Mot de l'auteur: Hello les gens! Me voilà de retour ! (Pour vous jouer un… Hum non bref…). J'ai à nouveau l'âme à l'écriture. Je ne reviendrais pas sur la triste raison de cette absence, ceux qui ont jeté un coup d'œil à mon profil sont au courant (oui, je mets des infos sur ma page de profil, si un jour vous vous posez des questions sur ce que je fais – ou devient- ou pourquoi diable je ne me presse pas de mettre en ligne mes chapitres, vous pouvez, éventuellement, y jeter un coup d'œil !). Nous voilà donc au dernier chapitre de la partie 1 et je me sens toute émue d'être arrivé au bout de celle-ci. Je n'ai pas compté, mais je pense que je dois arriver à 300 pages facilement. Ou plus même ! Je veux pas y penser !

En tout cas c'est grâce à vous que j'en suis là. Grace à vos encouragements, à votre intérêt. Merci merci !

ATTENTION : Ce chapitre est le premier à mériter son rating M (même si ça ne tuera personne ! Si si, je vous jure !)

Chapitre 40 : Adieu Poudlard

«I ain't too sure what I believe in
But I believe in what I see
and when I close my eyes
I see my whole life ahead on me
"

(Verge (feat. Aloe Blacc) – Owl City)

Le 5 juin était un jour particulier pour Drago. Avec raison, puisque c'était son anniversaire. Ses 19 ans, cependant, tout comme ses 18 ans, il ne les fêterait pas. Pas parce que comme l'année dernière il était incapable de feindre la moindre bonne humeur car il se trouvait à l'époque en détention… Mais parce que ça tombait mal. Juste avant les examens pratiques des ASPICs.

Il se contenta alors de recevoir ses cadeaux, apportés par des hiboux de la part de ses parents, ou en main propre de la part de ses amis et souffla une petite bougie plantée sur le haut d'un muffin.

A vrai dire, cette année il n'attendait pas grand-chose d'un point de vue matériel. Il sourit en ouvrant ses paquets, mais vêtements, bijoux ou gadgets magiques l'indifféraient. Ce qu'il espérait aujourd'hui était bien différent de tout ce qu'on lui avait acheté. Il le guetta toute la journée et finalement, cela arriva le soir, après qu'il eut couché Evangeline.

Un patronus en forme de cerf s'infiltra dans sa chambre et déposa silencieusement une enveloppe sur son lit avant de disparaitre.

Intrigué, perplexe et un peu inquiet, Drago déchira impatiemment le contenant pour en sortir une carte d'anniversaire avec un motif étoilé couleur argent. A l'intérieur, quelques mots griffonnés de cette écriture si inélégante qui caractérisait son mari, lui souhaitant un bon anniversaire.

Mais le plus important était le petit bout de papier se trouvant entre les deux battants.

« Bon pour dormir dans le même lit
(A usage unique ET juste
dormir – Utilise-le avec sagesse) »

Un grand sourire sincère étira enfin ses lèvres alors qu'il se laissait tomber en arrière sur son lit, soupirant de bonheur, le petit bon entre les doigts.

C'était juste le cadeau parfait.

-o-O-o-O-o-

En ce matin d'examen, une créature non identifiée s'avança d'un pas pressé vers le groupe d'étudiant de huitième année qui attendait dans un couloir isolé. Elle repéra aussitôt un jeune homme brun, les cheveux horriblement en bataille, près d'une poussette et d'un autre spécimen mâle, blond celui-ci.

Bien. Cible repérée.

-HARRY !

Le brun se retourna et eut un brusque mouvement de recul.

-Euh… Puis-je savoir qui s'adresse à moi ? demanda Harry avec perplexité et la créature poussa un profond soupir.

-Ne fais pas l'idiot Harry, c'est moi, maugréa t'elle.

-Ah, parce que pour l'instant je vois surtout un pot et une énorme plante avec les plus flippantes fleurs violettes que j'ai jamais vues. Je veux dire… Elles ont des yeux aux bouts de leurs tiges… S'il te plait, pitié, ôte ça de ma vue.

Hermione déposa à ses pieds son pot, réapparaissant de derrière l'énorme bosquet qui les fixa de ses myriades de membres oculaires.

-Pourquoi tu transporte ce truc à l'examen de Sortilèges ?

-C'est mon projet d'hybridation pour l'examen de Botanique juste après. Je pouvais pas la laisser dans ma chambre… Parce que… Imagine qu'il lui arrive quelque chose entretemps !

La plante tourna alors ses yeux vers Evangeline qui émit un couinement horrifié, ce dernier se changeant vite en gros sanglot. Immédiatement, Harry s'empressa de détourner la poussette et de s'accroupir près de sa fille pour la calmer. Hermione émit une moue coupable alors que Drago la fusillait du regard.

-Tu sais… Commença Neville qui se trouvait à côté.

La sorcière le coupa aussitôt.

-Non. Tais-toi. Je ne veux rien entendre de toi, lâcha-t-elle au bout de la crise de nerfs. Je ne veux même PAS voir ton projet. Tu es déprimant !

Il se frotta les bras, gêné. Elle savait qu'il ferait son modeste et ça l'agaçait, parce que ce projet de botanique était la chose la plus difficile qu'elle ait jamais eu à mener. Le projet de potion c'était de la rigolade à côté de faire prospérer une chose vivante tout en tâchant de la garder en vie jusqu'à l'examen.

Elle jeta un regard agacé à sa plante que Blaise et Greengrass observaient à présent avec amusement et songea avec chagrin qu'elle risquait de manquer la note maximum à cause de ça.

*Mais Malefoy n'a peut-être pas fait mieux…* Songea t'elle en elle-même pour se rassurer, alors que le blond s'était joint à Harry pour calmer leur fille.

L'attention fut cependant bien vite détournée par une femme dans la cinquantaine qui fit son apparition du bout du couloir en tapant dans ses mains :

-Bonjour tout le monde, je suis Mrs Goldberg, et avec Mr White, je serais votre examinatrice pour cet examen pratique de Sortilèges. Mes qualifications ? Je fais partie du laboratoire de recherche Nimbus et certain d'entre vous ont peut-être eu la chance de posséder entre leurs mains un balai que j'ai aidé à concevoir. Voilà. Ceci dit, nous nous attendons à un comportement sérieux et calme durant l'examen. Toute personne qui sera surprise à faire du chahut dans ce couloir pendant le passage de ses camarades se verra enlever des points à sa note finale.

Un silence impeccable lui répondit aussitôt et elle esquissa un petit sourire entendu. Hermione aima aussitôt son efficacité.

-Autant vous l'annoncer immédiatement, nous avons décidé de vous faire passer en binôme sur un sort de magie collective…

Hermione l'aima beaucoup moins d'un coup et ce fut aussi le cas pour nombres de ses compagnons qui commencèrent à râler à voix haute.

-C'est comme ça, allons, allons, et comme nous sommes d'horribles personnes, les binômes seront choisis dans l'ordre alphabétique… Ce qui fait que je vais demander à Miss Abbott et à Mr Black Malefoy d'entrer dans la salle.

Hannah sursauta légèrement à l'appel de son nom et elle perdit quelques couleurs en apprenant le nom de son partenaire. Neville lui serra l'épaule pour l'encourager tandis qu'Harry lui soufflait que tout allait bien se passer.

Drago fronça légèrement les sourcils et finit par attraper le bras de la jeune femme pour la trainer derrière lui :

-Mais oui, ça va bien se passer. Si j'ai réussi à le faire avec Granger, je peux le faire avec n'importe qui !

-Hé ! Qu'est-ce que ça veut dire ?! Ronchonna cette dernière alors que la porte se refermait derrière eux.

Neville ne semblait pas vraiment tranquille et il se mit à tourner devant la porte comme un lion en cage. Du groupe il restait celui qui gardait ses distances avec le serpentard. Et s'il s'accordait à dire que Harry et Drago pouvaient potentiellement bien s'entendre, il ne pensait pas que ça valait pour lui, pas après toutes les méchancetés qu'il avait subi de sa part.

-Au moins elle est sûre d'avoir une bonne note, tenta Hermione sans vraiment de succès.

Surtout qu'à ce moment-là, Harry poussa un cri de joie :

-Oh ! Merci Merlin pour mon mariage ! Si je m'appelais encore Potter j'aurais dû passer avec Parkinson !

Hermione fit une brève grimace à cette idée. Elle non plus n'aurait pas tenu à devoir passer avec la brune serpentarde. C'est alors qu'elle réalisa qu'elle pouvait elle aussi calculer qui serait son ou sa binôme…

-Ce sera moi, l'interrompit dans ses pensées Daphnée en venant s'adosser au mur à côté d'elle. Tu seras avec moi Hermione, j'espère que ça ne te dérange pas.

-Oh, non, c'est bien. Vraiment.

Elle tripota nerveusement sa baguette un instant. Non, être avec Daphnée serait sans doute bien, mais elle marchait encore sur des œufs avec elle. Elles étaient si différentes… Qu'être même juste à côté d'elle la rendait mal à l'aise. Une princesse magnifique et un chat miteux, c'était probablement ce que cela devait donner et elle était tentée de s'éloigner de cette brillance pour récupérer un peu de son propre charisme.

Cependant la blonde n'était pas décidée à la lâcher puisqu'elle passa au contraire une main en travers de sa taille pour se rapprocher d'elle. Une bouffée de parfum de rose lui parvint en même temps qu'elle lui chuchotait à l'oreille :

-Par contre, pour Blaise, c'est plutôt désastreux.

Hermione cligna des yeux en tentant de récupérer la partie de son esprit qui avait grillée, puis tourna le regard vers Blaise qui arborait une expression des plus sombres.

Zabini. Dernier nom de la liste.

Et avant c'était…

Weasley.

Blaise allait être obligé de passer avec Ron.

-Oh la catastrophe… Laissa t'elle échapper en regardant alternativement les deux jeunes hommes, aussi loin que possible l'un de l'autre. Mais… Est-ce qu'on peut faire quelque chose ?

-Tu sais, je me dis qu'ils ont peut-être besoin de se confronter l'un à l'autre comme de futurs adultes raisonnables… Emit doucement Daphnée.

Hermione la fixa avec stupéfaction et la blonde se sentit obligée de s'expliquer :

-J'ai appris que Black-ex-Potter avait déjà essayé de jouer les intermédiaires. Le résultat est des plus discutables puisque maintenant Blaise se braque dès qu'on essaie de mentionner sa terreur aux cheveux roux.

-Peut-être qu'il est mieux avec Ginny…

Là, ce fut à Daphnée de la regarder avec stupeur – sauf que chez elle, cela donnait aussi l'impression qu'on venait de l'insulter.

-Bon. Ok. Je sais que tu n'aimes pas Ginny…

-« Ne pas l'aimer » est en dessous de tout, crois-moi. Elle était un jouet amusant jusqu'à ce qu'elle plante ses griffes sur MON Blaise. Là, ce n'est PLUS DU TOUT amusant.

-Tu sais quoi ? Vous autres les serpentards devraient arrêter de croire que les membres des autres maisons sont des jouets et je pense que tout le monde aura une meilleure impression de vous !

-ET l'on s'ennuierait TOUS à mourir dans ce château ! Enfin, Hermione, il faut bien s'occuper à quelque chose. Les serpentards jouent, les gryffondors chassent, les serdaigles se mettent hors de portée et les poufsouffles se consolent entre eux. C'est comme ça et c'est très bien.

A ce moment-là, Drago et Hannah sortirent de la salle de classe avec l'examinatrice et celle-ci appela Harry et Susan Bones.

La blonde poufsouffle semblait avoir une meilleure mine après son passage et accueillit les inquiétudes de Neville avec un grand sourire alors que Drago prenait la place de son époux près de la poussette d'Evangeline.

-Ils vous ont fait faire quoi ? Lui demanda Hermione en saisissant l'occasion de s'éloigner de l'étreinte de Daphnée.

Cette main sur sa hanche lui avait semblé légèrement invasive même si dans les faits, celle-ci ne l'agrippait pas vraiment. Elle avait déjà vu Parvati et Lavande se tenir comme ça… Et jugeait qu'il était vraiment inquiétant qu'elle se réfère toujours à ses deux ex colocataires de chambrée lorsqu'il lui fallait juger d'affaires féminines.

Brr… Etudes ! Se reconcentrer sur les études ! Ça, au moins, c'était un domaine qu'elle gérait.

-Ils nous ont fait réaliser un sortilège d'animation afin de leur préparer et servir du thé et du gâteau. C'était plutôt basique et honnêtement, j'aurais pu me débrouiller sans Abbott, répondit Drago de sa meilleure voix pédante. Mais bon, on ne va pas leur en vouloir de ne pas connaitre nos niveaux de puissance personnels.

Il s'arrêta puisque la blonde s'était approchée d'eux avec Neville. Ce dernier la tenait d'une poigne possessive comme s'il voulait faire barrage entre le serpentard et elle.

La seule réaction que cela causa aux serpents des environs, ce fut des sourires difficilement cachés.

*Les serpentards jouent…*

Parfois Hermione comprenait la tentation qu'ils pouvaient ressentir, comme lorsqu'un bout de ficelle venait provoquer un chat en se balançant sous ses yeux. Faisait-elle ça aussi ? Agir comme un bout de ficelle ? Etait-ce pour ça qu'elle avait soudainement Daphnée et Blaise qui faisaient attention à elle ?

Mais quand est-ce que s'arrêtait le jeu ?

Elle pensa à Drago et à Harry, puis à Arthur Weasley et à Lucius Malefoy et se demanda s'il s'arrêtait seulement un jour.

Cette idée avait un rien d'inquiétant.

-Merci Mal… Black, déclara Hannah. Tu m'as bien aidé.

-JE me suis aidé, répliqua le blond en la fixant avec condescendance. Une bonne note est plus intéressante que de voir une poufsouffle échouer, merci.

Elle pinça les lèvres, mais laissa passer tandis que le regard de Neville était devenu aussi froid que les confins de l'Alaska.

-Très classe, comme toujours, marmonna-t-il avant d'entrainer sa petite amie loin du blond.

« Mais il m'a vraiment bien aidé » entendirent-ils de Hannah avant qu'ils ne soient hors de portée.

Le jour où Drago se fendrait gratuitement d'une remarque polie pour être agréable serait à ériger en fête nationale.

-Mais comment fait Harry pour te supporter ? Lui demanda Hermione.

-Je suis le père de son enfant, ça aide, répondit-il avec un ricanement avant de s'adoucir en plongeant son regard sur sa fille et de continuer : et lui, il comprend quand je fais juste que le chahuter.

-Parce que c'est marrant de chahuter les gryffondors ?

C'était une question rhétorique, dite avec toute l'exaspération que cela lui inspirait, mais Drago et Daphnée lui firent de grands sourires satisfaits :

-Oui, très marrant.

Blaise, cependant, resta de marbre. Hermione retint un soupir.

Lui avait joué et il s'était pris un méchant coup de griffe. C'était sans doute le danger avec les gryffondors : ils ne se laissaient pas faire… Mais il lui semblait que Daphnée et Drago seraient capables de lui affirmer que c'était le challenge qui était intéressant.

Mais probablement pas Blaise.

Timidement, elle vint poser une main sur son bras en guise de soutien, mais il lui adressa à peine un regard avant de reprendre son expression renfrognée.

Harry sortit alors de la salle d'examen tout sourire, suivi par Susan qui lui adressa un signe de la tête avant de partir.

-Alors ? Alors ? Lui demanda Hermione en attrapant son bras comme si ça pouvait le forcer à répondre plus vite.

-Ça a été très rapide. Et simple. Sortilège de feu doux. On a dû allumer en même temps une centaine de bougies qui ne brûlent pas… Avec deux bras je m'en sortirais mieux dans la vie Herm', alors si tu voulais bien cesser de vouloir en arracher un…

-Roh désolé ! Lui lança-t-elle vivement en le lâchant. Je suis un peu nerveuse.

-Pourquoi donc ? Tu n'as aucune raison de t'en faire. Au final ils regardent plus si tu as compris le fonctionnement de la magie collective que la qualité de ton sort.

-Oui mais je ne l'ai jamais fait avec Daphnée…

A peine avait-elle émit ces quelques mots que son esprit nerveux les sortit de son contexte et la transforma brusquement en amas d'hormones bouillantes avec des joues brûlantes de honte.

Elle jeta de vifs coups d'œil autour d'elle pour s'assurer que personne d'autre – et surtout pas Daphnée- ne l'avait entendu.

Harry fronça les sourcils, mais heureusement ne releva pas sa tournure tendancieuse de phrase.

-Et alors ? Moi je n'avais pas travaillé avec Susan avant, mais ça c'est bien passé.

Hermione se contenta d'hocher légèrement de la tête en tâchant de retrouver son calme et Harry se retourna vers son époux qui lui tapotait l'épaule.

-On y va ou tu restes ici en comité de soutien ? Demanda Drago qui avait soudain l'air lui aussi un peu nerveux, jetant de petits coups d'œil à la plante en pot qui les fixaient non loin.

-Je reste. Affirma Harry en suivant lui aussi ses regards. Si tu veux je m'occupe d'Evy. J'ai comme l'impression que tu as une plante monstrueuse qui t'attend quelque part…

-Ma plante n'est PAS monstrueuse ! S'exclama le blond, offensé. Il ne me viendrait pas à l'idée de créer une horreur telle que celle de Granger…

-MA plante n'est pas une horreur, je l'ai conçu pour servir de chien de garde ! Se défendit Hermione en jetant un nouveau coup d'œil courroucé à son projet qui lui fit des clins d'œil.

-Personne ne voudrait de ça dans son jardin ! Je préfère largement investir dans un croup !

-Je ne veux pas de croup, lâcha Harry au cas où.

Mais il fut ignoré.

-Je n'ai que faire de ton avis Drago ! Répliqua Hermione qui s'échauffait comme une vieille bouilloire. On verra bien qui de nous deux obtiendra la première place !

Tous deux se fixèrent avec défi, puis le blond tourna les talons avec hauteur et Hermione le regarda disparaitre au coin du couloir en se jurant de tout faire pour réussir à être en haut du classement.

-Alors c'est entre vous deux que ça se joue… Lança nonchalamment Daphnée en se recoiffant à l'aide d'un miroir.

Hermione se tourna à nouveau vers elle et grogna légèrement en se replaçant contre le mur.

-J'imagine que tu te désintéresses du nombre d'ASPIC que tu auras ?

-En effet. Ce n'est pas comme si on allait m'épouser pour mon Q.I. … Mais ne t'en fait pas, je ne ferais pas chuter ta moyenne.

-Je ne voulais pas insinuer… Réagit aussitôt Hermione en réalisant qu'elle avait été maladroite – comme souvent quand elle était en colère.

Heureusement Harry la sauva de ce nouveau naufrage :

-Toi aussi ? Ron m'a dit que Parvati et Padma étaient dans cette même situation. Je ne comprends pas que l'on vous empêche d'exercer un métier. Je veux dire, c'est pas comme si on n'avait pas prouvé qu'une famille pouvait tourner avec les deux parents qui travaillent !

Daphnée le fixa avec un rien de condescendance avant de ranger son miroir dans son sac :

-Mais, Black, tenir une maison aussi grande que Greenfield, C'EST du travail. Etre femme au foyer, c'est aussi un travail. C'est juste qu'à la place de travailler pour les autres, tu travailles pour ta Famille. Tu devrais demander à Narcissa Malefoy si elle passe toute ses journées à se tourner les pouces, ou bien à la mère des Weasley ? Tu serais sûrement surpris par leur réponse.

Hermione jeta un regard à Harry qui en faisait de même avec elle, cherchant une alliée. Mais cette dernière, aussi d'accord avec le brun qu'elle pouvait être – tout comme dans ses convictions féministes- sentait qu'elle risquait de s'enliser sur ce sujet.

Daphnée Greengrass était une adversaire redoutable par sa capacité à se montrer conventionnelle avec des arguments très terre à terre. Ce n'était en aucun cas une passionnée ou une instinctive comme eux deux.

Une des raisons qui faisait d'elle la meilleure amie de Blaise.

Une des raisons qui faisait qu'Hermione se sentait vulnérable face à cette créature enchanteresse serpentarde et hautement pragmatique.

C'est ainsi qu'elle se retrouva à son tour tirée jusqu'à la salle d'examen quand vint le moment de leur passage, avec la curieuse envie de crier à Harry : « Ne me laisse pas toute seule avec ELLE ! ».

A la place de cela – parce qu'elle avait 19 ans et que ce n'était plus un bébé – elle lui demanda de garder un œil sur sa plante.

Le brun n'eut l'air guère ravi de cette tâche. Jetant un regard nerveux vers la plante, qui lui fut rendu par la centaine de globe oculaire.

-o-O-o-O-o-

Quelques minutes plus tard, la porte s'ouvrit à nouveau sur les deux jeunes femmes.

-Ce n'était pas si horrible, non ? Demanda Harry à Hermione alors qu'elle revenait de son épreuve avec Daphnée.

La gryffondor arborait un air horriblement gêné avec des pommettes rouges et des regards fuyants, elle s'empressa d'ailleurs d'aller récupérer son projet de botanique aux myriades de fleur-œil pour se cacher derrière.

Blaise se demanda alors pourquoi la brunette avait l'air d'avoir été violée et jeta un regard légèrement suspicieux à sa meilleure amie qui rejetait nonchalamment une mèche de cheveux derrière son épaule, peu perturbée apparemment.

-Tu veux que je reste attendre ton tour ? Lui demanda-t-elle en le vrillant de ses yeux bleus sans pitié qui impliquaient que ce serait vraiment une perte de temps pour elle mais qu'elle comprenait son dilemme.

Un dilemme roux aux yeux d'eau.

-Non. Va plutôt te préparer pour la botanique, grommela Blaise.

Qu'il soit damné s'il n'arrivait pas à faire face fièrement, comme un homme, à cette situation.

-Comme tu veux. (Elle soupira) Ne fais rien que je ne ferais pas.

Cette dernière remarque lui arracha finalement un sourire. Vu la tête que tirait Hermione avant de partir vers les serres, cela semblait peu approprié comme requête.

Il savait ce que l'on pouvait ressentir lors des collaborations, à plus forte raison lorsqu'il s'agissait juste de deux personnes… La magie est comme le sang ou la salive, elle révélait beaucoup de soi.

Lignée, habileté et même sentiments.

Pas du genre « sentiments profonds et ignorés », mais ceux que l'on ressentait sur le moment.

Or Blaise n'était pas certain de pouvoir cacher une certaine blessure infligée au début du trimestre et qui était toujours vive. Mais bon, être rancunier, c'était un truc de famille.

Il était si perdu dans ses réflexions qu'il mit presque trois minutes à se rendre compte que l'objet de ses pensées se tenait devant lui et l'observait avec intensité.

Blaise tint le silence, n'étant pas de toute façon celui qui s'était imposé dans l'espace vital de l'autre.

-J'ai besoin d'une bonne note Zabini, annonça t'il. Il me faut un Effort Exceptionnel minimum pour pouvoir intégrer la formation des Aurors.

Ron s'attendait peut-être à une réponse ou un signe qu'il l'aurait entendu, mais il préféra croiser les bras, s'appuyant un peu plus au mur pour le toiser, toujours silencieux.

Il avait appris au fil des ans que sa « poker face » incitait les gens à se dévoiler avant même qu'il n'ait à le faire lui-même.

…Et à subir les monologues de Drago et de Pansy.

Tout plan à ses failles.

-Je demande… Une trêve, continua alors le rouquin avec gravité.

- Quel genre de trêve ? Demanda Blaise, intrigué.

-Du genre « on efface les derniers mois et on fait comme si on était toujours ce jour ».

-Celui où je t'ai embrassé ?

C'était dit sur un ton faussement l'air de rien et ça réussit à troubler de gêne le bleu Mer de ses yeux.

Ginny n'avait pas ces yeux-là. C'était vraiment dommage parce que ça avait un effet très addictif sur lui.

Faire l'amour à ces yeux…

Blaise se secoua intérieurement. Penser à cela était improductif au possible.

-Oui, répondit avec réticence Ron. Celui où tu m'as embrassé.

Le regard du brun tomba sur ses lèvres alors qu'il prononçait ce dernier mot et c'était comme un appel à s'exécuter.

Il n'y avait plus que quelques élèves, tous préoccupés par leur passage, alors Blaise attrapa les épaules de son vis-à-vis pour l'attirer à lui et fondre sur sa bouche.

Quelque chose en lui ronronna de perfection. Même si les lèvres contre les siennes étaient un peu gercées comme si on les avait mordillées plusieurs fois. Leurs corps s'emboitaient à merveille, tous deux aussi grands l'un que l'autre, s'évitant des crampes au cou, et les mains de Blaise avaient trouvées de suite leur chemin jusqu'aux fesses musclées du gryffondor.

Ce fut cependant ce qui réussit à secouer ce dernier qui, étrangement docile jusque-là, agrippa d'une main l'un de ses bras pour le déloger et d'une autre chercha à mettre de la distance entre leurs deux corps.

Tristement, il avait plus de force que lui et Blaise n'eut pas d'autres choix que de se laisser éloigner.

-Tu sors avec ma sœur ! S'exclama alors Ron avec indignation, les joues colorées de rouge.

Blaise leva les yeux au ciel.

-Ah non, désolé, je ne sortais pas avec Ginny à ce moment-là…

Ron ouvrit la bouche face à cet argument fallacieux mais perdit un moment sa réplique. Blaise se demanda s'il pouvait lui attraper la nuque et souder à nouveau leurs lèvres, voir même titiller de sa langue la sienne pour voir si le rouquin savait bien embrasser…

-JE sors avec Fay ! Finit par riposter le gryffondor avant d'avoir pu être lingualement agressé.

-Ca, Ronald, c'est TON problème.

-« Ron », grogna le rouquin en le reprenant. Tu es… vraiment… un foutu égoïste !

Comme ça ne sonnait pas comme une insulte ou une accusation, mais plutôt comme une constatation exaspérée, Blaise émit un aboiement de rire.

-Un foutu égoïste qui va t'aider à devenir Auror ! Allez, fais pas cette tête de chiot outragé, vois ça comme une compensation et un paiement d'avance.

-« Une compensation » ?

-Ouais, pour me faire oublier que tu t'es comporté comme un vrai connard.

-Quoi ?! Je…

-Laisse tomber « Ron ». Là-dessus j'ai peur que l'on ne puisse pas s'entendre.

Hors de question qu'il se mette à chouiner sur le fait que sa petite copine avait menti et que Ron l'avait injustement accusé. Il ne mendierait pas des excuses.

Le gryffondor passa une main sur son visage, las et ennuyé par cette histoire.

-OK. Pas d'explications. Pas de complaintes. Pas d'excuses.

Blaise hocha la tête d'approbation. Et se rendit compte que le couloir s'était vidé.

-On est les prochains…

Ron se raidit légèrement, sans doute d'appréhension.

Etre Auror semblait être très important pour lui.

Blaise se prit à penser que ça pourrait l'être pour lui aussi. Parce que si Ron le devenait, peut-être, dans un jour lointain et hypothétique, il pourrait venir le sauver de sa mère…

Mais pour cela, il allait devoir réaliser qu'il n'y avait pas que les jeunes filles délicates à l'allure innocente qui pouvaient être en détresse.

Et ce jour-là, peut-être, Blaise aurait le courage et le cran de le lui dire.

« Sauve-moi »

Mais ce ne serait pas aujourd'hui.

A la place, il l'attrapa et le fit pivoter de façon à voir son dos. Il fit glisser la robe de sorciers sur ses bras afin d'accéder au tissu de sa chemise.

-Hé ! Que ? Qu'est-ce que tu fais ? S'inquiéta Ron en se tordant le cou pour le fixer avec inquiétude.

-Chut, le tança Blaise en commençant à malaxer les muscles de ses dorsaux. Tu dois te détendre ou ta magie sera dégueulasse. Tout va bien se passer. Quoiqu'ils nous demandent, tu n'auras qu'à imaginer que nous sommes en train de nous embrasser.

-Quoi ?! Pourquoi je ferais ça ?!

Blaise le sentit néanmoins appuyer son dos contre ses mains tel un chat miaulant amoureusement sous une caresse. Il était amusant de voir que son corps savait déjà ce qu'il voulait, lui. Blaise accentua en réponse son massage, dénouant les nœuds sous ses doigts et c'est avec un sourire qu'il ne pouvait pas voir qu'il s'approcha de son oreille.

-Parce que je sais que tu as aimé ça…

Ron ne put que lui adresser un énième regard indigné tout en remontant vivement sa robe de sorcier alors que les deux élèves avant eux sortaient de la salle et que l'examinatrice appelait leurs deux noms.

Blaise passa devant lui avec un clin d'œil.

Et à présent plus contrarié qu'anxieux, Ron le laissa fusionner sa magie à la sienne pour créer un mini orage dans la salle. Comme il le lui avait prédit, tout se passa très bien.

La magie de Ron avait un gout de soleil…. De sable… De sel… De vacances au bord de la mer. C'était merveilleux.

Mais lorsqu'il se retrouva hors de la salle, l'un en face de l'autre, sachant que la trêve était terminée, c'était comme un retour le dimanche soir sous le ciel pluvieux de Londres. Que devaient-ils se dire ? Merci ? Pardon ? Au revoir ?

Blaise préférait laisser les choses comme telle et se détourna donc brutalement, s'arrachant à ce qui lui était actuellement inaccessible. Il commença à remonter le couloir quand Ron se secoua :

-Je… Eh ! Zabini ! J'ai… J'ai toujours ton mouchoir ! Je… Je l'ai pas ici mais…

Blaise se retourna un instant et esquissa un sourire.

- Garde-le, tu me le rendras une prochaine fois !

Oui, c'était bien mieux que « Merci, pardon ou Au revoir ». C'était la promesse qu'ils seraient obligés de se revoir.

-o-O-o-O-o-

-Parfait. Vous pouvez dire à votre prochain camarade de rentrer.

Harry retint difficilement son sourire, saluant ses examinateurs avant de sortir de la salle de potion. Il fit un geste de la tête à Hermione qui sauta aussi sec de sa chaise pour se précipiter avec son matériel à l'intérieur.

Il s'éloigna alors de la zone d'attente et se planta dans un couloir des cachots, s'assura que personne n'était aux alentours puis se laissa aller à crier sa joie en faisant une idiote petite danse de la victoire.

Les ASPICs étaient terminés pour lui !

Il n'aurait plus jamais à toucher un chaudron de sa vie ! Plus jamais à expliquer pourquoi un tel sort marchait le jour et pas la nuit et pourquoi il était déconseillé de transformer un canard en chapeau cloche !

Il était liiiiibre !

Sautillant de plaisir comme un zébulon en s'embrassant de ses propres bras pour s'autoféliciter, il s'accorda ce bonheur et ce privilège en se rappelant qu'à la même période, l'année dernière, il n'était même pas sûr de survivre jusqu'à ce moment.

Mais il était là, avec son futur qui lui ouvrait les bras.

Et à présent il n'avait plus qu'une envie : prendre sa fille contre lui et lui faire plein de bisous partout. C'est donc avec un pas dansant qu'il se dirigea vers la bibliothèque où devaient se trouver son enfant et Drago. Ce dernier était passé en potion ce matin et il n'avait plus que l'arithmancie demain.

Harry se demanda vaguement ce que pouvait être un examen pratique d'arithmancie, mais cette question s'évapora aussitôt parce que… Il n'avait plus à penser aux cours et aux examens ! Il avait terminé !

-Salazar tout puissant, il y a quelqu'un ici qui est particulièrement heureux… Fit Drago en le fixant avec un rictus moqueur.

-Tellement que rien de ce qui pourrait sortir de ta bouche ne pourra m'atteindre, rétorqua Harry en se penchant sur la poussette pour attraper Evangeline et la faire sautiller dans ses bras.

-Eh, j'avais réussi à la calmer, ne l'excite pas !

Harry l'ignora et frotta son nez contre celui de sa fille, récoltant des gloussements ravis. Evangeline pouvait apparemment sentir son état de contentement puisque ses yeux gris brillaient comme deux étoiles et qu'elle refermait et ouvrait alternativement l'une de ses petites mains sur sa robe de sorcier, son autre main voyageant sur le menton de son père.

Et lui, il la dévorait du regard, la trouvant tout simplement parfaite.

Son bébé était le plus beau bébé du monde.

Et ce jour était tout simplement parfait.

Il resta un long moment inconscient du long regard de Drago sur lui. S'il l'avait vu, il aurait sans doute pensé qu'il aurait mieux valu pour lui d'être loin, très loin d'ici.

-Je sais quand je veux utiliser mon cadeau d'anniversaire, lâcha finalement ce dernier d'un ton plat démenti par le scintillement de ses yeux.

Tout à fait semblables à ceux de leur fille.

Harry se raidit brusquement et tourna lentement la tête vers lui, essayant de cacher son air inquiet :

-Tu veux parler de « CE » cadeau d'anniversaire ?

Un sourire narquois se peignit finalement sur les lèvres du blond qui se leva souplement pour venir entourer Harry et Evangeline de ses bras, soufflant légèrement sur le visage de son époux.

-TON cadeau d'anniversaire, bien sûr, quel autre ?

Un « oh » un peu dépité lui répondit. Mais la légère coloration de ses joues mâtes révélait ce qu'il pouvait cacher derrière une telle réaction.

Evangeline qui semblait plus heureuse que jamais, entourée de ses deux parents, émit à son tour un « oh ! », cherchant à imiter ce qui semblait avoir amusé Drago. Les deux jeunes hommes ne purent s'empêcher de rire et Harry se décontracta légèrement.

-Pourquoi m'en parler là ? On aura tout le temps lorsqu'on sera rentré à la maison, lui fit-il remarquer en grimaçant légèrement à cause de la main d'Evangeline qui visitait son visage en manquant parfois de délicatesse.

Drago qui n'avait cessé de sourire attrapa la petite main taquine pour l'occuper. Il embrassa la menotte avant de revenir vers le brun :

-C'est parce que je veux que nous le fassions avant de rentrer.

Harry ouvrit de grands yeux, espérant ne pas comprendre :

-Tu veux le faire à Poudlard ? Mais c'est interdit !

Le règlement de Poudlard, comme tout internat, était strict au sujet des mœurs. Pas de garçons dans les dortoirs des filles et UN élève par lit. Les préfets passaient régulièrement dans les dortoirs au cours de la première partie de la nuit pour s'en assurer. Parfois, c'était même les professeurs qui s'en chargeaient.

-Et alors ? Depuis quand l'interdit t'arrête-t-il ? Railla t'il avant de lui jeter un regard par en dessous : Au contraire, c'est excitant.

Oui, Harry pouvait être d'accord avec ce raisonnement, sauf que cela l'ennuyait assez dans le contexte, que ce soit « excitant ».

-Tu te rappelle que le but, c'est de DORMIR ?

Drago fit légèrement la moue, essayant apparemment d'avoir l'air innocent (sans succès), les yeux toujours aussi joyeux.

-Je sais. Allez. Viens dormir dans ma chambre demain soir.

Oh Merlin. Demain soir. Harry était tout sauf mentalement prêt à ça !

-On confiera Evangeline à Granger. Ça devrait lui plaire d'avoir à nouveau sa filleule juste pour elle le temps d'une nuit.

-Qu… Que… Pourquoi ?! Elle pourrait très bien dormir avec nous ! Riposta aussitôt Harry qui se sentirait beaucoup plus tranquille avec Evangeline dans la même pièce.

Rien que parce que cela rendrait impossible toute autre activité que le fait de DORMIR.

-Non. C'est MON cadeau d'anniversaire. Cette nuit tu dois être TOUT . A . MOI ! Répliqua Drago en appuyant ces derniers mots en lui tapotant sur le nez. Tu ne me priverais pas de mon cadeau ?

-Non, répondit Harry, vaincu.

-o-O-o-O-o-

La fin des examens pour les huitièmes années annonça le début d'une grande fête dans le dortoir des gryffondors. Et ces ainés se moquaient éperdument que les septièmes et les cinquièmes n'aient pas encore terminés. Il leur fallait un moyen pour évacuer la tension emmagasinée et ne pas penser aux résultats qui tomberaient dans trois jours, la veille du grand départ.

Harry regarda l'agitation provoquée par Dean qui décorait la salle commune en attendant Seamus et Ron qui étaient partis chercher de l'alcool à Pré-Au-Lard et sourit devant l'expression renfrognée du Professeur Puckett qui voyait d'un mauvais œil toute cette histoire.

Harry regretta un peu de ne pas pouvoir être là pour le voir s'énerver lorsque la fête partira en sucette – comme les fêtes des gryffondors finissaient toujours par le faire – et partit plutôt rejoindre la chambre de sa meilleure amie en apportant le reste des affaires d'Evangeline.

-Tu es sûre que ça ne te dérange pas ? Lui demanda-t-il à nouveau, craignant de lui gâcher la soirée en lui imposant du baby sitting.

Mais celle-ci était sur son lit, déjà en pyjama, jambes croisées, Evangeline fourrée entre celles-ci et mâchonnait un crayon à papier tout en ayant un tas de feuilles, de parchemins et de livres ouverts étalés en éventail devant elle.

-Oh non, Harry, je n'ai pas la tête à faire la fête, marmonna t'elle. Je vais être très bien avec Evy'.

Elle avait le visage si penché sur ses feuilles qu'Harry ne voyait d'elle que ses cheveux bouclés attachés en un hybride de chignon/Queue de cheval par deux autres crayons.

Il ne put s'empêcher de plisser les yeux pour voir ce qui la fascinait autant :

-Tu sais que les cours sont finis ? Que les examens sont finis ? Qu'il n'y aura plus jamais de devoirs à écrire et à rendre ?

-C'est mes brouillons. J'ai recopié tous mes examens pour pouvoir vérifier après et compter mes points. Là j'en suis à 179 sur…

-OK. Je regrette d'avoir posé des questions. Amuses toi bien avec… Enfin, bref.

Il la dérangea un instant pour embrasser Evangeline sur le front et lui souhaiter bonne nuit avant de s'éclipser sans demander son reste. L'obsession d'Hermione pour ses résultats était au-delà de tout ce qu'il connaissait. Là où lui avait brûlé ses brouillons après chaque épreuve, elle était en train de les étudier et de les corriger.

Même Drago n'était pas aussi concentré sur ses résultats, bien que pour sa part, il pouvait s'agir d'un excès de confiance en lui-même.

Harry était de plus en plus curieux de découvrir qui obtiendrait la meilleure note entre eux deux. Cela lui laissait au moins la surprise, à défaut de celle du contenu du discours du Major de promotion puisque les deux compétiteurs l'avaient utilisé comme cobaye pour leurs répétitions.

Oui, chacun d'entre eux avait écrit un discours. Celui d'Hermione faisait presque trois mètres de parchemin. Et rien que pour ça, il se sentait l'âme d'un traitre en souhaitant la victoire de Drago.

Arrivé dans son dortoir, Harry sentit son cœur émettre un battement affolé qui résonna jusqu'au fond de sa gorge pour la nouer. Il plissa les yeux et grogna contre lui-même pour stupidement craindre la soirée. C'était un tel embarras…

Attrapant ses affaires de toilette et son change, il partit à grands pas vers la salle de bain et se lava énergétiquement en s'efforçant de penser à tout sauf à la nuit qu'il allait passer avec Drago.

Mais l'autopersuasion était une science capricieuse et alors qu'il tentait de focaliser son esprit sur le dernier match de quidditch qu'il avait joué, en arrière-plan son cerveau chantait une toute autre chanson. En plus, à la place de ressentir un vague contentement, tout son corps était une boule de nerfs que la caresse de l'eau ne réussissait pas à détendre.

Battu par sa propre chair, Harry ferma l'eau de la douche et se sécha en acceptant de faire le point avec lui-même :

Il était nerveux, impatient, inquiet et excité. Et il se maudit lui-même.

Mais il n'était qu'un homme. Qu'y-pouvait-il si ses hormones faisaient la fête à la seule idée de se retrouver en grande partie déshabillé sous les mêmes draps que Drago ?

Enfouissant son visage dans sa serviette, il chercha à s'ôter ces pensées parasites et de se concentrer sur le plus important : ils allaient juste dormir, comme ils l'avaient déjà fait le jour de leur nuit de noces.

ET il n'allait certainement PAS se ridiculiser avec son inexpérience. Pas plus qu'il ne prendrait le risque de s'amouracher de ce garçon impossible.

Sauf que le jour de son mariage il était complétement au bout du rouleau. Ce soir, Harry se sentait TRES vivant, TRES frétillant. Il n'allait tout simplement pas pouvoir s'endormir comme une masse au seul contact du matelas.

Et une autre partie de son anatomie n'allait pas pouvoir être tranquille, songea t'il alors en jetant un regard désillusionné à son entrejambe.

En plus, c'était de Drago dont il parlait. Il trouverait forcément un moyen serpentardesque pour contourner les mesures de sécurité prises par Harry (et pas très grandes puisqu'il s'agissait juste de ce fichu cadeau d'anniversaire).

Profitant qu'il soit encore seul dans la salle de bain, il poussa un pur cri de frustration.

Malheureusement cela ne lui apporta aucun soulagement et renonçant à tergiverser plus encore, ce qui ne lui faisait que du mal, il enfila un bas de pyjama et noua sa robe de chambre à sa taille avant de se draper de sa cape d'invisibilité pour rejoindre le dortoir des serpentards.

Pendant un instant cela lui fit drôle de s'éclipser discrètement, comme à la bonne vieille époque, et il ne pût que constater de nouveau que Poudlard la nuit était différent lorsque l'expérience était arrachée de façon illégale.

Quand il marchait sans cape, c'était presque aussi banal que de jour et lorsqu'un professeur ou un préfet le croisait, ils se contentaient juste de lui demander ce qu'il faisait dehors. Inintéressant.

Avec la cape, il retrouvait ses habitudes de marcher sans s'appuyer sur ses talons, de calquer sa respiration sur le vent qui courrait le long des corridors, d'éviter les portes qui grinçaient et les dalles mal fixées. La carte du Maraudeur en main, il devait rivaliser d'astuce pour se frayer un passage sans rencontrer qui que ce soit.

Il eut toutefois l'impression d'arriver trop vite devant le mur fermant la maison des serpentards, et Ce fut avec un soupir qu'il formula le mot de passe que son époux lui avait fourni.

A l'intérieur, l'ambiance était très différente de la salle commune qu'il avait auparavant quittée : Pas la moindre trace de fête en préparation, juste des élèves en train de réviser ou de jouer aux cartes près du feu.

Mais peut-être que les serpentards fêtaient leurs victoires dans l'intimité de leur dortoir. Il ne voyait, après tout, aucun de ses camarades de classes.

Il ne s'éternisa pas dans la pièce qu'il trouvait trop froide et luxueuse, comparable à un décor de théâtre savamment travaillé pour abriter un Concile de vampires. Il grimpa silencieusement les quelques marches menant aux dortoirs et toqua à la porte du Préfet-En-Chef.

Il patienta à peine quelques secondes comme si Drago l'avait attendu derrière en embuscade. Harry s'efforça de réfléchir à cette possibilité en passant silencieusement entre le blond qui fronçait le nez, étonné de ne voir personne, et l'ouverture. Il le frôla au passage et Drago eut un léger sursaut avant de se retourner dans la direction concernée avec une expression ennuyée et boudeuse :

-Harry !

Ce dernier se trahit d'un rire et ôta son déguisement en le pliant sur son bras.

-J'avais oublié que tu avais cette fichue cape d'invisibilité, grommela le blond en refermant la porte derrière lui.

-Elle m'est bien utile… La plupart du temps, soupira Harry en se souvenant avec un brin d'amertume comment Drago avait retourné son arme contre lui le jour où il l'avait tabassé dans le train, au début de leur sixième année.

Heureusement que Tonks l'avait trouvé ce jour-là.

Des images fugaces de la jeune femme déferlèrent aussitôt dans son esprit et en un instant le chagrin de sa perte vint l'attraper et l'étouffer… Puis Drago posa sa main sur son bras et son odeur désormais familière, piquante et fraiche, envahi ses sens.

Cela le calma aussitôt, déposant comme une couche de douceur sur son cœur. Il papillota vite des yeux pour en chasser l'humidité et s'éviter des questions gênantes.

-Elle est remarquable, fit Drago sans noter son changement d'humeur, les yeux fixés sur la cape qu'il testait du bout de ses doigts. Mon père m'en avait déjà montré une, mais elle n'avait pas une telle finition… Une telle perfection.

Harry tourna un regard presque amoureux sur sa cape d'invisibilité, ne s'étonnant pas qu'il y ait pu y avoir des différences entre elle et d'autres capes se prétendant de son nom. Après tout, elle était la seule relique de la Mort et aucune autre ne pourrait lui ressembler.

-Elle est dans ma famille depuis très longtemps, lui expliqua t'il. On se la lègue de père en fils et c'est la première chose que j'ai reçu de mon père… Bien que par des voies détournées, comme tu t'en doutes. (Il caressa avec vénération le doux tissu, fluide comme de l'eau) Et quand Evangeline fera sa rentrée à Poudlard, je la lui transmettrais à mon tour…

Il releva son regard et tomba droit dans celui de Drago. Il se racla alors la gorge et se détourna, ayant du mal à soutenir les yeux brillants du blond quand ils semblaient pouvoir absorber son âme.

-… Ce n'est pas la seule chose qu'il m'ait léguée du reste… Bégaya t'il en observant la chambre qu'il connaissait bien maintenant.

Un grand feu brûlait dans la cheminée et le couvre lit épais et doux lui faisait de l'œil. Décidant que de toute façon il était destiné à atterrir dessus, Harry retira ses chaussures et ses chaussettes pour s'y asseoir.

Drago suivit le mouvement en sautant sur le lit, se plaçant sur le ventre, une main soutenant son visage.

-Que t'a-t-il donné d'autre ? Demanda-t-il avec curiosité en battant des jambes d'un air un peu enfantin.

Harry sourit face à cette attitude, se censurant au dernier moment de la lui faire remarquer car il aimait le voir autrement que tout crispé et raide, dans des mouvements trop travaillés pour qu'ils soient naturels.

Afin de combler sa soif de savoir, il sortit de sa robe de chambre la carte du Maraudeur. Ce n'était pour l'instant qu'un morceau de parchemin vierge un peu décrépi.

Il le posa sur le lit, devant Drago qui se redressa légèrement avec intérêt, puis renifla d'un air perplexe en soulevant un morceau du parchemin. L'expression espiègle de Harry l'empêcha cependant de tomber dans le panneau en hurlant à l'escroquerie.

-Où est le piège ? Demanda-t-il à la place.

Plutôt que de lui répondre, Harry lui montra. La baguette posée sur le parchemin, il énonça clairement la formule rituelle à l'apparition de l'encre.

-Je jure que mes intentions sont mauvaises !

Drago émit un petit ricanement moqueur, qui s'étrangla brusquement à l'apparition des mentions d'ouverture. Il plissa les yeux, intrigués, face aux noms étranges des créateurs de cet artéfact, puis se trouva contrarié en lisant le titre.

-Maraudeur… Bon sang, j'ai l'impression d'avoir déjà entendu ce mot plusieurs fois… Grogna-t-il alors qu'il se creusait la tête vainement.

Tout ce qu'il savait c'était que ça venait d'un gryffondor.

-Possible, fit Harry. Les créateurs sont des personnes que tu connais après tout…

-Vraiment ? Répondit-il surpris en s'approchant un peu plus. Les noms semblent être des pseudonymes…

-Justement ! Tu crois que tu pourrais essayer de deviner ? Essaie avec Lunard d'abord. C'est le plus facile !

Harry se régala à voir les rouages de l'esprit de Drago travailler, le déroulement de ses raisonnements s'affichant dans de très légères micro expressions de son visage. Ne pouvant s'en empêcher, il se mit lui aussi sur le ventre, à ses côtés, ses jambes battants elles aussi la mesure, frôlant parfois celles nues du serpentard.

-Lune… Marmonna Drago. Ce serait bizarre, mais…

-A qui penses-tu ?

-Il n'y a pas tant de personne que je connaisse en rapport avec la lune. Mais si on considère qu'Edward est son fils, ET que tu es son parrain… Alors je dirais le professeur Lupin.

-Bravo, tu as gagné ! Tu veux tenter les autres maintenant ?

Face au défi, le blond acquiesça et retourna son regard sur les noms restants, quoique légèrement déconcentré par Harry qui se retourna sur le dos, d'humeur joueuse, ne le quittant pas des yeux, oublieux des pans de sa robe de chambre qui s'ouvraient nonchalamment sur son torse, dévoilant pectoraux et le léger dessin de ses abdominaux.

D'ailleurs, à un moment, Drago ne put s'en empêcher et vint vivement le gratouiller à cet endroit, provoquant le brusque repli du brun qui couina légèrement, surpris et chatouilleux, avant de se remettre dans sa position initiale en grommelant faussement.

Pour toute réponse, le serpentard laissa un peu dépasser sa langue avant de prendre une expression dédaigneuse :

-Par Merlin, ne me dis pas que « Queudver » est cette loque de Pettigrow ?

-Malheureusement, cracha Harry. C'est exact.

-Donc… Animagus, « Patmol »… Patte Molle… très certainement Sirius Black si l'on en croit leurs histoires… Mais… « Cornedrue » ? Je ne vois pas… Vraiment pas…

Harry fit alors délicatement danser sa baguette et son patronus apparut au-dessus d'eux, caracolant fièrement dans la petite chambre.

-C'était mon père… Dévoila-t-il doucement. Lui aussi était un animagus et il pouvait se changer en cerf. D'ailleurs c'est pour la même raison que Pettigrow et Sirius le sont devenus : soutenir Remus lors des nuits de pleine lune. Ils étaient amis et ce sont, eux, les Maraudeurs.

Il baissa alors sa baguette et le cerf spectral disparut doucement. Il adressa alors un sourire aussi triste que plein de fierté à son vis-à-vis, espérant qu'il pourrait comprendre ce qu'il ressentait.

Drago ne lui sourit pas et le considéra gravement comme s'il voyait lui aussi le gâchis impardonnable que représentait cette histoire.

Une de ses mains vola alors jusqu'à ses cheveux qu'il caressa avec lenteur, comme conscient des décharges électriques de plaisir que ça provoquait chez Harry. Puis il écarta sa frange pour passer son pouce sur la célèbre cicatrice en forme d'éclair.

Pendant un instant, Harry crut qu'il allait l'embrasser, mais finalement il préféra ouvrir la carte et admirer le travail magistral des Maraudeurs.

Ils restèrent ainsi au moins une heure entière, collé l'un contre l'autre par leur flanc, leurs mollets vagabondant joyeusement derrière eux, se frôlant ou même se crochetant comme s'ils ne les contrôlaient pas – ce qui était faux bien sûr – et Harry racontait des anecdotes sur son père et ses amis, ou alors ils commentaient ce qu'ils voyaient sur la carte.

Et Drago avait le commentaire acéré et malicieux.

Harry s'amusait comme un petit fou.

Il n'avait jamais fait ce genre de truc avec Ron. Avec lui, la carte était juste là pour éviter des retenues, mais certainement pas un outil de voyeurisme. Il était trop droit pour ça, son Ron, et Harry admirait cette vertu comme tant d'autres chez son ami… Mais il savait qu'il n'était pas comme lui et en avait eu la preuve à chaque fois qu'il était en contact avec Drago. Car le serpentard le stimulait.

Bien évidemment, il n'approuvait pas la cruauté gratuite dont il pouvait faire preuve. Ni les moments où il s'était montré inutilement vulgaire… Mais tout ça avait eu tendance à disparaitre alors qu'il grandissait pour laisser place à plus d'esprit dans ses répliques.

Et comme il voyait bien qu'Harry aimait qu'il lui en fasse profiter, il s'exécutait avec d'autant plus de plaisir, toujours heureux de pouvoir faire son fanfaron.

-J'aimerais bien te raconter moi aussi quelque chose d'intéressant sur mon père, fit finalement Drago, mais à l'entendre il a passé sa scolarité à étudier et à se faire des relations. Pour tout te dire, je n'arrive pas à l'imaginer en ado ou même en un de ces tout petits premières années qui semblent sortir du berceau…

-Ça ne m'étonne pas. Ton grand-père avait l'air d'être un homme très sévère… Commenta Harry qui ne voulait même pas essayer d'imaginer Lucius en ado boutonneux.

-Apparemment… J'étais trop jeune quand il est mort pour m'en rendre compte. Ma mère le détestait en tout cas. On dirait qu'elle préfèrerait se jeter dans un nid de mocassin d'eau plutôt que de parler de lui.

Il se tourna alors et s'étira langoureusement avant de jeter une œillade suggestive à Harry :

-On se met au lit ?

Le brun se tendit brusquement mais réussit quand même à hocher de la tête. Il aurait très bien pu rester encore longtemps dans cette ambiance mi bonne enfant, mi intime, qui avait transformé cette soirée inquiétante en véritable bon moment de détente. D'un côté, si ça s'était aussi bien passé jusqu'ici, peut être que ça continuerait, même dans le noir et leurs chaleurs respectives.

Il rangea la carte d'un mouvement de baguette, l'envoyant rejoindre la cape d'invisibilité sur le bureau de Drago et se défit de sa robe de chambre avant de laisser tomber son pantalon de pyjama.

-Tu dors VRAIMENT en sous-vêtement, constata alors le blond d'un air un peu indigné.

-Désolé, j'ai trop chaud sinon. J'ai une température corporelle au-dessus de la moyenne. D'après Sirius, mon père avait le même problème que moi… Mais si ça te dérange tellement, je peux toujours retourner…

-Non, le coupa d'un ton inflexible Drago en lui ouvrant le lit d'un mouvement péremptoire.

Sans attendre qu'il lui en veuille de vouloir se dérober, il se faufila dans les draps, se retenant de dire ce qu'il pensait après tout des chemises de nuit de Drago. Bordel, lui vivant, il ne porterait jamais ça.

Il s'assura de regarder le plafond quand son compagnon le rejoignit, écoutant sans s'en empêcher les froufroutements des draps et de la couverture. Il sentit le matelas s'affaisser un peu et le rayonnement de chaleur et de magie qui envahit le cocon confortable.

C'était comme baigner dans la magie de Drago. Il savait que cela s'atténuerait avec le sommeil, la puissance émise constamment par leurs corps s'endormant elle aussi, mais encore fallait-il qu'ils y arrivent.

Ginny lui avait un jour avoué qu'elle n'arrivait jamais à s'endormir avant lui à cause de son trop fort rayonnement, il se demanda si Drago allait ressentir la même gêne.

-Nox, fit la voix de ce dernier et les bougies s'éteignirent pour ne laisser que le rayonnement des faibles flammes de la cheminée.

Harry se tourna alors dans la direction du blond qui posait sa baguette sur sa table de nuit, étudiant légèrement la façon dont sa peau blanche ressortait dans la pénombre, semblant aspirer toute source de lumière.

Cette peau fut cependant à nouveau couverte lorsque le jeune homme s'installa confortablement, lui aussi sur le côté, un bras sous son oreiller.

Harry eut l'impression de le voir sourire.

-Qu'il y a-t-il ? Demanda doucement Drago.

-Ca ne te dérange pas ? Souffla Harry.

-Quoi donc ?

-Ma magie.

Le blond resta silencieux puis rapprocha son visage comme s'il humait ou sentait quelque chose. Il poussa un petit soupir de contentement.

-J'aime ta magie, Harry. Elle me réchauffe, elle me galvanise…

Harry émit un ricanement ironique :

-Je crois que c'est ça le problème.

-Je n'en vois pas personnellement.

-Elle donnait envie à Ginny de me sauter dessus. Encore. Et encore. A cause de ça on n'a pas beaucoup dormi ensemble.

Un nouveau silence lui répondit, puis Harry sentit les doigts frais de Drago qui traçaient des lignes sur son avant-bras.

-Le vent attisant le feu… Murmura-t-il. C'est à cause de ça que tu as peur de dormir avec moi ?

-Je n'ai pas peur ! S'indigna Harry en remuant. Et tu sais très bien pourquoi je ne veux pas. Ça n'a rien à voir !

-Vraiment ? Mais tu sais, c'est différent. Weasley est du feu, moi je suis de la neige. Tu le sens ? Je suis froid par rapport à toi. Tu as trop chaud et moi j'ai trop froid. Si je pouvais te refroidir et toi me réchauffer, est-ce qu'on n'atteindrait pas une sorte de perfection ?

Harry ne sut quoi répondre à cela. La sensation de fraicheur du jeune homme était effectivement appréciable contre son épaule mais dans tous les cas, ce n'était pas la question.

-Je voulais juste m'assurer que ce n'était pas inconfortable pour toi, maugréa t'il.

Il regretta un peu de s'être manifesté parce que tout d'un coup Drago décida d'envahir son coin du lit.

Pour s'éloigner, il se tourna sur le dos mais fut accompagné dans son mouvement. Des jambes se mêlèrent aux siennes, le poids du jeune homme, ainsi que la douceur de sa chemise en flanelle, le clouèrent fermement dans le matelas, et surtout un souffle s'échoua sur l'angle de sa mâchoire et remonta jusqu'à ses lèvres.

-Si je le pouvais, je me rapprocherais encore plus de toi, susurra la voix du blond. J'irais plus profondément même… La réponse te convient ?

Avant même qu'Harry ait pu ne serait-ce qu'ouvrir la bouche sur une réplique encore non formulée dans son esprit, cette dernière se retrouva prise d'assaut, et la langue qui vint caresser la sienne, entrant et se retirant, sembla avaler toutes ses pensées.

A moins qu'il ne s'agît des mains qui massaient son cuir chevelu.

Harry était foutu : Drago avait définitivement compris quel était son ultime point faible.

Inconscient, il se fondit dans cette intimité brûlante et délicieuse –huuum oui, ohhh les cheveux dans la nuque, parfait- ses bras s'enroulant d'eux même autour du torse contre lui pour l'attirer encore plus, pour le garder.

Alors qu'ils se mouvaient l'un contre l'autre, leurs corps trouvèrent tous seuls la meilleure façon de s'emboiter, impliquant d'une façon ou d'une autre les jambes écartée de Harry et son aine entrant en frottement contre celle de son compagnon.

La sensation inédite et tout sauf désagréable, même carrément excitante – Bordel une autre bite en érection contre lui- Dure et rigide – Est-ce que je peux toucher ?- Ca fait quoi de toucher celle d'un autre ?- lui arracha un gémissement de gorge et le fit se cambrer d'une flexion.

Ce fut peut-être ce mouvement mécanique, ou autre chose qui réenclencha son cerveau et lui fit réaliser que la situation était en train de partir en live.

-Hum… Drago… Fit-il en tentant d'éloigner la bouche du blond, et tant qu'à faire le reste de son corps d'entre ses cuisses.

Pour toute réponse, le blond grogna et lâcha sa bouche pour lui mordiller l'oreille.

-Oooh ouiii ça aussi c'était intéressant…-

*Non non non non non non !*

Décidément, il fallait que Drago arrête de lui faire toutes ces choses agréables !

-Drago ! S'il te plait… J'avais dit JUSTE DORMIR ! C'était le contrat ! Se plaint-il en essayant de le dégager et de le pousser vers son côté.

Stupide serpentard trop lourd.

-Je me souviens… Commença le blond en descendant dans son cou pour se l'approprier de morsures, de baisers et de suçons. Que mon (lèche) cadeau (embrasse) d'anniversaire (mordille) concernait effectivement une partie où nous devons dormir dans le même lit.

Il se redressa pour regarder un Harry perdu dans les yeux :

-Mais nous ne dormons pas en ce moment, donc mon cadeau n'a pas encore commencé. Donc… Ce que nous faisons en ce moment n'a rien à voir ! Conclut-il avec un grand sourire satisfait.

Le brun se tapa le front en basculant sa tête en arrière, exaspéré.

-Ne traficote pas les choses pour qu'elles t'arrangent !

-Bien sûr que si, je suis un serpentard.

Et ceci dit, il se coula à nouveau contre lui, profitant qu'on lui ait liberté le passage pour s'attaquer à sa gorge. Harry s'apprêtait à râler de nouveau quand il sentit quelque chose glisser contre son flanc, flatter ses hanches et remonter sur son entrejambe.

Dire qu'il avait cru que Drago s'était relevé à quatre pattes pour le libérer de son contact !

Il se tendit, comme foudroyé, quand la main de Drago se glissa dans l'élastique de son boxer, fouissant entre les boucles brunes de son bas ventre avant d'entrer en contact avec son sexe.

Ses doigts se refermèrent autour comme pour en apprécier la grosseur… En dessinèrent le contour en léger frôlement sur la soie de sa peau tendue. Harry émit un hoquet de stupeur, subissant un brusque arrêt de ses fonctions cérébrales. Une voix en lui hurlait au respect de l'intimité et à son espace vital, mais il n'y avait plus rien à faire dans cette position et elle pouvait tout aussi bien aller agoniser quelque part plus loin.

Les doigts arrivèrent finalement au bout de leur parcours et pressèrent légèrement le gland, arrachant un petit cri mi plaisir/mi douleur au brun. Un nouveau spasme le parcourut, l'arrachant au matelas pour rencontrer le corps du blond.

Ce dernier se décala un peu sur le côté en passant son visage sur le sien, humant son odeur et l'embrassant au coin des lèvres.

-Drago… Gémit Harry alors que ce dernier commençait à le caresser, Non… Je…

Il ne savait pas. Oh par Merlin, il ne savait pas. Il n'avait pas foutrement une seule idée de ce qu'il voulait. Le plan. Il devait s'en tenir au plan… Raaah… Et que le plan aille se faire foutre ! C'était la première fois qu'une autre main que la sienne se posait sur lui pour le branler, et elle était grande, pas hésitante, sachant ce qu'un homme pouvait vouloir à ce niveau-là.

C'était au moins mille fois mieux que quand il le faisait, parce qu'il ne pouvait rien prévoir, parce que les allers et venues n'étaient pas dictés par son cerveau. Le monde autour de lui se cristallisa sous une seule sensation et les « ha… ha… » qu'il haletait, entrecoupés, il ne savait pourquoi, de « hum…non… ha… ouii… »… Il était devenu l'incohérence même.

Et son cerveau court-circuité entendit à peine la voix du blond qui trouvait apparemment utile de lui parler tout en le chauffant :

-J'ai bien réfléchi ces derniers mois… « Non » est un mot incompréhensible. C'est un mot passe partout qui sort de la bouche autant pour son sens premier que pour protéger les inhibitions et les pudeurs… Alors Harry ? Qu'est-ce que tu fais ? Tu te refuses, ou tu te protèges ?

A cet instant, sa main s'immobilisa pour enserrer le membre palpitant d'Harry, lui arrachant un glapissement tout autant de frustration que de délice.

Il avait envie de le supplier de continuer et à cet instant, alors que ses yeux noyés par le plaisir se baissaient sur le responsable de sa misère, il réalisa qu'il était en son pouvoir.

-Non. Fit Drago comme s'il lisait dans ses pensées. C'est toi qui décide. Mais pas de « Non » ambigu. Je veux que tu assumes pleinement ce que tu fais et ressens.

Il lâcha sa prise et revint caresser doucement la longueur de sa hampe, lui arrachant un soupir de soulagement. Mais il voulait toujours aller plus vite. Et plus fort.

-Alors… Continua Drago en lui caressant le cou de sa joue. Si tu veux que j'arrête, tu n'auras juste qu'à dire « Pomme ».

-Quoi… ?! Gémit Harry en se tortillant inconsciemment, frustré que l'activité reste trop lente à son gout.

Pourquoi est-ce qu'il perdait du temps à lui parler de pommes ?

-Tu entends. Tu dis « Pomme » et j'arrête tout.

Harry lui jeta finalement un regard ulcéré :

-OK. Mais bordel. Est-ce que j'ai l'air de vouloir que tu arrêtes quoique ce soit ?! Merde, assume ce que tu as fait et finis moi !

S'il l'entendait à nouveau prononcer ce stupide mot, il le jetait hors du lit !

Drago gloussa en réponse avant de taire ses récriminations en s'emparant à nouveau de ses lèvres et en s'attelant à lui obéir.

Pour le plus grand plaisir d'Harry, la friction reprit avec plus de vigueur, l'accompagnant dans ses mouvements inconscients. Alors le brun s'agrippa à nouveau à lui et sans pouvoir contrôler quoique ce soit, se remit à soupirer, gémir et même parfois miauler de délice. D'abord Drago se plût à avaler ses vocalises, abusant au plaisir de sa bouche, puis il s'écarta sans cesser un instant ses attouchements, admirant l'homme qui se trouvait dans son lit.

Il n'arrivait pas à croire que c'était possible. Qu'il vivait bien ça. Que ce qui n'avait été qu'un fantasme durant plusieurs mois, et même une bouée de secours lors de ses moments les plus sombres, se réalisait sous ses yeux.

Harry Potter, abandonné dans les affres du plaisir, grâce à lui. Pour lui.

Sa propre excitation laissa place à un sentiment bien plus complexe et puissant. Quelque chose qui ressemblait probablement à ce qu'était le bonheur. Son cœur battit plus vite par la panique qu'une telle chose pouvait représenter. Mais tout avait tellement changés depuis le début de l'année… Qu'il pouvait accueillir, et la joie, et l'espoir, sans craindre de se les voir aussitôt retirés.

Il n'avait plus besoin de boites et de clefs. Il n'avait plus besoin de s'empêcher de rêver.

-Tu es si beau… Lâcha-t-il, la voix coupée par l'émotion.

Les magnifiques yeux verts se dilatèrent, et le gryffondor se tendit brusquement dans l'orgasme, venant entre ses doigts presque sans bruit.

Drago se laissa tomber contre son corps comblé et ramena sa main souillée à lui, observant avec fascination le liquide.

Depuis la confortable léthargie de l'orgasme, Harry poussa un soupir :

-Si tu lèche ça, je te jette du lit et tu devras dormir ailleurs, le prévint-il en tendant le bras pour arracher des mouchoirs à la boite qui se trouvait sur toute bonne table de chevet de garçon.

Décidant de ne pas le contrarier, Drago le laissa lui essuyer les doigts.

-Ton sperme ne me dégoute pas, précisa-t-il cependant.

-Je vois ça…

Mais ça gênait Harry. Entre autre toutes les choses dont il devait se sentir gêné. Et il s'empressa de lancer un sort de nettoyage.

Mais son embarras était en grande partie contrebalancé par ce qui lui avait perdre pied : Drago ne l'avait pas trouvé ridicule ou misérablement maladroit dans cette nouvelle expérience… Il l'avait trouvé « beau » !

Pourtant il était sûr d'avoir été plutôt impudique… Bruyant… Et… ET il ne s'était pas UN INSTANT préoccupé de son plaisir à lui !

-Qu'est ce qui ne va pas ? Demanda Drago qui semblait lire ses sentiments sur son visage depuis un bon moment.

-Euh… Tu… Tu… Je… J'aurais dû te rendre la pareille, pas vrai ?

Les lèvres du blond s'allongèrent, moqueuses, alors que leur propriétaire jouait nonchalamment avec une mèche de cheveux noir :

-C'est vrai que ça manque de galanterie, tout ça…

Harry se sentit rougir de honte, mais c'était assez bien mérité. Il avait juste profité des bons soins qu'on lui avait procurés… Comme au fond il n'avait jamais pu le faire. Et même s'il avait adoré, réalisant pleinement la différence avec les fois où il devait pratiquement tout faire parce que c'était ce que Ginny attendait d'un Mâââle, ce n'était pas honnête.

Il ne savait pas cependant s'il aurait le cran de masturber Drago… Mais bizarrement, plutôt que de le dégouter, l'idée du sexe du blond lui donna l'eau à la bouche…

-Tu veux que… ?

-Non. Ça va. Je t'ai déjà assez poussé pour cette nuit et… Crois-le ou pas, j'ai obtenu bien plus…

Harry le fixa avec perplexité, se demandant ce qu'il voulait dire par là. Il avait bien senti le sexe dur du blond contre lui pourtant…

Ce dernier lui pinça le nez en le grondant de douter de lui :

-Est-ce que je m'appelle Ginny Weasley ? MOI je sais contrôler mes pulsions !

-Mais… A l'origine c'était TON cadeau… Le reprit Harry d'un ton désolé.

Mais Drago poussa une petite exclamation moqueuse et vint l'embrasser sur le front.

-Idiot. MON cadeau d'anniversaire, c'est de dormir avec toi. Alors laisse-moi en profiter.

Se lovant autour de lui, il soupira de bonheur et se détendit complétement, apparemment juste heureux de se tenir à ses côtés. Harry trouva ça adorablement mignon et très romantique venant de sa part.

Mais il commençait à comprendre que Drago était très romantique.

Un million de fois plus que Harry.

Comme il s'attela à le lui prouver sur le champ.

-Ouais… De toute façon, tu vas encore t'étaler et je vais me retrouver sur un petit coin du lit.

Un silence lui répondit d'abord, puis Drago s'agrippa à lui :

-Tais-toi…

Harry resta muet et immobile en sentant quelque chose de mouillé dans son cou. Sans avoir pût le gouter, Harry devinait que le liquide était salé.

Mais il ne fit rien pour le consoler, car il n'y avait rien à réparer. Au contraire, il ferma les yeux et sourit, comme devait le faire en ce moment même son compagnon.

La neige de Drago fondait tout autour de lui, et comme l'eau vive d'une rivière de montagne, sa magie chantait.

-o-O-o-O-o-

Brossant une dernière fois une poussière que seul lui semblait pouvoir voir, Harry jeta un nouveau regard dans le miroir, observant le jeune homme qui portait son uniforme scolaire complet avec la même hébétude que lorsque petit garçon de onze ans, il s'était vu pour la première fois en robe de sorcier. Difficile de se dire que ces deux-là étaient la même personne.

-Suis-je le seul à me trouver complètement ridicule avec ce chapeau ? Demanda Dean en ouvrant les bras, invitant ses confrères de chambre à l'observer.

Seamus gloussa en passant derrière lui, fauchant le chapeau de sorcier de la tête de son meilleur ami d'un mouvement sec.

-Eh ! Rends-moi ça !

-Le chapeau droit ne va pas à tout le monde, commenta gentiment Neville à qui le port de l'artefact donnait un air lunaire.

-Le chapeau droit ne va à PERSONNE répliqua Ron qui tenait le sien sous son bras, l'air décidé à ne l'enfiler qu'au dernier moment.

-Je trouve que ça a un certain style sur les filles, s'expliqua Neville en haussant des épaules.

-C'est la dernière fois qu'on porte l'uniforme, lâcha doucement Harry. Ce chapeau ne va pas nous tuer…

Ron sembla alors revoir sa décision et d'un geste brusque, enfonça le couvre-chef sur sa tête.

Ça lui décollait légèrement les oreilles et il laissa Seamus rire de lui de bon cœur. Rien en ce moment n'aurait pu les fâcher, si ce n'était le sentiment trouble de devoir renoncer définitivement à quelque chose. Etre élève était un privilège qui malheureusement ne durait qu'un temps.

Alors oui, évidemment, il n'y aurait plus de devoirs à rendre, de punitions parfois injustifiées, de couvre-feu et de leçons barbantes toute la journée… Mais Poudlard faisait partie de leur existence, ce vieux château était à la fois leur deuxième maison et leur terrain de jeu, le lieu où ils avaient grandis loin des parents, là où ils avaient connus les personnes les plus importantes pour eux.

Ils portaient l'uniforme avec fierté, fort de l'idée d'être étudiant ici et connaissant tout à fait leur chance lorsqu'ils voyaient les yeux des adultes les fixer avec admiration et envie.

Comme Harry comprenait désormais ce regard… Il donnerait presque tout pour pouvoir reprendre le Poudlard Express en septembre prochain.

Mais il n'en aurait plus le droit. Et à part situation exceptionnelle, ou s'il devenait professeur, il ne reviendrait plus jamais ici.

Jetant une œillade à Neville qui rangeait soigneusement sa malle pour demain, il se sentit jaloux de lui qui passerait chaque année scolaire ici, dans cette ambiance unique.

Il se sentait aussi jaloux d'Evangeline qui aurait le droit d'y aller, dans onze années… Enfin, si tout se passait bien.

-Je n'arrive pas à croire que ce soir est notre dernière nuit ici, gémit Ron qui apparemment était dans la même humeur nostalgique que son voisin. Je veux dire : ce dortoir c'est le nôtre depuis huit ans ! Je refuse de le céder à des petits premières années qui n'auront pas la moindre idée d'à quel point cet endroit est génial !

-Ouais, ils pleureront surement toute la nuit sur NOS coussins, approuva Seamus.

-C'est ce que tu as fait la première nuit Seam' ? Demanda Dean, narquois.

-Absolument pas ! Je suis un vrai gryffondor moi ! Je n'ai certainement pas chouiné en appelant ma mère !

-Tu t'en souviens plus, pas vrai ? Intervint Harry qui le voyait embarrassé.

-Ouais… Je ne m'en souviens vraiment pas…

Le brun évita de regarder Neville qui, lui, il le savait, avait passé toute sa première nuit à pleurer… Et un certain nombre d'autres aussi. Harry, lui, aurait bien été incapable de pleurer à l'époque. Il était plutôt certain qu'il avait dû se retenir pour ne pas hurler de joie.

Il caressa le montant de son lit en bois comme il l'aurait fait d'un animal de compagnie. Demain, ou à un moment durant les vacances d'été, les elfes de maisons nettoieront entièrement la pièce, lustreront le poêle, changeront les draps et couvertures, remplaceront peut être le dais de Seamus qui avait une trace de brûlé depuis qu'il leur avait mis le feu avec un lumos mal effectué (aucun d'eux ne voulaient savoir ce qu'il était alors en train de faire, dans son lit, tous rideaux tiré, à deux heures du matin…).

Toute trace d'eux disparaîtrait. Il trouvait ça plutôt triste.

-On pourrait peut-être… Commença-t-il d'un ton songeur en passant la main sur le pilier de la tête de lit.

-Oui ? L'encouragea Ron.

-On pourrait graver magiquement nos noms sur nos lits. Dans un endroit discret. Ce serait cool si les nouveaux élèves pouvaient voir ça et au bout de leurs sept ans perpétuer la tradition !

-Il faudrait mettre un sort de secret dessus, ajouta Seamus en bondissant sur son lit, apparemment ravi de l'idée. Afin que seuls les élèves vivant dans ce dortoir puissent les lire !

-OK, alors tu t'y colles, parce que c'est toi le pro des sorts de secrets ! Et celui que tu proposes est pas de la tarte.

Le blond le regarda d'un air faussement indigné, comme s'il mettait son talent à l'épreuve. Mais c'était comme si Seamus avait passé son existence à bidouiller des sorts de secrets, jouant sur les paramètres permettant leurs révélations.

En moins d'une heure, il avait enchanté les cinq piliers de lit, assurant le nez levé de fierté que le sort tiendrait au moins une centaine d'année.

Avec l'aide de Poudlard, ce serait certainement le cas…

D'un sort simple, Harry signa de son nom et observa avec satisfaction sa marque. C'était un peu idiot, mais il avait l'impression que comme ça, une part de lui resterait dans cette chambre…. Cette chambre qui avait été son refuge et son havre de paix.

-Merci… Chuchota-t-il doucement à son lit et à la pièce, espérant n'être pas entendu des autres.

Il resta un instant à communier avec cet état de pensée, songeant à tous ces moments anodins qu'il avait vécu ici et qui à ses yeux, avaient bien plus d'importance que toutes ces actions épiques que l'on retranscrivait déjà dans des livres. La vie était, après tout, faite plus de petits riens que de grandes choses.

Et par chance, demain il partirait avec la conscience qu'un autre endroit chaleureux l'attendait. Une maison qu'il avait choisi lui-même pour élever sa fille et accueillir ses amis. Et, pourquoi pas, abriter une vraie vie de famille : lui, Evangeline, et Drago.

Quand la grande cloche sonna, il fut temps pour lui et ses camarades de huitième année de se rendre à l'arrière du château, près de la zone des serres, où avait lieu la cérémonie de remise des diplômes.

Celle des septièmes années avait eu lieu le matin, et les élèves de la promotion qui les succédaient trainaient encore dans les coins, discutant dans leur tenue de cérémonie, ou même se pleurant dans les bras en se jurant de continuer à se voir. Il y avait des chapeaux pointus qui trainaient par terre, et des élèves plus jeunes qui les observaient avec admiration et émotion.

Ce fut dans la cour précédant le parc que Harry et Neville retrouvèrent Hermione qui se tortillaient les mains d'impatience. Elle leur sourit d'un air un peu crispé, les admirant dans leur tenue alors qu'ils en faisaient de même. Et d'ailleurs, quand ils furent à ses côtés, elle ne put s'empêcher de rajuster le col de Harry et de centrer le chapeau de Neville sur ses cheveux.

-Nous y voilà, lâcha-t-elle. Dire qu'il y a huit ans, on se rencontrait tous ici, perdus, excités et plein d'espoirs… Tous… Ceux qu'on a aimés sur le champ… Ceux qui nous ont fait grincer des dents dès le début… Ceux qu'on a appris à connaitre…

-On était tous minuscules. Des gamins, approuva Harry. Mais on se sentait si grands et adultes. Ça fait drôle d'y repenser. J'étais perdu dans mes vêtements.

-Moi j'avais mes deux dents de devant qui me complexaient ! Se rappela Hermione en riant.

-Et moi je n'arrêtais pas de perdre Trevor, d'oublier les mots de passes et de me perdre, ajouta Neville.

-Ron avait la vieille baguette de son frère Charlie, fit Harry.

-Moi celle de mon père…

-Pas étonnant que vos sorts étaient mal calibrés… Soupira Hermione.

-Drago avait cette horrible coupe de cheveux de fils à papa riche.

-Seamus passait son temps à faire exploser des choses.

-Ca, ça a pas trop changé !

Ils ricanèrent en se décidant à bouger pour rejoindre le groupe qui se formait au lieu du rendez-vous.

Soudain, Hermione s'arrêta en contemplant les autres et poussa un soupir triste :

-Nous sommes presque tous là. Il manque Lavande. Ainsi que ces imbéciles de Crabbe et de Goyle… Au moins, deux d'entre eux ne sont pas morts…

-Colin a dû manquer aussi durant la cérémonie des septièmes années…

Harry se secoua de force en voyant tous les professeurs réunis et la directrice qui les appelait pour qu'ils se placent sur les gradins installés.

Il y avait une estrade devant, là où l'équipe pédagogique se tenait en ligne. Même Madame Pomfresh était là, tenant Evangeline dans ses bras.

Harry sourit en voyant que Drago avait habillé leur fille de sa robe de cérémonie. L'infirmière l'aperçut et agita le bras du bébé comme pour lui faire dire « coucou ». Vu la tête d'Evy, elle ne semblait pas du tout comprendre ce qu'il lui arrivait encore.

Les serpentards étaient déjà installés ensemble, dignes et solennels, les filles en bas, les garçons en haut, sur les deux premiers gradins. Les serdaigles se placèrent à côté et les gryffondors se faufilèrent derrière les vert et argent, sur les troisièmes et quatrième gradins.

Harry vit Blaise se retourner pour dire un mot à Hermione et celle-ci y répondit en lui tapant doucement sur l'arrière de la tête. Il laissa alors son regard couler sur la nuque (parfaite) de Drago, que le chapeau pointu semblait rehausser, mais le blond ne bougea pas d'un poil, conservant une immobilité et un sérieux inébranlable.

Pendant son admiration, la directrice avait commencé son discours et il s'efforça de porter son attention sur ce qu'il se passait sur la scène. Elle commença par les féliciter d'un ton très solennel, se plongeant dans un discours formel sans doute répété, puis tout d'un coup, brusquement, comme une montagne qui s'écroule, ses yeux s'embuèrent et elle poussa un petit sanglot.

Les professeurs autour d'elle s'animèrent dans sa direction, mais elle leur fit signe de rester à leurs place avant de sortir un mouchoir à motif écossais pour s'essuyer les yeux et se moucher discrètement.

-Je suis désolé les enfants. Pardonnez-moi, je ne devrais sans doute plus vous appeler ainsi… Mais je pense parler au nom de tout le personnel de Poudlard en disant que vous n'avez pas été une promotion comme les autres. Evidemment, il y a toujours des élèves qui marquent particulièrement, à chaque année, mais vous… Nous avons vécu des choses durant ces huit années… Tellement de choses. Nous avons été particulièrement à vos côtés, nous vous avons particulièrement surveillés et protégés… Un peu éduqués pour certains, même… C'était un véritable plaisir et une fierté de vous voir grandir, vous améliorer, vous perfectionner, en espérant le meilleur pour vous, malgré la situation. Nous nous sommes battus ensemble, côte à côte, pour protéger cette école et ce qu'elle représente… Et je sais que pour notre défunt directeur, Albus Dumbledore, vous représentiez aussi beaucoup… Et qu'il aurait aimé être là pour voir les merveilleux sorciers que vous êtes devenus. Mais il ne serait pas surpris. Il n'en doutait pas une seconde. Et c'est en tant que Directrice, et ancienne directrice de la maison Gryffondor, en accord avec le professeur Rogue, directeur de la Maison Serpentard, le professeur Chourave, directrice de la Maison Poufsouffle et le professeur Flitwick, directeur de la Maison Serdaigle, que je vous dis que nous sommes, tous, très fiers de vous, et comblés d'avoir fait partie de votre vie ces huit dernières années…

Harry se mordit la lèvre pour éviter de pleurer, mais il se rendit compte qu'une grosse partie de ses camarades n'en avait pas fait l'effort.

Hermione sanglotait avec une main sur la bouche, l'autre férocement agrippée à sa robe et il se rendit compte en regardant sur le côté que des larmes coulaient silencieusement sur les joues de Ron. Deux filles de poufsouffles se tenaient l'une contre l'autre, les épaules secouées de spasmes et une autre de serdaigle avait caché son visage dans ses mains.

Seuls les serpentards restaient indéchiffrables, bien évidemment.

Harry put trouver un moment pour reprendre contenance alors que le professeur McGonagall, avec un sourire chaleureux, commençait à appeler les élèves pour leur remettre leurs diplômes. Il y en avait un pour chaque ASPIC, accompagné parfois de récompenses supplémentaires lorsqu'un élève avait participé activement à un club.

Flitwick serraient la main de chaque membre de sa chorale avec énergie, se retrouvant même enlacé par une jeune fille émotive.

Les récompenses étant distribué dans l'ordre décroissant des résultats généraux, Harry se prit à être surpris quand plus de la moitié des élèves passa sans qu'il ne soit appelé. Bien évidemment, il avait visé de bons résultats, autant que possible, mais il ne pensait pas faire partie des dix premiers.

Ron fut appelé en tant que 11eme, juste après Dean qui était 12eme. Son ami reçu ses diplômes avec appréhensions, avant de sembler se dégonfler de soulagement comme un ballon en découvrant qu'il avait tous les efforts exceptionnels qu'il voulait.

Blaise hérita de la place de 9eme, et semblait aussi surpris que Harry par son classement.

-Harry Black Potter! Appela alors Minerva McGonagall.

-8eme, c'est bien! Le félicita Hermione en lui serrant le bras au passage.

Harry rougit légèrement et garda malheureusement cette teinte en montant sur l'estrade. Il fallait dire qu'il avait encore les yeux humides du discours de la vieille femme. D'ailleurs cette dernière ne fit rien pour arranger les choses, le fixant avec émotion avant de venir le prendre dans ses bras avec affection.

-Oh Harry… Tes parents sont certainement très fiers de toi en ce moment…

-Professeur… Couina légèrement Harry qui se sentait au-delà de ses limites de résistances.

C'était comme s'ils avaient décrétés qu'il DEVAIT pleurer.

Rendant l'étreinte à la sorcière, il enfouit son visage dans ses cheveux et son chapeau pour cacher ses pleurs.

Elle était devenue plus petite que lui. C'était bizarre, il ne l'avait jamais remarqué avant…

-Merci… Lui dit-il. Merci d'avoir été là pour moi.

-Oh… Mon petit. C'était un privilège. J'aurais aimé faire bien plus pour toi, c'est un fait.

-Ça n'a plus d'importance maintenant.

Il se détacha d'elle doucement, ne pouvant plus cacher les sillons qui ornaient désormais ses joues.

En bout de file des professeurs, Hagrid sanglotait bruyamment. Madame Pomfresh avaient les lèvres toutes serrées comme si elle aussi allait se mettre à fondre en pleurs, et Merlin seul savait pourquoi, Trelawney se tenait à elle en se mouchant dans un châle (peut-être triste de perdre son sujet de prédiction mortelle favori ?). Rogue le regardait sans expression, mais quand leurs regards se croisèrent, il hocha légèrement de la tête. Slughorn, Chourave, Bibine et Flitwick le regardait quant à eux, émus.

Et Puckett avait l'air de s'ennuyer mortellement. Mais ce n'était pas très étonnant.

Harry réalisa qu'ils avaient tous été comme une deuxième famille pour lui et qu'il avait plus appris d'eux, pour devenir un adulte, que des Dursleys. Il se promit intérieurement de prétexter des visites à Neville pour passer les voir, ou même de les inviter à diner – oui, ce serait une excellente idée. Il ne pouvait tout simplement pas les faire disparaitre de sa vie.

Se reprenant, il accepta les quatre diplômes, des dossiers rigides ouvragés qu'il fallait ouvrir pour découvrir le sésame contenu à l'intérieur.

Optimal en Défense Contre les Forces du Mal.

Optimal en Sortilèges.

Efforts Exceptionnels en Métamorphose.

Efforts Exceptionnels en Potion.

Harry émit un petit soupir de joie en refermant le dernier dossier. D'autant plus que ce n'était pas terminé puisque la directrice lui décerna aussi le trophée de meilleur attrapeur de la saison 1991-1999 et celui de capitaine d'équipe.

Les exemplaires pour Poudlard, des écussons à son nom, iraient rejoindre ceux de son père dans la Salle des Trophées.

Il avait l'impression de toucher à peine le sol lorsqu'il descendit de l'estrade pour retrouver sa place. Sur son petit nuage il n'entendit presque pas ses camarades qui le félicitaient et le chambraient gentiment sur ses larmes.

Des gryffondors, il ne restait plus qu'Hermione. Justin Finch Fletchley eut la septième place, mais cela n'étonna personne vu qu'il avait toujours été une tête. Avec lui, tous les poufsouffles étaient passés et les serdaigles étaient en train de s'accaparer les places restantes.

Harry fut néanmoins un peu choqué lorsqu'à la troisième place, ce fut Drago qui fut appelé.

Hermione se figea de même, surprise, semblant se demander qui n'était pas passé à part lui et elle.

La seule réaction du blond fut une certaine raideur dans la nuque, mais il se leva gracieusement de sa place et récupéra ses six diplômes sans montrer son désappointement. Il remercia de même la directrice lorsqu'il reçut ses récompenses de Capitaine d'équipe et de Préfet, avant de s'incliner devant son directeur de maison et de rejoindre sa place, l'œil à présent acéré, désireux de voir QUI lui avait fauché la deuxième place.

Pourtant, ils en furent tous pour leurs frais, puisque c'est Hermione qui fut appelée.

Celle-ci rougit fortement et eut beaucoup plus de mal à cacher sa défaite personnelle et sa tristesse à ne pas pouvoir lire le discours qu'elle avait passé trois nuits à préparer.

-Pauvre Hermione… Chuchota Neville à Harry qui compatissait.

-Pauvre moi… Ajouta le brun quand même en songeant qu'il allait devoir consoler ET son époux ET sa meilleure amie.

Neville ricana dans sa main.

La jeune femme sur l'estrade se retrouva elle aussi dans les bras de la directrice, celle-ci caressant ses cheveux avec affection tout en lui murmurant des paroles de réconforts. Minerva McGonagall n'avait jamais caché qu'elle considérait Hermione comme son élève préférée, et celle-ci avait eu une figure de deuxième mère pour elle.

Le nombre de diplôme qu'elle récupéra fut aberrant puisqu'elle avait passé chacun des ASPICS existants. Elle hérita aussi de quelques récompenses, dont une de « meilleur Essai au concours de Recherche en Métamorphose » dont Harry n'avait jamais entendu parler.

Le silence se fit lorsque Hermione descendit, l'expression plus détendue et moins mortifiée qu'à sa montée.

-Et le meilleur élève de la promotion, qui a obtenu tous les ASPICs existant à Poudlard avec la note maximale… J'appelle Mr Théodore Nott.

Il y eut un grand silence, puis un véritable cri d'étonnement dans les gradins.

Les regards se fixèrent sur la forme fine, si discrète que comme d'habitude on en avait oublié son existence, qui se glissa hors des gradins pour s'avancer sans allure pompeuse, mais sans nonchalance non plus, vers la vieille femme qui le considérait elle aussi avec une certaine perplexité.

Harry nota néanmoins que Rogue le regardait avec un très léger rictus d'amusement, laissant à penser que la nouvelle ne l'étonnait pas vraiment.

Théodore Nott, l'Autre grand Sang Pur de Serpentard. L'Autre Mangemort.

Harry savait, à cause de son statut de Sauveur et ayant lu les rapports des interrogatoires sous veritaserum, qu'il n'avait pas été envoyé à Azkaban parce qu'il n'avait assisté à aucun des raids ou des batailles. A chacune d'entre elle, il se trouvait à l'infirmerie. A part une : la Bataille Finale de Poudlard, qu'il n'avait pu éviter.

Mais il s'était planqué dans un buisson dès qu'il l'avait pu. C'était d'ailleurs là que l'avait débusqué les Aurors après la Victoire.

Ces derniers s'étaient moqués de lui en le traitant de couard. Harry avait trouvé au contraire son comportement très intelligent.

Lui aussi, s'il avait été obligé d'attaquer Poudlard, forcé par son père, il se serait planqué dans un buisson.

A le regarder maintenant, Harry se demanda s'il allait à nouveau entendre le son de sa voix. Il avait été surpris de le voir parler lorsqu'il s'était rendu chez lui, pendant les vacances.

Est-ce qu'il avait seulement préparé un discours comme Drago ou Hermione ?

-Je n'ai pas grand-chose à dire, lâcha le jeune homme châtain comme pour répondre aux réflexions d'Harry.

Son regard brun semblait fixer le vide plutôt que ses camarades, d'ailleurs peut être n'avait-il pas vraiment envie de les voir. Nott ne semblait pas avoir d'amis.

-Nous avons fait de notre mieux, avec ce que nous avions. Nos héritages, qui pour certains d'entre nous se sont révélés être de véritables malédictions. Notre éducation, si différente pour chacun d'entre nous. Nos capacités, inégales, elles aussi, faisant de toute idée de classement une ineptie. C'est malheureusement sur cette base que nous pourrons prétendre à telle ou telle fonction dans notre société… Et sur la blancheur de nos bras… Si j'avais un souhait à émettre, ce serait celui de vous voir tous mettre vos talents à rendre notre monde plus juste et plus fonctionnel. Merci pour votre attention.

Il s'inclina légèrement, puis au signe de la directrice, il se redressa :

-Moi, Théodore Nott, en ce 28 juin 1999, dissous la promotion de 1991.

Une envolée de chapeaux pointus vint saluer sa déclaration.

-o-O-o-O-o-

La nuit s'étendait autour de lui comme un voile, ne laissant voir aucune limite, si ce n'était le ciel piqueté d'étoiles. Pas de lune. Jamais. Cela aurait dû lui donner une impression d'immensité, mais en réalité il étouffait, comme s'il se trouvait coincé à l'intérieur d'une marmite.

Le seul volume était un arbre, plus épais que haut, baigné dans un brouillard presque surnaturel.

L'homme s'avança jusqu'à lui, le visage crispé par une colère qu'il tentait de retenir :

-Vous avez échoués ! Tonna-t-il néanmoins. VOUS, le célèbre marteau blanc ! Pourquoi ne faites-vous rien pour réparer cela !

Sa voix sembla se dissiper au loin sans rencontrer d'obstacle, se perdant dans l'infini. Et alors qu'il guettait une réponse, il se rendit compte qu'il haletait fortement.

Soudain, le tronc de l'arbre se déforma, et à l'intérieur des formes de son écorce, un visage apparut.

-Un des nôtres est mort en tentant d'exécuter votre contrat, fit une voix plate sans sexe. Toutes nos tentatives ont échouées parce que le lien qui unit Drago Black Malefoy et Harry Black Potter est très puissant. Nous ne pouvons lutter contre Dame Magie elle-même. Et Dame Magie aime ces deux enfants. Et Chance, elle-même, est du côté de Mr Black Potter, tout comme Mort.

L'homme trembla de colère face à une réponse qu'il n'avait pas du tout prévue.

-Alors vous renoncez ?

Le visage dans l'arbre resta stoïque, la fureur de l'homme semblant éclater sur lui sans l'atteindre, puis, d'une voix sans appel :

-Donnez à l'Ankou une cible qu'il peut atteindre.

FIN DE LA PREMIERE PARTIE

YEAAAH ! Et OUIIINNN Poudlard va me manquer ! Mais bon, voilà, une page se tourne pour nos héros… Que réserve la partie 2 ? Les débuts dans la vie active pour certains, des mariages, des naissances, des nouveaux couples… Et… Des choses moins cools. Certains personnages peu présents vont débarquer au premier plan, même si, bien évidemment, Harry, Drago, Hermione, Ron et Blaise restent mes personnages principaux. Normalement, cette partie devrait être moins longue que la première.

Donc, prochain chapitre : Le problème avec les anniversaires…, où Harry prend de l'âge, mais pas de la jugeote !