'influencent encore. Parfois je comprends pourquoi tu aimes être seul : les gens sont comme des chaines. N'existons-nous qu'à travers leurs regards ? Ta réussite à toi, qui la jugera, sinon les autres ? Moi j'ai trouvé ma réponse : Je suis sur Terre parce que je le suis et j'ai bien l'intention de profiter de mon temps imparti pour être heureux. Pour rire. Sourire. Sentir mon cœur battre à la chamade de joie. Peu importe si je suis cireur de baguette ou un petit employer insignifiant du Ministère… Je ne vais pas laisser les autres juger de la qualité de mon bonheur, et certainement pas par ma place dans la société. Ou par le contenu de mon compte en banque, par mes possessions, ma popularité ou le lieu de mes vacances. C'est pourquoi je n'en ferais qu'à ma tête, comme je l'ai toujours fait, et que j'irais contre tes propres désirs Severus. Je crois que je suis bel et bien un égoïste, et ça me convient. Je te sauverais te ta propre folie. Si tu vas le rejoindre, je mettrais toute mon ardeur à le combattre pour pouvoir te ramener. Je préfère encore te savoir à Azkaban par ma faute qu'en train de te détruire de l'intérieur… Et de tuer MON Severus Rogue, celui qui connait le poids de la souffrance, celui qui a l'un des esprits les plus caustique que j'ai eu l'occasion de rencontrer, celui qui peut transformer n'importe quel ensemble d'éléments gluants en une merveille de magie, de couleur et de gout, l'un des meilleurs et des plus digne duelliste que je connais… Celui qui cache tant de douceur, de passion et de compréhension derrière son armure… Celui que j'aime.
James était déterminé. Severus le savait. C'était la croisée des chemins et tous deux allaient prendre une route opposée qui les amèneraient fatalement à se rencontrer de nouveau. Mais ils auraient tous les deux changés. Fatalement.
Severus ferma les yeux un instant, comme pour annoncer qu'il l'avait bien entendu et qu'il prenait note de sa déclaration de guerre.
-Alors je te tuerais.
-En seras-tu seulement capable.
Ce n'était pas une question. C'était une prédiction. Ils le savaient tous les deux.
Soshite kimi wa boku wo waraunda
Et tu te moques de moi
Paradichlorobenzene
Soshite boku wa kimi wo tsukitobasu
Et je te repousse
Paradichlorobenzene
Boku ga tadashiku kimi wa chigau
Je suis authentique et tu te trompes
Paradichlorobenzene
1977 – 7eme année
James broyait du noir devant ses corn flakes tout ramolli par le lait. Oui, ça lui arrivait. Et non : il n'avait pas ses règles, comme s'amusait perversement à le prétendre Sirius.
-Laisse le tranquille 'Rius, marmonna distraitement Rémus derrière son livre de révision des ASPICs.
Ah ! Enfin un qui le comprenait ! James le regarda avec des yeux pleins de remerciements même si son ami ne le voyait pas, trop concentré sur son manuel.
-Quoi ?! Pardon Moony, je t'entends pas, singea exagérément le brun en tendant l'oreille vers le châtain : il y a comme une interférence avec le pavé incroyablement lourd et ennuyeux qui nous empêche de voir ton visage depuis presque un mois !
Le loup garou abaissa son livre, un sourcil levé avec perplexité.
-Il n'est pas SI ennuyeux tu sais.
-OK, on sait que tu tiens à avoir de bons résultats avec ton problème de fourrure et tout ça, mais tu pourrais AU MOINS prendre ton petit déjeuner en compagnie d'êtres humains capable de tenir une discussion. SURTOUT lorsque James décide d'avoir une phase de dérèglement hormonal…
James s'empara de sa gazette du sorcier encore roulée pour le frapper derrière la tête.
-HEY ! Râla Sirius avant d'essayer d'attraper le journal pour lui rendre la pareille.
S'ensuivit alors une dispute puérile où les deux jeune hommes tentèrent, et l'un d'enfoncer une cuillère remplie de céréales molles dans les narines de l'autre, et ce dernier de recoiffer à la confiture de fraise les cheveux qui lui faisaient face.
-« Etres humains capable de tenir une discussion… » Songea rêveusement Rémus alors que Peter venait les rejoindre avec un sourire satisfait sur les lèvres.
-Où tu étais ? Demanda alors le sage de la bande en décidant d'ignorer les deux gamins.
Peter fit la moue en silence, se contentant d'attraper plusieurs toasts, puis de grimacer en voyant le sort réservé à la confiture de fraise.
-Je me baladais juste, finit-il par répondre, s'attirant un regard suspicieux de son ami.
-J'espère que tu n'as pas encore utilisé ton autre toi pour aller là où tu ne devrais pas être… (Puis devant l'air à peine coupable de Peter) Pete ! Imagine que tu te fasses prendre et qu'on découvre ce que vous êtes ! On vous surveillera, et d'abord on vous punira, et puis vous ne pourrez plus venir avec moi là où tu sais ! Et le professeur Dumbledore sera horriblement déçu par moi parce…
-Eh ! Eh ! Du calme Rémus ! Te fais pas tout de suite un scenario avec début et dénouement final ! L'arrêta Peter. Je suis EXTREMEMENT prudent. Et ce serait trop bête de ne pas profiter de mes capacités pour fouiner un peu et en profiter… (un sourire à la fois rêveur et grivois étendit ses lèvres alors qu'il donnait un coup de coude entendu à son voisin) Si tu savais tout ce qu'on peut voir quand on peut monter dans le dortoir des filles… Dis, ils se disputent à propos de quoi ces deux-là ?
Rémus sembla avoir envie de se frapper la tête contre la table. Il était entouré de deux gamins et d'un voyeur… Qu'est-ce qu'il faisait là ?
-…Des dérèglements hormonaux de James… Consentit-il à répondre quand même.
-Hein ?!
Brutalement James cessa de remuer sa cuillère pleine de céréales dans tous les sens et tenta de se remodeler un masque de sérieux tout en cherchant néanmoins à éviter de se retrouver dégoulinant de confiture rouge.
Un œil avisé aurait remarqué que cela correspondait exactement au moment où son regard s'était fixé sur Severus Rogue qui venait d'entrer dans la grande salle. Mais malheureusement pour les yeux avisés, cela tomba aussi sur le moment où la préfète-en-chef, Lily Evans, remonta les tables dans leur direction.
C'est donc ce que nota Rémus, ratant la donnée serpentarde de l'autre côté de la pièce, et trop occupé à regarder la jeune femme qui approchait, se demandant ce qu'elle leur voulait, il loupa aussi l'échange de regard entre les deux amants, remplis de requêtes silencieuses, de « Aime-moi » et de « Maudit Gryffondor, laisse-moi y réfléchir en paix sans venir m'inonder de tes phéromones. ».
Quant à Sirius, il pestait en cherchant sa baguette pour s'essuyer, car finalement le pot de confiture avait atterrit sur son uniforme. Peter arrangea son problème avant de se rembrunir car lui aussi venait de voir Lily. Et leurs relations n'étaient pas vraiment des plus cordiales.
-Salut les garçons ! Claironna joyeusement la jeune femme en s'arrêtant devant eux.
-Ey Préf' ! Marmonna Sirius.
-Bonjour Lily, fit aimablement Rémus avec un grand sourire.
-Salut Evans, lâcha Peter, le regard fuyant, revenant à son repas.
-Bien le bonjour ma petite fleur d'amour ! Badina James comme à son habitude.
Elle leur adressa un sourire radieux, du moins à Rémus et à James, restant d'ailleurs un peu plus longtemps que nécessaire dans le regard de ce dernier, avant d'adresser un sourire un peu forcé aux deux autres, et de revenir assez rapidement sur la personne qui semblait le plus l'intéresser.
-Euh… James… Commença-t-elle alors en enroulant nerveusement le bout de sa cravate entre ses doigts. Je me demandais… Si par hasard tu serais intéressé… Il y a cette sortie à Pré au Lard… Et évidemment je devrais surveiller un peu… Mais cela ne nous empêcherait pas de discuter pour faire plus ample connaissance… Que tous les deux…
Ne pouvant plus tenir son regard apparemment, elle baissa les yeux, rougissant sans doute plus qu'elle ne l'aurait voulu.
Lily Evans lui proposait ni plus ni moins de sortir avec elle.
Sirius tapa d'excitation sur son épaule, et tout autour de lui des gryffondors, des poufsouffles et des serdaigles poussèrent de grands cris de joie ou sifflaient. Tout le monde connaissait les péripéties amoureuses du joueur vedette de la maison rouge et or (du moins les officielles) et tout le monde, hormis quelques demoiselles ayant encore des illusions, attendait avec impatience que la rouquine lui tombe dans les bras. Désespérait même. Mais James resta un instant de marbre, à fixer Lily, interdit. Une partie de lui se demandant sérieusement s'il n'y avait pas un piège quelque part… Parce qu'après plusieurs année à la poursuivre avec assiduité, tout d'un coup la voilà qui venait elle-même proposer la chose, quand lui-même avait cessé d'y croire.
Et tentait d'engager un truc sérieux avec quelqu'un d'autre.
*Merde.*
Il n'y avait pas d'autres mots.
Il y avait Lily, franche, belle et lumineuse, qu'il avait toujours voulue. Qu'il voulait toujours du reste. Avec elle il n'y avait pas d'inconnu, tout le monde les accepterait, il pourrait former une famille au grand jour et avoir des enfants. Ils se disputeraient de temps en temps, bien sûr, mais Lily saurait le raisonner et calmer le jeu. Ils seraient tous les deux un couple harmonieux…
Et il y avait Severus, secret, à la beauté sombre, contestée et au tempérament cynique. Lui aussi il l'avait toujours voulu, sans même le savoir. Et il le voulait toujours. Avec lui, tout serait difficile, chaque jour une épreuve, chaque jour leur couple sera à justifier à ses proches et ils ne seraient probablement jamais considéré par les autres comme une famille, quand bien même ils adopteraient un enfant. Ils se disputeraient tous les jours, et finiraient chacune de celles-ci en se faisant sauvagement l'amour… Ils seraient tous les deux un couple ardent…
Mais si Lily semblait plutôt décidée, Severus avait décrété que ses stupides idéaux et ambitions étaient peut être plus importants… Alors qu'est-ce qu'il gagnerait à rejeter une idylle assurée pour une chimère ?
James était complètement perdu en cet instant.
-Qu'est ce qui a changé ? Demanda-t-il doucement, espérant qu'elle arriverait à l'entendre au milieu du chahut de ses camarades.
-Eh bien… Toi, souffla Lily embarrassée par les réactions des autres. Tu sembles avoir changé cette année. Tu es… Différent. Plus mature…
Rémus renifla à cette assertion, songeant certainement à sa bagarre quelques minutes plus tôt.
-… Et puis j'ai vu que tu te comportais même correctement avec Severus…
James blanchit brutalement. Pas parce que Sirius se moquait tout d'un coup de lui, mais parce que ce qu'elle venait de dire n'arrangeait pas du tout son affaire. La vérité c'était que ce n'était pas pour elle, ou même pour lui-même qu'il était devenu plus mûr. C'était Severus qui l'avait transformé. C'était lui qui l'avait obligé à douter sur ce qui l'entourait et lui avait fait se poser les bonnes questions. C'était parce que le serpentard semblait déjà tellement adulte que James avait voulu se mettre au diapason.
L'homme qu'aimait à présent Lily ETAIT l'œuvre de Severus.
Se reconnectant aux évènements, James s'aperçut tout d'un coup de la présence de l'objet de ses pensées à portée d'oreille. Fidèle à ses habitudes, il s'était glissé discrètement près d'eux pour les espionner. Apparemment il avait tout entendu car même si son visage restait de marbre, ses yeux sombres semblaient bruler de la flamme de la trahison.
Il se détourna brusquement et James se leva de sa chaise, surprenant tout le monde. Il n'avait qu'une envie : poursuivre le serpentard offusqué, mais il ne pouvait pas planter Lily là après sa demande. Ce serait vraiment cruel de sa part.
Et puis ce n'était qu'un rendez-vous à Pré-Au-Lard. Ce n'était pas comme s'il allait tromper Severus.
Il lui prit les mains et força un sourire sur ses lèvres malgré l'urgence qu'il ressentait :
-Je serais ravi de t'accompagner Lily. Tu n'auras qu'à me dire où et quand tu veux qu'on se retrouve. Par contre, pardonne-moi, je viens soudainement de me rappeler que j'ai une chose urgente à faire !
-Ouais, hurler de joie sur la plus haute tour de Poudlard, proposa Sirius derrière.
*Si seulement* Pensa James *Non, je vais devoir régler une crise de jalousie de mon copain. Carrément moins fun.*
-Euh… Pas de problème. Je te dirais ça. Merci, répondit Lily avec un grand sourire, mais déjà il lui échappait en courant vers les grandes portes.
Il regrettait de ne pas avoir la Carte du Maraudeur avec lui. Severus pouvait déjà être à l'autre bout du château.
Ou tout simplement en train de se soutenir, tête contre mur, dans le couloir qui menait aux cachots.
James plissa les yeux en l'apercevant de loin, se disant que c'était très peu Roguesque de sa part, cette façon de se mettre en spectacle.
-Severus ?
Celui-ci se crispa, mais ne se tourna pas dans sa direction.
-Laisse-moi, cracha-t-il sèchement.
-Non, je…
James s'approcha assez afin de poser une main sur son épaule et le faire pivoter vers lui, mais Severus sursauta et cassa sa poigne en se tournant vers les escaliers en colimaçon qui descendaient vers les sous-sols.
-Tu n'as pas compris Potter ? Je t'ai demandé de me laisser tranquille !
James fit la moue en l'entendant l'appeler par son nom. C'était pourtant quelque chose qu'il faisait de moins en moins, et surtout plus de cette façon… Plus comme s'il s'agissait d'une insulte.
-Je crois que tu n'as pas très bien compris ce qui s'est passé dans la Grande Salle. D'ailleurs si tu arrêtais de fouiner…
Le serpentard le coupa d'un bref éclat de rire rauque, qui était à peu près TOUT sauf joyeux. En général, c'était le genre de son qui sortait de votre bouche avant que vous vous mettiez à fondre en pleurs. Le rire de « Merde, ma vie est trop pourrie ». James en grimaça d'avance.
-Si je n'ai pas bien compris ?! J'ai très bien compris au contraire ! Te servir de moi pour approcher Lily, ça tu vois, je n'y avais même pas pensé. Bravo Potter, ton niveau de sournoiserie vient d'atteindre des limites certainement jamais atteintes par quiconque d'humain !
La voix était cassée entre ton narquois et colère et son vis-à-vis savait qu'il aurait dû dire quelque chose assez rapidement. Mais il était totalement soufflé par l'accusation.
Severus secoua la tête, un rictus amer au coin des lèvres :
-Dire que… Je suis trop con…
-MAIS NON ! Finit par réagir James, sa juste indignation venant lui donner le souffle nécessaire. Bordel oui t'es trop con ! J'ai jamais fait ça pour approcher Lily !
-J'hallucine… En plus tu me prends pour un idiot… Ça te fait aussi plaisir que ça de me ridiculiser ? Mais c'est une énergie dépensée inutilement, je me sens déjà constamment comme un minable ! Merci à toi ! Lui hurla-t-il dessus avant de courir vers les escaliers.
-Merde ! Non !
James partit évidemment à sa suite, sachant cependant à quel point le diable pouvait être rapide quand il le voulait. Il dû presque lui sauter dessus dans les marches pour l'attraper et l'immobiliser contre le pilier central :
-Tu n'as pas le droit de décider tout seul de ce qui est ou non la vérité ! Pourquoi tu ne me crois pas ? Pourquoi tu ne me fais pas confiance ?! Je ne t'ai jamais menti de toute l'année ! Est-ce que tu as peur à ce point que je te dise un jour que tout cela était une farce ? Que j'affiche des photos de toi nu dans toute l'école ? Et je ne sais quoi d'autre ? Ça n'arrivera pas ! Ça n'arrivera jamais ! Mais tu ne me laisse même pas de seconde chance pour te le prouver ! Est-ce que tu me vois juste comme un monstre ?
James se mordit la lèvre. Il était à deux doigts de s'effondrer, de secouer son petit ami comme un prunier ou d'éclater en pleurs. Il ne savait pas très bien. Mais il était aussi dégouté que découragé. Relevant les yeux vers Severus, il constata que ce dernier avait l'air aussi mal que lui. Prêt à craquer.
-Par Salazar, tu n'as aucune idée de ce que tu me fais Potter ! Oui tu es un monstre ! Tu es pire que Lupin ! Lui il s'est juste contenté de faire saigner ma chair, mais toi… Toi tu me détruits de façon méthodique de l'intérieur ! Et constamment tu reconstruits… Et constamment tu recasse tout ! C'est une vraie torture sans fin !
Les lèvres serrées, James eut soudain envie de le frapper. Parce que là c'était lui qui était en train de lui faire mal. C'était si injuste ! Ce n'était pas ce qu'il faisait ! Ce n'était pas ce qu'il avait eu envie de faire ! Il l'aimait ! Putain, il l'aimait juste ! Où était la torture ?! Pourquoi ses sentiments avaient-ils mérités d'être reçus ainsi ? Il lui avait ouvert son cœur comme il ne l'avait jamais fait pour personne d'autre, il l'avait admiré, il l'avait écouté… Il avait risqué sa réputation pour lui. Il avait donné sans compter ! Et à ça il recevait un : « Non merci, c'est du poison, tu peux te le garder ! » ?!
-Là… T'es vraiment dégueulasse Severus… Murmura-t-il, dépité.
-Alors mettons fin à tout ça. Et acceptons que tous les deux… On sait juste se faire du mal. On est toxique l'un pour l'autre… Et je sais ce que ça fait ce genre « d'amour ». Je le sais parfaitement. J'ai connu ça toute ma vie… Avec mes parents… Et j'en ai assez…
La voix était froide et sans ton, comme désincarnée, mais une larme coulait doucement sur chacune de ses joues.
-Vas rejoindre Lily. C'est pour le mieux. C'est comme ça que ça doit être. Et oublie-moi.
Comme si c'était seulement possible. James ne semblait cependant pas avoir droit au chapitre. Lui et son amour toxique venaient tous deux d'être écartés du revers de la main.
*Mon amour n'est pas toxique !* Protesta-t-il et pleura t'il intérieurement en s'écartant toutefois, le cœur brisé.
La respiration rendue difficile par la boule de chagrin qui s'était installé au fond de sa gorge, il se mit à déambuler sans destination et sans faire attention à où il allait, juste pour essayer de ne pas pleurer.
Et pourtant, sans savoir comment, il se retrouva soudain dans les bras de Lily. Son parfum floral venant l'entourer comme une caresse de réconfort et la chaleur de sa poitrine rayonnant contre son visage.
-Oh… Lily…
Et il fondit enfin en larmes contre elle, bruyamment, librement, sentant sa prise se refermer sur lui, douce et compatissante.
Kyomi ni tsutsumarete wa kieru
Enveloppé par le néant, je m'estompe doucement
Boku ga kiesaru made
Jusqu'à disparaitre totalement
Saa
Allez !
1981 – 31 octobre
Une lumière verte envahit tout son univers durant un bref instant, et il sut aussitôt qu'il n'avait pas assez de recul pour lui échapper. Mais il n'avait pas peur. Pas pour lui du moins. Jamais. La mort lui avait toujours semblé être une autre belle aventure à découvrir, une de celle que tous devaient connaitre à un moment ou à un autre.
Mais Harry ! Lui il avait juste un an !
Mais hélas, il ne pouvait rien y faire. A ce moment même, il était déjà mort.
Son corps s'était effondré lourdement par terre, comme pour chercher encore à barrer le passage à la bête qui venait de pénétrer leur demeure. Et bizarrement, s'il n'arrivait tout simplement plus à bouger, il était encore conscient. D'une conscience qui semblait aussi fragile que la délicate toile d'une araignée.
L'homme en noir ne lui adressa même pas un regard et l'enjamba, le bas de sa cape venant lécher son corps comme la langue d'une hyène puante.
*Lily !* Voulut-il appeler, voulant l'encourager à sauver leur enfant à tout prix. Il invoqua aussi en son cœur Sirius et Rémus. Pas Peter… Parce que Peter était soit mort… Soit… Non, Peter DEVAIT être mort. Puis une image vint envahir toutes ses pensées. Celle d'un autre homme en noir jurant sur un fond de bosquet en fleurs.
*Severus… Tu as promis… N'oublie pas… Tu as promis pour Harry…*
C'était long. Combien de temps allait-il être conscient… Et pourquoi le Lord noir n'était toujours pas réapparu ? Est-ce que toute sa famille était pareillement morte ?
Son Harry… Son bébé… Sa plus grande réussite. Un petit bout de lui et un petit bout de tous ceux qu'il aimait.
*Ils seront là pour toi, mon fils. Lily fera de toi un petit élève modèle, Rémus t'apprendra à être réfléchi, Sirius fera tout le contraire et t'enseignera les vertus du rire et de la désobéissance, quant à Severus, si Merlin le veut, il sera à tes côtés et tu deviendras quelqu'un de tolérant qui respecte chaque être que ce monde a conçu. Grandis mon bébé, deviens un beau jeune homme, un apprenti sorcier avide d'apprendre, vas dans la maison de Poudlard qui te plaira le plus, sois-libre de devenir un joueur de quidditch ou un préfet, ou bien de ne pas l'être, et de faire le métier de ton choix, épouse la personne qui fera battre ton cœur, ou même les personnes s'il le faut… Ton Papa ne pourra en aucun cas te le reprocher. Bordel, j'aurais dû obliger Severus à m'épouser aussi, on aurait fait un superbe plan à trois, je suis sûr que j'aurais pu persuader ta maman… Enfin bref, je serais toujours fier de toi… Harry… Harry…*
Il aurait aimé avoir la chance de rejoindre sa prochaine demeure avant d'assister à ce qui allait arriver… Hélas, depuis un regard vide – car mort- il repéra les chaussures qui s'immobilisèrent sur le perron. Et si sur le moment cela ne lui évoqua rien, le son rauque provenant du fond de la gorge qu'il entendit, l'attrista énormément.
-…Non… Non…
*Severus…*
-…James…
*…Ne sois pas triste. Putain ne sois pas triste. Tu as perdu le droit d'être triste le jour où tu as refusé d'être à mes côtés sombre crétin !*
Des mains, blanches, fines, se posèrent sur ses joues, mais malheureusement il ne les sentait plus. Puis son corps entier fut agrippé et enveloppé dans la longue silhouette fine de Severus qui appuya son visage contre son cou, le souffle difficile.
-Pourquoi tu ne m'as pas écouté ?!
James se sentit envahi d'une vague de tendresse alors qu'il quittait enfin son enveloppe corporelle pour se tenir non loin de là, observant leurs deux corps enlacés. Il aurait aimé pouvoir l'agripper lui aussi pour lui donner le courage nécessaire. A la place il effleura d'un doigt immatériel la joue de son ancien amant.
*Je t'ai toujours aimé Severus. C'est pas grave : Je t'attendrais.*
*James…*
Il se retourna, tombant sur la forme spectrale d'une biche. Lily.
*…Nous devons y aller.* Continua-t-elle. *Il nous rejoindra lorsque son heure sera venue.*
*Tu savais ?* Demanda James alors que Severus le reposait délicatement à terre pour se précipiter dans les escaliers où, sans aucun doute, il trouverait le corps sans vie de la seule femme qu'il n'avait jamais aimé.
*Je l'ai deviné. Le destin nous a joué un vilain tour, nous aurions dû être tous les trois, mais Severus est resté seul… Et… Les cerfs ne se contentent pas d'une seule biche, n'est-ce pas ?*
La voix était taquine, James sourit d'un air rêveur.
*Tu es comme toujours si avide…* Continua Lily d'un air tendrement exaspéré.
Ceci dit, James s'avança et prit la forme de son animagus, rejoignant d'un pas noble la biche-Lily.
*Et pour Harry ?* Demanda celle-ci.
*Il ira bien. Severus le protègera et nous veillerons sur lui de loin….*
Dans l'obscurité de la maison, James se sentit partir, comme si son être tout entier se morcelait en un millions de petits morceaux susceptibles d'être emportés par le vent.
Le vent. Cela semblait être judicieux. « James le cyclone ». Désormais il hanterait chaque brin d'air, il serait dans chaque caresse qui se perdra sur la joue de Harry, dans chaque bourrasque qui jouera dans les cheveux de Severus et dans chaque rafale qui tourmentera leurs ennemis.
Et pour toujours, il sera là.
Utaimashou odorimashou
Chantons tous ensemble, dansons tous ensemble
Paradichlorobenzene
Saa waraimashou netamimashou
Allez, rions tous ensemble, jalousons tous ensemble
Paradichlorobenzene
Boku mo kimi mo nanimokamo zenbu
Moi, toi, tout, tout le monde
Paradichlorobenzene
Saa kuruimashou nemurimashou kuchihateru made
Allez, devenons fous et dormons jusqu'à pourrir
Saa !
C'est parti !
1980 – Godric Hollow
-Severus… Je t'aime.
L'homme le regarda avec une expression que James reconnut comme de la frustration.
-Et moi je te déteste.
Le silence douloureux qui s'installa fut brisé par Harry qui commença à se trémousser dans les bras de James, tendant une main vers un papillon qui voletait sur le massif de fleur. Il fourra son poing dans sa bouche lorsqu'il remarqua que les deux hommes avaient fixés leurs regards sur lui.
-C'est Harry, le présenta James. Il est mignon, n'est-ce pas ?
Severus crispa le nez de dégout et roula rapidement des yeux.
-Ne ment pas, tu le trouves forcement mignon : Il est le mélange des deux personnes que tu aimes. A moins que tu n'admettes toi-même avoir un gout déplorable, continua James en forçant un sourire sur ses lèvres.
-Potter. Je sais que c'est dur pour toi, mais essaie de rester un peu sérieux. La situation est…
-Je ne m'inquiète pas trop de ce qui pourrait m'arriver, le coupa James qui échangea un regard avec Harry. Mais ce n'est pas le cas pour lui, mon petit bébé. Il est ce qui est le plus précieux à mes yeux…
-Alors cachez-vous. Essayez de vous faire oublier un temps. Par pitié.
-Tu as l'air si désespéré Severus… Qu'en est-il du « Je te tuerais » ? Pourquoi cherches-tu à me protéger, moi et ma famille, au risque de déplaire à ton précieux et merveilleux Maître ?
Le rictus moqueur au coin de ses lèvres ne trompa pas l'ancien serpentard qui s'assombrit plus, si seulement c'était possible.
-Si tu cherches à prouver quelque chose Potter… Eh bien tu n'as qu'à considérer que tu as gagné. Je ne suis pas venu pour me battre avec toi ou pour chercher qui avait tort ou raison…
Il semblait si abattu et fatigué que James ne se sentit pas de le torturer plus. S'il y avait bien quelqu'un qui semblait avoir besoin d'une protection en ce moment, c'était moins lui que Severus. Si seulement ce dernier voulait bien accepter un peu d'aide… Quelqu'un s'inquiétait-il pour lui là où il vivait ? Quelqu'un s'assurait-il de sa santé ? Quelqu'un serait-il là pour lui ou serait-il un jour enterré sans personne pour le regretter, dans l'indifférence la plus complète ?
Harry entoura son cou de ses bras et plongea son visage dans son épaule avec un bâillement. James considéra en un instant une idée.
-Si j'accepte de me faire discret, commença James. Est-ce que tu peux me promettre quelque chose ?
Severus plissa les yeux avec méfiance :
-Je ne rejoindrais pas vos rangs.
-Pas ça. J'avais compris que t'étais une tête de mule. Mais j'aimerais que tu promettes, si jamais il m'arrive quelque chose, de protéger Lily et Harry. Je sais que ça risquerait d'être difficile avec ton allégeance, mais je te fais confiance pour y arriver.
-C'est un poids très lourd que tu poses là sur mes épaules, lui fit-il remarquer avec un peu de colère.
-Eh bien… Ça devrait t'encourager à rester en vie.
Il lui adressa un regard triomphant et Severus ferma avec douleur ses yeux.
-Tu as toujours été un tel…
Il ne sembla pas trouver le mot pour le définir puisque la phrase resta en suspens.
-Je le ferais, finit-il par dire à la place. Mais toi aussi assure-toi de tenir ta promesse.
James n'eut pas la possibilité de lui répondre.
Severus avait déjà disparu.
C'était la dernière fois qu'ils se parlaient.
-Fin de Paradichlorobenzene-
Et voilà, l'histoire de James est terminée… Plus ou moins. Si j'en ai l'occasion, j'écrirais aussi la « réponse » de Severus et celle de Lily a cette histoire. On verra bien. Sinon que dire… Les évènements du début et de la fin, n'ont pas de rapport avec la Prophétie. Severus l'entendra quelques temps après et rapportera le morceau entendu à Voldemort sans se douter un instant que cela concentrerait l'attention de ce dernier sur les Potter. Sabotant sa propre tentative de les mettre en sûreté. Ballot.
Bref, j'espère que cette histoire vous aura donné quelques interrogations, le passé peut être si intéressant à décortiquer ! Et vous aura distrait (argh la conjugaison de ce verbe !) aussi ! Merci à tous et à la prochaine fois !
