Mot de l'auteur : Alors ? Je vous retrouve pour cette deuxième partie ? Vous n'en avez pas déjà marre ? Non ? Tant mieux ! L'objectif de cette partie ? On fait des paris pour savoir si Drago arrivera à tirer Harry jusqu'à son lit ? Moi je dis… spoiler .
Tiens. On dirait que mon texte s'autocensure ! Allez, je vous laisse avec ce petit chapitre de réintroduction ! Bisoux mes adorables lecteurs !

DEUXIEME PARTIE

Chapitre 1 : Le problème avec les anniversaires…

Le mois de juillet avait des allures d'avril en retard.

De grosses gouttes de pluies tombaient le long de la vitre du bus à laquelle Harry James Black Potter était appuyé, pensif, regardant à peine le ballet des voitures et des parapluies dehors. Rendu au Chaudron Baveur ce matin avec Patmol II, son jeune chien berger australien, il avait rejoint la partie moldue de Londres, désireux de se mêler un peu au monde, mais la météo avait finalement changé ses plans.

Ce n'était pas qu'il n'aimait pas sa maison, car en réalité il adorait Lost Wood, mais il savait aussi que s'il ne se forçait pas un peu, il se transformerait petit à petit en ermite se contentant tout à fait de vivre rien qu'avec sa fille, son chien, Mrs Wallace, son fils Falcon, Happy l'infatigable elfe de maison et… Oui, son mari.

Si ces premiers lui offraient une compagnie agréable, ce dernier se révélait être son défi quotidien personnel. Mais cela avait toujours été ainsi avec Drago.

Il fallait tâter la température quand il finissait par apparaître le matin, les bons jours et les mauvais ayant tendance à s'équilibrer. Mais il fallait relativiser : après tout, cela ne faisait que trois semaines qu'ils apprenaient à vivre ensemble, à se faire l'un et l'autre à leur présence et à leur sensibilité personnelle.

A cette pensée, Harry massa son poignet gauche, là où se trouvait la trace de leurs serments conjugaux, certaines parties de la marque ébréchées, parfois par sa faute, parfois par celle de Drago. Il n'était pas toujours facile de comprendre ce qui provoquait parfois ces brûlures, quand ils avaient le courage d'en discuter évidemment.

Une grande maison signifiait aussi énormément de pièces pour s'éviter, fatalement. Et puis, Drago passait bien plus de temps dehors, profitant apparemment des nombreuses fêtes d'été. Harry avait de même assisté à deux ou trois soirées organisées par ses amis, mais il avait surtout joui de ne rien faire de ses courtes vacances puisque la journée d'intégration du Ministère se déroulait le 1er Aout, le lendemain de son anniversaire, soit dans une semaine.

Cela lui rappelait d'ailleurs l'insistance de ses amis à ce qu'il fête l'anniversaire de ses 19 ans. Il n'avait pas envie de faire quelque chose de grand, surtout qu'il ne le fêterait pas chez les Weasley comme il s'y était habitué.

Ce n'était pas faute de le vouloir, ou de la bonne volonté de Arthur et Molly Weasley, ces deux derniers étant toujours en aussi bon termes avec lui. Mais depuis qu'il avait épousé Drago et avait lié sa famille à celle des Malefoy, la maison des Weasley lui était devenue quelque peu… Hostile. La dernière fois qu'il s'y était rendu pour rendre un livre à Arthur, il s'était fait attaquer par une chaise et une bouilloire… Sans compter que la porte du bureau de l'homme avait refusé de s'ouvrir pour le laisser entrer.

Bref, la magie de Famille des Weasley avait fait de lui un « persona non grata » malgré tout ce que ses membres pouvaient bien en dire. Harry était désormais assimilé à un Malefoy – à savoir un ennemi de la Famille.

Preuve s'il en était qu'il fallait bien réfléchir avant de se marier quand on était un sorcier.

Bref, tout cela allait certainement se terminer en comité restreint… Mais là encore il se retrouvait avec le dilemme des invitations.

Fouillant dans sa poche, il sortit sa montre et vérifia l'heure. Malgré la circulation il était dans les temps. Patmol II tira un peu sur sa laisse en le voyant à nouveau actif et remua la queue joyeusement quand Harry lui frotta le cou de sa main libre. Refermant le clapet, il replongea dans ses pensées.

Autrefois il ne se serait pas posé de question : son anniversaire se serait déroulé auprès des Weasley, avec, peut être, certains membres de l'Ordre du Phénix. Molly aurait fait un gigantesque gâteau et le dîner se serait déroulé dans la cacophonie habituelle de cette famille nombreuse.

Mais sa vie avait radicalement changé cette année, et avec elle, ses connaissances. Son cercle intime, particulièrement, avait été plutôt tragiquement modifié avec un ratio assez important de serpentards.

Oh, il ne s'en plaignait pas vraiment, les serpentards avaient des côtés charmants assez insoupçonnés… Disons qu'ils pouvaient se montrer très désarmants à l'occasion, qu'il s'agisse de son mari, de sa belle-mère, de Andromeda ou même de son ex professeur de DCFM… Mais comme tout cela restait très nouveau, il ne voyait pas comment conjuguer tous ces changements et ce beau petit monde avec sa vie de tous les jours.

Exemple : des choses comme son anniversaire.

Tout cela allez se finir en « SOS Hermione », il le sentait !

Tout à ces problèmes, il faillit manquer son arrêt et se précipita vers les portes du bus avant qu'elles ne se referment. Relevant le col de son manteau, il raccourcit un peu la laisse du chien pour l'empêcher de partir dans tous les sens, et courut entre les gouttes de pluie vers l'ancienne et noble gare qui était presque une vieille amie en soit.

La gare de King's Cross semblait être un élément intemporel de leur monde, elle ne bougeait pas, immuable elle résistait à tous les caprices des hommes, et dans plus d'un mois, elle accueillerait une flopée de petits sorciers, le chariot encombré d'une malle et peut être d'une cage à oiseau contenant une chouette… L'un de ces enfants, un garçon, serait alors réparti à Gryffondor et s'installerait dans ce qui avait été son lit, et alors, sans doute, finirait-il par apercevoir la gravure qu'il y avait laissée et s'en sentirait, il l'espérait, un peu fier. Tout comme ceux qui découvriraient de même le nom de Ron Weasley, de Neville Londubat, de Seamus Finnigan et de Dean Thomas.

Sortant un papier de sa poche, il chercha le quai 2 ½ et de façon nonchalante, s'approcha de la barrière qui y menait, pour la traverser par magie quand personne ne regardait.

Aussitôt il se trouva sur un autre quai, près d'un train qui était presque aussi célèbre que celui menant à Poudlard, puisqu'il s'agissait de l'Orient Express. Si l'antique locomotive ne roulait plus pour les moldus, elle avait continué son service chez les sorciers, avec quelques petites modifications lui permettant de rouler sous la mer, ce qui était apparemment la plus belle partie du voyage si l'on en croyait les brochures.

Harry n'était cependant pas là pour partir en voyage, pas lui, et il repéra vite le groupe qui s'était amassé le long d'un wagon.

Déminiaturisant un paquet cadeau, il s'approcha avec un large sourire qui fut presque aussitôt captée par la star du jour.

-Oh Harry ! Je n'attendais plus que toi ! S'exclama Luna en se précipitant vers lui comme pour lui faire un câlin, mais s'arrêtant net à sa proximité en le regardant avec plaisir avant de caresser le dessus de la tête du chien brun et blanc qui bondissait de droite à gauche d'un air excité.

Il se sentit soudain prit d'un élan d'affection pour celle qui avait toujours été là quand tous les autres étaient occupés ailleurs ou n'avaient pas de réponse à lui donner. Toujours simple, sincère et respectueuse. Elle ne s'imposait pas, elle se proposait subtilement.

-Je n'arrive pas à croire que tu partes, lâcha-t-il d'un ton résigné. Tu vas nous manquer.

-Bien sûr qu'elle part ! S'exclama Hermione qui se tenait près de Neville, Ron, Seamus, Ginny et Dean. C'est après tout pour ça qu'on s'est tous cotisé pour lui offrir son billet de train ! Et puis elle nous enverra des cartes postales, pas vrai Luna ?

-Si j'en trouve des amusantes, approuva Luna. Les cartes postales sont des choses si sérieuses et il y a si peu de place pour écrire, et encore moins pour y joindre un animal. Si j'arrive à attraper des joncheruines Harry, je t'en enverrais un bocal !

-Euh… Si tu veux. Tiens, je t'ai apporté un cadeau, cela devrait t'être utile pour tes recherches. C'est un « Carnet de poche », il est enchanté de façon à tenir dans tout et n'importe quoi, même une boite d'allumette. Alors comme ça tu auras toujours de quoi écrire avec toi !

Ce qu'il garda sous silence, c'est qu'il avait glissé une enveloppe remplie de billets dedans. Il savait qu'elle en aurait besoin. Faire le tour du monde était son rêve et ses amis avaient décidés de le lui financer – mais afin de ne pas blesser les orgueils de chacun, ils avaient tous mis la même somme, ce qui était bien loin de tout ce qu'Harry aurait voulu lui offrir.

Comme si elle lisait ses pensées, la jeune fille prit le paquet d'un air ravi et Harry l'attira un instant vers lui pour lui embrasser la tempe.

-J'irais bien, lui assura t'elle doucement avant de se retourner vers les autres quand les contrôleurs se manifestèrent à coups de sifflets pour faire monter les derniers passagers.

-C'est si gentil à vous tous d'être venu pour mon départ. Bon… J'imagine que c'est le moment de faire mes recommandations. Ron, Ginny, s'il vous plait, passez voir mon père de temps en temps, il jure qu'il s'en sortira très bien tout seul mais je sais que c'est faux. Et continuez à être vous, c'est très bien d'être vous. Dean, relaxe toi un peu, on est jeune, il faut nous amuser ! Neville, Seamus faites ce que vous avez envie de faire et n'écoutez pas les autres, vous êtes les seuls à savoir ce qui est le mieux pour vous. Hermione, garde confiance en toi mais n'oublie pas d'ouvrir ton esprit et de laisser parler ton cœur. Harry…. Sois heureux. Toujours. Tu le mérites et ne laisse personne te laisser croire le contraire, même toi-même.

Elle hocha la tête comme pour appuyer ses propos avant de grimper les marches du train, suivie de Neville et Dean qui s'emparèrent de ses valises pour l'aider. Elle se retourna cependant dans l'ouverture, l'air indécise devant tous les regards émus et touchés qui la fixaient, puis esquissa un tout petit sourire timide :

-Vous allez me manquer aussi.

Ce fut la dernière image qu'ils emportèrent d'elle avant qu'elle ne s'engouffre dans le wagon. Quelques minutes plus tard, les deux garçons descendirent et le groupe regarda le train quitter la gare, éloignant d'eux le premier membre de leur confrérie.

Tout d'un coup Harry réalisa ce qu'avait dû ressentir Drago quand il avait vu partir le paquebot emportant sa meilleure amie, Pansy Parkinson, vers le continent. Une joie mêlée d'inquiétude et une perte. C'était comme si, quelque part, ils étaient tous en train de dire au revoir à une longue période de leur vie.

Oo0oO

Harry fila vers l'armoire pour ranger le paquet de linge qu'il avait dans les bras, fuyant aussi au passage sa tortionnaire depuis plusieurs minutes.

-Si cela vous tracasse tant, vous n'avez qu'à lui en parler ! Surtout que de toute façon il sera vexé si vous ne le faites pas ! Le rattrapa Mrs Georgia Wallace, les bras encombrés d'Evangeline alors que Falcon, son fils, gambadait à quatre pattes derrière elle comme un petit chien.

La gouvernante de Lost Wood était un petit brin de femme aux longs cheveux couleur miel qu'elle retenait généralement en une large tresse dans son dos. Dépourvue de tout pouvoir magique, en bonne moldue qu'elle était, elle dégageait pourtant une force d'esprit et de caractère assez peu commune. Son fils, Falcon, était un adorable bambin aux cheveux blonds et aux yeux dorés – il n'y avait pas d'autres façons de les décrire- qui allait sur ses 1 an. Il n'avait pas beaucoup de différence avec Teddy et Evangeline, étant né entre eux.

Harry posa deux jeux de draps blancs avant de se diriger vers sa nouvelle destination.

-Mais non ! Je ne suis même pas sûr qu'il sache QUAND est mon anniversaire ! Répliqua-t-il alors.

-Le 31 juillet ! Même moi qui suis une moldue je le sais !

Harry se retourna un instant, l'air troublé :

-Oui, et c'est bizarre !

-Non, ils mettent toujours une annonce pour vous le fêter dans la Gazette du Sorcier !

*Evidemment* Songea Harry en se retrouvant devant la porte de la Suite parentale.

Mrs Wallace fit alors un nouvel essai, calant Evangeline contre son épaule et posant une main fine sur le bras d'Harry pour le faire se retourner :

-S'il vous plait Mr Harry, pensez-y.

Celui-ci fit la moue.

-A se demander dans quel camp vous êtes…

La gouvernante de Lost Wood n'était pas particulièrement en bon terme avec le deuxième maitre des lieux qui, la plupart du temps, l'ignorait comme si elle n'était qu'un elfe de maison. Harry n'avait pas encore réussit à comprendre pourquoi, parce qu'en interrogeant Lucky, l'elfe particulier de Drago, celui-ci l'assurait de la courtoisie de son Maître et de leur bonne entente.

-Mais je suis de votre côté bien sûr ! J'ai compris que ce qui blessait votre époux vous blessait aussi !

Et comme elle le regardait avec un véritable souci, Harry rendit les armes.

-Très bien, j'en parlerai à Drago… Vous savez, ajouta t'il en montrant son poignet, là où se trouvaient ses serments de mariage, c'est juste des petites brûlures, je ne vais pas en mourir !

Il se retourna ensuite vers la porte pour y frapper et s'annoncer :

-Drago ? C'est moi, j'entre !

Poussant la porte, il ne fut pas le moins du monde surpris de trouver l'antichambre vide, le blond devant se trouver dans son bureau, et pénétra dans la chambre à droite pour y déposer la literie propre. Aussitôt Lucky apparut dans un « pop » et se précipita sur lui d'un air affolé en tentant de lui arracher le tas des mains.

-Que fait le Maître avec le linge ? Lucky peut s'en occuper ! Lucky DOIT s'en occuper !

-C'est bon, je m'en occupe, je fais juste la distribution. Ça m'amuse.

Lucky cessa ainsi d'agiter ses petits bras vers lui mais le regarda ensuite avec un air vraiment sérieux :

-Je suis sûr que c'est ce que vous dites pour amadouer Happy ! Vous êtes un roué Maître Harry !

Le brun ricana de se faire disputer ainsi mais fut stoppé par l'arrivée de Drago dans la pièce. Ce dernier, juste vêtu d'une chemise blanche et d'un pantalon noir montant jusqu'à la taille, ceignant ses très belles jambes, fronça des sourcils de le voir là.

-Que fais-tu donc ?

-Je me fais gronder par Lucky… Et je finissais de ranger le linge.

-Oh par Merlin Maître Harry ! Je ne voulais pas vous donner l'impression de vous… Commença l'elfe de maison en tiraillant ses longues oreilles avant d'être arrêté par un geste de la main du blond.

-Tu rangeais le linge ? (puis devant Harry qui fermait les portes de l'armoire) Bon, d'accord, je ne suis plus à une excentricité près de ta part…

-Et toi ? Tu faisais quoi ? Demanda avec curiosité le brun en l'accompagnant hors de la chambre.

Comme son époux ne faisait aucun geste pour le repousser, il le suivit jusque dans son bureau, là où s'étalait un nombre impressionnant de parchemins dépliés. Drago s'assit devant, l'air apparemment peu intimidé par la charge de travail que cela représentait. Harry lui donna des points mentalement. Il gérait désormais son propre sablier mental de points, juste entre eux deux. Cela avait amusé le blond quand il l'avait découvert, le traitant de drogué à Poudlard, juste avant de lui demander l'air de rien qui gagnait.

-Eh bien comme tu peux le voir, je fais ce que tu m'as demandé de faire… Gérer notre patrimoine commun… Mais j'en suis encore à prendre connaissance de tous les biens Black…

-Hum, n'hésites pas à me dire si tu veux de l'aide sur le terrain. Ça ne me dérangerais pas du tout de faire quelques descentes dans certains commerces pour m'assurer de leur légalité, lui proposa t'il en soulevant l'un des documents.

-Non, clairement non. Il vaut mieux que ce soit moi qui m'en charge. La plupart du temps ces gens connaissent ma famille, ils se relâcheront devant moi et seront moins aptes à me cacher des choses.

-Même si tu es marié à Harry ancien Potter ?

-SURTOUT si je suis marié à Harry ancien Potter ! Si je dis que je cherche à me débarrasser de mon époux, ils me sortiront peut être une fiole de poison sortie de derrière les fagots !

-Ha ha, très marrant. Je m'esclaffe.

-Mais sinon, tu es VRAIMENT certain de vouloir retirer tous les commerces de magie noire ? Parce que, je veux dire, Dark's tone est sacrément rentable…

-Drago…

Le blond fit la moue avant de grommeler au sujet de petits lions puritains et stupides.

-Si on retire nos parts d'investissements, j'espère que tu es conscient que plus de la moitié de ces boutiques vont s'effondrer, que leurs propriétaires et peut-être leurs employés se retrouveront à la rue et que le nom Black va se faire de nouveaux ennemis ! Comme si on en avait besoin…

Harry répondit avec une grimace gêné. Il n'avait effectivement pas pensé que cela impacterait autant les commerces en question, ainsi que les gens qui en vivait… Et qui avaient peut-être des familles à nourrir !

Mais d'un autre côté… Ça restait des boutiques qui vendaient souvent des produits illégaux et acquis de façon toute aussi illégales.

-Laisse-moi deviner, tu n'y avais pas réfléchi plus de deux secondes avant de décider ça ? Commenta Drago devant son air défait.

La main d'Harry s'empressa de venir décoiffer ses cheveux, comme chaque fois qu'il était nerveux ou embêté.

-OK, je plaide coupable.

-D'un coup je comprends mieux pourquoi tu as insisté pour que j'ai les mains sur nos voûtes… Tu sais Harry, en spéculation financière on peut se la jouer fair play ou pas. Personnellement, je ne suis pas le genre de personne qui s'étouffe avec les remords, mais je te connais assez pour dire que tu possèdes une certaine forme d'empathie, et que si je fais les choses à ma manière, c'est à dire sans me préoccuper des autres, ça risque un jour d'arriver jusqu'à tes oreilles et alors JE serais celui qui aurai des problèmes. C'est pour ça que j'aimerai que nous soyons dès ce moment clair de ce que nous voulons faire avec cet argent. Privilégier le côté « légal » ou bien l'humain.

-Tu ne vas pas me dire qu'on ne peut pas faire les deux en même temps ? Il y a forcément une solution ! Écoute, je te fais confiance, je suis sûr que tu vas trouver !

Drago renifla dédaigneusement avant de lui jeter un coup d'œil suspicieux :

- « Confiance », hein ?

Le brun tenta de se sauver avec un sourire innocent qui ne fit pas vraiment grand effet : effectivement deux mains l'attrapèrent brusquement par les fesses pour le tirer en avant, entre les cuisses du serpentard.

-4 mois que nous sommes mariés et tu commences déjà à utiliser ma faiblesse aux compliments pour essayer d'obtenir ce que tu veux, continua Drago d'un ton plus traînant que d'habitude. Tu te montres plus redoutable que prévu.

Harry rougit et la désormais habituelle sensation des papillons s'agitant en lui se réveilla puisqu'il se faisait ni plus ou moins peloter le derrière et que le visage de Drago était trop près de son ventre et surtout de son bas ventre.

Semblant sentir son trouble, son époux vint poser son front contre lui, cachant à peine le sourire narquois qui venait de naître sur ses lèvres.

-Tu ne te trouves pas ridicule à résister comme cela, sans raison ? Demanda t'il et Harry sentit malgré son t-shirt le souffle chaud chatouiller les environs de son nombril tandis qu'il se crispait au-delà du possible pour ne pas réagir.

D'un point de vue extérieur, oui, le brun imaginait qu'il pouvait paraître ridicule. Il était marié à cet homme qu'il trouvait objectivement très séduisant et avait, si ce n'était pas des sentiments amoureux tels qu'il se les imaginait, des sentiments forts à tendance tordue. Il n'y avait donc rien de mal à ce qu'il y ait du sexe entre eux. Et il en rêvait, en fantasmait même secrètement, et Drago, lui, était fermement décidé à ce qu'il y en ait. Et à le faire demeurer dans son lit, s'il en jugeait l'obsession qu'avait le sorcier à lui reprocher de faire chambre séparé.

« Rien », si ce n'était justement ladite « Confiance » dont manquait justement Harry, pour lui, mais aussi pour son compagnon.

Ce sera une « première fois » pour Harry qui n'avait jamais eu de relation sexuelle avec un homme, contrairement à son compagnon qui avait de l'expérience. Et il vivait mal de l'avoir comme initiateur, d'exposer une part de faiblesse comme une plaie ouverte laissée à l'air libre. Il avait terriblement peur de son jugement, sachant qu'une mauvaise réaction de la part de Drago pouvait en grande partie enterrer leur bonne relation actuelle. Et cela ne concernait pas que le sexe, mais aussi tout ce que Harry considérait comme ses nombreuses « faiblesses », tel que son passé chez les Dursley. Il n'arrivait pas à s'ouvrir à Drago.

Il savait cependant qu'en faisant cela il empêchait le serpentard de pouvoir le comprendre et de connaître le VRAI Harry. Mais justement, n'y avait-il pas un risque de penser avoir été trompé sur la marchandise ?

De son propre avis, le VRAI Harry était plutôt pitoyable, et seuls Ron et Hermione l'avaient en partie connu, et bien malgré lui. Il y avait eu juste des fois où il n'avait pas pu tenir bon et avait craqué devant eux.

Harry ne voulait pas que Drago le méprise. La haine était même préférable à ça.

De plus, les objectifs du blond lui restaient inconnus. Il craignait qu'avec son corps soit entrainé son cœur : et que ferait-il alors s'il tombait amoureux ? Et que Drago, lui, se lasse, ayant obtenu ce qu'il voulait, quoique ce fut ?

Ils étaient mariés… Mais avoir deux tatouages identiques au poignet ne vous transformait pas tout d'un coup en couple uni. Ils étaient encore tellement loin l'un de l'autre...

Bref, dans ce cercle vicieux, il ne savait pas quoi faire, et avait de toute façon d'autres chats à fouetter. Il devait juste gérer Drago quand il entamait ses « attaques à la tentation » comme en ce moment.

Harry lui sourit à nouveau et attrapa ses avant-bras pour les écarter de son postérieur et se libérer.

Le blond aurait pu résister, mais il ne le faisait jamais. Harry le soupçonnait d'avoir son propre plan impliquant de ne pas le pousser plus que de raison et de l'avoir à l'usure.

Courageux petit dragon.

Se penchant, il passa une main dans sa nuque en une caresse d'excuse avant de l'embrasser doucement, se permettant ce petit plaisir.

Il s'écarta cependant avant que Drago ne s'emballe et essaye de le jeter sur son bureau actuellement bien occupé par des rouleaux et des papiers.

Ce n'était pas de la prudence inutile et injustifiée puisqu'il s'était déjà retrouvé un matin il ne savait comment sur la partie non occupé de la table du petit déjeuner, les mains du serpentard déjà à moitié sous son pantalon. Et tout était parti d'un simple baiser de bonjour !

-Je te laisse travailler.

-Cruelle créature ! Lui renvoya Drago alors qu'il filait à toute vitesse hors du bureau.

Bon, tout cela ne l'avait pas avancé pour son anniversaire…

Oo0oO

-Pourquoi te mettre martel en tête pour une chose pareille ? S'étonna Hermione en relevant le nez d'un énorme bouquin qui devait faire au moins deux fois l'épaisseur de l'Histoire de Poudlard.

Comme tous les jeudi, il était venu prendre le thé à Grimmauld Place où vivaient toujours Hermione et Pattenrond.

Le gros chat roux était d'ailleurs actuellement vautré les quatre pattes en l'air à côté de sa maîtresse et fixait Harry d'un regard sévère.

-Tu sais, on peut faire ça de façon informelle, toi, moi, Drago, un gâteau et des bougies !

-Ça ne risque pas de vexer ceux que je n'ai pas invités ? Je ne veux pas qu'Evangeline se retrouve maudite par une malédiction l'obligeant à se piquer le doigt et à dormir pendant cent ans avant d'être réveillé par le baiser d'un prince charmant !

-Hum… Tu sais que dans la version originelle de l'histoire, en réalité le prince abuse de la Belle au Bois Dormant dans son sommeil et qu'elle se réveille neuf mois plus tard parce qu'elle est enceinte et doit accoucher ? Répliqua distraitement Hermione alors que ses yeux couraient sur la page de son livre.

-Ah mais c'est glauque !

- « Le Soleil, la Lune et Thalie » : le nom du conte. Mais de quoi as-tu peur ? Que tes beaux-parents se vexent de ne pas avoir été invités ?

-Tu as VU mes beaux-parents ? Je me fiche de Lucius, mais je suis sûr qu'une Narcissa vexée doit être quelque chose de positivement effrayant…

La jeune femme leva les yeux au ciel.

-Après, je ne sais pas comment ils font ça chez eux, continua Harry. L'anniversaire de Drago tombe en période scolaire après tout…

-Il n'est pas question de ce que les Malefoy font. Ce n'est pas parce que tu es marié à l'un d'eux que tu te dois forcement d'adopter leurs coutumes. Ni même celles des Black ou des Weasley. Tu peux inventer ta propre tradition. Par exemple, avant d'entrer à Poudlard, mes parents m'emmenaient toujours quelque part pour fêter mon anniversaire. Musées, parc, châteaux… Je crois bien que je n'ai jamais soufflé de bougies de ma vie…

Hermione se tu soudain, l'air ailleurs, et Harry devinant vers où devaient voler ses pensées s'empressa d'attirer à nouveau son attention.

-...Mais Herm'… Je ne sais pas. C'est terrible. Je crois que j'ai tellement été habitué à ce qu'on choisisse tout à ma place, sans me laisser le choix, que toute cette liberté, d'un coup, je ne sais pas quoi en faire. C'est comme pour choisir quoi faire après Poudlard, ça m'a pris une éternité pour me décider !

Démuni, Harry s'enfonça dans les coussins du canapé, comme aspiré par la bête.

-Raison de plus pour faire simple, et si les gens ne sont pas contents, tu n'auras qu'à leur écrire des lettres d'excuses. Comme le dit le dicton : « Mieux vaut demander pardon que la permission ! ».

-Oh ? Il me semble tout d'un coup entendre la Hermione de 11 ans crier à l'hérésie.

-Qu'est-ce que tu crois ? Ca fait 8 ans maintenant que toi et Ron me pervertissez !

-Bien sur ! De suite c'est notre faute !

-Évidemment. Je te ferais remarquer que le professeur Mc Gonagall avait marqué sur mon bulletin de troisième année : « Hermione a bien réussi compte tenu des influences perturbatrices que sont ses deux camarades les plus proche » !

-Pff… Influence perturbatrice… Tu parles, comme si on n'avait jamais pu t'empêcher de te plonger le nez dans un gros bouquin ennuyeux comme la pluie. (Il désigna d'un mouvement de tête celui qu'Hermione avait sur les cuisses) D'ailleurs c'est quoi celui-là ?

Comme si son amie n'avait attendu que ce moment depuis qu'il avait mis les pieds dans son salon, elle rayonna de satisfaction en le redressant pour lui montrer la couverture.

- « Lois et règles coutumières comme voulues par sa Majesté Elisabeth 1ere, souveraine d'Angleterre et d'Irlande, et ses adaptations adressées à ses sujets sorciers », récita-t-elle à toute vitesse avant de continuer : c'est la Bible des livres de droit sorciers… Bien qu'il manque tout ce qui concerne la jurisprudence. En tout cas c'est passionnant. Je pourrais te le prêter quand je l'aurais terminé, et…

Un grand sourire mangea le visage de Harry alors que la jeune femme continuait à monologuer avec passion sur les révisions et la peur de ne pas avoir assez appris avant de prendre son poste au Ministère. Non, en fait, Hermione n'avait pas du tout changé en 8 ans.

Oo0oO

Evangeline était sur sa chaise haute, fixant de son regard argenté et grave son biberon comme un animal traquant sa proie. Le coin de la bouche de Drago se releva d'amusement et de fierté en se reconnaissant dans la mimique.

Il savait qu'elle attendait que l'objet se mette à bouger tout seul, comme hier, lorsque Harry l'avait fait léviter jusqu'à sa tablette, sans même y penser. Le blond se demanda alors ce qui pouvait bien se passer dans l'esprit d'Evangeline qui s'était mise à observer les manifestations magiques avec la même attention qu'elle portait encore à ses propres mains. S'interrogeait-elle sur leur étrangeté ? Cherchait-elle à savoir comment cela arrivait et comment elle-même pourrait le faire, de la même façon qu'elle commençait à imiter les mouvements de ses parents ? Elle ignorait cependant qu'elle l'avait déjà fait, du moins Drago ne voyait pas d'autres explication au fait que sa purée d'épinard se soit changée en une nuée de papillons.

Elle n'aimait pas les épinards. Drago en avait fait les frais puisque la première fois qu'il lui en avait servi, la moitié de l'assiette de la petite avait atterrit sur sa chemise sous les rires intarissables de son faux-jeton de mari.

Ce soir c'était au tour d'Harry de faire le service, et il espérait presque par vengeance qu'il se retrouverait lui aussi avec de la nourriture sur le visage et dans les cheveux.

Finalement, comme rien ne se passait, Evangeline fit la moue, mais attrapa quand même le biberon que lui mis dans les mains Mrs Wallace pour porter l'embout à sa bouche, tétant le lait contenu à l'intérieur d'un air boudeur.

* Oh oh * Songea Drago. * La princesse est de mauvaise humeur. *

Harry entra alors dans la salle à manger accompagné de leur elfe de maison cuisinière, les plats flottant derrière elle comme une armée disciplinée.

D'un claquement de doigts, elle les fit se poser par ordre au milieu de la table tandis qu'Harry s'installait à côté de la chaise haute, une petite assiette vert fluo rempli d'une substance orange dans les mains. Il s'empara d'une grosse cuillère en plastique pour la remplir avant de la soulever jusqu'à leur fille.

-Evyyy ? Chantonna Harry alors qu'il se faisait ni plus ni moins snober.

-Elle boude, répondit Drago en soulevant tour à tour les cloches protectrices des plats pour découvrir ce qu'il y avait au repas ce soir.

-Eh bein quoi Evy ? Tu n'as pas faim ? Tu ne veux pas de bonnes carottes ?

La petite fille sembla lui jeter un bref coup d'oeil avant de détourner à nouveau le regard, mâchouillant la tétine de son biberon.

Harry déposa sa cuillère, pas découragé. A la place de ça, il se leva et vint attraper soudainement l'enfant qui glapit de surprise, lâchant le biberon qui rebondit par terre.

-Alors c'est moi qui vais te manger ! Lança le brun avec une grosse voix avant de la porter à son visage pour la dévorer de bisous sur le ventre et dans le cou.

Si Evangeline esquissa d'abord une amorce de pleurs, elle finit rapidement par émettre un pur cri de ravissement dans les bras de son père.

Drago poussa un soupir en grignotant distraitement un bout de melon, admirant le spectacle devant lui. Harry n'avait pas son pareil pour détourner l'attention de leur fille et la faire passer des bouderies aux rires, même si par là il devait faire le clown pour ça.

Ce n'était certainement pas lui qui ferait une chose pareille… Mais c'était peut être pour ça qu'il finissait avec plus de nourriture sur lui que dans l'estomac de sa fille, songea t'il alors qu'Harry entamait un concours de qui ouvrira le plus grand la bouche tout en y enfournant de temps en temps des cuillères de purée de carottes. Une bonne partie finissait sur le menton de la demoiselle, mais le brun le lui essuyait entre deux bouchées avec son bavoir.

Drago se mettait déjà à craindre les semaines à venir lorsque le gryffondor commencerait à travailler. Aujourd'hui il était à peine parti deux heures voir Granger qu'Evangeline, réveillée de sa sieste s'était mise à hurler le seul mot qu'elle connaissait, à savoir « Papa ». Aussitôt la gouvernante l'avait envoyé chercher, mais cela ne l'avait calmé que le temps qu'il passa à la nurserie. A peine deux minutes plus tard alors qu'il remontait le couloir, il put entendre à nouveau un « PAPPPPAAAAAA ! » larmoyant.

Résigné, il avait fini par la prendre avec lui dans son bureau, déménageant par la même occasion une partie du parc à jouets et tenta de se concentrer sur ses papiers sous les « SCouic » et les « Meuuuh » à répétition des jouets musicaux.

Mais peu à peu, les « Papa » de moins en moins timides avaient recommencés à retentir et là, il ne pouvait s'agir que de l'autre qui n'était pas là.

Merlin soit loué, Harry revint un quart d'heure plus tard, juste à temps pour l'empêcher de perdre patience.

Mais qu'est-ce que ça sera quand il s'absentera pendant 8 heures ? En plus les pleurs d'Evangeline provoquaient immanquablement ceux du fils de la gouvernante.

Il priait très fort pour qu'Edward, son petit cousin, qui viendrait habiter avec eux en Octobre avec sa tante, ne se révèle pas être aussi un gros bébé pleurnicheur, parce que s'il n'était pas aussi inquiet au sujet des capacités de la gouvernante, il aurait bien volontiers jeté un sort de silence sur ses appartements.

Et il y avait ce rendez-vous prévu à Gringotts dans deux semaines… Il ne savait pas combien de temps il allait durer, mais il était malade à l'idée de laisser Evangeline toute seule ici avec une femme incapable d'utiliser la magie ! Bon, il restait les elfes, au cas où, mais ces créatures manquaient cruellement de subtilité et d'intelligence quand ils devaient prendre une décision par eux-mêmes. Il ne se serait agi que de lui, il aurait amené Evangeline à ses parents pour l'après-midi… Ou alors il pouvait toujours bidouiller un plan avec Blaise. Rien qui pourrait faire penser à Harry qu'il n'était pas heureux DU TOUT du choix de la nourrice.

-Ça ne va pas Drago ?

Drago releva la tête, réalisant qu'il jouait machinalement avec une feuille de salade du bout de sa fourchette. Harry, qui avait fini de nourrir Evangeline, entamait son propre repas et le fixait d'un air perplexe.

-Non. Tout va bien. J'étais juste perdu dans mes pensées.

Sa fille gargouilla une phrase sans sens à ce moment-là, tapant maladroitement la tablette de sa chaise haute avec son doudou, une grosse peluche de vif d'or.

-Et tu pensais à quoi ? S'enquit Harry avec sa simplicité et sa politesse naturelle.

Si Drago avait eu peur que lui et le brun se retrouvent à se regarder en silence dans le blanc de l'œil, il avait été agréablement surpris par le « Potter cordial ». Le brun avait un talent naturel pour s'intéresser aux autres, même si souvent il avait l'impression que c'était pour mieux détourner l'attention de lui.

-Je me demandais comment ça allait se passer pour Evangeline quand tu commenceras à travailler. Elle t'a réclamé quand tu étais avec Granger.

-Oh… Je pensais que… Il n'y avait pas de problème quand on était à Poudlard et qu'elle restait soit avec moi, soit avec toi.

-Mrs Wallace appelle ça « l'angoisse de séparation ». C'est normal apparemment, ça apparait vers les 8 mois. Mais aussi normal que ça soit, je ne supporte pas de l'entendre pleurer. J'ai l'impression d'être le pire père au monde.

Le brun jeta un regard vers leur bébé qui serrait contre elle son doudou, le dos rond comme un chaton.

-Elle n'a pas l'air traumatisée en tout cas…

-C'est parce que ce n'est pas toi qui dois l'entendre ! Répliqua Drago.

-Eh bien… Il n'y a pas grand-chose à faire. Pleurer fait aussi parti de l'apprentissage de la vie, même si c'est désagréable pour elle et pour nous…

-Tu veux dire que je dois la laisser pleurer ? Toi ? Qui campe à côté de sa chambre pour accourir la nuit au moindre de ses pleurs ? Attends, il faut que je note ça quelque part…

Harry rougit légèrement, comme à chaque fois que Drago pointait du doigt la faille dans son excuse de chambre séparée. Evangeline faisait ses nuits maintenant et la véritable difficulté commençait à se transférer du côté des siestes. Parfois elle s'endormait comme une masse… Parfois elle hurlait de mécontentement jusqu'à ce qu'on vienne la chercher.

Drago ne voulait pas d'autres enfants. Jamais. Un, c'était largement suffisant et il ne comprenait pas comment on pouvait s'infliger ça une deuxième, ou même une troisième fois. Sans parler de sept. Il avait un tout nouveau respect pour Molly Weasley.

-Eh bien… J'imagine que tu pourras voir ça par toi-même demain, fit remarquer Drago avec nonchalance.

Harry fronça les sourcils avant que la bonne information lui revienne :

-Ah oui, c'est vrai. Tu as un rendez-vous demain. Chez les Greengrass… Pourquoi déjà ?

Drago retint un léger soupir.

-Tu sais, tu as de la chance de m'avoir épousé, parce que sans moi tu ne pourrais pas gérer cette maison ! J'ai rendez-vous avec les Greengrass pour signer un accord commercial, afin que nous puissions obtenir à bon prix du lait, de la viande de bœuf et de mouton, ainsi que des céréales et du fourrage.

-Tu n'as pas déjà fait ça avec tes parents ?

-Le Manoir Malefoy ne produit pas de céréales et de lait Harry. Tu as vu le moindre champ ? Non. En plus, c'est différent, c'est la famille, on n'achète pas ce qu'ils nous donnent. Tu n'as pas vu que Père nous a fait livrer un kilo d'abricot et de cerises la semaine dernière ? Ainsi qu'un jambon ?

-Ah si, mais je ne savais pas que ça venait de ton père. Par contre je me suis dit que l'hydromel devait bien venir de ton « grand-père » français, tout comme les dattes et les fruits secs.

Drago fit la mine, car ces derniers biens avaient été livrés au Manoir Malefoy par son cousin Ambroise qui, ayant fini son année à Beauxbâtons, avait décidé de passer ses vacances d'été en Angleterre. Qui diable passerait ses vacances d'été en Angleterre quand il vivait au bord de l'Océan Atlantique français ? Ça le dépassait.

-Je ne m'étais jamais vraiment demandé où les sorciers faisaient leurs courses, lâcha alors Harry et il décida de laisser Ambroise loin de son esprit. Je pensais qu'ils se fournissaient au même endroit que les moldus… Même si j'imagine mal un sorcier de sang-pur dans un centre commercial…

Il rit à cette idée, intriguant alors Drago au plus haut point :

-Qu'est-ce qu'un centre commercial ?

Pour lui, ça lui évoquait un lieu très sérieux où les gens se rencontreraient pour faire des échanges commerciaux… Mais quelque chose lui disait qu'il devait se tromper. Les moldus étaient si bizarres…

-Un jour je t'emmènerais faire un tour dans l'un d'entre eux. Rappelle-le-moi à l'occasion, répondit son époux avec son sourire joyeux qu'il réservait pour les blagues en préparation.

-D'accord. Je n'y manquerais pas, lâcha t'il avec un rien de ton soupçonneux.

Son mari continua à sourire.

Ouais, ça sentait le « moquez-vous du sang-pur ignorant ».

Il avait de la chance d'être beau quand il souriait, sinon Drago le lui aurait fait regretter.

Cette expression joyeuse disparut cependant lorsque Happy apparut à l'entrée de la salle à manger :

-Pardonnez-moi de vous déranger Maîtres, mais Lord Londubat vous fait demander à la cheminée, Maître Harry.

Ce dernier avala rapidement ce qu'il avait dans la bouche et se leva pour se rendre dans le salon d'accueil, là où se trouvait la cheminée connectée. Drago se demanda vaguement ce qu'il se passait avant de songer à l'étrangeté que formait le titre « Lord Londubat » avec le gryffondor qu'il avait connu à onze ans, timide et rondouillard.

Pourtant c'était bien vrai. Neville Londubat avait pris son titre au début du mois de juillet.

-Les choses deviennent sérieuses, affirma t'il à sa fille qui cligna des yeux avant de tourner la tête dans la direction où avait disparu son autre père.

Comme en réponse, elle pointa le bras dans sa direction comme pour le lui indiquer et Drago sourit :

-Ça aussi.

Oo0Oo

Quand Harry revint dans la salle à manger, il ne savait pas s'il devait se sentir soulagé ou inquiet. D'un côté il avait trouvé une solution toute simple à son problème actuel, d'un autre…

-Que te voulait Lord Londubat ? Lâcha Drago en accentuant moqueusement le titre.

-Il m'a demandé d'être son témoin de fiançailles, répondit-il en se rasseyant après une caresse sur la tête d'Evangeline.

-Alors ça y est ? Il va faire sa demande à Abott ?

Harry hocha machinalement de la tête, repensant à la façon dont Neville avait été plus ou moins obligé de penser à la blonde Poufsouffle Hannah Abott comme future épouse. Ils avaient commencé à sortir ensemble au début de leur huitième année, mais les grands parents d'Hannah avaient conçus des plans de mariage pour elle et la famille Smith. Or Zacharias Smith était… aux yeux d'Harry c'était un veracrasse rampant… Et aux yeux d'Hannah ce n'était guère mieux.

Bref, elle avait plus ou moins déposé son salut entre les mains de Neville qui n'avait pas eu d'autres choix que de s'engager à l'épouser.

Une union entre deux familles de l'aristocratie valant mieux aux yeux de Lord et Lady Abott, l'accord avec les Smith avait été annulé.

Il semblait cependant que le contentement d'Hannah avait provoqué des déceptions tout autour. Neville était difficile à lire comme homme, ainsi Harry ne savait pas ce qu'il ressentait, mais à son avis, sa relation avec Hannah était hautement convenable et manquait cruellement de passion.

Et puis il y avait Luna qui lui ressemblait tellement et qui lui avait avoué ne pas savoir ce qu'elle ressentait vraiment pour Neville. Résultat, elle avait pris un train et s'était éloignée dare dare pour éviter d'assister à une union qui lui déplaisait souverainement.

Il y avait aussi Smith qui avait perdu une partie de sa hargne naturelle, jetant des regards déçus en direction de celle qui aurait pu être sienne.

Mais qui était Harry pour juger ? Il avait épousé son rival et faisait chambres séparés. Avant de commencer à critiquer les choix des autres, il avait encore à balayer devant sa porte.

-Il va la demander en fiançailles durant la fête de son anniversaire… Le 31…

Drago qui avait commencé à tapoter une pomme de sa baguette pour la peler cessa son mouvement pour le regarder fixement.

-Le 31 aout ?

Harry serra les dents et obliqua son regard ailleurs.

-Non. Le 31 juillet…

La pomme retomba avec un bruit sec sur la table et roula jusqu'au bord où elle tomba par terre.

-Mais c'est le jour de ton anniversaire ! Protesta Drago.

-Je sais. On fêtera ça en même temps. Ce n'est pas comme si c'était vraiment important pour moi…

-Je ne veux pas être entouré de tout un tas de gryffondors et de poufsouffles ! C'est comme si on organisait un festival de la niaiserie et de la béatitude !

-Eh bien… En fait… Nagea difficilement Harry. Ca tombe bien en quelque sorte… Puisque… Tu sais… Tu n'es pas spécialement invité…

Le visage défait de Drago parla un instant pour lui et Harry se sentit horriblement désolé. Bien que… Il récoltait ce qu'il avait semé.

-Comment ?! Londubat OSERAIT me mettre de côté alors que je suis ton mari ?

-Neville ne t'aime pas. Il ne t'aime pas du tout. Et on ne peut pas lui en vouloir, tu as tout fait pour ça quand on était à l'école.

-Mais on était à l'école ! Là. Maintenant. On est censé se comporter comme des adultes civilisés ! Et…. Ça ne se fait pas de diviser un couple lors d'invitation ! Et encore moins le jour de l'anniversaire de l'un d'entre eux ! Répliqua avec colère Drago en se levant pour faire les cent pas.

Ayant entendu la tempête en approche, Mrs Wallace se fraya silencieusement un chemin jusqu'à Evangeline pour la porter à la nurserie. Harry approuva de la tête la manœuvre, leur fille n'ayant pas à subir des éclats de voix de leur part.

-Ecoute Drago. Ce n'est pas si grave. Si ça te tiens à cœur, on aura qu'à fêter mon anniversaire un autre jour, en famille…

-Non, je voulais qu'on fasse ça le 31 !

-Pourquoi ? Ce n'est qu'un nombre ?

Harry poussa un soupir, perdu. Pendant quinze ans, cela n'avait été qu'un bref moment solitaire où les chiffres de sa montre indiquaient minuit et où, certaines années, il recevait du courrier et des colis de cadeaux et de gâteaux. Et même s'il avait toujours eu à cœur de repérer ce moment, il n'en faisait pas un geste sacré.

-C'est plus qu'un chiffre ! C'est le jour où tu es né ! Où tu es venu à la vie ! J'ai le droit de le célébrer en tant que tel, parce que malgré tout ce qu'il s'est passé entre nous, je suis heureux que tu sois là. Si tes parents étaient encore en vie, je les remercierais pour ta présence… Et ce n'est pas la seule raison, même si l'autre raison peut t'apparaitre plus… superficielle. Le 31 juillet en fin de journée, tous les ans depuis que j'ai l'âge de m'en souvenir, le Chemin de Traverse est tout décoré en ton honneur et il y a des animations et des spectacles… Et mon père a toujours refusé de m'y amener… Alors que j'avais VRAIMENT envie d'y aller. Puis, après, quand j'ai eu l'âge de m'y rendre tout seul, je ne pouvais pas, parce que j'étais censé te détester… Alors… Je m'étais dit que cette année j'allais enfin pouvoir y assister… Et mieux, je pourrais y aller avec toi.

Harry resta muet de stupeur.

Il ne savait pas ce qui était le plus perturbant : la déclaration de Drago sur son jour de naissance, qui était venu pincer le cœur d'Harry et l'avait fait rougir de joie ? Le fait qu'il y avait une putain de fête le jour de son anniversaire et qu'il n'était même pas au courant… ? Ou le fait que Drago voulait y aller depuis qu'il était petit… ?

A chaque fois qu'il se retrouvait face à la mention des enfances des sorciers de son âge, des enfances où ils avaient vécu avec la connaissance d'Harry alors que lui-même était à l'époque complétement seul et ignorant de ses « faits héroïques », il se sentait complètement démuni.

Gêné.

Et en colère aussi de s'être fait voler son identité de sorcier durant toute cette période.

Là il avait l'impression de voir un petit Drago de cinq ans en train de le supplier de réaliser son rêve et malheureusement, il était obligé de le décevoir. Comme il se sentait horrible en ce moment.

Il se retira aussitôt une centaine de points imaginaires.

-Je me suis engagé auprès de Neville. Mais si tu veux, on ira l'année prochaine.

Il tiqua légèrement en sentant son poignet gauche le pincer. L'expression de Drago était passé de passionnée à renfermée et son regard était tout simplement brûlant. Il lui en voulait.

Harry avait envie de lui dire qu'on ne pouvait pas tout avoir dans la vie et qu'il fallait se montrer raisonnable, mais ce serait sans doute paraphraser ce qu'avait pu lui dire Lucius en de mêmes occasions.

-Je suis désolé Drago. Je promets qu'on s'organisera mieux la prochaine fois…

-Ce n'est pas grave, répliqua sèchement ce dernier. J'irai tout seul. Je n'ai pas besoin de toi pour m'amuser et qui sais ? J'en profiterais pour me trouver un homme magnifique qui acceptera d'être mon cavalier… Et plus si affinité !

Harry fronça aussitôt les sourcils alors que Drago quittait en furie la salle à manger sans un regard en arrière. Il se demanda si cette menace était sérieuse ou juste des paroles en l'air proférées par la colère… Quoiqu'il en soit, une telle possibilité lui était odieuse.

Mais il n'oserait quand même pas le tromper ?

*Pour te tromper, il faudrait déjà que tu ais consommé le mariage…* Fit la petite voix de sa conscience. *Mais à la place de ça tu lui imposes ceinture depuis plus de trois mois !*

Oui, s'il ne voulait pas que Drago aille voir ailleurs, sa stratégie était plutôt bancale.

Mais si Drago allait voir ailleurs… Alors il n'exigerait plus de coucher avec lui… Et Harry serait tranquille à ce niveau-là.

Sauf que non.

Drago était à lui. Personne d'autre ne le touchait. Personne d'autre ne le goutait. Le cœur d'Harry semblait tordu comme un linge qu'on essorait rien qu'à y penser.

Oo0O0oO

La fête d'anniversaire de Neville et Harry avait lieu au cottage de la famille Londubat, à Bishopstone. Et, d'une façon ou d'une autre, le lieu se retrouva effectivement envahi de gryffondors et de poufsouffles.

Mais ça n'avait rien d'un festival de la niaiserie et de la béatitude.

Enfin… Du côté des gryffondors en tout cas.

Hannah arborait une tenue si sophistiquée qu'il était impossible d'ignorer qu'elle allait être demandé en fiançailles. Megan Jones, sa meilleure amie, n'en finissait plus de s'exclamer sur la beauté de tout ce qu'elle portait et Ernie Macmillan et Justin Finch-Fletchley jouaient apparemment les échos.

Heureusement, Mrs Londubat semblait avoir gardé la main sur la décoration, leur évitant probablement des guirlandes roses et blanches avec des ballons en forme de cœur ou toutes autres choses qui semblaient être du gout des deux anciennes poufsouffles.

Harry les salua rapidement et encourra apparemment leur mécontentement en négligeant de commenter les robes de tout le monde. Peu importe, il en avait autant pour eux et s'éclipsa pour se précipiter auprès de sa meilleure amie.

-Joyeux anniversaire Harry !

-Merci Herm', c'est sympa de voir que quelqu'un d'autre que Neville s'en rappelle…

Hermione le fixa avec un air espiègle, sachant trop bien qu'il faisait référence aux ex noirs et jaunes qui ne semblaient être là que pour Hannah. Son expression se transforma cependant en froncement de nez songeur.

-Tu es contrarié, annonça-t-elle avant de lancer : attends, au hasard…. Une dispute avec Drago ?

-C'est pire qu'une dispute, se lamenta t'il. C'est la guerre froide.

Elle haussa les sourcils avant de l'attirer vers un canapé où trônaient bien justement deux verres de cocktails en suspension.

-Allez, raconte. Je suis en manque de potin sur mon meilleur ami puisqu'il a annulé hier notre jeudi hebdomadaire.

-Drago était sorti sans prévenir personne et Mrs Wallace avait une course à faire… Et… Bon sang, je ne devrais pas être ici…

Sur les nerfs, il attrapa un des cocktails et en avala une bonne lampée comme si ça pouvait faire disparaitre ses problèmes.

-C'est moi où ce n'est pas dans les habitudes de Drago de disparaitre comme ça… ?

-Ca ne l'était pas. Pas alors qu'on a un bébé de sept mois ! Mais il le fait maintenant et Merlin seul sait où il va !

-Merlin ou… Blaise, lâcha Hermione en attrapant le verre restant, aspirant un peu du liquide par la paille qui y trônait. Tu sais qu'ils sont toujours fourrés ensemble. Tu ne lui as pas demandé ?

Harry regarda son verre d'un air dépité.

-J'aime pas parler à Zabini.

-Très mature… Soupira Hermione.

-Je sais…

-Ca ne peut pas être bien grave…

-Il a menacé de me tromper, la coupa Harry d'un ton sombre avant de s'échauffer : Aujourd'hui. Le jour de mon anniversaire !

-Ah.

Hermione fit tournoyer le contenu bleu lagune de son verre avec la paille.

-C'est effectivement plutôt… Contrariant.

-C'est plus que contrariant Herm' ! C'est ignoble ! Et du chantage ! Je sais pas s'il veut me voir revenir la queue entre les jambes en le suppliant de me pardonner, mais je ne peux pas… Pas comme ça. Ce n'est pas correct. Et j'ai cette tenaille au cœur depuis qui semble vouloir m'empêcher de respirer…

Il s'arrêta en remarquant qu'Hermione le regardait avec les yeux brillants d'émotion et de fierté comme s'il était son fils de 4 ans qui venait de partir pour la maternelle.

-Quoi ?

-Oh Harry ! C'est merveilleux ! Tu es amoureux !

Harry manqua de s'étouffer avec son cocktail.

-Quoi ?! Je dis que je me sens comme un veracrasse écrasé au bord de la route et toi tu me dis que je suis amoureux ?! JE NE SUIS PAS AMOUREUX ! Je suis en colère… déçu… triste… dégouté…. Bref un peu tout SAUF amoureux !

Il la regarda glousser avec indignation.

-L'amour n'est pas une émotion. C'est un état qui inclut de nombreuses émotions aussi positives que négatives et ironiquement, c'est souvent par les négatives que l'on s'en rend compte.

Elle fixa fortement Fay Dunbar vers la fin de son explication. Celle-ci riait à une remarque de Seamus plus loin. Elle était entourée de Dean et de son petit ami, Ron, occupé à tripatouillé le ruban de sa robe qui tombait sur sa hanche.

Hermione eut un semblant de grognement.

Ron et elle avaient rompus peu après la naissance d'Evangeline et si le rouquin était passé à autre chose, la jeune femme semblait encore se battre avec ses sentiments.

-Bref, fit-elle. Tu ne serais pas aussi secoué par cette idée si Drago était juste ton colocataire ou ton ami. Tu es donc amoureux. Est-ce si grave ? Ce n'est pas comme si tu ne l'avais pas déjà épousé…

Harry fit l'effort d'y réfléchir et de ne pas rejeter en bloc ce qu'elle lui racontait.

-Je trouve qu'être amoureux de Drago est une chose tout à fait terrifiante.

-L'amour est terrifiant, approuva Hermione. C'est pourquoi Ron et moi avons… Mis autant de temps.

Et c'était pourquoi Luna était partie. Il se souvint de leur discussion le jour de son mariage. Pour être honnête, il savait que ça lui pendait au nez. Et il ne savait pas depuis quand ça commençait… Leur première rencontre ? Cette nuit fatidique dans les toilettes avec Mimi Geignarde ? Les évènements de la guerre ? Le moment où il avait sauvé Drago et créé cette dette de vie ? Ou tout ce qui s'était passé après l'arrivée d'Evangeline dans leur vie ?

Jusqu'ici il avait fermement refusé de former une telle pensée. Il avait déjà eu du mal à accepter l'étrange possessivité qu'il ressentait à son égard… Mais il était peut-être temps qu'il arrête de se voiler la face.

-OK. Je suis amoureux de cet insupportable type. Que Merlin me vienne en aide !

Sa meilleure amie leva son verre comme pour lui porter un toast.

-Tu te sens mieux ?

-Non. Je me sens encore plus misérable si tu veux savoir, siffla t'il avec ironie. Je vais te formuler ça : « Je suis amoureux de mon mari qui veut coucher avec un autre homme le jour de mon anniversaire. »

-Qu'est ce qui s'est passé ? C'est à cause de ton anniversaire ?

-Oui, je te l'avais dit : les anniversaires c'est des nids à emmerdes. Je suis là plutôt que d'être avec lui à son fichu festival. Et le pire, c'est qu'en fait, je regrette de ne pas y être avec lui, pas parce qu'il va coucher avec un autre mec, pas parce que je suis obligé de me coltiner des gens que j'apprécie à peine, quoique ça pourrait être une bonne raison, mais parce que je veux… juste être avec lui…

Ses derniers mots ressemblèrent plus à un gémissement dépité alors qu'il se penchait sur ses cuisses, désespéré par lui-même.

-Je suis lamentable…

-Mais non. Tu es mignon, le reprit Hermione en lui frottant le dos.

-Je déteste Hannah et ses fiançailles ! Marmonna Harry.

-Ey, Harry, tu vas bien ? Demanda Ron qui s'était approché en remarquant sans doute son comportement bizarre.

-Je gère, assura Hermione qui continuait à lui frotter le dos. On parle de choses que tu ne voudrais pas entendre et qui commencent par un D et finissent par un O.

Harry devina la grimace de Ron.

-Euh ouuuais… d'accord. Je suis dans le coin, au cas où… Au fait, joyeux anniversaire Harry ?

-Pourquoi ça sonne comme une question ? Grommela Harry toujours courbé sur lui-même.

-Parce que je pense que ça en était une, répondit Ron.

-D'ailleurs, Ron, intervint Hermione. Je ne vois pas Ginny.

-Elle n'est pas là. Elle n'est pas venue parce que son petit ami n'était pas invité, cracha t'il d'un ton dégouté.

Harry émit un son étranglé et tenta de s'étouffer en attrapant un coussin près de lui.

-Laa laaa… Fit Hermione en lui frictionnant un peu plus le dos tandis que Ron se demandait ce qu'il avait dit de mal.

Comme la jeune femme lui faisait signe de s'éloigner, il s'exécuta sans discuter.

-Même Ginny a fait mieux que moi ! Gémit plus ou moins intelligiblement Harry.

-Ginny n'était pas témoin de qui que ce soit…

-J'aurais dû refuser.

-Neville est ton ami et il a été TON témoin. Ça compte. Ecoute, il y a une façon de régler tout ça de façon à réduire la casse…

Harry releva le visage du coussin et la fixa comme si elle était sa marraine bonne fée.

Oo0O0oO

Drago hésita un peu, avant de faire un pas hors du Chaudron Baveur. Pour plus de sécurité il avait rabattu le lourd capuchon de sa cape en velours bleu sur sa tête, comptant sur l'ombre pour lui donner un certain anonymat.

Il n'était toujours pas à l'aise dans les foules et les évitait autant que possible. Même son mariage avec Harry n'avaient pas éteint la lueur de haine qui brillait dans les yeux des gens qui le reconnaissait. Pour certain, épouser le sauveur du monde magique l'avait même rendu plus diabolique…

Mais, en plus, être présent en ce jour de fête, SEUL, sans la personne célébrée qui était pourtant son époux, c'était vraiment la honte.

Et une horrible idée. Mais bon… Il y avait cette part de lui définitivement têtue qui l'avait mis sur ce chemin.

Il se laissa alors happé par le monde, détaillant les décorations en feuillage chargés de fruits de saison, certains enfants picoraient d'ailleurs des cerises à leurs portée sous les regards bienveillants des adultes. Non pas qu'il n'y avait pas de quoi les nourrir puisque des stands ambulants avaient envahis toute l'allée. Chacun d'entre eux prétendait pouvoir offrir la gourmandise préférée du Sauveur, mais Drago ne repéra aucune tarte à la mélasse dans le lot.

Et puis, bien évidemment, il y avait des représentations de Harry ici et là, et certaines en valaient vraiment le détour : comme une sculpture de lui faite uniquement de crème glacée, ou celle installée devant le Magasin Weasley qui crachait des bonbons si on lui pinçait les oreilles.

Et si ça ne suffisait pas, il y avait ici et là des petits sorciers avec des éclairs rouges sur le front et de grosses lunettes rondes qui courraient dans tous les sens avec des mini balais.

L'un d'eux le bouscula au passage, et Drago le rattrapa au passage pour lui éviter une mauvaise chute.

« Oups pardon M'sieur » Fit le bonhomme avec un sourire édenté, les lunettes de travers sur le nez avant de repartir au galop derrière ses autres amis-Potter.

Les suivant un instant du regard, Drago se demanda vaguement comment aurait réagi son père si, petit, il l'avait trouvé dans un pareil accoutrement… Mal, cela allait sans dire. De toute façon tous ses loisirs d'enfants étaient savamment organisés pour en faire un Lord. Se grimer en Harry Potter n'en faisait définitivement pas parti.

Essayant de détourner ses pensées moroses il s'arrêta devant un spectacle et observa un jongleur de feu faire ses prouesses. Les flammes qui s'élevaient de sa baguette semblaient avoir leur vie propre, tourbillonnante, pétaradante, puis soudain, toutes se joignirent pour former un gigantesque phénix qui s'éleva dans une posture menaçante et alors que la foule poussait des exclamations de plaisir, Drago rentra la tête dans le cou, s'éclipsant rapidement.

Il fendit la foule sans but, avec l'impression d'être poursuivi par son passé. En fait, comment avait-il pu croire que tout ici ne lui rappellerait pas la guerre et son statut de perdant ?

Avisant la pancarte d'un pub représentant un dragon terrassé par un chevalier, il se fit une place jusqu'à la porte et descendit une volée de marches avant de pénétrer dans un tout petit établissement où tenait à peine un bar, deux tables entourées de chaises et étrangement un vieux piano.

Le barman qui lisait la Gazette se retourna en entendant la cloche d'entrée émettre un grognement d'agonie (Drago fixa la porte avec férocité – quel mauvais goût !) et parut surpris de voir quelqu'un en plus d'une sorcière brune qui était attablé dans un coin, gribouillant sur un carnet sans même lui adresser un regard.

-Je vous sers ? Demanda tout de même l'homme alors que, haussant légèrement des épaules, Drago venait prendre place sur l'un des tabourets du bar.

-Ce que vous avez de plus fort, maugréa-t-il sans abaisser son capuchon. Ce que j'ai envie en sortant d'ici, c'est d'avoir bu jusqu'à oublier mon nom.

-Vous êtes ce genre d'homme, commença l'homme en faisant glisser un liquide ambré dans un verre. Ceux que les fêtes rendent malheureux.

Drago réfléchit deux secondes à cette étrange réflexion.

-Non. J'aime les fêtes. J'adore ça. Je passe mes étés à faire la fête. Bon, pas vraiment ce genre de fête, mais ce n'est pas le sujet.

L'homme fit glisser le verre jusqu'à sa main d'un geste expert, faisant tinter les deux gros glaçons qu'il contenait, et Drago, en bon connaisseur, testa le liquide des yeux et du nez, avant d'y tremper ses lèvres et d'approuver. Pas le meilleur scotch de sa vie, mais ça irait.

-Quel est le sujet, alors ? Pour un type du beau monde ?

Drago eut un léger sourire. L'homme était vif d'esprit et il en avait assez dit et fait pour lui laisser deviner de quel milieu il venait.

-Le sujet est d'avoir toujours voulu quelque chose et de voir un rêve gâché parce que les choses ne se sont pas déroulées comme prévu. Je déteste les plans qui ratent.

-Comme tout le monde, affirma le barman en redressant sa Gazette devant son visage.

Drago sirota distraitement sa boisson en se demandant ce qu'il faisait ici. Il ferait mieux de mettre sa menace à exécution et de se présenter au bar gay le plus proche pour lever un mec…

Mais pour la première fois de sa vie, cette seule idée l'ennuyait profondément. Pire, lui provoquait un certain malaise. Ce n'était pas un type lambda, aussi beau pouvait-il être, qu'il voulait à ses côtés en ce moment, c'était putain d'Harry Black, SON époux, et leur bébé à eux, Evangeline.

C'était ridicule. Toute cette situation était ridicule !

Il n'allait pas trouver un mec juste pour s'envoyer en l'air, car même si ça calmerait certainement sa frustration actuelle, cela rendrait ensuite la situation pire.

C'était un truc de Blaise ça. Aller à la facilité et se foutre ensuite dans la merde. Lui, était bien plus avisé que ça !

D'un autre côté, tout cela ne résolvait pas non plus leur différent. Il y avait quelque chose au sujet de l'ordre des priorités que Harry devait définitivement intégrer : C'était qu'Evangeline et LUI devaient passer avant tout le reste !

Oh, Londubat… Lord Londubat lui paierait ce coup là. Il ne savait pas encore comment, mais il allait travailler sur une idée.

Rasséréné par cette décision de vengeance, il ne se rendit compte qu'en revenant à son verre que le barman avait laissé tomber son journal, l'air choqué, les yeux fixés sur la porte.

Drago suivit cette direction et se rembrunit tout en se détournant.

Harry putain Black venait d'entrer dans le pub.

Et aucun doute qu'il s'agissait de lui, et non un autre bonhomme déguisé, puisque son radar intérieur le lui confirmait.

Sans prêter attention au pauvre barman qui se tenait bouche bée, Harry escalada le tabouret de bar voisin à celui de Drago et se tourna vers lui. Sans même le voir, Le blond le devina gêné parce qu'il gigotait et que sa magie s'agitait autour de lui, à la recherche de quelque chose à faire.

Il l'entendit ouvrir la bouche, puis comme rien ne venait, la fermer. Le barman commençait petit à petit à se remettre de son choc et se précipita vers ce qui devait servir de cuisine en les laissant tous seuls avec la fille qui écrivait et qui semblait toujours se moquer éperdument de ce qui l'entourait.

-Tu sais… Commença finalement Harry. Ce n'est pas facile de débuter cette conversation. J'aimerai m'excuser, mais je ne le peux pas parce que ce serait adhérer à ton chantage. Et je déteste vraiment ça. J'aimerais que tu évites de faire ça dans l'avenir sinon on n'arrivera jamais nulle part tous les deux.

Drago serra la mâchoire pour s'empêcher de dire quoi que ce soit. Ça ne ressemblait pas à un début de discussion prometteur si Harry lui renvoyait ses torts d'entrée de jeu. Ce fut pourquoi il se détourna un peu plus et sauta du tabouret pour aller s'asseoir devant le piano.

Dommage pour le gryffondor, la bouderie et le chantage étaient deux armes qu'il ne se privait pas d'user.

Distraitement il commença à faire voyager ses doigts sur les touches, agréablement surpris lorsqu'il découvrit qu'il sonnait juste.

Harry le suivit dans son mouvement, ombre insistante dans son dos, mais la musique sembla le couper dans son élan. La femme brune daigna enfin lever le nez de son carnet pour chercher l'origine de ce nouveau son.

Drago ne savait plus quand était la dernière fois qu'il avait joué, d'ailleurs ses doigts un peu gourds par manque d'exercices le lui rappelait, mais comme il en avait autrefois l'habitude, il se mit à poser ses émotions sur l'instrument.

Ce n'était pas tout à fait quelque chose de passionné, il n'avait jamais eu ce talent, mais c'était l'harmonie, la mathématique propre à la musique qu'il recherchait, et qui avait un effet apaisant, déposant un baume sur sa rancœur.

Au bout d'un moment, il sentit Harry passer ses bras au-dessus de ses épaules et s'emparer des bords de sa capuche pour la rabattre en arrière, le privant sans pitié de sa faible protection contre le monde extérieur.

Drago continua à l'ignorer, se concentrant sur son jeu, le laissant s'appuyer contre son dos, ses bras s'enroulant autour de son cou et son menton venant épouser le haut de sa tête pour s'y poser. Ainsi, il l'entourait comme pour l'empêcher de s'échapper définitivement de sa présence.

-C'est un de ces moments, pas vrai ? Fit soudain Harry. Un où je dois essayer de parler de moi ?

Il le lâcha d'une main pour venir appuyer sur une des touches au hasard, brisant ainsi l'harmonie de l'ensemble et imposant le silence aux mains de Drago. Le brun le voulait décidemment tout à lui. Une avidité que Drago n'était pourtant pas autorisé à clamer. C'était injuste qu'il soit le seul d'entre eux deux à être enchainé par des sentiments.

-Quand j'étais petit…On ne fêtait pas mon anniversaire, commença Harry. Et je m'étais sans doute fait une image assez fausse de ces choses-là… Comme pour beaucoup d'autres choses concernant ce qui se rapporte à la vie de famille, comme tu t'en es déjà rendu compte… Alors… Je sais que c'est beaucoup te demander, ça en plus du reste… Mais sois patient avec moi. J'apprends souvent en faisant des erreurs…

Drago poussa un petit soupir. Que répliquer à cela ? Il serait prêt à faire preuve d'autant de patience que possible pour lui. Il serait prêt à attendre la fin des temps. A traverser la Terre entière. Tout ça juste pour pouvoir l'avoir à lui.

Il leva finalement les yeux, croisant son regard émeraude qui le fixait avec fébrilité.

Il avait cet aspect d'un pot cassé remonté avec un kilo de colle forte que, parfois, Drago surprenait. Pas souvent, parce que le brun faisait toujours en sorte de le faire disparaitre aussi vite qu'il apparaissait pour redevenir un concentré de gryffondor têtu et imprudent.

Pourtant, aujourd'hui, il perdurait dans l'attente d'un mot ou d'une validation de sa part.

Drago apprécia un instant ce pouvoir.

Puis ferma les yeux.

-Il y a des limites de fois où tu peux me faire saigner, Harry. Et tu les as presque toutes épuisées ce jour-là, ironisa t'il en portant sa main à son torse, là où se trouvaient encore ses cicatrices dues au sectumsempra que lui avait jeté le jeune homme trois ans auparavant.

Le mensonge faisait aussi partie de la panoplie des serpentards. Même si cela accrocha un air grave et désolé sur le visage de son époux, il y avait des limites à ce qu'il pouvait dévoiler au risque de lui laisser deviner l'emprise qu'il avait sur lui.

-Mais… Tu ne m'as pas trompé, hein ? Demanda Harry en le dévisageant à la recherche d'un mensonge.

-J'étais en colère, soupira Drago. Comme tu le vois, je m'apprêtais à boire jusqu'à m'écrouler quelque part.

Il fit un vague geste en direction du bar mais l'expression du brun ne changea pas d'un iota.

-Tu n'as pas l'intention de me tromper ?

-Ce n'est pas d'actualité, affirma Drago.

Harry attrapa alors son poignet et observa leurs deux serments de mariage avec une ombre dans le regard.

-J'aurais presque aimé qu'ils soient plus magiques afin de m'empêcher d'avoir ce genre d'inquiétude.

-Plus coercitif, tu veux dire.

-Je ne trouve pas ça normal que rien ne punisse l'adultère. Que ça ne suffise pas à briser les serments.

Pris d'un doute, Drago remua afin de se dégager et se retourner face à l'autre jeune homme pour lui prendre les mains :

-Briser ses serments est la pire chose qui puisse arriver. Toute personne saine d'esprit envisagerait la répudiation avant qu'une telle chose ne se produise. Alors qu'une simple erreur d'appréciation ou de faiblesse suffise… C'est inimaginable.

Harry lui rendit un air confus.

-Pourquoi ? Que se passe-t-il lorsque les serments sont rompus ?

-Tu ne le sais pas ?!

-Je ne te le demanderais pas si je le savais.

Il cligna des yeux, stupéfait que personne dans son entourage ne lui ait clairement expliqué les tenants et aboutissants des serments conjugaux. Il le regardait pourtant avec attente, réussissant à avoir l'air sérieux et candide à la fois.

Drago avait envie de le dévorer tout cru.

-Ces serments sont un contrat passé entre deux personnes par l'entremise de la Magie. Si tu les romps, alors… Tu perds ta magie.

Les mains qu'il tenait se crispèrent, alors Drago s'empressa de continuer :

-Mais il faut vraiment insister pour qu'une telle chose arrive. A ma connaissance, les seuls cas connus sont celui d'une femme qui a poignardé à mort son mari et quelques autres cas de relations malsaines entre conjoints. Quand les choses commencent vraiment à aller mal et que rien ne peut arranger la situation, la séparation est aussitôt envisagée.

-Oui… Mais nous… Fit Harry sans oser continuer.

Selon les règles, inchangées depuis le Moyen-Age, une femme peut être répudiée, mais pas un mari. Cela faisait de leur mariage une alliance incassable.

Cependant Drago ne se faisait pas de soucis à ce sujet. Le serment était divisé en trois brins : « Protection, Soutien et Loyauté ». Si les liens de loyauté et de soutien étaient parfois malmenés, il pressentait que ni l'un ni l'autre ne pourraient jamais se blesser l'un l'autre ou se laisser sans protection. Pas après leur passé « affectif », pas après la guerre et encore moins avec leurs dettes de vies.

-Ça n'en arrivera jamais jusque-là, affirma-t-il avec confiance. La preuve : je ne t'ai pas trompé, et tu m'as rejoint ici.

C'était apparemment les bons mots à dire puisque le jeune homme devant lui se relaxa visiblement.

-J'ai suivi le lien entre nous comme un sourcier de bas étage. Entrant dans tout un tas d'endroit pour me rendre compte que ce n'étaient pas les bons. (il rougit brusquement en baissant les yeux) je dois même avouer être entré de force dans un appartement à côté d'ici pour surprendre deux personnes dans une position indécente. Heureusement que je suis qui je suis sinon j'aurais probablement fini au quartier des Aurors pour le reste de la nuit…

Drago toussa une sorte de rire, étranglé en partie par le fort sentiment de soulagement et de joie qu'il ressentait.

-J'ai peut-être un peu paniqué, concéda Harry en regardant fixement leurs mains liées.

-Mais comment as-tu réussi à t'échapper de la fête de Neville ? Demanda-t-il.

-Hermione a tout bêtement précipité la cérémonie. Hannah et ses amis n'étaient pas DU TOUT ravis, mais je m'en fiche royalement. En plus, je crois que Neville n'en était pas non plus mécontent…

Drago s'apprêtait à dire que c'était bien fait pour eux quand le barman revint dans la pièce avec un appareil photo et se plaça à côté d'eux avec une expression clairement quémandeuse.

Le bon point était qu'il ne le regardait pas comme s'il était l'incarnation du mal incarné.

-Serait-ce trop vous demander de me laisser vous prendre en photo ? Demanda l'homme. Comme ça je pourrais l'afficher sur mon mur et je pourrais dire à tout le monde qu'Harry Potter est venu boire au Dragon Terrassé !

-Harry BLACK, rectifia machinalement Drago tandis qu'Harry souriait timidement au barman.

-En fait… Je n'ai rien bu pour l'instant, mais ça peut sans doute s'arranger?

L'homme sursauta, observant le bar avant de prendre une expression catastrophée et de plonger à son poste pour sortir tout un tas de bouteilles :

-Bien évidemment, vos consommations à tous deux vous sont offertes. C'est votre anniversaire après tout !

Drago approuva d'un grognement, l'homme venait de gagner des points dans son estime personnelle. C'était décidé : il viendrait boire ici désormais, et plus au Chaudron Baveur où on le regardait avec défiance comme s'il allait partir avec les verres à tout instant.

-Alors je suis d'accord pour la photo, fit Harry avec son petit sourire malicieux qui présageait toujours des bêtises de sa part.

Et effectivement il attrapa le bras de Drago pour le lever du tabouret de piano et le coller contre lui.

-… A condition que Drago y soit aussi !

C'est ainsi qu'une photo de lui et de Harry se retrouva encadrée au mur, juste en dessous de l'enseigne. Leurs doubles photographiques se regardaient avec complicité, le blond un léger sourire moqueur aux lèvres, levant parfois les yeux au ciel, le brun un rire dans les yeux et au coin de la bouche.

-Tu sais, commença Harry qui avait hérité d'une pinte de bière, Hermione m'a dit quelque chose d'intéressant au sujet des anniversaires. Que je pouvais inventer ma tradition à ce sujet… Ou plutôt NOTRE tradition.

Drago approuva même s'il ne voyait pas vraiment où il voulait en venir.

-Alors… Que penses-tu du fait de passer dorénavant tous mes anniversaires au festival, toi, moi, puis Evangeline quand elle aura l'âge de sortir ? On ferait rien de particulier. Juste… Profiter. Boire un coup. Pas de stupides gâteaux, de stupides bougies et de stupides invitations… Pas de stupides personnes que j'aurais à supporter par convention sociale.

-Ça semble… Très bien, souffla doucement Drago en fermant les yeux, ajoutant mentalement à la liste de ces tâches une fin de nuit agitée au milieu des draps quand ce serait possible.

Mais qu'il veuille passer son anniversaire avec lui suffisait largement. Il recroquevilla ses doigts sur son verre et serra les lèvres alors qu'il sentait des mots s'agiter sur sa langue et vouloir sortir, sans autorisation ou réflexion, juste envoyé à toute vitesse depuis son cœur à travers le couloir d'émotion que lui faisait ressentir le brun quand il se montrait doux avec lui.

« Je t'aime »

Comme ils voulaient sortir… Ces quelques mots.

Mais aujourd'hui encore, il les tairait.

Il n'était pas encore prêt.

Ils n'étaient pas encore prêts.

A suivre…

Bon bon, on se remet un peu dans le bain. C'était surtout un chapitre centré sur Harry et Drago, mais ne vous en faites pas, les autres reviennent au chapitre suivant. Les deux grandes absentes de cette deuxième partie, vous l'aurez sans doute deviné, c'est Luna et Pansy, l'une partie faire son tour du monde, l'autre partie chasser le mari ! Mais ce sera pour mieux revenir par la suite, n'en doutez pas.
Voila voila… Je vous laisse taper sur Hannah ou je vous rappelle qu'elle est maltraitée par le point de vue de Harry ? Pff… Faites ce que vous voulez !
Si la force est avec moi – et avec vous, le prochain chapitre sera là pour fin juin ou début juillet. Je commence un nouveau emploi lundi, faut que je vois comment je goupille tout ça. Pff… Pourquoi faut payer les factures… ?

Prochain chapitre : Jeunes diplômés, l'heure est venu de faire vos preuves au Ministère ! , où l'on parle des choses qu'il faut faire pour payer les factures.