_ Elle est partie depuis combien de temps ?

_ Au coucher du soleil. Vous êtes sûr de vouloir vous y rendre ?

Le Duc donna les informations nécessaires à Zorin alors qu'elle soignait Schrödinger. Il avait dû se blesser dans sa fuite.

_ Oui, répondit sans hésiter Zorin, l'entrée du château, ordonna-t-elle.

_ Pas d'infiltration ? C'est plutôt un lieu où l'on n'accueille pas vraiment avec bienveillance les invités... Surtout ceux non désirés...

_ Les Nazis ne m'ont pas programmé pour être discrète ! Si vous ne me l'indiquez pas, je la trouverai moi-même !

Zorin s'éloigna avant que le Duc ne décide de répondre ou non.

_ Bonne journée, lança-t-il.

Zorin compta sur les panneaux pour retrouver son chemin, mais le chat se mit rapidement à marcher et à la guider. La vampire n'avait plus qu'à le suivre.


Rip hurla.

Le coup de faucille sur sa cuisse avait été brutal et elle ne put s'empêcher d'exprimer sa douleur aussi fortement.

Cassandra lécha sa faucille avec attention afin ne pas laisser échapper la moindre goutte de sang. Pourtant, celui-ci avait considérablement giclé sur les murs et le sol durant le processus de torture. Les filles Dimitrescu ne s'étaient pas retenue avec Rip, tant qu'elle survivait et ne perdait pas tout son sang.

Rip avait ses cuisses entaillées. Ces femmes savaient magner leurs faucilles à la perfection pour ne pas provoquer une trop importante hémorragie et éviter les artères. Et puis, Rip était une vampire. Artificielle certes, mais vampire néanmoins. Les blessures qu'on lui infligeait finissaient par guérir plus au moins rapidement.

Cela semblait être une éternité. L'uniforme de Rip était en lambeaux. Elles avaient entaillé sa peau à plusieurs reprises au niveau de ses cuisses, souvent entre celles-ci, ainsi qu'au niveau de l'aine. Le ventre n'avait pas été touché, trop fragile avec les intestins, mais elles ne s'étaient pas gênées pour ouvrir sa veste et sa chemise puis couper son débardeur en deux pour révéler sa poitrine. Alors que l'ainée voulait juste humilier Rip en se moquant de la taille de ses seins, largement inférieure à celles des trois femmes, la cadette laissa échappa ses pires penchants sadiques et entailla la peau.

La lame de sa faucille trancha la chair d'un coup vif et brutale et l'un des mamelons de Rip en dégusta les frais. Cassandra aurait recommencé, mais sa sœur ainée la stoppa dans son élan. Sous les pieds de Rip, toujours suspendue au mur, des mouches énormes se détachèrent du corps de chacune des filles et se répandirent autour des gouttes de sang tombées au sol.

Rip n'avait eu de cesse de crier sa douleur depuis que cette torture avait commencé. Dans son esprit, elle les avait déjà tuées plus d'une centaine de fois.

Le bourdonnement de leurs mouches était insupportable, d'autant que la benjamine, Daniela s'amusait beaucoup trop à taquiner Rip en laissant ses mouches chatouiller sa peau mise à nue, alors que ses sœurs étaient dans leur débat de déshabiller Rip complètement ou non.

_ Pourquoi tu ne veux pas qu'on enlève le pantalon ? C'est toi qui voulais jouer à ça, s'insurgea Cassandra.

_ Oui mais toi tu vas complètement la dépuceler ! Maman a dit ne pas l'abîmer, répondit Bela.

_ Oh ça va Madame Parfaite ! Elle cicatrise de toute façon !

_ Ah parce que tu crois que ça aussi ça va cicatriser ?

Bela leva les yeux aux ciels. Leur dispute continua comme ça pendant que Daniela vola vers Rip et s'accrocha à elle.

Elle lécha avidement le sang qui avait coulé sur sa poitrine alors que les mouches parcouraient presque entièrement le corps de Rip, s'insinuant dans les manches, son pantalon et ses cheveux, leurs pattes grouillantes sur toute la peau à découverte et sur les blessures fraiches.

_ Je suis sûr qu'après une nuit dans ma chambre tu ne voudrais plus te séparer de moi !

_ Va crever salope, lui cracha Rip en plein visage.

Daniela essuya le jet de salive et de sang sur sa joue avec son doigt puis le porta à sa bouche. Le sang de Rip était vraiment appétissant.

À tel point...

_ Hé toi dégages !

Daniela se fit violemment tirer en arrière. Elle aurait pu mordre Rip si ses sœurs ne l'avaient pas retiré avant. Sa faim était incontrôlable, elle aurait pu la dévorer complètement.

_ Maman a dit ne pas la dévorer espèce d'idiote, s'énerva la brune.

_ Maiiiis ! Tu crois que c'est facile toi ? Il sent si bon son sang ! Je n'ai jamais eu la même avec les autres !

Tant que les filles se chamaillaient, Rip pouvait souffler un instant. Les mouches regagnèrent leur propriétaire alors que les trois femmes étaient en désaccord sur leurs méthodes de tortures et leurs faims, à différents niveaux chez chacune.

Néanmoins, Winkle savait que tout reprendrait rapidement.

Oh Diable ! Est-ce quelqu'un viendra la chercher ? Millénium avait dû déjà la laisser derrière pour avoir fini entre les mains de l'ennemi de façon aussi stupide. Même si elle s'échappait, ce serait le plus grand des déshonneurs de revenir vers eux après ça.

L'honneur s'était la mort.

Les trois femmes volèrent et s'attachèrent toutes les trois contre son corps.

_ Finalement on s'est décidée, est-ce tes dents sont importantes pour toi, lui demanda Bela avec un large sourire de prédateur.

_ J'espère qu'elles t'écorcheront la gorge, lui renvoya Rip.

Daniela tenant sa tête, Bela sa mâchoire, Rip fut forcée de dévoilée ses dents alors que Cassandra s'approche d'elle avec une tenaille en fer rouillée.

_ Arrache en trois, s'exclama Bela.

_ Je veux une canine, cria Daniela.

_ Ouais moi aussi, rajouta Bela.

_ Trois canines chacune alors, conclue Cassandra.

Le fer rouillé serra brutalement la dent. Cassandra se mit à tirer de toutes ses forces. Elle n'avait pas beaucoup de muscles dans ses bras. La dent ne partirait pas rapidement.

Pas rapidement...

La douleur fut... horrible. Rip hurla au travers de sa bouche grande ouverte. Le sang coula rapidement, sous les rires moqueurs et hystériques des trois femmes. La dent finit par partir d'un coup sec, les nerfs sauvagement arrachés sur la route.

Rip ne cessa pas de hurler. Les trois femmes ignorèrent cela et s'approchèrent plutôt de son visage et de sa gorge pour lécher le sang aromatisé aux larmes et à la salive.

Elles se languissaient de ses cris avec une perversité sans limites.

_ La prochaine est pour moi, s'exclama Cassandra avec le même sourire sadique.

Rip hurla.


Schrödinger mena Zorin jusqu'à la porte d'entrée du château. Elle avait traversé les vignes et escaladé le mur, tout comme Rip avant elle. Le chat s'en alla tout d'abord à l'entrée qu'ils avaient précédemment emprunté avec Rip. Zorin le suivit et se baissa ensuite jusqu'au niveau du trou.

_ Rip van, soupira-t-elle, encore une fois tu t'es mise toute seule dans ta misère...

_ Miaw !

_ Tu crois vraiment que je vais passer par là, s'adressa-t-elle au rouquin miaulant en se redressant, la porte d'entrée ou rien.

Le chat miaula une nouvelle fois, sans doute avec inquiétude. Il suivit Zorin, boitant un peu à cause de ses blessures. Zorin se devait d'appeler des renforts. Ses hommes lui obéiraient à coup sûr, mais elle ne voulait, ni perdre du temps à attendre, ni perdre du temps à discuter avec eux ou le Major, et pas après ce qui lui avait fait la veille.

Zorin longea les murs jusqu'à atteindre la porte principale.

_ Et puis j'aime provoquer le chaos dans la fourmilière !

Jetant sa cigarette dans la neige, Zorin s'avança. Schrödinger, en arrière, préféra rester dehors.


Quand Alcina entra dans la chambre, elle fut heureuse de constater que Rip était encore vivante. Elle avait pressé le pas par peur lorsque cela faisait beaucoup trop longtemps qu'elle ne l'avait pas entendu crier. Mais elle s'était inquiétée pour rien. Agonisant, la bouche en sang, Rip était toujours vivante et, semble-t-il, en train de se régénérer de ses blessures infligées sur sa poitrine et dans sa bouche. Sa langue n'était pas coupée, mais elle aurait pu si ses filles ne s'étaient pas tournée vers une autre activité.

Lorsque leur mère revint dans la pièce, elles montrèrent avec joie trois colliers dans leurs mains, chacun pourvu d'une longue canine.

_ Regardez Mère, s'exclama Bela, on s'est fabriquée un souvenir !

Alcina caressa les cheveux de l'ainée ainsi que celles des deux autres.

_ C'est bien mes chéries, Maman est contente lorsque vous vous entendez bien et jouer tranquillement ensemble.

La comtesse ne pouvait pas ne pas craquer devant le comportement enfantin de ses filles. Les trois femmes pouvaient se montrer violentes l'une envers l'autre pour un simple désaccord, et cela l'enchantait énormément quand elles parvenaient enfin à trouver un terrain d'entente, même dans le sang et la mort.

_ Et on a la même chacune, cria avec joie Daniela en sautillant.

_ Par contre les dents ça repoussent, demanda Cassandra.

_ Aucune importance, on ne les mange pas de toute façon, lui répondit sa sœur ainée.

Alcina tourna un regard plus sombre vers Rip.

La nazie suspendue avait légèrement perdu connaissance. La fatigue et la douleur avaient emporté sa conscience durant le moment où les filles s'étaient de confectionner leurs colliers à trois, comme d'innocentes sœurs. Elle avait même perdu ses lunettes dans le processus, qui était maintenant dans les cheveux de Daniela qui avait abandonné le képi sur le sol.

Alcina regarda les marques sur son visage et son cou, elle reconnut les coups de langues avides de ses filles qui avait grandement lapé le sang de l'allemande à chaque arrachage de dents avant de plus s'en occuper. Mais la bouche de Rip saignait encore.

Alcina hésita grandement à se jeter sur le sang à son tour. Mais elle n'était pas l'abri à ce que Rip se réveille et la surprenne en plantant ses dents restantes, bien plus acérées et pointues que les siens, dans sa langue ou ses lèvres. Et puis finalement, elle ne devrait même pas s'arrêta à ça, pensa-t-elle. Tant que le sang de la soldate était chaud, autant en profiter autrement.

_ Bien ! Maintenant que vous avez joué avec elle, je vais m'en occuper !

_ Oooh déjà, grogna Cassandra.

_ Oh vous en avez bien profité vous ne trouvez pas ?

Rip fut décrochée du mur par les filles un peu boudeuses mais néanmoins obéissantes. Son corps fatigué finit sur l'épaule de la comtesse.

_ Et si vous alliez voir pour le dîner ?

Les trois femmes quittèrent ensuite la pièce sagement alors que Rip commençait à entendre, dans un second sommeil, les mouvements de son corps. Sa vision était floue mais elle crut son corps flotter au-dessus du sol. Sa langue passa dans sa bouche et elle se rappela des précédents évènements en serrant la mâchoire, les larmes aux yeux.

Ses trois dents, arrachées avec brutalité, la douleur insupportable dans toute sa bouche et la sensation répugnante de ses femmes qui faisaient glisser leur langue sur sa peau. Son cou, ses joues, ses lèvres, elle lui avait fait subir leurs baisers vampiriques, où leurs lèvres entrèrent en contact avec les siennes et qu'elles forcèrent leur langue dans sa bouche, pour lécher, avaler et aspirer tout le sang qui envahissait sa gorge, en criant des "à mon tour" à plusieurs reprises.

Et maintenant, Rip reconnut la robe blanche de la maîtresse de maison. Qu'allait-elle lui faire ? Rip n'avait pas envie de subir une autre torture mais avait-elle le choix ?

En y pensant, et en se rendormant sur le chemin, son subconscient lui envoya d'horribles et déstabilisantes images. Comment son esprit pouvait-il s'égarer autant et imaginer de telles scènes torrides et sanglantes avec les personnes qui l'avaient mordu, cela dépassait Rip.

Elle se réveilla en sursaut sur l'épaule de Dimitrescu alors que celle-ci venait d'atteindre les sous-sols. Rip fut de nouveau attachée en hauteur mais à ce moment-là, elle avait perdu toutes ses forces de combattre et tous ses espoirs d'êtres secourus, alors qu'Alcina prépara les outils nécessaires pour avoir sa bouteille de vin d'ici à ce soir.

Détachant un des bras de Rip, elle souleva la manche de l'uniforme et lui entailla profondément le poignet. Rip poussa un gémissement de douleur fatiguée et suppliante alors que le sang se mit à couler abondamment dans un entonnoir, posé sur le culot d'une bouteille de vin vide.

Plusieurs minutes s'étaient écoulées et du bruit se faisait entendre à l'étage.

_ Elles s'amusent un instant et après elles se disputent de nouveau, les femmes peuvent avoir un tel caractère n'est-ce pas ?

Rip grogna en réponse. Elle ne sentait plus son bras et l'air glacial de l'extérieur commençait à s'infiltrer dans les lieux et grignotait sa peau.

La bouteille se remplit complètement et Rip crut s'effondrer une nouvelle fois alors qu'Alcina décida de remplir une seconde bouteille.

Rip l'entendit parler de couper son sang avec du vin et de commerce avec les environs mais son esprit ne pouvait plus se concentrer.

C'est là qu'un bruit à répétition se fit entendre. Elle s'interrogea en soupirant.

_ Maman !

Rip sortit soudainement de son sommeil. Alcina tourna son regard vers la sortie en reconnaissant la voix de panique inhabituelle de Daniela. Ses œils virèrent aux jaunes intenses et elle poussa un grognement lourd.