Mot de l'auteur : Bonjour tout le monde ! Je suis consciente que ça fait un moment . Désolé, désolé ! J'avoue vous avoir un peu abandonné sur cette histoire pour pouvoir boucler mon défi personnel de « Vies et mœurs des Loups ». Mais enfin, après un nouveau déménagement, me voilà de retour ici pour vous livrer mes 30 pages habituelles ! C'est un chapitre un peu « pépère », mais j'espère qu'il vous fera tout de même un peu sourire !
Résumé des épisodes précédents :Nos héros ont fait leur rentrée à Poudlard et si la relation entre Drago et Harry avancent à pas de loups, séparation des deux maisons oblige, la situation devient tendue entre Ron et Blaise. Ce dernier voit ses intentions vis-à-vis du rouquin dévoilé par Fay, la petite amie de ce dernier, et Ron le rejette. Finalement Blaise sera consolé par Ginny…
Chapitre 39 : Rogue fait du babysitting
1976 – Carbone-Les-Mines, L'impasse du Tisseur
Le grincement de la porte fut tout sauf discret et Severus sentit son agacement monter de plusieurs crans. Il s'efforça cependant à respirer calmement en baissant un peu plus la tête sur son livre d'herbologie pour essayer de faire comprendre qu'il était occupé. Un peu de paix, c'était trop demander ? Salazar qu'il détestait l'été.
-Pourquoi il fait tout sombre dans ta chambre Sev' ? Fit une petite voix féminine.
Il grogna pour seule réponse.
Peut-être que s'il l'ignorait, elle finirait par disparaitre.
Les petits pas foulèrent son parquet, arrivant juste à côté de lui et une touffe de cheveux marron apparut à l'extrémité de sa vision.
-C'est de la magie ? Tu sais que Papa veut pas que tu fasses de la magie dans la maison.
Severus inspira si fortement que le bruit lui fit penser à un dragon s'apprêtant à cracher du feu.
-Pourquoi tu parles pas ? Un chat a mangé ta langue ?
Désespéré, il finit par se tourner vers la petite chose qui le harcelait depuis tout à l'heure. Des cheveux hirsutes non coiffés et de grands yeux aussi sombres que les siens, elle portait juste un grand t-shirt blanc portant le logo d'une marque de bière.
Le sorcier fronça les sourcils, oubliant un instant de rappeler à la petite fille qu'il avait des devoirs à faire pour Poudlard et que donc, conséquemment, il DEVAIT faire de la magie. Même si ce n'était pas tout à fait vrai. La plupart de ses études n'étaient pas pour l'école, loin s'en faut.
-Perpetua, pourquoi tu n'es pas habillée ?
La gamine de 8 ans fit tourbillonner une mèche de cheveux sales entre ses doigts.
-Malcolm a avalé un truc bizarre, annonça t'elle sans répondre à la question.
Il poussa un petit soupir en se massant la tempe. Il tenta de se rappeler qu'il avait 16 ans et que cela aurait dû lui donner le droit d'attraper sa sœur et de la jeter hors de sa chambre. Malheureusement, s'il faisait une chose pareille, la chose qui lui servait de père s'empresserait de lui rappeler qui commandait dans cette maison.
-Il a vomi par terre, continua Perpetua en le regardant fixement.
-Où est Maman ? Demanda-t-il.
-Partie.
-Père ?
-Parti aussi.
-Putain de… Commença Severus avant de s'arrêter de justesse.
-Ah ! Severus a dit un gros mot !
-La ferme demi-portion.
Il avait entendu la dispute ce matin, mais il y était désormais trop habitué pour y faire attention. Ses parents adoraient s'engueuler pour des bagatelles, même si le plus souvent, c'était Tobias Rogue qui lançait les hostilités avec sa jalousie maladive, imaginant toutes sortes de relations dès que son épouse avait le malheur de parler à un autre homme. Et il avait l'excuse toute trouvée pour ça : sa femme n'était rien d'autre qu'une sorcière ! Elle ensorcelait donc tout le monde comme elle l'avait ensorcelé, lui.
C'était bien sûr ridicule. Et grandement aidé par son état d'ébriété sur le moment.
Et de toute façon, cela se terminait toujours de la même façon : ils se retrouvaient et se pardonnaient avec de sirupeux mots d'amours qui lui donnaient envie de vomir.
Le problème dans l'histoire, c'était qu'ils oubliaient bien souvent qu'ils avaient des enfants. Severus s'y était fait quand il était plus petit. Il se préparait tout seul et passait la journée au terrain de jeu. C'était d'ailleurs comme ça qu'il avait rencontré Lily.
Mais Malcolm avait 4 ans.
Et Severus n'avait rien d'une babysitter.
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Mi-Mai 1999
Tournant la tête de droite à gauche, Harry souffla. Neville lui adressa un petit sourire désolé.
-On dirait qu'ils ne viendront pas manger ce soir non plus, commenta ce dernier. Et… Ils ne sont pas les seuls…
C'était vrai, la Grande Salle semblait moins fourmillante que d'habitude et ici et là le long des quatre tables, des chaises restaient vides et la vaisselle étincelante de propreté. Laissant son regard porter jusqu'à la maison la plus proche, celle des poufsouffles, Harry sauta rapidement Zacharias Smith qui faisait le paon devant les filles, pour constater que Ernie, Justin, Susan et même Hannah étaient absents.
-Hannah va bien ? S'enquit-il alors auprès de Neville car elle ne semblait pas du genre à louper un repas pour réviser.
D'autant plus que Megan, sa meilleure amie, était présente.
-Pas vraiment. Je l'ai laissée tout à l'heure dans sa salle commune, après lui avoir apporté une tisane à la menthe et à la sauge. Ces examens la rendent complétement malade.
Harry grimaça avec compassion. Par chance, il n'arrivait pas à être stressé par la perspective des ASPICs, il avait connu bien pire question « tension » au cours de sa vie. En plus, il était dans sa période de garde d'Evangeline et celle-ci requerrait beaucoup d'attention avec ses incisives qui perçaient sa gencive. Sans parler de sa nouvelle habilité à se tourner sur le ventre qui rendait toute inattention possiblement dangereuse.
Ça, et son nouveau régime alimentaire. Moins de biberons dans la journée et des légumes qu'il pouvait mixer avec son lait pour l'habituer. Harry avait décidé de commencer par les carottes, ce qui expliquait actuellement la couleur légèrement orangée du repas du bébé qu'il tenait dans ses bras.
-Si les professeurs ne passaient pas leurs temps à nous mettre la pression aussi… Fit-il remarquer et Neville hocha la tête, tout à fait d'accord avec lui.
-Tu as raison, c'est presque si je culpabilise de dormir la nuit ! Enfin, bref, cessons de parler de tout ça ou je ne vais pas être mieux qu'Hannah… Tu as entrainement de Quidditch après manger, non ? Tu veux que je te garde Evy' ? J'ai bien peur qu'Hermione ne soit pas une bonne baby sitter en ce moment…
Harry accepta son offre avec reconnaissance et finit son repas afin de partir motiver ses troupes… Ou du moins tenter cet exploit. Chose ardue car ils savaient tous que la coupe de Quidditch leur échappait cette année et que même s'ils jouaient de toutes leurs forces contre Poufsouffle, tout dépendrait de la façon dont se débrouilleraient les serpentards contre les serdaigles.
La seule qui volait comme une hirondelle au printemps, c'était Ginny. Elle enchainait les loopings et les tournants avec grâce et légèreté, réussissant toutes ses passes sans jamais manquer d'en louper une. Elle était vraiment en grande forme et le faisait savoir à grands cris de victoire et de tope-là avec ses partenaires.
Curieux, Harry laissa tomber sa chasse au vif d'or pour faire signe à son remplaçant de s'en occuper, dirigeant alors son balai jusqu'à Ron qui regardait sa sœur d'un air lugubre.
-Dis-moi Ron, qu'est ce qu'il se passe avec Ginny ? Pas que ça me dérange, mais…
-Il y a que mademoiselle, en dépit de mes conseils, s'est mise à fréquenter Zabini. Voilà ce qu'il y a.
-Oh, lâcha Harry en orientant à nouveau son regard sur elle.
Il ne savait pas trop bien quoi en penser, réservant toujours son avis sur le meilleur ami de son époux, mais ça n'avait pas l'air d'être si catastrophique pour le moment. Loin de là. Ginny semblait plus heureuse qu'elle ne l'avait été depuis très longtemps.
-Il va la détruire, fit quant à lui Ron qui semblait avoir son propre avis bien tranché.
-Ou bien c'est elle qui va le détruire, proposa Harry négligemment en se laissant flotter dans un courant aérien paisible.
Ron lui envoya un regard noir :
-Qu'insinues-tu ?
-Oh, allez Ron, Ginny n'est pas vraiment le modèle de la jeune ingénue fragile… Ce n'est pas quelque chose qu'on devrait dire d'une fille, mais tout de même, elle a des couilles ta sœur, plus même que beaucoup de mecs. Tu devrais lui faire confiance.
-Mouaif… Mais quand même.
-Ou… C'est parce qu'elle t'a volé un admirateur ? Lâcha le brun avec un rictus moqueur.
Ron prit aussitôt sa plus belle teinte de coquelicot, surpassant presque les dégradés du coucher de soleil qui avait lieu en ce moment.
-J'aimerais que l'on ne me reparle plus jamais de cela… Maugréa-t-il en s'approchant du balai d'Harry pour lui donner un coup et tenter de le désarçonner.
C'est le moment que choisi Ginny pour arriver à ses buts. Elle hurla quelque chose à Ron qui était distrait et même Harry ne put rien faire pour lui éviter de se prendre le souaffle en pleine figure.
-Ouille… Fit-il entre ses dents alors que le rouquin inspirait bruyamment en se tenant le nez.
Mais à partir de ce moment-là, il n'y avait plus rien à faire : Le reste de l'entrainement se fit avec le frère et la sœur s'hurlant des insanités à travers le terrain et tentant de s'assommer réciproquement à coups de balles.
Cela semblait plus… plus que d'habitude entre eux et Harry se demanda en fronçant les sourcils s'il n'y avait pas derrière cette fausse image de fratrie, un rien d'amertume et de non-dits. Cependant, n'étant en aucun cas très lucide sur ce genre de chose et les sentiments amoureux, il préféra ne pas intervenir.
Mais il ne pensait pas que Ron avait balayé aussi vite les sentiments de Zabini à son égard.
Comme d'habitude, Harry resta sur place après que tous les autres soient partis en direction d'une bonne douche (ou de l'infirmerie) et s'occupa de ranger tout le matériel afin de laisser la place nette. Quand ce fut à son tour de traverser le parc pour monter au château, il laissa son regard s'égarer sur les fenêtres de la bibliothèque desquelles filtrait une faible lumière. Exceptionnellement en période d'examens, tous les septièmes années avaient le droit de rester étudier à la bibliothèque après les heures de fermeture.
Avec un sourire indulgent, Harry décida de passer d'abord aux cuisines et tant pis s'il était tout suant et que ses vêtements de Quidditch le collaient. Il fit ainsi préparer deux plateaux qu'il fit léviter derrière lui jusqu'à la bibliothèque où il entra en essayant de faire le moins de bruit possible.
A l'intérieur de la douce ambiance feutrée faite de rayonnages et de bruits de pages, il chercha sa tête blonde des yeux. Il la trouva qui se découpait sagement dans le paysage nocturne offert par les grandes fenêtres et se demanda un instant si on pouvait voir le terrain de Quidditch de là.
Et s'il avait de temps en temps levé les yeux de ses révisions pour le chercher du regard.
-Vous allez vous rendre malade, chuchota t'il à l'oreille de Drago avant de déposer un des plateaux à côté de lui.
Il se rendit ensuite à la table voisine où se trouvait Hermione, quelque part derrière un mur de livre.
Le blond se redressa légèrement, faisant jouer ses épaules pour les détendre, puis se massa le front avant de tourner son regard sur son serveur, s'accordant apparemment quelques minutes.
Ce que ne fit pas Hermione : elle remercia Harry autant qu'elle s'excusa, avant d'attraper un sandwich sur le plateau.
-En fait, j'avais faim, constata-t-elle avec étonnement entre ses mastications, ne détournant cependant pas les yeux de la page qu'elle lisait.
Cela fit rire Harry avant qu'il ne sente une main lui attraper le bras. Il se retourna alors vers Drago qui le fixait avec un air appréciateur.
-Quidditch, fit ce dernier à voix basse.
-Ouais, répondit Harry sur le même mode en se rapprochant.
-Je ne te l'ai jamais dit, mais tu es sexy dans cette tenue.
Le brun fit un effort pour ne pas rougir autant que Ron tout à l'heure.
-Tout suant, surtout, répliqua t'il.
-Exceptionnellement je te pardonne.
Harry retint un nouvel éclat de rire, il ne voulait vraiment pas déranger les autres. Il s'assit cependant en partie sur la table, Drago ne l'ayant toujours pas lâché.
-On ne se voit pas beaucoup en ce moment, déclara le serpentard comme pour expliquer le fait qu'il le retenait, faisant obstacle entre lui et sa douche.
-C'est bizarre sans toi et Hermione dans les parages. Je crois que je vais arrêter de prendre le petit déjeuner tôt pour pouvoir le prendre en même temps que vous, il n'y a qu'à ce moment-là que vous ne vous pressez pas pour repartir à la biblio.
-Est-ce un reproche ?
-Pas du tout, bouda Harry. Je sais que pour vous deux c'est important. Je ne vais certainement pas m'interposer.
Drago se leva, appuyant une main sur la table juste à côté d'Harry pour se mettre à hauteur d'oreille.
-Je suis désolé que tu te sentes délaissé beauté, mais ne t'en fait pas, je me rattraperais pendant les vacances, lui chuchota t'il avec un rictus pervers.
Harry ricana de son acharnement et se remit sur ses pieds :
-Bonne nuit, répondit-il d'un ton moqueur avant de lui planter un baiser sur les lèvres pour clore la discussion.
Drago lui lança une œillade pleine de sous-entendu et Harry partit en secouant la tête, aussi amusé que désespéré.
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Depuis le début du mois de mai, les cours de Sortilège s'étaient vus déplacés de créneau afin de pouvoir accueillir toutes les maisons pour les cours de magie collective. Ces leçons servant de bases à de nombreuses autres matières telles que la Défense contre les Forces du Mal, la Métamorphose, les Runes ou même la Botanique, ils étaient excessivement d'élèves à occuper la plus grande salle de classe de Poudlard, assis à des bureaux situés sur une estrade, en croissant de lune. En contrebas se tenait une zone de pratique où se tenait le minuscule Flitwick qui faisait son cours à l'aide d'un sonorus.
Hermione ne pouvait à chaque fois qu'être impressionnée par cette grande assemblée, puisque jamais auparavant une matière n'avait réunis la totalité des quatre classes, septième et huitième années réunies.
Personne n'abandonnait les Sortilèges à l'issu des BUSEs, c'était beaucoup trop élémentaire dans leur vie de tous les jours en tant que sorciers.
Non loin d'elle, elle entendit Ron pousser un immense soupir, semblant se préoccuper assez peu de ce qu'était en train de leur dire leur professeur.
-Encore les sortilèges collectifs… On fait plus que ça dans toutes les autres matières, râla-t-il à Dean.
Hermione lui lança un regard furibond depuis sa place, se retenant de lui rappeler vertement qu'il y avait énormément de chance pour que cet exercice tombe aux examens. Et statistiquement parlant, cela était demandé dans au moins une matière. Ron voulant devenir Auror, il était presque certain que son examinateur lui demandera de combiner un bouclier avec un ou plusieurs partenaires.
-Bien, bien, aujourd'hui vous allez vous mettre par groupe de 3, annonça finalement Flitwick en les invitant à descendre dans la zone de pratique.
La jeune femme se leva alors et hésita un instant avant de se placer près de Harry, avec qui elle avait déjà travaillé et réussi leurs exercices la semaine dernière. Malheureusement, elle ne fut pas la seule à avoir cette idée puisque Drago se faufila près d'eux avec le landau d'Evangeline.
-Euh… Tu es sûr que tu ne veux pas plutôt faire équipe avec Blaise ? Demanda-t-elle alors qu'il la regardait lui aussi d'un air décontenancé.
Il tourna la tête vers son meilleur ami, mais ce dernier était déjà entouré de Ginny et de Daphnée qui se foudroyaient du regard.
-Trop tard… Lâcha-t-il. Et puis je travaille mieux avec Harry.
Ce dernier les fixait avec une légère inquiétude, semblant songer lui aussi à la prochaine catastrophe, avant de retourner son attention sur le petit professeur qui gloussait sans même le cacher.
-Eh oui, mes enfants, jusqu'ici vous n'avez travaillé qu'en duo, et c'est « facile » de combiner vos magies lorsqu'il s'agit que d'une seule personne, encore plus lorsqu'il s'agit d'une personne que vous connaissez bien et appréciez… Mais dans votre vie de tous les jours, dans votre travail, ce ne sera pas toujours le cas. Aujourd'hui vous devrez non seulement comprendre comment intégrer une nouvelle source de magie, mais aussi être capable de vous adapter à un compagnon dont vous n'avez pas l'habitude…
-Je crois que Blaise va échouer à cet exercice alors, retentit la voix moqueuse de Parkinson.
Les regards passèrent d'abord sur la sorcière qui se tenait avec Milicent Bulstrode et Mandy Broklehurst, à Blaise qui se pinça l'arête du nez d'un air ennuyé alors que ses deux partenaires se tournaient le dos, boudeuses.
-Allons, allons, scanda Flitwick. C'est justement l'objet du cours. Je suis certaine que Miss Weasley et Miss Greengrass feront de leur mieux pour gagner des points à leurs maisons !
Un seul nouveau regard aux deux demoiselles suffisait à faire comprendre que, non, les points ne seraient pas à l'ordre du jour.
-Bien, maintenant je veux que vous vous entrainiez sur le même exercice que la semaine dernière : guider une balle jusqu'à la sortie d'un réseau de tuyaux. A vous de jouer !
-Bon, allons-y, fit Hermione en guidant les deux garçons vers l'installation de tuyaux la plus proche.
Tout en bas se trouvait la petite balle rouge au poids excessif qu'ils devaient faire léviter à travers plusieurs boucles.
En général, plus un objet était lourd, plus un sorcier devait mettre de la puissance pour le faire bouger, mais dans le cas où l'objet dépassait un certain poids, il n'y avait pas d'autres choix que de demander à quelqu'un de joindre ses pouvoirs au sien.
-OK, comment on va s'y prendre ? Demanda Harry. Ayant déjà bossé avec chacun de vous deux, je devrais être la base du sort, qu'en pensez-vous ?
-D'après « Les Expérimentations collaboratives magiques », il vaut mieux intégrer chaque magie une par une, donc, si l'on imagine que la magie collective est comme un mille-feuille, il vaut mieux que tu sois au milieu de nous deux non ? Lâcha Hermione avant de prendre un air plus sévère devant la mine amusée des deux autres : Ne pensez pas à des choses perverses !
Les deux garçons ricanèrent en se voyant percé à jour. Drago se reprit plus rapidement que Harry pour lui répondre :
-Même, la magie collective n'a rien à voir avec un mille-feuille. Tu ne me feras pas croire que tu ignores que la magie circule en circuit fermé, et donc en rond. D'une façon ou d'une autre il y aura connexion entre nous deux. Et « Expérimentations collaboratives magiques » est un livre stupide. Ce n'est pas parce qu'il est à bibliothèque que ça signifie que c'est une référence !
-Ah oui, parce que d'après toi, un livre qui a moins de dix ans d'existence ne mérite même pas un coup d'œil, répliqua Hermione. Libre à toi d'aimer les livres erronés, je pense que les dernières trouvailles et recherches sont bien plus intéressantes.
-Et bourrées d'erreurs et d'hypothèses non prouvées.
-Eh oh ! Intervint Harry qui avait retrouvé tout son sérieux. Nous ne sommes pas là pour débattre de quel manuel a le plus de légitimité dans les rayons de la bibliothèque. J'aimerais savoir si je commence ou non ?
Hermione jeta un regard déterminé au blond qui roula des yeux d'un air exaspéré :
-Essayons le protocole de Granger. Et JE commence.
Il attendit cependant que l'un des groupes soit expulsé dans chaque coin de la salle, après qu'ils aient tenté de combiner leurs pouvoirs en même temps. Après quoi, il lança son propre sort de lévitation, réussissant tout juste à faire frémir la balle sans arriver cependant à la décrocher du sol. Hermione le regarda se détendre, s'obliger à respirer calmement, avant de faire un signe à Harry qu'il pouvait y aller.
Le brun s'ajouta alors et le rayon originellement invisible de la magie se para de petites étincelles le long de son trajet. La balle se souleva très paresseusement, et grâce à la concentration des deux garçons qui arrivaient à garder le flux de leurs magies constant, elle commença à gravir son chemin.
Hermione se prépara alors, songeant qu'elle n'aurait qu'à fixer sa magie à celle d'Harry. Tous étaient si concentrés sur leur travail qu'ils ne faisaient même plus attention aux autres élèves autour d'eux.
-Pour moi c'est bon, fit Harry. Je suis prêt.
Drago eut un tic nerveux.
-Prêt est un bien grand mot, mais tu peux y aller Granger.
Elle souleva alors sa baguette et tenta avec le plus de douceur possible de s'intégrer. Elle trouva la magie d'Harry, très différente de ce qu'elle avait découvert en travaillant avec lui, mais chercha à se connecter quand même et tomba presque aussitôt sur celle de Drago. Tous les trois se raidirent soudain. Le flux de magie explosa, pas de façon fracassante, juste comme un mini feu d'artifices, et tous les trois s'écartèrent avec une expression d'inconfort sur le visage.
La balle était retombée au fond.
Hermione avait l'impression d'avoir des petites aiguilles qui lui picotaient la peau. C'était horriblement désagréable.
-Qu'est ce qu'il y avait avec votre magie ? Demanda-t-elle. Elle était… Drago ta magie est…
-Quoi ? Noire ? Froide ? Ça t'étonne vraiment ? Répliqua le blond en frottant nerveusement sa peau. Elle est l'héritage d'un nombre incalculable de mages noirs ! Parlons plutôt de la tienne qui n'a presque aucune saveur !
-Ma magie à moi est NEUTRE, le contrattaqua-t-elle. C'est juste la mienne, pas celle d'un tas d'ancêtre consanguin !
-Elle n'a aucun intérêt.
-Vous deux ! Soupira Harry. Faites un effort, j'en ai assez de jouer à l'arbitre.
Hermione se retourna aussitôt vers lui en décidant d'ignorer les commentaires du serpentard :
-Et toi, ta magie était différente de d'habitude. Elle était…
-Plus sombre, oui, enfin c'est normal Hermione, quand je m'adapte à Drago, ça donne pas la même chose que quand je m'adapte à toi. C'est là tout le problème, je ne peux pas faire en sorte que ma magie vous convienne à tous les deux à la fois !
-C'est pourtant ce qu'on doit faire !
-On s'y prend de la mauvaise façon, intervint Drago. Il ne faut pas qu'on réfléchisse en couche ou en « un qui fait le tampon ». On doit chacun se connecter aux autres. Je pense qu'il faut déjà que Granger et moi bossions ensemble tous les deux pour trouver une façon de faire cohabiter nos deux magies.
Ce fut à Hermione de retenir un profond soupir. Le fixant, elle se retrouva à plonger ses yeux dans son regard gris et froid. Un regard de tempête de neige. Si on lui demandait son avis, elle dirait que leurs magies à tous les deux étaient tout simplement incompatibles. Leur essence même l'était. Ils se tenaient aux deux extrémités contraires de l'échelle de la magie.
Elle savait que l'heure à venir serait frustrante.
Quand la sonnerie annonçant la fin des cours retentit, ils étaient toujours au même point, ayant passé presque autant de temps à tenter de faire bouger la balle qu'à s'engueuler, considérant que l'autre faisait mal les choses. Harry avait fini par en avoir assez et était parti regarder comment procédaient les autres. Heureusement tout le monde galérait, même le groupe des surdoués de Serdaigle.
Ce fut donc très agacés qu'ils s'étaient dirigés vers la bibliothèque pour pouvoir continuer leurs révisions avant le diner du soir.
A cet instant, Hermione aurait souhaité ne plus voir de la journée l'arrogant Mr-je-sais-mieux-que-tout-le-monde-et-plus-particulierement-qu'une-née-moldue, malheureusement il n'y avait qu'une bibliothèque et un nombre de place limité.
Et un nombre de livres limités.
Deux minutes après leur installation, ils se disputaient déjà un manuel.
-Tu l'as utilisé hier ! Se plaignit Hermione en tirant de son côté de la tranche. C'est à mon tour maintenant !
-Et j'en ai à nouveau besoin ! Je ne l'ai pas fini ! Va donc en prendre un autre !
-Celui-là est le seul à parler des effets du cycle lunaire et des phénomènes atmosphérique sur les pentacles de métamorphose à 4 branches !
-Je le sais bien, sur quoi je travaille à ton avis ? Va donc réviser une autre matière !
-Je vais les assommer tous les deux avec ce livre, assura à Neville un Harry qui semblait sur le point de craquer, déchirant sa feuille de parchemin de la pointe de sa plume pour se calmer.
-RAAH très bien ! Craqua Hermione en lui laissant son fichu manuel. Je vais réviser les runes puisque c'est comme ça !
-C'est ça, je n'en ai rien à faire, répliqua Drago en se détournant pour partir s'asseoir près de Harry en jubilant d'avoir gagné.
-Il n'y a vraiment pas de quoi en être fier, riposta le brun avec un air exaspéré.
Hermione se détourna d'eux avec frustration, cherchant elle aussi un exutoire à sa colère. Dans un geste un peu pathétique, elle prit un livre au hasard pour taper une étagère comme s'il pouvait s'agir de l'insupportable blondinet. Merlin ce qu'il pouvait être odieux ! Tiens, rien que pour se venger, elle avait trouvé sa nouvelle couleur de cheveux : elle allait se teindre en roux !
Elle espérait que ça ferait saigner ses yeux.
Fulminant toujours, elle partit à grands pas lourds d'hippopotame indisposé vers la section « Magie Runique », songeant qu'elle allait devoir remanier tout son planning de révision et se mit à chercher le livre dont elle avait besoin.
L'univers semblait cependant décidé à se moquer d'elle lorsqu'elle découvrit le trou entre deux manuels.
-Non ? Non ? Nooon ! Mais quel dieu j'ai insulté sans le savoir ?
Il y eut un semblant de toux et Hermione tourna la tête vers la sortie du rayonnage, découvrant un jeune homme châtain qui la fixait d'un air un peu gêné.
Théodore Nott.
-Je l'ai terminé si tu le veux… Fit-il, poussant sur le rebord d'une des étagères le livre qu'elle cherchait.
-Euh… Fut tout ce qu'elle réussit à dire, mal à l'aise en présence de cet ancien mangemort.
Il hocha légèrement de la tête, ses yeux fuyant sur le côté, et s'esquiva, semblant disparaitre dans les ombres en laissant le livre derrière lui.
Hermione ne savait tout simplement pas quoi en penser.
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La ruelle où elle se trouvait était devenue un peu plus sordide que dans ses souvenirs. C'était sans doute à cause de toutes les façades décrépies aux volets fermés, arborant sur leurs portes des panneaux « A VENDRE » qui semblaient avoir déjà une dizaine d'année.
Tout cela mériterait d'être rasé afin de construire quelque chose de mieux à la place. Des appartements modernes ou même des pavillons. Bien qu'elle n'aimait pas les pavillons. Ça lui évoquait un quelque chose d'artificiel et des sitcoms américains.
De toute façon, ils ne pourraient jamais récupérer toutes les maisons. En tout cas certainement pas celle qui se trouvait tout au fond. Armant son appareil photo devant son visage, elle prit un cliché du bout de l'impasse qui semblait encore plus obscurci que le reste.
Là se tenait une maison tout à fait semblable aux autres et qui l'avait été durant un long moment d'ailleurs.
Mais aujourd'hui, c'était la demeure d'un sorcier.
Souriant d'un air moqueur et repoussant d'un geste de la main une longue mèche de sa tignasse rouge, elle passa le petit portail qui se trouvait devant l'escalier du porche et frissonna en sentant la magie passer sur elle comme un souffle.
Face à la porte, elle sortit une petite sacoche de l'intérieur de son manteau. Celle-ci se déroula en un ensemble de petits instruments. Avec un léger ricanement et sans se préoccuper que quelqu'un puisse la voir, elle commença à crocheter la serrure.
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Doucement, Blaise se concentra pour laisser sa magie émaner de lui et il sentit à ses côtés Hermione faire de même. Quelques secondes plus tard, il sentait le souffle chaud de la magie de Harry contre son visage, puis la sensation comme un jour blanc et neigeux provenir de Drago.
Ils avaient fini par comprendre que la position des protagonistes avait une importance, et que si les magies devaient être incorporées les unes après les autres, elles devaient fusionner avant toute tentative de sorcellerie appliquée.
La magie qui résultait des mélanges était fascinante en de nombreux points.
Après sept années à maitriser sa propre magie, à connaitre par cœur son gout, son odeur, sa sensation, c'était étrange de sentir cette nouvelle force, étrangère, plus puissante que ce qu'il n'avait jamais connu, plus instable… Plus dangereuse.
Ils s'harmonisaient désormais en un tout, tourné vers le même objectif, avant de lever leurs baguettes.
Ils entonnèrent presque d'une même voix le sort de bouclier autour de leur portion de terrain. Quand ils furent sûrs d'avoir bien étendu le film protecteur partout, sans laisser de trou, ils arrêtèrent le sort, tenant cependant la fusion de leurs pouvoirs, pour doucement les rappeler à eux.
Blaise ne voulait pas se souvenir du nombre de bleus qu'il arborait, principalement à cause de la dernière étape. Se retirer trop vite d'une collaboration faisait généralement exploser le tout et vous faisait voler sur quelques mètres. Surtout quand les protagonistes de celle-ci étaient puissants.
Il laissa échapper un soupir de soulagement quand ce fut terminé et jeta un regard à Hermione qui souriait fièrement, les manches repliées et ses cheveux châtains foncés aux reflets lie de vin ( elle n'avait finalement pas eu le courage de se teindre en rousse) attachés en queue de cheval.
La douce chaleur présente en cette fin de mois de mai les avait enjoints à déboutonner le haut de leurs chemises et à tomber les robes de sorciers.
-On devrait avoir cours plus souvent à l'extérieur, commenta Harry qui pensait visiblement à la même chose que lui, étirant avec bonheur les bras au-dessus de sa tête.
-Oui enfin, cela vaut surtout pour cette période. Je te rappelle certains cours de Soins aux créatures magiques avec de la neige jusqu'aux cuisses… Railla Drago.
-Pour ce que tu suivais de ces cours…
Blaise se détourna d'eux, n'ayant jamais eu ces leçons. Lui avait choisi Etudes des Runes et Etudes des Moldus en troisième année. Ce furent des choix par défaut vu qu'il haïssait toute forme de divination et n'avait aucun gout pour les animaux, même si le chat de Hermione ne semblait pas l'avoir compris.
Il laissa son regard voguer jusqu'à cette dernière qui relisait ses petites fiches de révision (encore) et dériva jusqu'à un autre des groupes, là où se trouvaient les deux Weasley, en compagnie de Thomas et de Dunbar.
Il ne pouvait pas les voir tous les deux, le frère et la sœur ensemble, sans éprouver un sentiment indéfinissable qui lui tordait légèrement l'estomac. Au moins, il semblait que les derniers rebondissements ne les avaient pas fâchés l'un contre l'autre.
Ayant comme senti son regard, Ginny se retourna et lui adressa un grand sourire ainsi qu'un signe de la main. Il se contenta d'hausser les sourcils et de pointer légèrement le visage dans une direction au-dessus de l'épaule de la jeune fille pour lui faire signe de regarder.
En effet, le professeur Rogue se trouvait derrière elle et elle sursauta presque, surprise.
Il ne savait pas ce que l'homme disait, mais ça ne semblait pas très plaisant. Il évita de regarder précisément Ron, comme il le faisait depuis l'incident du couloir (c'était tellement plus facile d'y penser comme à quelque chose d'anecdotique), ayant au fond encore peur d'y lire du mépris et de la colère. Chat échaudé craint l'eau froide, comme on dit. Et il passa au-dessus de la silhouette de Fay Dunbar avec agacement.
Se sentant légèrement abattu, il se tourna vers le landau d'Evangeline, légèrement à l'écart, et s'y appuya pour observer le bébé qui faisait la sieste, sa peluche de vif d'or retenue par un de ses petits bras.
La semaine prochaine commençait les examens. Les listes étaient déjà affichées à l'entrée, avec les salles de classes et les heures, sonnant comme un tic-tac la fin du refuge de Blaise. Poudlard était l'endroit où il pouvait prétendre avoir un futur, mais à partir de juillet, il se retrouverait à nouveau avec un jeu de cartes faussé, même si un joker était venu s'y frayer.
Il n'avait pas à rentrer à Raven's Park immédiatement, il prévoyait de loger alternativement à Lost Wood et à Grimmauld Place. Ainsi qu'occasionnellement chez d'autres. Lui et Drago avaient déjà fait la liste de toutes les fêtes, garden party et bals où ils devraient être vus pendant la Saison. Blaise avait de plus l'habitude de louer une chambre d'hôtel à Harrogate et à Eastbourne durant l'été.
Mais s'il était vrai qu'il pouvait physiquement s'échapper, il ne pouvait toujours rien construire sans risque. Prendre femme ou mari et avoir un jour la chance d'avoir lui aussi un enfant à lui.
Il caressa tendrement l'une des petites joues rebondies de la fillette.
Ce n'était pas qu'il en voulait un, maintenant, Merlin seul savait que non, mais il voulait avoir la possibilité de le faire, comme les autres.
-Il n'y a rien de mal à être trop préparée, se défendait Hermione dans son dos, alors qu'Harry lui avait fait sûrement part de son obsession pour ses fiches.
-Tu ne les connais pas déjà par cœur ? Fit justement celui-ci.
-Mais Harry ! Ca commence VENDREDI prochain. 8h. Devoir sur table de Sortilèges ! 14h Devoir sur table de Botanique ! 19H Devoir sur table de Potion ! VENDREDI !
-Parce qu'elle a aussi appris le planning des examens… Marmonna Drago avec sarcasme.
-C'est agaçant qu'ils aient dû tout contracter en quelques jours parce que nous sommes deux promotions à passer nos ASPICs, râla Blaise en tournant la tête vers eux. Je veux dire : 19H à 22H ? Sérieusement ? On va être crevé !
-C'était ça ou il nous faisait finir en juillet… Et tu connais les professeurs et leurs sacro-saintes grandes vacances ! Répondit son meilleur ami.
Ah ça… Si Blaise avait eu besoin de trouver un travail, il aurait sans doute cherché à devenir professeur. Ca semblait plutôt pépère comme boulot même s'il fallait supporter un grand nombre de morveux désagréables. Il se retourna en entendant Evangeline émettre des petits bruits et réalisa en souriant qu'elle parlait en dormant.
-Dites, pensa-t-il soudain. Qu'est-ce que vous allez faire d'Evangeline durant les examens ?
Un long silence lui répondit.
-ON N'A PAS PENSE A EVY ! S'exclama brusquement Hermione en laissant échapper ses fiches de ses mains.
Elle semblait si horrifiée par son oubli, elle qui depuis plusieurs semaine prenait soin à tout bien préparer pour ces deux semaines qui semblaient être l'apothéose de son existence, que tous les garçons eurent de la peine pour elle.
-En fait…. Commença Harry, avant d'être coupé par un coup de sang de la part de leur professeur plus loin.
-CE N'EST PAS VRAI ?! VOUS AVEZ DE LA PUREE DE VERRACRASSE A LA PLACE DU CERVEAU ? CELA FAIT DEUX SEMAINES QU'ON TRAVAILLE LA DESSUS ! COMMENT AVEZ-VOUS FAIT POUR ARRIVER DANS CETTE CLASSE ? LA SEMAINE PROCHAINE, VOUS POURREZ FAIRE UN TRAIT SUR LES COURS DE MAGIE PURE OFFENSIVE !
Hermione et Harry semblaient désolés pour les pauvres septième année qui subissaient l'engueulade. Des gryffondors bien évidemment, parce que Rogue n'avait pas perdu son habitude de détester les rouge et or.
-Ah non ! Protesta pour sa part Drago. Je veux avoir ces cours ! Hors de question de se faire spolier par d'idiots petits lionceaux !
Harry lui jeta un regard agacé, avant de revenir sur le professeur Rogue et de laisser un rictus naitre sur ses lèvres. Un rictus que Blaise jugeait tout à fait inquiétant.
-Concernant Evangeline, j'ai ma petite idée…
Le black suivit son regard, n'arrivant pas à y croire.
-Lui ? Il ne va JAMAIS accepter.
-Mais je n'ai pas l'intention de lui laisser la moindre chance de le faire !
-o-O-o-O-o-
La maison n'avait pratiquement plus rien à voir avec le temps où elle était enfant. Là où autrefois se tenait un salon-salle à manger fait d'une vieille table, de chaises, d'un canapé et d'une télévision, il n'y avait plus qu'un couple fait d'un vieux divan et d'un fauteuil disposé autour d'une table basse. Tout autour, il n'y avait que des étagères remplies de vieux livres. D'ailleurs l'endroit sentait les petites librairies miteuses.
Elle resta un instant perplexe en cherchant l'interrupteur de la lumière et en ne le trouvant pas… Avant de comprendre que le propriétaire avait retiré tout le réseau électrique. Quel gâchis.
Ouvrant les rideaux fermés de l'unique fenêtre, elle laissa entrer un peu de lumière dans cette grotte qui peu à peu, heureusement, s'imbibait de son propre parfum.
Elle pensa à entrer dans la cuisine mais s'immobilisa en repérant le mouvement d'une image.
C'était un exemplaire de la Gazette du Sorcier datant du mois dernier. Sur la photo l'on pouvait voir un jeune homme, tout juste la vingtaine sans doute et plutôt beau de sa personne qui parlait à une estrade, éclairé de temps en temps par les flashs des photos.
« Harry Black Potter Raconte », disait la une.
-Alors c'est toi « Harry Potter », hein ? Fit-elle avec amusement en se laissant tomber dans le fauteuil.
Elle en avait bien évidemment entendu parler, comme tout le monde. Elle avait été très curieuse, mais pas vraiment pour les même raisons que la plupart des personnes.
-Il parait que tu ressembles à ton père ? Lança-t-elle à la photo comme si le jeune homme allait se tourner vers elle et lui répondre.
« En cette soirée brumeuse, Pré-Au-Lard, le Lord Harry James Black Potter a réuni autour de lui un certain nombre d'agents ministériels, de journalistes et tous ceux qui désiraient être présent à l'occasion d'une conférence de presse. La Gazette était naturellement mobilisée pour vous faire connaitre, à vous, qui n'avaient pu être présent, le récit de l'après Victoire et de ses espoirs pour l'avenir… Contenu retranscrit Page 2-3 et Analyse des spécialistes page 4-5. »
Sur la double page suivante, il y avait plusieurs autres photos datant apparemment de moments différents. Il y en avait une où il était couvert d'éraflures et de bleus, l'air tout à fait constipé comme s'il se retenait de sauter à la figure de l'homme devant lui, une autre où il se frayait un chemin dans la foule, l'air effrayé, tout en tenant contre lui un couffin portatif. Sur la dernière, il semblait très élégant, à ce qui semblait être un mariage, et paraissait plus intéressé par l'homme à ses côté que par n'importe qui d'autre. Elle le comprenait, ce mec était trop jeune pour elle, mais il était tout à fait appétissant.
Par curiosité elle commença à lire quelques lignes de la conférence.
«J'ai eu l'occasion d'apprendre que certains d'entre vous éprouvaient une certaine curiosité, que j'aime à penser bienveillante, sur ce qui m'est arrivé ces derniers mois, depuis la Bataille de Poudlard.
Vous voulez savoir ? J'ai eu beaucoup de chance par rapport à d'autres, je n'ai pratiquement pas été blessé physiquement. J'ai évidemment souffert d'un épuisement physique et magique trois jours plus tard, quand l'adrénaline a cessé de me faire tenir debout. Ste Mangouste a bien communiqué à ce sujet il me semble. On m'a prescrit du repos, mais ceux qui me connaissent savent que repos et moi ça fait juste deux.
Cet été les médias ont pu effectivement m'apercevoir, courant d'un procès à l'autre, me rendant à de nombreuses convocations pour dépositions. Moi, mais aussi mes compagnons d'armes. Je sais que certains m'accusent d'avoir plaidé en faveur d'anciens Mangemorts, et je ne répondrais ni par oui, ni par non, je dirais simplement que je n'ai dit que la vérité. Qu'elle aille dans le sens des Mangemorts ou non, parce que la justice c'est avant tout être capable de voir les faits de façon impartiale.
Puis la rentrée est arrivée et j'ai repris les cours, parce qu'obtenir mes ASPICs me paraissait incontournable. Je sais que l'on m'a proposé de rejoindre directement la formation des Aurors et que des équipes de Quidditch m'ont fait de la jambe, mais je tenais vraiment à vivre normalement la fin de mes études.
Je tiens d'ailleurs, tant que je suis là, à saluer la décision de la directrice de l'Ecole de Sorcellerie Poudlard, le professeur Minerval McGonagall, d'embaucher au sein de son personnel, une psychomage et de nous offrir, à tous, un suivi complet afin que nous puissions correctement tourner la page des heures sombres. Cela a été d'une grande aide à de nombreuses personnes et à moi particulièrement. »
Cela continuait mais ça ne l'intéressait pas vraiment.
Dans tout les cas elle s'était décidée : c'était ici qu'elle allait s'installer.
Restait à savoir combien de temps allait mettre le propriétaire à réaliser que sa maison était envahie ?
-o-O-o-O-o-
Severus Rogue resta muet un moment, un trop long moment, tout simplement estomaqué.
Durant ce temps, le gamin avait évidemment filé. Pour être précis, il avait déjà pris la poudre d'escampette avant que le professeur n'ait fini d'ouvrir la bouche. Si on lui en avait laissé le temps, il aurait très certainement protesté et refusé. Qui donc se permettait-il de dire « Merci professeur et à demain » avant d'avoir entendu de réponse ?
Ce gamin était vraiment très mal élevé.
Mais avec Pétunia comme tante, il ne devrait certainement pas s'en étonner.
Foudroyant du regard le bébé qui avait été parachuté sur son bureau, il exprima très clairement son désaccord sur la situation :
-30 points en moins pour Gryffondor !
Voilà, ça c'était fait. Que les examens commencent justement ce matin et qu'il ne reste plus que deux semaines avant le comptage des sabliers le laissait tout à fait indifférent. De toute façon Serpentard avait gagné la Coupe de Quidditch et la coupe des Quatre Maisons appartenait quasiment aux serdaigles.
Potter (oui, il l'appelait toujours Potter ! L'appeler « Black » serait encore plus irritant) avait laissé une note sur le ventre de la petite fille, comme on déposerait un mode d'emploi sur un quelconque appareil moldu, et Severus s'en empara d'un geste sec.
-Awagnawa, fit Evangeline en jouant avec son pied gauche.
-On fait silence dans ma classe Miss ! L'interrompit-il avec fureur.
Il avait besoin de se concentrer. Il ne pouvait pas débarquer en plein examen de Sortilèges pour forcer les parents à trouver un autre babysitter… Et il avait lui-même cours avec les quatrième années dans une heure ! Mais à quoi pensaient-ils ?
-Vos parents sont deux idiots ! Clama-t-il à l'enfant. Et par Salazar laissez votre pied là où il doit être !
Il l'obligea à le lâcher, se rapprochant trop près de la fillette pour sa sécurité. Et il avait raison de se méfier puisqu'elle se mit à lui taper dessus avec sa peluche.
-Mais enfin ! S'exclama l'homme en se redressant et en lui adressant le regard qu'il réservait toujours aux nouveaux élèves pour leur premier jour.
Elle lui renvoya un regard suspicieux en serrant l'objet du crime contre elle.
C'était rond, c'était doré, cela avait deux petites ailes. C'était un vif d'or.
-Je vous retire 10 points Miss Black. A Gryffondor. Et je confisque ceci. Je peux vous assurer que vous apprendrez à me craindre !
Grossière erreur. A peine eut-il arraché la chose à ses petites mains que son visage se tordit horriblement et qu'un cri d'abord fluet, mais prenant petit à petit de l'ampleur comme une alerte à la bombe, sortit de sa bouche.
-Non ! Fit Severus. Non j'ai dit !
Les yeux se plissèrent, des larmes en sortirent et le bruit devint un long vagissement de protestation. Vaincu par ce spectacle répugnant, le sorcier s'empressa de remettre la peluche entre les mains de la petite, mais ce qu'il avait déclenché ne pouvait pas être aussi facilement réparé.
-Miss Black ! Cessez immédiatement votre comédie ! 10 points en moins ! 20 points en moins ! 30 ! Raah !
Il se mit à faire des allers retours devant son bureau, fixant avec frustration la petite créature. Puis, pris d'un éclair de génie, il fouilla dans le sac des affaires de l'enfant pour en sortir un biberon et se précipita pour ouvrir l'un de ses placards.
Il n'était peut-être plus professeur de potion, il n'en avait pas moins gardé une passion pour cet art et possédait ici un certain nombre d'ingrédients, dont de la sacro-sainte camomille.
Ah la camomille ! Remède universel pour calmer en douceur. Il la dosa au minimum en prenant en compte le poids et l'âge de sa patiente et en mélangea quelques gouttes avec du lait avant de présenter le biberon devant la bouche de la petite fille.
Vous croirez qu'elle se serait contentée d'avaler sagement ? Bien sûr que non ! Elle préféra continuer à s'égosiller comme une démente. Severus soupira en faisant tourner le biberon entre ses mains. Il lui aurait bien versé le liquide directement dans le bec s'il ne craignait pas qu'elle s'étouffe sottement avec.
Voilà pourquoi il n'avait jamais voulu avoir d'enfant.
En plus celle-ci ressemblait à Drago, ce qui n'était pas très encourageant puisqu'il se souvenait des nombreuses crises de nerfs de son filleul : Arrachant les cheveux de sa gouvernante et de sa mère, se roulant par terre en frappant le sol de ses poings et de ses pieds…
Puis alors qu'il était penché sur ces souvenirs, il se souvint d'une astuce qu'utilisait Narcissa pour calmer son fils et enchanta sa lampe de bureau pour qu'elle se mette à jouer le meilleur morceau de piano dont il pouvait se rappeler.
Les notes résonnèrent dans la pièce, d'abord assourdies par les cris d'Evangeline, puis, petit à petit, l'intérêt de l'enfant se pencha sur le son et elle se tu, prenant un air attentif, ses yeux gris ouvert très rond et évoquant désormais le calme.
En l'observant, Severus pouvait presque revoir Narcissa assise au piano, jouant pour un petit garçon qui se tournait vers elle, et doucement, s'approchait pour s'emparer d'un morceau de robe, l'air en partie penaud.
La sorcière disait d'elle qu'elle allait « amadouer le dragon ».
Avec le temps, Drago s'était peu à peu enhardi à grimper sur le tabouret, puis s'était mis à jouer lui aussi. Depuis, le piano était devenu un véritable inhibiteur de ses colères. Il était regrettable qu'il ait cessé d'y jouer depuis la résurrection du Seigneur des Ténèbres.
« Pas d'humeur » disait-il alors, et Severus comprenait, parce que le règne des ténèbres vu par le nouveau Voldemort et la plupart de ses mangemorts ne laissait aucune place pour la beauté et l'art. Tout ce qui sortait d'un instrument, tout ce qui émanait d'une peinture ou d'une belle tournure de phrase semblait être cannibalisé par un sentiment d'horreur.
Comme un rire déplacé au cœur d'un enterrement.
Que Drago se tienne encore loin des pianos était une preuve de plus qu'il n'avait pas guéri de cette période.
*Trop tôt…* Songea en lui-même Severus, même s'il reconnaissait que certaines améliorations étaient visibles, notamment grâce à la présence d'Evangeline dans son existence.
Fermant les yeux un bref instant, l'homme loua la Magie dans son immense Sagesse. Il n'aurait pas dû douter d'Elle, elle savait toujours ce qu'Elle faisait.
Même si en ce moment il aurait souhaité ne pas se trouver là, en face de ces billes d'acier qui le fixait.
Cela remontait des souvenirs troublants. Des choses qu'il préférait déposer dans sa pensine afin de ne pas s'appesantir sur les choix de son passé, mais il n'avait plus l'excuse de la guerre et de son rôle d'agent-double pour le faire. Il ne restait que sa lâcheté.
Et cela faisait longtemps que Severus ne cédait plus à de telles faiblesses, elles qui avaient fait ce qu'il était devenu. Qu'il avait longuement payé.
Il était d'une humeur bizarrement nostalgique ces derniers jours.
Renonçant à préparer son prochain cours, se disant qu'il trouverait bien de quoi occuper les poufsouffles et les serdaigles pendant les deux heures à venir, il se pencha sur la sensation étrange en se laissant retomber dans son confortable fauteuil de bureau, contemplant Evangeline qui trouvait finalement le biberon de camomille intéressant et tendait les bras vers lui en une mimique demandeuse.
Mais maintenant qu'elle s'était calmée, ce dernier était inutile et l'homme remplaça le contenu de ce dernier par de l'eau avant de le lui donner. Pour autant qu'un bébé puisse en avoir l'air, elle sembla déçue et rejeta l'objet dans un coin avant de se mettre à mâchouiller l'une des ailes de sa peluche.
Il l'ignora, trop occupé à décortiquer ce qu'il se passait en lui et attraper mentalement la source de son humeur mélancolique. Cela venait de son lien de magie familiale.
Fronçant les sourcils, perplexe, il se détourna de la petite fille pour fixer un petit portrait attaché dans un coin sombre du mur. C'était un simple fusain d'une jeune femme aux cheveux noirs remontés en un chignon travaillé. Elle avait de grands yeux noirs qui fixaient l'artiste d'un air sévère, mais là où chez Severus cela donnait juste une impression intimidante, le regard de la jeune femme semblait percer l'âme jusqu'au cœur.
Il comprenait aisément que l'on puisse tomber amoureux d'un tel regard. C'était ce qu'il y avait de plus remarquable chez sa mère alors qu'elle n'était pas physiquement quelqu'un qu'un sorcier ou un moldu aurait défini de « belle ».
Eileen Rogue était actuellement la cheffe de la famille Rogue, d'un point de vue sorcier s'entend, et Severus pensa immédiatement à elle lorsqu'il songea à sa magie de famille habituellement plutôt muette et peu exigeante.
C'était souvent le cas avec la fondation d'une nouvelle famille sorcière. La magie de Famille puisait sa force dans son ancienneté et son enracinement profond au sein d'une lignée nombreuse et ininterrompue.
Chez les Rogue, elle ne pouvait se nourrir que de lui et de sa mère.
Mais il l'aurait senti si sa mère était rentrée en Angleterre. Selon les coutumes, elle se serait annoncée et il serait allé lui présenter ses respects. D'autant plus qu'elle aurait investi de nouveau la maison familiale…
La maison. Voilà d'où venait l'impression. Quelqu'un, qui n'était pas ses parents, mais qui pourtant était intégrée à leur magie de famille, avait investi SA maison.
Et avec ces critères très spécifiques, ça ne laissait le choix qu'entre deux personnes. Ses cracmols de petite sœur et petit frère.
*Oh non… Pas eux…* Gémit-il intérieurement en se massant la tempe.
Il n'avait pas assez d'Evangeline sur les bras, il fallait qu'on lui rajoute sa fratrie…
-o-O-o-O-o-
Harry redressa brusquement la tête de sa copie en sentant le lien l'unissant à sa fille s'étirer comme un élastique. Il planta de justesse sa plume sur son buvard pour éviter qu'une grosse tâche d'encre se forme sur le parchemin et croisa le regard de l'un des inspecteurs qui devait se demander pourquoi il s'arrêtait.
Se tournant en direction de Drago, il vit que ce dernier, à plusieurs rangées de son pupitre s'était de même laissé distraire.
Ce dernier haussa des épaules dans sa direction et retourna à son examen avant que l'on ne puisse penser qu'ils essayaient de tricher.
Harry reprit pareillement sa dissertation, se rassurant en se disant qu'Evangeline ne saurait être plus en sécurité qu'auprès du professeur Rogue.
Du moins… Tant qu'elle n'avait pas encore l'âge d'être affectée par ce qui sortait de la bouche de l'homme…
-o-O-o-O-o-
Passer par la cheminée n'avait pas été une bonne idée. DU TOUT. Il ne l'avait pas fait ramoner depuis l'année dernière et sortit du foyer dans un immense nuage de cendre qui envahi tout le salon.
Severus jura en sortant sa baguette et la fit tournoyer autour de lui pour aspirer les particules en suspension. Lorsque l'air eu retrouvé son habituelle invisibilité, il put alors se demander s'il avait bien atterrit au bon endroit.
Posant le cosy d'Evangeline qui toussa pour évacuer la cendre qu'elle avait aspirée, il visita son salon, un air effaré sur le visage alors qu'il caressait la texture pelucheuse d'un canapé rose qui ressemblait plus à un animal mort étendu qu'à autre chose. Et il y avait même le fauteuil assorti !
Il ne parlait même pas de la table en plastique noir, du tapis molletonné à motifs géométriques dans lequel ses bottes s'enfonçaient et des rideaux en voile rose fuchsia.
S'il n'y avait eu ses étagères remplies de livres de magie, il aurait vraiment cru qu'il avait atterrit par erreur dans le salon d'une hippie furieuse aux gouts en matière de décoration tout à fait discutables. Après coup, cela l'aurait sûrement fait sourire. Mais là, c'était SON salon et ça ne le faisait pas rire du tout !
-PERPETTTUUUAAAA ! Hurla t'il en refusant d'aller plus loin dans sa découverte de la maison de l'horreur.
Il entendit un bruit de chocs, ainsi qu'une série d'injures, et à son grand effroi, il entendit des pas dans l'escalier venant du sous-sol et le pan de bibliothèque qui cachait son passage secret s'ouvrir.
Salazar tout puissant… Mais qu'avait-elle fait AUSSI subir à son laboratoire de potion ?
De l'ouverture surgit une jeune femme aux longs cheveux rouges et bouclés, le visage pâle, quoique rehaussé de blush, et les yeux aussi sombres que les siens. Elle portait une robe en laine aux motifs aussi violents pour les yeux que ceux du tapis, et une veste en jeans dont les quatre poches étaient réquisitionnées par des trombones, des négatifs de photographie et des feutres.
Severus cligna des yeux un moment, ayant le plus grand mal à la reconnaitre. Après tout, elle était encore une enfant la dernière fois qu'il l'avait vue.
Sa sœur fit de même, mais ses yeux à elle voguait du bébé à lui, puis :
-Depuis quand es-tu papa, Sev' ?
Le frisson d'horreur et d'indignation qui le parcourut suffit à le sortir de ses pensées.
-Ce n'est pas la mienne, et de toute façon, ce n'est PAS la question ! Que fais-tu ici ?! Pourquoi as-tu défiguré mon salon ?!
-Le salon de Papa et maman, rectifia t'elle en rejetant une mèche de cheveux en arrière, pas démontée pour un sou en se dirigeant vers le cosy d'Evangeline.
-MON salon. Et MON laboratoire de potion ! Que faisais-tu en bas ?
Elle se pencha vers la petite fille et lui sourit avant de plisser le nez en grimace, sans doute pour la faire réagir. Severus eut un léger rictus d'appréciation lorsque la fillette resta indifférente, continuant à mâchouiller sa peluche en cherchant ses pieds d'une main.
-Dis donc, à qui mon frère t'a-t-il kidnappé ? Demanda alors Perpetua qui une fois de plus esquivait ses questions.
-Je ne l'ai pas kidnappé. Elle est à deux de mes élèves et je m'en occupe pendant leur examen ! Dis-moi maintenant ce que tu fabriquais en bas avant que je ne décide de brûler cette horrible chose rose toute pleine de poil que tu as installée !
-Oh, puisque tu le prends comme ça ! S'agaça t'elle en se redressant, les poings sur les hanches. J'avais besoin d'une pièce sans fenêtre pour installer ma chambre noire. Tu sais ? Pour mes photos ? A moins que tu n'aies rien demandé à nos parents à mon sujet, ce qui ne m'étonnerait pas, puisque Malcolm et moi ne sommes que des détails mineurs dans ton incroyable existence de sorcier noir tout puissant !
Severus soupira, se pinçant l'arête du nez pour calmer son envie irrépressible de lui hurler dessus comme si elle n'était qu'un autre de ses élèves.
-Ce dernier fait n'est plus d'actualité ET j'ai demandé de vos nouvelles à nos parents. Ces dernières n'incluaient pas une possible visite de ta part.
-Oh, en fait je ne suis pas là en visite ! Je vais vivre ici ! Je dirais même plus que je vis déjà ici !
Elle lui offrit un grand sourire plein de dent.
L'instant d'après Severus l'avait attrapé par la nuque et la poussait sans se préoccuper de ses cris de douleurs vers la porte qu'il ouvrit d'un geste de baguette.
-Aïe aïe aïe ! Tu ne peux PAS me mettre dehors, Sev' ! C'est aussi MA maison ! Couina-t-elle.
La porte se referma brusquement toute seule avant qu'il n'ait pu la jeter sur le perron, comme pour donner raison à sa sœur.
-QUOI ?! S'indigna Severus, surpris par la rébellion de sa demeure.
Il lança un nouveau alohomora, mais la porte se referma de nouveau aussi sec. Il resta immobile à l'entrée, foudroyant du regard les murs qui semblaient le narguer. Son fardeau entre ses mains resta silencieux un moment en le fixant avec de grands yeux faussement innocents.
-Je ne suis peut-être pas capable d'utiliser la magie, commença-t-elle alors l'air de ne pas y toucher, mais je connais ses règles. Seule Maman ou la Magie peut me bannir de la famille et donc de notre maison.
Il la relâcha sans douceur, se fichant de ses plaintes et agacé qu'elle soit celle qui ait raison.
Il avait passé tant de temps à vivre seul ici qu'il en avait oublié toutes ces choses.
Cette maison n'avait pas été magique au début, et même si Eileen Rogue avait tout fait pour limiter ses capacités, elle ne pouvait s'empêcher d'émettre de la magie qui petit à petit s'était accrochée aux murs. Ce fut vers les cinq ans de Severus qu'elle commença à se manifester, tirant les rideaux toute seule quand elle jugeait qu'il n'y avait pas assez de lumières, faisant sauter régulièrement le disjoncteur parce qu'elle n'appréciait pas l'électricité et puis fermant les portes au nez de Tobias Rogue lorsque Eileen était en colère contre lui.
Ça avait été la goutte d'eau de trop pour l'homme de la famille qui avait alors sombré dans l'alcoolisme et tout ce qui allait avec.
Souvent, lorsqu'il revenait du bar ivre mort, la maison ne le laissait même pas entrer, les préservant, lui, son frère, sa sœur et sa mère, de ses humeurs violentes.
Severus avait donc toujours été reconnaissant envers sa magie de Famille… Mais aujourd'hui, il comprenait un peu mieux la frustration qu'avait pu éprouver son père.
Un cri provenant du salon le sortit de ses réflexions amères et il se tourna vers le bébé pour voir ce qu'il lui arrivait encore.
Cependant, Perpetua l'avait devancé, attrapant l'enfant dans ses bras pour le bercer tout en chantonnant.
-Elle était triste d'être toute seule, Sev', fit-elle avec une voix gazouillante. Pas vrai ma petiote ? Tu veux être avec nous, tu ne veux pas que le vilain Sev' me mette à la porte !
Le concerné roula des yeux, exaspéré.
-Que sais-tu au juste des enfants Perpetua ? Et ne m'appelle PAS Sev' !
-J'appelle mon grand-fère comme je veux. Tout comme toi tu as l'obligeance de m'appeler Perry, et non pas cet horrible patronyme qu'a eu la bonté de m'affliger Maman. Tiens, regarde, on dirait qu'elle m'aime bien !
-Merveilleux, cracha-t-il. Et maintenant tu vas me dire comment tu es rentré chez moi ?
Il se souvenait quand même avoir fermé à clef.
-Maman m'a redonné l'adresse. Et j'ai crocheté la serrure.
L'homme en noir semblait vouloir se frapper la tête contre un mur, mais il se ravisa, songeant que ça lui ferait trop plaisir.
-Je devrais être à Poudlard, ils sont tous en pleins examens…
-Je croyais que tu étais professeur, pas baby sitter.
-JE croyais que tu étais au chômage, pas cambrioleuse !
-Papa et Maman ont une crise. J'ai largué mon mec. Malcolm a 3 enfants en bas âges. Et je ne suis pas au chômage, je suis une artiste. Une photographe pour être plus précise. Sois un gentil grand-frère et laisse-moi rester chez toi. Je t'aiderais à t'occuper de cette charmante poussinette ! Je ferais la cuisine !
-Hors de question.
La réponse ne sembla pas lui plaire puisqu'elle reposa Evangeline dans son cosy et vint planter un doigt dans le thorax de son frère.
-J'ai passé toute mon adolescence à BUDAPEST à cause de toi et tes merdes de magie noire. J'EXIGE donc que tu t'occupes de moi pour un temps indéterminé ! Et c'est ce que tu feras, sinon je ne m'appelle plus Perpetua Rogue !
-Au cas où tu l'aurais pas remarqué, j'ai déjà un bébé sur les bras ! Je n'en ai pas besoin d'un deuxième de 30 ans ! Et puis Budapest ce n'est pas le pire endroit au monde, loin de là !
La jeune femme fit la moue, avant de se laisser tomber sur le machin rose qui servait de canapé, les bras croisés en une attitude boudeuse.
Deux bébés. C'était vraiment ce avec quoi il se retrouvait.
-o-O-o-O-o-
Dans un pays frontalier, Harry Black Potter se demandait pourquoi il s'infligeait tout ça. L'heure du devoir sur table de potion avançait et les recettes se mélangeaient dans sa tête. Hermione, si elle n'avait pas été en train d'exécuter son examen de botanique, lui aurait sûrement conseillé d'arrêter de réviser une heure avant l'examen. Mais c'était ça, ou se demander où Rogue avait bien pu embarquer sa fille, puisque tous les cours de DCFM avaient été changés en heure de permanence.
Ou bien aussi écouter Ron se lamenter à ses côtés parce que lui aussi le sentait assez mal cet examen de potion.
L'un dans l'autre, cela ne l'aidait pas à vivre sereinement l'attente.
Dire qu'il y a quelques jours il ne comprenait pas tous ces élèves qui achetaient sous le manteau des potions calmantes, au bord de la crise de nerf… Mais en ce moment, il n'aurait pas dit non à une petite dose de joie-en-bouteille.
-Est-ce que c'est grave, si j'écris « philtre » à la place de « potion » ? Demanda le rouquin. Je me souviens jamais quoi est quoi.
-Je sais pas… Ca dépendra si le correcteur est tatillon ou pas ? Proposa Harry tout en sachant que Rogue ne laisserait jamais passer une imprécision pareille.
-Je suis mort. Si j'ai pas cet ASPIC, je pourrais pas rentrer au centre d'entrainement des Aurors ! Toi tu t'en fiche maintenant que tu vas te retrouver derrière un bureau à faire je-ne-sais-quoi…
-Aider la justice, Ron, répondit Harry d'un ton blasé. Et il te suffit d'avoir un Acceptable… Du moment que tu assures les autres matières… Cinq efforts exceptionnels, c'est ça ?
-« Il me suffit », ah ! Railla t'il en le fixant de travers. Compte mes matières et tu verras que je n'en ai QUE cinq. Donc je dois cartonner aux cinq !
-Dis toi, que moi, pour entrer là où je veux, il me faut au minimum un optimal et deux efforts exceptionnel, ainsi qu'aucune note en dessous de « acceptable ». Donc, j'ai la pression aussi, pour mon « travail de bureau ».
Ron se renfrogna :
-Ils sont fous de nous en demander autant.
-Eh bien… On vise pas le plus simple en même temps. Le département de la Justice Magique est l'un des plus sélectifs, avec le Département des Mystères, donc… Bein… On a juste à assurer…
-Si j'ai mes putains de cinq Efforts Exceptionnels, le prochain qui me traite de crétin, je le cogne. Le prochain qui traite les Weasley de crétin, je le cogne.
-Tu crois que Ginny va bien s'en sortir ? Demanda Harry en songeant en réalité plus à Luna, qui pouvait être tellement brillante, mais aussi tellement facilement déconcentrée.
Il lui semblait que ses notes en devoirs écrits n'étaient pas fantastiques car elle avait tendance à digresser sur du hors-sujet.
-Ouais, je me fais pas d'inquiétude pour Ginny. Pas pour les ASPICs en tout cas. Je me demande juste si elle va vraiment être acceptée dans une équipe de quidditch. Elle joue bien, hein, mais… Est-ce que ça suffira ? Maman est assez inquiète à ce sujet. Elle aurait préféré que Ginny… Bein fasse comme elle, à l'ancienne.
-Tu veux dire se marier et être une femme au foyer ? Ginny ? On parle bien de la même personne ?
-C'est pourtant ce que font beaucoup de filles. Chercher son futur mari à Poudlard sans se préoccuper du nombre d'ASPICs qu'elles auront. Parfois –très rarement, hein- je me dis que j'aurais dû naitre fille… Puis je vois Parvati pleurer toutes les larmes de son corps parce que ses parents l'ont fiancé sans lui demander son avis, et là je me trouve très bien en garçon.
-Merde. J'étais pas au courant pour Parvati. Padma aussi, du coup ?
-Ouais, je pense.
-C'est stupide, Padma a d'excellentes notes, elle pourrait faire carrière dans n'importe quel métier.
-Ouais, mais la famille Patil est très traditionnelle à ce que j'ai entendu, donc… Les Prewett l'étaient aussi, mais tu connais Papa, pas moyen qu'il force Ginny à faire quelque chose contre sa volonté.
De toute façon, même s'il l'avait voulu, Harry pressentait qu'Arthur n'aurait pas pu tenir tête à la rouquine.
Celle-ci fit justement son entrée dans le bâtiment, accompagnée de Zabini qui, comme eux deux, n'avait pas pris botanique, mais qui contrairement à eux, n'avait pas l'air inquiet du tout pour les potions.
Ron se renfrogna, maugréa quelque chose dans sa barbe et sembla tout d'un coup trouver urgent de savoir faire la différence entre potion et philtre. Le brun à ses côtés ne commenta pas, sachant cependant que l'allure nonchalante du black n'était PAS la raison de cette réaction. Parce qu'il les connaissait très bien, il pouvait sentir cette espèce de tension bizarroïde qu'émettaient le frère et la sœur et il se demandait avec inquiétude quand est-ce que cette façade de fausse camaraderie exploserait brusquement.
Pour le coup, il ne put s'empêcher d'envoyer un regard de reproche à Zabini qui lui fit en réponse les gros yeux.
-Quoi ? Pourquoi tu me regarde comme si je venais de te marcher sur la queue ?!
-Tu es agaçant, tu sais, répondit Harry.
Il savait qu'il était injuste et que le serpentard n'avait rien fait d'autre que s'avancer vers lui, mais il était tout de même à l'origine de cet imbroglio avec les Weasley.
-Je vais mettre ça sur le compte de l'examen de potion, décida Zabini.
-C'est ça.
-Harry, ne sois pas désagréable, on venait juste vous tenir compagnie ! S'indigna Ginny en lui faisant à son tour les gros yeux. D'autant plus que tout se passera très bien, vos notes à tous les deux sont tout à fait honorables depuis que le professeur Slughorn a remplacé Rogue !
-Ouais mais Slughorn est un lèche botte, la contredit Ron. Qui te dis qu'il ne nous mets pas des bonnes notes à Harry et à moi à cause de tout le côté « guerre » ?
Harry laissa de côté l'argumentaire de la rousse puisque Zabini vint s'adosser au mur près de sa place sur le banc où il se tenait assis. Il s'était placé dans le hall car il voulait guetter la sortie de Hermione et Drago de la Grande salle.
Non pas qu'il craignait un quelconque foirage de leur part puisque… Ces deux-là s'étaient changés en encyclopédies vivantes. Mais lui, il aimait bien voir des têtes amies après une épreuve.
-Dis Harry… Commença Zabini en regardant le mur en face de lui. Tu ne me fais tout de même pas la tête parce que je sors avec ton ex ?
-Nooon, répondit aussitôt Harry avec une grimace. Bizarrement, ça passe mieux que je le pensais. Et je ne fais pas la tête, ça c'est ma tête normale avec toi.
Le jeune homme poussa un soupir accablé en réponse.
-Tu sais. Je fais VRAIMENT ce que je peux pour devenir ton ami, mais tu n'es pas du tout coopératif.
Harry se tourna vers lui pour lui faire un grand sourire :
-Viens avec moi, deux minutes.
Les deux roux cessèrent leurs harangues pour les fixer, incrédules puis soupçonneux, se lever et partir vers le bout du couloir.
-On revient dans deux minutes ! Leur lança Harry du coin du tournant avant d'attraper l'autre brun plutôt perplexe et de le faire entrer de force dans un passage secret qu'il referma derrière eux.
-D'accord, très subtil. Ils ne vont pas trouver ça bizarre du tout… Lança Zabini avant que la lumière d'un lumos ne les éclaire et qu'Harry passe à l'attaque.
-Dis-moi, tu pensais à quoi en faisant ta déclaration à Ron et en sortant le jour d'après avec Ginny ?!
Un regard noir le foudroya aussitôt.
-Je ne crois pas que tu sois très bien placé pour jouer les monsieurs la morale en amour.
-Tu te demandes pourquoi on n'est pas amis ? Eh bien voilà, c'est à cause de ton comportement ! Toujours le premier à juger les autres, mais toi, personne n'en a le droit, n'est-ce pas ? Tu es Blaise Zabini l'irréprochable !
-Je n'ai JAMAIS prétendu être irréprochable.
-Bien, alors que penses-tu que dois ressentir Ron, à ton avis ? Tu… Tu ne lui as même pas laissé le temps de mettre ça au clair et de te répondre clairement !
-Oh, alors c'est moi qui prends tout ? Déjà, on était deux, Ginny ET moi, et puis qu'est ce que tu fais de mes propres sentiments ? Oh pauvre Ron déboussolé –et pas si déboussolé que ça d'ailleurs, il me l'a fait comprendre- moi j'ai été publiquement rejeté ! Blessure d'orgueil et blessure d'amour, tu veux qu'on fasse les comptes ? Oui j'étais en train de développer de l'affection pour ce crétin ! Mais bon, tu me croiras pas, pas vrai ? Parce que je suis un horrible serpentard incapable d'éprouver des sentiments !
Harry laissa passer l'injure sur les serpentards. C'était bien trop facile de la part de Zabini et il ne comptait pas tomber dans ce piège.
-Je suis désolé, mais tu ne connais pas Ron, pas comme moi. Ce qu'il a appris l'a touché. Même si ça ne veut pas dire qu'il va laisser tomber Fay pour toi. Je veux dire… Pourquoi a-t-il fallut que toi et Ginny alliez si vite ?
-Ginny est la seule personne qui n'exige pas de moi des réponses ou des confidences et qui m'accepte comme tel. Alors… Je n'ai pas besoin de ta bénédiction pour mes agissements.
Sans autre forme de procès, il s'extirpa de l'étroit tunnel et rouvrit le tableau qui cachait l'ouverture. Harry le suivit et le regarda retrouver sa petite amie, la prendre par la taille et l'embrasser avant de l'accompagner vers le grand escalier.
Ron n'était plus sur le banc et il le chercha des yeux avant d'entendre le tableau se refermer derrière lui. Harry se retourna pour se rendre compte que son ami s'était caché derrière et avait probablement tout entendu. Il avait entre ses mains un morceau de tissu plié – un mouchoir certainement- et le fixait avec une expression sombre.
-Au moins… C'est clair maintenant, déclara t'il.
Harry ne sut s'il devait lui sourire ou faire la grimace.
Du coup il ne fit rien.
-o-O-o-O-o-
-Dix points en moins à Gryffondor ! Tonna Severus alors que la petite fille gesticulait dans tous les sens et lui donnait des coups de pieds en hurlant tandis qu'il bataillait pour lui enfiler son pyjama.
-Et si tu arrêtais de brailler aussi fort qu'elle ? Proposa Perpetua qui lisait un magazine, confortablement installée sur son fauteuil rose à fourrure.
-Et si tu m'aidais ?! Hurla l'homme, exaspéré.
De l'exemplaire Severus Rogue, il n'y avait plus rien. Son col était défait parce qu'une petite main s'y était accroché de toute ses forces quand il avait essayé de lui donner le bain, il y avait une grosse trace de lait aux épinards vomi sur le devant de sa robe et sur ses manches, des marques de bave un peu partout, parce que bien évidemment, l'enfant adorait mettre les mains à sa bouche avant de toucher la première pauvre personne à proximité et ses chaussures et le bas de ses vêtements s'étaient trempés lorsque la baignoire s'était renversée sur lui.
-Tu as raison, je ne sais pas du tout m'occuper d'un bébé, lâcha Perpetua d'une voix négligente en tournant une page.
Severus chercha un instant à savoir dans quelle maison de Poudlard elle aurait pu être envoyée, avant de soupirer de dépit parce qu'il ne voulait pas enlever des points à Serpentard.
-Tu es l'être le plus inutile que je connaisse ! Lui lança-t-il à la place, ce à quoi il reçut un « Merci, et c'est quand qu'on mange ? », parce qu'en dépit de ce qu'elle avait affirmé plus tôt, elle ne semblait pas douée de talent pour la cuisine.
Au regard qu'il lui lança, elle lui opposa une expression offensée :
-Quoi ? C'est toi qui fait bouillir des trucs depuis toujours !
-Mais qu'est-ce que tu comptes faire ICI alors ? Lui demanda-t'il en attachant férocement les boutons pressions du pyjama d'Evangeline alors qu'elle recrachait à nouveau sa sucette pour continuer à exprimer son mécontentement.
Il la lui remit aussitôt dans le bec.
-Oh, je pensais me rendre demain matin à Londres, au Chaudron baveur, d'ailleurs…
-Je ne t'y transplanerais PAS.
Evangeline recracha la sucette et Severus, ayant de toute façon fini avec l'habillage, lui fourra son anneau de dentition dans les mains. Cela sembla attirer son attention.
-Puh, radin ! Lui lança Perpetua.
-Et puis de toute façon, que comptes-tu faire au chemin de Traverse ?
Il retint de justesse la suite qui ressemblait à : une cracmolle n'a rien à faire là-bas.
-Je veux me faire embaucher par la Gazette du Sorcier, répondit-elle en secouant un exemplaire du journal, celui où l'on voyait Potter en couverture pour sa conférence de presse.
La nouvelle laissa l'ex maitre des potions complétement muet. Il attrapa quand même Evangeline qui en roulant sur le ventre s'était dangereusement approchée du bord de la table.
-Quoi ? Il n'y a pas besoin de savoir manier la magie pour faire des photographies sorcières. Il faut juste les bonnes pellicules et révélateurs, c'est dans mes cordes !
-Ne te fais pas de faux espoirs, ils ne t'engageront jamais.
Pas une cracmolle en tout cas, continua-t-il dans sa tête.
-Ah oui, vraiment ? Pourtant ça n'a pas dérangé le kis varázsló (1) de m'embaucher. J'ai pris de belles photos en tant que reporter là-bas, je suis certaine que mon portofolio devrait les intéresser.
-C'est le principal quotidien sorcier de hongrie, c'est ça? Fit Severus en tentant de cacher son étonnement. Mais si ça marchait bien pour toi là-bas, pourquoi es-tu partie?
Sa sœur fit la grimace comme si elle avait espéré qu'il ne lui pose pas cette question.
-La politique sorcière hongroise est corrompue, je t'en parle pas. J'ai été obligée de magouiller dans tous les sens pour ça et j'ai peut-être pigeonné la mauvaise personne... Bref, ça a commencé à sentir le roussi pour moi quand une bande de gorilles a menacé mon mec, enfin mon ex, pour savoir où je me trouvais. Ce branleur leur a tout déballé et je ne dois ma présence ici en un seul morceau qu'à la chance qui m'a fait sortir acheter une bouteille de vodka.
Severus cligna les yeux, se réjouit un instant de ne pas avoir été le seul « cas » de sa famille, puis trouva cette histoire tout à fait désespérante. Cette aptitude à fréquenter des gens louches devait leur venir de leur père.
Connaissant désormais l'histoire, il ne pouvait pas lui demander de partir, pas si sa vie ou du moins son intégrité physique était en danger près de leur parent. Il espérait juste que ces derniers, Malcolm, femme et enfants n'en profiteraient pas pour suivre son exemple. Il se trouvait très bien avec sa famille loin de lui.
-Très bien, tu peux rester ici. Lâcha-t-il alors dans un soupir. De toute façon notre magie l'a déjà décidé et je ne tiens pas à me la mettre à dos.
-Quel prévenant grand frère tu fais... Railla-t-elle.
-Je n'ai rien signé à ce sujet.
Il tourna légèrement la tête vers elle pour voir le sourire tordu de la jeune femme. Au moins, elle comprenait son humour. Gouts d'intérieurs mis à part, ils pourraient peut-être cohabiter un certain temps...
-Sev'...
...Ou peut-être pas finalement.
-Ne m'appelle pas comme ça.
-...La petite est en train de baver sur toi.
Avec un petit cri de dégout, il éloigna Evangeline à bout de bras et celle-ci, privée de son bavoir humain, repartit en sanglots déchirants.
-Bon, il est plus que temps de rendre cette créature démoniaque à ses parents! Décida t'il en avisant l'heure.
L'examen écrit de potion était presque terminé.
-o-O-o-O-o-
Pour la première fois depuis un long moment, Harry s'apprêtait à petit déjeuner avec Hermione. On était samedi, en pleine semaine d'ASPICs, mais elle avait décidé d'arrêter de camper à la bibliothèque.
Harry était doublement heureux parce que l'examen écrit de potion était derrière lui et qu'il s'était révélé moins tarabiscoté que ce qu'il avait prévu. Lundi, ils commençaient avec Défense Contre les forces du Mal et désormais seule la Métamorphose pourrait le tenir en échec. Ensuite il aurait quelques jours de libre avant les examens pratiques et oraux.
Bref, ce fut parce qu'il était sur un petit nuage de joie qu'il ne tiqua pas, au contraire d'Hermione, en passant dans le hall d'entrée.
Celle-ci, qui était dans un état normal, avait jeté son regard habituel aux sabliers de points et s'était fendue d'une exclamation d'horreur. La petite bulle d'Harry éclata alors et il sortit sa baguette à la recherche de la personne à stupéfixer.
-Mais qu'est ce qui est arrivé ? S'épouvanta Hermione en s'approchant de leur sablier.
Gryffondor n'était pas très glorieusement placé cette année, mais effectivement, Harry ne se souvenait pas d'un tel gouffre de rubis.
La gryffondor chercha autour d'elle d'un air éperdu avant d'apercevoir la directrice et de l'appeler.
- Que se passe-t-il Miss Granger? Demanda McGonagall en s'avançant vers eux. Il y a-t-il un problème ?
-Oui, il se passe quelque chose avec notre sablier, c'est comme si on avait brusquement perdu 500 points en un jour!
Harry s'écarta pour lui laisser la place, en profitant pour assurer au passage que cette fois-ci, il n'y était pour rien. Il n'oubliait pas l'amer retrait de points durant sa première année suite à l'affaire « Norbert ». La directrice le regarda avec un rien d'air soupçonneux et put se rendre compte du massacre par elle-même.
-En effet, c'est très étrange... Je vais vérifier le Livre des Points.
Elle fit apparaitre un gros manuscrit et tourna une page en arrière en écarquillant légèrement les yeux.
- «20 points retirés à Gryffondor pour agression de professeur à la peluche» ? « 40 points retirés à Gryffondor pour couche pleine d'excréments » ? « 10 points retirés pour bouderie non autorisée »? «30 points retirés pour gaspillage de ressources naturelles » ?
La directrice s'arrêta là mais il semblait y en avoir encore. Ses deux élèves furent intérieurement impressionnés par sa retenue lorsqu'elle ferma le livre et le fit disparaitre, avec juste un petit pincement de lèvres exprimant son état intérieur.
Elle se mordit un peu plus la lèvre, puis fit demi-tour vers la grande salle en hurlant:
-SEEEVEEEERRRRUUUUUUUUUUUSSSSS!
-En plus rien ne dit qu'Evangeline sera une Gryffondor, lâcha Hermione alors qu'ils se trouvaient encore dans le hall, ne sachant pas trop s'ils devaient être amusés ou abasourdis.
-Tu crois qu'on peut essayer de leur faire croire qu'elle sera une serpentarde et baisser leurs points à eux ? Demanda le brun d'un ton très intéressé.
-Harry…
-Mais quoi ? Ca va pas les tuer, c'est Serdaigle qui va gagner de toute façon !
Ce fut lui qu'elle regarda alors avec un air tendrement exaspéré tandis qu'ils se dirigeaient à leur tour vers la grande salle pour profiter eux aussi du spectacle.
A suivre...
C'est du google traduction. Je ne parle pas un mot de hongrois, même si j'adorerais visiter !
Bon voilà, il fallait que je place Perpetua Rogue. A travers elle, je vais pouvoir aborder la thématique « cracmol » et j'avoue que ça m'enthousiasme ! Comme je l'ai dit, ce chapitre était plutôt calme, même si j'ai lancé des choses nécessaires pour la suite. Le chapitre à venir est… Bien plus intéressant j'imagine ! Il y aura un arrière gout de lime si vous voyez ce que je veux dire… Histoire de conclure la partie 1 en beauté !
Chapitre suivant : Adieu Poudlard, où Drago va recevoir un beau cadeau d'anniversaire !
